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04/12/2013

Le palmarès 2013 de l'écologie en France

Le palmarès 2013 de l'écologie en France


Voilà déjà 7 ans que l’hebdomadaire La Vie publie chaque année son palmarès de l’écologie. Objectif : passer au crible les politiques environnementales de chaque département, comparer ces critères identiques aux autres, et établir un classement. Avant de passer à celui-ci, attardons-nous sur la méthode employée et les 8 critères de sélection.

 

  • Il y a d’abord la « consommation durable » qui consiste à rapporter le nombres de magasins durables (bio, équitable, AMAP) au nombre d’habitants de chenue zone étudiée.
  • Il y a ensuite la protection de la biodiversité : quelle est la superficie d’espaces protégés dans les départements ? Les oiseaux et les papillons sont-ils en nombre satisfaisant ?
  • Vient alors le critère de la place accordée à l’agriculture bio : nombre de cultivateurs, part du bio, etc.
  • La gestion des déchets est bien entendu un critère primordial pour établir un tel classement : volume collecté, nombres de sites pollués…
  • La Vie prend aussi en compte, pour chaque division du territoire, la part d’habitants concernés par la mise en place d’un Agenda 21.
  • La part d’énergies renouvelables (solaire, éolien ou biogaz) dans le mix énergétique des départements est également prise en compte.
  • Enfin, qualité de l’air et qualité de l’eau sont les dernières variables qui entrent en considération.

 

Pour chacun de ces critères, l’hebdomadaire s’appuie sur des rapports provenant des ministères, des départements, des agences nationales ou d’associations spécialisées.

 

Sur la carte interactive du projet, on constate ainsi que si le Nord-Est semble être la zone du pays qui se conforme le moins au développement durable (et on inclue là toute la région parisienne), le Sud-Ouest (avec la Haute-Garonne, les Pyrénées-Orientales et la Gironde, qui occupent respectivement les 3 premières places) et la Bretagne (dont les 4 départements font partie des 12 mieux classés) apparaissent comme les meilleurs élèves.

 

Même s’il éclaire sur le chemin qu’il reste encore à parcourir pour devenir un pays exemplaire en matière d’environnement, il convient parfois de mesurer son enthousiasme : le Finistère, 4ème du classement, est pourtant 86ème (sur 96) sur le critère de la qualité de l’eau. Les Pyrénées-Orientales, brillant 2ème, sont pourtant 91èmes lorsqu’il s’agit de protéger la biodiversité.

 

Cette mesure est également valable pour les mal classés. Le Territoire de Belfort, 86ème au général, est pourtant 2ème quant à la gestion de ses déchets, et 7ème pour la qualité de son eau. La Seine-Saint-Denis, classée 89ème, est pourtant le 4ème meilleur élève du pays pour la mise en place de l’Agenda 21.

Découvrez le palmarès département par département en cliquant sur la carte interactive ci-dessous et en navigant département par département.

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En complément à cette étude comparative, on pourra consulter le plan national de prévention des déchets 2014-2020.

 

29/11/2013

Nos jardins à la loupe

Un vrai travail scientifique : devenez observateurs et participez à préserver l'environnement

 

Le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement  (CPIE) du Haut-Jura propose de passer nos jardins à la loupe en participant au comptage des oiseaux cet hiver. Tous à vos jumelles !

 

Mésange-bleue.jpg

Mésange bleue



Moineaux, merles, rouges-gorges, mais aussi chardonnerets élégants, sittelles et autres gros becs, vous deviendrez bientôt incollables sur les oiseaux qui peuplent notre région. C'est en tout cas ce qu'espère le CPIE qui cherche à constituer un réseau d’observateurs volontaires en Franche-Comté pour rassembler des données sur les oiseaux des jardins.

On dénombrerait 16 espèces localement. Le principe et simple : que vous soyez petits ou grands, expérimentés ou débutants, installés en ville ou à la campagne : il suffit d'installer une mangeoire chez soi, puis de nourrir, observer et recenser nos amis à plumes. Le résultat des observations doit ensuite être reporté sur le site de Nos jardins à la loupe.

L'opération a lieu jusqu'en mars. À noter qu'un autre observatoire des papillons ouvrira ses portes au printemps 2014.

 

Bain hygiénique des chardonnerets élégants

28/11/2013

Suspension de l’écotaxe : les collectivités locales devront payer

Suspension de l’écotaxe : les collectivités locales devront payer

 

Le ministre de l’écologie Philippe Martin a déclaré ce matin que l’écotaxe, dont les ressources doivent être en partie reversées aux finances publiques locales, serait vraisemblablement suspendue tant que la fiscalité globale n’aura pas été remise à plat. Alors que le Premier ministre se rend aujourd’hui au salon des maires, cette annonce repousse la mise en place du dispositif à une date lointaine et incertaine privant de fait les collectivités locales de précieuses ressources. Explications de France Nature Environnement.


L’écotaxe sur la voie de garage

Le 29 octobre dernier le Premier ministre annonçait la suspension sine die de l’écotaxe dont le lancement était prévu le 1er janvier 2013. Alors que le dispositif était initialement programmé en 2011, ce nouveau report, faisait suite au mouvement de contestation en Bretagne. L’écotaxe ne semblait pas enterrée pour autant puisque dans le même temps le gouvernement proposait l’organisation d’une concertation avec les différentes parties prenantes pour redéfinir ses modalités d’application. Cette nouvelle annonce remet donc en cause un peu plus l’avenir de l’écotaxe puisqu’elle adosse sa mise en place à une réforme dont on ne connaît ni l’échéance ni l’issue.

Des ressources supprimées pour des collectivités locales déjà exsangues

L’écotaxe doit faire payer les camions pour l’utilisation d’infrastructures routières dont ils disposent aujourd’hui gratuitement sur le réseau national et local et qu’ils dégradent fortement. Cette application du principe d’utilisateur-payeur doit fournir plusieurs centaines de millions d’euros par an, aux collectivités pour l’entretien de ces routes.

Pour Michel Dubromel, responsable Transports et Mobilités Durables à France Nature Environnement « Alors que les finances publiques locales sont dans le rouge, se priver de tels moyens est une aberration totale. Ne soyons pas dupes, si ce ne sont pas ceux qui dégradent et qui polluent qui paient, l’addition reviendra aux collectivités c'est à dire aux contribuables ! Supprimer l’écotaxe signifie une hausse des impôts locaux, ni plus ni moins. A quelques mois des élections municipales, cette décision semble un bien mauvais calcul politique. »

France Nature Environnement demande au gouvernement d’engager au plus vite la concertation prévue sur l’écotaxe avec toutes les parties prenantes, transporteurs, chargeurs, syndicats, collectivités et la société civile, et de maintenir sa mise en œuvre au 1er janvier 2014.

23/11/2013

Pesticides : Les dérogations ne sont pas des passe-droits

Pesticides : Les dérogations ne sont pas des passe-droits

par Boris Bellanger

(Science & Vie n° 1155 décembre 2013 p. 42)


Chassez les pesticides par la porte, ils reviennent par la fenêtre ! De fait, ils ont beau ne plus être autorisés en Europe, de nombreux produits phytosanitaires sont encore utilisés... en toute légalité. Comment ? Grâce aux dérogations permises par la réglementation européenne, qui prévoit qu'un état peut autoriser, pour une période n'excédant pas cent vingt jours, la mise sur le marché de produits phytosanitaires interdits "lorsqu'une telle mesure apparaît nécessaire à cause d'un danger [insectes, parasites...] qui ne peut être contenu par aucun autre moyen raisonnable".


Or, ces dernières années, le nombre de dérogations a explosé en Europe : d'une cinquantaine en 2007, il est passé à 261 en 2012, après un pic à 320 en 2010. Au point qu'un guide de bonnes pratiques a été rédigé par la Commission européenne en février 2013 afin de rappeler que ce recours "devrait être exceptionnel [...] et ne doit pas compromettre l'application de la réglementation ", dont le but est " d'assurer un haut niveau de protection pour la santé des hommes, des animaux, et pour l'environnement".


La France est particulièrement visée : en 2010 et 2011, c'est elle qui a délivré le plus de laissez-passer. Si, dans la majorité des cas, ces autorisations portent sur des pesticides autorisés dans un pays mais pas dans un autre, elles concernent aussi des produits bannis du fait de leur dangerosité. Ainsi, en 2012, la France a accordé par trois fois une dérogation pour la mise sur le marché du 1,3-dichloropropène, un fumigène interdit car hautement toxique, et probablement cancérigène.

 

Problème : s'il est possible de savoir quels principes actifs ont fait l'objet d'une autorisation exceptionnelle — en épluchant les comptes-rendus de séances de la Commission européenne —, aucune information n'est en revanche donnée sur les quantités employées, ni les cultures concernées. Difficile, dans ces conditions, d'estimer le niveau d'exposition des agriculteurs ou de la population à ces pesticides non autorisés.

 

La France affectionne aussi les dérogations lorsqu'il s'agit d'employer des techniques proscrites. Interdits depuis 2009, les épandages aériens n'ont ainsi pas disparu du paysage. Certes, d'après le ministère de l'Agriculture, les surfaces ainsi traitées ont chuté de 70 % entre 2008 et 2012. Mais elles représentaient encore près de 55 000 ha l'an dernier (maïs, riz, vignes, et surtout bananes). Aux Antilles, déjà touchées par le scandale sanitaire du chlordécone, ce fongicide utilisé dans les bananeraies jusqu'à son interdiction en 1993 et incriminé dans la flambée, outre-mer, de certains cancers (prostate, sang), 80 % des surfaces plantées en bananes sont traitées par épandage aérien. Les procès s'y multiplient pour annuler les dérogations accordées par les préfets.

 

Un rapport du Sénat publié fin 2012, qui qualifiait la dérogation pour les épandages aériens d'"exception insuffisamment exceptionnelle", préconisait de "mettre fin aux dérogations au principe général d'interdiction "et, en attendant, de "doubler les distances de sécurité [entre le bord du champ traité et les premières habitations] en les portant de cinquante mètres, distance quasi symbolique, à cent mètres ".


Ces propositions n'ont pas été retenues dans le nouveau projet d'arrêté sur les épandages aériens, qui prévoit toujours la possibilité de dérogations et une distance de sécurité de 50 mètres... Au vu du rapport publié par l'Inserm en juin 2013, qui associe l'exposition professionnelle aux pesticides à la maladie de Parkinson ou à certains cancers, il serait peut-être temps d'arrêter de considérer qu'il est interdit d'interdire, et de mettre un terme aux dérogations.

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06/11/2013

La biodiversité éclairant le monde

 La biodiversité éclairant le monde

par Jean-Louis Romand


Le lierre, une plante de grande valeur biodiversitaire :Le gite et le couvert pour toute une microfaune.
Plantez donc un lierre dans votre beau jardin et observez-le de très près !

 

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Jungle d'eau douce, la vie secrète des gravières

 Jungle d'eau douce, la vie secrète des gravières

un film de Serge Dumont 

Armé de sa caméra, Serge Dumont, plongeur et biologiste, enseignant à l'Université de Strasbourg, filme les milieux aquatiques de la plaine du Rhin.
Son film "Jungle d'eau douce", plusieurs fois primé en France et en Allemagne, diffusé par Arte, nous invite à plonger dans le monde à la fois méconnu, fascinant et magnifique d’une gravière en Alsace.
 
À l’abri des regards, cette gravière s’est transformée en un refuge pour de nombreuses espèces dont certaines rarissimes.
 
Des images à couper le souffle et des prises de vues subaquatiques comparables par leur richesse et leur qualité à celles des zones aquatiques tropicales et qui montrent au spectateur à quel point la richesse de la nature sous nos latitudes mérite d’être redécouverte et protégée.
 
et pour vous mettre l'eau à la bouche :


 
 
http://www.universcience.tv/video-les-amphibiens-5353.html

 

http://www.universcience.tv/video-les-bryozoaires-5351.html

 

http://www.universcience.tv/video-le-brochet-5340.html

 

http://www.universcience.tv/video-le-bestiaire-des-zones-...

 

http://www.universcience.tv/video-le-grebe-amoureux-5338....

 

http://www.universcience.tv/video-que-font-les-poissons-e...

 

http://www.universcience.tv/article-jungle-d-eau-douce-le...

 

http://www.universcience.tv/video-l-anguille-au-long-cour...

 

http://www.universcience.tv/video-la-crevette-rouge-sang-...

 

http://www.universcience.tv/video-mangeons-les-carpes-534...

 

http://www.universcience.tv/video-qu-est-ce-qu-une-gravie...

 

http://www.universcience.tv/categorie-jungle-d-eau-douce-...

Vidéo : le Blaireau, petit ours de nos campagnes

Le Blaireau, petit ours de nos campagnes

Voir la vidéo

 

Autre vidéo : MNHN et Tour de France de la diversité

04/11/2013

Stage de permaculture à Froidevaux

Stage de permaculture à Froidevaux

 

Ce stage de permaculture est co-organisé par une nouvelle association créée pour l'occasion (en fait le potager d'une curieuse avec quelques amis) et Bernard Alonso, permaculteur canadien qui est déjà venu à Besançon en 2012.

 

La permaculture est un ensemble de pratiques et de modes de pensée visant à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques. Elle vise à créer un écosystème productif en nourriture ainsi qu'en d'autres ressources utiles, tout en laissant à la nature "sauvage" le plus de place possible.

 

Elle utilise des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique, de biomimétisme, d'éthique, de philosophie et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain.

 

La base de la permaculture n'est pas uniquement d'analyser les éléments constitutifs d'un système individuellement, mais aussi de prendre en compte leurs interactions, dans le but de produire une compréhension de l'écosystème dans l'optique d'une utilisation par l'Homme.

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03/11/2013

Vidéo : l'ourse Hvala et ses deux oursons

Une vidéo exceptionnelle de l'ourse Hvala et ses deux oursons de l'année
 

C'est probablement la plus belle vidéo depuis les derniers lâchers d'ours en 2006 dans les Pyrénées : l'ourse Hvala et ses deux oursons nés en 2013 filmés en plein jour près d'un arbre équipé d'une caméra automatique du réseau Ours brun.

Des images exceptionnelles qui répondent d'elles-mêmes aux démagogues qui présentent le retour de l'ours comme un échec ...

 

Voir la vidéo

07/10/2013

Municipales : ours, loups, lynx, rapaces et phoques victimes de la démagogie électorale

loup,jura,prédateursMunicipales : ours, loups, lynx, rapaces et phoques victimes de la démagogie électorale

Les loups, les ours, les lynx ou les vautours n’ont décidément pas de chance car dans leurs existences difficiles il y a toujours une ou deux élections à l’horizon.

par Claude-Marie Vadrot

Et les municipales sont traditionnellement les plus mortifères pour la faune sauvage, même si les législatives, les cantonales ou la présidentielle déclenchent également des actions, prises de positions et déclarations démagogiques sur les espèces sauvages coupables de faire concurrence à la prédation et à la présence humaine.

Logiquement donc, les chasses au loup, l’organisation de battues administratives ou illégales et les empoisonnements ont entrainé la disparition d’au moins une dizaine de ces animaux depuis le début de l’année, dont une femelle dont les louveteaux ne survivront pas. Le pouvoir veut prouver qu’il agit avec la même fermeté et la même absence de remord contre les Roms et les loups que beaucoup d’élus rangent sans la moindre honte dans la catégorie des prédateurs « impossibles à assimiler ».


Alors les démagogues et les chasseurs crient au loup en maquillant les chiffres à la tribune de l’Assemblée nationale et du Sénat, dans les journaux régionaux ou dans Le Figaro qui accueillent leurs diatribes et statistiques mensongères. Des fantasmes qui, comme pour les Roms, n’ont rien à voir avec la réalité. Car s’il est incontestable que les 250 à 300 loups désormais présents sur le territoire mangent aussi des brebis, les dégâts n’ont rien à voir avec les statistiques brandies par ceux qui crient au loup. Les 4.524 brebis tuées ou blessées en 2012 par Canis lupus représentent 0,06 % du cheptel français de 7 millions d’ovins. Victimes toutes remboursées en 2012 aux éleveurs pour une somme de 1,5 million d’euros, loin des bilans financiers faramineux assénés par les élus de tous bords.

Cette réalité n’implique pas que le métier d’éleveur ou de berger soit facile, qu’il ne comporte pas de nombreuses difficultés qui devraient le faire accéder au rang de métier pénible pour le calcul de la retraite. Passer plusieurs mois seul dans la montagne et courir de temps à autre après son troupeau pour un salaire souvent ridicule, cela n’a rien de drôle. Mais les éleveurs, les bergers et tous les syndicats agricoles confondus se trompent en liant l’existence du loup et d’autres espèces sauvages à la crise de la filière ovine. Ils feraient mieux de tourner leur courroux vers la filière de la viande, vers les importations, vers les politiques de prix des grandes surfaces ou vers le traité qui contraint encore la France à importer de l’agneau congelé de Nouvelle-Zélande.

Ils pourraient, comme certains le font heureusement comme je viens de le constater dans la Drôme, se poser des questions sur leur instrumentation par les chasseurs qui se moquent des moutons mais craignent la concurrence pour leur gibier. Il ne faut pas oublier que ce sont les chasseurs qui pourchassent les loups et réclament un droit de tir à vue. Ce sont aussi eux qui ont abattu les derniers ours Pyrénéens, contraignant les pouvoirs publics à leur chercher des remplaçants en Slovénie.

Les mêmes problématiques entraînent le harcèlement, voir l’assassinat des ours alors qu’ils ne "consomment", en général en automne, que 0,9% des brebis qui vivent dans la montagne pyrénéenne. Des chiffres qui n’ont aucune commune mesure avec les dizaines de milliers de moutons tués chaque année par les chiens errants ou fugueurs, bien souvent ceux des chasseurs. La même remarque vaut pour les Alpes et le Massif central, puisque selon une estimation de la FNSEA, ce sont au minimum 150.000 ovins qui sont tués ou estropiés chaque année par des chiens.

La situation pré-électorale n’est pas meilleure dans les Vosges et le Jura, où, depuis 1983, les lynx tentent de se multiplier en dépit des tirs clandestins ou des campagnes d’empoisonnement menées discrètement par les chasseurs. Au point que l’espèce est en danger, alors qu’en Espagne, le sauvetage d’une espèce voisine, le Lynx pardel est désormais réussie. Mais une part de la France rance, à commencer par celle des élus locaux, ne supporte pas le sauvage, ne supporte pas que le milieu naturel ne ressemble pas à un parc urbain, que les animaux sauvages n’obéissent pas aux syndicats d’initiative, que les routes circulent encore entre des arbres. Lesquels, c’est bien connu, ont la fâcheuse habitude de se jeter sur les routes au devant des automobilistes. Rien à voir avec les loups, les lynx ou les ours ? Mais si, car les chantres et représentants d’une ruralité qui n’existe plus que dans leurs imaginations et leur nostalgie d’un autre âge, se battent depuis des années contre ce qui ne ressemble pas à un jardin à la Le Nôtre. Alors qu’en Espagne et en Italie, les loups et les ours sont efficacement protégés.

La rage envers le sauvage a entraîné au cours des derniers mois, des élus à faire détruire des nids d’hirondelles parce que ces oiseaux salissaient les rues et des inconnus à empoisonner des vautours, des gypaètes, des milans royaux, des buses ou des hérons dans de nombreux départements. Sans que la justice se saisisse des ces délits alors que comme le loup, le lynx et l’ours, il s’agit d’espèces protégées.

La vindicte contre les animaux sauvages a même atteint depuis quelques mois les phoques veau-marins qui vivent autour de la Baie de Somme. Une espèce sauvée de justesse par les naturalistes et désormais accusée (ils sont 460 !) de dévaster les bancs de poissons par des pêcheurs (et des élus) qui devraient plutôt se poser des questions sur les méfaits de la surpêche dans les mêmes secteurs.

Le "sauvage" n’intéresse ni la droite, ni l’extrême droite, ni les socialistes, ni le Front de gauche, ni le Parti communiste. Ni d’ailleurs, dans le fond, les Verts qui ont d’autres chats à fouetter puisque les animaux ne votent pas. Seules les associations de protection de la nature râlent. Mais qui les entend, qui les écoute ?

Réalité encourageante : il est à peu près certain que le loup a désormais réussi sa reconquête du territoire français et qu’il peuplera de plus en plus de départements.

Claude-Marie Vadrot
Source : Politis

06/10/2013

Loups et élevages : une coexistence « compromettante »

loup,jura,prédateursLoups et élevages : une coexistence « compromettante »


par Antoine Doré[1]

Article paru dans le Courrier de l'environnement de l'INRA n°63, août 2013 pp. 123-124.


L'année 2012 marque les vingt ans du retour officiel des loups en France. Et pourtant, aucune mesure n'est à ce jour parvenue à créer les conditions d'une coexistence parfaitement pacifique entre les loups, les moutons, et les humains. L'existence des uns semble toujours, par endroits et par moments, compromise par la présence des autres. Les situations de calme relatif rendues possibles par l'appareillage compliqué de multiples dispositifs techniques, scientifiques, juridiques, administratifs, etc.[2], restent souvent précaires.

Non, les éleveurs et leurs animaux ne seront sans doute jamais totalement tranquilles en présence des loups. Il est fort à parier également que les loups ne vivront jamais complètement en paix tant que les éleveurs et les bergers auront des troupeaux à défendre. En effet, si des mesures de protection permettent d'assurer une relative sécurité du bétail, les loups parviennent de temps à autre à les contourner et à en trouver les points faibles. Et l'immunité théorique que la Convention de Berne[3] et la Directive Habitats[4] confèrent aux loups est régulièrement écornée dans la pratique par quelques destructions illégales de ces prédateurs.

Sauf à envisager l'hégémonie destructrice d'un camp sur un autre, la situation actuelle nous oblige à faire le constat que la suppression de tout conflit relatif à la présence des loups est illusoire. L'entière réconciliation du loup et de l'agneau n'est pas pour aujourd'hui. De sorte qu'il apparaît important de concentrer les efforts sur un accompagnement du conflit qui soit l'occasion d'apprentissages collectifs et d'ajustements réciproques.

Comme l'avait bien vu le sociologue et philosophe allemand Georg Simmel, le conflit est un facteur important de cohésion sociale[5]. C'est en particulier au gré de nos querelles, discordes, désaccords, etc., que nous apprenons collectivement à vivre ensemble et que nous faisons société entre humains. C'est par le conflit que nous devons également apprendre à composer les agencements « anthropo-zoo-techniques » qui conviennent et explorer ensemble les voies possibles d'une cohabitation plus vivable pour tous : loups, moutons, éleveurs, naturalistes, chiens de protection de troupeaux, promeneurs, chasseurs, chamois, chevreuils, etc.

Dans cette optique, l'aménagement des relations tumultueuses qui s'engagent entre des humains à propos des loups est certes important. Mais l'invention des conditions d'un co-apprentissage de la conflictualité entre les loups et les éleveurs l'est sans doute plus encore. Il est temps de considérer et de traiter les loups comme de véritables parties prenantes des conflits plutôt que comme de simples révélateurs d'enjeux politiques qui ne concerneraient que l'entente entre humains. Or, cela n'est envisageable qu'en dérogeant, de manière partielle et mesurée, à la stricte protection des loups. Les éleveurs et bergers doivent pouvoir réagir face aux prédateurs récalcitrants qui parviennent à outrepasser les dispositifs de protection des troupeaux pour s'attaquer à leur gagne-pain. Et les loups doivent pouvoir sentir, sur le vif, la résistance active de ces derniers pour apprendre ou réapprendre à se tenir à distance du bétail.

Pour ne pas être fatals aux uns ou aux autres, les conflits entre humains et animaux, tout comme les conflits entre humains, doivent cependant être accompagnés, être encadrés démocratiquement. Il s'agit alors d'inventer une pratique politique du conflit qui prenne définitivement acte du caractère compromettant du vivre ensemble, qui assume pleinement le constat selon lequel toute entreprise de coexistence pose des questions importantes d'identités, c'est-à-dire, par exemple, de reconfiguration des manières d'être éleveur, mais également des manières d'être loup. Dès lors. une question primordiale s'impose : jusqu'où sommes-nous prêts à compromettre nos façons de faire, nos façons d'être, pour cohabiter avec l'autre ? Comment et jusqu'où peut-on intervenir sur les loups sans remettre en cause leur caractère sauvage défendu par les uns ? Comment et jusqu'où peut-on transformer les pratiques d'élevage sans dénaturer certaines pratiques spécifiques de conduite des troupeaux auxquelles tiennent tant les autres ? Tout l'enjeu consiste alors à inventer les dispositifs de négociation prenant à bras-le-corps de telles questions pour rendre possible l'instauration collective de « compromis du supportable ».

 

antoine doré,inra

 

Le dispositif interministériel de prélèvement fixant les conditions d'autorisations ponctuelles de destruction de loups[6] est sans doute très imparfait et insatisfaisant. Il peut cependant être considéré comme la préfiguration d'un instrument d'accompagnement du conflit potentiellement efficace et démocratique, en créant les conditions de possibilité d'une négociation collective de « compromis du supportable », au sein des comités pluripartites dédiés aux grands prédateurs.

En vertu des mesures dérogatoires à la stricte protection des loups prévues par la Directive Habitats, des destructions de loups sont possibles aux conditions que des dégâts importants soient constatés, qu'il n'existe aucune autre solution satisfaisante et que cela n'affecte pas l'état favorable de conservation des populations. La traduction pratique et détaillée de ces conditions abstraites en un protocole technique fixant les conditions et modalités d'application des opérations de tir est l'occasion d'une négociation progressive de ce que les différents protagonistes peuvent supporter : d'une part, il s'agit de définir le seuil de pression de prédation supposé être supportable pour l'éleveur (nombre d'attaques constatées par l'administration pendant une durée donnée) ; d'autre part, il s'agit de définir un seuil de pression de prélèvement de loups supposé être supportable par la population (nombre maximum de loups dont la destruction peut être autorisée sans que cela n'affecte l'état favorable de conservation des populations).

Les débats qui accompagnent chaque année la publication des arrêtés préfectoraux ordonnant la réalisation de tirs de prélèvement de loups ne doivent pas être considérés comme le signe d'une défaillance du dispositif. Ils témoignent de l'invention en cours d'une coexistence qui ne peut pas être décrétée de manière autoritaire ou irénique[7], mais qui doit être pensée et construite comme un compromis réciproque des protagonistes. Tout l'enjeu des politiques publiques est alors de créer les conditions nécessaires à son élaboration.



[1] Sociologue à l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA) Chercheur associé au CSO (CNRS/Sciences-Po) et au laboratoire PACTE (CNRS/IEP/UPMF/UJF) dore.antoine@yahoo.fr

[2] Pour ne citer que quelques exemples : les mesures de protection des troupeaux (parcs de regroupement mobiles, chiens patous, etc.) ; le Réseau loup/lynx de suivi des populations ; l'arrêté fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire français ; la circulaire relative à l'indemnisation des dommages causés par le loup aux troupeaux domestiques, etc.

[3] Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, Berne, 19 septembre 1979.

[4]Directive 92/43/CEE du Conseil, 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.

[5]Simmel G., 1 W. Le conflit. Circé, Paris, 166 p

[6]Arrêté du 4 niiii 2011 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus). Journal officiel de la République française, n°0111 du 13 mai 2011 ; page 8289.

[7]Qui cherche à éviter les excès d'une attitude purement polémique. Relatif à l'irénisme (Larousse).

05/10/2013

Contrat de rivière Vallée du Doubs

contrat de rivièreContrat de rivière Vallée du Doubs : « restaurer la continuité écologique et restaurer les fonctionnalités biologiques »

 

La détermination paye. Le Doubs va enfin bénéficier d’un contrat de rivière en 2014.

 

Le comité de rivière « Vallée du Doubs » s’est réuni pour la première fois ce mercredi. Il regroupe des élus, des services de l’État et des collectivités et des usagers, et signera en juin prochain le contrat avec ses partenaires financeurs (Collectivités, Agence de l’eau). Éric Durand, conseiller régional EELV, préside ce comité.

 

Pour Éric Durand : « Ce contrat de rivière permet enfin de se pencher sur notre belle rivière emblématique de notre territoire. Il va engager une série d’actions permettant de restaurer la continuité écologique de la rivière et restaurer ses fonctionnalités biologiques. Afin de mettre en œuvre ces actions, il faudra convaincre les acteurs locaux de façon à ce que chaque action soit admise et partagée par le plus grand nombre. C’est sur cette concertation et mobilisation que repose le succès de ce programme. »

 

Le contrat de rivière est un projet commun pour réhabiliter et valoriser le patrimoine aquatique, qui se traduit dans un programme d’aménagement et de gestion du cours d’eau.

 

C’est l’Établissement Public Territorial du Bassin Saône et Doubs (EPTB) qui suivra ce contrat. Il intervient sur plus de 2000 communes sur les thématiques des inondations, de l’amélioration de la qualité et de la ressource en eau, des zones humides et de la biodiversité. L’EPTB agit pour une gestion durable de l’eau, des rivières et des milieux aquatiques.

 

Pour le futur contrat de de rivière « Vallée du Doubs », le diagnostic réalisé par l’EPTB et le comité de suivi ont retenu trois axes :

 

* la restauration physique des cours d’eau et de leur continuité écologique,

* la maîtrise des pollutions d’origine agricole et industrielle,

* la sensibilisation des acteurs et du grand public en vue de leur implication.

 

Pour suivre ce contrat : site de l’EPTB :

http://www.eptb-saone-doubs.fr/Doubs-Vallee-du-Doubs-et

 

Article de France 3 :

http://blog.france3.fr/vallee-de-la-loue/2013/10/02/un-co...

 

27/09/2013

Gaz de schiste en Franche-Comté

Gaz de schiste en Franche-Comté :

des contrats d'exploration signés dans le plus grand secret

(Dernière mise à jour : 12/02/2013)

 

Tout a été fait pour que nous restions dans l’ignorance. Il ne faut pas que les citoyens soient au courant. Les maires des communes n’ont pas été prévenus.

Pourtant en 2010, Jean-Louis Borloo, alors Ministre de l’Écologie a accordé des contrats d’exploration à des compagnie pétrolières sur un dixième de la surface du pays. Il a modifié le code minier pour assouplir la législation sur la protection de l’environnement et pour maintenir au secret les résultats de ces explorations. Écouter à ce sujet les propos de Corinne Lepage qui s'exprime sur le gaz de schiste :

 

http://www.youtube.com/watch?v=5k9jc95IECQ&feature=pl...

 

Nicole Bricq, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie a décidé de procéder à la mise en ligne, sur le site du ministère, de l'intégralité des permis de recherches sur le sol national d'hydrocarbures -pétrole et gaz- y compris d'hydrocarbures non conventionnels comme le gaz de schiste, accordés ou en cours d'instruction.

En ce qui concerne la Franche-Comté, voici les permis concernés :

 

schistes gazifères,jura;doubs,franche-comté

 

 Qu’est-ce que ce « gaz de schiste » ? C’est un gaz naturel emprisonné dans la roche profonde. Jusque récemment, nous n’étions capable que d’extraire du gaz de poches naturelles mais désormais les compagnies pétrolières sont capables d’aller le récupérer dans la roche. Pour cela, il faut « fracturer » ces couches rocheuses, injecter dans des puits de forage des millions de litres d’eau accompagnés d’un intense cocktail de produits chimiques. Cette technique, très chère, est particulièrement polluante. Elle est utilisée depuis plus de deux ans maintenant aux États-Unis et au Canada et c’est déjà une catastrophe écologique : les nappes sont polluées, l’eau du robinet est chargée en gaz et produits chimiques …

 Ce sont donc les écologistes d’outre-Atlantique qui, les premiers ont dénoncé ce scandale écologique. Ce sont les écologistes en Europe qui montent au créneau et notamment José Bové.

 En France, c’est Jean-Louis Borloo qui a accordé des contrats juteux en toute opacité.

En ce qui concerne la Franche-Comté, un périmètre de prospection de 1470 km2 a été accordé à l'entreprise Celtique Energie Petroleum dans la région de Pontarlier, et un autre de 3269 km2 dans la région des Moussières. Voir à ce propos l'article : "Devine qui vient forer chez moi ?"

De sorte que, à tout moment, l’entreprise « Celtique Energie Petroleum » peut venir forer à 2000 mètres sous le Laveron pour venir y faire des tests ? Les maires des communes eux-mêmes ne sont pas au courant ! Pourtant, c’est bien le cas ! Regardez par vous-même le site internet de cette compagnie :

 

http://www.celtiqueenergie.com/operations/france/jura/map...

 

pontarlier_2010.jpg

Périmètre de prospection dans le Haut-Doubs

concédé à Celtique Energie Petroleum

 

pontarlier_toarcian_620.jpg

Aire potentielle de gaz de schiste

dans le permis de Pontarlier

 

Celtique Energie_Pontarlier.jpg

Carte Google de la zone de prospection autour de Pontarlier

(Document Celtique Energie Petroleum)

 

lesmoussières_2010.jpg

Périmètre de prospection dans le Jura

concédé à Celtique Energie Petroleum

 

 Cette affaire de gaz de schiste est scandaleuse à plusieurs titres :

 

  • C’est tout d’abord un déni de démocratie. Le gouvernement et les compagnies pétrolières veulent passer coûte que coûte et le moyen le plus efficace, c’est la discrétion. Pour cela, c’est raté grâce à la vigilance des écologistes. Malheureusement, le gouvernement s’est déjà engagé, en notre nom !

 

  • C’est ensuite un danger insupportable. L’exploitation de ce gaz souterrain est particulièrement dangereuse et polluante. Comme si la ressource en eau dans notre pays karstique n’était pas déjà en piteuse état.

 

Après les plans d’épandage pas respectés, les communes ne respectant pas la loi sur l’assainissement, les canons à neige, voici que débarquent les gaz de schiste, avec ses forages, ses explosions souterraines, ses cortèges de camion, ses millions de litres d’eau injectés à très haute pression mélangé à des produits chimiques hautement toxiques.

 

 Enfin, le principe même de cette exploitation va à l’encontre du bon sens. Quel est l’avenir ? À quoi devrait-on mettre notre énergie ? A trouver des énergies renouvelables et à se passer des hydrocarbures qui provoquent de l’effet de serre et les changements climatiques ! Au lieu de cela, on continue à volontairement ignorer le danger et on va sortir de la terrer de nouvelles causes d’émissions de gaz à effet de serre. Au lieu de trouver comment stocker le CO2, on le déterre !

 

À qui profite le crime ? Comme toujours, à quelques profiteurs, aux actionnaires des grandes compagnies pétrolières et à ceux qui leur obéissent.

 

Source : Europe Ecologie Les Verts


Article paru dans l'Est Républicain du 10 février 2013


Les permis d’exploration attribués dans le massif du Jura, aux Moussières, à Pontarlier et en Suisse, font à nouveau parler d’eux. Des permis qui autorisent la société britannique Celtique Energie Petroleum à explorer le sous-sol du massif à la recherche d’hydrocarbures conventionnels. Avec des demandes de permis de forage qui pourraient ne pas tarder.


En effet, à Noiraigue, à 30 km de Pontarlier, en Suisse, les choses pourraient aller très vite. Selon le journal helvète « Le Temps », « la firme britannique est disposée à investir 15 millions de francs pour réaliser un forage exploratoire durant deux mois, jusque 2 300 mètres entre Noiraigue et Travers. Elle estime pouvoir trouver 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel, une quantité qui permettrait de couvrir l’actuelle consommation en Suisse durant sept ans ».

 

La compagnie pourrait faire sa demande de forage, comparable à une demande de permis de construire, courant 2013. Une étape supplémentaire, après des années de recherche, qui conduirait à implanter des derricks, pour explorer le sous-sol.

 

« Des trois permis du massif, c’est celui du Val de Travers qui est le plus avancé. Pour Celtique Energie Petroleum, il est logique que la prochaine étape soit le forage de reconnaissance. Mais ces forages de reconnaissance pétroliers coûtent cher. Ils sont ensuite souvent transformés en forages d’exploitation », souligne Vincent Bichet, géologue et professeur à l’université de Besançon.

 

Si les choses vont plus vite en Suisse qu’en France, c’est que le permis de Celtique Energie Petroleum, dans le Val de Travers, a été accordé plus tôt. Mais aussi parce que les recherches ont été simplifiées par des années d’études antérieures et des certitudes plus implantées. « Pour la compagnie, il a fallu redigérer des données géologiques qui avaient déjà été analysées depuis trente ans, vérifier des hypothèses. Et dans le Val de Travers, des prélèvements d’asphalte ont déjà existé auparavant. »

 

« Stratégie en cascade »

 

Pour Celtique Energie Petroleum, la deuxième étape, en Suisse, sera l’obtention du droit d’apporter des machines sur le terrain, en accord avec les autorités locales. Une autorisation soumise à une étude d’impact, principalement due à la présence du château d’eau du canton de Neuchâtel.

 

La compagnie serait donc « à deux doigts » du forage en Suisse. Avec, ensuite, une potentielle stratégie développée en cascade. « La société pourrait envisager de travailler dans l’ordre : elle pourrait commencer par Noiraigue, puis explorer ensuite le permis des Moussières, puis celui de Pontarlier, en transférant le matériel de reconnaissance de site en site. »

 

Le Jura français aurait-il donc un petit sursis ? « Géologiquement, on sait qu’il y a des hydrocarbures dans le Jura. Cela fait des années que les recherches l’ont prouvé. Il y a même déjà eu une trentaine de forages, notamment à Sainte-Colombe, Chapelle-des-Bois ou Mignovillard. La vraie question serait maintenant d’ouvrir un débat éthique. Les forages seront toujours plus encadrés en France ou en Suisse qu’au Mexique ou en Sibérie. Le risque est à peu près maîtrisable, même si le risque zéro n’existe pas. Mais il faudrait surtout se poser la question : veut-on de cette énergie ? Sur nos parcs naturels, avec l’image négative que peuvent véhiculer des derricks sur l’écotourisme… N’y a-t-il pas une autre alternative à trouver ? », s’interroge Vincent Bichet.

 

Le débat mériterait au moins d’être lancé.

 

Lisa LAGRANGE

 

Dans le Jura français, les choses bougent également.

 

Le renouvellement du permis dits des Moussières (situé sur les départements du Jura, des Savoies et de l’Ain) est en cours d’instruction. Un examen effectué par la préfecture de l’Ain qui prend du temps : quinze mois. Mais, durant ce délai, la compagnie Celtique Energie Petroleum peut continuer à explorer le périmètre que l’Etat lui a accordé en 2008. Un jeu de patience avant « de s’attaquer sans scrupule au sous-sol », affirme le collectif « Non aux forages d’hydrocarbures ».



La demande de renouvellement de permis d’exploration (d’une durée de cinq ans, renouvelable deux fois) a été jugée recevable par le ministère de l’Environnement, le 3 décembre 2012.



La loi prévoit que le renouvellement d’un permis concerne une zone deux fois plus petite que celle du permis initial. « Nous soupçonnons même les [Celtique Energie Petroleum, N.D.L.R.] d’avoir tout calculé depuis le début. Y compris la réduction du périmètre de leur permis […] Le premier périmètre allait de Belley, dans l’Ain, jusqu’à Pontarlier. Aujourd’hui, il est recentré autour de Lantenay (Ain), mais concerne toujours Saint-Claude et le Haut-Jura », indique Guy Faure, hydrogéologue et membre du collectif.



La petite histoire veut d’ailleurs que Les Moussières soit exclues de ce nouveau permis. Mais peu importe, la zone réduite de moitié (de 3 269 km² au départ à 1 635 km² aujourd’hui), la Celtique Energie Petroleum sait déjà que son principal gisement est sous les pieds des habitants de Nantua et de ses environs.


17/09/2013

Haute-Marne : un loup repéré après des attaques de troupeaux

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(mise à jour février 2014)

 

Après plusieurs attaques de troupeaux d'ovins dans des exploitations frontalières aux confins des départements de la Haute-Marne et de l'Aube, des pièges photographiques ont été positionnés dans le secteur.  Cette fois c'est officiel, un loup a bien été photographié par l'Office de la chasse de Haute-Marne dans la nuit du 11 au 12 septembre 2013 en Haute-Marne, dans le finage de la commune de Nully à quelques kilomètres de l'Aube, près d'une bergerie vers de Soulaines-Dhuys. L'Office national de la chasse a pu prendre ce cliché de nuit, grâce à l'arrêté d'autorisation d'abattage des chiens errants lancé le 4 septembre qui est en place pendant un mois.

 

Dans cette zone, cette même nuit, une brebis a été tuée, une autre euthanasiée, et 6 autres blessées par un grand canidé. En juin, 30 brebis ont été attaquées dans ce même troupeau. 8 sont mortes, 24 ont été blessées. Fin mai et début juin, cinq attaques de troupeaux ont été recensées dans des communes voisines du département de l’Aube où un élevage a été particulièrement touché par des attaques répétées.

 

Le 13 septembre 2013, le préfet de l’Aube a décidé d'autoriser un éleveur à effectuer des tirs de défense sur la commune de Lignol-le-Château. Et les préfets des deux départements vont se concerter pour décider de la suite des opérations. Un tir d'abattage de la bête qui a tué des dizaines de brebis dans le secteur pourrait être envisagé. La préfecture de Haute-Marne a précisé que "les éventuels tirs pourront être létaux mais viseront surtout à la protection du troupeau. Ils seront effectués par des lieutenants de louveterie et non par ces éleveurs qui n'ont pas le permis de chasse".

 

Ce loup provient vraisemblement du massif vosgien.

 

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Photo ©ONCFS 52

Janvier 2014 : Ce loup est probablement l'animal qui a été abattu d'un coup de feu dans le département de la Marne fin janvier, comme le signale Franche Nature Environnement.

05/08/2013

Fourmis et pucerons

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Callaphis juglandis © Jean-Louis Romand

 

Un beau cliché dû au talent de Jean-Louis Romand qui, sur son blog et sur Facebook, travestit de façon amusante différentes prises de vue naturalistes.


Ici, une double rangée en épi du puceron du noyer, Callaphis juglandis, qui peut être exploité par trophallaxie par différentes espèces de fourmis.


Sur ce sujet, voir également le site MyrmecoFourmis.

27/07/2013

Pesticides : leur impact sur la santé ne fait plus de doute

Pesticides : leur impact sur la santé ne fait plus de doute

 

(Dernière mise à jour 05/05/2014)

 

Dans son numéro 1072 de janvier 2007, Science et Vie pointait les risques d'un usage intensif des pesticides en France. Six ans plus tard, le rapport de l'Inserm vient confirmer les inquiétudes...

 

Propagés dans les champs, les pesticides se retrouvent dans nos maisons, dans l'air que nous respirons, dans ce que nous mangeons. Quels sont leurs effets sur notre santé ? Où en est la réglementation sur ce sujet ?

 

Qu'ils soient herbicides, fongicides ou insecticides, les pesticides ont un point commun : ils agissent sur des organismes vivants pour les détruire, les contrôler ou les repousser. Répartis au sein d'une centaine de familles chimiques, ils répondent à quatre grands usages. Le premier concerne l'agriculture, les parcs et les jardins. Les produits phytopharmaceutiques* sont alors diffusés par épandage. Le deuxième usage fait référence à des espaces intérieurs : bâtiments, locaux, maisons... Cette catégorie regroupe notamment les désinfectants, les vernis, les colles, les plaquettes insecticides, etc. Les pesticides sont également utilisés dans les médicaments humains (produits antipoux, antimycoses, antigales, etc.) et vétérinaires (antiparasites, antipuces, etc.). « Ces quatre usages couvrent un périmètre très large, analyse le docteur Pierre Lebailly, maître de conférences à l'université de Caen. Les pesticides sont donc présents partout et les populations agricoles ne sont pas les seules exposées. »


Quels risques pour quelle population ?

 

La France est bel et bien malade de ses pesticides, dont elle est la plus grosse utilisatrice en Europe. Difficile de leur échapper : ils sont dans la majorité des cours d'eau, des nappes phréatiques, des aliments. Mais aussi dans notre sang, nos urines, notre tissu adipeux... Sont-ils pour autant nocifs ? Cela ne fait plus guère de doute, à la lecture du rapport des experts réunis par l'Inserm. Ce rapport établi à la demande de la direction générale de la Santé, établit un bilan de la littérature scientifique publiée au cours des trente dernières années sur les risques associés aux pesticides. Rendu public en juin dernier, ce travail identifie « une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l'adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques(lymphomes non hodgkiniens,myélomes multiples) ». Les ouvriers des usines de production des pesticides et les agriculteurs figureraient parmi les populations les plus exposées aux risques liés aux pesticides, mais aussi les jardiniers ou les désinsectiseurs. Les femmes enceintes, agricultrices ou non, seraient elles aussi concernées, notamment lors d'une exposition en période prénatale et périnatale. L'étude de l'Inserm distingue alors l'exposition en milieu professionnel - qui entraînerait une augmentation des risques de fausses couches, de malformations congénitales, mais aussi de leucémie et de tumeurs cérébrales de l'enfant de l'exposition résidentielle. Dans ce second cas, les enfants des femmes voisines d'une zone agricole ou liée à l'usage domestique de pesticides.

 

Car c'est principalement par contact avec la peau que se produirait l'imprégnation. L'excès de risque est conséquent : estimé à 62 % dans la maladie de Parkinson, il atteindrait 98 % dans le lymphome pour les ouvriers des usines de pesticides. Pour autant, le reste de la population ne semble pas à l'abri et pourrait être contaminé via l'alimentation, ou un usage domestique. Le rapport souligne le risque encouru par les jeunes enfants ou les fœtus dont les mères ont manipulé des pesticides pendant la grossesse : malformations congénitales, retards de croissance, de développement neurologique. Leur risque de leucémie serait augmenté de 35 à 100% ; celui de tumeurs cérébrales de 30 à 50%...

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© Serge Bloch (Ligue contre le cancer)

 

 Pas étonnant que les pesticides dérèglent notre santé. Destinés à lutter contre des organismes vivants, ils perturbent leurs processus physiologiques... Certaines substances – organochlorés et organophosphorés – sont encore utilisées comme gaz de combat. Dans certains cas, les mécanismes d'action des toxiques sont cohérents avec leur effet pathologique, confortant ainsi les données épidémiologiques. Dans d'autres, le lien est moins évident. D'où les recommandations des experts de poursuivre les recherches. Car de nombreuses questions restent sans réponse, en particulier celle des effets combinés de plusieurs substances. Et malheureusement, en dépit d'une réglementation votée au niveau européen, la consommation des pesticides ne cesse d'augmenter. Car c'est tout un modèle agro-chimico-économique qu'il faut reconsidérer.

 

Pourquoi les Français sont particulièrement exposés aux pesticides

 

Gros producteur européen, la France pratique une agriculture intensive faisant massivement appel aux pesticides. Dès lors, la contamination atmosphérique et alimentaire est inévitable.

 

En avril 2013, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a présenté les résultats de la première étude sur l'exposition de la population aux composes chimiques. Quarante-deux "biomarqueurs" ont été dosés dans le sang ou l'urine d'un échantillon représentatif de 3 115 Français, vivant aussi bien à la campagne qu'en ville.

 

La plupart des biomarqueurs qui trahissent l'imprégnation de l'organisme par des pesticides ont été détectés chez quasiment tous les individus ! Même les organochlorés, dont certains sont interdits depuis 40 ans, restent détectables dans nos corps. Du reste, l'InV.S ajoute qu'une "attention particulière doit être portée aux organophosphorés et pyréthrinoïdes pour lesquels les niveaux français semblent être parmi les plus élevés en référence à des pays comparables". Entre autres l'Allemagne, proche voisin.

 

Pour comprendre cette spécificité française, il faut d'abord s'interroger sur la façon dont ces substances peuvent se retrouver dans notre corps. À la campagne, l'air ambiant peut être contaminé par les grandes quantités de produits épandus, en particulier près d'un vignoble ou d'un champ de céréales. Les pesticides utilisés à la maison, pour le jardinage, contre les insectes ou pour protéger nos animaux de compagnie, sont également vecteurs d'exposition.

 

Mais selon l'OMS, la principale source d'exposition est notre alimentation. Rien d'étonnant :  90% des pesticides sont utilisés par l'agriculture intensive.

 

Selon une étude récente de l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA, 2010), la moitié des denrées alimentaires européennes analysées montre des résidus de pesticides... Certes, 97,2% des échantillons testés sont dans les limites européennes légales.

 

Mais il reste très difficile d'estimer l'impact sanitaire de ces produits. Les effets à long terme, de même que les risques liés au fameux "effet cocktail" dû à la combinaison de plusieurs molécules, sont mal connus. Même à faible dose, cette exposition chronique pourrait avoir un impact : effets neurologiques, endocriniens ou immunitaires, troubles de la reproduction et anomalies du développement de l'enfant, cancérogénicité...

 

Il s'agit maintenant d'en savoir plus - et vivement ! - sur les effets des pesticides afin que des mesures puissent être prises qui protégeront notre santé. Car le constat est désormais fait : c'est la population française dans son ensemble qui est aujourd'hui imprégnée par les pesticides.

 

Repères

 

En 2003 est créé l'Observatoire des résidus de pesticides [ORP], chargé d'évaluer leur présence dans la population et les écosystèmes.

 

Depuis 2008, leslimites appliquées aux résidus de pesticides dans l'alimentation sont harmonisées au niveau européen.

 

D'ici à 2018, leplan Ecophyto, né après le Grenelle de l'Environnement, vise une réduction de 50% de l'usage des pesticides en France. Leur utilisation est en constante augmentation...

 

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 La France, première agriculture européenne.

 

Avec près de 30 millions d'hectares, l'Hexagone possède presque deux fois plus de surface agricole utile [SAU] que l'Allemagne. Il est aussi le premier utilisateur de pesticides du continent. L'occupation du sol y étant très agricole, habitat et cultures sont étroitement liés et les Français sont donc plus exposés à la contamination atmosphérique par les produits épandus dans les champs.

 

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La France utilise de grandes quantités de pesticides. (Source INRA)

 

Premier producteur de vin mondial, la France est aussi un gros producteur de pommes. Deux secteurs où la consommation de pesticide à l'hectare est très importante, avec des indices de fréquence de traitement [IFT] très élevés. À elle seule, la viticulture utilise 20% du volume annuel des pesticides, pour 3 % de la surface agricole !

 

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Alors que le développement des produits "bio" est à la traîne…

 

Notre consommation de produits biologiques (le risque d'y retrouver des pesticides est 30 % inférieur aux produits non biologiques, selon une étude américaine de 2012) reste, année après année, derrière celle des Allemands. La France consomme en effet 19 % du marché bio européen, contre 32% pour l'Allemagne. De même au niveau de la production, l'agriculture biologique accuse du retard, avec seulement 3 % de la surface agricole utile en bio en 2010, deux fois moins qu'en Allemagne et sept fois moins qu'en Autriche !

 

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ainsi que la surveillance des aliments. (Source EFSA)

 

Nous avons un taux de non-conformité des denrées alimentaires (dépassement des limites maximales résiduelles autorisées en pesticides) plus élevé que nos voisins d'outre-Rhin :  3,1 % contre 2,1 %. Or, avec un nombre d'analyses beaucoup plus élevé, l'alimentation allemande est mieux contrôlée, et les anomalies sont retirées du marché. Il est donc probable que les denrées non conformes seraient encore plus nombreuses en France si le suivi y était aussi poussé qu'en Allemagne. Selon l'adage bien connu : plus on cherche, plus on trouve...

 

L'œil de Pierre Debailly, responsable du programme Agriculture et cancer (Agrican) :

 

« Nous suivons l'état de santé de 180 000 personnes et ce, sur 10 ans au minimum. » L'objectif de la cohorte Agrican, la plus grande étude jamais réalisée sur la santé en milieu agricole, est triple. Il s'agitd'abordd'identifierles risques d'exposition au cancer des agriculteurs pour améliorer la prévention. Dans un deuxième temps, notre ambition est aussi d'obtenir réparation pour les personnes victimes de maladies (pensions d'invalidité, etc.). Enfin, l'étude Agrican a pour but de faire évoluer la réglementation en faisant, par exemple, interdire ou encadrer l'usage de certains pesticides. Au commencement de cette étude, en 2005, nous avons recruté cent quatre-vingt mille agriculteurs, actifs et retraités, sur douze départements représentatifs de la variété agricole de la France et disposant de registres de recensement des cancers du réseau Francim. Nous suivons l'état de santé de ces personnes et ce, sur dix ans au minimum. Ce projet d'ampleur regroupe une quinzaine de personnes - épidémiologistes, gestionnaires de bases de données et bénéficie notamment du soutien de la Mutualité sociale agricole* (dont 180 000 adhérents forment la cohorte) et de la Ligue contre le cancer. Notre premier constat : l'état de santé global et l'espérance de vie sont meilleurs chez les agriculteurs que chez les citadins. Nos comparaisons entre ces deux populations vont ensuite porter sur le développement de nouveaux cancers. Actuellement, nous commençons les analyses des causes de cancers de la prostate et du sein, de cancers pulmonaires, mais aussi de cancers plus rares, comme le cancer du sein chez l'homme. Depuis cette année, nous mettons nos données (concernant les cancers hématologiques) en commun avec celles de deux autres cohortes créées aux États-Unis et en Norvège. Les résultats finaux de notre étude devraient être bouclés en 2020.

* La Mutualité sociale agricole (MS)! est un organisme mutualiste qui gère de façon globale la protection sociale des salariés et non salariés agricoles, ainsi que leurs ayants droit et les retraités.

 

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Pesticides et myélomes : extraits de l'enquête Inserm 2013

 

Depuis les années 1980, les enquêtes épidémiologiques ont évoqué l'implication des pesticides dans plusieurs pathologies chez des personnes exposées professionnellement à ces substances, en particulier des pathologies cancéreuses. [...]

 

Dans ce contexte, la DGS a sollicité l'Inserm pour effectuer un bilan de la littérature scientifique permettant de fournir des arguments sur les risques sanitaires associés à l'exposition professionnelle aux pesticides, en particulier en secteur agricole et sur les effets d'une exposition précoce chez le fœtus et les jeunes enfants. [...]

 

D'après les données de la littérature scientifique internationale publiées au cours des 30 dernières années et analysées par ces experts, il semble exister une association positive entre exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l'adulte : la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques (lymphome non Hodgkinien, myélomes multiples). [...] Si certaines substances sont mises en cause, c'est qu'elles ont été plus souvent étudiées que d'autres (en particulier dans le contexte des États-Unis) ; de nombreuses substances actives n'ont pas fait l'objet d'études épidémiologiques. [...]

 

Chez l'homme et chez la femme, l'incidence du myélome multiple et des maladies immunoprolifératives est en augmentation. En France, le taux d'incidence standardisé sur la population mondiale pour 100 000 personnes-années a augmenté de 2,2 % par an chez l'homme et de 1,8 % chez la femme entre 1980 et 2005, l'augmentation étant respectivement de 1,5 et 1,1 % entre 2000 et 2005.

 

En France, avec 5 930 nouveaux cas estimés en 2011, dont 54 % survenant chez l'homme, le myélome multiple des os et les maladies immunoprolifératives se situent au 15e rang des cancers et représentent 1,6 % de l'ensemble des cancers incidents. Les taux d'incidence standardisés pour 100 000 personnes-années sont de 5,3 chez l'homme et 3,5 chez la femme. Le myélome est très rarement observé avant 40 ans et son incidence augmente avec l'âge chez l'homme et chez la femme. Le myélome multiple se situe au 14e rang des décès par cancer, et représente 2,1 % de l'ensemble des décès par cancer.

 

Les taux de mortalité standardisés pour 100 000 personnes-années sont respectivement de 2,3 et de 1,4 chez l'homme et chez la femme. [...] Toutes ces méta-analyses montrent une augmentation de risque de survenue de myélomes multiples allant de 9 % à 39 % chez les professionnels exposés aux pesticides comparés à la population générale. [...]

 

Les plus fortes augmentations significatives de risque ont été observées dans la méta-analyse portant sur les agriculteurs ayant travaillé au moins 10 ans dans une ferme ainsi que pour ceux qui ont été exposés au DDT.

 

Sources :

Science et Vie n° 1150, juillet 2013, p. 32.

Science et Vie n° 1151, août 2013, p. 36.

Vivre, le magazine contre le cancer, n° 360, décembre 2013, pp.30-31.

af3m, bulletin n° 17, janvier 2014, p. 17.

 

Ajout du 07 mai 2014 : Pesticides, OGM : les vrais risques pour votre santé

 

Ci-dessous une interview du Pr Henri Joyeux qui à l'Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN) livre ses impressions à la suite de l’affaire Emmanuel Giboulot, ce viticulteur bio de Bourgogne.

 

Le Pr Henri Joyeux est cancérologue, chercheur, nutritionniste, auteur de nombreux ouvrages dans le domaine de la santé et ancien président de Familles de France. Il est également membre du comité scientifique de l’IPSN.



Nous proposons cette interview à la suite du grand succès de la pétition de soutien à Emmanuel Giboulot, lancée par l’IPSN, qui a réuni plus de 500 000 signatures. Ce viticulteur de la Côte d’or (Bourgogne) a refusé d’épandre sur sa vigne un pesticide (le pyrèthre) imposé par la préfecture. Les autorités craignaient une extension de l’épidémie de flavescence dorée qui s’est déclarée dans le département voisin, la Saône-et-Loire. Emmanuel Giboulot, dont la vigne est cultivée en biodynamie depuis 40 ans, a refusé cette décision parce que sa vigne était située hors de la zone d’épidémie et que le produit proposé, bien que fabriqué à partir de produits naturels, est un produit toxique.



IPSN : Professeur, avez-vous été surpris par la mobilisation populaire et médiatique en faveur d’Emmanuel Giboulot ? 



HJ : Oui, j’ai été surpris par le nombre de signataires. Cela démontre que nous n’allons pas si mal en France, que le bon sens pour la nature au service de l’humain est bien en place. Ce bon sens rejoint notre santé, celle de chacun d’entre nous et de la société tout entière.



IPSN : Est-ce que selon vous ce soutien massif montre que le public est davantage conscient des enjeux de l’agriculture biologique ?



HJ : Oui, point besoin de longues études pour voir que les colonies d’abeilles sont décimées par l’agriculture productiviste, que notre terre se stérilise, que les pesticides font des ravages en matière de santé publique. Je rejoins à 100 % Pierre Rabhi et mes collègues Gilles-Eric Séralini et Jean-Marie Pelt. 



IPSN : Les pesticides sont-ils donc si dangereux ? 



HJ : Je viens de préfacer le livre de Fabien Rodhain qui est sous presse : « Des semences et des hommes ».



Savez-vous que :

  • L’industrie agrosemencière a mis sur le marché des plantes hybrides qui ne sont pas réutilisables, car entraînant des chutes de rendements si elles sont ressemées une deuxième fois. Il faut donc en re-acheter…

 

  • L’industrie agrochimique mondiale s’est emparée de la génétique pour modifier les plantes, pour obtenir des PGM (Plantes génétiquement modifiées) pour une agriculture productiviste intensive en faisant croire qu’elle est nécessaire pour nourrir la planète, ce qui est FAUX.

 

  • Les PGM sont à plus de 99 % des plantes à pesticides que l’on retrouve dans l’alimentation du bétail et des humains.

 

  • 57 % des PGM sont tolérantes à un herbicide, ce qui veut dire que la plante peut se gorger de ROUNDUP sans mourir.

 

  • 16 % des PGM produisent elles-mêmes leurs insecticides.

 

  • 26 % des PGM peuvent produire plusieurs insecticides et être tolérantes à plusieurs herbicides (exemple MAÏS Smartstax = 6 gènes insecticides + 2 de tolérance à herbicides).

 

  • Les évaluations chez l’animal sont faites pour démontrer que tout va bien : consommation par de jeunes rats sur 3 mois et surtout pas vie entière, aucun bilan hormonal alors que tous les pesticides sont des perturbateurs endocriniens dont on commence à connaître les effets délétères sur les enfants (anomalies urogénitales : hypospadias, anomalies utérovaginales ; hypofécondité des hommes…)

 

  • Les études toxicologiques sont réalisées par les producteurs eux-mêmes et sont déclarées « secret industriel » ou « propriété intellectuelle ».



IPSN : N’avons-nous pas un seuil de tolérance ? 



HJ : Difficile de répondre, car extrapoler du seuil de tolérance d’un rat ou d’une souris à l’homme n’a aucune valeur scientifique, mais on s’en sert quand même pour nous faire avaler, respirer… des produits toxiques sous le prétexte qu’on va sauver l’humanité et le tiers-monde, ce qui est totalement faux.



IPSN : Voyez-vous les effets des pesticides sur la santé de vos patients ou faut-il plus d’années de recul ?



HJ : Oui, mais il s’agit de causes accumulées et il peut être difficile d’incriminer les seuls pesticides, quand il y a le tabac, le stress, les mauvaises habitudes alimentaires, les hormones exogènes et d’autres perturbateurs endocriniens.



Les localisations cancéreuses les plus fréquemment observées sont au niveau des seins, de la prostate, du tube digestif et du système immunitaire avec les lymphomes.



IPSN : Que faudrait-il changer, selon vous, pour que l’agriculture soit plus respectueuse de la santé des consommateurs ?



HJ : Il faut exiger un étiquetage honnête et non manipulé. Si sur le marché vous avez à choisir entre tomates OGM et tomates nature plein champ de Provence, que choisirez vous ? Mon choix est évident.

 

Voici un exemple tout récent dans mon service de chirurgie. Une de nos infirmières a sur sa table une bouteille de Coca… Je lui fais remarquer que ce n’est pas bon pour sa santé, qu’il y a de l’aspartame, édulcorant éminemment toxique. Elle me répond que c’est du Zéro ! Je lui demande quel Zéro ? Elle me dit « pas d’aspartame ». Il m’a fallu une loupe pour lui démontrer qu’elle était trompée. Son coca est passé à la poubelle.


Le Professeur Joyeux diffuse une lettre gratuite contenant d'importants conseils de santé pour vous et votre entourage. Je vous invite à vous y inscrire en vous rendant ici.

   

15/05/2013

Ver invasif prédateur de ver de terre

 Ver invasif prédateur de ver de terre

espèces invasives,

Un nématode invasif menace les lombrics !

 

Ce sont maintenant six espèces de plathelminthes invasifs qui sont signalés en France !

espèces invasives

Carte des départements français envahis par des Plathelminthes terrestres invasifs
 INPN (http://inpn.mnhn.fr) Carte établie par Jessica Thévenot

 

Plus de renseignements sur ce LIEN.

Un article sur ce problème : The invasive New Guinea flatworm Platydemus manokwari in France

 

12/04/2013

Chevaux comtois dans la neige

Chevaux comtois dans la neige

 

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

En balade dans le Haut-Doubs durant le week-end, j'ai pu réaliser ce cliché de chevaux comtois dans la région de Charquemont.

La neige tombée abondamment ces derniers jours offre des paysages somptueux que le soleil illumine dans un silence profond, que seul le manteau neigeux peux générer.

Symboles des paysages du Haut-Doubs , ce sont les petites loges traditionnelles enneigées qui attirent mon regard. Elles caractérisent l'activité liée à l'élevage depuis des générations et lorsque les chevaux comtois prennent la pose devant l'une d'entre elles, pas une seconde à perdre pour saisir la scène à travers l'objectif.

Delfino-hiver-comtois-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La carrière aux chamois

La carrière aux chamois

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

 

Bien plus que l'altitude, c'est le relief qui conditionne l'établissement du Chamois. Partout où il est présent, on remarque un relief plus ou moins accidenté. Le Chamois est désormais installé sur les espaces rocheux qui bordent la vallée du Doubs. Plus surprenant, l'implantation naturelle de populations de chamois au sein de carrières abandonnées ou encore en exploitation, offre la possibilité de l'observer dans un milieu de substitution qui semble parfaitement lui convenir.

 

Chamois-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

Tel est le cas dans le Pays de Montbéliard où plusieurs dizaines de ces mammifères regroupés en hardes ont trouvé refuge. Parfaitement à l'aise sur les pentes, ils gravissent les falaises abruptes de la carrière accompagnés de leurs jeunes, avec une agilité stupéfiante.

 

Tétée du soir

Tétée du soir

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

C'est une très belle image que l'on doit à mon ami Michel Paratte de Maiche, réalisée ces jours derniers sur le plateau du Haut-Doubs et que je souhaite faire partager cette semaine.

 

Du haut de ses 88 ans, Michel Paratte ne désarme pas. La photo animalière le conduit presque tous les soirs à l’affût en lisière de forêt. Si certains jours, les animaux ne sont pas au rendez-vous, la patience et la persévérance finiront par le récompenser et la joie manifestée par le ton de sa voix au téléphone au retour de prise de vue me fait deviner que la soirée laissa dévoiler une très belle scène de vie.

 

C'est toute la famille Chevreuil qui progressivement sort de forêt à portée d'objectif, le jeune faon profitant de la fraîcheur de la soirée pour téter sa mère, le mâle distant de quelques mètres faisant également l'objet de toute l'attention du photographe.

 

Chapeau bas, Michel ! On en redemande…

 

Chevrette-et-faon©Michel-Paratte-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La blanche hermine

La blanche hermine

 

par Dominique Delfino
photographe animalier

 

Quel contraste entre les mangoustes photographiées il y a dix jours au Kenya par plus de trente degrés et les moins dix degrés près de Villers le lac la semaine dernière.

 

Deux hermines font l'objet de mes observations. Au petit matin, je surveille une pâture enneigée, les traces dans la neige et les terriers signalent la présence de l'hermine.

 

Patience, mais quel spectacle lorsque la petite tête apparaît dans la neige, scrute les environs et, soudain se met en chasse avec une agilité et une rapidité stupéfiante. Ses proies: ce sont les campagnols et les mulots qu'elle est capable de détecter sous la neige. Pendant près d'une heure le petit mustélidé court, saute, bondit, vole sur la neige, va et vient puis, soudain réapparaît avec une proie avant de disparaître dans son terrier.

 

Entièrement blanche en hiver à l'exception de l'extrémité de sa queue noire, l'hermine commence sa mue dès la mi-mars pour retrouver sa couleur brune d'été juste avant la saison des amours.

 

Un moment de pure bonheur que ces instants de nature libre…

 

HERMINES_450.jpg

Clichés © Dominique Delfino

 

Mangoustes rayées en alerte

Mangoustes rayées en alerte

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

J'évoquais la semaine dernière le contraste de température entre mes prises de vues d'hermines dans la neige du Haut-Doubs et les images de mangoustes réalisées dernièrement au Kenya.

 

Si le sujet présente quelques similitudes dans l'attitude avec l'hermine du point vue technique photo, le comportement et la vie sociale de la mangouste rayée est totalement différent. Ce petit mammifère (l'une des plus grandes mangoustes africaines), principalement insectivore, vit en groupe constitué quelquefois de plusieurs dizaines d'individus au sein d'une grande famille.    

    

Toujours en quête de territoire, les mangoustes s'imposent dans leurs déplacements à d'autres populations. Dressées sur leurs pattes arrières, elles surveillent les environs immédiats, les prédateurs pouvant surgir du sol comme du ciel, les rapaces étant nombreux.

 

Beaucoup plus petite, d'une taille rappelant celle de l'hermine, la mangouste naine me permit également de profiter de très belles observations accompagnées de quelques photos sur le comportement  de cette très belle espèce.

 

Mangoustes-rayées-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

11/04/2013

Curieuses les vaches !

Curieuses les vaches !

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Petit clin d’œil que cette image réalisée dimanche après-midi aux Terres de Chaux.

Le soleil tant attendu est au rendez-vous. J'en profite pour contempler les paysages de printemps et les cerisiers en fleurs dans la côte qui domine la vallée du Doubs après le village de Bief.

Au détour d'un chemin, alors que je m'attarde en prises de vues, quelques vaches se regroupent et concentrent toute leur attention sur mon activité. La curiosité dont elles font preuve, les place dans une situation amusante me laissant le temps de retourner mon objectif sur le petit troupeau et de figer cet instant de balade printanière.

Le temps des bourgeons

Le temps des bourgeons

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le printemps est bien là, même si les températures de ces derniers jours nous font encore douter. La nature a néanmoins profité des journées très ensoleillées de la semaine dernière favorisant l'éclosion spontanée des bourgeons et des feuilles en forêt.

Très friands de cette végétation qui s'offre à eux après l'hiver, les chevreuils trouveront là une réserve de nourriture presque inépuisable.

Chaque année, au printemps, des chevreuils se retrouvent en ville après avoir consommé des bourgeons gorgés de sève qui les enivrent en fermentant dans leur estomac. Désorientés, titubants, ils se trompent alors de chemin…

Le cliché que j'ai pu réaliser lors de cette rencontre avec ce brocard en forêt témoigne de l'intérêt que celui-ci manifeste pour ces feuilles tendres qu'il consommera jusqu'à les cueillir au plus haut des branches sans trop se préoccuper de ma présence discrète.

 

Brocard-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La baie de Somme vue du ciel

La baie de Somme vue du ciel

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

À l’occasion du festival de l’oiseau en Baie de Somme, Dominique Delfino et Jean-Louis Vermot-Desroches animent chaque année un stage photo-nature.

Aujourd’hui, l’opportunité nous a été donnée de survoler ce magnifique site naturel en hélicoptère.

Les conditions météo particulièrement favorables nous ont permis de réaliser les prises de vues aériennes dont nous rêvions depuis plusieurs années.

Ce milieu naturel abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, et demeure un haut lieu de migration.

 Ce survol nous a permis d’admirer ces paysages tels que les oiseaux peuvent les voir et d’en apprécier le caractère sauvage rythmé par les marées.

 

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Depuis le festival de l'oiseau en Baie de Somme

Cliché © Dominique Delfino

 

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Le Crotoy vu de la baie de Somme (© André Guyard)

09/04/2013

Les cocktails de pesticides modifient le développement des fœtus

Les cocktails de pesticides modifient le développement des fœtus


Femme enceinte et impact des pesticides sur le fœtus

 

La mise sur le marché des pesticides est conditionnée à leur autorisation par les autorités en charge de l’évaluation des principes actifs qui les composent. La procédure vise, entre autres, à vérifier que ces produits sont efficaces et n’exercent aucun effet inacceptable sur l’environnement, la santé humaine ou animale, dans des conditions d’utilisation normales. Néanmoins, outre la faillibilité de ce système qui repose essentiellement sur les données fournies par les fabricants de pesticides, les cocktails de substances actives ne sont jamais évalués les autorités.

 

C’est dans ce cadre qu’une étude dirigée par Sylvaine Cordier, regroupant des chercheurs de l’INSERM, de l’université de Rennes 1 et de l’école des Hautes Etudes en Santé Publique, vient d’être publiée par la revue scientifique Plos One. Il y est mis en évidence des modifications et perturbations physiologiques sur le déroulement de la grossesse et de la croissance du fœtus de femmes enceintes, résidant dans des zones où des cultures céréalières sont très présentes. Les éléments trouvés conduisent les chercheurs à suggérer une exposition des femmes enceintes à des mélanges complexes de pesticides.

 

Si l’évaluation des conséquences sur le développement de l’enfant est en cours, les résultats déjà obtenus confortent ceux dus à PÉLAGIE (1). Cette étude, reposant sur près de 3 500 femmes et enfants bretons, menée de 2002 à 2006, avait en effet apporté un éclairage sur les préoccupations de santé liées à la présence quotidienne de composés toxiques dans l’environnement de vie. PÉLAGIE avait notamment corrélé la présence, dans les urines, d’Atrazine, un herbicide interdit en Europe depuis 2003, à un impact sur le développement du fœtus se traduisant par une diminution du poids et du périmètre crânien du nouveau-né.


Pour François Veilllerette, porte-parole de l’association Générations Futures, « Ces études n’auront de sens que si elles incitent à des prises de décisions politiques claires et volontariste en terme d’interdiction de certains pesticides, notamment les perturbateurs endocriniens, et dans cette attente la mise en place de zones de protection de 100 mètres minimum le long des habitations jouxtant ces zones agricoles. »

 

1- PÉLAGIE (Perturbateurs endocriniens : Étude Longitudinale sur les Anomalies de la Grossesse, l’Infertilité et l’Enfance).

 

Source : Univers Nature 26/05/2013

08/04/2013

Le "Monsanto act" met les OGM au-dessus de la loi aux États-Unis

Le "Monsanto act" met les OGM

au-dessus de la loi aux États-Unis


Le Monde.fr | Mis à jour le 08.04.2013 à 17h26

 

C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux États-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si leur homologation est contestée devant un tribunal. Une disposition perçue comme un cadeau aux géants de l'agrochimie, Monsanto en tête.

 

 

Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama ? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire."


Au cas où la finalité commerciale de l'opération n'irait pas de soi, l'article précise que les autorités doivent "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.

 

Pour Greenpeace Canada"la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".

 

Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. La firme a son siège à Saint-Louis et finance de longue date les campagnes politiques de M. Blunt.

 

D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Montana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

 

LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT


La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.

 

Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.

 

Sur son site Internet, la firme de Saint-Louis dément toutes ces accusations, les qualifiant de "scénario de série B". L'article de loi incriminé "ne contient aucune référence à Monsanto, protection de Monsanto ou bénéfice pour Monsanto", souligne le groupe agrochimique.

 

Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux États-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les États-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1er avril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

06/04/2013

Monsanto act

Le "Monsanto act" met les OGM

au-dessus de la loi aux États-Unis

 

(En fin d'article : nouvel ajout du 24/04/2015)

 

Le Monde.fr | 05.04.2013 à 12h35 

 

C'est un amendement discret glissé dans une loi budgétaire pour l'agriculture aux Etats-Unis, mais il provoque scandale et stupéfaction chez les défenseurs de l'environnement et les ennemis des OGM : la justice américaine ne pourra plus s'opposer aux mises en culture de plantes génétiquement modifiées, même si elles n'ont pas reçu d'homologation et sont de ce fait illégales.

 

Que dit l'article 735 de ce texte de loi, affublé du surnom de "Monsanto Protection Act" et désormais voté par le Congrès et approuvé par le président Barack Obama? Que "dans le cas où une décision [d'autorisation de culture] est ou a été invalidée ou annulée, le ministère de l'agriculture doit (...), sur simple demande d'un cultivateur, d'un exploitant agricole ou d'un producteur, accorder immédiatement une autorisation ou une dérogation temporaire." Ce dans le but de "s'assurer que les cultivateurs ou d'autres acteurs sont en mesure de déplacer, planter, cultiver, introduire dans le commerce" les semences en question et les cultures qui en sont issues.

 

Pour Greenpeace Canada, "la signature de cette loi par le président Obama ne permettra plus aux tribunaux américains d'empêcher la vente et la plantation de plantes OGM même si elles n'ont pas été approuvées par le processus pourtant déjà laxiste des autorisations et quelles que soient les conséquences pour l'environnement ou la santé".

 

Les ONG soupçonnent le sénateur républicain du Missouri, Roy Blunt, décrit par le magazine Mother Jones, le 4 avril, comme "l'homme de Monsanto à Washington", d'être l'auteur de cet amendement. D'autres élus ont tenté de s'opposer au texte, comme le sénateur démocrate du Monatana Jon Tester. Selon lui, par cette loi, le gouvernement contraint son propre ministère de l'agriculture à "ignorer une décision d'un tribunal qui interdise la plantation de cultures OGM parce qu'elles sont illégales". Une autre sénatrice démocrate, Barbara Mikulski (Maryland), a présenté des excuses publiques pour l'adoption de cette loi.

 

LA CRAINTE D'UN DANGEREUX PRÉCÉDENT

 

La mesure a révolté les milieux démocrates et écologistes – une pétition baptisée "Food Democracy Now" a déjà recueilli 250 000 signatures. Mais le très droitier Tea Party a lui aussi fait part de sa colère face à une opération de lobbying qui fausse la libre concurrence. Les entreprises devraient "respecter les règles du libre-marché comme tout le monde, au lieu de recruter des lobbyistes pour réécrire les règles à leur profit à Washington", écrit ainsi le think tank conservateur Freedom Works.

 

Le "Monsanto Protection Act" est censé n'être que provisoire : la loi dans laquelle il s'inscrit expire en principe au mois de septembre. Mais les défenseurs de l'environnement craignent que la décision ne crée un dangereux précédent.

 

Cette affaire intervient alors que Monsanto, dont les semences alimentent 93% du soja, 88% du coton et 86% du maïs aux Etats-Unis, a annoncé, mercredi 3 avril, une hausse de 22% de ses bénéfices au deuxième trimestre. Et au moment où les Etats-Unis font pression sur l'Europe, dans le cadre de la négociation d'un accord de libre-échange, pour que les Vingt-Sept simplifient leur réglementation en matière d'importation de produits OGM, jugée "inapplicable" et "lourde", lundi 1eravril par le Bureau au commerce extérieur américain dans un rapport sur les mesures sanitaires dans le monde.

 

 

Ajout du 24 avril 2015, un article de l'Express : L'Europe autorise les OGM !

20/03/2013

Comment protéger nos amphibiens

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Ortolans : la France bientôt condamnée

 Ortolans : la France bientôt condamnée

 

par Pierre Athanaze Président ASPAS

 

Pour la troisième fois, la France se trouve menacée d’une condamnation par la Cour européenne de justice […]. Motif: sa complicité envers le braconnage des bruants ortolans. […] Le 25 janvier dernier, la Commission européenne a fait parvenir une mise en demeure aux autorités françaises au motif qu’elles ne luttent pas contre le braconnage et le trafic très lucratif du bruant ortolan (Emberiza hortulana).

 

Cet oiseau, qui pèse de 20 à 27 grammes, est un grand migrateur. Piégé dans les Landes, il arrive du nord de l’Europe pour aller hiverner en Afrique tropicale. […]

 

En 1988, la France avait déjà été condamnée pour la non protection de l’ortolan. […] En 1999, devant la mauvaise foi avérée de la France, une nouvelle condamnation est prononcée, avec cette fois une astreinte de 142 425 euros par jour! […]

 

Il est de notoriété publique qu’il existe un pacte de tolérance entre la fédération des chasseurs des Landes et les autorités françaises, qui « autorisent » les braconniers à tendre leurs matoles (pièges supposés traditionnels). Quelque 50 000 ortolans seraient ainsi braconnés chaque année dans ce département, soit dix fois plus que la population totale de l’espèce en Allemagne, Hollande et Belgique réunies! […] Face à cette situation inadmissible, l’ASPAS a fourni à la Commission européenne les éléments nécessaires à une saisine de la Cour européenne de justice. […]