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10/10/2010

La DREAL au secours des salamandres

Salamandre1-logo.jpgLa DREAL au secours des salamandres

 

Rapport intermédiaire de Frédéric Jussyk

 

Consciente de l'impact de l'emprise du chantier routier des Mercureaux, la DREAL a commandité une étude des voies de migration des amphibiens dans le vallon des Mercureaux. Après un rappel sur la biologie des amphibiens, Frédéric Jussyk, Ingénieur écologue expose  ici une synthèse du suivi de la migration d’automne postnuptiale et préconise des mesures pour améliorer la survie des espèces d'amphibiens concernés par le chantier.


RAPPEL SUR LA BIOLOGIE DES AMPHIBIENS

 

La plupart des amphibiens adoptent un mode de vie biphasique avec une phase terrestre et une phase aquatique. La reproduction a lieu au printemps (pic de mars à juin) dans des mares, étangs, rus, fossés, ornières, mais aussi dans des zones humides artificielles : fossés, bassins, ornières de chantier…

(Voir également l'article sur la Salamandre tachetée).

 

De sorte que ce mode de vie entraîne une sujétion pour les femelles.  Succédant à la période d'accouplement, les femelles recherchent une collection d'eau favorable à la ponte et à l'éclosion des œufs : c'est la migration prénatale. Immédiatement après la ponte les femelles effectuent une migration de retour (postnatale) en direction des sites d’estive.

 

Dans le vallon des Mercureaux, la migration prénatale a lieu principalement de mi-février à fin mars (ou mi-avril), elle correspond à la migration vers la zone humide de reproduction, les femelles migrant depuis le Bois de la Côte et autres boisements périphériques (estive, hivernage) vers le fond de vallon des Mercureaux (reproduction). Aucune zone humide stagnante (mare, étang) n’est initialement présente dans ce fond de vallon. Quelques ornières peuvent toutefois abriter localement une petite population. Les ruisseaux (Mercureaux, Contour) présentent un écoulement parfois rapide de type torrentiel peu favorable à la plupart des amphibiens, excepté la Salamandre tachetée et le Crapaud commun qui utilisent les ruisseaux forestiers pour leur reproduction.

 

Après l'accouplement en septembre, les salamandres adultes qui ont passé l’été dans la forêt se sont plus ou moins éloignées des zones de reproduction (cours d’eau, fossés, ornières, mares), Elles s’abritent dans des cavités humides le jour, ne se rencontrant pas forcément auprès des cours d’eau. L'automne arrivant, les salamandres quittent les sites de reproduction et d’estive et se dirigent vers les sites d’hivernage (migration postnuptiale). Cette migration est plus diffuse et moins visible que la première. Elle a lieu de septembre à fin octobre (mi-novembre). Les salamandres recherchent alors un abri pour hiverner (cavités naturelles et artificielles : caves, galerie de mine ou de fort)[1]. Elles peuvent également utiliser des sites artificiels sur le chantier routier. C’est pourquoi on les retrouve dans les caniveaux, puisards…

 

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Vue satellitaire du site (document Google-F. Jussyk)

 

Les batraciens forment un groupe faunistique sensible puisque, en période de reproduction, ils sont attirés par les collections d'eau accessibles : ornières, fossés et bassins de décantation de l’emprise des chantiers routiers, pouvant y séjourner plusieurs mois, probablement en raison de meilleures conditions de température, de mise en eau et de l’ensoleillement.

 

RÉSULTATS DES OBSERVATIONS

LA MIGRATION POSTNUPTIALE

 

Le rapport intermédaire de F. Jussyk fait la synthèse des observations de l'automne 2010 correspondant à la migration post-nuptiale (octobre-novembre).

 

Cinq espèces d’amphibiens sont observées dans l’emprise du chantier des Mercureaux, principalement la Salamandre tachetée et le Crapaud commun qui se reproduisent dans les ruisseaux forestiers. Les trois autres espèces semblent présentes de manière anecdotique, les cours d’eau à écoulement rapide et l’absence de mares leur sont défavorables (Grenouille rousse, Triton palmé, Triton alpestre).

 

Le rapport fait état de mortalités d’amphibiens, principalement de la Salamandre tachetée, mais également de quelques Crapauds communs dont les cadavres sont observés de septembre à mi-novembre dans un caniveau béton de la voie des Mercureaux en cours de construction. Les prospections d’automne 2010 ont consisté à repérer les voies de migration et d’intrusion dans l’emprise, d’identifier les ouvrages-pièges afin de proposer des aménagements temporaires en phase chantier et définitifs lors de la mise en service afin d’éviter ces mortalités, et de pérenniser les populations du vallon. Pour cela, des prospections diurnes et nocturnes ont été réalisées.

 

Ces prospections ont montré que les amphibiens tentent de migrer depuis le vallon des Mercureaux vers le Bois de la Côte. Certains peuvent également chercher des sites artificiels d’hivernage (puisards, caniveaux, ouvrages souterrains). Ils longent le bord externe de la voie entre le talus de terre ou de cailloux et la cunette. Lorsqu’ils parviennent dans la cunette béton, via des surplombs notamment des talus en herbe (PR164-172) et la plate-forme du poste électrique (PR188) ils la suivent et meurent d’épuisement et de déshydratation, le béton assèchant la peau fine des amphibiens. Cette cunette béton en U est longue de plus de 1000 m, sans dispositif de sortie. Certains sont emportés lors de pluie dans un puisard en contrebas (vers l’OA7) et ne peuvent plus ressortir. Les cunettes et glissières béton (2X2 voies), les talus raides, parfois plus de 10 m de haut, (côté OA6-OA7 et côté Tunnel de Fontain), rendent cette migration de retour impossible.

 

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 Photos 1 et 2 (documents F. Jussyk)

 

Les caniveaux en V (voie montante) ne posent pas de problème de franchissement pour les amphibiens.  Mais les glissières centrales en béton et les caniveaux en U (photos 1 et 2) constituent des barrières et des pièges.

 

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Photos 3 et 4 (documents F. Jussyk)

 

Au niveau PR164 à 172, les amphibiens peuvent accéder à la cunette par les talus qui la surplombent (photo 3), mais aussi par la plateforme de la station électrique (photo 4), PR187 à 188.

Les salamandres trouvent refuge la journée dans les tas de cailloux côté externe de la cunette. La nuit, elles sont observées sortant des petites cavités. Ces tas de cailloux ont récemment été nivelés et compactés. Malgré ceci, des salamandres sont observées de nuit sortant du terrain compacté et longeant la cunette (photo 4).

 

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Photos 5 et 6 (documents F. Jussyk)

 

Certains ouvrages constituent des pièges pour les amphibiens : regard de visite à isoler au sud du bassin, puisard-piège en continuité de la cunette, partiellement protégé par une plaque pendant les travaux (photos 5 et 6).

La photo 6 montre un puisard côté aval (PR180) avec échelle de visite recevait lors des travaux les eaux d’écoulement de la cunette béton. Des amphibiens piégés dans la cunette sont emportés, lors de pluie, vers le puisard puis dans des drains au fond de l’ouvrage. L’accès dans ce puisard était impossible car la plaque de fer qui le recouvrait partiellement est en partie goudronnée et scellée à la route. Ce puisard a été théoriquement sécurisé.

 

SUIVI DES AMPHIBIENS

 

Les comptages diurnes ont eu lieu le matin en octobre et jusqu’au 21 novembre 2010 (fin de la migration). Ils ont été complétés par des suivis nocturnes afin de recenser les voies de passages.

 

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Flux de migration postnuptiale (document F. Jussyk)

 

Les amphibiens capturés ont été transférés de l’autre côté de la voie vers l’amont, dans les boisements, en évitant la voie communale de Fontain à la Chapelle des Buis. Les talus hauts et raides côté aval : à l’ouest, au droit des mares de substitution, (OA6-7) et à l’est, avant le tunnel de Fontain interdisent les migrations d’automne. Aucun amphibien n’est observé dans ces secteurs.

 

Le temps froid (<5°C) et sec est défavorable aux déplacements d’amphibiens (peu ou pas d’observations). La grande majorité des amphibiens est observée dans les cunettes aval (au nord côté vallon). Au total un minimum de 219 Salamandres (juvéniles + adultes), 50 Crapauds communs ont été capturés et transférés dans le Bois de la Côte en amont. La migration a probablement commencé mi-septembre, 173 Salamandres et 73 crapauds morts ont été observés dans les caniveaux. On peut donc estimer une population de salamandres d’au moins 200 adultes reproducteurs sur ce versant du vallon des Mercureaux-Bois de la Côte. Il est également probable qu’une autre population d’amphibiens soit présente dans le Bois du Peu sur le versant opposé du vallon. Celle-ci pourrait bénéficier des mares de substitution.

 

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Tableau de comptage (document F. Jussyk)

 

Certains suivis réalisés avant le 20 octobre présentent un risque de double comptage, les chiffres de batraciens transférés ne tiennent compte que des comptages postérieurs au 19/10.

 

NB : Les captures et transferts des amphibiens piégés dans les cunettes se sont fait avec autorisation de capture/déplacement de la DREAL.

 

PROPOSITION D’AMÉNAGEMENT ET POURSUITE DES INVESTIGATIONS (JANVIER/FÉVRIER 2011)

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Propositions d'aménagement

(document F. Jussyk)

(Pour agrandissement, cliquer sur le document)

 

Des clôtures mailles fines vont être prochainement posées des deux côtés de la route, de l’OA7 au Tunnel de Fontain, pour éviter l’intrusion d’amphibiens dans l’emprise.

 

La pose de grillage spécifique est également nécessaire autour de la tête de tunnel y compris en crête. Les amphibiens peuvent accéder à la descente depuis ce secteur boisé.

 

Ces clôtures devront laisser l’accès libre aux deux ouvrages hydrauliques jugés plus ou moins favorables au passage d’amphibiens sous la route (cf rapport du 18/11/10). Les 2 OH potentiellement favorables sont situés : PR 195, PR 205.

 

Ces ouvrages n’ont pas été conçus pour le franchissement d’amphibiens mais quelques passages sont possibles lors des migrations prénuptiales, à la descente (à vérifier selon la structure interne des ouvrages). Par contre, la migration de retour via ces ouvrages semblent très difficile (remontée de talus et d’ouvrages pentus).

 

L’OH PR 226 permettrait en théorie des déplacements d’amphibiens. Il draine les eaux d’un fossé végétalisé en amont, mais il débouche en aval sur un talus raide haut de 10 m environ, en béton avec pierres, des risques de chutes avec blessures ou mortalité sont donc probables notamment lors de pluie (photo 7). Cet ouvrage devra donc être amélioré en sortie de manière à éviter des mortalités d’amphibiens.

 

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Photo 7 : Cunette d’évacuation sur talus raide (aval)

(document F. Jussyk)

 

Sur la voie montante (PR 205 à 235), un fossé en terre avec végétation est présent entre le chemin communal en lisière du bois et la voie. Il est conseillé de l’exclure de la clôture de manière à permettre la reproduction d’amphibiens. Actuellement depuis la construction de la route, les amphibiens côté amont dans le bois ne peuvent plus se reproduire faute de zones humides accessibles. Celles-ci sont principalement situées dans le fond de vallon autour du ruisseau (flaques, ornières, rus, mares de substitution). En l’absence de zone humide, en amont la sous-population déclinera rapidement en quelques années. Dans tous les cas, lorsque cela est possible, il est donc conseillé d’exclure de l’emprise (ne pas clôturer) les fossés en terre le long de la route, rares sites accessibles de reproduction. Les lisières sont des sites privilégiés pour la reproduction.

 

PR 165-180 amont : le talus caillouteux raide peut poser des problèmes aux amphibiens descendant la pente, ceux-ci se trouveront bloqués en pied de talus et ne pourront plus la remonter. La pose de clôture en crête le long de la prairie (et non pas en pied de talus) est donc préférable.

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Photo 8 : PR 165-180 : le talus caillouteux raide

(clôturer en crête)  (document F. Jussyk)

 

Dans la mesure du possible, les fossés latéraux pouvant servir de site de reproduction, ne devront pas être clôturés. Il est nécessaire de :

 

  • clôturer l’emprise (clôture définitive maille fine) avant le 15/02, début du suivi de la migration de printemps,

 

  • faire une visite sur le site en février 2011 pour vérifier si tous les puisards et autres ouvrages – pièges identifiés lors des prospections de l’automne 2010 ont bien été sécurisés.

 

Une prospection du bois de la Côte en amont (voire en aval) permettra de connaitre l’existence d’éventuelles petites zones humides de reproduction (hors mares de substitution déjà créées).

 

Le bassin de décantation près du ru des Contours actuellement clôturé à mailles larges est accessible aux amphibiens. Il est préconisé de le maintenir accessible pour permettre la reproduction et donc de ne pas doubler de maille fine les côtés externes. Par contre, le côté interne au bord de la voie nécessite un doublage. Un regard de visite est à grillager au sud du bassin (maille fine), les amphibiens pouvant actuellement tomber dans ce puits (photo 5).

 

SUIVI DE LA MIGRATION PRÉNUPTIALE

(MARS 2011)

 

Le prochain suivi consiste à :

 

  • rechercher les principaux flux de migration prénuptiale qui peuvent légèrement différer des voies de migration d’automne,

 

  • rechercher les principaux lieux de ponte (prospection des mares de substitution, du bassin de rétention et du ruisseau),

 

  • inspecter les principaux ouvrages hydrauliques traversant la voie et des fossés latéraux afin de vérifier d’éventuelle mortalité ou pièges.

 

Le suivi migratoire prénuptial se réalise par pose de barrière-pièges (clôture provisoire) le long de la route en amont, côté Bois de la Côte et prairies, avec pose de seaux de récupération tous les 20-30 m. Ce protocole permet d’identifier et de compter les espèces et les flux et d’identifier les voies de passages privilégiées. Le linéaire étant important (1.5 km), la pose de clôture provisoire ne peut se faire partout. Il se fera sur une longueur totale de 400 à 500 m en amont (côté bois et prairie entre PR 195-230). Les seaux sont relevés tous les matins et les espèces déplacées vers l’aval dans le vallon des Mercureaux.

 

Les autres portions non équipées de barrières seront prospectées de manière plus ponctuelle à pied (prospections des fossés latéraux amont). Le mois de mars dans sa totalité correspond au pic de migration de nombreuses espèces. C’est la période la plus sensible. Ces comptages et ramassage auront lieu tous les matins durant la totalité de mars. Ceci fournit des informations relativement exhaustives des flux et des espèces. La pose de barrières-pièges pourra intervenir dès la mi-février, selon météo. Le comptage débuterait alors fin février.

 


[1] Le Fort de Fontain peut éventuellement abriter des amphibiens en hivernage.

09/10/2010

Muséum de la Citadelle : un refuge pour espèces en danger

Muséum de la Citadelle de Besançon

 

Deux nouvelles espèces menacées d’extinction ont trouvé cet été refuge au Muséum de la Citadelle : le Cerf du Prince Alfred et le Sanglier des Visayas.

 

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Originaires des îles centrales des Philippines, les deux espèces ont vu leur population se réduire considérablement ces dernières années au point d’être déclarées “en danger” pour la première et “en danger critique” pour la seconde. Victimes à la fois de l’agriculture et de la déforestation qui détruisent leur habitat naturel, mais également de la chasse, le Cervus alfredi et le Sus cebifrons figurent sur la liste rouge de l’Union mondiale pour la Nature (UICN).

 

À Besançon, les visiteurs peuvent désormais découvrir et admirer trois jeunes Cerfs du Prince Alfred mâles en provenance du zoo de Landau en Allemagne et un couple de Sangliers des Visayas arrivés séparément, l’une (Rosette) du zoo de Rotterdam au Pays-Bas et l’autre (Jamon) du zoo de Chester au Royaume-Uni.

06/10/2010

La France radioactive

crirad.gifLa France radioactive

 

par René-Jean Monneret

 

Dans la plus grande discrétion, les autorités françaises, sous la pression des lobbies industriels, le tout avec la bienveillance habituelle de Sarko l'américano, a arrêté le 14 mai 2009 une dérogation à l'article de loi prévoyant l'interdiction d'insérer volontairement des éléments radioactifs dans les biens de consommation.

En termes concrets, le but est de permettre de réutiliser les matériaux faiblement radioactifs issus des centrales nucléaires françaises dans les matériaux de tous les jours, dont par exemple le ciment, les véhicules, et j'en passe. Seuls sont exclus de cete dérogation quelques articles dont les bijoux et les jouets.

Avec l'application de ce texte, tous les Français pourraient demain se retrouver exposés en permanence à des taux de radioactivité, qui pris isolément, resteraient sous les normes (ce qui ne veut pas dire sans riques), mais qui, cumulés une fois le procédé généralisé, deviendraient sources manifestes de cancers en tout genre. Le tout évidemment dans l'ignorance totale. La pollution qui en résulterait serait permanente mais surtout irréversible, il ne serait jamais plus possible de revenir en arrière niveau pollution radioactive.

La "maison qui tue" deviendrait donc une primauté française, voici de quoi régler efficacement le déficit prévu des caisses de pension, tout en ramenant de précieux euros dans les caisses de sociétés privées gestionnaires des centrales, et bien connues pour leur grande humanité, leur conscience sans faille, et leur grand respect de l'environnement.

La nouvelle publicité pour la Clio sera peut-être demain "La nouvelle Clio écolo, encore moins radioactive cette année", restera à construire des garages en plomb et à vous protéger les bijoux de famille.

C'est la "CRIIRAD" (vous pouvez suivre actuellement la page "Pétitions en cours") qui a découvert cette dérogation dans le cadre de ses activités de contrôle. Évidemment, comme d'habitude, le citoyen français a été maintenu dans l'ignorance totale de cette ignominie, et on voit bien, après les différents scandales à la santé concernant la France, que la tendance n'est pas prête de s'inverser.

Alors, faudra-t-il bientôt un compteur Geiger pour acheter Français ? La nouvelle législation, en tout cas, risque de rendre cet outil aussi commun qu'une calculette.

http://www.criirad.org/mobilisation/img/Arretedu5mai2009....

 

René-Jean Monneret

Paysan Jurassien Expert de 1ère classe.

rjmonneret@wanadoo.fr

23/07/2010

Coraux des Antilles (1)

Sous le vocable de corail, on désigne plusieurs formes animales coloniales qui appartiennent toutes au phylum des Cnidaires et dont le squelette est appelé polypier. Ce premier chapitre présente les principaux représentants des Cnidaires. Il définit et situe les coraux dans ce phylum.

 

 

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Coraux des Antilles (2)

Classification et inventaire des coraux hermatypiques (constructeurs de récifs) rencontrés aux Antilles

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22/07/2010

Coraux des Antilles (3)

Anatomie des coraux hermatypiques des Antilles

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21/07/2010

Coraux des Antilles (4)

Clé simplifiée de détermination des coraux des Antilles

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20/07/2010

Coraux des Antilles (5)

Hydrocoralliaires et Scléractiniaires en place dans le récif

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19/07/2010

Coraux des Antilles (6)

Nutrition, calcification, reproduction et développement des coraux de la Province caraïbe

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18/07/2010

Coraux des Antilles (7)

Croissance du Corail et répartition des récifs dans la Province Caraïbe

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17/07/2010

Coraux des Antilles (8)

Différents types de récifs coralliens. Morphologie et genèse des récifs coralliens des Antilles

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16/07/2010

Coraux des Antilles (9)

Biocénoses récifales remarquables de la Province caraïbe. Compétition, prédation, stratégies de défense, associations : commensalisme, symbiose.

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15/07/2010

Coraux des Antilles (10)

Chapitre annexe présentant d'autres organismes associés au récif corallien qui n'ont pas trouvé leur place dans les précédents chapitres

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Coraux des Antilles (11)

Évolution des récifs coralliens actuels de la Caraïbe. Problème du blanchissement des coraux.

 

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14/07/2010

Jean-Louis Borloo : l’État à la botte des chasseurs

Jean-Louis Borloo : l’État à la botte des chasseurs

 

par Luce Lapin

lucelapin@charliehebdo.fr

 

Le 2 juin dernier, la FNC (Fédération nationale des chasseurs) reproche, dans un communiqué de presse, à Jean-Louis Borloo de n’avoir pris « aucune mesure tangible […] contre les saboteurs de chasse ».

Seulement deux jours plus tard, le 4 juin, le gouvernement français, sous l’impulsion du ministre de l’Écologie et des Fusils (contrairement à ce que l’on pourrait logiquement supposer, l’un n’empêche absolument pas l’autre), cède au lobby des chasseurs à courre en édictant, par décret, une contravention de cinquième classe, passible de 1 500 euros d'amende, pour « obstruction à un acte de chasse ».

CPNT (Chasse, Pêche, Nature, Traditions, 7 juin), le parti de l’extrême chasse allié à la droite dure, est content : « Grâce au partenariat CPNT – UMP, les chasseurs obtiennent une grande victoire, attendue depuis longtemps, contre les anti-chasse. »

En primeur dans le numéro 739 de Charlie Hebdo, la réaction inédite de Gérard Charollois président de CVN (Convention Vie et Nature pour une écologie radicale), dans un entretien qu’il a donné aux « Puces ». Trois autres associations de protection animale nous font également part ici de leur ressenti.

Pour moi, quoi qu’il en soit, je n’y dérogerai pas : l’objectif, c’est tolérance zéro. Ni chasse à courre, ni chasse tout court !

Massacre de blaireaux : Côte-d’Or, côte d’horreur

Massacre de blaireaux : Côte-d’Or, côte d’horreur

 

par Pierre Athanaze, président de l’ASPAS

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Document Charlie Hebdo

 

LASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages, vient d’adresser une lettre ouverte, cosignée par 71 associations, au préfet de Côte-d’Or pour lui demander de «mettre fin à la plus grande destruction de blaireaux qui ait été entreprise en France».

 

« En mars dernier, le préfet de la Côte d’Or a pris des arrêtés ordonnant la capture et la “régulation” de blaireaux sous le prétexte de dépister et lutter contre la tuberculose bovine, pouvant être véhiculée par le mustélidé. À ce jour, ce sont plus de 2 050 individus qui auraient été exterminés par les chasseurs, piégeurs, déterreurs et lieutenants de louveterie du département. 71 associations de protection de la nature s’insurgent contre cette véritable opération de destruction massive en adressant une lettre ouverte au préfet, en cette année déclarée “année nationale de la biodiversité”. Certes, le problème de la tuberculose bovine doit être résolu. Cependant, en France, cette maladie n’est qu’anecdotique chez le blaireau. Des études scientifiques (1) ont démontré que non seulement la destruction de blaireaux n’enraye en rien la maladie, mais qu’au contraire, elle augmenterait l’incidence de la tuberculose bovine sur le cheptel bovin ! Le Conseil de l’Europe (2), pour sa part, a indiqué qu’“On peut douter que l’élimination des blaireaux ait une utilité, et l’on ne devrait certainement pas y recourir” et qu’“On ne doit jamais procéder à l’élimination générale des blaireaux.”

 

Vu la vitesse d’éradication de l’espèce sur le département, l’avenir du Blaireau en Côte-d’Or est indiscutablement en péril. La période de destruction a débuté lors de la saison de reproduction et s’est même poursuivie pendant la période de sevrage des jeunes. Suite à un tel recul des effectifs, comment rétablir une densité de population normale et viable de l’espèce alors que la dynamique de population est connue pour être faible ? Si des mesures qui semblent disproportionnées ont été prises à l’encontre du blaireau, il n’en est pas de même vis-à-vis d’autres usages qui pourtant sont de très forts vecteurs de la tuberculose bovine. En effet, les entrailles des chevreuils laissés dans la nature par les chasseurs (animaux abattus et dépecés sur place) ou la libre circulation de vaches et de taureaux de troupeaux en troupeaux représentent une menace bien plus importante.

 

Précisons aussi que le Blaireau, inscrit à l'annexe III de la Convention de Berne, est une espèce protégée dans la plupart des autres pays d’Europe. Au lieu de confier cette mission aux services vétérinaires en lien avec les scientifiques et les associations de protection de la nature dans le but de lutter pacifiquement et efficacement contre la tuberculose bovine, ce sont les chasseurs (dont les motivations sont certainement tout autres...) qui se voient autoriser à tuer, sans limites, les blaireaux.

 

Aussi, nos 71 associations demandent instamment au  préfet de la  Côte d’Or de bien vouloir mettre fin à la plus grande destruction de blaireaux qui ait été entreprise en France. La lutte contre la tuberculose bovine n’en sera pas affectée si les vraies mesures prophylactiques sont réellement mises en place. »

 

Pierre Athanaze, président de l’ASPAS

30 juin 2010

 

(1) Christl A. Donnelly et al., 2003. Impact of localized badger culling on tuberculosis incidence in British cattle. Nature 426 : 834-837

(2) Huw I. Griffiths & David H. Thomas, 1998. La conservation et la gestion du blaireau d’Europe (Meles meles). Sauvegarde de la nature n°90, Conseil de l’Europe : 84p

 

Associations signataires

 

À Pas de Loup, Adeo Animalis, APIE, ASPAS, Association I.D.A.E., Association MELES, Association SEVE, Association Végétarienne de France, Autun Morvan Ecologie, AVES France, Borda, Centre Athénas, CHENE, CLAM, Code Animal, Combactive, Comité Ecologique Ariégeois, Connaissance & Protection de la Nature du Brabant, Convention Vie et Nature, CORA Faune Sauvage, CORA-Rhône, CPEPESC, Dignité Animale, Doubs Nature Environnement, Droits Des Animaux, FERUS, Fondation 30 Millions d’Amis, Fondation Assistance aux Animaux, Fondation LFDA, Fourrure Torture, France Nature Environnement Hautes-Pyrénées, Franche-Comté Nature Environnement, Groupe Mammalogique Normand, JardinRefuge, Jura Nature Environnement, L214, LausAnimaliste, Le Pic Vert, L'empreinte, Les Naturalistes Rhodaniens, Loiret Nature Environnement, LPO Drôme, Maison de l'Espoir, Mayenne Nature Environnement, Mille-Traces, Natagora, Naturalistes Chapellois, Nature et Humanisme, Notre Dame de Toute Pitié, Oiseaux-Nature, One Voice, OUSIA, Perche Nature, Philippe Hervieu au nom du groupe Europe écologie au conseil régional de Bourgogne, Rassemblement Anti Chasse, Refuge de l'Arche de Noé, Respect et Défense des Animaux, Sauvegarde de la Faune Sauvage, SECAS, Secourisme Animalier, Serre Vivante, SFEPM, SHNPM, SNDA, Société Nationale de Protection de la Nature, SOS Rivières Et Environnement, SPA Marseille Provence, Territoire de Belfort Nature Environnement, Ultimathera 21, VegAsso.

05/07/2010

Mort annoncée de l'écologisme défensif et militant

Allègre2.jpegCoup dur : une fondation pour l’agonie de Gaïa
ou la mort annoncée de l’écologisme défensif et militant

 

par Michel Tarier (écologue, écosophe)


La fondation Claude Allègre Écologie d’avenir, qui deviendra bien vite, purement et simplement pour semer le trouble, la fondation  Écologie d’avenir, dit vouloir rassembler tous ceux qui pensent que "seuls les progrès de la connaissance et les innovations techniques permettront de résoudre les problèmes qui se posent à la planète".

On retrouve derrière ce projet nombre de poids lourds du CAC 40 et bien des personnalités ralliées au climato-scepticisme, non pas par pure et louable opinion scientifique (Kokopelli est relaxé !), mais par souci strictement cupide d’être du bon côté. On peut désormais parier que le noyau dur et fondateur sera rejoint par d’innombrables opportunistes.

Voici donc une nouvelle opération pompe à blé, montée par des gens pour lesquels les écosystèmes et la biodiversité ne représentent qu’une inépuisable banque. Dans ce ralliement, vous ne trouverez aucun chercheur de terrain, aucun écologue expérimenté, le club n’étant formé que de VRP d’économie verte atteints du déni de réalité, fidèles serviteurs des transnationales, rompus aux combines les plus sournoises, dont la niche écologique n’est pas le sanctuaire de la Nature mais les corridors des ministères et les grandes tables des mégapoles.


Décidément, notre avenir ne sent pas bon. L’écologi(sm)e, de plus en plus dévoyé(e), est en passe de sortir définitivement de sa dimension originelle, celle principielle et spirituelle des forces de la vie, pour devenir le nouveau fer de lance d’une économie de marché en plein délabrement. Il ne fait plus aucun doute que nos enfants seront les esclaves d’une planète-poubelle.



De fil en aiguille



Après un premier tour de passe-passe, par l’entremise non-innocente de l’homme du pacte qui… empaqueta l’écologisme dans l’écologie, puis l’écologie dans l’environnement anthropocentriste, pour remettre le kit complet entre les mains de l’ami de la Terre éco-vertueux et de grande conviction qu’est Sarkozy, voici l’ultime menace, celle de l’habile récupération de la cause par la frange pure et dure du système, symbolisée par l’ex-Monsieur le ministre pro-amiante de Jussieu.



De René Dumont à une économie verte ultralibérale, d’un souci de consommer écoconsciemment  à l’imposture d’un développement annoncé comme durable paradoxalement à la finitude du monde, il ne fallu pas un demi-siècle pour rendre exsangue la substantifique moelle de la contre-culture écologique. On oubliera, entre-temps, les insultes d’Allègre à l’endroit de Hulot, et le rôle de vierge effarouchée de ce dernier, tout cela pouvant relever d’un numéro de duettistes. Du cirque, encore du cirque, rien que du cirque. Ceci pour la France grenellienne, évidemment centre du monde et des équilibres écosystémiques !



Par ses positions favorables à l’establishment de l’écologiquement correct et le réajustement d’une écologie qui se devait coercitive en une écologie aléatoire, domestiquée, qui flatte et peu rapporter encore plus gros que prévu, ce type (Claude Allègre) risque bien d’accéder aux plus hautes fonctions. À nous les OGM, à nous la pétrochimie et son agroterrorisme, à nous les cancers environnementaux, à nous les Tchernobyl à l’Américaine avec des océans englués de pétrole. Adieu bienveillante écosophie, adieu principes de précaution susceptibles de ralentir la machine à massacrer le peu qui reste de paradis sur Terre.



L’auteur de livres mensongers et qui se vendent à la criée cherche à remettre les clés de l’écologie au pouvoir des marchands. Pour l’instant, ceux-ci feignaient de faire la fine gueule. Vous allez voir comme ils vont sauter sur l’occasion, faisant passer Allègre pour un nouveau Galilée. Beau cadeau pour la planète, joli coup de pouce pour notre avenir. Et son ami démographe Hervé Le Bras vous ferra oublier le troisième enfant occidental carboné contre lequel Yves Cochet nous mettait judicieusement en garde.



Pour élargir le plan, j’en suis à me demander si des instances comme le GIEC, tout compte fait elles-mêmes inspirées par des requins verts de la trempe d’un Al Gore (douteux le brillantissime déclencheur d’alerte…) ne sont pas à l’origine d’un frenchy Allègre. Localement en ce monde sans foi ni loi, d’autres Allègre doivent simultanément voir le jour et donner "l’orientation qu’il faut" à ce satané souci écologique décidemment trop inquiétant pour les banques, y compris pour celles d’Attali. Les maîtres du monde dénoncent ainsi eux-mêmes les misères qu’ils créent et gardent la barre en instaurant un juteux marchés des apparences. Ce ne sont pas les ONG qui manquent pour les crédibiliser de leurs sceaux immaculés à l'effigie lénifiante d'animaux sympathiques (les autres pouvant crever...). C’est qu’en ces temps d’amalgames, de mensonges et de dénis, "ils" nous rendraient facilement paranos… Le très cynique sponsoring du film Home du très photographe YAB avait déjà eu le courage d’aller très loin dans l’association des milliardaires et de leurs firmes à la dénonciation des disparités Nord-Sud, des pollutions et de la déconstruction des écosystèmes. Quand Pinault sort ses griffes, c’est des marques dont il s’agit !



Il serait peut-être urgent d’envisager le sauvetage de quelques éléments sains, non contaminés par miracle ou étanchéité à toute épreuve, colibris instrumentalisés à leur insu dans ce grand guignol de charognards véreux ! Ou et en d’autres termes, "Pierre Rabhi existe-t-il vraiment ? !".



Gargarismes, cosmétiques, vernis et badigeons…



Dans sa version contrition écologique, pour s’assurer l’exclusivité du thème de la crainte planétaire et climatique, pour désamorcer d’avance toute tentative de remise en question, pour renforcer ses positions et continuer à ronger les ressources jusqu'à l’agonie finale, le capitalisme ne cesse d’accoucher de monstres. Nous, infiniment naïfs et de bonne volonté, écosujets indûment baptisés écocitoyens aux gestes salvateurs tant dérisoires, nous plongeons dans la combine et nous nous regardons dans la glace : avec notre compost et notre petit vélo, nous nous trouvons beaux ! Ainsi, et pour l’écologisme à la française, un Borloo et son Grenelle nous embellissent l’âme. Ils ne font rien d’autre que leur propre cuisine, avec Bouygues & Co en arrière-boutique. L’autocritique parodique et l’auto-dénonciation sont les meilleures tactiques qui soient. Elles permettent, qui plus est, d’apporter les solutions dans une pochette surprise, d’en faire déballage et étalage comme ça, innocemment, un après-midi chez n’importe quel Drucker aux courbettes obligées. C’est en fait le coup des pièces jaunes version écologie. La pathétique grenouille de bénitier tire des larmes de crocodiles au bon populo tandis que son si sympathique président de mari vaque à de biens sordides affaires, comme l’affaire Karachi pour ne citer que celle qui fait l’actualité.



La fondation Claude Allègre Écologie d’avenir :


http://www.mediapart.fr/article/offert/2f106b2fad1f691b7d69c837e1226573


http://effetsdeterre.fr/2010/06/30/le-mammouth-du-deni-cl...

Ce juteux marché des apparences :


http://www.lesechos.fr/info/analyses/020621365231-les-deu...

Home story (génial !) :


Partie 1 : http://www.dailymotion.com/video/xbqyr7_home-12_news


Partie 2 : http://www.dailymotion.com/video/xbr0bm_home-22_news

Menaces sur le Doubs franco-suisse

Menaces sur le Doubs franco-suisse


1-CPEPESC-1.jpg

Les associations françaises et suisses de protection de l’environnement (CPEPESC, Pro Natura Jura, FCNE, DNE, SDV, ANPER-TOS), les associations de pêche (Fédération de Pêche du Doubs, la Franco-Suisse, la Gaule, l’Hameçon, la Truite de Grand’Combe des Bois) refusent que la rivière soit sacrifiée au bénéfice de l’hydroélectricité.


2-FCNE-1.jpgC’est un règlement d’eau datant du 5 février… 1969 qui régit le fonctionnement en principe coordonné des trois usines hydroélectriques situées sur le Doubs franco-suisse : le Châtelot, le Refrain et la Goule. Si la synergie dans le fonctionnement des trois ouvrages est nécessaire pour atténuer l’impact sur le milieu aquatique, la réalité depuis les années 2000 est tout autre : les marnages (variations de hauteur d’eau sous l’action des éclusées) autorisés à l’époque avaient été revus à la baisse en 2003

3-FRANCO-SUISSE-1.jpgsuite à une catastrophe survenue un an plus tôt. En effet, en raison du comblement de la Retenue de Biaufond, il avait été reconnu que la poursuite des anciennes valeurs de marnage conduisaient à la mise à sec de plusieurs hectares de zones peu profondes, les plus riches en biodiversité, provoquant de considérables mortalités. Dès lors la retenue de Biaufond dont le comblement s’est encore accentué (jusqu’à 10 4-SAÔNE ET DOUBS VIVANT-1.jpgcm par an au niveau du parking) ne peut plus jouer son rôle de régulation des éclusées du Châtelot, telles qu’elles sont programmées aujourd’hui.

 

5-Fédération-Pêche_Doubs-1.jpgCette situation est devenue insupportable sur tout le linéaire de la rivière en aval de ces ouvrages, et l’on apprend aujourd’hui que l’un des essais parmi ceux proposés aurait une incidence écologique majeure.

Cet essai consisterait à descendre en dessous du marnage utilisé actuellement et ceci

dans le but d’être pérennisé.

Pro Natura-1.jpg

C’est un inacceptable retour à l’incident de 2002 qui pourrait réduire à néant ce haut lieu de biodiversité aquatique, mais aussi ornithologique.

Si on démodulait les éclusées du Châtelot de cette manière au niveau de Biaufond, cela équivaudrait à continuer de condamner le Doubs neuchâtelois à subir de plein fouet ces 7-La Gaule-1.jpgéclusées.

 

Aucune étude et mesure d’accompagnement n’est prévue aujourd’hui pour détecter et analyser les paramètres extérieurs (températures, qualité physico-chimique et 8-Anper-Tos-1.jpgoxygénation de l’eau) dans les cas extrême d’utilisation de la retenue.

 

Cette démarche pourrait d’ailleurs à court terme tuer la biodiversité des zones à salmonidés situées à l’aval et déjà fragilisées.

 

De plus, une vidange de la retenue de Biaufond aurait des conséquences dramatiques sur le cours d’eau à l’aval, avec une augmentation de la turbidité, une surcharge organique, une remise en suspension des toxiques piégés dans les sédiments et une élévation de la température sur un milieu déjà fortement stressé.

 

Les essais, tels qu’ils sont envisagés sont tout à fait incompatibles avec les exigences de la réglementation française sur l’eau et de la DCE (Directive Cadre européenne sur l’Eau). Le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) Rhône-Méditerranée exige que le principe de non-dégradation de l’état écologique du Doubs soit pris en compte et respecté par toute décision concernant les eaux.

 

A cet endroit, le lit du Doubs et donc les eaux, sont en grande partie sur le territoire français (mitoyen jusqu’à la borne 66, puis complètement français). Son assèchement doit nécessairement obtenir le feu vert des autorités françaises qui viennent d’approuver le SDAGE fin 2009.

 

Il serait particulièrement mal venu par ailleurs que, profitant d’installations situées en Suisse, alors que ce pays entretien de constructives et amicales relations de partenariat avec l’Union Européenne, que les objectifs de l’Union Européenne en matière d’eau soient remis en cause de façon spectaculaire par les conséquences inévitables.

 

La solution passe par le changement des pratiques. On ne peut plus faire fonctionner les ouvrages comme par le passé avec des lâchers d’eau et des coupures brusques qui font crever la rivière. La seule façon de concilier production d’énergie et respect de l’environnement passe par le fonctionnement « au fil de l’eau » des ouvrages.

 

Les associations de protection de l’environnement et de pêcheurs signataires s’opposent avec fermeté et détermination au projet d’essai de « démodulation » des éclusées du Châtelot.


Elles en appellent aux pouvoirs publics tant français que suisses, pour qu’une telle aberration écologique soit abandonnée. Elles restent extrêmement vigilantes et n’hésiteront pas à saisir les autorités judiciaires compétentes, de part et d’autre de la frontière, pour que le Doubs et les milieux aquatiques qui lui sont associés soient préservés.

 

Elles informent de cette démarche la Commission Environnement du Parlement Européen.

 

Contact presse : CPEPESC au 03.81.88.66.71

 

CPEPESC

AAPPMA La Franco-Suisse

Saône et Doubs Vivant

Pro Natura Jura (CH)

Doubs Nature Environnement (DNE)

Association des pêcheurs La Gaule

Anper-Tos

AAPPMA La Truite de Grand’Combe des Bois

Société de pêche neuchâteloise L’Hameçon

Plateforme franco-suisse pour le Doubs

22/06/2010

Sismologie dans la région de Thise (Doubs)

Sismologie dans la région de Thise (Doubs)

 

par André Guyard

(article modifié le 2 mars 2013)

 

L'activité sismique particulièrement intense au cours des deux dernières années (2010 et 2011) nous interpelle. Quels sont les séismes qui ont secoué la région bisontine et particulièrement la commune de Thise au cours des siècles derniers ?

 

L'échelle de Richter indique la magnitude, c'est-à-dire l'intensité du séisme. La magnitude est l'énergie libérée par un séisme, indépendamment des dégâts provoqués. Elle est définie par une échelle logarithmique, où chaque unité ajoutée correspond à une multiplication par 32 de l'énergie libérée. Ainsi, un séisme de magnitude 9 libère, non pas 3 fois plus, mais 1 milliard 74 millions de fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 3.

 

séisme,franche-comté,thise,besançon,bâle,fessenheim

Carte du risque sismique en Franche-Comté © Géoportail)

 (Cliquez sur la carte pour zoomer)

 

Le tableau ci-dessous répertorie l'ensemble des séismes qui ont affecté notre région au cours des derniers siècles.

Nous reprendrons plus en détail, les séismes dont l'épicentre se trouvait à proximité de notre commune.

 

Tableau des séismes ayant affecté

le Nord-Est de la France

et les régions voisines

 

Surlignés en jaune : séismes ayant affecté la Franche-Comté.

Surlignés en rouge : séismes d'intensité (= magnitude) supérieure ou égale à 7 ayant affecté les contrées voisines.

 

Date

Heu-

re

Choc

Localisation

épicentrale

Région

ou

pays de l'épicentre

Inten-

sité

épi-

centrale

12/11/

2005

19h

31

 

JURA SUISSE

(N-E. AARAU)

SUISSE

5

8/09/

2005

11h

27

 

MASSIF DU MONT-BLANC (VALLORCINE)

ALPES SAVO-

YARDES

5

12/05/

2005

1h

38

 

JURA SUISSE

(N.E SOLOTHURN)

SUISSE

4

5/12/

2004

1h

52

 

BADEN-WURTEMBERG (WALDKIRCH)

ALLEMAGNE

6

28/06/

2004

23h

42

 

JURA SUISSE

(N-E. AARAU)

SUISSE

 

21/06/

2004

23h

10

 

JURA SUISSE(BALE)

SUISSE

5

23/02/

2004

17h

31

 

JURA

(S. BAUME-LES-DAMES)

FRANCHE-

COMTE

5,5

22/02/

2003

20h

41

 

PAYS FORESTIER SOUS-VOSGIEN (RAMBERVILLERS)

VOSGES

6,5

30/04/

1989

3h

38

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (FROIDEVAUX)

FRANCHE-

COMTE

4,5

29/12/

1984

11h

03

R

HAUTES-VOSGES (ELOYES-REMIREMONT)

VOSGES

 

29/12/

1984

11h

02

 

HAUTES-VOSGES (ELOYES-REMIREMONT)

VOSGES

6

13/10/

1984

21h

23

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

FRANCHE-

COMTE

4

5/09/

1984

5h

16

 

ZURICH

SUISSE

6

21/06/

1983

15h

03

 

JURA (ORNANS)

FRANCHE-

COMTE

4,5

5/02/

1983

16h

19

R

AVANT-PAYS JURASSIEN (RANDEVILLERS)

FRANCHE-

COMTE

 

3/02/

1983

2h

48

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (RANDEVILLERS)

FRANCHE-

COMTE

4

18/07/

1980

23h

03

E

PLAINE DE

HAUTE-ALSACE (HABSHEIM)

ALSACE

 

16/07/

1980

15h

50

E

PLAINE DE

HAUTE-ALSACE (HABSHEIM)

ALSACE

4,5

15/07/

1980

12h

17

 

PLAINE DE

HAUTE-ALSACE (HABSHEIM)

ALSACE

6,5

3/07/

1979

21h

13

 

PLATEAU SUISSE (MORAT)

SUISSE

 

3/09/

1978

7h

08

 

JURA SOUABE (ONSMETTINGEN)

ALLEMAGNE

7,5

8/01/

1975

9h

12

 

PLATEAUX JURASSIENS (SALINS-LES-BAINS)

FRANCHE-

COMTE

 

8/03/

1968

4h

01

 

PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (PONTAILLER/SAONE)

BOURGOGNE

4,5

16/07/

1967

14h

04

 

PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (AUXONNE)

BOURGOGNE

5

10/07/

1966

3h

45

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTAGNEY)

FRANCHE-

COMTE

 

2/07/

1966

6h

15

 

PLATEAU DE HAUTE-SAONE (FAUCOGNEY ?)

FRANCHE-

COMTE

4

14/03/

1964

2h

37

 

UNTERWALD (SARNEN)

SUISSE

7

25/04/

1962

4h

44

 

VERCORS (CORRENCON-EN-VERCORS)

DAUPHINE

7,5

28/04/

1961

20h

48

 

FORET NOIRE (LORRACH)

ALLEMAGNE

5,5

23/03/

1960

23h

08

 

VALAIS (BRIG)

SUISSE

7

23/11/

1955

6h39

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ)

FRANCHE-COMTE

6

21/11/

1955

17h45

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (CUSSEY)

FRANCHE-COMTE

 

3/11/

1955

14h27

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ)

FRANCHE-COMTE

6

28/10/

1955

7h19

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ)

FRANCHE-COMTE

 

29/07/

1954

4 h 42

 

VALAIS (MONTANA)

SUISSE

6,5

19/05/

1954

9 h 34

 

VALAIS (N-W. SION)

SUISSE

7

30/05/ 1946

4 h 41

R

VALAIS (CHALAIS)

SUISSE

7

26/01/

1946

3 h 15

R

VALAIS (CHALAIS)

SUISSE

 

25/01/

1946

21 h 39 min

R

VALAIS (CHALAIS)

SUISSE

 

25/01/

1946

17 h 32

 

VALAIS (CHALAIS)

SUISSE

7,5

31/05/

1936

5 h 39

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (SELONCOURT)

FRANCHE-COMTE

4

30/12/  1935

3 h 36

 

VALLEE DU RHIN (OFFENBURG)

ALLEMAGNE

7

30/12/

1935

3 h 07

P

VALLEE DU RHIN (OFFENBURG)

ALLEMAGNE

 

27/06/

1935

17 h 19

 

JURA SOUABE (KAPPEL)

ALLEMAGNE

7,5

8/02/

1933

7 h 07

 

VALLEE DU RHIN (RASTATT)

ALLEMAGNE

7

11/01/

1931

23 h 50

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

11/01/

1931

20 h 20

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

11/01/  1931

19 h

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

11/01/

1931

16 h 45

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

4

10/01/

1931

1 h

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

23/12/

1930

2 h

E

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

20/12/

1930

17 h 30

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

28/06/

1926

22 h

 

VALLEE DU RHIN (KAISERSTUHL)

ALLEMAGNE

7

8/01/

1925

2 h 44

 

JURA SUISSE (ORBE-LIGNEROLLE)

SUISSE

6,5

19/11/ 1924

17 h 55

 

JURA SUISSE (ORBE)

SUISSE

 

1/03/1916

20 h 53

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (DOLE)

FRANCHE-COMTE

5

15/12/

1912

22 h 15

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT)

FRANCHE-COMTE

 

28/10/  1911

22 h 17

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (ECHENOZ-LE-SEC ?)

FRANCHE-COMTE

4

16/11/

1911

21 h 26

 

JURA SOUABE (EBINGEN)

ALLEMAGNE

8,5

26/05/

1910

7 h 12

 

JURA SUISSE (LAUFEN)

SUISSE

6

 29/04/

1905

 1 h 59

 

 MASSIF DU MONT-BLANC (LAC D'EMOSSON)

 SUISSE

 7,5

 6/05/

1898

 13 h 10

 

 OBERLAND (S. THUN)

 SUISSE

 6,5

 22/02/

1898

 11 h 45 min 

 

 JURA SUISSE (GRANDSON)

 SUISSE

 6,5

 28/12/

1892

 6 h

 

 JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE)

 FRANCHE-COMTE

 5

 28/12/

1892

 2 h

 P

 JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE)

 FRANCHE-COMTE

 

 27/12/

1892

 21 h

 P

 JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE)

 FRANCHE-COMTE

 

 27/12/

1892

 13 h

 P

 JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE)

 FRANCHE-COMTE

 

 25/12/

1892

 21 h 15

 P

 JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE)

 FRANCHE-COMTE

 

 10/09/

1883

 4 h

 R

 JURA (SANCEY-LE-GRAND)

 FRANCHE-COMTE

 

 7/09/

1883

 23 h 30

 

 JURA (SANCEY-LE-GRAND)

 FRANCHE-COMTE

 

 22/07/

1881

 2 h 45

 

 BELLEDONNE-PELVOUX

 ALPES SAVOYARDES

 7

 8/10/

1877

 5 h 12

 

 FAUCIGNY (LA ROCHE-SUR-FORON)

 ALPES SAVOYARDES

 7

 2/04/

1876

 

 

 JURA SUISSE (NEUCHATEL-BIENNE ?)

 SUISSE

 5,5

 10/11/

1873

 19 h 30

 

 JURA (ORNANS)

 FRANCHE-COMTE

 

 14/09/

1866

 5 h 10

 

 BRENNE (AZAY-LE-FERRON)

 BERRY

 7

 23/10/

1865

 7 h 15

 

 AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

 FRANCHE-COMTE

 

 17/04/

1862

 8 h 10

 

 PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (SELONGEY)

 BOURGOGNE

 5

 17/06/

1858

 10 h

 

 TERRITOIRE DE BELFORT (BEAUCOURT)

 FRANCHE-COMTE

 4,5

 14/02/

1857

 

 

 PAYS DE MONTBELIARD

 FRANCHE-COMTE

 5

 26/07/

1855

 14 h

 R

 VALAIS (VISP)

 SUISSE

 

 26/07/

1855

 10 h

 R

 VALAIS (VISP)

 SUISSE

 8

 25/07/

1855

 12 h 50

 

 VALAIS (VISP)

 SUISSE

 9

 11/07/

1852

  

 

 TERRITOIRE DE BELFORT (BEAUCOURT)

 FRANCHE-COMTE

 

 24/08/

1851

 2 h

 Z

 OBERLAND (S-W. THUN ?)

 SUISSE

 

 16/05/

1848

 5 h

 

 PLATEAUX JURASSIENS (NOZEROY)

 FRANCHE-COMTE

 5,5

 17/08/

1846

 7 h 40

 

 PLATEAU SUISSE (YVERDON)

 SUISSE

 6,5

 6/09/

1843

 9 h 28

 

 VALLEE DU DOUBS (SOULCE)

 FRANCHE-COMTE

 

 24/01/

1837

 2 h

 Z

 VALAIS (BRIG)

 SUISSE

 7

 27/08/

1831

 0 h 5

 Z

 AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

 FRANCHE-COMTE

 

 30/10/

1828

 7 h 20

 

 AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

 FRANCHE-COMTE

 7

26/10/

1828

11 h 30

P

AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

FRANCHE-COMTE

6

16/12/

1823

 

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

FRANCHE-COMTE

 

19/02/

1822

8 h 45

Z

BUGEY (BELLEY)

BRESSE ET JURA BRESSAN

7,5

11/03/

1817

21 h 25

 

MASSIF DU MONT-BLANC (CHAMONIX)

ALPES SAVOYARDES

7

29/11/

1784

22 h 10

 

SUNDGAU (ALTKIRCH ?)

ALSACE

6

15/10/

1784

12 h 03

 

LAC DU BOURGET (AIX-LES-BAINS)

ALPES SAVOYARDES

6,5

6/07/

1783

9 h 56

 

VALLEE DE L'OUCHE (BLIGNY)

BOURGOGNE

6

10/09/

1774

16 h 30

 

LAC DES 4 CANTONS (LUCERNE)

SUISSE

8

18/01/

1757

5 h 52

 

VOSGES COMTOISES (PLANCHER-LES-MINES)

FRANCHE-COMTE

6

18/02/

1756

7 h 45

 

HAUTES-FAGNES (STOLBERG)

ALLEMAGNE

8

9/12/

1755

14 h 45

 

VALAIS (BRIG)

SUISSE

8,5

26/02/

1685

 

 

JURA SUISSE (AARAU ?)

SUISSE

 

12/05/

1682

2 h 30

 

HAUTES-VOSGES (REMIREMONT)

VOSGES

8

12/12/

1672

14 h

 

JURA SUISSE (BALE ?)

SUISSE

 

24/01/

1653

23 h

 

JURA SUISSE (BALE)

SUISSE

 

21/09/

1650

3 h

 

JURA SUISSE (BALE)

SUISSE

6,5

15/06/

1630

10 h

 

JURA (PONT-DE-ROIDE ?)

FRANCHE-COMTE

 

30/05/

1621

15 h

 

JURA SUISSE (NEUCHATEL)

SUISSE

 

5/10/

1614

1 h 45

 

FORET NOIRE (S. SCHOPFHEIM ?)

ALLEMAGNE

 

18/09/

1601

1 h 45

 

LAC DES 4 CANTONS (LUCERNE)

SUISSE

8

13/11/

1592

22 h

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

FRANCHE-COMTE

 

11/03/

1584

11 h 30

 

LAC LEMAN (MONTREUX)

SUISSE

7

18/10/

1356

22 h

 

JURA SUISSE (BALE)

SUISSE

9

18/10/

1356

17 h

P

JURA SUISSE (BALE)

SUISSE

7,5

1/02/

1267

2 h

 

AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON)

FRANCHE-COMTE

 

3/01/

1117

17 h

 

LOMBARDIE (VERONE)

ITALIE

 

 

Quelques explications sur la nomenclature employée dans ce tableau :

 

Nature du choc :

 

  • C : choc principal
  • R : Réplique
  • E : Secousse individualisée d'un essaim
  • P : Précurseur
  • Z : Groupe de secousses d'un essaim

 

Degrés de l'intensité épicentrale :

 

  • 4 : secousse modérée, ressentie dans et hors les habitations, tremblement des objets,
  • 5 : secousse forte, réveil des dormeurs, chutes d'objets, parfois légères fissures dans les plâtres,
  • 6 : dommages légers, parfois fissures dans les murs, frayeur de nombreuses personnes,
  • 7 : dommages prononcés, larges lézardes dans les murs de nombreuses habitations, chutes de cheminées,
  • 8 : dégâts massifs, les habitations les plus vulnérables sont détruites, presque toutes subissent des dégâts importants,
  • 9 : destructions de nombreuses constructions, quelquefois de bonne qualité, chutes de monuments et de colonnes,
  • 10 : destruction générale des constructions, même les moins vulnérables (non parasismiques),
  • 11 : catastrophe, toutes les constructions sont détruites (ponts, barrages, canalisations enterrées...).

 

Remarques : le 18 octobre 1356, deux séismes de magnitudes estimées par le site du BRGM à 9 et 7,5 ont affecté la région bâloise à proximité de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).

En ce qui concerne cette centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc français, il s'agit du séisme de référence. Sa magnitude a été estimée à partir des registres notariaux et des annales religieuses. En fait, les avis divergent : EDF évalue sa magnitude à 6,1 ; l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à 6,8 ; et une étude suisse de 2009 à 7,1, ce qui est 30 fois plus violent que l'estimation de l'exploitant !

EDF a beau ajouter une marge de sûreté d'un demi-degré de magnitude au séisme historique de référence, la centrale de Fessenheim n'a pas été construite pour lui résister...

 

Le 19 février 1822, un séisme d'intensité 7,5 a affecté le Bugey où se situe la centrale nucléaire du Bugey.

 

 Les séismes ayant affecté plus spécialement notre région

Légende_intensité du séisme-1.jpg

 

En partant du plus récent au plus ancien :

Thise-séismes-1.jpg

 

1. Vallorcine : 8 septembre 2005

 

Ce séisme a produit quelques légères secousses dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).

Thise-séismes_08-09-2005-1.jpg

Séismes-Thise_08-09-2005_carte-1.jpg

 

2. Dammartin les Templiers (23/02/2004)

 

Séisme bien ressenti dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).

Thise-séismes__23-02-2004-1.jpg

Thise-séismes_23-02-2004_carte-1.jpg

 

3. Séisme de Rambervillers (22/02/2003)

 

Séisme faiblement ressenti dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).

Thise-séismes_23-02-2004-1.jpg

Thise-séismes_22-02-2003-1.jpg

 

5. Séisme de Thise (30/10/1828)

 

Ce séisme d'intensité 7 a produit des dégâts dans la région bisontine et notamment à Thise.  Une douzaine de cheminées et des pans de murs entiers se sont écroulés. La tourelle jouxtant le clocher de l'église  "s'en est séparée d'un pouce environ". L'eau de la fontaine publique s'est troublée une demi-heure après la secousse.

 

Thise-séismes_30-10-1828_localités-1.jpg

Thise-séismes_30-10-1828_carte-1.jpg

 

6. Séisme de Thise (26/10/1828)

 

Ce séisme d'intensité 6 a produit également des dégâts dans la région bisontine et notamment à Thise et à Miserey. À Thise, des cheminées s'écroulent et l'église en reconstruction est endommagée.

 

Thise-séismes_26-10-1828_localités-1.jpg

 

Thise-séismes_26-10-1828_carte-1.jpg

 

7. Séisme de Bâle (18/10/1356)

 

Le séisme de Bâle a été violemment ressenti dans la région. À Besançon,  la Tour de Vaite ne résistera pas à la réplique survenue dans la soirée.

 

 Pour en savoir plus : Site du BRGM

 

Le tsunami qui a noyé Genève en 583

 

On peut rapprocher de ces phénomènes sismiques intéressant la région le tsunami qui a noyé Genève en 563. Cette année-là, une vague gigantesque a balayé les  rives du Léman atteignant huit mètres à Genève et treize à Lausanne selon les simulations de Katrina Kremer de l'université de Genève (décembre 2012).

Si l'existence d'un raz-de-marée en l'an 563 était déjà établie par des témoignages historiques, son origine demeurait controversée. Pour y voir plus clair, l'équipe de Katrina Kremer a sondé le lac et repéré, au plus profond, une vaste couche de sédiments - 250 millions de mètres cubes - qui se seraient déposés brutalement à cette époque. Une observation qui leur permet de conforter l'un des scénarios envisagés : l'effondrement d'un pan de la montagne dans le Rhône, en amont du lac, aurait entraîné un déplacement massif de sédiments, provoquant ainsi le tsunami. Quinze minutes après l'effondrement, la vague touchait Lausanne. Cinquante-cinq minutes plus tard, c'était au tour de Genève. Une catastrophe qui pourrait bien se reproduire, menaçant le million de riverains du lac. La cause de ce tsunami n'était donc pas un séisme, mais un glissement de terrain.

 

L'Arc jurassien sous surveillance GPS

 

Le laboratoire Chrono-environnement de l'Université de Franche-Comté est à l'origine d'un projet d'installation de six stations permanentes GPS de surveillance de l'Arc du Jura. Ces six stations seront progressivement installées au cours du second semestre 2013 et au cours de l'année 2014.

 

Les vingt séismes les plus violents en métropole depuis 1900

Le magazine Sciences et Avenir publie sur son site une carte interactive concernant les séismes les plus violents concernant la métropole depuis 1900.

21/06/2010

La pomme de terre OGM "Amflora" interdite au Luxembourg

Le Luxembourg interdit la pomme de terre OGM "Amflora" !

 

par Greenpeace Luxembourg

 

Le 16 juin 2010, lors du colloque "La sécurité dans mon assiette" sur la sécurité de la chaîne alimentaire, le Ministre de la Santé luxembourgeois Mars Di Bartolomeo, en présence de Romain Schneider ministre de l’Agriculture, a interdit la culture de la pomme de terre OGM Amflora de BASF au Luxembourg.

 

greenpeace_patate-1.jpg

 

L’interdiction de la pomme de terre OGM au Luxembourg a été annoncée quelques mois à peine après son autorisation par la Commission européenne et ceci devant des hauts représentants de l’autorité en charge de la sécurité alimentaire en Europe (EFSA).

 

C’est d’ailleurs au même endroit (Centre Culturel de rencontre Abbaye de Neumünster) que le Luxembourg avait déjà interdit le maïs transgénique MON810 en 2009.

 

Le message politique est courageux et sans appel possible : Le Luxembourg clame haut et fort qu’il n’est pas prêt à se laisser dicter un menu OGM par la Commission européenne. Après l’Autriche, c’est le deuxième état membre de l’Union européenne à prendre la décision de protéger les consommateurs et l’agriculture des conséquences négatives d’Amflora.

 

Greenpeace et les organisations partenaires de l’Initiative Luxembourg sans OGM (1) félicitent le Ministre de la Santé d’avoir pris ses responsabilités dans l’intérêt du consommateur et encouragent le Gouvernement à continuer de s’opposer résolument à la politique pro-OGM de la Commission européenne.

 

Une procédure d’évaluation qui doit être profondément réformée en Europe

 

Le 2 mars 2010, la Commission européenne avait autorisé la culture, l’utilisation dans les matières fourragères et la présence jusqu’à 0,9% dans l’alimentation humaine de la pomme de terre OGM Amflora développée par le géant allemand de la chimie BASF. Cette décision avait été prise malgré les évidences scientifiques relatives au risque de résistances aux antibiotiques.

 

Greenpeace et les organisations de l’initiative Luxembourg sans OGM tiennent à rappeler que procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM dans l’Union européenne est défaillante et doit être réformée.

 

Les effets à long terme des OGM sur l’environnement et sur la santé, ainsi que leurs coûts socio-économiques pour toute la filière agricole ne sont actuellement pas pris en compte. « Nous demandons au Gouvernement luxembourgeois de continuer son engagement en faveur réforme de la une procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM qui protège directement au niveau européen les consommateurs, l’environnement et l’agriculture des effets négatifs des OGM », déclare Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg.

 

(1) : Les 29 organisations de l’Initative "Luxembourg sans OGM" :

Aide à l’Enfance de l’Inde, Association Solidarité Luxembourg Nicaragua, ASTM, Attac Luxembourg, Bauerenallianz, bioLABEL Lëtzebuerg, BIONA, Caritas Luxembourg, Demeter Bond Lëtzebuerg, Église Catholique de Luxembourg, Ëmweltberodung Lëtzebuerg asbl. (EBL), FCPT – SYPROLUX, FNCTTFEL – Landesverband, Fondation Hëllef fir d’Natur, Frères des Hommes, GREENPEACE Luxembourg, Haus vun der Natur, Initiativ Liewensufank, LCGB, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht, Life asbl., Mouvement Écologique, OGBL, Slow Food Lëtzebuerg, SOS Faim Luxembourg, Stroossekanner Sao Paulo a.s.b.l., TransFair – Minka a.s.b.l., Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC).

20/06/2010

Le désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique

Greenpeace_maree-noire-1.jpgLe désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique

 

 

(Dernière mise à jour : 2 janvier 2016)

Les faits :

 

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La plateforme Deepwater Horizon avant la catastrophe

 

20 avril 2010 : À la suite d’une explosion, un incendie ravage Deepwater Horizon, la plateforme exploitée par BP à 80 kilomètres des côtes de la Louisiane, faisant 11 morts. Deux jours plus tard, elle sombre dans l’océan.

 

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Vue satellite de la fuite de pétrole

 

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Désastre pétrolier golfe du Mexique_01-1.jpg
©Géo/Martin Fossati
 

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Deepwater Horizon en feu - Le 21 avril 2010, l’incendie fait toujours rage sur la plateforme de BP dans le golfe du Mexique. Elle sombrera le lendemain

 

25 avril : Selon les estimations des gardes-côtes américains, la nappe d’hydrocarbures s’échappant du puits situé à 1 500 mètres de profondeur s’étend sur une surface de 32 kilomètres carrés. Au total, trois fuites sont repérées. BP envoie quatre robots sous-marins pour tenter de fermer la valve de sécurité des puits, en vain.

 

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Des navires capturent "au lasso" des nappes de pétrole

 

28 avril : Les premières opérations de brûlage de la nappe de pétrole sont lancées.

 

29 avril : Le pétrole atteint les marais proches du delta du Mississippi, un écosystème particulièrement fragile.

 

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Des barrages flottants ont été mis en place

près de la côte pour protéger les pêcheries

 

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Barrages flottants destinés à protéger

les sites de nidification des oiseaux marins

 

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Les marais côtiers de la Louisiane constituent

un sanctuaire pour la faune,

en particulier les oiseaux aquatiques

 

30 avril : Après la Louisiane, la Floride, l’Alabama et le Mississippi décrètent l’état d’urgence. Le gouvernement américain déclare cette marée noire "catastrophe nationale".

 

1er mai : La nappe d’hydrocarbures s’étend à présent sur environ 1 500 kilomètres carrés.

 

2 mai : Interdiction de la pêche dans les eaux touchées par la marée noire.

 

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3 mai 2010 : la Garde nationale construit une barrière Hensco sur l'île Dauphin, Alabama

 

5 mai : Des robots sous-marins parviennent à colmater l’une des trois fuites, mais le volume de pétrole qui s’échappe du puits reste colossal (5 000 barils, soit 800 000 litres par jour, selon les estimations de BP).

 

8 mai : BP pose sur la fuite principale un couvercle de confinement, un dôme de 12 mètres de hauteur et pesant 100 tonnes. Mais des cristaux similaires à de la glace se forment et empêchent le pompage du pétrole jusqu’à la surface. Le dispositif est retiré.

 

16 mai : BP parvient pour la première fois à pomper du pétrole en introduisant un tuyau de 15 centimètres de diamètre dans le puits.

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Un énorme silo blanc d'une centaine de tonnes a été

embarqué à bord d'une barge partie de Louisiane

 

26 mai : Lancement de "Top Kill", l’opération la plus ambitieuse de BP. Le géant pétrolier tente d’injecter des boues lourdes dans le puits pour stopper l’écoulement de brut. Après trois jours de travaux, BP annonce que la tentative est un échec.

 

3 juin : Un dôme en forme d’entonnoir est installé sur la fuite principale, permettant de siphonner le pétrole jusqu’à un navire stationné en surface. Le nouveau dispositif comporte des soupapes pour éviter la formation des cristaux. Près de 15 000 barils de brut sont récupérés chaque jour. Selon le directeur général de BP, Tony Hayward, ce volume représenterait la « grande majorité » du pétrole qui s’échappe du gisement. Ce que réfute le responsable des gardes-côtes américains, Thad Allen, qui pencherait plutôt pour le tiers ou la moitié de la fuite.

 

Désastre pétrolier golfe du Mexique_02-1.jpg

Premières victimes : les oiseaux (cliché Géo)

 

Le Pélican marron, qui habite dans les marécages de la Louisiane, est devenu le symbole du désastre écologique qui frappe le golfe de Mexique. Cette région de marais et de bayous abrite une grande biodiversité, protégée par des réserves naturelles. Celle de Breton National Wildlife Refuge, située sur les îles Breton et Chandeleur, au sud de la Louisiane, a été gravement touchée par la nappe de pétrole. Et ceci au plus mauvais moment : en pleine période de reproduction et de nidification des oiseaux.

 

Près de 600 oiseaux, 250 tortues de mer et 30 dauphins figurent parmi les premières victimes. Les oiseaux mazoutés sont amenés au centre vétérinaire de Fort Jackson, mais ils n’ont que 50 % à 70 % de chances de survie, estiment les vétérinaires. Le pétrole qu’ils ont ingéré leur cause des dégâts dans les poumons et le foie.

 

Le site de Greenpeace montre les images d'animaux mazoutés soigneusement camouflées par les autorités américaines.

 

Désastre pétrolier golfe du Mexique_03-1.jpg

Le delta du Mississippi asphyxié (cliché satellite Géo)

 

Cette image satellite en fausses couleurs prise le 24 mai 2010 montre de manière spectaculaire à quel point la marée noire a envahi tout le delta du Mississippi. En rouge : la végétation, et en gris... le pétrole.

 

À ce jour, environ 200 kilomètres de côtes de quatre états – Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride – sont touchés. D’après les spécialistes, les dégâts sont si importants que, dans certaines zones, il n'y a plus aucune trace de vie. L’amiral Thad Allen, responsable des gardes-côtes américains, estime que restaurer l’écosystème dévasté prendra des années.

 

Enfin, il est probable que la marée noire aura un impact sur d’autres états, tels que le Mexique, les Bahamas, les Bermudes ou Cuba dans les mois à venir.

 

Désastre pétrolier golfe du Mexique_04-1.jpg

Un écosystème ravagé (cliché aérien Géo)

 

Le 29 avril, le pétrole a atteint les marais proches du delta du Mississippi, un écosystème foisonnant et particulièrement fragile. De nombreuses espèces de poissons et de crustacés vivent dans cette zone humide, qui constitue aussi une étape importante pour les oiseaux migrateurs, qui y nidifient. Au large des côtes, les eaux du golfe du Mexique abritent également une riche faune marine (dauphins, tortues marines, baleines, crevettes, plancton…).

 

La marée noire aura inévitablement des conséquences à long terme sur cet écosystème. L’un des risques est le phénomène de bioaccumulation des hydrocarbures dans les tissus des organismes vivants, c’est-à-dire la transmission de substances toxiques entre les maillons de la chaîne alimentaire, le prédateur ingérant les polluants présents dans sa proie.

 

Désastre pétrolier golfe du Mexique_05-1.jpg

Serpent toxique (cliché aérien Géo)

 

Comme un serpent empoisonné qui fraierait dans le golfe du Mexique, une traînée orange flotte à la surface de l’eau. La composition de cette nappe aux couleurs chatoyantes ? Du pétrole coagulé par les dispersants et du brut fraîchement échappé du puits, situé à 14 kilomètres de là.

 

 

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Nettoyage manuel des côtes (cliché Coast Guards)

 

incendies-controles.jpg

Incendie provoqué d'une nappe (cliché Coast Guards)

 

Chargé des opérations de nettoyage, BP est critiqué pour l’utilisation de ces dispersants qui permettent de réduire le pétrole à de petites particules. Depuis le début de la catastrophe, plus de 4 millions de litres de produits ont ainsi été déversés dans les eaux territoriales américaines. Le Coredit 9500, l’un des dispersants utilisés, est susceptible de provoquer des problèmes de santé.

 

Greenpace-1.jpg

Le serpent pollue le delta du Mississipi (cliché aérien Greenpeace)

Voir la suite dans : "Deepwater Horizon : autopsie d'une catastrophe"

Voir également : Vidéos Greenpeace et Diaporama Greenpeace

 

Ajout du 25 août 2014

 

Un article de presse pêché dans Humanité et Biodiversité : Quand les forages pétroliers menacent les 55 derniers dauphins maui de la planète.

 

Ajout du 2 janvier 2016

 

La dispersion du pétrole de Deep Water Horizon a été néfaste (Sciences & Avenir, n° 827, janvier 2016)

 

Des bactéries gloutonnes en pétrole ont été supprimées par les produits chimiques déversés pour nettoyer la surface de l'eau en 2010.

 

Le remède aura été pire que le mal : des expériences de l'université de Géorgie (États-Unis) montrent que si les dispersants chimiques déversés par avion après la catastrophe de Deep Water Horizon (lire Sciences & Avenir n° 763, septembre 2010 et n° 778, décembre 2011) ont bien nettoyé la surface de l'eau, ils ont en revanche détruit une population de bactéries naturellement gloutonnes en pétrole. Du coup, l'huile noire et lourde tapisserait désormais une grande partie des fonds du golfe du Mexique.

 

Retour en 2010. La fuite d'un puits de forage en eau profonde de BP provoque le déversement de 172 millions de litres d'hydrocarbure dans l'océan. En réponse, près de 7 millions de litres de Corexit 9500 sont largués pour "dégrader le pétrole en surface et dans les eaux profondes". Le hic, selon la spécialiste des sciences marines Samantha Joye, qui a testé en laboratoire les différents panaches océaniques et leurs effets sur 50 000 bactéries, c'est que ce dispersant — autorisé — ne dégrade pas entièrement le pétrole. Pis, il favorise l'expansion des micro-organismes Colwellia qui "effilochent" le pétrole, tout en limitant sévèrement la prolifération des Marinobacter qui dégradent le mieux le brut lourd. Les résultats sont maintenant sur le bureau de l'Agence de protection environnementale américaine.

 

DeepWater Horizon : marée noire, autopsie d'une catastrophe

30000-km-touches.jpgMarée noire, autopsie d'une catastrophe


(Suite de désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique)

(Dernière mise à jour : 16/12/2011)

 

Avec l'explosion du puits DeepWater Horizon, c'est un désastre à long terme qui a touché le golfe du Mexique. Enfin, dans les derniers jours de juillet, la pose d'un nouvel entonnoir a permis de stopper la quasi-totalité des écoulements. Enfin BP a annoncé être enfin parvenu à boucher le puits lors de l'opération Static kill. Il a été définitivement colmaté le 19 septembre 2010.

 

L'ampleur de la mobilisation a été sans égale pour une marée noire : 45 000 intervenants, 4000 bateaux ont été mobilisés pour combattre la catastrophe.  De leur côté, des centaines de scientifiques et d'experts se mobilisent pour en mesurer l'ampleur. Contrairement à celle de l'Exxon Valdez, qui souilla durablement les côtes de l'Alaska en 1989 et dont l'impact est encore visible à l'heure actuelle, celle-ci affecte directement le territoire des États-Unis : le golfe est une destination touristique majeure et la pêche locale fournit 20 % des produits de la mer d'origine nationale consommés sur le marché intérieur. Sans compter un patrimoine naturel unique au monde : les bayous c'est-à-dire les marais côtiers et intérieurs de Louisiane représentent 40 % des marais américains. Ils se rencontrent aussi sur les côtes d'Alabama, du Mississippi et de Floride. Rien d'étonnant à ce que les deux agences fédérales en charge de la mer et de la recherche, NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et NSF (National Science Foundation), aient débloqué des moyens d'urgence pour permettre aux universités américaines de travailler sur ce désastre imprévu.

 

marée noire golfe du Mexique_01-1.jpg

Infographie "Sciences et Avenir", septembre 2010

 

De nombreux navires océanographiques appartenant aux universités ont été réquisitionnés pour des campagnes dans le golfe. L'objet principal de leur mission : évaluer l'étendue et la composition chimique des panaches de pétrole flottant entre deux eaux notamment la quantité de méthane dissous retenu dans l'eau ou émis dans l'atmosphère. Les spécialistes ont en effet signalé dès le début l'importante concentration en méthane de ce pétrole brut : plus de 40 % comparés aux 5 % d'un pétrole ordinaire extrait à terre. C'est la raison des flammes au-dessus de la fuite : grâce à l'entonnoir placé jusqu'à la mi-juillet sur le puits, l'énorme navire Discoverer Enterprise captait entre 20 et 40 % de la fuite (estimée mi-juillet à 60 000 barils/jour) et séparait le gaz qu'il brûlait sur place. Il était aidé dans cette tâche par un second navire géant qui, lui, brûlait le reste du méthane et un maximum du pétrole flottant, aspiré sur l'eau environnante par environ 50 "navires écrémeurs".

 

Au-delà de l'embouchure du Mississipi, les dégâts sont bien visibles sur les roselières émergeant de l'eau, noires et gluantes sur 30 centimètres de hauteur, révélant l'insidieuse pénétration de la marée noire dans les tréfonds du marais. En dépit de la pose de milliers de kilomètres de boudins absorbants destinés à protéger ce milieu fragile et de la construction pharaonique d'îles artificielles de sable face aux passes conduisant aux lacs intérieurs, l'huile pénètre partout, poussée par les vents violents. Dans le golfe, ces marais amortissent habituellement l'impact des tempêtes sur les côtes, ralentissent l'érosion, capturent et absorbent les nutriments en excès avant que ceux-ci n'atteignent les eaux vives. Tout cela est menacé. Car il ne suffira pas que le pétrole ait disparu de la surface de la mer pour que la vie reprenne. Les sédiments imprégnés vont relarguer pendant des années des "éclats" de pétrole concentrant métaux, dispersants et autres composés toxiques. En mer, toute la chaîne alimentaire sera touchée à commencer par le phytoplancton et les larves d'invertébrés et de poissons. Difficile de savoir comment résisteront les habitants des marais, notamment les plus emblématiques, tortues, serpents et alligators. Selon la quantité de pétrole, ils seront plus ou moins affectés. Les adultes survivront mieux que les jeunes.

 

Le montant total des dommages pour la compagnie BP s'élevait à 8,1 milliards d'euros au 29 septembre 2010. On ne saura jamais combien de pétrole s'est écoulé dans le golfe. Le chiffre de 780 millions de tonnes de pétrole est avancé. Si la nappe est désormais peu visible sur la côte, seulement 20 % du pétrole répandu aurait été retiré de l'océan, estime la Woods Hole Océanographie Institution (WHOI) de l'université de Géorgie dans Science. Le reste serait coincé à environ 1100 mètres de profondeur sur 35 kilomètres de large, selon des prélèvements effectués dans la colonne d'eau à proximité du lieu de la catastrophe.

 

Ce panache de faible concentration se déplace de six à sept kilomètres par jour et fluctue selon les marées. « Il fait 200 m de haut et ne varie que de quelques dizaines de mètres », précise Richard Camilli, directeur de l'équipe du WHOI. Nous voilà loin des propos optimistes tenus le 4 août par la conseillère pour l'énergie et le climat de l'administration Obama ! Carole Browner claironnait alors que les trois quarts des 780 millions de litres de pétrole déversés dans le golfe se seraient évaporés sous l'effet du rayonnement solaire, ou auraient été absorbés par la vie bactérienne ou encore brûlés à la surface. La question qui se pose est de savoir comment vont évoluer les molécules d'hydrocarbures coincées à ces profondeurs.


En fait, dans une étude plus récente (septembre 2011) comparant la composition du pétrole échappé du puits de 1500 m de fond à celle du pétrole retrouvé en surface, Christopher Reddy, de l'Institut océanographique de WoodsHole (États-Unis), a montré que seuls les composés insolubles sont remontés à la surface.  Les composés (benzène, éthylbenzène, toluène, xylènes...), hautement toxiques, demeurent à 1100 m de profondeur. L'immense nappe de pétrole répandue dans le Golfe du Mexique n'était donc que la partie émergée de l'iceberg.

 

Des bactéries pourraient-elles venir à bout de ce pétrole profond ?

 

Science a publié une étude rassurante du Berkeley National Laboratory (Californie). Cette équipe a en effet repéré dans l'eau prélevée dans le panache profond plusieurs espèces de protéobactéries gamma (l'un des cinq groupes de protéobactéries), qui seraient capables de digérer des composés du pétrole sans utiliser d'oxygène. Ces bactéries inconnues, révélées par analyse génétique, sont stimulées par les milieux froids et devraient donc dégrader les molécules à cette profondeur. En cuves de laboratoire, en tout cas, elles ont réduit de moitié en moins de six jours la concentration en pétrole. Cette performance est-elle la même à – 1000 m ? De nombreux microbiologistes sont sceptiques. Ils se demandent par ailleurs si ces micro-organismes sont capables d'absorber les composants des hydrocarbures connus pour être les plus difficilement assimilables par les êtres vivants. Le suivi du panache dans les prochains mois est donc essentiel.

 

Quoiqu'il en soit, une observation de très long terme sera nécessaire pour tirer le bilan de cette marée noire qui n'a jamais eu de précédent par son ampleur. S'il est encore trop tôt pour prédire l'impact précis de cet accident industriel sur l'écosystème, les scientifiques s'accordent sur un point : il sera majeur.

 

Deepwater Horizon mai 2011 : où est le pétrole ?

 

Début mai 2011, le site Internet du pétrolier BP dédié à la catastrophe de Deepwater Horizon répercutait que 68 très rares tortues de Kemp avaient nidifié sur des plages du Texas. Une preuve, semblait dire le pétrolier, que la nature reprend ses droits, un an après la destruction de la plate-forme Deepwater Horizon, le 21 avril 2010. Le puits a été rebouché le 19 septembre et entre temps 800 millions de litres de brut se sont répandus dans le golfe du Mexique. Les scientifiques sont bien plus prudents quant à la santé retrouvée de l'océan. Le mystère demeure sur ce qu'est devenue la masse d'hydrocarbures relâchée à 1500 m de profondeur : absorbée par les bactéries, flottant entre deux eaux, déposée sur le benthos, l'ensemble des organismes vivant dans le fond des mers ? Personne ne peut non plus prédire l'impact des sept millions de litres de dispersants chimiques injectés. Le Conseil de défense des ressources naturelles a de son côté calculé que 6000 oiseaux, 600 tortues de mer et une centaine de cétacés ont péri. De nombreux endroits de la côte de la Louisiane restent pollués même si les dernières zones de pêche fermées ont réouvert le 19 avril. BP a décidé le 22 avril d'octroyer 680 millions d'euros supplémentaires pour la restauration des milieux. La catastrophe va lui coûter au moins 28 milliards d'euros.

www.restorethegulf.gov

 

Dans un article publié dans le n° de Sciences et Avenir de décembre 2011, Hélène Crié-Wiesner fait le point sur la situation dans le Golfe du Mexique.

Comme si le golfe du Mexique, où s'est déversée cette gigantesque marée noire, n'avait pas assez souffert, il a également dû absorber au printemps 2011 la plus importante crue du Mississippi jamais enregistrée dans l'histoire américaine. Cet afflux brutal de millions de litres d'eau charriant une quantité vertigineuse de polluants venus du continent a accru la fragilité des zones côtières, qui n'avaient pas récupéré depuis la marée noire.

Travaillant sur les problèmes d'impact sur l'environnement de cette marée noire, les chercheurs indépendants décrivent une situation désastreuse : plus de 26 000 hectares de délicats marais côtiers « semblent malades » ; le système immunitaire de certains poissons « paraît compromis » ; la croissance des algues et du plancton a « ralenti » dans certains endroits ; « une couche de boue noire et gluante » recouvre les fonds aux alentours du puits accidenté ; des créatures vivant en eaux profondes - coraux, étoiles de mer, vers... - ont été photographiées gisant mortes à plus de mille mètres sous l'eau ; des millions de poissons et de crustacés, des milliers d'oiseaux et des centaines de tortues et de dauphins sont régulièrement trouvés morts, leurs tissus imprégnés de pétrole. Ces renseignements ne sont pas contestés par les rapports officiels. Mais l'enjeu est désormais de fournir des preuves pour affirmer que c'est bien le pétrole issu de la plate-forme gérée par BP qui est à l'origine de ces dégâts.

 

Qu'est-il advenu du pétrole déversé à jet continu pendant tous ces mois ? Dans son rapport, la NOAA donne des estimations : 25 % s'est évaporé ou a été absorbé par les innombrables bactéries utilisant le pétrole pour leur métabolisme; 17 % a été récupéré ; 16 % a été traité par le dispersant chimique qui a « cassé » les molécules du brut en fines gouttelettes réparties ensuite dans l'eau en panaches discrets ; 13 %, violemment projeté à la sortie du puits, s'est aussi divisé en fines gouttelettes ; 5 % a été brûlé à la surface de la mer et 3 % a été « épongé » à terre et en mer par les nettoyeurs et les boudins flottants. La NOAA évalue entre 11 et 30 % le « pétrole résiduel », dont personne ne sait exactement où il se trouve ni sous quelle forme. Le seul désormais visible est celui qui englue encore les côtes de Louisiane et que l'on ne collecte plus. En février, les gardes-côtes ont en effet demandé à ce que l'on interrompe le nettoyage systématique exigé de BP par certains politiques locaux, notamment sur les plages : ces dernières sont écologiquement handicapées par ce grattage qui empêche tout renouvellement de l'écosystème. Les opérations se poursuivent en revanche dans certains marais. Pour Nancy Rabalais, spécialiste des organismes marins au Louisiana Universities Marine Consortium, « on peut très difficilement se faire une idée de la quantité de pétrole dans les marais intérieurs et côtiers, dans les mangroves, ainsi que dans certaines "îles barrières" qui défendent l'entrée des passes. Mais certains dégâts sont invisibles : le pétrole a été recouvert par des sédiments. L'huile empêche le travail des bactéries, l'oxygène n'arrive plus aux racines et il y a forcément une perte de la masse racinaire. On a vu des marais mourir ici et là, mais repousser ailleurs directement à travers le pétrole. Il est trop tôt pour savoir comment les choses vont évoluer. »

 

 Il faut noter que l'exploitation a continué comme si de rien n'était. On comptait 10 % de plates-formes supplémentaires dans le golfe du Mexique en février 2011 par rapport à l'été 2010. En additionnant les structures en place depuis 1910 actives ou à l'abandon, le nombre total de plates-formes gazières et pétrolières se monte à plus de 3858, dont 3000 dans les seules eaux louisianaises, selon le dernier chiffre officiel communiqué en 2006 par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Le gouvernement avait bien décidé d'un moratoire sur les forages en eaux profondes, mais il l'a levé en octobre 2010, exigeant en contrepartie de nouvelles règles de sécurité.

 

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Plus de 4000 plates-formes dans le golfe

(document BOEMRE, Secretary of Interior)

 

L'Europe risque-t-elle d'être touchée ?

 

Gulf Stream et Europe_01-1.jpg 

Infographie "Sciences et Avenir", septembre 2010

 

Le Gulf Stream, qui naît entre la Floride et les Bahamas, pourrait emporter le pétrole, dilué, jusqu'en Europe. Une fois embarquées par le courant, les nappes vont remonter vers le Nord. En général, le Gulf Stream ne s'approchant guère des côtes américaines, les nappes devraient épargner les rivages du Sud-Est des États-Unis. Mais des vents locaux peuvent toutefois pousser des nappes diluées ici et là. Le pétrole peut effectivement arriver en Europe, mais alors il sera très dilué et détectable seulement en laboratoire. Pour autant, ce sera toujours du pétrole, avec un impact sur les écosystèmes.

 

Sources :


  • Chauveau Loïc,  Sciences & Avenir, octobre 2010, p. 32.

 

  • Crié-Wiesner Hélène, Marée noire, autopsie d'une catastrophe, Sciences et Avenir sept 2010.

 

  • Crié-Wiesner Hélène, Marée noire, un tiers du pétrole porté disparu, Sciences et Avenir déc 2011.

 

  • La tête au carré,  émission de France Inter du 14 septembre 2010.

19/06/2010

Non à la destruction du site de Malbouhans !

Non à la destruction du site de Malbouhans !

Le Tarier des prés menacé !

 

tarier des prés.jpg

 

Le projet de création d’une ZAC porté par le Syma Arémis-Lure (et soutenu par le Conseil Général de la Haute-Saône) est toujours d’actualité !

La demande de la LPO Franche-Comté adressée en septembre 2008 au préfet de la Haute-Saône afin de désigner le site dans le réseau Natura 2000 est restée pour l’heure sans réponse.

Une ZAC à cet endroit fera disparaître la population de Tariers des prés (espèce inscrite sur la Liste Rouge des oiseaux menacés de Franche – Comté dans la catégorie « Vulnérable ») ainsi que la plupart des surfaces de pelouses acidiclines du Violion caninae, habitat d’intérêt communautaire, prioritaire en matière de conservation (inscrit à l’annexe I de la directive « Habitats »).

Considérant que ce dommage n’est pas compensable du fait de la rareté de certains habitats et des menaces de disparition très fortes pesant sur le Tarier des prés, la LPO Franche-Comté demande l’abandon de ce projet sur ce site et la préservation intégrale du site de Malbouhans avec mise en place d’une gestion conservatoire par le Conseil Général de la Haute-Saône (propriétaire des terrains).

A l’heure où la préservation de la biodiversité est reconnue comme une priorité internationale (rappelons que l’année 2010 a été déclarée année internationale de la biodiversité), la LPO Franche-Comté considère que la destruction d’un tel site par une collectivité territoriale, qui plus est avec l’aide de financements publics, est aujourd’hui inacceptable et en totale contradiction avec nos engagements européens et avec ceux pris au niveau national lors du Grenelle de l’Environnement.

A l’heure actuelle, ce projet de ZAC est probablement le projet le plus « grenello-incompatible » de Franche-Comté.

Merci de soutenir l’action de la LPO Franche-Comté pour la préservation intégrale du site de Malbouhans : signez et faites signez la pétition en ligne sur le site de la LPO Franche-Comté.

Pour signer la pétition en ligne, consultez le lien suivant :


Non à la destruction du site de Malbouhans !

18/06/2010

La forêt de la Serre en danger

La forêt de la Serre en danger

 

La Serre constitue un massif de roches cristallines, une singularité dans le massif calcaire du Jura, ce qui lui vaut son classement en zone Natura 2000.

 

Une menace plane sur ce massif et fait l'objet de la cyberaction ci-dessous : un projet d’ouverture d’une carrière au cœur du massif de la Serre.

 

Les visiteurs de ce blog sont invités à participer à la pétition qui s'oppose à ce projet.

 

Cyber @ction 364

18 juin L’appel de la forêt, agir pour la biodiversité


Pour participer 1 simple CLIC ICI suffit

http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=118

Le 15 avril 2010, le Ministère de l’écologie rappelait dans une circulaire aux préfets les conditions d’évaluation des incidences environnementales en site NATURA 2000. Voici l’heure de passer du discours à la pratique en dénonçant le projet d’ouverture d’une carrière au cœur du massif de la Serre dans le Jura !


Biodiversité en danger : Avec France Nature Environnement et ses associations locales fédérées (La Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, des Sous-sols et des Chiroptères (CPEPESC), Franche-Comté Nature Environnement, Jura Nature Environnement et Serre Vivante) protégeons un site NATURA 2000…


Rappel : le massif de la Serre : une faune et une flore d’exception


La forêt de la Serre, au nord du Jura, est le seul grand affleurement cristallin dans une région calcaire. Elle présente une végétation acidiphile contrastant avec la végétation des lisières et des vallées calcaires voisines et abrite de nombreuses espèces et habitats d’intérêt communautaire. Cette « île » cristalline joue aussi le rôle de connectivité entre les Vosges et le massif central pour des centaines d’espèces incapables de se développer dans l’océan calcaire Franc-Comtois. Ceci a entraîné sa désignation au réseau Natura 2000 (http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR4301318.html). Exploitée par les communes riveraines, c’est aussi un site de loisirs et de détente pour les habitants de la région.


Bouygues s’entête à vouloir exploiter une carrière au cœur du Massif !


Mais ce site est menacé par l’exploitation de la roche très dure de cet affleurement. Malgré plusieurs rejets du dossier au cours des années écoulées, la « Société des Carrières de Moissey », filiale à 50% du groupe Bouygues, s’obstine à demander l’autorisation d’ouvrir pour les 15 (ou même 30 ?) années à venir une carrière en plein cœur du site Natura 2000. Et ce, alors même que le Jura n’utilise pas 20% du tonnage sollicité pour ses routes ! L’État s’est engagé lors du Grenelle de l’environnement à limiter le développement des autoroutes. Des techniques de substitution existent et peu à peu le recyclage des routes devrait s’imposer.


Agissons pour la biodiversité


2010 est proclamée par les nations unies année internationale de la biodiversité pour rappeler à tous que le temps est venu de mettre en actes les discours. L’exploitation de cette carrière n’est pas compatible avec les objectifs de conservation des sites Natura 2000 et ne justifie pas d’un intérêt public majeur qui permettrait de déroger à la protection des espèces et de leurs habitats.


Pour agir, les associations signataires vous invitent à envoyer cet « appel de la forêt » :


COMMENT AGIR ?

Sur le site
Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=118

Par courrier électronique


C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre  choix :  appel de la forêt
5- Adressez votre message aux  adresses suivantes :


jean-francois.carenco@developpement-durable.gouv.fr

nacer.meddah@doubs.gouv.fr
prefecture@jura.gouv.fr
pierre.azzopardi@jura.pref.gouv.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr



6- Envoyez le message

Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au ministre de l’Écologie, au préfet de la Région Franche-Comté et à la préfète du Jura  et à Cyber@cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.

############

Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :

M. Jean-Louis Borloo, ministère de l’écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer,
M. Nacer Meddah, Préfet de la Région Franche Comté,
Mme Joëlle Le Mouel, préfète du Jura
M. Pierre Azzopardi, sous préfet de Dole

Madame, Messieurs,


Le massif forestier de la Serre est un site Natura 2000 (site FR4301318) dont l’intégrité est aujourd’hui menacée par un projet de carrière de roches éruptives. Ce projet impacterait plus de 50 espèces animales ou végétales protégées, dont plusieurs d’intérêt communautaire. Leurs habitats sont pour la plupart protégés également.


En espérant que comme nous, élus locaux, responsables associatifs, Vttistes, randonneurs, mycologues, botanistes, ornithologues, chasseurs, amis de la Serre, riverains, vous saurez entendre l’urgence de cet appel de la forêt et rejeter la demande d’autorisation d’exploiter une carrière au cœur du massif de la Serre, recevez,  Madame, Messieurs, l’expression de mes sincères salutations.

############

17/06/2010

Un coton OGM favorise l'invasion de punaises

Un coton OGM favorise l'invasion de punaises

 

Dans les champs de coton transgénique chinois, les punaises ont remplacé les chenilles. Résultat : on a à nouveau recours aux pesticides.

 

La culture d'un coton transgénique en Chine, depuis 1997, était censée faire chuter l'usage d'insecticides. C'est raté ! Une étude menée entre 1992 et 2008 dans huit provinces du nord du pays par Yanhui Lu, de l'Institut pour la protection des plantes de Pékin, rapporte en effet que les populations de punaises ont considérablement augmenté avec l'expansion des surfaces de coton OGM.

 

Car, contrairement au coton conventionnel, aspergé d'un insecticide tuant à la fois des chenilles ravageuses et les larves de ces punaises, le coton génétiquement modifié pour produire la toxine Bt ne cible que les chenilles... Les punaises sont donc libres de proliférer dans les champs de coton, mais aussi dans d'autres cultures. Ainsi, 3 millions d'hectares de coton, et 26 millions d'hectares de cultures adjacentes sont concernés par ces infestations ! "Les exploitations de pommes, de jujubes ou de raisin sont aussi touchées", expliquent les chercheurs, qui estiment que l'utilisation du coton transgénique a inversé le rôle écologique de cette culture.

 

"Depuis, les champs de coton sont devenus des sources de punaises." Ce qui explique que d'autres insecticides, ciblant cette fois les punaises, soient "de plus en plus utilisés depuis 1997..." soulignant l'urgence, pour les auteurs, "d'estimer les risques d'impact des OGM sur les écosystèmes avant d'en cultiver".

 

Source : Science et Vien° 1114, juillet 2010

 

16/06/2010

Cycle et bilan de l'oxygène en milieu aquatique

lac de Chambly_logo.jpgCycle et bilan de l'oxygène

 

par Guy BARROIN

INRA, station de Thonon les Bains

 

1. L'oxygène, un précieux déchet

 

Dans un univers essentiellement composé d'hydrogène, règle à laquelle ne déroge pas le système solaire, la présence d'oxygène libre en abondance dans l'atmosphère terrestre constitue une anomalie. La plus ancienne source d'oxygène terrestre a été la photolyse de la vapeur d'eau par les radiations solaires les plus énergétiques (λ < 200 nm). Strictement abiotique, cette réaction produit également de l'hydrogène qui s'échappe vers l'espace ; actuellement elle est localisée dans la haute atmosphère et sa contribution est parfaitement négligeable. Une autre source, tout aussi négligeable, est la photolyse de l'oxyde nitreux qui provient de la dénitrification bactérienne.

 

Il reste que la quasi totalité de l'oxygène atmosphérique est une conséquence directe de l'activité photosynthétique des organismes vivants, terrestres ou aquatiques. Ceux-ci utilisent l'eau comme donneur d'électrons pour réduire le gaz carbonique en matière organique, réaction de synthèse dont l'oxygène moléculaire est le sous-produit. L'accumulation de ce déchet métabolique est d'un intérêt tout particulier pour les organismes aérobies, végétaux et animaux. Consommé en permanence par les uns comme par les autres, il n'est produit que par les végétaux sous réserve qu'il y ait assez de lumière et de sels nutritifs.

 

Abondant dans l'air, sa disparition totale n'y est qu'un phénomène local et rare. En revanche, dans l'eau, où sa concentration n'excède pas 5% de ce qu'elle est dans l'air, il en est tout autrement. S'il n'est pas renouvelé, ce qui arrive fréquemment dans les écosystèmes limniques, l'oxygène finit par être totalement consommé par les phénomènes de respiration et de décomposition.

 

Le fait que la plus totale anoxie puisse s'installer aussi aisément concerne en premier lieu tous les organismes à respiration aérobie, influençant leur distribution, leur comportement et leur croissance physiologique, quelle que soit l'étape de leur développement. Mais la concentration en oxygène affecte aussi très fortement la solubilité de nombreuses substances et par conséquent la disponibilité des nutriments et des composés toxiques, ce qui n'est pas sans conséquence sur la biocénose.

 

Il n'est donc pas étonnant que l'oxygène soit, après l'eau, bien entendu, le constituant le plus fondamental et le paramètre le plus étudié des écosystèmes limniques.

 

2. Les termes du bilan

 

2.1 Un bilan en perpétuel déséquilibre

 

Fondamentalement, la présence de l'oxygène dans l'eau, régie par la solubilité de l'oxygène atmosphérique, tend à un certain équilibre. Elle détermine, entre autres, les états et les processus d'oxydo-réduction auxquels participent finalement peu d'éléments : C, N, O, S, Fe, Mn. Dans une eau en équilibre avec l'oxygène atmosphérique, tous ces éléments devraient théoriquement exister sous leur état d'oxydation le plus élevé : CO2, HCO3- ou CO32- pour le carbone, NO3- pour l'azote, SO42- pour le soufre, FeOOH ou Fe2O3 pour le fer et MnO2 pour le manganèse. En fait, il n'en est rien : dans une eau qui contient de l'oxygène dissous on trouve communément du carbone à l'état de matière organique et de l'azote à l'état de gaz N2. C'est que la présence d'un élément est moins le reflet exact d'un équilibre statique que la résultante d'un ensemble de réactions d'oxydo-réduction et de processus de diffusion et de mélange aux vitesses fort différentes.

 

En ce qui concerne les réactions d'oxydo-réduction, la situation de déséquilibre est entretenue par deux types d'activité. D'une part, l'activité photosynthétique qui, piégeant l'énergie lumineuse pour la convertir en énergie chimique, produit de la matière organique, véritable accumulateur d'états réduits. D'autre part l'activité respiratoire et minéralisatrice de tous les organismes, à commencer par celle des organismes non-photosynthétiques, qui tend à rééquilibrer la situation en catalysant l'oxydation de cette matière organique et en utilisant l'énergie ainsi libérée pour maintenir en vie les cellules en place et pour en synthétiser de nouvelles.

 

Finalement, la situation d'équilibre à laquelle l'oxygène aboutirait sous la seule contrainte de lois physiques est perpétuellement remise en question par la photosynthèse, par la respiration, la décomposition ainsi que par quelques réactions chimiques.

 

2.2 La dissolution de l'oxygène atmosphérique

 

L'air est un mélange de gaz qui contient environ 20,95% d'oxygène en volume (tableau 1). Quand l'air est au contact de l'eau, celle-ci dissout une certaine quantité d'oxygène en fonction des caractéristiques intrinsèques de solubilité du gaz mais aussi en fonction des conditions de milieu qui règnent dans l'atmosphère (pression atmosphérique, humidité) et dans l'eau (température, pression hydrostatique, salinité).

 

Effet de la pression atmosphérique

 

D'après la loi de Henry, à l'équilibre et à une température donnée, la concentration en oxygène dissous de l'eau est proportionnelle à sa pression partielle dans la phase gazeuse.

 

À 10°C et sous 1 atm. (760 mm de Hg), 1 litre d'eau pure en contact avec de l'oxygène pur en dissout 38,46 ml (54,94 mg).

 

Mis en contact avec de l'air sec, il n'en dissout plus que 38,46 x 0,2095 soit 8,06 ml (11,51 mg), 0,2095 atm. représentant la pression partielle d'oxygène dans l'air (20,95% d'oxygène) sous 1 atm. (tableau I).

 

TABLEAU-I-450.jpg

 

Comme la pression atmosphérique diminue avec l'altitude et varie avec les conditions météorologiques, il en est de même de la pression partielle, donc de la solubilité de l'oxygène. À 2000 m d'altitude, l'eau pure contient 22% d'oxygène en moins qu'au niveau de la mer à température égale (tableau II). Une chute de la pression atmosphérique de 30 mm de Hg entraîne une diminution de solubilité d'environ 4%.

TABLEAU-II-450.jpg


Effet de la température

 

La solubilité des gaz diminue avec la température, mais la détermination précise de la solubilité de l'oxygène dans l'eau n'a pas été une opération facile. Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux chercheurs s'y sont employés, obtenant des résultats dont les discordances résultèrent autant du manque de fiabilité des méthodes de dosage que de la diversité des conditions expérimentales, notamment de l'humidité de l'air. En effet, si l'air est humide, c'est-à-dire comme dilué par de la vapeur d'eau, la pression partielle de l'oxygène doit être calculée par rapport à la pression barométrique diminuée de la pression partielle de vapeur d'eau, cette dernière augmentant avec la température d'environ 1 mm de Hg/°C (tableau 3). Les standard methods (1971) donnent la formule :

OD =(P-u). 0,678 / (35 + t)

OD = oxygène dissous (mg.l-1)

P = pression barométrique (mm Hg)

u = pression de vapeur d'eau saturante (mm Hg)

t = température (°C) valable pour 0°C < t < 30°C.

 

Une autre formule, plus simple, valable pour 4°C < t < 33°C, au niveau de la mer, à ± 0,04 mg.l-1 est proposée par Montgomery et al (1964) :

OD = 468 / (31,6 + t)

 

Hitchman (1978) finit par dresser un tableau à partir de la moyenne des résultats obtenus par 11 auteurs différents (tableau III).

TABLEAU-III-450.jpg

Compte tenu de ces difficultés, Monod et al. (1984) estiment plus prudent de ne pas garantir la seconde décimale.

 

Effet de la pression hydrostatique


Tout dépend si l'oxygène est évalué en termes de pression partielle ou en termes de solubilité. La pression partielle augmente avec 1a profondeur : par 10 000 m de fond, elle est 3,55 fois celle de la surface, à température égale. Par contre la solubilité est indépendante de la pression hydrostatique dans l'eau pure et diminue légèrement dans l'eau salée : par 10 000 m de fond dans une eau salée de densité 1,023, elle est inférieure de 3% à celle de la surface à température égale. Pratiquement, si l'on évalue la concentration en oxygène par voie titrimétrique, il n'y a pas lieu de tenir compte de la pression hydrostatique. Par contre, si l'on utilise une sonde à oxygène, qui mesure la pression partielle, il faut effectuer une correction qui atteint -5% pour 400 m de profondeur (Hitchman 1978).

 

Effet de la salinité

 

Les sels minéraux dissous dans l'eau ont pour effet de diminuer légèrement la pression de vapeur d'eau saturante et par conséquent la solubilité de l'oxygène (tableau IV). La diminution de cette dernière est exponentielle et atteint presque 20% pour une eau de mer de densité 1,035. On peut négliger le phénomène en eau douce, mais il peut avoir son intérêt en eau salée ou même saumâtre.

Tableau IV-450.jpg

 

L'échantillonnage

L'ÉCHANTILLONNAGE

 

Dans un espace donné, il est rarement possible de dénombrer tous les individus composant une population biologique. D'où la né­cessité d'effectuer un échantillonnage au sein de cet espace.

 

I. L'ÉLÉMENT D'ÉCHANTILLONNAGE

 

L'élément ou unité d'échantillonnage est une entité sur laquelle on observe la variable étudiée. L'élément est souvent lié à l'instrument de récolte ou d'observation.

 

Ex : pour dénombrer les populations de Melanoides tuberculata, mollusque compétiteur dans les cressonnières de Martinique de Biom­phalaria glabrata, vecteur de la Bilharziose, on procède par carottage à l'aide de boîtes à base carrée (pots-pièges). L'élément correspond à la surface de la boîte et la variable au nombre de mollusques yi présents dans chaque boîte.

 

Ex : dans le cas de la pêche aux filets verticaux sur les lacs du Jura, l'unité d'échantillonnage est constituée par une batterie de 6 filets verticaux. La variable est le nombre de corégones capturés dans chaque batterie.

 

L'élément d'échantillonnage est une prise d'information sur le terrain qui peut requérir plusieurs formes :

 

1. Le relevé

 

est une prise directe sans prélèvement concret d'objets sur le terrain : relevé climatologique, topographique, phytosociolo­gique sur des placettes ou quadrats, enregistrements sur analogiques…

 

2. Le prélèvement

 

retire les données du terrain (prélevat) pour l'analyse et suppose la destruction de la prise, produit du prélèvement.

 

Selon leurs caractéristiques spatiales, les prélevats peuvent être :

 

- euclidiens : cotés en unités de volume. Ils permettent des infé­rences (extrapolations ou interpolations) à un espace euclidien de di­mensions supérieures au prélevat.

 

- Souvent, la composante verticale (hauteur) du champ écologique est négligée : on parle alors de prélevats cartésiens liés exclusivement à des cotes horizontales (surface) et de durée.

 

- Parfois les prélevats sont linéaires : l'information est alors ac­quise le long d'un transect, les autres dimensions euclidiennes étant ignorées.

 

- Ils peuvent être ponctuels, et dans ce cas organisés en séries dans le champ écologique et dans le temps selon un plan d'échantillonnage défini. Ils peuvent être informes (régime alimentaire d'un prédateur, individu-compartiment) ou cotés.

 

- L'association des prélevats en série peut être synchronique avec des caractéristiques de temps simultanées ou diachronique (mêmes lieux, dates différentes).

 

3. L'interception

 

est le mode d'obtention des données-cinèses par opposition aux données d'état. Une interception-relevé permet d'obtenir directement une donnée ou un analogique cinétique (anémomètre, rhéomètre, comp­tage d'oiseaux passant un col, lecture radar de papillons ou de poissons). Il y a traduction en débit effectif/temps (ex : nombre d'oiseaux par heure) parfois exprimé en tant que vitesse en considérant la section du passage : il s'agit alors de flux (vitesse/surface).

 

4. La prise

 

est un objet concret qui n'est plus dans le champ écologique mais qui fournira après analyse des données sur ce champ : prises de prélè­vement, analogiques de relevés (photos), d'interception-relevé (bande d'un thermo-hygrographe) et les produits de l'interception-prélèvement (pot-piège).

 

II. ÉCHANTILLONS ET PLAN D'ÉCHANTILLONNAGE

 

L'ensemble des unités d'échantillonnage possibles dans le champ écologique étudié constitue la population statistique sur laquelle s'appliqueront les calculs relatifs au traitement des données.

 

On appelle échantillon, un groupe d'unités d'échantillonnage de même dimension tiré d'une population statistique préalablement défi­nie, conformément à un plan de sondage et sur lesquelles porteront les observations prévues par l'enquête. Dans le cas d'un échantillonnage pour dénombrement, l'information de base est obtenue par dénombre­ment des individus de tous les éléments de l'échantillon. Le nombre d'individus par élément est la variable yi à étudier.

 

À la notion d'échantillon est étroitement associée la notion de plan d'échantillonnage. La planification de l'échantillonnage est une pratique courante dans les enquêtes sociologiques, économiques ou d'opinion. Les sondages effectués avant les élections s'appuient sur une planification très rigoureuse des protocoles d'enquête dont dépendra la présentation et le traitement des données.

 

La planification de l'échantillonnage apporte divers bénéfices :

 

- elle permet notamment de minimiser le coût de la collecte des données, ou, à coût fixe, d'optimiser la précision des résultats ;

 

- elle constitue un préalable indispensable au traitement statis­tique des données ;

 

- elle oblige à un effort de réflexion qui facilite l'organisation du travail sur le terrain.

 

Sous le terme de plan d'échantillonnage, on entend les divers protocoles mis en œuvre lors de la collecte des données sur le terrain en vue d'assurer l'objectivité des observations et l'économie des moyens.

 

La population statistique est une collection d'éléments :

 

- possédant au moins une caractéristique commune permettant de la définir ;

- de laquelle on extrait un échantillon représentatif ;

- sur laquelle porteront les calculs statistiques.

 

Dans le premier exemple, la population statistique N est la somme des surfaces de base du pot-piège contenue sur l'ensemble de la cres­sonnière (c'est-à-dire la surface de la plate-bande). L'échantillon n est le nombre de pots-pièges retenus (10 par plates-bandes de 50 m2). La variable yi est le nombre de mollusques par pot.

 

Dans le second exemple, la population statistique est le volume du lac.

 

La population-cible est la population à laquelle on pourra appli­quer les conclusions de l'enquête.

 

Dans le premier exemple, la population-cible est la population de M. tuberculata présente dans la cressonnière au moment de l'intervention.

 

Dans le second cas, la population-cible sera la population de coré­gones présents dans le lac à la date d'intervention et accessible à la capture.

 

Dans le cas du saturnisme des canards par suite d'ingestion de grains de plomb,

 

- la population statistique est l'ensemble des canards colverts ayant avalé des plombs ;

- la population-cible est l'ensemble des colverts ;

- la population biologique est l'ensemble des colverts ou des ana­tidés fréquentant les lacs ou étangs étudiés.

 

En médecine, dans le cas du SIDA,

 

- la population statistique est l'ensemble des porteurs du virus HIV accessible au chercheur ;

- la population-cible est l'ensemble des personnes séro-positives.

 

En élevage, la population statistique se confond avec la popula­tion-cible et la population biologique (ex : rats, souris, lapins).

 

Le statisticien applique ses conclusions à la population statis­tique. La généralisation des résultats à la population-cible se fait aux risques et périls du biologiste.

 

III. QUELQUES TYPES DE PLANS D'ÉCHANTILLONNAGE

 

De nombreux types de plans d'échantillonnage ont été mis au point par de nombreux auteurs. On trouvera ci-dessous quelques plans d'échantillonnage universellement reconnus.

 

1. Échantillonnage aléatoire simple (EAS)

 

1.1. Définition

 

C'est une méthode qui consiste à prélever au hasard et de façon indépendante n unités d'échantillonnage d'une population statistique comportant N unités. Ainsi, chaque élément de la population statistique présente la même probabilité de faire partie d'un échantillon de n unités et chacun des échantillons possibles de taille n présente la même probabilité d'être constitué.

 

1.2. Protocole de sélection des unités d'échantillonnage

 

Pour que nulle erreur systématique ne s'introduise dans la constitution de l'échantillon, il faut dresser la liste complète et sans répétition des éléments de la population statistique, les numéroter de 1 à N puis procéder au tirage au sort de n unités différentes à l'aide d'un dispositif de génération de nombres aléatoires.

 

Ces opérations de prélèvements se révèlent assez faciles si la population statistique n'est pas trop grande et si les éléments sont facilement identifiables ou repérables. Elles sont assez commodes s'il s'agit de positionner dans l'espace ou dans le temps une station de prélèvement, un itinéraire-échantillon (transect) ou un quadrat puisque l'énumération des coordonnées géographiques ou temporelles ne nécessite pas un inventaire fastidieux des éléments. Toutefois, il est difficile de réaliser en écologie un échantillonnage aléatoire simple qui se conforme scrupuleusement à la définition.

 

1.3. Avantages du plan

 

•  Le plan EAS est universellement reconnu et accepté.

•  Aucune préinformation n'est requise pour sa mise en application, contrairement à la majorité des autres plans. La préparation du protocole n'exige en effet aucune pré-enquête et les différentes estimations sont calculées à partir des données recueillies sur l'échantillon sans faire appel à d'autres renseignements.

•  Les estimateurs ne sont pas biaisés, leur calcul est facile, la majorité des programmes informatiques se prêtent à ce plan et les techniques statistiques multidimensionnelles sont applicables.

 

1.4. Inconvénients du plan

 

•  L'inventaire des éléments de la population statistique est souvent une opération difficile et parfois impossible surtout si la population statistique correspond à une population biologique. Par exemple, l'échantillonnage des animaux et des plantes sauvages se heurte à l'abondance, la mobilité, la dispersion, le cryptisme des éléments qui ne peuvent être énumérés.

 

Ex : Ingestion de plombs de chasse ingérés par les Anatidés.

 

Les canards ingèrent des plombs de chasse avec les graviers qu'ils utilisent dans leur gésier et sont atteints de saturnisme.

 

Population statistique : nombre de colverts abattus.

Variable : nombre de plombs ingérés par canard.

Population-cible : population de colverts sur l'étang/ou de canards/ou de sauvagine.

Population biologique : anatidés/ou canards.

 

•  Quand les unités d'échantillonnage sont constituées par des animaux, la sélectivité des moyens de capture ne permet pas un prélèvement au hasard et introduit un biais dans l'échantillonnage dont il faut apprécier l'importance et le sens (sur- ou sous-estimation). Par exemple, si des engins de capture sont répartis aléatoirement dans un espace donné, les spécimens récoltés ne sont pas pour autant prélevés selon les principes de l'EAS car la majorité des pièges s'avèrent sélectifs. Le plan peut éventuellement prétendre être correct pour la sélection des unités de la population statistique (ici les unités territoriales) mais pas pour la population animale-cible.

 

•  L'efficacité du plan EAS est souvent médiocre car toute expérience antérieure ou concomittante est ignorée. On ne collecte pas préférentiellement des éléments privilégiés dont l'accès ou l'examen est plus commode ou plus économique. On ne module pas la probabilité de sélection des éléments en fonction de leur poids ou de leur importance relative. Ainsi le coût de l'échantillonnage n'est pas optimisé relativement à la précision des résultats.

 

2. Échantillonnage systématique (SYS)

 

1.1. Définition

 

Fig 1-1.jpg

C'est une technique qui consiste à tirer au hasard un i-ième élément situé entre le premier et le p-ième de la population statistique, puis à prélever systématiquement le (i + p)-ième, le (i + 2p)-ième, le (i + 3p)-ième… élément de la population (fig. 1 et 2). On obtient finalement n unités collectées selon un classement fondé sur une progression arithmétique dont la base est un nombre aléatoire i et la raison un nombre p calculé de telle sorte que l'échantillon se répartisse uniformément sur toute la population statistique. Contrairement à l'EAS, les unités ne sont pas prélevées indépendamment les unes des autres puisque le choix de i et de p détermine la composition de tout l'échantillon.

 

1.2. Protocole de sélection des unités d'échantillonnage

 

Il est simple quand les éléments de la population statistique sont accessibles et en nombre connu. On choisit n en fonction de l'effort d'échantillonnage consenti ; on calcule la raison p = N/n et on tire au hasard l'élément i compris entre 1 et p ; on effectue ensuite un prélèvement toutes les p unités.

 

Lorsque N est inconnu et qu'il est difficile d'en estimer l'ordre de grandeur, p est fixé arbitrairement. Il n'est donc plus possible de choisir l'effectif n. C'est au cours du déroulement des opérations qu'on jugera si la raison p est trop grande ou trop petite.

Fig 2-1.jpg

1.3. Avantages du plan


•  Il est plus commode à mettre en œuvre que l'EAS. Ainsi, la répartition d'un ensemble de relevés dans un intervalle de temps ou au sein d'une population statistique linéaire (lit d'une rivière, lisière d'une forêt, route d'un navire) est facile à réaliser avec SYS.

 

•  Si l'on est assuré que tous les éléments de la population statistique se présentent dans un ordre aléatoire, alors ce plan est équivalent à l'EAS dont il cumule les avantages avec les siens propres.

 

•  Si la population biologique présente des phénomènes d'autocorrélation positive, c'est-à-dire si les descriptions yi et yj sont d'autant plus semblables que les éléments i et j sont proches, SYS est plus efficace que EAS. En effet, par le fait du hasard, l'EAS comporte des relevés rapprochés qui apportent une information redondante et d'autres éloignés entre lesquels la variable étudiée est mal représentée. Les phénomènes d'autocorrélation ne sont pas rares en écologie. Par exemple, les variations dans l'espace et dans le temps des conditions météorologiques sont corrélées positivement. Mattern (1960) a montré que les stations d'échantillonnage corrélées positivement devaient être disposées spatialement en quinconce, disposition qui maximise la distance entre relevés.

 

•  Si les éléments de la population statistique présentent une tendance linéaire au niveau de la variable étudiée, SYS est alors plus efficace que EAS. Un tel type de variations est fréquent en écologie : gradient d'altitude, de profondeur d'eau, de salinité, d'émersion, de hauteur de végétation, évolution temporelle d'un phénomène naturel : recrutement d'une population…

 

1.4. Contraintes et inconvénients du plan

 

•  Si la population présente une structure périodique et que la période p de prélèvement est proche de la longueur d'onde des variations du phénomène à étudier ou d'un multiple entier de celle-ci (harmonique), alors une importante erreur systématique est créée.

 

•  Or en écologie, les phénomènes cycliques sont fréquents : rythmes saisonniers, lunaires, circadiens ; fluctuations d'abondance de certaines populations animales ou végétales (fig. 3). Par exemple, ce n'est pas avec des prises espacées de 24 heures qu'on mettra en évidence les migrations à rythme nycthéméral du plancton ou les émergences des furcocercaires des Schistosomes.

Fig 3-1.jpg

 

Dans le cas de plantations régulières ou dans le cas de rookeries (colonies d'individus regroupés), SYS peut générer un biais difficile à détecter lorsque les éléments de la périphérie diffèrent de ceux du centre.

 

•  Comme l'EAS, SYS n'utilise pas des relevés antérieurs ou concomittants. Il ne permet pas de collecter préférentiellement des éléments privilégiés dont l'accès ou l'examen serait plus commodes. Enfin, il n'ajuste pas la probabilité de sélection des éléments en fonction de leur poids ou de leur importance relative.

 

3. Échantillonnage stratifié (STR)

 

1.1. Définition

 

L'échantillonnage stratifié (STR) est une technique qui consiste à subdiviser une population statistique hétérogène en sous-populations ou strates plus homogènes, mutuellement exclusives et collectivement exhaustives. La population statistique hétérogène d'effectif N est ainsi découpée en k strates plus homogènes d'effectif Nk tels que N = N1 + N2 + N3 + … + Nk. Un échantillon indépendant est ensuite prélevé au niveau de chaque strate en appliquant un plan d'échantillonnage au choix de l'opérateur.

 

1.2. Protocole de sélection des unités d'échantillonnage

 

L'application de ce plan soulève deux questions principales :

 

- comment construire les strates ?

- quels efforts et plans d'échantillonnage adopter dans chaque strate pour obtenir le plein bénéfice de la stratification ?

 

•  Critères de stratification

 

Le choix du meilleur critère semblerait être la variable étudiée puisque le découpage de sa distribution de fréquence en différentes classes ou strates réduit automatiquement la variance intra-strates et augmente par le fait même, l'homogénéité au sein des strates. Ce critère n'est pas réaliste car il suppose la connaissance a priori du phénomène à étudier.

 

En pratique, on utilise une autre variable x, appelée stratificateur. Le stratificateur doit être corrélé le mieux possible avec la variable étudiée car plus la corrélation est étroite, plus le gain de précision apporté par la stratification est élevé.

 

Cependant le critère de stratification peut être qualitatif, ouvrant alors la porte à de multiples possibilités. Par exemple, dans un lac, on étudiera la répartition de telle espèce benthique en fonction de la profondeur ou de la nature du substrat : vase, sable, graviers, galets, blocs, litières, hydrophytes, bryophytes, algues, etc…, chaque substrat ou chaque profondeur constituant autant de strates plus homogènes que ne l'est l'ensemble du lac.

 

Le critère de stratification n'est pas forcément unique. Il peut y en avoir deux ou trois. On parle alors de double ou de triple stratification. Ex : profondeur et substrat, vitesse du courant et substrat…

 

•  Nombre de strates

 

L'augmentation du nombre de strates améliore la précision mais accroît la lourdeur du protocole. Au delà de 5 à 6 strates, l'expérience montre que le gain de précision est généralement faible par rapport au surcroît de travail. Souvent le choix du nombre de strates est guidé par la nature de l'échantillonnage, notamment lorsque le critère est qualitatif : limites géographiques ou administratives, typologie de la végétation, nature des fonds d'un lac ou d'une rivière, etc… Même lorsque le critère est quantitatif, on peut préfixer le nombre de strates : 8 cases S-V dans l'IBGN ; structure d'âge d'une population déjà distribuée en classes de taille qui constituent autant de strates.

 

•  Limites des strates

 

Si le critère de stratification est qualitatif, il faut et il suffit de définir clairement les frontières entre chaque strate de façon à éviter les ambiguïtés. Par exemple, vases, sables, graviers, galets, blocs seront définis par une échelle granulométrique.

 

Si le critère de stratification est quantitatif, les limites des strates peuvent être définies par des contraintes préalables (cf plus haut : classes d'âge et classes de taille).

 

Si le critère de stratification est quantitatif, sans contraintes préalables, on doit fixer des limites minimisant la variance des estimateurs.

 

•  Effort d'échantillonnage dans chacune des strates

 

Il s'agit de déterminer l'effectif des échantillons dans chaque strate. Trois stratégies d'allocation peuvent être développées à cet égard.

 

- L'allocation proportionnelle consiste à prélever un échantillon dont l'effectif nh est directement proportionnel à l'effectif Nh de la strate h. Ce type d'allocation a l'avantage de conduire à un protocole d'échantillonnage simple à mettre en œuvre.

 

- L'allocation optimale consiste à moduler l'effort d'échantillonnage afin de minimiser le coût total de l'opération pour une précision données ou de maximiser la précision pour un coût total fixé. L'effectif nh de l'échantillon doit être d'autant plus élevé que la variance de la strate est grande, que son effectif Nh est élevé, que le coût unitaire d'échantillonnage ch est faible.

 

- L'allocation de compromis consiste à fixer un nombre minimal d'éléments dans chaque strate (règle du butoir), puis à effectuer intuitivement l'effort résiduel dans chaque strate en fonction des mêmes règles que précédemment, à savoir que nh sera d'autant plus élevé que Sh (richesse spécifique dans la strate h) et Nh seront grands et ch petit.

 

L'allocation optimale et, en principe, l'allocation de compromis supposent des informations prérequises sur chaque strate. Il est rare que l'on dispose a priori de telles informations. La règle est donc de procéder à une enquête préalable souvent sous la forme d'un double échantillonnage, ce qui malheureusement alourdit le protocole. Mais quand on s'adresse à une macrofaune ou à une macroflore, l'homogénéité d'une strate est souvent appréciée par l'observation directe, même si elle ne peut pas être rigoureusement planifiée. Dans ce cas, l'allocation proportionnelle, voire une allocation largement intuitive sont recevables.

 

•  Choix du plan d'échantillonnage dans chaque strate

 

Dans la mesure où l'échantillonnage d'une strate est totalement indépendant de celui d'une autre, il n'est pas nécessaire de choisir le même plan d'échantillonnage dans chaque strate. N'importe quel plan est donc recevable sous réserve d'en tenir compte pour les traitements statistiques ultérieurs. Dans la majorité des cas, le choix d'un EAS qui consiste à prélever un échantillon aléatoire dans chacune des strates est le plus judicieux.

 

Mais on peut procéder à une stratification de 2e ordre dans tout ou partie des strates de 1er ordre. Par exemple, si dans une population de poissons, on étudie la relation taille-poids et que les caractères sexuels sont visibles sur les 2+ (animaux dans leur 3e année), il est recommandé de faire deux sous-strates, l'une des mâles, l'autre des femelles dans chacune des strates de 1er ordre où le sexe est reconnaissable.

 

1.3. Avantages du plan

 

•  Même très rudimentaire, la stratification apporte des gains de précision appréciables. C'est la méthode adoptée dans l'IBGN, les pêches en lac, l'étude des sédiments lacustres.

 

•  Ce plan permet de profiter de situations particulières, chaque situation s'identifiant à une strate. C'est le cas quand des divisions naturelles facilitent le découpage du domaine à échantillonner, lorsque plusieurs équipes se partagent le travail…

 

•  Ce plan constitue une solution avantageuse au problème de l'optimisation de l'effort d'échantillonnage.

 

1.4. Inconvénients du plan

 

•  STR nécessite une planification rigoureuse des protocoles et entraîne des calculs laborieux.

•  Une erreur d'appréciation des strates (rapport Nh/N) entraîne un biais considérable.

•  Un critère de stratification qualitatif doit être judicieusement choisi.

•  Un critère quantitatif sans contraintes préalables nécessite souvent un double échantillonnage et, par conséquent, un grand nombre de prélèvements. Il faut donc choisir un critère de stratification simple.

•  Ce plan restreint le champ d'application des techniques habituelles de statistiques multidimensionnelles.

 

4. Échantillonnage avec régression (REG)

 

1.1. Définition

 

C'est une méthode qui consiste à corriger l'estimation Ŷ de la moyenne d'un échantillon aléatoire en fonction des résultats obtenus sur une variable auxiliaire x. Cet ajustement, qui repose sur la corrélation existant entre les variables y et x et sur la connaissance ou l'obtention de la moyenne  X de la population, s'exprime dans le second terme du modèle de régression linéaire suivant :

fig1.jpg
2772828515.jpg
représente l'estimation de la moyenne de la population et b la pente de la droite reliant x et y (fig. 4).
Fig 4-1.jpg

1.2. Exemples

 

•  Étude portant sur les réserves lipidiques des oiseaux migrateurs

 

La capacité migratoire d'un oiseau est fonction des réserves lipidiques qu'il accumule. La détermination de la quantité totale de graisse d'un oiseau entraîne le sacrifice de l'animal et un ensemble d'opérations réclamant plusieurs heures par animal.

 

Une autre méthode plus approximative consiste à apprécier visuellement la quantité de graisse sous-cutanée déposée dans la fosse claviculaire. L'indice d'adiposité qui en résulte s'évalue en quelques secondes et l'oiseau examiné peut poursuivre sa migration. Le double échantillonnage en vue de l'estimation par régression est particulièrement bien indiqué dans ce cas, car l'indice d'adiposité, facilement mesurable sur un grand nombre n' d'oiseaux peut alors servir de variable auxiliaire x et la quantité yi de graisse, difficile à mesurer, peut être déterminée sur quelques-uns (n) des n' oiseaux capturés. Scherrer (1972) trouve une corrélation élevée (0,9) entre les deux variables sur une population de mésanges. Il montre que, dans ce cas et compte tenu du coût estimé des différentes opérations (durée et frais de déplacement), le gain de précision maximal est obtenu pour un rapport de n = 94 oiseaux sacrifiés pour n' = 1492 oiseaux examinés puis relâchés.

 

•  Étude des sédiments lacustres du Jura

 

Il existe une corrélation de 0,95 entre la réflectance (ou albedo) du sédiment et sa teneur en carbonate de calcium et de -0,95 entre la réflectance et la teneur en matière organique. Bien que la régression ne soit pas linéaire, l'utilisation d'une abaque permet de remplacer de longues et coûteuses analyses chimiques par la simple mesure d'un paramètre physique qui sert de variable auxiliaire.

 

1.3. Avantages du plan

 

•  REG s'impose quand la variable étudiée impose le sacrifice d'éléments qui doivent être préservées pour des raisons éthiques en raison de la rareté de l'espèce ou du rôle des individus dans la poursuite de l'expérience. Cette situation est courante en biométrie.

 

1.4. Inconvénients du plan

 

•       REG ne s'emploie qu'avec des variables qualitatives simples. Il est inutilisable avec les pourcentages ou les variables quotients.

 

•       La relation entre x (transformé ou non) et y doit être linéaire. Sinon, il faut stratifier et la contrainte relative à l'effectif devient importante (chaque nh ≥ 50).

 

•       La majorité des programmes informatiques ne sont pas conçus pour ce plan.

 

5. Échantillonnage par degrés (DEG)

 

1.1. Définition

 

Cette méthode regroupe toute une batterie de plans d'échantillonnage caractérisés par un système ramifié et hiérarchisé d'unités (fig. 6-9).

Chacune des N unités de la population statistique appelées unités primaires ou grappes, se compose de Mi sous-unités plus petites appelées unités secondaires qui elles-mêmes peuvent comporter Kij unités tertiaires… À chaque niveau, un EAS peut être effectué. Si l'on en fait qu'un, on parle d'échantillonnage du 1er degré ; si l'on en fait deux, d'échantillonnage du 2e degré, si l'on en fait trois, d'échantillonnage du 3e degré…

 

Fig 6-1.jpg

L'échantillonnage du 1er degré (échantillonnage par grappes) consiste à prélever aléatoirement n unités primaires ou grappes parmi les N unités primaires de la population et à mesurer les Mi sous-unités c'est-à-dire toutes les unités secondaires des n grappes sélectionnées.

 

Fig 7-1.jpg
Fig 8-1.jpg
L'échantillonnage du 2e degré (sous-échantillonnage) consiste à réaliser deux échantillons aléatoires. Le premier d'effectif n se rapporte aux unités primaires. Le second d'effectif
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comporte mi des Mi unités secondaires de chacune des n unités primaires sélectionnées. Il s'agit donc d'un échantillonnage du 1er degré mais dans lequel toutes les Mi sous-unités de la grappe ne sont pas mesurées.

L'échantillonnage du 3e voire du 4e degré constitue une extension de ce principe de sous-échantillonnage.

Fig 9-1.jpg

 

Les unités primaires, secondaires, etc… ne sont pas obligatoirement de la même taille. Si elles le sont, on pratique EAS et SYST.

 

1.2. Exemple

 

Pour étudier les caractéristiques des populations de poissons récoltés par des pêcheurs sportifs dans les parcs naturels du Québec, les biologistes du service de la faune utilisent l'échantillonnage du 3e degré. C'est de cette façon que la structure d'âge de la population de brochets est étudiée.

 

n lacs (unités primaires) sont choisis aléatoirement parmi les N lacs du parc ;

mi barques (unités secondaires) sont choisies parmi les Mi barques du i-ième lac échantillonné ;

kij brochets (unités tertiaires) des Kij brochets de la j-ième barque du i-ième lac sont prélevés aléatoirement en vue de l'extraction d'une écaille qui permettra la détermination de l'âge par scalimétrie.

 

1.3. Protocole de sélection des unités d'échantillonnage

 

•  Définition des unités

 

Il s'agit de préciser quels sont les éléments, les grappes qui décomposent la population. En pratique,

- les grappes correspondent souvent aux structures de la population : pontes, nids, colonies, troupeaux ou bancs de poissons…

- les grappes peuvent être liées à la technique de récolte : prise d'un bateau, d'un filet, à plancton, d'une benne, d'un carottier…

- les grappes peuvent se rapporter à des entités naturelles composées d'éléments de dimensions arbitraires : bassin-versant ou lac.

 

Après avoir précisé la nature des différentes unités à tous les degrés de l'échantillonnage, il faut s'assurer que les grappes sont mutuellement exclusives et collectivement exhaustives. Ce qui revient à vérifier que le système d'unités qui se ramifie inclut toutes les unités élémentaires de la population et que chacune de ces dernières n'apparaît qu'une fois au sein des unités du niveau supérieur. L'exhaustivité est souvent difficile à apprécier en raison de la sélectivité des engins de capture. Ainsi, les filets à poissons ou à oiseaux, les pièges à insectes… constituent les grappes de la population capturée et non de l'ensemble de la population biologique puisque l'ensemble des pièges installés ne capture par la totalité de la population.

 

•  Choix de la taille des éléments

 

Quand les éléments de la population sont naturels, la question ne se pose pas.

 

Il peut s'agir de quadrats, de périodes d'observation… dont on ne peut modifier la surface, le volume, la durée, c'est-à-dire la taille. Cette taille peut être déterminée par des méthodes normalisées.

En général, les plus petites unités sont les meilleures car elles autorisent la constitution de grands échantillons qui ont pour effet de diminuer le biais de certains estimateurs et d'accroître la robustesse de la majorité des tests. Ainsi, il sera préférable que le rapport de la surface ou du volume de l'entité examinée à la surface ou au volume de l'unité élémentaire d'échantillonnage soit inférieur ou égal à 0,05 (Green, 1979).

 

•  Choix de la taille des grappes

 

Lorsque les grappes correspondent à des regroupements naturels, évidents ou obligatoires (lacs, barques), le problème du choix ne se pose pas.

 

Les grappes qui correspondent à des regroupements artificiels d'éléments sont construites soit intuitivement, soit à l'aide de méthodes d'optimisation. On tient compte des considérations suivantes :

 

- construire des grappes de même taille ;

- tenir compte des coûts engendrés par le passage d'une grappe à l'autre ou de l'exploration de grappes trop grandes ;

- choisir une unité fonctionnelle qui facilite le travail.

 

•  Répartition de l'effort d'échantillonnage

 

Cette répartition se fait en tenant compte

 

- des coûts unitaires d'échantillonnage ;

- de la variabilité des données aux différents niveaux d'unités.

 

1.4. Avantages du plan

 

•  DEG est peu contraignant car il ne requiert pas la liste complète ou un agencement particulier des éléments de la population statistique.

•  Sur le terrain, DEG se révèle économique, facilement adaptable aux conditions particulières de chaque étude et peu perturbant sur l'ensemble étudié.

•  DEG se combine facilement avec STR avec lequel il présente des convergences méthodologiques.

 

1.5. Inconvénients du plan

 

•  DEG est moins efficace que EAS et SYS lorsque le coefficient de corrélation intra-grappe se révèle très élevé, c'est-à-dire quand les grappes se composent d'éléments qui se ressemblent beaucoup.

•  Le calcul des estimateurs, l'application de certains tests d'hypothèses et de différentes techniques d'analyse multidimensionnelle est difficile.

•  DEG nécessite une planification très élaborée. L'harmonisation de l'ensemble des opérations pour arriver à un protocole d'échantillonnage commode est complexe et longue.

 

V. CONCLUSION

 

Les quelques plans d'échantillonnage exposés ici ne sont pas exhaustifs. Il est possible de concevoir d'autres plans ou d'autres combinaisons de plans d'échantillonnage[1]. L'échantillonnage est une opération décisive et délicate qui demande certaines précautions.

Le traitement statistique des données (calcul des estimateurs, analyse des données) devra être effectué sur des exemples.

La réflexion sur l'échantillonnage doit toujours précéder la récolte des données. Planifier un échantillonnage, c'est répondre à trois questions :

- la manière d'observer est-elle pertinente pour ce que je veux observer ;

- les coûts consentis pour l'échantillonnage sont-ils répartis de manière à optimiser les observations ?

- les données recueillies sont-elles susceptibles d'être traitées par telle analyse statistique qui en facilitera l'interprétation ?

C'est en fonction des réponses à ces trois questions que chaque opérateur élaborera pour chaque étude son plan d'échantillonnage.


Source : Cours d'écologie de André Guyard

[1] Voir Scherrer B. dans Frontier S. (1983). - Stratégies d'échantillonnage en écologie. Masson Ed.

07/06/2010

Proliférations algales dans la haute vallée du Doubs

Les récentes constatations de la pollution de la Loue par une efflorescence de Cyanobactéries (ou Algues Bleues) a semé l'émoi dans la population, les pêcheurs et les touristes. Pourtant les épisodes estivaux de prolifération algale ne sont pas rares dans la région.

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Proliférations de Cyanobactéries dans la Loue

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26/05/2010

Réflexions sur l'engeance humaine par Francis Rougerie

Rougerie1-1.jpgRéflexions sur l'engeance humaine

par Francis Rougerie

 

Rougerie1-1.jpg

 

Des pas sur le sable d'une plage, des pas humains qui sortent de la mer. Une piste qui s'approche... Où conduit cette piste ? Tel est le dilemme que pose Francis Rougerie qui s'interroge sur l'origine, la nature et le devenir de notre espèce. Une saga scientifiquement argumentée en trois volets : émergence, immanence et transcendance de cette espèce dominante : l'Homme.

 

D'où venons-nous ? La vie tire son origine du Big-bang. Parmi les différentes espèces vivantes, l'homme apparaît comme une belle réussite de la sélection naturelle... Mais le singe nu est devenu une redoutable engeance ! Les mythes et les symboles fondateurs ont formaté les cosmogonies et les civilisations, et alimenté les guerres pour le pouvoir de ce monde, et celles pour le pouvoir divin.


Qui sommes-nous ? L'homme éclairé tente de sortir de cette tenaille infernale par une quête identitaire jamais achevée, un questionnement humaniste et la recherche d'un bonheur immanent.

 

Où allons-nous ? Dans le mur peut-être car l'homme, engeance pour les autres espèces vivantes se heurte à l'ensemble des problèmes écologiques qu'il a lui-même engendrés. Une espèce qui risque de manquer d'espaces et de ressources. Il va lui falloir s'inventer de nouveaux horizons, trouver de nouvelles planètes où s'établir.

Mais pour aller jusqu'où, et vers quoi ?

 

Cet ouvrage ressort de la culture universelle d'un chercheur océanographe qui a navigué dans le Pacifique sud, s'intéressant à la chimie des eaux jusqu'au fonctionnement des récifs coralliens et des atolls. Une quête du savoir scientifique débouchant sur nombre de publications fondamentales et de vulgarisation. Un coup d'œil du grand large sur le sillage de notre espèce humaine.

 

Francis Rougerie : Réflexions sur l'engeance humaine - 251 p. Les Éditions Baudelaire (ISBN 978-2-35508-451-5) - 19 euros.

 

Pour contacter l'auteur : francis.rougerie0263@orange.fr