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13/03/2019

Giboulées de mars

Giboulées de mars

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

La météo de ces derniers jours, caractérisée par des vents violents et averses soutenues, rappelle ces ambiances que l'on connaît plus souvent en Bretagne. C'est sur les terres de Brognard que je surveille les trouées de lumière, prêt à réagir face à ces tableaux que le ciel offre soudainement dans la fuite des nuages.

 

Les précipitations faiblissent laissant apparaître des percées de ciel bleu et des rayons lumineux qui illuminent l'atmosphère.

 

Tout s'accorde pour profiter au miracle des éléments naturels. Dans une tourmente de lumière, de rideaux de pluie, l'arc-en-ciel qui monte en puissance et coiffe le village, s'inscrit dans le paysage pour un bref instant.

 

Mieux vaut alors avoir l'appareil sous la main pour le photographier rapidement avant qu'il ne s'évanouisse dans l'espace.

 

Arc en ciel-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

26/02/2019

Milieux humides, milieux utiles du Jura

Milieux humides, milieux utiles du Jura

Exposition / Causerie


 

La soirée "Milieux humides, milieux utiles" débutera à 18h30 par une présentation de l’exposition de photographies de Gérard JACQUIER intitulée « Trésors des eaux jurassiennes », et ce jusqu’à 19h45.

 

Trésors des eaux jurassiennes-450.jpg



Après une courte pause, la soirée reprendra vers 20h30 avec l’intervention de Manon GISBERT, Coordinatrice du Pôle Milieux humides Bourgogne-Franche-Comté (Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté) sur les intérêts et les enjeux associés aux milieux humides.
 
Exposition/causerie organisée vendredi 8 mars.
Rendez-vous dès 18h30 (exposition) à la médiathèque d'Orgelet, ou à 20h30 pour l'intervention.
 
Animé par le Pôle Milieux Humides Bourgogne-Franche-Comté.

L’équipe Natura 2000
Site Natura 2000 Petite Montagne du Jura
http://petitemontagnedujura-n2000.fr
natura2000@petitemontagne.fr
03 84 25 39 78

19/02/2019

Dole Tourisme & week-end Gourmand du Chat Perché

Dole Tourisme & week-end Gourmand du Chat Perché

 

C'est avec grand plaisir que nous vous adressons le nouveau dossier de presse de Dole Tourisme.

Notre destination que certains d'entre vous connaissent déjà et apprécient, bénéficie de nombreux atouts.


Située à mi-chemin entre Dijon et Besançon, au cœur de la Bourgogne/Franche-Comté, elle présente l'avantage d'une très bonne desserte ferroviaire et autoroutière.

Riche d'un patrimoine prestigieux reflet de son histoire, les amateurs d'art et d'histoire se trouvent charmés devant autant de trésors.


La ville est au cœur d'une nature composée de vastes forêts, de rivières et canaux, supports de nombreuses activités sportives et touristiques.


Quant aux épicuriens et gastronomes, ceux-ci trouvent également des tables de renom où produits frais et du terroir sont travaillés à leur juste valeur.


Enfin, riche en évènementiels, la ville et ses environs offrent de nombreuses possibilités de distraction pour chaque goût, tout au long de l'année.

Nous attirons d'ailleurs à juste titre votre intérêt sur quelques-uns méritant particulièrement une mise en avant (cf pièce jointe) :


- Pupitres en Liberté les 06 & 07 avril 2019,


- Dole en Médiéval le 18 mai 2019,


- Le festival Cirque et Fanfares les 08 & 09 juin 2019  www.cirqueetfanfaresadole.com,


- La Fête de l'Eau le 07 juillet 2019,


- Le week-end gourmand du Chat Perché les 27,28 et 29 septembre 2019  www.weekend-gourmand-dole.fr,


Nous vous invitons d'ailleurs à découvrir le nouveau dossier de presse du Weekend Gourmand du Chat perché.


Cette année, nous vous informons en primeur que la vente des pass se fera à partir du lundi 03 juin pour les pass et du lundi 1er juillet pour les banquets en ligne.


- La Salon Régal Expo (22 au 24 nov 2019).

Restant à votre disposition pour toute question, suggestion ou conseil sur vos prochains projets de reportages, je vous souhaite une bonne lecture.
Très cordialement,

dole tourisme,week-end gourmand du chat perché

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

dole tourisme,week-end gourmand du chat perché

02/10/2018

Vaches montbéliardes

Cherchez l’erreur

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Ambiance assurée samedi 29 septembre 2018 au comice agricole de Maîche organisé sur la commune des Écorces dont le clocher s’affiche de loin sur ce plateau du Haut-Doubs.

 

Soleil radieux pour ce rendez-vous annuel qui attire inévitablement un public nombreux.

 

Ce sont bien sûr les vaches de race montbéliarde qui sont à l'honneur à l'occasion des présentations aux concours des différents challenges. Bichonnées de la tête à la queue, les animaux s'exposent alignés sur les « stands » des agriculteurs.

 

Surprise, alors que je cherche désespérément une vache ornée de ses cornes, je finis par découvrir dans un endroit quelque peu isolé, ce tête-à-tête contrastant entre ces deux animaux : cherchez l'erreur...

 

Si pour des raisons techniques et de sécurité argumentées par les propriétaires, la coupe des cornes est devenue de rigueur, on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'une vache sans cornes n'est pas des plus séduisantes, sachant que je ne vais pas me faire de copains avec cette affirmation que partagent d'ailleurs certains éleveurs puristes.

 

Vaches-comice des Écorces_01-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

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Cliché © Dominique Delfino

Vaches-comice des Écorces_03-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

05/09/2018

La LPO répond à la campagne d’affichage des chasseurs dans le métro parisien

La LPO répond à la campagne d’affichage des chasseurs dans le métro parisien


Je vous invite à découvrir et à faire circuler la réponse de la LPO à la campagne d’affichage des chasseurs dans le métro parisien.


"Dimanche 2 septembre 2018, j’ai compté 365 coups de fusil pendant la balade que j’effectue chaque semaine pour recenser les oiseaux à Sainte-Colombe (7h00-10h30).

 
Depuis l’année dernière, je fais ce transect le matin de l’ouverture de la chasse aux oiseaux d’eau dans le bassin du Drugeon. Je ne suis pas rassuré mais je ne vous explique pas la tête des chasseurs quand ils me voient me balader devant eux avec longue-vue et appareils photos.

 
Ceci dit, je fais la tête aussi car c’est horrible de voir comment ils se comportent. Ils cernent le plan d’eau sur lequel ils ont lâché des canards en août, qu’ils ont nourri chaque jour ou presque pendant quelques semaines et qu’ils viennent tuer au matin de l’ouverture. D’autres chasseurs se répartissent le long de la rivière pour tirer les oiseaux qui réussissent à passer le mur de feu. Et comme, les canards  ont été nourris à cet endroit, ils ont tendance à revenir pour tenter de s’y poser.

 
C’est pour témoigner de ce genre de choses que j’ose sortir ces matins là. Et n’allez pas croire que le nombre de coups de fusil est exceptionnel. Je fais ce triste recensement chaque matin de l’ouverture de la chasse aux oiseaux d’eau depuis 2013, suite à une remarque d’un chasseur qui m’avait dit que la chasse était raisonnable dans le bassin du Drugeon.

 
Voici les chiffres :

 
En 2013,

450 coups de fusil entendus entre 7h00 et 8h31 depuis ma maison (à l’époque, je n’osais pas sortir mais j’ai enregistré la première demi-heure).

En 2014,

— 520 coups de fusil entre 7h00 et 9h00 depuis ma maison.

— Avec quelques copains, nous avons fait ce comptage à plusieurs endroits : 521 coups de fusil avaient été entendus entre 7h00 et 8h30 depuis Chaffois, 413 entre 7h00 et 9h00 à La Rivière-Drugeon et 336 entre 7h00 et 9h00 depuis Frasne.

 
En 2015,

— 300 coups de fusil entre 7h00 et 8h00 depuis ma maison.

 
En 2016, 581 coups de fusil entre 7h00 et 8h30 depuis le lac de l’Entonnoir à Bouverans (site « Espace naturel sensible » tout de même…).

 
En 2017, 327 coups de fusil pendant le transect de Sainte-Colombe.

 
En 2018, 365 coups de fusil entre 7h00 et 10h30 pendant cette même balade.


Alors les chasseurs, premiers écologistes de France, vous y croyez vraiment ?

 
D. M.

 

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21/06/2018

Pour nos paysages jurassiens, Stop à la destruction des affleurements rocheux !

Pour nos paysages jurassiens,

Stop à la destruction des affleurements rocheux !

 

Paturage-comtois-450.jpg

 

 

Signez la pétition :

Pour nos paysages jurassiens, Stop à la destruction des affleurements rocheux !

 

Considérant :

 

- les propos du préfet du Doubs : « eu égard à l’impact potentiel sur les paysages et la biodiversité et in fine le lien avec la qualité des eaux de nos rivières, la nécessité d’encadrer l’usage du casse-cailloux semble donc claire » ;


- le fait que les habitats liés aux zones d’affleurement rocheux sont classés « d’intérêt européen, classés prioritaires » ;


- la demande du Conseil scientifique du patrimoine naturel de BFC : « rendre obligatoire la conservation des affleurements rocheux… sur les territoires agricoles du Haut-Doubs et du Haut-Jura »,

 

L'utilisation du casse-cailloux (ou broyeur de roches) pour détruire les affleurements rocheux dans les pâturages du massif jurassien s’intensifie année après année.

 

Pourtant ces milieux sont particulièrement riches en biodiversité, leur destruction est irrémédiable, ils sont transformés en banales prairies pauvres en faune et en flore.

 

Le passage du casse-cailloux est le symbole d’une pratique qui abîme et banalise les paysages typiques du Massif jurassien, chers aux habitants et aux visiteurs.

 

 Avant qu’il ne soit trop tard, pour que nos enfants et petits-enfants puissent connaître et apprécier ces paysages qui constituent l'identité de notre massif, nous demandons au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté l’application en urgence d’un moratoire pour protéger les affleurements rocheux et ainsi garantir la préservation de notre patrimoine commun.

01/06/2018

Tourbières Restaurées : visites guidées

Tourbières Restaurées : visites guidées

 

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, le Parc naturel régional du Haut-Jura organise tous les ans des visites guidées des tourbières restaurées Toutes les informations sont disponibles aux liens suivants :
 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°5 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°6 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°7 du programme Life tourbières du Jura

 

Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html

 

 

 

14/03/2018

Un Loup victime d'une collision automobile à Chaffois (Doubs)

Loup_200.jpgLa mort du Loup

 

D'après Sophie Courageot

Publié le 14/03/2018 à 08:46. Mis à jour le 14/03/2018 à 10:23.

 

Un loup mâle adulte ou subadulte a été tué cette nuit sur la route dans le Doubs entre Le Souillot et Chaffois. La dépouille de l'animal a été retrouvée mardi 13 mars 2018 à 20h sur le CD72 à Chaffois. La dépouille sera autopsiée par un vétérinaire agréé afin de déterminer s'il s'agit vraiment d'un loup.

 

loup en franche-comté,chaffois,haut-doubs

 

L'animal a été percuté par un automobiliste. Il s'agit d'un animal est typé "Loup" expliquent les services de gendarmerie. Le corps de l'animal a été emmené par les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage vers son antenne de Vercel dans le Doubs.

 

2018-03-13-Loup-de-Chaffois-450.jpg

Photos DR

 

Pour Athénas — le centre jurassien de soins aux animaux sauvages —, il s'agit bien d'un loup de type adulte. Jean Victor VERNIER, sur place au moment de la collision affirme que l'animal était encore vivant après la collision. Il nous livre son témoignage ; "Nous avons regardé de près, il s'agissait d'un mâle très impressionnant. J'aurais préféré prendre ces photos en d'autres circonstances malheureusement. J'adore cet animal, il m'impressionne. Je me suis arrêté au moment où le véhicule qui arrivait en face de moi a roulé sur ce loup, je pense qu'il a dû être percuté par un premier véhicule quelques secondes avant. Quand je suis arrivé vers le loup, il respirait encore et bougeait encore un peu. Cela a duré quelques secondes, une ou deux minutes, tout au plus. Les pompiers de Levier rentraient d'intervention. Ils ont alors sécurisé la chaussée et déplacé le loup sur le bas-côté. Ils m'ont alors confirmé qu'il s'agissait vraisemblablement d'un loup. Nous avons regardé de près, il s'agissait d'un mâle très impressionnant".

 

C'est la première mortalité constatée de l'espèce en Franche-Comté et la confirmation de sa présence plus régulière.

 

On le sait, le Loup est de retour en France. Ce n'est pas la première fois que sa présence est signalée en Franche-Comté.  En 2011, dans le même secteur à Chapelle d'Huin, un loup avait attaqué à plusieurs reprises un troupeau de brebis. Le plan tir avait été déclenché par le Préfet sans que l'animal ne soit retrouvé.

 

Voir également dans ce même blog : Le Loup de retour dans le massif jurassien.

 

06/03/2018

Le castor prend racine sur l'Allan

Le castor prend racine sur l'Allan

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Cette photographie, issue de pièges photos installés à demeure sur les rives de l'Allan, ne relève pas d'une grande qualité mais constitue un document précieux sur la présence et les activités du castor.

 

Notre ami photographe Claude Nardin en avait fait état cet été, mettant en évidence des arbres écorcés, indices de l'activité nocturne de ce grand rongeur.

 

Régulièrement, les naturalistes de l'Association de la Vallée de l'Allan surveillent le secteur au jour le jour depuis plusieurs mois.

 

Nous constatons, y compris lors des crues, une présence régulière du castor, néanmoins difficilement observable en journée. Cela m'incite à installer des pièges photos qui délivreront régulièrement des images nocturnes très intéressantes. L'une d'entre elles confirme la présence de deux animaux, laissant espérer une éventuelle reproduction.

 

Espèce protégée aujourd'hui, le castor est progressivement de retour après avoir été traqué, exterminé totalement, au siècle dernier, pour sa fourrure, sa chair et son musc aux senteurs mêlant le goudron et le cuir.

 

Cela augure une saison à venir qui ne manquera d'intérêt dans le suivi faunistique de la basse vallée de l'Allan.

 

Castor-DominiqueDelfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

Voir également sur ce même blog l'article consacré au retour du castor en Franche-Comté et notamment dans la vallée du Doubs.

06/01/2018

Conséquence des pluies de janvier 2018 : le Trou des Gangônes (Jura) déborde

Une conséquence des pluies continues

de janvier 2018 en Franche-Comté :

le Trou des Gangônes déborde

 

Situé sur la commune de La Frasnée (Jura), le Trou des Gangônes est un gouffre servant de trop-plein à la source du Drouvenant sous-jacente. En période d'étiage, on peut descendre à - 62 m, jusqu'à atteindre un plan d'eau. En 1973, un spéléo a pu plonger dans ce siphon sur 40 m de profondeur, soit jusqu'à la cote -102 par rapport à l'orifice.

 

Lors des fortes pluies comme en janvier 2018, la cavité se remplit totalement, et l'eau dégorge à l'orifice. Ce phénomène est peu fréquent et de courte durée : rares sont ceux qui ont pu l'observer. Pascal Juif est de ceux-là. Ci-dessous l'une des photos qu'il a prise le 5 janvier 2018.

 

2018-01-05+bouillonnement au gouffre des Gangônes-Pascal Juif.jpg

Document © Pascal Juif janvier 2018

12/12/2017

Terroirs viticoles du Jura, géologie et paysages

Terroirs viticoles du Jura,

géologie et paysages

par Michel Campy

Professeur émérite des Universités

 

Vous trouverez ci-joint une présentation de l’ouvrage, récemment publié, « Terroirs viticoles du Jura, géologie et paysages » assorti d’un bon de commande éventuel.


Vous pouvez aussi le commander

directement à l’adresse suivante :

Mêta-Jura, 65 chemin de Mancy

39000 Lons-le-Saunier

03 84 47 32 39

meta.jura@laposte.net

 

Il sera également disponible dans toutes les librairies de la région.

Cordialement.

Michel Campy
1 impasse de la Chaux
39110 MARNOZ
03 84 53 26 11

 

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TERROIRS VITICOLES DU JURA, GÉOLOGIE ET PAYSAGES

 

 

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Commande : 1 exemplaire à 35€ + 5€ de port

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  • À régler par chèque à l’ordre de Mêta Jura
  • À faire parvenir à Mêta Jura, 65 chemin de Mancy, F–39000 LONS-LE-SAUNIER
  • Mêta Jura : tél. 03 84 47 32 39 – Email : metajura@laposte.net

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11/04/2017

Printemps à vol d'oiseau

Printemps à vol d'oiseau

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Nouvelle vue aérienne pour illustrer cette période du printemps durant laquelle les arbres fruitiers et les haies se parent de mille fleurs.

 

Vus du ciel, les vergers se dessinent dans le paysage, marqués par la couleur blanche de la floraison.

 

C'est donc en avion et en montgolfière que je redécouvre avec émerveillement ces vieux vergers qui subsistent encore dans le Pays de Montbéliard.

 

Le secteur de Vandoncourt demeure certainement l'un des plus riches, mais les ceintures de vergers que l'on rencontre autour des petites villes et villages de l'agglomération sont du plus grand intérêt pour l'équilibre de la biodiversité.

 

La lumière rasante offre les conditions idéales pour apprécier le graphisme, l'harmonie et la transparence d'un paysage qui défile sous mes yeux à vol d'oiseau.

 

Printemps-à-vol-d'oiseau-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

        

29/03/2017

Frelon asiatique : le piégeage tue trop de pollinisateurs

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COMMUNIQUE DE PRESSE

MARDI 28 MARS 2016

FRELON ASIATIQUE : LE PIÉGEAGE TUE TROP DE  POLLINISATEURS !

 

L’Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et France Nature Environnement (FNE) mettent en garde notamment sur les pratiques de piégeage « précoces » du Frelon asiatique, sans réelle efficacité et néfastes pour d’autres insectes, dont de nombreux pollinisateurs.

 

Pourquoi certains pratiquent le piégeage précoce ?

 

Le Frelon asiatique (Vespa velutina), espèce exotiques découverte en France en 2005, est bien implanté et il est désormais admis que son éradication est impossible. Une colonie peut commettre des dégâts sur certains ruchers en chassant les Abeilles domestiques afin de nourrir ses larves.  Le préjudice peut être important pour les apiculteurs des zones concernées, qui tentent de réagir en proposant un piégeage massif des reines fondatrices dès février à l’aide de dispositifs attractifs parfois « faits maison », constitués de bouteilles-pièges appâtées de mélanges sucrés et alcoolisés. 

 

Pourquoi ce piégeage est néfaste ?

 

Il a été prouvé dès 2009 par des entomologistes de la Linnéenne de Bordeaux, que ces pièges ne sont pas sélectifs, et des versions plus sélectives sont souvent proposées à la fabrication, sans études sérieuses de leur efficacité : ils capturent et tuent de très nombreux insectes non ciblés. 

 

De plus, d’après une équipe de l’INRA de Bordeaux (2012) et du Muséum national d’Histoire naturelle (2013), ils n’auraient aucun impact réel sur les populations de Frelon asiatique qui restent équivalentes dans les zones piégées par rapport à des zones sans pièges.

 

L’efficacité du piégeage précoce est encore en phase de test

 

Une étude, se limitant à 3 départements, est en cours avec des contributeurs bénévoles, encadrés par le MNHN et l’ITSAP - Institut de l'abeille, afin d’évaluer l’efficacité réelle du piégeage de printemps contre Vespa velutina, mais en aucun cas il ne s’agit en aucun d’un appel à piégeage généralisé.

 

L’Opie et FNE appellent donc à un arrêt de ces pratiques de piégeage, inefficaces et très impactantes  pour les autres insectes et le fonctionnement des écosystèmes !

 

L’Opie et FNE conseillent, conformément aux recommandations du Muséum national d’Histoire naturelle et du Ministère de l’Agriculture :

 

de s’abstenir de tout piégeage préventif qui massacre un grand nombre d’insectes non cibles sans affecter les populations de Frelon asiatique ;

 

de ne pas pratiquer de piégeage printanier (très faible impact sur le nombre de colonies en été) ;

 

de piéger, de fin juin à mi-novembre, uniquement à proximité des ruchers attaqués pour faire diminuer la pression de prédation, en utilisant comme appât le jus de cirier (plus « sélectif » que la bière).

 

de participer à des campagnes locales organisées de détection des nids.

 

Pour plus d’informations, consultez le site du MNHN :

http://frelonasiatique.mnhn.fr/

et

http://frelonasiatique.mnhn.fr/piegeage-de-printemps/

ainsi que les articles parus dans la revue de l’Opie "Insectes"  http://www.insectes.org/le/frelon-asiatique.html

 

14/03/2017

Petit agneau

Petit-agneau1-450.jpg

04/03/2017

Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens

Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens

 

À partir des années 1960, la forêt comtoise semble de plus en plus passionner les historiens. Les descriptions encore rapides de la littérature scientifique du début du XXe siècle laissent place à un traitement plus fouillé des données historiques, intégrant très vite faits sociologiques, politiques, économiques et culturels se rapportant à l’évolution de la forêt.

 

La contribution de différentes disciplines se confirme, et devient plus évidente encore avec le progrès des méthodologies et des technologies, qui complète les analyses d’archives. L’étude des bois et des taillis bénéficie de mesures et de relevés des plus pointus, se sert des outils de la palynologie, de l’anthracologie, de la dendrochronologie ou encore de l’archéologie, qui, se croisant, aident à retracer peu à peu la vie de la forêt de Chaux ou de celle de Chailluz à travers le temps.

 

Forêt-de-Chaux-450.jpg

Carte de la forêt de Chaux, 1624, AD Doubs, cliché P. Sinibaldi

 

L’ouvrage Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens témoigne de cette diversité des recherches et des résultats.

 

Il raconte la télédétection LIDAR et ses découvertes, l’examen des charbons de bois comme l’analyse des cartes anciennes et des textes de lois séculaires, les pratiques de bornage comme la signification des différences d’épaisseur des cernes des arbres. Il regroupe les actes d’une journée d’étude organisée en 2014 par le groupe de recherches historiques Franche-Bourgogne, avec le concours du laboratoire Chrono-environnement de l’université de Franche-Comté et des Archives départementales du Jura

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Delobette L., Delsalle P. (2017).— Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens En Direct n° 268 de janvier 2017.

 

Delobette L., Delsalle P. (sous la direction de), Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens, éditions Franche-Bourgogne, 2016.

19/12/2016

La vallée des loups, un film formidable

La vallée des loups, un film formidable

sortie au cinéma le 4 janvier 2017

par Jean-François Noblet

 

La Vallée des loups, le film tant attendu de Jean-Michel Bertrand, est sorti au cinéma le mercredi 4 janvier 2017, de quoi bien commencer l’année !

 

Mon ami Jean-Michel Bertrand nous avait déjà régalés avec son précédent film « Vertige d’une rencontre » qui racontait son admiration des aigles royaux.

 

Naturaliste accompli, parfaitement intégré dans les montagnes alpines où il est né, « Milou » pour les intimes, avait le rêve de filmer des loups sauvages dans sa vallée d’enfance. Il raconte dans le film « La vallée des loups » sa longue quête, les innombrables nuits d’affûts par tous les temps et il nous montre, pour la première fois en France des images extraordinaires de vrais loups en liberté. Non pas des loups apprivoisés ou prisonniers d’un parc animalier mais une meute et ses louveteaux acceptant une certaine promiscuité avec un naturaliste respectueux, discret et compétent.

 

Je ne vous raconterai rien des détails de l’histoire pour vous laisser le plaisir de la découverte mais j’affirme que ce film est un chef d’œuvre qui fera date dans l’histoire de la protection de la nature. En effet les nombreuses scènes d’animaux sauvages filmés sont d’une qualité exceptionnelle : cadrage impeccable, lumière d’enfer et comportements rarement observés. On sent là l’amour immense de l’auteur pour toutes les formes de vie.

 

De multiples pointes d’humour et un commentaire pris sur le vif enregistré par Milou lui-même, sobre et profond à la fois nous démontre qu’il est possible de faire partager autrement la passion pour la nature et le respect du sauvage.

 

C’est là que réside l’intérêt majeur de ce film. Il montre comment les naturalistes ressentent intimement leur place au milieu du monde vivant, les émotions de rencontres avec des animaux libres sur le terrain et il nous fait partager ce bonheur. On est loin des explications scientifiques moralisatrices ou des interviews de personnalités reconnues voulant nous convaincre. Non Milou renverse, à lui tout seul, toutes les bêtises et les rumeurs qui circulent sur le loup, par la beauté des images et la sincérité d’un homme du pays.

 

Courez voir ce film et emmenez-y vos enfants. Ce sera la plus formidable manière de démarrer la nouvelle année pour que nous puissions espérer sauver enfin la nature et tolérer la présence de quelques loups à nos côtés.

 

Jean François Noblet

 

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La Vallée des loups, le film tant attendu de Jean-Michel Bertrand, sortira au cinéma le 4 janvier 2017, de quoi bien commencer l’année ! Plus qu’un film, c’est un véritable plaidoyer pour le loup en France. FERUS est soutien et partenaire du film.

 

La Vallée des loups : bande annonce du film


 

14/12/2016

Doubs fin d'automne 2016

Reflet de saison

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

 

Redécouvrir le Doubs à cette saison offre parfois des tableaux que seule la magie de la lumière et de l'eau sait mettre en scène.

 

Je remonte le cours de la rivière en direction de la Suisse dans ce fond de vallée que les rayons du soleil n'atteignent pas à cette période de l'année.

 

Je connais bien cet endroit de la vallée situé sur le secteur de Glère pour y réaliser régulièrement des images automnales.

 

Ce matin givré m'offre alors ce nouveau panorama que je contemple au détour d'un méandre du Doubs et que les riverains surnomment la glacière à cette saison.

 

Un parcours frontalier plein de charme à découvrir, animé encore par le cri strident et les couleurs vives du Martin-Pêcheur.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Cliché à comparer avec celui-ci réalisé par le même auteur, au même endroit, en automne 2014

09/10/2016

Pierre-Adrien Paris et le Lycée de Graviers Blancs

Pierre-Adrien-Pâris_logo.jpgPierre-Adrien Paris et le Lycée des Graviers Blancs

 

Longtemps, le lycée du bâtiment de Besançon a été logé rue Sarrail et s'intitulait "Lycée Sarrail". Les locaux devenant exigus et mal adaptés à leurs fonctions, un nouvel établissement flambant neuf fut construit dans le quartier des Graviers Blancs. C'est ainsi que depuis son inauguration en septembre 1976, il a été connu sous le nom de Lycée des Graviers Blancs. En avril 2006, à l'occasion de son trentième anniversaire, l'établissement a décidé de changer de nom. L'ensemble des dessinateurs a choisi d'honorer un éminent architecte du XVIIIe siècle : Pierre-Adrien Pâris. Cette modification de l'intitulé de l'établissement demande quelques explications. Nous allons laisser la parole au Proviseur, Maurice Fraquet alors en fonction à cette date, en empruntant de larges extraits de son allocution prononcée lors du baptême du Lycée Pierre-Adrien Pâris.

 

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Pour justifier cette nouvelle dénomination, Maurice Fraquet invoqua trois raisons principales :

 

— la première, sa naissance et sa mort à Besançon même ;

 

— la deuxième, sa passion de la transmission du savoir. Voilà ce qu'il écrivait à un éditeur qui voulait publier ses écrits : « Mon but unique ayant été l'utilité générale, loin de traiter cet ouvrage de manière dispensieuse. J'aurais voulu que son prix le mit à la portée de toutes les personnes qui désiroient se le procurer.» ;

 

— la troisième, serait peut-être de rattraper le retard qu'a pris sa ville natale à le reconnaître, une ville à qui il a légué toute une vie de travail au travers de ses livres, dessins, tableaux et objets et qui a fait tellement peu de cas de lui. On peut penser qu'un autre architecte, le concepteur des Salines royales d'Arc-et-Senans, Claude-Nicolas Ledoux, son concurrent sur le projet de l'Hôtel de Ville de Neuchâtel, n'a pas cessé de lui faire de l'ombre, une inimitié que Pierre-Adrien Pâris de son vivant déplorait déjà : « […] mais je sais aussi que cet artiste, qui avoit attaché moins d'importance que moi à la commodité, ou qui ignoroit l'usage auquel ce lieu devoit servir dans le tems de foire, avoit beaucoup plus multiplié ses points d'appuis que moi […]».

 

Afin d'étayer cette proposition, le Proviseur proposa de parcourir les grandes étapes de la vie bien remplie de cet architecte méconnu, de faire le point sur le patrimoine qu'il nous a légué, afin d'envisager la dynamique que pourrait entraîner ce changement de nom aussi bien pour le lycée, que pour le juste hommage à Pierre-Adrien Pâris.

 

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Pierre-Adrien Pâris : sa vie

 

Pierre-Adrien Pâris est né le 25 octobre 1745, rue Battant, à Besançon. Il était l'aîné des cinq enfants d'un géomètre et architecte topographe.

 

Alors qu'il est âgé de 5 ans, son père architecte-topographe entre au service Prince-Évêque de Bâle à Porrentruy comme architecte des Ponts-et-Chaussées et directeur des Bâtiments de Bâle, ville où il construira un certain nombre de bâtiments jusqu'à ce qu'il doive s'enfuir à la Révolution. La famille s'installe donc en Suisse et Pierre-Adrien commence par s'intéresser à... la botanique. Mais comme son père, il deviendra un architecte de grand talent et sera dessinateur de Louis XVI, partageant sa vie entre Paris et l'Italie.

 

Au cours de sa carrière, il va également travailler pour la ville de Neuchâtel dont il dessine les plans de l'Hôtel de Ville en 1783-1784. Il étudie d'autres projets pour la Confédération, dont un monument à la gloire de Guillaume Tell, construit sur une île du lac des Quatre-Cantons et conçoit un palais pour le prince-évêque de Bâle. La mort du commanditaire mettra un terme à la construction. Ce sont ces travaux, les plans, les correspondances s'y rapportant qui font l'objet de l'exposition de la Bibliothèque. Elle permet de découvrir ce personnage dont le legs fit du musée de Besançon l'un des plus riches de France. La Bibliothèque d'Étude et de Conservation de Besançon possède dans ses réserves une cinquantaine de dessins de Pierre-Adrien Pâris concernant l'Hôtel de Ville de Neuchâtel et des lettres s'y rapportant. En décembre 2005, elle a organisé une exposition intitulée Pierre-Adrien Pâris et la Suisse autour des ces documents exhumés.

 

En France, Pierre-Adrien Pâris a créé des décors pour les fêtes et les pièces de la cour, construit ou amélioré des châteaux, des hôtels particuliers, des bâtiments publics. On lui doit par exemple la construction de la salle des États-Généraux de Versailles.

 

C'est donc son père qui assure sa première formation, et lui enseigne plus particulièrement les bases du dessin. Il a déjà une seconde passion, la botanique, aussi bien pour herboriser que pour le plaisir de dessiner des plantes.

 

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À 15 ans, il est envoyé à Paris, il va travailler dans une agence d'architecture et y suivre des cours, en particulier de Jacques-François Blondel. C'est un étudiant assez doué, mais qui n'obtiendra jamais de premier prix lors de différents concours.

 

Il réussit malgré tout à se faire envoyer à Rome, à l'Académie de France, avec une bourse pour parfaire ses études (un parcours obligé pour l'époque), et il y restera de 1771 à 1774. Il fera de nombreux relevés et dessins de bâtiments antiques, en voyageant dans toute l'Italie. Il est parti avec le fils, âgé de 12 ans, de l'architecte chez qui il travaillait à Paris, à charge pour lui de le former. Il donnera également des cours d'architecture au fils de Piranèse. Il commence à collectionner des antiquités et des œuvres d'art. C'est à cette période qu'il va rencontrer Fragonard, dont les œuvres le passionneront jusqu'à la fin de sa vie.

 

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Il revient à Paris pour faire carrière de 1775 à 1792. Très vite, il obtient des postes importants. En 1777, il est membre de l'Académie Royale d'Architecture, l'année suivante il est nommé dessinateur de la chambre et du cabinet du roi au département des Menus-Plaisirs. En 1785, il devient à la suite de Gabriel, l'architecte des Menus-Plaisirs pour terminer comme architecte de l'Assemblée Nationale en 1790. Il a une intense activité professionnelle à la fois privée et institutionnelle, qui va de la décoration intérieure aux décors de théâtres et d'opéras, de construction d'hôtels particuliers à un projet de reconstruction de Versailles, d'aménagement de jardins au projet de terminer les tours de la cathédrale d'Orléans en passant par un moulin gothique pour une « folie ».

 

Fin 1792, durant la Terreur, il se retire dans son domaine de Vauclusotte dans le Doubs avant de séjourner en Normandie.

 

En 1806, en Italie, il se consacre à des travaux d'archéologie et dès 1810, il dirige les fouilles du Colisée.

 

Une dizaine d'années plus tard, il revient à Besançon logeant rue Charles-Nodier.

 

Ami de Jean-Honoré Nicolas Fragonard, ce peintre de la frivolité, auteur du fameux le verrou et d'Hubert Robert, artiste de premier plan au talent visionnaire, il possède une collection de 2000 magnifiques dessins du XVIIIe siècle, des tableaux, antiquités et œuvres d'art, monnaies, médailles, 1500 dessins d'architecture de lui-même, ainsi qu'une bibliothèque constituée de livres et manuscrits remarquables.

 

Bien que le Cabinet royal lui réclamât ces trésors, Pierre-Adrien Pâris préféra léguer son « cabinet de travail » à sa ville natale, Besançon, à laquelle il était resté très attaché. C'est d'ailleurs là qu'il s'éteint le 2 août 1819, à l'âge de 73 ans. Il est enterré au cimetière de Saint-Ferjeux.

 

En fait entre ces deux dates, architecte reconnu, il se fera très rare dans la région, malgré une tentative d'installation à 47 ans à l'automne 1792 dans une propriété qu'il a achetée « le domaine de Vauclusotte », les remous de l'histoire l'ayant poussé à chercher refuge dans sa province d'origine. Même si cette expérience sera de courte durée, il y mettra autant de passion que pour ses activités antérieures. De sorte qu'il repartira et revendra vite sa propriété. Il montre peu de passion pour Besançon et lui préfère Dijon mais surtout Genève. Son retour dans sa ville natale avant de mourir s'explique surtout par la présence de parents et d'amis.

 

Finalement, pour de multiples raisons dont celle d'éviter son arrestation (c'est l'époque de la Terreur), il part s'installer chez des amis en Normandie, où il va d'un côté poursuivre son activité d'architecte privé, et de l'autre revenir à sa première passion, en traduisant de l'anglais des ouvrages d'agriculture de l'école physiocratique et s'occuper de botanique. Il s'aménage un pigeonnier et se passionne pour la greffe et la taille des arbres fruitiers. Il commence également à organiser les archives des projets auxquels il a participé tout au long de sa carrière parisienne. Il conserve un fort attachement à l'ancien régime, et ne digérera pas la mort du roi, ce qui l'entraînera à refuser sa nomination à l'Institut malgré l'appui de ses amis (notamment l'architecte Boullée).

 

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Il décide de retourner en Italie, en 1806, et il y restera 10 ans. Il va essentiellement y exercer ses talents d'architecte-archéologue, participer aux fouilles du Colisée à Rome et jouer un rôle important dans plusieurs institutions romaines liées aux « antiquités », en plus d'assurer quelques services pour la France (transport aux Louvres d'objets antiques de la Villa Borghèse, ....). Il vient enfin terminer sa vie à Besançon, et lègue toutes ses collections d'objets et de dessins, ses carnets et ses ouvrages, ainsi que tous ses livres à la bibliothèque de Besançon. Il termine sa vie en traduisant de l'italien un livre de Luigi Cornaro « De la sobriété », sans aucun doute le manuel de son propre savoir vivre.

 

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Pierre-Adrien Pâris : son œuvre

 

Il a dessiné 85 projets d'architecture, dont 54 seront réalisés (les prisons royales de Chalon-sur-Saône, l'hôtel de l'Intendance à Dijon, l'hôpital de Bourg…), d'innombrables décors scéniques, de nombreuses opérations d'aménagement de réhabilitation ou transformation de bâtiments, de nombreux jardins et parcs.

 

Mais beaucoup de projets sont modifiés et pour certains, Pierre-Adrien Pâris en refuse même l'aboutissement en raison de trop importantes transformations : « Je lui fis le plan qu'il rejeta par des motifs d'économie. Lui ayant des obligations, je ne pus refuser de me prêter à ses vues. Il en résulte un bâtiment extrêmement mesquin ». Il se positionne dans le grand courant du néo-classicisme : « Sans prétendre comme certaines gens que l'architecture puisse se composer sur le clavecin, je crois qu'il y a beaucoup de rapport dans les principes d'après lesquels l'architecte et le musicien opèrent en composant ». Il pense comme Jacques-François Blondel que l'usage des ornements doit être limité, mais il a une grande exigence sur leurs qualités : « Quoique les ornements soyent bien exécutés, ils n'ont pas cette saillie qui fait si bien les noirs qu'elle produit ; en sorte que comparés avec les autres, ils ont l'air un peu maigre. L'ove et la doucine qui la suit dans la corniche sont trop applatties. »

 

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Sa passion de l'antiquité ne le rend pas aveugle : « Cependant je pense que l'imitation doit être une partie importante du talent de l'architecte ; mais il est difficile de faire neuf et imiter en même temps. » Il reconnaît l'utilité des connaissances scientifiques ce qui l'amènera à préciser dans sa définition de l'architecture, laquelle tente de réunir dans un même homme l'artiste, l'ingénieur, le scénographe : « Cet art est en même tems une science. Obligé de pourvoir aux besoins qui lui ont donné naissance, il a des moyens qui plaisent par des combinaisons de formes et d'oppositions agréables. Mais il doit encore en suivant les lois de la mécanique, mouvoir, transporter, dresser les plus lourdes masses, l'hydrostatique, la géométrie, la physique. La recherche des combinaisons destinées à satisfaire l'œil ; l'étude des moyens qui donnent aux édifices la solidité nécessaire, ont produit dans cet art deux parties distinctes quoique intimement unies ; la décoration et la construction. »

 

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C'est un architecte très attaché au programme qu'il définit avec ses clients. Ce que l'on pourrait qualifier de fonctionnalisation des espaces, il va prendre beaucoup de soin à comprendre l'usage des bâtiments qu'il doit construire, et tenter de l'améliorer pour des programmes aussi différents que des hôpitaux, des prisons ou des bains, accordant une large part aux commodités et à l'hygiène avec toujours une approche très humaine des problématiques : « J'ai cru utile de placer ici la description d'un lieu qui destiné au crime, peut être occupé par le malheur, afin d'éclairer les architectes sur les moyens d'adoucir le sort de ceux, même qui après avoir outragé l'humanité sont encore des êtres souffrants et dignes de pitié ! Hélas n'oublions jamais que la vertu la plus pure a ses tems d'iniquité ».

 

C'est un esprit ouvert aussi bien au niveau technique, comme le montre l'usage de l'éclairage zénithal, qu'au niveau de l'histoire de l'architecture. Sa passion de l'antiquité ne l'empêchera pas de faire un travail de recherche sur l'architecture du Moyen-Âge pour les tours de la cathédrale d'Orléans. Il ira jusqu'à théoriser cette ouverture : « C'est la réunion des connaissances qui a perfectionné la société. C'est le commerce des différentes nations entre elles qui en se communiquant leurs usages comme leurs productions, a produit les douceurs et l'aisance dans notre manière d'exister actuelle. Ne pourroit-on en faire autant en architecture ».

 

Hors de ce qui reste debout de son architecture, ce qui est remarquable, c'est de pouvoir, au travers des dessins de ses projets avec leurs modifications successives, et de ses nombreux carnets détaillant l'histoire et l'économie de ses chantiers, suivre une architecture en acte, découvrir l'évolution d'une œuvre et d'un homme.

 

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Une dynamique à créer : quelques pistes

 

Au niveau de l'enseignement, Maurice Fraquet évoque la possibilité de remettre en valeur la richesse de toute la documentation que Pierre-Adrien Pâris a laissée, pour mieux le comprendre, lui et son époque et de ce fait, d'éclairer notre présent en établissant des comparaisons avec ce qui se pratique aujourd'hui. En utilisant ses archives écrites ou dessinées, comme base d'une réflexion sur différents domaines de l'architecture, de la construction, en enrichissant la collection pour mieux la faire connaître : réalisations de maquettes de projets non réalisés, de relevés effectués dont nous avons les différents dessins (bâtiments, fontaines, échafaudages de coupoles, etc.), réalisation de décors scéniques, réutilisation d'éléments constructifs avec d'autres matériaux, informatisation de certains plans pour mieux faire comprendre ses conceptions, sous forme d'expositions thématiques préparées par les élèves avec leurs enseignants aidés par des intervenants extérieurs, ouvertes au public comme par exemple :

 

  • la place de l'archéologie dans la sensibilité des participants à l'acte de construire,
  • comment a évolué l'exécution des relevés de bâtiments,
  • quel est l'intérêt de tenir un carnet de chantier,
  • de quelles façons ont changé les conceptions des décors de scène au théâtre et à l'opéra,
  • la compréhension de l'importance de l'art des jardins et du paysage sur la vie quotidienne,
  • l''évolution de la place de la fête et de son organisation pour la société,
  • la comparaison des projets de Paris dans différents programmes, pour exposer des résolutions contemporaines, hôpitaux, prisons, etc.

Ces différentes propositions permettent aux élèves actuels de fournir à des problématiques d'aujourd'hui, un recul historique dont Pierre-Adrien Pâris serait l'acteur central.

 

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Dans une optique continuelle d'innovation, le Lycée Pierre-Adrien Pâris a étudié l'architecture des monuments régionaux en particulier les œuvres de Claude-Nicolas Ledoux, notamment le Théâtre de Besançon, et la Saline d'Arc-et-Senans et la Chapelle de Notre-Dame du Haut, œuvre de Le Corbusier à Ronchamp. Il participe activement à des chantiers de rénovation avec les  monuments de France sur des sites de Vauban. Tout en étudiant l'architecture des monuments africains, il s'est engagé notamment au Burkina Faso et au Mali dans des travaux permettant aux populations locales d'améliorer leurs conditions de vie et de culture : construction de puits, de marchés, de boutiques, d'un musée, etc. Plus récemment, le lycée s'est lancé dans un chantier de construction d'une étable au Maroc et a signé une convention avec le Lycée qualifiant Hassan II de Marrakech  pour réaliser un laboratoire des matériaux. Actuellement, le lycée réalise une école au Togo.


On pourrait aussi citer d'autres actions internationales dans le cadre de Cominius dans différents pays : Angleterre, Italie, Allemagne, Portugal, Finlande, USA, etc. D'autres occasions d'étudier l'architecture locale.

   
Le Lycée Pierre-Adrien Pâris s'honore d'utiliser et de développer les pratiques de développement durable dans la gestion des matériaux et des déchets des travaux publics.

 

Établissement spécialisé dans les métiers du bâtiment et des travaux publics, le lycée a été primé récemment au concours national « Des clefs pour l'éducation au développement durable ». Un prix qu'il a reçu des mains des ministres Najat Vallaud Belkacem (Éducation nationale) et Ségolène Royal (Environnement), le 12 octobre 2016 au Collège Pierre Mendès France à Paris.

 

En effet, depuis la rentrée 2015, le lycée est labellisé E3D-expert. Ce qui signifie qu'une attention toute particulière est portée sur les questions de développement durable, de gestion des déchets et des matériaux.

 

C'est un projet de récupérateur d'eau relié à une station de traitement des laitances de béton qui lui vaut aujourd'hui d'être primé. Depuis un certain temps, les élèves de différents bacs pro du bâtiment et des travaux publics travaillent sur ce projet de récupérateur d'eau. En effet, les ateliers et plateformes pédagogiques consomment beaucoup d'eau pour les travaux et surtout pour le nettoyage des matériaux. Un récupérateur d'eaux pluviales a déjà été posé au sous-sol, sur une dalle réalisée par les élèves du gros œuvre.

 

Et depuis la rentrée, les élèves en bac pro « technicien de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques » réalisent le raccordement de la cuve aux canalisations. Quant aux élèves de bac pro « travaux publics », ils se chargent des tranchées des canalisations extérieures amenant l'eau vers les ateliers et la plateforme des travaux publics.

 

Cette activité tant dans la forme que dans l'objet est à mettre à l'actif du lycée et traduit une bonne application de l'esprit de Pierre-Adrien Pâris.

 

Au sein du lycée s'est créée une association Afriq'Energies qui opère de façon préférentielle qur le continent africain.

 

Sources :

 — Fraquet Maurice (2016) : Pierre-Adrien Pâris : pourquoi donner le nom d'un architecte du XVIIIe siècle à un lycée du bâtiment de Besançon ? Manuscrit de 12 pages.

— Documentation du Lycée Pierre-Adrien Pâris.

 

Pour en savoir plus sur les activités de l'association Afriq'Energies, rendez-vous sur ce lien :

http://www.afriq-energies-besancon.fr/

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Projet d'une salle de réunion pour l'Assemblée nationale en 1790

 

17/09/2016

Liste hiérarchisée des espèces végétales invasives de Franche-Comté : rapport complet

Liste hiérarchisée des espèces végétales invasives de Franche-Comté

 

Le Conservatoire botanique national de Franche-Comté publie un rapport complet sur les espèces végétales invasives de Franche-Comté.

Dix ans après la première liste (2006), la méthodologie de classement des espèces et la terminologie employée pour la catégorisation ont été revues, dans un souci notamment de recherche de cohérence avec les autres listes établies sur le territoire national par chacun des conservatoires botaniques nationaux. En outre, le classement des espèces s’est essentiellement appuyé cette fois sur la consultation de la base de données Taxa, en raison de la progression significative du nombre et de la qualité des observations d’espèces exotiques depuis dix ans. Les actions pressenties pour chacune des catégories d’espèces exotiques identifiées sont proposées.

12/09/2016

Découverte d'un four à poix dans le Haut-Doubs

 Traces de poix dans le Jura

 

Dans la région des Fourgs (25), à plus de mille mètres d’altitude, des analyses palynologiques ont révélé des occupations et activités humaines anciennes, confirmées par des relevés LIDAR. Cette technique laser a notamment mis au jour des voies de communication antiques et des structures anciennes d’extraction du minerai de fer.

 

La découverte inopinée des vestiges d’un four dans les années 1990 sur le même secteur, au lieu-dit la Beuffarde, vient de faire l’objet d’investigations scientifiques afin de préciser la fonction et l’ancienneté de l’installation. Les hypothèses de départ penchaient en faveur d’un fourneau de réduction du minerai de fer, en toute cohérence avec une activité connue sur le territoire, ou d’un four à chaux, dont il existe de nombreuses traces dans la région. « Or le sondage opéré n’a révélé aucun des résidus obligatoirement liés à l’une ou à l’autre de ces exploitations », raconte Valentin Chevassu, doctorant en archéologie au laboratoire Chrono-environnement de l'Université de Franche-Comté.

 

C’est avec une grande surprise que le jeune chercheur et son équipe identifient la matière trouvée, « noire, calcinée et très légère, qui au premier coup de pioche a dégagé une forte odeur de térébenthine et de suie », comme issue de la production de poix. Le four de la Beuffarde est le premier spécimen du genre jamais mis au jour dans le Jura ; même si l’industrie de la poix est attestée dans le massif grâce à quelques textes médiévaux, elle reste très mal connue dans ses procédés comme dans son importance sur le territoire.

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Une thèse en histoire rédigée en 2011 par Elisabeth Carry Renaud donne cependant des renseignements sur une ressource aujourd’hui complètement tombée en désuétude. Résine issue de l’épicéa et dans une moindre mesure du sapin, la poix était au Moyen Âge « tellement recherchée que les seigneurs et abbayes s’en réservaient l’exclusivité et en faisaient l’objet d’impôts ». Elle était utilisée aussi bien comme colle, amalgame ou joint d’étanchéité que dans  la fabrication du feu grégeois ou pour l’éclairage.

 

Aux Fourgs, village qui leur devrait son nom, les fours à poix se seraient éteints vers 1585 selon les sources historiques. Les investigations menées sur celui de la Beuffarde et notamment sa datation au carbone 14 devraient apporter de nouveaux éléments de connaissance et de compréhension de cette activité dans la région. Cette recherche universitaire reçoit le soutien financier du Conseil départemental du Doubs.

 

Contact : Valentin Chevassu Laboratoire Chrono-environnement Université de Franche-Comté – CNRS

Source : article publié dans le numéro 266 de septembre 2016 de "En Direct"

12/07/2016

Vaches montbéliardes

L'été en balles

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

Ce cliché — réalisé le dimanche 10 juillet 2016 au soir près de Trévillers sur le plateau de Maîche —, confirme que l'été s'est bien imposé succédant au printemps catastrophique que nous avons vécu cette année.

 

En ce soir de finale de coupe de l'Euro, tout le monde n'est pas devant son écran de télévision et la priorité pour de nombreux agriculteurs est de profiter de la météo favorable pour achever les travaux de fourrage dans les prairies récemment fauchées. Jusqu'à la tombée de la nuit, nombreux sont les tracteurs qui, dans un va-et-vient permanent, s'attardent à rentrer au plus vite les balles de foin enrubannées tardivement cette année.

 

Tout juste rentré de la traite, un troupeau de vaches montbéliardes complète ce tableau champêtre d'un soir au sein de ce paysage vallonné, avec presque autant de balles que d'animaux, objectif et ''BUT'' atteint par nos agriculteurs pour un travail sans filet !

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

 

24/06/2016

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

 

par Frédéric DANIEL

 

Abattage du blaireau dans la Somme.jpg

Je tiens avant tout à vous remercier, toutes et tous pour avoir signé et diffusé ma pétition. Vous êtes maintenant plus de 100 000 personnes à soutenir ma cause !

 

Merci également à celles et ceux qui ont écrit à la préfecture de la Somme pour montrer votre désaccord sur la décision du préfet de vouloir une nouvelle fois cette année faire abattre 1 500 blaireaux. Vous avez été semble-t-il très nombreux à avoir participé.

 

La contestation ne cesse de prendre de l'ampleur sur le prétendu bien fondé de la chasse du blaireau, que ce soit par la communauté scientifique, les associations, ou de simples citoyens. Sa chasse en général, la période complémentaire de chasse, son mode de chasse cruel ou encore les arrêtés préfectoraux autorisant des abattages massifs et arbitraires sans justification scientifique sont très décriés et dénoncés.

 

Curieux hasard, hier 13 juin 2016, le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer a publié l'avis du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) intitulé "La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage".

 

Je vous invite à le lire attentivement :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-cohabitation-entre-les.html

 

La conclusion de ce conseil scientifique est très clair: "Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage".

La préfecture de la Somme a entre temps publié le communiqué suivant :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18920/131363/file/communique.pdf

 

"Ce projet de renouvellement de régulation des blaireaux a été évoqué en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage le 12 mai 2016 et aucun avis défavorable n’a été émis par les membres de cette commission."

 

Les chasseurs, bien entendu, n'ont vu aucun problème à reconduire cette opération massive de destruction du blaireau sur ce département. Demander l'avis des chasseurs sur ce sujet, c'est comme demander à un enfant s'il veut reprendre du dessert...

 

Malgré les 158 avis défavorables émis par les citoyens, le préfet a malgré tout publié l'arrêté préfectoral AUTORISANT CETTE OPERATION MASSIVE DE DESTRUCTION. Les abattages ont donc repris depuis le 1er juin 2016.

 

Voici l'arrêté préfectoral :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18975/131734/file/AP-regulation-blaireaux_MAI-2016.pdf

 

Rappelons une nouvelle fois à M. de Mester l'aberration de sa décision en lui montrant la conclusion du CSPNB :

http://www.somme.gouv.fr/Contactez-nous

 

Que le préfet de la Somme mette de côté son amitié avec les chasseurs pour prendre des décisions plus objectives, avec les conseils des scientifiques compétents sur ce sujet, c'est notre souhait. Si les contestations sur ses décisions se multiplient, M. de Mester ne pourra plus les ignorer.

 

Le 8 avril 2016, Philippe de mester, préfet de la Somme, sur Twitter avec ses amis chasseurs :

https://lc.cx/4rNF

 

Ne lâchons rien !

Le blaireau doit être protégé. Partagez cette pétition :

http://change.org/ProtectionBlaireau

 

Merci à tous !

103 518 soutiens

46 482 nécessaires pour atteindre 150 000

 

08/03/2016

Life Tourbières du Jura

Life Tourbières du Jura

 

 Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est désormais en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html


Ce film de 24 minutes vous invite à partir à la rencontre du monde extraordinaire des tourbières, patrimoine naturel si précieux du massif jurassien. De magnifiques images commentées vous transportent au cœur de ces espaces naturels discrets et mystérieux.Ce film, réalisé par Jean-Philippe Macchioni dans le cadre du Life tourbières du Jura, est complété de 7 bonus.

 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

 

Cette lettre vous présente toute l'actualité de ce programme dont l'objectif est de réhabiliter sur 6 ans le fonctionnement de 60 tourbières du massif du Jura franc-comtois. Vous pourrez notamment découvrir dans ce troisième numéro une interview de Jean-Philippe Macchioni, réalisateur du film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne", les derniers travaux menés, une interview de Franck Villemain, maire de Frambouhans, ainsi que de nombreuses autres informations.

 

Contact :

 

Emilie Calvar
Coordinatrice technique programme LIFE Tourbières du Jura
 
Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté
Maison de l’environnement de Franche-Comté
Espace Leclerc - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél : 03.81.53.97.77 (ligne directe) – Fax : 03.81.61.66.21
 

03/03/2016

Inventaire du patrimoine géologique de Franche-Comté

Inventaire du patrimoine géologique de Franche-Comté

 

L'inventaire du patrimoine géologique de Franche-Comté est désormais accessible en ligne sur le site de la Zone Atelier Arc Jurassien :

http://zaaj.univ-fcomte.fr/spip.php?article88#IRPG

 

L’inventaire du patrimoine géologique de la région Franche-Comté (IRPG) identifie 153 sites emblématiques de la géologie des 4 départements francs-comtois, dont 110 dans la Zone atelier Arc jurassien. Il a été réalisé dans le cadre de l’inventaire national diligenté par le Ministère de l’Environnement [1] et validé par le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel au printemps 2014.

 

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Carte des 153 sites géologiques emblématiques de la Franche-Comté

(Pour agrandir, cliquer sur la carte)

 

C’est le résultat d’un travail d’enquête et de sélection produit par une communauté régionale de géologues et naturalistes amateurs ou professionnels, sous la tutelle d’un comité de pilotage restreint, du laboratoire Chrono-environnement de l’Université de Franche-Comté et du CNRS, et de la DREAL Franche-Comté.

 

Cet inventaire recense et délimite les sites géologiques à valeur patrimoniale (géotopes) du territoire régional (à l’exception de l’endokarst qui fait l’objet d’un inventaire spécifique). Il permet également d’évaluer l’état de conservation, la vulnérabilité et le besoin éventuel de protection des sites inventoriés, dans une perspective de conservation, de gestion et d’une éventuelle valorisation.

 

La sélection et la hiérarchisation des sites est fondée sur les directives émises par La Commission Nationale du Patrimoine Géologique (CNPG). La méthodologie est détaillée dans le document de synthèse téléchargeable.

Cet inventaire constitue un état du patrimoine géologique franc-comtois à sa date de réalisation. Il est évolutif et pourra être abondé ou révisé dans les années à venir.

17/02/2016

Colloque organisation et mesure du temps dans les campagnes européennes

Colloque : Organisation et mesure du temps dans les campagnes européennes,

du Moyen Âge au XXe siècle

 

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Envoi des propositions (titre et résumé) avant le 30 avril 2016 à l'une des adresses suivantes :

pierre.dubuis@unil.ch ou  sandro.guzzi-heeb@unil.ch

12/02/2016

Les forts de Besançon

Les Forts de Besançon

 

Après la défaite de 1870, le général Séré de Rivières va consteller les collines autour de Besançon de forts capables de la protéger des tirs d’artillerie moderne.

 

Ces vigiles de pierre, presque tous intacts aujourd’hui, ont perdu leur garnison de militaires. Mais de nombreux passionnés, artistes, sportifs, historiens ou promeneurs du dimanche assurent la relève et se mobilisent pour faire revivre ce patrimoine insolite !

 

En savoir plus ICI

 

Forts-de-Besançon-450.jpg

29/11/2015

Sorties naturalistes en Franche-Comté

Sorties naturalistes en Franche-Comté

Balades nature de l'Office du Tourisme

et des Congrès de Besançon

 

Propositions de balades nature du premier semestre 2016


Sur inscription préalable et indispensable, auprès de l'Office du Tourisme et des Congrès de Besançon (03 81 80 92 55) ; annulations possibles ou sorties différées si trop peu d'inscrits ou en fonction des aléas de la météorologie.

 

DÉCOUVREZ LES SENTIERS AMÉNAGÉS SUR LE GRAND BESANÇON
18 boucles pédestres, 115 km de circuits (hors liaisons) :

8 boucles de difficulté familiale, 8 boucles de difficulté moyenne, 2 boucles de difficulté sportive, 6 boucles VTT

100 km de circuits (hors liaisons) : 2 circuits de difficulté moyenne (bleu), 3 circuits de difficulté difficile (rouge), 1 circuit de difficulté très difficle (noir)


Pour découvrir les circuits pédestres et VTT, imprimez les fiches, télécharger les fichiers GPS, cliquez ICI

 

 

 

22/11/2015

Curieux de nature dans la Reculée des Planches

Curieux de nature dans la Reculée des Planches

Curieux-de-nature-dans-la-Reculée-des-Planches-450.jpg

08/09/2015

Vergers vivants recrute un Directeur (secteur Montbéliard - 25)

Vergers vivants

association membre de FNE Franche-Comté

recrute un Directeur

(secteur Montbéliard - 25)



FRANCHE COMTE_LOGO MAIL.jpgSECRETARIAT
MEFC - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél. 03 81 80 92 98 - http://fne-franche-comte.fr/
Association agréée au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la Protection de la Nature

---------- Message transféré ----------
De : Nicolas LAVANCHY - Vergers Vivants <n.lavanchy@vergers-vivants.fr>
Date : 8 septembre 2015 18:38
Objet : offre de poste DIRECTEUR/TRICE
À :

Bonjour,
Après 5 ans d'implication au sein de Vergers Vivants, je vais quitter mes fonctions de directeur en cette fin d'année.
Ainsi, l'association recrute une personne pour prendre le relais à compter de janvier 2016. Vous trouverez en pièce jointe une offre d'emploi à diffuser pour le poste de DIRECTEUR / DIRECTRICE.
Merci d'avance et au plaisir de vous croiser bientôt !
Cordialement,
--
 
vergersPT1.jpgNicolas LAVANCHY
VERGERS VIVANTS
La Damassine
23, rue des Aiges
25230 VANDONCOURT
Tél. 03 81 37 82 26
www.vergers-vivants.fr

 

 

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VV offre d'emploi DIRECTEUR-TRICE 2015_Page_2.jpg

15/07/2015

La chapelle médiévale Saint-Gengoul dans la forêt de Chailluz

 Une chapelle et un village médiéval dans la forêt de Chailluz


 
par André Guyard
 
Texte et figures d’après Fruchart Catherine, « Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l’Antiquité à nos jours ». Thèse de Doctorat en Archéologie, Université de Franche-Comté, 2014

 

À l'époque médiévale, on défrichait beaucoup. Dans la forêt de Chailluz, des zones qui étaient peuplées sont aujourd'hui couvertes par les bois. En reprenant ses droits, la forêt a recouvert les constructions, les réduisant le plus souvent à l'état de ruines et rendant ces sites difficiles à localiser.

 

De sorte que les données archéologiques enregistrées jusqu'en 2009 pour le massif de Chailluz, sont rares : on compte une trentaine de points, dont deux seulement sont situés dans la forêt même.

Forêt-de-Chailluz-fig038_Archéologie-450.jpg

 

Ces points représentent les entités ou sites archéologiques suivants : 10 bornes de délimitation territoriale (points verts : 5 bornes attribuées au XVIIIe siècle, 5 non datées), 11 objets isolés (points jaunes : 5 objets antiques, 2 médiévaux et 4 modernes), 7 fours à chaux (points gris foncé : estimés médiévaux ou modernes), 1 carrière d'argile non datée (point gris clair), 4 occupations hypothétiques (points rouges : 2 antiques, 1 médiévale, 1 de période indéterminée) et deux occupations certaines (points rouges cerclés de noir). Ces dernières sont situées dans la forêt de Chailluz même.

 

À l'exception de la Chapelle Saint-Gengoul documentée historiquement et sommairement fouillée au début des années 1960, tous les points enregistrés et listés ci-dessus résultent d'observations faites au cours de prospections pédestres.

 

La chapelle médiévale Saint-Gengoul est mentionnée dès 1049, et c’est le seul édifice médiéval attesté en forêt de Chailluz. Bien que située sur le territoire de Besançon, elle dessert la paroisse de Tallenay jusqu’au XVIIe siècle.

En plus des prospections archéologiques au sol et géophysiques, des relevés floristiques, des analyses physicochimiques du sol, des études anthracologiques de charbonnières et des recherches historiques, pour compléter les connaissances sur cette chapelle, des fouilles archéologiques ont été réalisées au printemps 2015 dans le cadre du programme ODIT et avec le soutien du Service municipal d’Archéologie préventive (SMAP, Besançon).


Les recherches historiques et archéologiques (fouilles, prospections) indiquent que ce site a certainement été occupé pendant plus de six siècles. L’analyse des données LiDAR a révélé des aménagements sur environ un hectare autour de la chapelle formant un arc de cercle adossé à la crête et composé d’une succession de terrasses à l’intérieur desquelles des cloisonnements sont matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. Les fouilles menées en avril 2015 ont notamment permis de découvrir la dernière entrée de la chapelle sur son côté nord, implantée face au village de Tallenay. Cette entrée, qui était inconnue jusqu’à présent, figure bien sur un plan du début du XVIIIe siècle conservé aux Archives municipales de Besançon et représentant une vue (non géométrique) en élévation du paysage et de l’occupation du sol au nord du massif de Chailluz.


Un texte indique la destruction partielle de la chapelle en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres.

 

Mais qu'est-ce que le Lidar ? Il s'agit d'une nouvelle technique qui va révolutionner les recherches archéologiques notamment en milieu forestier. Les photos aériennes ou satellitaires ne donnent aucune information sur le relief du sous-bois. En revanche, la télédétection par laser aéroporté (light detection and ranging ou LiDAR) permet une cartographie détaillée et fait ressortir toutes les zones potentiellement intéressantes. C'est cette technique qui a été choisie par les archéologues francs-comtois.

 

En quelques mots, pour obtenir une scène LiDAR, un avion survole la zone à étudier en balayant le sol avec des faisceaux laser. Ceux-ci sont absorbés ou partiellement renvoyés par les différentes surfaces qu'ils rencontrent : feuilles, branches, pierres, sol, etc. Chaque point d'impact des faisceaux laser est localisé. On utilise ensuite des algorithmes mathématiques pour associer les points ainsi obtenus et reconstituer une image très précise du relief du sol que l'on appelle un modèle numérique de terrain. “Ces images ne signifient rien si on n'y associe pas des prospections systématiques de terrain” souligne Laure Nuninger, coresponsable du projet LiDAR pour l'étude des paysages passés et contemporains (LIEPPEC) de la MSHE. Elle explique : ”Le LiDAR ne distingue pas les anomalies d'ordre naturel, comme les terriers ou les tas de sable, des aménagements liés à l'homme, pas plus qu'il ne différencie une installation récente d'un site archéologique”.

 

Cette prospection dans les archives locales, sur le terrain et par LiDAR a fait l'objet de la thèse de Catherine Fruchart, une thèse de doctorat en archéologie, soutenue en novembre 2014 à l'université de Franche-Comté[1].

 

Situation topographique de la Chapelle Saint-Gengoul

 

Du point de vue topographique, la chapelle Saint-Gengoul est implantée en surplomb de Tallenay dans une position centrale dans la partie basse d'une sorte d'anse naturelle dont les contours sont dessinés par la crête de Chailluz.

Chapelle-St-Gengoul-implantation-Fruchart-450.jpg

 

Crête-de-Chailluz-chapelle-Saint-Gengoul-450.jpg

Implanté à environ 487 m d'altitude, l'édifice est légèrement en contrebas du point le plus haut de l'anse (489 m d'altitude), à quelques dizaines de mètres plus au sud-ouest. Cette zone d'altitude maximale est marquée par un très gros pierrier, aménagé juste au bord de la crête. Ce dernier, recoupé par le chemin de crête actuel, marque presque la limite ouest de la zone hémi-circulaire de terrasses : il est situé à quelques mètres à peine à l'intérieur de ce périmètre.

 

Chapelle-St-Gengoul-environnement-Fruchart-450.jpg

Images LiDAR (SIG et DAO C. Fruchart 2014 — MSE C.-N. Ledoux)

 

On connaissait déjà par des textes datant du XIIe siècle l'existence de cette chapelle. C'est la seule construction attestée pour la période médiévale sur l'ensemble du massif. Sa première mention date de 1049 (Courtieu, 1987, p. 3108) ;  la chapelle est alors une dépendance du chapitre métropolitain de Besançon. La découverte de sépultures attribuées à la période burgonde[2] dans ses alentours à l'occasion de travaux de voirie vers 1875 (Boiteux, 1930) peut être l'indice d'une occupation antérieure au second Moyen Âge. Une archive de 1547 (Archives municipales de Besançon, cote DD 93, p. 82-83) permet d'établir que la chapelle est encore utilisée par les habitants de Tallenay au début du XVIe siècle. L'extrait suivant en témoigne : « II y a un petit essart ancien autour de l'église pour le cimetière. Il y a vingt ans[3] [...] il rencontra une femme et des enfants montant à l'église. [..] Ils feraient mieux d'en construire une en bas. »

 

En 1722, les habitants de Tallenay présentent une requête à « Messieurs du Chapitre Métropolitain pour obtenir la permission de démolir leur ancienne église dédiée à St-Gengouph. » Elle leur est accordée, « à condition que lesdits habitants laissent subsister la muraille de ladite église dans tout leur pourtour à la hauteur de 3 pieds. » Ceci afin que la présence de ces murs en bordure de la forêt prouve la limite incontestable de la forêt de Chailluz pour l'avenir[4].

 

De sorte que l'emplacement de la chapelle est peu apparent. En suivant les indications topographiques ci-dessus, le promeneur le repérera grâce à un crucifix qu'un quidam a fixé sur le tronc du hêtre ayant poussé dans l'enceinte de l'édifice.

 

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Le crucifix sur le hêtre (cliché M. Hoeuillard)

 

Le patronage de Saint-Gengoul[7] , généralement associé à de petits établissements religieux médiévaux, n'est pas une rareté dans le nord-est de la France ; on le rencontre surtout en Lorraine, mais aussi en Alsace, en Bourgogne, en Champagne et en Franche-Comté. Les quelques monographies consacrées à ce saint (la plus ancienne date de la fin du Xe siècle, cf. Goullet, 2002) évoquent un aristocrate burgonde du VIIIe siècle qui aurait combattu aux côtés de Pépin le Bref et qui serait mort assassiné par l'amant de sa femme. Cet événement est certainement à l'origine du culte qui lui a été associé : il est le patron des maris trompés. On lui attribue aussi le don de faire surgir une source à l'endroit où il plante en terre son bâton de pèlerin, qui l'accompagne partout dans ses déplacements ; lorsque le saint quitte un lieu en emportant avec lui son bâton miraculeux, la source se tarit.

 

Apport des fouilles des années 1970

 

Du point de vue archéologique, l'on sait peu de choses sur la chapelle Saint-Gengoul. L'intérieur de l'édifice a été partiellement fouillé au début des années 1970 (zone en orange sur la figure a ci-dessous) ; il s'agit de la partie est du bâtiment Cette fouille n'a cependant fait l'objet à l'époque d'aucun rapport écrit, et seuls quelques plans et dessins de mobilier ont été transmis pour témoigner de cette opération ; ils sont actuellement conservés au SRA. Quelques informations nouvelles relatives à cette fouille ont néanmoins pu être collectées, grâce au cahier de notes original constitué au cours de la fouille, que le responsable de l'opération (Ch. Cousin) a conservé jusqu'à aujourd'hui et nous a communiqué pour la présente étude[8].

 

L'excavation a couvert une surface d'environ 15 m , une tranchée ouverte de mur à mur, à l'intérieur de la chapelle sur une largeur de 2 m. Le plan d'ensemble montre une construction subrectangulaire aux murs épais d'environ 80 cm ; la restitution de la presque totalité du mur nord, ainsi que celle d'une partie du mur ouest, sont hypothétiques : ces murs n'ont pas été observés en fouille (parties en gris sur la figure a ci-dessous). Les dimensions extérieures totales estimées du bâtiment sont : 13 m pour le mur nord, 9 m pour le mur est, 14 m pour le mur sud et 8,50 m pour le mur ouest. Le plan mentionne également remplacement de deux petites fouilles anciennes[9]; l'une est située dans la partie sud-ouest de l'édifice, large d'environ 1,50 m et longue de 7,50 m le long du mur sud et 3 m le long du mur ouest (zone en jaune sur la figure ci-dessous). L'autre, au sud-est de la chapelle, est une petite excavation large d'un mètre et longue de 3 m contre le mur est (zone en rouge sur la figure a ci-dessous).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

 

La fouille des années 1970 a permis de découvrir un autel[10]  en pierre accolé au mur est, au centre, et, à environ 50 cm au nord de cet autel, un petit bassin appelé "piscine eucharistique[11]" sur les plans originaux et dans le cahier de fouilles. Aucune description n'en est donnée- Cette entité a dû être déplacée au cours de la fouille ; la mention d'une monnaie trouvée sous le bassin en témoigne[12].

 

Une stratigraphie sommaire est esquissée dans le cahier de fouilles. Elle est reproduite, après mise au propre et mise en forme, sur la figure ci-dessus. Elle apporte les renseignements suivants :

 

L'unité stratigraphique supérieure (US 1) est une couche de remblai qui correspond sans doute à la phase d'abandon puis de démolition de l'édifïce. Cette couche épaisse d'un bon mètre contenait des fragments de matériaux architecturaux ("laves", fragments de tuiles plates et canal[13], fragments d'enduit peint avec des décors de couleur rouge et jaune sur fond blanc), du charbon de bois et du mobilier[14] (tessons, verre, vitrail, monnaies, cléments, clous). Le long des murs nord et est, une concentration particulièrement importante de fragments d'enduit peint (US 1b sur la figure b) traduit vraisemblablement l'effondrement in situ du décor appliqué sur la paroi intérieure du mur nord[15].

 

Sous la couche de remblai US 1, une couche de terre épaisse d'une dizaine de centimètres (US 2) recouvre le sol « en béton » de la chapelle, épais d'une dizaine de centimètres également (US 3). Ce sol est en connexion directe avec les murs de l'édifice[16].

 

Sous l'US 3, dans la partie sud de la fouille, sur toute la surface comprise entre le mur sud, le mur est et l'autel une couche de bois brûlé contient des morceaux de tuiles et quelques tessons (US 4). Cette fine couche, épaisse de 2 à 5 cm, qui signale probablement un incendie, est recoupée par l'autel, qui lui est donc postérieur et qui est aménagé directement sur le substrat rocheux en place (lapiaz). Dans la partie nord du sondage, entre le mur nord, le mur est et l'autel, l'US 3 repose directement sur la roche en place (lapiaz). Sous l'US 4, une fosse (US 5) mesurant, semble-t-il, 2 m sur 1,60 m et profonde d'au moins 30 cm occupe le coin sud-est de la chapelle. Cette fosse s'appuie sur les vestiges d'un ancien mur en "grosses pierres" situé sous le mur est de la chapelle encore en élévation. Elle contenait des ossements et quelques tessons ; il pourrait s'agir d'une fosse d'inhumation. La mention d'un "ancien mur" ainsi que la présence, sans doute, d'une couche d'incendie indiquent que cet édifice a subi au moins un remaniement substantiel au cours de son existence.

 

Une destruction partielle de la chapelle a été opérée en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres (voir cliché ci-dessous)

 

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Le mur restitué de la chapelle (cliché P. Salembier)

 

Des travaux de stabilisation des assises de murs ont été réalisés en août 2015. Les deux premiers rangs de moellons du sommet des murs ont été retirés puis remontés avec un mortier de ciment-chaux. Les sommets des murs ont enfin été bétonnés afin de les rendre étanches.

 

Cette restauration assure la préservation et la mise en valeur de ce site, localisé sur le sentier des crêtes de la forêt de Chailluz et unique vestige construit de l’occupation médiévale de cet espace forestier.

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Les murs restaurés de la chapelle angle nord

(cliché A. Guyard)

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Les murs restaurés de la chapelle côté sud

(cliché A. Guyard)

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Les murs restaurés de la chapelle côté nord-ouest

(cliché A. Guyard)

 

Apport des données LiDAR et des prospections récentes : découverte du village de Saint-Gengoul

 

Le relevé LiDAR a permis de mettre en évidence autour de la chapelle une zone aménagée hémi-circulaire longue d'environ 160 m et large au plus d'une soixantaine de mètres. Cette zone est appuyée contre la crête et forme une succession de terrasses en arc de cercle, à l'intérieur desquelles on observe des cloisonnements matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. La chapelle se situe sensiblement en position centrale, surplombant les deux étages de terrasses inférieurs.

 

L'abondance de mobilier médiéval[17] découvert dans cet espace hémi-circulaire (céramique, objets en fer divers, monnaies ; figure ci-dessous) indique certainement la présence passée d'habitats autour de l'établissement religieux. Sur la terrasse inférieure, une dépression circulaire profonde d'environ 2 m, se rétrécissant légèrement en entonnoir au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans le sol, mesure environ 4 m de diamètre en surface ; le fond est un éboulis de pierres informes, possible remblai rapporté ou bien résultat d'un remplissage naturel dû à l'érosion. Cette dépression pourrait être soit un point de soutirage naturel, soit les vestiges d'une ancienne citerne creusée à même le substrat rocheux.

 

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Mobilier médiéval découvert à proximité de la Chapelle Saint-Gengoul

Clichés et étude de mobilier D. Daval 2013

 

Ces ruines groupées autour des restes de la chapelle, des murs et des terrasses suggèrent l'existence d'un village entier formé de maisons en bois. Celui-ci aurait été occupé entre les VIIe et XIIIe siècle, comme en témoignent les céramiques retrouvées sur place. “Si ce village n'a jamais été repéré avant, c'est parce que pour le promeneur novice, rien ne distingue un mur construit il y a 1500 ans d'un simple tas de cailloux” explique Pierre Nouvel, chercheur au laboratoire Chrono-environnement et coresponsable du projet Anthropisation d’un milieu forestier : la forêt de Chailluz soutenu par la MSHE. C'est pourquoi les chercheurs travaillent en collaboration avec des archéologues bénévoles de l'ARESAC[18].

 

Les données Lidar ont permis d'expliquer la présence de nombreux tas de pierres provenant de l'épierrage de champs cultivés. La forêt ne s'est installée qu'après l'abandon du village et de ses cultures environnantes. La ressource en eau située au pied de la falaise dominant l'actuel village de Tallenay n'était pas très éloignée. On peut supposer que le village avait peut-être été protégé du côté sud par une palissade.

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Un des nombreux pierriers entourant le village Saint-Gengoul

(cliché A. Guyard)

 

Ce travail de longue haleine permettra d'affiner, en collaboration avec les chercheurs slovènes du laboratoire européen associé ModeLTER[19], les algorithmes qui sélectionnent les données pour produire de meilleurs modèles.

 

En Bourgogne, en Languedoc et en Slovénie, des chantiers similaires ont été ouverts par les membres de cette même équipe. ”La comparaison des résultats obtenus dans chaque région nous permettra d'affiner nos méthodes et d'observer l'évolution du peuplement et du paysage dans la très longue durée” explique Laure Nuninger.

 

Les données obtenues grâce au LiDAR intéressent d'autres chercheurs de l'Université de Franche-Comté (UFC), comme les géographes et les géologues qui sont également impliqués dans le projet LIEPPEC.

 

 À proximité de la chapelle Saint-Gengoul, le domaine royal était délimité par des bornes à fleurs de lys (Documentation : Grand Besançon n° 80 mars-avril 2017 p. 45)

 

Un texte de 1290 situe la limite topographique bien identifiable de la crête bordant le nord de la « Côte » de Chailluz[5]. Il indique que cette crête est la limite du territoire bisontin et de la forêt de Chailluz sur une longueur de 3,5 km au moins[6], jusqu'au « mostier de Talenay » qui correspond certainement à la zone de la chapelle Saint-Gengoul. C'est en 1720, sous Louis XV pour mettre fin aux querelles et procès entre Besançon et les communes riveraines de la forêt royale de Chailluz (Tallenay, Châtillon-le-Duc, École-Valentin), qu'ont été aménagés en limite parcellaire, un talus et des bornes royales. Sculptées de trois fleurs de lys en triangle, pesant 300 kg chacune, ces bornes ont été peu à peu retrouvées à la faveur de prospections archéologiques universitaires menées avec la MSHE (Maison des sciences de l'Homme et de l'Environnement). De telles bornes fleurdelysées (voir un exemplaire ci-dessous) furent posées à tous les angles de limites du domaine royal, implantées entièrement sur le terrain domanial, le parement extérieur formant limite de propriété, la fleur de lys tournée vers la propriété domaniale. Au total, sur environ 6,5 km, de Bonnay à École-Chatillon, une vingtaine de bornes a en effet été découverte, géolocalisée, mesurée et photographiée, faisant même l'objet d'un rapport scientifique déposé au service régional d'archéologie (auteurs Daniel Daval et Catherine Fruchart, 2014).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Borne fleurdelysée (cliché A. Guyard)

 

C'est sur sollicitation de la Ville de Besançon et de l'ONF que les chercheurs associés Daniel Daval et Catherine Fruchart, doctorante à la MSHE, ont réalisé l'inventaire des bornes royales en forêt de Chailluz, avec le concours de l'association ARESAC (Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois). Le président d'ARESAC, Daniel Saval précise « Si cette réimplantation a pu avoir lieu, c'est aussi grâce à l'enthousiasme du particulier actuel propriétaire de la parcelle. Passionné, il a suivi dès le début notre travail de recherche, l'opération "Où sont les bornes disparues?". Il a autorisé la remise en place des neuf bornes et nous a même apporté son soutien financier pour toute la partie matérielle du bornage. Merci à lui ! »

 

Désormais ces bornes figurent sur la carte archéologique nationale. «Curieusement, aucune borne ne délimitait une très grande parcelle de forêt privée située sur la commune de Tallenay. Selon les renseignements d'un ancien du village, il est apparu que des bornes fleurdelisées avaient été négligemment retirées par l'ancien propriétaire » mentionne Daniel Daval. Il faudra à l'association mener pas mal de recherches pour retrouver neuf de ces bornes disparues.

 

Bien que la forêt soit aujourd'hui divisée entre plusieurs propriétaires privés — redistribution post-révolutionnaire oblige —, l'ARESAC a été autorisée à repositionner les bornes à leur emplacement d'origine, au Bois de la Lave à Tallenay.  L'opération de remise en place des bornes s'est déroulée l'espace d'une journée de labeur, le 10 septembre 2016, avec l'aide d'un géomètre, de membres de l'association et d'une poignée de bénévoles.

 

CHAPELLE SAINT-GENGOUL — BORNAGE FLEURDELYSÉ : VERS LA CRÉATION D'UN SENTIER DE RANDO ?

 

Métrage rigoureux, transport mécanisé avec tracteur, pelleteuse, jeu d'échafaudage et de poulie, recollage de bornes cassées en deux, calage en pleine terre, et huile de coude bien sûr, ont rendu à ces vestiges de pierre, à défaut de leur pertinence administrative, leur absolue légitimité patrimoniale et paysagère. Aussi, l'ARESAC envisage-t-elle la création d'un chemin de randonnée thématique, de sorte que le grand public, amateurs de randonnées sylvestres ou simples promeneurs, puisse avoir le plaisir, au détour d'un sentier ou d'une clairière, de tomber sur ces fiers témoins du XVIIIe siècle.



[1] FRUCHART C. (2014). – Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l'Antiquité à nos jours. Thèse de doctorat Archéologie Université de Franche-Comté. 4 volumes. Texte : 647 p., annexes : 104 p., figures : 215 p., planches : 61 p.

[2] Une note parue dans le bulletin de 1875 des Mémoires de la société d'émulation du Doubs (p. Vin, Mémoires de la société d'émulation du Doubs, 4e série, vol. 10, 1875, paru en 1876) rapporte ceci : « De la part du colonel Balland, chef du génie de la place de Besançon, le secrétaire offre à la Société un coutelas et une boucle de ceinturon en fer, objets trouvés dans une sépulture de l'époque burgonde, située à l'intersection du chemin stratégique qui se construit à Chailluz et du vieux chemin descendant à Tallenay. Cette sépulture, encadrée par de petites dalles informes, n'était qu'à soixante centimètres au-dessous du sol. ». L'attribution à « l'époque burgonde » reste néanmoins à confirmer : aucune publication scientifique actuelle n'est venue valider (ou infirmer) la datation du mobilier qu'évoque cette note.

[3] Donc aux alentours de 1525.

[4] Ces informations sur la démolition de la chapelle Saint-Gengoul, établies à partir de recherches aux Archives municipales de Besançon, sont dues à J.-P.Josseron, agent ONF et correspondant pour l'ONF Franche-Comté sur les questions archéologiques et historiques.

[5] La limite du territoire de Besançon est formée par « totelicostedudit bois de Chaillous qui gieteea par devers Besençon ». Cette notion de limite coïncidant avec la direction dans laquelle découle l'eau se retrouve dansd'autres textes plus tardifs.

[6] Depuis le sommet de la côte dansl'alignement de Braillans jusqu'à la chapelle Saint-Gengoul.

[7] Il existe plusieurs variantes de ce patronyme d'origine germanique ; les plus fréquentes sont sans doute Gengoult,Gengoux et Gengulphe. L'orthographe de la chapelle de Tallenay a connu plusieurs variantes, essentiellement Gengoult,Gengout et Gengoul, graphie actuellement utilisée.

[8] Merci à Christophe Cousin de nous avoir communiqué ce document. Merci également à Sylvie Bépoix et Daniel Daval qui ont contacté M. Cousin et se sont chargés de la numérisation du cahier de fouilles.

[9] Fouille ancienne appelée « fouille boy scout » dans le cahier de fouilles.

[10] Aucune description spécifique n'est donnée. Si les dimensions indiquées sur le plan sont exactes, cet autel rectangulaire mesurait environ 2 m sur 1,50 m.

[11] Expression employée dans les notes de fouille et sur les croquis pour désigner ce bassin.

[12] La monnaie n'est ni datée, ni décrite ou dessinée.

[13] Les fragments de tuiles sont, semble-t-il, situés sous les laves, ce qui pourrait signaler que le toit de la chapelle était déjà effondré lors de la destruction définitive de l'édifice au début du XVIIIe siècle.

[14] Aucune description détaillée du mobilier n'est donnée dans le cahier de fouilles, et l'on ne dispose d'aucun élément de datation pour ces artefacts.

[15] La coupe stratigraphique ébauchée dans le cahier de fouilles indique ime autre sous unité stratigraphique US le au niveau du mur sud, au sujet de laquelle rien n'est dit ; cette US le correspond peut-être à la perturbation occasionnée par la fouille ancienne signalée sur le plan d'ensemble (zone en rouge sur la figure 134-a). Cette US le pourrait éventuellement aussi correspondre à une autre poche de concentration d'enduit peint le long du mur sud.

[16] Le cahier de fouille dit que « le sol en béton s'appuie sur les murs ».

[17] Le mobilier le plus abondant est datable des XIIIe et XIXe siècles.

[18] L'Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois (ARESAC) est reconnue par le service régional d'archéologie.

[19] Modelling of landscapes and territories over the long term (ModeLTER) est un laboratoire européen associé franco-slovène mis en place en 2007 par le CNRS et le Centre de la recherche scientifique de l'Académie slovène des sciences et des arts (ZRC SAZU), en partenariat avec les Universités de Franche-Comté et de Bourgogne. Il est placé sous la tutelle administrative de la MSHE. Ce laboratoire regroupe des spécialistes de l'archéologie spatiale, des géodésistes et des géographes. Certains de ses membres sont spécialisés dans l'élaboration des algorithmes qui permettent de produire des modèles numériques de terrain.