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17/09/2016

Liste hiérarchisée des espèces végétales invasives de Franche-Comté : rapport complet

Liste hiérarchisée des espèces végétales invasives de Franche-Comté

 

Le Conservatoire botanique national de Franche-Comté publie un rapport complet sur les espèces végétales invasives de Franche-Comté.

Dix ans après la première liste (2006), la méthodologie de classement des espèces et la terminologie employée pour la catégorisation ont été revues, dans un souci notamment de recherche de cohérence avec les autres listes établies sur le territoire national par chacun des conservatoires botaniques nationaux. En outre, le classement des espèces s’est essentiellement appuyé cette fois sur la consultation de la base de données Taxa, en raison de la progression significative du nombre et de la qualité des observations d’espèces exotiques depuis dix ans. Les actions pressenties pour chacune des catégories d’espèces exotiques identifiées sont proposées.

16/09/2016

Expo Kenya : regards croisés château de Miécourt

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08/09/2016

Cadeau électoral aux chasseurs

 Cadeau électoral aux chasseurs

 

En cette rentrée 2016, Pierre Athanaze, Administrateur de Ferus (première association nationale de protection et de conservation de l'ours, du loup et du lynx en France) nous a appris une bien mauvaise nouvelle pour nos amis les animaux sauvages. Les animaux sauvages sont les éternels laissés pour compte, ils ont besoin de notre soutien massif pour contrer les chasseurs de moins en moins nombreux mais de plus en plus gourmands en subventions.



En effet, Laurent Wauquiez, le tout nouveau numéro 1 des « Républicains » propose un magnifique cadeau électoral aux chasseurs avec l’argent du contribuable de la région Auvergne-Rhône-Alpes qu’il préside. En effet, il invite les conseillers régionaux de la seconde région de France à octroyer, sur trois ans, la colossale subvention de 2 955 210€ !



Pierre Athanaze ne mâche pas ses mots : « Lui qui a conspué les associations de protection de la nature pour les subventions qu’elles touchaient sous la présidence socialiste, il explose le plafond en offrant 3 millions d’euros au prétexte que : « Depuis les années 1980, le nombre de chasseurs de notre territoire ne cesse de décliner. Plusieurs raisons sont avancées : la raréfaction du petit gibier de plaine, l’augmentation des coûts pour exercer l’activité de chasse, les évolutions réglementaires de plus en plus contraignantes mais aussi les changements de modes de vie et d’occupation de l’espace entre populations rurales et urbaines. La chasse est majoritairement pratiquée en forêt et spécialisée sur les grands ongulés sauvages ».



Pour les chasseurs "L’animal est reconnu comme être sensible, mais seulement s’il appartient à quelqu’un !". Le lobby de la chasse a fait en sorte que la loi ne le gêne en rien et s’est assuré que toutes les tentatives visant à accorder légalement le caractère sensible à l’animal sauvage soient soigneusement écartés des débats à l’Assemblée Nationale.



En 5 saisons de chasse (de la saison 2011/2012 à 2015/2016), 704 accidents de chasse ont été officiellement recensés par l’ONCFS. Sur cette même période, une dizaine de non-chasseurs ont été abattus et près de 70 blessés ont été déplorés.



L’association de protection de l’environnement et des animaux AURA Environnement et le collectif de la Ligue de combat contre les cruautés envers les animaux demandent à tous les défenseurs des animaux sans défense et souvent en détresse, - quelque soit leur appartenance politique - de signer massivement cette pétition pour que la chasse en France ne soit plus subventionnée par les contribuables, qu’une manifestation de grande ampleur se tienne devant le siège de la Région Auvergne-Rhône-Ales, que les élu-es votant cette subvention scélérate soient tenu-es co-responsables de ce soutien financier à des assassins d’animaux innocents et ce, devant le tombeau de l’animal inconnu, restant, lui, à inaugurer au plus vite, en « grands pompes » !



Marc-Claude de PORTEBANE

- Porte-parole du collectif de la Ligue de combat contre les cruautés envers les animaux
- Président de l’association de protection de l’environnement et des animaux AURA Environnement




 

Tourbières Restaurées : visites guidées

Tourbières Restaurées : visites guidées

 

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, le Parc naturel régional du Haut-Jura organise,  des visites guidées des deux tourbières restaurées à Nanchez et Grande-Rivière (39) samedi 17 et dimanche 18 septembre 2016. Toutes les informations sont disponibles au lien suivant :

http://www.life-tourbieres-jura.fr/server/php/download19/...

 

Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est désormais en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html

 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

 

29/07/2016

Dégâts forestiers : le cerf blanchi

 

(Cliquez sur l'image pour zoomer)ER_160729_Foret-Cervidés-450.jpg

 

FNE Franche-Comté : un observatoire pour les carrières

FNE Franche-Comté : un observatoire pour les carrières

(Cliquez sur l'image pour zoomer)

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16/07/2016

Le déterrage du blaireau n'est pas assez encadré

Le déterrage du blaireau n'est pas assez encadré

 

par Frédéric DANIEL

 

blaireau,chasse,déterrage,frédéric daniel

La cruauté et l'inutilité du déterrage -ou vénerie sous terre- est dénoncée depuis de nombreuses années par différentes associations. La contestation grandissante a poussé le ministère de l' écologie à publier en 2014 un projet d'arrêté encadrant davantage la pratique du déterrage sur le blaireau.

En 2013, Roland Povinelli, alors sénateur, rappelait que la France est en infraction sur le sujet du blaireau. Dans sa réponse le Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie reconnaissait par ces mots que "des comportements peu acceptables ayant été constatés, il apparaît aujourd’hui indispensable de mettre en place un encadrement renforcé de la pratique de la vénerie sous terre."

La question écrite de M. Povinelli et la réponse du ministère de l'écologie :

https://www.senat.fr/questions/base/2013/qSEQ130707324.html

Le projet d'arrêté contenait de nouvelles dispositions intéressantes mais très insuffisantes, la seule solution pour mettre fin à ces "comportements peu acceptables" étant l'interdiction pure et simple de cette pratique barbare et la mise en protection stricte du blaireau.

Voici le projet d'arrêté qui avait été publié:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable....

Ce projet d'arrêté présentait tout de même des points intéressants tels que :


-L’interdiction des concours et compétitions de vénerie sous terre
-L’arrêt de l’opération en cas de présence d’une espèce protégée dans le terrier concerné
-L’ encadrement de la mise à mort de l’animal (utilisation d'une dague et non d'un outil de terrassement ou des chiens pour faire cela)
-La remise en état obligatoire des terriers dans les 24 heures suivant la chasse.
Ce projet d'arrêté a été mis en consultation. Parmi les commentaires, la majorité sont favorables à ce projet d'arrêté, tous pertinents.
D'autres commentaires, défavorables à toute modification, méritent également d'être soulignés non pas par leur justesse mais par la pauvreté d'esprit qui en ressort, en particulier le plus long commentaire en Page 6.
La synthèse de cette consultation:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable....

L'arrêté modifiant l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie a été publié au Journal Officiel le 17 février 2014:

https://lc.cx/4FNy

L'article qui nous intéresse est l' Article 2, il interdit désormais les championnats et les compétitions de vénerie sous terre, c'est une très bonne nouvelle. Les autres dispositions citées plus haut deviennent elles aussi officielles.

Cette modification d'arrêté est une réelle avancée au niveau de la loi, mais elle est totalement insuffisante. De plus, ces nouvelles dispositions restent purement théoriques. En effet, les déterreurs restent en petit comité lors de cette chasse, encadrés par un maitre d'équipage qui est lui aussi déterreur, on peut dès lors douter du respect de l'application de ces nouvelles règles...

Par le biais de cette mise à jour, je tiens également à rappeler l'importance de donner son avis lors des consultations publiques. Pour faciliter la participation des citoyens à ces consultations, un nouvel outil existe désormais, c'est un site collaboratif proposé par l'association AVES France (le lien en bas de cette page)
Nous devons être de plus en plus nombreux à répondre à ces consultations, car sans cela, la voie est laissée libre aux chasseurs et aux lobbies agricoles.
Ce site recherche des contributeurs et/ou des bénévoles pour rejoindre l'équipe. N'hésitez pas à participer.

Le lien de ce site ce collaboratif, Consultations Publiques:
http://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/

La mobilisation des particuliers et des associations est primordiale, ensemble nous finirons par obtenir la protection du blaireau.

Quelques associations qui demandent la protection du blaireau :


-AVES France: https://lc.cx/4Fxs
-L'ASPAS: https://lc.cx/4FYL
-France Nature Environnement: https://lc.cx/4FYK
-L'association Meles: https://lc.cx/4FYD
et beaucoup d'autres...


Faites connaitre ma pétition:
http://change.org/ProtectionBlaireau

 

15/07/2016

La Loue en avril 2011

Loue-MouthierHtePierre-colmatage_avril2011_logo.jpgAvril 2011-avril 2016 : Situation de la Loue et d'autres rivières franc-comtoises

 

(Dernière mise à jour : 15/07/2016)

à trouver en pied d'article le rapport pour la création du « territoire d’excellence de la Loue et des rivières comtoises »

 

 04/04/2016 : grave pollution dans le Territoire de Belfort.

 

Il s'agit en fait d'une pollution récurrente du canal du Martinet à Belfort, pollution due à des bidons de produits toxiques abandonnés dans une friche industrielle et lessivés par les eaux de pluie. Le canal du Martinet se jette dans la Savoureuse.

Voir une première alerte de France 3 Franche-Comté.

Voir le reportage de France 3 Franche-Comté.

 

Où en est la Loue ?

 

Voici un tout premier extrait du documentaire « Doubs Loue, histoires croisées » qui promet d’être passionnant. Ce film de 52 minutes sera diffusé sur France 3 Franche-Comté et France 3 Bourgogne le samedi 9 février 2013 à 15h20. Attention, cet extrait est encore une version de travail; le commentaire de Jean-Philippe Macchioni n’est pas encore enregistré. Le réalisateur a choisi de raconter les histoires à la fois liées et distinctes du Doubs et de la Loue. Après avoir rappelé la spécificité karstique des sols et raconté le lien qui unit le Doubs et la Loue avec la fameuse découverte de 1901 grâce à l’incendie de l’usine d’absinthe, Jean-Philippe Macchioni rentre dans le vif du sujet avec des images de truites malades…

 

Quelques extraits du compte rendu d'une réunion de la Mission Interservices de l'eau (MISE)

 "Point Loue et rivières comtoises

Le Préfet du Doubs a réuni mercredi 20 avril 2011 la Mission Interservices de l'eau, élargie à l'ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de l'eau, pour un nouveau point sur la Loue, où il a été aussi question du Doubs Franco-Suisse et plus largement des rivières comtoises.

La réunion a d'abord permis de faire un point de situation des cours d'eau.

Cette année, la situation météorologique (persistance d'un temps chaud et sec très précoce), et les faibles débits sont préoccupants pour l'ensemble des rivières ; mais c'est le Doubs, dans sa portion franco-suisse, puis jusqu'à Montbéliard, qui connaît des mortalités de poissons fortes : il n'a pas été noté la présence de cyanobactéries - dont le développement important avait été corrélé l'an dernier aux mortalités de poissons - mais celle d'une maladie causée par un champignon, la saprolégniose, que l'on rencontre en général sur les poissons d'élevage."

[…]

"Le groupe d'experts local mis en place à la demande du Préfet et piloté par l'Agence de l'Eau suite aux mortalités de poissons de l'an dernier a présenté le dispositif de suivi renforcé mis en place ce printemps sur la Loue, le Doubs et l'Ain, rivières affectées par ces phénomènes, mais aussi sur deux autres rivières non affectées, le Cusancin et le Dessoubre. Ce dispositif permet de mieux décrire les phénomènes rencontrés - par exemple les développements d'algues - et d'alerter sur d'éventuelles détériorations de la qualité de l'eau."

[…]

"Au cours de la réunion, les scientifiques présents ont indiqué que la qualité des eaux de la Loue, qui reste satisfaisante au regard des critères européens, ne permet pas d'identifier un facteur déterminant des dysfonctionnements constatés : les causes des mortalités piscicoles apparaissent multifonctionnelles." […]

 

Au vu des quelques clichés pris sur le pont de Mouthier-Hautepierre, on peut s'interroger sur la santé de la Loue en constatant le degré de colmatage des fonds : l'ensemble du domaine benthique est occupé par des algues filamenteuses qui asphyxient même les bryophytes ! Les conclusions de la MISE paraissent très optimistes !

 

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La Loue à Mouthier-Hautepierre (avril 2011)

Les fonds sont colmatés par les algues

 

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La Loue à Mouthier-Hautepierre (avril 2011)

Quelques rares truitelles sont présentes (ellipses rouges)

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La Loue à Mouthier-Hautepierre (avril 2011)

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La Loue à Mouthier-Hautepierre (avril 2011)

Les bryophytes sont eux-mêmes étouffés par les algues

 

 Vous pouvez également visionner des vidéos très fouillées au sujet des problèmes du Doubs à l'adresse ci-dessous :
Le lien: http://www.pronatura-ju.ch  et choisir le fichier Doubs.

 

Les pollutions agricoles et domestiques sont mises en cause pour expliquer l'état lamentable de nos rivières. Or un petit tour de passe-passe a été commis pendant les vacances de Noël 2011 par le Ministère de l'Agriculture !


À peine croyable : c'est en pleine période de fêtes de Noël et du Nouvel An que le ministre de l'agriculture a choisi de "consulter le public" sur un projet de modification de la réglementation relative aux zones d'excédent structurel de lisier ! Chacun le sait, en cette période de fêtes, les citoyens surveillent assidument les projets de textes mis en ligne sur le site internet du ministère de l'agriculture...

 

Une pétition à signer :

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/elevages-deregle...

 

Ajout du 9 mars 2012 (source : macommune.com)

 

D'après les conclusions d'un groupe d'experts et malgré les mortalités de la faune pisciaire dans la rivière, la Loue serait en bonne santé comparativement à d’autres cours d’eau français.

 

À la demande du Préfet du Doubs, un groupe de onze experts a rendu ce mercredi une étude sur le fonctionnement de la Loue et de son bassin versant. Selon ce rapport, l’hypothèse initiale d’un lien direct entre les épisodes de mortalité piscicole connus en 2010-2011 et la présence de cyanobactéries toxiques dans la rivière n’a pas été retenue.

 

Selon le rapport, ces deux faits sont révélateurs d’un «état général relativement dégradé de la Loue qui date d’au moins trente ans» et dont les causes sont multiples. La Loue est une rivière vulnérable aux pollutions en raison de ses caractéristiques géologiques. Les aménagements faits d’année en année ont également un impact sur la qualité physico-chimique et biologique de la rivière.

 

Les experts, placé sour la responsabilité de l'ONEMA (Office national de l'eau et des millieux aquatiques), ont adressé des recommandations au comité des Sages constitué en décembre 2011 par le Préfet :

 

  • Maîtriser les flux de nutriments dans la rivière (phosphore et azote) pour limiter, par exemple, la prolifération de cyanobactéries,

  • Redonner de la liberté à la rivière retirant certains barrages qui ralentissent l’écoulement du cours d’eau,

  • Encadrer et contrôler la politique de repeuplement de la Loue,

  • Minimiser le risque environnemental lié à toutes les activité humaines polluantes (agricole, sylvicole, urbaine ou industrielle.

L’objectif pour le comité des Sages et les services de l’État est d’aboutir désormais à un plan d’actions partagé.

 

Si la situation de la Loue est préoccupante, les experts relativisent : les eaux de la Loue restent de bonne qualité comparativement à d’autres cours d’eau français.

 

Résumé du rapport des experts :

 

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ÉTONNANT : la pratique du "no kill" est mise en cause dans ce rapport !

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Ajout du 17 janvier 2013 : les recommandations du Conseil scientifique de Comité de Bassin Rhône-Méditerranée

 

Alarmé par la piètre qualité des eaux de la Loue, le conseil scientifique du comité de bassin Rhône-Méditerranée, présidé par Daniel Gerdeaux, hydrobiologiste (INRA Thonon les Bains) appelle à relancer une opération de lutte contre l'eutrophisation.

 

Pour le conseil scientifique, cette eutrophisation persistante doit trouver un remède. Il s'agit d'un impératif tant écologique qu'économique. Le colmatage du fond du cours d'eau par les algues entraîne une surconsommation nocturne de l'oxygène aux dépens de la faune aquatique benthique et vagile. On sait que ce développement algal est nourri par les excès de phosphore et d'azote venus des élevages et des eaux usées domestiques. En outre, les interruptions dans le couvert de la forêt rivulaires, les barrages ralentissant l'eau et le changement climatique aggravent considérablement les conséquences de l'eutrophisation en réchauffant et éclairant les eaux. Ce constat alarmant a amené le comité de bassin à relancer une campagne de reconquête de la qualité de l'eau de la Loue.

 

Pour le conseil scientifique, il s'agit prioritairement :

 

  • de lutter contre l'eutrophisation en ciblant l'assainissement des eaux usées et les épandages agricoles pour faire baisser les apports de phosphore et de nitrates à la rivière.

  • de réinstaller un couvert forestier dense sur les berges de la Loue et de supprimer des seuils en travers du cours d'eau pour réduire sa sensibilité aux effets du changement climatique.

  • de faire un nouveau bilan, plus exhaustif, des apports en polluants par catégorie d'activité, pour apprécier la nécessité d'éventuelles mesures complémentaires.

 

La commission locale de l'eau Haut-Doubs et Haute-Loue, qui est déjà à l'origine d'un schéma d'aménagement et de gestion des eaux usées, est appelée à prendre en main cette opération.

 

Qu’attendre de la Conférence départementale Loue et rivières comtoises? (juillet 2013)


C’était une promesse des Assises de la Loue. En octobre dernier, préfecture et conseil général du Doubs organisaient une journée d’informations et d’échanges autour des problèmes de la Loue.« Le temps presse, on change de rythme et de méthode » affirmait Claude Jeannerot, le président du conseil général du Doubs. « Nous devons faire plus, nous devons faire mieux » renchérissait le préfet Christian Decharrière.  Pour y parvenir, le principe d’une Conférence départementale était créée avec comme objectif la tenue de deux réunions par an et la participation d’un conseil scientifique.


Cette première conférence est prévue ce vendredi 5 juillet à Quingey. Contrairement aux Assises, elle se tiendra à huis clos et ne durera que deux heures et demie. Les suivis de qualité de l’eau, le point sur les mesures du SDAGE, les actions menées sur la Haute-Loue et Haut-Doubs, l’évolution de la gouvernance sont au programme de cet après-midi.

 

Une certitude, c’est Jean-François Humbert, président du Groupe national d’experts qui s’était penché sur les problèmes de la Loue qui sera à la tête du Comité scientifique Loue et rivières comtoises. Ce chercheur à l’Ecole normale supérieure avait présidé le « Rapport d’expertise sur les mortalités de poissons et les efflorescences de cyanobactéries de la Loue ».


Des scientifiques  du laboratoire de Chrono-Environnement de l’université de Franche-Comté font également partie de ce Comité scientifique. Ce Comité s’est déjà réuni pour hiérarchiser tous les éléments en leur possession et « prendre le problème par le bon bout ».


La fédération de pêche du Doubs aurait aimé faire partie de ce comité scientifique car elle a cofinancé et réalisé des études pour analyser les maladies de la Loue. Elle craint que le comité scientifique prennent en compte les protocoles admis par la Directive cadre eau alors qu’ils ne sont pas forcément adaptés à la situation de la Loue.

 

Et sur le terrain, où en est-on ?

 

Des mortalités de poissons sont encore parfois constatées, la santé de la Loue ne s’améliore pas. Depuis un an maintenant, une chargée d’étude de l’université de Franche-Comté travaille à plein temps sur la Loue. Elle réalise régulièrement des mesures de la source à la moyenne Loue. Et, une pêche électrique doit de nouveau avoir lieu sur la Loue entre le 22 et le 26 juillet.


Le syndicat mixte de la Loue, lui, contrôle chaque semaine la température de l’eau dans la Loue et le Lison. 17 sondes sont installées dans les rivières.

 

Voilà pour l’observation. Côté action, des études de faisabilité ont commencé pour écrêter deux barrages sur la Loue (à Rennes sur Loue et Ornans) et améliorer ainsi la continuité écologique des cours d’eau. Une préconisation qui avait été faite lors des Assises de la Loue.


Autre réalisation, la création du syndicat mixte des milieux aquatiques du Haut-Doubs, première étape de la création d’un syndicat qui engloberait l’ensemble du bassin versant. L’implication du Jura dans ces structures semble plus délicate.

 

Suivre les efforts de réhabilitation de la Loue sur le site du contrat de rivière Loue.

 

Ajout du 30 octobre 2013 : les nitrates contaminent les sols pendant 80 ans !

 

Une équipe franco-canadienne a montré que l'azote des engrais artificiels persiste beaucoup plus longtemps qu'on ne le pensait dans le sol. Non seulement, les nitrates qui dérivent de ces fertilisants contaminent les eaux, mais ils dégradent l'environnement et la santé. Dans quelle proportion sont-ils réellement absorbés par les cultures ? Quelle quantité reste dans les sols ou passe dans les eaux ? Et en combien de temps ?

 

Dans un article paru dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des Sciences (PNAS) datés du 21 au 25 octobre 2013, Mathieu Sebilo (université Pierre-et-Marie-Curie, Paris VI) rend compte d'une étude menée sur plusieurs décennies  sur le parcours d'un engrais marqué à l'azote 15, plus lourd que l'azote habituel, dispersé en 1982 à travers deux lysimètres dans la région de Châlons-en-Champagne. Ces parcelles de terre équipées de systèmes de prélèvements permettent en effet un suivi précis des cultures.

 

Résultat : en trente ans, les plantes ont absorbé de 61 à 65 % de l'azote de l'engrais. Mais entre 12 et 15 % demeurent encore piégés dans la matière organique du sol. Chaque année, une petite partie, transformée en nitrates, passe dans l'eau. Ainsi, en trois décennies, de 8 à 12 % de l'engrais marqué utilisé en 1982 se sont retrouvés dans l'eau. Et cela va continuer pendant au moins cinquante ans ! Il est démontré que l’azote provenant des engrais excède les besoins naturels liés à la croissance démographique et à l’agriculture et que pour espérer limiter la pollution par les nitrates, il faut donc tenir compte non seulement des pratiques actuelles, mais aussi de celles du passé. Les problèmes de pollution des rivières comtoises par les intrants agricoles ne seront donc pas réglés en trois coups de cuillère à pot !

 

4e Conférence de la Loue et des rivières comtoises : vers la création d’un label d’excellence environnementale

Étiquettes : gestion de l'eau, La Loue

 

Ajout du 15 juillet 2016 Extrait de la lettre du député du Doubs Éric Alauzet

Éric Alauzet était présent mardi 28 juin pour la 4e Conférence de la Loue et des rivières comtoises. Ces conférences regroupent des élus, des techniciens de l’État et du département, des représentants des associations de défenses des rivières, des représentants de toutes les activités humaines sur le territoire : l’agriculture, l’industrie, la filière bois…

L’objectif est de partager les informations, les résultats scientifiques, les mesures envisagées ou prises. Ces informations sont techniques mais également politiques. Aussi, Éric Vindimian, expert mandaté par le ministère de l’environnement, a rédigé un diagnostic des causes des perturbations de la Loue et des rivières comtoises. Lors de cette Conférence, il a présenté et rendu son rapport qui comporte 22 recommandations détaillées pour faire de la Franche-Comté et ses rivières karstiques (plateau calcaire) un « territoire d’excellence ». Ce rapport sera soumis aux acteurs du territoire et sa version définitive reprendra leurs observations.

Le rapport Vindimian est soumis à la consultation des membres de la conférence départementale de l’eau jusqu’au 15 septembre 2016. Toutes les remarques et contributions doivent parvenir directement à Eric Vindimian par mail (eric.vindimian@developpement-durable.gouv.fr) avant cette date.

L’attribution du Label d’excellence environnemental serait un aboutissement et une concrétisation de ces 22 actions et pourrait inciter le grand public à agir pour la qualité des eaux des rivières de leur région.

Les services de l’État ont également défini de nouvelles normes pour les rejets de l’assainissement collectif. Trois zones ont été créées avec une réglementation adaptée en fonction de la situation des stations d’épuration. Reprenant le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE), il s’agit de limiter l’usage des pesticides, de restaurer la continuité écologique afin de respecter la norme européenne de bon état des cours d’eau.

Vous retrouverez ci-dessous trois articles reprenant l’ensemble des informations fournies lors de cette Conférence ainsi qu’un récapitulatif de ce qui s’est passé depuis la 1re Conférence qui a eu lieu en juillet 2013 :

Préfecture du Doubs avec l’ensemble des documents :

http://www.doubs.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement/Eau/Conference-Loue-et-rivieres-comtoises/Conference-Loue-et-rivieres-comtoises-du-28-juin-2016

France 3 Franche-Comté :

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/vallee-de-la-loue/2016/06/28/vers-la-creation-dun-label-dexcellence-gouvernementale-pour-proteger-la-loue-et-les-autres-rivieres-comtoises.html

http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/vallee-de-la-loue/2016/06/27/que-sest-il-passe-depuis-la-derniere-conference-loue-et-rivieres-comtoises.html

 

Dernière mise à jour du 17 janvier 2017

Rapport pour la création du « territoire d’excellence de la Loue et des rivières comtoises »

07/07/2016

Les Tiques et la maladie de Lyme

Ixodes scapularis (T du chevreuil)-1.jpgLes Tiques et la maladie de Lyme

 

par André Guyard

(dernière mise à jour : 28 décembre 2016)

 

 

 

Au cours de balades ou de randonnées, il n'est pas rare de récolter sur sa peau une tique. Or cet acarien peut être vecteur de maladies, notamment de la maladie de Lyme qui est une affection loin d'être bénigne. Il convient donc de bien réagir à la piqûre ou morsure d'une tique. (Voir également l'affichette émise par le CHUR de Besançon pour mettre en garde forestiers et promeneurs contre les tiques). Outre les animaux sauvages, chiens et chats ramassent fréquemment ce genre de bestioles. Voir également le reportage de France 3 Alsace à ce sujet.

 

Ixodes ricinus-1.jpg
Pas très grosses les tiques qui nous envahissent

 

Les tiques

 

Les tiques sont les plus grands représentants de l'ordre des acariens : certaines peuvent dépasser un centimètre de long. Ce sont des acariens ectoparasites. Elles passent une partie de leur cycle ancrées sur la peau de mammifères, d'oiseaux ou de reptiles, se nourrissant de leur sang grâce à un rostre. Au cours de leur cycle de vie, qui comporte plusieurs stades larvaires, les tiques changent plusieurs fois d'hôte.

 

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Une tique vue au microscope électronique à balayage

Cliché EYE OF SCIENCE/SPL/COSMOS

 

Le problème de santé humaine avec les tiques, c'est que leur salive peut contenir des bactéries responsables de pathologies comme la maladie de Lyme. D'où l'intérêt de bien connaître l'anatomie de l'appareil buccal qui permet une fixation solide dans la peau de l'hôte.

 

Description de l'appareil buccal due à la plume alerte de Jean-Yves Cretin.

 

Les pièces buccales forment un organe d'ancrage, le rostre (ou capitulum), qui se plante dans la peau de l'hôte et par lequel le sang est aspiré.

 

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Aspect de l'appareil buccal

(schéma J.-Y. Cretin modifié de P.-P. Grassé)

 

- De part et d'autre, les palpes en brun clair, avec les articles portant des sensiles thermo- et chémorécepteurs à leur extrémité. Ils servent à détecter l'emplacement idéal de la morsure, mais ne pénètrent pas dans la peau de l'hôte.

- Portées par un prolongement dorsal de la tête, les chélicères (en rouge), des pièces qui sont spéciales aux Arachnides = Chélicérates (limules, scorpions, opilions, araignées, acariens...) : elles sont mobiles et déchirent l'épiderme en permettant la pénétration du rostre.

- Face ventrale, prolongeant l'orifice buccal, l'hypostome (en vert) percé d'un canal où passent la salive dans un sens et le sang dans l'autre ; il est garni de forts crochets tournés vers l'arrière qui permettent l'ancrage de l'animal dans l'épiderme et le derme de l'hôte, qu'il faut atteindre car c'est là que se trouvent les vaisseaux sanguins !

Le rostre est donc constitué de l'hypostome et du prolongement dorsal de la tête qui porte les chélicères. C'est lui qui reste dans la plaie quand l'extraction n'est pas optimale.

La salive contient des molécules anesthésiantes locales (on ne sent pas la morsure), des anticoagulants qui fluidifient le sang, des protéines qui lysent les tissus, et s'il n'y avaient les parasites en prime, les tiques seraient des "prédateurs" sans importance...

 

Différents types de tiques

 

Les tiques sont classées en deux familles principales caractérisées par des génomes, morphologies et mode de vie différents.

 

Les argasidés ou tiques molles

 

Ce sont les plus grosses tiques. Leur rostre situé sur le ventre est invisible en vue dorsale. Elles vivent généralement près de leur hôte dans les crevasses, terriers, nids ou habitations et viennent se nourrir plusieurs fois sur leur hôte lorsque celui-ci est immobile. Elles peuvent jeûner jusqu'à cinq ans. En Europe, elles sont surtout présentes dans le pourtour méditerranéen.

 

Ornithodoros_amblus,_femelle_faces dorsal-ventrale_NTC649_1.jpg
Ornithodoros amblus femelle, faces dorsale et ventrale. Le rostre n'est pas visible, face dorsale
Microscope électronique à balayage © National Tick Collection, 2004
 

Les ixodidés ou tiques dures

 

De petite taille, le rostre est proéminent et visible en vue dorsale. Elles vivent dans les bois et dans la végétation épaisse où elles grimpent sur les plantes basses d'où elles peuvent atteindre les animaux frôlant ces herbes. Dans les lieux infestés, on peut en trouver jusqu'à 5 ou 6 sur une seule feuille d'ortie. Elles se détachent de leur hôte gorgées de sang, après un repas qui peut durer plus d'une semaine.

 

Ixodes ricinus adultes-1.jpg
Ixodes ricinus. Femelle à gauche et mâle à droite

 

3_Ixodes_face_ventrale-1.jpg
A, vue ventrale d'un adulte d'Ixode.
B, détail montrant la plaque spiraculaire (SP)
et la gouttière anale en U inversé (AG)
(Document Washington State Public Health Laboratories)

 
5_Ixodes_tête_dorsale-1.jpg
Vue dorsale d'un adulte (A) et et ventrale d'une nymphe (B)
de la région antérieure d'Ixodes sp.
HY : hypostome, A : palpes, BA : base capitulaire
(Document Washington State Public Health Laboratories)

 

La tique la plus commune en Europe, Ixodes ricinus appartient à cette famille.

 

1_I_scapularis_Dr_James_Ochi-1.jpg
Larve (A), nymphe (B), mâle adulte (C), femelle adulte (D)
et femelle adulte engorgée avec œufs (E) of I. scapularis
(Document Dr. James Ochi)
 
Ixodes_ricinus_0-11.jpg
Accouplement d'Ixodes ricinus.
Le mâle est beaucoup plus petit que la femelle
 
 
2_I_scapularis_Dolan1-1.jpg
Femelle adulte, mâle adulte, nymphe
et larve de I. scapularis
(Document Dr. Marc Dolan)

 

Cycle de l'Ixode-1.jpg
Cycle d'une tique

 

En Amérique du Nord, la souris à pattes blanches P. leucopus, est l'hôte principal d'Ixodes scapularis (tiques à pattes noires) aux stades larvaire et nymphal, vectrice de la maladie de Lyme. Les adultes sont également communs chez le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), au printemps et à l'automne principalement, mais cette tique a été trouvée chez plus de 50 autres espèces de mammifères et chez plus de 55 espèces d'oiseaux.

 

Maladies transmises par les tiques

 

Les tiques sont des agents véhiculant certaines maladies humaines dont :

 

  • Rickettsioses,
  • Borrélioses (fièvres récurrentes à tiques, maladie de Lyme),
  • Arboviroses (fièvre de Crimée-Congo, fièvre de la vallée du Rift, fièvre de Kyasanur, fièvre d'Omsk).

 

Deuxième vecteur de maladies au monde après le moustique, la tique n'effectue au cours de sa vie que trois "repas" sanguins en moyenne. Autant d'occasions de transmettre, par l'intermédiaire de sa salive, plusieurs dizaines d'agents pathogènes pour l'animal et l'homme. Chez ce dernier, plusieurs bactéries du genre Borrelia responsables de la maladie de Lyme ont été décrites : Borrelia burgdorferi senso lato ; B. garirdi; B. afzelii... S'y ajoute Borrelia miyamotoi, récemment mise en évidence en France, responsable en Asie d'une maladie apparentée, une fièvre dite récurrente. Mais les tiques peuvent transmettre d'autres bactéries comme les Rickettsia ou Anaplasnia, responsables de maladies émergentes (rickettsioses et anaplasmoses), des parasites Babesia et Theileria, provoquant des troubles proches de la maladie de Lyme, et même des virus.

 

En 2014, une équipe de l'Inra met l'accent sur un aspect méconnu de l'acarien, l'identification des autres bactéries pathogènes dont il peut être porteur et leur éventuelle action sur les maladies transmises (voir note publiée dans PLOS Neglected Tropical Disease). Les chercheurs du laboratoire Inra de Maisons-Alfort, aidés par leurs collègues d'autres stations, ont étudié des tiques présentes dans les Ardennes françaises. Près de 267 spécimens femelles d'Ixodes ricinus ont été collectés entre mai et août 2012 sur 80 km dans 6 zones forestières et 3 de bocages avec beaucoup de haies. Le genre Ixodes est le plus répandu (670 espèces connues) et Ixodes ricinus est la tique la plus commune en Europe. On sait qu'elle peut transmettre, lors de son repas de sang humain, des bactéries, des virus ou d'autres parasites. Mais quelles bactéries ?

 

Les scientifiques ont donc testé les acariens pour 37 pathogènes (bactéries et parasites), pour le virus de l'encéphalite à tique TBV et pour 4 espèces de bactéries symbiotiques de la tique (qui vivent en symbiose avec elle). Près de 45 % des spécimens analysés étaient porteurs d'au moins un des pathogènes recherchés. Parmi ceux ceux-ci, 45 % (54 tiques) étaient porteurs d'au moins deux pathogènes ou plus. En prenant en compte les bactéries symbiotiques, certaines tiques étaient porteuses de 8 micro-organismes différents. Résultat, la co-infection de la tique, c'est-à-dire la présence d'au moins deux pathogènes, est plutôt la règle que l'exception. D'où, sans doute, les réactions différentes des personnes infectées.

 

«Ce phénomène de co-infection massive a d'importantes implications pour la santé humaine et animale, souligne le Dr Vayssier-Taussat, responsable de l'étude. Cela révèle la nécessité de tenir compte de ces interactions microbiennes dans le développement de nouvelles stratégies alternatives pour contrôler les tiques et les maladies qu'elles véhiculent.»

 

En ce qui concerne les virus, certains de ces derniers sont connus, comme le Flavirus, responsable d'une encéphalite, mais d'autres, encore inconnus, peuvent se révéler mortels... Ce fut notamment le cas en 2014 avec l'identification du « Bourbon virus », un Thogotovirus, baptisé d'après le nom du comté du Kansas (États-Unis) où vivait l'unique victime connue à ce jour, un homme de 50 ans décédé, en moins de deux semaines, à la suite de morsures de tique.

La maladie de Lyme

 

La borréliose de Lyme, ou maladie de Lyme, est une maladie infectieuse, non contagieuse, due à une bactérie, Borrelia burgdorferi, transmise par des tiques du genre Ixodes. Certaines formes de la maladie avaient été décrites de longue date en Europe. C'est notamment le cas de formes cutanées comme l'acrodermatite chronique atrophiante, décrite dès la fin du XIXe siècle, l'érythème migrant, le lymphocytome cutané bénin, décrits au début du XXe siècle, ou encore de formes neurologiques. Cependant, ce n'est qu'avec l'apparition, au milieu des années 1970, de 51 cas d'arthrite inflammatoire dans le Comté de Lyme (Connecticut, États-Unis) que de vastes études épidémiologiques sont entreprises et aboutissent, en 1981, à la découverte, par Willy Burgdorfer, de l'agent causal et de son vecteur.

 

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Borrelia burgdorferi est l'une des bactéries du genre Borrelia

responsable de la maladie

 

La maladie de Lyme sévissait avant l'Homme : des bactéries similaires à celles qui provoquent la maladie de Lyme ont été retrouvées en République dominicaine au sein de tiques fossilisées dans de l'ambre il y a 15 millions d'années, 12 millions d'années environ avant l'apparition du genre Homo. (Source : George Poinar, Université d'État de l'Orégon, Corvallis).

 

Épidémiologie

 

La maladie de Lyme est une zoonose transmise par les tiques du genre Ixodes. Ces tiques sont caractérisées par la grande variété d’hôtes qu’elles parasitent, des petits mammifères aux plus gros (cervidés, suidés), ainsi que les oiseaux et les reptiles, lesquels constituent des réservoirs plus ou moins importants de la bactérie.

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C’est une maladie très largement répandue dans les régions tempérées et froides de l’hémisphère nord, de la Chine à l’Amérique du Nord et de la Scandinavie à l’Afrique du Nord. Actuellement, elle est la première maladie vectorielle dans l’hémisphère nord, avec 15 000 cas annuels en moyenne aux États-Unis, plus de 50 000 en Europe, où il semble exister un gradient positif d’Ouest en Est.

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En France, l’incidence présente des variations considérables d’une région à l’autre et on estime à 10 000 environ le nombre de nouveaux cas par an. L’Est et le Centre du pays sont les plus touchés, avec une incidence pouvant atteindre plus de 200 cas/100 000 habitants en Alsace. Des études menées en milieu naturel montrent que les tiques infectées sont très largement répandues sur l’ensemble du territoire français, à l’exception d’une petite bande de territoire en zone méditerranéenne et des régions situées à une altitude élevée.

 

Tiques et maladie de Lyme, une coévolution

 

Les travaux de thèse de Coralie Hermann, une doctorante de l'université de Neuchâtel, en Suisse, souligne un bel exemple de coévoulution : les tiques infectées par Borrelia burgdorferi, la bactérie responsable de la maladie de Lyme, résistent mieux à la sécheresse et aux variations de température que les autres.

En effet, très sensible à la sécheresse, la tique doit régulièrement quitter son  perchoir pour aller se réhydrater dans l'humus.

Entre 2010 et 2013, C. Herrmann a étudié la résistance de 1500 tiques de l'espèce Ixodes ricinus placées dans des enceintes où régnaient différents taux d'humidité (13, 32, 51,5, 61 et 89 pour cent) et températures (12,5 et 25°C). Elle a observé que certains individus demeuraient dans des endroits secs, tandis que d'autres fuyaient à la recherche d'humidité. Des tests génétiques ont révélé que les tiques les plus résistantes étaient infectées par Borrelia burgdorferi. C. Herrmann a alors mis au point un protocole pour quantifier la masse de graisse d'une tique et, à la faveur d'une nouvelle expérience, a prouvé que les réserves des tiques infectées sont 12,1 pour cent supérieures à celles des tiques saines, ce qui est très significatif chez des acariens aussi vulnérables aux conditions sèches. Manifestement, Borrelia burgdorferi agit sur le métabolisme de son vecteur d'une façon qui améliore sa survie et, par là, augmente ses chances d'infecter un hôte, un humain par exemple. De sorte que la bactérie engraisse son vecteur, la tique ! À croire que la bactérie arme l'acarien contre les mauvaises conditions météorologiques ! Ce germe augmenterait les réserves de graisse de l'animal et modifierait ses capacités de stockage d'eau. Autant de ressources nécessaires à une meilleure survie, en attendant de trouver une proie humaine ou animale à laquelle s'agripper pour troquer un repas en échange de la maladie de Lyme. International Journal of Parasitology (2013), vol. 43 (6), pp. 477-483.

 

Aspect clinique

 

tique,ixode,maladie de lyme,parasitologie,ectoparasites,vecteurs de maladie,acariens,arachnides,arthropodesComme nous l'avons vu plus haut, l'Homme contracte la maladie dans l’environnement forestier, où se trouvent préférentiellement les tiques vectrices et leurs hôtes. La maladie montre plus de 70 signes essentiellement cutanés, articulaires et neurologiques. L’évolution clinique, en l’absence de traitement, comporte trois phases.

 

  • La phase primaire se caractérise par une inflammation de la peau nommée érythème migrant (plaque rouge s’étendant rapidement), véritable marqueur de la maladie, parfois associé à des manifestations générales. Cette rougeur cutanée disparaît spontanément en quelques semaines. Sont parfois associées une fièvre modérée, une fatigue et des douleurs articulaires ou musculaires diffuses.
  • La phase secondaire (de quelques semaines ou de quelques mois après la morsure) n'apparaît qu'en l'absence de traitement antibiotique. Elle se traduit à la fois par des formes neurologiques — paralysies faciales, oculaires, névralgies (c'est-à-dire des douleurs sur le trajet des nerfs) — mais aussi par des formes rhumatologiques (articulations inflammatoires, essentiellement le genou, mais aussi les épaules, les coudes, les chevilles, etc.). Plus rarement, apparaissent des signes cardiaques (palpitations, troubles du rythme, péricardite) et oculaires (conjonctivite, kératite), l'ensemble évoluant le plus souvent par poussées, des manifestations cutanées (lymphocytome cutané bénin).
  • La phase tertiaire ou tardive de la maladie (de quelques mois à quelques années après la morsure), en l'absence de traitement,  correspond à l'évolution chronique des symptômes de la phase secondaire, en particulier des manifestations cutanées (ACA : acrodermatite chronique atrophiante), neurologiques ou articulaires.

 

Erythème migrant-1.jpg
Érythème migrant caractéristique de la maladie de Lyme
 

 

Mais avec au moins 70 symptômes possibles, le diagnostic de la maladie est très difficile à poser. Et les tests sanguins, controversés, sont souvent mal utilisés. Résultat : les traitements sont fréquemment prescrits trop tard.

 

Une problématique propre à alimenter controverses et débats passionnés. Les associations de malades estiment en effet que déni médical et omerta des autorités de santé sont responsables d'une large sous-estimation des cas et d'une mauvaise prise en charge de la maladie, sources d'errance médicale. Pour les autorités médicales, au contraire, le nombre de personnes infectées est stable et celles-ci peuvent être le plus souvent guéries par la prise d'antibiotiques durant trois semaines.

 

Différents rapports ont bien tenté de mettre un peu d'ordre dans ce tableau, le dernier en date étant celui du Haut Comité de santé publique (HCSP) remis en décembre 2014. Il plaide, entre autres, pour une meilleure information des patients et des médecins vis-à-vis d'une affection qui a même élé à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. En février, un projet de loi soumis par 70 députés a demandé la mise en place d'un plan national sur cinq ans. En vain. Le projet a été enterré. Et il n'y a bien que les mesures de prévention qui fassent aujourd'hui l'unanimité.

 

Pour ne rien simplifier, aucun test diagnostique biologique fiable n'est disponible. Car Borrelia, présente en trop faible quantité, n'est pas détectable dans le sang. Les médecins doivent donc recourir à des tests sanguins indirects. Ces sérologies dites Elisa ou Western Blot (WB) détectent, comme c'est le cas pour de nom breuses autres maladies infectieuses, la présence d'anticorps, témoins d'une rencontre de l'organisme avec l'agent pathogène. Mais les tests disponibles (plus de 30 !) présentent des performances variables. Résultat : « ils ne permettent pas d'atteindre ce que l'on appelle un "gold standard" [référence] », souligne le dernier rapport du HCSP. Ces tests font d'ailleurs l'objet d'une analyse toujours en cours par l'Agence nationale de sécurité médicale. En France, leur utilisation — et donc leur remboursement — demeure très encadrée et est âprement discutée par les associations de patients qui contestent tant leur intérêt que leur étalonnage.

 

Dans la pratique, en cas de doute diagnostique, la réglementation et les recommandations européennes prévoient en effet dans un premier temps la pratique d'un test Elisa. En cas de négativité, le diagnostic de maladie de Lyme est, a priori, écarté. Et c'est uniquement en cas de positivité qu'un WB, plus spécifique, est demandé pour confirmation. Or Elisa est souvent d'interprétation difficile d'autant que les anticorps apparaissent tardivement dans cette maladie : ils ne sont présents qu'une fois sur deux dans les trois premières semaines après la morsure, alors qu'ils le sont à plus de 70 % dans la phase secondaire et tertiaire. « Les tests sont souvent demandés trop tôt, au stade de l'érythème migrant où ils n'ont aucun intérêt », insiste le Pr Jaulhac. Enfin, les anticorps persistant longtemps dans le sang, même avec un traitement efficace, ils peuvent aussi être le témoin d'une contamination ancienne, pas forcément en lien avec les symptômes récents des patients. Il s'ensuit une errance médicale très préjudiciable, d'autant que les patients vivent douloureusement la réputation de maladies imaginaires qui leur est souvent faite, certains ayant même subi des hospitalisations abusives en psychiatrie.

 

Borrelia burgdorferi est un complexe de 12 espèces dont quatre ont un pouvoir pathogène certain pour l’homme : B. burgdorferi sensu stricto (ss), B. garinii, B. afzelii et B. spielmanii. Il existe un tropisme d’organe particulier à chacune de ces espèces : si le premier stade d’érythème est indistinctement lié aux quatre espèces, l’évolution vers une forme neurologique est préférentiellement associée à l’espèce B. garinii, les arthrites plutôt à B. burgdorferi ss ; quant à l’ACA son agent étiologique spécifique est B. afzelii. Les quatre espèces pathogènes circulent en Europe tandis qu’une seule, B. burgdorferi sensu stricto, est connue aux États-Unis.

 

Traitement

Toutes les manifestations de la maladie de Lyme doivent faire l’objet d’un traitement antibiotique (cyclines ou béta-lactamines). Le traitement au stade primaire entraîne une guérison rapide et prévient les complications. Non traité, le stade primaire peut évoluer vers le stade secondaire et les arthrites et les manifestations neurologiques peuvent évoluer vers la chronicité. La prophylaxie antibiotique systématique consécutive à une piqûre de tique est déconseillée.

 

Une conférence de consensus — autrement dit une commission d'experts chargée d'établir une position collective — a rendu en 2006 un avis formel sur la question des traitements. Selon celui-ci, une prise quotidienne d'antibiotiques pendant trois semaines permet d'éiïminer la bactérie dans 95 % des cas. Certes... mais à une condition : que le traitement soit prescrit tôt. Car pour les phases tardives, si d'autres antibiotiques sont possibles, l'efficacité est moins bonne. En pratique, nombreux sont les patients qui se plaignent encore de symptômes multiples une fois la cure achevée. Ce qui entretient le doute sur l'efficacité du traitement recommandé.

 

Aux États-Unis, la moitié des praticiens choisissent ainsi de prescrire un traitement sur une période plus longue que celle officiellement recommandée. Les médecins français font-ils de même ? Impossible de le savoir, aucun chiffre n'étant disponible et aucune enquête officielle de terrain n'ayant été entreprise pour Rétablir. Pour le Pr Jaulhac, « les traitements sont souvent prescrits trop tard, à des doses insuffisantes et ne sont pas forcément suivis pendant les 21 jours recommandés », argumente le biologiste. « Nombreux sont les patients qui évoquent des guérisons partielles ou des rechutes fréquentes », précise le Pr Perronne

 

Les prescriptions alternatives en procès

 

Les multiples incertitudes tant diagnostiques que thérapeutiques forment un terreau pour les offres alternatives. Souvent des « cocktails » très atypiques, mélangeant antiallergiques, antipaludéens, huiles essentielles, plantes ou médicaments utilisés pour traiter... les troubles de l'érection. Ces prescriptions, qui soulagent beaucoup de patients, sont faites par des médecins ou des pharmaciens qui prennent le risque de se voir accusés d'escroquerie à l'assurance-maladie ou d'exercice illégal, au grand dam des associations qui demandent que cessent ces "persécutions". Un pharmacien et son associé ont été condamnés à Strasbourg en novembre 2014, respectivement pour escroquerie et pour exercice illégal. Le premier était accusé d'avoir abaissé le seuil de réactivité d'Elisa et prescrit des tests en dehors des règles officielles. Le deuxième d'avoir vendu un produit non autorisé.

 

Conseils pratiques

 

Prévention

 

La meilleure façon de prévenir les maladies portées par la tique est d'éviter la piqûre par le port de vêtements couvrants. Une inspection soigneuse du corps après les promenades ou activité en forêt permet de détecter et enlever les tiques avant qu'elles aient eu le temps de transmettre la maladie de Lyme. Il existe aussi de nombreux produits répulsifs, mais dont l'efficacité n'est pas toujours évidente.

 

Aménagement du territoire

 

La fragmentation des forêts et la régression des prédateurs carnivores des micromammifères constituent des facteurs de pullulation des tiques. Reconstituer des continuités écopaysagères et œuvrer à la restauration d'équilibres écologiques pourrait donc, à moyen et long terme être une mesure de prévention utile.

 

En balade dans la campagne

 

Il est conseillé au cours de promenades en forêt ou dans les champs :

* De porter des vêtements longs et clairs pour localiser les tiques plus facilement,

* De porter des chaussures fermées pour éviter que les tiques ne se fixent sur la peau,

* D'utiliser des répulsifs (ou insectifuge) à base de DEET ou du Bayrepel (plus récent que le DEET, et efficace durant 4 heures contre les tiques et 8 heures contre moustiques et taons).

Lors des promenades, se débarrasser rapidement des tiques trouvées sur les vêtements.

Au retour d'une promenade à risques, examiner attentivement toutes les parties du corps pour y dépister les tiques éventuellement fixées à la peau. Se doucher et se changer au retour est conseillé.

 

À la maison

 

Il est possible de limiter la prolifération des tiques dans la maison ou le jardin.

 

  • Couper l'herbe des jardins, éliminer les feuilles mortes => refuges des larves.
  • Aspirer puis boucher les crevasses et interstices dans les planchers, les murs.
  • Inspecter les animaux de compagnie au retour de promenade ainsi que leurs endroits favoris (panier, etc.) Vous pouvez aussi traiter l'endroit ou vos animaux vivent grâce a des produits spécifiques.
  • Décourager la nidification des petits rongeurs aux abords de la maison et éloigner les mangeoires pour oiseaux.

 

En cas de morsure de tique

 

Si la tique est découverte, il faut la retirer rapidement car le risque de contamination augmente avec la durée du contact.

 

  • Afin d'éviter que la tique ne régurgite et surinfecte la plaie, il faut bien prendre garde à ne pas l'écraser, ni la blesser. Pour la même raison il est généralement déconseillé d'appliquer tout produit (éther, alcool...). En effet, en se sentant agressée, la tique risque de régurgiter et d'envoyer ses microbes dans l'hôte qui l'héberge.

 

  • Saisir la tique au plus près de la peau à l'aide d'une fine pince à épiler non coupante. Le mieux est d'acquérir une pince à tiques (vendue en pharmacie), un "tire-tic", petit appareil ingénieux qui se fixe entre le rostre et la peau et permet d'effectuer un mouvement rotatif tout en tirant la tique.  et qui ne presse pas l'abdomen de la tique quand on l'enlève. Tournez lentement dans le même sens jusqu’à ce que la tique se décroche de la peau. Attention, il ne faut aucunement tirer. En tirant, il y a de fortes chances pour que le rostre reste dans la peau. Toutefois, si vous employez une pince à épiler, veillez à tirer droit vers l'extérieur et d'un coup sec, ceci afin d'éviter tout mouvement de torsion qui pourrait détacher la tête du corps. Une fois la tique retirée, ne pas oublier de bien désinfecter et de détruire l'animal.

 

tire-tic-1.jpg
Manipulation du tire-tique
 
  • Surveiller attentivement la plaie pendant trois semaines. Consultez un médecin si vous avez une auréole rouge qui évolue (érythème migrant) ou que vous ressentez un état grippal. La prescription peut être un bilan sanguin et/ou un traitement antibiotique.

 

Cas des animaux domestiques

 

Les infestations à tiques sont importantes et de plus en plus fréquentes pour les animaux sauvages et domestiques, elles peuvent :

 

  • Entraîner la mort par anémie dans les cas extrêmes.

 

  • Être responsable de diverses infections dont des maladies à protozoaires, à rickettsies ou à virus, avec en particulier la paralysie à tiques (peu étudiée dans le milieu naturel, mais constatée chez quelques espèces animales : bovins et homme notamment). Elle paralyse les membres qui deviennent alors flasques (mortalité élevée).

 

Les tiques semblent être les uniques vecteurs d'une maladie parasitaire du sang appelée piroplasmose (ou babésiose) due à un protozoaire (Babesia sp, en particulier B. canis, B. microtii. La piroplasmose atteint les canidés, les équidés, les bovidés. Le protozoaire parasite les globules rouges dans lesquels il se multiplie et les détruit lorsqu'il s'en libère. La piroplasmose entraîne une anémie avec un ictère pâle et généralement une forte fièvre. Dans les stades avancés de la maladie, une coloration brun foncé des urines peut être notée : elle correspond à la bilirubine issue de la dégradation de l'hémoglobine libérée dans le sang par la destruction des globules rouges. La piroplasmose est une maladie potentiellement mortelle.

 

Pour ôter une tique à un animal domestique (chat, chien, bétail…), il faut écarter les poils de l’animal puis utiliser un tire tique au plus près de peau. Certains enduisent la tique avec du savon liquide qui aidera l’extraction de la tique par son action glissante. Tournez ensuite, lentement dans le même sens jusqu’à ce que la tique se décroche de la peau en prenant les mêmes précautions que pour une tique sur la peau humaine (voir ci-dessus). Après avoir retiré la tique, détruisez-la et désinfectez bien la plaie avec un désinfectant ou de l’alcool modifié.

 

Moyens de luttes contre les parasites

 

  • Action pour rompre le cycle externe => épandage de produits acaricides. Ils semblent peu efficace en raison du réservoir naturel.

 

  • Action sur l’animal pour détruire le parasite => douchage, balnéation avec une solution acaricide.

 

  • Défragmenter les écosystèmes et y laisser les prédateurs vivre, pour y restaurer des équilibres écologiques, de manière à limiter les pullulations de tiques.

 

À l'Institut Pasteur

 

Le laboratoire du Centre National de Référence des Borrelia, situé à l’Institut Pasteur, a largement contribué à l’élaboration de la taxonomie du complexe Borrelia burgdorferi sensu lato et à la description notamment des espèces européennes, B. garinii, B. afzelii, B. valaisiana, B. lusitaniae et B. spielmanii. Les autres apports de ce laboratoire ont concerné la démonstration d’un tropisme préférentiel d’organe pour chacune des trois espèces pathogènes B. burgdorferi sensu stricto, B. garinii, et B. afzelii.

 

Les travaux les plus récents ont permis d’établir une corrélation entre le génotype ospC (gène codant une protéine majeure de membrane externe) et la capacité des souches de B. burgdorferi sensu lato à disséminer dans l’organisme hôte, et à déterminer ainsi des formes disséminées de la maladie. Cette capacité d’invasion des tissus serait liée à l’interaction entre la protéine OspC et le plasminogène de l’hôte.

 

Le Centre National de Référence des Borrelia de l'Institut Pasteur actuellement dirigé par Murielle Cornet, a diverses missions :

 

  • Estimation de l’incidence de la borréliose de Lyme en France,

 

  • Mise au point de techniques de diagnostic et de typage génotypique des souches de Borrelia,

 

  • Étude épidémiologique du vecteur des Borrelia (densité et taux d’infection des tiques) dans plusieurs régions de France.

 

Pour en savoir plus :

Une enquête permanente est en cours sur le site "Tiques et France" à laquelle on peut participer pour augmenter le nombre de données en France.

 

 Ajout du 7 octobre 2016 :

Des témoignages recueillis par France 3 Franche-Comté

Enfin ! Un plan national de prévention

28/06/2016

Poteaux téléphoniques creux non obturés

Poteaux téléphoniques creux non obturés :

pièges mortels pour oiseaux et écureuils

 

Pendant des années, de 1985 à 2007, avec France Nature Environnement, nous avons inventorié des poteaux non obturés, acquis et posé des obturateurs, réalisé des campagnes de sensibilisation, présenté les systèmes d'obturation dans des stages, foires, fêtes de la nature... comme celle qui était encore organisée au festival "Pip' en Terre" à Baume les Dames ce dimanche 26 juin 2016.

 

Or il se trouve qu'une certaine députée, Michèle Bonneton a réussi à introduire un amendement  annulant l'arrêté rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.

 

Vous trouverez ci-dessous le message que Jean-François Noblet a adressé à sa députée pour saluer cette honteuse initiative.

 

---------- Message transféré ----------

De : Jean François Noblet <jf@noblet.me>

Date : 28 juin 2016 à 07:40

Objet : Obturation des poteaux creux

À : deputee@genevieve-gaillard.com

 

 

Madame la députée,

 

Depuis 1985 je me bats comme un chien pour alerter l'opinion et France télécoms pour faire boucher les poteaux téléphoniques creux. Ma députée, Michèle Bonneton avait réussi à introduire un amendement rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.
Or voici ce que vous avez déclaré au parlement comme rapporteur de la loi biodiversité :

 

La commission a donné un avis défavorable et je vais vous expliquer pourquoi. Autant nous avons accepté désormais de mettre des poteaux qui ne soient pas creux car en effet nous pensons, et je pense, que les poteaux creux sont un peu un fléau pour les animaux, il faut être aussi pragmatique. Remplacer un million – j’ai fait le compte – de poteaux sur 3 ans, ça fait 913 poteaux par jour, sur 10 ans 274, sur 20 ans 137 par jour en comptant les dimanches et jours fériés. Donc je pense que nos entreprises ne peuvent pas faire ça et donc je suis défavorable à cet amendement.

 

Ces propos ont abouti au maintien des anciens poteaux non bouchés qui piègent des milliers d'animaux dont la plupart des espèces sont protégées (mésanges, écureuils, chauves-souris, chouettes etc.).

 

Laissez moi vous dire que votre attitude m'est insupportable pour les raisons suivantes :

 

En fait, pour rendre ces pièges inopérants, il suffit d'adapter au sommet un obturateur bien calibré. Cela fait plus de 30 ans que des milliers de bénévoles ont passé des milliers d'heures pour boucher ces pièges mortels, longeant les lignes téléphoniques avec une échelle sur le dos. Il nous a fallu localiser les poteaux non bouchés car les PTT n'avaient pas de carte de leurs poteaux. Ensuite il a fallu exiger des télécoms des modèles de bouchons fiables. Plusieurs modèles en effet ont démontré qu'ils n'étaient pas durables. Vous n'avez jamais compté les dépenses faites par les associations pour suppléer la carence d'un service public.

 

Et vous osez dire que c'est, un peu, un fléau pour les animaux ! Mais c'est aussi un fléau pour les agriculteurs qui ne bénéficient pas du bienfait de ces espèces auxiliaires.

 

Quant au calcul d'un million de poteaux non bouchés, il date de 10 ans ! En effet, grâce à notre action, il reste de moins en moins d'anciens poteaux non bouchés. Par exemple en Isère tout est actuellement bouché. Il faut simplement surveiller les anciens bouchons plastiques qui s'enlèvent et on doit vérifier certains poteaux isolés.

 

On aurait accepté un délai plus important pour boucher les poteaux non bouchés, mais votre décision permet à Orange de laisser des poteaux non bouchés, en particulier dans les Dom-Tom.

 

Je vous pensais sensible à la protection animale et je ne comprends absolument pas pourquoi vous avez laissé des animaux crever de faim, de soif, d'épuisement dans ces poteaux. J'ai trouvé des poteaux remplis jusqu'au sommet de cadavres, des dizaines d'écureuils et de chouettes dans le même poteau.

 

Je ne vous salue pas.

 

JF Noblet membre LPO, FRAPNA,SFEPM

www.noblet.me

 

Jean-François Noblet

486 route de Voiron

38960 Saint Etienne de Crossey

France

 

Tél : 00 33 (0)4 76 55 39 80

mail : jf@noblet.me

site : http://noblet.me

photothèque : http://www.photo-nature-environnement.com

25/06/2016

Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée

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Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée


19 000€, c’est la somme que touchera l’éleveuse après la chute mortelle de son troupeau qu’elle avait laissé sans protection au bord d’une falaise en période d’orages. L’éleveuse accuse « le loup » et pourra donc être indemnisée, même en l’absence de preuve. Vidéo à l’appui, explication sur un système qui marche sur la tête.

     
Le 15 juin à Sigoyer (Hautes-Alpes), un couple d’éleveurs abandonne 17 génisses en haut d’une falaise de 80 mètres. Le 19 juin, elles sont retrouvées mortes au pied de la paroi, tombées dès la nuit ou le lendemain de leur arrivée. L’éleveuse, secrétaire générale de la FDSEA05(1), accuse sans preuve « le loup » d’avoir provoqué leur chute et percevra, selon nos sources, plus de 19 000€ d’argent public à ce titre. Quant à l’hélitreuillage des cadavres, il sera pris aussi en charge par la collectivité, pour un coût estimé à 4000 €.
     
     
Problème : rien ne prouve que les vaches aient été effrayées par des loups. Seule certitude : une « succession d'orages parfois intenses avec grêles et fortes rafales de vents » a eu lieu le jour même de la chute présumée (2) !

Le lendemain de la découverte des génisses, l’ASPAS a filmé le haut de la falaise : il s’y trouvait encore 4 ânesses ! Les images sont édifiantes : ces animaux sont livrés à eux-mêmes, sans la moindre protection au bord d’un précipice impressionnant. Certes, les génisses ont pu être effrayées par des loups (présents ici depuis une dizaine d’années) mais aussi par des chiens, des randonneurs, des VTTistes, des ULM et planeurs (fréquents ici), l’orage ou toute autre cause.

 

Quoi qu’il en soit, cette terrible chute des génisses incombe avant tout à leurs propriétaires. L’éleveur venait les voir « habituellement le samedi » ! Comment une telle irresponsabilité peut-elle être encouragée par de l’argent public ? Parce qu’en l’absence de preuve, le dossier est classé en « loup non exclu »… ce qui permet de déclencher l’indemnisation ! Pire : cela alourdit artificiellement les bilans officiels de la mortalité imputée au loup.

 

Décision ultime, un « tir de défense renforcé » vient de lui être accordé : des chasseurs, et potentiellement, la brigade anti-loup embauchée par l’État, peuvent désormais venir ici par groupe de dix pour abattre un loup au hasard !

 

Ces vaches ont perdu la vie pour une seule vraie raison : l’irresponsabilité de leur propriétaire. Les chutes de troupeaux en montagne sont assez fréquentes lorsque le bétail, livré à lui-même, est effrayé par l’orage ou des chiens. Même s’ils n’y sont pour rien, ce sont toujours les loups qui trinquent !

 

L’ASPAS demande la fin des tirs de loups, et que les éleveurs qui ne protègent pas leur bétail ne soient plus indemnisés. Les loups n’ont pas à être sacrifiés pour pallier l’irresponsabilité de ces éleveurs, et l’argent du contribuable n’a pas à être gaspillé pour encourager ceux qui (mal)traitent leurs vaches comme des tiroirs-caisses jetables.



Voir la vidéo



(1) FDSEA : Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles
(2) www.infoclimat.fr

24/06/2016

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

 

par Frédéric DANIEL

 

Abattage du blaireau dans la Somme.jpg

Je tiens avant tout à vous remercier, toutes et tous pour avoir signé et diffusé ma pétition. Vous êtes maintenant plus de 100 000 personnes à soutenir ma cause !

 

Merci également à celles et ceux qui ont écrit à la préfecture de la Somme pour montrer votre désaccord sur la décision du préfet de vouloir une nouvelle fois cette année faire abattre 1 500 blaireaux. Vous avez été semble-t-il très nombreux à avoir participé.

 

La contestation ne cesse de prendre de l'ampleur sur le prétendu bien fondé de la chasse du blaireau, que ce soit par la communauté scientifique, les associations, ou de simples citoyens. Sa chasse en général, la période complémentaire de chasse, son mode de chasse cruel ou encore les arrêtés préfectoraux autorisant des abattages massifs et arbitraires sans justification scientifique sont très décriés et dénoncés.

 

Curieux hasard, hier 13 juin 2016, le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer a publié l'avis du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) intitulé "La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage".

 

Je vous invite à le lire attentivement :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-cohabitation-entre-les.html

 

La conclusion de ce conseil scientifique est très clair: "Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage".

La préfecture de la Somme a entre temps publié le communiqué suivant :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18920/131363/file/communique.pdf

 

"Ce projet de renouvellement de régulation des blaireaux a été évoqué en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage le 12 mai 2016 et aucun avis défavorable n’a été émis par les membres de cette commission."

 

Les chasseurs, bien entendu, n'ont vu aucun problème à reconduire cette opération massive de destruction du blaireau sur ce département. Demander l'avis des chasseurs sur ce sujet, c'est comme demander à un enfant s'il veut reprendre du dessert...

 

Malgré les 158 avis défavorables émis par les citoyens, le préfet a malgré tout publié l'arrêté préfectoral AUTORISANT CETTE OPERATION MASSIVE DE DESTRUCTION. Les abattages ont donc repris depuis le 1er juin 2016.

 

Voici l'arrêté préfectoral :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18975/131734/file/AP-regulation-blaireaux_MAI-2016.pdf

 

Rappelons une nouvelle fois à M. de Mester l'aberration de sa décision en lui montrant la conclusion du CSPNB :

http://www.somme.gouv.fr/Contactez-nous

 

Que le préfet de la Somme mette de côté son amitié avec les chasseurs pour prendre des décisions plus objectives, avec les conseils des scientifiques compétents sur ce sujet, c'est notre souhait. Si les contestations sur ses décisions se multiplient, M. de Mester ne pourra plus les ignorer.

 

Le 8 avril 2016, Philippe de mester, préfet de la Somme, sur Twitter avec ses amis chasseurs :

https://lc.cx/4rNF

 

Ne lâchons rien !

Le blaireau doit être protégé. Partagez cette pétition :

http://change.org/ProtectionBlaireau

 

Merci à tous !

103 518 soutiens

46 482 nécessaires pour atteindre 150 000

 

16/06/2016

Au pays des Vautours

 

Au pays des Vautours

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Impossible de ne pas parler des Vautours lorsque l'on évoque les gorges de la Jonte et le Causse Méjean. Le stage photo ''découverte des Cévennes'' organisé dernièrement ne nous laissait pas un jour sans pouvoir observer dans de remarquables conditions ces imposants rapaces au vol planant d'une envergure de 2,40 à 2,80 mètres.

 

Les vautours peuplaient le ciel de la région des Causses jusqu'au XIXe siècle. Les causes de la disparition sont multiples (chasse ou braconnage, ingestion de produits toxiques pas forcément destinés aux oiseaux, disparition de nourriture car les cadavres de brebis sont amenés à l'équarrissage, etc.).

 

Dès le début des années quatre-vingt, le Parc national des Cévennes associé au Fonds d'Intervention des Rapaces met en œuvre la réintroduction du Vautour Fauve puis du Vautour Moine sur un site des falaises de la Jonte.

 

En intervenant rapidement sur les animaux morts, les Vautours contribuent à limiter les épidémies et la pollution organique du milieu (notamment aquatique). Le succès de cette opération permet de compter à ce jour plus de huit cents oiseaux sur cette région et il n'est pas rare que quelques individus remontent animer le ciel de Franche-Comté.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

14/06/2016

Coquelicots

Ils flottent au gré du vent

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Qui n'a pas remarqué ce superbe champ de coquelicots en contrebas de la route face à l'hypermarché entre Montbéliard et Bethoncourt ?

 

Ce terrain demeuré en friche, retrouve une dynamique végétale naturelle, offrant à la flore la possibilité de s'épanouir librement.

 

Petits mammifères, insectes et oiseaux, dont certaines espèces sont protégées, trouvent ici le refuge pour s'y installer le temps d'une saison liée à la reproduction.

 

C'est la couleur rouge pourpre qui s'est imposée durant plusieurs semaines, transformant cet espace en campagne colorée au cœur d'un milieu urbain dense.

 

Malgré la météo capricieuse de ce printemps qui se fait attendre, le coquelicot nous fait songer à l'été, au soleil et nombreux sont les admirateurs qui se sont laissé tenter par quelques photographies.

 

Les fleurs dansantes et souples s'agitent au moindre souffle du vent, les pétales fripés accentuent la fragilité du coquelicot, un spectacle dont il faudra profiter avant que ne s'éteignent ces étincelles de lumière dans le paysage.

 

Coquelicots-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

10/06/2016

Cartographie des rivières

Cartographie des rivières

 

Juin 2016 — Le projet national de cartographier les rivières de France est ressenti par les associations de protection de la naturer et des cours d'eau en particulier comme une menace pour la biodiversité. Ainsi en témoignent ces deux articles de la Presse bisontine et de l'Est républicain.

 

LA PRESSE BISONTINE JUIN 2016

 

La cartographie des cours d'eau menace-t-elle les milieux aquatiques ? L'état sanitaire des cours d'eau sera-t-il affecté par cette évolution de la réglementation ?

 

Sous l'égide de la DREAL, l'État met en place actuellement un relevé cartographique des cours d'eaux français. L'objectif avoué est le recensement de tous les cours d'eau de France. L'objectif secondaire, selon les défenseurs des milieux aquatiques, "sous la pression des lobbies en particulier celui de l'agriculture intensive", et de permettre la réalisation de travaux (barrages, retenues collinaires, drainages, canalisation, etc.) sans autorisations sur tous les cours d'eau qui n'auront pas été recensés. Ils seront nombreux puisqu'un travail exhaustif est quasiment impossible, surtout dans les têtes de bassin et que le temps imparti est trop limité.

 

"Cela fait planer une menace majeure de destruction totale, sur nombre de ruisseaux et zones humides" estime le collectif S.O.S. Loue et rivières comtoises. Car les têtes de bassins sont justement des zones d'une grande richesse, où la biodiversité est majeure, où se trouvent bon nombre de frayères de truites et batraciens et où subsistent les dernières écrevisses autochtones de notre pays. "Sans parler des espèces d'insectes les plus polluosensibles dont c'est souvent le dernier réservoir." Comme notre région est bien entendu concernée au premier chef, le collectif S.O.S. Loue et rivières comtoises s'est emparé de la problématique grâce à l'un de ses membres, Michaël Prochazka.

Une réunion s'est tenue à ce sujet le 19 mai 2016 à la DREAL à Besançon. Selon Michaël Prochazka, "la décision en haut lieu a déjà été prise et la participation minoritaire du monde associatif aux différents groupes de travail liés à ce projet n'est qu'un artifice de plus, la représentation largement plus importante des structures représentant les lobbies demandeurs de cette "réforme" en est une preuve." Selon le spécialiste, "en Franche-Comté comme ailleurs en France, les conséquences potentielles risquent d'être dramatiques, car les cours d'eau non recensés deviendront des "écoulements", comme l'avoue le compte rendu officiel de la première réunion, et ne seront soumis à aucune démarche avant travaux." À suivre.

 

Est Républicain 24/05/2016

Franche-Comté : la cartographie des cours d’eau ne satisfait pas les défenseurs des zones humides

 

Pour Michel Prochazka, de SOS Loue et rivières comtoises, ne pas prendre en compte les zones humides dans cette cartographie pourrait avoir de graves conséquences.

 

Besançon. Pendant vingt ans, il a été le chef de l’Onema dans le Doubs, ces gardes de l’ancien Conseil supérieur de la pêche dont les attributions se sont tournées progressivement vers la protection des milieux aquatiques avant toute chose. Aujourd’hui retraité, Michael Prochazka est de ceux qui ont vu arriver, en 1992, la loi sur l’eau, avec un réel bonheur.

 

Enfin, cette ressource essentielle à la vie était reconnue en tant que telle. « Même si certains braillent qu’elle est trop contraignante, je crois que ce principe est rentré dans les mœurs. Plus personne, ou presque, aujourd’hui ne conteste la réalité du changement climatique, avec des événements extrêmes, de plus en plus fréquents et de plus en plus proches… »

 

Toutefois, une récente décision du ministère de l’environnement inquiète ce spécialiste reconnu qui s’est aujourd’hui engagé auprès de SOS Loue et rivières comtoises. En novembre dernier, il a été demandé aux préfets de dresser une cartographie des cours d’eau. En soit, rien d’affolant de prime abord mais, l’idée de figer dans le marbre une situation paraît « aberrante » à Michael Prochazka. « Ce sera obligatoirement faux car un réseau hydrologique est évolutif. » Qui plus est en ne retenant que le critère de « cours d’eau », on néglige le plus important en amont aux yeux de l’environnementaliste « les têtes de bassin et le chevelu qui les alimentent. »

 

Des zones indispensables

Ces écoulements, « difficiles à inventorier, parfois temporaires, souvent au sein de zones humides pas toujours reconnues, font partie d’écosystèmes qui jouent le rôle de filtre et de stockage de l’eau, indispensables à la prévention des crues et à la préservation de la ressource en eau ».

 

Les négliger, au profit d’une nomenclature essentiellement pragmatique présente donc un risque de voir s’y développer par des entrepreneurs peu avisés ou trop intéressés des modifications profondes sans plus aucun contrôle.

 

« Si ces écoulements ne sont pas classés on pourra les boucher, les curer, les buser, avec des effets non négligeables sur le bassin-versant. En clair on perd la maîtrise du réseau. Sans même parler des petites bêtes qui les habitent, ils ont un rôle de régulation sur les étiages et les inondations. »

 

Pour Michael Prochazka la préservation de ces zones humides « qui ne coûtent pas cher et ne servent à rien d’autres devrait être au sommet de nos préoccupations. Ce qui est paradoxal, c’est que la façon de voir les choses à travers cette cartographie entraîne une nouvelle réduction du champ d’application d’une loi sur l’eau, régulièrement détricotée, alors que les services de l’État chargés de la faire appliquer ont toujours moins de moyens. »

 

Pour donner une idée de l’importance des phénomènes aquatiques naturels, Michael Prochazka croule d’anecdotes. « Un soir d’orage, je me suis amusé à mesurer la hauteur d’eau tombée en vingt minutes dans ma piscine et à projeter cette donnée sur la surface bétonnée de la zone de Châteaufarine à Besançon. Cela représentait 50.000 m³ d’eau qui, finalement, via le réseau d’évacuation des eaux pluviales retourne dans le Doubs qui peut l’absorber. Mais imaginez la même quantité d’eau filant directement dans la Savoureuse. Les zones humides permettent en absorbant la pluie de limiter l’impact immédiat sur le milieu. »

 

Pour le naturaliste, cette « réforme » cède aux « lobbys » opposés à la loi sur l’eau et à tout encadrement de leurs pratiques.

 

Fred JIMENEZ

 

 

 

 

08/06/2016

Non respect de la directive oiseaux : le ministère de l'environnement sanctionné

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Non respect de la directive oiseaux : le ministère de l'environnement sanctionné pour la huitième fois par le Conseil d'État !

 

Mercredi 8 juin 2016 : Saisi par France Nature Environnement, la LPO et Humanité et Biodiversité, le Conseil d’État vient d’annuler une circulaire de la ministre de l’environnement qui autorisait les chasseurs à chasser les oies au-delà de la fermeture de leur chasse, fixée au 31 janvier 2015.

 

À sept reprises déjà le Conseil d’État a annulé les arrêtés ministériels prolongeant la chasse au-delà du 31 janvier, rappelant que la chasse en février, qui affecte des oiseaux en migration prénuptiale, est contraire à la directive européenne « Oiseaux » et à la loi française qui imposent la protection complète des oiseaux en période de reproduction.

 

Après avoir tout essayé ces dernières années pour contourner la réglementation, jusqu’à prétexter des prélèvements à fins scientifiques, le ministère en charge de l’environnement a de nouveau innové : le 28 janvier 2015, sachant qu’un nouvel arrêté serait immanquablement censuré par la justice, la ministre de l’environnement a écrit au directeur de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et à tous les préfets pour leur confirmer que la chasse serait bien fermée au 31 janvier, mais qu’il ne faudrait pas verbaliser les chasseurs en infraction entre le 1er et le 9 février !

 

Choquées par cette officialisation du braconnage, nos associations ont aussitôt contesté cette circulaire devant le Conseil d’État. Il vient de leur donner raison pour la huitième fois. Officialiser le braconnage n’est pas compatible avec un État de droit. Pourtant, cette année encore, la ministre de l’environnement a donné des consignes verbales pour que les chasseurs d’oies ne soient pas verbalisés en février. Imaginerait-on de telles pratiques pour la santé, la sécurité… et qu’arriverait-il en cas d’accident de chasse ? C’est d’autant plus choquant lorsque l’État français prétend être exemplaire pour la conservation de la biodiversité.

 

France Nature Environnement, la LPO et Humanité et Biodiversité sont satisfaites de cette décision et attendent de l’État qu’il prenne ses responsabilités en faisant enfin appliquer la loi sur le terrain en mettant un terme au braconnage, notamment des oies.

 

06/06/2016

Le poison des néonicotinoïdes en débat au Parlement

Le poison des néonicotinoïdes

en débat au Parlement

(Sciences et Avenir de juin 2016)

 

Dernières mises à jour des 3, 16 et 31 juillet 2016

(voir au pied de l'article)

 

Les pesticides neurotoxiques, nocifs pour les insectes pollinisateurs, sont au cœur d'une bataille exemplaire.

 

Interdire ou non, sur le territoire français, l'ensemble des insecticides de la famille des néonicotinoïdes[1] : c'est l'enjeu crucial de la loi biodiversité, en discussion au Parlement, qui tient en haleine tous les apiculteurs.

 

La question divise bien au-delà des couleurs politiques car elle remet en question notre système de production agro-industriel.

 

Sur le plan scientifique, c'est clair : ces insecticides systémiques — qui pénètrent le système vasculaire de la plante — qui représentent 40 % du marché, sont toxiques à faible dose pour les pollinisateurs domestiques ou sauvages (lire Sciences et Avenir nos 783 et 796). "Ils fragilisent également les invertébrés du sol, la microfaune des cours d'eau, les amphibiens" selon une méta-analyse publiée dans Environnemental Science and Pollution Research (2015), Même la végétation alentour non traitée est contaminée, qu'il s'agisse de cultures de colza ou de fleurs sauvages, car la plante n'absorbe qu'une infime portion du produit : l'essentiel persiste dans les sols pendant plusieurs années ou file dans les cours d'eau. Sans que l'on sache encore leur impact — faute d'études suffisantes — sur la santé humaine. Ainsi, même s'ils étaient interdits dès 2018 — l'une des dispositions débattues par les élus —, les néonicotinoïdes continueront à produire leurs effets durant de longues années sur les abeilles en particulier et sur tous les pollinisateurs en général. Ils perturbent leur appétit et leur sens de l'orientation, compromettent leur retour à la ruche, aggravent leur fragilité face aux maladies, forment des cocktails délétères avec les autres produits chimiques employés dans la nature ou dans la ruche (lire Sciences et Avenir 771).

 

Défenseurs de la nature et agro-industriels s'affrontent.

 

Sur le plan économique, défenseurs de la nature et agro-industriels avancent des chiffres contradictoires. Pour les premiers, avec ou sans pesticides, les rendements seraient à peu près les même. Si pour les seconds, c'est la faillite qui menace la betterave ou le blé. « Rotations de culture. engrais verts, techniques de bio-contrôle : des alternatives sans chimie existent déjà », arguent la Fondation Nicolas Hulot ou la Confédération paysanne. Leur mise en œuvre et leur efficacité peuvent être empêchées par les conditions climatiques, la nature et l'intensité des attaques des ravageurs » rétorquent les producteurs qui préfèrent « un traitement préventif unique par enrobage de semences à des pulvérisations répétées ». Le changement des pratiques, là est le véritable sujet.

 

[1] Depuis les années 1990, les apiculteurs suspectaient certains pesticides d'être responsables d'une mortalité accrue des abeilles domestiques. Les scientifiques l'ont confirmé récemment. Parmi les substances incriminées par les chercheurs pour leurs effets sur les pollinisateurs et dont l'usage est déjà restreint en Europe et en France : imidaclopride (molécule active du Gaucho et du Confidor), clothianidine (molécule active du Poncho-Maïs), thiamétoxame (molécule active du Cruiser).

 

La réaction de la LPO : le Sénat protège les néonicotinoïdes au mépris des abeilles, de la biodiversité et de la santé publique

 

Dans le cadre de l’examen de la loi biodiversité, les Sénateurs ont rejeté l’interdiction des néonicotinoïdes.

 

Alors que la démonstration scientifique est faite et indiscutable que les néonicotinoïdes sont extrêmement dangereux pour notre environnement et que les premiers signes d’impact apparaissent sur la santé humaine ;

 

Alors que l’ANSES a récemment rappelé qu’en l’absence de mesures de gestion renforcée, « l’utilisation des néonicotinoïdes entraîne de sévères effets négatifs sur les espèces non-cibles qui fournissent des services écosystémiques incluant la pollinisation et la lutte intégrée » ;

 

Alors qu’aujourd’hui même une équipe internationale impliquant l’INRA révèle qu’en augmentant le nombre et la diversité des insectes pollinisateurs, on accroît le rendement des cultures de plus de 20 % en moyenne à l’échelle mondiale;

 

Alors que notre proposition d’amendement visant à interdire l’usage des néonicotinoïdes a reçu un soutien exceptionnel dans le cadre de la consultation sur la plateforme Parlement & Citoyens (99,6% de votes favorables) ;

 

Alors que le gouvernement a soutenu l’amendement visant à interdire les néonicotinoïdes en enrobage de semences au 1er septembre 2017, nos organisations environnementales, apicoles et paysannes dénoncent fermement le rejet de cet amendement et le déni scientifique et démocratique que ce vote représente.

 

L’amendement et son sous-amendement, adoptés en lieu et place de cette interdiction sont une provocation faite aux apiculteurs et aux défenseurs de la biodiversité et de l’agriculture paysanne. Fuyant leurs responsabilités, les sénateurs ont choisi de ne rien décider et de laisser au ministre Stéphane Le Foll la décision de mettre en pratique les recommandations de l’ANSES, pourtant précédemment qualifiées d’inapplicables par la ministre de l’Ecologie.

 

Nos organisations, avec le soutien des citoyens, poursuivront leur travail vers les députés pour obtenir enfin, et une fois pour toutes, l’interdiction de ces produits.

 

pesticides,néonicotinoïdes,sénat

 

Le vote des sénateurs comtois : un seul s'oppose à l'empoisonnement de la nature

SÉNATEURS-COMTOIS-néonicotinoïdes-450.jpg

 

Nouvel ajout du 3 juillet 2016 dû à Benoit André

 

La commission du développement durable de l'Assemblée Nationale a examiné les 13, 21 et 22 juin 2016 les amendements déposés sur la version votée par le Sénat, à la suite de quoi l'Assemblée a voté le texte en séance publique du 21 au 23 juin.


Le texte retenu a rétabli une grande partie des dispositions supprimées par le Sénat, mais laisse un goût amer à certains acteurs, comme les ONG environnementales.


Dossier le plus emblématique, l'interdiction des néonicotinoïdes a été restaurée à la date du 1er septembre 2018 sur l'ensemble des cultures et semences, mais la porte a été ouverte à un contournement via des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020.


Cette loi ayant un champ assez large [1], et compte tenu des intérêts variés que mes signataires ne manquent pas de montrer, je ne vais pas entrer dans le détail de tous les articles.


Je voudrais simplement vous signaler l'existence d'une mine d'informations sur la gestation de cette loi, sur les luttes entre majorité et opposition, sur les différences de conception entre les deux blocs et les arguments utilisés par les deux parties pour défendre leur point de vue. Je salue au passage la transparence des débats parlementaires, bien qu'il faille un peu de temps pour exploiter tout ça.



Sur le site de l'Assemblée Nationale [2], vous trouverez en bas la section "Assemblée nationale - Nouvelle lecture", qui contient les transcriptions complètes des discussions en commission et en séance.
Si un sujet en particulier vous intéresse, vous pouvez rechercher le numéro de l'article qui lui correspond via le texte adopté par l'Assemblée [3], puis rechercher dans la liste des réunions celle où l'article a été discuté, en commission (sous "Travaux des commissions") ou en séance publique (sous "Discussion en séance publique").



Un petit exemple : lors de la première réunion en commission [4], la discussion du principe de non-régression, sur lequel avait buté la commission mixte paritaire (CMP), témoigne de conceptions totalement différentes de la part de la majorité et de l'opposition. Au passage, vous pourrez voir là l'avis de notre David Douillet national, député (LR) des Yvelines.


Second exemple : la bataille sur les néonicotinoïdes en séance publique [5], très longue mais hautement intéressante, close par le vote de l'amendement 452.


Le texte va de nouveau être discuté au Sénat en séance publique les 11 et 12 juillet ; je ne pense pas qu'il soit efficace de se manifester auprès des sénateurs. Ensuite, la lecture définitive par l'Assemblée devrait avoir lieu le 19 juillet. Il n'y aura pas de nouvel amendement possible selon le droit parlementaire [6], l'Assemblée votera son propre texte dans sa version actuelle, en reprenant éventuellement à son compte des amendements déposés par le Sénat. Il faut donc rester vigilant, et il sera bon de se rappeler au bon souvenir de nos députés - je publierai une mise à jour à temps.



Pendant ce temps, continuez à diffuser ! https://www.change.org/p/m-claude-pour-une-loi-sur-la-bio...

Merci pour votre soutien.




Sources citées dans le texte

[1] http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl14-359.html

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/biodiversit...

[3] http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0775.asp

[4] http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-dvp/15-16/c151606...

[5] http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2015-2016/201602...

[6] https://www.senat.fr/role/fiche/navette.html


Autres sources

Articles du Monde sur le dernier passage à l'Assemblée :


- http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/06/22/les...


- http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/06/25/bio...

 

Ajout du 16 juillet 2016 dû à Benoit André

 


Le Sénat a de nouveau examiné la loi sur la biodiversité le lundi 11 juillet 2016 en séance publique, et a de nouveau fait reculer le texte sur certains points, si bien que les sénateurs communistes et écologistes ont voté contre la nouvelle mouture [1].

Les sénateurs ont notamment supprimé l'inscription dans la loi du principe de non-régression de l'environnement et repoussé la date butoir d'interdiction des insecticides néonicotinoïdes au 1er juillet 2020. Ils ont également rejeté un amendement écologiste visant à supprimer l'avantage concurrentiel de l'huile de palme [2].

L'Assemblée Nationale doit examiner le texte en lecture définitive, en commission du développement durable, à partir du mardi 19 juillet à 11h [3], en repartant du texte voté par elle en juin. Comme je le disais lors de ma dernière mise à jour, l'Assemblée a le droit de modifier son texte, mais ne peut pas déposer de nouvel amendement. Il faut rester vigilant pour que le texte ne subisse pas de perte de dernière minute. Je vous invite donc à contacter votre député de la commission du développement durable. Vous trouverez une explication de la façon de le faire dans ma deuxième mise à jour du 3 juin 2016, disponible sur le site de la pétition [4]. Un dernier effort et on peut partir en vacances l'esprit tranquille (ah, les insectes qui s'écrasent sur votre pare-brise sur l'autoroute... c'est aussi un marqueur de biodiversité !).

J'enverrai la semaine prochaine une ultime mise à jour pour faire le bilan de cette loi et de notre mobilisation.

Merci pour votre soutien.



Sources citées dans le texte :

[1] http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/senat-adopte-nouv...

[2] http://ecologistes-senat.fr/loi-biodiversite-adoptee-au-s...

[3] http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/biodiversit...

[4] https://www.change.org/p/m-claude-pour-une-loi-sur-la-bio...


Autre source :

Texte de la loi votée par le Sénat :
http://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2015-2016/766.html

 

Ajout du 31 juillet 2016 : ce qu'en pense Gérard Charollois : un temps d’enfumage.

 

www.ecologie-radicale.org


La lettre de Gérard CHAROLLOIS        Le dimanche 31 juillet 2016
Tél. 06 76 99 84 65
        
 
Dans le silence médiatique, donc dans l’ignorance de l’opinion publique, le parlement adopte une loi insipide prétendument destinée à « protéger la biodiversité », grand défi de ce monde.
 
Pas question, pour le législateur Français, aux ordres des mafias lobbystiques, d’interdire la chasse aux gluaux des petits oiseaux, les destructions de mammifères en période de reproduction, d’édicter l’opposabilité aux aménageurs des couloirs écologiques, l’exclusion des néonicotinoïdes, tueurs d’insectes, avant le premier septembre 2018, avant changement de majorité politique, propositions qu’avait soutenues Laurence ABEILLE, députée écologiste, que je salue pour la qualité de son travail parlementaire.
 
En France, seuls les tueurs d’animaux, les exploiteurs de la nature, les promoteurs sont protégés.


Pour occuper les médias de leurs vaines présences, les leaders politiques, charognards impudiques, feignent de s’exciter à l’annonce d’un attentat perpétré par des faibles d’esprits égarés par une mythologie grotesque.
Derrière tout attentat contre la vie, fleurissent, d’un côté, la souffrance des victimes, de l’autre, le défaut d’hominisation des assassins.


Pendant que les hommes s’obnubilent sur les manifestations, parfois criminelles, souvent ridicules, d’arriérations mythiques, ils oublient les soucis de la  planète. Le  spectacle ressassé du terrorisme religieux occulte le terrorisme quotidien et ordinaire que les ennemis de la terre exercent à l’encontre de la nature et du vivant.


Ne nous laissons pas fasciner par les crimes des obscurantistes, leur inculture, le choc indéniable de civilisations, choc sans perspectives d’amélioration de la condition de vie.


Bien sûr, la simple légitime défense justifie la guerre faite aux djihadistes, mais cette guerre, imposée par l’ennemi, doit être étroitement circonscrite à son objet et ne saurait devenir un poison sociétal, une obsession.
L’avenir ne réside pas dans ces querelles médiévales.


Toute mesure de police et de sécurité doit s’accompagner d’accroissement et de garanties de la liberté, cet antidote au totalitarisme, cette arme suprême contre la superstition et le fanatisme.


Les politiciens dévoyés qui, pour plaire aux badauds, remettent en cause l’état de droit se révèlent auxiliaires des adversaires de la raison et de la liberté.


Ne nous détournons pas d’un objectif supérieur et premier :


Comment réduire la souffrance, mal absolu, la détresse, l’avilissement des êtres vivants ?


Pour demeurer dans leur rhétorique guerrière, les fronts ne manquent pas.


Il est curieux que les hommes, loin de redouter les vrais périls qui les menacent, ont toujours peur que le « ciel leur tombe sur la tête ».


Nous n’avons rien à faire des guerres de religions, ni, d’ailleurs, des réconciliations des religions, puisque l’essentiel est de dépasser le dolorisme dont elles sont porteuses.


La souffrance, le sacrifice, le supplice, le martyr, la mort n’ajoutent rien de bon au monde et ne rachètent rien, puisqu’il n’y a rien à racheter.


La finalité de la vie est la vie.


Notre radicalité tient à ce changement de fondement éthique de la société à laquelle nous aspirons.


Puisque ses facultés cognitives ont permis à l’animal humain d’acquérir une grande maîtrise, il lui faut élever son niveau de conscience et la qualité de son comportement.


Or, entre ses croyances farfelues, ses loisirs débiles et calamiteux, sa volonté primaire d’accaparement, son développement comportemental demeure en grave décalage avec ses capacités d’intervention sur le monde.


Loin d’élever la réflexion, de proposer une issue de secours, d’appeler à cette révolution comportementale, nos politiciens, médiocres et narcissiques, instrumentalisent les ignorances et les peurs pour pérenniser leur détention des apparences du pouvoir.


Apparences, parce qu’en fait, ces petits personnages ne maîtrisent rien, ni les aléas économiques, ni les coups de folie des islamistes, ni les accidents du Marché de la finance et des emplois.


Ils essaient seulement de gérer leurs petites carrières et se donnent en spectacle comme sur la scène d’un théâtre où se jouent des pièces dont ils ne sont pas auteurs.


Notre objectif : séparer l’écume des faits divers, des mouvements de fond de la civilisation et mettre, enfin, le vivant au centre des valeurs.


Amis lecteurs, ne vous laissez pas enfumer par les faiseurs d’opinion :


C’est la guerre !


Oui, mais ceux que vous aimez vont mourir d’une rupture d’anévrisme, d’un cancer métastasé, d’un accident vasculaire cérébral et non de la main cruelle d’un fou de Dieu.


La protection de la nature, l’accession au respect de l’animal, être sensible, l’instauration d’une économie de solidarité et non de concurrence féroce, le souci d’offrir aux hommes de meilleures conditions de vie, la victoire sur les maladies valent mieux que les affrontements entre ZEUS et OSIRIS.


Non, je ne préconise nullement la censure d’informations relatives aux attentats, la dissimulation des images choquantes, le refus d’indiquer l’identité des tueurs. La seule censure qui vaille est celle de la censure.


Il ne faut jamais infantiliser les citoyens, filtrer, prédigérer, édulcorer les informations.


Le citoyen est un adulte et doit être considéré comme tel.


En revanche, je considère comme enfumage le fait d’asphyxier la pensée, de stériliser le débat de fond en suivant l’agenda dicté par les terroristes, agenda dans lequel les politiciens puisent le paravent de leur insignifiance.
De nos jours, les attentats tiennent lieu de divertissements, au sens philosophique du terme.


Apprenons à nos contemporains qu’il est idiot et criminel de tuer au nom d’un quelconque ZEUS, comme il est idiot et criminel de capturer des petits oiseaux à l’aide de glu.


 
Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

 

Article de l'Est Républicain du 30 juillet 2016

(Cliquez sur l'image pour zoomer) 

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04/06/2016

Le Sénat vote contre les coraux et pour le développement économique

Le Sénat vote contre les coraux et pour le développement économique

 

Écoutez également l'émission de France Inter.

 

La France, deuxième propriétaire du plus grand patrimoine corallien au monde, a vu lundi 23 mai 2016 le Sénat retoqué l’interdiction de la destruction des coraux dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Pourtant, grâce à ses 10 % de récifs coralliens au monde, la deuxième plus grande barrière de corail et le plus grand lagon mondial, la France pourrait être un acteur majeur dans la conservation des récifs coralliens. Conscient de cette richesse, en 1999, le pays affichait pourtant un désir de conserver ce patrimoine avec l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens, un objectif désormais bafoué par les sénateurs.

 

Se disant anxieux de « ne pas contraindre le développement des économies locales », le Sénat a posé un amendement contre le projet de loi qui vise à la protection des récifs coralliens, ainsi les sénateurs consentent au dragage et à la destruction des coraux. Un tel amendement encouragera sûrement des projets comme en Guadeloupe où, pour l’agrandissement du port de Pointe-à-Pitre, 7 millions de m3 de coraux ont été réduits à néant. Un autre projet portuaire à Fort-de-France, en Martinique, a lui été entravé par les écologistes qui, après 3 ans de batailles juridiques, ont réussi à ce que les constructeurs se fournissent dans les carrières plutôt que dans les coraux pour faire des remblais. Or, avec cet amendement, les sénateurs endiguent les actions de défense pour la nature, défendant des intérêts économiques à court terme contre un écosystème indispensable qui génère des revenus d’environ 375 milliards dans le monde, chaque année.

 

Cependant, les coraux engendrent bien plus que des revenus économiques liés au tourisme ; couvrant moins de 0,2 % des océans, ils abritent 30% de la biodiversité marine. Bien plus générateurs de richesse étant vivant que comme remblais, ces récifs sont des nurseries et des garde-manger pour les poissons qui alimentent la pêche. De plus, si les scientifiques notent une bonne reprise du corail dans le milieu naturel, malgré qu’il s’agisse d’un processus très long, il reste essentiel de ne pas détruire les récifs déjà en danger par l’augmentation de la température de l’eau.

 

Et pourtant, les coraux qui subissent un blanchissement extrême n'ont ps besoin de cette prise de position pour être menacés de disparition (voir l'article de Sciences et Avenir).

03/06/2016

Des sénateurs pas très "bio"

Des sénateurs pas très bio : limiter le bio dans la restauration collective

 

Après avoir désapprouvé l'arrêt en 2018 de l'utilisation des néonicotinoïdes (pesticides destructeurs des insectes pollinisateurs),

 

Après avoir approuvé la destruction des récifs coralliens,

 

les sénateurs français récidivent en s'opposant à l'utilisation à hauteur de 20% des aliments bio dans l'alimentation des cantines. Ils préfèrent favoriser l'ingestion de pesticides par les enfants des écoles et les salariés des restaurants d'entreprises.

 

Voir le lien ci-dessous et en particulier le trombinoscope des sénateurs comtois qui ont pris part au vote.

 

Des sénateurs pas très bio

SÉNATEURS-COMTOIS-450.jpg

02/06/2016

Étude du peuplement pisciaire de la retenue du barage de Vouglans (Jura) par l'utilisation de batteries de filets verticaux à enroulement

poissons lacustres,échantillonnage,lac de vouglans,retenue de vouglansÉtude du peuplement en poissons de la retenue du barrage de Vouglans (Jura) par l'utilisation de batteries de filets verticaux à enroulement

 

par A. GUYARD, J.-P. GRANDMOTTET et J. VERNEAUX[1][2][3]

 

Résumé — Un système de filets verticaux à enroulement permet une meilleure prospection de tout le volume d'eau avec l'exploration différentielle des habitats-poissons. La confrontation des résultats obtenus dans des conditions similaires montre l'efficacité de la méthode par rapport aux systèmes classiques. Déterminée avec ce protocole, la distribution d'abondance des quinze espèces de poissons capturés montre que l'ichtyofaune de la retenue de Vouglans est dominée par les espèces les plus euryèces : Gardon, Brèmes, Ablette et Perche.

 

Summary—The use of a vertical gillnet System provides an improved technique for consideration of the whole water volume with a differential exploration of the fish habitats. The comparison of the results shows efficiency of this method over the classical methods. Using this method we found that the strength distribution of the fifteen caught fish species is dominated by the most eurytical species such as Roach, Breams, Bleak and Perch. Key words : fish sampling - sample comparison - man-made lake.

 

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I. PROTOCOLE D'ÉCHANTILLONNAGE

 

La technique des filets verticaux a été exposée dans l'article de ce même blog :

Échantillonnage des poissons lacustres : les filets verticaux à enroulement.

Pour évaluer l'efficacité de ce nouveau dispositif, nous avons choisi la retenue du barrage hydroélectrique de Vouglans dont la composition du peuplement pisciaire, suivie régulièrement depuis 1968 à l'aide de filets traditionnels, manifeste une certaine stabilisation (CEMAGREF, 1986, EPR Franche-Comté, 1986 et VERNEAUX, 1986).

 

En raison de la hauteur limitée à 50 m de notre dispositif (profondeur maximale des lacs jurassiens naturels), nous avons limité l'échantillonnage à la zone amont du lac jusqu'à l'aval du Pont de la Pyle (zone de Château-Richard-Les Rivets) (voir schéma ci-dessous).

 

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La campagne d'intervention s'est déroulée du 22 juin au 9 juillet 1987. Le niveau du lac était alors à son maximum. Après recensement des habitats-poissons présents dans la zone d'échantillonnage, chaque type d'habitat a été exploré par la tendue d'au moins une batterie-unité de 6 filets. 21 batteries ont été posées pendant une durée moyenne de 24 heures.

 

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II. DESCRIPTION DES HABITATS RELEVÉS

 

Comme tout lac artificiel, la retenue de Vouglans, ne présente pas de morphologie lacustre typique. Les publications antérieures (VERNEAUX & VERGON, 1974, CTGREF, 1977, VERNEAUX, 1986) soulignent les effets inhibiteurs des marnages de grande amplitude (h = 34 m) sur le développement des hydrophytes littoraux, limitant ainsi la possibilité d'établissement de frayères et d'abris pour les poissons.

 

Cependant, en se référant à la zonation lacustre classique, on peut distinguer trois zones principales : la zone littorale (L), la zone sublittorale (T) et la zone pélagique (X).

 

  1. La zone littorale, peu représentée dans la retenue comporte les habitats codifiés de la façon suivante :

— type d'habitat d'une profondeur inférieure à 2 m, caractérisé par la présence de branches et d'arbustes immergés. Code : LOC13 (LAC13 dans le cas d'afférence). Alors que la surface littorale est négligeable, ce biotope qui peut servir de frayères à différentes espèces (Brème, Brème bordelière, Gardon et Perche) présentait une importance considérable au moment de l'étude à cause du niveau élevé du lac ;

— substrat meuble à dominance organique. Code : LON002 (LAN002 dans le cas d'afférence) ; — zone à Hydrophytes (ici à Potamogeton) d'une profondeur de 2 à 7 m (LOV10).

 

  1. La zone sublittorale

Correspondant au mont d'un lac naturel, cette zone est représentée ici par un abrupt rocheux (TONM06) ou dans l'anse de Largillay (21) par un talus dans un substrat meuble à tendance organique (TON002).

 

  1. La zone pélagique représente l'essentiel de la retenue. Dans cette zone, deux régions ont été définies par leur profondeur :

— profondeur inférieure à 20 m : X15,

— profondeur supérieure à 20 m : X16.

 

  1. Les habitats de proximité

On a tenu compte du voisinage des habitats les plus représentatifs. En raison du niveau particulièrement élevé du lac lors de notre intervention, nous avons distingué, outre les habitats aquatiques définis précédemment, des zones terrestres inondées constituées par des prairies (IV19) ou des éboulis (IM23).

 

III. COMPOSITION ET COMPARAISON DES ÉCHANTILLONS

 

Dans le tableau 1, nous avons répertorié les vingt et une espèces recensées dans la retenue de Vouglans au cours des cinq campagnes successives allant de 1971 à 1987.

 

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Cinq espèces dépassent 90% de l'effectif. Ce sont le Gardon (40%), l'Ablette (19%), les Brèmes (19%) et la Perche (13,5%). Ainsi, les Cyprinidés euryèces (Gardon, Ablette, Brèmes) dominent la composition de l'échantillon (78%).

 

Les carnassiers (15,47%) sont représentés surtout par la Perche (13,5%). Truite, Brochet et Cristivomer sont présents.

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  1. Tendance évolutive du peuplement de 1974 à 1985

En comparant deux échantillons obtenus à l'aide d'une série de filets conventionnels de même maille et tendus selon le même protocole, VERNEAUX (1986) a étudié l'évolution du peuplement entre 1974 et 1978.

 

Selon cette étude, Gardon et Brèmes, espèces dominantes du peuplement et peu exigeantes, envahissent la retenue.

 

Chevesne, Barbeau, Toxostome et Vandoise, faiblement représentés, constituent un peuplement relique de l'Ain.

 

En 1978, la Tanche est en régression. Ce fait est probablement dû à l'absence d'hélophytes et d'hydrophytes, zones habituelles de frayères de cette espèce.

 

Les espèces carnassières, Truite, Brochet et à un degré moindre, la Perche, souffrent également du manque de frayères rendant la reproduction aléatoire. La rareté des abris rivulaires entraînant une augmentation de la taille des territoires de chasse, contribue également à limiter la densité des brochets adultes.

 

Les espèces introduites : Corégone (depuis 1970) et Cristivomer (depuis 1975) sont présentes. Mais leur acclimatation est incertaine et leur maintien dans l'échantillonnage est dû aux alevinages répétés. En revanche, l'Omble Chevalier (depuis 1971) n'a pas été recensé au cours de cette période.

 

Les résultats antérieurs obtenus à l'aide de filets traditionnels (CEMAGREF, 1985) confirment les conclusions de VERNEAUX (1986) et tendent à démontrer une certaine stabilisation depuis 1978 de la composition du peuplement pisciaire. Il est donc légitime de comparer les résultats obtenus en 1985 à l'aide de filets conventionnels et ceux obtenus en 1987 avec le nouveau protocole et d'en tirer des conclusions quant à l'efficacité relative des deux techniques d'échantillonnage.

 

  1. Comparaison des résultats obtenus par les deux techniques entre 1985 (filets classiques) et 1987 (filets verticaux)

Les prélèvements ayant été effectués à la même saison et les protocoles utilisant pratiquement la même gamme de mailles, nous avons tenté un rapprochement des données 1985 et 1987 en ne considérant que les résultats obtenus dans les stations communes.

 

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D'un point de vue qualitatif, la comparaison des tableaux 2 et 3 montre, malgré une richesse spécifique inventoriée supérieure en 1987 (15 espèces contre 13 en 1985), des échantillons très semblables (11 espèces communes). Les différences apparaissent au niveau de espèces faiblement représentées. Un exemplaire de Barbeau pêché en 1985 et absence de capture en 1987. En ce qui concerne la Perche-soleil, trouvée à un exemplaire en 1985, elle a été aperçue nidifiant en zone rivulo-littorale dans 20 cm d'eau en 1987, ce qui la rendait peu vulnérable à la capture du fait de ses déplacements limités à cette époque.

 

Si l'on étend la comparaison à l'ensemble des espèces recensées depuis 1974, les différences sont également minimes : absence en 1987 d'espèces pêchées à l'électricité (Truite arc-en-ciel, Omble de fontaine, Vandoise) ou signalées comme étant en difficulté en 1978 (Tanche).

 

La Truite arc-en-ciel ne faisant plus l'objet d'alevinages depuis longtemps, son absence des échantillons récents confirme sa probable disparition (CEMAGREF, 1985).

 

L'absence de capture de l'Omble Chevalier, espèce introduite en 1971 et ayant fait l'objet d'alevinages (1986 et 1987) ne remet pas en cause l'efficacité de la technique d'échantillonnage pour deux raisons principales :

— cette espèce n'a jamais été recapturée par des méthodes traditionnelles, ce qui rend hypothétique le succès de son introduction.

— en dépit des soutirages d'eau profonde et froide dus à l'usine hydroélectrique, cette espèce des grands fonds pourrait se cantonner dans la zone aval de la retenue qui n'a pas été prospectée.

 

D'un point de vue quantitatif, la comparaison des tableaux 2 et 3 montre, malgré un effort de pêche légèrement inférieur en 1987 (2200 m2 de filets en 1985 contre 1970 m2 de filets en 1987), un nombre de captures plus que doublé en 1987, malgré une biomasse à peine augmentée.

 

En ce qui concerne les espèces dominantes, la composition des échantillons est différente entre 1985 et 1987, notamment en raison d'une très forte représentation de la Brème bordelière et de la quasi absence d'Ablettes dans les prélèvements de 1985. Ce fait peut être imputé à l'utilisation d'un nombre limité de grands filets d'aires inégales et ne prospectant pas toute la tranche d'eau. Cette technique entraîne :

— une sous-estimation de la représentation de l'Ablette par défaut de prospection de la strate superficielle avec des filets de faible maillage ;

— une surestimation de la représentation de la Brème bordelière due au caractère en partie aléatoire des captures, 57% des individus de cette espèce ayant été pris dans deux filets représentant 13% de la surface totale des 14 engins posés.

 

En revanche, la technique des filets verticaux, en permettant une prospection méthodique et répétitive de l'ensemble de la tranche d'eau avec une gamme complète de mailles, augmente la probabilité de capture, au sein d'un habitat donné, de tout individu, quelle que soit sa taille. C'est pourquoi la représentation de l'Ablette dans ce mode d'échantillonnage est mieux ajustée avec son abondance réelle constatée de visu. En outre, la masse moyenne des individus est nettement inférieure à celle de la campagne de 1985 (38 g contre 85 g pour le Gardon, 48 g contre 82 g pour la Perche, par exemple).

 

Ainsi, les classes modales de taille étant correctement échantillonnées, le nouveau système apparaît nettement plus efficace et l'image du peuplement et des populations donnée par les échantillons de 1987 paraît plus proche de la réalité que celles obtenues précédemment à l'aide de filets traditionnels.

 

IV. RÉPARTITION DANS L'ESPACE LACUSTRE DES PRINCIPALES ESPÈCES

 

Compte tenu des restrictions émise plus haut et relatives à l'habitat, nous avons tenté de situer les espèces les mieux représentées selon la distance à la berge, la distance au fond et la distance à la surface. Le comportement par rapport à l'habitat potentiel est apprécié par les tableaux 4 et 5 qui regroupent respectivement les données numériques et pondérales par type d'habitat, proximités incluses.

 

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En ce qui concerne la distance à la berge, la majorité des captures des espèces les mieux représentées a eu lieu, si l'on excepte la présence d'un haut-fond à l'aval du pont de la Pyle, à une distance inférieure à 70 m.

 

Pour chaque espèce, la répartition par rapport au fond ou par rapport à la surface est globale et ne tient pas compte de la profondeur.

 

  1. 1. La Brème et la Brème Bordelière

Les Brèmes se situent principalement à une distance à la surface inférieure à 8 m et se concentrent en surface vers 2 m. On les rencontre non loin du bord, surtout en zone littorale mais aussi en surface dans la zone pélagique et dans une moindre proportion dans la région du mont.

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La Brème fréquente majoritairement la zone littorale dans des secteurs envégétés et des caches de branchage où nous avons pu l'observer en période de fraie. Ainsi, elle se révèle moins pélagique que le Gardon malgré une corrélation de répartition de 0,61. Quant à la Brème bordelière, elle montre un preferendum pour la strate superficielle des zones à afférence.

 

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En conclusion, les Brèmes sont des espèces de zone littorale où elles représentent 20% de l'effectif et 54% de la biomasse. Mais elles constituent une part importante du peuplement sur le reste de la retenue où elles ont tendance à fréquenter la strate superficielle (15% de l'effectif et 43% de la biomasse en zone sublittorale, 17% de l'effectif et 41% de la biomasse en zone pélagique).

 

  1. Le Gardon

Le Gardon est une espèce ubiquiste qui se rencontre dans les trois zones, mais dont l'effectif décroît du littoral à la zone pélagique. L'éloignement de la zone littorale va de pair avec un accroissement de taille, mais sur le talus et en zone pélagique, l'espèce reste en surface. Elle se cantonne dans la couche euphotique et devient rare au-delà de 12 m de profondeur.

 

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C'est pourquoi il n'est pas étonnant de rencontrer le Gardon en zone littorale (22% de l'effectif, 8% de la biomasse), en zone sublittorale (38% de l'effectif, 31% de la biomasse) et en zone pélagique (21% de l'effectif et 16% de la biomasse).

 

Le Gardon fréquente des habitats sans afférence. On le rencontre dans les végétaux, dans des branchages immergés ou à proximité de ces branchages. On trouve aussi des juvéniles dans la zone sublittorale prolongeant des zones inondées.

 

  1. L'Ablette

Au moment de la campagne, l'Ablette était sur le point de se reproduire. C'est une espèce de surface qui présente un preferendum pour une profondeur de 2 m mais pouvant descendre jusqu'à 6 m (fig. 3e). On la rencontre dans les trois zones : en zone littorale où elle représente 24% de l'effectif et 4% de la biomasse, en zone sublittorale (21% de l'effectif, 12% de la biomasse) et en zone pélagique (31% de l'effectif et 10% de la biomasse.

 

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L'Ablette a été capturée dans tous les types d'habitats avec un maximum dans des zones rivulaires à afférence.

 

En résumé, ce poisson se trouve à peu près également réparti dans toute la tranche d'eau superficielle. Il doit trouver des conditions favorables à sa reproduction. Sa répartition est corrélée avec celle de la Brème bordelière (r = 0,71 ).

 

  1. La Perche

Une forte proportion de la population de perches se cantonne dans la zone littorale à une distance de la rive inférieure à 100 m. Cette espèce manifeste une certaine indifférence vis-à-vis de la profondeur, de sorte qu'on la retrouve également en zones sublittorale et pélagique. Cependant, la répartition verticale montre que la majorité de la population se cantonne dans des hauteurs d'eau inférieures à douze mètres. Cependant, lorsque la rive est abrupte, on peut la trouver à de plus grandes profondeurs au niveau des ruptures de pente.

 

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La Perche représente près de 29% de l'effectif de la biomasse en zone littorale, 21% de l'effectif et 12% de la biomasse en zone sublittorale et 28% de l'effectif et 16% de la biomasse en zone pélagique.

 

Du point de vue habitationnel, les perches sont plus nombreuses dans les formations végétales ou, dans les zones plus profondes, à proximité d'afférences (la Cimante) et de caches.

 

La répartition de la Perche est corrélée à celles de l'Ablette (r = 0,54), de la Brème bordelière (r 0,72), de la Brème (r = 0,60) et du Gardon (r = 0,46). Il est probable que certains de ces Cyprinidés constituent des proies pour ce carnassier.

 

  1. La Grémille

La Grémille est un poisson strictement inféodé au fond. On ne le rencontre qu'à une distance du fond inférieure à 1 m (fig. 3e). Il n'est donc pas étonnant que sa densité soit plus forte en zone littorale, surtout sur des fonds nus. Si l'on considère sa contribution relative au peuplement, celle-ci représente une fraction relativement constante dans les trois zones : 3% en effectif et 0,2% en biomasse en zone littorale, 3,5% en effectif et 0,7% en biomasse en zone sublittorale, 2,5% en effectif et 0,25% en biomasse en zone centrale. Sa répartition est donc distincte de celles des autres espèces.

 

  1. Autres espèces peu représentées

Le Goujon est présent surtout en zone littorale, principalement sur fond meuble, au niveau des afférences.

La Carpe est très rare dans nos prélèvements. Il faut dire que ce poisson est suffisamment armé pour perforer les filets et échapper à l'échantillonnage. Sa répartition ne peut donc pas être esquissée.

La Truite est rencontrée dans trois zones. Il s'agit de la forme lacustris de Salmo trutta. Au niveau du littoral, elle est trouvée en zone d'afférence, à proximité de caches de branchages.

Des brochets juvéniles ont été également rencontrés en zone littorale au niveau des afférences et en zone pélagique à proximité de caches de branchages mais jamais en-dessous de 7m de profondeur.

Un unique corégone a été pêché en zone pélagique.

Deux cristovomers ont été pêchés à fond au niveau de la Cimante.

Un unique exemplaire de Poisson-chat juvénile a été trouvé en zone pélagique profonde.

Parmi les espèces fluviatiles reliques, le Chevesne juvénile est trouvé en zone littorale envégétée à proximité de caches de branchages et d'afférences. Un adulte a été capturé au large ainsi qu'un exemplaire de Toxostome.

 

V. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

 

L'emploi d'un nouveau dispositif d'échantillonnage fondé sur l'utilisation de filets verticaux à déroulement sur toute la tranche d'eau permet de mieux prospecter tout le volume aquatique et d'améliorer l'exploration des zones lacustres et habitats-poissons. L'accroissement du rendement de pêche, la meilleure représentativité des espèces de petite taille et des juvéniles des autres espèces et l'approche plus fine de la répartition des individus dans les échantillons, permettent de conclure que la méthode des filets verticaux est mieux adaptée aux diagnoses piscicoles lacustres que l'emploi des filets traditionnels.

 

Cette technique doit à terme déboucher sur la définition d'un protocole standard d'échantillonnage donnant une image semi-quantitative précise de la répartition de l'ichtyofaune dans l'habitat lacustre. D'autres recherches sur d'autres plans d'eau, visent à définir :

— la répartition spatiale et ses variations saisonnières des différentes espèces ;

— une codification objective de l'habitat lacustre en fonction de son occupation par l'ichtyofaune ;

— le nombre minimal de prélèvements à effectuer dans chaque habitat.

 

AUTEURS CITÉS

BARTOO, N.W., HANSEN, R.G. et WYDOVSKI, R.S. (1973) — A portable vertical gillnet System. Progr. Fish-Cult. 35 : 231-233.

CEMAGREF, (1986) — Étude des populations ichtyologiques des grands plans d'eau ; la retenue de Vouglans (Jura). Rapport dactylogr. : 21 p. + 2 annexes.

CTGREF (1977) — Étude de la retenue artificielle de Vouglans. Rapport n° 18 : 30 p.

CUINET, A. et VAUDAUX, P. (1986) — Contribution à la mise au point d'un nouveau protocole d'échantillonnage de la faune ichtyologique des lacs. Mém. D.E.S.S. Hydrobiol. Univ. Fr.-Comté : 138 p. + annexes.

GRANDMOTTET, J.-P. (1983) — Principales exigences de 30 Téléostéens dulcicoles vis-à-vis de l'habitat. Ann. Sc. Univ. Fr.-Comté. Biol. anim. 4(4) : 3-32.

GRANDMOTTET, J.-P., GUYARD, A., VERNEAUX, J. et VAUDAUX, P. (1989) — Répartition spatiale et variations saisonnières de l'ichtyofaune du lac de Saint-Point (Doubs, France).

PÉNIL, C., HEIDMANN, F. et RAYMOND, J.-C. (1987) — Recherches sur l'échantillonnage pisciaire lacustre. Mém. D.E.S.S. Hydrobiol. Univ. Fr.-Comté : 222 p. + 10 annexes.

E.P.R. Fr.-Comté — Rapports d'étude sur les lacs jurassiens. Monographies collectives :

1982 : Le lac de l'Abbaye : 61 p.

1983 : Les lacs de Clairvaux ; 113 p.

1985 : Les lacs Maclu : 132 p.

1986 : Le lac de Chalain : 202 p.

1986 : Le lac d'Ilay : 109 p.

VERNEAUX, J. (1986) — Les Poissons de la retenue du Barrage de Vouglans (Ain). Analyse comparée de deux échantillons (1974-1978). Ann. Sci. Univ. Fr.-Comté Biol. anim. 4(5) : 3-11.

VERNEAUX, J. et VERGON, J.-P. (1974) — Incidences du marnage sur le benthos d'un lac artificiel (retenue de Vouglans, Jura). Soc. Hydrotechn. Fr. 13(5) : 1-9.

 

[1] Laboratoire d'Hydrobiologie-Hydroécologie du Centre pluridisciplinaire d'Études des Eaux continentales. Institut des Sciences Naturelles, Place Leclerc, 25030 BESANÇON Cedex.

[2] Avec la collaboration de C. PÉNIL, F. HEIDMANN et J.-C. RAYMOND.

[3] Recherche ayant bénéficié d'un contrat passé avec le SRETIE (Ministère de l'Environnement).

01/06/2016

Conservatoire d'espace naturels Franche-Comté : Offres d'emploi

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02/05/2016

Mosaïque de colza

Mosaïque de colza

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliiste et animalier

 

En ce printemps 2016, qui n'a pas remarqué la métamorphose de couleurs que subissent nos campagnes depuis quelques semaines ?

 

Le colza semble avoir pris le dessus au sein des parcelles agricoles et sa floraison se maintient particulièrement bien dans le temps cette saison. En revanche, le maïs n'est pas sorti du sol car le début d'année trop pluvieux ne permettait pas le travail de la terre et qu'il n'a pas encore été semé m'explique un agriculteur.

 

Je profite d'une très belle lumière de début de soirée en ce dimanche 8 mai pour prendre de la hauteur et redécouvrir à vol d'oiseau ces paysages dans les environs de Montbéliard.

 

Très vite, les parcelles d'un jaune lumineux se dessinent à l'horizon de la campagne environnante mais s'affichent également aux portes de l'agglomération, contrastant entre agriculture et urbanisme.

 

C'est l'immensité de certaines parcelles qui surprend par leur taille tel un gigantesque damier vu du ciel. L'exploitation de terrains à une échelle bien moindre offre des cultures qui s'imbriquent les unes dans les autres comme en témoigne cette image de mosaïque végétale.

 

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Cliché © Dominique Delfino

28/04/2016

Chasse au blaireau

blaireau,chasse,aspas,haute-savoieHaute-Savoie :

chasse au blaireau, l’acharnement sanguinaire

 

par Pierre Athanaze

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

 

Mise à jour du 28 avril 2016 Et dans la Somme, le même acharnement !

 La destruction des blaireaux continue en France, comme en témoigne cette décision du Préfet de la Somme.

 

Lire : Le préfet de la Somme a mis en consultation un arrêté prévoyant l’abattage et le piégeage, à partir du 1er juin, d’un maximum de 1.500 blaireaux, notamment accusés de[...]

 

Espèce protégée dans la plupart des pays européens, le blaireau est déjà l’objet d’une chasse acharnée en France. Mais afin de satisfaire à la pratique de la "vénerie sous terre", ou déterrage, (plus de 3 000 équipages en France!), mode de capture et de mise à mort sans conteste le plus cruel d’Europe, elle est aussi l’objet d’une "période complémentaire" qui allonge cette période de chasse à neuf mois et demi par an ! Cela ne suffit toujours pas…

 

Le blaireau est classé "gibier". À ce titre, l’espèce est chassée de mi-septembre à fin février. La "période complémentaire" allonge cette chasse de la mi-mai jusqu’à l’ouverture de la chasse, mi-septembre. Mais cela ne suffit pas aux chasseurs hauts-savoyards, qui ont obtenu du préfet de leur département, un arrêté totalement illégal, autorisant la destruction de blaireaux du 8 mars à fin juin, ne laissant aux blaireaux que huit jours de répit ! L’ASPAS a bien sûr attaqué cet arrêté. Aussi, le jour même de l’audience, le préfet a abrogé son arrêté, rendant sans objet ce contentieux. L’ASPAS a ensuite été informée que trois autres arrêtés, tout aussi illégaux, avaient été signés. À la demande de l’ASPAS, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu ces arrêtés le 21 avril 2011.

 

Il est de notoriété publique que la France connaît de sérieux problèmes quant à sa relation avec sa faune sauvage. Notre pays a, de très loin, le plus grand nombre d’espèces chassables (90 !). Mais nous avons également de très gros problèmes avec les chasseurs, pour les suffrages desquels nos parlementaires multiplient les petits cadeaux entre amis.

 

Dernier épisode en date : deux propositions de loi, portées, l’une par le groupe chasse à l’Assemblée nationale, l’autre par le Groupe chasse au Sénat, seront discutées parallèlement au Sénat, le 5 mai 2011, et à l’Assemblée nationale le 10 mai 2011. Ces deux lois, sur le même sujet, seront discutées en même temps : du jamais vu pendant la cinquième République !

 

Il serait plus que temps que nos élus et hauts fonctionnaires s’émancipent du monde de la chasse et prennent la mesure de l’état de conservation de la nature en France, ainsi que de la demande sociale plus axée sur la protection. L’année de la biodiversité est passée et les discours post-grenelliens sont oubliés. Mais les Français, eux, attendent qu’enfin toutes ces promesses soient tenues pour une véritable prise en compte de la nature et de l’environnement.

 

Pierre Athanaze

22 avril 2011

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

www.aspas-nature.org

 

• La cruelle période des déterrages a déjà commencé dans certains départements. Si vous trouvez de jeunes blaireautins orphelins, contactez l'association Meles, de Virginie Boyaval :

www.meles.fr

 

Vidéos du déterrage des blaireaux, une pratique particulièrement révoltante :

http://www.notre-planete.info/actualites/4436-blaireau-ch...

 

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© Charlie-Hebdo

 

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© Michel Cottet

06/04/2016

Perturbateurs endocriniens : pourquoi l'Europe laisse faire

Perturbateurs endocriniens :

pourquoi l'Europe laisse faire

 

(Mise à jour du 02 juillet 2016)

 

Yohav Oremiatzki (Télérama) Publié le 07/04/2016.

 

perturbateurs endocriniens,pollution,santé,environnement

 

Alimentation, cosmétiques… les pesticides et autres molécules nocives sont partout. Aucun règlement ne limite leur usage. L'Europe se laisse-t-elle piloter par les lobbys ?

 

C'est un signal fort envoyé à l'industrie des pesticides : le 17 mars, l'Assemblée nationale a voté l'interdiction des insecticides néonicotinoïdes, responsables de la chute du nombre des populations de pollinisateurs, en seconde lecture. Un progrès de taille, mais qui ne fait pas encore du xxie siècle « celui de l'hygiène chimique » comme l'a prôné François Hollande. Car on diffuse, on déverse, on épand toujours plus de ­pesticides dans les campagnes françaises, où l'achat de produits phytosanitaires a bondi de 9,4 % en 2013-2014, selon le ministère de l'Agriculture ! Et l'Hexagone trône toujours sur la première marche du podium européen des consommateurs de pesticides. Si, à Paris, le Parlement peut faire interdire quelques produits tueurs d'abeilles, notre « hygiène chi­mique » dépend en fait principalement de Bruxelles.

 

Explosion des cancers

 

Alors pourquoi l'Union européenne tarde-t-elle autant à passer au crible les perturbateurs endocriniens (PE) ? En 2009, elle avait pourtant décidé de réglementer l'usage de ces substances exogènes capables de pirater notre système hormonal dès la vie foetale et d'induire, pour nous et nos descendants, infertilité, malformations génitales ou encore perte de QI. Les scientifiques les suspectent de jouer un rôle dans l'explosion des cancers du sein, de l'utérus, du testicule et de la prostate. Invisibles, les perturbateurs endocriniens sont omniprésents – on les trouve dans l'eau, l'air et l'alimentation, les plastiques, les cosmétiques (1)… « Ce sont à la fois leur nombre et leur “effet cocktail” qui inquiètent aujourd'hui les scientifiques », explique la biologiste Barbara Demeneix, professeure au Muséum national d'histoire naturelle, qui rappelle par ailleurs que la première alerte scientifique sur le sujet remonte à… 1991. « Mais l'histoire commence en 1962, quand la biologiste Rachel Carson publie Printemps silencieux. Sans les nommer, cette Américaine décrivait déjà les effets délétères des perturbateurs endocriniens sur les oiseaux et les poissons. »

 

Quarante-quatre ans après la parution de ce livre phare, qui permit notamment de faire interdire un pesticide – le DDT –, toujours pas de réglementation globale. Des critères d'identification des perturbateurs endocriniens auraient pourtant du être publiés par la Commission européenne avant décembre 2013. On attend toujours. L'organe exécutif de l'UE fait de la résistance. Or, sans définition scientifique, impossible d'appliquer la loi.

 

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En retardant le processus de réglementation, en donnant du temps aux industries gourmandes de perturbateurs endocriniens, la Commission européenne a créé les conditions d'une guerre d'usure à armes inégales opposant deux camps : la Commission et les lobbys d'un côté ; les eurodéputés, les ONG et de nombreux scientifiques de l'autre. Dans Intoxication, la jour­naliste indépendante et documentariste Stéphane Horel retrace la chronologie de cette « bataille d'influence contre la santé ».

 

Nul besoin d'engager un ­hacker pour récupérer des milliers de pages de correspondance interne, d'e-mails entre la Commission et les lobbys et de mémos plus ou moins censurés : le règlement 1049/2001 donne accès aux documents publics des institutions ­européennes. Un outil bien utile aussi à Martin Pigeon, chercheur au Corporate Europe Observatory (CEO), qui étudie les groupes d'influ­ence privés à Bruxelles : « Il permet de voir la dif­férence entre le discours public des lobbyistes reposant sur la croissance, ­l'emploi, la compétitivité et leurs deman­des concrètes » dès que pèse la menace d'interdiction d'un produit chimique.

 

“L'affaire des perturbateurs endocriniens est révélatrice du fonctionnement de Bruxelles”, Sylvain Laurens, sociologue

 

« L'affaire des perturbateurs endocriniens est révélatrice du fonctionnement de Bruxelles », constate le sociologue à l'Ehess Sylvain Laurens. Et souligne une loi d'airain : la Commission européenne impulse les lois, le Parlement et le Conseil de l'UE se contentent de les adopter. « Il y a donc capture de la décision politique par les services admi­nistratifs et bureaucratiques de la ­Commission. D'où l'intérêt des lobbys de maintenir des relations très pro­ches avec les eurocrates plutôt qu'avec les ­eurodéputés, en leur délivrant un état de l'art scientifique qui correspond aux ­intérêts de l'industrie, pas des citoyens. […] La nouvelle frontière du lobbying, c'est donc la vérité scientifique. Les enjeux politiques se sont déplacés sur le terrain technique. » Et qui a les moyens de se payer des toxicologues capables de faire valoir des études scientifiques contradictoires ? Greenpeace, qui dispose d'un budget annuel de 3,8 ­millions d'euros, ou le Cefic, organisation européenne de lobbying de l'industrie chimique, qui est dix fois mieux dotée ?

 

Avant de penser santé, la Commission européenne pense économie. Par ses atermoiements, elle semble à tout prix vouloir éviter que la future législation sur les PE ne conduise à ­retirer de la vente nombre de produits contenant des molécules dangereu­ses. « Cela en dit long sur notre système, estime Stéphane Horel. Lorsque des fonctionnaires non élus ont la haute main sur une législation qui va à l'encontre de l'intérêt général, peut-on ­encore dire que nous vivons en démocratie ? »

 

Parlementaires ignorés

 

La question se pose d'autant plus que le Parlement européen joue un rôle décidément subsidiaire dans cette partie de poker menteur. La Commission reste sourde en effet aux interpellations des groupes parlementaires qui invoquent le principe de précaution. « A force d'envoyer des lettres ou de voter des résolutions, on s'est rendu compte que la Commission se fichait de nous », s'indigne Axel Sing­hofen, conseiller sur les questions de santé et de politique environnementale du groupe Les Verts-­Alliance libre européenne.

 

Il a fallu que la Suède ­dépose plainte contre la Commission auprès de la Cour de justice de l'Union européenne, en 2014, pour accélérer les choses : condamnée en décembre dernier pour inaction, et sommée de publier les critères d'identification des PE sans délai, la Commission a enfin annoncé qu'elle s'exécuterait… d'ici l'été. Commission, 1 ; démocratie, 1. Mais le Parlement n'est pas au bout de ses peines. Et Stéphane Horel pressent une réglementation en forme de pari faustien, dans lequel « on sacrifierait quelques ''boucs émissaires'', quelques substances censées être les plus puissantes, pour sauver toutes les autres estimées moins nocives » et ainsi ménager les caisses de l'industrie. ­Business is business.

 

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Zone grise

 

« Il y a aura beaucoup de tractations obscures et de nombreuses substances vont rester dans une zone grise, anticipe Lisette Van Vliet, conseillère en poli­tiques publiques à l'ONG Heal (Health and Environment Alliance). C'est pourquoi s'assurer que le processus de décision est démocratique est une étape ­décisive si l'Europe veut garder sa légi­timité. » Gardiennes de la transparence de ce processus, les ONG de la bulle bruxelloise se sont mises en ordre de bataille. Mais les obstacles sont nombreux.

 

Ainsi, en 2014, au lendemain d'une consultation publique organisée par la Commission, et reposant sur un questionnaire digne de Polytechnique, EDC-Free Europe, coalition de trente ONG, avait-elle décidé de simplifier la procédure pour le citoyen lambda en lançant une plateforme Internet en sept langues. Résultat : sur les vingt-sept mille contributions enregistrées pendant la consultation publique, vingt-cinq mille provenaient des questionnaires préparés par EDC-Free Europe. Pourtant, selon Stéphane Horel, la Commission a davantage valorisé les contributions de l'industrie…

 

Face à l'apathie des pouvoirs publics et à l'indigence du débat démocratique, des scientifiques mettent aussi leur poids dans la balance. Mais plus ils s'investissent, plus les lobbyistes les accusent… d'être militants ! Cofondatrice d'une société spécialisée dans le criblage des PE (WatchFrog), Barbara Demeneix est aussi experte à l'OCDE et membre de la « task force » (groupe d'action) Endocrine Society. « Quand je vais témoigner à Bruxelles, je prends sur mon temps. L'industrie chimique, elle, est représentée par un expert beaucoup plus disponible que moi et coaché pour les débats. [...] En outre, la science a désormais tendance à être vue par le grand public non comme le remède mais comme la cause du problème. Ce qu'il nous faudrait, c'est donc l'équivalent d'une COP 21 pour les perturbateurs endocriniens. »

 

Stratégie du déni

 

Le lien entre changement climatique et PE n'est pas anodin : dans les deux cas, la transposition du savoir scientifique en décision politique devrait s'imposer d'elle-même. Elle est pourtant loin d'être automatique, car derrière ces questions, c'est la société de consommation qui est remise en cause. Il reste en revanche une différence de taille : « Pour le réchauffement climatique, la stratégie du déni ne fonctionne plus, remarque l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage. Pour les PE, elle marche bien car, contrairement à l'amiante, le lien de causalité est encore difficile – mais pas impossible – à établir entre une seule substance et une maladie. »

 

Le déni marche si bien que certains lobbys semblent à peine se préoccuper des médias. Dans un document interne de PlasticsEurope (le lobby européen des plastiques), daté de mai 2015 et que Télérama s'est procuré, journaux, radios ou réseaux sociaux ne figurent même pas dans les « menaces » listées : ce qui inquiète, c'est avant tout la « pression politique des Etats membres les plus bruyants (France, Suède et Danemark) et du Parlement européen ». Stéphane Horel est persuadée que les choses ­seraient différentes si on « sortait le ­sujet des pages conso des magazines », car plus on s'adresse au citoyen en tant que consommateur, moins on développe sa conscience politique.

 

“Il y a une incompétence généralisée. Au final, on découvre une chaîne de ‘déresponsabilité’ parfaitement antidémocratique”, Corinne Lepage, ex-euro-députée.

 

Malheureusement, selon Corinne ­Lepage, le processus d'évaluation des PE échappe à tout le monde : aux ­citoyens bien sûr, mais surtout à des politiques intoxiqués et dépassés par la technicité des dossiers : « Il y a une incompétence généralisée. Au ­Parlement européen, nous n'étions que quel­ques-uns à suivre ces dossiers, se souvient l'ex-députée européenne centriste (2009-2014) : plutôt des femmes que des hommes, qui semblent plus préoccupés par les questions économiques. Au final, on ­découvre une chaîne de "déresponsa­bilité" parfaitement antidémocratique. Les politiques ne sont pas des experts donc ils se fient aux avis de ces derniers. Et les experts ne sont pas décideurs donc ils ne sont pas responsables. Une séparation claire entre des scientifi­ques indépendants responsables de l'avis qu'ils donnent, et des politiques responsables de la décision qu'ils prennent, au plus haut niveau de la Commission et des Etats membres, s'impose d'urgence ». Alors, peut-être, la loi suivra-t-elle la science. 

 

(1) On compte aujourd'hui plus de quatre-vingt-cinq mille produits sur un inventaire de l'Environmental Protection Agency, aux Etats-Unis – sans compter certains pesticides et les cosmétiques, qui sont gérés par d'autres législations… Très peu d'entre eux ont été correctement testés pour leurs perturbateurs endocriniens et leurs effets toxiques.

 

L'Europe recule sur les perturbateurs endocriniens

(Article de Sciences et Avenir, n° 833, juillet 2016 p. 60 Rachel Mulot @RachelFleaux)

 

La définition retenue par la Commission européenne entrave toute interdiction de ces molécules suspectées d'agir à très faibles doses et en cocktail. Cette définition est la suivante : une substance phytopharmaceutique ou biocide est considérée comme un perturbateur endocrinien « si elle a des effets indésirables sur la santé humaine, présente un mode d'action endocrinien et s'il existe un lien de causalité entre l'effet indésirable et le mode d'action ».

 

Les critères définis par la Commission s'appliquent dans le domaine des produits phytopharmaceutiques (pesticides, fertilisants) et biocides (désinfectants ménagers, produits anti-salissures), mais ils excluent les autres perturbateurs endocriniens, bisphénols A et phtalates (plastifiants pour emballages et boîtes de conserve), parabènes (cosmétiques et médicaments), perfluorés (revêtements anti-adhésifs) qui font ou feront l'objet d'autres examens juridiques et scientifiques.

 

Pourtant, les perturbateurs endocriniens SONT SUSPECTÉS D'ALTÉRER LA REPRODUCTION HUMAINE, de créer des troubles neurologiques et de favoriser le diabète ou les troubles immunitaires. Ce sont des molécules largement utilisées, mais qui n'avaient toujours pas de définition officielle au niveau européen. Cela faisait plus de deux ans que la Commission devait présenter les critères pour les identifier ; c'est chose faite depuis le 15 juin 2016.

 

Problème, ces critères ne satisfont personne hormis la Commission elle-même. En cause : une version restrictive de la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), exigeant des effets avérés sur la santé humaine.

 

En d'autres termes, les études sur l'animal, telles celles qui permettent de classer un produit cancérogène ou d'autoriser un pesticide, ne suffiront pas pour une éventuelle interdiction. « Le niveau de preuve exigé est tel qu'il sera ardu de l'atteindre, quand bien même il existerait des preuves scientifiques de dommages », déplore l'Endocrine Society (18 000 endocrinologues dans 120 pays) qui parle d'un « échec pour la santé publique ».

 

Et les industriels ne sont pas satisfaits non plus car la Commission « n'a pas retenu le critère de puissance, pour distinguer entre les substances dont les effets peuvent être observés à très faible concentration, et celles dont les impacts ne se réaliseront pas compte tenu des niveaux d'exposition », selon l'Union des industries chimiques. Or les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'agir à très faibles doses et en cocktail. Pas sûr donc que le Parlement et les États membres adoptent ces textes en l'état. »

 

Selon Joëlle Rüegg, CHERCHEUSE AU CENTRE SUÉDOIS D'ÉTUDES TOXICOLOGIQUES (SWETOX) :"Les citoyens ne seront pas protégés".

 

« La Commission européenne se focalise sur la santé humaine, sans égard pour l'effet des produits chimiques sur la vie sauvage. En réintroduisant la notion de risques, et non plus celle de danger, elle exige de nouvelles études parce que les données viennent principalement du monde animal. Or il est inenvisageable, pour des raisons éthiques et sanitaires, de mener des essais sur l'homme, encore moins la femme enceinte [les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'agir sur le fœtus]. Par ailleurs, démontrer les liens entre un mode d'action et un effet indésirable peut prendre des années. Les études d'épidémiologie environnementale sont très longues et souvent contradictoires et elles ne permettent pas de faire des liens de cause à effet. En l'état, les niveaux de preuve demandés ne permettent pas de protéger les citoyens.»

 

Sur le même thème :

 

Entretien Dominique Belpomme, cancérologue : “70 à 90 % des cancers seraient liés à l'environnement”

Changeons l'Europe Thomas Piketty : “Pour sauver l'Europe, je crois aux vertus de la délibération démocratique” Abo

Entretien Saskia Sassen, sociologue : “L'expulsion est devenue le nouveau modèle de nos sociétés” Abo

Entretien Dr Véronique Vasseur : “Nous vivons dans un pic de pollution quasi-permanent”

 

Un article récent (16 juin 2016) paru dans le Figaro santé fustige les nouvelles règles adoptées par la Commission européenne.

 

Voir également l'article de Environnement Magazine.fr : Perturbateurs endocriniens : l'Europe adopte la définition de l'OMS, mais...

À lire

Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates : une bataille d'influence contre la santé, de Stéphane Horel, éd. La Découverte, 304 p., 19€.

 

Le Cerveau endommagé, de Barbara Demeneix, éd. Odile Jacob, 416 p., 25,90€, à paraître le 25 mai 2016.

 

19/03/2016

Usage des pesticides aux Antilles et incidence sur la santé humaine

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 par André Guyard

 

En Guadeloupe, au cours des années soixante-dix, une thèse de médecine avait attiré l'attention sur l'incidence de l'emploi de pesticides dans les plantations de bananiers sur la santé humaine.

 

En effet, cette thèse montrait que le lait maternel des femmes de pêcheurs contenait une dose non négligeable de chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés interdit dès 1976 aux États-Unis et classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Cette constatation signifiait que les eaux de ruissellement et des rivières charriaient ce pesticide jusque dans les eaux marines. La population se contaminait en se nourrissant de fruits de mer et poissons par suite de la concentration du pesticide dans la chaîne alimentaire.

 

Cette observation entraîna une étude dirigée par Alain Kermarrec du laboratoire de Zoologie de la station de l'INRA de Petit-Bourg (Guadeloupe). L'équipe que je dirigeais alors à l'Université Antilles-Guyane était chargée de la récolte d'échantillons dans les cours d'eau et dans les eaux littorales. Cette étude a abouti à la publication d'un rapport en 1980 dénonçant l'utilisation des pesticides dans le traitement des bananiers.

 

Il aura fallu treize ans pour que le gouvernement français interdise définitivement l'utilisation de ce pesticide dans les Antilles françaises en 1993.

 

Dix ans après cete interdiction, une étude de Bouchon C. & Lemoine S. (2003), de l'Université des Antilles-Guyane, faisait un bilan de la rémanence des pesticides dans la chaîne alimentaire guadeloupéenne.

 

Très récemment, dans sa revue "Vivre" (n° 369 mars 2016) , sous la signature de Chloé Dussère, la Ligue contre le Cancer publiait un article soulignant un taux plus élevé de cancer de la prostate probablement lié à l'usage du chlordécone, article intégralement repris ci-dessous.

 

Antilles : Un taux plus élevé de cancer de la prostate

 

En Martinique et en Guadeloupe, les populations ont été exposées, plus longtemps qu'ailleurs, au pesticide chlordécone. Dans ces mêmes régions, la fréquence des cancers de la prostate est plus importante qu'ailleurs. Y a-t-il un lien de cause à effet ?

 

De 1973 à 1993, le chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés, est utilisé aux Antilles pour lutter contre un parasite du bananier : le charançon. En 1999, un contrôle de la qualité des eaux de consommation détecte la présence de ce produit, qui aurait contaminé non seulement les sols des bananeraies, mais aussi les légumes-racines fortement consommés dans ces régions (igname, madère...), certains animaux et le littoral, incluant poissons et crustacés, et certaines sources d'eau. Problème : le chlordécone est considéré comme perturbateur endocrinien et classé cancérogène possible pour l'homme par l'OMS. Plusieurs questions se posent alors : les populations sont-elles contaminées ? « En 2003, les premières mesures faites chez les femmes enceintes et leurs nourrissons, puis chez l'homme adulte, démontrent que le chlordécone est présent dans le sang de 90 % de la population », explique Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm.

 

Explosion du cancer de la prostate

 

Alors que les Antilles se caractérisent par des taux d'incidence de cancers, toutes localisations confondues, inférieurs à ceux de la France métropolitaine, le cancer de la prostate fait figure d'exception. Y aurait-il un lien entre l'exposition au chlordécone, plus importante aux Antilles qu'ailleurs, et la surincidence de ce cancer relevée en Guadeloupe et Martinique ? « En 2003, le programme de recherche Karuprostate qui a donné lieu à une publication dans le Journal of Clinical Oncology - nous a permis de comparer les caractéristiques de 709 personnes nouvellement atteintes du cancer de la prostate à 723 sujets indemnes de la maladie, précise Luc Multigner. Ce travail a permis de montrer que l'exposition au chlordécone augmente le risque de survenue du cancer de la prostate. »

 

D'autres facteurs de risque identifiés

 

Le programme de recherche a également relevé d'autres causes possibles de la forte prévalence du cancer de la prostate aux Antilles. D'abord, les populations d'ascendance africaine ont davantage tendance à développer un cancer de la prostate pour des raisons génétiques. Ensuite, la résidence de ces hommes dans un pays occidental joue également un rôle. « Un tiers des hommes interrogés sont partis travailler en métropole avant de revenir, poursuit Luc Multigner. Là-bas, ils ont vraisemblablement adopté les codes européens, notamment alimentaires, et se sont exposés à différentes pollutions qui pourraient contribuer à la survenue de la maladie. » Les antécédents familiaux apparaissent également comme un autre facteur de risque.

 

Les moyens d'action

 

Après l'interdiction du chlordécone, en 1993, les autorités sanitaires locales ont mené, à partir de 1999, plusieurs actions en vue de protéger les Antillais : pose de filtres à charbon pour limiter la contamination de l'eau, interdiction de certaines cultures sur les sols pollués, limitation de la pêche... De leur côté, des associations telles que la Ligue contre le cancer misent sur la prévention. « Nous rappelons régulièrement aux hommes la nécessité de se faire dépister à partir de 50 ans, et notamment d'accepter la réalisation d'un toucher rectal, raconte Dominique Chingan, président du Comité Guadeloupe de la Ligue contre le cancer. Mais il reste toujours difficile pour les hommes de parler de ce cancer, qui touche à la virilité. On a beau répéter qu'il existe désormais des moyens de pallier les désagréments de l'opération, les Antillais continuent de trouver cette maladie humiliante. »

 

Un pesticide au cœur des polémiques

 

Brevetée aux États-Unis en 1952, la molécule de chlordécone, commercialisée sous le nom de Képone, fait l'objet, en 1972, d'une autorisation provisoire de un an dans les bananeraies antillaises par le ministère français de l'Agriculture. Jusqu'en 1976, le chlordécone reste utilisé jusqu'à épuisement des stocks de Képone, avant d'être réintroduit en 1981 sous le nom commercial de Curlone. Depuis, ce pesticide suscite la polémique et la controverse, essentiellement aux Antilles, mais aussi en métropole. Et pour cause ! Le chlordécone a été autorisé à plusieurs reprises entre 1973 et 1993, et massivement utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique, alors même qu'il avait été interdit dès 1976 aux États-Unis et que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'avait classé comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Malgré ces alertes, les grands planteurs antillais obtiennent l'homologation du chlordécone en 1981. La société Laurent de Laguarigue rachète le brevet et produit l'insecticide, sous le nom de Curlone. En 1990, ce produit est retiré de la vente en France, mais deux dérogations successives des ministres de l'Agriculture Henri Nallet et Jean-Pierre Soisson permettent son utilisation jusqu'en 1993. Quelques années plus tard, en 2006, l'Union régionale des consommateurs et l'Union des producteurs de la Guadeloupe, soutenues par l'avocat Harry Durimel, député des Verts, déposent une plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui et administration de substance dangereuse, Cette plainte est aujourd'hui toujours en attente d'instruction au pôle de santé publique à Paris.

 

En savoir plus :

 

— Kermarrec A. (1980). — Niveau actuel de la contamination des chaînes biologiques en Guadeloupe : pesticides et métaux lourds (1979-1980).

 

— Bouchon C. & Lemoine S. (2003). — Niveau de contamination par les pesticides des chaînes trophiques des milieux marins côtiers de la Guadeloupe et recherche de biomarqueurs de génotoxicité.

 

— Observatoire des pesticides.

 

— Badot P.-M. (2017).— Des insecticides dans les assiettes antillaises En Direct n° 269 mars-avril 2017. p. 4.

16/03/2016

Disparition des ressources nectarifères et pollinifères dans les zones de prairies laitières

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09/03/2016

Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

Dernière mise à jour : 22/03/2016

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Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

 

LE MINISTRE DOIT RÉAGIR FACE AUX RÉSISTANCES DES CONSERVATISMES ET DES ÉGOÏSMES

 

Le Ministère de l’agriculture a rendu publics mardi 8 mars 2016 les nouveaux chiffres sur l’utilisation des pesticides en France. Ils sont accablants. Loin de diminuer, l’usage de pesticides a encore augmenté de 9,4% entre 2013 et 2014. Réaction et propositions de FNE.



Des résultats accablants



Alors que la France s’était fixée comme objectif dans le cadre du Grenelle de l’environnement de diviser par deux sa consommation de pesticides, force est de constater que c’est l’échec. La consommation de pesticides a augmenté, en nombre de doses, de 9,4% entre 2013 et 2014 (16% en tonnage), et de 5,8% en moyenne entre la période 2011-2012-2013 et 2012-2013-2014. Toujours entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ont augmenté de 12,9%. Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés.



Une mise en route difficile du plan Ecophyto



 FNE constate que la mise en œuvre du plan Ecophyto, approuvé lors du Grenelle de l’environnement par l’ensemble des acteurs, butte sur le manque d’engagement d’une majorité d’agriculteurs, de distributeurs de pesticides et d’organisations agricoles. Quant au plan Ecophyto 2 chargé de prendre le relais du premier plan, il tarde à être mis sur les rails pae le ministère. Les certificats d’économie de produits phytosanitaires, principale mesure de ce plan visant à impliquer les distributeurs de pesticides dans une diminution de leurs ventes, sont encore en attente de la parution d’un décret d’ici juillet.



Il faut changer de braquet



Pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto, FNE demande tout d’abord d’interdire les pesticides les plus dangereux mais aussi l’instauration d’une fiscalité sur les produits de traitements qui incite réellement les utilisateurs à diminuer leur usage.



Pour Claudine Joly, en charge des pesticides à FNE : « Nous demandons l’interdiction immédiate des néonicotinoïdes, ces insecticides dangereux pour les pollinisateurs actuellement en débat dans la loi sur la biodiversité, du glyphosate, dont la réautorisation est en débat au niveau européen, et des insecticides utilisés dans le traitement post-récolte des cultures, à l'origine de la majorité des contaminations de produits alimentaires. En particulier, les insecticides à base de chlorpyriphos-méthyl, dont le lien avec des leucémies et des problèmes de neuro-développement chez l'enfant est avéré, doivent être interdits. »



FNE renouvelle fortement sa demande d’une réduction de moitié de l’utilisation globale de tous les pesticides.



Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE, précise : « Nous demandons au Ministre de l’agriculture de mettre immédiatement en œuvre le plan Ecophyto 2 en passant outre les résistances d’une partie des responsables agricoles et des distributeurs. Nous demandons également que le nombre de traitements soit affiché sur les produits alimentaires. Par exemple, le consommateur doit savoir que la pomme qu’il achète a été traitée 35 fois. La France doit aussi agir au niveau européen pour que l’Union européenne dans son ensemble s’engage dans cette réduction d’usage. Enfin, il faut à tout prix faire connaître et démultiplier les bonnes pratiques mises en œuvre par de nombreux agriculteurs engagés dans l’agro-écologie. »



De nombreux exemples d’exploitations agricoles témoignent au quotidien du fait que la réduction de la consommation de pesticides est possible. Ils sont mis en avant par la fédération sur son site Internet : http://www.fne.asso.fr/actualites/pesticides-des-agricult...


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

 

 

Les coûts cachés exorbitants des pesticides : Le Monde – 22 mars 2016

Une étude de l’INRA remet en cause le bénéfice économique d’une agriculture fondée sur la chimie



 Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les « coûts cachés » de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les « externalités négatives » liées à l’utilisation des produits phytosanitaires.



 Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides. Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars…



 « L’utilisation des pesticides procure des bénéfices économiques bien connus en termes de productivité de l’agriculture par exemple, explique Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations (INRA, Cirad, IRD, SupAgro Montpellier) et coauteur de ces travaux. Mais ils entraînent aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun. Et lorsqu’ils sont évalués, ces coûts sont généralement lourdement sous-estimés. »



 Le peu de données disponibles n’a pas permis aux chercheurs de conduire une estimation pour la période actuelle. «On ne peut rien dire de ce rapport coûts-bénéfices, car un certain nombre de produits utilisés à l’époque ont été interdits, mais de nouveaux sont aussi apparus, dont les effets ne sont pas encore pleinement connus, explique M. Bourguet. Nous ne pouvons tenter qu’une analyse rétrospective lorsqu’il y a suffisamment de données. » Exercice d’autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps : des maladies d’aujourd’hui peuvent être le fait d’expositions passées.



 « Ces travaux, juge François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures, montrent que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux. »

 


Boîte de Pandore ouverte



L’étude liste quatre catégories de coûts cachés : environnementaux, sanitaires, réglementaires et les frais d’évitement. Les premiers chiffrent les dégâts sur les services écosystémiques offerts par la nature (pollinisation, etc.) ; les coûts sanitaires incluent les frais de santé, la perte de productivité des travailleurs, etc. ; les coûts réglementaires englobent les fonds publics pour réglementer et contrôler ces substances, ou assainir les eaux et les milieux contaminés…



 Quant aux frais d’évitement, ils sont principalement induits par les excédents de dépense des ménages qui optent pour l’alimentation biologique, afin de minimiser le contact avec les pesticides. Parmi les grands postes de dépense, les auteurs mentionnent les pertes de rendements dues aux résistances aux pesticides développées par les mauvaises herbes ou les ravageurs (soit 2,3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la surveillance des points de captage d’eau (3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la mortalité des oiseaux (6 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), etc.



« Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides. »



 Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an.



« Lorsqu’on envisage des changements de pratiques agricoles, comme c’est le cas avec le plan Ecophyto [destiné à réduire de moitié l’usage de pesticides à l’horizon 2025], on n’évalue généralement que les impacts sur les systèmes agricoles, explique M. Guillemaud. Notre principale conclusion est qu’il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière  beaucoup plus large. »



L’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, chercheuse (INRA) à la Toulouse School of Economics (TSE), qui n’a pas participé à l’étude, salue « un travail énorme, qui ouvre une boîte de Pandore ». « Les auteurs ont conduit leur analyse de manière assez conservatrice sur plusieurs aspects, estime cependant Mme Desquilbet. Ils n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait aussi été possible d’inclure les “externalités sociales” liées à l’utilisation des pesticides : ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social… » Des questions si diverses qu’il serait illusoire de chercher à y répondre sans recours à une expertise collective pluridisciplinaire.

 

Lire également l'article du Monde du 220/3/2016 : Tout ce qu'il faut savoir sur les pesticides.

08/03/2016

Life Tourbières du Jura

Life Tourbières du Jura

 

 Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est désormais en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html


Ce film de 24 minutes vous invite à partir à la rencontre du monde extraordinaire des tourbières, patrimoine naturel si précieux du massif jurassien. De magnifiques images commentées vous transportent au cœur de ces espaces naturels discrets et mystérieux.Ce film, réalisé par Jean-Philippe Macchioni dans le cadre du Life tourbières du Jura, est complété de 7 bonus.

 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

 

Cette lettre vous présente toute l'actualité de ce programme dont l'objectif est de réhabiliter sur 6 ans le fonctionnement de 60 tourbières du massif du Jura franc-comtois. Vous pourrez notamment découvrir dans ce troisième numéro une interview de Jean-Philippe Macchioni, réalisateur du film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne", les derniers travaux menés, une interview de Franck Villemain, maire de Frambouhans, ainsi que de nombreuses autres informations.

 

Contact :

 

Emilie Calvar
Coordinatrice technique programme LIFE Tourbières du Jura
 
Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté
Maison de l’environnement de Franche-Comté
Espace Leclerc - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél : 03.81.53.97.77 (ligne directe) – Fax : 03.81.61.66.21
 

02/03/2016

Agriculture biologique : France Nature Environnement

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25/02/2016

Centre Pro Natura de Champ-Pittet

Centre Pro Natura de Champ-Pittet

 

Exposition artistique "Nature Vaudoise" photographies de Benoît Renevey et illustrations de Laurent Willenegger.

Les deux artistes ont collaboré à la réalisation d'un livre intitulé "Nature Vaudoise. Escapades dans 21 réserves naturelles" et seront présents pour une séance de dédicaces.

 

Champ-Pittet, c'est reparti !

 

Le Centre Pro Natura de Champ-Pittet se réjouit de vous accueillir du 12 mars au 30 octobre 2016

Tous nos différents événements sont détaillés sur notre site internet

 

http://www.pronatura-champ-pittet.ch/manifestations

 

Nous nous réjouissons de vous rencontrer bientôt au Centre.

 

Centre Pro Natura de Champ-Pittet

Ch. de la Cariçaie 1

CH-1400 Cheseaux-Noréaz

Tél. +41 24 423 35 70

 

www.pronatura-champ-pittet.ch <http://www.pronatura.ch/champ-pittet>

www.pronatura.ch/devenir-membre <http://www.pronatura.ch/devenir-membre>

Pro Natura - Agir pour la nature, partout

 

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Savez-vous que près de 90 pour cent des prairies fleuries de Suisse ont disparu au cours des 60 dernières années ?
A voir au Centre Pro Natura de Champ-Pittet jusqu'au 4 septembre 2016, les plus belles photos de prairies du concours lancé par Pro Natura en 2015 dans le cadre de sa campagne "Flower Power - prairies arc-en-ciel".

Le Centre Pro Natura de Champ-Pittet prépare déjà la rentrée et vous propose deux dates à retenir :

- le 4 septembre pour la fête des familles avec de nombreux ateliers et animations.


- le 19 septembre pour la Gratiferia, journée de fête autour du troc.

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