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13/01/2017

Destruction de la loi littoral par le sénat

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13/09/2016

Dernières nouvelles de l'Espace-Terre

Dernières nouvelles de l'Espace-Terre

 

Chers amis,


Il est grand temps de rallumer les étoiles ai-je probablement pensé en écrivant ces nouvelles.. Je souhaite qu’un jour je puisse vous dédicacer ce livre, mais vous pourrez aussi l’avoir d’un clic chez Amazon, FNAC ou Baudelaire.
Et n’oubliez pas que j’apprécie les commentaires, les pertinents et les impertinents... (Qu’on m’enterre sous les commentaires disait le grand Victor H).

Francis

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20/05/2012

Pacifique : un continent de déchets fait plus de six fois la France

7e continent_3Associated press.jpgPacifique : un continent de déchets fait plus de six fois la France

par Cécile Cassier

Journaliste Univers-nature

(dernier ajout le 2 septembre 2015)

 

Découvert en 1999 par le navigateur américain Charles Moore, ce qu’on appelle le « 7e continent » est un gigantesque amas de déchets, situé entre les côtes de Hawaï et l’Amérique du Nord. Ces millions de tonnes de plastiques s’amassent sur une superficie estimée à 3,4 millions de km² selon le Cniid (1), équivalant à plus de six fois la France. Ce "continent" s’est progressivement formé dans l’océan Pacifique Nord, récoltant et concentrant via les courants marins des déchets provenant d’Asie du sud-est et d’Amérique de l’Ouest. La catastrophe de Fukushima aurait contribué, à elle seule, à l’ajout de trois millions de tonnes de déchets.

 

7e continent-2.jpg

 

 

7e-continent.jpg

De par sa position dans les eaux internationales, lesquelles appartiennent à tous ou à personne au gré des nécessités, chacun se dédouane de ce problème qui ne cesse de grossir. Pourtant, l’impact sur l’environnement, et notamment la faune marine, est réel (contamination de la chaîne alimentaire etc.). Aussi, l’association OSL (Ocean Scientific Logistic) a mis sur pied une expédition, visant à évaluer l’impact de ce condensé de pollution. Afin de le sensibiliser, elle tiendra le public informé de ses recherches via un blog dédié (2). Seules deux expéditions scientifiques américaines se sont déjà rendues sur place, respectivement en 2006 et en 2009. Selon OSL, si rien n’est fait, dans 20 ans, ce continent sera aussi grand que l’Europe.

1- Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets.
2- Le blog est accessible à l’adresse suivante : www.septiemecontinent.com

Ajout du 3 mai 2014

 

On pourra également se reporter à l'article Les gyres, vortex de pollution dans les océans

par Frédérique Harrus publié le 02/05/2014 qui actualise l'information (vidéo)

 

Les-5-gyres.jpg

 

Ajout du 25 août 2014

 

Bien sûr, la situation n'est pas meilleure sinon pire pour la pollution chimique des océans depuis la révolution industrielle. Témoin cet article récent qui fait le point sur la pollution de la mer par le mercure.

 

Ajout du 25 août 2014 : Même l'Arctique est gagné par le plastique (Science & Vie  n° 1164, septembre 2014, p. 24)

 

En fondant, la banquise arctique pourrait libérer de leur prison de glace des quantités insoupçonnées de particules de plastique. C'est ce que craignent des chercheurs américains et anglais qui ont découvert pour la première fois la présence de microplastiques (moins de 5 mm de diamètre) dans des carottes de glaces prélevées en quatre points reculés de la région en 2005 et 2010. Les scientifiques ont inventorié entre 38 et 264 débris de polyéthylène, polypropylène, Nylon, etc., par mètre cube... soit près de 1 000 fois plus que dans la tristement célèbre "soupe de plastique" du Pacifique Nord.

 

Ajout du 2 septembre 2015 : Ces déchets de plastique qui envahissent les océans

Article de Sylvie Rouat (Sciences et Avenir, n° 823 septembre 2015, pp. 66-69)

 

Par milliards, des débris se concentrent dans les mers au gré des courants, formant une "plastisphère" polluante très intégrée à l'écosystème. L'éliminer est un casse-tête pour les spécialistes.

 

"Ce qui m'a surpris, c'est qu'on ne voyait rien. La soupe de plastique, brassée en profondeur était invisible. Comment montrer une catastrophe qui ne se voit pas", s'interroge Patrick Deixonne, navigateur-explorateur, au retour de la troisième expédition 7e Continent qu'il a menée du 15 mai au 15 juin 2015 dans le "gyre" de l'Atlantique Nord. Là, dans ce gigantesque tourbillon de la mer des Sargasses, se concentrent des milliards de débris de plastique. Sous l'effet de la force de Coriolis, trois courants y font converger les objets flottants. Jadis, les voiliers s'y retrouvaient entravés dans des agglomérats d'algues. Aujourd'hui, ce sont les déchets de plastique. Ce matériau chimique, peu biodégradable, se fragmente en infimes particules pour créer une "soupe", capable de résister à l'eau de mer et aux UV jusqu'à 1000 ans, et improprement baptisée le "7e continent". Le phénomène, connu depuis moins de quinze ans, se retrouve dans les cinq grands bassins océaniques du monde (Atlantique Nord et Sud, océan Indien, Pacifique Nord et Sud), les courants y emprisonnant les débris de plastique flottants de toutes tailles, depuis la microbille cosmétique jusqu'au bidon. L'étendue de ces gyres est immense : celui du Pacifique Nord couvre une superficie estimée à six fois celle de la France.

"En 2050, si rien ne change, la masse de plastiques dans l'océan sera supérieure à celle des poissons." Une phrase tirée du Rapport de la Fondation Ellen MacArthur, une association britannique caritative, présenté durant le forum économique mondial de Davos.

 

Plastiques-flottants-450.jpg

Pour zoomer, cliquez sur la carte

 

Venus du continent grâce aux vents et cours d'eau

D'où viennent ces déchets ? À 80 % des continents : en 2015, 9,1 millions de tonnes de plastique devraient se retrouver dans la mer, drainés par les pluies et les vents, acheminés par les cours d'eau. En fonction de leur densité, certains coulent, d'autres flottent et sont entraînés par les vents et courants marins. "Aujourd'hui, on estime à 300 millions de tonnes la quantité de plastique dans les océans. Si l'on ne fait rien, il y en aura 155 millions de tonnes supplémentaires en 2025", alerte Patrick Deixonne.

 

Ce printemps 2015, le catamaran de 18 mètres de l'expédition 7e Continent a parcouru quelque 2 500 kilomètres dans le gyre de l'Atlantique Nord pour y faire des prélèvements. "C'était une mission risquée, raconte Patrick Deixonne. Nous étions dix, cantonnés dans un habitacle de 20 mètres carrés, à plus de 2000 kilomètres de toute côte, dans une mer houleuse avec des creux de5 mètres."

 

 

Les déchets intègrent peu à peu la chaîne alimentaire

Sur place, il s'agissait de quantifier et caractériser les macro-, micro- et nanodébris. Chaque trait de filet d'une demi-heure remontait en moyenne 250 pièces de plastique. Ce qui permet d'estimer "à environ 200 000 le nombre de débris par kilomètre carré, pour l'essentiel des particules de 2 millimètres de diamètre", explique Patrick Deixonne. Or ces dernières. brassées par les vagues et la houle échappent pour une grande part aux filets échantillonneurs, qui ne prélèvent que la couche supérieure de la colonne d'eau. "Nos estimations ne sont qu'une fourchette basse", constate le navigateur.

 

À bord du bateau et en laboratoire, les échantillons ont été soumis à l'étude au microscope infrarouge et par spectroscopie "pour savoir s'il existe une signature spécifique des plastiques invisibles", indique Alexandra Ter-Halle, chimiste à l'université de Toulouse. Cette nouvelle méthodologie sera appliquée aux autres gyres, qui seront étudiés dans les prochaines années. La route du bateau a aussi régulièrement croisé de gros déchets flottants. Les membres de l'équipage remontaient chaque jour qui une boîte de Nesquik, qui un bidon, etc. Un observateur posté sur le pont était chargé de les compter, deux heures durant. Soit, selon les premières extrapolations... quelques millions de tonnes ! Problème : ces macrodéchets interagissent avec le milieu marin. Ils fonctionnent en effet comme des DCP (dispositifs de concentration de poissons) — un système utilisé par les pêcheurs —, sous lesquels les poissons ont tendance à s'agglutiner. Quant aux micro- et nanoplastiques, ils s'intègrent peu à peu à la chaîne alimentaire : d'abord colonisés par des micro-organismes, ils sont ensuite assimilés au plancton, premier maillon de la chaîne alimentaire marine. L'ensemble finit par former la "plastisphère", un écosystème marin organisé avec et autour du plastique.

 

300 millions de tonnes : la quantité de plastique dans les océans, 455 millions de tonnes estimés en 2025

A priori, ce "plastiplancton" n'est pas dangereux pour les organismes qui l'ingèrent : "Leur système digestif évacue les constituants du plastique, qui sont des matières inertes, inassimilables", explique François Calgani, spécialiste des plastiques à l'Ifremer de Bastia. Cependant, une étude publiée dans la revue Environmental Toxicology and Chemistry (2012) montrait que des moules mises en présence de nanobilles en polystyrène manquaient d'appétit. L'impact n'est pas nul, donc, sur les organismes filtreurs. Il l'est encore moins quand il est dû à des micro- ou macrodéchets. D'abord parce que ceux-ci servent de véhicules pour 1a dissémination des espèces dans les océans. Ainsi, le tsunami de 2011, qui a lessivé des milliards de tonnes de déchets vers la mer, a entraîné la migration de quelque 120 espèces du Japon au Canada. Et avec elles, un grand nombre d'agents pathogènes pour les populations locales.

 

La plastisphère change les règles du jeu entre les différents organismes. Ainsi en va-t-il des Halobates sericeus, insectes marins qui marchent sur l'eau et pondent sur des objets flottants... a fortiori sur les débris de plastique. Dans un milieu où les ressources sont rares, la multiplication des lieux de ponte favorise leur développement, au détriment d'autres espèces. Et notamment des poissons, qui eux aussi déposent sur les plastiques leurs œufs, un mets de choix pour les halobates. Il y a trois ans, une étude menée par des chercheurs de l'université de Californie (États-Unis) avait établi que ces insectes proliféraient dans le gyre du Pacifique Nord. En 2015, la mission 7e Continent en a prélevé également de grandes quantités dans l'Atlantique Nord. Autres habitants privilégiés du septième continent, les méduses dont les jeunes polypes (premier stade de développement) colonisent volontiers les morceaux de plastique. Peut-être est-ce là la clé de leur prolifération ? "Ce qui est certain, c'est que les méduses mangent des poissons. Donc plusil y a de méduses, moins il y a de poissons", remarque Patrick Deixonne.

 

Enfin, les déchets qui contiennent du polyéthylène, soit la plupart des plasstiques deviennent poreux en se dégradant et absorbent les polluants persistants. Ils se muent ainsi en véritables "éponges" à métaux lourds. Que deviennent ces polluants ? Sont-ils rejetés dans l'environnement ? Sont-ils transférés aux algues, au plancton ? L'étude de la plastisphère ne fait que commencer. Et face à l'étendue du désastre, "il est urgent de comprendre avant d'envisager de nettoyer les mers", avertit Alexandra Ter-Halle. Car sous les plastiques, il y a la vie, une vie foisonnante à préserver.

 

 Les solutions pour s'en débarrasser

Parmi les actions envisageables, certaines relèvent de la fausse bonne idée, mais d'autres auraient une réelle efficacité.

Selon une étude publiée dans Science en 2015, les 192 pays côtiers de la planète ont produit 275 millions de tonnes de déchois plastique en 2010, dont 8 millions de tonnes ont été déversés dans les océans. Face à ce constat, que faire ?

 

Réduire la pollution à la source ?

Bannir tous les plastiques ? La solution est irréaliste. Sans film alimentaire, par exempmle, une grande quantité de nourriture serait jetée. Cependant, des mesures de restriction sont prises. En France, les sacs de caisse seront interdits en 2016 : un sac qui sert 20 minutes pollue en effet 450 ans...

 

Rendre le plastique biodégradable ?

Les plastiques biodégradables sont conçus pour se déliter dans des conditions spécifiques d'humidité, de chaleur et de microbiologie rarement atteintes dans la nature. Il existe un plastique dit oxofragmentable :un additif permet sa fragmentation. Fausse bonne idée, car il rend la pollution invisible. Les emballages compostables sont. eux, issus de produits naturels : pommes de terre, algues, maïs, déchets agroalimentaires. C'est l'option choisie par le Laboratoire d'ingénierie des matériaux de Bretagne (Limat B), qui utilise des déchets locaux associés à des bactéries marines pour produire des emballages à usage local. Une économie circulaire vertueuse.

 

Empêcher l'arrivée à la mer ?

Cela nécessite l'immobilisation générale à l'échelle d'un bassin versant, impliquant le nettoyage régulier des cours d'eau. L'équipe de l'ONG 7e Continent mène ainsi chaque année des opérations de nettoyage, la dernière ayant eu lieu dans la Seine, où ont été enlevés en moyenne 100 kilos de déchets tous les 100 mètres. "En France, les agences de l'eau financent des grilles de captation, mais c'est encore anecdotique", souligne Patrick Deixonne, de 7e Continent. Une application participative sera inaugurée en septembre ("Stop le plastique") pour permettre de photographier et localiser par GPS les lieux contaminés. Ces informations seront transmises aux services de collecte des déchets.

 

Ramasser les déchets ?

 Simple et efficace à court terme. Cette solution a été expérimentée à l'échelle d'un pays, le Liban, où, au lendemain de la guerre civile, les fonds marins étaient recouverts de plus d'un mètre de déchets. En août 1997, l'association Opération Big Blue lançait la première campagne de ramassage qui a réuni 40 000 personnes sur tout le littoral. Depuis, ce nettoyage est devenu annuel. Problème : tant que des plastiques seront relâchés dans la nature, il faudra les ramasser. Le cycle est sans fin, donc.

 

Piéger les déchets en mer ?

C'est le pari du Néerlandais Boyan Slat qui a imaginé une barrière souple de deux kilomètres de long, attachée aux fonds marins, qui arrête les déchets poussés par les courants. Ceux-ci se concentrent au milieu du dispositif, d'où ils sont extraits à partir d'une plate-forme. L'association The Ocean Cleanup a annoncé la mise en place d'un prototype en 2016 au large du Japon. Problème : ce système ne tient pas compte de la plastisphère et de la vie qui lui est associée. Et ne résout pas le problème des nanoparticules.

 

Capture-des-déchets-en-pleine-mer-450.jpg

 `voir aussi :

 

En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans (Sciences et Avenir)
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/20160122.OBS3208/en-2050-il-y-aura-plus-de-plastique-que-de-poissons-dans-les-oceans.html

Voilà comment des plaques de déchets se forment dans les océans (Maxisciences)
http://www.maxisciences.com/ocean/voila-comment-des-plaques-de-dechets-se-forment-dans-les-oceans_art35772.html

Le 7e continent de plastique: ces tourbillons de déchets dans les océans (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/le-7e-continent-de-plastique-ces-tourbillons-de-dechets-dans-les-oceans_1696072_3244.html

Bluebirds Marine Systems (le fabricant de SeaWax)
http://www.bluebird-electric.net/

L'Europe et la France vont-elles enfin interdire les sacs plastique? (Notre Planète)
http://www.notre-planete.info/actualites/3868-sacs-plasti...

23/07/2010

Coraux des Antilles (1)

Sous le vocable de corail, on désigne plusieurs formes animales coloniales qui appartiennent toutes au phylum des Cnidaires et dont le squelette est appelé polypier. Ce premier chapitre présente les principaux représentants des Cnidaires. Il définit et situe les coraux dans ce phylum.

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Coraux des Antilles (2)

Classification et inventaire des coraux hermatypiques (constructeurs de récifs) rencontrés aux Antilles

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22/07/2010

Coraux des Antilles (3)

Anatomie des coraux hermatypiques des Antilles

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21/07/2010

Coraux des Antilles (4)

Clé simplifiée de détermination des coraux des Antilles

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20/07/2010

Coraux des Antilles (5)

Hydrocoralliaires et Scléractiniaires en place dans le récif

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19/07/2010

Coraux des Antilles (6)

Nutrition, calcification, reproduction et développement des coraux de la Province caraïbe

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18/07/2010

Coraux des Antilles (7)

Croissance du Corail et répartition des récifs dans la Province Caraïbe

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17/07/2010

Coraux des Antilles (8)

Différents types de récifs coralliens. Morphologie et genèse des récifs coralliens des Antilles

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16/07/2010

Coraux des Antilles (9)

Biocénoses récifales remarquables de la Province caraïbe. Compétition, prédation, stratégies de défense, associations : commensalisme, symbiose.

Lire la suite

15/07/2010

Coraux des Antilles (10)

Chapitre annexe présentant d'autres organismes associés au récif corallien qui n'ont pas trouvé leur place dans les précédents chapitres

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Coraux des Antilles (11)

Évolution des récifs coralliens actuels de la Caraïbe. Problème du blanchissement des coraux.

 

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20/06/2010

Le désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique

Greenpeace_maree-noire-1.jpgLe désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique

 

 

(Dernière mise à jour : 2 janvier 2016)

Les faits :

 

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La plateforme Deepwater Horizon avant la catastrophe

 

20 avril 2010 : À la suite d’une explosion, un incendie ravage Deepwater Horizon, la plateforme exploitée par BP à 80 kilomètres des côtes de la Louisiane, faisant 11 morts. Deux jours plus tard, elle sombre dans l’océan.

 

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Vue satellite de la fuite de pétrole

 

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Désastre pétrolier golfe du Mexique_01-1.jpg
©Géo/Martin Fossati
 

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Deepwater Horizon en feu - Le 21 avril 2010, l’incendie fait toujours rage sur la plateforme de BP dans le golfe du Mexique. Elle sombrera le lendemain

 

25 avril : Selon les estimations des gardes-côtes américains, la nappe d’hydrocarbures s’échappant du puits situé à 1 500 mètres de profondeur s’étend sur une surface de 32 kilomètres carrés. Au total, trois fuites sont repérées. BP envoie quatre robots sous-marins pour tenter de fermer la valve de sécurité des puits, en vain.

 

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Des navires capturent "au lasso" des nappes de pétrole

 

28 avril : Les premières opérations de brûlage de la nappe de pétrole sont lancées.

 

29 avril : Le pétrole atteint les marais proches du delta du Mississippi, un écosystème particulièrement fragile.

 

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Des barrages flottants ont été mis en place

près de la côte pour protéger les pêcheries

 

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Barrages flottants destinés à protéger

les sites de nidification des oiseaux marins

 

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Les marais côtiers de la Louisiane constituent

un sanctuaire pour la faune,

en particulier les oiseaux aquatiques

 

30 avril : Après la Louisiane, la Floride, l’Alabama et le Mississippi décrètent l’état d’urgence. Le gouvernement américain déclare cette marée noire "catastrophe nationale".

 

1er mai : La nappe d’hydrocarbures s’étend à présent sur environ 1 500 kilomètres carrés.

 

2 mai : Interdiction de la pêche dans les eaux touchées par la marée noire.

 

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3 mai 2010 : la Garde nationale construit une barrière Hensco sur l'île Dauphin, Alabama

 

5 mai : Des robots sous-marins parviennent à colmater l’une des trois fuites, mais le volume de pétrole qui s’échappe du puits reste colossal (5 000 barils, soit 800 000 litres par jour, selon les estimations de BP).

 

8 mai : BP pose sur la fuite principale un couvercle de confinement, un dôme de 12 mètres de hauteur et pesant 100 tonnes. Mais des cristaux similaires à de la glace se forment et empêchent le pompage du pétrole jusqu’à la surface. Le dispositif est retiré.

 

16 mai : BP parvient pour la première fois à pomper du pétrole en introduisant un tuyau de 15 centimètres de diamètre dans le puits.

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Un énorme silo blanc d'une centaine de tonnes a été

embarqué à bord d'une barge partie de Louisiane

 

26 mai : Lancement de "Top Kill", l’opération la plus ambitieuse de BP. Le géant pétrolier tente d’injecter des boues lourdes dans le puits pour stopper l’écoulement de brut. Après trois jours de travaux, BP annonce que la tentative est un échec.

 

3 juin : Un dôme en forme d’entonnoir est installé sur la fuite principale, permettant de siphonner le pétrole jusqu’à un navire stationné en surface. Le nouveau dispositif comporte des soupapes pour éviter la formation des cristaux. Près de 15 000 barils de brut sont récupérés chaque jour. Selon le directeur général de BP, Tony Hayward, ce volume représenterait la « grande majorité » du pétrole qui s’échappe du gisement. Ce que réfute le responsable des gardes-côtes américains, Thad Allen, qui pencherait plutôt pour le tiers ou la moitié de la fuite.

 

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Premières victimes : les oiseaux (cliché Géo)

 

Le Pélican marron, qui habite dans les marécages de la Louisiane, est devenu le symbole du désastre écologique qui frappe le golfe de Mexique. Cette région de marais et de bayous abrite une grande biodiversité, protégée par des réserves naturelles. Celle de Breton National Wildlife Refuge, située sur les îles Breton et Chandeleur, au sud de la Louisiane, a été gravement touchée par la nappe de pétrole. Et ceci au plus mauvais moment : en pleine période de reproduction et de nidification des oiseaux.

 

Près de 600 oiseaux, 250 tortues de mer et 30 dauphins figurent parmi les premières victimes. Les oiseaux mazoutés sont amenés au centre vétérinaire de Fort Jackson, mais ils n’ont que 50 % à 70 % de chances de survie, estiment les vétérinaires. Le pétrole qu’ils ont ingéré leur cause des dégâts dans les poumons et le foie.

 

Le site de Greenpeace montre les images d'animaux mazoutés soigneusement camouflées par les autorités américaines.

 

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Le delta du Mississippi asphyxié (cliché satellite Géo)

 

Cette image satellite en fausses couleurs prise le 24 mai 2010 montre de manière spectaculaire à quel point la marée noire a envahi tout le delta du Mississippi. En rouge : la végétation, et en gris... le pétrole.

 

À ce jour, environ 200 kilomètres de côtes de quatre états – Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride – sont touchés. D’après les spécialistes, les dégâts sont si importants que, dans certaines zones, il n'y a plus aucune trace de vie. L’amiral Thad Allen, responsable des gardes-côtes américains, estime que restaurer l’écosystème dévasté prendra des années.

 

Enfin, il est probable que la marée noire aura un impact sur d’autres états, tels que le Mexique, les Bahamas, les Bermudes ou Cuba dans les mois à venir.

 

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Un écosystème ravagé (cliché aérien Géo)

 

Le 29 avril, le pétrole a atteint les marais proches du delta du Mississippi, un écosystème foisonnant et particulièrement fragile. De nombreuses espèces de poissons et de crustacés vivent dans cette zone humide, qui constitue aussi une étape importante pour les oiseaux migrateurs, qui y nidifient. Au large des côtes, les eaux du golfe du Mexique abritent également une riche faune marine (dauphins, tortues marines, baleines, crevettes, plancton…).

 

La marée noire aura inévitablement des conséquences à long terme sur cet écosystème. L’un des risques est le phénomène de bioaccumulation des hydrocarbures dans les tissus des organismes vivants, c’est-à-dire la transmission de substances toxiques entre les maillons de la chaîne alimentaire, le prédateur ingérant les polluants présents dans sa proie.

 

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Serpent toxique (cliché aérien Géo)

 

Comme un serpent empoisonné qui fraierait dans le golfe du Mexique, une traînée orange flotte à la surface de l’eau. La composition de cette nappe aux couleurs chatoyantes ? Du pétrole coagulé par les dispersants et du brut fraîchement échappé du puits, situé à 14 kilomètres de là.

 

 

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Nettoyage manuel des côtes (cliché Coast Guards)

 

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Incendie provoqué d'une nappe (cliché Coast Guards)

 

Chargé des opérations de nettoyage, BP est critiqué pour l’utilisation de ces dispersants qui permettent de réduire le pétrole à de petites particules. Depuis le début de la catastrophe, plus de 4 millions de litres de produits ont ainsi été déversés dans les eaux territoriales américaines. Le Coredit 9500, l’un des dispersants utilisés, est susceptible de provoquer des problèmes de santé.

 

Greenpace-1.jpg

Le serpent pollue le delta du Mississipi (cliché aérien Greenpeace)

Voir la suite dans : "Deepwater Horizon : autopsie d'une catastrophe"

Voir également : Vidéos Greenpeace et Diaporama Greenpeace

 

Ajout du 25 août 2014

 

Un article de presse pêché dans Humanité et Biodiversité : Quand les forages pétroliers menacent les 55 derniers dauphins maui de la planète.

 

Ajout du 2 janvier 2016

 

La dispersion du pétrole de Deep Water Horizon a été néfaste (Sciences & Avenir, n° 827, janvier 2016)

 

Des bactéries gloutonnes en pétrole ont été supprimées par les produits chimiques déversés pour nettoyer la surface de l'eau en 2010.

 

Le remède aura été pire que le mal : des expériences de l'université de Géorgie (États-Unis) montrent que si les dispersants chimiques déversés par avion après la catastrophe de Deep Water Horizon (lire Sciences & Avenir n° 763, septembre 2010 et n° 778, décembre 2011) ont bien nettoyé la surface de l'eau, ils ont en revanche détruit une population de bactéries naturellement gloutonnes en pétrole. Du coup, l'huile noire et lourde tapisserait désormais une grande partie des fonds du golfe du Mexique.

 

Retour en 2010. La fuite d'un puits de forage en eau profonde de BP provoque le déversement de 172 millions de litres d'hydrocarbure dans l'océan. En réponse, près de 7 millions de litres de Corexit 9500 sont largués pour "dégrader le pétrole en surface et dans les eaux profondes". Le hic, selon la spécialiste des sciences marines Samantha Joye, qui a testé en laboratoire les différents panaches océaniques et leurs effets sur 50 000 bactéries, c'est que ce dispersant — autorisé — ne dégrade pas entièrement le pétrole. Pis, il favorise l'expansion des micro-organismes Colwellia qui "effilochent" le pétrole, tout en limitant sévèrement la prolifération des Marinobacter qui dégradent le mieux le brut lourd. Les résultats sont maintenant sur le bureau de l'Agence de protection environnementale américaine.

 

DeepWater Horizon : marée noire, autopsie d'une catastrophe

30000-km-touches.jpgMarée noire, autopsie d'une catastrophe


(Suite de désastre pétrolier dans le Golfe du Mexique)

(Dernière mise à jour : 16/12/2011)

 

Avec l'explosion du puits DeepWater Horizon, c'est un désastre à long terme qui a touché le golfe du Mexique. Enfin, dans les derniers jours de juillet, la pose d'un nouvel entonnoir a permis de stopper la quasi-totalité des écoulements. Enfin BP a annoncé être enfin parvenu à boucher le puits lors de l'opération Static kill. Il a été définitivement colmaté le 19 septembre 2010.

 

L'ampleur de la mobilisation a été sans égale pour une marée noire : 45 000 intervenants, 4000 bateaux ont été mobilisés pour combattre la catastrophe.  De leur côté, des centaines de scientifiques et d'experts se mobilisent pour en mesurer l'ampleur. Contrairement à celle de l'Exxon Valdez, qui souilla durablement les côtes de l'Alaska en 1989 et dont l'impact est encore visible à l'heure actuelle, celle-ci affecte directement le territoire des États-Unis : le golfe est une destination touristique majeure et la pêche locale fournit 20 % des produits de la mer d'origine nationale consommés sur le marché intérieur. Sans compter un patrimoine naturel unique au monde : les bayous c'est-à-dire les marais côtiers et intérieurs de Louisiane représentent 40 % des marais américains. Ils se rencontrent aussi sur les côtes d'Alabama, du Mississippi et de Floride. Rien d'étonnant à ce que les deux agences fédérales en charge de la mer et de la recherche, NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et NSF (National Science Foundation), aient débloqué des moyens d'urgence pour permettre aux universités américaines de travailler sur ce désastre imprévu.

 

marée noire golfe du Mexique_01-1.jpg

Infographie "Sciences et Avenir", septembre 2010

 

De nombreux navires océanographiques appartenant aux universités ont été réquisitionnés pour des campagnes dans le golfe. L'objet principal de leur mission : évaluer l'étendue et la composition chimique des panaches de pétrole flottant entre deux eaux notamment la quantité de méthane dissous retenu dans l'eau ou émis dans l'atmosphère. Les spécialistes ont en effet signalé dès le début l'importante concentration en méthane de ce pétrole brut : plus de 40 % comparés aux 5 % d'un pétrole ordinaire extrait à terre. C'est la raison des flammes au-dessus de la fuite : grâce à l'entonnoir placé jusqu'à la mi-juillet sur le puits, l'énorme navire Discoverer Enterprise captait entre 20 et 40 % de la fuite (estimée mi-juillet à 60 000 barils/jour) et séparait le gaz qu'il brûlait sur place. Il était aidé dans cette tâche par un second navire géant qui, lui, brûlait le reste du méthane et un maximum du pétrole flottant, aspiré sur l'eau environnante par environ 50 "navires écrémeurs".

 

Au-delà de l'embouchure du Mississipi, les dégâts sont bien visibles sur les roselières émergeant de l'eau, noires et gluantes sur 30 centimètres de hauteur, révélant l'insidieuse pénétration de la marée noire dans les tréfonds du marais. En dépit de la pose de milliers de kilomètres de boudins absorbants destinés à protéger ce milieu fragile et de la construction pharaonique d'îles artificielles de sable face aux passes conduisant aux lacs intérieurs, l'huile pénètre partout, poussée par les vents violents. Dans le golfe, ces marais amortissent habituellement l'impact des tempêtes sur les côtes, ralentissent l'érosion, capturent et absorbent les nutriments en excès avant que ceux-ci n'atteignent les eaux vives. Tout cela est menacé. Car il ne suffira pas que le pétrole ait disparu de la surface de la mer pour que la vie reprenne. Les sédiments imprégnés vont relarguer pendant des années des "éclats" de pétrole concentrant métaux, dispersants et autres composés toxiques. En mer, toute la chaîne alimentaire sera touchée à commencer par le phytoplancton et les larves d'invertébrés et de poissons. Difficile de savoir comment résisteront les habitants des marais, notamment les plus emblématiques, tortues, serpents et alligators. Selon la quantité de pétrole, ils seront plus ou moins affectés. Les adultes survivront mieux que les jeunes.

 

Le montant total des dommages pour la compagnie BP s'élevait à 8,1 milliards d'euros au 29 septembre 2010. On ne saura jamais combien de pétrole s'est écoulé dans le golfe. Le chiffre de 780 millions de tonnes de pétrole est avancé. Si la nappe est désormais peu visible sur la côte, seulement 20 % du pétrole répandu aurait été retiré de l'océan, estime la Woods Hole Océanographie Institution (WHOI) de l'université de Géorgie dans Science. Le reste serait coincé à environ 1100 mètres de profondeur sur 35 kilomètres de large, selon des prélèvements effectués dans la colonne d'eau à proximité du lieu de la catastrophe.

 

Ce panache de faible concentration se déplace de six à sept kilomètres par jour et fluctue selon les marées. « Il fait 200 m de haut et ne varie que de quelques dizaines de mètres », précise Richard Camilli, directeur de l'équipe du WHOI. Nous voilà loin des propos optimistes tenus le 4 août par la conseillère pour l'énergie et le climat de l'administration Obama ! Carole Browner claironnait alors que les trois quarts des 780 millions de litres de pétrole déversés dans le golfe se seraient évaporés sous l'effet du rayonnement solaire, ou auraient été absorbés par la vie bactérienne ou encore brûlés à la surface. La question qui se pose est de savoir comment vont évoluer les molécules d'hydrocarbures coincées à ces profondeurs.


En fait, dans une étude plus récente (septembre 2011) comparant la composition du pétrole échappé du puits de 1500 m de fond à celle du pétrole retrouvé en surface, Christopher Reddy, de l'Institut océanographique de WoodsHole (États-Unis), a montré que seuls les composés insolubles sont remontés à la surface.  Les composés (benzène, éthylbenzène, toluène, xylènes...), hautement toxiques, demeurent à 1100 m de profondeur. L'immense nappe de pétrole répandue dans le Golfe du Mexique n'était donc que la partie émergée de l'iceberg.

 

Des bactéries pourraient-elles venir à bout de ce pétrole profond ?

 

Science a publié une étude rassurante du Berkeley National Laboratory (Californie). Cette équipe a en effet repéré dans l'eau prélevée dans le panache profond plusieurs espèces de protéobactéries gamma (l'un des cinq groupes de protéobactéries), qui seraient capables de digérer des composés du pétrole sans utiliser d'oxygène. Ces bactéries inconnues, révélées par analyse génétique, sont stimulées par les milieux froids et devraient donc dégrader les molécules à cette profondeur. En cuves de laboratoire, en tout cas, elles ont réduit de moitié en moins de six jours la concentration en pétrole. Cette performance est-elle la même à – 1000 m ? De nombreux microbiologistes sont sceptiques. Ils se demandent par ailleurs si ces micro-organismes sont capables d'absorber les composants des hydrocarbures connus pour être les plus difficilement assimilables par les êtres vivants. Le suivi du panache dans les prochains mois est donc essentiel.

 

Quoiqu'il en soit, une observation de très long terme sera nécessaire pour tirer le bilan de cette marée noire qui n'a jamais eu de précédent par son ampleur. S'il est encore trop tôt pour prédire l'impact précis de cet accident industriel sur l'écosystème, les scientifiques s'accordent sur un point : il sera majeur.

 

Deepwater Horizon mai 2011 : où est le pétrole ?

 

Début mai 2011, le site Internet du pétrolier BP dédié à la catastrophe de Deepwater Horizon répercutait que 68 très rares tortues de Kemp avaient nidifié sur des plages du Texas. Une preuve, semblait dire le pétrolier, que la nature reprend ses droits, un an après la destruction de la plate-forme Deepwater Horizon, le 21 avril 2010. Le puits a été rebouché le 19 septembre et entre temps 800 millions de litres de brut se sont répandus dans le golfe du Mexique. Les scientifiques sont bien plus prudents quant à la santé retrouvée de l'océan. Le mystère demeure sur ce qu'est devenue la masse d'hydrocarbures relâchée à 1500 m de profondeur : absorbée par les bactéries, flottant entre deux eaux, déposée sur le benthos, l'ensemble des organismes vivant dans le fond des mers ? Personne ne peut non plus prédire l'impact des sept millions de litres de dispersants chimiques injectés. Le Conseil de défense des ressources naturelles a de son côté calculé que 6000 oiseaux, 600 tortues de mer et une centaine de cétacés ont péri. De nombreux endroits de la côte de la Louisiane restent pollués même si les dernières zones de pêche fermées ont réouvert le 19 avril. BP a décidé le 22 avril d'octroyer 680 millions d'euros supplémentaires pour la restauration des milieux. La catastrophe va lui coûter au moins 28 milliards d'euros.

www.restorethegulf.gov

 

Dans un article publié dans le n° de Sciences et Avenir de décembre 2011, Hélène Crié-Wiesner fait le point sur la situation dans le Golfe du Mexique.

Comme si le golfe du Mexique, où s'est déversée cette gigantesque marée noire, n'avait pas assez souffert, il a également dû absorber au printemps 2011 la plus importante crue du Mississippi jamais enregistrée dans l'histoire américaine. Cet afflux brutal de millions de litres d'eau charriant une quantité vertigineuse de polluants venus du continent a accru la fragilité des zones côtières, qui n'avaient pas récupéré depuis la marée noire.

Travaillant sur les problèmes d'impact sur l'environnement de cette marée noire, les chercheurs indépendants décrivent une situation désastreuse : plus de 26 000 hectares de délicats marais côtiers « semblent malades » ; le système immunitaire de certains poissons « paraît compromis » ; la croissance des algues et du plancton a « ralenti » dans certains endroits ; « une couche de boue noire et gluante » recouvre les fonds aux alentours du puits accidenté ; des créatures vivant en eaux profondes - coraux, étoiles de mer, vers... - ont été photographiées gisant mortes à plus de mille mètres sous l'eau ; des millions de poissons et de crustacés, des milliers d'oiseaux et des centaines de tortues et de dauphins sont régulièrement trouvés morts, leurs tissus imprégnés de pétrole. Ces renseignements ne sont pas contestés par les rapports officiels. Mais l'enjeu est désormais de fournir des preuves pour affirmer que c'est bien le pétrole issu de la plate-forme gérée par BP qui est à l'origine de ces dégâts.

 

Qu'est-il advenu du pétrole déversé à jet continu pendant tous ces mois ? Dans son rapport, la NOAA donne des estimations : 25 % s'est évaporé ou a été absorbé par les innombrables bactéries utilisant le pétrole pour leur métabolisme; 17 % a été récupéré ; 16 % a été traité par le dispersant chimique qui a « cassé » les molécules du brut en fines gouttelettes réparties ensuite dans l'eau en panaches discrets ; 13 %, violemment projeté à la sortie du puits, s'est aussi divisé en fines gouttelettes ; 5 % a été brûlé à la surface de la mer et 3 % a été « épongé » à terre et en mer par les nettoyeurs et les boudins flottants. La NOAA évalue entre 11 et 30 % le « pétrole résiduel », dont personne ne sait exactement où il se trouve ni sous quelle forme. Le seul désormais visible est celui qui englue encore les côtes de Louisiane et que l'on ne collecte plus. En février, les gardes-côtes ont en effet demandé à ce que l'on interrompe le nettoyage systématique exigé de BP par certains politiques locaux, notamment sur les plages : ces dernières sont écologiquement handicapées par ce grattage qui empêche tout renouvellement de l'écosystème. Les opérations se poursuivent en revanche dans certains marais. Pour Nancy Rabalais, spécialiste des organismes marins au Louisiana Universities Marine Consortium, « on peut très difficilement se faire une idée de la quantité de pétrole dans les marais intérieurs et côtiers, dans les mangroves, ainsi que dans certaines "îles barrières" qui défendent l'entrée des passes. Mais certains dégâts sont invisibles : le pétrole a été recouvert par des sédiments. L'huile empêche le travail des bactéries, l'oxygène n'arrive plus aux racines et il y a forcément une perte de la masse racinaire. On a vu des marais mourir ici et là, mais repousser ailleurs directement à travers le pétrole. Il est trop tôt pour savoir comment les choses vont évoluer. »

 

 Il faut noter que l'exploitation a continué comme si de rien n'était. On comptait 10 % de plates-formes supplémentaires dans le golfe du Mexique en février 2011 par rapport à l'été 2010. En additionnant les structures en place depuis 1910 actives ou à l'abandon, le nombre total de plates-formes gazières et pétrolières se monte à plus de 3858, dont 3000 dans les seules eaux louisianaises, selon le dernier chiffre officiel communiqué en 2006 par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Le gouvernement avait bien décidé d'un moratoire sur les forages en eaux profondes, mais il l'a levé en octobre 2010, exigeant en contrepartie de nouvelles règles de sécurité.

 

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Plus de 4000 plates-formes dans le golfe

(document BOEMRE, Secretary of Interior)

 

L'Europe risque-t-elle d'être touchée ?

 

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Infographie "Sciences et Avenir", septembre 2010

 

Le Gulf Stream, qui naît entre la Floride et les Bahamas, pourrait emporter le pétrole, dilué, jusqu'en Europe. Une fois embarquées par le courant, les nappes vont remonter vers le Nord. En général, le Gulf Stream ne s'approchant guère des côtes américaines, les nappes devraient épargner les rivages du Sud-Est des États-Unis. Mais des vents locaux peuvent toutefois pousser des nappes diluées ici et là. Le pétrole peut effectivement arriver en Europe, mais alors il sera très dilué et détectable seulement en laboratoire. Pour autant, ce sera toujours du pétrole, avec un impact sur les écosystèmes.

 

Sources :


  • Chauveau Loïc,  Sciences & Avenir, octobre 2010, p. 32.

 

  • Crié-Wiesner Hélène, Marée noire, autopsie d'une catastrophe, Sciences et Avenir sept 2010.

 

  • Crié-Wiesner Hélène, Marée noire, un tiers du pétrole porté disparu, Sciences et Avenir déc 2011.

 

  • La tête au carré,  émission de France Inter du 14 septembre 2010.

28/05/2010

Le Périophthalme : un poisson qui sort de l'eau

périophthalme2-1.jpgLe Périophthalme : un poisson qui sort de l'eau

Periophthalmus sp.

 

par André Guyard

 

Les Périophthalmes sont des poissons de la famille des Gobiidés appelés Gobies des mangroves ou Poissons grenouilles. En effet, ils sont communs dans les mangroves des zones intertropicales et sont capables de vivre provisoirement à l'air libre. On les rencontre dans toute l'Afrique tropicale, en Asie et en Australasie. Les périophthalmes présentés ici ont été observés dans les mangroves du nord-ouest de Madagascar.

 

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Périophthalme sortant de l'eau

(cliché Christine Rouannet)

 

Poisson amphibie, le Périophthalme est capable de sortir de l'eau pour se hisser sur les berges et grimper sur les racines échasses des palétuviers Rhizophora sp. grâce à ses nageoires pectorales qu'il utilise comme des pattes. Il chasse à l'affût divers insectes (mouches) et autres invertébrés (petits crabes).

Sa respiration s'effectue alors par des échanges gazeux à travers la peau et certaines muqueuses riches en vaisseaux sanguins. Il se déplace avec agilité sur le sable ou la vase en utilisant ses nageoires pectorales puissantes et développées. Comme tous les Gobiidés, ses nageoires ventrales formant une ventouse, il peut rester fixé sur une surface verticale.


Le périophthalme utilise ses nageoires pectorales pour se déplacer sur la rive

 

Les yeux du Périophthalme ont une structure double, lui permettant une vision subaquatique et une vision aérienne d'où son nom. Ses yeux protubérants sont indépendants l'un de l'autre à la manière de ceux des caméléons.

 

Le Périophthalme est un poisson territorial qui défend son territoire contre ses congénères.

 

L'intérêt phylogénétique de cette espèce est évident : il représente une forme de transition entre les vertébrés aquatiques et les vertébrés terrestres.

 

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23/04/2010

Le Manchot de Magellan

Manchot de Magellan_0861-logo.jpgLe Manchot de Magellan

Spheniscus magellanicus Forster, 1781

Famille Spheniscidae

 

par André Guyard et Marcel Hoeuillard

 

Le Manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus) est une espèce de manchot sud-américain qui se reproduit sur les côtes de l'Argentine, du Chili et sur les îles Malouines.

 

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Comme chez tous les manchots, le couple est indissociable
(Cliché Marcel Hoeuillard)

 

Il constitue l'espèce la plus nombreuse appartenant au genre Spheniscus. Ses cousins les plus proches sont le Manchot du Cap, le Manchot de Humboldt et le Manchot des Galapagos.

 

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Manchots de Patagonie et d'Antarctique

Sur la planche ci-dessus, sont répertoriés : 1 le Manchot de Magellan (Spheniscus magellanicus) ; 2 et 10 : le Manchot Adélie (Pygoscelis adeliae) ; 3 et 8 : le Gorfou sauteur (Eudyptes chrysocome) ; 4 et 11 : le Gorfou doré (Eudyptes chrysolophus) ; 5 et 9 : le Manchot à jugulaire (Pygoscelis antarcticus) ; 6 poussins de Gorfou papou ; 7 le Gorfou papou (Pygoscelis papua) ; 12 le Manchot royal (Aptenodytes patagonicus).

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Le Manchot à œil jaune ou Manchot antipode

(Megadiptes antipodes) vit en Nouvelle-Zélande

 

Quant au Manchot de Magellan, il est de taille moyenne (45 cm), et de couleur noir et blanc. Il a une tête noire entourée d'une bande blanche. Il a le dos gris-noirâtre et le ventre blanchâtre, avec deux bandes noires entre la tête et la poitrine, la bande inférieure en forme de fer à cheval inversé.

 

Il se nourrit de poisson, calmar, krill, et autres crustacés.

 

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Le poussin est nourri par régurgitation
(Clichés Marcel Hoeuillard)

 

Les clichés qui illustrent cet article ont été réalisés en janvier 2010 dans la réserve de Punta Tombo (Argentine). D'une superficie de 2,10 km2, cette réserve a été créée en 1972. Elle se situe sur la côte atlantique de la province de Chubut.

 

 

Punta Tombo est une étroite frange rocheuse de 3 km de long pour 600 m de large qui pénètre dans l'Océan Atlantique. Ce cap rocheux prononcé est dû à l'existence d'un affleurement de roche cristalline, d'origine préjurassique, qui a résisté à l'érosion marine. Sur ce substrat on trouve de vastes zones de sable fin mais compacté, ce qui constitue un terrain idéal pour que les manchots puissent creuser leur nid. De vastes zones du sol sont littéralement minées de cavités de faible profondeur, où les manchots déposent chaque année leurs œufs et élèvent leurs poussins.

 

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Le poussin à l'abri dans son terrier
(Cliché Marcel Hoeuillard)

La pente douce de ces plages, facilite beaucoup le déplacement terrestre des oiseaux, qui plusieurs fois par jour effectuent le trajet entre leur nid et la mer pour s'y alimenter.

 

Précédant les femelles, les manchots mâles reviennent sur la plage à la fin du mois d'août et reprennent possession du nid utilisé la famille année après année. Au début du mois d'octobre, les femelles pondent deux œufs, qu'elles couvent avec les mâles pendant quarante jours. Pendant cette période, le couple se relaie pour s'alimenter et surveiller le nid. Toute inattention est utilisée par des goélands (gaviotas) et autres oiseaux pour s'alimenter aux dépens des œufs. À la fin du mois d'avril, les poussins ont appris à nager et à s'alimenter par eux-mêmes, et entreprennent avec leurs parents leur périple annuel dans l'Atlantique sud.

 

L'année suivante fin janvier, les juvéniles passent deux semaines à terre sans se nourrir pour acquérir leur plumage adulte définitif.

 

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En janvier, c'est l'été austral : les adultes ont chaud
(Cliché Marcel Hoeuillard)

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Et les juvéniles aussi
(Cliché Marcel Hoeuillard)

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Juvéniles en cours de mue
(Clichés Marcel Hoeuillard)

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Le Manchot papou se distingue par
son bec rouge et ses pattes jaunes
(Clichés Marcel Hoeuillard, presqu'île de Valdès)

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  Gorfous sauteurs (Cliché Marcel Hoeuillard)


On a comptabilisé à Punta Tombo la présence de plus d'un million de Manchots de Magellan, ce qui fait de la réserve la plus grande colonie (en espagnol pingüinera) continentale de cette espèce.

 

D'autres espèces d'oiseaux nidifient aussi en ces lieux. Citons le Goéland cuisinier cocinera (Larus dominicanus) ou gaviota, le Goéland gris ou austral (Larus pacificus), les labbes (Stercorarius antarcticus et chilensis), le Cormoran royal (Phalacrocorax albiventer), le Cormoran de Magellan (Phalacrocorax magellanicus) et l'huîtrier de Garno ou ostrero (Haematopus leucopodus). La réserve est aussi visitée par les colombes antarctiques, les pétrels et les Sternes inca (Larosterna inca) ou gaviotínes.

 

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Cormoran royal (Phalacrocorax albiventer)
(Cliché Marcel Hoeuillard)
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Cormoran de Magellan (Phalacrocorax magellanicus)
(Cliché Marcel Hoeuillard)
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Les Sternes arctiques (Sterna paradisaea) hibernent dans l'hémisphère sud
(Cliché Marcel Hoeuillard)

Quant à la faune terrestre, on rencontre des guanacos (camélidés), des maras (lièvres de Patagonie), des renards, des tatous, et des oiseaux comme les tinamous (sorte de petites autruches) ou les ouettes à tête rousse (une espèce d'oie).
 
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Ouettes à tête rousse (Chloephaga rubidiceps) parmi les manchots
(Cliché Marcel Hoeuillard)

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Un guanaco parmi les manchots de Magellan
(Cliché Marcel Hoeuillard)

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Punta Tombo : quel beau paysage !


Arbre généalogique des manchots

 
Un article : Le plus étrange des oiseaux est consacré aux manchots dans la revue "Pour la Science" de mars 2013. Les auteurs présentent l'histoire évolutive de ces étranges oiseaux qui ne volent pas, mais sont parfaitement adaptés à la natation.
Histoire évolutive des manchots
(pour zoomer, cliquer sur l'image)
 
 
Fordyce E. et Ksepka D. (2013). - Le plus étrange des oiseaux, Pour la Science, n° 425, mars 2013, pp. 28-35.
 
 
Comme tous les Manchots, le Manchot de Magellan est menacé par le réchauffement climatique.
 

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Cerise sur le gâteau : un beau film sur le Manchot Empereur en Antarctique.

14/04/2010

Le Grand Labbe

Labbe1-logo.jpgLe Grand Labbe

Stercorarius skua

Famille : Stercorariidés

 

par André Guyard

 

Le Grand Labbe ressemble à un gros goéland brun. Parmi les autres espèces de labbes, il est plus lourd avec une envergure plus grande et une queue plus courte. Son plumage est identique toute l'année : brun noirâtre avec des écussons blancs frappants à la base des rémiges primaires. Le bec et les pattes palmées pourvus d'ongles arqués sont noirs.

 

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Le Grand Labbe est une espèce pélagique qui vit presque toute l'année au large et ne se rencontre sur le rivage que pendant la période de reproduction. Sociable durant cette période, il est solitaire le reste de l'année. C'est un migrateur qui, au début de l'automne, quitte son aire de reproduction (Islande, îles Féroé, îles du nord de l'Ecosse et de la Grande-Bretagne) et se disperse dans l'Atlantique jusqu'au tropique du Cancer.

Les Grands Labbes nichent de préférence à proximité de la mer, dans les landes à une altitude variable. Pour faire leur nid, ils se rassemblent en petites colonies ou restent en couples isolés. Le nid, construit par le couple, est une simple dépression creusée dans le sol et doublée de débris d'herbes et d'autres matériaux. La ponte a lieu fin mai, début juin. Il n'y a qu'une seule couvée dans l'année. La taille de la ponte est généralement de 2 œufs qui revêtent une coloration brun-olive ou jaune grisâtre, tachetés de brun. Les petits naissent avec un duvet brun jaunâtre plus pâle dans sa partie inférieure. Ils sont semi-nidifuges, c'est-à-dire qu'ils quittent le nid assez précocement mais il en demeurent à proximité et dépendent encore des adultes pour leur subsistance.

 

Labbe2-1.jpg

 

Les Grands Labbes sont de redoutables prédateurs qui prélèvent des poissons, des petits mammifères, des œufs, d'autres oiseaux. Ils s'attaquent notamment aux jeunes macareux, aux guillemots, aux fous. Ils sont aussi d'habiles cleptoparasites, se montrant très agressifs à l'égard des autres oiseaux marins, en particulier les sternes arctiques, les harcelant implacablement jusqu'à ce qu'ils lâchent ou régurgitent leurs proies qu'ils récupèrent avant qu'elles ne tombent à l'eau.


 

La vidéo ci-dessus montre successivement un Labbe inquiet de voir les visiteurs s'approcher de son poussin, le poussin lui-même, un couple de Labbes et les attaques de Labbes sur les Sternes arctiques destinées à s'emparer des proies de ces derniers.

 

Photos et vidéo André Guyard, réalisées en Islande (juillet 2008).

 

Sources :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/grand.labbe.html

25/03/2010

La Bernache nonnette

Branta_leucopsis_logo.jpgLa Bernache nonnette

Branta leucopsis (Bechstein, 1803)

 

par André Guyard

 

Oie de petite taille, la Bernache nonnette se reconnaît immédiatement à la coloration noire du cou et de la poitrine et à la tête blanche. Le dos est gris barré de noir et le ventre est plus pâle. dessus gris barré contrastant avec un dessous très pâle. La Bernache nonnette a un petit bec triangulaire noir, des pattes noires et un croupion blanc.

 

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En été, la Bernache nonnette fréquente les falaises et les éboulis des îles arctiques. En hiver, elle habite les prés inondés et les marais côtiers, les rives basses des baies maritimes et les vasières à marée basse.

 

Provenant du Groenland, du Spitzberg et de la Nouvelle Zemble les Bernaches nonnettes commencent leur migration à la fin août ou au début du mois de septembre. Elles atteignent les rivages de l'Ecosse, de l'Irlande, la côte ouest de la Grande-Bretagne et le littoral de l'Allemagne et des Pays-Bas en ce qui concerne le dernier groupe. En France, l'espèce est très rare en temps normal, quelques dizaines d'individus qu'on trouve principalement en baie de Somme ou du Mont St-Michel. Cependant, lors d'hivers très rigoureux, la France a accueilli jusqu'à 8 000 bernaches nonnettes. Son aire de répartition est alors plus vaste et affecte toutes les petites baies et les estuaires abrités.

 

Bernache_nonnette2-1.jpg

La saison de nidification commence peu après le retour dans l'Arctique. Les Bernaches nonnettes se réunissent pour nicher en colonies. Le nid, construit principalement de végétaux et tapissé de duvet, est situé sur la corniche d'une falaise, sur un îlot non éloigné du littoral ou à même la toundra dégagée. Le site est parfois partagé avec des guillemots. La femelle y dépose 3 à 5 œufs qu'elle couve seule pendant une période variant de 24 à 25 jours alors que le mâle monte une garde vigilante à proximité. Les jeunes sont actifs dès l'éclosion et savent voler vers 40 ou 45 jours. Le groupe familial reste uni pendant la migration et l'hivernage.


 

Comme toutes les oies, la Bernache nonnette est végétarienne et broûte les graminées. En hiver, lorsque l'herbe est moins drue, la Bernache mange aussi des algues, des insectes aquatiques, des mollusques et des crustacés. L'espèce se nourrit à toute heure du jour et préfère l'herbe de la zone côtière périodiquement submergée par les flots. Si elle n'en dispose pas, elle se rabat sur les prairies situées en arrière du littoral.

 

Vidéo et photos : André Guyard

 

Sources :

 

Peterson R, Mounfort G., Hollom P.A.D. (1962-. - Guide des Oiseaux d'Europe. 358 p. Delachaux & Niestlé Ed.

http://www.oiseaux.net/oiseaux/bernache.nonnette.html

 

23/03/2010

Les oiseaux du parc national de Celestún (Yucatan, Mexique)

Flamants_rouges_logo.jpgLes oiseaux du parc national de Celestún (Yucatan, Mexique)

 

par André Guyard

 

Situé dans l'État du Yucatan à 92 kilomètres de Mérida, le parc national de Celestún s'étend sur 60 000 hectares comprenant l'estuaire d'une rivière et les marais environnants. L'estuaire a 25 kilomètres de long et une profondeur moyenne de 1,50 m. Sa température moyenne annuelle est de 26,2°C.

Le 19 Juillet 1979, le site a été déclaré "Celestún Wildlife Refuge" par le gouvernement fédéral mexicain et, plus tard, en 1986, Patrimoine de l'Humanité par l'ONU. La réserve, qui couvre une variété de milieux humides, est considérée comme l'une des plus grandes zones de mangrove du Golfe du Mexique.

 

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Palétuvier rouge (Rhizophora mangle)

 

La mangrove est un milieu naturel qui, par l'enchevêtrement des racines des palétuviers rouges constitue une défense naturelle contre l'érosion due aux cyclones et aux tsunamis mais surtout une zone de nursery pour de nombreuses espèces de poissons et de crustacés. Le palétuvier rouge est l'arbre que l'on trouve en bordure de mer. Ses racines échasses constituent un barrage pour les vagues et également un refuge pour de nombreux organismes fixés (huîtres, coraux, ascidies, etc.).

 

Celestún Nature Reserve est une des plus importantes zones protégées du pays en raison de l'abondance des espèces d'oiseaux indigènes et migrateurs qui s'y trouvent. Le parc de représente une importante aire d'alimentation et de repos pour un grand nombre d'oiseaux migrateurs. Il constitue l'un des deux sites de nidification et de reproduction des flamants rouges des Caraïbes. Dans cette zone de refuge, on a identifié de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs qui arrivent chaque année pour passer la saison d'hiver, comme le Grand Héron, le Canard Chipeau et le Balbuzard pêcheur, entre autres. On y rencontre également pélicans, albatros et cormorans.



Les Flamants de Celestún

 

La principale attraction de ce parc est la lagune des flamants rouges qui exigent un habitat avec des fonds vaseux, une eau saumâtre et peu profonde. Ils sont protégés des vagues et des inondations. Les lagunes sont bordées par une mangrove dense et luxuriante appelée Ria Celestún.



Pélicans blancs


Dans cette mangrove, on peut apercevoir des singes araignées (atèles) et, avec de la chance, des ocelots. On peut y voir également des tortues.



Cormorans

 

 

19/03/2010

L'Eider à duvet

Eider_couple_logo.jpgL'Eider à duvet

Somateria mollissima (L. 1758)

 

Par André Guyard

 

L'Eider appartient à l'ordre des Ansériformes et à la famille des Anatidés (canards).

 

L'Eider à duvet se distingue des autres canards par sa grande taille (60 cm), le profil droit de son bec et son vol qui alterne vol battu (vol habituel des canards) et vol plané.

 

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Dos blanc, ventre noir, le mâle se distingue des femelles

 

Le mâle présente une calotte noire, une nuque verte, des joues blanc et vert.C'est le seul canard qui possède un dos blanc et un ventre noir.

 

La femelle présente une livrée brune striée de nombreuses barres foncées.

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La femelle ressemble à une cane colvert

 

L'Eider à duvet est un habitant du littoral marin. On le rencontre aussi bien sur les côtes rocheuses ou sablonneuses. En hiver, on peut l'apercevoir occasionnellement à l'intérieur des terres sur les fleuves ou les lacs.

 

Son aire de nidification se situe sur l'Atlantique Nord, à la limite de la banquise. L'Eider à duvet est hivernant en France où on le retrouve sur les côtes de la Manche et en Bretagne. Formidable plongeur qui récolte crustacés et coquillages jusqu'à 15 mètres.

 

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Eider femelle

 

Le duvet de canard étant depuis longtemps connu pour ses propriétés isolantes, il est récolté après la période de nidification pour confectionner des édredons.

 

La période de reproduction commence fin mai-début juin. La femelle bâtit son nid tout près de l'eau sur le sable ou dans une anfractuosité de rocher. Il est construit de matériaux divers : débris végétaux, fragments de coquillages, et garni d'une épaisse couronne de duvet de la femelle. Elle y dépose 4 à 6 œufs couvés pendant 25 à 28 jours. Les jeunes sont nidifuges et s'envolent dans un délai de 65 à 75 jours.



Les femelles seules assurent la protection des poussins

 

Après la période de reproduction, couvaison et soins aux jeunes sont dévolus aux femelles. Pendant ce temps, les mâles se rassemblent en troupes nombreuses qui peuvent dépasser une centaine d'individus.

 

L'Eider se nourrit surtout de mollusques (moules, coques, bigorneaux mesurant de 7 à 40 mm) et de crustacés (crabes). Cependant, il ne dédaigne pas les insectes aquatiques, les poissons et les échinodermes (étoiles de mer) qui sont des ingrédients courants à son menu. Son alimentation est complétée par divers végétaux qu'il glane sur le littoral.

 

Vidéos et photos réalisées en Islande en juillet 2008 par André Guyard

 

Source :

 

http://www.oiseaux.net/oiseaux/eider.a.duvet.html