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24/05/2017

Chevreuil bondissant

Le grand saut

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Image de dernier instant réalisée ce dimanche soir 21 mai 2017 alors que je circulais sur une petite route au soleil couchant.

 

Non loin de moi, je remarque ce chevreuil se délectant d'herbe tendre en lisière de culture et dont le poil d'hiver a presque totalement laissé place au pelage d'été.

 

J'abandonne très vite mes jumelles pour saisir mon téléobjectif déjà bien rangé dans son étui tandis que l'animal disparaît progressivement dans les hautes herbes.

 

Les secondes sont comptées lorsque subitement, la chevrette revient sur ses pas et s'engage alors dans une course effrénée.

 

Je parviens à la suivre, les yeux rivés dans mon viseur, le doigt figé sur le déclencheur programmé pour une rafale d'images.

 

Le film de ce bref instant se déroulera à nouveau dans ma tête mettant en scènes les bonds du chevreuil volant au-dessus de la prairie.

 

Réussi ou pas ? C'est avant tout l'instant vécu qui compte. Si le résultat semble correct sur mon appareil, seul l'examen sur grand écran pourra le confirmer avec certitude.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,chevreuil

Cliché © Dominique Delfino

08/05/2017

Renardeaux

Photo de famille

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

 

Surprise ! Alors que j’observe de petits passereaux nourrir leurs jeunes tout juste sortis du nid, je découvre dans mon dos ces renardeaux à l’affût, inquiets de ma présence.

 

Je fais aussitôt le lien avec une nichée de jeunes animaux que la Renarde a récemment déplacé d'un proche terrier à Allenjoie.

 

Les renardeaux ont finalement élu domicile dans cette canalisation d'un trop plein d'eau pluviale sur la ZAC Technoland 2.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Les jeunes mammifères n’hésitent alors pas à quitter leur abri ''industriel'' pour s'adonner à de longues scènes de jeux dans la prairie environnante et les rochers qui recouvrent la conduite.

 

Ce site à découvert, impose aux renardeaux de se cacher rapidement pour s'abriter de tous dangers ou de se plonger dans de très longs cycles de sommeil.

 

Un refuge que la mère regagnera tard le soir, dans la nuit, ou au petit matin afin de rester la plus discrète et prudente pour nourrir ses jeunes»

02/05/2017

Toiletteurs de la savane

Les toiletteurs de la savane

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

De retour du Kenya, ce cliché illustre le stage safari-photo que j'ai animé en avril 2017.

 

Les scènes de la vie sauvage au sein de la réserve du Masaï-Mara offrent à chaque instant des moments étonnants de découverte.

 

Les félins et les grands mammifères sont les acteurs majeurs qui animent la savane mais les oiseaux, très nombreux sur ce territoire, font également l'objet de riches observations.

 

Il est courant de voir de petits oiseaux tourner autour des troupeaux. Ce sont des pique-bœufs.

 

Ces oiseaux se nourrissent de tiques et de larves logées dans la peau des animaux et mangent les insectes soulevés par les pas des troupeaux dans la savane.

 

Les buffles n'ont aucune raison de les chasser, ils trouvent en eux un moyen de nettoyer des endroits inaccessibles : le dos ainsi que le museau ou bien les oreilles.

 

Un cliché qui rappelle le rôle que jouent les étourneaux dans nos régions lorsqu'ils capturent les mouches autour des yeux du bétail en pâture.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

07/03/2017

Le lynx aux portes de Besançon

Le lynx aux portes de Besançon


Un article de Philippe SAUTER avec le correspondant local Guy DESMOND

dans l'Est Républicain du dimanche 8 décembre 2013

 

Un lynx a été photographié à l’entrée de l’agglomération bisontine. Rien de surprenant pour les spécialistes.

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 Photo : Fédération des chasseurs du Doubs

 

Aucun doute sur la photo, c’est bien un lynx qui a été immortalisé par un piège photographique posé par la Fédération des chasseurs du Doubs aux abords du fort de la Dame Blanche, dans la forêt de Chailluz, au nord de l’agglomération de Besançon.

Même la plus grande ville de Franche-Comté a désormais la visite du toujours rare prédateur local.

Premier constat, le lynx pris en photo en novembre était jusqu’à maintenant inconnu des fichiers. Il s’agit, soit d’un jeune individu, soit d’un migrateur venu s’installer aux abords de la ville.

 

À la poursuite des chamois

 

« On a constaté que certains lynx restaient dans un secteur assez limité, alors que d’autres peuvent passer d’une zone à l’autre en parcourant parfois de longues distances », expliquait hier Stéphane Ragazzoni, responsable du réseau lynx auprès de l’Office de la chasse.

Pour lui, la présence d’un lynx aux portes de la capitale comtoise est tout sauf une surprise. « C’est même assez logique. Besançon dispose de secteurs boisés et escarpés. Il y a maintenant des chamois à Tarragnoz (NDLR : un quartier de Besançon). Et s’il y a des chamois, on peut imaginer que le lynx les suit. »

Nocturne et particulièrement discret, le félin n’est pas comme on l’imagine caché au cœur des forêts profondes. « Mardi dernier, j’ai suivi une trace dans la vallée de la Loue, près d’Ornans, qui passait à vingt mètres d’une maison d’habitation. C’est un animal qui vit à côté de nous. »

 

Vers la Haute-Saône

 

On estime à une centaine le nombre d’individus vivant en Franche-Comté, le plus souvent dans le Jura ou le Haut-Doubs.

 

Réintroduit en Suisse dans les années soixante-dix, le lynx a progressé en Franche-Comté, sa région de prédilection en France. « C’est une population aujourd’hui en équilibre qui se reproduit. Cette année, au moins quatre femelles ont eu des petits », précisait Stéphane Regazzoni.

 

Au point qu’il explore actuellement de nouvelles zones. « On a noté des présences à Roulans mais aussi du côté de la Haute-Saône. »

 

Le lynx ayant besoin d’une zone importante, les jeunes en particulier doivent développer de nouveaux secteurs de chasse. Quitte à fréquenter de près les villes.

 

Les Francs-Comtois aiment le lynx

 

La conclusion du rapport de la Direction régionale de l’environnement et du logement date de cet été et il est sans appel : les Francs-Comtois aiment le lynx. En effet, une consultation envoyée dans toutes les communes de Franche-Comté a recueilli 15.545 réponses venues de particuliers, d’associations, d’élus. Il apparaît qu’une grande majorité des participants à ce sondage est favorable aux relâchers de lynx, soit 83,8 % de l’ensemble des avis émis. Reste que la présence de plus en plus confirmée de lynx en Franche-Comté pose quelques problèmes. Les attaques contre les troupeaux de moutons se sont multipliées particulièrement dans le département du Jura. Concerné, un éleveur de Saint-Laurent-la-Roche (Jura) s’est vu d’ailleurs remettre des chiens patous. Les patous sont également efficaces pour la défense des troupeaux contre le loup, lui aussi de retour dans la région.

 

Ajout du 30 janvier 2017 : un skieur de fond croise sur sa piste un lynx

 

Un skieur a croisé un lynx dans le massif du Noirmont. L'animal ne semblait guère apeuré, comme le montre cette vidéo publiée samedi 28 janvier 2017 sur Facebook.

 

Ajout du 7 mars 2017 : un lynx peu farouche

 

Le lynx était couché dans la neige quand Magali est passée ce dimanche 5 mars 2017 non loin de Pontarlier. Elle a arrêté sa voiture. Et n’a pas résisté bien longtemps à sortir pour filmer l’animal. Le lynx a poursuivi son chemin dans les bois.

 

Ajout du 29 mars 2017 : un lynx au comportement étonnant

 

L'animal traverse tranquillement une route entre Bois d'Amont et Le Brassus, sous les yeux de cantonniers vaudois. Ceux-ci ont sorti leur téléphone portable pour immortaliser la scène.

Ils n'ont pas dû en croire leurs yeux... Pourtant, la scène est bien réelle ! Des cantonniers ont croisé un lynx dans le Jura, entre Bois d'Amont et Le Brassus. L'animal traverse une route, ignorant superbement les promeneurs. 

« J'ai cru que c'était un renard, de loin », s'amuse l'un d'entre eux, au fort accent vaudois. 

Heureusement, les images ont été immortalisées depuis un téléphone portable. La vidéo a été publiée sur Facebook le mardi 28 mars 2017.

03/03/2017

Le Loup, coupable idéal ?

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13/02/2017

Se protéger des attaques du Loup

loup,attaques,prédateurs,patou,montagne des pyrénées,chien des pyrénéesSe protéger des attaques du Loup

 

par André Guyard

 

(dernière mise à jour : 13 février 2017)

 

La disparition en France de presque tous les grands prédateurs (Ours, Loup, Lynx), hormis quelques ours en Pyrénées, et de leur développement récent liés à des facteurs aussi divers que la réintroduction (Ours et Lynx), la déprise agricole, l'abondance des proies, les lois de protection a entraîné un pastoralisme qui a considérablement évolué en l'absence des prédateurs.

 

L'extension du Loup vers le Nord est inexorable. Il est certain que cette espèce protégée cause un réel préjudice aux éleveurs. Il faut donc apprendre à vivre avec ce prédateur et protéger les troupeaux en conséquence. Malgré le travail effectué pour protéger les troupeaux, travail qui a permis des avancées réelles, la prédation continue à s'accroître. Si la prédation reste faible en ce qui concerne Ours et Lynx, le bilan du Loup est catastrophique. Les données de 2012 permettent de « l'apprécier » : 250 loups pour 6000 animaux domestiques indemnisés, soit plus de vingt bêtes par loup !

 

Une autre constatation inquiétante : après les attaques de nuit, restées longtemps les plus fréquentes, les attaques de jour en présence du berger et de ses chiens de protection se multiplient au point d'égaler, dans les départements alpins du Sud, les attaques nocturnes. Ce qui pose le problème de l'évolution comportementale des loups qui, en l'absence d'un véritable dérangement, s'adaptent à l'Homme et à ses dispositifs de protection.

 

Le ministère de l'environnement a mis en ligne le 17 mai 2016 un rapport de Catherine de Roincé :

Évaluation de l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques contre la prédation exercée par le Loup. Évaluation 2009-2014.

 

Les outils du diagnostic

 

Dans chaque cas d'attaques de troupeaux, il s'agit de déterminer une méthode de diagnostic de vulnérabilité en cinq points qui aboutit à adopter le moins mauvais compromis possible : protection, coût, conditions de travail, satisfaction des besoins alimentaires du troupeau, risque de dégradation de l'espace pâturé, contraintes multiples devant rester acceptables. Ce diagnostic, qui a le mérite de créer le dialogue entre les différents acteurs, peut certes proposer des améliorations du système pastoral, mais aussi conclure à des blocages.

 

Les stratégies de protection des troupeaux

 

Il s'agit d'anticiper l'arrivée de loups sur le territoire. Cette anticipation est plutôt rare, surtout chez les éleveurs éloignés des zones de présence des loups. Pourquoi s'encombrer de mesures de protection lourdes alors que le danger est peu perceptible ? Chez ces éleveurs, les efforts envisagés sont dix fois moindres que ceux qu'il faudra réellement consentir lorsque les attaques de loups surviendront !. En fait, aucun éleveur n'est isolé face à ces situations difficiles : réseaux techniques, administrations, collectifs d'éleveurs permettent l'échange, l'information, le partage d'expérience et la solidarité.

 

Les systèmes d'effarouchement

 

Les systèmes d'effarouchement ne sont que des épouvantails ou leurres dont le loup finit par comprendre qu'ils « ne représentent pas un grand danger ». Dans cette catégorie se rangent les tirs d'effarouchement avec des munitions non mortelles. Encore faut-il avoir le permis de chasser... et assister à une attaque. vision très mécaniste considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. En fait, ces systèmes témoignent d'une vision très mécaniste, considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. D'après les éleveurs américains, les fusils fournis par l'Administration et dont les munitions tirées en l'air sont susceptibles d'effrayer les loups se révèlent inefficaces au bout d'un certain temps.

 

Une autre alternative serait celle des colliers-radio dont sont équipés des loups et qui consiste à leur envoyer divers stimuli négatifs dès qu'ils s'approchent des troupeaux. Cependant, cette méthode nécessite une mise en œuvre lourde puisqu'elle demande de piéger au préalable les loups afin de poser ce type de collier. Il serait néanmoins intéressant de tester la mise en œuvre de ce moyen d'éloignement des loups développé aux États-Unis.

 

Différents dispositifs pourraient être employés comme ceux utilisés par les éleveurs américains qui se trouvent confrontés aux mêmes problèmes que les éleveurs européens. Le reportage de Faut pas rêver, l'émission de France 3 du vendredi 15 mai 2011 y fait longuement allusion.

 

Les clôtures comme outil de protection

 

Dans ce cas, il s'agit de regrouper le troupeau dans un parc mobile la nuit. La clôture existe avant tout pour s'affranchir du gardiennage, devenant ainsi un moyen de gestion pastorale. Mais à l'ère des loups, la clôture n'est plus seulement l'outil qui évite la divagation du troupeau et qui permet la gestion de la ressource alimentaire : elle doit aussi interdire aux prédateurs d'entrer. Ou plutôt les ralentir, sachant que quel que soit son potentiel d'efficacité, aucune clôture n'est complètement étanche et doit être renforcée par la présence de chiens de protection : on regroupe le troupeau (la nuit) pour mieux le protéger (par des chiens et des hommes). On trouve beaucoup de conseils utiles pour réussir sa clôture, le CERPAM étant là dans un de ses cœurs historiques de métier... avec toutes les réserves émises sur le risque d'échec.

 

Certains éleveurs préconisent une simple barrière constituée d'un simple fil métallique auquel sont accrochées des bandes de tissu rouge mobiles au vent, dispositif moins onéreux qu'une clôture électrique. En fait, il semble que ce dispositif relève plutôt du gadget et ne dissuade pas l'intelligence du prédateur.

 

Au cours de randonnées dans les Alpes, je me suis étonné de voir des ânes accompagner des troupeaux de moutons. Renseignement pris auprès des éleveurs, il paraîtrait que la présence de l'âne dissuaderait le prédateur. En fait, des attaques de loups ont été constatées sur les ânes eux-mêmes.

 

L'emploi des chiens de protection : la meilleure protection des troupeaux


Le chien de protection est le seul outil de protection réactif et capable de s'adapter, avec toutefois un bémol : il permet de limiter les dommages, mais ne peut pas les faire disparaître. Si l'on peut regretter cette qualification d'« outil » pour un animal doué d'intelligence — intelligence qui peut lui permettre d'analyser des situations et de prendre des initiatives positives — l'efficacité de ces chiens particuliers varie selon beaucoup de facteurs : nombre de chiens, milieu, météo, perturbations olfactives, dérangement, défaut de comportement, manque d'expérience des éleveurs, etc. Quelle que soit la race du chien, celui-ci « demande un fort investissement en temps de travail, de l'observation et une forte motivation et doit rester un acte volontaire ». Malgré l'effort de communication réalisé de longue date, ces chiens provoquent parfois chez les nombreux usagers des zones de pâturage une « crispation des relations sociales ». Encore faut-il que le chien soit conditionné à la présence du Loup et à celle des randonneurs ! C'est le cas, en particulier du Berger des Abruzzes.

 

Le Berger des Abruzzes ou "Maremme Abruzzes" 
ou en Italien : Cane de Pastore Maremmano-Abruzzese. (texte et photos de Mario Massucci, de l'Association Pastor'Alpes et du C.B.E.I.)

 

Le Berger de la Maremme et des Abruzzes est un chien de grand format, construit en puissance. Le mâle atteint la taille de 65 à 73 cm au garrot et la femelle 60 à 68 cm. Poids respectif : mâle 35 à 45 kg, femelle 30 à 40 kg. Longévité : 14 à 15 ans.

 

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Berger des Abruzzes cliché de Mario Massucci

 

Cette ancienne race de chiens de protection de troupeau provient des chiens de berger actuellement encore utilisés dans les Abruzzes — où l’élevage du mouton est prospère encore de nos jours —, des chiens blancs originaires d'Asie mineure. Ces chiens existaient un peu partout en Italie où nous avons des montagnes et des moutons, mais principalement dans les Abruzzes qui restent le berceau de la race.

 

Ainsi, ce chien fait partie du patrimoine culturel local. Notons qu'il n’existe pas d’aide financière générale pour les mesures de prévention, pas de prime de montagne, pas de syndicat ni d’organismes qui défendent la profession et pas de cours pour les chiens de conduite.

 

En revanche, contrairement à l'Italie, le Loup a été éradiqué en France, il y a plus d'un siècle. De sorte que les troupeaux français ne sont plus du tout protégés par des chiens habitués à la présence du Loup et sélectionnés pour protéger le troupeau par leur simple présence. Mieux vaut alors protéger les troupeaux par des chiens dont la race n'a cessé de côtoyer le Loup.

 

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Le Berger des Abruzzes Cliché © Mario Massucci

 

Dans ces conditions, le meilleur choix est certainement le Berger des Abruzzes. Ce chien n'est pas un chien de mode mais un chien qui protège les troupeaux contre les prédateurs répondant aux besoins des bergers.

 

Sa fonction principale de chien de protection de troupeau s’affirme dans la manière dont il accomplit ses tâches avec discernement, courage et décision.

 

Bien qu’il soit fier et peu enclin à la soumission, il sait aussi manifester un attachement dévoué à son troupeau et à ses maîtres, il agit par amitié et affection.

 

En Italie, on dénombre actuellement quelque 2000 loups qui se nourrissent de la faune sauvage : chevreuils, chamois et… des ovins non protégés qui sont les proies plus vulnérables, dans les zones de reconquête du Loup.

 

Ces chiens fortement liés à leur troupeau se manifestent par quelques aboiements au passage de touristes. Mais ils restent calmes, sachant observer et analyser la situation et capables de fort discernement et d’actions décidées. Ils sont attentifs au berger, dissuasifs, s’expriment bien et se font comprendre.

 

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L'utilisation de la crécelle suscite l'attention des chiens, plus particulièrement celle du chef d'équipe (flèche noire), mais provoque aussi le déplacement du troupeau. Les chiens suivent alors les brebis tout en surveillant les humains. Ils ne se laissent pas distraire par le bruit et restent bien attachés à leur troupeau. (Cliché © Mario Massucci)

 

Il faut dire que leur mise en condition par les bergers commence très jeunes et régulièrement, en mettant les chiots en présence des étrangers quand ils visitent les exploitations, et en leur confiant toujours le même lot de brebis. La valeur de ces chiens est bien mise en évidence dans les parcs nationaux italiens parmi lesquels celui de la Majella, Velino Sirente, gran Sasso et Monti della Lega où vivent plusieurs centaines de loups.

 

Les troupeaux protégés par ces chiens sont rarement attaqués par le prédateur car depuis des générations, le Berger des Abruzzes est doublement conditionné :

 

à l'attachement à son troupeau qu'il ne quitte pas. Même s'il raccompagne sur quelques dizaines de mètres un prédateur un peu trop curieux, mais vite repoussé, il revient rapidement retrouver son troupeau ;

 

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3 Bergers des Abruzzes mettent en fuite 7 loups. Arrivés à 50-60 m du troupeau, les chiens abandonnent la poursuite des prédateurs et reviennent en protection auprès des ovins Cliché © Fabrizio Caputi.

 

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Le Berger des Abruzzes chasse 3 loups avant de retourner aux moutons

Cliché © Matteo Luciani

 

à la présence des êtres humains, qu'ils soient acheteurs de fromage ou d’autres produits issus de l’exploitation, ou qu'ils soient simples visiteurs ou touristes de passage.

 

Ce comportement s'explique par une mise en condition précoce à la présence de l'homme, qu’ils ne le considèrent pas comme un danger pour leurs brebis, mais ne vont pas au contact des humains.

 

La protection du troupeau se fait par une meute dont les chiens sont de caractère et comportement différents : on trouve des chiens hardis et timides, ceux-ci occupant donc des rôles et emplacements différents dans la meute, et contribuent par leurs différences à rendre la protection du troupeau efficace, cette protection se fait à moins de 30 m du troupeau, par des chiens qui restent au troupeau.

 

Pour aboutir à ce résultat, régulièrement, les bergers prennent de jeunes sujets issus de meutes génétiquement différentes.

 

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Type de pâturage dans les Abruzzes pour des troupeaux de brebis à lait ou viande. Les ovins paissent en forêt, dans le maquis ou en prairie ouverte. Les brebis sont à lait ou à viande. Mais les brebis à lait sont davantage rentables et fournissent du travail à toute la famille et même à des salariés.

Cliché © Mario Massucci

 

Source principale : une étude comportementale des chiens de protection de troupeaux conduite dans les Abruzzes, Molise et Campanie, sous l’impulsion de Mario Massucci, avec :

 

l'Association Pastor'Alpes et le C.B.E.I..

— Valter Grossi responsable Gt chiens de travail au CPMA et Antonio Grasso vice-président du Circolo del Pastore Maremmano Abruzzese,

l'Association Chien de Protection Suisse, avec le Dr Ueli Pfitzer

— Georg Höllbacher & Anna Drabosenig scientifiques du Service National de Consultation de Protection des Troupeaux, Autriche

— Petra Frondelius vice-présidente du Sumonen Maremmano Abruzzese Seura Ry et Kristiina Nyholm biologistes.

— Les élèves du lycée des Combrailles de Saint-Gervais d'Auvergne.

 

Cette étude d'évaluation du comportement du Berger des Abruzzes a fait sur le terrain le constat suivant portant sur 105 chiens de taille moyenne et appartenant à 15 exploitations différentes :

— tous les chiens restent au troupeau et sont de taille moyenne ;

— tous les chiens remarquent tout changement d’attitude et font preuve d’actions décidées ;

— 100 % des chiens ne se sont pas révélés agressifs après le déroulement de la gestuelle de l’évaluation ;

— 73 % des cheptels visités sont composés de brebis, les autres de caprins et bovins.

— Sur les troupeaux, la fréquence des attaques est d’une seule dans les 10 ans précédant l’enquête.


Tous les chiens sont de comportement et de caractère différent, leur donnant vocation à occuper un rôle différent dans la meute : d'où l’optimisation de l’équipe.

 

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Scientifiques finlandais et italien qui, sur le terrain, observent, stimulent, et analysent le comportement des chiens en compagnie de spécialistes cynophiles et échangent avec les bergers.

Cliché © Mario Massucci

 

Pour en savoir davantage : (en Anglais)

 

 Le Patou ou Pastoure, Montagne des Pyrénées, Chien des Pyrénées

 

Une méthode préconisée que l'on peut conjuguer avec une clôture efficace serait celle de l'utilisation de patous ou chiens des Pyrénées.

Le Patou est un chien imposant, cousin du Saint-Bernard, aurait comme ancêtre lointain le Dogue du Tibet qui s'est répandu au Ve siècle en Europe à la faveur des invasions barbares. Les premiers documents la concernant datent du XVIe siècle ; ce chien gardait alors les châteaux des hautes vallées de l'Ariège et de la Garonne. C'était aussi un excellent gardien de troupeau qui protégeait le berger et son troupeau des loups et des ours, alors que le Berger des Pyrénées était chargé de rassembler les bêtes. On lui mettait un collier en fer articulé avec des pointes à l'extérieur pour éviter que les loups ne l'égorgent. En 1991, on dénombrait près de 800 naissances et 172 sujets inscrits au Livre des origines françaises. Mais ces chiens sont actuellement utilisés comme chiens de compagnie ou de garde.  Mais non mis en présence du Loup et non sélectionnés en vue de la protection contre le prédateur, ils se révéleront peu efficaces. Il faudra user d'une sélection pour leur faire retrouver leur instinct ancestral anti-loup.

 

Le Patou est doté d'une robe blanche ou blanche avec des taches grises, ou jaune pâle ou encore louvetées ou orange en tête, aux oreilles et à la naissance de la queue. Taille du mâle : 70-80 cm ; de la femelle : 65-72 cm. Poids du mâle : environ 60 kg ; de la femelle : environ 45 kg.

 

Malgré sa taille, ce chien a une allure très aisée. Sa grosse voix sonore est l'un de ses charmes. C'est un joueur qui aime la neige fraîche comme la neige fondue et sale, dans laquelle il se plaît à se rouler. Vedette de la télévision, il fut le héros de la série Belle et Sébastien qui a révélé au public son aptitude à protéger son maître et ses proches.

 

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Un couple de patous

Cliché DR

 

 Avec le retour du Loup, la garde des troupeaux par chiens patous est une technique, couramment pratiquée dans les pays confrontés à la présence du prédateur. Il s'avère que lorsqu'elle est correctement employée, elle réduit considérablement le nombre de victimes par attaque et diminue la fréquence des attaques. De plus, elle contribue à la protection des troupeaux contre les chiens divagants.

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, est aussi président du syndicat ovin des Vosges. L’homme s’est fait le porte-parole depuis un an de la colère des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup car son exploitation a subi les attaques d'un couple de loups de retour dans le massif vosgien depuis le printemps 2011. L’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. « Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu », comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous.

 

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Le patou gardien de son troupeau

(cliché P. Raydelet)

 

Un Patou conditionné est un excellent gardien qui veille sur son troupeau avec efficacité. Il s'incorpore au troupeau qu'il défend courageusement. Dans le département des Alpes de Haute-Provence, sur plus de 150 estives, les troupeaux ovins sont protégés par ce type de chien et souvent plusieurs chiens sont présents. Très jeunes, les chiots doivent être mis en présence des êtres humains, car la cohabitation encore inhabituelle entre les chiens de protection et les usagers des espaces pastoraux engendre parfois des difficultés. Les randonneurs sont invités à ne pas trop s'approcher des moutons pour éviter une attaque possible du gardien. Dans un objectif de prévention des accidents, la DDAF des Alpes de Haute-Provence met en place une démarche globale en intervenant à différents niveaux : formation des éleveurs, sensibilisation des élus et des gestionnaires locaux et information des usagers des espaces pastoraux.

Un autre problème avec le Patou : à la période des chaleurs des chiennes, les mâles ont tendance à oublier leur troupeau pour rechercher l'âme-sœur.


 

Le Bouvier de Bouriatrie-Mongolie ou Hotocho

 

Différentes ethnies nomades qui se déplacent entre Mongolie et Sibérie protègent leurs troupeaux avec des chiens hotochos. Hotocho en bouriate signifie "chien/loup qui garde la territoire". Cette race a failli s’éteindre après la seconde guerre mondiale.. Dans les années 1990, Marika Teregoulina et Nikolai Batov ont entrepris un long voyage dans toute la Bouriatie afin de trouver les derniers chiens purs hotocho et restaurer la population de cette race. Le caractère de l’Hotocho est exceptionnel, propre à tous les bouviers amenés à prendre les décisions seuls et à travailler seuls. Ce chien n'hésite pas à attaquer préventivement les loups qui menacent son troupeau.


L'Hotocho est un chien très grand, costaud et de constitution lourde : pas moins de 74 cm au garrot pour les mâles et de 66 cm pour les femelles;. Les mâles sont plus grands et plus robustes que les femelles. Il devient adulte assez tard, vers 3-5 ans. Il présente une tête typique de molosse ou de bouvier : grande, large et plate avec le stop bien marqué et des petites oreilles triangulaires. Sa queue est longue et haut placée. Il la porte tournée sur le dos quand il est attentif ou prêt à se battre. Au calme, sa queue est pendue vers le sol.



Généralement, la robe de l’Hotocho est noire et feu, avec éventuellement de petites taches blanches sur le poitrail et des chaussettes blanches (toujours symétriques). Le noir peut être zain, foncé ou gris très foncé et le feu du beige au roux foncé. On ne trouve aucune photo de cette race sur internet (voir le site dogzer.com).

 


Le Berger du Caucase ou Ovtcharka du Caucase ou Kavkazkaïa Ovtcharka

 

 Le Berger du Caucase est un chien robuste, massif, avec une ossature et une musculature très fortes. La tête, avec un crâne large et des zygomatiques bien développées, ressemble à celle d’un ours. Le museau est plus court que le crâne, peu effilé ; la truffe est large et noire. Les yeux sont foncés, petits, de forme ovale, enfoncés. Les oreilles sont pendantes, attachées haut : elles sont souvent coupées court. Le dos est droit, large et musclé. Les membres sont droits et parallèles, avec une ossature forte. La queue, attachée haut et qui descend jusqu’au jarret, est portée pendante en panache, en faucille ou bien se termine en forme d’anneau.

Ce chien molossoïde a été sélectionné par les bergers pour la protection des troupeaux contre les prédateurs tels que les loups et les ours. Il a cependant un défaut ennuyeux : il est considéré comme mordeur (communication de Mario Massucci).

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Berger du Caucase

Cliché DR

 

 

Chien berger roumain des Carpathes

 

Il s'agit d'un chien de berger utilisé par les bergers roumains des Carpathes depuis des siècles pour défendre les troupeaux  contre les attaque du Loup. Pour pllus de détails sur ce chien, voir le site : http://chien.ouest-atlantis.com/chien-berger-roumain-carp...

 

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Berger roumain des Carpathes

Cliché DR

 

Autres chiens de protection approppriés que l'on peut citer :

 

 — Le Berger polonais de Podhale (en Français)

— Le Kuvasz (en Allemand)

— Le Kuvatch de Hongrie (en Anglais)

 

 

Formation pour les éleveurs utilisateurs de chiens de protection

 

Le rôle de l'éleveur est fondamental dans l'équilibre comportemental du chien. Des formations ont donc été organisées pour que les éleveurs abordent l'éducation du chien dans l'objectif indispensable d'une meilleure cohabitation avec les différents acteurs des territoires ruraux. Le message suivant est régulièrement transmis aux éleveurs : "Un chien non agressif, bien socialisé à l'homme et à son environnement, est aussi efficace, voire plus efficace, pour repousser le prédateur qu'un chien agressif". Parallèlement, la DDAF aide les éleveurs à acquérir des chiots issus d'élevages de qualité et de lignées de travail qui ne présentent pas d'agressivité vis à vis de l'Homme.

 

Sensibilisation des gestionnaires et élus locaux

 

Afin de pouvoir répondre aux interrogations des gestionnaires locaux, il est indispensable de recenser précisément les problèmes engendrés par ce type de chien et de connaître les circonstances exactes de leur déroulement. La DDAF a donc transmis aux mairies, gendarmeries, offices de tourisme, des fiches de renseignements à remplir par les éventuels plaignants et à lui renvoyer.

 

Information pour les usagers et le grand public

 

Les informations recueillies sur les fiches ou sur le terrain mettent en évidence qu'un comportement inadapté du promeneur en zone pastorale constitue une cause fréquente de difficultés. L'implantation de panneaux signalant la présence des chiens et la diffusion de plaquettes informant sur les conduites à adopter semblent se révéler insuffisantes. Ainsi, il est fréquent de constater que le promeneur se sent agressé par le chien, alors que celui-ci adopte une attitude qui correspond à sa fonction : signalement de sa présence (aboiements et déplacement), contrôle (approche parfois en courant, contact), dissuasion d'approcher (interposition entre le troupeau et l'intrus, aboiements ou grognements). L'incompréhension du comportement canin est souvent à l'origine d'attitudes humaines interprétées par le chien comme une agression ou une provocation (cris, jets de pierre, bâton, volte-face). Elles peuvent alors déclencher chez lui des réactions agressives découlant d'un comportement normal pour l'espèce canine.

 

C'est pourquoi, afin de limiter les risques d'accident, la DDAF des Alpes de Haute-Provence édite une brochure expliquant aux usagers les comportements du chien de protection, informant sur les conduites à adopter ou à éviter face aux chiens de protection en rappelant les principaux codes du langage canin. Cette brochure est téléchargeable gratuitement sur différents sites Internet, dont celui de l'association FERUS, ou celui du Parc National du Mercantour.

 

Le lama comme gardien de troupeau ?

 

On voit éclore en France des élevages de lamas destinés à différents usages dont le gardiennage de troupeaux.

 

En effet, le lama se comporte comme un dominant qui défend son territoire et protège son troupeau contre les prédateurs (chiens errants, renards, loups, voire pumas dans la Cordillère des andes) En cas d'attaque, il pousse des cris d'alarme aigus caractéristiques qui effrayent les prédateurs et alertent le propriétaire du troupeau. Ce comportement de gardien de troupeau est instinctif et ne nécessite aucun dressage préalable. Dans la nature, le lama mâle prend soin dès leur naissance des lamas nouveau-nés et veille à leur sécurité. Il adopte le même comportement vis-à-vis de son troupeau de brebis.

 

Gros avantage sur le chien : il se nourrit en broutant de l'herbe. et sa longévité est double de celle d'un chien. En outre, il est doté de griffes dissuassives aux pattes antérieures ainsi que d'une denture redoutable.

 

Les lamas, par leur taille et leur poids, peuvent facilement les effrayer ; de plus ils poussent des cris d’alarme aigus, pourchassent les prédateurs et s’interposent entre le troupeau et le prédateur.


Pour réaliser cette mission, le lama doit considérer comme SIEN le troupeau de brebis, il aura alors un comportement doux avec celles-ci et deviendra un compagnon très protecteur. Il ne remplace pas le berger mais le préviendra par son cri caractéristique en cas d’intrusion dangereuse.

 

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Guanacos (Lamas sauvages) dans la pampa argentine

Cliché © Marcel Hoeuillard

 

Le point de vue d'un berger

 

Mathieu Erny, 47 ans, est berger sur le site Natura 2000 du camp militaire de la Valbonne, dans la plaine de l’Ain qui dépend du Conservatoire Régional des Espaces Naturels Rhône-Alpes. Formé à l’École du Merle à Salon-de-Provence, il a fait l’estive en alpage pendant plus de dix ans dans les Alpes du sud, période durant laquelle il a été confronté à plusieurs reprises à des actes de prédation du loup sur le troupeau dont il avait la garde.

 

Mathieu est passé par La Bresse pour voir les lieux d’attaque du loup dans les Vosges. « Je ne suis pas pour l’éradication du loup, mais il faut que les associations écologistes acceptent les tirs. Des tirs qui font mal, avec des balles en caoutchouc qui ne tuent pas mais qui le font fuir durablement. »

 

Il préconise également l'emploi de colliers qui détectent les dangers et qui font l'objet de recherches en Suisse. Sur un troupeau de 100 brebis, 4 ou 5 portent un collier muni d'un capteur qui mesure le rythme cardiaque de la brebis et déclenche au moment où il y a panique une cartouche qui lâche un produit répulsif pour le loup (voir paragraphe ci-dessous).

 

Quant aux chiens Patou, utiles pour faire fuir le prédateur, Mathieu précise qu’il faut « des petits lots de brebis. Le Patou doit être né et élevé au milieu des ovins. Il ne doit pas être agressif. Il faut l’éduquer et non le dresser. Et puis il faut qu’ils soient au moins deux, un ancien qui montre le travail au plus jeune. Cela demande de la sélection. »

 

Collier avertisseur de l'attaque de loups (Source : ATS)

 

Le 2 août 2012, sur l'alpage du Creux-du-Champ au-dessus des Diablerets dans le canton de Vaud (Suisse), des scientifiques suisses ont tenté une expérience insolite afin de développer un collier anti-loup. Ils ont imaginé un dispositif, testé en pleine nature, qui avertit par SMS les bergers en cas d'attaque de loups grâce à un collier placé autour de chaque mouton et qui mesure son rythme cardiaque.

 

Deux chiens-loups de Tchéquie ont attaqué un petit troupeau de brebis sous la surveillance de scientifiques. But de l'opération : mesurer la fréquence cardiaque des ovins, afin de mettre au point un collier anti-loup.

 

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Les chiens-loups viennent de la République Tchèque

(photo Keystone)

 

Provenant d'un élevage des Vosges, Sky et Milla ont un "look et un pelage ne permettant pas de renier leur origine lupoïde. Issus d'un croisement entre berger allemand et loup, ils peuvent pulvériser un mouton", explique Agnès Thiébaut, spécialiste vosgienne du loup. Endurants et dotés de beaucoup de flair, ils sont utilisés pour du pistage, du traîneau.

 

Équipés de leurs muselières, Sky et Milla contournent le troupeau sans leur maîtresse. "En sa présence, ils n'attaquent pas, car ils savent qu'elle va les stopper", souligne Agnès Thiébaut. Sur le pâturage, les brebis s'agglutinent, vaguement inquiètes. Soudain, les chiens de Tchéquie déboulent : les brebis dévalent la pente, arrachant toutes les barrières plastifiées sur leur passage. "Une d'entre elles a sifflé pour avertir ses compagnes du danger", ce qui est très rare, commente l'éleveur Jean-Pierre Vittoni, qui met son troupeau à disposition pour le projet. "Sans muselière, les chiens loups auraient pu chacun en croquer trois ou quatre", note-t-il.

 

Paniquées, les brebis remontent sur la crête à toute allure pour rejoindre le gros du troupeau à près de 3 km de là. Seules cinq d'entre elles seront rattrapées le soir-même. Les colliers des autres seront enlevés le lendemain. En revanche, les deux chiens obéissent au doigt et à l'œil à leur maîtresse et sont rapidement éloignés.

 

Interrogé par l'agence suisse ats qui a assisté à l'expérience, le biologiste Jean-Marc Landry a déclaré : "C'est la première fois qu'un tel dispositif est testé en pleine nature". Il s'agit de mieux connaître le fonctionnement du cœur de la brebis. Préalablement, une dizaine de brebis ont été équipées d'une sangle et d'un cardiofréquencemètre, mesurant la variation du stress chez les animaux. Les modifications du rythme cardiaque des ovins permettront de calculer un algorithme qui définira quand le mécanisme se déclenchera. Ainsi, en cas d'attaque, le collier devrait envoyer un répulsif assez puissant pour éloigner le loup, ainsi qu'un SMS pour avertir le berger. Il pourrait être doublé d'avertissements sonores. Le loup devrait ainsi apprendre à se méfier du bétail.

 

Ces premiers essais semblent être réussis puisque le rythme cardiaque des brebis est passé d'une moyenne de 60-80 battements par minute à un pic de 225 au moment des attaques. L'équipe va ensuite analyser les résultats dans le détail.

 

En automne 2012, un prototype de collier devrait voir le jour. En 2013, il sera testé en Suisse et en France. Selon l'ats, d'autres pays se sont déjà montrés intéressés, dont la Norvège.

 

Conclusion

 

La durabilité de la présence des prédateurs va obliger l'élevage pastoral dans son ensemble à se protéger indéfiniment. Certains systèmes d'élevage ne pourront trouver la clé de cette protection devenue trop chère et inefficace malgré les efforts déployés.

À ce problème, il demeure une évidence incontournable : si l'on veut que le pâturage des troupeaux perdure, il va bien falloir mettre en place des actions de sélection qualitative des loups. Car si protéger les troupeaux, c'est bien, tenter de forcer les loups à respecter les activités d'élevage en les incitant à se nourrir de faune sauvage, c'est mieux.

 

Voir également l'article : stratégie de prédation chez le Loup.

 

Le point de vue d'un berger relayé par celui d'un randonneur

 

Un ouvrage indispensable :

Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (CERPAM) (2012). - Protection des troupeaux contre la prédation. Cerpam/Cardère. 312 p.

Un site précieux à visiter pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

http://www.cerpam.fr/loupelevage.html

Rapport 209-2014 sur l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques

24/01/2017

L'écureuil roux

L'écureuil roux

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

L'activité autour les points de nourrissage destinés aux oiseaux offre de temps à autres quelques surprises fort sympathiques en matière d'observation. Le va-et-vient permanent des différentes espèces ne laisse pas indifférents certains acteurs de la nature que l'on ne s'attend pas toujours à contempler d'aussi près.

 

Guy Français demeurant à Vieux-Charmont, alimente l'un des ses postes de nourrissage. Tous les matins, bien dissimulé dans sa petite tente affût, il observe les différentes espèces et s'attarde plus particulièrement sur la présence régulière d'un superbe écureuil roux.

 

L'écureuil ne fait pas partie des animaux qui hibernent blottis dans un terrier en attendant que les beaux jours reviennent. Il s'organise, vit sa vie tout simplement, continue de se promener parfois même dans la neige. En revanche, par grand froid, il peut rester calfeutré dans son nid plusieurs jours, grâce à ses réserves.

 

On doit donc cette image à notre ami Guy qui, durant tout le temps pendant lequel le petit mammifère se délecte de tournesol, n'a d'autre réflexe ou « Reflex » si c’est un jeu de mot que de faire ''chauffer'' son appareil photo par les temps qui courent.

 

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Cliché © Guy Français

 

Voir également sur ce même blog : l'Écureuil roux

01/12/2016

Destruction d'espèces protégées en Haute-Saône

Destruction d'espèces protégées en Haute-Saône :

extraits des reportages de France 3 Franche-Comté

La Fédération de chasse 70 dans le viseur

(dernière mise à jour du 04/12/2016)

 

Communiqué de presse de

France Nature Environnement

 

(Pour zoomer, cliquer sur le document)

chasse,braconnage,braconnage d'espèces protégées

Mise à jour du 01/12/2016 à 12 h

 

De la prison ferme pour les ex-dirigeants de la Fédération de chasse de Haute-Saône

 

Le verdict est tombé ce matin dans l'affaire du massacre organisé de centaines d'animaux protégés à Noroy-le-Bourg, sur un terrain géré par la Fédération de chasse de Haute-Saône. L'ex-président et l'ex-directeur écopent d'un an de prison ferme.

 

  • Par Émilie Dinjar publié le

Cliché © France 3 Franche-Comté

 
Le procès avait eu lieu en octobre au tribunal correctionnel de Vesoul. La décision avait été mise en délibéré à ce premier décembre.
 

Les sept prévenus soupçonnés de destruction d'espèces protégées sur un terrain géré par la Fédération de chasse de Haute-Saône ont tous été condamnés, pour avoir ordonné ou opéré la destruction de plusieurs centaines de martres, chats sauvages et rapaces à Noroy-le-Bourg, entre 2010 et 2013.
 

L'Ex-président, l'ex-directeur et l'ex-responsable des services techniques de la Fédération haut-saônoise de chasse écopent d'un an de prison ferme et de 5000 euros d'amende pour les deux premiers.
 

Les trois apprentis chargés d'exécuter les animaux, dont celui qui avait dénoncé les faits, ainsi qu'un employé sont condamnés à 4 à 12 mois de prison avec sursis.


Reportage de Franck Ménestret et Cédric Lepoittevin dans l'édition régionale.

 

Mise à jour du 07/10/2016 à 12h00 :

   
Deuxième jour d'audience au procès

de la fédération de chasse de Haute-Saône

 

  • Par Sophie Courageot
  • Publié le , mis à jour le

 

Les débats se sont poursuivis ce matin devant le tribunal correctionnel à Vesoul. Près de 200 animaux, des espèces protégées ont été tuées dans une réserve de chasse. Les uns reconnaissent les faits, les autres disent qu'ils ne savaient rien.


Trois anciens cadres, un technicien et trois apprentis de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône sont suspectés d'avoir participé à l'exécution de plus d'une centaine d'animaux protégés. Les sept prévenus, qui comparaissent libres encourent un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.


Les anciens présidents, directeur et responsable technique de la fédération sont poursuivis pour avoir ordonné la mise à mort d'animaux sauvages protégés, ce qu'ils réfutent.

 

Ce matin, les techniciens de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ont répondu aux questions des avocats. Les prévenus qui le souhaitaient ont pu prendre la parole. L'ancien technicien de la fédération de chasse a expliqué qu'il avait alerté sur les faits les autorités de la fédération de chasse dès 2011.


Ce matin, les parties civiles sont venues à la barre au nom de la défense des animaux. Les réquisitions ne devraient pas intervenir avant cet après-midi. Le jugement du tribunal correctionnel sera ensuite mis en délibéré.

 

Mise à jour du 06/10/2016 à 12h04 :

 

Haute-Saône : jugés pour avoir exécuté des animaux protégés

 

© Archives France 3 Franche-Comté Les 7 personnes sont poursuivies pour destruction d'espèces protégées

 

par Sophie Courageot avec AFP  Publié le 06/10/2016 à 11:57, mis à jour le 06/10/2016 à 12:04

 

Trois anciens cadres, un technicien et trois apprentis de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône sont suspectés d'avoir participé à l'exécution de plus d'une centaine d'animaux protégés. Leur procès s'est ouvert ce matin devant le tribunal correctionnel de Vesoul.

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/franche-comte/haut...

 

Les sept prévenus, qui comparaissent libres jusqu'à vendredi, encourent un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende. Les anciens président, directeur et responsable technique de la fédération sont poursuivis pour avoir ordonné la mise à mort d'animaux sauvages protégés, ce qu'ils réfutent.

 

La destruction des espèces, dont des rapaces et des chats forestiers, était effectuée par un technicien et trois apprentis, âgés de 22 à 25 ans, qui ont reconnu les faits.

 

Une centaine d'animaux protégés auraient été tués.

 

D'après l'un des apprentis, qui a dénoncé ces agissements en juillet 2013 "pour que ça s'arrête", la destruction des animaux était "organisée" et "rémunérée" par la fédération de chasseurs. Plus d'une centaine d'animaux appartenant à des espèces protégées ont été tués entre octobre 2010 et juillet 2013 sur le site d'une réserve cynégétique gérée par la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Saône, selon l'enquête de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

"On avait ordre de prendre les queues pour prouver qu'on avait bien tué les animaux" a déclaré le jeune homme jeudi devant le juge, détaillant comment il devait tenir le registre des bêtes éliminées. Chacun des trois apprentis a reçu 384 euros pour cette "prime de queue".

 

Tout cela pour une réserve de chasse

 

La réserve de 56 hectares, située à Noroy-le-Bourg (Haute-Saône), visait à favoriser la prolifération du petit gibier comme les lapins et les faisans. La fédération était autorisée à tuer les prédateurs dits nuisibles, tels que les renards, mais pas les espèces protégées. Chats sauvages, autours des palombes, buses variables, éperviers ou encore chouettes d'Europe ont ainsi été capturés et supprimés avec un fusil ou du poison. Ils étaient ensuite incendiés ou enterrés. Certains animaux étaient aussi volontairement blessés et mouraient dans la nature. "Les ordres venaient du responsable technique et du directeur", a affirmé l'apprenti à la barre.

 

Une quinzaine d'associations de protection de la nature, dont la Fondation Brigitte Bardot et France Nature Environnement, ainsi que la Fédération de chasse de Haute-Saône, se sont portées partie civile.

 

Mise à jour du 05/10/2016 :

 

 © France 3 Franche-Comté - Sylvain Velluet Haute-Saône : la fédération de chasse a détruit des centaines d'animaux protégés

 

Ce soir, ne manquez pas sur France 3 Franche-Comté le reportage de Catherine .Eme-Ziri et de M. Blanc sur des images d'archives de 2013 Avec en interview : le 7/10/13 Pierre Athanaze, président de l'association de protection des animaux sauvage.

 

Vesoul : la fédération de chasse aurait tué des animaux protégés

 

Demain jeudi 6 octobre, un procès hors norme commence devant le tribunal correctionnel de Vesoul : celui des membres de la fédération de chasse de Haute-Saône, accusés d'avoir détruit des espèces protégées.

 

Des cadavres et des queues d'animaux protégés comme des chats sauvages, des martres, des rapaces comme des buses sont découverts à l'été 2013, mettant ainsi au jour un vaste carnage peut-être organisé par des membres de la fédération de chasse de Haute-Saône.


Au départ, certains chasseurs souhaitent réintroduire des lapins de garenne et des faisans dans un secteur de 56 hectares, propriété de la fédération, à Noroy-le-Bourg. Ils auraient éliminé les prédateurs comme les chats sauvages ou les rapaces, autours des palombes ou éperviers. Dans ce but, des apprentis et un technicien auraient touché des primes quand ils détruisaient ces espèces "menaçantes" pour les lapins et les faisans. Fusil, muni d'un silencieux, pièges, poison ont été utilisés.


Voilà l'accusation dont doivent répondre 7 personnes, toutes membres de la fédération de chasse à l'époque, dont le président lui-même, Robert Putz, et l'ancien directeur.

Une douzaine d'associations se sont portées partie civile dans ce procès, dont la SPA, la Société Protectrice des animaux, et la Fondation Brigitte Bardot.

 

Le procès, prévu sur deux jours, doit déterminer les responsabilités de chacun. Une histoire compliquée, dans laquelle le rôle de chacun doit être déterminé. Cette affaire avait fait beaucoup de bruit, dans le milieu de la chasse, en Haute-Saône et bien au-delà de notre région.

 

Mise à jour du 28/04/2016 :

 

Robert Putz, l'ancien président de la Fédération de chasse de Haute-Saône sera jugé le 6 octobre 2016.

 

Une personne, qui souhaite rester anonyme, me transmet ce message et m'encourage à le porter à la connaissance du plus grand nombre. Cela concerne la destruction organisée d'espèces protégées sur un site géré par la FDC de Haute-Saône.



L'affaire vient d'arriver sur le bureau du Procureur. Si vous avez des journalistes dans vos connaissances, n'hésitez pas à les informer. Ils pourraient être intéressés de faire une enquête en demandant quelques précisions au Procureur. L'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie a été informée, mais vous pouvez à nouveau les solliciter si vous connaissez personnellement certains d'entre eux.



Je joins également un article de l'Est républicain paru le 11 août 2013, juste après l'intervention des gardes de l'ONCFS. (Pour zoomer, cliquer sur l'article).



La LPO, l'ASPAS et la CPE sont également informées du dossier.

 

Les grands connaisseurs de la nature que sont les fusillots seraient-ils démasqués ?

 

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Destruction d’espèces protégées en bande organisée


Au cœur de la Haute-Saône à une dizaine de kilomètres de la préfecture, sur la petite commune de Noroy le Bourg, se déroulait depuis plusieurs années l’inimaginable.


Des actes illégaux étaient effectués par du personnel de la fédération des chasseurs de Haute-Saône dans le cadre de la gestion d’un terrain de plusieurs dizaines d’hectares situé en partie sur une zone Natura 2000. Ceci dans l’objectif d’établir la vitrine cynégétique et pédagogique du département avec l’implantation très onéreuse de lapins de garenne et de faisans. Ces espèces n’ont d’ailleurs aucune légitimité au sein du cortège de la faune autochtone.


Selon les témoignages, la structure départementale aurait organisé, pendant plusieurs années, la destruction des prédateurs présents sur ce secteur. Les témoins parlent de 252 animaux de la faune sauvage qui ont été tués dont 80% d’espèces protégées au titre 411-1 du code de l’environnement. La liste est longue : martres, chats forestiers, hérissons d’Europe, buses variables, éperviers d’Europe, autours des palombes…


Toujours d’après les témoins, pour parvenir à ce triste palmarès, une ceinture de pièges était disposée autour du noyau d’implantation des faisans et lapins. Tous les animaux capturés, protégés ou non, étaient tués. Une autre pratique prohibée et très dangereuse aurait aussi été utilisée. Elle consistait à employer des poisons interdits et très puissants. (Poison de type Curater dont le principe actif est le carbofuran, substance interdite au sein de l’Union européenne depuis 2007).


Il est aussi rapporté que, les commanditaires rémunéraient les actes contre des preuves matérielles. Ce sont donc d’après les témoignages des paquets de queues de chats forestiers ou autres rapaces qui arrivaient dans les mains des donneurs d’ordres pour être échangés contre des euros…

Cependant, par une journée du mois d’août 2013, des preuves accablantes sont trouvées par des agents de l’ONCFS lors de leur perquisition au sein du siège de la fédération des chasseurs de la Haute-Saône et du site de Noroy.


Pour finir, les témoins, qui ne veulent pas en dire plus pour l’instant, affirment que nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Les parties civiles nous en apprendront davantage lorsqu’elles auront accès au dossier. À moins que le Procureur général maintenant en possession du dossier depuis le 20 septembre, décide de s’exprimer sur ce sujet. Mais suite à cet événement, on ne peut empêcher certaines questions d’émerger :

 

  •  Que faut-il penser du bien-fondé d'un agrément au titre de la protection de la nature à une association aussi peu respectueuse des lois concernant les espèces protégées. Notamment lorsque celle-ci a la possibilité d'intervenir dans les écoles, collèges et lycées de nos enfants pour parler de la biodiversité et de la protection de la nature ?

 

  •  La gestion de la faune sauvage dont se prétexte la FDC 70 est-elle légitime ?

 

  •  La formation des jeunes chasseurs et piégeurs par la FDC 70, permet-elle d’obtenir des titulaires responsables ?

 

  •  L’aptitude de la FDC 70 à accueillir et à former des jeunes étudiants stagiaires (de BTS gestion et protection de la nature ou autres) est-elle encore fondée ?

 

  •  Que pense le Préfet de cette affaire ?

 

  •  Que pense le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale (DASEN) de ces intervenants en milieu scolaire ?

 

  •  Que pensent les services de Police sur la provenance des poisons et la mise en danger d’autrui lors de leur manipulation ?

 

  •  Que penser de la gestion comptable de la FDC 70 ?

 

  •  Cette affaire a-t-elle une relation avec la forte augmentation de la cotisation des chasseurs du département auprès de leur fédération ?

 

  •  Que se passait-il sur les autres sites gérés par la FDC 70 ?

 

  •  Que pense la FNC ?

 

  •  Que pensent messieurs Jean-Pierre POLY, directeur général de l’ONCFS et Henri SABAROT, président du conseil d’administration de cette enquête ?

 

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Chat forestier – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Chat forestier – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Autour des Palombes – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

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Martre – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

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Martre – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Substance suspecte dans un bocal. – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

- Chalet – Image extraite d’une vidéo.

 

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Queues de chats forestiers et autres. – Noroy le Bourg (70) – Site de
Champfleury - Chalet – Image extraite d’une vidéo.

 

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Queues de rapaces. – Noidans les Vesoul (70) – FDC70 –
Image présente aussi sur une vidéo.

 

L'information a été reprise et suivie par France 3 Besançon. Voir ICI puis le 7 octobre 2013 ICI.

Voir également la réaction de la Commission de protection des eaux de Franche-Comté qui porte plainte contre X et se constitue partie civile pour l’ensemble des infractions qui seront relevées en lien avec cette affaire.

 

Comme le signale Le Canard Enchaîné du 20 novembre 2013, la fédération départementale de chasse de la Haute-Saône recherche des boucs émissaires.

 

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Le point sur l'affaire (Est Républicain du 07/12/2013)

 

Chasse ­­­­– Après la mise en examen des cadres de la fédération de Haute-Saône : la fédération nationale « consternée »

 

Vesoul La Fédération nationale des chasseurs a fait part vendredi, dans un communiqué, de sa consternation après la mise en examen de quatre cadres de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône pour « destruction d'espèces protégées en bande organisée » sur réquisition du parquet de Vesoul.

 

« Avant même que les faits ne soient jugés, cette affaire porte un préjudice considérable à l'image du monde fédéral et de la chasse en général », estime la Fédération nationale des chasseurs (FNC), laquelle avait dès cet automne indiqué que « si des éléments à charge étaient avérés par l'enquête en cours, elle se porterait partie civile aux côtés de la Fondation pour la protection des habitats et de la faune sauvage. C'est aujourd'hui le cas ».

 

Le président, le directeur, le directeur technique et le secrétaire de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône ont été mis en examen jeudi et placés sous contrôle judiciaire.

 

Ils réfutent les faits qui leur sont reprochés ou les reconnaissent a minima.

 

Sollicités hier, ni le président, ni le directeur n'ont apporté de commentaire « Il n'y a rien de pire que la politique de l'autruche », a pour sa part indiqué le porte-parole de la FNC.

 

Le président de la FNC, Bernard Baudin, a demandé au président de la fédération de Haute-Saône, Robert Putz, de « ne plus siéger au conseil d'administration de la Fédération nationale pendant toute la durée de la procédure judiciaire », ajoute le communiqué.

 

Les quatre cadres sont soupçonnés d'avoir fait abattre plus d'une centaine de chats sauvages et de rapaces protégés entre 2010 et 2013, sur le site de la réserve cynégétique de Noroy-le-Bourg (Haute-Saône).

 

Cette réserve gérée par la Fédération des chasseurs de Haute-Saône est notamment destinée à développer du gibier de chasse tels que des faisans et des lapins de garenne.

 

Les faits ont été dénoncés par des stagiaires, à qui les prévenus avaient demandé « d'exterminer toutes les espèces nuisibles » au gibier de chasse, dont des animaux protégés.

 

Voir également l'émission de France 3 Franche-Comté.

 

Le point sur l'affaire (Est Républicain du 04/05/2014)

 

Samedi 3 mai 2014, c'était l'Assemblée générale de la fédération de chasse de Haute-Saône. Un événement salué par l'Est Républicain du dimanche 4 mai.

 

NATURE - Assemblée générale hier avec un président par intérim, son prédécesseur étant mis en examen

 

Destruction d'espèces en Haute-Saône : la fédération de chasse fait l'autruche

 

Vesoul. Circulez, y'a rien à voir. Durant les deux heures trente qu'a duré l'assemblée générale de la fédération de chasse de Haute-Saône, pas un mot n'a été prononcé au sujet de la mise en examen de quatre cadres de la fédération et trois stagiaires, pour « destruction d'espèces protégées en bande organisée ». Plus d'une centaine de chats sauvages et rapaces protégés auraient été abattus dans la réserve de Noroy-le-Bourg.

 

Un silence d'autant plus assourdissant que l'affaire a entraîné d'importants remous au sein de la fédération (L'Est Républicain des 11 août, 6 et 7 décembre 2013, 16 janvier 2014). Mis en examen, l'ancien président a été contraint de quitter son poste. Le 18 décembre, Michel Dormoy a pris sa succession (par intérim), épaulé depuis mars par un nouveau directeur adjoint, Paul Langlois, auparavant ancien directeur de la fédération régionale. Et ce, alors que le directeur, également mis en examen, est aujourd'hui en arrêt maladie.

 

Tout juste évoque-t-on « une année difficile », « délicate » ou bien « mouvementée », saluant au passage l'intégrité des chasseurs « qui connaissent le terrain et le respectent ». De quoi faire grincer quelques dents, notamment celles de la dizaine de manifestants qui tractent à rentrée de la salle Parisot. « La réserve de Noroy-le-Bourg est une vitrine. C'est un vrai pied de nez qui a été fait par la fédération ! », explose Isabelle Vauthier, qui s'étonne que les comptes de la fédération aient intégré des primes pour les stagiaires chargés de tuer les bêtes. De 100 à 150 euros pour trente queues d'animaux protégés. « Aujourd'hui, ils vont voter le budget. Nous sommes là symboliquement », explique-t-elle.

 

« Ici, on ne dit rien »

 

Le sujet a fini par arriver sur le tapis en toute fin de séance grâce à l'intervention d'un chasseur, surpris par ce black-out. « Tout le monde y pense. Tout le monde en parle. Mais, ici, on ne dit rien », s'est-il étonné, avant d'émettre quelques inquiétudes sur l'avenir de la fédération dans le cas d'une éventuelle condamnation. Qui paiera ? Telle est la question.

 

« La fédération s'est portée partie civile dans cette affaire. Si des personnes sont condamnées, elles le seront à titre personnel, pas au titre de la fédération » s'est avancé Michel Dormoy.  Olivier Goguey commissaire aux comptes, s'est montré quant à lui plus prudent. « Personne ne peut présager quoi que ce soit, sinon, ce ne sont que des fantasmes. Une enquête est en cours. Tout sera clairement bâti pour la prochaine assemblée générale. » E.T.

 

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Des manifestants ont tracté au début et à la fin de l'assemblée.

 

07/09/2016

Le Chevreuil amoureux et la Chevrette

Matin amoureux

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Ambiance matinale comme je les aime alors que la brume filtre les rayons du soleil levant.

 

Des instants dont il faut profiter au plus vite avant que la chaleur ne dissipe ce voile de brouillard qui semble se lever tel un rideau sur une scène de théâtre, en l'occurrence ici, celui de la nature.

 

L'horizon du plateau d'Allenjoie et de Dambenois me laisse voir un paysage que je redécouvre à chacune de mes balades au gré des saisons et des lumières magiques telles celles de ce matin d'été.

 

Les chemins de campagne me guident entre vieux vergers et cultures dans une atmosphère de nouveau jour. La transparence des jeux de lumière offre à mon regard les sujets que mon objectif m'aide à mettre en scène jusqu'à ce que je surprenne une chevrette jouant à cache-cache derrière des balles de paille.

 

Ma présence à distance la rend prudente; elle ne me lâche pas du regard. C'est un chevreuil qui troublera cet instant, visiblement plus indifférent à moi que madame.

 

Le brocard est semble-t-il bien décidé à séduire la belle me rappelant que la période du rut chez cet ongulé est encore de saison.

 

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Cliché © Dominique Delfino

01/08/2016

Vaches montbéliardes

Cherchez l'erreur...

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Image réalisée au détour d'un chemin alors que je parcours la campagne du Haut-Doubs par une belle lumière de fin de journée.

 

Je remarque au loin une file indienne animée par des vaches montbéliardes de retour au pré dans une grande discipline après la traite du soir.

 

Je finis par les rejoindre pour photographier le troupeau empruntant ce qui semble être leur sentier habituel.

 

Les vaches manifestent un instinct de curiosité face à ma présence et je découvre à nouveau des animaux dont les cornes ont été coupées pour des raisons de sécurité selon les éleveurs. Cette pratique que je peux comprendre compte tenu des méthodes de travail actuelles, dénature néanmoins complètement leurs portraits, qui sans leurs coiffes ne ressemblent plus à grand chose, à mon avis.

 

Mais sur cette image, cherchez l'erreur, il semblerait que l'une d'entre elles en possède encore, juste pour nous rappeler le bon temps des bêtes à cornes.

 

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Cliché © Dominique Delfino

29/07/2016

Dégâts forestiers : le cerf blanchi

 

(Cliquez sur l'image pour zoomer)ER_160729_Foret-Cervidés-450.jpg

 

16/07/2016

Le déterrage du blaireau n'est pas assez encadré

Le déterrage du blaireau n'est pas assez encadré

 

par Frédéric DANIEL

 

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La cruauté et l'inutilité du déterrage -ou vénerie sous terre- est dénoncée depuis de nombreuses années par différentes associations. La contestation grandissante a poussé le ministère de l' écologie à publier en 2014 un projet d'arrêté encadrant davantage la pratique du déterrage sur le blaireau.

En 2013, Roland Povinelli, alors sénateur, rappelait que la France est en infraction sur le sujet du blaireau. Dans sa réponse le Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie reconnaissait par ces mots que "des comportements peu acceptables ayant été constatés, il apparaît aujourd’hui indispensable de mettre en place un encadrement renforcé de la pratique de la vénerie sous terre."

La question écrite de M. Povinelli et la réponse du ministère de l'écologie :

https://www.senat.fr/questions/base/2013/qSEQ130707324.html

Le projet d'arrêté contenait de nouvelles dispositions intéressantes mais très insuffisantes, la seule solution pour mettre fin à ces "comportements peu acceptables" étant l'interdiction pure et simple de cette pratique barbare et la mise en protection stricte du blaireau.

Voici le projet d'arrêté qui avait été publié:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable....

Ce projet d'arrêté présentait tout de même des points intéressants tels que :


-L’interdiction des concours et compétitions de vénerie sous terre
-L’arrêt de l’opération en cas de présence d’une espèce protégée dans le terrier concerné
-L’ encadrement de la mise à mort de l’animal (utilisation d'une dague et non d'un outil de terrassement ou des chiens pour faire cela)
-La remise en état obligatoire des terriers dans les 24 heures suivant la chasse.
Ce projet d'arrêté a été mis en consultation. Parmi les commentaires, la majorité sont favorables à ce projet d'arrêté, tous pertinents.
D'autres commentaires, défavorables à toute modification, méritent également d'être soulignés non pas par leur justesse mais par la pauvreté d'esprit qui en ressort, en particulier le plus long commentaire en Page 6.
La synthèse de cette consultation:

http://www.consultations-publiques.developpement-durable....

L'arrêté modifiant l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à l'exercice de la vénerie a été publié au Journal Officiel le 17 février 2014:

https://lc.cx/4FNy

L'article qui nous intéresse est l' Article 2, il interdit désormais les championnats et les compétitions de vénerie sous terre, c'est une très bonne nouvelle. Les autres dispositions citées plus haut deviennent elles aussi officielles.

Cette modification d'arrêté est une réelle avancée au niveau de la loi, mais elle est totalement insuffisante. De plus, ces nouvelles dispositions restent purement théoriques. En effet, les déterreurs restent en petit comité lors de cette chasse, encadrés par un maitre d'équipage qui est lui aussi déterreur, on peut dès lors douter du respect de l'application de ces nouvelles règles...

Par le biais de cette mise à jour, je tiens également à rappeler l'importance de donner son avis lors des consultations publiques. Pour faciliter la participation des citoyens à ces consultations, un nouvel outil existe désormais, c'est un site collaboratif proposé par l'association AVES France (le lien en bas de cette page)
Nous devons être de plus en plus nombreux à répondre à ces consultations, car sans cela, la voie est laissée libre aux chasseurs et aux lobbies agricoles.
Ce site recherche des contributeurs et/ou des bénévoles pour rejoindre l'équipe. N'hésitez pas à participer.

Le lien de ce site ce collaboratif, Consultations Publiques:
http://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/

La mobilisation des particuliers et des associations est primordiale, ensemble nous finirons par obtenir la protection du blaireau.

Quelques associations qui demandent la protection du blaireau :


-AVES France: https://lc.cx/4Fxs
-L'ASPAS: https://lc.cx/4FYL
-France Nature Environnement: https://lc.cx/4FYK
-L'association Meles: https://lc.cx/4FYD
et beaucoup d'autres...


Faites connaitre ma pétition:
http://change.org/ProtectionBlaireau

 

12/07/2016

Vaches montbéliardes

L'été en balles

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

Ce cliché — réalisé le dimanche 10 juillet 2016 au soir près de Trévillers sur le plateau de Maîche —, confirme que l'été s'est bien imposé succédant au printemps catastrophique que nous avons vécu cette année.

 

En ce soir de finale de coupe de l'Euro, tout le monde n'est pas devant son écran de télévision et la priorité pour de nombreux agriculteurs est de profiter de la météo favorable pour achever les travaux de fourrage dans les prairies récemment fauchées. Jusqu'à la tombée de la nuit, nombreux sont les tracteurs qui, dans un va-et-vient permanent, s'attardent à rentrer au plus vite les balles de foin enrubannées tardivement cette année.

 

Tout juste rentré de la traite, un troupeau de vaches montbéliardes complète ce tableau champêtre d'un soir au sein de ce paysage vallonné, avec presque autant de balles que d'animaux, objectif et ''BUT'' atteint par nos agriculteurs pour un travail sans filet !

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

 

02/07/2016

Défense de la cause animale : Nuit Debout devant l'abattoir de la Roche sur Yon

 Défense de la cause animale :

Nuit Debout devant l'abattoir

de la Roche sur Yon

 

La Nuit Debout devant l'abattoir de la Roche sur Yon a tourné court. Vers 21h, une cinquantaine d'éleveurs sont déjà massés devant l'entrée principale du complexe de la Socopa. Après s'être donné rendez-vous sur un parking, les militants de la cause animale arrivent en convoi, en prenant soin de garer leurs véhicules à bonne distance. Puis, le groupe d'une quinzaine de personnes progresse à pied jusqu'au point de "rendez-vous". En silence, les militants accrochent des fleurs et des affiches sur la clôture, avant d'allumer des bougies, et d'entamer leur veillée.

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L'action était relayée devant une trentaine d'abattoirs en France

© Radio France - Emmanuel Sérazin

 

Pendant que les porte-paroles s'expriment devant micros et caméras, les manifestants de chaque camp se contentent d'échanger par pancartes interposées.

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La réponse des éleveurs aux défenseurs de la cause animale

© Radio France - Emmanuel Sérazin


Un dialogue stérile

Rapidement, l'esprit bon enfant commence à s'estomper, et le face-à-face se fait plus pesant. Le mouvement 629 Life Libération Animale avait donné pour consigne à ses militants de "veiller en silence contre l'holocauste des animaux", et de ne surtout pas répondre aux provocations. Le groupe de militants vendéens joue le jeu.

 

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La Nuit Debout a rapidement tourné au face-à-face pesant

© Radio France - Emmanuel Sérazin


Agacés par la passivité des militants, les éleveurs commencent à hausser le ton. Le dialogue se fait d'abord énergique, avant de verser dans un registre plus vulgaire, face à un groupe essentiellement composé de jeunes femmes. Les militants s'enferment alors dans leur silence pacifique, assis devant l'autel de fleurs et de bougies. De leur côté, les éleveurs se regroupent autour d'un bar improvisé sur une botte de paille. Quelques verres plus tard, Daniel Pavageau, le patron de la Coordination Rurale en Vendée, lance une sommation aux militants toujours assis dans l'herbe: "nous allons vous expulser !"

Et la machine à lisier se met à cracher de l'urine animale devant une foule d'éleveurs surexcités, réclamant que le camion des militants soit lui aussi aspergé...

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L'autel des militants, disloqué par un jet de purin

© Radio France - Emmanuel Sérazin

 

Des policiers impuissants

Le groupe de militants se réfugie dans son camion, encerclé par les éleveurs, dont certains commencent à en venir aux mains. La camionnette s'extraie de la foule avec difficulté, pour arriver jusqu'à l'unique voiture de police stationnée au bout de la rue depuis le début de la soirée. Les deux fonctionnaires parviennent à faire partir le camion des militants, avant d'être pris à partie par quelques éleveurs survoltés. L'arrivée d'une deuxième voiture de police finit de convaincre les éleveurs de rentrer chez eux.

En Vendée, la Nuit Debout aura duré deux heures.

 

 

 

28/06/2016

Poteaux téléphoniques creux non obturés

Poteaux téléphoniques creux non obturés :

pièges mortels pour oiseaux et écureuils

 

Pendant des années, de 1985 à 2007, avec France Nature Environnement, nous avons inventorié des poteaux non obturés, acquis et posé des obturateurs, réalisé des campagnes de sensibilisation, présenté les systèmes d'obturation dans des stages, foires, fêtes de la nature... comme celle qui était encore organisée au festival "Pip' en Terre" à Baume les Dames ce dimanche 26 juin 2016.

 

Or il se trouve qu'une certaine députée, Michèle Bonneton a réussi à introduire un amendement  annulant l'arrêté rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.

 

Vous trouverez ci-dessous le message que Jean-François Noblet a adressé à sa députée pour saluer cette honteuse initiative.

 

---------- Message transféré ----------

De : Jean François Noblet <jf@noblet.me>

Date : 28 juin 2016 à 07:40

Objet : Obturation des poteaux creux

À : deputee@genevieve-gaillard.com

 

 

Madame la députée,

 

Depuis 1985 je me bats comme un chien pour alerter l'opinion et France télécoms pour faire boucher les poteaux téléphoniques creux. Ma députée, Michèle Bonneton avait réussi à introduire un amendement rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.
Or voici ce que vous avez déclaré au parlement comme rapporteur de la loi biodiversité :

 

La commission a donné un avis défavorable et je vais vous expliquer pourquoi. Autant nous avons accepté désormais de mettre des poteaux qui ne soient pas creux car en effet nous pensons, et je pense, que les poteaux creux sont un peu un fléau pour les animaux, il faut être aussi pragmatique. Remplacer un million – j’ai fait le compte – de poteaux sur 3 ans, ça fait 913 poteaux par jour, sur 10 ans 274, sur 20 ans 137 par jour en comptant les dimanches et jours fériés. Donc je pense que nos entreprises ne peuvent pas faire ça et donc je suis défavorable à cet amendement.

 

Ces propos ont abouti au maintien des anciens poteaux non bouchés qui piègent des milliers d'animaux dont la plupart des espèces sont protégées (mésanges, écureuils, chauves-souris, chouettes etc.).

 

Laissez moi vous dire que votre attitude m'est insupportable pour les raisons suivantes :

 

En fait, pour rendre ces pièges inopérants, il suffit d'adapter au sommet un obturateur bien calibré. Cela fait plus de 30 ans que des milliers de bénévoles ont passé des milliers d'heures pour boucher ces pièges mortels, longeant les lignes téléphoniques avec une échelle sur le dos. Il nous a fallu localiser les poteaux non bouchés car les PTT n'avaient pas de carte de leurs poteaux. Ensuite il a fallu exiger des télécoms des modèles de bouchons fiables. Plusieurs modèles en effet ont démontré qu'ils n'étaient pas durables. Vous n'avez jamais compté les dépenses faites par les associations pour suppléer la carence d'un service public.

 

Et vous osez dire que c'est, un peu, un fléau pour les animaux ! Mais c'est aussi un fléau pour les agriculteurs qui ne bénéficient pas du bienfait de ces espèces auxiliaires.

 

Quant au calcul d'un million de poteaux non bouchés, il date de 10 ans ! En effet, grâce à notre action, il reste de moins en moins d'anciens poteaux non bouchés. Par exemple en Isère tout est actuellement bouché. Il faut simplement surveiller les anciens bouchons plastiques qui s'enlèvent et on doit vérifier certains poteaux isolés.

 

On aurait accepté un délai plus important pour boucher les poteaux non bouchés, mais votre décision permet à Orange de laisser des poteaux non bouchés, en particulier dans les Dom-Tom.

 

Je vous pensais sensible à la protection animale et je ne comprends absolument pas pourquoi vous avez laissé des animaux crever de faim, de soif, d'épuisement dans ces poteaux. J'ai trouvé des poteaux remplis jusqu'au sommet de cadavres, des dizaines d'écureuils et de chouettes dans le même poteau.

 

Je ne vous salue pas.

 

JF Noblet membre LPO, FRAPNA,SFEPM

www.noblet.me

 

Jean-François Noblet

486 route de Voiron

38960 Saint Etienne de Crossey

France

 

Tél : 00 33 (0)4 76 55 39 80

mail : jf@noblet.me

site : http://noblet.me

photothèque : http://www.photo-nature-environnement.com

25/06/2016

Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée

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Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée


19 000€, c’est la somme que touchera l’éleveuse après la chute mortelle de son troupeau qu’elle avait laissé sans protection au bord d’une falaise en période d’orages. L’éleveuse accuse « le loup » et pourra donc être indemnisée, même en l’absence de preuve. Vidéo à l’appui, explication sur un système qui marche sur la tête.

     
Le 15 juin à Sigoyer (Hautes-Alpes), un couple d’éleveurs abandonne 17 génisses en haut d’une falaise de 80 mètres. Le 19 juin, elles sont retrouvées mortes au pied de la paroi, tombées dès la nuit ou le lendemain de leur arrivée. L’éleveuse, secrétaire générale de la FDSEA05(1), accuse sans preuve « le loup » d’avoir provoqué leur chute et percevra, selon nos sources, plus de 19 000€ d’argent public à ce titre. Quant à l’hélitreuillage des cadavres, il sera pris aussi en charge par la collectivité, pour un coût estimé à 4000 €.
     
     
Problème : rien ne prouve que les vaches aient été effrayées par des loups. Seule certitude : une « succession d'orages parfois intenses avec grêles et fortes rafales de vents » a eu lieu le jour même de la chute présumée (2) !

Le lendemain de la découverte des génisses, l’ASPAS a filmé le haut de la falaise : il s’y trouvait encore 4 ânesses ! Les images sont édifiantes : ces animaux sont livrés à eux-mêmes, sans la moindre protection au bord d’un précipice impressionnant. Certes, les génisses ont pu être effrayées par des loups (présents ici depuis une dizaine d’années) mais aussi par des chiens, des randonneurs, des VTTistes, des ULM et planeurs (fréquents ici), l’orage ou toute autre cause.

 

Quoi qu’il en soit, cette terrible chute des génisses incombe avant tout à leurs propriétaires. L’éleveur venait les voir « habituellement le samedi » ! Comment une telle irresponsabilité peut-elle être encouragée par de l’argent public ? Parce qu’en l’absence de preuve, le dossier est classé en « loup non exclu »… ce qui permet de déclencher l’indemnisation ! Pire : cela alourdit artificiellement les bilans officiels de la mortalité imputée au loup.

 

Décision ultime, un « tir de défense renforcé » vient de lui être accordé : des chasseurs, et potentiellement, la brigade anti-loup embauchée par l’État, peuvent désormais venir ici par groupe de dix pour abattre un loup au hasard !

 

Ces vaches ont perdu la vie pour une seule vraie raison : l’irresponsabilité de leur propriétaire. Les chutes de troupeaux en montagne sont assez fréquentes lorsque le bétail, livré à lui-même, est effrayé par l’orage ou des chiens. Même s’ils n’y sont pour rien, ce sont toujours les loups qui trinquent !

 

L’ASPAS demande la fin des tirs de loups, et que les éleveurs qui ne protègent pas leur bétail ne soient plus indemnisés. Les loups n’ont pas à être sacrifiés pour pallier l’irresponsabilité de ces éleveurs, et l’argent du contribuable n’a pas à être gaspillé pour encourager ceux qui (mal)traitent leurs vaches comme des tiroirs-caisses jetables.



Voir la vidéo



(1) FDSEA : Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles
(2) www.infoclimat.fr

24/06/2016

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

 

par Frédéric DANIEL

 

Abattage du blaireau dans la Somme.jpg

Je tiens avant tout à vous remercier, toutes et tous pour avoir signé et diffusé ma pétition. Vous êtes maintenant plus de 100 000 personnes à soutenir ma cause !

 

Merci également à celles et ceux qui ont écrit à la préfecture de la Somme pour montrer votre désaccord sur la décision du préfet de vouloir une nouvelle fois cette année faire abattre 1 500 blaireaux. Vous avez été semble-t-il très nombreux à avoir participé.

 

La contestation ne cesse de prendre de l'ampleur sur le prétendu bien fondé de la chasse du blaireau, que ce soit par la communauté scientifique, les associations, ou de simples citoyens. Sa chasse en général, la période complémentaire de chasse, son mode de chasse cruel ou encore les arrêtés préfectoraux autorisant des abattages massifs et arbitraires sans justification scientifique sont très décriés et dénoncés.

 

Curieux hasard, hier 13 juin 2016, le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer a publié l'avis du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) intitulé "La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage".

 

Je vous invite à le lire attentivement :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-cohabitation-entre-les.html

 

La conclusion de ce conseil scientifique est très clair: "Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage".

La préfecture de la Somme a entre temps publié le communiqué suivant :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18920/131363/file/communique.pdf

 

"Ce projet de renouvellement de régulation des blaireaux a été évoqué en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage le 12 mai 2016 et aucun avis défavorable n’a été émis par les membres de cette commission."

 

Les chasseurs, bien entendu, n'ont vu aucun problème à reconduire cette opération massive de destruction du blaireau sur ce département. Demander l'avis des chasseurs sur ce sujet, c'est comme demander à un enfant s'il veut reprendre du dessert...

 

Malgré les 158 avis défavorables émis par les citoyens, le préfet a malgré tout publié l'arrêté préfectoral AUTORISANT CETTE OPERATION MASSIVE DE DESTRUCTION. Les abattages ont donc repris depuis le 1er juin 2016.

 

Voici l'arrêté préfectoral :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18975/131734/file/AP-regulation-blaireaux_MAI-2016.pdf

 

Rappelons une nouvelle fois à M. de Mester l'aberration de sa décision en lui montrant la conclusion du CSPNB :

http://www.somme.gouv.fr/Contactez-nous

 

Que le préfet de la Somme mette de côté son amitié avec les chasseurs pour prendre des décisions plus objectives, avec les conseils des scientifiques compétents sur ce sujet, c'est notre souhait. Si les contestations sur ses décisions se multiplient, M. de Mester ne pourra plus les ignorer.

 

Le 8 avril 2016, Philippe de mester, préfet de la Somme, sur Twitter avec ses amis chasseurs :

https://lc.cx/4rNF

 

Ne lâchons rien !

Le blaireau doit être protégé. Partagez cette pétition :

http://change.org/ProtectionBlaireau

 

Merci à tous !

103 518 soutiens

46 482 nécessaires pour atteindre 150 000

 

24/05/2016

Moutons au pâturage

Portrait de campagne

 

par Dominique Delfino

 Photographe naturaliste et animalier

 

Cliché instantané réalisé au détour d'un chemin alors que je me laisse guider par une petite route du Haut-Doubs plongeant dans la vallée du Dessoubre.

 

En cette fin de journée, la lumière à contre-jour m'offre tout au long de cette balade une transparence végétale propre au feuillage printanier qui vient de renaître.

 

Je poursuis mon chemin dans le jeu continuel de lumière en scrutant les moindres détails qui peuvent se mettre en scène face à mon objectif.

 

C'est finalement un tableau champêtre qui capte mon attention. De jeunes moutons au pré sous la vigilance de leur mère ne me lâchent pas du regard dans cet endroit perdu. Le contre-jour dont je profite et la pose prolongée des animaux me laissera le temps de leur tirer le portrait au sein d'un véritable éclairage de studio naturel de campagne.

 

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Cliché © Dominique Delfino

28/04/2016

Chasse au blaireau

blaireau,chasse,aspas,haute-savoieHaute-Savoie :

chasse au blaireau, l’acharnement sanguinaire

 

par Pierre Athanaze

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

 

Mise à jour du 28 avril 2016 Et dans la Somme, le même acharnement !

 La destruction des blaireaux continue en France, comme en témoigne cette décision du Préfet de la Somme.

 

Lire : Le préfet de la Somme a mis en consultation un arrêté prévoyant l’abattage et le piégeage, à partir du 1er juin, d’un maximum de 1.500 blaireaux, notamment accusés de[...]

 

Espèce protégée dans la plupart des pays européens, le blaireau est déjà l’objet d’une chasse acharnée en France. Mais afin de satisfaire à la pratique de la "vénerie sous terre", ou déterrage, (plus de 3 000 équipages en France!), mode de capture et de mise à mort sans conteste le plus cruel d’Europe, elle est aussi l’objet d’une "période complémentaire" qui allonge cette période de chasse à neuf mois et demi par an ! Cela ne suffit toujours pas…

 

Le blaireau est classé "gibier". À ce titre, l’espèce est chassée de mi-septembre à fin février. La "période complémentaire" allonge cette chasse de la mi-mai jusqu’à l’ouverture de la chasse, mi-septembre. Mais cela ne suffit pas aux chasseurs hauts-savoyards, qui ont obtenu du préfet de leur département, un arrêté totalement illégal, autorisant la destruction de blaireaux du 8 mars à fin juin, ne laissant aux blaireaux que huit jours de répit ! L’ASPAS a bien sûr attaqué cet arrêté. Aussi, le jour même de l’audience, le préfet a abrogé son arrêté, rendant sans objet ce contentieux. L’ASPAS a ensuite été informée que trois autres arrêtés, tout aussi illégaux, avaient été signés. À la demande de l’ASPAS, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu ces arrêtés le 21 avril 2011.

 

Il est de notoriété publique que la France connaît de sérieux problèmes quant à sa relation avec sa faune sauvage. Notre pays a, de très loin, le plus grand nombre d’espèces chassables (90 !). Mais nous avons également de très gros problèmes avec les chasseurs, pour les suffrages desquels nos parlementaires multiplient les petits cadeaux entre amis.

 

Dernier épisode en date : deux propositions de loi, portées, l’une par le groupe chasse à l’Assemblée nationale, l’autre par le Groupe chasse au Sénat, seront discutées parallèlement au Sénat, le 5 mai 2011, et à l’Assemblée nationale le 10 mai 2011. Ces deux lois, sur le même sujet, seront discutées en même temps : du jamais vu pendant la cinquième République !

 

Il serait plus que temps que nos élus et hauts fonctionnaires s’émancipent du monde de la chasse et prennent la mesure de l’état de conservation de la nature en France, ainsi que de la demande sociale plus axée sur la protection. L’année de la biodiversité est passée et les discours post-grenelliens sont oubliés. Mais les Français, eux, attendent qu’enfin toutes ces promesses soient tenues pour une véritable prise en compte de la nature et de l’environnement.

 

Pierre Athanaze

22 avril 2011

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

www.aspas-nature.org

 

• La cruelle période des déterrages a déjà commencé dans certains départements. Si vous trouvez de jeunes blaireautins orphelins, contactez l'association Meles, de Virginie Boyaval :

www.meles.fr

 

Vidéos du déterrage des blaireaux, une pratique particulièrement révoltante :

http://www.notre-planete.info/actualites/4436-blaireau-ch...

 

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© Charlie-Hebdo

 

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© Michel Cottet

13/04/2016

Mouflons en Baie de Somme

Rencontre insolite

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Cet animal ne compte pas parmi les mammifères que l’on peut surprendre dans le Pays de Montbéliard et pour cause, l’origine de ce cliché provient tout droit de Baie de Somme.

 

En déplacement avec des amis pour le rendez-vous annuel du festival de l’oiseau où j'anime un stage de photographie de nature et au cours duquel les balades font partie du quotidien.

 

Lors d’une de ces promenades dans le domaine du Marquenterre, quelle ne fut pas notre surprise au détour d’un chemin de croiser une compagnie de sangliers avec ses marcassins immédiatement suivie d’une harde de mouflons à portée d’objectif.

 

Cette rencontre furtive présente un caractère exceptionnel par le fait d’une concentration étonnante de mâles porteurs de cornes attestant d’un certain âge.

 

Animal plutôt méditerranéen, sa présence en Baie de Somme est due à une introduction dans les années 90 par le propriétaire de l’époque. La population de cet animal discret compte aujourd’hui environ 200 individus.

 

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Cliché © Dominique Delfino

19/03/2016

Lionne & lionceau

D'un pas assuré...

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

De retour du Kenya en cette fin mars 2016, je me suis plongé dans la sélection des images réalisées lors de ce safari-photo. Ce cliché fait partie de mes coups de cœur, les images de fauves avec leurs jeunes étant toujours synonymes de grande tendresse.

 

Dès le début du séjour, nous découvrons cette lionne en compagnie de son lionceau qui, selon notre guide, était jusque là bien caché à l'abri des prédateurs. Un seul jeune pour cette mère qui a certainement perdu son ou ses autres petits dans la dure loi du plus fort au sein de la savane africaine.

 

Les scènes de jeu avec sa mère entrecoupées de longues tétées et de grands moments de sommeil rythment la journée du jeune félin. En compagnie des autres lionnes, la mère et son petit se déplacent de temps à autre sur d'autres sites, la lionne entraînant son lionceau dans ses pas à la découverte de cet environnement.

 

D'un pas assuré le jeune animal précède l'adulte qui veille sur lui attentivement. Le lionceau marche avec assurance, jetant de temps à autre un regard en direction de sa mère et laissant penser que lui seul ouvre la marche. Encore trop vulnérable, il restera à l'abri en toute sécurité, caché dans un buisson pendant que sa mère chasse.

 

Une image, qui, à mon goût, traduit toute la puissance et la fragilité de la vie dans ces espaces sauvages.

 

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Cliché © Dominique Delfino

Girafes et zèbre

Le Masaï Mara en 3D

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Cette image provient tout droit d'Afrique où je séjourne actuellement (19 mars 2016), encadrant un safari photo dans la réserve du Masaï Mara (Kenya).

 

Basé dans un camp de brousse géré par mon ami Tony Crocetta, un lieu idéalement placé au bord de la rivière Mara. Le groupe que j'accompagne s'imprègne dès le lever du jour de l'ambiance et de la richesse de la faune sauvage. La recherche d'espèces emblématiques telles que les grands félins occupe une bonne partie de nos journées. La rencontre avec des animaux moins discrets mais tout aussi intéressants nous procure des émotions particulières propices à des prises de vues remarquables.

 

Telle en témoigne cette image de ces deux girafes Masaï prenant naturellement de la hauteur sur ce zèbre des plaines.

 

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30/01/2016

Association de protection du Val du Drugeon — activités 2016

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20/01/2016

Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 

 par le Centre Athénas

 

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Durant des années, l'optimisme a été de rigueur et les Autorités, par la voix du réseau Lynx annonçaient dans les Vosges une population de 15 à 20 individus pour finalement s'apercevoir brutalement au début des années 2010 que l'espèce avait disparu sous l'effet du braconnage (et pas en un seul jour…).

 

Dans le Massif du Jura où il a été difficile de faire admettre que le braconnage était régulier, iI est encore de bon ton de dire que le Lynx est abondant et sa population en bonne santé.

 

Or, il n'en est rien.

 

L'évolution de l'aire de présence de l'espèce donne une image fausse de l'état de conservation de l'espèce : ainsi en 2015 est annoncée une augmentation de l'aire de présence du seul fait de l'observation répétée d'un individu en Haute-Saône, alors que parallèlement, les mortalités d'adultes se multiplient dans le Massif, cœur de la population nationale, et que des territoires vacants ne sont pas réoccupés.

 

Le suivi par piège photographique, dont le but avoué était de démontrer une supposée surabondance du Lynx pour pouvoir le réguler, n'a mis en évidence qu'une population de 70 adultes pour les départements du Jura (40) et du Doubs(30), et un total de 90 à 100 individus adultes pour l'ensemble du Massif, Bugey inclus C'est tout !

 

Cette année, 8 adultes ont disparu dans le Doubs et le Jura (11,5% de la population), seulement deux sont morts suite à une collision.

Les autres se sont... évaporés.

 

Sept de ces adultes étaient des femelles avec des jeunes (20 jeunes estimés, 4 survivants). Le moins que l'on puisse attendre de ces disparitions est un déséquilibre dans le sex-ratio de la population, un trou démographique qui mettra dans la meilleure hypothèse des années à se résorber (puisque les 3/4 des jeunes de ces femelles sont morts, le recrutement sera donc limité). Face aux apparitions de jeunes orphelins, on commence à nous objecter, sans le moindre début de fondement scientifique qu'il peut s'agir d'abandons et de sélection naturelle. L'abandon d'un jeune — et a fortiori de plusieurs jeunes — de toute la portée en fait, n'a jamais été décrit, observé ou documenté, chez aucune des espèces de Lynx présentes sur la planète, pas plus que chez d'autres félidés. Les femelles passent plutôt pour de bonnes mères et il a été rapporté à plusieurs reprises que certaines attendaient et recherchaient un jeune écrasé.

 

Il est urgent que l'État prenne la mesure du phénomène et dote les acteurs en place des moyens de mener leurs missions, qu'il s'agisse de l'ONCFS pour la lutte contre le braconnage ou d'Athénas et d'autres pour les actions, de conservation. 40 ans après sa réapparition, le Lynx pourrait disparaître une nouvelle fols en l'espace d'un siècle. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. L'hallali qui a été sonné pour le Loup, a sans nul doute donné des idées et encouragé le passage à l'acte pour le Lynx.

 

La question est de savoir quel territoire on veut promouvoir, et pour quel avenir. Récemment en Bavière, suite à l'exécution illégale de deux jeunes lynx dont les pattes ont été déposées devant le domicile d'une des personnes chargées de leur suivi, les réactions ont été très vives : les réservations touristiques ont chuté de façon significative, et les annulations de séjour ont été nombreuses Motif : les touristes boudaient un pays de tueurs de lynx.

 

Il serait bon que les acteurs du tourisme, et les collectivités envisagent le problème sous cet aspect, et qu'il soit fait cause commune pour la préservation de TOUT notre patrimoine.

 

D'autres régions produisent du vin et du fromage, beaucoup ont des lacs et des rivières, toutes ont des musées et des campings.

 

Une seule région recèle le Lynx, et c'est la nôtre. C'est une de ses richesses, un de ses charmes, mais c'est surtout un atout unique.

 

Source :

Athénews n°s 68-69-70, 2e, 3e et 4e trimestres 2015

Où est l'écologie ?

loup_02-logo.jpgOù est l’écologie ?

 

par Gérard CHAROLLOIS

17 janvier 2016

 

Où est l’écologie ? Le samedi 16 janvier, elle était à LYON.

 

À l’appel des associations de protection de la nature, de défense des animaux, trois mille militants affirmèrent que le Loup doit vivre et retrouver sa place dans la nature.

 

Immense succès pour ce rassemblement qui, à la différence de tant d’autres, ne visait pas à promouvoir de sordides intérêts catégoriels, égoïstes, cupides.

 

Les manifestants pour le Loup, ne revendiquant aucune subvention, aucune exonération, aucun avantage lucratif pour eux-mêmes, agirent pour une cause qui nous dépasse tous : celle du vivant.

 

Qu’en dira une presse trop souvent formatée par les lobbies, propriété des forces d’argent et instrumentalisée pour maintenir l’opinion en état de soumission ?

 

Le Marché exige des consommateurs assujettis et, pour les priver de pensée, dénature les mots.

 

Les dénominations partisanes ont perdu leurs sens et la politique son crédit.

 

Il n’y a que les grincheux antifiscalistes pour croire encore que la France s’est donnée au socialisme en 2012.

 

Quand les mots ne veulent plus rien dire, la réflexion, le débat, l’opinion s’égarent.

 

L’écologie n’échappe pas à ce délitement du sens et l’on gagne toujours à bien définir ce dont on parle.

 

Créée dans la seconde moitié du  XIXe siècle par des biologistes, botanistes et zoologistes, l’écologie fut initialement la science du milieu naturel, l’étude du rapport entre les espèces et leur environnement.

 

Ce n’est qu’un siècle plus tard que la notion accéda au champ de l’éthique et de la politique avec la création des parcs nationaux, des réserves naturelles, des mouvements de défense de la faune et des sites et l’apparition du ministère de l’environnement, en 1971.

 

Le premier titulaire de ce ministère, Robert POUJADE, qualifia son service de « ministère de l’impossible », sans doute en constatation que l’objectif de sauver le vivant était inatteignable dans une société aux mains des lobbies, au service du profit et de la spéculation.

 

Le ministère de l’impossible est, entre temps, devenu celui de l’imposture.

 

Il protège la chasse et tue les loups.

 

Il offre une caution morale aux grands travaux inutiles, à l’agrochimie, au massacre des oiseaux migrateurs.

 

Je regrette que le parti écologiste, sauf remarquables et courageuses exceptions au nombre desquelles je citerai la députée Laurence ABEILLE et le député européen Pascal DURAND, ne parle pas suffisamment haut, fort et clair pour la défense du vivant.

 

Ce rapport à la nature est le plus grand défi de notre temps, bien plus essentiel que l’écume de l’actualité qui étouffe le vrai débat, la question fondamentale : l’humain va-t-il anéantir toutes les autres formes de vies ?

 

Car, par-delà les impostures, les petites lâchetés, c’est l’enjeu final.

 

La croissance démographique, le « développement économique », l’augmentation de la consommation planétaire, posent cette question occultée par les lobbies, par les politiques et donc par les médias.

 

Il n’y a pas un canton, en ce pays et partout ailleurs, sans son élu local, son promoteur, son aménageur récitant que son petit projet, son extension, son infrastructure, sa coulée de béton et d’asphalte ne représentent pas une si redoutable agression contre la nature et qu’il faut bien du « développement durable ».

 

Immanquablement, à terme, ce processus infini aboutira à la mort des milieux naturels, de la faune et de la flore.

 

Il nous appartient de poser cette question éthique et d’affirmer que cette destruction du vivant est inacceptable.

 

Peut-on tolérer plus longtemps un système fondé sur l’exploitation, la concurrence, la compétition, l’écrasement d’autrui, le saccage, le pillage, le lucre, la violence ?

 

Non, la voix de l’écologie ne doit pas s’éteindre, faute de porter un message novateur.

 

Non, cette grande cause ne doit pas être ignorée des citoyens, au point de ne recueillir que 2% des suffrages lors d’une élection à l’échelon national.

 

Or, c’est ce qu’il adviendra si l’on perdure à taire la raison d’être d’une pensée de réconciliation avec le vivant.

 

L’écologie politique peut exprimer un libertarisme des mœurs et un solidarisme social auxquels j’adhère sans réserve, mais, sans sa dimension éthique du respect de la nature, de l’animal et de toute vulnérabilité, elle n’est rien et ne peut attendre aucun écho dans une société dont elle ne relèverait pas le vrai défi.

 

Il est souhaitable qu’une primaire de l'écologie, ouverte, loyale, accessible à tous les citoyens se reconnaissant dans le grand combat pour le vivant, désigne un porte-parole susceptible de créer un rapport de forces contre les lobbies de la mort.

 

À défaut d’une telle primaire, face à la nocivité des politiques suivies par les vieux partis usés, il conviendra d’envisager les moyens d’offrir au pays une issue autre que celle qui se présente, faute de mieux, pour en finir avec la fausse alternance.

 

Par-delà les partis, les mouvements et associations, j’en appelle à l’unité, au rassemblement des défenseurs du vivant, pour un  rejet des ambiguïtés éthiques.

 

À LYON, le 16 janvier 2016, pour le Loup, nous vîmes la démonstration de ce que peuvent les biophiles, lorsqu’ils savent s’unir.

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

18/01/2016

Chamois au Pays de Montbéliard

Matin d'hiver

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

Image de saison réalisée le dimanche 17 janvier 2016 lors des dernières chutes de neige qui rappellent que l'hiver décide enfin de s'installer durablement.

 

C'est dans les contreforts de la plaine de Mathay qu'une belle population de chamois évolue depuis de nombreuses années et que je prends plaisir à observer régulièrement.

 

L'ambiance hivernale m'incite à retrouver les mammifères que je finis par observer évoluant avec une agilité étonnante dans une paroi abrupte. Le contraste délivré par le manteau neigeux permet aux chamois de se détacher du milieu naturel rendant leur image plus lisible à travers le téléobjectif.

 

En hiver, leur pelage est brun noir, plus épais et plus long, avec un masque facial plus net. Leur nourriture est principalement constituée de feuilles et de pousses des arbres et arbrisseaux, d'aiguilles de résineux, de mousse, de lichen, d'écorces.

 

Dans le silence de ce matin d'hiver, seul résonne le bruit des pierres que les chamois laissent échapper sous leurs sabots. Les empreintes dessinées dans la neige délimitent le territoire de ces animaux évoluant en pleine quiétude à seulement vingt minutes de l'agglomération montbéliardaise.

 

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Cliché © Dominique Delfino

17/01/2016

Des abeilles pour protéger les cultures… des éléphants

Des abeilles pour protéger les cultures…

contre les éléphants

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Photo © Save the Elephants

 

Sous une pression démographique croissante, les interactions « hommes-éléphants » sont de plus en plus fréquentes en Afrique, avec notamment la mise à mal des cultures des premiers, par les seconds… Dans ce cadre, depuis quelques années, plusieurs pays africains (Botswana, Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie…) recourent à des abeilles « sentinelles » pour protéger leurs cultures des pachydermes.

 

Ayant constaté que plus de 90 % des éléphants fuient le bourdonnement des abeilles, en 2008, Lucy King[1], une chercheuse du département de zoologie de l’université d’Oxford, a mis au point avec l’ONG Save the elephants, un astucieux système pour protéger les cultures et donc limiter les sources de conflits entre les hommes et les éléphants, lesquels conduisent régulièrement à des morts, d’un côté comme de l’autre.

 

Le principe est simple et repose sur la mise en place d’un réseau de ruches « sentinelles », espacées d’une dizaine de mètres et reliées les unes aux autres par un fil. Fixées à des poteaux ou suspendues dans les branches des arbres, les ruches sont secouées dès lors qu’un éléphant tente de passer outre cette « clôture », provoquant immanquablement l’alerte des abeilles. Inquiètes, celles-ci bourdonnent alors fortement, tandis que certaines sortent pour défendre leur ruche. Piqués dans des zones où leur peau est fine, mais aussi sensible (autour des yeux, au niveau de la trompe, etc.), les éléphants prennent la fuite, sans manquer de prévenir leurs congénères.

 

Après une telle expérience, à l’avenir les éléphants, piqués dans des zones sensibles et ayant associé le bourdonnement des insectes à la douleur des piqûres, quitteront d’autant plus rapidement des zones ainsi protégées !

 

Outre la protection des cultures et la fin des conflits avec les communautés rurales ainsi protégées, la mise en place de cette technique permet aux villageois de bénéficier de la pollinisation des abeilles et de leur production de miel.

 

[1] Lucy King est à l’origine de l’ONG Save the Elephants. Il est possible de soutenir son action sur http://elephantsandbees.com

 

Source : Univers nature

13/01/2016

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours
 

par Patrice Raydelet

 

J’ai le plaisir de vous annoncer le lancement d’une souscription pour mon nouvel ouvrage

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours”.


Il s’agit du premier volet d’un important projet (livres et vidéos) présentant la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage.


Vous trouverez la présentation sur le bulletin, ainsi que la couverture.

 

Couverture-Chevaux-Abruzzes-450.jpg

 
La sortie du livre est prévue en mai 2016 et la souscription s’arrête la veille de la publication.


Si vous êtes amoureux des chevaux, de la montagne, de la faune sauvage, des grands prédateurs et désirez voir comment se passe cette cohabitation dans le Parc national des Abruzzes (Italie), ce livre devrait vous plaire !
 
Pour commander, il vous suffit de retourner le bulletin ci-joint à l’éditeur avec votre règlement (le livre est toujours moins cher pendant la souscription, vous le recevrez directement chez vous à sa sortie et le port est offert  !).

BulletinSouscription-(1)-450.jpg


Merci d’avance à toutes celles et tous ceux qui souscriront...et n’hésitez pas à diffuser le bulletin à vos contacts et aux amateurs de chevaux.
 
Bien cordialement,
Patrice RAYDELET
 
P.S : ce bulletin sera également sur mon compte et ma page Facebook avec une sélection d’images.

 

Patrice RAYDELET
468, rue de Penu
39570 CESANCEY
03.84.25.03.02

BulletinSouscription-450.jpg

22/12/2015

Loups abattus en décembre 2015

Loup - © ARDEA-MARY EVANS-SIPA.jpgDeux loups ont été abattus durant le week-end 12-13 décembre 2015

 

Un loup a été abattu dans la Drôme le 12 décembre et un autre dans les Alpes-Maritimes le lendemain.

CINQ. C'est le nombre de prélèvements encore autorisés pour la période 2015-2016. En effet, actuellement 31 loups (Canis lupus) ont été abattus sur les 36 tirs autorisés par l'arrêté du 30 juin 2015. Une louve a été tuée samedi matin sur la commune de Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme, a indiqué samedi soir la préfecture, portant dans un premier temps le décompte à 30 canidés tués en France en 2015. C'est la première fois qu'un loup est prélevé dans ce département, précise la préfecture, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Cette femelle a été abattue, dans le cadre d'un arrêté préfectoral de tir de prélèvement lors d'une chasse encadrée par des lieutenants de louveterie. "Depuis le début de l'année 2015 en Drôme, on a relevé 74 attaques du loup pour 291 victimes et 200 disparues", ajoute la préfecture. Cet arrêté concernait précisément les communes de Lus-La Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage, représentant à elles seules "plus du tiers de ces attaques" enregistrées ces derniers mois. Puis, selon Nice-Matin, un tir de défense a également conduit à la mort d'un loup sur la commune de Bézaudun dimanche. C'est le douzième animal abattu dans les Alpes-Maritimes. Finalement c'est deux loups qui ont été tués pendant le week-end du 12 décembre.

 

Une réaction : Une lettre pour le Loup

par Frédéric Wolff

Mon frère sauvage, cher loup,

Écrire une lettre au loup. L’idée me poursuit depuis un moment. Comme souvent, j’ai remis à plus tard un premier brouillon maladroit. J’ai attendu. L’actualité finirait bien par revenir vers ce massacre organisé. D’autres sujets ont retenu l’attention des grands médias.

Pendant ce temps, la boucherie continue. Elle n’a jamais cessé. Simplement, on n’en parle plus. Et quand bien même, certains, certaines s’avisent de rompre le silence, leur parole est inaudible. Le bruit ambiant fait diversion. Une aubaine pour la machine et pour ses serviteurs.

Pendant ce temps, la lente agonie du monde progresse. Les empoisonnés, les irradiés, les torturés des ondes électromagnétiques, les assassinés — humains et non-humains — de la bagnole et de la guerre chimique menée dans nos métropoles et dans nos campagnes, les martyres des élevages industriels, les cobayes de laboratoires sacrifiés pour inventer des cosmétiques et des médicaments qui nous intoxiquent…

Et les indésirables. Tous les boucs émissaires sur qui décharger nos haines, tous les fragiles, tous les gêneurs de nos affaires, grandes ou petites, qu’importe. Il faut éradiquer, faire place nette, ne plus voir qu’une tête qui dépasse : l’humain d’abord ! Exterminer, anéantir, massacrer par tous les moyens possibles. L’éléphant, le flamand rose, l’ours, le lynx, le tigre, le vautour, le renard, le blaireau, la taupe, le requin… Et le loup.

Une lettre au loup pour quoi faire ? Pour ne pas renoncer. Pour une parole qui fraternise. Une lettre à tous les loups, à toutes les louves que nous sommes, nous qui avons à cœur la liberté et l’altérité. La voici, donc.

Mon frère sauvage, cher loup,

A nouveau, ça recommence, ça n’a jamais cessé, cette folie qui est la nôtre de nous trouver un mal-aimé quand tout va mal. A nouveau, la meute est lâchée contre toi.

Que va-t-il advenir de toi, de nous, s’il n’y a plus de place pour d’autres semblables que nous ? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un semblable à qui nous prenons la vie et c’est une âme de noyé que la nôtre, à l’ombre de laquelle plus rien ne pousse, une âme entrée en agonie, incapable d’aimer vraiment malgré ce qu’elle proclame. Accueillir l’autre, le différent ? Revendiquer le grand partage ? Mensonges, que tout cela.

Ce n’est pas toi qui es de trop, mon loup, c’est nous et notre commerce de tout, nous et notre arrogance à éliminer ce qui gêne un tant soit peu nos caprices d’argent et de frivolité.

S’il fallait choisir, qui de toi ou de nous, devrait mourir de honte et d’indignité, sans l’ombre d’une hésitation, nous serions les premiers sur la liste, très loin devant, nous les êtres de science et de sagesse autoproclamés.

Mais voilà, c’est nous, c’est encore nous qui décrétons qui a sa place et qui ne l’a pas sur la terre, qui doit se soumettre ou périr. Toi, tu refuses de te rendre et c’est cela que nous ne supportons pas : ce qui échappe à notre suffisance. Il n’y a pas plus étranger que toi à nos chaînes, sinon le vent, peut-être. Même blessé, tu seras celui qui ne désarme pas, plutôt mourir. Debout avant toute chose, tu le seras toujours, même mutilé.

Au grand jeu des équivalences, ne te laisse pas prendre, surtout, mon frère sauvage. C’est un piège qui se refermerait sur toi et sur les tiens. Par quoi pourrait-on bien te compenser, demain, si tu finis par disparaître ? Par qui ? Par une réserve où l’on ira barricader les derniers éléphants d’Afrique ? Qu’est-ce qui pourra nous consoler de te perdre ?

J’ai des lambeaux de moi dans toutes les vies indésirables, si tu savais. En moi, il y a un loup perdu dans un monde où n’a de valeur que le commerce des êtres et des choses. Pour tout te dire, je ne suis pas sûr d’avoir envie de vivre très longtemps dans ce monde. De plus en plus, je m’en éloigne comme il s’éloigne de moi et si je dois renaître un jour, mon vœu le plus cher serait d’être des tiens. Mon nom serait-il un premier pas vers ce destin?

Mon loup, s’il te plaît, apprends-moi à rester debout et à ne pas cesser de hurler avec les derniers des tiens. Dis-moi comment me mettre en marche avec les premiers chants d’oiseaux, montre-moi comment mordre s’il le faut. Donne-moi la force, il en faut tant de forces pour tenir dans nos vies et dans le monde. Des forces et des valeurs, je ne parle pas de celles dont on tire un profit quelconque pour ses comptes à la fin du mois ou pour son image. Je pense à ce qui donne un sens à notre commune présence sur la terre, je pense aux limites infranchissables que l’on se fixe, aux devoirs que l’on s’impose. Et au sacré qui réside dans la vie, dans tout ce qui échappe à la marchandise. Ô comme nous en sommes loin.

Nos vies – la tienne, les nôtres – sont une seule et même vie. Les guerriers du vivant d’aujourd’hui seront demain les guerriers d’eux-mêmes. Ils le sont déjà. Ceux qui gênent la marche de nos affaires, c’est l’autre et un jour, l’autre, c’est nous, nous qui tirions à vue hier, nous qui laissions faire sans rien dire.

Si ce monde peut être sauvé, c’est avec toi qu’il le sera, avec toi vivant. La neige où tu cours, les arbres sur qui tu veilles ne nous appartiennent pas, pas plus qu’ils n’appartiennent au vent ou à la pluie. Nos titres de propriété ne sont que des faux en écriture, ils ne pourront rien contre ce qui est plus fort que nous.

Comment nos vies ne seraient-elles pas dévastées alors que le monde est saccagé par tout ce que nous n’avons même pas honte d’appeler nos prouesses ? Ce que nous cessons d’habiter – la terre, nos existences, notre parole –, nous le perdons et, en chemin, nous nous perdons.

Mon frère, mon ami, je marche dans les pas de ta nuit. J’aimerais t’écrire qu’enfin, nous en avons fini de la guerre contre la vie, que l’humain n’est plus le centre de tout, pas plus que la terre n’est le centre de l’univers. Mais nous n’avons rien compris, nous sommes restés à l’âge du nombril autour duquel tout doit tourner, et nous allons ainsi à étendre notre empire, à le nourrir du sang versé par d’autres que nous, tout en proclamant avec des accents philanthropes : L’humain d’abord !

Ici, les dernières feuilles des arbres sont tombées. Tout paraît dépeuplé à présent. Le vent souffle dans les volets, il me semble qu’il porte ta voix, à l’heure des fusils braqués sur toi, ta voix par mille et plus encore. C’est l’hiver et j’ai froid. Je pense à toi, mon loup sauvage. Ne renonce pas, jamais.

16/12/2015

Le retour du Castor en Franche-Comté

Castor-200.jpgLe retour du Castor en Franche-Comté

Castor fiber

 

(Dernière mise à jour 19/03/2017)

 

En France, le Castor peuplait autrefois nos cours d'eau. Il était présent dans toute la France au siècle dernier. On l'appelait bièvre, du latin biber qui signifie brunâtre, comme la couleur du pelage de l'animal. D'ailleurs un affluent de la Seine, la Bièvre, recouverte sur toute la longueur de son parcours urbain, tire son nom du Castor disparu au XIIIe siècle en Île-de-France. La valeur commerciale de son épaisse fourrure, la consommation de sa chair et les soi-disant vertus du castoréum ont motivé sa chasse et son piégeage. Sauvé de l'extinction grâce à une opération de réintroduction sur la Loire dans les années soixante-dix, l'espèce recolonise progressivement ses anciens territoires.

 

Or le voilà qui réapparaît dans la basse vallée du Doubs. En Bourgogne Franche-Comté, le Castor occupe désormais la Loire et ses affluents (l'Allier, l'Aron, l'Arconce, l'Alène, l'Arroux, le Soinan), et le bassin de la Saône (la Saône, le Doubs, la Grosne, la Seille et la Dheune).

 

Présent sur la basse vallée du Doubs depuis la fin des années 90, la dynamique de la population de Castor d'Europe restait méconnue. D'après Sophie Horent (2016), cette basse vallée du Doubs constitue un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. La ripisylve qui délimite le lit mineur est constituée essentiellement de saules blancs, de frênes et de peupliers noirs. Cet habitat, considéré comme prioritaire à l'échelle européenne, assure la subsistance du Castor d'Europe et l'installation du Milan noir.

 

En 1992, l'avènement du réseau européen Natura 2000 va venir conforter le territoire dans le caractère exceptionnel de la biodiversité qu'il héberge. En 1995, le site Natura 2000 des « Prairies inondables de la basse vallée du Doubs à l'amont de Navilly » fait partie des trente-cinq sites pilotes retenus à l'échelle du territoire national pour éprouver la mise en œuvre du réseau. Sur 1 450 ha et 5 communes, la stratégie pour la préservation du patrimoine naturel de la basse vallée du Doubs est en marche. C'est alors le début d'une reconnaissance dont l'histoire est encore en cours d'écriture.

 

C'est ainsi qu'une étude portée en 2014 par l'Établissement Public Territorial du Bassin Saône-Doubs (EPTB) grâce au dispositif Natura 2000 et réalisée par l'AOMSL et Jura Nature Environnement (JNE) a pu être menée sur l'ensemble de la basse vallée du Doubs (RÉVILLON, 2015).

 

En 2014, le Castor d'Europe est signalé pour la première fois sur l'Ognon par Pierre Cheveau et Nick Derry. Voici leur récit: "Le 12 janvier 2014, à l'occasion d'observations ornithologiques en compagnie de Nick Derry sur les rives de l'Ognon, un timide Grèbe castagneux m'amène à constater que le saule sous lequel il tente de se dissimuler a été taillé récemment et ce, d'une façon qui ne laisse pas de doute sur l'identité du jardinier. Les branches sont de section modeste mais taillées en crayon, de nettes traces de dents sont visibles par deux sur le bois qui a été dénudé de son écorce. Ignorant si la présence du Castor d'Europe est déjà connue sur ce cours d'eau, la surprise fut confirmée ultérieurement : aucun indice de ce rongeur n'avait jusqu'alors été noté sur l'Ognon. La découverte que nous avons faite a ainsi été réalisée à plus de 60 kilomètres (par le réseau hydrographique) de la confluence entre la Tille (où l'espèce est présente plus en amont) et la Saône (Réseau castor de l'ONCFS), laissant envisager un éventuel jeune en dispersion. Aussi impressionnant que soit ce bond (tant pour les connaissances sur la répartition du castor que par le castor lui-même dans sa colonisation), cette heureuse découverte n'est pas si surprenante (voir Bulletin Obsnatu n°27, été 2013). […] Une question reste tout de même en suspens dans le cas de cette observation : s'agit-il d'indices laissés par un individu simplement de passage ou l'Ognon compte t-il déjà un ou plusieurs territoire (s) permanent(s) de castor ?"

Nick Derry et Pierre Cheveau (pierrecheveau@yahoo.fr).

 

D'après Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015), sur le territoire de la Saône-et-Loire, la population de Castor occupe les 18 km de cours d'eau les plus dynamiques entre Fretterans et Navilly. Compte tenu des indices recensés, la population est évaluée à 9 familles. Le milieu est ainsi occupé à son optimum. La population du Doubs constitue à l'heure actuelle la seule population viable du bassin versant de la Saône en Saône-et-Loire produisant chaque année des jeunes qui s'émancipent et qui sont alors à coloniser de nouveaux secteurs. Le territoire d'une famille en basse vallée du Doubs se compose d'une ressource alimentaire en salicacées abondante et directement accessible (île colonisée par les saules, ripisylve continue...), de berges hautes pouvant abriter les gîtes en période de crue ou d'étiage (terrier ou terrier-hutte), d'une zone de très faible courant (< 1 m3/s) en dehors de la veine d'eau principale, généralement derrière une île ou bien dans un ancien bras connectif. La présence de l'espèce est donc étroitement liée à la dynamique de la rivière.

 

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Castor d'Eurasie

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Le Castor est le plus gros rongeur d'Europe, il pèse 12 à 30 kg et peut mesurer de 90 cm à 1,20 m (corps 65 à 80 cm + queue 25 à 40 cm). Son corps est parfaitement adapté au déplacement dans l'eau : des pieds palmés pour la nage et une queue plate, large et multifonctionnelle.

 

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Répartition : Jadis le Castor était largement répandu dans le nord de l'Eurasie. De nombreuses populations ont été anéanties par les chasseurs de fourrure. Pour sa fourrure, mais également pour sa chair, il a été massacré du XVIIe au XIXe, en frôlant l’extinction. Au début des années 1900, il ne restait plus que quelques dizaines d’individus, en Camargue. La première interdiction de chasse intervient en 1909 dans le Rhône.

 

Aujourd'hui, malgré la protection de l'espèce, les populations sont réduites à des vestiges : cours inférieur du Rhône ; cours moyens de l'Elbe, Mulda, embouchure de la Saale (Allemagne) ; sud de la Norvège : ici et là en URSS et à la frontière sino-mongole. Réintroduit ici et là en France : Marne et Haute-Marne. Alsace (sur la Doller) et sud du Bas-Rhin, Finistère (sur l'Aulne), Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Yonne, Lozère. Introduit en Suisse (1956). En Europe, réintroduit sur le Danube (Neustadt), l'Inn inférieur, en Franconie, dans le nord de la RDA, une grande partie de la Scandinavie.

 

Répartition naturelle du Castor de la Vallée du Rhône

 

Le Castor de la Vallée du Rhône a subsisté dans le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le long du Rhône et de certains affluents, puis a gagné vers le nord jusqu'à Lyon (Rhône, Isère, Ardèche). C'est la basse vallée du Rhône, dans sa partie méridionale, qui lui offrit son ultime refuge.

 

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Castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

Dans la Vallée du Rhône, il fallut attendre 1909 pour qu'apparaissent les premières mesures de protection de l'espèce. Son redressement fut rapide et en 1965 les castors étaient à nouveau présents jusqu'à l'aval de Lyon, la traversée de l'agglomération restant toutefois rédhibitoire.

 

Puis l'aménagement de la basse vallée du Rhône a été réalisé et avec lui est apparu un nouvel espace, un autre paysage au sein duquel le castor conserve sa place.

 

En outre, à partir de la souche rhodanienne, plusieurs réintroductions ont été opérées. Ainsi, le Haut-Rhône, la Marne, la Loire, le Tarn, le Doller, l'Isère abritent désormais notre bièvre.

 

Les gîtes

 

On enregistre toute une gradation dans l'adaptation et dans l'effbrt. Par ordre chronologique :

 

— les cavernes naturelles sont les premières utilisées, elles ne nécessitent qu'un aménagement mineur,

les terriers, cavités artificielles que l'animal creuse et agence,

 

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Terrier d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

 

— les terriers-hutte, ensembles complexes de constructions où se trouvent conjugués l'action de fouissage et l'assemblage de matériaux ligneux,

 

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la hutte enfin, rarissime dans la vallée du Rhône, où tout n'est que branches.

 

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Hutte d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

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Terrier-hutte de castor dans la basse vallée du Doubs

(Cliché © S. Horent, 2016)

 

Le devenir de l'espèce dans la Vallée du Rhône

 

La quasi industrialisation des monocultures fruitières de la basse vallée du Rhône ont conduit un grand nombre de riverains à supprimer et à détruire la ripisylve. Les arbres cultivés sont plantés au ras de l'eau. On peut deviner la suite.

Que faire ? Nous emprunterons « la réponse » à G. Érome. "Là où la ripisylve a été fortement amputée, les castors, en période d'ératisme notamment, doivent se satisfaire d'essences cultivées (arbres fruitiers, peupliers de plantation, etc.)".

 

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Attaques sur saules (cliché © Alexandre Cartier)

 

Le rôle du Castor dans les écosystèmes aquatiques

 

Le Castor joue un rôle important dans la stabilisation des berges et des îles. En effet, le recépage régulier des saules stimule leur système racinaire, favorisant leur ancrage dans la berge ou sur les graviers. Par cette action, il contribue à maintenir une saulaie arbustive dense, efficace en période de crue pour ralentir les écoulements, et favorise l'émergence de points durs qui deviennent à leur tour des supports de la dynamique alluviale.

 

En outre, les branchages régulièrement apportés autour du terrier pour en consolider la structure constituent des zones refuges très appréciées par les alevins qui peuvent ainsi se protéger des prédateurs.

 

Les impacts du castor sur l'environnement

 

Les dégâts causés par les Castors sont rares, localisés, généralement sur de faibles surfaces, proches des cours d'eau et nettement moins importants que ceux causés par les Ragondins. Au regard de son régime alimentaire et de la présence de cultures et d'arboricultures, le Castor peut occasionner des préjudices plus ou moins importants. Les dégâts s'illustrent notamment par la coupe de troncs et de branchages de peupliers ou de saules et l'écorçage sur les peupliers et les fruitiers.

 

Des moyens de protection existent : grillage, sacs plastiques ou répulsif chimique. Ils ne constituent qu'un palliatif. C'est à la racine qu'il faut soigner le mal. Il n'existe aucune solution, aucune potion miracle. La seule vérité, celle autour de laquelle tout doit être construit, reste le respect des nécessités et des habitudes alimentaires des castors par une préservation d'une bande riveraine de salicacées (cinq mètres suffisent) ».

 

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Protection anti-castors sur des arbres fruitiers

(Cliché © G. Érome)

 

Il peut également entraîner l'inondation de certaines zones en érigeant des barrages. Des solutions existent ! Le maintien ou la création d'une bande rivulaire boisée de 10 à 20 m de large permet de limiter les risques à long terme en satisfaisant les besoins écologiques du Castor.

 

Pour les dommages sur cultures, des manchons de protections individuelles, clôtures électriques, palissades ou engrillagements des berges sont autant de solutions efficaces.

 

Pour les inondations liées aux barrages, une solution pour chaque cas doit être recherchée. Toutefois, la pose de buses à travers le barrage évacuant le trop d'eau peut s'avérer efficace.

 

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Barrage de Castor (cliché Bourgogne Nature, 2016)

 

Dans le cadre de la réservation d'une bande riveraine de salicacées, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a mis en place plus de trente mille boutures de saules le long des contre-canaux des aménagements d'Avignon et de Vallabrègues. Sur le Haut-Rhône, entre cinq et dix mille boutures sont plantées sur chaque aménagement.

 

Peu à peu, l’espèce recolonise la vallée du Rhône, remontant les fleuves. Certains ouvrages étant infranchissables pour ces rongeurs, des captures ont été effectuées pour les relâcher en amont. De sorte que le Castor reconquiert doucement des biotopes aquatiques favorables.

 

 L'extension de l'espèce en Franche-Comté

 

Depuis sa protection au niveau national, et par la recolonisation du bassin rhodanien, le Castor est aujourd'hui présent dans les départements du Jura et du Doubs (Suran, Doubs, Loue) grâce à l'extension des populations implantées en aval sur la Saône et l'Ain. Suite au franchissement par l'espèce de la ligne de partage des eaux entre la Moselle et la Saône au cours des années 2 000. une colonisation est apparue sur le haut bassin de la Saône avec des animaux arrivés en Haute-Saône en provenance des Vosges (Lanterne, Semouse et Coney).

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département du Doubs, des premières traces d’un nouveau peuplement datent de 2011, dans la rivière Doubs. "À Osselle d’abord, on a découvert un premier terrier-hutte" précise Sébastien Courbet. Puis peu à peu l’animal a colonisé la rivière et le département. Il est présent actuellement sur la Loue à Arc-et-Senans ou Chenecey-Buillon. Regarder la vidéo nocturne réalisée par Pascal Juif, le 2 janvier 2016.

Il serait présent dans les environs de Besançon selon Sébastien Courbet, qui suit l’espèce dans le département du Doubs à l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS). Les prospections ont mis en évidence des indices de présence probable en amont de Besançon sur les communes de Chalèze, Vaire-Arcier et Vaire-le-Grand. Sur l'Ognon, affluent de la Saône, aucun indice n'a été observé de Bonnal à Flagey.

D'après Jean-Louis Romand, "le Castor est très présent chez moi depuis plus de 5 ans (à Saint-Vit et environ). Je n'ai jamais pu le photographier. Traces plus rares en ce début d'hiver très doux [2016]. Il attaque surtout le saule mais je l'ai vu élaguer un cornouiller sanguin".

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Maman Castor approvisionne ses petits

Cliché © Pascal Juif (juillet 2016)

 

Dans le département du Jura, les efforts de prospection de l'ONCFS se sont portés principalement sur les secteurs de présence probable et sur les rivières encore non prospectées (Seille/Brenne). Aucun indice n'a été relevé sur la partie jurassienne de ces deux dernières. Sur la Loue, deux nouveaux sites de présence certaine ont été identifiés sur la commune de Port-Lesney à la frontière du département du Doubs et sur Gevry. Sur le Doubs, la population est croissante en aval de Dole. Les indices les plus intéressants pour le Jura ont été réalisés sur la Bienne attestant de la présence certaine du Castor sur la commune de Lavancia.

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département de la Haute-Saône, les indices de présence découverts laissent penser que les effectifs sont en légère augmentation sur le Coney, affluent de la Saône.

 

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Des arbres taillés en crayon : c'est l'œuvre de castors

Cliché © Est Républicain

 

La famille des Castors (Castoridae) est constituée des plus gros rongeurs après les Capybaras sud-américains. Les Castors sont répandus dans l'hémisphère nord. Ils appartiennent à un seul genre récent, dont les représentants eurasiatiques et nord-américains sont placés dans une ou deux espèces étroitement apparentées. L'orifice uro-génital et l'anus débouchent dans un pseudo-cloaque. Formule dentaire : 10-1-3/10-1-3 = 20 dents.

 

En Europe, on rencontre deux espèces : l'espèce autochtone : le Castor d'Eurasie, Castor fiber, et une espèce introduite surtout en Scandinavie : le Castor d'Amérique du Nord, Castor canadensis.

 

CASTOR D'EURASIE, Castor fiber Linné 1758

 

Description : silhouette lourde, trapue. Yeux et oreilles petits ; queue aplatie, large (12-16,5 cm), en palette, écailleuse, velue à la racine seulement. Orteils palmés.

 

Dessus gris noir ou brun très foncé, dessous un peu plus clair. Pelage ventral presque deux fois plus dense que sur le dos (caractéristique des mammifères amphibies). Deux paires de mamelles pectorales.

 

La sécrétion (castoreum) des glandes anales et préputiale s'ouvrant dans le pseudo-cloaque, sert à graisser le pelage. Le 2e orteil porte une griffe spéciale utilisée pour lisser les poils et les enduire de castoreum.

 

Régime alimentaire : essentiellement végétarien

Mœurs : aquatique, crépusculaire et nocturne

Vue : médiocre

Ouïe : très bonne

Odorat : très bon

Gestation : trois mois

Portée : un à quatre petits

Maturité sexuelle : deux ans

Intervalle entre deux naissances : un an

 

Dimensions : Longueur totale du corps : 74-90 cm ; Hauteur : 16-18 cm; queue : 28-38 cm ; poids : 12-38 kilos. c'est-à-dire sensiblement comme un chevreuil. C'est le plus gros rongeur d'Europe. Longueur du crâne supérieure à 12 cm (atteint 16,8 cm).

 

Espèces semblables : Ragondin, Rat musqué. Le Castor d’Europe est souvent assimilé au Ragondin. Si d’apparence, les deux rongeurs paraissent assez proches, ils sont pourtant bien différents sur de nombreux points.

 

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Le Ragondin ou Myocastor est une espèce envahissante

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Habitat : il lui faut des eaux courantes ou stagnantes ayant au moins 1,50 m de profondeur et entourées de saules, trembles, peupliers, frênes, bouleaux, aulnes et de fourrés. Ces eaux douées ne doivent pas geler jusqu'au fond ni se dessécher entièrement.

 

Il mange exclusivement des végétaux (écorces, feuillages, plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les gîtes du castor sont assez diversifiés allant du terrier qu'il creuse dans la berge, à la hutte.

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Biologie : Le Castor surtout crépusculaire et nocturne. Il vit en couple ou en famille. Il nage facilement et plonge, tenant les membres antérieurs serrés contre le corps, les membres postérieurs et la queue servant de propulseurs. Il peut rester 15 (20) minutes en plongée (maximum). Marque son territoire avec le castoreum. Le long des cours d'eau, son domaine atteint 3 km de long.

 

À la différence du Ragondin, chaque famille de castors ne supporte pas d’autres congénères sur son territoire. On ne pourra donc jamais avoir une surpopulation de castors, car la territorialité répartit les territoires. Si le Castor repeuple à nouveau nos contrées, Sébastien Courbet tient à être précis. « Cela ne signifie pas du tout que la qualité des eaux s’améliore. Si l’animal dispose d’un habitat disponible, il l’occupera. »

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En danger, le Castor sonne l'alarme en frappant l'eau à plat avec sa queue aplatie

 

Selon les lieux, il creuse des terriers dans les berges (avec un orifice immergé et une cheminée d'aération), construit des digues avec des troncs, branches, de la boue et des végétaux pourris, ou encore des huttes (environ 50 cm-1 m de diamètre interne et environ 50 cm de hauteur interne). En France, il vit dans des terriers simples ou des terriers dont l'entrée est dissimulée par des branchages apportés, plus rarement des huttes. Les huttes sont faites avec les mêmes matériaux que les digues. Elles peuvent être utilisées par plusieurs générations de castors qui les améliorent. Les digues, qui atteignent plusieurs dizaines de mètres de long, 1 m de haut et 80 cm de large, servent surtout à régulariser le niveau de l'eau. Le Castor coupe avec ses dents des arbres atteignant 20 cm de diamètre, rarement plus (maximum : 60 cm). Peu actif en hiver.

 

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Le Castor "au bouleau"

 

Nourriture : purement végétale. Écorces, rameaux, feuilles d'arbres (frêne, tremble, saules, peupliers, aulnes, résineux), nombreuses plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les provisions d'hiver, entassées sous l'eau, servent surtout à l'alimentation des jeunes car les adultes subsistent principalement aux dépens de leurs réserves de graisse.

 

Reproduction et longévité : La copulation se déroule dans l'eau entre janvier et mars. La gestation dure environ 15 semaines et la mise-bas a lieu d'avril à juin. 1 à 5 petits par portée (une seule portée annuelle). À la naissance, les petits sont velus et ont les yeux ouverts ; ils se mettent à nager peu après. Allaitement : environ 2 mois. Émancipation dans la troisième année. Maturité sexuelle à 3 ou 4 ans. En liberté, le Castor atteint 20 ans, en captivité 35 ans.

 

Voix : peu bruyant. Grognements, sifflements, cris, gémissements (petits), soufflements ; frotte ses dents s'il est excité. «O-o-o» long : appel de la femelle. Signal d'alarme : bruyant coup de queue sur la surface de l'eau, au moment où le Castor plonge.

 

Prédateurs : dans le nord de l'Eurasie : gros carnivores comme le Glouton, le Loup et l'Ours brun.

 

 

CASTOR D'AMÉRIQUE DU NORD, Castor canadensis Kuhl 1820.

 

Ressemble fortement au Castor d'Eurasie : un peu plus grand et plus foncé. Considéré comme une espèce distincte à cause du nombre de chromosomes et de la structure du crâne).

 

Le Castor d'Amérique était jadis répandu dans de vastes étendues de la taïga nord-américaine, il a été décimé et menacé de disparition par les chasseurs de fourrure. Aujourd'hui, il a été introduit dans de nombreuses régions où il est protégé. Introduit en Finlande et dans l'est de l'Europe, il s'y est propagé. Là où il cohabite avec le Castor eurasiatique, mais on n'a jamais observé d'hybridation. Ses effectifs ont augmenté beaucoup plus fortement que ceux de son cousin, sans doute à cause du nombre plus important de petits par portée (jusqu'à 8).

 

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Castor d'Amérique du Nord (Castor canadensis)

Cliché © Planet'mammifères

 

Ajout du 16 janvier 2016  (Ma.commune.fr)

 

Avec FNE, LPO et Jura Nature Environnement

 

Le castor a élu domicile par chez nous. L'ensemble des Francs-Comtois sont invités à donner leur avis sur cette espèce par le biais d'un questionnaire.

 

S'il reste difficile de les chiffrer, on estime néanmoins leur population à 4 ou 500 individus sur l’ensemble du territoire franc-comtois. Les castors "comtois" sont principalement concentrés sur la Loue et ses affluents, mais aussi sur le Doubs, l’Ain, la Saône et la Lanterne.



Ils seraient réapparus naturellement au début des années 2000 d'abord sur le Suran. Avant cela, "la dernière trace de sa présence en région remontait à l’époque mérovingienne", d’après Vincent Dams, chargé de mission à Jura Nature Environnement. Il suit l’espèce depuis 15 ans et avoue avoir été surpris de ne trouver aucun groupe de travail à ce sujet à son arrivée dans le Jura il y a cinq ans.

 

Depuis 2014, une vaste étude est ainsi menée par FNE Franche-Comté, LPO Franche-Comté et Jura Nature Environnement pour améliorer la cohabitation entre les activités humaines et ce rongeur aquatique. Un "groupe castor" a été monté avec divers initiatives et actions de sensibilisation.

 

 

Une "espèce-ingénieur" qui favorise la biodiversité

 

Aujourd'hui, un questionnaire circule par la poste et Internet, adressé aux élus locaux, naturalistes et simples habitants, pour permettre d'expérimenter des moyens de résolution de conflits (barrage, replantation d’arbres…) et d'affiner les impacts de l'espèce sur les milieux aquatiques et la végétation rivulaire. Car certains peuvent voir d'un mauvais oeil sa présence sur le territoire. Il serait même parfois arrivé qu'on le confonde avec le ragondin, "une espèce nuisible", alors que le castor est "une espèce protégée". Il aurait pourtant plus d'un effet bénéfique sur l'environnement.

 

"Le castor fait partie des espèces dites ‘ingénieur’ (ndlr : avec l'homme et l'éléphant) qui réaménagent des milieux. Il a été prouvé que sa présence favorise la biodiversité. Il peut notamment reconstruire des zones humides. " Des financements ont été apportés jusqu’ici par la DREAL et la Région Franche-Comté et diverses initiatives ont vu le jour comme à Louvenne, dans le Jura, où en novembre 500 saules ont été plantés au bord de cours d’eaux lors d’un chantier éco-volontaire.

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Bouturage du plants de saules sur les rives du Suran

(Clliché © D. Dorin)

 

Regardez le reportage de France 3 Franche-Comté du 23/02/2016 consacré au Castor

 

Sources :

Ma commune

Blanchet M., (1977).— Le castor et son royaume. Ligue suisse pour la protection de la nature, Neuchâtel, 242 pages.

Érome G. et Broyer J. (1981).—  Étude de la sélectivité du castor sur la végétation ligneuse. Rapport établi à la demande de la C.N.R., n° 998 032, 88 pages.

Érome G. (1982).— Contribution à la connaissance éco-éthologique du castor dans la vallée du Rhône, Thèse doctorat d'université Lyon I, 284 pages.

Horent Sophie (2016).— La basse vallée du Doubs, un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. Bourgogne Nature n° 23, pp. 86-91.

Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015). — La Loutre d'Europe et les autres mammifères semi-aquatiques en Bourgogne. Bourgogne Nature n° 21-22, pp. 22-42.

Richard P.B (1967).— Le déterminisme de la construction des barrages chez le castor du Rhône, Terre Vie, 114, 4, 339, 472.

Schilling. D., Singer D. Diller H. (1986). — Guide des Mammifères d'Europe, Delachaux & Niestlé, Éd., 284 p.

Castor (genre) Wikipedia

 

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor au repas le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=VjmoCOPulDw&feature=y...

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor s'amuse le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=QGbuiBrPK6I&feature=s...

 

Pour en savoir plus sur l'écologie du Castor et ses menaces :

www.oncfs.gouv.fr/connaitre-les-especes-ru73/Le-Castor-dE...

http://files.biolovision.net/franche-comte.lpo.fr/userfil...

 

Pour en savoir plus sur la répartition du Castor sur le réseau hydrographique :

www.oncfs.gouv.fr/Cartographie-ru4/Le-portail-cartographi...

Voir les Bulletins obsnatu n°5, 13, 20 et 27 pour l'historique et l'évolution.

Contacts : Caroline Le Coff caroline-le-goff@oncfs.gouv.fr

et Isabelle Leducq-Giroud isabelle.leduc@lpo.fr