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28/06/2016

Poteaux téléphoniques creux non obturés

Poteaux téléphoniques creux non obturés :

pièges mortels pour oiseaux et écureuils

 

Pendant des années, de 1985 à 2007, avec France Nature Environnement, nous avons inventorié des poteaux non obturés, acquis et posé des obturateurs, réalisé des campagnes de sensibilisation, présenté les systèmes d'obturation dans des stages, foires, fêtes de la nature... comme celle qui était encore organisée au festival "Pip' en Terre" à Baume les Dames ce dimanche 26 juin 2016.

 

Or il se trouve qu'une certaine députée, Michèle Bonneton a réussi à introduire un amendement  annulant l'arrêté rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.

 

Vous trouverez ci-dessous le message que Jean-François Noblet a adressé à sa députée pour saluer cette honteuse initiative.

 

---------- Message transféré ----------

De : Jean François Noblet <jf@noblet.me>

Date : 28 juin 2016 à 07:40

Objet : Obturation des poteaux creux

À : deputee@genevieve-gaillard.com

 

 

Madame la députée,

 

Depuis 1985 je me bats comme un chien pour alerter l'opinion et France télécoms pour faire boucher les poteaux téléphoniques creux. Ma députée, Michèle Bonneton avait réussi à introduire un amendement rendant obligatoire l'obturation des poteaux existants et futurs.
Or voici ce que vous avez déclaré au parlement comme rapporteur de la loi biodiversité :

 

La commission a donné un avis défavorable et je vais vous expliquer pourquoi. Autant nous avons accepté désormais de mettre des poteaux qui ne soient pas creux car en effet nous pensons, et je pense, que les poteaux creux sont un peu un fléau pour les animaux, il faut être aussi pragmatique. Remplacer un million – j’ai fait le compte – de poteaux sur 3 ans, ça fait 913 poteaux par jour, sur 10 ans 274, sur 20 ans 137 par jour en comptant les dimanches et jours fériés. Donc je pense que nos entreprises ne peuvent pas faire ça et donc je suis défavorable à cet amendement.

 

Ces propos ont abouti au maintien des anciens poteaux non bouchés qui piègent des milliers d'animaux dont la plupart des espèces sont protégées (mésanges, écureuils, chauves-souris, chouettes etc.).

 

Laissez moi vous dire que votre attitude m'est insupportable pour les raisons suivantes :

 

En fait, pour rendre ces pièges inopérants, il suffit d'adapter au sommet un obturateur bien calibré. Cela fait plus de 30 ans que des milliers de bénévoles ont passé des milliers d'heures pour boucher ces pièges mortels, longeant les lignes téléphoniques avec une échelle sur le dos. Il nous a fallu localiser les poteaux non bouchés car les PTT n'avaient pas de carte de leurs poteaux. Ensuite il a fallu exiger des télécoms des modèles de bouchons fiables. Plusieurs modèles en effet ont démontré qu'ils n'étaient pas durables. Vous n'avez jamais compté les dépenses faites par les associations pour suppléer la carence d'un service public.

 

Et vous osez dire que c'est, un peu, un fléau pour les animaux ! Mais c'est aussi un fléau pour les agriculteurs qui ne bénéficient pas du bienfait de ces espèces auxiliaires.

 

Quant au calcul d'un million de poteaux non bouchés, il date de 10 ans ! En effet, grâce à notre action, il reste de moins en moins d'anciens poteaux non bouchés. Par exemple en Isère tout est actuellement bouché. Il faut simplement surveiller les anciens bouchons plastiques qui s'enlèvent et on doit vérifier certains poteaux isolés.

 

On aurait accepté un délai plus important pour boucher les poteaux non bouchés, mais votre décision permet à Orange de laisser des poteaux non bouchés, en particulier dans les Dom-Tom.

 

Je vous pensais sensible à la protection animale et je ne comprends absolument pas pourquoi vous avez laissé des animaux crever de faim, de soif, d'épuisement dans ces poteaux. J'ai trouvé des poteaux remplis jusqu'au sommet de cadavres, des dizaines d'écureuils et de chouettes dans le même poteau.

 

Je ne vous salue pas.

 

JF Noblet membre LPO, FRAPNA,SFEPM

www.noblet.me

 

Jean-François Noblet

486 route de Voiron

38960 Saint Etienne de Crossey

France

 

Tél : 00 33 (0)4 76 55 39 80

mail : jf@noblet.me

site : http://noblet.me

photothèque : http://www.photo-nature-environnement.com

25/06/2016

Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée

ASPAS-450.jpg

Responsable de la mort de ses 17 vaches, l'éleveuse sera indemnisée au lieu d'être sanctionnée


19 000€, c’est la somme que touchera l’éleveuse après la chute mortelle de son troupeau qu’elle avait laissé sans protection au bord d’une falaise en période d’orages. L’éleveuse accuse « le loup » et pourra donc être indemnisée, même en l’absence de preuve. Vidéo à l’appui, explication sur un système qui marche sur la tête.

     
Le 15 juin à Sigoyer (Hautes-Alpes), un couple d’éleveurs abandonne 17 génisses en haut d’une falaise de 80 mètres. Le 19 juin, elles sont retrouvées mortes au pied de la paroi, tombées dès la nuit ou le lendemain de leur arrivée. L’éleveuse, secrétaire générale de la FDSEA05(1), accuse sans preuve « le loup » d’avoir provoqué leur chute et percevra, selon nos sources, plus de 19 000€ d’argent public à ce titre. Quant à l’hélitreuillage des cadavres, il sera pris aussi en charge par la collectivité, pour un coût estimé à 4000 €.
     
     
Problème : rien ne prouve que les vaches aient été effrayées par des loups. Seule certitude : une « succession d'orages parfois intenses avec grêles et fortes rafales de vents » a eu lieu le jour même de la chute présumée (2) !

Le lendemain de la découverte des génisses, l’ASPAS a filmé le haut de la falaise : il s’y trouvait encore 4 ânesses ! Les images sont édifiantes : ces animaux sont livrés à eux-mêmes, sans la moindre protection au bord d’un précipice impressionnant. Certes, les génisses ont pu être effrayées par des loups (présents ici depuis une dizaine d’années) mais aussi par des chiens, des randonneurs, des VTTistes, des ULM et planeurs (fréquents ici), l’orage ou toute autre cause.

 

Quoi qu’il en soit, cette terrible chute des génisses incombe avant tout à leurs propriétaires. L’éleveur venait les voir « habituellement le samedi » ! Comment une telle irresponsabilité peut-elle être encouragée par de l’argent public ? Parce qu’en l’absence de preuve, le dossier est classé en « loup non exclu »… ce qui permet de déclencher l’indemnisation ! Pire : cela alourdit artificiellement les bilans officiels de la mortalité imputée au loup.

 

Décision ultime, un « tir de défense renforcé » vient de lui être accordé : des chasseurs, et potentiellement, la brigade anti-loup embauchée par l’État, peuvent désormais venir ici par groupe de dix pour abattre un loup au hasard !

 

Ces vaches ont perdu la vie pour une seule vraie raison : l’irresponsabilité de leur propriétaire. Les chutes de troupeaux en montagne sont assez fréquentes lorsque le bétail, livré à lui-même, est effrayé par l’orage ou des chiens. Même s’ils n’y sont pour rien, ce sont toujours les loups qui trinquent !

 

L’ASPAS demande la fin des tirs de loups, et que les éleveurs qui ne protègent pas leur bétail ne soient plus indemnisés. Les loups n’ont pas à être sacrifiés pour pallier l’irresponsabilité de ces éleveurs, et l’argent du contribuable n’a pas à être gaspillé pour encourager ceux qui (mal)traitent leurs vaches comme des tiroirs-caisses jetables.



Voir la vidéo



(1) FDSEA : Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles
(2) www.infoclimat.fr

24/06/2016

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

Les opérations d'abattage massif du blaireau ont repris dans la Somme

 

par Frédéric DANIEL

 

Abattage du blaireau dans la Somme.jpg

Je tiens avant tout à vous remercier, toutes et tous pour avoir signé et diffusé ma pétition. Vous êtes maintenant plus de 100 000 personnes à soutenir ma cause !

 

Merci également à celles et ceux qui ont écrit à la préfecture de la Somme pour montrer votre désaccord sur la décision du préfet de vouloir une nouvelle fois cette année faire abattre 1 500 blaireaux. Vous avez été semble-t-il très nombreux à avoir participé.

 

La contestation ne cesse de prendre de l'ampleur sur le prétendu bien fondé de la chasse du blaireau, que ce soit par la communauté scientifique, les associations, ou de simples citoyens. Sa chasse en général, la période complémentaire de chasse, son mode de chasse cruel ou encore les arrêtés préfectoraux autorisant des abattages massifs et arbitraires sans justification scientifique sont très décriés et dénoncés.

 

Curieux hasard, hier 13 juin 2016, le Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer a publié l'avis du Conseil Scientifique du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (CSPNB) intitulé "La cohabitation entre les blaireaux, l’agriculture et l’élevage".

 

Je vous invite à le lire attentivement :

http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-cohabitation-entre-les.html

 

La conclusion de ce conseil scientifique est très clair: "Ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux. La réglementation devrait proscrire et pénaliser les méthodes d’abattage inhumaines, encourager l’exploration de voies alternatives à l’abattage".

La préfecture de la Somme a entre temps publié le communiqué suivant :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18920/131363/file/communique.pdf

 

"Ce projet de renouvellement de régulation des blaireaux a été évoqué en commission départementale de la chasse et de la faune sauvage le 12 mai 2016 et aucun avis défavorable n’a été émis par les membres de cette commission."

 

Les chasseurs, bien entendu, n'ont vu aucun problème à reconduire cette opération massive de destruction du blaireau sur ce département. Demander l'avis des chasseurs sur ce sujet, c'est comme demander à un enfant s'il veut reprendre du dessert...

 

Malgré les 158 avis défavorables émis par les citoyens, le préfet a malgré tout publié l'arrêté préfectoral AUTORISANT CETTE OPERATION MASSIVE DE DESTRUCTION. Les abattages ont donc repris depuis le 1er juin 2016.

 

Voici l'arrêté préfectoral :

http://www.somme.gouv.fr/content/download/18975/131734/file/AP-regulation-blaireaux_MAI-2016.pdf

 

Rappelons une nouvelle fois à M. de Mester l'aberration de sa décision en lui montrant la conclusion du CSPNB :

http://www.somme.gouv.fr/Contactez-nous

 

Que le préfet de la Somme mette de côté son amitié avec les chasseurs pour prendre des décisions plus objectives, avec les conseils des scientifiques compétents sur ce sujet, c'est notre souhait. Si les contestations sur ses décisions se multiplient, M. de Mester ne pourra plus les ignorer.

 

Le 8 avril 2016, Philippe de mester, préfet de la Somme, sur Twitter avec ses amis chasseurs :

https://lc.cx/4rNF

 

Ne lâchons rien !

Le blaireau doit être protégé. Partagez cette pétition :

http://change.org/ProtectionBlaireau

 

Merci à tous !

103 518 soutiens

46 482 nécessaires pour atteindre 150 000

 

16/06/2016

Au pays des Vautours

 

Au pays des Vautours

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Impossible de ne pas parler des Vautours lorsque l'on évoque les gorges de la Jonte et le Causse Méjean. Le stage photo ''découverte des Cévennes'' organisé dernièrement ne nous laissait pas un jour sans pouvoir observer dans de remarquables conditions ces imposants rapaces au vol planant d'une envergure de 2,40 à 2,80 mètres.

 

Les vautours peuplaient le ciel de la région des Causses jusqu'au XIXe siècle. Les causes de la disparition sont multiples (chasse ou braconnage, ingestion de produits toxiques pas forcément destinés aux oiseaux, disparition de nourriture car les cadavres de brebis sont amenés à l'équarrissage, etc.).

 

Dès le début des années quatre-vingt, le Parc national des Cévennes associé au Fonds d'Intervention des Rapaces met en œuvre la réintroduction du Vautour Fauve puis du Vautour Moine sur un site des falaises de la Jonte.

 

En intervenant rapidement sur les animaux morts, les Vautours contribuent à limiter les épidémies et la pollution organique du milieu (notamment aquatique). Le succès de cette opération permet de compter à ce jour plus de huit cents oiseaux sur cette région et il n'est pas rare que quelques individus remontent animer le ciel de Franche-Comté.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

14/06/2016

Coquelicots

Ils flottent au gré du vent

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Qui n'a pas remarqué ce superbe champ de coquelicots en contrebas de la route face à l'hypermarché entre Montbéliard et Bethoncourt ?

 

Ce terrain demeuré en friche, retrouve une dynamique végétale naturelle, offrant à la flore la possibilité de s'épanouir librement.

 

Petits mammifères, insectes et oiseaux, dont certaines espèces sont protégées, trouvent ici le refuge pour s'y installer le temps d'une saison liée à la reproduction.

 

C'est la couleur rouge pourpre qui s'est imposée durant plusieurs semaines, transformant cet espace en campagne colorée au cœur d'un milieu urbain dense.

 

Malgré la météo capricieuse de ce printemps qui se fait attendre, le coquelicot nous fait songer à l'été, au soleil et nombreux sont les admirateurs qui se sont laissé tenter par quelques photographies.

 

Les fleurs dansantes et souples s'agitent au moindre souffle du vent, les pétales fripés accentuent la fragilité du coquelicot, un spectacle dont il faudra profiter avant que ne s'éteignent ces étincelles de lumière dans le paysage.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

10/06/2016

Cartographie des rivières

Cartographie des rivières

 

Juin 2016 — Le projet national de cartographier les rivières de France est ressenti par les associations de protection de la naturer et des cours d'eau en particulier comme une menace pour la biodiversité. Ainsi en témoignent ces deux articles de la Presse bisontine et de l'Est républicain.

 

LA PRESSE BISONTINE JUIN 2016

 

La cartographie des cours d'eau menace-t-elle les milieux aquatiques ? L'état sanitaire des cours d'eau sera-t-il affecté par cette évolution de la réglementation ?

 

Sous l'égide de la DREAL, l'État met en place actuellement un relevé cartographique des cours d'eaux français. L'objectif avoué est le recensement de tous les cours d'eau de France. L'objectif secondaire, selon les défenseurs des milieux aquatiques, "sous la pression des lobbies en particulier celui de l'agriculture intensive", et de permettre la réalisation de travaux (barrages, retenues collinaires, drainages, canalisation, etc.) sans autorisations sur tous les cours d'eau qui n'auront pas été recensés. Ils seront nombreux puisqu'un travail exhaustif est quasiment impossible, surtout dans les têtes de bassin et que le temps imparti est trop limité.

 

"Cela fait planer une menace majeure de destruction totale, sur nombre de ruisseaux et zones humides" estime le collectif S.O.S. Loue et rivières comtoises. Car les têtes de bassins sont justement des zones d'une grande richesse, où la biodiversité est majeure, où se trouvent bon nombre de frayères de truites et batraciens et où subsistent les dernières écrevisses autochtones de notre pays. "Sans parler des espèces d'insectes les plus polluosensibles dont c'est souvent le dernier réservoir." Comme notre région est bien entendu concernée au premier chef, le collectif S.O.S. Loue et rivières comtoises s'est emparé de la problématique grâce à l'un de ses membres, Michaël Prochazka.

Une réunion s'est tenue à ce sujet le 19 mai 2016 à la DREAL à Besançon. Selon Michaël Prochazka, "la décision en haut lieu a déjà été prise et la participation minoritaire du monde associatif aux différents groupes de travail liés à ce projet n'est qu'un artifice de plus, la représentation largement plus importante des structures représentant les lobbies demandeurs de cette "réforme" en est une preuve." Selon le spécialiste, "en Franche-Comté comme ailleurs en France, les conséquences potentielles risquent d'être dramatiques, car les cours d'eau non recensés deviendront des "écoulements", comme l'avoue le compte rendu officiel de la première réunion, et ne seront soumis à aucune démarche avant travaux." À suivre.

 

Est Républicain 24/05/2016

Franche-Comté : la cartographie des cours d’eau ne satisfait pas les défenseurs des zones humides

 

Pour Michel Prochazka, de SOS Loue et rivières comtoises, ne pas prendre en compte les zones humides dans cette cartographie pourrait avoir de graves conséquences.

 

Besançon. Pendant vingt ans, il a été le chef de l’Onema dans le Doubs, ces gardes de l’ancien Conseil supérieur de la pêche dont les attributions se sont tournées progressivement vers la protection des milieux aquatiques avant toute chose. Aujourd’hui retraité, Michael Prochazka est de ceux qui ont vu arriver, en 1992, la loi sur l’eau, avec un réel bonheur.

 

Enfin, cette ressource essentielle à la vie était reconnue en tant que telle. « Même si certains braillent qu’elle est trop contraignante, je crois que ce principe est rentré dans les mœurs. Plus personne, ou presque, aujourd’hui ne conteste la réalité du changement climatique, avec des événements extrêmes, de plus en plus fréquents et de plus en plus proches… »

 

Toutefois, une récente décision du ministère de l’environnement inquiète ce spécialiste reconnu qui s’est aujourd’hui engagé auprès de SOS Loue et rivières comtoises. En novembre dernier, il a été demandé aux préfets de dresser une cartographie des cours d’eau. En soit, rien d’affolant de prime abord mais, l’idée de figer dans le marbre une situation paraît « aberrante » à Michael Prochazka. « Ce sera obligatoirement faux car un réseau hydrologique est évolutif. » Qui plus est en ne retenant que le critère de « cours d’eau », on néglige le plus important en amont aux yeux de l’environnementaliste « les têtes de bassin et le chevelu qui les alimentent. »

 

Des zones indispensables

Ces écoulements, « difficiles à inventorier, parfois temporaires, souvent au sein de zones humides pas toujours reconnues, font partie d’écosystèmes qui jouent le rôle de filtre et de stockage de l’eau, indispensables à la prévention des crues et à la préservation de la ressource en eau ».

 

Les négliger, au profit d’une nomenclature essentiellement pragmatique présente donc un risque de voir s’y développer par des entrepreneurs peu avisés ou trop intéressés des modifications profondes sans plus aucun contrôle.

 

« Si ces écoulements ne sont pas classés on pourra les boucher, les curer, les buser, avec des effets non négligeables sur le bassin-versant. En clair on perd la maîtrise du réseau. Sans même parler des petites bêtes qui les habitent, ils ont un rôle de régulation sur les étiages et les inondations. »

 

Pour Michael Prochazka la préservation de ces zones humides « qui ne coûtent pas cher et ne servent à rien d’autres devrait être au sommet de nos préoccupations. Ce qui est paradoxal, c’est que la façon de voir les choses à travers cette cartographie entraîne une nouvelle réduction du champ d’application d’une loi sur l’eau, régulièrement détricotée, alors que les services de l’État chargés de la faire appliquer ont toujours moins de moyens. »

 

Pour donner une idée de l’importance des phénomènes aquatiques naturels, Michael Prochazka croule d’anecdotes. « Un soir d’orage, je me suis amusé à mesurer la hauteur d’eau tombée en vingt minutes dans ma piscine et à projeter cette donnée sur la surface bétonnée de la zone de Châteaufarine à Besançon. Cela représentait 50.000 m³ d’eau qui, finalement, via le réseau d’évacuation des eaux pluviales retourne dans le Doubs qui peut l’absorber. Mais imaginez la même quantité d’eau filant directement dans la Savoureuse. Les zones humides permettent en absorbant la pluie de limiter l’impact immédiat sur le milieu. »

 

Pour le naturaliste, cette « réforme » cède aux « lobbys » opposés à la loi sur l’eau et à tout encadrement de leurs pratiques.

 

Fred JIMENEZ

 

 

 

 

08/06/2016

Non respect de la directive oiseaux : le ministère de l'environnement sanctionné

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Non respect de la directive oiseaux : le ministère de l'environnement sanctionné pour la huitième fois par le Conseil d'État !

 

Mercredi 8 juin 2016 : Saisi par France Nature Environnement, la LPO et Humanité et Biodiversité, le Conseil d’État vient d’annuler une circulaire de la ministre de l’environnement qui autorisait les chasseurs à chasser les oies au-delà de la fermeture de leur chasse, fixée au 31 janvier 2015.

 

À sept reprises déjà le Conseil d’État a annulé les arrêtés ministériels prolongeant la chasse au-delà du 31 janvier, rappelant que la chasse en février, qui affecte des oiseaux en migration prénuptiale, est contraire à la directive européenne « Oiseaux » et à la loi française qui imposent la protection complète des oiseaux en période de reproduction.

 

Après avoir tout essayé ces dernières années pour contourner la réglementation, jusqu’à prétexter des prélèvements à fins scientifiques, le ministère en charge de l’environnement a de nouveau innové : le 28 janvier 2015, sachant qu’un nouvel arrêté serait immanquablement censuré par la justice, la ministre de l’environnement a écrit au directeur de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et à tous les préfets pour leur confirmer que la chasse serait bien fermée au 31 janvier, mais qu’il ne faudrait pas verbaliser les chasseurs en infraction entre le 1er et le 9 février !

 

Choquées par cette officialisation du braconnage, nos associations ont aussitôt contesté cette circulaire devant le Conseil d’État. Il vient de leur donner raison pour la huitième fois. Officialiser le braconnage n’est pas compatible avec un État de droit. Pourtant, cette année encore, la ministre de l’environnement a donné des consignes verbales pour que les chasseurs d’oies ne soient pas verbalisés en février. Imaginerait-on de telles pratiques pour la santé, la sécurité… et qu’arriverait-il en cas d’accident de chasse ? C’est d’autant plus choquant lorsque l’État français prétend être exemplaire pour la conservation de la biodiversité.

 

France Nature Environnement, la LPO et Humanité et Biodiversité sont satisfaites de cette décision et attendent de l’État qu’il prenne ses responsabilités en faisant enfin appliquer la loi sur le terrain en mettant un terme au braconnage, notamment des oies.

 

06/06/2016

Le poison des néonicotinoïdes en débat au Parlement

Le poison des néonicotinoïdes

en débat au Parlement

(Sciences et Avenir de juin 2016)

 

Dernières mises à jour des 3, 16 et 31 juillet 2016

(voir au pied de l'article)

 

Les pesticides neurotoxiques, nocifs pour les insectes pollinisateurs, sont au cœur d'une bataille exemplaire.

 

Interdire ou non, sur le territoire français, l'ensemble des insecticides de la famille des néonicotinoïdes[1] : c'est l'enjeu crucial de la loi biodiversité, en discussion au Parlement, qui tient en haleine tous les apiculteurs.

 

La question divise bien au-delà des couleurs politiques car elle remet en question notre système de production agro-industriel.

 

Sur le plan scientifique, c'est clair : ces insecticides systémiques — qui pénètrent le système vasculaire de la plante — qui représentent 40 % du marché, sont toxiques à faible dose pour les pollinisateurs domestiques ou sauvages (lire Sciences et Avenir nos 783 et 796). "Ils fragilisent également les invertébrés du sol, la microfaune des cours d'eau, les amphibiens" selon une méta-analyse publiée dans Environnemental Science and Pollution Research (2015), Même la végétation alentour non traitée est contaminée, qu'il s'agisse de cultures de colza ou de fleurs sauvages, car la plante n'absorbe qu'une infime portion du produit : l'essentiel persiste dans les sols pendant plusieurs années ou file dans les cours d'eau. Sans que l'on sache encore leur impact — faute d'études suffisantes — sur la santé humaine. Ainsi, même s'ils étaient interdits dès 2018 — l'une des dispositions débattues par les élus —, les néonicotinoïdes continueront à produire leurs effets durant de longues années sur les abeilles en particulier et sur tous les pollinisateurs en général. Ils perturbent leur appétit et leur sens de l'orientation, compromettent leur retour à la ruche, aggravent leur fragilité face aux maladies, forment des cocktails délétères avec les autres produits chimiques employés dans la nature ou dans la ruche (lire Sciences et Avenir 771).

 

Défenseurs de la nature et agro-industriels s'affrontent.

 

Sur le plan économique, défenseurs de la nature et agro-industriels avancent des chiffres contradictoires. Pour les premiers, avec ou sans pesticides, les rendements seraient à peu près les même. Si pour les seconds, c'est la faillite qui menace la betterave ou le blé. « Rotations de culture. engrais verts, techniques de bio-contrôle : des alternatives sans chimie existent déjà », arguent la Fondation Nicolas Hulot ou la Confédération paysanne. Leur mise en œuvre et leur efficacité peuvent être empêchées par les conditions climatiques, la nature et l'intensité des attaques des ravageurs » rétorquent les producteurs qui préfèrent « un traitement préventif unique par enrobage de semences à des pulvérisations répétées ». Le changement des pratiques, là est le véritable sujet.

 

[1] Depuis les années 1990, les apiculteurs suspectaient certains pesticides d'être responsables d'une mortalité accrue des abeilles domestiques. Les scientifiques l'ont confirmé récemment. Parmi les substances incriminées par les chercheurs pour leurs effets sur les pollinisateurs et dont l'usage est déjà restreint en Europe et en France : imidaclopride (molécule active du Gaucho et du Confidor), clothianidine (molécule active du Poncho-Maïs), thiamétoxame (molécule active du Cruiser).

 

La réaction de la LPO : le Sénat protège les néonicotinoïdes au mépris des abeilles, de la biodiversité et de la santé publique

 

Dans le cadre de l’examen de la loi biodiversité, les Sénateurs ont rejeté l’interdiction des néonicotinoïdes.

 

Alors que la démonstration scientifique est faite et indiscutable que les néonicotinoïdes sont extrêmement dangereux pour notre environnement et que les premiers signes d’impact apparaissent sur la santé humaine ;

 

Alors que l’ANSES a récemment rappelé qu’en l’absence de mesures de gestion renforcée, « l’utilisation des néonicotinoïdes entraîne de sévères effets négatifs sur les espèces non-cibles qui fournissent des services écosystémiques incluant la pollinisation et la lutte intégrée » ;

 

Alors qu’aujourd’hui même une équipe internationale impliquant l’INRA révèle qu’en augmentant le nombre et la diversité des insectes pollinisateurs, on accroît le rendement des cultures de plus de 20 % en moyenne à l’échelle mondiale;

 

Alors que notre proposition d’amendement visant à interdire l’usage des néonicotinoïdes a reçu un soutien exceptionnel dans le cadre de la consultation sur la plateforme Parlement & Citoyens (99,6% de votes favorables) ;

 

Alors que le gouvernement a soutenu l’amendement visant à interdire les néonicotinoïdes en enrobage de semences au 1er septembre 2017, nos organisations environnementales, apicoles et paysannes dénoncent fermement le rejet de cet amendement et le déni scientifique et démocratique que ce vote représente.

 

L’amendement et son sous-amendement, adoptés en lieu et place de cette interdiction sont une provocation faite aux apiculteurs et aux défenseurs de la biodiversité et de l’agriculture paysanne. Fuyant leurs responsabilités, les sénateurs ont choisi de ne rien décider et de laisser au ministre Stéphane Le Foll la décision de mettre en pratique les recommandations de l’ANSES, pourtant précédemment qualifiées d’inapplicables par la ministre de l’Ecologie.

 

Nos organisations, avec le soutien des citoyens, poursuivront leur travail vers les députés pour obtenir enfin, et une fois pour toutes, l’interdiction de ces produits.

 

pesticides,néonicotinoïdes,sénat

 

Le vote des sénateurs comtois : un seul s'oppose à l'empoisonnement de la nature

SÉNATEURS-COMTOIS-néonicotinoïdes-450.jpg

 

Nouvel ajout du 3 juillet 2016 dû à Benoit André

 

La commission du développement durable de l'Assemblée Nationale a examiné les 13, 21 et 22 juin 2016 les amendements déposés sur la version votée par le Sénat, à la suite de quoi l'Assemblée a voté le texte en séance publique du 21 au 23 juin.


Le texte retenu a rétabli une grande partie des dispositions supprimées par le Sénat, mais laisse un goût amer à certains acteurs, comme les ONG environnementales.


Dossier le plus emblématique, l'interdiction des néonicotinoïdes a été restaurée à la date du 1er septembre 2018 sur l'ensemble des cultures et semences, mais la porte a été ouverte à un contournement via des dérogations possibles jusqu'au 1er juillet 2020.


Cette loi ayant un champ assez large [1], et compte tenu des intérêts variés que mes signataires ne manquent pas de montrer, je ne vais pas entrer dans le détail de tous les articles.


Je voudrais simplement vous signaler l'existence d'une mine d'informations sur la gestation de cette loi, sur les luttes entre majorité et opposition, sur les différences de conception entre les deux blocs et les arguments utilisés par les deux parties pour défendre leur point de vue. Je salue au passage la transparence des débats parlementaires, bien qu'il faille un peu de temps pour exploiter tout ça.



Sur le site de l'Assemblée Nationale [2], vous trouverez en bas la section "Assemblée nationale - Nouvelle lecture", qui contient les transcriptions complètes des discussions en commission et en séance.
Si un sujet en particulier vous intéresse, vous pouvez rechercher le numéro de l'article qui lui correspond via le texte adopté par l'Assemblée [3], puis rechercher dans la liste des réunions celle où l'article a été discuté, en commission (sous "Travaux des commissions") ou en séance publique (sous "Discussion en séance publique").



Un petit exemple : lors de la première réunion en commission [4], la discussion du principe de non-régression, sur lequel avait buté la commission mixte paritaire (CMP), témoigne de conceptions totalement différentes de la part de la majorité et de l'opposition. Au passage, vous pourrez voir là l'avis de notre David Douillet national, député (LR) des Yvelines.


Second exemple : la bataille sur les néonicotinoïdes en séance publique [5], très longue mais hautement intéressante, close par le vote de l'amendement 452.


Le texte va de nouveau être discuté au Sénat en séance publique les 11 et 12 juillet ; je ne pense pas qu'il soit efficace de se manifester auprès des sénateurs. Ensuite, la lecture définitive par l'Assemblée devrait avoir lieu le 19 juillet. Il n'y aura pas de nouvel amendement possible selon le droit parlementaire [6], l'Assemblée votera son propre texte dans sa version actuelle, en reprenant éventuellement à son compte des amendements déposés par le Sénat. Il faut donc rester vigilant, et il sera bon de se rappeler au bon souvenir de nos députés - je publierai une mise à jour à temps.



Pendant ce temps, continuez à diffuser ! https://www.change.org/p/m-claude-pour-une-loi-sur-la-bio...

Merci pour votre soutien.




Sources citées dans le texte

[1] http://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl14-359.html

[2] http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/biodiversit...

[3] http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0775.asp

[4] http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-dvp/15-16/c151606...

[5] http://www.assemblee-nationale.fr/14/cri/2015-2016/201602...

[6] https://www.senat.fr/role/fiche/navette.html


Autres sources

Articles du Monde sur le dernier passage à l'Assemblée :


- http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/06/22/les...


- http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/06/25/bio...

 

Ajout du 16 juillet 2016 dû à Benoit André

 


Le Sénat a de nouveau examiné la loi sur la biodiversité le lundi 11 juillet 2016 en séance publique, et a de nouveau fait reculer le texte sur certains points, si bien que les sénateurs communistes et écologistes ont voté contre la nouvelle mouture [1].

Les sénateurs ont notamment supprimé l'inscription dans la loi du principe de non-régression de l'environnement et repoussé la date butoir d'interdiction des insecticides néonicotinoïdes au 1er juillet 2020. Ils ont également rejeté un amendement écologiste visant à supprimer l'avantage concurrentiel de l'huile de palme [2].

L'Assemblée Nationale doit examiner le texte en lecture définitive, en commission du développement durable, à partir du mardi 19 juillet à 11h [3], en repartant du texte voté par elle en juin. Comme je le disais lors de ma dernière mise à jour, l'Assemblée a le droit de modifier son texte, mais ne peut pas déposer de nouvel amendement. Il faut rester vigilant pour que le texte ne subisse pas de perte de dernière minute. Je vous invite donc à contacter votre député de la commission du développement durable. Vous trouverez une explication de la façon de le faire dans ma deuxième mise à jour du 3 juin 2016, disponible sur le site de la pétition [4]. Un dernier effort et on peut partir en vacances l'esprit tranquille (ah, les insectes qui s'écrasent sur votre pare-brise sur l'autoroute... c'est aussi un marqueur de biodiversité !).

J'enverrai la semaine prochaine une ultime mise à jour pour faire le bilan de cette loi et de notre mobilisation.

Merci pour votre soutien.



Sources citées dans le texte :

[1] http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/senat-adopte-nouv...

[2] http://ecologistes-senat.fr/loi-biodiversite-adoptee-au-s...

[3] http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/biodiversit...

[4] https://www.change.org/p/m-claude-pour-une-loi-sur-la-bio...


Autre source :

Texte de la loi votée par le Sénat :
http://www.senat.fr/petite-loi-ameli/2015-2016/766.html

 

Ajout du 31 juillet 2016 : ce qu'en pense Gérard Charollois : un temps d’enfumage.

 

www.ecologie-radicale.org


La lettre de Gérard CHAROLLOIS        Le dimanche 31 juillet 2016
Tél. 06 76 99 84 65
        
 
Dans le silence médiatique, donc dans l’ignorance de l’opinion publique, le parlement adopte une loi insipide prétendument destinée à « protéger la biodiversité », grand défi de ce monde.
 
Pas question, pour le législateur Français, aux ordres des mafias lobbystiques, d’interdire la chasse aux gluaux des petits oiseaux, les destructions de mammifères en période de reproduction, d’édicter l’opposabilité aux aménageurs des couloirs écologiques, l’exclusion des néonicotinoïdes, tueurs d’insectes, avant le premier septembre 2018, avant changement de majorité politique, propositions qu’avait soutenues Laurence ABEILLE, députée écologiste, que je salue pour la qualité de son travail parlementaire.
 
En France, seuls les tueurs d’animaux, les exploiteurs de la nature, les promoteurs sont protégés.


Pour occuper les médias de leurs vaines présences, les leaders politiques, charognards impudiques, feignent de s’exciter à l’annonce d’un attentat perpétré par des faibles d’esprits égarés par une mythologie grotesque.
Derrière tout attentat contre la vie, fleurissent, d’un côté, la souffrance des victimes, de l’autre, le défaut d’hominisation des assassins.


Pendant que les hommes s’obnubilent sur les manifestations, parfois criminelles, souvent ridicules, d’arriérations mythiques, ils oublient les soucis de la  planète. Le  spectacle ressassé du terrorisme religieux occulte le terrorisme quotidien et ordinaire que les ennemis de la terre exercent à l’encontre de la nature et du vivant.


Ne nous laissons pas fasciner par les crimes des obscurantistes, leur inculture, le choc indéniable de civilisations, choc sans perspectives d’amélioration de la condition de vie.


Bien sûr, la simple légitime défense justifie la guerre faite aux djihadistes, mais cette guerre, imposée par l’ennemi, doit être étroitement circonscrite à son objet et ne saurait devenir un poison sociétal, une obsession.
L’avenir ne réside pas dans ces querelles médiévales.


Toute mesure de police et de sécurité doit s’accompagner d’accroissement et de garanties de la liberté, cet antidote au totalitarisme, cette arme suprême contre la superstition et le fanatisme.


Les politiciens dévoyés qui, pour plaire aux badauds, remettent en cause l’état de droit se révèlent auxiliaires des adversaires de la raison et de la liberté.


Ne nous détournons pas d’un objectif supérieur et premier :


Comment réduire la souffrance, mal absolu, la détresse, l’avilissement des êtres vivants ?


Pour demeurer dans leur rhétorique guerrière, les fronts ne manquent pas.


Il est curieux que les hommes, loin de redouter les vrais périls qui les menacent, ont toujours peur que le « ciel leur tombe sur la tête ».


Nous n’avons rien à faire des guerres de religions, ni, d’ailleurs, des réconciliations des religions, puisque l’essentiel est de dépasser le dolorisme dont elles sont porteuses.


La souffrance, le sacrifice, le supplice, le martyr, la mort n’ajoutent rien de bon au monde et ne rachètent rien, puisqu’il n’y a rien à racheter.


La finalité de la vie est la vie.


Notre radicalité tient à ce changement de fondement éthique de la société à laquelle nous aspirons.


Puisque ses facultés cognitives ont permis à l’animal humain d’acquérir une grande maîtrise, il lui faut élever son niveau de conscience et la qualité de son comportement.


Or, entre ses croyances farfelues, ses loisirs débiles et calamiteux, sa volonté primaire d’accaparement, son développement comportemental demeure en grave décalage avec ses capacités d’intervention sur le monde.


Loin d’élever la réflexion, de proposer une issue de secours, d’appeler à cette révolution comportementale, nos politiciens, médiocres et narcissiques, instrumentalisent les ignorances et les peurs pour pérenniser leur détention des apparences du pouvoir.


Apparences, parce qu’en fait, ces petits personnages ne maîtrisent rien, ni les aléas économiques, ni les coups de folie des islamistes, ni les accidents du Marché de la finance et des emplois.


Ils essaient seulement de gérer leurs petites carrières et se donnent en spectacle comme sur la scène d’un théâtre où se jouent des pièces dont ils ne sont pas auteurs.


Notre objectif : séparer l’écume des faits divers, des mouvements de fond de la civilisation et mettre, enfin, le vivant au centre des valeurs.


Amis lecteurs, ne vous laissez pas enfumer par les faiseurs d’opinion :


C’est la guerre !


Oui, mais ceux que vous aimez vont mourir d’une rupture d’anévrisme, d’un cancer métastasé, d’un accident vasculaire cérébral et non de la main cruelle d’un fou de Dieu.


La protection de la nature, l’accession au respect de l’animal, être sensible, l’instauration d’une économie de solidarité et non de concurrence féroce, le souci d’offrir aux hommes de meilleures conditions de vie, la victoire sur les maladies valent mieux que les affrontements entre ZEUS et OSIRIS.


Non, je ne préconise nullement la censure d’informations relatives aux attentats, la dissimulation des images choquantes, le refus d’indiquer l’identité des tueurs. La seule censure qui vaille est celle de la censure.


Il ne faut jamais infantiliser les citoyens, filtrer, prédigérer, édulcorer les informations.


Le citoyen est un adulte et doit être considéré comme tel.


En revanche, je considère comme enfumage le fait d’asphyxier la pensée, de stériliser le débat de fond en suivant l’agenda dicté par les terroristes, agenda dans lequel les politiciens puisent le paravent de leur insignifiance.
De nos jours, les attentats tiennent lieu de divertissements, au sens philosophique du terme.


Apprenons à nos contemporains qu’il est idiot et criminel de tuer au nom d’un quelconque ZEUS, comme il est idiot et criminel de capturer des petits oiseaux à l’aide de glu.


 
Gérard CHAROLLOIS
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ÊTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

 

Article de l'Est Républicain du 30 juillet 2016

(Cliquez sur l'image pour zoomer) 

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04/06/2016

Le Sénat vote contre les coraux et pour le développement économique

Le Sénat vote contre les coraux et pour le développement économique

 

Écoutez également l'émission de France Inter.

 

La France, deuxième propriétaire du plus grand patrimoine corallien au monde, a vu lundi 23 mai 2016 le Sénat retoqué l’interdiction de la destruction des coraux dans le cadre de la loi sur la biodiversité. Pourtant, grâce à ses 10 % de récifs coralliens au monde, la deuxième plus grande barrière de corail et le plus grand lagon mondial, la France pourrait être un acteur majeur dans la conservation des récifs coralliens. Conscient de cette richesse, en 1999, le pays affichait pourtant un désir de conserver ce patrimoine avec l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens, un objectif désormais bafoué par les sénateurs.

 

Se disant anxieux de « ne pas contraindre le développement des économies locales », le Sénat a posé un amendement contre le projet de loi qui vise à la protection des récifs coralliens, ainsi les sénateurs consentent au dragage et à la destruction des coraux. Un tel amendement encouragera sûrement des projets comme en Guadeloupe où, pour l’agrandissement du port de Pointe-à-Pitre, 7 millions de m3 de coraux ont été réduits à néant. Un autre projet portuaire à Fort-de-France, en Martinique, a lui été entravé par les écologistes qui, après 3 ans de batailles juridiques, ont réussi à ce que les constructeurs se fournissent dans les carrières plutôt que dans les coraux pour faire des remblais. Or, avec cet amendement, les sénateurs endiguent les actions de défense pour la nature, défendant des intérêts économiques à court terme contre un écosystème indispensable qui génère des revenus d’environ 375 milliards dans le monde, chaque année.

 

Cependant, les coraux engendrent bien plus que des revenus économiques liés au tourisme ; couvrant moins de 0,2 % des océans, ils abritent 30% de la biodiversité marine. Bien plus générateurs de richesse étant vivant que comme remblais, ces récifs sont des nurseries et des garde-manger pour les poissons qui alimentent la pêche. De plus, si les scientifiques notent une bonne reprise du corail dans le milieu naturel, malgré qu’il s’agisse d’un processus très long, il reste essentiel de ne pas détruire les récifs déjà en danger par l’augmentation de la température de l’eau.

 

Et pourtant, les coraux qui subissent un blanchissement extrême n'ont ps besoin de cette prise de position pour être menacés de disparition (voir l'article de Sciences et Avenir).

03/06/2016

Des sénateurs pas très "bio"

Des sénateurs pas très bio : limiter le bio dans la restauration collective

 

Après avoir désapprouvé l'arrêt en 2018 de l'utilisation des néonicotinoïdes (pesticides destructeurs des insectes pollinisateurs),

 

Après avoir approuvé la destruction des récifs coralliens,

 

les sénateurs français récidivent en s'opposant à l'utilisation à hauteur de 20% des aliments bio dans l'alimentation des cantines. Ils préfèrent favoriser l'ingestion de pesticides par les enfants des écoles et les salariés des restaurants d'entreprises.

 

Voir le lien ci-dessous et en particulier le trombinoscope des sénateurs comtois qui ont pris part au vote.

 

Des sénateurs pas très bio

SÉNATEURS-COMTOIS-450.jpg

02/06/2016

Étude du peuplement pisciaire de la retenue du barage de Vouglans (Jura) par l'utilisation de batteries de filets verticaux à enroulement

poissons lacustres,échantillonnage,lac de vouglans,retenue de vouglansÉtude du peuplement en poissons de la retenue du barrage de Vouglans (Jura) par l'utilisation de batteries de filets verticaux à enroulement

 

par A. GUYARD, J.-P. GRANDMOTTET et J. VERNEAUX[1][2][3]

 

Résumé — Un système de filets verticaux à enroulement permet une meilleure prospection de tout le volume d'eau avec l'exploration différentielle des habitats-poissons. La confrontation des résultats obtenus dans des conditions similaires montre l'efficacité de la méthode par rapport aux systèmes classiques. Déterminée avec ce protocole, la distribution d'abondance des quinze espèces de poissons capturés montre que l'ichtyofaune de la retenue de Vouglans est dominée par les espèces les plus euryèces : Gardon, Brèmes, Ablette et Perche.

 

Summary—The use of a vertical gillnet System provides an improved technique for consideration of the whole water volume with a differential exploration of the fish habitats. The comparison of the results shows efficiency of this method over the classical methods. Using this method we found that the strength distribution of the fifteen caught fish species is dominated by the most eurytical species such as Roach, Breams, Bleak and Perch. Key words : fish sampling - sample comparison - man-made lake.

 

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I. PROTOCOLE D'ÉCHANTILLONNAGE

 

La technique des filets verticaux a été exposée dans l'article de ce même blog :

Échantillonnage des poissons lacustres : les filets verticaux à enroulement.

Pour évaluer l'efficacité de ce nouveau dispositif, nous avons choisi la retenue du barrage hydroélectrique de Vouglans dont la composition du peuplement pisciaire, suivie régulièrement depuis 1968 à l'aide de filets traditionnels, manifeste une certaine stabilisation (CEMAGREF, 1986, EPR Franche-Comté, 1986 et VERNEAUX, 1986).

 

En raison de la hauteur limitée à 50 m de notre dispositif (profondeur maximale des lacs jurassiens naturels), nous avons limité l'échantillonnage à la zone amont du lac jusqu'à l'aval du Pont de la Pyle (zone de Château-Richard-Les Rivets) (voir schéma ci-dessous).

 

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La campagne d'intervention s'est déroulée du 22 juin au 9 juillet 1987. Le niveau du lac était alors à son maximum. Après recensement des habitats-poissons présents dans la zone d'échantillonnage, chaque type d'habitat a été exploré par la tendue d'au moins une batterie-unité de 6 filets. 21 batteries ont été posées pendant une durée moyenne de 24 heures.

 

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II. DESCRIPTION DES HABITATS RELEVÉS

 

Comme tout lac artificiel, la retenue de Vouglans, ne présente pas de morphologie lacustre typique. Les publications antérieures (VERNEAUX & VERGON, 1974, CTGREF, 1977, VERNEAUX, 1986) soulignent les effets inhibiteurs des marnages de grande amplitude (h = 34 m) sur le développement des hydrophytes littoraux, limitant ainsi la possibilité d'établissement de frayères et d'abris pour les poissons.

 

Cependant, en se référant à la zonation lacustre classique, on peut distinguer trois zones principales : la zone littorale (L), la zone sublittorale (T) et la zone pélagique (X).

 

  1. La zone littorale, peu représentée dans la retenue comporte les habitats codifiés de la façon suivante :

— type d'habitat d'une profondeur inférieure à 2 m, caractérisé par la présence de branches et d'arbustes immergés. Code : LOC13 (LAC13 dans le cas d'afférence). Alors que la surface littorale est négligeable, ce biotope qui peut servir de frayères à différentes espèces (Brème, Brème bordelière, Gardon et Perche) présentait une importance considérable au moment de l'étude à cause du niveau élevé du lac ;

— substrat meuble à dominance organique. Code : LON002 (LAN002 dans le cas d'afférence) ; — zone à Hydrophytes (ici à Potamogeton) d'une profondeur de 2 à 7 m (LOV10).

 

  1. La zone sublittorale

Correspondant au mont d'un lac naturel, cette zone est représentée ici par un abrupt rocheux (TONM06) ou dans l'anse de Largillay (21) par un talus dans un substrat meuble à tendance organique (TON002).

 

  1. La zone pélagique représente l'essentiel de la retenue. Dans cette zone, deux régions ont été définies par leur profondeur :

— profondeur inférieure à 20 m : X15,

— profondeur supérieure à 20 m : X16.

 

  1. Les habitats de proximité

On a tenu compte du voisinage des habitats les plus représentatifs. En raison du niveau particulièrement élevé du lac lors de notre intervention, nous avons distingué, outre les habitats aquatiques définis précédemment, des zones terrestres inondées constituées par des prairies (IV19) ou des éboulis (IM23).

 

III. COMPOSITION ET COMPARAISON DES ÉCHANTILLONS

 

Dans le tableau 1, nous avons répertorié les vingt et une espèces recensées dans la retenue de Vouglans au cours des cinq campagnes successives allant de 1971 à 1987.

 

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Cinq espèces dépassent 90% de l'effectif. Ce sont le Gardon (40%), l'Ablette (19%), les Brèmes (19%) et la Perche (13,5%). Ainsi, les Cyprinidés euryèces (Gardon, Ablette, Brèmes) dominent la composition de l'échantillon (78%).

 

Les carnassiers (15,47%) sont représentés surtout par la Perche (13,5%). Truite, Brochet et Cristivomer sont présents.

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  1. Tendance évolutive du peuplement de 1974 à 1985

En comparant deux échantillons obtenus à l'aide d'une série de filets conventionnels de même maille et tendus selon le même protocole, VERNEAUX (1986) a étudié l'évolution du peuplement entre 1974 et 1978.

 

Selon cette étude, Gardon et Brèmes, espèces dominantes du peuplement et peu exigeantes, envahissent la retenue.

 

Chevesne, Barbeau, Toxostome et Vandoise, faiblement représentés, constituent un peuplement relique de l'Ain.

 

En 1978, la Tanche est en régression. Ce fait est probablement dû à l'absence d'hélophytes et d'hydrophytes, zones habituelles de frayères de cette espèce.

 

Les espèces carnassières, Truite, Brochet et à un degré moindre, la Perche, souffrent également du manque de frayères rendant la reproduction aléatoire. La rareté des abris rivulaires entraînant une augmentation de la taille des territoires de chasse, contribue également à limiter la densité des brochets adultes.

 

Les espèces introduites : Corégone (depuis 1970) et Cristivomer (depuis 1975) sont présentes. Mais leur acclimatation est incertaine et leur maintien dans l'échantillonnage est dû aux alevinages répétés. En revanche, l'Omble Chevalier (depuis 1971) n'a pas été recensé au cours de cette période.

 

Les résultats antérieurs obtenus à l'aide de filets traditionnels (CEMAGREF, 1985) confirment les conclusions de VERNEAUX (1986) et tendent à démontrer une certaine stabilisation depuis 1978 de la composition du peuplement pisciaire. Il est donc légitime de comparer les résultats obtenus en 1985 à l'aide de filets conventionnels et ceux obtenus en 1987 avec le nouveau protocole et d'en tirer des conclusions quant à l'efficacité relative des deux techniques d'échantillonnage.

 

  1. Comparaison des résultats obtenus par les deux techniques entre 1985 (filets classiques) et 1987 (filets verticaux)

Les prélèvements ayant été effectués à la même saison et les protocoles utilisant pratiquement la même gamme de mailles, nous avons tenté un rapprochement des données 1985 et 1987 en ne considérant que les résultats obtenus dans les stations communes.

 

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D'un point de vue qualitatif, la comparaison des tableaux 2 et 3 montre, malgré une richesse spécifique inventoriée supérieure en 1987 (15 espèces contre 13 en 1985), des échantillons très semblables (11 espèces communes). Les différences apparaissent au niveau de espèces faiblement représentées. Un exemplaire de Barbeau pêché en 1985 et absence de capture en 1987. En ce qui concerne la Perche-soleil, trouvée à un exemplaire en 1985, elle a été aperçue nidifiant en zone rivulo-littorale dans 20 cm d'eau en 1987, ce qui la rendait peu vulnérable à la capture du fait de ses déplacements limités à cette époque.

 

Si l'on étend la comparaison à l'ensemble des espèces recensées depuis 1974, les différences sont également minimes : absence en 1987 d'espèces pêchées à l'électricité (Truite arc-en-ciel, Omble de fontaine, Vandoise) ou signalées comme étant en difficulté en 1978 (Tanche).

 

La Truite arc-en-ciel ne faisant plus l'objet d'alevinages depuis longtemps, son absence des échantillons récents confirme sa probable disparition (CEMAGREF, 1985).

 

L'absence de capture de l'Omble Chevalier, espèce introduite en 1971 et ayant fait l'objet d'alevinages (1986 et 1987) ne remet pas en cause l'efficacité de la technique d'échantillonnage pour deux raisons principales :

— cette espèce n'a jamais été recapturée par des méthodes traditionnelles, ce qui rend hypothétique le succès de son introduction.

— en dépit des soutirages d'eau profonde et froide dus à l'usine hydroélectrique, cette espèce des grands fonds pourrait se cantonner dans la zone aval de la retenue qui n'a pas été prospectée.

 

D'un point de vue quantitatif, la comparaison des tableaux 2 et 3 montre, malgré un effort de pêche légèrement inférieur en 1987 (2200 m2 de filets en 1985 contre 1970 m2 de filets en 1987), un nombre de captures plus que doublé en 1987, malgré une biomasse à peine augmentée.

 

En ce qui concerne les espèces dominantes, la composition des échantillons est différente entre 1985 et 1987, notamment en raison d'une très forte représentation de la Brème bordelière et de la quasi absence d'Ablettes dans les prélèvements de 1985. Ce fait peut être imputé à l'utilisation d'un nombre limité de grands filets d'aires inégales et ne prospectant pas toute la tranche d'eau. Cette technique entraîne :

— une sous-estimation de la représentation de l'Ablette par défaut de prospection de la strate superficielle avec des filets de faible maillage ;

— une surestimation de la représentation de la Brème bordelière due au caractère en partie aléatoire des captures, 57% des individus de cette espèce ayant été pris dans deux filets représentant 13% de la surface totale des 14 engins posés.

 

En revanche, la technique des filets verticaux, en permettant une prospection méthodique et répétitive de l'ensemble de la tranche d'eau avec une gamme complète de mailles, augmente la probabilité de capture, au sein d'un habitat donné, de tout individu, quelle que soit sa taille. C'est pourquoi la représentation de l'Ablette dans ce mode d'échantillonnage est mieux ajustée avec son abondance réelle constatée de visu. En outre, la masse moyenne des individus est nettement inférieure à celle de la campagne de 1985 (38 g contre 85 g pour le Gardon, 48 g contre 82 g pour la Perche, par exemple).

 

Ainsi, les classes modales de taille étant correctement échantillonnées, le nouveau système apparaît nettement plus efficace et l'image du peuplement et des populations donnée par les échantillons de 1987 paraît plus proche de la réalité que celles obtenues précédemment à l'aide de filets traditionnels.

 

IV. RÉPARTITION DANS L'ESPACE LACUSTRE DES PRINCIPALES ESPÈCES

 

Compte tenu des restrictions émise plus haut et relatives à l'habitat, nous avons tenté de situer les espèces les mieux représentées selon la distance à la berge, la distance au fond et la distance à la surface. Le comportement par rapport à l'habitat potentiel est apprécié par les tableaux 4 et 5 qui regroupent respectivement les données numériques et pondérales par type d'habitat, proximités incluses.

 

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En ce qui concerne la distance à la berge, la majorité des captures des espèces les mieux représentées a eu lieu, si l'on excepte la présence d'un haut-fond à l'aval du pont de la Pyle, à une distance inférieure à 70 m.

 

Pour chaque espèce, la répartition par rapport au fond ou par rapport à la surface est globale et ne tient pas compte de la profondeur.

 

  1. 1. La Brème et la Brème Bordelière

Les Brèmes se situent principalement à une distance à la surface inférieure à 8 m et se concentrent en surface vers 2 m. On les rencontre non loin du bord, surtout en zone littorale mais aussi en surface dans la zone pélagique et dans une moindre proportion dans la région du mont.

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La Brème fréquente majoritairement la zone littorale dans des secteurs envégétés et des caches de branchage où nous avons pu l'observer en période de fraie. Ainsi, elle se révèle moins pélagique que le Gardon malgré une corrélation de répartition de 0,61. Quant à la Brème bordelière, elle montre un preferendum pour la strate superficielle des zones à afférence.

 

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En conclusion, les Brèmes sont des espèces de zone littorale où elles représentent 20% de l'effectif et 54% de la biomasse. Mais elles constituent une part importante du peuplement sur le reste de la retenue où elles ont tendance à fréquenter la strate superficielle (15% de l'effectif et 43% de la biomasse en zone sublittorale, 17% de l'effectif et 41% de la biomasse en zone pélagique).

 

  1. Le Gardon

Le Gardon est une espèce ubiquiste qui se rencontre dans les trois zones, mais dont l'effectif décroît du littoral à la zone pélagique. L'éloignement de la zone littorale va de pair avec un accroissement de taille, mais sur le talus et en zone pélagique, l'espèce reste en surface. Elle se cantonne dans la couche euphotique et devient rare au-delà de 12 m de profondeur.

 

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C'est pourquoi il n'est pas étonnant de rencontrer le Gardon en zone littorale (22% de l'effectif, 8% de la biomasse), en zone sublittorale (38% de l'effectif, 31% de la biomasse) et en zone pélagique (21% de l'effectif et 16% de la biomasse).

 

Le Gardon fréquente des habitats sans afférence. On le rencontre dans les végétaux, dans des branchages immergés ou à proximité de ces branchages. On trouve aussi des juvéniles dans la zone sublittorale prolongeant des zones inondées.

 

  1. L'Ablette

Au moment de la campagne, l'Ablette était sur le point de se reproduire. C'est une espèce de surface qui présente un preferendum pour une profondeur de 2 m mais pouvant descendre jusqu'à 6 m (fig. 3e). On la rencontre dans les trois zones : en zone littorale où elle représente 24% de l'effectif et 4% de la biomasse, en zone sublittorale (21% de l'effectif, 12% de la biomasse) et en zone pélagique (31% de l'effectif et 10% de la biomasse.

 

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L'Ablette a été capturée dans tous les types d'habitats avec un maximum dans des zones rivulaires à afférence.

 

En résumé, ce poisson se trouve à peu près également réparti dans toute la tranche d'eau superficielle. Il doit trouver des conditions favorables à sa reproduction. Sa répartition est corrélée avec celle de la Brème bordelière (r = 0,71 ).

 

  1. La Perche

Une forte proportion de la population de perches se cantonne dans la zone littorale à une distance de la rive inférieure à 100 m. Cette espèce manifeste une certaine indifférence vis-à-vis de la profondeur, de sorte qu'on la retrouve également en zones sublittorale et pélagique. Cependant, la répartition verticale montre que la majorité de la population se cantonne dans des hauteurs d'eau inférieures à douze mètres. Cependant, lorsque la rive est abrupte, on peut la trouver à de plus grandes profondeurs au niveau des ruptures de pente.

 

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La Perche représente près de 29% de l'effectif de la biomasse en zone littorale, 21% de l'effectif et 12% de la biomasse en zone sublittorale et 28% de l'effectif et 16% de la biomasse en zone pélagique.

 

Du point de vue habitationnel, les perches sont plus nombreuses dans les formations végétales ou, dans les zones plus profondes, à proximité d'afférences (la Cimante) et de caches.

 

La répartition de la Perche est corrélée à celles de l'Ablette (r = 0,54), de la Brème bordelière (r 0,72), de la Brème (r = 0,60) et du Gardon (r = 0,46). Il est probable que certains de ces Cyprinidés constituent des proies pour ce carnassier.

 

  1. La Grémille

La Grémille est un poisson strictement inféodé au fond. On ne le rencontre qu'à une distance du fond inférieure à 1 m (fig. 3e). Il n'est donc pas étonnant que sa densité soit plus forte en zone littorale, surtout sur des fonds nus. Si l'on considère sa contribution relative au peuplement, celle-ci représente une fraction relativement constante dans les trois zones : 3% en effectif et 0,2% en biomasse en zone littorale, 3,5% en effectif et 0,7% en biomasse en zone sublittorale, 2,5% en effectif et 0,25% en biomasse en zone centrale. Sa répartition est donc distincte de celles des autres espèces.

 

  1. Autres espèces peu représentées

Le Goujon est présent surtout en zone littorale, principalement sur fond meuble, au niveau des afférences.

La Carpe est très rare dans nos prélèvements. Il faut dire que ce poisson est suffisamment armé pour perforer les filets et échapper à l'échantillonnage. Sa répartition ne peut donc pas être esquissée.

La Truite est rencontrée dans trois zones. Il s'agit de la forme lacustris de Salmo trutta. Au niveau du littoral, elle est trouvée en zone d'afférence, à proximité de caches de branchages.

Des brochets juvéniles ont été également rencontrés en zone littorale au niveau des afférences et en zone pélagique à proximité de caches de branchages mais jamais en-dessous de 7m de profondeur.

Un unique corégone a été pêché en zone pélagique.

Deux cristovomers ont été pêchés à fond au niveau de la Cimante.

Un unique exemplaire de Poisson-chat juvénile a été trouvé en zone pélagique profonde.

Parmi les espèces fluviatiles reliques, le Chevesne juvénile est trouvé en zone littorale envégétée à proximité de caches de branchages et d'afférences. Un adulte a été capturé au large ainsi qu'un exemplaire de Toxostome.

 

V. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

 

L'emploi d'un nouveau dispositif d'échantillonnage fondé sur l'utilisation de filets verticaux à déroulement sur toute la tranche d'eau permet de mieux prospecter tout le volume aquatique et d'améliorer l'exploration des zones lacustres et habitats-poissons. L'accroissement du rendement de pêche, la meilleure représentativité des espèces de petite taille et des juvéniles des autres espèces et l'approche plus fine de la répartition des individus dans les échantillons, permettent de conclure que la méthode des filets verticaux est mieux adaptée aux diagnoses piscicoles lacustres que l'emploi des filets traditionnels.

 

Cette technique doit à terme déboucher sur la définition d'un protocole standard d'échantillonnage donnant une image semi-quantitative précise de la répartition de l'ichtyofaune dans l'habitat lacustre. D'autres recherches sur d'autres plans d'eau, visent à définir :

— la répartition spatiale et ses variations saisonnières des différentes espèces ;

— une codification objective de l'habitat lacustre en fonction de son occupation par l'ichtyofaune ;

— le nombre minimal de prélèvements à effectuer dans chaque habitat.

 

AUTEURS CITÉS

BARTOO, N.W., HANSEN, R.G. et WYDOVSKI, R.S. (1973) — A portable vertical gillnet System. Progr. Fish-Cult. 35 : 231-233.

CEMAGREF, (1986) — Étude des populations ichtyologiques des grands plans d'eau ; la retenue de Vouglans (Jura). Rapport dactylogr. : 21 p. + 2 annexes.

CTGREF (1977) — Étude de la retenue artificielle de Vouglans. Rapport n° 18 : 30 p.

CUINET, A. et VAUDAUX, P. (1986) — Contribution à la mise au point d'un nouveau protocole d'échantillonnage de la faune ichtyologique des lacs. Mém. D.E.S.S. Hydrobiol. Univ. Fr.-Comté : 138 p. + annexes.

GRANDMOTTET, J.-P. (1983) — Principales exigences de 30 Téléostéens dulcicoles vis-à-vis de l'habitat. Ann. Sc. Univ. Fr.-Comté. Biol. anim. 4(4) : 3-32.

GRANDMOTTET, J.-P., GUYARD, A., VERNEAUX, J. et VAUDAUX, P. (1989) — Répartition spatiale et variations saisonnières de l'ichtyofaune du lac de Saint-Point (Doubs, France).

PÉNIL, C., HEIDMANN, F. et RAYMOND, J.-C. (1987) — Recherches sur l'échantillonnage pisciaire lacustre. Mém. D.E.S.S. Hydrobiol. Univ. Fr.-Comté : 222 p. + 10 annexes.

E.P.R. Fr.-Comté — Rapports d'étude sur les lacs jurassiens. Monographies collectives :

1982 : Le lac de l'Abbaye : 61 p.

1983 : Les lacs de Clairvaux ; 113 p.

1985 : Les lacs Maclu : 132 p.

1986 : Le lac de Chalain : 202 p.

1986 : Le lac d'Ilay : 109 p.

VERNEAUX, J. (1986) — Les Poissons de la retenue du Barrage de Vouglans (Ain). Analyse comparée de deux échantillons (1974-1978). Ann. Sci. Univ. Fr.-Comté Biol. anim. 4(5) : 3-11.

VERNEAUX, J. et VERGON, J.-P. (1974) — Incidences du marnage sur le benthos d'un lac artificiel (retenue de Vouglans, Jura). Soc. Hydrotechn. Fr. 13(5) : 1-9.

 

[1] Laboratoire d'Hydrobiologie-Hydroécologie du Centre pluridisciplinaire d'Études des Eaux continentales. Institut des Sciences Naturelles, Place Leclerc, 25030 BESANÇON Cedex.

[2] Avec la collaboration de C. PÉNIL, F. HEIDMANN et J.-C. RAYMOND.

[3] Recherche ayant bénéficié d'un contrat passé avec le SRETIE (Ministère de l'Environnement).

01/06/2016

Conservatoire d'espace naturels Franche-Comté : Offres d'emploi

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02/05/2016

Mosaïque de colza

Mosaïque de colza

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliiste et animalier

 

En ce printemps 2016, qui n'a pas remarqué la métamorphose de couleurs que subissent nos campagnes depuis quelques semaines ?

 

Le colza semble avoir pris le dessus au sein des parcelles agricoles et sa floraison se maintient particulièrement bien dans le temps cette saison. En revanche, le maïs n'est pas sorti du sol car le début d'année trop pluvieux ne permettait pas le travail de la terre et qu'il n'a pas encore été semé m'explique un agriculteur.

 

Je profite d'une très belle lumière de début de soirée en ce dimanche 8 mai pour prendre de la hauteur et redécouvrir à vol d'oiseau ces paysages dans les environs de Montbéliard.

 

Très vite, les parcelles d'un jaune lumineux se dessinent à l'horizon de la campagne environnante mais s'affichent également aux portes de l'agglomération, contrastant entre agriculture et urbanisme.

 

C'est l'immensité de certaines parcelles qui surprend par leur taille tel un gigantesque damier vu du ciel. L'exploitation de terrains à une échelle bien moindre offre des cultures qui s'imbriquent les unes dans les autres comme en témoigne cette image de mosaïque végétale.

 

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Cliché © Dominique Delfino

28/04/2016

Chasse au blaireau

blaireau,chasse,aspas,haute-savoieHaute-Savoie :

chasse au blaireau, l’acharnement sanguinaire

 

par Pierre Athanaze

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

 

Mise à jour du 28 avril 2016 Et dans la Somme, le même acharnement !

 La destruction des blaireaux continue en France, comme en témoigne cette décision du Préfet de la Somme.

 

Lire : Le préfet de la Somme a mis en consultation un arrêté prévoyant l’abattage et le piégeage, à partir du 1er juin, d’un maximum de 1.500 blaireaux, notamment accusés de[...]

 

Espèce protégée dans la plupart des pays européens, le blaireau est déjà l’objet d’une chasse acharnée en France. Mais afin de satisfaire à la pratique de la "vénerie sous terre", ou déterrage, (plus de 3 000 équipages en France!), mode de capture et de mise à mort sans conteste le plus cruel d’Europe, elle est aussi l’objet d’une "période complémentaire" qui allonge cette période de chasse à neuf mois et demi par an ! Cela ne suffit toujours pas…

 

Le blaireau est classé "gibier". À ce titre, l’espèce est chassée de mi-septembre à fin février. La "période complémentaire" allonge cette chasse de la mi-mai jusqu’à l’ouverture de la chasse, mi-septembre. Mais cela ne suffit pas aux chasseurs hauts-savoyards, qui ont obtenu du préfet de leur département, un arrêté totalement illégal, autorisant la destruction de blaireaux du 8 mars à fin juin, ne laissant aux blaireaux que huit jours de répit ! L’ASPAS a bien sûr attaqué cet arrêté. Aussi, le jour même de l’audience, le préfet a abrogé son arrêté, rendant sans objet ce contentieux. L’ASPAS a ensuite été informée que trois autres arrêtés, tout aussi illégaux, avaient été signés. À la demande de l’ASPAS, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu ces arrêtés le 21 avril 2011.

 

Il est de notoriété publique que la France connaît de sérieux problèmes quant à sa relation avec sa faune sauvage. Notre pays a, de très loin, le plus grand nombre d’espèces chassables (90 !). Mais nous avons également de très gros problèmes avec les chasseurs, pour les suffrages desquels nos parlementaires multiplient les petits cadeaux entre amis.

 

Dernier épisode en date : deux propositions de loi, portées, l’une par le groupe chasse à l’Assemblée nationale, l’autre par le Groupe chasse au Sénat, seront discutées parallèlement au Sénat, le 5 mai 2011, et à l’Assemblée nationale le 10 mai 2011. Ces deux lois, sur le même sujet, seront discutées en même temps : du jamais vu pendant la cinquième République !

 

Il serait plus que temps que nos élus et hauts fonctionnaires s’émancipent du monde de la chasse et prennent la mesure de l’état de conservation de la nature en France, ainsi que de la demande sociale plus axée sur la protection. L’année de la biodiversité est passée et les discours post-grenelliens sont oubliés. Mais les Français, eux, attendent qu’enfin toutes ces promesses soient tenues pour une véritable prise en compte de la nature et de l’environnement.

 

Pierre Athanaze

22 avril 2011

Président de l’Association pour la sauvegarde des animaux sauvages

www.aspas-nature.org

 

• La cruelle période des déterrages a déjà commencé dans certains départements. Si vous trouvez de jeunes blaireautins orphelins, contactez l'association Meles, de Virginie Boyaval :

www.meles.fr

 

Vidéos du déterrage des blaireaux, une pratique particulièrement révoltante :

http://www.notre-planete.info/actualites/4436-blaireau-ch...

 

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© Charlie-Hebdo

 

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© Michel Cottet

06/04/2016

Perturbateurs endocriniens : pourquoi l'Europe laisse faire

Perturbateurs endocriniens :

pourquoi l'Europe laisse faire

 

(Mise à jour du 02 juillet 2016)

 

Yohav Oremiatzki (Télérama) Publié le 07/04/2016.

 

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Alimentation, cosmétiques… les pesticides et autres molécules nocives sont partout. Aucun règlement ne limite leur usage. L'Europe se laisse-t-elle piloter par les lobbys ?

 

C'est un signal fort envoyé à l'industrie des pesticides : le 17 mars, l'Assemblée nationale a voté l'interdiction des insecticides néonicotinoïdes, responsables de la chute du nombre des populations de pollinisateurs, en seconde lecture. Un progrès de taille, mais qui ne fait pas encore du xxie siècle « celui de l'hygiène chimique » comme l'a prôné François Hollande. Car on diffuse, on déverse, on épand toujours plus de ­pesticides dans les campagnes françaises, où l'achat de produits phytosanitaires a bondi de 9,4 % en 2013-2014, selon le ministère de l'Agriculture ! Et l'Hexagone trône toujours sur la première marche du podium européen des consommateurs de pesticides. Si, à Paris, le Parlement peut faire interdire quelques produits tueurs d'abeilles, notre « hygiène chi­mique » dépend en fait principalement de Bruxelles.

 

Explosion des cancers

 

Alors pourquoi l'Union européenne tarde-t-elle autant à passer au crible les perturbateurs endocriniens (PE) ? En 2009, elle avait pourtant décidé de réglementer l'usage de ces substances exogènes capables de pirater notre système hormonal dès la vie foetale et d'induire, pour nous et nos descendants, infertilité, malformations génitales ou encore perte de QI. Les scientifiques les suspectent de jouer un rôle dans l'explosion des cancers du sein, de l'utérus, du testicule et de la prostate. Invisibles, les perturbateurs endocriniens sont omniprésents – on les trouve dans l'eau, l'air et l'alimentation, les plastiques, les cosmétiques (1)… « Ce sont à la fois leur nombre et leur “effet cocktail” qui inquiètent aujourd'hui les scientifiques », explique la biologiste Barbara Demeneix, professeure au Muséum national d'histoire naturelle, qui rappelle par ailleurs que la première alerte scientifique sur le sujet remonte à… 1991. « Mais l'histoire commence en 1962, quand la biologiste Rachel Carson publie Printemps silencieux. Sans les nommer, cette Américaine décrivait déjà les effets délétères des perturbateurs endocriniens sur les oiseaux et les poissons. »

 

Quarante-quatre ans après la parution de ce livre phare, qui permit notamment de faire interdire un pesticide – le DDT –, toujours pas de réglementation globale. Des critères d'identification des perturbateurs endocriniens auraient pourtant du être publiés par la Commission européenne avant décembre 2013. On attend toujours. L'organe exécutif de l'UE fait de la résistance. Or, sans définition scientifique, impossible d'appliquer la loi.

 

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En retardant le processus de réglementation, en donnant du temps aux industries gourmandes de perturbateurs endocriniens, la Commission européenne a créé les conditions d'une guerre d'usure à armes inégales opposant deux camps : la Commission et les lobbys d'un côté ; les eurodéputés, les ONG et de nombreux scientifiques de l'autre. Dans Intoxication, la jour­naliste indépendante et documentariste Stéphane Horel retrace la chronologie de cette « bataille d'influence contre la santé ».

 

Nul besoin d'engager un ­hacker pour récupérer des milliers de pages de correspondance interne, d'e-mails entre la Commission et les lobbys et de mémos plus ou moins censurés : le règlement 1049/2001 donne accès aux documents publics des institutions ­européennes. Un outil bien utile aussi à Martin Pigeon, chercheur au Corporate Europe Observatory (CEO), qui étudie les groupes d'influ­ence privés à Bruxelles : « Il permet de voir la dif­férence entre le discours public des lobbyistes reposant sur la croissance, ­l'emploi, la compétitivité et leurs deman­des concrètes » dès que pèse la menace d'interdiction d'un produit chimique.

 

“L'affaire des perturbateurs endocriniens est révélatrice du fonctionnement de Bruxelles”, Sylvain Laurens, sociologue

 

« L'affaire des perturbateurs endocriniens est révélatrice du fonctionnement de Bruxelles », constate le sociologue à l'Ehess Sylvain Laurens. Et souligne une loi d'airain : la Commission européenne impulse les lois, le Parlement et le Conseil de l'UE se contentent de les adopter. « Il y a donc capture de la décision politique par les services admi­nistratifs et bureaucratiques de la ­Commission. D'où l'intérêt des lobbys de maintenir des relations très pro­ches avec les eurocrates plutôt qu'avec les ­eurodéputés, en leur délivrant un état de l'art scientifique qui correspond aux ­intérêts de l'industrie, pas des citoyens. […] La nouvelle frontière du lobbying, c'est donc la vérité scientifique. Les enjeux politiques se sont déplacés sur le terrain technique. » Et qui a les moyens de se payer des toxicologues capables de faire valoir des études scientifiques contradictoires ? Greenpeace, qui dispose d'un budget annuel de 3,8 ­millions d'euros, ou le Cefic, organisation européenne de lobbying de l'industrie chimique, qui est dix fois mieux dotée ?

 

Avant de penser santé, la Commission européenne pense économie. Par ses atermoiements, elle semble à tout prix vouloir éviter que la future législation sur les PE ne conduise à ­retirer de la vente nombre de produits contenant des molécules dangereu­ses. « Cela en dit long sur notre système, estime Stéphane Horel. Lorsque des fonctionnaires non élus ont la haute main sur une législation qui va à l'encontre de l'intérêt général, peut-on ­encore dire que nous vivons en démocratie ? »

 

Parlementaires ignorés

 

La question se pose d'autant plus que le Parlement européen joue un rôle décidément subsidiaire dans cette partie de poker menteur. La Commission reste sourde en effet aux interpellations des groupes parlementaires qui invoquent le principe de précaution. « A force d'envoyer des lettres ou de voter des résolutions, on s'est rendu compte que la Commission se fichait de nous », s'indigne Axel Sing­hofen, conseiller sur les questions de santé et de politique environnementale du groupe Les Verts-­Alliance libre européenne.

 

Il a fallu que la Suède ­dépose plainte contre la Commission auprès de la Cour de justice de l'Union européenne, en 2014, pour accélérer les choses : condamnée en décembre dernier pour inaction, et sommée de publier les critères d'identification des PE sans délai, la Commission a enfin annoncé qu'elle s'exécuterait… d'ici l'été. Commission, 1 ; démocratie, 1. Mais le Parlement n'est pas au bout de ses peines. Et Stéphane Horel pressent une réglementation en forme de pari faustien, dans lequel « on sacrifierait quelques ''boucs émissaires'', quelques substances censées être les plus puissantes, pour sauver toutes les autres estimées moins nocives » et ainsi ménager les caisses de l'industrie. ­Business is business.

 

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Zone grise

 

« Il y a aura beaucoup de tractations obscures et de nombreuses substances vont rester dans une zone grise, anticipe Lisette Van Vliet, conseillère en poli­tiques publiques à l'ONG Heal (Health and Environment Alliance). C'est pourquoi s'assurer que le processus de décision est démocratique est une étape ­décisive si l'Europe veut garder sa légi­timité. » Gardiennes de la transparence de ce processus, les ONG de la bulle bruxelloise se sont mises en ordre de bataille. Mais les obstacles sont nombreux.

 

Ainsi, en 2014, au lendemain d'une consultation publique organisée par la Commission, et reposant sur un questionnaire digne de Polytechnique, EDC-Free Europe, coalition de trente ONG, avait-elle décidé de simplifier la procédure pour le citoyen lambda en lançant une plateforme Internet en sept langues. Résultat : sur les vingt-sept mille contributions enregistrées pendant la consultation publique, vingt-cinq mille provenaient des questionnaires préparés par EDC-Free Europe. Pourtant, selon Stéphane Horel, la Commission a davantage valorisé les contributions de l'industrie…

 

Face à l'apathie des pouvoirs publics et à l'indigence du débat démocratique, des scientifiques mettent aussi leur poids dans la balance. Mais plus ils s'investissent, plus les lobbyistes les accusent… d'être militants ! Cofondatrice d'une société spécialisée dans le criblage des PE (WatchFrog), Barbara Demeneix est aussi experte à l'OCDE et membre de la « task force » (groupe d'action) Endocrine Society. « Quand je vais témoigner à Bruxelles, je prends sur mon temps. L'industrie chimique, elle, est représentée par un expert beaucoup plus disponible que moi et coaché pour les débats. [...] En outre, la science a désormais tendance à être vue par le grand public non comme le remède mais comme la cause du problème. Ce qu'il nous faudrait, c'est donc l'équivalent d'une COP 21 pour les perturbateurs endocriniens. »

 

Stratégie du déni

 

Le lien entre changement climatique et PE n'est pas anodin : dans les deux cas, la transposition du savoir scientifique en décision politique devrait s'imposer d'elle-même. Elle est pourtant loin d'être automatique, car derrière ces questions, c'est la société de consommation qui est remise en cause. Il reste en revanche une différence de taille : « Pour le réchauffement climatique, la stratégie du déni ne fonctionne plus, remarque l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage. Pour les PE, elle marche bien car, contrairement à l'amiante, le lien de causalité est encore difficile – mais pas impossible – à établir entre une seule substance et une maladie. »

 

Le déni marche si bien que certains lobbys semblent à peine se préoccuper des médias. Dans un document interne de PlasticsEurope (le lobby européen des plastiques), daté de mai 2015 et que Télérama s'est procuré, journaux, radios ou réseaux sociaux ne figurent même pas dans les « menaces » listées : ce qui inquiète, c'est avant tout la « pression politique des Etats membres les plus bruyants (France, Suède et Danemark) et du Parlement européen ». Stéphane Horel est persuadée que les choses ­seraient différentes si on « sortait le ­sujet des pages conso des magazines », car plus on s'adresse au citoyen en tant que consommateur, moins on développe sa conscience politique.

 

“Il y a une incompétence généralisée. Au final, on découvre une chaîne de ‘déresponsabilité’ parfaitement antidémocratique”, Corinne Lepage, ex-euro-députée.

 

Malheureusement, selon Corinne ­Lepage, le processus d'évaluation des PE échappe à tout le monde : aux ­citoyens bien sûr, mais surtout à des politiques intoxiqués et dépassés par la technicité des dossiers : « Il y a une incompétence généralisée. Au ­Parlement européen, nous n'étions que quel­ques-uns à suivre ces dossiers, se souvient l'ex-députée européenne centriste (2009-2014) : plutôt des femmes que des hommes, qui semblent plus préoccupés par les questions économiques. Au final, on ­découvre une chaîne de "déresponsa­bilité" parfaitement antidémocratique. Les politiques ne sont pas des experts donc ils se fient aux avis de ces derniers. Et les experts ne sont pas décideurs donc ils ne sont pas responsables. Une séparation claire entre des scientifi­ques indépendants responsables de l'avis qu'ils donnent, et des politiques responsables de la décision qu'ils prennent, au plus haut niveau de la Commission et des Etats membres, s'impose d'urgence ». Alors, peut-être, la loi suivra-t-elle la science. 

 

(1) On compte aujourd'hui plus de quatre-vingt-cinq mille produits sur un inventaire de l'Environmental Protection Agency, aux Etats-Unis – sans compter certains pesticides et les cosmétiques, qui sont gérés par d'autres législations… Très peu d'entre eux ont été correctement testés pour leurs perturbateurs endocriniens et leurs effets toxiques.

 

L'Europe recule sur les perturbateurs endocriniens

(Article de Sciences et Avenir, n° 833, juillet 2016 p. 60 Rachel Mulot @RachelFleaux)

 

La définition retenue par la Commission européenne entrave toute interdiction de ces molécules suspectées d'agir à très faibles doses et en cocktail. Cette définition est la suivante : une substance phytopharmaceutique ou biocide est considérée comme un perturbateur endocrinien « si elle a des effets indésirables sur la santé humaine, présente un mode d'action endocrinien et s'il existe un lien de causalité entre l'effet indésirable et le mode d'action ».

 

Les critères définis par la Commission s'appliquent dans le domaine des produits phytopharmaceutiques (pesticides, fertilisants) et biocides (désinfectants ménagers, produits anti-salissures), mais ils excluent les autres perturbateurs endocriniens, bisphénols A et phtalates (plastifiants pour emballages et boîtes de conserve), parabènes (cosmétiques et médicaments), perfluorés (revêtements anti-adhésifs) qui font ou feront l'objet d'autres examens juridiques et scientifiques.

 

Pourtant, les perturbateurs endocriniens SONT SUSPECTÉS D'ALTÉRER LA REPRODUCTION HUMAINE, de créer des troubles neurologiques et de favoriser le diabète ou les troubles immunitaires. Ce sont des molécules largement utilisées, mais qui n'avaient toujours pas de définition officielle au niveau européen. Cela faisait plus de deux ans que la Commission devait présenter les critères pour les identifier ; c'est chose faite depuis le 15 juin 2016.

 

Problème, ces critères ne satisfont personne hormis la Commission elle-même. En cause : une version restrictive de la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), exigeant des effets avérés sur la santé humaine.

 

En d'autres termes, les études sur l'animal, telles celles qui permettent de classer un produit cancérogène ou d'autoriser un pesticide, ne suffiront pas pour une éventuelle interdiction. « Le niveau de preuve exigé est tel qu'il sera ardu de l'atteindre, quand bien même il existerait des preuves scientifiques de dommages », déplore l'Endocrine Society (18 000 endocrinologues dans 120 pays) qui parle d'un « échec pour la santé publique ».

 

Et les industriels ne sont pas satisfaits non plus car la Commission « n'a pas retenu le critère de puissance, pour distinguer entre les substances dont les effets peuvent être observés à très faible concentration, et celles dont les impacts ne se réaliseront pas compte tenu des niveaux d'exposition », selon l'Union des industries chimiques. Or les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'agir à très faibles doses et en cocktail. Pas sûr donc que le Parlement et les États membres adoptent ces textes en l'état. »

 

Selon Joëlle Rüegg, CHERCHEUSE AU CENTRE SUÉDOIS D'ÉTUDES TOXICOLOGIQUES (SWETOX) :"Les citoyens ne seront pas protégés".

 

« La Commission européenne se focalise sur la santé humaine, sans égard pour l'effet des produits chimiques sur la vie sauvage. En réintroduisant la notion de risques, et non plus celle de danger, elle exige de nouvelles études parce que les données viennent principalement du monde animal. Or il est inenvisageable, pour des raisons éthiques et sanitaires, de mener des essais sur l'homme, encore moins la femme enceinte [les perturbateurs endocriniens sont suspectés d'agir sur le fœtus]. Par ailleurs, démontrer les liens entre un mode d'action et un effet indésirable peut prendre des années. Les études d'épidémiologie environnementale sont très longues et souvent contradictoires et elles ne permettent pas de faire des liens de cause à effet. En l'état, les niveaux de preuve demandés ne permettent pas de protéger les citoyens.»

 

Sur le même thème :

 

Entretien Dominique Belpomme, cancérologue : “70 à 90 % des cancers seraient liés à l'environnement”

Changeons l'Europe Thomas Piketty : “Pour sauver l'Europe, je crois aux vertus de la délibération démocratique” Abo

Entretien Saskia Sassen, sociologue : “L'expulsion est devenue le nouveau modèle de nos sociétés” Abo

Entretien Dr Véronique Vasseur : “Nous vivons dans un pic de pollution quasi-permanent”

 

Un article récent (16 juin 2016) paru dans le Figaro santé fustige les nouvelles règles adoptées par la Commission européenne.

 

Voir également l'article de Environnement Magazine.fr : Perturbateurs endocriniens : l'Europe adopte la définition de l'OMS, mais...

À lire

Intoxication. Perturbateurs endocriniens, lobbyistes et eurocrates : une bataille d'influence contre la santé, de Stéphane Horel, éd. La Découverte, 304 p., 19€.

 

Le Cerveau endommagé, de Barbara Demeneix, éd. Odile Jacob, 416 p., 25,90€, à paraître le 25 mai 2016.

 

19/03/2016

Usage des pesticides aux Antilles et incidence sur la santé humaine

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 par André Guyard

 

En Guadeloupe, au cours des années soixante-dix, une thèse de médecine avait attiré l'attention sur l'incidence de l'emploi de pesticides dans les plantations de bananiers sur la santé humaine.

 

En effet, cette thèse montrait que le lait maternel des femmes de pêcheurs contenait une dose non négligeable de chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés interdit dès 1976 aux États-Unis et classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Cette constatation signifiait que les eaux de ruissellement et des rivières charriaient ce pesticide jusque dans les eaux marines. La population se contaminait en se nourrissant de fruits de mer et poissons par suite de la concentration du pesticide dans la chaîne alimentaire.

 

Cette observation entraîna une étude dirigée par Alain Kermarrec du laboratoire de Zoologie de la station de l'INRA de Petit-Bourg (Guadeloupe). L'équipe que je dirigeais alors à l'Université Antilles-Guyane était chargée de la récolte d'échantillons dans les cours d'eau et dans les eaux littorales. Cette étude a abouti à la publication d'un rapport en 1980 dénonçant l'utilisation des pesticides dans le traitement des bananiers.

 

Il aura fallu treize ans pour que le gouvernement français interdise définitivement l'utilisation de ce pesticide dans les Antilles françaises en 1993.

 

Dix ans après cete interdiction, une étude de Bouchon C. & Lemoine S. (2003), de l'Université des Antilles-Guyane, faisait un bilan de la rémanence des pesticides dans la chaîne alimentaire guadeloupéenne.

 

Très récemment, dans sa revue "Vivre" (n° 369 mars 2016) , sous la signature de Chloé Dussère, la Ligue contre le Cancer publiait un article soulignant un taux plus élevé de cancer de la prostate probablement lié à l'usage du chlordécone, article intégralement repris ci-dessous.

 

Antilles : Un taux plus élevé de cancer de la prostate

 

En Martinique et en Guadeloupe, les populations ont été exposées, plus longtemps qu'ailleurs, au pesticide chlordécone. Dans ces mêmes régions, la fréquence des cancers de la prostate est plus importante qu'ailleurs. Y a-t-il un lien de cause à effet ?

 

De 1973 à 1993, le chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés, est utilisé aux Antilles pour lutter contre un parasite du bananier : le charançon. En 1999, un contrôle de la qualité des eaux de consommation détecte la présence de ce produit, qui aurait contaminé non seulement les sols des bananeraies, mais aussi les légumes-racines fortement consommés dans ces régions (igname, madère...), certains animaux et le littoral, incluant poissons et crustacés, et certaines sources d'eau. Problème : le chlordécone est considéré comme perturbateur endocrinien et classé cancérogène possible pour l'homme par l'OMS. Plusieurs questions se posent alors : les populations sont-elles contaminées ? « En 2003, les premières mesures faites chez les femmes enceintes et leurs nourrissons, puis chez l'homme adulte, démontrent que le chlordécone est présent dans le sang de 90 % de la population », explique Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm.

 

Explosion du cancer de la prostate

 

Alors que les Antilles se caractérisent par des taux d'incidence de cancers, toutes localisations confondues, inférieurs à ceux de la France métropolitaine, le cancer de la prostate fait figure d'exception. Y aurait-il un lien entre l'exposition au chlordécone, plus importante aux Antilles qu'ailleurs, et la surincidence de ce cancer relevée en Guadeloupe et Martinique ? « En 2003, le programme de recherche Karuprostate qui a donné lieu à une publication dans le Journal of Clinical Oncology - nous a permis de comparer les caractéristiques de 709 personnes nouvellement atteintes du cancer de la prostate à 723 sujets indemnes de la maladie, précise Luc Multigner. Ce travail a permis de montrer que l'exposition au chlordécone augmente le risque de survenue du cancer de la prostate. »

 

D'autres facteurs de risque identifiés

 

Le programme de recherche a également relevé d'autres causes possibles de la forte prévalence du cancer de la prostate aux Antilles. D'abord, les populations d'ascendance africaine ont davantage tendance à développer un cancer de la prostate pour des raisons génétiques. Ensuite, la résidence de ces hommes dans un pays occidental joue également un rôle. « Un tiers des hommes interrogés sont partis travailler en métropole avant de revenir, poursuit Luc Multigner. Là-bas, ils ont vraisemblablement adopté les codes européens, notamment alimentaires, et se sont exposés à différentes pollutions qui pourraient contribuer à la survenue de la maladie. » Les antécédents familiaux apparaissent également comme un autre facteur de risque.

 

Les moyens d'action

 

Après l'interdiction du chlordécone, en 1993, les autorités sanitaires locales ont mené, à partir de 1999, plusieurs actions en vue de protéger les Antillais : pose de filtres à charbon pour limiter la contamination de l'eau, interdiction de certaines cultures sur les sols pollués, limitation de la pêche... De leur côté, des associations telles que la Ligue contre le cancer misent sur la prévention. « Nous rappelons régulièrement aux hommes la nécessité de se faire dépister à partir de 50 ans, et notamment d'accepter la réalisation d'un toucher rectal, raconte Dominique Chingan, président du Comité Guadeloupe de la Ligue contre le cancer. Mais il reste toujours difficile pour les hommes de parler de ce cancer, qui touche à la virilité. On a beau répéter qu'il existe désormais des moyens de pallier les désagréments de l'opération, les Antillais continuent de trouver cette maladie humiliante. »

 

Un pesticide au cœur des polémiques

 

Brevetée aux États-Unis en 1952, la molécule de chlordécone, commercialisée sous le nom de Képone, fait l'objet, en 1972, d'une autorisation provisoire de un an dans les bananeraies antillaises par le ministère français de l'Agriculture. Jusqu'en 1976, le chlordécone reste utilisé jusqu'à épuisement des stocks de Képone, avant d'être réintroduit en 1981 sous le nom commercial de Curlone. Depuis, ce pesticide suscite la polémique et la controverse, essentiellement aux Antilles, mais aussi en métropole. Et pour cause ! Le chlordécone a été autorisé à plusieurs reprises entre 1973 et 1993, et massivement utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique, alors même qu'il avait été interdit dès 1976 aux États-Unis et que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'avait classé comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Malgré ces alertes, les grands planteurs antillais obtiennent l'homologation du chlordécone en 1981. La société Laurent de Laguarigue rachète le brevet et produit l'insecticide, sous le nom de Curlone. En 1990, ce produit est retiré de la vente en France, mais deux dérogations successives des ministres de l'Agriculture Henri Nallet et Jean-Pierre Soisson permettent son utilisation jusqu'en 1993. Quelques années plus tard, en 2006, l'Union régionale des consommateurs et l'Union des producteurs de la Guadeloupe, soutenues par l'avocat Harry Durimel, député des Verts, déposent une plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui et administration de substance dangereuse, Cette plainte est aujourd'hui toujours en attente d'instruction au pôle de santé publique à Paris.

 

En savoir plus :

 

— Kermarrec A. (1980). — Niveau actuel de la contamination des chaînes biologiques en Guadeloupe : pesticides et métaux lourds (1979-1980).

 

— Bouchon C. & Lemoine S. (2003). — Niveau de contamination par les pesticides des chaînes trophiques des milieux marins côtiers de la Guadeloupe et recherche de biomarqueurs de génotoxicité.

 

— Observatoire des pesticides.

 

— Badot P.-M. (2017).— Des insecticides dans les assiettes antillaises En Direct n° 269 mars-avril 2017. p. 4.

16/03/2016

Disparition des ressources nectarifères et pollinifères dans les zones de prairies laitières

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09/03/2016

Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

Dernière mise à jour : 22/03/2016

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Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

 

LE MINISTRE DOIT RÉAGIR FACE AUX RÉSISTANCES DES CONSERVATISMES ET DES ÉGOÏSMES

 

Le Ministère de l’agriculture a rendu publics mardi 8 mars 2016 les nouveaux chiffres sur l’utilisation des pesticides en France. Ils sont accablants. Loin de diminuer, l’usage de pesticides a encore augmenté de 9,4% entre 2013 et 2014. Réaction et propositions de FNE.



Des résultats accablants



Alors que la France s’était fixée comme objectif dans le cadre du Grenelle de l’environnement de diviser par deux sa consommation de pesticides, force est de constater que c’est l’échec. La consommation de pesticides a augmenté, en nombre de doses, de 9,4% entre 2013 et 2014 (16% en tonnage), et de 5,8% en moyenne entre la période 2011-2012-2013 et 2012-2013-2014. Toujours entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ont augmenté de 12,9%. Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés.



Une mise en route difficile du plan Ecophyto



 FNE constate que la mise en œuvre du plan Ecophyto, approuvé lors du Grenelle de l’environnement par l’ensemble des acteurs, butte sur le manque d’engagement d’une majorité d’agriculteurs, de distributeurs de pesticides et d’organisations agricoles. Quant au plan Ecophyto 2 chargé de prendre le relais du premier plan, il tarde à être mis sur les rails pae le ministère. Les certificats d’économie de produits phytosanitaires, principale mesure de ce plan visant à impliquer les distributeurs de pesticides dans une diminution de leurs ventes, sont encore en attente de la parution d’un décret d’ici juillet.



Il faut changer de braquet



Pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto, FNE demande tout d’abord d’interdire les pesticides les plus dangereux mais aussi l’instauration d’une fiscalité sur les produits de traitements qui incite réellement les utilisateurs à diminuer leur usage.



Pour Claudine Joly, en charge des pesticides à FNE : « Nous demandons l’interdiction immédiate des néonicotinoïdes, ces insecticides dangereux pour les pollinisateurs actuellement en débat dans la loi sur la biodiversité, du glyphosate, dont la réautorisation est en débat au niveau européen, et des insecticides utilisés dans le traitement post-récolte des cultures, à l'origine de la majorité des contaminations de produits alimentaires. En particulier, les insecticides à base de chlorpyriphos-méthyl, dont le lien avec des leucémies et des problèmes de neuro-développement chez l'enfant est avéré, doivent être interdits. »



FNE renouvelle fortement sa demande d’une réduction de moitié de l’utilisation globale de tous les pesticides.



Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE, précise : « Nous demandons au Ministre de l’agriculture de mettre immédiatement en œuvre le plan Ecophyto 2 en passant outre les résistances d’une partie des responsables agricoles et des distributeurs. Nous demandons également que le nombre de traitements soit affiché sur les produits alimentaires. Par exemple, le consommateur doit savoir que la pomme qu’il achète a été traitée 35 fois. La France doit aussi agir au niveau européen pour que l’Union européenne dans son ensemble s’engage dans cette réduction d’usage. Enfin, il faut à tout prix faire connaître et démultiplier les bonnes pratiques mises en œuvre par de nombreux agriculteurs engagés dans l’agro-écologie. »



De nombreux exemples d’exploitations agricoles témoignent au quotidien du fait que la réduction de la consommation de pesticides est possible. Ils sont mis en avant par la fédération sur son site Internet : http://www.fne.asso.fr/actualites/pesticides-des-agricult...


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

 

 

Les coûts cachés exorbitants des pesticides : Le Monde – 22 mars 2016

Une étude de l’INRA remet en cause le bénéfice économique d’une agriculture fondée sur la chimie



 Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les « coûts cachés » de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les « externalités négatives » liées à l’utilisation des produits phytosanitaires.



 Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides. Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars…



 « L’utilisation des pesticides procure des bénéfices économiques bien connus en termes de productivité de l’agriculture par exemple, explique Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations (INRA, Cirad, IRD, SupAgro Montpellier) et coauteur de ces travaux. Mais ils entraînent aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun. Et lorsqu’ils sont évalués, ces coûts sont généralement lourdement sous-estimés. »



 Le peu de données disponibles n’a pas permis aux chercheurs de conduire une estimation pour la période actuelle. «On ne peut rien dire de ce rapport coûts-bénéfices, car un certain nombre de produits utilisés à l’époque ont été interdits, mais de nouveaux sont aussi apparus, dont les effets ne sont pas encore pleinement connus, explique M. Bourguet. Nous ne pouvons tenter qu’une analyse rétrospective lorsqu’il y a suffisamment de données. » Exercice d’autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps : des maladies d’aujourd’hui peuvent être le fait d’expositions passées.



 « Ces travaux, juge François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures, montrent que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux. »

 


Boîte de Pandore ouverte



L’étude liste quatre catégories de coûts cachés : environnementaux, sanitaires, réglementaires et les frais d’évitement. Les premiers chiffrent les dégâts sur les services écosystémiques offerts par la nature (pollinisation, etc.) ; les coûts sanitaires incluent les frais de santé, la perte de productivité des travailleurs, etc. ; les coûts réglementaires englobent les fonds publics pour réglementer et contrôler ces substances, ou assainir les eaux et les milieux contaminés…



 Quant aux frais d’évitement, ils sont principalement induits par les excédents de dépense des ménages qui optent pour l’alimentation biologique, afin de minimiser le contact avec les pesticides. Parmi les grands postes de dépense, les auteurs mentionnent les pertes de rendements dues aux résistances aux pesticides développées par les mauvaises herbes ou les ravageurs (soit 2,3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la surveillance des points de captage d’eau (3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la mortalité des oiseaux (6 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), etc.



« Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides. »



 Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an.



« Lorsqu’on envisage des changements de pratiques agricoles, comme c’est le cas avec le plan Ecophyto [destiné à réduire de moitié l’usage de pesticides à l’horizon 2025], on n’évalue généralement que les impacts sur les systèmes agricoles, explique M. Guillemaud. Notre principale conclusion est qu’il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière  beaucoup plus large. »



L’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, chercheuse (INRA) à la Toulouse School of Economics (TSE), qui n’a pas participé à l’étude, salue « un travail énorme, qui ouvre une boîte de Pandore ». « Les auteurs ont conduit leur analyse de manière assez conservatrice sur plusieurs aspects, estime cependant Mme Desquilbet. Ils n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait aussi été possible d’inclure les “externalités sociales” liées à l’utilisation des pesticides : ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social… » Des questions si diverses qu’il serait illusoire de chercher à y répondre sans recours à une expertise collective pluridisciplinaire.

 

Lire également l'article du Monde du 220/3/2016 : Tout ce qu'il faut savoir sur les pesticides.

08/03/2016

Life Tourbières du Jura

Life Tourbières du Jura

 

 Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est désormais en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html


Ce film de 24 minutes vous invite à partir à la rencontre du monde extraordinaire des tourbières, patrimoine naturel si précieux du massif jurassien. De magnifiques images commentées vous transportent au cœur de ces espaces naturels discrets et mystérieux.Ce film, réalisé par Jean-Philippe Macchioni dans le cadre du Life tourbières du Jura, est complété de 7 bonus.

 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

 

Cette lettre vous présente toute l'actualité de ce programme dont l'objectif est de réhabiliter sur 6 ans le fonctionnement de 60 tourbières du massif du Jura franc-comtois. Vous pourrez notamment découvrir dans ce troisième numéro une interview de Jean-Philippe Macchioni, réalisateur du film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne", les derniers travaux menés, une interview de Franck Villemain, maire de Frambouhans, ainsi que de nombreuses autres informations.

 

Contact :

 

Emilie Calvar
Coordinatrice technique programme LIFE Tourbières du Jura
 
Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté
Maison de l’environnement de Franche-Comté
Espace Leclerc - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél : 03.81.53.97.77 (ligne directe) – Fax : 03.81.61.66.21
 

02/03/2016

Agriculture biologique : France Nature Environnement

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24/02/2016

Le vieil arbre

Monument naturel

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Il fallait vite profiter de l'épisode neigeux de la semaine dernière afin de réaliser quelques images de C'est le graphisme qui retient mon attention dans la blancheur matinale et le vieux fruitier isolé dans un pré au bout de ma rue est à l'image du sujet que je recherche au cours de cette balade.

 

Ce pommier dont le tronc ne supporte plus que cette branche est un symbole des années qui passent. Il se dresse encore sur l'horizon comme le gardien de cet espace, la neige semblant figer le temps.

 

Grâce au propriétaire conscient de l'intérêt des vieux arbres pour les oiseaux et les chauves-souris, ce fruitier que j'observe depuis près de trente ans a vu ses vieilles branches occupées par le Pic vert, le Pic épeiche, le Torcol fourmilier, le Grimpereau des jardins, la Sitelle torchepot, l'Étourneau sansonnet. La Chouette chevêche devenue rare aujourd'hui est certainement l'espèce qui a le plus souffert de la disparition de ces vieux arbres qui lui offraient les cavités naturelles pour se reproduire.

 

Il faut alors sans cesse rappeler qu'un arbre a sa place dans la nature même s'il ne produit plus de fruits et que seuls la météo et le temps décideront de son sort.

 

Respect pour les agriculteurs qui, malgré leurs imposantes machines de travail, prennent la peine de contourner ces vieux arbres souvent isolés parmi les parcelles de cultures et s'élevant comme de véritables monuments naturels qu'il conviendrait de classer.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

12/02/2016

Les forts de Besançon

Les Forts de Besançon

 

Après la défaite de 1870, le général Séré de Rivières va consteller les collines autour de Besançon de forts capables de la protéger des tirs d’artillerie moderne.

 

Ces vigiles de pierre, presque tous intacts aujourd’hui, ont perdu leur garnison de militaires. Mais de nombreux passionnés, artistes, sportifs, historiens ou promeneurs du dimanche assurent la relève et se mobilisent pour faire revivre ce patrimoine insolite !

 

En savoir plus ICI

 

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Commission Royal : pollution des véhicules

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30/01/2016

Association de protection du Val du Drugeon — activités 2016

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20/01/2016

Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 

 par le Centre Athénas

 

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Durant des années, l'optimisme a été de rigueur et les Autorités, par la voix du réseau Lynx annonçaient dans les Vosges une population de 15 à 20 individus pour finalement s'apercevoir brutalement au début des années 2010 que l'espèce avait disparu sous l'effet du braconnage (et pas en un seul jour…).

 

Dans le Massif du Jura où il a été difficile de faire admettre que le braconnage était régulier, iI est encore de bon ton de dire que le Lynx est abondant et sa population en bonne santé.

 

Or, il n'en est rien.

 

L'évolution de l'aire de présence de l'espèce donne une image fausse de l'état de conservation de l'espèce : ainsi en 2015 est annoncée une augmentation de l'aire de présence du seul fait de l'observation répétée d'un individu en Haute-Saône, alors que parallèlement, les mortalités d'adultes se multiplient dans le Massif, cœur de la population nationale, et que des territoires vacants ne sont pas réoccupés.

 

Le suivi par piège photographique, dont le but avoué était de démontrer une supposée surabondance du Lynx pour pouvoir le réguler, n'a mis en évidence qu'une population de 70 adultes pour les départements du Jura (40) et du Doubs(30), et un total de 90 à 100 individus adultes pour l'ensemble du Massif, Bugey inclus C'est tout !

 

Cette année, 8 adultes ont disparu dans le Doubs et le Jura (11,5% de la population), seulement deux sont morts suite à une collision.

Les autres se sont... évaporés.

 

Sept de ces adultes étaient des femelles avec des jeunes (20 jeunes estimés, 4 survivants). Le moins que l'on puisse attendre de ces disparitions est un déséquilibre dans le sex-ratio de la population, un trou démographique qui mettra dans la meilleure hypothèse des années à se résorber (puisque les 3/4 des jeunes de ces femelles sont morts, le recrutement sera donc limité). Face aux apparitions de jeunes orphelins, on commence à nous objecter, sans le moindre début de fondement scientifique qu'il peut s'agir d'abandons et de sélection naturelle. L'abandon d'un jeune — et a fortiori de plusieurs jeunes — de toute la portée en fait, n'a jamais été décrit, observé ou documenté, chez aucune des espèces de Lynx présentes sur la planète, pas plus que chez d'autres félidés. Les femelles passent plutôt pour de bonnes mères et il a été rapporté à plusieurs reprises que certaines attendaient et recherchaient un jeune écrasé.

 

Il est urgent que l'État prenne la mesure du phénomène et dote les acteurs en place des moyens de mener leurs missions, qu'il s'agisse de l'ONCFS pour la lutte contre le braconnage ou d'Athénas et d'autres pour les actions, de conservation. 40 ans après sa réapparition, le Lynx pourrait disparaître une nouvelle fols en l'espace d'un siècle. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. L'hallali qui a été sonné pour le Loup, a sans nul doute donné des idées et encouragé le passage à l'acte pour le Lynx.

 

La question est de savoir quel territoire on veut promouvoir, et pour quel avenir. Récemment en Bavière, suite à l'exécution illégale de deux jeunes lynx dont les pattes ont été déposées devant le domicile d'une des personnes chargées de leur suivi, les réactions ont été très vives : les réservations touristiques ont chuté de façon significative, et les annulations de séjour ont été nombreuses Motif : les touristes boudaient un pays de tueurs de lynx.

 

Il serait bon que les acteurs du tourisme, et les collectivités envisagent le problème sous cet aspect, et qu'il soit fait cause commune pour la préservation de TOUT notre patrimoine.

 

D'autres régions produisent du vin et du fromage, beaucoup ont des lacs et des rivières, toutes ont des musées et des campings.

 

Une seule région recèle le Lynx, et c'est la nôtre. C'est une de ses richesses, un de ses charmes, mais c'est surtout un atout unique.

 

Source :

Athénews n°s 68-69-70, 2e, 3e et 4e trimestres 2015

Où est l'écologie ?

loup_02-logo.jpgOù est l’écologie ?

 

par Gérard CHAROLLOIS

17 janvier 2016

 

Où est l’écologie ? Le samedi 16 janvier, elle était à LYON.

 

À l’appel des associations de protection de la nature, de défense des animaux, trois mille militants affirmèrent que le Loup doit vivre et retrouver sa place dans la nature.

 

Immense succès pour ce rassemblement qui, à la différence de tant d’autres, ne visait pas à promouvoir de sordides intérêts catégoriels, égoïstes, cupides.

 

Les manifestants pour le Loup, ne revendiquant aucune subvention, aucune exonération, aucun avantage lucratif pour eux-mêmes, agirent pour une cause qui nous dépasse tous : celle du vivant.

 

Qu’en dira une presse trop souvent formatée par les lobbies, propriété des forces d’argent et instrumentalisée pour maintenir l’opinion en état de soumission ?

 

Le Marché exige des consommateurs assujettis et, pour les priver de pensée, dénature les mots.

 

Les dénominations partisanes ont perdu leurs sens et la politique son crédit.

 

Il n’y a que les grincheux antifiscalistes pour croire encore que la France s’est donnée au socialisme en 2012.

 

Quand les mots ne veulent plus rien dire, la réflexion, le débat, l’opinion s’égarent.

 

L’écologie n’échappe pas à ce délitement du sens et l’on gagne toujours à bien définir ce dont on parle.

 

Créée dans la seconde moitié du  XIXe siècle par des biologistes, botanistes et zoologistes, l’écologie fut initialement la science du milieu naturel, l’étude du rapport entre les espèces et leur environnement.

 

Ce n’est qu’un siècle plus tard que la notion accéda au champ de l’éthique et de la politique avec la création des parcs nationaux, des réserves naturelles, des mouvements de défense de la faune et des sites et l’apparition du ministère de l’environnement, en 1971.

 

Le premier titulaire de ce ministère, Robert POUJADE, qualifia son service de « ministère de l’impossible », sans doute en constatation que l’objectif de sauver le vivant était inatteignable dans une société aux mains des lobbies, au service du profit et de la spéculation.

 

Le ministère de l’impossible est, entre temps, devenu celui de l’imposture.

 

Il protège la chasse et tue les loups.

 

Il offre une caution morale aux grands travaux inutiles, à l’agrochimie, au massacre des oiseaux migrateurs.

 

Je regrette que le parti écologiste, sauf remarquables et courageuses exceptions au nombre desquelles je citerai la députée Laurence ABEILLE et le député européen Pascal DURAND, ne parle pas suffisamment haut, fort et clair pour la défense du vivant.

 

Ce rapport à la nature est le plus grand défi de notre temps, bien plus essentiel que l’écume de l’actualité qui étouffe le vrai débat, la question fondamentale : l’humain va-t-il anéantir toutes les autres formes de vies ?

 

Car, par-delà les impostures, les petites lâchetés, c’est l’enjeu final.

 

La croissance démographique, le « développement économique », l’augmentation de la consommation planétaire, posent cette question occultée par les lobbies, par les politiques et donc par les médias.

 

Il n’y a pas un canton, en ce pays et partout ailleurs, sans son élu local, son promoteur, son aménageur récitant que son petit projet, son extension, son infrastructure, sa coulée de béton et d’asphalte ne représentent pas une si redoutable agression contre la nature et qu’il faut bien du « développement durable ».

 

Immanquablement, à terme, ce processus infini aboutira à la mort des milieux naturels, de la faune et de la flore.

 

Il nous appartient de poser cette question éthique et d’affirmer que cette destruction du vivant est inacceptable.

 

Peut-on tolérer plus longtemps un système fondé sur l’exploitation, la concurrence, la compétition, l’écrasement d’autrui, le saccage, le pillage, le lucre, la violence ?

 

Non, la voix de l’écologie ne doit pas s’éteindre, faute de porter un message novateur.

 

Non, cette grande cause ne doit pas être ignorée des citoyens, au point de ne recueillir que 2% des suffrages lors d’une élection à l’échelon national.

 

Or, c’est ce qu’il adviendra si l’on perdure à taire la raison d’être d’une pensée de réconciliation avec le vivant.

 

L’écologie politique peut exprimer un libertarisme des mœurs et un solidarisme social auxquels j’adhère sans réserve, mais, sans sa dimension éthique du respect de la nature, de l’animal et de toute vulnérabilité, elle n’est rien et ne peut attendre aucun écho dans une société dont elle ne relèverait pas le vrai défi.

 

Il est souhaitable qu’une primaire de l'écologie, ouverte, loyale, accessible à tous les citoyens se reconnaissant dans le grand combat pour le vivant, désigne un porte-parole susceptible de créer un rapport de forces contre les lobbies de la mort.

 

À défaut d’une telle primaire, face à la nocivité des politiques suivies par les vieux partis usés, il conviendra d’envisager les moyens d’offrir au pays une issue autre que celle qui se présente, faute de mieux, pour en finir avec la fausse alternance.

 

Par-delà les partis, les mouvements et associations, j’en appelle à l’unité, au rassemblement des défenseurs du vivant, pour un  rejet des ambiguïtés éthiques.

 

À LYON, le 16 janvier 2016, pour le Loup, nous vîmes la démonstration de ce que peuvent les biophiles, lorsqu’ils savent s’unir.

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

17/01/2016

Des abeilles pour protéger les cultures… des éléphants

Des abeilles pour protéger les cultures…

contre les éléphants

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Photo © Save the Elephants

 

Sous une pression démographique croissante, les interactions « hommes-éléphants » sont de plus en plus fréquentes en Afrique, avec notamment la mise à mal des cultures des premiers, par les seconds… Dans ce cadre, depuis quelques années, plusieurs pays africains (Botswana, Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie…) recourent à des abeilles « sentinelles » pour protéger leurs cultures des pachydermes.

 

Ayant constaté que plus de 90 % des éléphants fuient le bourdonnement des abeilles, en 2008, Lucy King[1], une chercheuse du département de zoologie de l’université d’Oxford, a mis au point avec l’ONG Save the elephants, un astucieux système pour protéger les cultures et donc limiter les sources de conflits entre les hommes et les éléphants, lesquels conduisent régulièrement à des morts, d’un côté comme de l’autre.

 

Le principe est simple et repose sur la mise en place d’un réseau de ruches « sentinelles », espacées d’une dizaine de mètres et reliées les unes aux autres par un fil. Fixées à des poteaux ou suspendues dans les branches des arbres, les ruches sont secouées dès lors qu’un éléphant tente de passer outre cette « clôture », provoquant immanquablement l’alerte des abeilles. Inquiètes, celles-ci bourdonnent alors fortement, tandis que certaines sortent pour défendre leur ruche. Piqués dans des zones où leur peau est fine, mais aussi sensible (autour des yeux, au niveau de la trompe, etc.), les éléphants prennent la fuite, sans manquer de prévenir leurs congénères.

 

Après une telle expérience, à l’avenir les éléphants, piqués dans des zones sensibles et ayant associé le bourdonnement des insectes à la douleur des piqûres, quitteront d’autant plus rapidement des zones ainsi protégées !

 

Outre la protection des cultures et la fin des conflits avec les communautés rurales ainsi protégées, la mise en place de cette technique permet aux villageois de bénéficier de la pollinisation des abeilles et de leur production de miel.

 

[1] Lucy King est à l’origine de l’ONG Save the Elephants. Il est possible de soutenir son action sur http://elephantsandbees.com

 

Source : Univers nature

13/01/2016

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours
 

par Patrice Raydelet

 

J’ai le plaisir de vous annoncer le lancement d’une souscription pour mon nouvel ouvrage

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours”.


Il s’agit du premier volet d’un important projet (livres et vidéos) présentant la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage.


Vous trouverez la présentation sur le bulletin, ainsi que la couverture.

 

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La sortie du livre est prévue en mai 2016 et la souscription s’arrête la veille de la publication.


Si vous êtes amoureux des chevaux, de la montagne, de la faune sauvage, des grands prédateurs et désirez voir comment se passe cette cohabitation dans le Parc national des Abruzzes (Italie), ce livre devrait vous plaire !
 
Pour commander, il vous suffit de retourner le bulletin ci-joint à l’éditeur avec votre règlement (le livre est toujours moins cher pendant la souscription, vous le recevrez directement chez vous à sa sortie et le port est offert  !).

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Merci d’avance à toutes celles et tous ceux qui souscriront...et n’hésitez pas à diffuser le bulletin à vos contacts et aux amateurs de chevaux.
 
Bien cordialement,
Patrice RAYDELET
 
P.S : ce bulletin sera également sur mon compte et ma page Facebook avec une sélection d’images.

 

Patrice RAYDELET
468, rue de Penu
39570 CESANCEY
03.84.25.03.02

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22/12/2015

Loups abattus en décembre 2015

Loup - © ARDEA-MARY EVANS-SIPA.jpgDeux loups ont été abattus durant le week-end 12-13 décembre 2015

 

Un loup a été abattu dans la Drôme le 12 décembre et un autre dans les Alpes-Maritimes le lendemain.

CINQ. C'est le nombre de prélèvements encore autorisés pour la période 2015-2016. En effet, actuellement 31 loups (Canis lupus) ont été abattus sur les 36 tirs autorisés par l'arrêté du 30 juin 2015. Une louve a été tuée samedi matin sur la commune de Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme, a indiqué samedi soir la préfecture, portant dans un premier temps le décompte à 30 canidés tués en France en 2015. C'est la première fois qu'un loup est prélevé dans ce département, précise la préfecture, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Cette femelle a été abattue, dans le cadre d'un arrêté préfectoral de tir de prélèvement lors d'une chasse encadrée par des lieutenants de louveterie. "Depuis le début de l'année 2015 en Drôme, on a relevé 74 attaques du loup pour 291 victimes et 200 disparues", ajoute la préfecture. Cet arrêté concernait précisément les communes de Lus-La Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage, représentant à elles seules "plus du tiers de ces attaques" enregistrées ces derniers mois. Puis, selon Nice-Matin, un tir de défense a également conduit à la mort d'un loup sur la commune de Bézaudun dimanche. C'est le douzième animal abattu dans les Alpes-Maritimes. Finalement c'est deux loups qui ont été tués pendant le week-end du 12 décembre.

 

Une réaction : Une lettre pour le Loup

par Frédéric Wolff

Mon frère sauvage, cher loup,

Écrire une lettre au loup. L’idée me poursuit depuis un moment. Comme souvent, j’ai remis à plus tard un premier brouillon maladroit. J’ai attendu. L’actualité finirait bien par revenir vers ce massacre organisé. D’autres sujets ont retenu l’attention des grands médias.

Pendant ce temps, la boucherie continue. Elle n’a jamais cessé. Simplement, on n’en parle plus. Et quand bien même, certains, certaines s’avisent de rompre le silence, leur parole est inaudible. Le bruit ambiant fait diversion. Une aubaine pour la machine et pour ses serviteurs.

Pendant ce temps, la lente agonie du monde progresse. Les empoisonnés, les irradiés, les torturés des ondes électromagnétiques, les assassinés — humains et non-humains — de la bagnole et de la guerre chimique menée dans nos métropoles et dans nos campagnes, les martyres des élevages industriels, les cobayes de laboratoires sacrifiés pour inventer des cosmétiques et des médicaments qui nous intoxiquent…

Et les indésirables. Tous les boucs émissaires sur qui décharger nos haines, tous les fragiles, tous les gêneurs de nos affaires, grandes ou petites, qu’importe. Il faut éradiquer, faire place nette, ne plus voir qu’une tête qui dépasse : l’humain d’abord ! Exterminer, anéantir, massacrer par tous les moyens possibles. L’éléphant, le flamand rose, l’ours, le lynx, le tigre, le vautour, le renard, le blaireau, la taupe, le requin… Et le loup.

Une lettre au loup pour quoi faire ? Pour ne pas renoncer. Pour une parole qui fraternise. Une lettre à tous les loups, à toutes les louves que nous sommes, nous qui avons à cœur la liberté et l’altérité. La voici, donc.

Mon frère sauvage, cher loup,

A nouveau, ça recommence, ça n’a jamais cessé, cette folie qui est la nôtre de nous trouver un mal-aimé quand tout va mal. A nouveau, la meute est lâchée contre toi.

Que va-t-il advenir de toi, de nous, s’il n’y a plus de place pour d’autres semblables que nous ? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un semblable à qui nous prenons la vie et c’est une âme de noyé que la nôtre, à l’ombre de laquelle plus rien ne pousse, une âme entrée en agonie, incapable d’aimer vraiment malgré ce qu’elle proclame. Accueillir l’autre, le différent ? Revendiquer le grand partage ? Mensonges, que tout cela.

Ce n’est pas toi qui es de trop, mon loup, c’est nous et notre commerce de tout, nous et notre arrogance à éliminer ce qui gêne un tant soit peu nos caprices d’argent et de frivolité.

S’il fallait choisir, qui de toi ou de nous, devrait mourir de honte et d’indignité, sans l’ombre d’une hésitation, nous serions les premiers sur la liste, très loin devant, nous les êtres de science et de sagesse autoproclamés.

Mais voilà, c’est nous, c’est encore nous qui décrétons qui a sa place et qui ne l’a pas sur la terre, qui doit se soumettre ou périr. Toi, tu refuses de te rendre et c’est cela que nous ne supportons pas : ce qui échappe à notre suffisance. Il n’y a pas plus étranger que toi à nos chaînes, sinon le vent, peut-être. Même blessé, tu seras celui qui ne désarme pas, plutôt mourir. Debout avant toute chose, tu le seras toujours, même mutilé.

Au grand jeu des équivalences, ne te laisse pas prendre, surtout, mon frère sauvage. C’est un piège qui se refermerait sur toi et sur les tiens. Par quoi pourrait-on bien te compenser, demain, si tu finis par disparaître ? Par qui ? Par une réserve où l’on ira barricader les derniers éléphants d’Afrique ? Qu’est-ce qui pourra nous consoler de te perdre ?

J’ai des lambeaux de moi dans toutes les vies indésirables, si tu savais. En moi, il y a un loup perdu dans un monde où n’a de valeur que le commerce des êtres et des choses. Pour tout te dire, je ne suis pas sûr d’avoir envie de vivre très longtemps dans ce monde. De plus en plus, je m’en éloigne comme il s’éloigne de moi et si je dois renaître un jour, mon vœu le plus cher serait d’être des tiens. Mon nom serait-il un premier pas vers ce destin?

Mon loup, s’il te plaît, apprends-moi à rester debout et à ne pas cesser de hurler avec les derniers des tiens. Dis-moi comment me mettre en marche avec les premiers chants d’oiseaux, montre-moi comment mordre s’il le faut. Donne-moi la force, il en faut tant de forces pour tenir dans nos vies et dans le monde. Des forces et des valeurs, je ne parle pas de celles dont on tire un profit quelconque pour ses comptes à la fin du mois ou pour son image. Je pense à ce qui donne un sens à notre commune présence sur la terre, je pense aux limites infranchissables que l’on se fixe, aux devoirs que l’on s’impose. Et au sacré qui réside dans la vie, dans tout ce qui échappe à la marchandise. Ô comme nous en sommes loin.

Nos vies – la tienne, les nôtres – sont une seule et même vie. Les guerriers du vivant d’aujourd’hui seront demain les guerriers d’eux-mêmes. Ils le sont déjà. Ceux qui gênent la marche de nos affaires, c’est l’autre et un jour, l’autre, c’est nous, nous qui tirions à vue hier, nous qui laissions faire sans rien dire.

Si ce monde peut être sauvé, c’est avec toi qu’il le sera, avec toi vivant. La neige où tu cours, les arbres sur qui tu veilles ne nous appartiennent pas, pas plus qu’ils n’appartiennent au vent ou à la pluie. Nos titres de propriété ne sont que des faux en écriture, ils ne pourront rien contre ce qui est plus fort que nous.

Comment nos vies ne seraient-elles pas dévastées alors que le monde est saccagé par tout ce que nous n’avons même pas honte d’appeler nos prouesses ? Ce que nous cessons d’habiter – la terre, nos existences, notre parole –, nous le perdons et, en chemin, nous nous perdons.

Mon frère, mon ami, je marche dans les pas de ta nuit. J’aimerais t’écrire qu’enfin, nous en avons fini de la guerre contre la vie, que l’humain n’est plus le centre de tout, pas plus que la terre n’est le centre de l’univers. Mais nous n’avons rien compris, nous sommes restés à l’âge du nombril autour duquel tout doit tourner, et nous allons ainsi à étendre notre empire, à le nourrir du sang versé par d’autres que nous, tout en proclamant avec des accents philanthropes : L’humain d’abord !

Ici, les dernières feuilles des arbres sont tombées. Tout paraît dépeuplé à présent. Le vent souffle dans les volets, il me semble qu’il porte ta voix, à l’heure des fusils braqués sur toi, ta voix par mille et plus encore. C’est l’hiver et j’ai froid. Je pense à toi, mon loup sauvage. Ne renonce pas, jamais.

16/12/2015

Le retour du Castor en Franche-Comté

Castor-200.jpgLe retour du Castor en Franche-Comté

Castor fiber

 

(Dernière mise à jour 05/09/2017)

 

En France, le Castor peuplait autrefois nos cours d'eau. Il était présent dans toute la France au siècle dernier. On l'appelait bièvre, du latin biber qui signifie brunâtre, comme la couleur du pelage de l'animal. D'ailleurs un affluent de la Seine, la Bièvre, recouverte sur toute la longueur de son parcours urbain, tire son nom du Castor disparu au XIIIe siècle en Île-de-France. La valeur commerciale de son épaisse fourrure, la consommation de sa chair et les soi-disant vertus du castoréum ont motivé sa chasse et son piégeage. Sauvé de l'extinction grâce à une opération de réintroduction sur la Loire dans les années soixante-dix, l'espèce recolonise progressivement ses anciens territoires.

 

Or le voilà qui réapparaît dans la basse vallée du Doubs. En Bourgogne Franche-Comté, le Castor occupe désormais la Loire et ses affluents (l'Allier, l'Aron, l'Arconce, l'Alène, l'Arroux, le Soinan), et le bassin de la Saône (la Saône, le Doubs, la Grosne, la Seille et la Dheune).

 

Présent sur la basse vallée du Doubs depuis la fin des années 90, la dynamique de la population de Castor d'Europe restait méconnue. D'après Sophie Horent (2016), cette basse vallée du Doubs constitue un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. La ripisylve qui délimite le lit mineur est constituée essentiellement de saules blancs, de frênes et de peupliers noirs. Cet habitat, considéré comme prioritaire à l'échelle européenne, assure la subsistance du Castor d'Europe et l'installation du Milan noir.

 

En 1992, l'avènement du réseau européen Natura 2000 va venir conforter le territoire dans le caractère exceptionnel de la biodiversité qu'il héberge. En 1995, le site Natura 2000 des « Prairies inondables de la basse vallée du Doubs à l'amont de Navilly » fait partie des trente-cinq sites pilotes retenus à l'échelle du territoire national pour éprouver la mise en œuvre du réseau. Sur 1 450 ha et 5 communes, la stratégie pour la préservation du patrimoine naturel de la basse vallée du Doubs est en marche. C'est alors le début d'une reconnaissance dont l'histoire est encore en cours d'écriture.

 

C'est ainsi qu'une étude portée en 2014 par l'Établissement Public Territorial du Bassin Saône-Doubs (EPTB) grâce au dispositif Natura 2000 et réalisée par l'AOMSL et Jura Nature Environnement (JNE) a pu être menée sur l'ensemble de la basse vallée du Doubs (RÉVILLON, 2015).

 

En 2014, le Castor d'Europe est signalé pour la première fois sur l'Ognon par Pierre Cheveau et Nick Derry. Voici leur récit: "Le 12 janvier 2014, à l'occasion d'observations ornithologiques en compagnie de Nick Derry sur les rives de l'Ognon, un timide Grèbe castagneux m'amène à constater que le saule sous lequel il tente de se dissimuler a été taillé récemment et ce, d'une façon qui ne laisse pas de doute sur l'identité du jardinier. Les branches sont de section modeste mais taillées en crayon, de nettes traces de dents sont visibles par deux sur le bois qui a été dénudé de son écorce. Ignorant si la présence du Castor d'Europe est déjà connue sur ce cours d'eau, la surprise fut confirmée ultérieurement : aucun indice de ce rongeur n'avait jusqu'alors été noté sur l'Ognon. La découverte que nous avons faite a ainsi été réalisée à plus de 60 kilomètres (par le réseau hydrographique) de la confluence entre la Tille (où l'espèce est présente plus en amont) et la Saône (Réseau castor de l'ONCFS), laissant envisager un éventuel jeune en dispersion. Aussi impressionnant que soit ce bond (tant pour les connaissances sur la répartition du castor que par le castor lui-même dans sa colonisation), cette heureuse découverte n'est pas si surprenante (voir Bulletin Obsnatu n°27, été 2013). […] Une question reste tout de même en suspens dans le cas de cette observation : s'agit-il d'indices laissés par un individu simplement de passage ou l'Ognon compte t-il déjà un ou plusieurs territoire (s) permanent(s) de castor ?"

Nick Derry et Pierre Cheveau (pierrecheveau@yahoo.fr).

 

D'après Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015), sur le territoire de la Saône-et-Loire, la population de Castor occupe les 18 km de cours d'eau les plus dynamiques entre Fretterans et Navilly. Compte tenu des indices recensés, la population est évaluée à 9 familles. Le milieu est ainsi occupé à son optimum. La population du Doubs constitue à l'heure actuelle la seule population viable du bassin versant de la Saône en Saône-et-Loire produisant chaque année des jeunes qui s'émancipent et qui sont alors à coloniser de nouveaux secteurs. Le territoire d'une famille en basse vallée du Doubs se compose d'une ressource alimentaire en salicacées abondante et directement accessible (île colonisée par les saules, ripisylve continue...), de berges hautes pouvant abriter les gîtes en période de crue ou d'étiage (terrier ou terrier-hutte), d'une zone de très faible courant (< 1 m3/s) en dehors de la veine d'eau principale, généralement derrière une île ou bien dans un ancien bras connectif. La présence de l'espèce est donc étroitement liée à la dynamique de la rivière.

 

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Castor d'Eurasie

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Le Castor est le plus gros rongeur d'Europe, il pèse 12 à 30 kg et peut mesurer de 90 cm à 1,20 m (corps 65 à 80 cm + queue 25 à 40 cm). Son corps est parfaitement adapté au déplacement dans l'eau : des pieds palmés pour la nage et une queue plate, large et multifonctionnelle.

 

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Répartition : Jadis le Castor était largement répandu dans le nord de l'Eurasie. De nombreuses populations ont été anéanties par les chasseurs de fourrure. Pour sa fourrure, mais également pour sa chair, il a été massacré du XVIIe au XIXe, en frôlant l’extinction. Au début des années 1900, il ne restait plus que quelques dizaines d’individus, en Camargue. La première interdiction de chasse intervient en 1909 dans le Rhône.

 

Aujourd'hui, malgré la protection de l'espèce, les populations sont réduites à des vestiges : cours inférieur du Rhône ; cours moyens de l'Elbe, Mulda, embouchure de la Saale (Allemagne) ; sud de la Norvège : ici et là en URSS et à la frontière sino-mongole. Réintroduit ici et là en France : Marne et Haute-Marne. Alsace (sur la Doller) et sud du Bas-Rhin, Finistère (sur l'Aulne), Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Yonne, Lozère. Introduit en Suisse (1956). En Europe, réintroduit sur le Danube (Neustadt), l'Inn inférieur, en Franconie, dans le nord de la RDA, une grande partie de la Scandinavie.

 

Répartition naturelle du Castor de la Vallée du Rhône

 

Le Castor de la Vallée du Rhône a subsisté dans le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le long du Rhône et de certains affluents, puis a gagné vers le nord jusqu'à Lyon (Rhône, Isère, Ardèche). C'est la basse vallée du Rhône, dans sa partie méridionale, qui lui offrit son ultime refuge.

 

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Castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

Dans la Vallée du Rhône, il fallut attendre 1909 pour qu'apparaissent les premières mesures de protection de l'espèce. Son redressement fut rapide et en 1965 les castors étaient à nouveau présents jusqu'à l'aval de Lyon, la traversée de l'agglomération restant toutefois rédhibitoire.

 

Puis l'aménagement de la basse vallée du Rhône a été réalisé et avec lui est apparu un nouvel espace, un autre paysage au sein duquel le castor conserve sa place.

 

En outre, à partir de la souche rhodanienne, plusieurs réintroductions ont été opérées. Ainsi, le Haut-Rhône, la Marne, la Loire, le Tarn, le Doller, l'Isère abritent désormais notre bièvre.

 

Les gîtes

 

On enregistre toute une gradation dans l'adaptation et dans l'effbrt. Par ordre chronologique :

 

— les cavernes naturelles sont les premières utilisées, elles ne nécessitent qu'un aménagement mineur,

les terriers, cavités artificielles que l'animal creuse et agence,

 

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Terrier d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

 

— les terriers-hutte, ensembles complexes de constructions où se trouvent conjugués l'action de fouissage et l'assemblage de matériaux ligneux,

 

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la hutte enfin, rarissime dans la vallée du Rhône, où tout n'est que branches.

 

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Hutte d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

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Terrier-hutte de castor dans la basse vallée du Doubs

(Cliché © S. Horent, 2016)

 

Le devenir de l'espèce dans la Vallée du Rhône

 

La quasi industrialisation des monocultures fruitières de la basse vallée du Rhône ont conduit un grand nombre de riverains à supprimer et à détruire la ripisylve. Les arbres cultivés sont plantés au ras de l'eau. On peut deviner la suite.

Que faire ? Nous emprunterons « la réponse » à G. Érome. "Là où la ripisylve a été fortement amputée, les castors, en période d'ératisme notamment, doivent se satisfaire d'essences cultivées (arbres fruitiers, peupliers de plantation, etc.)".

 

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Attaques sur saules (cliché © Alexandre Cartier)

 

Le rôle du Castor dans les écosystèmes aquatiques

 

Le Castor joue un rôle important dans la stabilisation des berges et des îles. En effet, le recépage régulier des saules stimule leur système racinaire, favorisant leur ancrage dans la berge ou sur les graviers. Par cette action, il contribue à maintenir une saulaie arbustive dense, efficace en période de crue pour ralentir les écoulements, et favorise l'émergence de points durs qui deviennent à leur tour des supports de la dynamique alluviale.

 

En outre, les branchages régulièrement apportés autour du terrier pour en consolider la structure constituent des zones refuges très appréciées par les alevins qui peuvent ainsi se protéger des prédateurs.

 

Les impacts du castor sur l'environnement

 

Les dégâts causés par les Castors sont rares, localisés, généralement sur de faibles surfaces, proches des cours d'eau et nettement moins importants que ceux causés par les Ragondins. Au regard de son régime alimentaire et de la présence de cultures et d'arboricultures, le Castor peut occasionner des préjudices plus ou moins importants. Les dégâts s'illustrent notamment par la coupe de troncs et de branchages de peupliers ou de saules et l'écorçage sur les peupliers et les fruitiers.

 

Des moyens de protection existent : grillage, sacs plastiques ou répulsif chimique. Ils ne constituent qu'un palliatif. C'est à la racine qu'il faut soigner le mal. Il n'existe aucune solution, aucune potion miracle. La seule vérité, celle autour de laquelle tout doit être construit, reste le respect des nécessités et des habitudes alimentaires des castors par une préservation d'une bande riveraine de salicacées (cinq mètres suffisent) ».

 

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Protection anti-castors sur des arbres fruitiers

(Cliché © G. Érome)

 

Il peut également entraîner l'inondation de certaines zones en érigeant des barrages. Des solutions existent ! Le maintien ou la création d'une bande rivulaire boisée de 10 à 20 m de large permet de limiter les risques à long terme en satisfaisant les besoins écologiques du Castor.

 

Pour les dommages sur cultures, des manchons de protections individuelles, clôtures électriques, palissades ou engrillagements des berges sont autant de solutions efficaces.

 

Pour les inondations liées aux barrages, une solution pour chaque cas doit être recherchée. Toutefois, la pose de buses à travers le barrage évacuant le trop d'eau peut s'avérer efficace.

 

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Barrage de Castor (cliché Bourgogne Nature, 2016)

 

Dans le cadre de la réservation d'une bande riveraine de salicacées, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a mis en place plus de trente mille boutures de saules le long des contre-canaux des aménagements d'Avignon et de Vallabrègues. Sur le Haut-Rhône, entre cinq et dix mille boutures sont plantées sur chaque aménagement.

 

Peu à peu, l’espèce recolonise la vallée du Rhône, remontant les fleuves. Certains ouvrages étant infranchissables pour ces rongeurs, des captures ont été effectuées pour les relâcher en amont. De sorte que le Castor reconquiert doucement des biotopes aquatiques favorables.

 

 L'extension de l'espèce en Franche-Comté

 

Depuis sa protection au niveau national, et par la recolonisation du bassin rhodanien, le Castor est aujourd'hui présent dans les départements du Jura et du Doubs (Suran, Doubs, Loue) grâce à l'extension des populations implantées en aval sur la Saône et l'Ain. Suite au franchissement par l'espèce de la ligne de partage des eaux entre la Moselle et la Saône au cours des années 2 000. une colonisation est apparue sur le haut bassin de la Saône avec des animaux arrivés en Haute-Saône en provenance des Vosges (Lanterne, Semouse et Coney).

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département du Doubs, des premières traces d’un nouveau peuplement datent de 2011, dans la rivière Doubs. "À Osselle d’abord, on a découvert un premier terrier-hutte" précise Sébastien Courbet. Puis peu à peu l’animal a colonisé la rivière et le département. Il est présent actuellement sur la Loue à Arc-et-Senans ou Chenecey-Buillon. Regarder la vidéo nocturne réalisée par Pascal Juif, le 2 janvier 2016.

Il serait présent dans les environs de Besançon selon Sébastien Courbet, qui suit l’espèce dans le département du Doubs à l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS). Les prospections ont mis en évidence des indices de présence probable en amont de Besançon sur les communes de Chalèze, Vaire-Arcier et Vaire-le-Grand. Sur l'Ognon, affluent de la Saône, aucun indice n'a été observé de Bonnal à Flagey.

D'après Jean-Louis Romand, "le Castor est très présent chez moi depuis plus de 5 ans (à Saint-Vit et environ). Je n'ai jamais pu le photographier. Traces plus rares en ce début d'hiver très doux [2016]. Il attaque surtout le saule mais je l'ai vu élaguer un cornouiller sanguin".

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Maman Castor approvisionne ses petits

Cliché © Pascal Juif (juillet 2016)

 

Dans le département du Jura, les efforts de prospection de l'ONCFS se sont portés principalement sur les secteurs de présence probable et sur les rivières encore non prospectées (Seille/Brenne). Aucun indice n'a été relevé sur la partie jurassienne de ces deux dernières. Sur la Loue, deux nouveaux sites de présence certaine ont été identifiés sur la commune de Port-Lesney à la frontière du département du Doubs et sur Gevry. Sur le Doubs, la population est croissante en aval de Dole. Les indices les plus intéressants pour le Jura ont été réalisés sur la Bienne attestant de la présence certaine du Castor sur la commune de Lavancia.

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département de la Haute-Saône, les indices de présence découverts laissent penser que les effectifs sont en légère augmentation sur le Coney, affluent de la Saône.

 

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Des arbres taillés en crayon : c'est l'œuvre de castors

Cliché © Est Républicain

 

La famille des Castors (Castoridae) est constituée des plus gros rongeurs après les Capybaras sud-américains. Les Castors sont répandus dans l'hémisphère nord. Ils appartiennent à un seul genre récent, dont les représentants eurasiatiques et nord-américains sont placés dans une ou deux espèces étroitement apparentées. L'orifice uro-génital et l'anus débouchent dans un pseudo-cloaque. Formule dentaire : 10-1-3/10-1-3 = 20 dents.

 

En Europe, on rencontre deux espèces : l'espèce autochtone : le Castor d'Eurasie, Castor fiber, et une espèce introduite surtout en Scandinavie : le Castor d'Amérique du Nord, Castor canadensis.

 

CASTOR D'EURASIE, Castor fiber Linné 1758

 

Description : silhouette lourde, trapue. Yeux et oreilles petits ; queue aplatie, large (12-16,5 cm), en palette, écailleuse, velue à la racine seulement. Orteils palmés.

 

Dessus gris noir ou brun très foncé, dessous un peu plus clair. Pelage ventral presque deux fois plus dense que sur le dos (caractéristique des mammifères amphibies). Deux paires de mamelles pectorales.

 

La sécrétion (castoreum) des glandes anales et préputiale s'ouvrant dans le pseudo-cloaque, sert à graisser le pelage. Le 2e orteil porte une griffe spéciale utilisée pour lisser les poils et les enduire de castoreum.

 

Régime alimentaire : essentiellement végétarien

Mœurs : aquatique, crépusculaire et nocturne

Vue : médiocre

Ouïe : très bonne

Odorat : très bon

Gestation : trois mois

Portée : un à quatre petits

Maturité sexuelle : deux ans

Intervalle entre deux naissances : un an

 

Dimensions : Longueur totale du corps : 74-90 cm ; Hauteur : 16-18 cm; queue : 28-38 cm ; poids : 12-38 kilos. c'est-à-dire sensiblement comme un chevreuil. C'est le plus gros rongeur d'Europe. Longueur du crâne supérieure à 12 cm (atteint 16,8 cm).

 

Espèces semblables : Ragondin, Rat musqué. Le Castor d’Europe est souvent assimilé au Ragondin. Si d’apparence, les deux rongeurs paraissent assez proches, ils sont pourtant bien différents sur de nombreux points.

 

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Le Ragondin ou Myocastor est une espèce envahissante

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Habitat : il lui faut des eaux courantes ou stagnantes ayant au moins 1,50 m de profondeur et entourées de saules, trembles, peupliers, frênes, bouleaux, aulnes et de fourrés. Ces eaux douées ne doivent pas geler jusqu'au fond ni se dessécher entièrement.

 

Il mange exclusivement des végétaux (écorces, feuillages, plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les gîtes du castor sont assez diversifiés allant du terrier qu'il creuse dans la berge, à la hutte.

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Biologie : Le Castor surtout crépusculaire et nocturne. Il vit en couple ou en famille. Il nage facilement et plonge, tenant les membres antérieurs serrés contre le corps, les membres postérieurs et la queue servant de propulseurs. Il peut rester 15 (20) minutes en plongée (maximum). Marque son territoire avec le castoreum. Le long des cours d'eau, son domaine atteint 3 km de long.

 

À la différence du Ragondin, chaque famille de castors ne supporte pas d’autres congénères sur son territoire. On ne pourra donc jamais avoir une surpopulation de castors, car la territorialité répartit les territoires. Si le Castor repeuple à nouveau nos contrées, Sébastien Courbet tient à être précis. « Cela ne signifie pas du tout que la qualité des eaux s’améliore. Si l’animal dispose d’un habitat disponible, il l’occupera. »

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En danger, le Castor sonne l'alarme en frappant l'eau à plat avec sa queue aplatie

 

Selon les lieux, il creuse des terriers dans les berges (avec un orifice immergé et une cheminée d'aération), construit des digues avec des troncs, branches, de la boue et des végétaux pourris, ou encore des huttes (environ 50 cm-1 m de diamètre interne et environ 50 cm de hauteur interne). En France, il vit dans des terriers simples ou des terriers dont l'entrée est dissimulée par des branchages apportés, plus rarement des huttes. Les huttes sont faites avec les mêmes matériaux que les digues. Elles peuvent être utilisées par plusieurs générations de castors qui les améliorent. Les digues, qui atteignent plusieurs dizaines de mètres de long, 1 m de haut et 80 cm de large, servent surtout à régulariser le niveau de l'eau. Le Castor coupe avec ses dents des arbres atteignant 20 cm de diamètre, rarement plus (maximum : 60 cm). Peu actif en hiver.

 

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Le Castor "au bouleau"

 

Nourriture : purement végétale. Écorces, rameaux, feuilles d'arbres (frêne, tremble, saules, peupliers, aulnes, résineux), nombreuses plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les provisions d'hiver, entassées sous l'eau, servent surtout à l'alimentation des jeunes car les adultes subsistent principalement aux dépens de leurs réserves de graisse.

 

Reproduction et longévité : La copulation se déroule dans l'eau entre janvier et mars. La gestation dure environ 15 semaines et la mise-bas a lieu d'avril à juin. 1 à 5 petits par portée (une seule portée annuelle). À la naissance, les petits sont velus et ont les yeux ouverts ; ils se mettent à nager peu après. Allaitement : environ 2 mois. Émancipation dans la troisième année. Maturité sexuelle à 3 ou 4 ans. En liberté, le Castor atteint 20 ans, en captivité 35 ans.

 

Voix : peu bruyant. Grognements, sifflements, cris, gémissements (petits), soufflements ; frotte ses dents s'il est excité. «O-o-o» long : appel de la femelle. Signal d'alarme : bruyant coup de queue sur la surface de l'eau, au moment où le Castor plonge.

 

Prédateurs : dans le nord de l'Eurasie : gros carnivores comme le Glouton, le Loup et l'Ours brun.

 

 

CASTOR D'AMÉRIQUE DU NORD, Castor canadensis Kuhl 1820.

 

Ressemble fortement au Castor d'Eurasie : un peu plus grand et plus foncé. Considéré comme une espèce distincte à cause du nombre de chromosomes et de la structure du crâne).

 

Le Castor d'Amérique était jadis répandu dans de vastes étendues de la taïga nord-américaine, il a été décimé et menacé de disparition par les chasseurs de fourrure. Aujourd'hui, il a été introduit dans de nombreuses régions où il est protégé. Introduit en Finlande et dans l'est de l'Europe, il s'y est propagé. Là où il cohabite avec le Castor eurasiatique, mais on n'a jamais observé d'hybridation. Ses effectifs ont augmenté beaucoup plus fortement que ceux de son cousin, sans doute à cause du nombre plus important de petits par portée (jusqu'à 8).

 

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Castor d'Amérique du Nord (Castor canadensis)

Cliché © Planet'mammifères

 

Ajout du 16 janvier 2016  (Ma.commune.fr)

 

Avec FNE, LPO et Jura Nature Environnement

 

Le castor a élu domicile par chez nous. L'ensemble des Francs-Comtois sont invités à donner leur avis sur cette espèce par le biais d'un questionnaire.

 

S'il reste difficile de les chiffrer, on estime néanmoins leur population à 4 ou 500 individus sur l’ensemble du territoire franc-comtois. Les castors "comtois" sont principalement concentrés sur la Loue et ses affluents, mais aussi sur le Doubs, l’Ain, la Saône et la Lanterne.



Ils seraient réapparus naturellement au début des années 2000 d'abord sur le Suran. Avant cela, "la dernière trace de sa présence en région remontait à l’époque mérovingienne", d’après Vincent Dams, chargé de mission à Jura Nature Environnement. Il suit l’espèce depuis 15 ans et avoue avoir été surpris de ne trouver aucun groupe de travail à ce sujet à son arrivée dans le Jura il y a cinq ans.

 

Depuis 2014, une vaste étude est ainsi menée par FNE Franche-Comté, LPO Franche-Comté et Jura Nature Environnement pour améliorer la cohabitation entre les activités humaines et ce rongeur aquatique. Un "groupe castor" a été monté avec divers initiatives et actions de sensibilisation.

 

 

Une "espèce-ingénieur" qui favorise la biodiversité

 

Aujourd'hui, un questionnaire circule par la poste et Internet, adressé aux élus locaux, naturalistes et simples habitants, pour permettre d'expérimenter des moyens de résolution de conflits (barrage, replantation d’arbres…) et d'affiner les impacts de l'espèce sur les milieux aquatiques et la végétation rivulaire. Car certains peuvent voir d'un mauvais oeil sa présence sur le territoire. Il serait même parfois arrivé qu'on le confonde avec le ragondin, "une espèce nuisible", alors que le castor est "une espèce protégée". Il aurait pourtant plus d'un effet bénéfique sur l'environnement.

 

"Le castor fait partie des espèces dites ‘ingénieur’ (ndlr : avec l'homme et l'éléphant) qui réaménagent des milieux. Il a été prouvé que sa présence favorise la biodiversité. Il peut notamment reconstruire des zones humides. " Des financements ont été apportés jusqu’ici par la DREAL et la Région Franche-Comté et diverses initiatives ont vu le jour comme à Louvenne, dans le Jura, où en novembre 500 saules ont été plantés au bord de cours d’eaux lors d’un chantier éco-volontaire.

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Bouturage du plants de saules sur les rives du Suran

(Clliché © D. Dorin)

 

Regardez le reportage de France 3 Franche-Comté du 23/02/2016 consacré au Castor

 

Sources :

Ma commune

Blanchet M., (1977).— Le castor et son royaume. Ligue suisse pour la protection de la nature, Neuchâtel, 242 pages.

Érome G. et Broyer J. (1981).—  Étude de la sélectivité du castor sur la végétation ligneuse. Rapport établi à la demande de la C.N.R., n° 998 032, 88 pages.

Érome G. (1982).— Contribution à la connaissance éco-éthologique du castor dans la vallée du Rhône, Thèse doctorat d'université Lyon I, 284 pages.

Horent Sophie (2016).— La basse vallée du Doubs, un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. Bourgogne Nature n° 23, pp. 86-91.

Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015). — La Loutre d'Europe et les autres mammifères semi-aquatiques en Bourgogne. Bourgogne Nature n° 21-22, pp. 22-42.

Richard P.B (1967).— Le déterminisme de la construction des barrages chez le castor du Rhône, Terre Vie, 114, 4, 339, 472.

Schilling. D., Singer D. Diller H. (1986). — Guide des Mammifères d'Europe, Delachaux & Niestlé, Éd., 284 p.

Castor (genre) Wikipedia

 

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor au repas le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=VjmoCOPulDw&feature=y...

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor s'amuse le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=QGbuiBrPK6I&feature=s...

Voir la vidéo de Pascal Juif : Jeunes castors dans le Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=LvqSeRBf6gI&t=4s

https://www.youtube.com/watch?v=F957CiwRn_4

 

Pour en savoir plus sur l'écologie du Castor et ses menaces :

www.oncfs.gouv.fr/connaitre-les-especes-ru73/Le-Castor-dE...

http://files.biolovision.net/franche-comte.lpo.fr/userfil...

 

Pour en savoir plus sur la répartition du Castor sur le réseau hydrographique :

www.oncfs.gouv.fr/Cartographie-ru4/Le-portail-cartographi...

Voir les Bulletins obsnatu n°5, 13, 20 et 27 pour l'historique et l'évolution.

Contacts : Caroline Le Coff caroline-le-goff@oncfs.gouv.fr

et Isabelle Leducq-Giroud isabelle.leduc@lpo.fr