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19/03/2016

Usage des pesticides aux Antilles et incidence sur la santé humaine

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 par André Guyard

 

En Guadeloupe, au cours des années soixante-dix, une thèse de médecine avait attiré l'attention sur l'incidence de l'emploi de pesticides dans les plantations de bananiers sur la santé humaine.

 

En effet, cette thèse montrait que le lait maternel des femmes de pêcheurs contenait une dose non négligeable de chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés interdit dès 1976 aux États-Unis et classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Cette constatation signifiait que les eaux de ruissellement et des rivières charriaient ce pesticide jusque dans les eaux marines. La population se contaminait en se nourrissant de fruits de mer et poissons par suite de la concentration du pesticide dans la chaîne alimentaire.

 

Cette observation entraîna une étude dirigée par Alain Kermarrec du laboratoire de Zoologie de la station de l'INRA de Petit-Bourg (Guadeloupe). L'équipe que je dirigeais alors à l'Université Antilles-Guyane était chargée de la récolte d'échantillons dans les cours d'eau et dans les eaux littorales. Cette étude a abouti à la publication d'un rapport en 1980 dénonçant l'utilisation des pesticides dans le traitement des bananiers.

 

Il aura fallu treize ans pour que le gouvernement français interdise définitivement l'utilisation de ce pesticide dans les Antilles françaises en 1993.

 

Dix ans après cete interdiction, une étude de Bouchon C. & Lemoine S. (2003), de l'Université des Antilles-Guyane, faisait un bilan de la rémanence des pesticides dans la chaîne alimentaire guadeloupéenne.

 

Très récemment, dans sa revue "Vivre" (n° 369 mars 2016) , sous la signature de Chloé Dussère, la Ligue contre le Cancer publiait un article soulignant un taux plus élevé de cancer de la prostate probablement lié à l'usage du chlordécone, article intégralement repris ci-dessous.

 

Antilles : Un taux plus élevé de cancer de la prostate

 

En Martinique et en Guadeloupe, les populations ont été exposées, plus longtemps qu'ailleurs, au pesticide chlordécone. Dans ces mêmes régions, la fréquence des cancers de la prostate est plus importante qu'ailleurs. Y a-t-il un lien de cause à effet ?

 

De 1973 à 1993, le chlordécone, un insecticide de la famille des organo-chlorés, est utilisé aux Antilles pour lutter contre un parasite du bananier : le charançon. En 1999, un contrôle de la qualité des eaux de consommation détecte la présence de ce produit, qui aurait contaminé non seulement les sols des bananeraies, mais aussi les légumes-racines fortement consommés dans ces régions (igname, madère...), certains animaux et le littoral, incluant poissons et crustacés, et certaines sources d'eau. Problème : le chlordécone est considéré comme perturbateur endocrinien et classé cancérogène possible pour l'homme par l'OMS. Plusieurs questions se posent alors : les populations sont-elles contaminées ? « En 2003, les premières mesures faites chez les femmes enceintes et leurs nourrissons, puis chez l'homme adulte, démontrent que le chlordécone est présent dans le sang de 90 % de la population », explique Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l'Inserm.

 

Explosion du cancer de la prostate

 

Alors que les Antilles se caractérisent par des taux d'incidence de cancers, toutes localisations confondues, inférieurs à ceux de la France métropolitaine, le cancer de la prostate fait figure d'exception. Y aurait-il un lien entre l'exposition au chlordécone, plus importante aux Antilles qu'ailleurs, et la surincidence de ce cancer relevée en Guadeloupe et Martinique ? « En 2003, le programme de recherche Karuprostate qui a donné lieu à une publication dans le Journal of Clinical Oncology - nous a permis de comparer les caractéristiques de 709 personnes nouvellement atteintes du cancer de la prostate à 723 sujets indemnes de la maladie, précise Luc Multigner. Ce travail a permis de montrer que l'exposition au chlordécone augmente le risque de survenue du cancer de la prostate. »

 

D'autres facteurs de risque identifiés

 

Le programme de recherche a également relevé d'autres causes possibles de la forte prévalence du cancer de la prostate aux Antilles. D'abord, les populations d'ascendance africaine ont davantage tendance à développer un cancer de la prostate pour des raisons génétiques. Ensuite, la résidence de ces hommes dans un pays occidental joue également un rôle. « Un tiers des hommes interrogés sont partis travailler en métropole avant de revenir, poursuit Luc Multigner. Là-bas, ils ont vraisemblablement adopté les codes européens, notamment alimentaires, et se sont exposés à différentes pollutions qui pourraient contribuer à la survenue de la maladie. » Les antécédents familiaux apparaissent également comme un autre facteur de risque.

 

Les moyens d'action

 

Après l'interdiction du chlordécone, en 1993, les autorités sanitaires locales ont mené, à partir de 1999, plusieurs actions en vue de protéger les Antillais : pose de filtres à charbon pour limiter la contamination de l'eau, interdiction de certaines cultures sur les sols pollués, limitation de la pêche... De leur côté, des associations telles que la Ligue contre le cancer misent sur la prévention. « Nous rappelons régulièrement aux hommes la nécessité de se faire dépister à partir de 50 ans, et notamment d'accepter la réalisation d'un toucher rectal, raconte Dominique Chingan, président du Comité Guadeloupe de la Ligue contre le cancer. Mais il reste toujours difficile pour les hommes de parler de ce cancer, qui touche à la virilité. On a beau répéter qu'il existe désormais des moyens de pallier les désagréments de l'opération, les Antillais continuent de trouver cette maladie humiliante. »

 

Un pesticide au cœur des polémiques

 

Brevetée aux États-Unis en 1952, la molécule de chlordécone, commercialisée sous le nom de Képone, fait l'objet, en 1972, d'une autorisation provisoire de un an dans les bananeraies antillaises par le ministère français de l'Agriculture. Jusqu'en 1976, le chlordécone reste utilisé jusqu'à épuisement des stocks de Képone, avant d'être réintroduit en 1981 sous le nom commercial de Curlone. Depuis, ce pesticide suscite la polémique et la controverse, essentiellement aux Antilles, mais aussi en métropole. Et pour cause ! Le chlordécone a été autorisé à plusieurs reprises entre 1973 et 1993, et massivement utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique, alors même qu'il avait été interdit dès 1976 aux États-Unis et que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'avait classé comme potentiellement cancérigène pour l'homme en 1979. Malgré ces alertes, les grands planteurs antillais obtiennent l'homologation du chlordécone en 1981. La société Laurent de Laguarigue rachète le brevet et produit l'insecticide, sous le nom de Curlone. En 1990, ce produit est retiré de la vente en France, mais deux dérogations successives des ministres de l'Agriculture Henri Nallet et Jean-Pierre Soisson permettent son utilisation jusqu'en 1993. Quelques années plus tard, en 2006, l'Union régionale des consommateurs et l'Union des producteurs de la Guadeloupe, soutenues par l'avocat Harry Durimel, député des Verts, déposent une plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui et administration de substance dangereuse, Cette plainte est aujourd'hui toujours en attente d'instruction au pôle de santé publique à Paris.

 

En savoir plus :

 

— Kermarrec A. (1980). — Niveau actuel de la contamination des chaînes biologiques en Guadeloupe : pesticides et métaux lourds (1979-1980).

 

— Bouchon C. & Lemoine S. (2003). — Niveau de contamination par les pesticides des chaînes trophiques des milieux marins côtiers de la Guadeloupe et recherche de biomarqueurs de génotoxicité.

 

— Observatoire des pesticides.

 

— Badot P.-M. (2017).— Des insecticides dans les assiettes antillaises En Direct n° 269 mars-avril 2017. p. 4.

16/03/2016

Disparition des ressources nectarifères et pollinifères dans les zones de prairies laitières

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09/03/2016

Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

Dernière mise à jour : 22/03/2016

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Nouveaux chiffres accablants sur l’utilisation des pesticides en France

 

LE MINISTRE DOIT RÉAGIR FACE AUX RÉSISTANCES DES CONSERVATISMES ET DES ÉGOÏSMES

 

Le Ministère de l’agriculture a rendu publics mardi 8 mars 2016 les nouveaux chiffres sur l’utilisation des pesticides en France. Ils sont accablants. Loin de diminuer, l’usage de pesticides a encore augmenté de 9,4% entre 2013 et 2014. Réaction et propositions de FNE.



Des résultats accablants



Alors que la France s’était fixée comme objectif dans le cadre du Grenelle de l’environnement de diviser par deux sa consommation de pesticides, force est de constater que c’est l’échec. La consommation de pesticides a augmenté, en nombre de doses, de 9,4% entre 2013 et 2014 (16% en tonnage), et de 5,8% en moyenne entre la période 2011-2012-2013 et 2012-2013-2014. Toujours entre 2013 et 2014, les traitements de semences ont bondi de 31,4% et les produits contenant des molécules suspectées cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ont augmenté de 12,9%. Les pesticides imprègnent tous les milieux naturels avec 92% des cours d’eau pollués et des impacts sur la santé humaine de plus en plus avérés.



Une mise en route difficile du plan Ecophyto



 FNE constate que la mise en œuvre du plan Ecophyto, approuvé lors du Grenelle de l’environnement par l’ensemble des acteurs, butte sur le manque d’engagement d’une majorité d’agriculteurs, de distributeurs de pesticides et d’organisations agricoles. Quant au plan Ecophyto 2 chargé de prendre le relais du premier plan, il tarde à être mis sur les rails pae le ministère. Les certificats d’économie de produits phytosanitaires, principale mesure de ce plan visant à impliquer les distributeurs de pesticides dans une diminution de leurs ventes, sont encore en attente de la parution d’un décret d’ici juillet.



Il faut changer de braquet



Pour atteindre les objectifs du plan Ecophyto, FNE demande tout d’abord d’interdire les pesticides les plus dangereux mais aussi l’instauration d’une fiscalité sur les produits de traitements qui incite réellement les utilisateurs à diminuer leur usage.



Pour Claudine Joly, en charge des pesticides à FNE : « Nous demandons l’interdiction immédiate des néonicotinoïdes, ces insecticides dangereux pour les pollinisateurs actuellement en débat dans la loi sur la biodiversité, du glyphosate, dont la réautorisation est en débat au niveau européen, et des insecticides utilisés dans le traitement post-récolte des cultures, à l'origine de la majorité des contaminations de produits alimentaires. En particulier, les insecticides à base de chlorpyriphos-méthyl, dont le lien avec des leucémies et des problèmes de neuro-développement chez l'enfant est avéré, doivent être interdits. »



FNE renouvelle fortement sa demande d’une réduction de moitié de l’utilisation globale de tous les pesticides.



Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE, précise : « Nous demandons au Ministre de l’agriculture de mettre immédiatement en œuvre le plan Ecophyto 2 en passant outre les résistances d’une partie des responsables agricoles et des distributeurs. Nous demandons également que le nombre de traitements soit affiché sur les produits alimentaires. Par exemple, le consommateur doit savoir que la pomme qu’il achète a été traitée 35 fois. La France doit aussi agir au niveau européen pour que l’Union européenne dans son ensemble s’engage dans cette réduction d’usage. Enfin, il faut à tout prix faire connaître et démultiplier les bonnes pratiques mises en œuvre par de nombreux agriculteurs engagés dans l’agro-écologie. »



De nombreux exemples d’exploitations agricoles témoignent au quotidien du fait que la réduction de la consommation de pesticides est possible. Ils sont mis en avant par la fédération sur son site Internet : http://www.fne.asso.fr/actualites/pesticides-des-agricult...


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

 

 

Les coûts cachés exorbitants des pesticides : Le Monde – 22 mars 2016

Une étude de l’INRA remet en cause le bénéfice économique d’une agriculture fondée sur la chimie



 Hasard du calendrier, le lancement de la semaine mondiale des alternatives aux pesticides, organisée du 20 au 30 mars, coïncide cette année avec la publication d’une vaste étude sur les « coûts cachés » de l’utilisation de ces substances. Ce travail de longue haleine, entrepris par deux chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et publié dans la dernière édition de Sustainable Agriculture Reviews, est le premier à colliger l’ensemble des connaissances disponibles sur ce que les économistes appellent les « externalités négatives » liées à l’utilisation des produits phytosanitaires.



 Ce fardeau économique, estiment les chercheurs, peut dans certains cas excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides. Selon leurs estimations, le rapport coûts-bénéfices des pesticides de synthèse était ainsi largement défavorable aux Etats-Unis au début des années 1990. Alors qu’ils apportaient environ 27 milliards de dollars (24 milliards d’euros) par an à l’économie américaine, ils pesaient pour au moins 40 milliards de dollars…



 « L’utilisation des pesticides procure des bénéfices économiques bien connus en termes de productivité de l’agriculture par exemple, explique Denis Bourguet, chercheur au Centre de biologie pour la gestion des populations (INRA, Cirad, IRD, SupAgro Montpellier) et coauteur de ces travaux. Mais ils entraînent aussi des coûts économiques très variés qui font l’objet de peu de travaux, voire aucun. Et lorsqu’ils sont évalués, ces coûts sont généralement lourdement sous-estimés. »



 Le peu de données disponibles n’a pas permis aux chercheurs de conduire une estimation pour la période actuelle. «On ne peut rien dire de ce rapport coûts-bénéfices, car un certain nombre de produits utilisés à l’époque ont été interdits, mais de nouveaux sont aussi apparus, dont les effets ne sont pas encore pleinement connus, explique M. Bourguet. Nous ne pouvons tenter qu’une analyse rétrospective lorsqu’il y a suffisamment de données. » Exercice d’autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps : des maladies d’aujourd’hui peuvent être le fait d’expositions passées.



 « Ces travaux, juge François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures, montrent que le discours sur la soi-disant rationalité économique d’une agriculture dépendant de l’utilisation massive des pesticides est largement basé sur des études incomplètes qui ne prennent pas en compte la réalité des coûts sanitaires et environnementaux. »

 


Boîte de Pandore ouverte



L’étude liste quatre catégories de coûts cachés : environnementaux, sanitaires, réglementaires et les frais d’évitement. Les premiers chiffrent les dégâts sur les services écosystémiques offerts par la nature (pollinisation, etc.) ; les coûts sanitaires incluent les frais de santé, la perte de productivité des travailleurs, etc. ; les coûts réglementaires englobent les fonds publics pour réglementer et contrôler ces substances, ou assainir les eaux et les milieux contaminés…



 Quant aux frais d’évitement, ils sont principalement induits par les excédents de dépense des ménages qui optent pour l’alimentation biologique, afin de minimiser le contact avec les pesticides. Parmi les grands postes de dépense, les auteurs mentionnent les pertes de rendements dues aux résistances aux pesticides développées par les mauvaises herbes ou les ravageurs (soit 2,3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la surveillance des points de captage d’eau (3 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), la mortalité des oiseaux (6 milliards de dollars aux États-Unis en 1992), etc.



« Ce qui apparaît comme le poste de dépense le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées à l’exposition à ces substances, précise Thomas Guillemaud, chercheur à l’Institut Sophia Agrobiotech (INRA, CNRS, université de Nice-Sophia-Antipolis) et coauteur de l’étude. Mais il existe très peu d’études permettant de chiffrer précisément ces coûts sanitaires. On dispose de beaucoup de travaux sur l’exposition au tabac et à l’alcool et leurs effets, par exemple, mais presque rien sur les pesticides. »



 Des études d’ampleur commencent toutefois à être menées, comme celle publiée en 2015 dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Elle estimait les dégâts sanitaires de l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés à quelque… 120 milliards d’euros par an.



« Lorsqu’on envisage des changements de pratiques agricoles, comme c’est le cas avec le plan Ecophyto [destiné à réduire de moitié l’usage de pesticides à l’horizon 2025], on n’évalue généralement que les impacts sur les systèmes agricoles, explique M. Guillemaud. Notre principale conclusion est qu’il est urgent de produire et de rassembler les connaissances nécessaires pour évaluer correctement les effets économiques de ces changements de manière  beaucoup plus large. »



L’économiste de l’agriculture Marion Desquilbet, chercheuse (INRA) à la Toulouse School of Economics (TSE), qui n’a pas participé à l’étude, salue « un travail énorme, qui ouvre une boîte de Pandore ». « Les auteurs ont conduit leur analyse de manière assez conservatrice sur plusieurs aspects, estime cependant Mme Desquilbet. Ils n’ont ainsi pas pris en compte les effets des pesticides sur les malformations congénitales, de la surproduction agricole sur l’obésité, etc. Il aurait aussi été possible d’inclure les “externalités sociales” liées à l’utilisation des pesticides : ces derniers jouent sur la taille des exploitations, l’emploi, le tissu social… » Des questions si diverses qu’il serait illusoire de chercher à y répondre sans recours à une expertise collective pluridisciplinaire.

 

Lire également l'article du Monde du 220/3/2016 : Tout ce qu'il faut savoir sur les pesticides.

08/03/2016

Life Tourbières du Jura

Life Tourbières du Jura

 

 Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est désormais en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html


Ce film de 24 minutes vous invite à partir à la rencontre du monde extraordinaire des tourbières, patrimoine naturel si précieux du massif jurassien. De magnifiques images commentées vous transportent au cœur de ces espaces naturels discrets et mystérieux.Ce film, réalisé par Jean-Philippe Macchioni dans le cadre du Life tourbières du Jura, est complété de 7 bonus.

 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

 

Cette lettre vous présente toute l'actualité de ce programme dont l'objectif est de réhabiliter sur 6 ans le fonctionnement de 60 tourbières du massif du Jura franc-comtois. Vous pourrez notamment découvrir dans ce troisième numéro une interview de Jean-Philippe Macchioni, réalisateur du film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne", les derniers travaux menés, une interview de Franck Villemain, maire de Frambouhans, ainsi que de nombreuses autres informations.

 

Contact :

 

Emilie Calvar
Coordinatrice technique programme LIFE Tourbières du Jura
 
Conservatoire d’espaces naturels de Franche-Comté
Maison de l’environnement de Franche-Comté
Espace Leclerc - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél : 03.81.53.97.77 (ligne directe) – Fax : 03.81.61.66.21
 

02/03/2016

Agriculture biologique : France Nature Environnement

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24/02/2016

Le vieil arbre

Monument naturel

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Il fallait vite profiter de l'épisode neigeux de la semaine dernière afin de réaliser quelques images de C'est le graphisme qui retient mon attention dans la blancheur matinale et le vieux fruitier isolé dans un pré au bout de ma rue est à l'image du sujet que je recherche au cours de cette balade.

 

Ce pommier dont le tronc ne supporte plus que cette branche est un symbole des années qui passent. Il se dresse encore sur l'horizon comme le gardien de cet espace, la neige semblant figer le temps.

 

Grâce au propriétaire conscient de l'intérêt des vieux arbres pour les oiseaux et les chauves-souris, ce fruitier que j'observe depuis près de trente ans a vu ses vieilles branches occupées par le Pic vert, le Pic épeiche, le Torcol fourmilier, le Grimpereau des jardins, la Sitelle torchepot, l'Étourneau sansonnet. La Chouette chevêche devenue rare aujourd'hui est certainement l'espèce qui a le plus souffert de la disparition de ces vieux arbres qui lui offraient les cavités naturelles pour se reproduire.

 

Il faut alors sans cesse rappeler qu'un arbre a sa place dans la nature même s'il ne produit plus de fruits et que seuls la météo et le temps décideront de son sort.

 

Respect pour les agriculteurs qui, malgré leurs imposantes machines de travail, prennent la peine de contourner ces vieux arbres souvent isolés parmi les parcelles de cultures et s'élevant comme de véritables monuments naturels qu'il conviendrait de classer.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

12/02/2016

Les forts de Besançon

Les Forts de Besançon

 

Après la défaite de 1870, le général Séré de Rivières va consteller les collines autour de Besançon de forts capables de la protéger des tirs d’artillerie moderne.

 

Ces vigiles de pierre, presque tous intacts aujourd’hui, ont perdu leur garnison de militaires. Mais de nombreux passionnés, artistes, sportifs, historiens ou promeneurs du dimanche assurent la relève et se mobilisent pour faire revivre ce patrimoine insolite !

 

En savoir plus ICI

 

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Commission Royal : pollution des véhicules

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30/01/2016

Association de protection du Val du Drugeon — activités 2016

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20/01/2016

Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 

 par le Centre Athénas

 

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Durant des années, l'optimisme a été de rigueur et les Autorités, par la voix du réseau Lynx annonçaient dans les Vosges une population de 15 à 20 individus pour finalement s'apercevoir brutalement au début des années 2010 que l'espèce avait disparu sous l'effet du braconnage (et pas en un seul jour…).

 

Dans le Massif du Jura où il a été difficile de faire admettre que le braconnage était régulier, iI est encore de bon ton de dire que le Lynx est abondant et sa population en bonne santé.

 

Or, il n'en est rien.

 

L'évolution de l'aire de présence de l'espèce donne une image fausse de l'état de conservation de l'espèce : ainsi en 2015 est annoncée une augmentation de l'aire de présence du seul fait de l'observation répétée d'un individu en Haute-Saône, alors que parallèlement, les mortalités d'adultes se multiplient dans le Massif, cœur de la population nationale, et que des territoires vacants ne sont pas réoccupés.

 

Le suivi par piège photographique, dont le but avoué était de démontrer une supposée surabondance du Lynx pour pouvoir le réguler, n'a mis en évidence qu'une population de 70 adultes pour les départements du Jura (40) et du Doubs(30), et un total de 90 à 100 individus adultes pour l'ensemble du Massif, Bugey inclus C'est tout !

 

Cette année, 8 adultes ont disparu dans le Doubs et le Jura (11,5% de la population), seulement deux sont morts suite à une collision.

Les autres se sont... évaporés.

 

Sept de ces adultes étaient des femelles avec des jeunes (20 jeunes estimés, 4 survivants). Le moins que l'on puisse attendre de ces disparitions est un déséquilibre dans le sex-ratio de la population, un trou démographique qui mettra dans la meilleure hypothèse des années à se résorber (puisque les 3/4 des jeunes de ces femelles sont morts, le recrutement sera donc limité). Face aux apparitions de jeunes orphelins, on commence à nous objecter, sans le moindre début de fondement scientifique qu'il peut s'agir d'abandons et de sélection naturelle. L'abandon d'un jeune — et a fortiori de plusieurs jeunes — de toute la portée en fait, n'a jamais été décrit, observé ou documenté, chez aucune des espèces de Lynx présentes sur la planète, pas plus que chez d'autres félidés. Les femelles passent plutôt pour de bonnes mères et il a été rapporté à plusieurs reprises que certaines attendaient et recherchaient un jeune écrasé.

 

Il est urgent que l'État prenne la mesure du phénomène et dote les acteurs en place des moyens de mener leurs missions, qu'il s'agisse de l'ONCFS pour la lutte contre le braconnage ou d'Athénas et d'autres pour les actions, de conservation. 40 ans après sa réapparition, le Lynx pourrait disparaître une nouvelle fols en l'espace d'un siècle. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. L'hallali qui a été sonné pour le Loup, a sans nul doute donné des idées et encouragé le passage à l'acte pour le Lynx.

 

La question est de savoir quel territoire on veut promouvoir, et pour quel avenir. Récemment en Bavière, suite à l'exécution illégale de deux jeunes lynx dont les pattes ont été déposées devant le domicile d'une des personnes chargées de leur suivi, les réactions ont été très vives : les réservations touristiques ont chuté de façon significative, et les annulations de séjour ont été nombreuses Motif : les touristes boudaient un pays de tueurs de lynx.

 

Il serait bon que les acteurs du tourisme, et les collectivités envisagent le problème sous cet aspect, et qu'il soit fait cause commune pour la préservation de TOUT notre patrimoine.

 

D'autres régions produisent du vin et du fromage, beaucoup ont des lacs et des rivières, toutes ont des musées et des campings.

 

Une seule région recèle le Lynx, et c'est la nôtre. C'est une de ses richesses, un de ses charmes, mais c'est surtout un atout unique.

 

Source :

Athénews n°s 68-69-70, 2e, 3e et 4e trimestres 2015

Où est l'écologie ?

loup_02-logo.jpgOù est l’écologie ?

 

par Gérard CHAROLLOIS

17 janvier 2016

 

Où est l’écologie ? Le samedi 16 janvier, elle était à LYON.

 

À l’appel des associations de protection de la nature, de défense des animaux, trois mille militants affirmèrent que le Loup doit vivre et retrouver sa place dans la nature.

 

Immense succès pour ce rassemblement qui, à la différence de tant d’autres, ne visait pas à promouvoir de sordides intérêts catégoriels, égoïstes, cupides.

 

Les manifestants pour le Loup, ne revendiquant aucune subvention, aucune exonération, aucun avantage lucratif pour eux-mêmes, agirent pour une cause qui nous dépasse tous : celle du vivant.

 

Qu’en dira une presse trop souvent formatée par les lobbies, propriété des forces d’argent et instrumentalisée pour maintenir l’opinion en état de soumission ?

 

Le Marché exige des consommateurs assujettis et, pour les priver de pensée, dénature les mots.

 

Les dénominations partisanes ont perdu leurs sens et la politique son crédit.

 

Il n’y a que les grincheux antifiscalistes pour croire encore que la France s’est donnée au socialisme en 2012.

 

Quand les mots ne veulent plus rien dire, la réflexion, le débat, l’opinion s’égarent.

 

L’écologie n’échappe pas à ce délitement du sens et l’on gagne toujours à bien définir ce dont on parle.

 

Créée dans la seconde moitié du  XIXe siècle par des biologistes, botanistes et zoologistes, l’écologie fut initialement la science du milieu naturel, l’étude du rapport entre les espèces et leur environnement.

 

Ce n’est qu’un siècle plus tard que la notion accéda au champ de l’éthique et de la politique avec la création des parcs nationaux, des réserves naturelles, des mouvements de défense de la faune et des sites et l’apparition du ministère de l’environnement, en 1971.

 

Le premier titulaire de ce ministère, Robert POUJADE, qualifia son service de « ministère de l’impossible », sans doute en constatation que l’objectif de sauver le vivant était inatteignable dans une société aux mains des lobbies, au service du profit et de la spéculation.

 

Le ministère de l’impossible est, entre temps, devenu celui de l’imposture.

 

Il protège la chasse et tue les loups.

 

Il offre une caution morale aux grands travaux inutiles, à l’agrochimie, au massacre des oiseaux migrateurs.

 

Je regrette que le parti écologiste, sauf remarquables et courageuses exceptions au nombre desquelles je citerai la députée Laurence ABEILLE et le député européen Pascal DURAND, ne parle pas suffisamment haut, fort et clair pour la défense du vivant.

 

Ce rapport à la nature est le plus grand défi de notre temps, bien plus essentiel que l’écume de l’actualité qui étouffe le vrai débat, la question fondamentale : l’humain va-t-il anéantir toutes les autres formes de vies ?

 

Car, par-delà les impostures, les petites lâchetés, c’est l’enjeu final.

 

La croissance démographique, le « développement économique », l’augmentation de la consommation planétaire, posent cette question occultée par les lobbies, par les politiques et donc par les médias.

 

Il n’y a pas un canton, en ce pays et partout ailleurs, sans son élu local, son promoteur, son aménageur récitant que son petit projet, son extension, son infrastructure, sa coulée de béton et d’asphalte ne représentent pas une si redoutable agression contre la nature et qu’il faut bien du « développement durable ».

 

Immanquablement, à terme, ce processus infini aboutira à la mort des milieux naturels, de la faune et de la flore.

 

Il nous appartient de poser cette question éthique et d’affirmer que cette destruction du vivant est inacceptable.

 

Peut-on tolérer plus longtemps un système fondé sur l’exploitation, la concurrence, la compétition, l’écrasement d’autrui, le saccage, le pillage, le lucre, la violence ?

 

Non, la voix de l’écologie ne doit pas s’éteindre, faute de porter un message novateur.

 

Non, cette grande cause ne doit pas être ignorée des citoyens, au point de ne recueillir que 2% des suffrages lors d’une élection à l’échelon national.

 

Or, c’est ce qu’il adviendra si l’on perdure à taire la raison d’être d’une pensée de réconciliation avec le vivant.

 

L’écologie politique peut exprimer un libertarisme des mœurs et un solidarisme social auxquels j’adhère sans réserve, mais, sans sa dimension éthique du respect de la nature, de l’animal et de toute vulnérabilité, elle n’est rien et ne peut attendre aucun écho dans une société dont elle ne relèverait pas le vrai défi.

 

Il est souhaitable qu’une primaire de l'écologie, ouverte, loyale, accessible à tous les citoyens se reconnaissant dans le grand combat pour le vivant, désigne un porte-parole susceptible de créer un rapport de forces contre les lobbies de la mort.

 

À défaut d’une telle primaire, face à la nocivité des politiques suivies par les vieux partis usés, il conviendra d’envisager les moyens d’offrir au pays une issue autre que celle qui se présente, faute de mieux, pour en finir avec la fausse alternance.

 

Par-delà les partis, les mouvements et associations, j’en appelle à l’unité, au rassemblement des défenseurs du vivant, pour un  rejet des ambiguïtés éthiques.

 

À LYON, le 16 janvier 2016, pour le Loup, nous vîmes la démonstration de ce que peuvent les biophiles, lorsqu’ils savent s’unir.

 

Gérard CHAROLLOIS

CONVENTION VIE ET NATURE

MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE

POUR LE RESPECT DES ËTRES VIVANTS ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

17/01/2016

Des abeilles pour protéger les cultures… des éléphants

Des abeilles pour protéger les cultures…

contre les éléphants

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Photo © Save the Elephants

 

Sous une pression démographique croissante, les interactions « hommes-éléphants » sont de plus en plus fréquentes en Afrique, avec notamment la mise à mal des cultures des premiers, par les seconds… Dans ce cadre, depuis quelques années, plusieurs pays africains (Botswana, Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie…) recourent à des abeilles « sentinelles » pour protéger leurs cultures des pachydermes.

 

Ayant constaté que plus de 90 % des éléphants fuient le bourdonnement des abeilles, en 2008, Lucy King[1], une chercheuse du département de zoologie de l’université d’Oxford, a mis au point avec l’ONG Save the elephants, un astucieux système pour protéger les cultures et donc limiter les sources de conflits entre les hommes et les éléphants, lesquels conduisent régulièrement à des morts, d’un côté comme de l’autre.

 

Le principe est simple et repose sur la mise en place d’un réseau de ruches « sentinelles », espacées d’une dizaine de mètres et reliées les unes aux autres par un fil. Fixées à des poteaux ou suspendues dans les branches des arbres, les ruches sont secouées dès lors qu’un éléphant tente de passer outre cette « clôture », provoquant immanquablement l’alerte des abeilles. Inquiètes, celles-ci bourdonnent alors fortement, tandis que certaines sortent pour défendre leur ruche. Piqués dans des zones où leur peau est fine, mais aussi sensible (autour des yeux, au niveau de la trompe, etc.), les éléphants prennent la fuite, sans manquer de prévenir leurs congénères.

 

Après une telle expérience, à l’avenir les éléphants, piqués dans des zones sensibles et ayant associé le bourdonnement des insectes à la douleur des piqûres, quitteront d’autant plus rapidement des zones ainsi protégées !

 

Outre la protection des cultures et la fin des conflits avec les communautés rurales ainsi protégées, la mise en place de cette technique permet aux villageois de bénéficier de la pollinisation des abeilles et de leur production de miel.

 

[1] Lucy King est à l’origine de l’ONG Save the Elephants. Il est possible de soutenir son action sur http://elephantsandbees.com

 

Source : Univers nature

13/01/2016

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours
 

par Patrice Raydelet

 

J’ai le plaisir de vous annoncer le lancement d’une souscription pour mon nouvel ouvrage

Chevaux des Abruzzes, entre loups et ours”.


Il s’agit du premier volet d’un important projet (livres et vidéos) présentant la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage.


Vous trouverez la présentation sur le bulletin, ainsi que la couverture.

 

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La sortie du livre est prévue en mai 2016 et la souscription s’arrête la veille de la publication.


Si vous êtes amoureux des chevaux, de la montagne, de la faune sauvage, des grands prédateurs et désirez voir comment se passe cette cohabitation dans le Parc national des Abruzzes (Italie), ce livre devrait vous plaire !
 
Pour commander, il vous suffit de retourner le bulletin ci-joint à l’éditeur avec votre règlement (le livre est toujours moins cher pendant la souscription, vous le recevrez directement chez vous à sa sortie et le port est offert  !).

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Merci d’avance à toutes celles et tous ceux qui souscriront...et n’hésitez pas à diffuser le bulletin à vos contacts et aux amateurs de chevaux.
 
Bien cordialement,
Patrice RAYDELET
 
P.S : ce bulletin sera également sur mon compte et ma page Facebook avec une sélection d’images.

 

Patrice RAYDELET
468, rue de Penu
39570 CESANCEY
03.84.25.03.02

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22/12/2015

Loups abattus en décembre 2015

Loup - © ARDEA-MARY EVANS-SIPA.jpgDeux loups ont été abattus durant le week-end 12-13 décembre 2015

 

Un loup a été abattu dans la Drôme le 12 décembre et un autre dans les Alpes-Maritimes le lendemain.

CINQ. C'est le nombre de prélèvements encore autorisés pour la période 2015-2016. En effet, actuellement 31 loups (Canis lupus) ont été abattus sur les 36 tirs autorisés par l'arrêté du 30 juin 2015. Une louve a été tuée samedi matin sur la commune de Lus-la-Croix-Haute dans la Drôme, a indiqué samedi soir la préfecture, portant dans un premier temps le décompte à 30 canidés tués en France en 2015. C'est la première fois qu'un loup est prélevé dans ce département, précise la préfecture, confirmant une information du Dauphiné Libéré. Cette femelle a été abattue, dans le cadre d'un arrêté préfectoral de tir de prélèvement lors d'une chasse encadrée par des lieutenants de louveterie. "Depuis le début de l'année 2015 en Drôme, on a relevé 74 attaques du loup pour 291 victimes et 200 disparues", ajoute la préfecture. Cet arrêté concernait précisément les communes de Lus-La Croix-Haute, Treschenu-Creyers et Glandage, représentant à elles seules "plus du tiers de ces attaques" enregistrées ces derniers mois. Puis, selon Nice-Matin, un tir de défense a également conduit à la mort d'un loup sur la commune de Bézaudun dimanche. C'est le douzième animal abattu dans les Alpes-Maritimes. Finalement c'est deux loups qui ont été tués pendant le week-end du 12 décembre.

 

Une réaction : Une lettre pour le Loup

par Frédéric Wolff

Mon frère sauvage, cher loup,

Écrire une lettre au loup. L’idée me poursuit depuis un moment. Comme souvent, j’ai remis à plus tard un premier brouillon maladroit. J’ai attendu. L’actualité finirait bien par revenir vers ce massacre organisé. D’autres sujets ont retenu l’attention des grands médias.

Pendant ce temps, la boucherie continue. Elle n’a jamais cessé. Simplement, on n’en parle plus. Et quand bien même, certains, certaines s’avisent de rompre le silence, leur parole est inaudible. Le bruit ambiant fait diversion. Une aubaine pour la machine et pour ses serviteurs.

Pendant ce temps, la lente agonie du monde progresse. Les empoisonnés, les irradiés, les torturés des ondes électromagnétiques, les assassinés — humains et non-humains — de la bagnole et de la guerre chimique menée dans nos métropoles et dans nos campagnes, les martyres des élevages industriels, les cobayes de laboratoires sacrifiés pour inventer des cosmétiques et des médicaments qui nous intoxiquent…

Et les indésirables. Tous les boucs émissaires sur qui décharger nos haines, tous les fragiles, tous les gêneurs de nos affaires, grandes ou petites, qu’importe. Il faut éradiquer, faire place nette, ne plus voir qu’une tête qui dépasse : l’humain d’abord ! Exterminer, anéantir, massacrer par tous les moyens possibles. L’éléphant, le flamand rose, l’ours, le lynx, le tigre, le vautour, le renard, le blaireau, la taupe, le requin… Et le loup.

Une lettre au loup pour quoi faire ? Pour ne pas renoncer. Pour une parole qui fraternise. Une lettre à tous les loups, à toutes les louves que nous sommes, nous qui avons à cœur la liberté et l’altérité. La voici, donc.

Mon frère sauvage, cher loup,

A nouveau, ça recommence, ça n’a jamais cessé, cette folie qui est la nôtre de nous trouver un mal-aimé quand tout va mal. A nouveau, la meute est lâchée contre toi.

Que va-t-il advenir de toi, de nous, s’il n’y a plus de place pour d’autres semblables que nous ? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un semblable à qui nous prenons la vie et c’est une âme de noyé que la nôtre, à l’ombre de laquelle plus rien ne pousse, une âme entrée en agonie, incapable d’aimer vraiment malgré ce qu’elle proclame. Accueillir l’autre, le différent ? Revendiquer le grand partage ? Mensonges, que tout cela.

Ce n’est pas toi qui es de trop, mon loup, c’est nous et notre commerce de tout, nous et notre arrogance à éliminer ce qui gêne un tant soit peu nos caprices d’argent et de frivolité.

S’il fallait choisir, qui de toi ou de nous, devrait mourir de honte et d’indignité, sans l’ombre d’une hésitation, nous serions les premiers sur la liste, très loin devant, nous les êtres de science et de sagesse autoproclamés.

Mais voilà, c’est nous, c’est encore nous qui décrétons qui a sa place et qui ne l’a pas sur la terre, qui doit se soumettre ou périr. Toi, tu refuses de te rendre et c’est cela que nous ne supportons pas : ce qui échappe à notre suffisance. Il n’y a pas plus étranger que toi à nos chaînes, sinon le vent, peut-être. Même blessé, tu seras celui qui ne désarme pas, plutôt mourir. Debout avant toute chose, tu le seras toujours, même mutilé.

Au grand jeu des équivalences, ne te laisse pas prendre, surtout, mon frère sauvage. C’est un piège qui se refermerait sur toi et sur les tiens. Par quoi pourrait-on bien te compenser, demain, si tu finis par disparaître ? Par qui ? Par une réserve où l’on ira barricader les derniers éléphants d’Afrique ? Qu’est-ce qui pourra nous consoler de te perdre ?

J’ai des lambeaux de moi dans toutes les vies indésirables, si tu savais. En moi, il y a un loup perdu dans un monde où n’a de valeur que le commerce des êtres et des choses. Pour tout te dire, je ne suis pas sûr d’avoir envie de vivre très longtemps dans ce monde. De plus en plus, je m’en éloigne comme il s’éloigne de moi et si je dois renaître un jour, mon vœu le plus cher serait d’être des tiens. Mon nom serait-il un premier pas vers ce destin?

Mon loup, s’il te plaît, apprends-moi à rester debout et à ne pas cesser de hurler avec les derniers des tiens. Dis-moi comment me mettre en marche avec les premiers chants d’oiseaux, montre-moi comment mordre s’il le faut. Donne-moi la force, il en faut tant de forces pour tenir dans nos vies et dans le monde. Des forces et des valeurs, je ne parle pas de celles dont on tire un profit quelconque pour ses comptes à la fin du mois ou pour son image. Je pense à ce qui donne un sens à notre commune présence sur la terre, je pense aux limites infranchissables que l’on se fixe, aux devoirs que l’on s’impose. Et au sacré qui réside dans la vie, dans tout ce qui échappe à la marchandise. Ô comme nous en sommes loin.

Nos vies – la tienne, les nôtres – sont une seule et même vie. Les guerriers du vivant d’aujourd’hui seront demain les guerriers d’eux-mêmes. Ils le sont déjà. Ceux qui gênent la marche de nos affaires, c’est l’autre et un jour, l’autre, c’est nous, nous qui tirions à vue hier, nous qui laissions faire sans rien dire.

Si ce monde peut être sauvé, c’est avec toi qu’il le sera, avec toi vivant. La neige où tu cours, les arbres sur qui tu veilles ne nous appartiennent pas, pas plus qu’ils n’appartiennent au vent ou à la pluie. Nos titres de propriété ne sont que des faux en écriture, ils ne pourront rien contre ce qui est plus fort que nous.

Comment nos vies ne seraient-elles pas dévastées alors que le monde est saccagé par tout ce que nous n’avons même pas honte d’appeler nos prouesses ? Ce que nous cessons d’habiter – la terre, nos existences, notre parole –, nous le perdons et, en chemin, nous nous perdons.

Mon frère, mon ami, je marche dans les pas de ta nuit. J’aimerais t’écrire qu’enfin, nous en avons fini de la guerre contre la vie, que l’humain n’est plus le centre de tout, pas plus que la terre n’est le centre de l’univers. Mais nous n’avons rien compris, nous sommes restés à l’âge du nombril autour duquel tout doit tourner, et nous allons ainsi à étendre notre empire, à le nourrir du sang versé par d’autres que nous, tout en proclamant avec des accents philanthropes : L’humain d’abord !

Ici, les dernières feuilles des arbres sont tombées. Tout paraît dépeuplé à présent. Le vent souffle dans les volets, il me semble qu’il porte ta voix, à l’heure des fusils braqués sur toi, ta voix par mille et plus encore. C’est l’hiver et j’ai froid. Je pense à toi, mon loup sauvage. Ne renonce pas, jamais.

16/12/2015

Le retour du Castor en Franche-Comté

Castor-200.jpgLe retour du Castor en Franche-Comté

Castor fiber

 

(Dernière mise à jour 05/09/2017)

 

En France, le Castor peuplait autrefois nos cours d'eau. Il était présent dans toute la France au siècle dernier. On l'appelait bièvre, du latin biber qui signifie brunâtre, comme la couleur du pelage de l'animal. D'ailleurs un affluent de la Seine, la Bièvre, recouverte sur toute la longueur de son parcours urbain, tire son nom du Castor disparu au XIIIe siècle en Île-de-France. La valeur commerciale de son épaisse fourrure, la consommation de sa chair et les soi-disant vertus du castoréum ont motivé sa chasse et son piégeage. Sauvé de l'extinction grâce à une opération de réintroduction sur la Loire dans les années soixante-dix, l'espèce recolonise progressivement ses anciens territoires.

 

Or le voilà qui réapparaît dans la basse vallée du Doubs. En Bourgogne Franche-Comté, le Castor occupe désormais la Loire et ses affluents (l'Allier, l'Aron, l'Arconce, l'Alène, l'Arroux, le Soinan), et le bassin de la Saône (la Saône, le Doubs, la Grosne, la Seille et la Dheune).

 

Présent sur la basse vallée du Doubs depuis la fin des années 90, la dynamique de la population de Castor d'Europe restait méconnue. D'après Sophie Horent (2016), cette basse vallée du Doubs constitue un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. La ripisylve qui délimite le lit mineur est constituée essentiellement de saules blancs, de frênes et de peupliers noirs. Cet habitat, considéré comme prioritaire à l'échelle européenne, assure la subsistance du Castor d'Europe et l'installation du Milan noir.

 

En 1992, l'avènement du réseau européen Natura 2000 va venir conforter le territoire dans le caractère exceptionnel de la biodiversité qu'il héberge. En 1995, le site Natura 2000 des « Prairies inondables de la basse vallée du Doubs à l'amont de Navilly » fait partie des trente-cinq sites pilotes retenus à l'échelle du territoire national pour éprouver la mise en œuvre du réseau. Sur 1 450 ha et 5 communes, la stratégie pour la préservation du patrimoine naturel de la basse vallée du Doubs est en marche. C'est alors le début d'une reconnaissance dont l'histoire est encore en cours d'écriture.

 

C'est ainsi qu'une étude portée en 2014 par l'Établissement Public Territorial du Bassin Saône-Doubs (EPTB) grâce au dispositif Natura 2000 et réalisée par l'AOMSL et Jura Nature Environnement (JNE) a pu être menée sur l'ensemble de la basse vallée du Doubs (RÉVILLON, 2015).

 

En 2014, le Castor d'Europe est signalé pour la première fois sur l'Ognon par Pierre Cheveau et Nick Derry. Voici leur récit: "Le 12 janvier 2014, à l'occasion d'observations ornithologiques en compagnie de Nick Derry sur les rives de l'Ognon, un timide Grèbe castagneux m'amène à constater que le saule sous lequel il tente de se dissimuler a été taillé récemment et ce, d'une façon qui ne laisse pas de doute sur l'identité du jardinier. Les branches sont de section modeste mais taillées en crayon, de nettes traces de dents sont visibles par deux sur le bois qui a été dénudé de son écorce. Ignorant si la présence du Castor d'Europe est déjà connue sur ce cours d'eau, la surprise fut confirmée ultérieurement : aucun indice de ce rongeur n'avait jusqu'alors été noté sur l'Ognon. La découverte que nous avons faite a ainsi été réalisée à plus de 60 kilomètres (par le réseau hydrographique) de la confluence entre la Tille (où l'espèce est présente plus en amont) et la Saône (Réseau castor de l'ONCFS), laissant envisager un éventuel jeune en dispersion. Aussi impressionnant que soit ce bond (tant pour les connaissances sur la répartition du castor que par le castor lui-même dans sa colonisation), cette heureuse découverte n'est pas si surprenante (voir Bulletin Obsnatu n°27, été 2013). […] Une question reste tout de même en suspens dans le cas de cette observation : s'agit-il d'indices laissés par un individu simplement de passage ou l'Ognon compte t-il déjà un ou plusieurs territoire (s) permanent(s) de castor ?"

Nick Derry et Pierre Cheveau (pierrecheveau@yahoo.fr).

 

D'après Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015), sur le territoire de la Saône-et-Loire, la population de Castor occupe les 18 km de cours d'eau les plus dynamiques entre Fretterans et Navilly. Compte tenu des indices recensés, la population est évaluée à 9 familles. Le milieu est ainsi occupé à son optimum. La population du Doubs constitue à l'heure actuelle la seule population viable du bassin versant de la Saône en Saône-et-Loire produisant chaque année des jeunes qui s'émancipent et qui sont alors à coloniser de nouveaux secteurs. Le territoire d'une famille en basse vallée du Doubs se compose d'une ressource alimentaire en salicacées abondante et directement accessible (île colonisée par les saules, ripisylve continue...), de berges hautes pouvant abriter les gîtes en période de crue ou d'étiage (terrier ou terrier-hutte), d'une zone de très faible courant (< 1 m3/s) en dehors de la veine d'eau principale, généralement derrière une île ou bien dans un ancien bras connectif. La présence de l'espèce est donc étroitement liée à la dynamique de la rivière.

 

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Castor d'Eurasie

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Le Castor est le plus gros rongeur d'Europe, il pèse 12 à 30 kg et peut mesurer de 90 cm à 1,20 m (corps 65 à 80 cm + queue 25 à 40 cm). Son corps est parfaitement adapté au déplacement dans l'eau : des pieds palmés pour la nage et une queue plate, large et multifonctionnelle.

 

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Répartition : Jadis le Castor était largement répandu dans le nord de l'Eurasie. De nombreuses populations ont été anéanties par les chasseurs de fourrure. Pour sa fourrure, mais également pour sa chair, il a été massacré du XVIIe au XIXe, en frôlant l’extinction. Au début des années 1900, il ne restait plus que quelques dizaines d’individus, en Camargue. La première interdiction de chasse intervient en 1909 dans le Rhône.

 

Aujourd'hui, malgré la protection de l'espèce, les populations sont réduites à des vestiges : cours inférieur du Rhône ; cours moyens de l'Elbe, Mulda, embouchure de la Saale (Allemagne) ; sud de la Norvège : ici et là en URSS et à la frontière sino-mongole. Réintroduit ici et là en France : Marne et Haute-Marne. Alsace (sur la Doller) et sud du Bas-Rhin, Finistère (sur l'Aulne), Maine-et-Loire, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Yonne, Lozère. Introduit en Suisse (1956). En Europe, réintroduit sur le Danube (Neustadt), l'Inn inférieur, en Franconie, dans le nord de la RDA, une grande partie de la Scandinavie.

 

Répartition naturelle du Castor de la Vallée du Rhône

 

Le Castor de la Vallée du Rhône a subsisté dans le Gard, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, le long du Rhône et de certains affluents, puis a gagné vers le nord jusqu'à Lyon (Rhône, Isère, Ardèche). C'est la basse vallée du Rhône, dans sa partie méridionale, qui lui offrit son ultime refuge.

 

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Castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

Dans la Vallée du Rhône, il fallut attendre 1909 pour qu'apparaissent les premières mesures de protection de l'espèce. Son redressement fut rapide et en 1965 les castors étaient à nouveau présents jusqu'à l'aval de Lyon, la traversée de l'agglomération restant toutefois rédhibitoire.

 

Puis l'aménagement de la basse vallée du Rhône a été réalisé et avec lui est apparu un nouvel espace, un autre paysage au sein duquel le castor conserve sa place.

 

En outre, à partir de la souche rhodanienne, plusieurs réintroductions ont été opérées. Ainsi, le Haut-Rhône, la Marne, la Loire, le Tarn, le Doller, l'Isère abritent désormais notre bièvre.

 

Les gîtes

 

On enregistre toute une gradation dans l'adaptation et dans l'effbrt. Par ordre chronologique :

 

— les cavernes naturelles sont les premières utilisées, elles ne nécessitent qu'un aménagement mineur,

les terriers, cavités artificielles que l'animal creuse et agence,

 

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Terrier d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

 

— les terriers-hutte, ensembles complexes de constructions où se trouvent conjugués l'action de fouissage et l'assemblage de matériaux ligneux,

 

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la hutte enfin, rarissime dans la vallée du Rhône, où tout n'est que branches.

 

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Hutte d'un castor de la Vallée du Rhône

(Cliché © G. Érome)

 

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Terrier-hutte de castor dans la basse vallée du Doubs

(Cliché © S. Horent, 2016)

 

Le devenir de l'espèce dans la Vallée du Rhône

 

La quasi industrialisation des monocultures fruitières de la basse vallée du Rhône ont conduit un grand nombre de riverains à supprimer et à détruire la ripisylve. Les arbres cultivés sont plantés au ras de l'eau. On peut deviner la suite.

Que faire ? Nous emprunterons « la réponse » à G. Érome. "Là où la ripisylve a été fortement amputée, les castors, en période d'ératisme notamment, doivent se satisfaire d'essences cultivées (arbres fruitiers, peupliers de plantation, etc.)".

 

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Attaques sur saules (cliché © Alexandre Cartier)

 

Le rôle du Castor dans les écosystèmes aquatiques

 

Le Castor joue un rôle important dans la stabilisation des berges et des îles. En effet, le recépage régulier des saules stimule leur système racinaire, favorisant leur ancrage dans la berge ou sur les graviers. Par cette action, il contribue à maintenir une saulaie arbustive dense, efficace en période de crue pour ralentir les écoulements, et favorise l'émergence de points durs qui deviennent à leur tour des supports de la dynamique alluviale.

 

En outre, les branchages régulièrement apportés autour du terrier pour en consolider la structure constituent des zones refuges très appréciées par les alevins qui peuvent ainsi se protéger des prédateurs.

 

Les impacts du castor sur l'environnement

 

Les dégâts causés par les Castors sont rares, localisés, généralement sur de faibles surfaces, proches des cours d'eau et nettement moins importants que ceux causés par les Ragondins. Au regard de son régime alimentaire et de la présence de cultures et d'arboricultures, le Castor peut occasionner des préjudices plus ou moins importants. Les dégâts s'illustrent notamment par la coupe de troncs et de branchages de peupliers ou de saules et l'écorçage sur les peupliers et les fruitiers.

 

Des moyens de protection existent : grillage, sacs plastiques ou répulsif chimique. Ils ne constituent qu'un palliatif. C'est à la racine qu'il faut soigner le mal. Il n'existe aucune solution, aucune potion miracle. La seule vérité, celle autour de laquelle tout doit être construit, reste le respect des nécessités et des habitudes alimentaires des castors par une préservation d'une bande riveraine de salicacées (cinq mètres suffisent) ».

 

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Protection anti-castors sur des arbres fruitiers

(Cliché © G. Érome)

 

Il peut également entraîner l'inondation de certaines zones en érigeant des barrages. Des solutions existent ! Le maintien ou la création d'une bande rivulaire boisée de 10 à 20 m de large permet de limiter les risques à long terme en satisfaisant les besoins écologiques du Castor.

 

Pour les dommages sur cultures, des manchons de protections individuelles, clôtures électriques, palissades ou engrillagements des berges sont autant de solutions efficaces.

 

Pour les inondations liées aux barrages, une solution pour chaque cas doit être recherchée. Toutefois, la pose de buses à travers le barrage évacuant le trop d'eau peut s'avérer efficace.

 

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Barrage de Castor (cliché Bourgogne Nature, 2016)

 

Dans le cadre de la réservation d'une bande riveraine de salicacées, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a mis en place plus de trente mille boutures de saules le long des contre-canaux des aménagements d'Avignon et de Vallabrègues. Sur le Haut-Rhône, entre cinq et dix mille boutures sont plantées sur chaque aménagement.

 

Peu à peu, l’espèce recolonise la vallée du Rhône, remontant les fleuves. Certains ouvrages étant infranchissables pour ces rongeurs, des captures ont été effectuées pour les relâcher en amont. De sorte que le Castor reconquiert doucement des biotopes aquatiques favorables.

 

 L'extension de l'espèce en Franche-Comté

 

Depuis sa protection au niveau national, et par la recolonisation du bassin rhodanien, le Castor est aujourd'hui présent dans les départements du Jura et du Doubs (Suran, Doubs, Loue) grâce à l'extension des populations implantées en aval sur la Saône et l'Ain. Suite au franchissement par l'espèce de la ligne de partage des eaux entre la Moselle et la Saône au cours des années 2 000. une colonisation est apparue sur le haut bassin de la Saône avec des animaux arrivés en Haute-Saône en provenance des Vosges (Lanterne, Semouse et Coney).

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département du Doubs, des premières traces d’un nouveau peuplement datent de 2011, dans la rivière Doubs. "À Osselle d’abord, on a découvert un premier terrier-hutte" précise Sébastien Courbet. Puis peu à peu l’animal a colonisé la rivière et le département. Il est présent actuellement sur la Loue à Arc-et-Senans ou Chenecey-Buillon. Regarder la vidéo nocturne réalisée par Pascal Juif, le 2 janvier 2016.

Il serait présent dans les environs de Besançon selon Sébastien Courbet, qui suit l’espèce dans le département du Doubs à l’Office National de la Chasse et de la Faune sauvage (ONCFS). Les prospections ont mis en évidence des indices de présence probable en amont de Besançon sur les communes de Chalèze, Vaire-Arcier et Vaire-le-Grand. Sur l'Ognon, affluent de la Saône, aucun indice n'a été observé de Bonnal à Flagey.

D'après Jean-Louis Romand, "le Castor est très présent chez moi depuis plus de 5 ans (à Saint-Vit et environ). Je n'ai jamais pu le photographier. Traces plus rares en ce début d'hiver très doux [2016]. Il attaque surtout le saule mais je l'ai vu élaguer un cornouiller sanguin".

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Maman Castor approvisionne ses petits

Cliché © Pascal Juif (juillet 2016)

 

Dans le département du Jura, les efforts de prospection de l'ONCFS se sont portés principalement sur les secteurs de présence probable et sur les rivières encore non prospectées (Seille/Brenne). Aucun indice n'a été relevé sur la partie jurassienne de ces deux dernières. Sur la Loue, deux nouveaux sites de présence certaine ont été identifiés sur la commune de Port-Lesney à la frontière du département du Doubs et sur Gevry. Sur le Doubs, la population est croissante en aval de Dole. Les indices les plus intéressants pour le Jura ont été réalisés sur la Bienne attestant de la présence certaine du Castor sur la commune de Lavancia.

 

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Document obsnatu n° 27

 

Dans le département de la Haute-Saône, les indices de présence découverts laissent penser que les effectifs sont en légère augmentation sur le Coney, affluent de la Saône.

 

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Des arbres taillés en crayon : c'est l'œuvre de castors

Cliché © Est Républicain

 

La famille des Castors (Castoridae) est constituée des plus gros rongeurs après les Capybaras sud-américains. Les Castors sont répandus dans l'hémisphère nord. Ils appartiennent à un seul genre récent, dont les représentants eurasiatiques et nord-américains sont placés dans une ou deux espèces étroitement apparentées. L'orifice uro-génital et l'anus débouchent dans un pseudo-cloaque. Formule dentaire : 10-1-3/10-1-3 = 20 dents.

 

En Europe, on rencontre deux espèces : l'espèce autochtone : le Castor d'Eurasie, Castor fiber, et une espèce introduite surtout en Scandinavie : le Castor d'Amérique du Nord, Castor canadensis.

 

CASTOR D'EURASIE, Castor fiber Linné 1758

 

Description : silhouette lourde, trapue. Yeux et oreilles petits ; queue aplatie, large (12-16,5 cm), en palette, écailleuse, velue à la racine seulement. Orteils palmés.

 

Dessus gris noir ou brun très foncé, dessous un peu plus clair. Pelage ventral presque deux fois plus dense que sur le dos (caractéristique des mammifères amphibies). Deux paires de mamelles pectorales.

 

La sécrétion (castoreum) des glandes anales et préputiale s'ouvrant dans le pseudo-cloaque, sert à graisser le pelage. Le 2e orteil porte une griffe spéciale utilisée pour lisser les poils et les enduire de castoreum.

 

Régime alimentaire : essentiellement végétarien

Mœurs : aquatique, crépusculaire et nocturne

Vue : médiocre

Ouïe : très bonne

Odorat : très bon

Gestation : trois mois

Portée : un à quatre petits

Maturité sexuelle : deux ans

Intervalle entre deux naissances : un an

 

Dimensions : Longueur totale du corps : 74-90 cm ; Hauteur : 16-18 cm; queue : 28-38 cm ; poids : 12-38 kilos. c'est-à-dire sensiblement comme un chevreuil. C'est le plus gros rongeur d'Europe. Longueur du crâne supérieure à 12 cm (atteint 16,8 cm).

 

Espèces semblables : Ragondin, Rat musqué. Le Castor d’Europe est souvent assimilé au Ragondin. Si d’apparence, les deux rongeurs paraissent assez proches, ils sont pourtant bien différents sur de nombreux points.

 

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Le Ragondin ou Myocastor est une espèce envahissante

(dessin d'Helmuth Diller)

 

Habitat : il lui faut des eaux courantes ou stagnantes ayant au moins 1,50 m de profondeur et entourées de saules, trembles, peupliers, frênes, bouleaux, aulnes et de fourrés. Ces eaux douées ne doivent pas geler jusqu'au fond ni se dessécher entièrement.

 

Il mange exclusivement des végétaux (écorces, feuillages, plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les gîtes du castor sont assez diversifiés allant du terrier qu'il creuse dans la berge, à la hutte.

Le Castor d'Europe est un animal nocturne, difficilement observable. Il vit en groupe familial composé d'un couple d'adultes, des jeunes de l'année et des jeunes de l'année précédente. Le territoire, bien marqué par une sécrétion odorante, le castoréum, s'étend de 500 m à 3 km de rivière. La femelle donne naissance de 2 à 4 petits chaque printemps.

 

Biologie : Le Castor surtout crépusculaire et nocturne. Il vit en couple ou en famille. Il nage facilement et plonge, tenant les membres antérieurs serrés contre le corps, les membres postérieurs et la queue servant de propulseurs. Il peut rester 15 (20) minutes en plongée (maximum). Marque son territoire avec le castoreum. Le long des cours d'eau, son domaine atteint 3 km de long.

 

À la différence du Ragondin, chaque famille de castors ne supporte pas d’autres congénères sur son territoire. On ne pourra donc jamais avoir une surpopulation de castors, car la territorialité répartit les territoires. Si le Castor repeuple à nouveau nos contrées, Sébastien Courbet tient à être précis. « Cela ne signifie pas du tout que la qualité des eaux s’améliore. Si l’animal dispose d’un habitat disponible, il l’occupera. »

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En danger, le Castor sonne l'alarme en frappant l'eau à plat avec sa queue aplatie

 

Selon les lieux, il creuse des terriers dans les berges (avec un orifice immergé et une cheminée d'aération), construit des digues avec des troncs, branches, de la boue et des végétaux pourris, ou encore des huttes (environ 50 cm-1 m de diamètre interne et environ 50 cm de hauteur interne). En France, il vit dans des terriers simples ou des terriers dont l'entrée est dissimulée par des branchages apportés, plus rarement des huttes. Les huttes sont faites avec les mêmes matériaux que les digues. Elles peuvent être utilisées par plusieurs générations de castors qui les améliorent. Les digues, qui atteignent plusieurs dizaines de mètres de long, 1 m de haut et 80 cm de large, servent surtout à régulariser le niveau de l'eau. Le Castor coupe avec ses dents des arbres atteignant 20 cm de diamètre, rarement plus (maximum : 60 cm). Peu actif en hiver.

 

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Le Castor "au bouleau"

 

Nourriture : purement végétale. Écorces, rameaux, feuilles d'arbres (frêne, tremble, saules, peupliers, aulnes, résineux), nombreuses plantes herbacées aquatiques ou terrestres) qu'il va trouver dans ses milieux de vie : cours d'eau, rivières, fleuves lents et zones humides proches. Les provisions d'hiver, entassées sous l'eau, servent surtout à l'alimentation des jeunes car les adultes subsistent principalement aux dépens de leurs réserves de graisse.

 

Reproduction et longévité : La copulation se déroule dans l'eau entre janvier et mars. La gestation dure environ 15 semaines et la mise-bas a lieu d'avril à juin. 1 à 5 petits par portée (une seule portée annuelle). À la naissance, les petits sont velus et ont les yeux ouverts ; ils se mettent à nager peu après. Allaitement : environ 2 mois. Émancipation dans la troisième année. Maturité sexuelle à 3 ou 4 ans. En liberté, le Castor atteint 20 ans, en captivité 35 ans.

 

Voix : peu bruyant. Grognements, sifflements, cris, gémissements (petits), soufflements ; frotte ses dents s'il est excité. «O-o-o» long : appel de la femelle. Signal d'alarme : bruyant coup de queue sur la surface de l'eau, au moment où le Castor plonge.

 

Prédateurs : dans le nord de l'Eurasie : gros carnivores comme le Glouton, le Loup et l'Ours brun.

 

 

CASTOR D'AMÉRIQUE DU NORD, Castor canadensis Kuhl 1820.

 

Ressemble fortement au Castor d'Eurasie : un peu plus grand et plus foncé. Considéré comme une espèce distincte à cause du nombre de chromosomes et de la structure du crâne).

 

Le Castor d'Amérique était jadis répandu dans de vastes étendues de la taïga nord-américaine, il a été décimé et menacé de disparition par les chasseurs de fourrure. Aujourd'hui, il a été introduit dans de nombreuses régions où il est protégé. Introduit en Finlande et dans l'est de l'Europe, il s'y est propagé. Là où il cohabite avec le Castor eurasiatique, mais on n'a jamais observé d'hybridation. Ses effectifs ont augmenté beaucoup plus fortement que ceux de son cousin, sans doute à cause du nombre plus important de petits par portée (jusqu'à 8).

 

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Castor d'Amérique du Nord (Castor canadensis)

Cliché © Planet'mammifères

 

Ajout du 16 janvier 2016  (Ma.commune.fr)

 

Avec FNE, LPO et Jura Nature Environnement

 

Le castor a élu domicile par chez nous. L'ensemble des Francs-Comtois sont invités à donner leur avis sur cette espèce par le biais d'un questionnaire.

 

S'il reste difficile de les chiffrer, on estime néanmoins leur population à 4 ou 500 individus sur l’ensemble du territoire franc-comtois. Les castors "comtois" sont principalement concentrés sur la Loue et ses affluents, mais aussi sur le Doubs, l’Ain, la Saône et la Lanterne.



Ils seraient réapparus naturellement au début des années 2000 d'abord sur le Suran. Avant cela, "la dernière trace de sa présence en région remontait à l’époque mérovingienne", d’après Vincent Dams, chargé de mission à Jura Nature Environnement. Il suit l’espèce depuis 15 ans et avoue avoir été surpris de ne trouver aucun groupe de travail à ce sujet à son arrivée dans le Jura il y a cinq ans.

 

Depuis 2014, une vaste étude est ainsi menée par FNE Franche-Comté, LPO Franche-Comté et Jura Nature Environnement pour améliorer la cohabitation entre les activités humaines et ce rongeur aquatique. Un "groupe castor" a été monté avec divers initiatives et actions de sensibilisation.

 

 

Une "espèce-ingénieur" qui favorise la biodiversité

 

Aujourd'hui, un questionnaire circule par la poste et Internet, adressé aux élus locaux, naturalistes et simples habitants, pour permettre d'expérimenter des moyens de résolution de conflits (barrage, replantation d’arbres…) et d'affiner les impacts de l'espèce sur les milieux aquatiques et la végétation rivulaire. Car certains peuvent voir d'un mauvais oeil sa présence sur le territoire. Il serait même parfois arrivé qu'on le confonde avec le ragondin, "une espèce nuisible", alors que le castor est "une espèce protégée". Il aurait pourtant plus d'un effet bénéfique sur l'environnement.

 

"Le castor fait partie des espèces dites ‘ingénieur’ (ndlr : avec l'homme et l'éléphant) qui réaménagent des milieux. Il a été prouvé que sa présence favorise la biodiversité. Il peut notamment reconstruire des zones humides. " Des financements ont été apportés jusqu’ici par la DREAL et la Région Franche-Comté et diverses initiatives ont vu le jour comme à Louvenne, dans le Jura, où en novembre 500 saules ont été plantés au bord de cours d’eaux lors d’un chantier éco-volontaire.

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Bouturage du plants de saules sur les rives du Suran

(Clliché © D. Dorin)

 

Regardez le reportage de France 3 Franche-Comté du 23/02/2016 consacré au Castor

 

Sources :

Ma commune

Blanchet M., (1977).— Le castor et son royaume. Ligue suisse pour la protection de la nature, Neuchâtel, 242 pages.

Érome G. et Broyer J. (1981).—  Étude de la sélectivité du castor sur la végétation ligneuse. Rapport établi à la demande de la C.N.R., n° 998 032, 88 pages.

Érome G. (1982).— Contribution à la connaissance éco-éthologique du castor dans la vallée du Rhône, Thèse doctorat d'université Lyon I, 284 pages.

Horent Sophie (2016).— La basse vallée du Doubs, un territoire d'exception au carrefour entre Bresse et Finage. Bourgogne Nature n° 23, pp. 86-91.

Lerat Damien, Varanguin Nicolas & Siruge Daniel (2015). — La Loutre d'Europe et les autres mammifères semi-aquatiques en Bourgogne. Bourgogne Nature n° 21-22, pp. 22-42.

Richard P.B (1967).— Le déterminisme de la construction des barrages chez le castor du Rhône, Terre Vie, 114, 4, 339, 472.

Schilling. D., Singer D. Diller H. (1986). — Guide des Mammifères d'Europe, Delachaux & Niestlé, Éd., 284 p.

Castor (genre) Wikipedia

 

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor au repas le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=VjmoCOPulDw&feature=y...

Voir la vidéo de Pascal Juif : Castor s'amuse le long des rives du Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=QGbuiBrPK6I&feature=s...

Voir la vidéo de Pascal Juif : Jeunes castors dans le Doubs

https://www.youtube.com/watch?v=LvqSeRBf6gI&t=4s

https://www.youtube.com/watch?v=F957CiwRn_4

 

Pour en savoir plus sur l'écologie du Castor et ses menaces :

www.oncfs.gouv.fr/connaitre-les-especes-ru73/Le-Castor-dE...

http://files.biolovision.net/franche-comte.lpo.fr/userfil...

 

Pour en savoir plus sur la répartition du Castor sur le réseau hydrographique :

www.oncfs.gouv.fr/Cartographie-ru4/Le-portail-cartographi...

Voir les Bulletins obsnatu n°5, 13, 20 et 27 pour l'historique et l'évolution.

Contacts : Caroline Le Coff caroline-le-goff@oncfs.gouv.fr

et Isabelle Leducq-Giroud isabelle.leduc@lpo.fr

29/11/2015

Abattage des bouquetins du Bargy

Bouquetinlogo.jpgL'abattage des bouquetins arrêtera-t-il la brucellose ?

 

Le 8 octobre 2015, le préfet de Haute-Savoie a lancé une opération d'abattage massif des bouquetins du Bargy. En réponse à ce massacre programmé, une pétition a circulé sur Internet demandant l'arrêt immédiat de cette opération contre-productive. Cette pétition s'appuyait sur des arguments écologiques irréfutables.

 

On a eu l'exemple de l'abattage des renards français lors d'une menace de l'extension de la rage, à la fin du XXe siècle. À la suite du vide causée par la disparition des renards dans l'Est de la France, cette mesure avait déclenché un afflux de renards contaminés provenant de l'Europe centrale. Les autorités suisses, plus astucieuses, avaient résolu le problème en vaccinant les renards indigènes par un vaccin dans des appâts répandus par hélicoptères, attitude imitée ensuite par la France.

 

Dans le magazine "Sciences et Avenir" n° 825 de novembre 2015, Morgane Kercoat revient sur cette information. Depuis plusieurs d'années, politiques et agriculteurs d'un côté, associations de protection des animaux de l'autre, s'affrontent sur la question de l'abattage des bouquetins du massif du Bargy en Haute-Savoie atteints par la brucellose, une maladie infectieuse. Un problème d'autant plus épineux que l'espèce, emblématique de la montagne, est protégée.

 

Cette maladie est provoquée par une bactérie du genre Brucella. Bien connue dans le milieu de l'élevage, elle frappe d'abord les animaux domestiques, en particulier les bovins. Un passage à la faune sauvage (bouquetins, chamois...) est possible, sans que l'on sache véritablement comment. L'homme peut aussi être infecté — en consommant des produits laitiers non pasteurisés en particulier — comme en témoignent deux cas recensés en France depuis 2012. Le premier symptôme est une fièvre, suivie de douleurs articulaires et musculaires. Potentiellement mortelle, la brucellose est bien soignée par un traitement antibiotique, à condition d'être diagnostiquée à temps.

 

Un arrêté préfectoral publié le 16 septembre 2015 a donc autorisé un abattage partiel des bouquetins vivant dans le massif du Bargy pour tenter de stopper la contagion. Seule une soixantaine d'animaux identifiés comme sains devraient en réchapper. Initialement, la préfecture voulait autoriser un abattage total, mais l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) s'y est opposée en juillet dernier, jugeant la solution irréaliste et contre-productive avec un risque de dissémination d'individus survivants malades.

 

Le gros problème, c'est qu'on ignore le nombre exact de bouquetins qui vivent sur le massif, la population ayant été estimée en 2014 entre 275 et 352 individus. Personne ne peut donc dire donc combien il conviendrait de tuer d'animaux pour en laisser 60 vivants... En 2013, lors d'une précédente autorisation d'abattage, les chasseurs avaient estimé avoir abattu 80 % des bouquetins, mais un décompte après l'opération avait donné le même résultat qu'avant l'abattage... Pour Dominique Gauthier, vétérinaire naturaliste et directeur du Laboratoire départemental vétérinaire et d'hygiène alimentaire des Hautes-Alpes, « soit le troupeau avait d'abord été mal comptabilisé, soit des bouquetins des troupeaux voisins sont venus combler le vide créé par l'abattage. Depuis un demi-siècle, la méthode d'abattage sur la faune sauvage a toujours échoué. »

 

Désorganisation sociale et diffusion de l'épidémie

 

Elle n'a pas non plus prouvé son efficacité pour éradiquer la brucellose ! Au contraire. En 2013, la part d'individus contaminés chez les bouquetins ayant échappé à l'abattage est passée de moins de 10 % à plus de 50 % ! L'opération a en effet eu lieu juste avant le rut annuel. « Sans les vieux mâles dont beaucoup ont été tués, il y a eu une désorganisation sociale et une absence de hiérarchie, explique Dominique Gauthier. Des jeunes mâles, qui n'auraient pas pu le faire habituellement, ont eu accès aux vieilles femelles pour la reproduction et se sont contaminés. » Selon l'avis de l'Anses, le stress important induit par ce désordre a pu contribuer à fragiliser les jeunes femelles, les rendant plus sensibles à l'infection. Quand l'opération en cours sera terminée, il est certain que quelques bouquetins, peut-être malades, auront survécu. Stressés et désorganisés, ces animaux pourraient aller contaminer les troupeaux voisins, comme celui de la chaîne des Aravis.

 

C'est pourquoi, loin de régler le problème de la brucellose, l'abattage pourrait au contraire accélérer la diffusion de l'épidémie.







Sorties naturalistes en Franche-Comté

Sorties naturalistes en Franche-Comté

Balades nature de l'Office du Tourisme

et des Congrès de Besançon

 

Propositions de balades nature du premier semestre 2016


Sur inscription préalable et indispensable, auprès de l'Office du Tourisme et des Congrès de Besançon (03 81 80 92 55) ; annulations possibles ou sorties différées si trop peu d'inscrits ou en fonction des aléas de la météorologie.

 

DÉCOUVREZ LES SENTIERS AMÉNAGÉS SUR LE GRAND BESANÇON
18 boucles pédestres, 115 km de circuits (hors liaisons) :

8 boucles de difficulté familiale, 8 boucles de difficulté moyenne, 2 boucles de difficulté sportive, 6 boucles VTT

100 km de circuits (hors liaisons) : 2 circuits de difficulté moyenne (bleu), 3 circuits de difficulté difficile (rouge), 1 circuit de difficulté très difficle (noir)


Pour découvrir les circuits pédestres et VTT, imprimez les fiches, télécharger les fichiers GPS, cliquez ICI

 

 

 

28/11/2015

Pollution par les plastiques : des solutions ?

Découverte d’une

larve mangeuse de plastique

 

La pollution de la planète par les déchets plastiques non biodégradable est un sujet très préoccupant. Voir dans ce même blog les articles : Pacifique : un continent de déchets fait plus de six fois la France et également : Les lacs des Alpes sont contaminés par le plastique.

 

Une publication d'une équipe de la Stanford University annonce une note d’espoir dans la lutte contre la pollution plastique. En effet, l’étude démontre l’aptitude du ver de farine, la larve du ténébrion meunier (Tenebrio molitor), à dégrader le plastique. Les larves de ce Coléoptère peuvent vivre avec un régime composé de polystyrène et d'autres types de plastiques. L’étude montre que 100 larves peuvent consommer de 34 à 39 milligrammes de polystyrène par jour.

Ainsi, selon l’un des auteurs, l’ingénieur Wei-Min Wu, les larves pourraient être une réponse partielle au problème de la pollution plastique.

 

Si cette découverte est révolutionnaire, c’est que les larves transforment le plastique qu’ils ingurgitent en dioxyde de carbone, en biomasse et surtout en déchets biodégradables. Un déchet qui, selon l’étude, est sain pour la culture des plantes et l’agriculture. Ce sont les bactéries présentes dans les intestins de ces larves qui permettent au plastique de se dégrader. En effet, après avoir donné des antibiotiques aux larves, le plastique qu’ils ingèrent ne se dégrade plus lors de la digestion. Bien que d’autres insectes, comme les cafards, soient capables de manger du plastique, ils ne rejettent pas de déchet biodégradable.

 

Plastiques-vers-de-farine-450.jpg

 

Ainsi cette découverte ouvre la porte à de nombreuses nouvelles recherches. Par exemple, sur la capacité des micro-organismes, présents dans les intestins des larves, à détruire d’autres formes de plastique comme le polypropylène, ce plastique utilisé pour créer des pièces automobiles, des textiles ou encore les microbilles. De même comprendre le fonctionnement du système digestif des larves de Tenebrio molitor pourrait permettre de fabriquer des plastiques qui se dégraderaient plus facilement  ou mettre en place une nouvelle technique de dégradation des déchets plastiques.

 

Néanmoins, malgré cette bonne nouvelle, Wu rappelle que la seule réelle solution pour sortir de la « crise plastique » est d’éviter les déchets et d’amplifier le recyclage.

 

D'après Univers Nature, une autre équipe de recherche aurait établi en 2014 que les larves de la fausse teigne (Galleria melonella) qui se nourrissent de la cire des ruches des abeilles ont des propriétés similaires: elles peuvent manger et digérer le plastique utilisé pour les sacs-poubelles.

 

Source :

http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/acs.est.5b02661

 

Un plastique 100%… algues !

 

Une alternative au plastique sans aucun dérivé de pétrole, voilà ce qu’offre la PME bretonne, Algopack. En 2011, Algopack déposait un brevet : la start-up avait découvert dans les algues brunes une molécule naturelle « qui se comporte comme les molécules utilisées dans les matériaux pétro-sourcés habituels ». Ainsi ces algues sont un matériau qui permet de créer un « plastique » qui exclut tout emploi de dérivé de pétrole.

 

Récolte-d-algues-brunes-450.jpg

Remy Lucas, le fondateur de l’entreprise, prouve le côté révolutionnaire et vertueux d’une telle découverte. L’algue est essentielle pour l’écosystème, « elle capte 960 kg de CO2 à la tonne, elle ne consomme ni pesticides, ni engrais et elle envoie de l’oxygène à la mer ». Dans un souci écologique, Algopack a choisi de cultiver les algues pour perturber au minimum l’écosystème marin, de même l’entreprise utilise des espèces locales, non invasives. L’ambitieuse start-up s’est ainsi assurée que les algues présentes au Japon, aux États-Unis et en Irlande sont aussi compatibles afin qu’une présence internationale ne contredise par leur éthique. De plus Algopack contribue à l’économie circulaire : la matière disparaît en 12 semaines en terre et se dégradera en quelques heures sans polluer, si elle finit dans l’eau.

 

Actuellement, malgré des clients et partenaires dans le secteur de l’automobile, du packaging ou de la grande distribution, l’Algopack se développe majoritairement sur des petits marchés. En effet, la production est encore faible et la matière opaque. De plus l’Algopack ne possède pas encore l’aptitude au contact alimentaire, bien que la start-up travaille à trouver des laques végétales, sans plastique, qui empêcheront que le matériau ne se dégrade au contact de la nourriture. Néanmoins Remy Lucas reste positif, il explique que « le plastique a mis 50 ans avant d’être vraiment compatible à tous les domaines ».

 

Source :

univers-nature.com

23/11/2015

Le bonheur est dans la haie

FRANCHE COMTE_LOGO MAIL.jpgLe bonheur est dans la haie

 

 

 

Les rôles de l'arbre et de la haie sont multiples et aujourd'hui scientifiquement reconnus :


- maintien du patrimoine paysager et du cadre de vie ;
- soutien à une agriculture de qualité, durable, à haute valeur environnementale et économiquement rentable ;
- appui de l'économie locale par une filière bois-énergie ;
- amélioration de la qualité de l'eau (fixation polluants) ;
- sauvegarde des corridors écologiques pour la circulation des espèces.

Construire le paysage de demain


Après un programme expérimental mené en 2013/2014 sur la communauté de communes du Val Marnaysien, FNE Franche-Comté renouvelle l'opération Biodiversit'haies à plus grande échelle. Mis en œuvre sur la Basse et la Moyenne Vallée de l'Ognon à la fois sur les départements du Doubs et de la Haute-Saône, ce programme s'adresse à l'ensemble des acteurs du territoire (riverains, élus, agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, promeneurs, entreprises locales...).

Un programme démontrant les avantages à planter des haies et maintenir un territoire bocager :


- rencontre des acteurs locaux et proposition de diagnostics d'étude et de valorisation des haies existantes sur des communes ou des exploitations agricoles volontaires ;


- valorisation ou une réimplantation de linéaires de haies champêtres avec l'organisation de chantiers de plantation bénévoles ;


- mise en œuvre d'actions de sensibilisation sur le rôle des haies est mis en œuvre (animations « nature », interventions dans les écoles et auprès des étudiants et lycéens du monde agricole, journée technique pour les exploitants agricoles, la publication de documents de sensibilisation).


Ce projet vous intéresse ? alors chaussez vos bottes et venez nous aider à planter des arbres !


En décembre, environ 7 chantiers de plantation permettront de planter 2100 arbres. Ainsi l'équipe de Biodiversit'haies est à la recherche de bénévoles-planteurs. Participer à la construction de notre paysage de demain permet de passer un moment agréable à l'extérieur. Les repas et boissons chaudes fournies gratuitement apporteront toutes les forces nécessaires aux planteurs.

Dates des chantiers :


- vendredi 27 novembre à Villers-Buzon (25) ;
- mardi 1er décembre à Mazerolle-le-Salin (25) ;
- vendredi 4 décembre à Jallerange (25) ;
- mercredi 9 décembre à Villers-Buzon (25) ;
- samedi 12 décembre (date et lieu à confirmer) ;
- semaine du 14 au 19 décembre à Loulans-Verchamps et Motey-Besuche (70).

Contact :​
​Cathy Poimboeuf
Chargée de mission Biodiversit'haies
MEFC - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél. 03 81 80 92 98 - http://fne-franche-comte.fr/
Association agréée au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la Protection de la Nature


Biodiversit'haies est soutenu par le Conseil Régional de Franche-Comté, la DREAL Franche-Comté et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Ainsi qu'en partenariat avec l’Association Française Arbres Champêtres et Agroforesteries.

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22/11/2015

Curieux de nature dans la Reculée des Planches

Curieux de nature dans la Reculée des Planches

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08/11/2015

Grues cendrées en migration automnale

Les grandes voyageuses

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Observées il y a une quinzaine de jours dans le ciel du Pays de Montbéliard, les Grues cendrées poursuivent leur migration.

 

L'image qui illustre le sujet de cette semaine nous provient des environs du Lac du Der en Champagne où se déroulait le week-end des 21-22 novembre 2015, le 19e Festival de la Nature et de la Photographie animalière.

 

Rendez-vous annuel des passionnés de nature et des photographes de tous horizons, cette manifestation permet de découvrir chaque année de nouveaux talents au sein de nombreux lieux d'exposition.

 

Il faut aussi profiter de la concentration incroyable d'oiseaux, notamment des Grues cendrées qui, durant cette halte migratoire variable dans le temps suivant les conditions météo, quittent le lac tous les matins pour aller se nourrir dans les champs environnants. Elles le regagnent en fin de journée par milliers pour se mettre en sécurité durant la nuit sur les îlots et grèves de cette étendue artificielle, en basses eaux à cette époque de l'année.

 

Près de 65 000 grues cendrées ont été comptabilisées dernièrement sur le Lac du Der. Elles poursuivent leur route en direction du sud de l'Espagne où elles retrouveront leurs quartiers d'hiver avant de refaire le chemin inverse à la sortie de l'hiver.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,grue cendrée

Cliché © Dominique Delfino

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,grue cendrée

Cliché © Dominique Delfino

 

04/11/2015

Actualités de la Damassine

Actualités de la Damassine

 

Exposition Rénovation performante

jusqu’au 23 décembre 2015


Réduire sa consommation d'énergie est une nécessité pour répondre aux défis du dérèglement climatique. La France s'est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 75% d'ici à 2050. Pour tenir cet engagement, la rénovation du parc immobilier existant est primordiale, sachant qu'il restera environ 40 % de constructions antérieures à 1975 en 2050. Cette amélioration du bâti doit viser dès aujourd'hui la haute performance pour ne pas tuer le gisement d'économie.


Cette exposition offre des clés et des conseils pour rénover son logement et le rendre performant des points de vue énergétique et du confort, tout en réduisant substantiellement son budget chauffage !


En complément de l'exposition, vous pourrez également découvrir une matériauthèque des différents isolants.
Pour adultes. Accès libre et gratuit. Info au 03 81 37 78 30 et www.agglo-montbeliard.fr
 
3 visites guidées en lien avec cette exposition les 8/11, 22/11 et 13/12 de 15 à 17h :

 

  • Quelles sont les bonnes raisons d'engager des travaux de rénovation énergétique de votre habitat ?
  • Quelles sont les solutions techniques pour diminuer les consommations d'énergie de votre maison ?
  • Comment choisir les bons matériaux isolants ? Quel impact des travaux de rénovation auront sur le budget du foyer ?


Pour répondre à toutes ces questions et bien d’autres, un conseiller info énergie de Gaïa Énergies sera à votre disposition à la Damassine les dimanches 8, 22 novembre et 13 décembre 2015.


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03/11/2015

Le réchauffement climatique en France

Le réchauffement climatique en France

 

Le réchauffement climatique à l'échelon de la planète

 

Environ 1°C, c'est l'amplitude des variations de températures au cours des 12 000 dernières années, bornée par les extrêmes du Petit Âge glaciaire (vers 1300-1850) et de l'optimum climatique (vers 5000 av. J.-C).

 

Or, la température moyenne dans notre pays s'est élevée de 1°C sous l'effet des émissions industrielles en un siècle et demi. Neuf années sur les dix réputées les plus chaudes des deux derniers siècles sont postérieures à l'an 2000. Plus encore que son ampleur, c'est la rapidité à laquelle se produit le phénomène qui inquiète les chercheurs.

 

"Cela n'a peuttre l'air de rien, mais cet écart représente 20% de la différence thermique séparant une période de glaciation d'une période 'normale'", relève Éric Brun, de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Unerc), un organisme placé sous l'autorité du ministère de l'Écologie. "Une hausse de la température de 1°C correspond, pour des régions comparables, au déplacement du climat de 180 km vers le nord ou de 150 m plus haut en altitude", enchaîne Serge Planton, directeur de recherche au Centre national de recherches météorologiques.

 

Si l'on prend comme repère l'organisme humain, il devient fiévreux à partir de 39°C ; s'il atteint 41°C, sa vie est menacée ; s'il retombe à 37°C, tout va bien. Deux degrés de plus ou de moins font une énorme différence.

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Ce qui nous attend pour le siècle à venir ? Difficile d'être très précis : les climatologues se débattent avec plusieurs scénarios très différents d'émissions de CO2 et une flopée de modèles numériques dont les résultats ne convergent pas toujours (voir ci-contre). Il n'empêche, des tendances se dégagent nettement.

 

Avant la COP21, les États se positionnent

 

Du 30 novembre au 11 décembre se tiendra à Paris la COP21 c'est-à-dire la 21e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les "parties" sont les 195 états ayant ratifié cette convention de principe lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. La COP en est l'organe de décision suprême. Cette conférence est organisée chaque année dans une ville différente. Objectif affiché à Paris : obtenir un accord juridiquement contraignant pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2°C en 2100.

 

En vue de la COP21, 150 États ont révélé leurs engagements à réduire leurs gaz à effet de serre d'ici à 2030 ou 2050. Bilan : ils ne permettront de limiter la hausse globale des températures qu'autour de 3°C d'ici à 2100. Au-dessus donc des 2°C recommandés par la communauté scientifique.

Les premiers de la classe

Dans les pays développés, U.E (-40 % par rapport à 1990) et les États-Unis (-28 % sur le secteur électrique). Dans les pays en développement, le Costa Rica (0 émission en 2021), l'Éthiopie (-62 %) et le Maroc (-32 %).

Les nouveaux venus

Chine, Inde, Brésil s'engagent pour la première fois à ne plus augmenter leurs émissions et à investir massivement dans les énergies renouvelables.

Les mauvais élèves

Australie, Canada et Turquie n'entendent pas cesser d'extraire ou d'utiliser des énergies fossiles et ne visent que de très faibles baisses. La Russie, elle, ne jouera que sur le puits de carbone de son immense forêt boréale.

Les absents

Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Irak, Nigeria. Venezuela, Qatar, Iran n'ont présenté aucune contribution.

Alors que les émissions des pays développés ont cessé de progresser ou baissent, celles de pays émergents (Inde et, surtout, Chine) augmentent. Mais ces pays se sont engagés pour la première fois à les limiter.

 

Malheureusement, les négociateurs qui affluent du monde entier vers Paris pour participer à la COP21, n'y pourront pas grand-chose ! "L'inertie du système climatique est telle qu'il n'est plus possible d'infléchir la tendance d'ici à 2050. lance Éric Brun. Les décisions prises en ce moment n'auront un impact que sur la seconde moitié du XXIe siècle. " II y a urgence quand on sait que 2015 est en passe de devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée.

 

Le réchauffement climatique en France

 

Le magazine "Sciences & Vie" développe dans sa livraison de novembre 2015 un dossier spécial consacré au climat et fait le tour des régions françaises[1], hexagone et DOM-TOM compris. Nous empruntons à cette revue l'ensemble de son article d'introduction.

 

Il suffit d'ouvrir les yeux. Il suffit de prêter un peu attention à tel ou tel signe étrange dans le paysage, à ce petit détail qui cloche ou cette anomalie qui bouscule de vieux adages bien ancrés. L'évidence saute alors à la figure : le réchauffement climatique mondial est en train de transformer la France.

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+2,4°C : le scénario le plus probable en France

Source : Ministère de l'écologie, du développement durable

et de l'énergie

 

La figure ci-dessus montre une projection du climat de la France des années 2070-2100... Une projection parmi d'autres, car il existe plusieurs scénarios d'émissions de CO2 (voir ci-dessous) et différents outils de simulation numériques. Nous avons choisi un scénario médian (trait vert, correspondant à un changement mondial de 1,7 à 3,2°C) simulé par le modèle Aladin-Climat exploité par Météo-France. Constat frappant : le changement climatique n'aura rien d'homogène à l'échelle du territoire ; la vallée du Rhône devrait subir un réchauffement trois fois supérieur à celui de la pointe du Cotentin ! Quelle que soit leur ampleur, ces dérèglements auront un impact sur les activités et les paysages les plus emblématiques de nos régions.

 

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Évolution de la température en été et en hiver

 

Depuis maintenant plusieurs décennies, les indices s'accumulent dans tous les coins de l'Hexagone. Que ce soit en ville, à la campagne, à la montagne ou sur le littoral... En Lorraine, les semis de blé sont effectués un mois plus tôt qu'en 1970 ; dans le massif du Mont-Blanc, il faut des descendre chaque année une dizaine de marches supplémentaires pour accéder à la Mer de Glace ; à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse), les vendanges ont été avancées d'environ trois semaines depuis les années 1950 ; dans le Maine-et-Loire, les pommiers fleurissent une semaine plus tôt que dans les années 1990 ; en Normandie, le rouget s'est invité à la table des restaurants gastronomiques : à Paris, les perruches côtoient les pigeons…

 

Dans l'Hexagone, le climat sera de plus en plus chaud tout au long de l'année, les canicules estivales vont se multiplier et l'été sera toujours plus sec sur l'ensemble du pays car la chaleur accentue l'évaporation des sols et la transpiration des plantes. Autant dire que le brûlant été 2003 est voué à devenir la norme...

 

Le régime des pluies sera aussi probablement impacté : les précipitations devraient augmenter en hiver et diminuer en été, avec un risque accru de pluies extrêmes. Tandis que le niveau des mers pourrait s'élever d'une cinquantaine de centimètres.

 

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ÉVOLUTION EN ACCÉLÉRÉ

Peut-être que plus que son ampleur, c'est la vitesse du changement à venir qui interpelle : "Dans les cinquante prochaines années, nous devrions encaisser à peu près le même échauffement que lors du siècle dernier", pointe Serge Planton. Même si, à bien des égards, la société évoluera sans doute plus vite que le climat.

 

Personne ne peut rester indifférent à ces projections dans un pays comme le nôtre, si dépendant de ses terroirs et de ses climats. La France est le premier exportateur européen de céréales, le premier producteur mondial de vin, la première destination touristique, le plus grand domaine skiable du monde, un pays bordé par trois mers et un océan en élévation... "À ne pas chercher à s'adapter reviendrait à se tirer une balle dans le pied !", lance Éric Brun.

 

Bonne nouvelle : l'adaptation au nouveau climat est justement devenue un objet de recherche en soi. Avec, à la clé, des pistes pour l'avenir.

 

"Jusqu'à maintenant, nous nous sommes adaptés en fonction de l'experience acquise, par petits incréments, à l'image du décalage de la date des semis, analyse Thierry Caquet, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Mais vers 2030-2040, il faudra commencer à sortir des référentiels connus, avec l'apparition de nouvelles cultures, de nouveaux systèmes de production — pourquoi pas issus des pays du Sud. Ensuite, des décisions plus radicales devront être prises, peut-être l'abandon de cultures emblématiques."

 

D'ores et déjà, les agronomes se ruent sur leurs archives et leurs grandes collections de semences. Ils commencent aussi à analyser plants de vigne, arbres (fruitiers ou non), céréales ou espèces animales exploités dans les endroits les plus chauds et arides de la planète. À la recherche de tout ce qui serait capable de supporter un été caniculaire, un automne chaud ou même un hiver trop doux.

LOURDES DÉCISIONS

Ces problèmes peuvent paraître lointains. Erreur ! La question est déjà brûlante pour les forestiers, par exemple, dont les arbres plantés aujourd'hui seront exploités vers la fin du siècle. "Il existe un paquet d'incertitudes sur la capacité des arbres à s'adapter aux sécheresses extrêmes attendues, nous sommes dans l'inconnu, témoigne Hervé Le Bouler, de l'Office national des forêts (ONF). À vrai dire, toutes les essences sont susceptibles d'être mises en difficulté par ces stress hydriques. Il faut trancher... ça ressemble à une situation de guerre."

 

Un peu partout, de lourdes décisions devront être prises. Face à la montée du niveau de la mer, "les zones à forts enjeux industriels et humains (Dunkerque, Le Havre...) seront protégées à tout prix, annonce Eric Brun. Dans d'autres endroits, en revanche, il faudra accepter de cesser la lutte et d'abandonner des terrains à la mer".

 

Une chose est sûre : les conséquences dépasseront largement le simple décalage des vendanges ou de la date de floraison des pommiers et des mirabelliers.

 

Rien ne sera simple. De lourds investissements devront être consentis pour ériger des digues supplémentaires, inventer des systèmes d'irrigation, lancer une lutte massive contre des parasites ou des maladies mal connus, mettre en place des compétences inédites, imaginer de nouvelles filières économiques, s'adapter à d'autres rythmes de vie, se lancer dans de nouvelles cultures qui, au début, pourraient échouer lamentablement... "Les agriculteurs devront renégocier les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlée de leurs produits, qui n'auront plus forcément le même goût ni le même aspect", avance Thierry Caquet.

 

Ici, il faudra peut-être faire le deuil d'une infrastructure emblématique devenue caduque : une station de ski, une promenade sur le front de mer, une route départementale... Là, abandonner des savoir-faire ancestraux. Des paysages typiques deviendront méconnaissables. Quelques itinéraires de promenade bien connus se révéleront trop dangereux. D'inquiétantes maladies, que l'on croyait réservées aux pays tropicaux, nous toucheront de plein fouet. Les ingrédients de certaines recettes traditionnelles seront plus difficiles à trouver.

 

Inutile, pour autant, de céder au catastrophisme : les Français sont loin d'être les plus mal lotis face au changement climatique. Notre territoire ne sera pas constamment submergé comme certaines parties du Bangladesh ou n'importe quelle île du Pacifique. "La France restera un pays tempéré, avec ses variations saisonnières qui lui sont propres — il y aura toujours des perturbations en hiver", rétablit Robert Vautard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. Selon plusieurs modèles, la vitesse des vents violents aurait même tendance à s'atténuer dans l'Hexagone. Et il ne s'agirait pas non plus d'accuser le climat à tort et à travers à chaque nouvelle catastrophe naturelle.

DES VIGNES PARTOUT EN FRANCE

Surtout, le changement climatique ne peut se résumer à une douloureuse et tragique rupture d'équilibres. Des opportunités se présenteront aussi. Quoi qu'on en pense, le surplus de CO2 présent dans l'atmosphère stimule la croissance de nombreux végétaux ! Et puis, le déplacement de certaines espèces vers le nord crée de nouvelles possibilités sur ces territoires — toute la France sera bientôt éligible à la viticulture. Pour sa part, la raréfaction des périodes de gel ouvre le champ des possibles dans le nord-est de la France et dans les massifs montagneux. Plusieurs espèces aujourd'hui marginales sur notre territoire, comme le pin d'Alep ou le sorgho, pourraient enfin trouver la place qu'ils méritent. "Les cultures rustiques et diversifiées devraient prendre l'avantage sur les systèmes hyper-performants ", relève, non sans plaisir, Patrick Bertuzzi, directeur de l'unité de recherche Agroclim (INRA Avignon). Comme un air de revanche sur le productivisme et l'uniformisation à tout crin.

 

[1] Climat, le tour de France des régions Sciences & Vie n° 1178 novembre 2015, pp.46-128;

Voir également le dossier de Sciences et Avenir, n° 825, novembre 2015, pp. 56-63.

Le réchauffement climatique dans l'Arc jurassien

Le réchauffement climatique

dans l'Arc jurassien

 

Environ 1°C, c'est l'amplitude des variations de températures au cours des 12000 dernières années, bornée par les extrêmes du Petit Âge glaciaire (vers 1300-1850) et de l'optimum climatique (vers 5000 av. J.-C).

 

Le climat actuel affiche +0,8°C, une valeur atteinte en à peine un siècle et demi. Neuf années sur les dix réputées les plus chaudes des deux derniers siècles sont postérieures à l'an 2000. Plus encore que son ampleur, c'est la rapidité à laquelle se produit le phénomène qui inquiète les chercheurs...

 

 Ça chauffe dans l'Arc jurassien

 

S'il affiche une moyenne générale de +0,8°C sur la planète depuis 1880, le réchauffement ne sévit pas partout de la même manière. Dans l'hémisphère nord, il est plus marqué dans le Nord que dans le Sud ; et dans les zones océaniques, une partie de l'énergie thermique est absorbée par l'immense volume d'eau de l'océan jusqu'à trois kilomètres en profondeur. Ces deux raisons expliquent que dans les régions continentales telles que l'Arc jurassien franco-suisse, le réchauffement est plus marqué : +1,5°C, presque un doublement de la valeur moyenne, qui se vérifie aussi bien sur les trente dernières années que sur l'ensemble du siècle passé.

 

Climatologue à l'Institut de géographie de l'université de Neuchâtel, titulaire de la chaire conjointe avec l'Institut fédéral de recherches WSL sur la forêt, la neige et le paysage. Martine Rebetez met en rapport les chiffres et les tendances. "La température moyenne du globe sur l'ensemble de l'année est aujourd'hui de 16°C. L'augmentation de 0,8°C a pour point de départ le tournant du XXe siècle. Le recul des glaciers, les transformations de la végétation et la montée des océans comptent parmi les preuves les plus visibles du réchauffement." La référence de +3°C retenue par la COP21 semble utopique. Comme d'autres spécialistes, Martine Rebetez estime que +4°C est une valeur plus réaliste à attendre du réchauffement : la machine est lancée, il faudrait prendre des mesures draconiennes sur l'ensemble de la planète pour la ralentir suffisamment, et vite. Car au-delà du phénomène lui-même, Martine Rebetez insiste sur la rapidité avec laquelle s'opère ce changement : un siècle a suffi pour voir la surface de la planète nettement transformée.

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Évolution des températures durant l'holocène et l'anthropocène

 

Chercheur CNRS au laboratoire Chrono-environnement de l'université de Franche-Comté, Michel Magny est paléoclimatologue et partage cet avis. Ses travaux de mesure du niveau des lacs en Franche-Comté ont permis de reconstituer l'histoire du climat sur des milliers d'années, non seulement dans la région, mais aussi en Europe occidentale et méditerranéenne. Il précise la notion de climat. "Si la météo rend compte d'événements ponctuels, le climat, lui, représente la moyenne des événements météorologiques se produisant à un même endroit pendant trente ans."

 

Ötzi, 5300 ans, témoin du réchauffement

 

Glacier du Niederjoch, Alpes, frontière italo-autrichienne, environ 3300 av. J.-C., Ötzi s'écroule sous les flèches des ennemis le poursuivant. Rapidement enseveli sous la neige et la glace, son corps ne sera découvert qu'en 1991 au hasard d'une randonnée, sous forme d'une momie en parfait état de conservation.

 

Les variations du niveau des lacs du Jura qu'a étudiées Michel Magny, et qui renseignent sur l'histoire du climat en Europe, corroborent l'idée d'un brusque refroidissement du climat ayant pu s'accompagner d'une avancée notable du glacier à cette époque.

 

Comme elles montrent que depuis, aucune période de réchauffement n'a été comparable à celle que nous connaissons actuellement, postulat scientifique que confirme la découverte de « l'homme des glaces ». Ötzi est la preuve momifiée d'une situation de réchauffement inédite : sa bonne conservation, ainsi que celle de son équipement en matières périssables sont indirectement l'œuvre d'un froid suffisant et d'une glace pérenne au cours de ces cinq derniers millénaires. "Ötzi est un symbole et alerte sur l'ampleur du changement climatique et la rapidité du phénomène", prévient Michel Magny.

 

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Ötzi, 5300 ans, témoin du réchauffement

 

Retour éclair à l'optimum climatique

 

Depuis un million d'années, le climat de la Terre suit des cycles de 100 000 ans, alternant glaciations et périodes interglaciaires, qui, beaucoup plus clémentes, durent 10 000 à 30 000 ans. Ces phases correspondent aux variations de l'orbite de la Terre autour du Soleil. À l'intérieur de ces grands cycles, on observe des oscillations du climat, dues à des variations de l'intensité du Soleil, que renforcent les altérations de l'activité volcanique et de la circulation océanique.

 

Notre climat s'inscrit dans une période interglaciaire appelée Holocène, démarrée voilà 11 700 ans. Selon un schéma classique, les températures ont suivi une courbe ascendante jusqu'à atteindre un optimum climatique, aux environs de 5000 ans avant J.-C. Depuis, la courbe de température suit un refroidissement progressif, ponctuée d'oscillations dont les variations de l'activité solaire... et désormais les activités humaines, sont responsables.

 

Michel Magny replace la situation actuelle à l'échelle de l'Holocène. Loin de noyer le siècle passé et les bouleversements qui l'accompagnent dans -20 000 ans d'histoire, la comparaison ne fait que mettre en valeur l'anomalie qu'elle représente, qui nous ramène presque aux valeurs de température de l'optimum climatique. L'homme est entré dans le circuit climatique, son impact devient plus prégnant que l'influence des planètes...

 

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Les concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l'atmosphère

à l'Anthropocène, comparées à celles des 600 000 années précédentes

(Croquis de Michel Magny)

 

C'est pourquoi Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, a baptisé "Anthropocène" la période que nous vivons depuis 1750, caractérisée par les débuts de la machine à vapeur, l'emballement de la Révolution industrielle au XIXe siècle, et une "grande accélération" depuis les années 1950, correspondant à l'avènement de la société de consommation dans les pays occidentaux, des modèles économiques axés sur la croissance, et l'aspiration de toute la planète à accéder au développement.

 

"L'Anthropocène, nouvelle ère géologique, est non seulement marqué par l'impact de l'activité humaine sur le climat, avec les gaz à effet de serre pour premier responsable, mais aussi sur l'environnement, le fonctionnement des écosystèmes se voyant perturbé comme jamais", explique Michel Magny.

 

D'après le n°1191 (décembre 2016) du magazine Science & Vie, la communauté des géologues s'apprête à proclamer officiellement notre entrée dans une nouvelle ère géologique, l'anthropocène ("âge nouveau de l'homme"). Une notion qui s'est donc confirmée, et même précisée depuis quelques années : l'anthropocène sera une "époque", et succédera en tant que telle à l'holocène , en cours depuis 12000 ans et marqué par un climat stable. Ce ne sera donc pas une "période", puisque nous resterons dans le quaternaire, qui voit depuis 2,6 millions d'années les glaciations, et encore moins une "ère".

S'il est trop tôt pour modifier les manuels de géologie, il est improbable que la Commission stratigraphique internationale ­ l'organisme officiel habilité à statuer ­ désavoue l'avis rendu par le groupe de travail sur l'anthropocène. Cet avis est en effet sans appel : seuls 3 des 35 géologues impliqués ont voté contre la formalisation de l'anthropocène, et il y a eu quasi-unanimité pour fixer la date de son début au milieu du XXe siècle — l'idée de la faire coïncider avec l'invention de l'agriculture ou la révolution industrielle n'a trouvé aucun partisan.

Avec cette décision, la communauté des géologues acte que non seulement Homo sapiens est devenu une force géologiques à l'impact planétaire, mais que ses actions resteront décelables dans des millions d'années.

 

Des chênes sur les monts du Jura

 

La forêt de la Joux est considérée comme l'une des plus belles sapinières de France. Au Moyen Âge, c'était une chênaie. Au temps de l'optimum climatique, les monts du Jura étaient couverts de feuillus, les épicéas et les fiers sapins encore inconnus. L'évolution actuelle du climat ramènerait-elle à cette configuration ?

 

Les spécialistes, tel François Gillet au laboratoire Chrono-environnement, prédisent la disparition progressive de l'épicéa au profit du hêtre dans les forêts de résineux et les prés-bois de la montagne jurassienne. Le hêtre lui-même ne saura résister à une température et une sécheresse estivale croissantes, et pourrait à terme se voir supplanté par le pin et le chêne pubescent, comme on en trouve en zone méditerranéenne.

 

Ces prévisions sont issues de simulations numériques à partir d'un modèle développé en partenariat avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne, considérant deux scénarios climatiques : l'un qualifié de "réaliste" avec une augmentation de la température de 4°C, l'autre plus pessimiste pariant sur +8°C. Ils incluent des options de gestion plus ou moins volontariste de la forêt pour des projections plus plausibles, l'intervention humaine étant depuis toujours très étroitement liée aux conditions climatiques. Le remplacement naturel des espèces d'arbres étant un processus très lent, une de ces options est dite de migration assistée : le forestier y anticipe les changements et plante les essences qu'il sait adaptées à un climat plus chaud.

 

"On voit déjà que le hêtre se régénère mieux que l'épicéa, remarque François Gillet. Il faut encourager cette tendance, car vouloir à tout prix favoriser l'épicéa, même si son déclin n'est pas annoncé avant un siècle, c'est prendre le risque de se trouver plus tard dans une période de transition où il n'y aura plus de forêt du tout." Les arbres ont une grande capacité à résister aux changements, mais l'évolution du climat est tellement rapide que les chercheurs ne savent pas à quoi s'attendre. "On constate en tout cas que certains arbres souffrent déjà des stress liés aux changements climatiques."

 

Le CO2 pétrifié dans des arbres à calcaire

 

On sait que les arbres absorbent du CO2 et produisent de l'oxygène. On sait moins que certaines espèces ont la capacité de transformer le CO2... en calcaire ! Ce processus de biominéralisation réalisé par l'arbre est rendu possible par la présence dans ses tissus d'un sel organique, l'oxalate de calcium, et l'intervention de bactéries et champignons vivant dans le sol à son pied. Il a été découvert au début des années 2000 par le microbiologiste Michel Aragno et le géologue Éric Verrecchia, alors chercheurs à l'université de Neuchâtel.

 

L'iroko est le premier et le plus performant de la dizaine d'arbres qu'ils ont identifiés en Afrique et en Amérique du Sud comme réalisant ce processus. Un iroko est capable de fixer l'équivalent de 10,8 m3 de CO2 sous forme de calcaire par an. "Ce phénomène est rendu possible sous certaines conditions d'altitude et de composition du sol, acide et dépourvu de calcaire, que les chercheurs ont déterminées par le biais d'expériences in situ", explique Laure Sandoz, qui vient de terminer son mémoire de master en anthropologie à l'université de Neuchâtel, mémoire qu'elle a consacré à un projet de développement durable lié à ces arbres.

 

L'avantage de la biominéralisation est que le calcaire renfermant le CO2, enfoui dans le sol, est stable jusqu'à un million d'années, alors que le CO2 absorbé par un arbre de façon classique retourne vers l'atmosphère lors de la décomposition des feuilles, puis à la mort de l'arbre. Mais ce n'est pas le seul atout du processus. « Au fur et à mesure de sa vie et de la transformation du CO2 qu'il opère, l'arbre modifie le sol autour de lui et le rend plus basique, ce qui est favorable à des cultures comme celles du cacao ou du café. » Outre l'intérêt climatique de protéger ces essences, c'est aussi dans cette optique que la jeune chercheuse a rejoint la Bolivie dans un projet en collaboration avec l'université de Neuchâtel et l'association genevoise Racines, à mi-chemin entre écologie, développement durable et lutte contre la pauvreté.

 

Contact: Laure Sandoz Tél. +41 (0)61 267 18 47 - laure.sandoz@unibas.ch

 

Végétation et capacités d'adaptation

 

Neige, glace, pluie... les spécialistes sont d'accord : réchauffement climatique ou pas, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Si la limite pluie / neige a grimpé de quelques dizaines de mètres dans le Jura et les Alpes, au delà de 1500/2000 m le manteau neigeux recouvre toujours la montagne. Mais son épaisseur, sa qualité et sa persistance varient fortement d'une année à l'autre, influençant par là même le développement de la végétation. Yann Vitasse est post-doctorant à l'institut fédéral de recherches WSL et à l'institut de géographie de l'université de Neuchâtel. Dans un projet financé par le Fonds national suisse depuis 2014, dirigé par Martine Rebetez et Christian Rixen, il écoute pousser les plantes grâce aux capteurs à ultrasons disséminés dans les Alpes suisses.

 

Installés dans cent trente stations entre 1500 et 3000 m d'altitude, ces dispositifs enregistrent la hauteur de la neige toutes les demi-heures depuis presque vingt ans. Les chercheurs ont découvert qu'ils captent également les signes de croissance des végétaux au printemps et en été. « Ces données vont être corrélées avec des paramètres climatiques comme le vent, la température du sol et de l'air, la fonte des neiges... », explique Yann Vitasse. Un croisement d'informations aussi inédit que prometteur, quand on sait à quel point le comportement de la neige qui, tour à tour exerce un rôle de protection contre le gel et d'hydratation auprès de la végétation, est essentiel. « Nous verrons comment les espèces alpines réagissent aux variations climatiques, à celles de la température et surtout à celles de la fonte des neiges », complète Martine Rebetez.

 

Les feuilles moins pressées par le réchauffement

 

Un printemps doux et précoce ne manque pas d'habiller tôt les arbres de leurs feuilles : une avance de deux à six jours pour chaque degré ajouté à la température moyenne. Pour connaître l'influence du réchauffement climatique sur ce fonctionnement, une étude internationale a comparé et analysé la date de sortie des feuilles de sept espèces d'arbres européens sur les trente dernières années. Les observations portées sur les aulnes, bouleaux, marronniers, hêtres, tilleuls. chênes et frênes de 1 200 sites se sont complétées de modèles numériques intégrant des processus physiologiques. Les résultats distinguent deux périodes bien marquées : entre 1980 et 1994, les feuilles sont apparues avec 4 jours d'avance par degré ajouté à la température moyenne, contre 2,3 jours entre 1999 et 2013.

 

Faut-il y voir le signe d'une adaptation des arbres au réchauffement climatique ? Yann Vitasse a participé à la recherche, et met en garde contre une interprétation hâtive des résultats, tout en expliquant le phénomène : un équilibre entre chaud et froid, entre hiver et printemps. Curieusement, c'est en fait le froid de l'hiver qui joue le rôle de starter et fait sortir les bourgeons de leur état végétatif. « Une température trop chaude en hiver ne favorise pas la sortie des bourgeons de l'état de dormance dans lequel ils sont plongés depuis l'automne. Du coup, les feuilles ont besoin d'attendre des températures encore plus clémentes au printemps pour pouvoir se développer pleinement... » Ce constat n'est pas forcément une bonne nouvelle, car il importe que la levée de la dormance soit efficace pour la bonne santé des arbres. « Un manque de froid répété en hiver pourrait entraîner de graves problèmes de développement, cela pour les plantes en général. »

 

Menace sur les tourbières

 

Autre milieu naturel essentiel, les tourbières sont protégées en France, où elles s'étendent sur 1000 km2. En Sibérie, la plus grande tourbière représente à elle seule 50000 km, plus que la superficie de la Suisse ! L'enjeu des tourbières est lié aux quantités incroyables de CO2 et de méthane qu'elles renferment, et dont on craint qu'elles se libèrent dans l'atmosphère sous l'effet de l'accélération de la décomposition de la matière organique à mesure que leurs prisons glaciales montent en température. Spécialistes de ces milieux humides largement influencés par les conditions de température et de pluviosité, Daniel Gilbert, au laboratoire Chrono-environnement de l'université de Franche-Comté, et Edward Mitchell, au laboratoire de biologie du sol de l'université de Neuchâtel, travaillent depuis plus de vingt ans à étudier leur fonctionnement. Leurs travaux sont basés sur l'étude de la végétation et des micro-organismes, les vivants comme ceux conservés depuis des milliers d'années dans les strates de la tourbe. Pour surveiller les tourbières et prévoir leur évolution, des dispositifs de mesure et de simulation du réchauffement sont installés sur le site de Frasne (Doubs) depuis 2008. Une expérience qui s'est exportée depuis à l'immensité sibérienne et en Pologne, où les mêmes installations scientifiques sont implantées. "Il est intéressant d'extrapoler nos recherches à ces grandes surfaces de tourbières, dans des régions où, de plus, le réchauffement est plus marqué" souligne Edward Mitchell.

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Installations scientifiques de la tourbière de Frasne

 

Écosystèmes en mutation

 

"À Frasne, le réchauffement simulé montre un changement significatif des relations entre les plantes supérieures, les mousses, les microbes vivant en surface et en profondeur, et la chimie de l'eau, raconte Daniel Gilbert. C'est le fonctionnement tout entier de l'écosystème qui s'en trouve modifié avec des conséquences sur le stockage et le cycle du carbone qu'il reste à mesurer. Des mâts équipés de capteurs devraient être installés à cet effet au-dessus du site de Frasne dès cet hiver : le dispositif mesurera la concentration de CO2 dans l'air sur plusieurs centaines de m2, et déterminera si le gaz se répand ou s'il est happé par la tourbière.

Des années de recul seront encore nécessaires pour comprendre les interactions entre le climat et les les tourbières. "Il faut se garder de généraliser certaines conclusions, prévient Daniel Gilbert. Si les tourbières du Sud de la France ou d'Italie ont toutes les probabilités de s'assécher et de disparaître, on pense que plus on ira vers le Nord, moins les tourbières seront affectées par le réchauffement climatique. Certaines, bénéficiant de conditions plus plus douces, seront peut-être même plus fixatrices de CO2 que par le passé…"

 

Edward Mitchell souligne par ailleurs que l'assèchement aurait plus de répercussions négatives sur les écosystèmes que le réchauffement. "Le réchauffement à +1 ou + 2 °C ne serait pas à lui seul un facteur déterminant, mais si le régime des précipitations baisse, surtout pendant l'été, cela deviendrait dramatique."

 

Dix mille sortes de particules dans l'atmosphère

 

Dans l'étude de l'impact des constituants de l'atmosphère sur le réchauffement, les aérosols sont les derniers à être entrés dans le collimateur des chercheurs. Aérosols est leur intitulé scientifique, mais le grand public les connaît plutôt sous le nom de particules fines.

 

D'une taille inférieure à la dizaine de microns, voire de l'ordre de quelques nanomètres seulement, liquides ou solides, ces minuscules particules de matière concernent un spectre très large d'éléments naturels ou nés de l'activité humaine : les poussières du désert ou celles des volcans, les infimes cristaux de sels provenant de la mer, les pollens, les microbes, les bactéries,auxquels s'ajoutent les particules de suies émises par les véhicules, la poudre de ciment des entreprises du bâtiment…, le tout formant des nébuleuses de particules. pollens, les microbes, les bactéries, auxquels s'ajoutent les particules de suies émises par les véhicules, la poudre de ciment des entreprises du bâtiment..., le tout formant des nébuleuses de particules.

 

Toutes origines confondues, ces aérosols combinent pas moins de 10 000 molécules qui chahutent l'atmosphère.

 

Si les aérosols peuvent influencer le climat en interagissant directement avec le rayonnement solaire, ils sont aussi susceptibles de le modifier indirectement en facilitant la formation de nuages, responsables selon leur altitude d'une élévation ou d'un abaissement de la température au sol. De façon globale, l'impact des aérosols pencherait plutôt en faveur d'un refroidissement du climat, mais le revers de la médaille est la pollution, comme l'a rappelé récemment à grands cris le scandale Volkswagen. Globalement car justement les particules de suies émises lors de la combustion d'un carburant, qui n'est jamais parfaite, vont, elles, clairement dans le sens du réchauffement.

 

Une histoire bien complexe que tentent de démêler les scientifiques. Tous sont cependant d'accord sur un point essentiel : si les effets des particules penchent en faveur d'un fléchissement des températures, ils ne sauraient contrebalancer les impacts des gaz à effet de serre, car leur durée de vie dans l'atmosphère est beaucoup plus courte.

 

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 Tempête de sable sur le Sahara


 

Casse-tête moléculaire

 

Les appareils de mesure sont capables de quantifier les aérosols, d'en déterminer la taille et la masse, des données que complètent les modèles numériques dans des projections où les marges d'erreur sont encore très importantes. À l'Institut UTINAM de Besançon, le physicien Sylvain Picaud et son équipe travaillent à des modélisations plus fines sur les suies émises par les moteurs, ainsi que sur les aérosols organiques. Sylvain Picaud explique que les caractéristiques des aérosols changent en fonction d'éléments extérieurs. "Ce qui compose le cœur d'une particule d'aérosol peut être différent de ce qui forme l'enveloppe, qui est la partie réellement en contact avec l'environnement. Sous l'influence d'une variation de température ou d'humidité, les deux constituants peuvent s'inverser..." Ce changement de phase est à prendre en compte dans les modèles climatiques, comme la façon dont les suies interagissent avec le rayonnement solaire, un processus dépendant de la position des atomes dans la particule et pas seulement de la longueur d'ondes du rayonnement. À terme, ces travaux aideront à peaufiner les modèles climatiques, et pourquoi pas, à orienter la conception des moteurs et des filtres selon leurs enseignements...

 

Nous aurons de toute façon bien des positions à revoir pour espérer enrayer le processus, efforts que tentera de coordonner la COP21 au niveau mondial... "Le problème du réchauffement climatique est le premier à se poser à l'humanité entière, remarque Michel Magny. Il interroge sur notre modèle de civilisation, fondé sur des objectifs de croissance indéfinie dans un monde fini. Nous arrivons sans doute aux limites de ce modèle..."

 

Source :

+ 2°C ?… Dossier sur le réchauffement climatique dans l'Arc jurassien, En Direct, le journal de la recherche et du transfert de l'Arc Jurassien, n° 261, novembre-décembre 2015, pp. 14-22. (Voir l'ouvrage en question).

Voir également  "La Feuille" publié par la direction départementale des territoires du Jura.

 

01/11/2015

La disparition des dinosaures

La disparition des dinosaures

 

De la comète ou du volcan, lequel est responsable de la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d'années ? Un double scénario catastrophe montre que les pauvres bêtes n'avaient décidément aucune chance de s'en tirer.

 

Jusqu'à présent, deux écoles "catastrophistes" s'affrontaient. Pour les uns, une chute d'astéroïdes était responsable de la crise biologique marquant la fin du crétacé. Pour les autres, il fallait incriminer les volcans. Il semblerait en fait que ce serait la combinaison du choc d'un astéroïde sur Terre et d'un regain du volcanisme qui explique leur extinction.

 

Déjà, en 1991, une théorie émanant de deux membres du Centre américain d'études géophysiques, établi en Californie, suggérait qu'il n'y avait pas un criminel unique : les deux phénomènes consécutifs auraient cause l'extinction des dinosaures, il y a 65 millions d'années. La communauté scientifique ne s'en était guère émue. En 1995, voilà que l'ordinateur vole au secours de la nouvelle hypothèse. Un physicien du laboratoire national Sandia, à Albuquerque (Nouveau-Mexique), a simulé l'impact terrestre d'une météorite de 10 km de diamètre. Selon ses calculs, l'onde de choc engendrée par la collision se serait répercutée en quatre-vingts minutes jusqu'aux antipodes, provoquant une éruption volcanique à grande échelle. La théorie pourrait être confortée par la découverte, en 1990, d'un cratère de 180 km de diamètre à Chicxulub, dans le Yucatàn au Mexique, diamétralement opposé aux "traps" du Deccan, en Inde, des structures géologiques en couches qui témoignent d'un formidable épanchement volcanique survenu à la limite du crétacé à la fin de l'ère secondaire et le début du tertiaire, c'est-à-dire au moment de la brusque disparition des dinosaures.

 

Cette théorie avait été alors mise en doute par Robert Rocchia, du Commissariat à l'énergie atomique et partisan de la théorie de la météorite : "L'activité volcanique de l'Inde a commencé au moins 500 000 ans avant que l'astéroïde ne vienne percuter la planète." Cet argument formulé à l'époque était insuffisant au regard de l'incertitude sur la datation des traps dont l'intensité maximale a duré un million d'années. Son autre objection était beaucoup plus solide. "Il y a eu une centaine de coulées successives. On n'a pas encore trouvé de traces d'une activité accélérée et qui pourrait être consécutive à un choc." Les scientifiques de la Nasa, ont, eux, écarté cette possibilité. Prenant en compte la tectonique des plaques, ils assurent qu'il y a 65 millions d'années, ce qui forme aujourd'hui l'Inde se trouvait... à 1600 km du point situé aux antipodes de Chicxulub.

 

Depuis vingt ans, les méthodes de datation se sont considérablement affinées et confirment le scénario élaboré par le Laboratoire national Sandia d'Albuquerque. "C'est la combinaison des deux phénomènes" qui a sonné le glas des dinosaures, conclut une étude américano-indienne — et non pas l'un ou l'autre. "Nos datations par la nouvelle méthode argon-argon ont permis de clarifier la succession des événements avec une précision plus de 20 fois supérieure à ce qui était possible il y a 5 ans", souligne le géophysicien Loÿc Vanderkluysen, de l'université Drexel (Philadelphie, États-Unis).

 

En frappant la Terre au Mexique il y a 66,043 millions d'années, un astéroïde a provoqué une accélération du volcanisme en Inde au cours des cinquante milliers d'années qui ont suivi l'impact. I.a collision aurait projeté un nuage obscurcissant et provoqué une phénoménale onde sismique. "L'équivalent d'un tremblement de terre de magnitude 11", assure le géologue Paul Renne, de l'université de Californie à Berkeley (États-Unis), "qui aurait perturbé la chambre d'alimentation des volcans". Les écoulements de lave, qui avaient démarré doucement 400 000 ans avant l'impact, ont plus que doublés ensuite. Et les volcans ont éructé des aérosols sulfurés, plongeant la Terre dans un long hiver meurtrier.

 

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L'impact de l'astéroïde dans le Yuccatan a provoqué un séisme très violent

qui a perturbé la chambre magmatique des volcans qui ont enregistré

un doublement de leur activité.

 

L'astéroïde frappe la Terre, dégageant un énorme nuage de poussières et de débris. Les ondes de choc se propagent autour de la planète et la courbe terrestre, agissant comme une lentille, focalise leur énergie aux antipodes. Un tel choc soulèverait l'écorce terrestre de plus de 100 mètres dans une série de secousses cataclysmiques, livrant le passage au magma et libérant nuages de poussières et émanations de gaz sulfurique. La perturbation atmosphérique qui s'ensuivrait occulterait le Soleil, provoquant une rupture écologique.

 

Sources :

Ewing R. (2015). — Asteroid Crash Kicked Off Mega-Volcano in the Process that Killed Dinosaurs.

Fléaux R. (1995). — Dinosaures : le cataclysme final, Sciences et Avenir, n° 577 mars 1995 p. 99.

Mulot R. (2015). — Les dinosaures n'avaient aucune chance, Sciences et Avenir, n° 825 novembre 2015 p. 20.

07/10/2015

Dérives climatique et démographique

Dérives climatique et démographique

 

par Francis Rougerie, avril 2015


“Avec un peu de patience, tout finira très mal” ! Catulle, 60 av.J.C.


Le climat semble être devenu un sujet à la mode, un sujet porteur sur lequel il est bon d’avoir quelque avis, et sur lequel nos représentants politiques prennent volontiers des poses volontaristes et organisent de grandes messes internationales. La conférence sur le Climat, prévue à Paris en décembre 2015, sera la 21e sur le sujet en moins de 30 ans.


Les sceptiques ricanent : “Pourquoi s'inquiéter pour quelques petits degrés en plus dans un siècle, on aura moins froid l’hiver, la belle affaire !” La démographie humaine, à l’inverse, ne semble pas passionner les foules et leurs représentants. Le concept de “transition démographique” est immédiatement opposé à quiconque s’inquiète de ce qui ressemble pourtant fort à une prolifération incontrôlée de l’espèce humaine. Celle-ci est en effet passée de un à plus de sept milliards en deux siècles, et continue à croître de 75 millions chaque année, pour, d’après les projections des experts de l’ONU, culminer vers 12 milliards dans un siècle.

 

 

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Évolution de la démographie humaine

 

 

Chronique d’un désastre annoncé ?

 

Cette fameuse “transition démographique“, sorte de main invisible censée maintenir les effectifs de l’humanité dans des proportions adéquates, eu égard aux ressources et aux fondamentaux écologiques, serait donc un leurre. Et comme le montre le tableau inclus dans le graphique ci-dessus, les ressources naturelles non renouvelables fondent aussi vite que la glace des pôles, et manqueront de plus en plus à nos descendants.

Voici venir le temps du monde fini…

 

Cette citation de Paul Valéry date de 1930, et s’est pleinement réalisée en moins d’un siècle, celui de la bombe atomique, des satellites, des premiers pas sur la Lune, des premiers engins sur Mars, sur Titan et sur une comète. Siècle aussi des avions gros porteurs, des ordinateurs miniatures, des écrans multifonctions et des moteurs jamais au repos. Tout comme l’espèce humaine, plus que jamais en désir de dompter la terre et l’océan, le ciel et les abysses. Et qui en général y arrive assez bien, enchaîne les exploits technologiques, les prouesses médicales et les découvertes scientifiques. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?


Comme on le sait, pas tout à fait. Des guerres par ci, des émeutes par là, des famines récurrentes et des misères multiples assaillent une humanité plus que souvent souffrante, voire un peu désespérée. Bilan fort contrasté donc, où la balance oscille entre le triomphe d’un capitalisme qui affiche 2000 milliardaires en cravate et jets privés, et des hordes de millions de réfugiés qui fuient l’insupportable.

 

Tentative d’interprétation en forme de pavés dans la mare :

 

  • Premier pavé : “Pour pouvoir vivre avec le niveau de vie d’un parisien moyen, l’humanité ne devrait pas dépasser les 2 milliards“. C’est de Jacques-Yves Cousteau, qui fut un peu le pape de l’océanologie.

 

  • Deuxième pavé : “Pour continuer à vivre sur son (grand) pied, il faudrait que l’humanité trouve (et exploite) une nouvelle planète tous les 20 ans.” C’est de Jacques Chirac-Nicolas Hulot (Déclaration à la conférence de Johannesburg en 2002 ).

 

  • Troisième pavé : “Notre petite planète a une peau, et cette peau peut avoir des maladies. La plus terrible s’appelle l’homme.” Frédéric Nietzsche.


On pourrait continuer, mais c’est assez clair, on a été trop loin dans les effectifs (les loca-terre !) et dans l’exploitation de notre petite planète, et on commence à en percevoir les effets dévastateurs en terme d’épuisement des ressources, de pollutions et de déséquilibres divers.


Homo sapiens est devenu Homo sapiens demens proliferens... ce n’est pas encore officiel, mais qui pourrait prétendre le contraire ? Et bien beaucoup de monde, des grands croyants natalistes aux dictateurs bornés, en passant par les exploiteurs et négriers de toute sorte. Restent donc les communautés scientifiques, et les citoyens informés et responsables...


Et ce que disent les scientifiques est également de plus en plus clair et convainquant, à savoir que les activités de notre prodigieuse et insatiable humanité ont un effet notable sur tous les compartiments bio-géochimiques de la planète, et également sur le climat. (En fait une petite fraction de la communauté scientifique conteste la réalité du changement climatique, mais ces climato-fixistes n’ont jamais produit d’arguments robustes, même s’ils contribuent à alimenter d’indispensables débats contradictoires).


Ça va chauffer...


La teneur en gaz carbonique (CO2) est faible dans notre atmosphère (300 ppm au siècle dernier), mais il se trouve que ce gaz piège le rayonnement solaire, en particulier dans la bande infra-rouge. Sans la présence de ce gaz, à “effet de serre”, la température moyenne globale serait de -15°C, et la Terre serait une boule de glace (et ce phénomène s’est effectivement produit dans un très lointain passé).


Actuellement la température moyenne globale se situe autour de + 15°C, pour le plus grand bonheur de la bio-diversité. Mais les mesures de
CO2 atmosphérique montrent que ses teneurs croissent rapidement, comme le montre la courbe ci-dessous (établie par C.D. Keeling à Hawaii et validée en divers points de la planète).

 

Teneur-atmosphérique-en-CO2-450.jpg

 

Cette courbe montre que le CO2 est passé de 300 ppm avant 1950 à 400 ppm en 2014. De sorte que, en 2014, ce sont 40 milliards de tonnes de CO2 (40 billion tonnes of CO2) qui ont été émis. D’où vient cet excès de gaz à effet de serre ?


Chacun connaît la réponse : la seule source de
CO2 possible à pareille échelle pointe vers les activités humaines; la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole, méthane) dégage actuellement de l’ordre de 100 millions tonnes /jour de CO2 (36 milliards tonnes/an). Ce carbone fossile a une signature isotopique spécifique, ne possède pas la forme 14C, et cette caractéristique permet d’identifier avec certitude une origine “hydrocarbure fossile”.


Ces hydrocarbures fossiles ont été piégés au cours des temps géologiques, et chaque année l’homme brûle un stock correspondant à un million d'années de séquestration de carbone dans les entrailles de la Terre. Pour résumer, l’atmosphère est très sensible à la présence de
CO2 (et également de méthane), et l’activité humaine en dégage des quantités de plus en plus importantes.


Les prélèvements d’air effectués dans les glaces forées au Groenland et en Antarctique montrent qu’il y a 12 000 ans, au plus fort de la dernière glaciation, la teneur en
CO2 était de 200 ppm, la température moyenne de 12,5°C, et l’océan plus bas de 120 mètres.


Un cycle climatique naturel astronomique (Cycle de Milankovitch, calé sur 100 000 ans) a alors déclenché la passage du glaciaire vers le tempéré. Ainsi, 100 ppm de
CO2 en plus ont accompagné le passage d’un climat glaciaire vers le climat tempéré du type de celui où nous étions vers 1900, et donc sur un laps de temps de 10 000 ans ; les 100 ppm que nous venons d’ajouter en un siècle représentent un rythme 100 fois plus rapide. Comment l’équilibre océan/atmosphère se débrouillera avec ça, nul ne le sait avec précision. Mais nous irons inévitablement vers un climat de plus en plus chaud, voire torride.


La Conférence sur le Climat tenue à RIO en 1992 avait bien cerné la gravité du problème. Les intervenants économiques et politiques s’étaient quittés en s’engageant à réduire leurs émissions de
CO2, pour que les émissions globales (18 milliards tonnes/an à l’époque) soient réduites de moitié.


23 ans plus tard le constat est sans appel : les émissions ont doublé ! (et donc la courbe de Keeling n’en finit pas de monter.) Voulons-nous, ou pas, la laisser monter jusqu'à épuisement des réserves de carbone fossile, donc en laissant le “business as usual” pendant encore un petit demi-siècle ?


Du fait d’une course effrénée vers une croissance économique combinée à une démographie galopante, nous poussons de plus en plus la chaufferie planétaire, avec les conséquences logiques qui en découlent : fonte des glaciers, rétraction des banquises et des calottes polaires, modification du régime des pluies, élévation du niveau océanique de 3 à 4mm/an, etc. Dans quelques générations, la vie sur Terre, avec plusieurs degrés en plus, deviendra alors tout autre chose que ce qu’elle est aujourd’hui...


”Tous ne mourront pas, mais tous seront touchés”. (Corneille, dans “Le Cid”).


Le mythe des mains invisibles


Comme on le sait, deux mains invisibles étaient censées protéger l’homme, la société, voire l’humanité dans son ensemble : une main divine, garantissant pour l’éternité la puissance politique et religieuse des familles régnantes, et une main économique, (la main du marché), assurant la liberté des échanges et la croissance inexorable du PIB mondial. La troisième main (sic) assurerait la régulation démographique et une quatrième main la constance des conditions climatiques, une sorte d’optimal, pour le plus grand bénéfice de l’espèce humaine. C’est peu de dire que la science en général, et l’état des connaissances actuelles (évidemment très perfectibles) accordent peu de cas à ce mythe des mains invisibles.


Laissons les archaïsmes aux archaïques...


Mais il reste que nous sommes tous dans le même bateau, tous issus du même berceau planétaire, et que celui ci est de plus en plus malmené (et mal-mené ?) La mise en évidence des dérives climatiques qui menacent les grands équilibres biologiques planétaires était un préalable à toute action réparatrice, voire thérapeutique.


C’est ce que fait le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), qui tous les 4 ans, publie un rapport de synthèse et une évaluation sur l’avancée des connaissances, les ajustements sur les courbes prospectives, et les recommandations des communautés scientifiques. Beaucoup a donc déjà été fait en ce sens, et les diagnostics abondent, qui portent sur telle ou telle dégradation de compartiments entiers de notre biosphère, sur l‘ennoiement des côtes basses du fait de la transgression marine, sur l'acidification de l’océan, sur la modification des moussons et du régime des pluies, etc.


En moyenne, ce sont plusieurs dizaines de publications scientifiques qui paraissent chaque jour sur cette immense problématique. Avec toujours cette recommandation des communautés scientifiques concernées : il faut agir avant que l’irréversible ne soit atteint. Mais en avons nous la capacité et la volonté ?

 

Le Développement  durable  (D.D.)  impératif  et  impossible ?


Pour agir efficacement en direction d’un D.D, deux leviers majeurs devraient donc être maniés : la stabilisation démographique et l’abandon des combustibles fossiles.

 

  • On voit dans le schéma 1 (Évolution de la démographie humaine, source ONU), que la population humaine se stabilisera aux environs de 2100, puis commencera à fléchir. Mais nous serons alors une douzaine de milliards, presque le double d’aujourd’hui. On peut évidemment arguer que plus nombreux seront alors les génies des sciences et des arts, et plus avancées nos connaissances sur l’Univers. Mais, franchement, deux fois plus de monde, cela implique encore plus de béton-goudron-pollutions, de cultures industrielles arrosées aux insecticides, etc. Quant à promouvoir une diminution réelle des naissances, halte-là, les inquisitions et les fatwas sont déjà prêtes. Resteront les bonnes vieilles méthodes guerrières de réajustement conjoncturel, éventuellement modernisées à l’arme atomique.

 

  • Quant aux énergies fossiles et uranium, l’affaire se réglera de toute façon vers le milieu du siècle, avec l’épuisement progressif de ces ressources. Idem pour un certain nombre de métaux. Nos descendants se battront-ils alors autour des derniers tas de charbon ?

 

  • Une lueur subsiste néanmoins pour éclairer ce triste tableau : les énergies renouvelables. L’hydraulique peut encore progresser, et l’éolien et le photovoltaïque sont en plein boom, avec plus de 100 gigawatts (Gw) installés/an (2 Gw /an en France). D’ores et déjà la puissance installée de ces énergies renouvelables (550 Gw) est supérieure à celle du nucléaire (370 Gw), et leur potentiel de croissance est énorme et très rapide.

 

  • La fée électricité nous sauvera-t-elle in extremis de l’haleine surchauffée du dragon fossile ? De toute façon elle nous aidera à survivre dans un monde gazé au CO2...


Une humanité suffisamment civilisée pour s’organiser autour d’un D.D. devrait donc nécessairement avoir des effectifs constants, voire inférieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui, et une économie décarbonée, basée sur l’utilisation presque exclusive de l’électricité d’origine solaire. On peut le faire, on commence à le faire, et on le fera de mieux en mieux... Mais ce rythme sera-t-il suffisant, eu égard à la vitesse du changement climatique ? Et cela impliquera à terme de vivre différemment, de repenser notre place, et notre rôle d’espèce pensante et dominante. Peut-on vraiment imaginer Homo sapiens devenant modeste, frugal et comptable de sa planète ? Et pourtant il faudra bien. Les utopies délirantes ne sont-elles pas les plus belles ?
Du poète Alain Souchon : “On avance, on avance, mais on n’a pas assez d’essence, pour prendre la route dans l’autre sens…

 

 

Indicateurs-de-l'empreinte-anthropique-sur-le-climat-450.jpg

10 indicateurs de l'empreinte anthropique sur le changement climatique

(Ce schéma date de 2005)

06/10/2015

Non Monsieur Hollande, les chasseurs ne défendent pas la nature

Non Monsieur Hollande, les chasseurs ne défendent pas la nature. Ils l'aiment ensanglantée

 
L'Obs-Publié le 23-10-2015 à 06h58  Modifié à 14h18

Temps de lecture Temps de lecture : 6 minutes

Avatar de Yves Paccalet

Par 
philosophe écologiste
 

LE PLUS. Si notre contributeur Yves Paccalet a apprécié des passages du chef de l'Etat dans le magazine "Le Chasseur français", il a beaucoup moins aimé sa défense des chasseurs ou ses propos sur les loups. "Monsieur le Président, pourquoi ne raisonner qu’avec l’esprit du bourreau ?", se demande-t-il.

 
Monsieur le président ! Je lis l’entretien que vous accordez au magazine "Le Chasseur français" du 21 octobre 2015. Vous voulez protéger l’appellation "Laguiole" (le couteau et le fromage) que de gros malins ont accaparée : d’accord ! Vous refusez de créer une nouvelle niche fiscale qui ferait aux chasseurs le cadeau de leur permis de tuer : encore heureux…

 

D’autres de vos propos me plaisent moins. Je ne pense pas, comme vous, que les chasseurs entrent dans la catégorie de ceux qui "défendent la nature". Ils l’exploitent et la massacrent plus qu’ils ne la gèrent. Ils ne l’aiment qu’ensanglantée.

 

Les chasseurs, ces "nuisibles"

 

Je comprends que, pour des raisons électorales, vous manifestiez "beaucoup de considération" à leur égard : mais vous oubliez que d’autres, parmi vos électeurs potentiels, et bien plus nombreux selon les sondages, désirent protéger et contempler ces espèces que les chasseurs n’apprécient qu’au bout de leur fusil.

 

En France, le nombre des chasseurs a chuté au-dessous du million, probablement même à moins de 900.000 (les chiffres de l’Office national de la Chasse posent problème). Or, ces moins de 1,5 % de la population nationale privent les parents et les enfants de toute promenade en forêt le mercredi et le dimanche (voire d’autres jours lorsqu'une "battue" est ouverte).

 

Au vu des accidents que provoquent ces Nemrods (une quarantaine de morts et plusieurs dizaines de blessés par an, rien que dans notre pays), ils devraient, bien davantage que les requins (lesquels causent moins de dix morts chaque année, et dans le monde entier), être classés parmi les espèces les plus dangereuses de la Terre. Parmi les "nuisibles", pour utiliser un adjectif de leur vocabulaire que je récuse…

 

Je vous rappelle que le loup est protégé

 

Monsieur le président, dans votre entretien au "Chasseur français", votre sortie sur les loups me semble particulièrement inadmissible :

 

"Chaque année, dites-vous, il sera décidé du nombre de loups à abattre en fonction de l’évaluation des risques et de la croissance de la population de loups".

 

Je vous rappelle que Canis lupus est une espèce protégée par la Convention européenne de Berne, que la France a ratifiée, et qui ne saurait être modifiée que par une décision des deux tiers des signataires. Je m’étonne de la contradiction qui surgit, ici, entre votre fonction régalienne de gardien de la Constitution et des institutions du pays, et l’autorisation littéralement hors la loi que vous accordez à des tueurs d’animaux protégés.


Sur le fond, je vous rappelle que les loups sont revenus par eux-mêmes sur notre territoire, depuis l’Italie voisine (certains, désormais, y rentrent depuis l’Allemagne et la Suisse ; en attendant leurs congénères espagnols). Au rebours de ce que vous suggérez, leur population n’est nullement en accroissement. En France, ils étaient un peu plus de 300 en 2014.

 

Cette année, on en dénombre moins. Or, les "autorisations" de "prélèvement" (la litote utilisée pour dire qu’on leur loge une balle dans le ventre) ont été augmentées de moitié : elles passent de 24 à 36. Une absurdité, fût-ce aux yeux du plus ignorant des naturalistes…

 

13 loups déjà fusillés de façon "officielle"


Monsieur le Président, depuis le mois de juillet 2015, comme le relève l’association de protection de la nature FERUS, 13 loups ont déjà été fusillés de façon "officielle" (et d’autres braconnés). Les éleveurs de brebis réclament qu’on en exécute toujours davantage. Certains bergers (et les politiciens qui les caressent dans le sens de la laine) vont jusqu’à exiger l’"éradication" du prédateur. Allez-vous leur donner raison ?

 

Je vous rappelle que, s’il existe 300 loups en France, on en recense 1 500 en Italie et 2 000 en Espagne, où les problèmes que pose le carnivore sont infiniment moins aigus que chez nous. Si nous désirons réellement aider les bergers (ce qui est notre volonté à tous deux), nous devons améliorer le gardiennage des troupeaux dans la montagne (en embauchant par exemple des chômeurs), plutôt que d’envoyer ad patres les rares "fauves" qui nous restent.

 

Car l’ennemi numéro un de l’éleveur n’est pas le loup, mais le prix de la viande de mouton sur un marché mondial dominé par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Argentine.

 

Je regrette que, tels les pires politiciens de la droite de la droite (mettons Christian Estrosi ou Laurent Wauquiez), vous vous entêtiez à faire de Canis lupus le trop facile bouc émissaire de notre incapacité à réguler ce secteur de l’économie.

 

Les loups, les bouquetins : du sang, toujours du sang !

 

Monsieur le Président, durant votre quinquennat, j’ai la tristesse de constater que la nature sauvage endure le martyre. Vous êtes en train, en ce moment même, de transformer nos forêts, nos montagnes et nos mers en parages où le sang ruisselle. Les abattages succèdent aux carnages, et cela ne semble guère vous toucher.


Vous avez entamé, et vous vous préparez à conclure, une extermination du troupeau de bouquetins du massif du Bargy, en Haute-Savoie. La justice a rejeté le recours des associations naturalistes : plusieurs centaines de ces ruminants vont donc mourir dans les alpages, tirés à l’arme lourde par une légion de nervis aidés d’hélicoptères.

 

Pourquoi cette folie ? Parce que certains ongulés seraient vecteurs de la brucellose. Mais le massacre a été ordonné avant même qu’on ait confirmé la contamination, et au mépris de la seule solution scientifique et efficace au problème : la vaccination !

 

Les chasseurs réclament (et obtiennent !)

 

Monsieur le Président, pourquoi ne raisonner qu’avec l’esprit du bourreau ? À l’île de la Réunion, je constate la même indignité : dans le cadre du plan gouvernemental intitulé "Cap Requins", plusieurs requins bouledogues, des requins tigres et même un grand requin blanc ont été récemment "prélevés".

 

Ces poissons superbes n’avaient mordu personne. On les harponne et on les achève à titre "préventif", alors qu’ils figurent (au moins pour le tigre et le grand blanc) sur la liste des espèces en voie d’extinction dressée par l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (l’UICN).


Partout en France, les chasseurs réclament (et obtiennent !) qu’on les autorise à organiser des battues au renard ou des déterrages de blaireaux. Au nom de la tradition et de la "ruralité", ils veulent continuer à piéger à la trappe ou à la glu les ortolans, les pinsons ou les bouvreuils.

 

Ils exigent qu’on leur permette de "résoudre" le "problème" des vautours, qu’ils accusent ridiculement d’attaquer les vaches vivantes. Ils se font forts de régler le sort des corbeaux, des cormorans, des phoques, des dauphins, que sais-je ?

 

Je l’ai entendu hier et j’en suis resté sur le derrière : des grues cendrées en migration par milliers au lac du Der ! Les chasseurs, ces prétendus "amis de la nature", désirent en vérité éliminer manu militari tout ce qui les "gêne" dans leur utilisation simpliste et univoque (tuer ! tuer !) des composants sublimes et nécessaires de nos écosystèmes.

 

Je n’aime pas, monsieur le Président, que vous vous placiez unilatéralement dans leur camp.

 

L'écologie ne doit pas se résumer aux questions d'énergie


Monsieur le Président, nous sommes nombreux, dans ce pays, à ne plus supporter l’holocauste. Je désirerais que, pour vous et votre gouvernement, l’écologie ne se résume pas aux questions d’énergie, de pollution ou de transport, bref à des combats que je mène également, depuis quarante ans, mais qui ne sont pas suffisants.

 

J’aimerais qu’en prononçant le mot "biodiversité", vous preniez enfin conscience que la nature subit davantage de blessures et de désastres qu’elle n’en a jamais enduré depuis que l’Homo est sapiens. Je voudrais que vous formiez, dans votre imagination, l’image de vraies plantes, de vrais animaux, de vrais prédateurs.

 

Faites taire les fusils et écoutez la symphonie du monde !

 

Je serais ravi que vous n’adoptiez pas pour ligne politique l’idée de confier la gestion de la "ruralité" aux chasseurs plutôt qu’aux écologistes ; aux mitrailleurs plutôt qu’aux amoureux de la beauté vive ; aux massacreurs en tenue léopard plutôt qu’aux amis de la subtilité et des équilibres ; aux assassins des beautés palpitantes plutôt qu’aux naturalistes, aux promeneurs, aux écrivains, aux cinéastes, aux peintres, aux poètes et aux rêveurs.


Je revendique de votre compréhension et de votre amour de l’humanité même que vous laissiez à l’usage de nos enfants et des enfants de nos enfants les trésors vivants que nourrit encore la Terre. Que vous preniez la défense du requin, du loup, du lynx et de l’ours brun, plutôt que de les laisser agonir d’injures et anéantir à la balle ou au couteau par des êtres basiques, obsédés par la mort du "nuisible" ou du "gibier", et fiers de revêtir l’uniforme martial pour aller répandre la terreur à travers champs et bois.


Je vous en supplie, monsieur le président : faites taire les fusils et écoutez la symphonie du monde !

05/10/2015

Automne flamboyant

Automne flamboyant

 

par Dominique Delfino

Photographe paysagiste, naturaliste et animalier

 

Après l'avoir évoqué l'automne à plusieurs reprises, je ne résiste pas à partager cette image réalisée aux Bréseux depuis le belvédère du Rocher du Bourbet.

 

Dominant la vallée du Dessoubre, le point de vue me laisse découvrir au petit matin un panorama intégralement noyé dans une mer de brouillard et dans le silence que seul le cri d'un Pic noir rompt de temps à autre. La brume se dissipe progressivement comme un rideau qui dévoile le paysage laissant apparaître les feuillages roux, flamboyants sous le soleil dominant.

 

Durant deux heures, je profite du temps qui s'écoule et découvre cette superbe vallée, symbole de la Franche-Comté au cœur de l'automne. La splendeur de ce tableau de saison restera gravée dans nos mémoires tout comme dans les cartes numériques de nos appareils photo.

 

Automne-flamboyant-450.jpg

01/10/2015

Chamois en herbe

 Chamois en herbe

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Nul besoin de parcourir la montagne aujourd'hui pour observer le Chamois. Aux portes du Pays de Montbéliard, les environs de Saint-Hippolyte offrent de superbes sites pour le découvrir.

 

Les pâtures bordées de falaises et de pierriers constituent le biotope où l'on aura le plus de chances de pouvoir observer ce mammifère. Bien plus que l'altitude, c'est le relief qui conditionne l'établissement du chamois. Partout où il est présent, on remarque un relief plus ou moins accidenté d'où sa présence dans notre secteur à basse altitude dans la vallée du Doubs.

 

C'est une harde de près de 25 chamois que j'observe régulièrement tous ces jours et la présence de nombreux jeunes de l'année confirme que la reproduction s'est particulièrement bien déroulée en 2015.

 

Un grand moment de bonheur au cours de cette fin de journée, lorsque par chance, la harde sortie du bois encercle mon affût. Les Chamois et leurs jeunes broutent tranquillement, pour certains à une dizaine de mètres de moi dans la plus grande confiance tout en s'éloignant progressivement dans les dernières lueurs du jour.

 

Chamois-Delfion-450.jpg

09/09/2015

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

Aspas-bandeau.jpg


Sortie générale des fusils :
Tous aux abris !


Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

 

Danger-chasse-200.jpgDimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

 

Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d'aptitudes,mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

 

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.



Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse.

 

Plus de 300 000 citoyens ont déjà signé la pétition lancée par l'ASPAS, pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse. Si vous ne l'avez pas déjà signée, cette pétition est enfin disponible sur mesopinions.com. Pour que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs, pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

 

SIGNEZ ICI

* Voir dates d'ouverture de la chasse saison 2015-2016

 

 

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chasseaux voix

 
 
Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

* Voir dates d’ouverture de la chasse saison 2015-2016

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Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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