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24/05/2017

Balades naturalistes : fréquentation

Objectifs de ce blog

Statistiques de fréquentation

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur…

If, Rudyard Kipling, 1896.

 

 

CLASSEMENT INTERNATIONAL DE

"BALADES NATURALISTES"

 

Blog distingué par Golden Blogs Awards 2014 et classé troisième dans la catégorie "Biodiversité"

 

 

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09/05/2017

Fête de la nature en Petite Montagne

Le mois de mai est l'occasion de célébrer la Nature dans tous ses états. Pour cela et pour la première fois, le samedi 20 mai aura lieu la Fête de la Nature en Petite Montagne. Une journée entière dédiée à notre cadre de vie exceptionnel, avec au programme :


- Pour les matinaux : balade Nature en forêt et Balade entre pelouses et prairies,


- Pour les curieux de nature : découverte des oiseaux et initiation à la reconnaissance des papillons,


- Pour les cérébraux : des conférences et une exposition,


- Pour les créatifs : du land-art,


- Pour les joueurs : des jeux en bois,


- Pour les flâneurs : un marché artisans, producteurs et associations Nature,


- Et pour tous : de quoi manger et se rafraîchir.

Il y en aura pour tous les goûts toute la journée et c'est gratuit (en dehors de la restauration et de la buvette bien sûr).



Ce sera donc le samedi 20 mai à partir de 9h30 à Vescles.



Ci-dessous, l'affiche de l'évènement. N'hésitez pas à faire tourner l'info.

 

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11/04/2017

Printemps à vol d'oiseau

Printemps à vol d'oiseau

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Nouvelle vue aérienne pour illustrer cette période du printemps durant laquelle les arbres fruitiers et les haies se parent de mille fleurs.

 

Vus du ciel, les vergers se dessinent dans le paysage, marqués par la couleur blanche de la floraison.

 

C'est donc en avion et en montgolfière que je redécouvre avec émerveillement ces vieux vergers qui subsistent encore dans le Pays de Montbéliard.

 

Le secteur de Vandoncourt demeure certainement l'un des plus riches, mais les ceintures de vergers que l'on rencontre autour des petites villes et villages de l'agglomération sont du plus grand intérêt pour l'équilibre de la biodiversité.

 

La lumière rasante offre les conditions idéales pour apprécier le graphisme, l'harmonie et la transparence d'un paysage qui défile sous mes yeux à vol d'oiseau.

 

Printemps-à-vol-d'oiseau-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

        

01/04/2017

Étonnant Cincle plongeur

cincle plongeur,haute-saône,fondremand,la romaine,jacques bonetÉtonnant Cincle plongeur

 

par Jacques Bonet

 

Mardi 29 mars 2017, lors d'une randonnée en Haute-Saône dans le secteur Granvelle-Fondremand, nous avons pu observer pendant la pause piquenique à la source de la Romaine, deux oiseaux qui ont fait plusieurs allers-retours entre le torrent à l’aval du moulin et la voûte sous la passerelle de la source de la Romaine. La femelle et le mâle du Cincle plongeur qui étaient en pleine période de nidification et qui nourrissaient certainement une couvée. Nous les dérangions certainement car le vol était rapide, une fois sur la pelouse derrière nous, deux fois au fil de l’eau dans le lit de la Romaine. On rencontre fréquemment cet oiseau dans la vallée de la Loue où il niche sous les ponts, je le croyais montagnard et bien non, on le rencontre là où se trouve une rivière torrentueuse, même en Haute-Saône.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Le Cincle plongeur

Cliché © Dominique Delfino

 

Voici un oiseau étonnant et unique parmi les passereaux. De la taille d'une grive ou d'un étourneau, comme eux il se perche, trotte à terre et vole, mais d'un vol très rapide et tendu comme une flèche. Le plus étonnant, c'est qu'il pratique avec maestria la plongée, la nage et la marche sous l'eau, dans les eaux rapides, tumultueuses et bouillonnantes des torrents et ruisseaux, son domaine quasi exclusif. C'est une espèce sédentaire qui évolue dans nos régions toute l'année, même en hiver par des froids rigoureux.

 

cincle plongeur,haute-saône,fondremand,la romaine,jacques bonetLe Cincle plongeur a le plumage brun chocolat sombre sur la tête et la nuque, le dos gris ardoisé foncé, le dessous brun noir à brun roux. Le menton, la gorge et la poitrine sont blancs. Son allure est trapue et sa queue courte. En plus grand, il a la même apparence que le Troglodyte mignon. Comme lui, il est également très mimétique sur les fonds de graviers et de rochers qu'il fréquente, en dépit de son plastron éclatant qui peut être pris pour une boule d'écume ou un scintillement de lumière sur l'eau.

 


Ses évolutions sont vraiment stupéfiantes. Pour l'observer dans un cours d'eau vive où sa présence a été signalée, le mieux est se poster sur un pont d'où l'on peut éventuellement le voir perché sur un rocher et soigner méticuleusement son plumage. Il ne faut plus le quitter des yeux, car à tout instant il est susceptible de plonger comme une grenouille, disparaissant dans les flots torrentiels pour réapparaître et grimper sur une pierre à quelques mètres en amont ou en aval. Tantôt, il patauge à demi immergé, tantôt il arrête son vol très rapide au ras de l'eau pour se laisser tomber en pivotant, comme une pierre dans l'écume où il peut disparaître jusqu'à une dizaine de secondes.

 

cincle plongeur,haute-saône,fondremand,la romaine,jacques bonetComment le Cincle plongeur fait-il pour accomplir de telles prouesses dont sont incapables les grands oiseaux aquatiques, comme les canards, grèbes, cormorans, mouettes etc. ? 
Il possède quelques atouts anatomiques de ceux-ci : queues et ailes courtes comme certains et/ou duvet dense, narines et trous auditifs obturables, accommodation de la vue, glande uropygienne très développée au-dessus du croupion sécrétant une huile permettant d'hydrofuger et d'assouplir les plumes qui ne se mouillent jamais. Mais, il est surtout capable de combiner comme aucun autre oiseau, un panel des techniques amphibies qui lui sont propres. L'oiseau atteint le fond en s'aidant des ailes, de la queue et des pattes, non-palmées pourtant, puis il marche sur le lit du cours d'eau à contre-courant, la tête baissée et la queue relevée. La pression de l'eau vive sur son dos incliné et sa silhouette devenue convexe l'applique au sol. Quelques millions d'années avant les ingénieurs des bolides de la formule 1, il a donc "inventé" le becquet arrière. C'est ainsi que sans difficulté, il trouve sa nourriture dans des courants de 40 à 60 cm/s ; de même, il est capable de traverser des chutes derrière lesquelles il s'abrite volontiers.

 

cincle plongeur,haute-saône,fondremand,la romaine,jacques bonetLe Cincle plongeur est un oiseau insectivore qui capture une foule de larves et d'insectes aquatiques, ainsi que des crustacés, des mollusques, des vers et des sangsues. Il les happe sous l'eau en déplaçant des pierres au besoin, à sa surface et sur les berges, dans et sous le gravier. La consommation de frai que quelques pêcheurs lui attribuent, est très contestée et en tout cas, occasionnelle. La longueur de son territoire est fonction de la richesse alimentaire qu'offre le cours d'eau adopté. Dans les torrents coulant longtemps entre les conifères, l'acidité est sensible et par conséquent les petits invertébrés plus rares. C'est bien le cas d'un certain nombre de torrents vosgiens. Le territoire de reproduction peut atteindre dans ce cas plusieurs km, alors que dans des conditions favorables dans le cas de berges d'une grande variété végétale favorisant une abondance d'invertébrés aquatiques, l'étendue revendiquée peut se limiter à un km et moins.

 


Le principal ennemi du Cincle plongeur est l'Homme, comme dans la plupart des cas touchant la faune sauvage. La rectification du lit des torrents par enrochement et bétonnage, la pollution de leurs eaux sont infiniment plus néfastes que les prédateurs et accidents naturels, comme respectivement la musaraigne aquatique et les crues intempestives qui peuvent emporter les nids.

 

Renseignements puisés sur Oiseaux-net

 

Ci-dessous une vidéo du Cincle plongeur :

 

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29/03/2017

Communiqué de presse des groupes Environnement & Nature et Cfdt au CESE

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MERCREDI 29 MARS 2017

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES GROUPES ENVIRONNEMENT ET NATURE ET CFDT AU CESE :

 

LE CESE APPELLE LA FRANCE ET L’EUROPE A S’ENGAGER SUR LA VOIE D’UNE BIOECONOMIE DURABLE

 

Le Conseil économique, social et environnemental vient d’adopter le projet d’avis « Vers une bioéconomie durable » co-porté par Jean-David Abel (membre du Groupe Environnement et Nature) et Marc Blanc (membre du groupe CFDT) au nom de la section de l’environnement. Le CESE appelle ainsi la France et l’Europe à s’engager sur la voie d’une bioéconomie durable.

 

La bioéconomie est aujourd’hui au carrefour des enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Cette économie fondée sur l’utilisation de la biomasse est en plein essor. Elle est au centre d’une dimension économique et sociale nouvelle et, dans le même temps, issue d’un usage des ressources de la nature aussi ancien que l’humanité.

 

Toutefois, comme l’indique l’avis adopté par le CESE, la bioéconomie d’aujourd’hui doit être bien plus qu’une évolution de pratiques d’hier, ou un palliatif à l’abandon des ressources fossiles. Fondée sur les ressources naturelles, agricoles et forestières mais aussi les biodéchets, elle en prévoit des usages différents et d’une intensité nouvelle. Son développement donne des perspectives à de nouvelles filières. Toutefois, son avenir même dépend de sa durabilité, aussi bien économique, sociale qu’écologique : le dépassement des limites de la biosphère et de ses cycles de renouvellement amènerait à la disparition de la ressource dont elle se nourrit.

 

L’avis « Vers une économie durable » rappelle l’indispensable mise en cohérence des politiques publiques et des subventions, aussi bien au niveau français qu’au niveau européen. Il n'est, en effet, ni efficace ni rationnel de favoriser des opérations conduisant à la dégradation de milieux et d’écosystèmes, et dans le même temps, de mener d'autres politiques publiques visant à les préserver ou à les réparer.

 

Pour progresser vers une bioéconomie durable, le CESE a notamment adopté quatre préconisations essentielles :

 

— établir, en matière de production de bio-ressources, des critères de durabilité environnementale, économique et sociale, et leur appliquer les principes de l’économie circulaire,

— élaborer des scénarios prospectifs de développement de la bioéconomie tant pour harmoniser les objectifs nationaux et régionaux que pour dialoguer avec la commission européenne,

— adopter une approche territoriale pour l’usage optimal des ressources, du niveau européen (cité plusieurs fois dans le projet d’avis, à juste titre) au niveau régional (le plus opérationnel).

— engager des concertations avec les parties prenantes afin d’anticiper les évolutions induites par l’essor de la bioéconomie.

 

De plus, l’évaluation environnementale des projets locaux et des programmes territoriaux devra s’assurer de leur cohérence avec les schémas plus généraux relatifs à l’usage des territoires, dont le SRADDET.

 

Les organisations membres du groupe Environnement et Nature au CESEet la CFDT saluent l’adoption de cet avis qui pose le cadre d’une bioéconomie durable. Il s’inscrit ainsi dans une démarche plus globale : sortir des « projections d’experts » dont les orientations  économiques sont parfois déconnectées d'une évaluation sociale et environnementale de leurs impacts. Il s’agit, au contraire, d’adopter une vision éco-systémique sans laquelle l’avenir de notre société serait menacé. Nos organisations appellent les acteurs politiques et économiques à porter un regard plus exigeant sur leurs propres démarches de transformations et sur les effets prévisibles en matière d’utilisation des ressources issues de la nature.

 

Nous appelons, en écho à l’adoption de cet avis par le CESE, la France et l’Union européenne à mettre en place un Plan d’action en cohérence avec les objectifs d’une bioéconomie durable.

 

20/03/2017

Les érythrones et les bourdons

Les érythrones et les bourdons

 

par Patrick Paubel

naturaliste

 

Balade naturaliste ce 10 mars 2017 sur le plateau des Charmilles, commune de Lompnas dans le Bugey dans le sud de l'Ain.

 

Météo très favorable avec vent léger et température de 18 à 20°C au soleil. Primevères et violettes et nivéoles abondantes.

 

La semaine dernière, la neige est tombée en abondance sur les crêtes. Il en reste encore dans les recoins le plus au nord du chemin que nous parcourons. Un ruisseau en fond de combe avec de nombreuses pontes de grenouille agile probablement. (C'est déjà pondu en Bresse depuis le 1er mars).

 

Arrivés sur le plateau, le spectacle est éblouissant, avec un parterre d'érythrones en cours de floraison. On les voit s'ouvrir à tous les stades selon l'emplacement. Cette station se trouve en sous-bois, exposée au sud et parfaitement ensoleillée car les charmilles n'ont pas encore feuillé.

 

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Un parterre d'érythrones

Cliché © Patrick Paubel

 

 

Notre extase devant la beauté de ces fleurs est rompue par des bruits de bourdonnements et de vrombissement. C'est alors que nous découvrons les bourdons, rendus fous par la source dans laquelle ils puisent tous en pollinisant chaque fleur.

 

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Cliché © Patrick Paubel

 

Toutes les fleurs sont visitées, et celles qui sont déjà fécondées sont abandonnées immédiatement jusqu'à trouver  celle qui est au meilleur stade (pétales non retournés et pistil pas encore allongé). Ces bourdons appartiennent aux deux espèces fréquentes dans la région, Bombus terrestris et Bombus lapidarius. Certains d'entre eux sont couverts de pollen blanchâtre, qu'ils déposent sur les longs pistils des fleurs qui les intéressent le moins, car elles sont en fin de période attractive. (Leur nombre nous surprend, car à cette époque, ce doit être des fondatrices ?).

 

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Cliché © Patrick Paubel

 

L'Érythrone dent de chien, Erythronium dens canis, est une Liliacée relativement rare. Quelques stations dans l'Ain et on m'en a rapporté une de quelques pieds dans le massif du Vuache. Le bulbe a la particularité de produire des "cayeux" et la dissémination des graines est assurée par des fourmis dont les larves consomment un organe, "l'élaïosome[1]".

 

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Cliché © Patrick Paubel

 

Impression d'avoir été privilégiés en étant à l'heure H du jour J au bon endroit.

 

[1] NDLR : un élaïosome (du grec elaios- huile et some- corps), également appelé « éléosome », est une excroissance charnue attachée aux graines de certaines espèces de plantes.

Stages plantes sauvages médicinales & comestibles en 2017

Stages plantes sauvages médicinales & comestibles en 2017
 

Avec le printemps qui s'annonce, revient la perspective de sortir à nouveau en pleine nature, à la découverte des plantes utiles qui pourront aussi bien nous permettre d'améliorer notre santé, qu'agrémenter nos repas de saveurs subtiles, originales, surprenantes, nouvelles ou retrouvées, et de couleurs délicates.


L'opportunité de vivre ce genre d'expérience se renouvelle chaque année en participant à des stages pratiques se déroulant essentiellement sur le terrain pour la partie didactique et les cueillettes, et en cuisine pour la préparation de repas somptueux, s'approchant de ce qu'on pourrait qualifier de "gastronomie sauvage" !


Certains stages proposent aussi l'élaboration de préparations phytothérapeutiques telles que teinture-mères, liqueurs et élixirs, onguents et pommades, huiles de massage, poudre dentifrice.


Le premier de ces stages aura lieu dans un cadre particulièrement bien adapté : le village de Cipières (Alpes maritimes) et ses environs, en particulier les bords de la rivière du Loup, les 29-30 avril. Le fascicule comportant le descriptif détaillé de ce stage se trouve au bas de cette page.


J'en profite d'indiquer également les dates des stages déjà prévus pour cette année :


21 mai : Journée familiale de découverte des plantes sauvages comestibles à Charmoille (Doubs, F), dans le cadre du SEL de Maîche.


28-29 mai : Stage plantes sauvages médicinales et comestibles à La Décentrale, Mont-Soleil (Jura bernois, CH)


3-4 juin : Stage plantes sauvages médicinales et comestibles au Tiocan, Thoiry (Ain, F, près de Genève)


10-11 juin : Stage plantes sauvages et danse, dans la région de Genève (encore à confirmer !)


1-2 juillet : Stage plantes sauvages médicinales et comestibles à La Décentrale, Mont-Soleil (Jura bernois, CH)


30 septembre-1er octobre Stage plantes sauvages médicinales et comestibles au Tiocan, Thoiry (Ain, F, près de Genève)


Il est possible que d'autres stages s'organisent encore, je vous en aviserai. Les descriptifs vous parviendront au fur et à mesure qu'ils paraîtront.


Dans la perspective de nous rencontrer  (ou de nous retrouver) bientôt, je vous salue très cordialement.

 Jean-François                                          Juan  el  Duende  

 

Avant d'imprimer ce message, pensez à la préservation de l'environnement naturel !


Jean-François Henry, Chemin du Chalet 10, CH - 2400 LE LOCLE (Suisse - Suiza - Switzerland)
Tél. fixe CH: XX41(0)32 920 36 47 portable CH:(0)76 298 46 47   Tel. móvil E XX34 698 20 74 54  
SKYPE: Jean-François Henry

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14/03/2017

Petit agneau

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07/03/2017

Le lynx aux portes de Besançon

Le lynx aux portes de Besançon


Un article de Philippe SAUTER avec le correspondant local Guy DESMOND

dans l'Est Républicain du dimanche 8 décembre 2013

 

Un lynx a été photographié à l’entrée de l’agglomération bisontine. Rien de surprenant pour les spécialistes.

Lynx-à-Chailluz.jpg

 Photo : Fédération des chasseurs du Doubs

 

Aucun doute sur la photo, c’est bien un lynx qui a été immortalisé par un piège photographique posé par la Fédération des chasseurs du Doubs aux abords du fort de la Dame Blanche, dans la forêt de Chailluz, au nord de l’agglomération de Besançon.

Même la plus grande ville de Franche-Comté a désormais la visite du toujours rare prédateur local.

Premier constat, le lynx pris en photo en novembre était jusqu’à maintenant inconnu des fichiers. Il s’agit, soit d’un jeune individu, soit d’un migrateur venu s’installer aux abords de la ville.

 

À la poursuite des chamois

 

« On a constaté que certains lynx restaient dans un secteur assez limité, alors que d’autres peuvent passer d’une zone à l’autre en parcourant parfois de longues distances », expliquait hier Stéphane Ragazzoni, responsable du réseau lynx auprès de l’Office de la chasse.

Pour lui, la présence d’un lynx aux portes de la capitale comtoise est tout sauf une surprise. « C’est même assez logique. Besançon dispose de secteurs boisés et escarpés. Il y a maintenant des chamois à Tarragnoz (NDLR : un quartier de Besançon). Et s’il y a des chamois, on peut imaginer que le lynx les suit. »

Nocturne et particulièrement discret, le félin n’est pas comme on l’imagine caché au cœur des forêts profondes. « Mardi dernier, j’ai suivi une trace dans la vallée de la Loue, près d’Ornans, qui passait à vingt mètres d’une maison d’habitation. C’est un animal qui vit à côté de nous. »

 

Vers la Haute-Saône

 

On estime à une centaine le nombre d’individus vivant en Franche-Comté, le plus souvent dans le Jura ou le Haut-Doubs.

 

Réintroduit en Suisse dans les années soixante-dix, le lynx a progressé en Franche-Comté, sa région de prédilection en France. « C’est une population aujourd’hui en équilibre qui se reproduit. Cette année, au moins quatre femelles ont eu des petits », précisait Stéphane Regazzoni.

 

Au point qu’il explore actuellement de nouvelles zones. « On a noté des présences à Roulans mais aussi du côté de la Haute-Saône. »

 

Le lynx ayant besoin d’une zone importante, les jeunes en particulier doivent développer de nouveaux secteurs de chasse. Quitte à fréquenter de près les villes.

 

Les Francs-Comtois aiment le lynx

 

La conclusion du rapport de la Direction régionale de l’environnement et du logement date de cet été et il est sans appel : les Francs-Comtois aiment le lynx. En effet, une consultation envoyée dans toutes les communes de Franche-Comté a recueilli 15.545 réponses venues de particuliers, d’associations, d’élus. Il apparaît qu’une grande majorité des participants à ce sondage est favorable aux relâchers de lynx, soit 83,8 % de l’ensemble des avis émis. Reste que la présence de plus en plus confirmée de lynx en Franche-Comté pose quelques problèmes. Les attaques contre les troupeaux de moutons se sont multipliées particulièrement dans le département du Jura. Concerné, un éleveur de Saint-Laurent-la-Roche (Jura) s’est vu d’ailleurs remettre des chiens patous. Les patous sont également efficaces pour la défense des troupeaux contre le loup, lui aussi de retour dans la région.

 

Ajout du 30 janvier 2017 : un skieur de fond croise sur sa piste un lynx

 

Un skieur a croisé un lynx dans le massif du Noirmont. L'animal ne semblait guère apeuré, comme le montre cette vidéo publiée samedi 28 janvier 2017 sur Facebook.

 

Ajout du 7 mars 2017 : un lynx peu farouche

 

Le lynx était couché dans la neige quand Magali est passée ce dimanche 5 mars 2017 non loin de Pontarlier. Elle a arrêté sa voiture. Et n’a pas résisté bien longtemps à sortir pour filmer l’animal. Le lynx a poursuivi son chemin dans les bois.

 

Ajout du 29 mars 2017 : un lynx au comportement étonnant

 

L'animal traverse tranquillement une route entre Bois d'Amont et Le Brassus, sous les yeux de cantonniers vaudois. Ceux-ci ont sorti leur téléphone portable pour immortaliser la scène.

Ils n'ont pas dû en croire leurs yeux... Pourtant, la scène est bien réelle ! Des cantonniers ont croisé un lynx dans le Jura, entre Bois d'Amont et Le Brassus. L'animal traverse une route, ignorant superbement les promeneurs. 

« J'ai cru que c'était un renard, de loin », s'amuse l'un d'entre eux, au fort accent vaudois. 

Heureusement, les images ont été immortalisées depuis un téléphone portable. La vidéo a été publiée sur Facebook le mardi 28 mars 2017.

06/03/2017

Master mention Sciences de l'Eau - Qualité des Eaux, des Sols et Traitements

pêche-électrique_200.jpgMaster mention Sciences de l'Eau

Qualité des Eaux, des Sols et Traitements

 

Nous avons  le grand plaisir de vous informer que le Master Qualité des Eaux, des Sols et Traitements poursuivra sa déjà longue vie pendant au moins 6 années encore ! (et beaucoup plus nous l’espérons...).


A la suite d’une très longue et très lourde procédure d’accréditation (démarrée il y a maintenant plus de deux ans et demi !!!), nous venons de recevoir un avis positif du Ministère.



L’attractivité de la formation, son adéquation aux attentes des différents milieux professionnels (attestée par les excellents taux d’insertion professionnelle malgré un contexte socio-économique difficile), son ancrage dans la "vraie vie" sont les clés de ce succès.



À noter parmi les évolutions qui se mettront en place à partir de la rentrée 2017 :



* un changement d’intitulé : le ministère en charge de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur a défini une liste restreinte des intitulés possibles des mentions de Master : nous délivrerons maintenant un Master mention "Sciences de l’Eau". Nous avons cependant souhaité conserver en sous-titre l’intitulé QUEST, pour ne pas perdre le bénéfice de la notoriété qui y est attachée et parce que cela décrit plus précisément les contenus et les objectifs de notre formation.



* un renforcement de l’articulation M1 — M2 grâce notamment à une spécialisation "qualité des eaux" beaucoup plus marquée dès le M1 : cela est rendu possible par le fait que la mutualisation avec le M1 ECOS sera centrée sur certains enseignements fondamentaux et sur ceux dédiés à l’acquisition de compétences transversales.



* à partir de la prochaine rentrée, les unités d’enseignement seront — dans toute la mesure du possible — délivrées sous forme de "blocs", c’est-à-dire que les enseignements d’une même unité seront regroupées sur des périodes courtes de manière à faciliter l’accès de ces enseignements au public en formation continuée.



* l’internationalisation de la formation sera poursuivie avec notamment un volume accru d’enseignements et d’exercices en langue anglaise.



*… Des informations plus précises sont disponibles et seront complétées prochainement à l’adresse suivante :
http://formations.univ-fcomte.fr/ws?_profil=ufc&_cmd=...

 

Contact : Pr. Pierre-Marie Badot
Chrono-Environment Lab. /  
UMR 6249 CNRS-University of Franche-Comté
16, route de Gray
F-25030 BESANÇON cedex

04/03/2017

Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens

Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens

 

À partir des années 1960, la forêt comtoise semble de plus en plus passionner les historiens. Les descriptions encore rapides de la littérature scientifique du début du XXe siècle laissent place à un traitement plus fouillé des données historiques, intégrant très vite faits sociologiques, politiques, économiques et culturels se rapportant à l’évolution de la forêt.

 

La contribution de différentes disciplines se confirme, et devient plus évidente encore avec le progrès des méthodologies et des technologies, qui complète les analyses d’archives. L’étude des bois et des taillis bénéficie de mesures et de relevés des plus pointus, se sert des outils de la palynologie, de l’anthracologie, de la dendrochronologie ou encore de l’archéologie, qui, se croisant, aident à retracer peu à peu la vie de la forêt de Chaux ou de celle de Chailluz à travers le temps.

 

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Carte de la forêt de Chaux, 1624, AD Doubs, cliché P. Sinibaldi

 

L’ouvrage Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens témoigne de cette diversité des recherches et des résultats.

 

Il raconte la télédétection LIDAR et ses découvertes, l’examen des charbons de bois comme l’analyse des cartes anciennes et des textes de lois séculaires, les pratiques de bornage comme la signification des différences d’épaisseur des cernes des arbres. Il regroupe les actes d’une journée d’étude organisée en 2014 par le groupe de recherches historiques Franche-Bourgogne, avec le concours du laboratoire Chrono-environnement de l’université de Franche-Comté et des Archives départementales du Jura

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Delobette L., Delsalle P. (2017).— Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens En Direct n° 268 de janvier 2017.

 

Delobette L., Delsalle P. (sous la direction de), Histoire des paysages forestiers comtois et jurassiens, éditions Franche-Bourgogne, 2016.

03/03/2017

Le Loup, coupable idéal ?

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01/03/2017

Centre Pro Natura de Champ-Pittet — saison 2017

 

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13/02/2017

Se protéger des attaques du Loup

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par André Guyard

 

(dernière mise à jour : 13 février 2017)

 

La disparition en France de presque tous les grands prédateurs (Ours, Loup, Lynx), hormis quelques ours en Pyrénées, et de leur développement récent liés à des facteurs aussi divers que la réintroduction (Ours et Lynx), la déprise agricole, l'abondance des proies, les lois de protection a entraîné un pastoralisme qui a considérablement évolué en l'absence des prédateurs.

 

L'extension du Loup vers le Nord est inexorable. Il est certain que cette espèce protégée cause un réel préjudice aux éleveurs. Il faut donc apprendre à vivre avec ce prédateur et protéger les troupeaux en conséquence. Malgré le travail effectué pour protéger les troupeaux, travail qui a permis des avancées réelles, la prédation continue à s'accroître. Si la prédation reste faible en ce qui concerne Ours et Lynx, le bilan du Loup est catastrophique. Les données de 2012 permettent de « l'apprécier » : 250 loups pour 6000 animaux domestiques indemnisés, soit plus de vingt bêtes par loup !

 

Une autre constatation inquiétante : après les attaques de nuit, restées longtemps les plus fréquentes, les attaques de jour en présence du berger et de ses chiens de protection se multiplient au point d'égaler, dans les départements alpins du Sud, les attaques nocturnes. Ce qui pose le problème de l'évolution comportementale des loups qui, en l'absence d'un véritable dérangement, s'adaptent à l'Homme et à ses dispositifs de protection.

 

Le ministère de l'environnement a mis en ligne le 17 mai 2016 un rapport de Catherine de Roincé :

Évaluation de l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques contre la prédation exercée par le Loup. Évaluation 2009-2014.

 

Les outils du diagnostic

 

Dans chaque cas d'attaques de troupeaux, il s'agit de déterminer une méthode de diagnostic de vulnérabilité en cinq points qui aboutit à adopter le moins mauvais compromis possible : protection, coût, conditions de travail, satisfaction des besoins alimentaires du troupeau, risque de dégradation de l'espace pâturé, contraintes multiples devant rester acceptables. Ce diagnostic, qui a le mérite de créer le dialogue entre les différents acteurs, peut certes proposer des améliorations du système pastoral, mais aussi conclure à des blocages.

 

Les stratégies de protection des troupeaux

 

Il s'agit d'anticiper l'arrivée de loups sur le territoire. Cette anticipation est plutôt rare, surtout chez les éleveurs éloignés des zones de présence des loups. Pourquoi s'encombrer de mesures de protection lourdes alors que le danger est peu perceptible ? Chez ces éleveurs, les efforts envisagés sont dix fois moindres que ceux qu'il faudra réellement consentir lorsque les attaques de loups surviendront !. En fait, aucun éleveur n'est isolé face à ces situations difficiles : réseaux techniques, administrations, collectifs d'éleveurs permettent l'échange, l'information, le partage d'expérience et la solidarité.

 

Les systèmes d'effarouchement

 

Les systèmes d'effarouchement ne sont que des épouvantails ou leurres dont le loup finit par comprendre qu'ils « ne représentent pas un grand danger ». Dans cette catégorie se rangent les tirs d'effarouchement avec des munitions non mortelles. Encore faut-il avoir le permis de chasser... et assister à une attaque. vision très mécaniste considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. En fait, ces systèmes témoignent d'une vision très mécaniste, considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. D'après les éleveurs américains, les fusils fournis par l'Administration et dont les munitions tirées en l'air sont susceptibles d'effrayer les loups se révèlent inefficaces au bout d'un certain temps.

 

Une autre alternative serait celle des colliers-radio dont sont équipés des loups et qui consiste à leur envoyer divers stimuli négatifs dès qu'ils s'approchent des troupeaux. Cependant, cette méthode nécessite une mise en œuvre lourde puisqu'elle demande de piéger au préalable les loups afin de poser ce type de collier. Il serait néanmoins intéressant de tester la mise en œuvre de ce moyen d'éloignement des loups développé aux États-Unis.

 

Différents dispositifs pourraient être employés comme ceux utilisés par les éleveurs américains qui se trouvent confrontés aux mêmes problèmes que les éleveurs européens. Le reportage de Faut pas rêver, l'émission de France 3 du vendredi 15 mai 2011 y fait longuement allusion.

 

Les clôtures comme outil de protection

 

Dans ce cas, il s'agit de regrouper le troupeau dans un parc mobile la nuit. La clôture existe avant tout pour s'affranchir du gardiennage, devenant ainsi un moyen de gestion pastorale. Mais à l'ère des loups, la clôture n'est plus seulement l'outil qui évite la divagation du troupeau et qui permet la gestion de la ressource alimentaire : elle doit aussi interdire aux prédateurs d'entrer. Ou plutôt les ralentir, sachant que quel que soit son potentiel d'efficacité, aucune clôture n'est complètement étanche et doit être renforcée par la présence de chiens de protection : on regroupe le troupeau (la nuit) pour mieux le protéger (par des chiens et des hommes). On trouve beaucoup de conseils utiles pour réussir sa clôture, le CERPAM étant là dans un de ses cœurs historiques de métier... avec toutes les réserves émises sur le risque d'échec.

 

Certains éleveurs préconisent une simple barrière constituée d'un simple fil métallique auquel sont accrochées des bandes de tissu rouge mobiles au vent, dispositif moins onéreux qu'une clôture électrique. En fait, il semble que ce dispositif relève plutôt du gadget et ne dissuade pas l'intelligence du prédateur.

 

Au cours de randonnées dans les Alpes, je me suis étonné de voir des ânes accompagner des troupeaux de moutons. Renseignement pris auprès des éleveurs, il paraîtrait que la présence de l'âne dissuaderait le prédateur. En fait, des attaques de loups ont été constatées sur les ânes eux-mêmes.

 

L'emploi des chiens de protection : la meilleure protection des troupeaux


Le chien de protection est le seul outil de protection réactif et capable de s'adapter, avec toutefois un bémol : il permet de limiter les dommages, mais ne peut pas les faire disparaître. Si l'on peut regretter cette qualification d'« outil » pour un animal doué d'intelligence — intelligence qui peut lui permettre d'analyser des situations et de prendre des initiatives positives — l'efficacité de ces chiens particuliers varie selon beaucoup de facteurs : nombre de chiens, milieu, météo, perturbations olfactives, dérangement, défaut de comportement, manque d'expérience des éleveurs, etc. Quelle que soit la race du chien, celui-ci « demande un fort investissement en temps de travail, de l'observation et une forte motivation et doit rester un acte volontaire ». Malgré l'effort de communication réalisé de longue date, ces chiens provoquent parfois chez les nombreux usagers des zones de pâturage une « crispation des relations sociales ». Encore faut-il que le chien soit conditionné à la présence du Loup et à celle des randonneurs ! C'est le cas, en particulier du Berger des Abruzzes.

 

Le Berger des Abruzzes ou "Maremme Abruzzes" 
ou en Italien : Cane de Pastore Maremmano-Abruzzese. (texte et photos de Mario Massucci, de l'Association Pastor'Alpes et du C.B.E.I.)

 

Le Berger de la Maremme et des Abruzzes est un chien de grand format, construit en puissance. Le mâle atteint la taille de 65 à 73 cm au garrot et la femelle 60 à 68 cm. Poids respectif : mâle 35 à 45 kg, femelle 30 à 40 kg. Longévité : 14 à 15 ans.

 

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Berger des Abruzzes cliché de Mario Massucci

 

Cette ancienne race de chiens de protection de troupeau provient des chiens de berger actuellement encore utilisés dans les Abruzzes — où l’élevage du mouton est prospère encore de nos jours —, des chiens blancs originaires d'Asie mineure. Ces chiens existaient un peu partout en Italie où nous avons des montagnes et des moutons, mais principalement dans les Abruzzes qui restent le berceau de la race.

 

Ainsi, ce chien fait partie du patrimoine culturel local. Notons qu'il n’existe pas d’aide financière générale pour les mesures de prévention, pas de prime de montagne, pas de syndicat ni d’organismes qui défendent la profession et pas de cours pour les chiens de conduite.

 

En revanche, contrairement à l'Italie, le Loup a été éradiqué en France, il y a plus d'un siècle. De sorte que les troupeaux français ne sont plus du tout protégés par des chiens habitués à la présence du Loup et sélectionnés pour protéger le troupeau par leur simple présence. Mieux vaut alors protéger les troupeaux par des chiens dont la race n'a cessé de côtoyer le Loup.

 

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Le Berger des Abruzzes Cliché © Mario Massucci

 

Dans ces conditions, le meilleur choix est certainement le Berger des Abruzzes. Ce chien n'est pas un chien de mode mais un chien qui protège les troupeaux contre les prédateurs répondant aux besoins des bergers.

 

Sa fonction principale de chien de protection de troupeau s’affirme dans la manière dont il accomplit ses tâches avec discernement, courage et décision.

 

Bien qu’il soit fier et peu enclin à la soumission, il sait aussi manifester un attachement dévoué à son troupeau et à ses maîtres, il agit par amitié et affection.

 

En Italie, on dénombre actuellement quelque 2000 loups qui se nourrissent de la faune sauvage : chevreuils, chamois et… des ovins non protégés qui sont les proies plus vulnérables, dans les zones de reconquête du Loup.

 

Ces chiens fortement liés à leur troupeau se manifestent par quelques aboiements au passage de touristes. Mais ils restent calmes, sachant observer et analyser la situation et capables de fort discernement et d’actions décidées. Ils sont attentifs au berger, dissuasifs, s’expriment bien et se font comprendre.

 

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L'utilisation de la crécelle suscite l'attention des chiens, plus particulièrement celle du chef d'équipe (flèche noire), mais provoque aussi le déplacement du troupeau. Les chiens suivent alors les brebis tout en surveillant les humains. Ils ne se laissent pas distraire par le bruit et restent bien attachés à leur troupeau. (Cliché © Mario Massucci)

 

Il faut dire que leur mise en condition par les bergers commence très jeunes et régulièrement, en mettant les chiots en présence des étrangers quand ils visitent les exploitations, et en leur confiant toujours le même lot de brebis. La valeur de ces chiens est bien mise en évidence dans les parcs nationaux italiens parmi lesquels celui de la Majella, Velino Sirente, gran Sasso et Monti della Lega où vivent plusieurs centaines de loups.

 

Les troupeaux protégés par ces chiens sont rarement attaqués par le prédateur car depuis des générations, le Berger des Abruzzes est doublement conditionné :

 

à l'attachement à son troupeau qu'il ne quitte pas. Même s'il raccompagne sur quelques dizaines de mètres un prédateur un peu trop curieux, mais vite repoussé, il revient rapidement retrouver son troupeau ;

 

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3 Bergers des Abruzzes mettent en fuite 7 loups. Arrivés à 50-60 m du troupeau, les chiens abandonnent la poursuite des prédateurs et reviennent en protection auprès des ovins Cliché © Fabrizio Caputi.

 

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Le Berger des Abruzzes chasse 3 loups avant de retourner aux moutons

Cliché © Matteo Luciani

 

à la présence des êtres humains, qu'ils soient acheteurs de fromage ou d’autres produits issus de l’exploitation, ou qu'ils soient simples visiteurs ou touristes de passage.

 

Ce comportement s'explique par une mise en condition précoce à la présence de l'homme, qu’ils ne le considèrent pas comme un danger pour leurs brebis, mais ne vont pas au contact des humains.

 

La protection du troupeau se fait par une meute dont les chiens sont de caractère et comportement différents : on trouve des chiens hardis et timides, ceux-ci occupant donc des rôles et emplacements différents dans la meute, et contribuent par leurs différences à rendre la protection du troupeau efficace, cette protection se fait à moins de 30 m du troupeau, par des chiens qui restent au troupeau.

 

Pour aboutir à ce résultat, régulièrement, les bergers prennent de jeunes sujets issus de meutes génétiquement différentes.

 

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Type de pâturage dans les Abruzzes pour des troupeaux de brebis à lait ou viande. Les ovins paissent en forêt, dans le maquis ou en prairie ouverte. Les brebis sont à lait ou à viande. Mais les brebis à lait sont davantage rentables et fournissent du travail à toute la famille et même à des salariés.

Cliché © Mario Massucci

 

Source principale : une étude comportementale des chiens de protection de troupeaux conduite dans les Abruzzes, Molise et Campanie, sous l’impulsion de Mario Massucci, avec :

 

l'Association Pastor'Alpes et le C.B.E.I..

— Valter Grossi responsable Gt chiens de travail au CPMA et Antonio Grasso vice-président du Circolo del Pastore Maremmano Abruzzese,

l'Association Chien de Protection Suisse, avec le Dr Ueli Pfitzer

— Georg Höllbacher & Anna Drabosenig scientifiques du Service National de Consultation de Protection des Troupeaux, Autriche

— Petra Frondelius vice-présidente du Sumonen Maremmano Abruzzese Seura Ry et Kristiina Nyholm biologistes.

— Les élèves du lycée des Combrailles de Saint-Gervais d'Auvergne.

 

Cette étude d'évaluation du comportement du Berger des Abruzzes a fait sur le terrain le constat suivant portant sur 105 chiens de taille moyenne et appartenant à 15 exploitations différentes :

— tous les chiens restent au troupeau et sont de taille moyenne ;

— tous les chiens remarquent tout changement d’attitude et font preuve d’actions décidées ;

— 100 % des chiens ne se sont pas révélés agressifs après le déroulement de la gestuelle de l’évaluation ;

— 73 % des cheptels visités sont composés de brebis, les autres de caprins et bovins.

— Sur les troupeaux, la fréquence des attaques est d’une seule dans les 10 ans précédant l’enquête.


Tous les chiens sont de comportement et de caractère différent, leur donnant vocation à occuper un rôle différent dans la meute : d'où l’optimisation de l’équipe.

 

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Scientifiques finlandais et italien qui, sur le terrain, observent, stimulent, et analysent le comportement des chiens en compagnie de spécialistes cynophiles et échangent avec les bergers.

Cliché © Mario Massucci

 

Pour en savoir davantage : (en Anglais)

 

 Le Patou ou Pastoure, Montagne des Pyrénées, Chien des Pyrénées

 

Une méthode préconisée que l'on peut conjuguer avec une clôture efficace serait celle de l'utilisation de patous ou chiens des Pyrénées.

Le Patou est un chien imposant, cousin du Saint-Bernard, aurait comme ancêtre lointain le Dogue du Tibet qui s'est répandu au Ve siècle en Europe à la faveur des invasions barbares. Les premiers documents la concernant datent du XVIe siècle ; ce chien gardait alors les châteaux des hautes vallées de l'Ariège et de la Garonne. C'était aussi un excellent gardien de troupeau qui protégeait le berger et son troupeau des loups et des ours, alors que le Berger des Pyrénées était chargé de rassembler les bêtes. On lui mettait un collier en fer articulé avec des pointes à l'extérieur pour éviter que les loups ne l'égorgent. En 1991, on dénombrait près de 800 naissances et 172 sujets inscrits au Livre des origines françaises. Mais ces chiens sont actuellement utilisés comme chiens de compagnie ou de garde.  Mais non mis en présence du Loup et non sélectionnés en vue de la protection contre le prédateur, ils se révéleront peu efficaces. Il faudra user d'une sélection pour leur faire retrouver leur instinct ancestral anti-loup.

 

Le Patou est doté d'une robe blanche ou blanche avec des taches grises, ou jaune pâle ou encore louvetées ou orange en tête, aux oreilles et à la naissance de la queue. Taille du mâle : 70-80 cm ; de la femelle : 65-72 cm. Poids du mâle : environ 60 kg ; de la femelle : environ 45 kg.

 

Malgré sa taille, ce chien a une allure très aisée. Sa grosse voix sonore est l'un de ses charmes. C'est un joueur qui aime la neige fraîche comme la neige fondue et sale, dans laquelle il se plaît à se rouler. Vedette de la télévision, il fut le héros de la série Belle et Sébastien qui a révélé au public son aptitude à protéger son maître et ses proches.

 

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Un couple de patous

Cliché DR

 

 Avec le retour du Loup, la garde des troupeaux par chiens patous est une technique, couramment pratiquée dans les pays confrontés à la présence du prédateur. Il s'avère que lorsqu'elle est correctement employée, elle réduit considérablement le nombre de victimes par attaque et diminue la fréquence des attaques. De plus, elle contribue à la protection des troupeaux contre les chiens divagants.

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, est aussi président du syndicat ovin des Vosges. L’homme s’est fait le porte-parole depuis un an de la colère des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup car son exploitation a subi les attaques d'un couple de loups de retour dans le massif vosgien depuis le printemps 2011. L’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. « Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu », comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous.

 

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Le patou gardien de son troupeau

(cliché P. Raydelet)

 

Un Patou conditionné est un excellent gardien qui veille sur son troupeau avec efficacité. Il s'incorpore au troupeau qu'il défend courageusement. Dans le département des Alpes de Haute-Provence, sur plus de 150 estives, les troupeaux ovins sont protégés par ce type de chien et souvent plusieurs chiens sont présents. Très jeunes, les chiots doivent être mis en présence des êtres humains, car la cohabitation encore inhabituelle entre les chiens de protection et les usagers des espaces pastoraux engendre parfois des difficultés. Les randonneurs sont invités à ne pas trop s'approcher des moutons pour éviter une attaque possible du gardien. Dans un objectif de prévention des accidents, la DDAF des Alpes de Haute-Provence met en place une démarche globale en intervenant à différents niveaux : formation des éleveurs, sensibilisation des élus et des gestionnaires locaux et information des usagers des espaces pastoraux.

Un autre problème avec le Patou : à la période des chaleurs des chiennes, les mâles ont tendance à oublier leur troupeau pour rechercher l'âme-sœur.


 

Le Bouvier de Bouriatrie-Mongolie ou Hotocho

 

Différentes ethnies nomades qui se déplacent entre Mongolie et Sibérie protègent leurs troupeaux avec des chiens hotochos. Hotocho en bouriate signifie "chien/loup qui garde la territoire". Cette race a failli s’éteindre après la seconde guerre mondiale.. Dans les années 1990, Marika Teregoulina et Nikolai Batov ont entrepris un long voyage dans toute la Bouriatie afin de trouver les derniers chiens purs hotocho et restaurer la population de cette race. Le caractère de l’Hotocho est exceptionnel, propre à tous les bouviers amenés à prendre les décisions seuls et à travailler seuls. Ce chien n'hésite pas à attaquer préventivement les loups qui menacent son troupeau.


L'Hotocho est un chien très grand, costaud et de constitution lourde : pas moins de 74 cm au garrot pour les mâles et de 66 cm pour les femelles;. Les mâles sont plus grands et plus robustes que les femelles. Il devient adulte assez tard, vers 3-5 ans. Il présente une tête typique de molosse ou de bouvier : grande, large et plate avec le stop bien marqué et des petites oreilles triangulaires. Sa queue est longue et haut placée. Il la porte tournée sur le dos quand il est attentif ou prêt à se battre. Au calme, sa queue est pendue vers le sol.



Généralement, la robe de l’Hotocho est noire et feu, avec éventuellement de petites taches blanches sur le poitrail et des chaussettes blanches (toujours symétriques). Le noir peut être zain, foncé ou gris très foncé et le feu du beige au roux foncé. On ne trouve aucune photo de cette race sur internet (voir le site dogzer.com).

 


Le Berger du Caucase ou Ovtcharka du Caucase ou Kavkazkaïa Ovtcharka

 

 Le Berger du Caucase est un chien robuste, massif, avec une ossature et une musculature très fortes. La tête, avec un crâne large et des zygomatiques bien développées, ressemble à celle d’un ours. Le museau est plus court que le crâne, peu effilé ; la truffe est large et noire. Les yeux sont foncés, petits, de forme ovale, enfoncés. Les oreilles sont pendantes, attachées haut : elles sont souvent coupées court. Le dos est droit, large et musclé. Les membres sont droits et parallèles, avec une ossature forte. La queue, attachée haut et qui descend jusqu’au jarret, est portée pendante en panache, en faucille ou bien se termine en forme d’anneau.

Ce chien molossoïde a été sélectionné par les bergers pour la protection des troupeaux contre les prédateurs tels que les loups et les ours. Il a cependant un défaut ennuyeux : il est considéré comme mordeur (communication de Mario Massucci).

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Berger du Caucase

Cliché DR

 

 

Chien berger roumain des Carpathes

 

Il s'agit d'un chien de berger utilisé par les bergers roumains des Carpathes depuis des siècles pour défendre les troupeaux  contre les attaque du Loup. Pour pllus de détails sur ce chien, voir le site : http://chien.ouest-atlantis.com/chien-berger-roumain-carp...

 

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Berger roumain des Carpathes

Cliché DR

 

Autres chiens de protection approppriés que l'on peut citer :

 

 — Le Berger polonais de Podhale (en Français)

— Le Kuvasz (en Allemand)

— Le Kuvatch de Hongrie (en Anglais)

 

 

Formation pour les éleveurs utilisateurs de chiens de protection

 

Le rôle de l'éleveur est fondamental dans l'équilibre comportemental du chien. Des formations ont donc été organisées pour que les éleveurs abordent l'éducation du chien dans l'objectif indispensable d'une meilleure cohabitation avec les différents acteurs des territoires ruraux. Le message suivant est régulièrement transmis aux éleveurs : "Un chien non agressif, bien socialisé à l'homme et à son environnement, est aussi efficace, voire plus efficace, pour repousser le prédateur qu'un chien agressif". Parallèlement, la DDAF aide les éleveurs à acquérir des chiots issus d'élevages de qualité et de lignées de travail qui ne présentent pas d'agressivité vis à vis de l'Homme.

 

Sensibilisation des gestionnaires et élus locaux

 

Afin de pouvoir répondre aux interrogations des gestionnaires locaux, il est indispensable de recenser précisément les problèmes engendrés par ce type de chien et de connaître les circonstances exactes de leur déroulement. La DDAF a donc transmis aux mairies, gendarmeries, offices de tourisme, des fiches de renseignements à remplir par les éventuels plaignants et à lui renvoyer.

 

Information pour les usagers et le grand public

 

Les informations recueillies sur les fiches ou sur le terrain mettent en évidence qu'un comportement inadapté du promeneur en zone pastorale constitue une cause fréquente de difficultés. L'implantation de panneaux signalant la présence des chiens et la diffusion de plaquettes informant sur les conduites à adopter semblent se révéler insuffisantes. Ainsi, il est fréquent de constater que le promeneur se sent agressé par le chien, alors que celui-ci adopte une attitude qui correspond à sa fonction : signalement de sa présence (aboiements et déplacement), contrôle (approche parfois en courant, contact), dissuasion d'approcher (interposition entre le troupeau et l'intrus, aboiements ou grognements). L'incompréhension du comportement canin est souvent à l'origine d'attitudes humaines interprétées par le chien comme une agression ou une provocation (cris, jets de pierre, bâton, volte-face). Elles peuvent alors déclencher chez lui des réactions agressives découlant d'un comportement normal pour l'espèce canine.

 

C'est pourquoi, afin de limiter les risques d'accident, la DDAF des Alpes de Haute-Provence édite une brochure expliquant aux usagers les comportements du chien de protection, informant sur les conduites à adopter ou à éviter face aux chiens de protection en rappelant les principaux codes du langage canin. Cette brochure est téléchargeable gratuitement sur différents sites Internet, dont celui de l'association FERUS, ou celui du Parc National du Mercantour.

 

Le lama comme gardien de troupeau ?

 

On voit éclore en France des élevages de lamas destinés à différents usages dont le gardiennage de troupeaux.

 

En effet, le lama se comporte comme un dominant qui défend son territoire et protège son troupeau contre les prédateurs (chiens errants, renards, loups, voire pumas dans la Cordillère des andes) En cas d'attaque, il pousse des cris d'alarme aigus caractéristiques qui effrayent les prédateurs et alertent le propriétaire du troupeau. Ce comportement de gardien de troupeau est instinctif et ne nécessite aucun dressage préalable. Dans la nature, le lama mâle prend soin dès leur naissance des lamas nouveau-nés et veille à leur sécurité. Il adopte le même comportement vis-à-vis de son troupeau de brebis.

 

Gros avantage sur le chien : il se nourrit en broutant de l'herbe. et sa longévité est double de celle d'un chien. En outre, il est doté de griffes dissuassives aux pattes antérieures ainsi que d'une denture redoutable.

 

Les lamas, par leur taille et leur poids, peuvent facilement les effrayer ; de plus ils poussent des cris d’alarme aigus, pourchassent les prédateurs et s’interposent entre le troupeau et le prédateur.


Pour réaliser cette mission, le lama doit considérer comme SIEN le troupeau de brebis, il aura alors un comportement doux avec celles-ci et deviendra un compagnon très protecteur. Il ne remplace pas le berger mais le préviendra par son cri caractéristique en cas d’intrusion dangereuse.

 

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Guanacos (Lamas sauvages) dans la pampa argentine

Cliché © Marcel Hoeuillard

 

Le point de vue d'un berger

 

Mathieu Erny, 47 ans, est berger sur le site Natura 2000 du camp militaire de la Valbonne, dans la plaine de l’Ain qui dépend du Conservatoire Régional des Espaces Naturels Rhône-Alpes. Formé à l’École du Merle à Salon-de-Provence, il a fait l’estive en alpage pendant plus de dix ans dans les Alpes du sud, période durant laquelle il a été confronté à plusieurs reprises à des actes de prédation du loup sur le troupeau dont il avait la garde.

 

Mathieu est passé par La Bresse pour voir les lieux d’attaque du loup dans les Vosges. « Je ne suis pas pour l’éradication du loup, mais il faut que les associations écologistes acceptent les tirs. Des tirs qui font mal, avec des balles en caoutchouc qui ne tuent pas mais qui le font fuir durablement. »

 

Il préconise également l'emploi de colliers qui détectent les dangers et qui font l'objet de recherches en Suisse. Sur un troupeau de 100 brebis, 4 ou 5 portent un collier muni d'un capteur qui mesure le rythme cardiaque de la brebis et déclenche au moment où il y a panique une cartouche qui lâche un produit répulsif pour le loup (voir paragraphe ci-dessous).

 

Quant aux chiens Patou, utiles pour faire fuir le prédateur, Mathieu précise qu’il faut « des petits lots de brebis. Le Patou doit être né et élevé au milieu des ovins. Il ne doit pas être agressif. Il faut l’éduquer et non le dresser. Et puis il faut qu’ils soient au moins deux, un ancien qui montre le travail au plus jeune. Cela demande de la sélection. »

 

Collier avertisseur de l'attaque de loups (Source : ATS)

 

Le 2 août 2012, sur l'alpage du Creux-du-Champ au-dessus des Diablerets dans le canton de Vaud (Suisse), des scientifiques suisses ont tenté une expérience insolite afin de développer un collier anti-loup. Ils ont imaginé un dispositif, testé en pleine nature, qui avertit par SMS les bergers en cas d'attaque de loups grâce à un collier placé autour de chaque mouton et qui mesure son rythme cardiaque.

 

Deux chiens-loups de Tchéquie ont attaqué un petit troupeau de brebis sous la surveillance de scientifiques. But de l'opération : mesurer la fréquence cardiaque des ovins, afin de mettre au point un collier anti-loup.

 

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Les chiens-loups viennent de la République Tchèque

(photo Keystone)

 

Provenant d'un élevage des Vosges, Sky et Milla ont un "look et un pelage ne permettant pas de renier leur origine lupoïde. Issus d'un croisement entre berger allemand et loup, ils peuvent pulvériser un mouton", explique Agnès Thiébaut, spécialiste vosgienne du loup. Endurants et dotés de beaucoup de flair, ils sont utilisés pour du pistage, du traîneau.

 

Équipés de leurs muselières, Sky et Milla contournent le troupeau sans leur maîtresse. "En sa présence, ils n'attaquent pas, car ils savent qu'elle va les stopper", souligne Agnès Thiébaut. Sur le pâturage, les brebis s'agglutinent, vaguement inquiètes. Soudain, les chiens de Tchéquie déboulent : les brebis dévalent la pente, arrachant toutes les barrières plastifiées sur leur passage. "Une d'entre elles a sifflé pour avertir ses compagnes du danger", ce qui est très rare, commente l'éleveur Jean-Pierre Vittoni, qui met son troupeau à disposition pour le projet. "Sans muselière, les chiens loups auraient pu chacun en croquer trois ou quatre", note-t-il.

 

Paniquées, les brebis remontent sur la crête à toute allure pour rejoindre le gros du troupeau à près de 3 km de là. Seules cinq d'entre elles seront rattrapées le soir-même. Les colliers des autres seront enlevés le lendemain. En revanche, les deux chiens obéissent au doigt et à l'œil à leur maîtresse et sont rapidement éloignés.

 

Interrogé par l'agence suisse ats qui a assisté à l'expérience, le biologiste Jean-Marc Landry a déclaré : "C'est la première fois qu'un tel dispositif est testé en pleine nature". Il s'agit de mieux connaître le fonctionnement du cœur de la brebis. Préalablement, une dizaine de brebis ont été équipées d'une sangle et d'un cardiofréquencemètre, mesurant la variation du stress chez les animaux. Les modifications du rythme cardiaque des ovins permettront de calculer un algorithme qui définira quand le mécanisme se déclenchera. Ainsi, en cas d'attaque, le collier devrait envoyer un répulsif assez puissant pour éloigner le loup, ainsi qu'un SMS pour avertir le berger. Il pourrait être doublé d'avertissements sonores. Le loup devrait ainsi apprendre à se méfier du bétail.

 

Ces premiers essais semblent être réussis puisque le rythme cardiaque des brebis est passé d'une moyenne de 60-80 battements par minute à un pic de 225 au moment des attaques. L'équipe va ensuite analyser les résultats dans le détail.

 

En automne 2012, un prototype de collier devrait voir le jour. En 2013, il sera testé en Suisse et en France. Selon l'ats, d'autres pays se sont déjà montrés intéressés, dont la Norvège.

 

Conclusion

 

La durabilité de la présence des prédateurs va obliger l'élevage pastoral dans son ensemble à se protéger indéfiniment. Certains systèmes d'élevage ne pourront trouver la clé de cette protection devenue trop chère et inefficace malgré les efforts déployés.

À ce problème, il demeure une évidence incontournable : si l'on veut que le pâturage des troupeaux perdure, il va bien falloir mettre en place des actions de sélection qualitative des loups. Car si protéger les troupeaux, c'est bien, tenter de forcer les loups à respecter les activités d'élevage en les incitant à se nourrir de faune sauvage, c'est mieux.

 

Voir également l'article : stratégie de prédation chez le Loup.

 

Le point de vue d'un berger relayé par celui d'un randonneur

 

Un ouvrage indispensable :

Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (CERPAM) (2012). - Protection des troupeaux contre la prédation. Cerpam/Cardère. 312 p.

Un site précieux à visiter pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

http://www.cerpam.fr/loupelevage.html

Rapport 209-2014 sur l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques

31/01/2017

LA CHASSE AUX VOIX DES CHASSEURS EST OUVERTE

chasseaux voixCOMMUNIQUE DE PRESSE
MARDI 31 JANVIER 2017
CHASSE ILLÉGALE DES OIES :

LA CHASSE AUX VOIX DES CHASSEURS EST OUVERTE

 

Alors que la chasse des oiseaux d’eau ferme le 31 janvier, la ministre de l’environnement Ségolène Royal, cédant aux demandes du monde cynégétique, a annoncé publiquement qu’elle donnerait des consignes pour que la chasse illégale des oies ne soit pas verbalisée avant le 10 février. Puis, la Fédération Nationale des Chasseurs – dont une des missions est de contribuer à la conservation de la biodiversité ! – a annoncé le 26 janvier dans un communiqué de presse que cette tolérance envers les braconniers serait prolongée jusqu’au 12 février, à la demande du président de la Fédération.



France Nature Environnement dénonce la complaisance répétée des pouvoirs publics envers le braconnage des oiseaux migrateurs. À de nombreuses reprises déjà, notre fédération a fait annuler par le Conseil d’État des arrêtés illégaux prolongeant la chasse au-delà du 31 janvier. Le gouvernement, n’ignorant pas que sa démarche est illégale, tente désormais de contourner ses propres lois.



Cependant, la déclaration de la ministre de l’écologie relève surtout de l’effet d’annonce, car Mme Royal n’a aucune autorité légale sur les forces de l’ordre. Afin que la loi soit respectée, France Nature Environnement a écrit un courrier aux procureurs de la République, seuls détenteurs de l’autorité judiciaire au niveau local, pour les informer de la situation et leur demander de donner des consignes de verbalisation dès le 1er février, date à partir de laquelle la chasse des oies est fermée.

24/01/2017

L'écureuil roux

L'écureuil roux

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

L'activité autour les points de nourrissage destinés aux oiseaux offre de temps à autres quelques surprises fort sympathiques en matière d'observation. Le va-et-vient permanent des différentes espèces ne laisse pas indifférents certains acteurs de la nature que l'on ne s'attend pas toujours à contempler d'aussi près.

 

Guy Français demeurant à Vieux-Charmont, alimente l'un des ses postes de nourrissage. Tous les matins, bien dissimulé dans sa petite tente affût, il observe les différentes espèces et s'attarde plus particulièrement sur la présence régulière d'un superbe écureuil roux.

 

L'écureuil ne fait pas partie des animaux qui hibernent blottis dans un terrier en attendant que les beaux jours reviennent. Il s'organise, vit sa vie tout simplement, continue de se promener parfois même dans la neige. En revanche, par grand froid, il peut rester calfeutré dans son nid plusieurs jours, grâce à ses réserves.

 

On doit donc cette image à notre ami Guy qui, durant tout le temps pendant lequel le petit mammifère se délecte de tournesol, n'a d'autre réflexe ou « Reflex » si c’est un jeu de mot que de faire ''chauffer'' son appareil photo par les temps qui courent.

 

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Cliché © Guy Français

 

Voir également sur ce même blog : l'Écureuil roux

23/01/2017

Défendre les abeilles avec POLLINIS

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Nos victoires et actions en 2016

 

Chère Madame, cher Monsieur,

La force de POLLINIS c'est vous !

C'est parce que vous prenez le temps de lire nos informations et apportez votre signature à nos grandes campagnes de pétition en France et en Europe…
… que vous adressez vos commentaires et témoignages et diffusez nos informations et mobilisations à vos proches…
… que POLLINIS peut agir efficacement face aux lobbies de l'agrochimie qui sacrifient les abeilles et la nature :

••••• Nous refusons que des tonnes de pesticides continuent à être déversées dans les champs alors que leur extrême nocivité pour les abeilles, la nature et les hommes est parfaitement connue et que d'autres méthodes existent, tout aussi efficaces et rentables pour les agriculteurs qui les utilisent.

••••• Nous refusons que les lobbies agrochimiques manœuvrent impunément à Bruxelles, infiltrent les comités scientifiques et consultatifs pour imposer leurs nouveaux pesticides tueurs d'abeilles, au mépris de la volonté des citoyens.

••••• Nous refusons que les multinationales de l'agrochimie interdisent l'accès à l'information sur leurs produits toxiques aux journalistes, aux scientifiques, aux citoyens avec la directive de l'Union européenne "Secret d'affaires".

••••• Nous refusons que des races d'abeilles non-adaptées à notre environnement et importées en masse mettent en péril notre abeille locale, -l'abeille noire adaptée et résistante en provoquant des hybridations forcées.

••••• Nous refusons que soit anéanti en moins d'une génération ce que l'agriculture respectueuse des pollinisateurs a su préserver durant des millénaires…

Ces combats salutaires pour la nature, les pollinisateurs et notre santé à tous, c'est grâce à votre implication personnelle que POLLINIS peut les mener.

C'est pourquoi il est si important pour nous de vous présenter notre bilan 2016.



Après quatre années de bataille intensive, depuis que POLLINIS existe, nous avons réussi créer et consolider une véritable contre-force à l’emprise des lobbies de l’agrochimie en Europe et en France, qui s'articule autour de trois axes :

- Rassembler pour la première fois en un mouvement citoyen unique des apiculteurs indépendants, des scientifiques, et plus d’1,3 million de citoyens, pour faire front commun contre l’agrochimie.

C'est notre meilleure chance de pouvoir vraiment peser dans la balance contre les lobbies de l’agrochimie, et sauver durablement les abeilles !

- Mettre en place un groupe d’experts, d’ingénieurs et de juristes, qui surveillent les manœuvres des lobbies à Bruxelles.

Entre autres missions, ces experts décortiquent les autorisations de mise sur le marché de nouveaux pesticides toxiques – un travail indispensable pour déjouer toute nouvelle attaque sur les abeilles, notre alimentation ou notre santé, et contrecarrer l’emprise de l’agrochimie sur les décisions européennes.

- Aider et promouvoir les solutions agricoles alternatives respectueuses des pollinisateurs.

Oui, des solutions efficaces existent pour sortir l'agriculture du tout-chimique, émanciper les agriculteurs de l'emprise de l'industrie phytopharmaceutique et garantir un environnement sans danger pour les pollinisateurs !

Et voici ce que nous avons pu faire, avec votre aide, en 2016 :

- Nous avons obtenu une première interdiction en France des pesticides néonicotinoïdes responsables de 20 ans de massacre intensif des abeilles.

En voici les principales étapes :

Présentation au Parlement européen de notre pétition "Stop Neonics" signée par plus d'un million de citoyens !….
Dépôt d'amendements avec des parlementaires décidés à défendre les abeilles face à leurs collègues subordonnés à l'agrochimie….
627 898 messages envoyés aux sénateurs et députés pendant les débats sur la loi Biodiversité
Et 30 eurodéputés se sont déjà engagés pour une interdiction totale des néonicotinoïdes en Europe.

- Nous avons sonné l'alarme sur les nouveaux pesticides tueurs d'abeilles.

POLLINIS a levé le lièvre et mis le scandale sur la place publique. En plein moratoire européen sur les néonicotinoïdes, avec leurs armées de lobbyistes à Bruxelles, les multinationales de l'agrochimie sont arrivé à obtenir la mise sur le marché de nouveaux pesticides tueurs d'abeilles, camouflés sous d'autres classifications pour ne pas entrer dans le champ de l'interdiction.

C'est un combat sans relâche pour veiller et détecter toutes ces manigances, informer et mobiliser les citoyens pour empêcher ces grosses firmes d'imposer leurs produits toxiques et de faire la loi en Europe. La tâche est immense !

- Nous avons mobilisé 668.230 citoyens pour contrer la Directive "Secret d'affaires", un règlement sur mesure pour les lobbies de l'agrochimie.

Après des années de lobbying intensif, l'agrochimie est sur le point de parvenir à son but : faire voter un règlement sur mesure pour ne plus avoir à rendre de comptes sur les effets potentiellement catastrophiques des pesticides sur l'environnement, les pollinisateurs et notre santé !

La directive de l'Union européenne, "Secret d'affaires", interdit à nous citoyens, journalistes, lanceurs d'alerte, médecins et scientifiques indépendants... l'accès à toutes les données scientifiques exigées par la réglementation pour pouvoir mettre un pesticide ou un nouveau médicament sur le marché.

Mais les élections de 2017 vont être l'occasion de stopper cette directive en empêchant son application dans le droit français.

- Nous avons entamé la protection de l'abeille locale, menacée d'extinction.

La préservation de l'abeille locale, l'abeille noire, est le meilleur moyen dont nous disposons, aujourd'hui, pour garantir aux générations futures un pollinisateur naturellement résistant.

C'est pourquoi POLLINIS a :

soutenu la création de la Fédération européenne des Conservatoires de l'abeille noire (FedCAN)
organisé la Fête de l'abeille noire avec le Conservatoire de l'abeille noire d'Ile de France
entamé les démarches auprès du gouvernement pour obtenir une protection juridique pour les Conservatoires de l'abeille noire.
- Nous avons étoffé encore notre petite équipe pour pouvoir mener le combat sur tous les plans et sur tous les fronts.

Nous ont rejoints tout récemment : Camille, pour la bonne tenue administrative et les relations donateurs, Valentine, journaliste chargée de la communication et Armand bientôt titulaire d'un diplôme d'ingénieur et juriste en Environnement, qui étudie les pollinisateurs sauvages, actuellement trop méconnus.

Cela fait plaisir de voir tous ces jeunes mettre, au sein de POLLINIS, leur talent, leur expertise et leur dynamisme au service de la protection des pollinisateurs.

Et il y en a besoin !

Car la tâche est immense.

Et en 2017, voici ce que nous devons faire :

Tous ensemble, citoyens, apiculteurs indépendants, juristes et scientifiques réunis au sein de POLLINIS, nous devons attaquer les fondements du système qui permet aux lobbies de l’agrochimie d’avoir toujours un coup d’avance, pour les empêcher de faire la loi en Europe.

Et pour cela, je ne vois pas de meilleure opportunité que les élections présidentielles et législatives françaises qui approchent.

Au moment où les politiques ont besoin de nos voix et de notre approbation, c’est exactement là que nous devons mettre nos conditions sur la table, et les obliger à prendre clairement position : sont-ils du côté des abeilles, ou de l’agrochimie ?

Notre plan de bataille pour démarrer sans tarder la contre-offensive à l’emprise des lobbies en Europe et dans les états européens est on ne peut plus clair :

>>> Maintenir notre surveillance sur Bruxelles, pour déjouer toute nouvelle tentative d'autorisation de pesticides tueurs d'abeilles,
et faire travailler les  chercheurs  qui ont rejoint POLLINIS pour contrecarrer, sur le plan scientifique, les pseudos études payées par les firmes agrochimiques pour tenter de blanchir leurs nouveaux produits;

>>> Mener une gigantesque campagne de pression sur les candidats aux élections françaises en mobilisant, par vagues successives, plusieurs centaines de milliers de leurs électeurs et en faisant le siège de leurs QG de campagne pour les convaincre d’écouter nos arguments et de s’engager du côté des citoyens pour les pollinisateurs ;

>>> Dans le même temps, travailler d’arrache-pied avec les apiculteurs indépendants pour sauvegarder à tout prix l’abeille locale - naturellement plus résistante que les abeilles importées, mais dangereusement menacée par l’agro-industrie - avant qu’elle ne disparaisse définitivement, et qu’il ne nous reste plus que nos yeux pour pleurer…

Face aux montagnes d'argent des firmes agrochimistes et leurs armées de lobbyistes qui veulent imposer leur loi aux décideurs nationaux et européens, nous avons certes peu de moyens - mais nous avons notre nombre, et notre détermination.

Et le soutien fidèle des membres les plus engagés de POLLINIS pour mener cette contre-offensive salutaire pour les abeilles et la nature, et pour aller enfin dans le bon sens : vers une agriculture pérenne et propre, respectueuse des pollinisateurs dont elle dépend.

Nous avons calculé que, pour mener toutes ces actions, nous devons réunir un budget minimum de 350 000 euros.

Cela fait beaucoup d'argent, mais les résultats qu'ensemble nous pouvons obtenir grâce à cette somme n'ont pas de prix : des bienfaits pour la planète et toute la population !

Pour réunir ce budget, nous ne pouvons compter que sur le soutien des membres donateurs de l'association.

Vous le savez, nous refusons les financements publics, ou même d'entreprises privées : ce serait mettre POLLINIS à leur merci, et risquer d'être réduits au silence lorsqu'il s'agit de révéler un scandale, comme celui de la Directive Secrets d’Affaires, qui cherche à interdire aux citoyens et scientifiques indépendants l’accès aux études concernant la toxicité de ce qu’ils mangent et ce à quoi ils sont exposés…

Pour garantir l'indépendance et la liberté d'action de POLLINIS, nous reposons entièrement sur les dons de personnes, comme vous, qui ont à cœur de protéger les abeilles et la nature, et refusent de laisser sacrifier l'environnement et leur alimentation pour garantir les profits de quelques multinationales bien placées.

Alors s'il vous plaît, rejoignez nos membres donateurs en accordant votre soutien à POLLINIS, en cliquant sur ce bouton :

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Un don de 20 euros, de 50 euros, de 100 euros, ou de tout autre montant que vous jugez approprié, sera une aide précieuse pour mener les actions nécessaires pour faire barrage aux lobbies, et convaincre les candidats aux élections françaises de se ranger du côté des défenseurs des abeilles et de la nature.

Nous sommes la première association française à avoir réussi à rassembler en un front commun apiculteurs, scientifiques, et plus d’un million de citoyens. Maintenant, utilisons cette force exceptionnelle pour reprendre le pouvoir des mains des lobbies, et les empêcher de décimer ce qui reste encore de colonies d'abeilles et de pollinisateurs !

Merci encore pour votre aide passée, et merci d'avance pour votre soutien à POLLINIS en 2017.

Oui, je fais un don à POLLINIS !

Bien sincèrement

L'équipe de POLLINIS

POLLINIS Association Loi 1901
10 rue Saint Marc - 75002 Paris  www.pollinis.org

21/01/2017

Réédition du Faucon pèlerin de René-Jean Monneret

Réédition du Faucon pèlerin

de René-Jean Monneret

 

Début mars 2017, Delachaux et Niestlé va rééditer  le bouquin du Jurassien René-Jean Monneret sur le faucon pèlerin.

 

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17/01/2017

Pic mar ou Pic épeiche ?

Histoire de Pics

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

 

La période de froid que nous traversons en ce mois de janvier 2017 favorise le rapprochement de certains oiseaux en quête de nourriture dans nos jardins et à proximité de nos maisons.

 

Beaucoup de monde s'inquiète cette année de la sensible diminution du nombre d'oiseaux aux mangeoires installées à leur attention. Aucune explication fondée ne permet pour le moment d'apporter de réponses à ce constat, mais il est certain que l'érosion de la biodiversité que l'on constate tous les jours n'y est pas étrangère.

 

La présence régulière sur un point de nourrissage d'un Pic épeiche et de son proche cousin plus discret, le Pic mar, me permet de photographier ces deux espèces dans d'excellentes conditions.

 

Pas toujours évident pour une personne non initiée de différencier à distance ces oiseaux dès le premier coup d'œil.

 

La comparaison de ces deux images ne laissera plus aucun doute sur l’identification des deux espèces si vous parvenez à mettre dans l'axe de vos jumelles l'un ou l'autre de ces Pics.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,pic mar,pic épeiche,picidés

Clichés © Dominique Delfino

14/01/2017

PESTICIDES : VENDRE COUTE QUE COUTE !

FNE-logo180.pngPESTICIDES : VENDRE COÛTE QUE COÛTE !

 

Le 28 décembre 2016, en toute discrétion, les vendeurs de pesticides ont réussi à faire annuler l’ordonnance établissant les certificats d’économie de pesticides (CEPP). Le nouveau dispositif les contraignant à réduire leurs ventes de pesticides de 20% d’ici 2020, les vendeurs et les distributeurs veulent préserver le marché très rentable des pesticides, sans être inquiétés !

Le constat est sans appel et connu de tous : les indicateurs d’usage des pesticides sont dans le rouge. Malgré les dispositifs volontaires mis en place depuis 2007 pour expérimenter et proposer des alternatives, l’usage des pesticides a augmenté notablement de 9.7% en 2014 par rapport au chiffre de l’année précédente. On est très loin de l’objectif du Grenelle de diviser par 2 la consommation en 2018[1].

Faut-il rappeler que les pesticides sont dangereux ?

L’impact des pesticides sur l’environnement et la biodiversité n’est plus à démontrer. Ils cassent les chaînes alimentaires, perturbent la reproduction des animaux ou les intoxiquent tout simplement. L’exemple de la surmortalité des abeilles, insectes si importants pour les équilibres naturels, est la parfaite illustration.

Pour Charlotte Lepître, coordinatrice du réseau santé de FNE « Nous ne pouvons plus sous-estimer la dangerosité des pesticides sur la santé. Chaque année, de nouvelles molécules utilisées pendant des années sont interdites à la vente à cause de leur toxicité pour l’Homme. Elles sont aussitôt remplacées par d’autres dont la non-toxicité n’est pas totalement prouvée. »

L’intérêt privé avant l’intérêt collectif et la santé publique

Et pourtant les pesticides ne sont pas une fatalité ! Des agriculteurs se sont lancés dans l’agro-écologie et démontrent chaque jour qu’il est possible de réduire de 30% et plus leur usage sans baisser les rendements. Les solutions existent ! Il est aujourd’hui nécessaire d’impulser fortement la transition en impliquant tous les acteurs. Pour cela, l’approche des certificats d’économie de pesticides est très intéressante. En plus d’être contraignants, ils impliquent réglementairement les distributeurs, généralement en charge du conseil aux agriculteurs, dans la réduction d’usage des pesticides. C’est une mutation profonde du rôle des coopératives et du négoce agricole.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles pour FNE : « Les marchands de pesticides résistent pour ne pas réduire leurs ventes et préserver leurs intérêts. Ils attaquent de manière procédurière les mesures qui pourraient orienter intelligemment l'agriculture vers un usage réduit des pesticides. Le gouvernement et le Parlement doivent réagir rapidement pour remettre en place un processus essentiel dans la transition agro-écologique de l’agriculture Française mais surtout pour la protection de la santé des citoyens et de l’environnement ».

 
[1]Le chiffre de référence en ce qui concerne la consommation de pesticides en France est celui de 2007.

 


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C'est la porte-parole d'un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

13/01/2017

Destruction de la loi littoral par le sénat

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04/01/2017

Biodiversité et productivité de la forêt

Relations positives entre biodiversité

et productivité prédominantes

dans les forêts mondiales

 

La relation entre la biodiversité et la productivité des écosystèmes herbacés a été explorée en long et en large. En revanche, en ce qui concerne la flore arborescente, c'est-à-dire les forêts, les schémas sont beaucoup moins bien compris. Jusqu'à présent, il y avait eu peu d'expériences sur la diversité des arbres et le BPR forestier (effet de la biodiversité sur la productivité des écosystèmes) n'a été exploré que dans le cadre d'études d'observation à échelle régionale. Ainsi, la force et la variabilité spatiale de cette relation restaient inexplorées à l'échelle mondiale.

 

Pourtant, le BPR forestier se trouve à la base de la compréhension de la crise mondiale d'extinction et de ses impacts sur le fonctionnement des écosystèmes naturels. Le BPR forestier a été un sujet de recherche important dans l'écologie régionale au cours des dernières décennies, mais ce n'est que récemment qu'on a commencé à développer une perspective globale.

 

biodiversité et productivité de la forêt,global forest biodiversity initiative

Parcelle monospécifique de charmes (forêt de Chaux, Jura)

Cliché DR

 

Dans le monde entier et sous toutes les latitudes, dans le cadre du projet international GFBI (Global Forest Biodiversity Initiative), un ensemble de 84 chercheurs (Liang et al. [2016]) ont amassé une somme impressionnante de données mondiales sur la forêt portant sur plus de 770 000 parcelles d'échantillonnage dans 44 pays.

 

Ils ont ainsi mis en évidence une relation positive et cohérente entre la diversité des arbres et la productivité des écosystèmes aux échelles du paysage, du pays et de l'écorégion. En moyenne, une perte de 10% de la biodiversité entraîne une perte de productivité de 3%. Cela signifie que la valeur économique du maintien de la biodiversité pour la productivité forestière mondiale est plus de cinq fois supérieure aux coûts de conservation globaux.

 

biodiversité et productivité de la forêt,global forest biodiversity initiative

Forêt primaire tropicale (Bélouve, Réunion)

Cliché © André Guyard

 

Les forêts sont les plus importants dépôts mondiaux de la biodiversité terrestre, mais la déforestation, la dégradation des forêts, le changement climatique et d'autres facteurs menacent environ la moitié des espèces d'arbres dans le monde. Bien que des efforts considérables aient été déployés pour renforcer la préservation et l'utilisation durable de la diversité biologique des forêts dans le monde entier, les conséquences de cette perte de diversité constituent une grande incertitude pour les efforts internationaux de gestion et de conservation des forêts. La BPR de la forêt représente un chaînon manquant essentiel pour une évaluation précise de la biodiversité mondiale et une intégration réussie de la conservation biologique et du développement socioéconomique.

 

biodiversité et productivité de la forêt,global forest biodiversity initiative

Parcelle de feuillus diversifiés au printemps (forêt de Thise)

Cliché © André Guyard

 

biodiversité et productivité de la forêt,global forest biodiversity initiative

Parcelle de feuillus diversifiés en hiver (forêt de Chailluz)

Cliché © André Guyard

 

 Les chercheurs du GFBI ont exploré l'effet de la richesse des essences forestières sur la productivité du volume d'arbres à l'échelle mondiale en utilisant des inventaires forestiers répétés de 777 126 parcelles d'échantillonnage permanentes dans 44 pays contenant plus de 30 millions d'arbres de 8737 espèces couvrant la plupart des biomes terrestres. Les résultats révèlent un effet positif cohérent de la biodiversité sur la productivité forestière à travers le monde, montrant qu'une perte continue de la biodiversité entraînerait un déclin accéléré de la productivité forestière mondiale.

biodiversité et productivité de la forêt,global forest biodiversity initiative

Parcelle monospécifique de Douglas

Cliché © André Guyard

 

Le BPR montre une variation géospatiale considérable à travers le monde. Le même pourcentage de perte de biodiversité entraînerait un déclin relatif relatif (c'est-à-dire en pourcentage) de la productivité dans les forêts boréales de l'Amérique du Nord, de l'Europe du Nord-Est, de la Sibérie centrale, de l'Asie de l'Est et des régions éparses de l'Afrique centrale et méridionale. Dans l'Amazonie, l'Afrique de l'Ouest et du Sud-Est, le sud de la Chine, le Myanmar, le Népal et l'archipel malais, le même pourcentage de perte de biodiversité entraînerait un déclin absolu de la productivité.

 

En conclusion, la santé d'une forêt est liée à la diversité de ses arbres. Plus une parcelle forestière contient d'espèces, plus elle est productive — autrement dit, plus elle fabrique de matière végétale au mètre carré.

 

Mais de l'avoir démontré à pareille échelle devrait définitivement tordre le cou à l'idée que la parcelle la plus productive est celle où tous les arbres appartiennent à la même espèce. "De plus, la biodiversité est une assurance contre le changement climatique : si l'on a plus d'espèces, on a plus de chances que la forêt résiste bien au réchauffement."

 

Ces résultats mettent en évidence l'effet négatif de la perte de biodiversité sur la productivité forestière et les avantages potentiels de la transition des monocultures aux peuplements mixtes dans les pratiques forestières. La BPR découverte à travers les écosystèmes forestiers du monde entier correspond bien aux progrès théoriques récents, ainsi qu'aux études expérimentales et observationnelles sur les écosystèmes forestiers et non forestiers. Sur la base de cette relation, la perte constante d'espèces dans les écosystèmes forestiers dans le monde pourrait réduire considérablement la productivité forestière et donc le taux d'absorption du carbone forestier pour compromettre le puits mondial de carbone forestier.

 

La valeur économique de la biodiversité pour le maintien de la productivité forestière commerciale est estimée de 166 à 490 milliards de dollars par an. Bien qu'elle ne représente qu'un faible pourcentage de la valeur totale de la biodiversité, cette valeur est de deux à six fois supérieure à ce qu'elle coûterait pour mettre en œuvre efficacement la conservation à l'échelle mondiale. Ces résultats soulignent la nécessité de réévaluer l'évaluation de la biodiversité et les avantages potentiels de l'intégration et de la promotion de la conservation biologique dans la gestion des ressources forestières et les pratiques forestières dans le monde entier.

 

Source :

Liang et al. (2016).— Positive Biodiversity–Productivity Relationship Predominant in Global Forests Science 14 oct. 2016 : Vol. 354, n° 6309, DOI: 10.1126 / science.aaf8957

 

Effet-global-de-la-diversité-des-essences-forestières-sur-la-productivité-forestière-450.jpg

Effet global de la diversité des

essences forestières sur la productivité forestière

 

Les données obtenues au sol provenant de 777 126 parcelles d'échantillonnage permanentes de la diversité biologique des forêts (zone bleu foncé), qui couvrent une partie substantielle de l'étendue forestière mondiale (en blanc), révèlent des relations positives. La ligne rouge concave avec des bandes roses représentant un intervalle de confiance de 95%).

 

La filière bois en France

Par Pascal Sulocha

(Vidéo enquête de Samuel Ruffier et Paul Aurélien Combre de France 3 Bourgogne—Franche-Comté)

 

02/01/2017

Prouesses migratoire de la Vanesse du Chardon

Vanessa-cardui-200.jpgProuesses migratoire de la Vanesse du Chardon

 

La Vanesse du Chardon ou Belle-Dame est un papillon de taille moyenne à grande : la longueur de l'aile antérieure est en général comprise entre 27 et 31 mm. Une grande partie du dessus des ailes consiste en un fond orange rosé orné de taches noires, à l'exception de la partie apicale des ailes antérieures qui est noire à taches blanches. Le dessus des ailes postérieures présente une série de 4 à 5 points postdiscaux noirs. Le revers des ailes postérieures est chamarré de beige et de blanc, avec des nervures blanches et cinq ocelles postdiscaux dont certains ont le centre gris-bleu. Les deux sexes sont semblables.

 

Vanessa-cardui-450_02.jpg

Vanesse du Chardon

(Cliché DR)

 

Probablement le papillon le plus commun d'Europe, l'espèce n’est pas résidente permanente en France métropolitaine, mais est présente une partie de l’année (d’avril à octobre environ) en tant que migratrice, et peut être observée dans tous les départements, en abondance très variable selon les années.

 

Non seulement la Belle-Dame est une espèce migratrice : elle est même considérée, parmi les papillons, comme le plus grand migrateur connu. L’espèce hiverne en Afrique puis migre vers l'Europe centrale et du sud au printemps (d'avril à juin), atteignant des latitudes plus ou moins élevées selon les années. Elle se reproduit alors en Europe durant la saison chaude, accomplissant d’un à trois cycles reproductifs. À l’automne, les descendants des migrants de printemps meurent ou migrent à nouveau vers le sud. L’espèce reste donc absente d’Europe de novembre à février.

 

La Belle-Dame est un prodige du voyage : deux chercheurs viennent de révéler qu'il accomplit une migration défiant l'entendement. Non seulement il forme, à l'automne, des vols pour traverser la Méditerranée et gagner le Maghreb - ce qui est déjà un bel exploit... Mais il franchit ensuite les 4 000 m d'altitude de l'Atlas, puis encore des centaines de kilomètres brûlants de Sahara... jusqu'aux hauts plateaux éthiopiens. Un périple de 4000 km !

01/01/2017

Hérons charognards

Réveillon de Nouvel An pour des hérons

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier

 

C'est une carte de vœux grandeur nature que nous offrait ce dimanche de Nouvel An. Le paysage de givre féérique que je découvre en ouvrant mes volets me précipite sur le terrain afin de profiter de la lumière matinale direction le plateau de Brognard.

 

Un groupe d'une vingtaine de hérons cendrés regroupés dans une friche givrée semble particulièrement intéressé par de la nourriture providentielle en cette période de disette.

 

Je découvre alors les restes d'un chevreuil mort que les renards , les rapaces et les corvidés n'auront pas tardé à dévorer.

 

Les Hérons, tels des vautours profiteront également de ce festin. Les échassiers ne disposent pas de l'anatomie des oiseaux charognards, leur long bec étant plus adapté à la pêche ou à la capture de petits mammifères.

 

Néanmoins, ils parviendront à prélever quelques restes jouant également les éboueurs de la nature.

 

Mais c'est avant tout cette ambiance, des oiseaux évoluant dans ces hautes herbes givrées, que je garde en mémoire tout comme à travers mon objectif photo.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

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Cliché © Dominique Delfino

19/12/2016

La vallée des loups, un film formidable

La vallée des loups, un film formidable

sortie au cinéma le 4 janvier 2017

par Jean-François Noblet

 

La Vallée des loups, le film tant attendu de Jean-Michel Bertrand, est sorti au cinéma le mercredi 4 janvier 2017, de quoi bien commencer l’année !

 

Mon ami Jean-Michel Bertrand nous avait déjà régalés avec son précédent film « Vertige d’une rencontre » qui racontait son admiration des aigles royaux.

 

Naturaliste accompli, parfaitement intégré dans les montagnes alpines où il est né, « Milou » pour les intimes, avait le rêve de filmer des loups sauvages dans sa vallée d’enfance. Il raconte dans le film « La vallée des loups » sa longue quête, les innombrables nuits d’affûts par tous les temps et il nous montre, pour la première fois en France des images extraordinaires de vrais loups en liberté. Non pas des loups apprivoisés ou prisonniers d’un parc animalier mais une meute et ses louveteaux acceptant une certaine promiscuité avec un naturaliste respectueux, discret et compétent.

 

Je ne vous raconterai rien des détails de l’histoire pour vous laisser le plaisir de la découverte mais j’affirme que ce film est un chef d’œuvre qui fera date dans l’histoire de la protection de la nature. En effet les nombreuses scènes d’animaux sauvages filmés sont d’une qualité exceptionnelle : cadrage impeccable, lumière d’enfer et comportements rarement observés. On sent là l’amour immense de l’auteur pour toutes les formes de vie.

 

De multiples pointes d’humour et un commentaire pris sur le vif enregistré par Milou lui-même, sobre et profond à la fois nous démontre qu’il est possible de faire partager autrement la passion pour la nature et le respect du sauvage.

 

C’est là que réside l’intérêt majeur de ce film. Il montre comment les naturalistes ressentent intimement leur place au milieu du monde vivant, les émotions de rencontres avec des animaux libres sur le terrain et il nous fait partager ce bonheur. On est loin des explications scientifiques moralisatrices ou des interviews de personnalités reconnues voulant nous convaincre. Non Milou renverse, à lui tout seul, toutes les bêtises et les rumeurs qui circulent sur le loup, par la beauté des images et la sincérité d’un homme du pays.

 

Courez voir ce film et emmenez-y vos enfants. Ce sera la plus formidable manière de démarrer la nouvelle année pour que nous puissions espérer sauver enfin la nature et tolérer la présence de quelques loups à nos côtés.

 

Jean François Noblet

 

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La Vallée des loups, le film tant attendu de Jean-Michel Bertrand, sortira au cinéma le 4 janvier 2017, de quoi bien commencer l’année ! Plus qu’un film, c’est un véritable plaidoyer pour le loup en France. FERUS est soutien et partenaire du film.

 

La Vallée des loups : bande annonce du film


 

15/12/2016

Givre d'automne

Au gré des saisons

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Chaque saison marque de son empreinte le temps qui passe et il suffit d'observer comment évolue et se métamorphose la végétation pour s'en émerveiller jusque dans les moindres détails.

 

Ce ne sont que des feuilles de ronces, bien connues pour leurs vertus médicinales, que l'automne a paré de couleurs pour briller dans la lumière rasante du soleil levant.

 

Les ambiances de givre de ces derniers jours nous rappellent que l'hiver ne se fera pas attendre.

 

Un décor éphémère s’offre à celui qui prend le temps de le contempler.

 

Telle une guirlande qui scintille, la magie du givre enveloppe le végétal pour l'immerger naturellement dans l'ambiance de cette fin d'année à la veille de Noël.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

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Cliché © Dominique Delfino

01/12/2016

Destruction d'espèces protégées en Haute-Saône

Destruction d'espèces protégées en Haute-Saône :

extraits des reportages de France 3 Franche-Comté

La Fédération de chasse 70 dans le viseur

(dernière mise à jour du 04/12/2016)

 

Communiqué de presse de

France Nature Environnement

 

(Pour zoomer, cliquer sur le document)

chasse,braconnage,braconnage d'espèces protégées

Mise à jour du 01/12/2016 à 12 h

 

De la prison ferme pour les ex-dirigeants de la Fédération de chasse de Haute-Saône

 

Le verdict est tombé ce matin dans l'affaire du massacre organisé de centaines d'animaux protégés à Noroy-le-Bourg, sur un terrain géré par la Fédération de chasse de Haute-Saône. L'ex-président et l'ex-directeur écopent d'un an de prison ferme.

 

  • Par Émilie Dinjar publié le

Cliché © France 3 Franche-Comté

 
Le procès avait eu lieu en octobre au tribunal correctionnel de Vesoul. La décision avait été mise en délibéré à ce premier décembre.
 

Les sept prévenus soupçonnés de destruction d'espèces protégées sur un terrain géré par la Fédération de chasse de Haute-Saône ont tous été condamnés, pour avoir ordonné ou opéré la destruction de plusieurs centaines de martres, chats sauvages et rapaces à Noroy-le-Bourg, entre 2010 et 2013.
 

L'Ex-président, l'ex-directeur et l'ex-responsable des services techniques de la Fédération haut-saônoise de chasse écopent d'un an de prison ferme et de 5000 euros d'amende pour les deux premiers.
 

Les trois apprentis chargés d'exécuter les animaux, dont celui qui avait dénoncé les faits, ainsi qu'un employé sont condamnés à 4 à 12 mois de prison avec sursis.


Reportage de Franck Ménestret et Cédric Lepoittevin dans l'édition régionale.

 

Mise à jour du 07/10/2016 à 12h00 :

   
Deuxième jour d'audience au procès

de la fédération de chasse de Haute-Saône

 

  • Par Sophie Courageot
  • Publié le , mis à jour le

 

Les débats se sont poursuivis ce matin devant le tribunal correctionnel à Vesoul. Près de 200 animaux, des espèces protégées ont été tuées dans une réserve de chasse. Les uns reconnaissent les faits, les autres disent qu'ils ne savaient rien.


Trois anciens cadres, un technicien et trois apprentis de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône sont suspectés d'avoir participé à l'exécution de plus d'une centaine d'animaux protégés. Les sept prévenus, qui comparaissent libres encourent un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.


Les anciens présidents, directeur et responsable technique de la fédération sont poursuivis pour avoir ordonné la mise à mort d'animaux sauvages protégés, ce qu'ils réfutent.

 

Ce matin, les techniciens de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ont répondu aux questions des avocats. Les prévenus qui le souhaitaient ont pu prendre la parole. L'ancien technicien de la fédération de chasse a expliqué qu'il avait alerté sur les faits les autorités de la fédération de chasse dès 2011.


Ce matin, les parties civiles sont venues à la barre au nom de la défense des animaux. Les réquisitions ne devraient pas intervenir avant cet après-midi. Le jugement du tribunal correctionnel sera ensuite mis en délibéré.

 

Mise à jour du 06/10/2016 à 12h04 :

 

Haute-Saône : jugés pour avoir exécuté des animaux protégés

 

© Archives France 3 Franche-Comté Les 7 personnes sont poursuivies pour destruction d'espèces protégées

 

par Sophie Courageot avec AFP  Publié le 06/10/2016 à 11:57, mis à jour le 06/10/2016 à 12:04

 

Trois anciens cadres, un technicien et trois apprentis de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône sont suspectés d'avoir participé à l'exécution de plus d'une centaine d'animaux protégés. Leur procès s'est ouvert ce matin devant le tribunal correctionnel de Vesoul.

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/franche-comte/haut...

 

Les sept prévenus, qui comparaissent libres jusqu'à vendredi, encourent un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende. Les anciens président, directeur et responsable technique de la fédération sont poursuivis pour avoir ordonné la mise à mort d'animaux sauvages protégés, ce qu'ils réfutent.

 

La destruction des espèces, dont des rapaces et des chats forestiers, était effectuée par un technicien et trois apprentis, âgés de 22 à 25 ans, qui ont reconnu les faits.

 

Une centaine d'animaux protégés auraient été tués.

 

D'après l'un des apprentis, qui a dénoncé ces agissements en juillet 2013 "pour que ça s'arrête", la destruction des animaux était "organisée" et "rémunérée" par la fédération de chasseurs. Plus d'une centaine d'animaux appartenant à des espèces protégées ont été tués entre octobre 2010 et juillet 2013 sur le site d'une réserve cynégétique gérée par la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Saône, selon l'enquête de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

"On avait ordre de prendre les queues pour prouver qu'on avait bien tué les animaux" a déclaré le jeune homme jeudi devant le juge, détaillant comment il devait tenir le registre des bêtes éliminées. Chacun des trois apprentis a reçu 384 euros pour cette "prime de queue".

 

Tout cela pour une réserve de chasse

 

La réserve de 56 hectares, située à Noroy-le-Bourg (Haute-Saône), visait à favoriser la prolifération du petit gibier comme les lapins et les faisans. La fédération était autorisée à tuer les prédateurs dits nuisibles, tels que les renards, mais pas les espèces protégées. Chats sauvages, autours des palombes, buses variables, éperviers ou encore chouettes d'Europe ont ainsi été capturés et supprimés avec un fusil ou du poison. Ils étaient ensuite incendiés ou enterrés. Certains animaux étaient aussi volontairement blessés et mouraient dans la nature. "Les ordres venaient du responsable technique et du directeur", a affirmé l'apprenti à la barre.

 

Une quinzaine d'associations de protection de la nature, dont la Fondation Brigitte Bardot et France Nature Environnement, ainsi que la Fédération de chasse de Haute-Saône, se sont portées partie civile.

 

Mise à jour du 05/10/2016 :

 

 © France 3 Franche-Comté - Sylvain Velluet Haute-Saône : la fédération de chasse a détruit des centaines d'animaux protégés

 

Ce soir, ne manquez pas sur France 3 Franche-Comté le reportage de Catherine .Eme-Ziri et de M. Blanc sur des images d'archives de 2013 Avec en interview : le 7/10/13 Pierre Athanaze, président de l'association de protection des animaux sauvage.

 

Vesoul : la fédération de chasse aurait tué des animaux protégés

 

Demain jeudi 6 octobre, un procès hors norme commence devant le tribunal correctionnel de Vesoul : celui des membres de la fédération de chasse de Haute-Saône, accusés d'avoir détruit des espèces protégées.

 

Des cadavres et des queues d'animaux protégés comme des chats sauvages, des martres, des rapaces comme des buses sont découverts à l'été 2013, mettant ainsi au jour un vaste carnage peut-être organisé par des membres de la fédération de chasse de Haute-Saône.


Au départ, certains chasseurs souhaitent réintroduire des lapins de garenne et des faisans dans un secteur de 56 hectares, propriété de la fédération, à Noroy-le-Bourg. Ils auraient éliminé les prédateurs comme les chats sauvages ou les rapaces, autours des palombes ou éperviers. Dans ce but, des apprentis et un technicien auraient touché des primes quand ils détruisaient ces espèces "menaçantes" pour les lapins et les faisans. Fusil, muni d'un silencieux, pièges, poison ont été utilisés.


Voilà l'accusation dont doivent répondre 7 personnes, toutes membres de la fédération de chasse à l'époque, dont le président lui-même, Robert Putz, et l'ancien directeur.

Une douzaine d'associations se sont portées partie civile dans ce procès, dont la SPA, la Société Protectrice des animaux, et la Fondation Brigitte Bardot.

 

Le procès, prévu sur deux jours, doit déterminer les responsabilités de chacun. Une histoire compliquée, dans laquelle le rôle de chacun doit être déterminé. Cette affaire avait fait beaucoup de bruit, dans le milieu de la chasse, en Haute-Saône et bien au-delà de notre région.

 

Mise à jour du 28/04/2016 :

 

Robert Putz, l'ancien président de la Fédération de chasse de Haute-Saône sera jugé le 6 octobre 2016.

 

Une personne, qui souhaite rester anonyme, me transmet ce message et m'encourage à le porter à la connaissance du plus grand nombre. Cela concerne la destruction organisée d'espèces protégées sur un site géré par la FDC de Haute-Saône.



L'affaire vient d'arriver sur le bureau du Procureur. Si vous avez des journalistes dans vos connaissances, n'hésitez pas à les informer. Ils pourraient être intéressés de faire une enquête en demandant quelques précisions au Procureur. L'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie a été informée, mais vous pouvez à nouveau les solliciter si vous connaissez personnellement certains d'entre eux.



Je joins également un article de l'Est républicain paru le 11 août 2013, juste après l'intervention des gardes de l'ONCFS. (Pour zoomer, cliquer sur l'article).



La LPO, l'ASPAS et la CPE sont également informées du dossier.

 

Les grands connaisseurs de la nature que sont les fusillots seraient-ils démasqués ?

 

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Destruction d’espèces protégées en bande organisée


Au cœur de la Haute-Saône à une dizaine de kilomètres de la préfecture, sur la petite commune de Noroy le Bourg, se déroulait depuis plusieurs années l’inimaginable.


Des actes illégaux étaient effectués par du personnel de la fédération des chasseurs de Haute-Saône dans le cadre de la gestion d’un terrain de plusieurs dizaines d’hectares situé en partie sur une zone Natura 2000. Ceci dans l’objectif d’établir la vitrine cynégétique et pédagogique du département avec l’implantation très onéreuse de lapins de garenne et de faisans. Ces espèces n’ont d’ailleurs aucune légitimité au sein du cortège de la faune autochtone.


Selon les témoignages, la structure départementale aurait organisé, pendant plusieurs années, la destruction des prédateurs présents sur ce secteur. Les témoins parlent de 252 animaux de la faune sauvage qui ont été tués dont 80% d’espèces protégées au titre 411-1 du code de l’environnement. La liste est longue : martres, chats forestiers, hérissons d’Europe, buses variables, éperviers d’Europe, autours des palombes…


Toujours d’après les témoins, pour parvenir à ce triste palmarès, une ceinture de pièges était disposée autour du noyau d’implantation des faisans et lapins. Tous les animaux capturés, protégés ou non, étaient tués. Une autre pratique prohibée et très dangereuse aurait aussi été utilisée. Elle consistait à employer des poisons interdits et très puissants. (Poison de type Curater dont le principe actif est le carbofuran, substance interdite au sein de l’Union européenne depuis 2007).


Il est aussi rapporté que, les commanditaires rémunéraient les actes contre des preuves matérielles. Ce sont donc d’après les témoignages des paquets de queues de chats forestiers ou autres rapaces qui arrivaient dans les mains des donneurs d’ordres pour être échangés contre des euros…

Cependant, par une journée du mois d’août 2013, des preuves accablantes sont trouvées par des agents de l’ONCFS lors de leur perquisition au sein du siège de la fédération des chasseurs de la Haute-Saône et du site de Noroy.


Pour finir, les témoins, qui ne veulent pas en dire plus pour l’instant, affirment que nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Les parties civiles nous en apprendront davantage lorsqu’elles auront accès au dossier. À moins que le Procureur général maintenant en possession du dossier depuis le 20 septembre, décide de s’exprimer sur ce sujet. Mais suite à cet événement, on ne peut empêcher certaines questions d’émerger :

 

  •  Que faut-il penser du bien-fondé d'un agrément au titre de la protection de la nature à une association aussi peu respectueuse des lois concernant les espèces protégées. Notamment lorsque celle-ci a la possibilité d'intervenir dans les écoles, collèges et lycées de nos enfants pour parler de la biodiversité et de la protection de la nature ?

 

  •  La gestion de la faune sauvage dont se prétexte la FDC 70 est-elle légitime ?

 

  •  La formation des jeunes chasseurs et piégeurs par la FDC 70, permet-elle d’obtenir des titulaires responsables ?

 

  •  L’aptitude de la FDC 70 à accueillir et à former des jeunes étudiants stagiaires (de BTS gestion et protection de la nature ou autres) est-elle encore fondée ?

 

  •  Que pense le Préfet de cette affaire ?

 

  •  Que pense le Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale (DASEN) de ces intervenants en milieu scolaire ?

 

  •  Que pensent les services de Police sur la provenance des poisons et la mise en danger d’autrui lors de leur manipulation ?

 

  •  Que penser de la gestion comptable de la FDC 70 ?

 

  •  Cette affaire a-t-elle une relation avec la forte augmentation de la cotisation des chasseurs du département auprès de leur fédération ?

 

  •  Que se passait-il sur les autres sites gérés par la FDC 70 ?

 

  •  Que pense la FNC ?

 

  •  Que pensent messieurs Jean-Pierre POLY, directeur général de l’ONCFS et Henri SABAROT, président du conseil d’administration de cette enquête ?

 

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Chat forestier – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Chat forestier – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Autour des Palombes – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

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Martre – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

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Martre – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

 

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Substance suspecte dans un bocal. – Noroy le Bourg (70) – Site de Champfleury

- Chalet – Image extraite d’une vidéo.

 

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Queues de chats forestiers et autres. – Noroy le Bourg (70) – Site de
Champfleury - Chalet – Image extraite d’une vidéo.

 

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Queues de rapaces. – Noidans les Vesoul (70) – FDC70 –
Image présente aussi sur une vidéo.

 

L'information a été reprise et suivie par France 3 Besançon. Voir ICI puis le 7 octobre 2013 ICI.

Voir également la réaction de la Commission de protection des eaux de Franche-Comté qui porte plainte contre X et se constitue partie civile pour l’ensemble des infractions qui seront relevées en lien avec cette affaire.

 

Comme le signale Le Canard Enchaîné du 20 novembre 2013, la fédération départementale de chasse de la Haute-Saône recherche des boucs émissaires.

 

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Le point sur l'affaire (Est Républicain du 07/12/2013)

 

Chasse ­­­­– Après la mise en examen des cadres de la fédération de Haute-Saône : la fédération nationale « consternée »

 

Vesoul La Fédération nationale des chasseurs a fait part vendredi, dans un communiqué, de sa consternation après la mise en examen de quatre cadres de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône pour « destruction d'espèces protégées en bande organisée » sur réquisition du parquet de Vesoul.

 

« Avant même que les faits ne soient jugés, cette affaire porte un préjudice considérable à l'image du monde fédéral et de la chasse en général », estime la Fédération nationale des chasseurs (FNC), laquelle avait dès cet automne indiqué que « si des éléments à charge étaient avérés par l'enquête en cours, elle se porterait partie civile aux côtés de la Fondation pour la protection des habitats et de la faune sauvage. C'est aujourd'hui le cas ».

 

Le président, le directeur, le directeur technique et le secrétaire de la Fédération des chasseurs de Haute-Saône ont été mis en examen jeudi et placés sous contrôle judiciaire.

 

Ils réfutent les faits qui leur sont reprochés ou les reconnaissent a minima.

 

Sollicités hier, ni le président, ni le directeur n'ont apporté de commentaire « Il n'y a rien de pire que la politique de l'autruche », a pour sa part indiqué le porte-parole de la FNC.

 

Le président de la FNC, Bernard Baudin, a demandé au président de la fédération de Haute-Saône, Robert Putz, de « ne plus siéger au conseil d'administration de la Fédération nationale pendant toute la durée de la procédure judiciaire », ajoute le communiqué.

 

Les quatre cadres sont soupçonnés d'avoir fait abattre plus d'une centaine de chats sauvages et de rapaces protégés entre 2010 et 2013, sur le site de la réserve cynégétique de Noroy-le-Bourg (Haute-Saône).

 

Cette réserve gérée par la Fédération des chasseurs de Haute-Saône est notamment destinée à développer du gibier de chasse tels que des faisans et des lapins de garenne.

 

Les faits ont été dénoncés par des stagiaires, à qui les prévenus avaient demandé « d'exterminer toutes les espèces nuisibles » au gibier de chasse, dont des animaux protégés.

 

Voir également l'émission de France 3 Franche-Comté.

 

Le point sur l'affaire (Est Républicain du 04/05/2014)

 

Samedi 3 mai 2014, c'était l'Assemblée générale de la fédération de chasse de Haute-Saône. Un événement salué par l'Est Républicain du dimanche 4 mai.

 

NATURE - Assemblée générale hier avec un président par intérim, son prédécesseur étant mis en examen

 

Destruction d'espèces en Haute-Saône : la fédération de chasse fait l'autruche

 

Vesoul. Circulez, y'a rien à voir. Durant les deux heures trente qu'a duré l'assemblée générale de la fédération de chasse de Haute-Saône, pas un mot n'a été prononcé au sujet de la mise en examen de quatre cadres de la fédération et trois stagiaires, pour « destruction d'espèces protégées en bande organisée ». Plus d'une centaine de chats sauvages et rapaces protégés auraient été abattus dans la réserve de Noroy-le-Bourg.

 

Un silence d'autant plus assourdissant que l'affaire a entraîné d'importants remous au sein de la fédération (L'Est Républicain des 11 août, 6 et 7 décembre 2013, 16 janvier 2014). Mis en examen, l'ancien président a été contraint de quitter son poste. Le 18 décembre, Michel Dormoy a pris sa succession (par intérim), épaulé depuis mars par un nouveau directeur adjoint, Paul Langlois, auparavant ancien directeur de la fédération régionale. Et ce, alors que le directeur, également mis en examen, est aujourd'hui en arrêt maladie.

 

Tout juste évoque-t-on « une année difficile », « délicate » ou bien « mouvementée », saluant au passage l'intégrité des chasseurs « qui connaissent le terrain et le respectent ». De quoi faire grincer quelques dents, notamment celles de la dizaine de manifestants qui tractent à rentrée de la salle Parisot. « La réserve de Noroy-le-Bourg est une vitrine. C'est un vrai pied de nez qui a été fait par la fédération ! », explose Isabelle Vauthier, qui s'étonne que les comptes de la fédération aient intégré des primes pour les stagiaires chargés de tuer les bêtes. De 100 à 150 euros pour trente queues d'animaux protégés. « Aujourd'hui, ils vont voter le budget. Nous sommes là symboliquement », explique-t-elle.

 

« Ici, on ne dit rien »

 

Le sujet a fini par arriver sur le tapis en toute fin de séance grâce à l'intervention d'un chasseur, surpris par ce black-out. « Tout le monde y pense. Tout le monde en parle. Mais, ici, on ne dit rien », s'est-il étonné, avant d'émettre quelques inquiétudes sur l'avenir de la fédération dans le cas d'une éventuelle condamnation. Qui paiera ? Telle est la question.

 

« La fédération s'est portée partie civile dans cette affaire. Si des personnes sont condamnées, elles le seront à titre personnel, pas au titre de la fédération » s'est avancé Michel Dormoy.  Olivier Goguey commissaire aux comptes, s'est montré quant à lui plus prudent. « Personne ne peut présager quoi que ce soit, sinon, ce ne sont que des fantasmes. Une enquête est en cours. Tout sera clairement bâti pour la prochaine assemblée générale. » E.T.

 

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Des manifestants ont tracté au début et à la fin de l'assemblée.

 

05/11/2016

Automne 2016

Zoom sur l'automne

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

C'est avec un regard un peu particulier que je partage ce cliché de fin de saison.

 

Juste pour rappeler que l'automne est passé comme une lettre à la poste…

 

Cette image aux perspectives fuyantes est le résultat ''d'un coup de zoom'' réalisé lors de la prise de vue dans ce sous-bois.

 

Une façon peut-être de faire étinceler une dernière fois les lumières d'automne avant qu'elles ne laissent la place aux rayonnements spécifiques des jours d'hiver.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,automne

30/10/2016

Le frelon asiatique
 exterminateur d'abeilles
 en Franche-Comté

espèces invasives,frelon asiatique,abeilles,piègeageLe frelon asiatique
 exterminateur d'abeilles


Vespa velutina nigrithorax envahit la France

 

Il est désormais signalé dans l'Ain

et dans le Pays de Montbéliard

(dernière mise à jour : 30/10/2016)

 

Depuis l'année 2004, de multiples observations ont démontré la présence dans le sud-ouest de la France du Frelon asiatique, un hyménoptère prédateur d'abeilles qui gagne progressivement les autres régions françaises. Mais l’introduction en France est sans doute plus ancienne : selon un producteur de bonzaïs de la région Aquitaine, le Frelon asiatique a pu être introduit accidentellement avec les cartons de poteries chinoises qu’il importe régulièrement depuis plusieurs années.

 

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Le frelon asiatique

(photo J. Haraire)

 

Le Frelon asiatique est bel et bien acclimaté dans notre pays puisqu’il est capable d’y nidifier, de s'y reproduire, et que les femelles reproductrices y passent l’hiver.

 

L’espèce est très facile à reconnaître car c’est la seule guêpe en Europe à posséder une livrée aussi foncée : les adultes sont d’un brun très noir et apparaissent, de loin, comme des taches sombres sur le nid. En fait, il s’agit de la sous-espèce V. velutina nigrithorax, au thorax entièrement brun-noir velouté et aux segments abdominaux bruns, bordés d’une fine bande jaune. Seul le 4e segment de l’abdomen est presque entièrement jaune orangé. Les pattes brunes sont jaunes à l’extrémité. La tête est noire et la face jaune orangé. Ce frelon est donc impossible à confondre avec l'unique espèce européenne, le Frelon d’Europe V. crabro, au corps taché de roux, de noir et de jaune et l’abdomen jaune rayé de noir.

 

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Le Frelon européen (Vespa crabro)

© Entomart http://home.tiscali.be/entomart.ins/

 

Dans les régions tempérées, les colonies de toutes les guêpes sociales de la famille des Vespidés (guêpes communes, frelons et polistes) ne vivent qu’un an. On peut ainsi, au cours de l’hiver, détacher sans risque l'un de leurs nids car les habitants en sont morts. C’est vers la fin de l’été que les femelles reproductrices de la nouvelle génération quittent le nid en compagnie des mâles pour s’accoupler ; elles survivront seules pendant l’hiver tandis que mâles et ouvrières meurent. Au printemps, chaque reine fondatrice ébauchera un nouveau nid, pondra quelques œufs et soignera ses premières larves qui deviendront des ouvrières adultes (femelles stériles) capables de prendre en charge la construction du nid et l’entretien de la colonie.

 

La sous-espèce V. velutina nigrithorax vit au nord de l’Inde, en Chine et dans les montagnes d’Indonésie (Sumatra, Sulawesi). Elle a été signalée pour la première fois en Corée en 2006. En Asie continentale, elle se développe sous des climats comparables à ceux du sud de l’Europe. La canicule de l'été 2006 en France a sans aucun doute été favorable à son développement. Seul un hiver très rigoureux pourrait entraîner la mort des femelles hivernant dans la nature, mais comme l’espèce nidifie volontiers à proximité de l’homme, bon nombre de futures reines peuvent survivre à l’abri du gel, dans une cave ou un grenier, par exemple.

 

il est à craindre que le Frelon asiatique n’envahisse peu à peu les parties les plus chaudes de l’Europe. Or son expansion pourrait avoir des conséquences néfastes, puisque l’insecte est un prédateur avéré des autres Hyménoptères sociaux et notamment des abeilles. À l’automne, il s’attaque aussi aux fruits mûrs, comme le Frelon d’Europe qui fait parfois de gros dégâts dans les vergers.

 

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Tête de frelon. L'armature buccale montre des mandibules impressionnantes (Cliché DR)

 

Depuis 2004, le Frelon asiatique s'est répandu dans au moins 39 départements français (juin 2011) et a été signalé en 2009 dans l'Indre et en 2010 pour la première fois en Espagne. L'invasion qui progresse inexorablement vers le Nord et l'Est est inquiétante pour la Franche-Comté car l'espèce est désormais signalée  en Côte d'Or.

 

Ajout du 29 octobre 2016 : le Frelon asiatique signalé dans l'Ain

 

Patrick PAUBEL, vétérinaire conseil du GASA (Groupement d'Action Sanitaire Apicole de l'Ain) travaille dans le cadre de cette structure, en relation avec le Syndicat d'Apiculture de l'Ain. Il est également naturaliste, ornithologue amateur (Groupe Pèlerin Jura) et intéressé par les insectes, notamment les Sphingidae. C'est lui qui a découvert le premier nid de frelon asiatique dans l'Ain, ce 26 octobre 2016 au terme d'une demi-journée terrain.

 

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Le nid de frelons  (cliché © Patrick Paubel)

 

Le repérage s'est effectué après piégeage et relâcher de plusieurs frelons sur trois sites différents, et de prendre l'azimut des lignes de vol que l'on reporte sur GPS et carte Google Earth. Le nid est situé au bord de la Saône.

Du fait de la chute des feuilles, il est possible que d'autres nids soient découverts. Leur destruction serait urgente, le couvain à cette époque produit les futures fondatrices de l'année suivante, soit 200 à 500 par nid, c'est dire le potentiel d'expansion.

 

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Frelon asiatique (Cliché © Patrick Paubel)

 

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Frelons asiatiques sur un fruit (Cliché © Patrick Paubel)

 

 

Ajout du 30 octobre 2016 : le Frelon asiatique signalé dans le Pays de Montbéliard

 

Nous vous transmettons le texte ci-dessous rédigé par Gilbert MANCA du GDSA 25 sur la présence de frelon asiatique découvert par des adhérents dans les environs de Montbéliard. C'est une mauvaise nouvelle. Soyons vigilants.

Dominique LACHAMBRE, secrétaire UAPM

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Avis important :

Cette information est donnée sous toute réserve. Contactée pour accord de diffusion, Mme Dominique LACHAMBRE, secrétaire UAPM  me communique le texte suivant : "Après que des frelons asiatiques aient été découverts, il y a toute une procédure administrative pour valider cette "découverte". Aussi, nous ne pouvons pas pour l'instant, tant que cette procédure n'est pas terminée, vous autoriser à utiliser cet article à "usage uniquement de nos adhérents". Quand les autorités auront validé, nous pourrons vous la donner.

 

Un bilan des travaux (MNHN et IRBI) sur l'invasion en France de Vespa velutina a été établi en 2011. Il montre que V. velutina se répand très rapidement à travers la France et risque d'envahir la majeure partie de l'Europe occidentale. Il décrit le développement saisonnier des colonies et estime le nombre moyen d'ouvrières et de sexués produits par colonie. L'étude du régime alimentaire prouve que les abeilles domestiques, les guêpes sociales, les diptères pollinisateurs et nécrophages sont parmi les proies les plus communes, la prédation sur les abeilles étant maximale en milieu urbanisé. Enfin, l'étude des hydrocarbures cuticulaires montre que chaque colonie possède sa propre signature chimique et que des individus de nids différents peuvent chasser devant les mêmes ruchers. Mieux caractériser les colonies de V. velutina en termes d'effectif et de biomasse et mieux chiffrer la pression qu'elles exercent sur l'apiculture et les pollinisateurs est un préalable essentiel à l'élaboration de modèles permettant dévaluer les risques dans les pays voisins de la France, qu'ils soient déjà envahis (Espagne) ou très fortement menacés (Belgique, Pays-Bas, Grande Bretagne, Portugal, Italie...). Ainsi, des moyens coordonnés et efficaces de surveillance et/ou de lutte contre cet envahisseur pourront être rapidement mis en place dans toutes les régions où la présence de V. velutina est suspectée ou avérée.

 

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Progression de V. velutina en France (2010)

document MNHN

 

En Inde, V. velutina est considéré comme un redoutable ennemi des ruchers. On estime que 20 à 30% d’une colonie de l’Abeille domestique orientale, Apis cerana, succombe après l’attaque du frelon. Après avoir décimé une à une toutes les gardiennes de la ruche, les ouvrières de V. velutina s’enfoncent dans le nid pour prélever le couvain dont elles nourrissent leurs propres larves.

 

Mais Apis cerana a développé contre son agresseur une stratégie de défense très efficace, qu’un chercheur chinois a mis en évidence à l’aide d’une caméra thermique : le frelon agresseur est rapidement entouré d’une masse compacte d’ouvrières qui, en vibrant des ailes, augmentent la température au sein de la boule jusqu’à ce que leur adversaire meure d’hyperthermie! Au bout de cinq minutes, la température ayant atteint 45°C, le frelon succombe mais pas les abeilles, qui sont capables de supporter plus de 50°C. Cette méthode est très efficace mais, trop souvent répétée, elle entraîne l’affaiblissement de la ruche car les ouvrières consacrent alors moins de temps à l’approvisionnement.

 

En Asie, l’élevage de l’Abeille domestique d’Europe, Apis mellifera, s’est développé progressivement depuis une cinquantaine d’années et cette espèce est désormais largement répandue dans la région. Elle emploie le même moyen de lutte, mais son adaptation au prédateur étant plus récente, sa défense est moins efficace : la boule autocuiseuse d’A. cerana rassemble en effet une fois et demi plus d’ouvrières que celle d’A. mellifera. La crainte que le Frelon asiatique, en se multipliant, puisse devenir une menace pour l’apiculture nous conduit à signaler sa présence en France via Internet (“Épingle” sur le site /opie-insectes/ et forums) et dans la presse locale (articles dans Sud Ouest des 4, 5 et 9 août 2006). Ceci dans le but d'évaluer rapidement l’étendue de l’invasion grâce aux témoignages des habitants de la région mais aussi de faire éradiquer les premiers nids afin d’éviter que l’espèce se répande. Fin juillet 2006, V. velutina n’est en effet signalé que dans quatre communes du Lot-et-Garonne et seuls trois nids sont recensés (un à Tombeboeuf et deux aux environs de Tonneins).

 

À la grande surprise de tous et contrairement aux dires de spécialistes sceptiques quant aux risques d’invasion, la collaboration active du public permet de constater que V. velutina est, en 2006, déjà largement répandu en Aquitaine. Après vérification sur place par Jean Haxaire ou grâce aux photos transmises par Internet, la présence de nids du Frelon asiatique est attestée dans de nombreuses localités du Lot-et-Garonne, ainsi qu’en Dordogne, en Gironde, dans les Landes et même en Charente-Maritime. La plupart des nids observés ont été détruits comme le sont chaque année les nids de Frelon d’Europe placés trop près des habitations. Comme son congénère, V. velutina nidifie aussi mais exceptionnellement, dans les creux de murailles ou dans une cavité du sol. Le plus souvent, il façonne son nid dans la frondaison des grands arbres, et on ne le repère alors qu’au bruit produit par les allées et venues des ouvrières dans le feuillage (mais, aux dires de nombreux observateurs, il se déplace en vol beaucoup plus discrètement que le Frelon d’Europe) ou seulement en automne lorsque l’arbre a perdu ses feuilles.

 

Lorsqu’il s’installe dans un espace bien dégagé (habitation, arbre au port étalé), le Frelon asiatique est un artiste qui façonne un magnifique nid de papier dont la forme, quasiment circulaire, est très caractéristique. La paroi du nid, formée de larges écailles de papier striées de beige et de brun, est très fragile. Le diamètre atteint en général 40 à 50 cm, mais on a observé à Taïwan, pendu à une branche à 8 mètres de haut, un nid sphérique de 70 cm de diamètre. En Thaïlande, un nid de 51 cm de diamètre renfermait plus de quatre mille cellules et environ mille cinq cents ouvrières. Les conditions climatiques et la richesse en insectes proies des pays sud-asiatiques favorisent probablement un développement optimal des colonies. En Europe, le nid du Frelon européen mesure en moyenne 40 cm de diamètre et 60 cm de haut et sa colonie renferme en général moins d’un millier d’ouvrières.

 

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Nid de Frelon asiatique

Cliché J. Haxaire

 

En France, tous les observateurs s’accordent sur le fait que V. velutina n’est pas agressif et qu’il est possible d'observer son nid à 4 ou 5 mètres de distance sans risque. Les rares personnes piqûres l’ont été en tentant de détruire un nid ou en touchant une ouvrière par inadvertance. La piqûre n’est pas plus douloureuse que celle d’une guêpe, mais les personnes allergiques au venin d’Hyménoptères doivent bien sûr rester très prudentes.

 

Comme V. velutina, le Frelon d’Europe s’attaque aussi aux ruches pour prélever des abeilles. Le Frelon asiatique se comporte de façon différente : les ouvrières font du vol stationnaire devant et autour de la ruche, attendant le retour des butineuses.

 

Lorsqu’une abeille rentre, 2 ou 3 frelons l’attaquent, la font tomber au sol et la neutralisent. Puis l’un d’eux l’emporte au nid. Le Frelon asiatique est très attiré par les cadres de ruche entreposés pour laisser les abeilles récupérer les dernières traces de miel. Dans l’ensemble, les apiculteurs ne sont pas inquiets car le Frelon asiatique ne semble pas s’en prendre au couvain, apparemment empêché de pénétrer dans les ruches en raison de leur configuration.

 

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Frelon asiatique :

affût en vol stationnaire à l'entrée de la ruche

(cliché J. Haxaire)

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Frelon asiatique : attaque d'une butineuse

(cliché J. Haxaire)

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Frelon asiatique : attaque et isolement d'une butineuse

(cliché J. Haxaire)

 

Frelon asiatique et Frelon européen ont apparemment le même habitat et se nourrissent tous deux d’insectes et de fruits mûrs. Si les conditions climatiques restent favorables à V. velutina, il sera intéressant d'observer si les deux espèces de frelon cohabiteront, ou bien si l’une, se reproduisant plus, l’emportera. En tout état de cause, l’ampleur de l’invasion est telle à ce jour que l’éradication n’est plus envisageable, ce qui n’était pas le cas début juillet 2006 lorsque trois nids seulement étaient connus. Il reste aussi à suivre l’expansion de cette nouvelle espèce en Europe, dont l’installation pourrait être signalée en Espagne et le long du littoral méditerranéen dès l’année prochaine.

 

Lutte contre les frelons asiatiques

 

1. Piéger les reines fondatrices

 

Bien qu'il ne soit pas encore déclaré nuisible, nous pouvons agir individuellement contre le Frelon asiatique.

 

En effet, les nids construits dans l'année se vident de leurs habitants en hiver car 
l'ensemble des ouvrières et des mâles ne passent pas l'hiver et meurent. Seules les reines et les jeunes reines se camouflent dans les arbres creux, sous des tas de feuilles, 
dans des trous de murs, etc. pour en ressortir courant février et commencer à s'alimenter.

 

C'est le moment pour disposer des pièges dans nos jardins ou sur nos balcons pour attraper ces futures fondatrices de nids : une reine donnera naissance à 2 
000-3 000 individus.

 

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Pour l'agrandir, cliquer sur le cliché

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Pour l'agrandir, cliquer sur le cliché

 

Pour fabriquer ces pièges, il suffit de récupérer des bouteilles d'eau minérale en plastique, de découper le tiers supérieur et de le retourner dans la partie basse, puis 
verser à l'intérieur 10 centimètres d'un mélange de bière brune, de vin blanc (pour repousser les abeilles), et de sirop de cassis.

 

Il suffit de laisser en place ces pièges de la mi-février à la fin avril. Après cette date, il est trop tard : les futures reines auront commencé à se reproduire. Il faudra donc supprimer les pièges pour empêcher la capture d'autres insectes.

 

2. Destruction des frelons dans leurs nids

 

Pour attaquer et détruire les frelons dans leurs nids, les apiculteurs peuvent utiliser du dioxyde de soufre (SO2). D'un emploi aisé, notamment pour les nids situés en hauteur et d’un faible coût, le soufre a une action sélective sur les nids et n'a pas d'impact sur l'environnement.

 

Or, le dioxyde de soufre ne fait pas partie des substances actives biocides insecticides autorisées, faute de dépôt de dossier en vue de son évaluation dans le cadre de la directive 98/8/CE. De sorte que la bureaucratie européenne ne l’entend pas de cette oreille. Afin de démêler cette situation, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses[1]) a été saisie par les pouvoirs publics en juin 2013 et a remis son avis le 23 juillet. L’Anses préconise une autorisation temporaire et encadrée du dioxyde de soufre. Suite à cela, le Gouvernement a pris un arrêté qui a été publié au Journal officiel le 7 septembre autorisant l’utilisation du SO2 pour une période limitée de 120 jours, à savoir jusqu’au 5 janvier 2014.

 

Cette dérogation temporaire est accompagnée d’un encadrement strict et notamment réservée à des opérateurs ayant suivi une formation spécifique à la manipulation du produit. De plus les opérations de destruction des nids devront être accompagnées de mesures de gestion des risques telles que : bonnes pratiques de manipulation, protection des opérateurs, information préalable et mesures de protection des riverains…

 

Par la suite, la porte reste ouverte à une utilisation  plus définitive du SO2, et selon le Ministère de l’écologie : « il appartient aux professionnels de compléter l’évaluation de l’efficacité du produit et de ses risques pour la santé et l’environnement, afin d’obtenir une autorisation pérenne dans le cadre général de la réglementation biocide, au même titre que les autres substances. »

 

3. Utiliser des pièges avec phéromones attractives (Kaldy P., Le frelon asiatique croqué par une plante. Sciences et Avenir, n° 822 — août 2015, p. 58).

 

Une plante carnivore originaire d'Amérique du Nord du genre Sarracenia est capable de digérer le frelon asiatique. Attiré par le nectar et les phéromones de Sarracenia, le frelon asiatique reste piégé dans ses feuilles en forme d'urnes.

 

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Cliché © Sarracenia.com

 

L'idée est née au Jardin des Plantes de Nantes. Les urnes de sarracénies contenaient des frelons asiatiques à moitié décomposés par ses sucs digestifs. Serait-ce une arme de choix dans la lutte contre l'insecte envahisseur, débarqué en France il y a plus d'une décennie depuis la Chine ? Les sarracénies seraient-elles des auxiliaires pour les apiculteurs ? 

 

« Sachant qu'une plante compte une vingtaine de pièges d'une durée de vie variant de trois semaines à un mois, qui attrapent, en moyenne, trois frelons chacun, cela représente à peine 80 frelons capturés par spécimen... alors qu'un nid en compte 2 000 ! », tempère Romaric Perrocheau, le directeur du jardin. Par ailleurs, cette espèce fauche quantité d'autres insectes, dont des abeilles...

 

« Ainsi, la sarracénie ne peut pas être envisagée comme outil de lutte biologique efficace, mais les odeurs qu'elle émet sont intéressantes », souligne Eric Darrouzet, de l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (Irbi, Tours). Le chercheur a identifié ces dernières années le panel phéromonal du frelon et teste aujourd'hui les molécules qui l'attirent. « Parmi les dizaines de substances attractives qu'elle libère, nous trouverons peut-être celle pour laquelle le frelon a une attirance particulière. Émise par la plante, l'une d'entre elles pourrait s'avérer efficace et utilisable dans un piège sélectif ». Ainsi, l'appât odorant est l'une des pistes suivies pour améliorer un dispositif qui pourrait être commercialisé dans deux ans.

 

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Un pied de Sarracenia peut piéger jusqu'à 50 frelons

 

Visionner également le reportage de France 3 Pays de Loire.

 

Par ailleurs, des chercheurs du CNRS et de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) ont récemment montré que le frelon asiatique est très attiré par l'odeur du miel et du pollen, produits associés à son mets préféré, l'abeille. Il y a urgence, car Vespa velutina, sans prédateur ni parasite en Europe, a déjà gagné la majeure partie de la France et se retrouve au Portugal, en Belgique, en Allemagne. Il fait des ravages en Espagne et en Italie du Nord.

 

Un autre moyen de lutte ciblée consisterait à utiliser un insecte parasitoïde pondant ses œufs dans la reine des frelons, ce qui entraîne sa mort et par conséquent celle de sa colonie. Seul problème, elle s'attaquerait aussi probablement aux reines des guêpes et des bourdons. D'où l'intérêt de trouver un péché mignon du frelon pour le piéger.

 


[1] L’Anses a été créée le 1er juillet 2010 par la fusion de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset).

 

Une méthode originale de lutte contre le frelon asiatique : la volaille. Voir la vidéo.

Sources :

 

  • Haxaire J., 2006. Le frelon asiatique Vespa velutina, un nouveau prédateur de l'abeille ? La santé de l'abeille, 216.
  • Haxaire J., Bouguet J.-P. & Tamisier J.- Ph., 2006. Vespa velutina.
  • Lepeletier, 1836, une redoutable nouveauté pour la faune de France (Hymenoptera, Vespidae). Bulletin de la Société Entomologique de France, 111 (2) : 194.
  • Villemant C., Haraire J., Streito J.-C. (2006) La découverte du Frelon asiatique Vespa velutina, en France document CNRS-MNHN-INRA.
  • Villemant C., Muller F., Haubois S., Perrard A., Darrouzet E., Rome Q. 2011. - Bilan des travaux (MNHN et IRBI) sur l'invasion en France de Vespa velutina, le Frelon asiatique, prédateur d'abeilles. in : Barbançon, J-M. L'Hostis, M (Eds). Journée Scientiffique Apicole JSA, Arles 11 février 2011.
  • Plaquette du Conseil général de la Gironde.

 

25/10/2016

Rapport Planète vivante du WWF

Rapport Planète vivante du WWF

 

Un constat alarmant...


 
Les populations de vertébrés - poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles - ont chuté de 58% entre 1970 et 2012.


Or, si nous ne faisons rien pour inverser la tendance, ce déclin pourrait continuer à s’aggraver jusqu’à atteindre 67% d’ici 2020.



C’est sur ce nouveau constat alarmant que s’ouvre l’édition 2016 du Rapport Planète Vivante — analyse scientifique réalisée tous les deux ans par le WWF concernant la santé de notre planète et l'impact de l'activité humaine sur cette dernière.
Vous la retrouverez ICI.