Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/01/2012

Dossier Kokopelli devant la Cour de justice de l'UE

Kokopelli.jpg

Procès devant la Cour de Justice de l'Union Européenne : Kokopelli en marche pour la Victoire !

Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012

L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles nous donnent entièrement raison !

En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus !

De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’Union Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ».

De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ».

Il en conclut logiquement que «les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences.

Pour plus d’information, voir sur le site de la Cour de Justice de l'Union Européenne (conclusions de l'avocat général disponibles dans plusieurs langues).

Blanche MAGARINOS-REY

Avocate de l’Association Kokopelli.

contact@avocat-magarinos-rey.com

20/12/2011

Résistance d'un insecte aux OGM

ogm,monsanto,résistance aux ogm, maïs,chrysomèle,Diabrotica virgifera,Un insecte déjoue l'efficacité d'un OGM

 

par Loïc Chauveau

 

Mauvaise nouvelle pour l'agriculture américaine... et pour Monsanto. Une étude montre que son maïs Bt n'a plus d'effet sur les chrysomèles, parasites ravageurs.

 

Le département d'entomologie de l'université d'Etat de l'Iowa (États-Unis) a repéré dès 2009 le caractère résistant de ces insectes, mais il a fallu deux ans aux chercheurs pour vérifier qu'il s'agissait bien d'un trait génétique transmis d'une génération à l'autre. C'est chose faite avec leur article publié dans PlosOne, juillet 2011. Les chrysomèles (Diabrotica virgifera), ces ravageurs du maïs - surtout redoutables par leurs larves qui se nourrissent des racines de la plante - ont bien acquis un caractère de résistance à l'un des insecticides phares de la multinationale américaine Monsanto : le maïs Bt.

 

Or, depuis 2003, Monsanto présente son produit, recelant des toxines Cry3Bb1 issues de la bactérie Bacillus thuringiensis, comme la solution idéale pour limiter les infestations des chrysomèles sans recourir aux insecticides conventionnels. « On savait déjà que la famille des Chrysomelidae présentait des capacités élevées de résistance par mutation génétique, assure Denis Bourguet, généticien à l'Inra de Montpellier. L'enzyme ciblée par la toxine change de conformation et rend ainsi le Bt inoffensif. »

 

Dès les premiers semis de cet OGM, l'EPA, agence américaine de l'environnement, avait recommandé qu'au moins 20 % des surfaces soit plantées en maïs traditionnels. La stratégie consiste en effet à préserver des populations d'insectes sans contact avec la toxine pour diluer le nombre d'individus pouvant acquérir une résistance. Mais ce conseil n'a été suivi que partiellement. Et la toxine Cry3Bbl est désormais inefficace. Monsanto devra la combiner avec d'autres toxines développées par des concurrents :

 

« Pour éviter cette impasse, il aurait fallu empiler dès le départ plusieurs toxines », poursuit Denis Bourguet.

Des solutions « naturelles » existent pourtant pour éviter que les insectes acquièrent cette résistance. Outre la plantation de champs non OGM, la vraie parade à la chrysomèle reste la rotation des cultures, les larves se retrouvant alors plusieurs années sans leur nourriture favorite. C'est ce qui est proposé aux agriculteurs français qui, depuis une dizaine d'années, doivent eux aussi faire face à l'arrivée de la chrysomèle Diabrotica virgifera. Sans autorisation d'utilisation des OGM, ils ne disposent que des seuls traitements larvaires : « La rotation des cultures est le bon moyen de diminuer la pression du ravageur sans trop utiliser de pesticides, assure Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à France Nature Environnement. Cela suppose qu'on en finisse avec la spécialisation des régions agricoles sur deux ou trois cultures seulement. »

 

Pas simple. Car introduire dans les assolements de nouvelles productions, par exemple des légumineuses, implique de créer ex nihilo de nouvelles filières de commercialisation. C'est donc tout un modèle agricole que pourrait remettre en question ce petit insecte.

 

Source : Loïc Chauveau (2011). - Un insecte déjoue l'efficacité d'un OGM  Sciences et Avenir n° 776, octobre 2011 p. 34.

 

Voir aussi l'article de Univers Nature.

 

REPÈRES

 

AVEC 140 MILLIONS D'HECTARES, le maïs est la plante la plus cultivée dans le monde. En France, elle couvre 3 millions d'hectares.

 

58 MILLIONS D'HECTARES SONT CULTIVÉS EN MAÏS BT visant la chrysomèle dans le monde. Aux États-Unis, cet OGM représentait 45 % de la récolte 2009.

 

600 MILLIONS DE TONNES sont produites par an dans le monde dont 70 % pour l'alimentation animale.

 

EN FRANCE, la culture du maïs Bt est soumise à un moratoire de fait, dans l'attente d'une décision communautaire entre les 27 États membres de l'Union européenne.

30/11/2011

L'agroterrorisme dans nos assiettes

L’AGROTERRORISME DANS NOS ASSIETTES

 

par Michel Tarrier, 256 pages, Éditions LME



« Bientôt, plutôt que se souhaiter bon appétit, il faudra se souhaiter bonne chance ! » Pierre Rabhi
L’agriculteur moderne est l’ennemi public nº 1 de notre santé et de l’avenir de la planète.

Le livre est déjà disponible à un prix de faveur chez l’éditeur, commandez-le dès maintenant !


http://www.lamaisondeditions.fr/livre-agroterrorisme-tarr...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment le monde paysan s’est laissé pervertir par celui des affaires, au détriment de la santé publique et de l’environnement. Un portrait peu flatteur de l’agriculteur et de sa logique de mort. Un impitoyable règlement de compte avec les paysans voyous.
 
En rage contre l’agriculture mercenaire des industries chimiques et contre le paysan bourreau des animaux, j’ai écrit ce livre cet automne. Il sera bientôt sous presse et sortira prochainement.
 
Le monde agricole ne va guère apprécier cette dénonciation et le rejet, pour première fois global, de ses pratiques spécistes et pesticidaires : cruauté envers les animaux, consommateurs pris pour des cobayes et chaque fois plus exposés aux empoisonnements chimiques (dont les exploitants agricoles sont eux-mêmes les victimes kamikazes !), détérioration de la qualité biologique des sols, gestion courtermiste et éminemment capitaliste alors que l’agriculture demande évidemment une démarche respectueuse dans un souci d’avenir. La FNSEA, vecteur de l’horreur agricole française, cherchera à interdire la publication.
 
Ce livre est dédié aux animaux non-humains qui souffrent plus et davantage depuis l’avènement de l’agriculture industrielle et de son corollaire l’élevage concentrationnaire, ainsi qu’aux victimes humaines des produits agricoles pétris de résidus chimiques. Mais pas seulement. Je le dédie aussi à la pétro-tomate sans saveur,  au poivron en deuil de son sol, à la pomme de terre aux gènes de poulet, de phalène, de virus et de bactérie, au maïs aux gènes de luciole, de pétunia, de blé, de scorpion, au riz aux gènes de haricot, de pois, de bactérie et d’humain, à la fraise-melon et au melon-fraise ou kiwi, à la banane empoisonnée, à l’abricot qui ne murira plus, à la cerise qui pourrit rien qu’en la regardant. Et à tous les « fruits » de notre antimonde aux terroirs perdus. S’il est plus question que jamais de faire payer les pollueurs, il serait grand temps de présenter la facture qui revient aux gangsters de l’agrotoxique.
 
L’agroterrorisme dans nos assiettes dit très fort ce que tout le monde pense tout bas !
 
« La vie avant la domestication. L'agriculture était en fait largement une vie de plaisir, de contact avec la nature, de sagesse des sens, d'égalité sexuelle, et de bonne santé. » John Zerzan
 

 

 

 

 

 

 




La ferme, anti-chambre des abattoirs


 



L’AGROTERRORISME DANS NOS ASSIETTES, Michel Tarrier, 256 pages, Éditions LME
À réserver dès maintenant et à meilleur prix chez l'éditeur :
http://www.lamaisondeditions.fr/livre-agroterrorisme-tarr...
 

26/11/2011

Les Poissons d'eau douce de France

poissons d'eau douce,france,livres,muséum national d'histoire naturelle,mnhnLes Poissons d'eau douce

de France

 

par Philippe Keith, Henri Persat, Eric Feunteun et Jean Allardi

 

 

Cette nouvelle édition de l’Atlas des poissons d’eau douce de France (2001, épuisé), est entièrement mise à jour tant sur la taxonomie que sur la répartition des espèces. Une vingtaine d’espèces ont été ajoutées aux 83 présentées dans la première édition. Les groupes dans lesquels des taxons ont récemment été décrits (chabots, goujons...) font chacun l’objet d’une mise au point à la lumière des derniers travaux de génétique.

Ce guide comprend des clés d’identification, des monographies détaillées qui, à l’image de l’atlas précédent, contiennent de nombreuses cartes de répartition intégrant les données les plus récentes. Le lecteur y trouvera également des chapitres généraux sur l’histoire, la connaissance et la gestion des populations et des écosystèmes.

Véritable outil d’identification et d’étude, cet ouvrage est le fruit du travail collégial de 48 auteurs, tous spécialistes reconnus. Cet ouvrage collégial présente l'ensemble des espèces de poissons d'eau douce de France, qu'elles soient indigènes ou introduites. Le livre est à jour des dernières données sur la taxonomie, la génétique et la distribution des animaux. Il comprend des clés d'identification et des fiches monographiques détaillant l'écologie, les modes de vie des poissons et intégrant des cartes de répartition. Le lecteur y trouvera également des chapitres généraux sur l'histoire, la connaissance et la gestion des populations et des écosystèmes.

Le guide s'adresse à toute personne qui dans le cadre professionnel ou des loisirs est en contact avec la faune piscicole : naturalistes débutants et confirmés, pêcheurs et aquariophiles amateurs, pisciculteurs et gestionnaires des milieux naturels, scientifiques ou médiateurs environnementaux ; mais aussi au simple promeneur qui souhaite mettre un nom sur un poisson aperçu dans un cours d'eau. Véritable outil d'identification et d'étude, "Les poissons d'eau douce de France" inaugure une nouvelle collection coéditée par Biotope et le Muséum national d'Histoire naturelle.

Les atouts de cette nouvelle édition :

  • Un collectif d'auteurs reconnus,
  • Des données scientifiques les plus récentes,
  • Un point complet sur la classification des « poissons »,
  • Des chapitres sur l’écologie, la biogéographie, la génétique... largement étoffés,
  • Une iconographie en grande partie renouvelée, remarquable car prise le plus souvent en milieu naturel,
  • Un texte et une cartographie à jour des dernières découvertes.

En supplément : un cahier d'identification à glisser dans la poche ! Ce cahier vous permettra d'identifier la plupart des poissons d'eau douce de France. Il est particulièrement adapté aux sorties sur le terrain, que vous soyez pêcheur, naturaliste ou simple promeneur.

 

poissons d'eau douce,france,livres,muséum national d'histoire naturelle,mnhn

 

Références :

ISBN (livre) 978-2-85653-672-8

ISBN (cahier) 978-2-85653-673-5

165 x 240 mm • Nombreuses photos

552 p. • 45 € TTC • octobre 2011

Publications scientifiques du Muséum

Commandes et renseignements :

Muséum national d'Histoire naturelle

Publications Scientifiques

CP 41 • 57 rue Cuvier • 75231 Paris cedex 05

Tél. : 01 40 79 48 05 • Fax : 01 40 79 38 40

Diff. pub@mnhn.frhttp://www.mnhn.fr/pubsci

 

poissons d'eau douce,france,livres,muséum national d'histoire naturelle,mnhn

Répartition de la période de reproduction

des poissons d'eau douce

15/11/2011

La Coccinelle asiatique envahit la Franche-Comté

Harmonia_axyridis_logo.jpgLa Coccinelle asiatique Harmonia axyridis (HA) envahit la Franche-Comté



Chez cette espèce de Coccinellidés (Coléoptères), le mâle est plus petit que la femelle, avec des tailles variant de 5 à 8 mm de long et de 4,0 à 6,6 mm de large.

La Coccinelle asiatique présente une large gamme de coloris, allant du rouge à points noirs au noir à points rouges, en passant par de nombreuses nuances de jaune. Les élytres sont ornés de zéro à 19 points.

 

coccinelle asiatique_01.jpg

Coccinelle asiatique

 

La Coccinelle asiatique se nourrit de pucerons, de psylles et de cochenilles, avec une voracité plus importante que celle les espèces autochtones utilisées jusqu'alors, surtout aux stades larvaires 3 et 4.

 

Cette voracité a été jugée intéressante pour la lutte biologique anti-pucerons pour susciter une importation dans les pays occidentaux. Or, il s'est avéré que l'espèce s'attaquait également aux autres coccinelles locales et à d'autres insectes.

 

Prolifiques, les femelles de cette espèce peuvent pondre jusqu'à 2 500 œufs durant leur vie avec un taux de 20 à 30 œufs/jour.

 

De sorte que l'espèce se reproduit activement et poursuit sa progression géographique, colonisant désormais la Franche-Comté. Phénomène particulièrment visible en automne, puisque, à l'approche de la mauvaise saison, les individus se regroupent dans des cavités, sous les écorces, mais ils n'hésitent pas à profiter de l'abri des bâtiments pour s'installer en vue d'hiberner.

 

Au départ, la Coccinelle asiatique Harmonia axyridis (HA) a été volontairement importée en Belgique et par l'INRA en France (1982). Profitant d'un climat qu'elle connaissait dans sa région d'origine la population a proliféré et s'est répandue dans l'Union Européenne. En fait, l'invasion de l'Europe ne s'est pas bornée à cette seule introduction volontaire et certaines populations  de (HA) semblaient être d'origine américaine.

 

Les routes d’invasion de la coccinelle asiatique Harmonia axyridis

 

Effectivement, des études récentes sur les voies invasives d'organismes exotiques suggèrent que de nombreuses invasions généralisées ne provenaient pas de l'aire de répartition naturelle, mais d'une population particulièrement envahissante qui colonise de nouveaux territoires.

 

En ce qui concerne la Coccinelle asiatique Harmonia axyridis, des chercheurs de l’INRA de Sophia-Antipolis et de Montpellier (1) ont retracé à l’aide de marqueurs génétiques et de traitements statistiques novateurs les routes d’invasion de cette espèce. Leurs résultats montrent que les invasions en Europe de l’Ouest, et en particulier en France, mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique du Sud ont très vraisemblablement pour origine des coccinelles provenant d’Amérique du Nord-Est.

 

De sorte que, en Europe de l’Ouest, les populations envahissantes se sont mélangées génétiquement avec des individus issus d’opérations de lutte biologique contre les pucerons. Cette étude illustre la notion de "tête de pont invasive" : une population envahissante particulière va devenir la source de plusieurs autres populations envahissantes dans de nouvelles zones, éloignées de la précédente.

 

L’aire native de la Coccinelle Harmonia axyridis se situe en Asie. L’espèce a longtemps été utilisée en lutte biologique contre les pucerons, mais sans installation et multiplication notables dans les zones où elle a été utilisée, en Amérique du Nord (depuis 1916), en Europe (depuis 1990) et en Amérique du Sud dans les années 1990. Ce n’est que récemment qu’un premier foyer invasif a été détecté en Amérique du Nord-Est en 1988, puis un second en Amérique du Nord-Ouest en 1991. En 2001, deux populations invasives ont été observées en Amérique du Sud et en Europe tandis qu’un foyer était observé en Afrique du Sud en 2004.

 

D’espèce bénéfique, la Coccinelle asiatique est ainsi passée au statut d’insecte nuisible de par ses impacts écologiques (impact sur la biodiversité par la compétition ou la prédation d’espèces non-cibles du type coccinelles indigènes, lépidoptères, etc.), économiques (détérioration de la qualité des productions viticoles) et sociaux (agrégation en grand nombre à l’automne et en hiver dans les habitations, entraînant diverses perturbations et quelques cas d’allergies). Se posent alors naturellement des questions relatives aux relations de parenté entre ces différentes populations envahissantes (qui est la source de qui ?) et au rôle relatif dans l’émergence de ces populations envahissantes des introductions accidentelles et des introductions intentionnelles pour la lutte biologique.

 

Les analyses de génétique des populations réalisées par les chercheurs de l’INRA ont permis de reconstituer avec un niveau de précision et de confiance élevé les routes et les modalités d’introduction des populations envahissantes d’H. axyridis, sur l’ensemble des aires envahies (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Afrique du Sud et Europe). Des échantillons de populations récoltés dans la nature (aire native et aires envahies) et d’autres, représentatifs de la souche originaire d’Asie utilisée pour la lutte biologique, importée par l’INRA en 1982 et utilisée par la suite par plusieurs biofabriques européennes, ont été caractérisés avec des marqueurs génétiques. Grâce à ces marqueurs, un grand nombre de scénarios d’introduction ont été comparés et la probabilité relative de chacun de ces scénarios a été estimée par des méthodes d'analyse statistique.

 

Une tête de pont invasive dans le Nord-Est de l’Amérique

 

Les routes d’invasion sont résumées dans la Figure 1. L’aire native asiatique est à l’origine de deux foyers principaux en Amérique du Nord-Est et du Nord-Ouest. Ces deux introductions sont donc indépendantes, mais il est impossible de savoir si elles sont accidentelles ou proviennent de populations utilisées en lutte biologique. Les foyers invasifs d’Amérique du Sud et d’Afrique du Sud proviennent de la zone envahie en Amérique du Nord-Est. Enfin les populations invasives en Europe de l’Ouest sont issues d’un mélange entre des individus provenant d’Amérique du Nord-Est et des individus utilisés en Europe pour la lutte biologique, avec une contribution génétique de l’ordre de 40 % pour ces derniers.

coccinelle asiatique-carte-1.jpg

Figure 1 : Origine des populations envahissantes d’Harmonia axyridis. Les aires natives et envahies sont respectivement en vert et rouge. La probabilité estimée pour chaque scénario d’introduction est en noir (P). Les dates de première observation des invasions sont en bleu. ENA = Est Nord Amérique, ONA = Ouest Nord Amérique, AS = Amérique du Sud, AFS = Afrique du Sud, EU = Europe de l’Ouest (Belgique). Dans le cas de la population Ouest Européenne (EU), les contributions génétiques relatives des sources Est Nord Amérique (ENA ; flèche rouge) et de la population de lutte biologique européenne (LBE ; flèche bleue) sont respectivement égales à 59% et 41%.


En Europe de l’Ouest, la question de l’effet sur la capacité d’invasion d’un mélange génétique entre les individus provenant d’Amérique du Nord-Est et ceux issus de la souche de lutte biologique précédemment citée est en cours d’étude. Les chercheurs impliqués dans cette étude n’ont pas détecté jusqu’à présent de foyers envahissants dont l’origine serait exclusivement liée à la souche de lutte biologique européenne.

 

Ces analyses ont ainsi démontré la contribution majeure de la population américaine du Nord-Est dans l’historique de l’invasion. Ce résultat illustre la notion de "tête de pont invasive" (ou invasive bridgehead effect) qui repose sur la mise en évidence d’une population envahissante particulière se comportant comme la source de nombreuses autres invasions dans des zones éloignées. La mise en évidence de populations invasives "têtes de pont" a des implications fortes en gestion des populations en incitant à une vigilance accrue envers ces populations.

 

Évaluer la probabilité d'un tel scénario est heuristiquement difficile. Les équipes de l'INRA ont résolu ce problème en utilisant des méthodes de calcul approximative bayésienne pour comparer quantitativement les scénarios d'invasion complexe basée sur l'analyse génétique des populations (variation des microsatellites) et historique (date de la première observation) des données.

 

D’autre part, le scénario d’invasion déduit de cette analyse suggère la possibilité d’un changement évolutif dans la population "tête de pont", localisée en Amérique du Nord-Est pour la Coccinelle asiatique. Cette hypothèse fait l’objet de recherches avec des approches de génétique quantitative menées par les mêmes équipes.

 

Cette démonstration d'un mécanisme d'invasion passant par une tête de pont comporte des implications importantes d'une part, dans la théorie de l'invasion (c'est-à-dire, un seul quart de l'évolution de la population par rapport aux multiples changements de tête de pont dans le cas de populations introduites devenues envahissantes de façon indépendante) et d'autre part, dans la gestion des invasions par des organismes étrangers entraînant une vigilance accrue contre les têtes de pont invasives.

 

Les chercheurs de l'INRA ont montré que l'éclatement de la récente invasion dans le monde entier de HA suivie d'un scénario de pont impliquant une population envahissante installée dans l'Est de l'Amérique du Nord constitue la source des individus colonisateurs qui ont envahi les continents européen, sud-américain et africain, avec quelques mélanges avec une souche de lutte biologique en Europe.

 

Sources :


http://fr.wikipedia.org/wiki/Coccinelle_asiatique

 

Cornuet J-M, Santos F, Robert PC, Marin J-M, Balding DJ, Guillemaud T, Estoup A (2008) Inferring population history with DIYABC: a user-friendly approach to Approximate Bayesian Computation. Bioinformatics, 24, 2713-2719.

 

(1) Équipe “Biologie des Populations en Interaction”, INRA UMR 1301 IBSV (INRA/CNRS/Université de Nice-Sophia Antipolis), Sophia-Antipolis, France, 2 INRA UMR Centre de Biologie et de Gestion des Populations (INRA/IRD/Cirad/Montpellier SupAgro), Montferrier-sur-Lez, France.

08/11/2011

La santé du Doubs mise à prix

doubs,doubs-franco-suisse,neuchâtel,sandra gogniatUniversité de Neuchâtel :

la santé du Doubs mise à prix !

 

par Sébastien Lamy (15 septembre 2011)

Le Doubs est aujourd’hui dans un sale état. Dans son mémoire de Master en sciences économiques, une étudiante de l’Université de Neuchâtel tente de mettre des chiffres sur le problème environnemental qui affecte cette grande rivière. Originaire de Saignelégier, Sandra Gogniat a enquêté auprès des pêcheurs du Doubs. Partant de l’hypothèse que cette rivière retrouverait sa forme d’il y a quarante ans, la jeune femme estime à 48 millions de francs suisses par année le bénéfice correspondant à l’augmentation de bien-être ressenti par les pêcheurs.

Difficile d’estimer la valeur économique d’un bien intangible comme le bonheur des habitants d’un pays ou la valeur d’une vie. Néanmoins, les économistes s’essaient de plus en plus souvent à ce genre de calcul. À l’Université de Neuchâtel, Sandra Gogniat a cherché à connaître la valeur d’un patrimoine naturel. Cette jeune économiste s’est penchée sur le bien-être que ressentiraient les pêcheurs du Doubs si cette rivière retrouvait son allure des années septante. Son constat : les quelque 30 400 pêcheurs qui vont et viennent le long des rives suisses et françaises du Doubs réaliseraient une satisfaction équivalente à une compensation monétaire de CHF 1 450 à CHF 1 700 par personne et par année. Soit un total de 48 millions de francs suisses par année. « Cela signifie que la dégradation de la rivière impose à la société un coût économique très important », affirme Sandra Gogniat.

Native de Saignelégier, la jeune femme a pu observer de tout près la dégradation de la rivière. Par son travail, elle entend motiver les autorités à prendre des mesures. « Dès qu’on envisage de restaurer le Doubs, les coûts nécessaires à l’entreprise viennent tout de suite sur le tapis, s’insurge Sandra Gogniat. Mes résultats visent à contrebalancer la discussion en chiffrant le bénéfice qui découlerait de l’opération. »

Sandra Gogniat a tiré ses conclusions d’un questionnaire largement diffusé auprès des pêcheurs. Deux cent vingt-cinq d’entre eux lui ont rendu réponse. Son enquête se limite à l’impact d’une hypothétique amélioration de la qualité de l’eau et de l’écoulement des flots sur les activités de pêche récréative. Il est bien clair que la détérioration actuelle du Doubs comporte bien d’autres aspects qui n’ont pas été compris dans les 48 millions avancés par cette étude.

Afin d’estimer la valeur économique de la pêche récréative dans le Doubs, Sandra Gogniat a utilisé la méthode des coûts du trajet hypothétique. Elle a ensuite comparé les résultats obtenus dans la situation actuelle (2010) et dans la situation d’une hypothétique amélioration de la qualité de l’eau et de l’écoulement des flots. « Cette approche s’appuie sur le coût des trajets effectués par les pêcheurs pour se rendre sur leur lieu de loisir », explique-t-elle. Dans son questionnaire, Sandra Gogniat a également glissé quelques questions sur les habitudes des pêcheurs. Mais elle leur a surtout demandé d’imaginer les changements de comportement qu’ils adopteraient face à un Doubs regorgeant de poissons et libre de toutes interdictions, tel qu’il était quarante ans auparavant.

Aujourd’hui, Sandra Gogniat entame une thèse de doctorat à l’Université de Neuchâtel. Avant de se plonger dans ce nouveau défi, elle espère bien faire inciter les autorités à prendre connaissance de son travail de mémoire.

 

Vous pouvez également visionner des vidéos très fouillées au sujet des problèmes du Doubs à l'adresse ci-dessous :
Le lien: http://www.pronatura-ju.ch  et choisir le fichier Doubs.

 

Les pollutions agricoles et domestiques sont mises en cause pour expliquer l'état lamentable de nos rivières. Or un petit tour de passe-passe a été commis pendant les vacances de Noël 2011 par le Ministère de l'Agriculture !


À peine croyable : c'est en pleine période de fêtes de Noël et du Nouvel An que le ministre de l'agriculture a choisi de "consulter le public" sur un projet de modification de la réglementation relative aux zones d'excédent structurel de lisier ! Chacun le sait, en cette période de fêtes, les citoyens surveillent assidument les projets de textes mis en ligne sur le site internet du ministère de l'agriculture...

 

Une pétition à signer :

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/elevages-deregle...

22/10/2011

Projet de liaison Rhin-Rhône par la Saône et la Moselle

Ecluse_Malate.jpgProjet de liaison Rhin-Rhône par la Saône et la Moselle
 
par André Guyard
 
(Dernière mise à jour : 23/10/2011)

 

Le projet


Le projet de liaison Rhin-Rhône a pour but de créer une liaison fluviale à grand gabarit entre les vallées de la Saône et de la Moselle. Il devrait permettre le passage de péniches de 4 400 tonnes pour relier le Rhône au Rhin.

 

navigation sur le Doubs2.jpg
navigation sur le Doubs.jpg
Navigation sur le Doubs


Ce projet date déjà de plusieurs décennies : deux variantes avaient été proposées dans les années 1960 :

 

  • l’une passant par le Doubs retenue et abandonnée en 1997, du fait de nombreuses oppositions,
  • l’autre passant par la Saône et la Moselle, abandonnée alors du fait des insuffisances de la ressource en eau pour l’alimenter.

C’est cette dernière qui ressurgit cette fois-ci avec la réalisation d’études prospectives. Quatre couloirs de passage sont actuellement à l’étude (carte ci-dessous).

 

Saone_Moselle_projet.jpg
Carte des couloirs de passage potentiel

Dans le contexte actuel, où les économies d’énergies fossiles deviennent un objectif majeur, alors que les transports de marchandises sont effectués principalement par la route, ce mode de transport et ce projet peuvent sembler des réponses adaptées et sont, pour cette raison, soutenues par les développements du Grenelle de l’environnement dans la loi Grenelle 1. En fait, il est aisé de démontrer que ce projet constitue une mauvaise réponse pour des raisons économiques (en termes de logique de transports) et pour des raisons écologiques (ressource en eau toujours insuffisante). Quelle que soit son implantation, non encore finalisée, le canal passerait par des vallées d’altitude, en n’utilisant qu’en partie seulement les cours d’eau ou canaux actuels : ce serait donc un projet créé de novo, soustrayant de grandes quantités d’eau aux écosystèmes et donc lourd de conséquences.

Aspects socio-économiques

Si le projet de liaison à grand gabarit Rhin-Rhône par le Doubs a été abandonné, ce n’est que pour des raisons économiques. Il ne faut pas se laisser abuser par l’illusion cartographique : la voie d’eau n’a jamais été et ne sera jamais la solution pour franchir les montagnes !

Entre Méditerranée et Mer du Nord, il n’y a plus d’industries lourdes intracontinentales, les pondéreux se font rares, les produits doivent circuler rapidement, au coût minimal (les stocks sont sur les camions) et sans rupture de charge (changement de mode de transport). Les inconvénients liés à la nature même de ce mode de transport (sa lenteur, sa fragilité face aux contraintes climatiques, la lourdeur de sa gestion, etc.) expliquent le manque d’entrain de ses utilisateurs potentiels.

Remarques

1) Le grand gabarit de la liaison n’existe pas de facto entre Marseille (13) et St-Jean-de-Losne (21) pour différentes raisons :

  • le port de Marseille n’est pas relié au Rhône (tunnel du Rove effondré),
  • seuils divers sur le Rhône (Arles) réduisant sa profondeur et sa navigabilité,
  • tirant d’air sous les ponts de Lyon insuffisant, imposant un nombre réduit de couches de conteneurs sur les navires (2 au lieu de 3).

2) La démonstration de l’inutilité de ce type de projet a déjà été faite en réel : il s’agit de la liaison inter-bassins entre le Rhin et le Danube. Les trafics y sont faibles et stables, le train opérant beaucoup plus efficacement sur le même axe.


Aspects hydrologiques

S’agissant d’une voie d’eau, il est tout naturel de s’inquiéter de sa faisabilité même, et donc des possibilités de l’alimenter en eau.

➢ Le projet de canal Rhin-Rhône par la Saône et la Moselle avait été abandonné dans les années 60, du fait de la carence en eau. En effet, les périodes d’étiage annuelles s’étendent jusqu’à 96 jours pour la Moselle et 78 pour la Saône. Autant de jours où la navigation ne peut se faire. La rareté globale de l’eau, logique en tête de bassin, et l’importance des étiages obligent ainsi les concepteurs du projet à envisager des réservoirs volumineux (plusieurs dizaines de millions de m3) en amont des bassins versants et des pompages de bief en bief, consommateurs d’énergie.

➢ Le gel de la voie d’eau, encore possible dans les régions en altitude (90 jours de gel dans les Vosges), constituerait une autre raison de sa fermeture à la circulation.

➢ Avec le réchauffement climatique en cours, l’accentuation des phénomènes climatiques extrêmes doit être prise en compte très sérieusement concernant un ouvrage dont le fonctionnement dépend de son alimentation en eau : étiages sévères et crues subites et importantes. Le réchauffement climatique ne devrait qu’accentuer le manque d’eau sur les bassins versants avec comme effets la diminution de la fonctionnalité de la voie d’eau et la fragilisation de ses intérêts économiques.

Aspects environnementaux

  • Impacts paysagers

Proportionnels à l’ampleur des travaux de génie civil, ces impacts seront importants sur les hautes vallées, plus resserrées, plus sinueuses. Les cicatrices de ces travaux marqueront à jamais les paysages des hautes vallées de la Saône ou de la Moselle, quels que soient les traitements paysagers ultérieurs. L’impact sur le patrimoine construit serait classé comme « globalement fort » : une vingtaine de zones ou sites classés sont répertoriés. Ce projet constituerait donc une perte importante de patrimoine paysager rural et urbain.
Danube-1.jpg
Navigation sur le Danube

  • Impacts physico-chimiques

➢ Concernant les parties de cours d’eau et canaux actuels empruntés par le projet, les travaux et le fonctionnement de la voie d’eau, par l’érosion qui en est issue, remettraient en suspension des sédiments riches en toxiques, métaux lourds particulièrement.

➢ Des contaminations de la ressource en eau potable et des chaînes alimentaires sont donc vraisemblablement à attendre.

  • Impacts hydrobiologiques

➢ Un cours d’eau n’est pas seulement constitué de sa partie visible : il est alimenté par tout un bassin versant et est accompagné dans son lit majeur par sa nappe alluviale, ressource majeure en eau potable pour les populations riveraines. Les transferts d’eau entre ces différentes parties, l’intensité des fonctionnements des écosystèmes associés garantissent la pérennité et la qualité des eaux superficielles et profondes.

➢ Dans tous les cas, ce projet aurait des conséquences majeures sur la ressource en eau, qu’il emprunte le cours de la rivière ou soit créé dans son lit majeur* : le canal déroberait plus de 12 m3/s au milieu naturel avec ou sans le développement de réservoirs d’eau en amont.

➢ L’impact serait d’autant plus important qu’il se situe en amont des bassins versants, vers le seuil de partage des eaux. Ces notions écologiques sont largement comprises par les acteurs de l’eau (particulièrement par les Agences de bassin) : elles constituent le fondement de la politique de l’eau et doivent s’imposer dans l’étude de tout projet où l’eau est présente.

➢ Enfin, le réchauffement climatique en cours devrait nous imposer encore plus de prudence dans la réalisation de tels aménagements et dans la prise en compte de leurs effets sur la ressource en eau et les nappes alluviales.

  • Impacts directs et indirects sur la biodiversité et les écosystèmes naturels

➢ Qu’elle emprunte le cours d’eau ou son lit majeur, l’infrastructure aurait des effets importants, chimiques ou mécaniques, sur la biodiversité, particulièrement des zones humides. Elle en réduirait de plus les fonctionnalités écologiques et par suite la qualité des aquifères. Ceci constituerait un gaspillage inadmissible de patrimoine naturel. Directs ou indirects, ces effets seraient vraisemblablement renforcés par la récession de la vie sur Terre comme par le réchauffement climatique.

➢ La richesse et l’importance du patrimoine naturel rencontré par le projet sont notables. Val de Saône, Bassigny ou vallée de la Moselle constituent des zones à patrimoine vivant riche et que de nombreuses conventions ou régimes protègent. Les inventaires réalisés présentent :

  1. 2 à 4 zones Natura 2000 suivant le tracé (dont le Val de Saône),
  2. 344 zones naturelles d’intérêt faunistiques et floristiques (ZNIEFF) de type I, essentiellement sur la vallée de la Saône et en Haute-Marne (couloir Ouest),
  3. 39 ZNIEFF de type II, plus précieuses, sur les vallées de la Saône et la Moselle,
  4. 6 zones d’intérêt communautaire (ZICO),
  5. 7 zones de protection spéciale (ZPS), dont la vallée de la Saône, le Bassigny, la vallée de la Lanterne ou la basse vallée du Doubs,
  6. des dizaines de sites sensibles, soumis à des politiques de protection variées par les Conservatoires naturels, entre autres,
  7. forêts alluviales en Val de Saône, vallées de la Moselle et de la Lanterne, abritant des espèces d’importance patrimoniale, vertébrés (oiseaux ou batraciens) ou invertébrés liées à l’eau représentent des enjeux forts sur lesquels la France s’est engagée devant la communauté internationale. Elles constituent des milliers d’hectares qui seraient fragilisés, voire détruits irrémédiablement, malgré l’application de mesures dites compensatoires et souvent inefficaces.

  • Autres effets directs et indirects

➢ On ne s’appesantira pas sur les impacts du chantier, même s’ils déborderont largement la zone d’emprise et resteront pour certains, définitifs.

➢ On peut noter également la réduction de l’attrait des zones traversées en matière touristique.

➢ Enfin, il est vraisemblable que la récession qui s’annonce remette profondément en cause notre rapport au monde et nous oblige à reconsidérer de façon drastique nos besoins et les moyens d’y répondre. Dans ce nouveau contexte, il y a fort à penser que ce projet trouve enfin son issue définitive, c’est-à-dire son abandon pur et simple ! De sorte que les centaines de milliers d’euros déjà dépensés par les collectivités régionales et l’État auront été gaspillés.

Alternatives possibles et nécessaires aux trafics actuels Nord-Sud

Il existe pourtant des alternatives pour améliorer les trafics nord-sud. Dans un premier temps, c’est sur la réduction des trafics que doivent peser les efforts d’aménagement afin de rationaliser les usages de l’énergie comme des ressources naturelles. Néanmoins, pour réaliser les économies d’énergies fossiles (et la réduction des gaz à effet de serre) et pour préserver le patrimoine naturel commun (l’eau entre autres), les réorientations du fret devront se tourner vers le transport ferroviaire. Sous conditions d’en améliorer les performances, technologiques et humaines, le rail constitue un mode de transport fiable en toute saison, rapide, proche des usagers et économe en énergie fossile. De fait, les 4 à 15 millions de tonnes prévues par an par les scénarios de l’étude socio-économique en 2025 pourraient facilement être absorbées par quelques dizaines de trains par jour sur le même axe.

Sources

  • Plaquette éditée par un collectif d’associations : Franche-Comté Nature Environnement, Collectif Saône et Doubs vivants / Sundgau vivant, Commission de protection des eaux UFC Que Choisir 21, Mirabel Lorraine Nature Environnement, CAPEN 71, Association Plaine de la Saône avec le soutien des Verts Lorraine. [http://www.cpepesc.org/IMG/pdf/PL_saone_20moselle.pdf]

  • Liaison Saône-Moselle. Les premiers résultats de l’étude technique et environnementale. Comité de pilotage du 19 décembre 2007.

  • Étude préliminaire socio-économique multimodale sur l’axe Marseille-ports de la mer du Nord et de l’Europe du nord. VNF Direction interrégionale de Nancy, Octobre 2005.

Nous laisserons la conclusion à E. O. Wilson, biologiste ayant popularisé le terme de biodiversité : "Les impacts de l’humanité se définissent plus par ce qu’elle choisit de ne pas détruire que par ce qu’elle décide de créer."

La voie d’eau n’a jamais été et ne sera jamais la solution pour franchir les montagnes !
Consulter la plaquette sur le site de la CPEPESC


Samedi 23 octobre 2011

Au cours du débat sur les orientations budgétaires 2012 du Conseil régional, ce projet de Grand canal entre Saône et Moselle a ressurgi.Il a refait surface à la faveur d’une demande de VNF (Voies Navigables de France) à la Région de participer au financement d’une étude préliminaire d’un montant de 12 millions d’euros concernant la liaison fluviale Saône-Moselle. La Région participerait à ces études à hauteur de 100 000 euros.
 
Les écologistes, unanimes, ont arboré des badges aux couleurs du fameux poisson rouge, symbole de la lutte contre le projet démentde Grand Canal par la vallée du Doubs.
 

La Présidente du Conseil Régional, Marie-Guite Dufay, qui n’accepte que de payer le minimum du minimum (100 000 € environ) pour avoir un accès au dossier Grand Canal Saône-Moselle, est persuadée que l’abandon de l’itinéraire par la vallée du Doubs est définitif. Les Verts qui n’ignorent pas les efforts pour revenir sur cet engagement déployés par certains parlementaires, tels Francis Grignon au Sénat et Françoise Branget à l’Assemblée Nationale, restent méfiants.

 

Source : macommune.info


17/10/2011

Le Loup

Le Loup, Caniloup_02-logo.jpgs lupus Linné 1758

 

par André Guyard

 

(Dernière mise à jour : 15/04/2016)

 

Il y a plus de 30 000 ans, des groupes de chasseurs préhistoriques auraient intégré en leur sein des louveteaux. Ainsi se serait enclenché le processus qui, à partir de ce fauve foncièrement social qu'est le Loup, a engendré le Chien. Si les scientifiques ont mis tant de temps à s'intéresser au chien, c'est parce que cet animal commun est bien plus difficile à étudier qu'un animal sauvage : le mode de vie de ce dernier dans la nature explique ses particularités, qui sont le plus souvent des adaptations au milieu. Le Loup, Canis lupus aurait évolué, pour créer de nouvelles races de chiens, avec l'intervention de l'Homme, races des chiens nordiques : Huskies, Malamutes, Groenlandais, Spitz-loup, etc. peuplant l'hémisphère nord, alors que les autres chiens, originaires de l'hémisphère sud, seraient issus du Coyotte doré d'Afrique. L'appellation commune de "chiens-loups" n'est qu'une aberration. La race lupine est invariablement pure et dominante, en raison d'une auto-protection évitant consanguinité dans le cadre de la meute, et le mélange avec d'autres races parallèles.

 

Le Loup, ce bel animal fut l'une des créatures sauvages les plus calomniées. À l'époque romaine, il était vénéré, telle cette louve romaine dont la légende fit allaiter les jumeaux Romulus et Remus. Mais le plus souvent, il fut l'objet de haine et de crainte, comme la "bête du Gévaudan" qui, selon les dires, tua à elle seule 123 personnes dans le sud de la France. Ses ravages parmi peuples et bêtes furent si conséquents qu'au milieu du dix-huitième siècle, le Roi Louis XV envoya une armée entière pour la détruire. 43 000 hommes et 2 800 chiens ne mirent pas moins de deux mois pour réussir à la tuer. À l'heure actuelle, l'histoire est encore controversée : S'agissait-il d'un loup ou de plusieurs animaux sauvages, sans compter les vagabonds profitant de la confusion ?

 

La dangerosité du Loup par rapport à l'espèce humaine n'est pas démontrée. Durant l'Ancien Régime et jusqu'à l'époque napoléonienne, la prolifération des loups a été provoquée par la profusion de cadavres lors des grandes épidémies et sur les champs de bataille. Le Loup est un prédateur opportuniste qui ne résiste pas à rechercher des proies faciles. Aujourd'hui, il est reconnu que la plupart des agressions contre des humains furent l'œuvre de loups enragés. Ces derniers pouvaient se montrer responsables d'attaques isolées, mais jamais d'attaques répétées, puisque, généralement, la rage tue sa victime sur le vif.

 

Le Loup (Canis lupus) appartient à la famille des Canidés qui regroupe 38 genres. Il représente une seule espèce présentant 6 sous-espèces. En Europe, on rencontre 3 sous-espèces isolées géographiquement et génétiquement, soit environ 30 à 40 000 individus.

 

Les loups apparurent dans le Nouveau Monde il y a cinq millions d'années, au milieu de l'époque pliocène. L'espèce s'est déjà diversifiée et développée vers le milieu de l'époque pléistocène, il y a un million et demi d'années. Le "Loup de Dire" fut le plus grand qui ait jamais existé ; une espèce, de taille plus petite, arriva de l'Alaska en Sibérie, où elle s'agrandit pour devenir le Loup d'Europe Canis lupus. Le Loup d'Europe émigra à nouveau en Amérique du Nord, où il peupla toute la région du Canada et des États-Unis, excepté la zone Sud-Est, qui fut peuplée par un loup plus petit, "Canis rufus". Aujourd'hui, le gouvernement américain tente de repeupler le Sud-Est de loups rouges. Le Loup d'Europe était déjà bien établi en Amérique du Nord, lorsque les premiers Indiens et les Esquimaux traversèrent le Détroit de Bering, il y a dix-huit mille ans.

 

En Eurasie, on le rencontre jusqu'à la Palestine, l'Inde, le sud de la Chine. Il existe au Groenland et sur beaucoup d'autres îles arctiques. Le Loup a pratiquement été exterminé partout sauf dans les régions les plus éloignées. Quelques-uns survivent en Scandinavie, en provenance de Russie. De petites populations isolées subsistent dans les montagnes de la Péninsule ibérique (Asturies, Galice) et des Abruzzes (Italie). Elles sont un peu plus importantes dans les Balkans, le Nord et l'Est du continent.

 

En France, le Loup était encore répandu dans toute la France au milieu du XIXe siècle et il a subsisté dans les Pyrénées jusque vers 1930. Mais les persécutions dont il fut l'objet aboutirent rapidement à sa disparition de nombreuses régions. Ainsi, dès 1898, il ne reste plus que deux populations régulières dans le Centre-Ouest et le Nord-Est du pays. Celles-ci se réduiront encore pour atteindre le seuil d'extinction vers 1923. Le dernier pôle régulier connu en France se situe dans le Berry et le Limousin, où l'espèce subsista jusqu'en 1929 au moins. Le Loup est considéré comme disparu en tant qu'espèce reproductrice en France entre 1930 et 1939. Quelques observations ponctuelles seront encore faites après 1945 et concernent le plus souvent des chiens errants ayant plus ou moins l'aspect du Loup, parfois des animaux échappés de captivité ou originaires d'Espagne (Landes, 1968).

 

Le Loup (Canis lupus) est l'ancêtre du chien domestique (Canis lupus familiaris), comme l'a démontré la biologie moléculaire (voir au bas de cet article : la domestication du Loup). Le chien est une création de l'homme préhistorique par sélection artificielle.

 

La distance génétique entre le chien et le loup est de seulement 0,2 pour cent, alors qu'entre ce dernier et le plus proche canidé (le Coyote), elle est de quatre pour cent. Presque 400 races de chiens ont été sélectionnées par l'homme, la plupart depuis seulement deux siècles, et les distances génétiques entre chiens peuvent être plus grandes qu'entre loup et chien en moyenne. D'ailleurs, certaines races, tels les chiens de traîneaux et le chien africain basenji, présentent des caractères intermédiaires entre loups et chiens de races modernes : par exemple, ils n'aboient pas, mais hurlent. Les apparences sont trompeuses et le pékinois (un tout petit chien de compagnie originaire de Chine) est plus proche de son ancêtre que le berger allemand ou chien-loup !

 

D'ailleurs le Loup d'Europe a l'allure d'un chien berger allemand, mais plus puissant et à la tête plus large. Dans le Sud-Est de l'Europe, on peut le confondre avec le Chacal commun d'allure très semblable mais bien plus petit. Le cou du Loup est bref et épais. La queue est touffue, pendante, assez longue 30-40 cm. Elle est très mobile et elle manifeste les changements d'attitude de l'animal dans ses rapports avec ses congénères : queue dressée en signe "d'imperium" entre les pattes en signe de soumission, fouettant l'air en signe de jeu ou de satisfaction. Les oreilles sont pointues et dressées. La coloration est relativement unie, allant du gris brun au gris jaunâtre foncé, souvent marbré de noirâtre ou de gris foncé. Les sujets du Grand Nord ont généralement un pelage plus long, ils sont plus gros, leurs oreilles sont plus petites que celles des sujets méridionaux. La coloration varie fortement, ainsi en Amérique du Nord, les Loups de forêt sont souvent noirs, ceux des régions sub-arctiques parfois entièrement blancs, ceux du Proche-Orient étant fauve clair.

 

Le Loup atteint une longueur totale de 150 cm (queue comprise) et fait une hauteur de 70-80 cm à l'épaule pour un poids allant jusqu'à 72 kg mais d'habitude moins de 50 kg.

 

Loup 3_E.Cretin-1.jpg

Cliché Emmanuel Cretin

 

Individuellement, le Loup présente des spécificités considérables lui permettant de s'adapter à différents milieux, généralement hostiles.

 

Le pelage, dru l'hiver, léger l'été suite à la perte de sa sous-couche, varie suivant les espèces et se calque sur le milieu : du blanc pur pour le Loup arctique, exceptionnellement noir, en passant par le "gris loup" du Loup canadien. Il présente une qualité unique, celle d'être autonettoyant, et de procurer une protection thermique du fait de doubles poils : fond touffu ou " bourre ", et poils plus longs donnant la couleur de surface. Cette caractéristique se retrouve chez les chiens nordiques.

 

La démarche est originale : des cinq doigts de la patte antérieure, le Loup ne se sert que de quatre, le cinquième ayant régressé sous forme d'ergot. Les pattes postérieures ne comportent que quatre doigts. Chaque pied comporte un coussin très charnu, entouré de poils raides, permettant l'isolation, et évitant la création de boules de neige gelée (snow ball). Les longues pattes permettent une foulée longue évitant l'enfoncement dans la neige. Différentes allures sont notables : le trot, la suspension ou " trot volant " (fling trot des anglo-saxons), le "canter", allure plus lente et le galop. Dans ces allures, les deux membres diagonalement opposés touchent le sol ensemble, de sorte qu'ils ne créent qu'une trace unique. Les loups se déplacent généralement l'un derrière l'autre, lors du transit de la meute, d'où l'expression populaire : "aller à la queue leu leu".

 

Les sens sont particulièrement développés en particulier l'odorat, mais surtout la vision : le fond de l'œil est très riche en cellules photo-réceptrices (le tapetum), ce qui lui procure une vision nocturne extraordinaire. C'est pourquoi les yeux du Loup brillent dans la nuit.

 

La dentition du loup comporte une paire de molaires de plus que le chien domestique. La force considérable de la mâchoire lui permet de briser d'un coup le tibia d'un élan ou d'un renne.

 

loup-ibérique-1.jpg

Loup ibérique

(dessin de Bruce Pearson)

louve-louveteaux-ibériques-1.jpg

Louve ibérique et ses petits

(dessin de Bruce Pearson)

 

loup-scandinave-1.jpg

Loup scandinave

(dessin de Bruce Pearson)

 

Du point de vue habitat, le Loup s'adapte à toutes sortes de milieux : paysages ouverts tels les semi déserts et les toundras, ou relativement fermés (forêts plus ou moins claires), en plaine et en montagne et jusque sur les côtes.

 

loup_07-1.jpg

 

 

Le Loup est un animal diurne, crépusculaire et nocturne. Selon la saison, l'abondance de la nourriture et d'autres facteurs, il vit seul, par couple, en famille ou en meutes.

 

Le Loup crée un tissu social extrêmement élaboré. La meute ne dépasse guère une douzaine d'individus. Le loup solitaire existe, et c'est malheur pour lui : il s'agit d'un animal âgé, dont les dents usées ne lui permettent plus de chasser, et qui est rejeté de la meute, pour finir sa vie seul. Cet animal farouche et à juste titre craintif est en réalité au faîte de la socialité. Sa niche écologique consiste en une adaptation comportementale à la chasse coordonnée en groupes, qui lui permet de se nourrir de proies jusqu'à dix fois plus grosses que lui. En hiver, dans les déserts arctiques, c'est la solution de survie quand les baies et les petites proies ont disparu.

 

La meute est constituée d'une dizaine d'individus strictement hiérarchisés, chaque sexe étant inféodé au membre de même sexe du couple reproducteur. Il n'y a qu'un couple reproducteur par meute – fidèle d'une année à l'autre – et tous nourrissent ses jeunes. Marquages olfactifs et hurlements se combinent pour exploiter de façon optimale l'espace et ses ressources naturelles, dont l'abondance régule les populations de proies et de prédateurs, comme il est de règle dans la nature. Dans la meute, règne une stricte hiérarchie : elle est dirigée par un couple de leaders, mâle et femelle appelés "couple alpha". C'est le plus fort des mâles qui s'impose, après des luttes qui ne sont pas mortelles, les mâles dominés se soumettant. Le prétendant qui se soumet se couche sur le dos, et présente sa gorge au dominant.

 

Le Loup est monogame. Il choisit sa compagne, et lui reste attaché jusqu'à la mort. Seul le couple alpha a le droit de procréer. Si une autre lice a mis bas, sa progéniture est immédiatement tuée par la Louve dominante. Les petits de cette dernière sont protégés, nourris et éduqués par les autres femelles. Si un autre couple se constitue, il quitte spontanément la meute pour en créer une nouvelle. Le coupe alpha venant à être déchu rentre dans le rang. À l'issue d'une chasse, le couple dominant et ses petits mangent les premiers, sous la surveillance des autres adultes qui écartent les autres prédateurs du festin, renards et rapaces. Cette organisation évite toute consanguinité et le maintien de la force individuelle et collective.

 

Les loups chassent de préférence au crépuscule et la nuit, dormant le jour ou pratiquant des jeux collectifs, et entraînant les jeunes à la chasse. La meute se crée un territoire qu'elle marque par l'urine, et déplace celui-ci de plusieurs centaines de kilomètres, en fonction de la nature et de la quantité des proies.

 

Le Loup n'est pas sanguinaire. Il chasse et tue par nécessité. Il choisit les proies les plus faibles, les traînards ou les malades, dans les troupeaux. En carence de gros gibier, il se contente de lièvres ou de rongeurs. Sa prédilection pour les moutons est certaine, lorsque l'occasion se présente, et il en est de même pour les chiens nordiques.

 

Ajout du 15 avril 2016 : Que se passe-t-il quand un Loup rencontre un Lynx ?

 

L'utilité écologique du Loup est démontrée : il rétablit l'équilibre naturel en faisant disparaître les sujets vieillis, faibles ou malades. Ces dernières années, il a été montré que la présence de ce superprédateur, loin de nuire aux échelons inférieurs de la pyramide alimentaire et donc à la biodiversité, les favorise… Au Canada, l'Isle royale était peuplée de cervidés se nourrissant de lichens. Une surpopulation entraîna la dégénérescence. Le Gouvernement canadien implanta des meutes de loups capturés, qui rétablirent naturellement l'écosystème. L'exemple emblématique de cette réalité est celui du parc de Yellowstone, aux États-Unis, où l'éradication du loup a entraîné des famines et des épidémies chez les ongulés, dont il éliminait les individus malades. Il a fallu réintroduire le loup pour éviter le surpâturage et maintenir ses proies en bonne santé !

 

Les variations d’effectifs au sein des meutes peuvent être des réponses aux variations de la qualité de l’environnement ou suite à des réductions drastiques des effectif. En Europe, les meutes de loups se composent d'une louve et de sa portée de 3-4 louveteaux, et occasionnellement ceux de l'année précédente. Il existe une hiérarchie dans la meute dominée par un couple alpha. Un mâle et une femelle peuvent rester ensemble plusieurs années de suite. Le couple est sédentaire et défend un territoire surtout à l'époque de la reproduction. Le mâle participe à l'élevage des jeunes et, durant leurs premiers jours, apporte de la nourriture à la femelle. Quand les louveteaux sont grands, la famille peut étendre son territoire ou même le quitter temporairement. En hiver, plusieurs familles généralement apparentées se rassemblent pour former une grande meute, ce qui accroît les chances de succès à la chasse. Les hurlements que l'on entend surtout en hiver permettent aux membres d'une meute de se retrouver. La famille et la meute se disloquent au printemps, pendant et après le rut, les couples ayant un comportement territorial. Certains mâles peuvent être rejetés de la meute et adoptent un comportement erratique.

 

Le cri du Loup est un hurlement.  C'est en fait un chant qui correspond à des signes de reconnaissance ou d'amour. Ce chant  est d'abord isolé, puis repris par la meute entière. Il débute par un son grave, suivi d'une ligne d'harmoniques allant jusqu'aux aiguës. C'est aussi pour la meute l'affirmation de sa présence ou l'expression du bonheur ou de la souffrance de la faim. Le chant du Loup se retrouve uniquement chez les chiens nordiques, ce qui prouve leur ascendance.

 

loup,traces,empreintes

Meute de loups

© Nicolas Vanier

 

Excellent coureur, résistant, le Loup a un grand rayon d'action. Les 25 km de déplacement journalier reconnus au Loup ne sont qu'une moyenne. Couvrir 96 km en une seule nuit n'a rien d'exceptionnel. En marchant, il atteint un rythme de 6,5 km/h. Mais c'est au trot qu'il effectue ses longs déplacements à une vitesse variant entre 12,5 km/h et 16 km/h. Au galop, il peut atteindre 64 km/h.

 

Ajout du 15/05/2014 Source : Francetv info

 

Recordman des déplacements ? Aux États-Unis, un loup a parcouru des milliers de kilomètres à la recherche d'une femelle. L'animal et sa compagne ont été repérés dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou.

 

biologie loup,france,alpes,massif jurassien,vosges,mercantour

Le loup OR-7 photographié le 3 mai 2014

 

L'animal voyage depuis septembre 2011 et c'est la fin d'une longue quête. Le loup OR-7, célèbre pour ses déambulations dans l'Oregon (États-Unis), a peut-être trouvé une compagne, a annoncé lundi 12 mai le U.S Fish and Wildlife Service cité par l'agence Associated Press. Si cette union se confirme, le couple serait le premier des Cascade Mountains depuis le début du XXe siècle.

 

Une femelle a été filmée par les caméras de surveillance dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou, là où vit désormais OR-7, selon le traqueur GPS qu'il porte au cou. Selon le biologiste John Stephenson, il est probable que les deux animaux soient en ce moment en train d'élever des louveteaux.

 

"C'est incroyable qu'il ait apparemment trouvé une compagne, a commenté le biologiste. Je ne pensais pas que cela arriverait. Je suis encore plus impressionné par la capacité des loups à survivre et à se trouver les uns les autres."

 

Les jeunes loups quittent généralement la meute pour trouver un nouveau territoire et une louve afin de former leur propre meute. OR-7 a quitté la meute d'Imnaha, dans le nord-est de l'Oregon, en septembre 2011. Il a franchi des autoroutes et des déserts jusqu'en Californie pour finalement gagner les Cascade Mountains.

 

Progression du Loup en Europe de l'Ouest

 

En Europe, on assiste actuellement à un retour du Loup à partir de l'Italie. Il s'est établi dans le parc du Mercantour, d'où il a gagné les Alpes et sporadiquement, on peut apercevoir des individus erratiques en Suisse, en Allemagne, dans le Jura et même dans les Vosges (voir Progression du Loup en France et Le Loup de retour dans le Massif jurassien).

 

Ci-dessous, une carte montrant les déplacements mensuels d'un loup depuis Parme jusqu'à la France (source Ciucci & Boitani 2004).

 

Récupéré et soigné ce jeune loup mâle percuté par un véhicule, le 28 février 2004 a été équipé d’un collier GPS/GSM permettant de connaître sa position par contact téléphonique et satellitaire. Les enregistrements de position relevés tous les 3 jours montrent la capacité de mobilité des jeunes loups en phase de dispersion. L’animal a régulièrement progressé depuis la région de Parme vers l’Ouest via la chaîne des Appennins. Peu à peu il a concrétisé l’espoir de mettre en évidence les voies et distances de colonisation par des données directes. Ce qui était déjà appréhendé par les méthodes indirectes telles que le suivi génétique. Ce loup a franchi à plusieurs reprises des routes et autoroutes, les domaines vitaux d’autres meutes de loups. Il s’est rapproché de la côte (près de Rapallo) mais également des plaines et collines de la région de Mondovi. Il s’est ensuite dirigé directement vers la France par le Pesio, et jusqu’au col de Turini. Il est alors revenu sur ses pas en Italie et s’est visiblement stabilisé, bien que parcourant entre 20 et 40 km par jour. Le trajet représente environ 450 km de déplacement. Cet animal est à la recherche d’un territoire, soit libre, soit déjà occupé par une meute dans laquelle il chercherait à s’intégrer. Ce déplacement n’est pas exceptionnel, il est même conforme aux données citées dans la bibliographie.

 

biologie loup,france,alpes,massif jurassien,vosges,mercantour

Déplacements mensuels

d'un loup équipé GPS/GSM

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Depuis 2003, des opérations de suivi estivales de la reproduction des loups en France sont menées de manières systématiques au sein des zones de présence permanentes identifiées par le réseau Grands-Carnivores (GC) au fil des années. Ces opérations visent à renseigner la qualité de la reproduction, paramètre primaire de la dynamique d’une espèce avec la survie, l’émigration et l’immigration. En effet, la qualité de la reproduction engendre un potentiel de dispersion de jeunes animaux dans leurs premières années de vies et donc traduit une dynamique de l’espèce à l’échelle de la population.

 

Loup-déplacements-gps-1.jpg

Déplacement des loups

dans le parc du Mercantour

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Le Loup reste très prudent et farouche si on le compare à d'autres mammifères sauvages. Acculé, il peut être dangereux pour l'Homme. Il montre une perception des mouvements, un odorat et une ouïe très développés.

 

Les loups comptent mieux que les chiens. (Sciences et Avenir, n° 816, février 2015 p. 23). Quand on est sauvage, savoir compter est un avantage, mais cette aptitude sert moins quand on est domestiqué. C'est l'hypothèse émise par les chercheurs de l'École vétérinaire de Vienne (Autriche) après comparaison des performances de loups et de chiens. Dans une première étude en 2012, onze Canis lupus avaient à choisir en appuyant sur un buzzer entre deux tubes opaques dans lesquels ils voyaient tomber des morceaux de fromage. Et les loups, qui devaient choisir le tube le plus rempli, ont très bien fait la différence entre 2 et 3 morceaux et entre 3 et 4. Deux ans plus tard, la même équipe a proposé cet exercice à 13 chiens. Qui ont échoué au test.

 

Les chercheurs pensent que cette perte de capacité pourrait être due à la domestication. Dans la nature, compter permet par exemple d'éviter d'affronter un groupe plus nombreux que le sien ou de faire les bons choix de chasse. « Comparés aux loups, les chiens domestiques n'ont plus besoin de chercher leur nourriture, ils ont un endroit sûr pour dormir et même la reproduction est contrôlée par l'homme. Aussi sont-ils exclus de la sélection naturelle », conclut Friederike Range, auteur principal de l'étude.

 

L'émission vocale la plus connue du Loup est le hurlement que les membres d'une meute utilisent en hiver. Le Loup hurle surtout pendant le rut en hiver et au printemps. Sinon il aboie et gronde.

 

La nourriture des loups est essentiellement animale. Ils se nourrissent d'une grande variété d'animaux allant de la taille des souris jusqu'à celle du Cerf ou de l'Élan, d'animaux domestiques jusqu'à la taille de la Vache et également de cadavres. Ils ne dédaignent pas oiseaux, reptiles, insectes, amphibiens et baies.
 

La reproduction a lieu entre décembre et mars. Elle est plus tardive dans le Nord que dans le Sud. Les accouplements sont notés en moyenne entre fin février et début mars. Même si les cas d’incestes existent, ils restent rares. Seule la femelle alpha se reproduit en inhibant les chaleurs des autres femelles du groupe par des mimiques comportementales et des diffusions hormonales. Les femelles sont matures dès l’âge de 22 mois. Toutefois, la majorité des femelles se reproduisent à partir de 3 ans. D’après examens sur animaux morts, les femelles âgées de 2 ans ont moins de fœtus (5,3 en moyenne) que les plus âgées (6,5 en moyenne), et elles ont tendance à se reproduire plus tard en saison.

 

La gestation dure environ 9 semaines. Les mises bas ont lieu dans une tanière, creusée par l’animal lui-même ou par l’agrandissement d’antres creusés par une autre espèce, renard, blaireau. La plupart sont situées en zones pentues ou sous couvert forestier. La tanière peut être aménagée sous un arbre creux, sous une cavité rocheuse. Elle est généralement située au centre du territoire, tout en précisant que plus le territoire est grand et plus la tanière se trouve au centre du territoire. Les tanières sont abandonnées de fin juin à début juillet. Les cinq ou six louveteaux sont élevés par les deux parents.

 

loup,prédation,massif jurassien,stratégie de prédation

Louveteau émergeant de sa tanière

© Nicolas Vanier

 

Les louveteaux naissent aveugles : ils ouvrent les yeux à 10 jours environ. Allaités durant deux mois, ils commencent à manger des aliments solides à partir de la 4e semaine et sont emmenés à la chasse pour la première fois à l'âge de 2 ou 3 mois. En général, ils restent dans le groupe familial jusqu'au printemps suivant. La maturité sexuelle est atteinte au cours de la deuxième année et la longévité atteint 16 ans.

 

 Ajout du 22 février 2016

Les loups adultes sont extrêmement attentifs à leurs jeunes. Ils les surveillent et les protègent. Notamment le mâle est un excellent père comme le prouve ce reportage sur le Loup, un documentaire diffusé par France 2 le dimanche 21 février  sous le titre suivant : "Les superpapas de la nature".

 

croissance-poids-1.jpg

Courbe de croissance de jeunes loups sur 4 mois

 

La grande majorité des meutes se reproduisent chaque année. Smith et al. (1995-2005) relèvent que 83% des groupes se sont reproduits au Yellowstone sur 70 meutes étudiées pendant la phase de colonisation. En Europe, Ciucci et Boitani (1999) ont constaté dans la région de Toscane en Italie, qu’une meute s’est reproduite 9 années consécutives. Toutefois, le nombre de meutes reproductrices peut varier au cours du temps, par exemple au Yukon après une campagne de réduction des effectifs de loups, le nombre de meutes reproductrices est passé de 35% à 90% en l’espace de trois ans (Hayes et Harestad, 2000). Une relation est donc à faire entre la phase de croissance (colonisation ou stabilisation) et la quantité de jeunes produits dans la population. La proportion de femelles reproductrices est donc amenée à être supérieure dans une population en phase d’expansion comme en France, avec, notamment, un grand nombre de disperseurs qui peuvent avoir accès au statut de reproducteur en fondant un nouveau territoire.

 

Lorsque les louveteaux quittent les tanières, ils ne sont pas encore en mesure de suivre les adultes lors des expéditions de chasse, ils attendent alors les parents jour et nuit sur une zone appelée "site de rendez-vous".

 

Au cours de l’été, une meute utilise de 1 à 3 sites de rendez-vous. Le site de rendez-vous peut se situer de quelques centaines de mètres à 14 km de la tanière. Les déplacements sont fonction de l’âge et du développement des jeunes. En mai-juin, les distances moyennes par jour parcourues par les jeunes sont de 1,6 km contre 3,7 km en août-septembre.

 

Les distances entre les sites de rendez-vous peuvent atteindre 7,3 km avec une moyenne de 3 km.

Les dates d’arrivées sur le premier site de rendez-vous se situent de fin juin à début juillet.

Les déplacements vers le deuxième site s’étalent du mois d’août au mois de septembre avec une durée de présence de 8 à 71 jours.

L’abandon définitif du site de rendez-vous s’étale du 10 août au 10 octobre. L’abandon du site serait brutal pour les louveteaux et graduel pour les adultes et les loups âgés de 2 ans (Yearlings).

 

Le rôle du loup dans les écosystèmes : l'effet de cascade

 

Une vidéo explique comment la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone aux États-Unis a favorisé un rééquilibre des écosystèmes, du point de vue floristique et faunistique, y compris un impact sur le cours des rivières.

 

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

 

Un site intéressant : Peuple Loup https://www.tipeee.com/peupleloup

 

Réintroduction du Loup dans l'Ouest américain : https://www.youtube.com/watch?v=5jZcqeJrPgc&feature=player_embedded

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Jacques Perrin : son plaidoyer pour le Loup.

Le Loup en France

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,baugesExtension du Loup en Europe

et en France

(Mise à jour du 30/08/2016)

 

Au milieu du XIXe siècle, le loup a disparu de la plus grande partie de l'Europe de l'Ouest. En France, par exemple, la politique nationale d'éradication de la rage et les primes à l'abattage qui l'accompagnaient ont eu des effets redoutables pour Canis lupus. Dans les campagnes françaises, on pensait se débarrasser simplement d'un « nuisible », de sorte qu'avec la généralisation des armes à feu et du poison, la chute des effectifs était inéluctable.

 

Ainsi, un facteur politique – l'existence d'un pouvoir centralisé efficace sur tout le territoire français – et des facteurs techniques – la démocratisation des armes à feu et du poison – ont joué un rôle majeur dans l'extermination du loup.

 

À ces facteurs directs se sont ajoutés des facteurs indirects : le déboisement des milieux refuges et la disparition des grands ongulés sauvages ont incité le grand prédateur à se rabattre sur les proies domestiques, ce qui a motivé davantage encore sa destruction. La mise en place d'infrastructures de communication et de transport modernes désenclavait de plus en plus de territoires, ce qui a exposé davantage la faune, dont le loup. La pénétration des milieux et des écosystèmes, leur détérioration se sont intensifiées. En cette première ère industrielle, un réseau de chemin de fer, de routes et de chemins a recouvert progressivement l'Europe occidentale, ce qui a fragmenté et réduit drastiquement les dernières populations lupines (figure 1).

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

Fig. 1 - © Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

Quelques dates caractérisent cette disparition progressive du principal grand prédateur européen. Le Loup a d'abord disparu des îles britanniques : en Angleterre au début du XVIe siècle, en Écosse en 1684 et en Irlande en 1710, ce qui a contribué à doter ces territoires d'un avantage compétitif dans l'élevage ovin. De fait, dès cette époque, ils sont réputés pour la qualité de leur laine. En Suisse, le dernier loup aurait été tiré en 1872. L'espèce lupine a disparu à la fin du XIXe siècle en Belgique et en Allemagne après s'être réfugiée dans les forêts des Ardennes et des régions rhénanes. En France, le Loup, confronté à une traque sans merci, a disparu entre 1923 et les années 1990.

 

Le grand prédateur s'est toutefois maintenu dans les contrées au développement industriel nul, faible ou tardif de l'Europe centrale et orientale. Dans ces régions où subsistaient les structures féodales, la vague d'extermination ne s'est propagée qu'à partir du début du XXe siècle, mais sans menacer les populations lupines.

 

En Europe du Nord non plus, l'élimination n'a jamais été complète. Même s'il est arrivé que les populations baissent beaucoup, les loups circulent dans tout l'espace scandinave, et leurs effectifs sont alimentés par l'important réservoir russe.

 

Dans le Sud de l'Europe, dans les péninsules ibérique et italienne surtout, les populations ont beaucoup régressé dans les années 1970, mais la destruction n'a jamais atteint l'intensité qu'elle a eue en France. Dans ce pays, le dernier loup aurait été abattu aux confins du Limousin et du Poitou en 1937. Mais entre cette date et le retour officiel du loup en France en 1992, des individus étaient régulièrement tués ou retrouvés morts. Il s'agissait probablement de restes de la population autochtone, des loups captifs libérés ou encore des pionniers de la recolonisation.

 

En effet, le loup a longtemps survécu dans toutes les marges et les périphéries de l'Europe. En France, il s'agit de l'Est ou de marges intérieures (zones reculées du Massif central et du centre-Ouest). Constatant la survie des loups au début du XIXe siècle dans les zones frontalières des départements français, l'historien Alain Molinier pointa en 1993 la corrélation entre la présence du Loup et un pouvoir politique faible ou un développement moindre dans les confins et les périphéries.

 

Pour la même raison, le loup a été refoulé aux marges de l'Europe de l'Ouest, et il n'est pas étonnant de constater qu'après les années 1950, les dernières populations viables se situaient à l'Est du Rideau de fer.

 

Avant l'avènement du communisme, de grands propriétaires dominaient les structures agraires dans ces contrées, où la paysannerie, durablement marquée par le féodalisme et le contrôle du droit de chasse, était maintenue dans un statut subalterne. Cela avait préservé une faune que la noblesse se réservait pour la chasse dans de grands domaines forestiers, tel Bielowieza, en Pologne.

 

La mise en place des démocraties populaires et de la collectivisation ont ensuite maintenu des équilibres dynamiques entre un monde agricole aux techniques plutôt traditionnelles et les grands prédateurs, tel le loup. Contrairement à ce qui s'est produit en Europe de l'Ouest, les grands prédateurs ont continué à disposer de zones refuges où la chasse, souvent réservée aux apparatchiks ou à des fonctionnaires spécialisés, ne nuisait pas aux effectifs.

 

En 1989, le Rideau de fer tombe, alors que les facteurs qui avaient produit la disparition du Loup en Europe de l'Ouest ont largement disparu… Dès lors, les marges orientales et méridionales de l'Europe se sont mises à fournir continûment des pionniers, qui ont amorcé la recolonisation de l'Europe de l'Ouest par le Loup à la fin du XXe siècle.

 

Plusieurs phénomènes complémentaires d'ordres écologiques, sociaux, politiques et territoriaux contribuent à ce retour du loup dans des pays tels que la France, la Suisse, l'Allemagne et dans des régions d'Espagne et surtout d'Italie où il avait été éradiqué. Tout d'abord, la vision du loup a changé : dans la plupart des pays d'Europe occidentale, il est passé, dans les années 1970, du statut d'un nuisible à éradiquer à celle d'une espèce à protéger. En Europe, deux textes majeurs garantissent la protection de cet animal : depuis 1979, la convention de Berne, puis, depuis 1992 dans l'Union européenne, la directive Habitats faune flore (directive 92/43/CEE).

 

En France, le retour du Loup est détecté pour la première fois en 1992 dans le Parc du Mercantour (Alpes Maritimes). Dans les Alpes, sa population est évaluée à 80 loups (comprenant à la fois les meutes réparties des Alpes Maritimes à la Savoie, et les individus en dispersion). Ainsi, la renaissance de la population française de loups résulte de l'expansion de la population lupine italienne dite des Abruzzes. À partir du refuge situé dans cette région d'Italie centrale, Canis lupus italicus a d'abord recolonisé les Apennins en direction du Nord, puis a atteint l'arc alpin, ce qui l'a conduit en France, dans le parc du Mercantour.

 

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

Fig. 2 - Les zones de présence du Loup en Europe de l'Ouest sont des régions peu habitées par l'homme. C'est particulièrement vrai en Italie, en Espagne, en France et dans toute l'Europe du Sud, où les loups occupent des massifs montagneux. Cela l'est aussi en Suède, en Finlande et en Allemagne, où le prédateur s'est surtout installé dans des régions forestières faiblement peuplées. Pour autant, cet infatigable explorateur a déjà été aperçu au Danemark, en Hollande, en Champagne.

© Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

En novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, deux canidés ressemblant à des loups y ont été aperçus. Après vérifications et tergiversations, la présence de Canis lupus en France fut officiellement reconnue. Mis dans la confidence par les agents du parc, le magazine Terre Sauvage publia l'information. Les pouvoirs publics ont dû réagir, alors qu'ils misaient sur la discrétion, au regard de la réputation de l'animal et des mauvaises relations de l'administration du parc avec les élus locaux, les chasseurs et les agriculteurs. Pourtant, dès le début des années 1990, des spécialistes italiens avaient, sans retenir l'attention des autorités, annoncé l'arrivée imminente du loup en France.

 

loup,jura,prédateurs

Fig. 3 - Loups du Mercantour

 

Depuis 1992, du Mercantour (Alpes maritimes), le Loup a progressivement gagné les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes, le Vercors et la Savoie. En 2004, on signale sa présence dans l'Ain, marquant ainsi sa progression vers le Massif jurassien et les Vosges. Désormais, en 2011-2013, il est signalé dans le Jura, le Doubs et les Vosges et même la Haute-Marne. (Voir l'article : le retour du Loup dans le massif jurassien).

loup,jura,prédateurs

Fig. 4 - Répartition du Loup dans les Alpes

Année 2001 (Carte Réseau loup)

 

 loup,jura,prédateurs

Fig. 5 - En 2004, la progression du Loup vers le nord des Alpes

apparaît sur cette carte Réseau-loup

 

En 2004 selon le réseau-loup, les populations lupines sont en développement partout actuellement en Europe, mais leur distribution est fragmentaire sans connexion démographique entre l’Italie, la Péninsule Ibérique, les Balkans et l’Europe centrale ; effectifs très variables, compris selon les pays entre quelques individus et 2 500 loups.

 

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

Fig. 6 - L'expansion du Loup en France est soutenue, car le pays contient de nombreux habitats vacants convenant à cet animal. La première meute s'est créée en 1992 dans le parc du Mercantour Depuis, l'aire de répartition de l'espèce a augmenté de 20 à 25 pour cent par an, surtout dans des régions montagneuses où les meutes peuvent vivre en relative tranquillité.

(© Pour la Science n° 435 janvier 2014)

 

Le dynamisme avec lequel la colonisation s'est ensuite poursuivie est surprenant (figures 4-6). Dès 1997, les loups fréquentent le plateau de Canjuers, dans le Var, le massif du Queyras et les Hautes-Alpes. En 1998, leur présence est attestée dans les Monges (Alpes-de-Haute-Provence). En 1999, ils sont identifiés dans les massifs du Vercors (Drôme, Isère) et de Belledonne (Isère, Savoie). De 2000 à 2003, le loup laisse des traces dans les Préalpes de Grasse, proches de Nice, en Maurienne (Savoie) et dans le Bugey (Ain). Et on le repère dans les Pyrénées-Orientales dès la fin des années 1990 ! À partir de 2006, on le rencontre dans plusieurs départements du Massif central – la Lozère, l'Aveyron, le Cantal, l'Ardèche – et à partir de 2011 dans le Jura et dans les Vosges. Aux dernières nouvelles, il est aussi arrivé en Haute-Marne et dans l'Aube. Dans l'ensemble, l'aire de répartition du loup s'est étendue 15 ans durant d'environ 25 pour cent par an en France, et cela malgré les décès accidentels ou les abattages.

 

science,actualité des sciences

Fig. 7 - Les populations de cerfs élaphes se développent en France en raison de l'expansion des forêts et des friches agricoles, et en raison de la gestion cynégétique. Ce phénomène favorise aussi le retour du loup, le principal prédateur du cerf. Si la présence de meutes de loups dans les forêts de plaine se confirme, elle constituera un régulateur naturel du Cerf et pourrait avoir des effets positifs sur la végétation forestière et agricole.

©Michel Cottet

 

En Allemagne, la tendance est la même. Au tournant des années 2000, des loups arrivent outre-Rhin de Pologne. Leur présence est d'abord attestée dans le Lausitz, région forestière riche en cervidés, à cheval entre la Pologne et les länderde Saxe et de Brandenbourg. Si 13 des 19 meutes allemandes vivent encore dans cette région, l'espèce a essaimé dans tout le pays. En équipant de jeunes loups de colliers gps, (Des loups suivis par GPS (Pour la Science janvier 2012 n°411 p. 8.), les biologistes allemands ont mis en évidence que ni les routes ni les cours d'eau ne constituent des obstacles pour ces canidés, qui peuvent par ailleurs franchir des distances énormes. En deux mois, un jeune loup allemand a ainsi traversé la Vistule et l'Oder et parcouru 1 550 kilomètres avant de rencontrer une jeune femelle biélorusse. Dans l'Ouest de l'Allemagne, le loup a fréquenté la Rhénanie du Nord-Westphalie dès 2008 et l'analyse génétique d'un spécimen abattu en Rhénanie-Palatinat, un peu plus au Sud, a révélé qu'il s'agissait d'un loup italo-alpin !

 

Se profile ainsi une probable jonction entre les loups de souches orientale et nordique et les loups méditerranéens, jonction qui amorcera un précieux brassage génétique. De même, dans le Nord de l'Italie, en Autriche, voire en Suisse, les loups slovènes, eux aussi en expansion, pourraient rencontrer des loups italo-alpins.

 

La Suisse, pays de la Convention de Berne devrait être une terre de recolonisation favorable au loup, qui y est arrivé dès 1995. Or il n'en est rien. En 2012, pas plus de 17 individus ont pu être recensés, dont une minorité de femelles. Plus que la rudesse du milieu montagnard, ce sont des facteurs politiques qui expliquent encore une fois les difficultés du loup en Suisse.

 

Dans ce pays fédéral décentralisé, le pouvoir important des élus des cantons a pour effet de multiplier les abattages officiels instamment demandés par de puissants groupes de pression agricoles et cynégétiques. À cela s'ajoutent de nombreux tirs illégaux, souvent couverts par les autorités. Même l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) demande régulièrement au comité permanent de la Convention de Berne d'assouplir le statut de protection de l'espèce. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) obtient souvent des condamnations des tirs par les tribunaux suisses, mais la plupart du temps après que le mal est fait… Canis lupus progresse donc difficilement en Suisse : il n'est arrivé que dans les cantons des Grisons, du Tessin, de Vaud, du Valais et, plus récemment, dans la région située entre Berne et Fribourg.


Il existe aujourd'hui en 2013 21 meutes de loups en France et 12 en Allemagne. Depuis une dizaine d'années, le loup fait son retour dans l'Est de l'Allemagne.

 

Depuis 2009, l'Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature suit par satellite six jeunes loups de la frontière germano-polonaise. Elle a fait d'intéressantes découvertes (http://www.bfn.de/0401_pressearchiv_2011.html).

 

Ces travaux montrent qu'en Europe de l'Ouest, la dynamique de recolonisation par le loup est forte. La situation française l'illustre, puisque dans l'Hexagone, les accroissements des territoires et des effectifs restent actuellement de l'ordre de 20 pour cent par an en moyenne, et ce malgré l'existence d'un braconnage avéré et cryptique (caché), comme l'a étudié le biologiste Guillaume Chapron. Étant donné les espaces rendus disponibles par la déprise agricole, les loups français ne peuvent qu'avoir une grande capacité de dispersion.

 

C'est bien ce que montre le suivi français : des spécimens identifiés en Lozère ou dans les Pyrénées-Orientales l'avaient été plusieurs mois auparavant dans les Alpes. Des loups de souche italo-alpine franchissent même la frontière franco-espagnole pour coloniser la Sierra del Cadi, en Catalogne. La jonction avec les loups espagnols ne semble pas s'être faite, parce que leurs populations se trouvent à l'Ouest et au Sud de la péninsule Ibérique (voir figure 2) , et sans doute aussi parce qu'un braconnage efficace en Aragon et en Navarre isole encore les deux populations.

 

Il est ainsi apparu que le comportement des jeunes loups varie énormément : tandis qu'une jeune femelle n'a quitté sa famille qu'au bout de deux ans, un mâle de 12 mois a parcouru 1500 kilomètres pour aller à la rencontre d'une louve biélorusse... Les chercheurs ont été encore plus étonnés de voir les jeunes loups se risquer facilement sur des terrains découverts, telles les landes, et de constater qu'ils ne répugnent pas à séjourner longtemps près d'une route bruyante, une jeune louve allant jusqu'à creuser sa tanière à 500 mètres d'une grande artère.

 

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

Fig. 8 - Le Loup en Allemagne © Stefan Seidel

 

« Les loups sont capables de se multiplier très vite dans les milieux structurés par l'homme », souligne Béate Jessel, directrice de l'Agence fédérale pour la conservation de la nature. En Allemagne aussi, il va falloir se préparer à gérer la cohabitation entre Canis lupus et Homo sapiens.

En Allemagne, le Loup ne s'attaque pas aux troupeaux de moutons, assurent les écologues, répondant aux craintes des éleveurs. La preuve est apportée avec l'étude des restes de 3000 repas de Canis lupus. Leur menu est composé principalement de chevreuils (55,3 %), de cerfs rouges (20,8 %), de sangliers (17,7 %) et de lièvres (3 %), révèlent les chercheurs. Seulement 1 % de leur repas provient des élevages (Science Daily).

 

 

loup,jura,prédateurs

Fig. 9 - (Carte Réseau Loup)

 

loup,jura,prédateurs

Fig. 10 - (Carte Réseau Loup)

 

 

Actuellement (juillet 2011), il y aurait 19 meutes avec plus de 170 loups aujourd'hui en France selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Rhône-Alpes. La population des loups a été estimée entre 170 et 200 individus l'hiver dernier, contre 140 à 170 un an auparavant.

 

Selon le ministère, au 25 juillet 2011, 583 attaques ont été recensées depuis le début de l'année dans dix départements pour 2.115 ovins tués. À la même date en 2010, 470 attaques avaient été recensées pour 1 786 animaux tués. En 2011, l'État a dépensé 1,5 million d'euros pour indemniser les dégats dus au loup sur un budget loup total de 8 millions d'euros.

En 2013, on estime qu'il existe 21 meutes et 250 loups en France, chaque meute comptant 2 à 5 individus. Les signalements nouveaux concernent la plupart du temps des loups solitaires erratiques, jeunes mâles chassés des meutes constituées.

 

AJOUT DU 29/06/2014 : article de l'Est Républicain

Feu vert à l'abattage de loups

 

Des éleveurs et chasseurs ont manifesté hier dans les Pyrénées.

 

Alors que la profession agricole mobilisait dans l'Ariège contre « la gestion calamiteuse » des grands prédateurs, le gouvernement a annoncé hier qu'il allait faciliter les tirs contre les loups.

 

Gare au loup ! Le gouvernement a changé de fusil d'épaule alors que monte la colère des éleveurs. Ils étaient près de 3000, hier à Foix, pour protester contre « le fléau » des grands prédateurs (ours, loups, vautours), épaulés par les chasseurs, les forestiers et des représentants du monde rural. « Arrêtons le carnage, soutenons l'élevage », était venue clamer la profession agricole à l'appel des Jeunes agriculteurs et de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

 

S'agissant du loup, leur cri aura porté. La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé hier le relèvement du plafond national de 24 loups maximum pouvant être abattus sous certaines conditions. Il est porté à 36 « si le seuil de 24 est atteint en cours d'année ».

 

Dans certains départements alpins et de l'est, les préfets vont pouvoir autoriser « des opérations de prélèvement de loups », autrement dit de tirs contre le canidé sauvage, animal protégé aux niveaux national, international et européen, mais qui ne cesse d'étendre son territoire en France. La population est désormais d'environ 300 individus, avec des effectifs en hausse de près de 20 % par an.

 

« Mieux protéger les éleveurs »

 

La ministre de l'Écologie ne va pas en rester là et promet une autre mesure, d'ici au 15 juillet, pour déléguer aux préfets « l'expérimentation de mesures plus souples » pour combattre le loup dans les régions où sont recensées le plus d'attaques. Des « battues au grand gibier » pourront être organisées.

 

L'annonce de ces mesures était attendue, au lendemain de la réunion convoquée par Ségolène Royal avec les préfets des départements concernés. Depuis 2009, les préfets ont compétence en matière de dérogation à la protection stricte du loup : ils peuvent prendre des mesures lorsqu'il y a « intérêt à agir », notamment pour prévenir des dommages importants aux élevages.

 

Les éleveurs sont « à bout de nerfs », a alerté le député UMP des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy, mercredi à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement. « Le loup gagne un département par an », a dénoncé l'élu, demandant « un signe fort et des actes ».

 

« La protection du loup est victime de son succès », a admis devant les députés Ségolène Royal, qui a dit hier vouloir « mieux protéger les éleveurs » contre la prédation de l'animal. La ministre de l'Écologie le reconnaît : « Les dommages aux troupeaux restent trop importants. Plus de 6 000 animaux d'élevage ont été victimes du loup en 2013. La détresse des éleveurs et de leurs familles doit être prise en considération. » Quant à l'ours, dont il reste une vingtaine d'individus après les réintroductions des années 1996-2005, l'idée est de procéder à des lâchers... en Espagne.

 

Nathalie CHIFFLET (avec AFP)

 

Sources :

  • Réseau Loup

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

  •  Voir également la revue "Terre sauvage" de Novembre-décembre 2012.

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges

 

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

  • Farid Benhammou[1]  Le retour du loup en Europe occidentale Pour la Science n° 435 janvier 2014 pp. 64-70.


    [1] Farid BENHAMOU, est géographe et chercheur associé au Laboratoire de géographie physique (UMR CNRS 8591).

 

À propos d’un article paru le 13 octobre 2014 sur pastoralisme et biodiversité

Un article paru le 13 octobre 2014 dans le journal Libération  Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers  est très engagé contre la restauration d’une fraction de la faune autochtone.
C’est un choix politique légitime. Ici, où l’on se doit de rester factuel et rationnel, ce n’est le lieu ni d’approuver ni de contester cette option.



Ce qui n’est pas légitime ce sont les multiples contre-vérité factuelles (voir détail plus bas) dont les auteurs prétendent étayer ce qui, de ce fait, objectivement, n’est pas une analyse mais de la propagande. Les mettre en évidence, ainsi que comme présenter les analyses ci-dessous, est tout à fait à sa place ici.



La solide analyse du géographe Farid Benhammou avait répondu à l’avance depuis plus de onze années, dans un article  Benhammou Grds prédateurs biodiversité paru dans le Courrier de l’Environnement revue de l’Institut National de la Recherche Agronomique et non pas presse d’opinion.



On trouvera ci-dessous un autre article de Benhammou, beaucoup plus bref et ciblé : Pourquoi la Confédération paysanne est-elle anti-loup ? paru le 27 novembre 2014 dans la revue Politis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Politis). Il explique une position qui peut en surprendre beaucoup.


Contre-vérités factuelles in « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers »


Lagopède Lagopus mutus et Bouquetins Capra sp. : prétendre que l’action de l’élevage pastoral leur soit profitable c’est ignorer totalement comment et où vivent ces animaux1 ;


Gypaète Gypaetus barbatus : Hirzel et al. (2004) ont montré que dans, les Alpes l’espèce la plus favorable à son installation est  Capra ibex suivi par le Chamois R. rupicapra, les ovins ne viennent qu’au troisième rang ;


réalité passée, mythe actuel : le rôle du pastoralisme pour la biodiversité tel qu’il est décrit est largement disparu. Depuis des décennies se juxtaposent beaucoup plus ici abandon2,  là intensification3, voire surpâturage4 (cf. Benhammou Grds prédateurs biodiversité). Il ne s’agit nullement ici de critiquer cette évolution mais simplement d’appeler un chat un chat.


Faut-il s’en étonner ? Tous les nombreux signataires travaillent soit en sciences humaines, soit au sein d’organismes  dont le champs d’activité est l’élevage, l’agronomie, etc. mais pas un seul sur la biodiversité, sa conservation ou/et sa restauration. Il est remarquable que la partialité de plusieurs d’entre eux ait déjà été analysé onze ans plus tôt dans l’article de Benhammou dans le Courrier de l’Environnement Benhammou Grds prédateurs biodiversité.



Au contraire, des éleveurs et/ou bergers par ailleurs naturalistes conviendront des critiques ci-dessus.



1 Alors que, au contraire, sont solidement documentés des cas d’effets négatifs de l’élevage sur des populations de bouquetin : disette hivernage par excès de pâturage, pathologies transmises.


2 Parcours difficile ou autre conditions rendant difficile ou impossible l’intensification.


3 La multiplication des impluviums dans des alpages qui s’en sont passé durant des siècles correspond à une intensification.


4 Certains sites célèbres par la diversité de leur flore ont été ainsi ruinés du fait de concentrations temporaires mais extrêmes.

Ajout du 30 août 2016 (d'après un article ce Science et Avenir n°835, p56-57).

LE LOUP : UN DÉLICAT ÉQUILIBRE À RESPECTER

Population estimée : 300 individus

Répartition : Vosges, Massif central, Pyrénées

Statut : espèce strictement protégée

« Compter les loups, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin tant ils évoluent sur de grands territoires, explique Christophe Duchamp, du service Études et recherche de l'ONCFS. Aussi, nous mutualisons les énergies avec un réseau de 3100 observateurs formés qui s'étend au fur et à mesure de l'expansion du prédateur.»

Absent du territoire national en 1992, le Loup est désormais revenu en provenance d'Italie. Les spécialistes récupèrent les crottes et les poils laissés par les carnivores pour établir leur carte d'identité génétique, étudient les moutons et animaux sauvages attaqués (8935 ovins tués en 2015) et expertisent les photos prises par des particuliers. Les pouvoirs publics se doivent de préserver la sérénité des éleveurs tout en assurant la sauvegarde d'une espèce protégée au niveau européen. « Nous évaluons les risques qu'a la population de loups de croître ou décroître selon le niveau de prélèvement [abattage] appliqué », résume Christophe Duchamp. Pour ce faire, les chercheurs utilisent un modèle démographique qui croise la dynamique de reproduction avec son expansion géographique. Ainsi, en 2015, 45 zones de présence permanente ont été identifiées pour 33 meutes. Le modèle permet aux pouvoirs publics de déterminer le plafond des abattages selon les régions. Entre juin 2015 et juin 2016,18 des 36 abattages se sont produits dans les Alpes-Maritimes. Sans que l'on connaisse bien, pour le moment, l'impact sur les meutes qui y vivent.

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Stratégie de prédation chez le Loup

loup012-logo.jpgStratégie de prédation chez le Loup

 

par André Guyard

(dernière mise à jour : 20/10/2014)

 

Comme tous les vertébrés carnivores, les loups se nourrissent de la chair d'autres animaux. Ils procèderont à la recherche de proies potentielles. Dans cette quête de nourriture, il y a optimisation de la prédation par mise en place d'une stratégie de capture des proies.

 

Chaque espèce de prédateur utilise des stratégies de prédation peu à peu optimisées par la sélection naturelle si bien que chaque prédateur chasse de la manière la plus efficace possible et l'on peut établir des règles de stratégie optimale de prédation.

 

1. Les prédateurs choisissent les proies les plus profitables qui pré­sentent le meilleur rapport énergie récoltée/énergie de capture et d'ingestion. Les individus les plus vulnérables : jeunes, malades, dépourvus de refuge ou de protection seront les plus recherchés. C'est le rapport qualité-prix qui compte. Il est évident que lorsqu'on offre un troupeau de moutons prisonniers d'un enclos sans abri, ni protection, les loups auront une préférence pour ce genre de proies particulièrement vulnérables plutôt que de s'échiner à poursuivre leurs proies naturelles comme les chevreuils.

 

loup,prédation,massif jurassien,stratégie de prédation

© Nicolas Vanier

 

2. Les prédateurs tendent à concentrer leur effort de chasse là où les proies sont les plus abondantes (réponse d'agrégation du prédateur). Mais la qualité de la prospection varie suivant la quantité du butin. S'il est rare ou au contraire très abondant, les prédateurs n'optimisent pas, c'est-à-dire qu'ils ne distinguent pas dans leur comportement les zones riches en proies et les zones pauvres. L'optimisation paraît ne se manifester que dans les zones intermédiaires à densité moyenne.

 

Dans la nature, pour une certaine gamme de densité des proies, le taux de prédation tend à augmenter avec la densité des proies. Ce qui aboutit à une régulation des popula­tions de proies (régulation densité-dépendante), ce mode de ré­gulation n'étant qu'une composante des mécanismes qui stabilisent et régu­lent les populations sauvages.

 

loup,prédation,massif jurassien,stratégie de prédation

© Nicolas Vanier

 

3. Les prédateurs accumulent de l'information au cours de l'échantillonnage : situation géographique, facilité d'accès et conformation du terrain, abondance et nature de la proie… Ainsi, les prédateurs "s'attendent" à trouver de la nourriture là où ils en ont déjà trouvé. Ils se représentent peut-être une "image de la proie" (searching image). Le Loup, comme tous les prédateurs au cours de leurs expériences successives, ira directement là où il a déjà trouvé des proies (expectation). Quant à l'image de la proie, si le Loup peut s'en former une, peut-être se ramène-t-elle à un certain niveau d'expectation ?

 

4. Dans le choix des proies, il faut tenir compte des goûts individuels du prédateur et on aurait tort de croire que la proie la plus grosse et la plus riche en calories potentielles va forcément être préférée. Surtout si les proies sont assez abondantes, l'animal va en rechercher de préférence certaines qui peuvent être de valeur nutritive moindre ; et on a d'assez bons arguments pour penser qu'elles en préfèrent tout simplement le goût !

 

5. La chasse en coopération a été bien mise en évidence chez les loups et les lions. Chez les loups, qui chassent très souvent en groupe, une stratégie tout à fait différente est observée suivant qu'il s'agit d'une proie très volumineuse comme un élan ou d'une proie moins grosse mais très rapide comme les caribous. Dans ce dernier cas, les loups semblent bien organiser des relais : un premier groupe pousse le caribou vers l'embuscade tendue quelques kilomètres plus loin, et quand les prédateurs sont presque épuisés une troupe fraîche prend la suite. Sans cela, les loups n'auraient aucune chance d'attraper les caribous, qui les dépassent nettement à la course. On pense également maintenant que les hurlements gradués et modulés émis par les loups en chasse sont interprétés par les congénères à grande distance. Les lions ou plus précisément les lionnes, dont la stratégie paraît plus développée, poursuivent le gibier à deux ou trois et sont capables de le rabattre vers un vallon sans issue.

 

loup,prédation,massif jurassien,stratégie de prédation

© Nicolas Vanier

 

En ce qui concerne le comportement des proies, on peut remarquer que, chez les animaux supérieurs, la défense contre les prédateurs est dans presque tous les cas passive : il est rare que les animaux attaquent le prédateur. Ou bien, comme chez les bisons, les grands mâles forment un cercle qui fait face aux loups pendant que les femelles et les petits sont bien protégés au milieu du cercle ; ou bien tout le monde a recours à la fuite. Avec le retour du Loup en Franche-Comté, peut-être que les Montbéliardes vont recouvrer leurs cornes ?

 

En définitive, la prédation, surtout lorsqu'elle implique coopération, présente à l'observateur des phénomènes extrêmement compliqués et variés, certains mettant en cause les niveaux les plus élevés du psychisme. Dans certains cas, les techniques paraissent optimisées.

 

Pour explorer davantage le mécanisme de la prédation, on peut visiter l'article qui se rapporte aux mécanismes du phénomène dans l'ensemble du règne animal.

 

Prédation respective des chiens divagants et des loups

 

Une étude scientifique récente (2009), publiée par la "Zoological Society of London", réalisée dans le pays basque espagnol apporte un regard nouveau sur la prédation respective des chiens divagants et des loups. Elle est due à J. Echegaray et C. Vila et se fonde sur l'analyse génétique des fecès des loups et des chiens divagants en Espagne. Elle démontre que le prélèvement sur la faune sauvage dû aux chiens errants est considérable par rapport à celui des loups.

 Les résultats de cette étude (rédigée en anglais) sont consignés ci-dessous :

 

Fèces de loups

 

 Parmi les 30 fèces de loups étudiées, 73% des restes appartiennent à des animaux sauvages, seulement 3% appartiennent à des ovins :

* une seule contenait des restes non identifiés,

* 22 contenaient des restes de chevreuils (Capreolus capreolus),

* 3 des restes de sanglier (Sus scrofa),

* 1 des restes de blaireau (Meles meles)

* 1 des restes de lièvre (Lepus europaeus)

* 8 contenaient des restes d’animaux domestiques (équins : 4, bovins : 3, ovins : 1)

 

 Fèces de chiens

 

 Parmi les fèces de chiens étudiées : 39 restes ont été identifiés et 14 n’ont pu l’être. 54% des crottes contenaient des restes d’animaux d’élevage :

* 14 fèces (36%) contenaient des restes d’ovins

* 7 (18%) contenaient des restes de chevaux ou de bovidés.

 

Ci-dessous des statistiques relatives aux attaques des grands canidés au sein des troupeaux domestiques.

 

Quelques chiffres relatifs à l'année 2009

 

Le tableau ci-dessous fait le bilan des attaques et des victimes au sein des troupeaux domestiques par de grands canidés.

 

loup,jura,prédateurs

Bilan des attaques et victimes de grands canidés

sur les troupeaux domestiques en 2009

(© plan d'action national sur le Loup)

 

Le nombre de victimes des grands canidés (c'est-à-dire du Loup) peut paraître important. En fait, il faut relativiser ce nombre de 3263 victimes par rapport aux 400 000 ovins victimes chaque année de chiens errants.  Voir à ce propos l'article de France Nature Environnement (FCE).

 

Dans sa livraison de décembre 2011, le mensuel Science & Vie essaie de répondre à la question : pourquoi le Loup est si mal toléré en France ? (Science & Vie décembre 2011, n° 1131 p.138-139).

 

"En effet, si le Loup est mieux toléré dans certaines régions italiennes et espagnoles, c'est qu'il n'en a jamais disparu ! Tandis qu'en France, cela fait presque un siècle que l'élevage se développe à l'abri de tout prédateur, le dernier loup français ayant disparu dans les années 1930. En Italie et en Espagne, l'espèce a survécu aux attaques répétées des hommes avant de se voir attribuer le statut d'espèce protégée en 1979. Dès lors, la reconquête de Canis lupus, tout aussi honni dans ces pays-là, a pu reprendre... Jusqu'à traverser la frontière italienne au début des années 1990 et s'installer dans les Alpes du Sud... où les éleveurs ont donc perdu depuis plus de deux générations l'habitude de se battre contre de tels prédateurs. Bilan : des centaines, et bientôt des milliers de moutons tués (4189 indemnisations au titre de victimes du loup en 2010). Sans parler du stress engendré sur le troupeau, qui grossit moins ou donne moins de lait. D'où la colère des éleveurs, déjà fragilisés par la crise du secteur.

 

BRACONNAGE LÉGAL ?

 

Toutefois, nos bergers français sont loin d'être isolés. Partout où le Loup a recolonisé des territoires désertés (le nord de l'Italie, la France, la Suisse, la Norvège), la cohabitation est difficile et le rejet unanime. Dans les régions où le Loup a toujours été présent (sud de l'Italie et Espagne), les pertes sont moins lourdes, les éleveurs plus conciliants. Et pour cause : la trilogie "berger-chien de protection-enclos pour la nuit" existe toujours. On trouve ainsi de nombreux enclos en pierre qui protègent les troupeaux la nuit, et la main-d'œuvre moins chère favorise la présence d'un aide-berger à proximité permanente du troupeau. Autre différence : dans les Abruzzes, l'élevage ovin est principalement destiné à la production de lait. Ces petits troupeaux sont regroupés chaque soir pour la traite dans un endroit protégé. Enfin, en Italie et en Espagne, le loup ne jouit pas d'une protection totale. "Les autorités tolèrent, voire autorisent les éleveurs à braconner l'animal, précise Laurent Garde, chercheur au Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée. Faisons pareil en France et les éleveurs supporteront mieux la situation." Ce qui peut aussi dissuader les loups de s'approcher. Une demande partagée par nombre de bergers français."

 

Pour ce qui concerne la prédation en général, voir l'article : la prédation : relations mangeur-mangé.

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

 

Comment la réintroduction de loups dans le parc de Yellostone aux ÉTATS-UNIS a profondément modifié l'écosystème de la région : une vidéo qui souligne un rôle inattendu du Loup dans la chaîne alimentaire.

 

Loup y es-tu ?

loup,traces,empreintesLoup y es-tu ?

 

par André Guyard

 

 

 

 

Différentes méthodes permettent d'identifier un prédateur. Il y a, bien sûr la photographie fournie par un particulier ou par un appareil à déclenchement automatique. Mais on peut repérer l'animal à ses traces en examinant les empreintes laissées par ses pattes sur un sol boueux ou dans la neige. Et puis, il y a les méthodes plus scientifiques : examen des poils, analyses génétiques par ADN qui permettent d'identifier, non seulement l'espèce de prédateurs, mais également son origine génétique par comparaison avec d'autres empreintes génétiques déjà répertoriées.

 

Les empreintes de pas

 

Parmi les traces de Canidés relevées sur le sol, on rencontrera celles du Renard, du Chien et, éventuellement celles du Loup.

 

Empreintes du Renardroux Vulpes vulpes

loup,traces,empreintes