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20/07/2017

Poivrons et piments

Exposition de poivrons et de piments

le 30 septembre à Dannemarie-sur-Crête

 

par Bernard Dupont

Naturaliste et jardinier passionné

 

Amis jardiniers bonjour,



Les retraités ont beaucoup de temps. Énormément de temps. Mais évidemment ils vont vous dire le contraire et vous le prouver. Mais si vous regardez bien, vous verrez qu'ils se lèvent à 8h au lieu de 6h pour aller au boulot, qu'ils écoutent trois fois les infos en naviguant deux heures de temps entre RTL à France-Inter, qu'ils lisent l'Est Républicain pendant des plombes, qu'ils boivent un café avec le voisin, se resservent un deuxième café en milieu de matinée, puis l'apéro, qu'ils passent un temps fou à discuter avec tous ceux qu'ils croisent, qu'ils passent trois heures devant la télé… Évidemment, après tout ça force est d'admettre que nos pauvres retraités sont débordés. Très débordés.



Comme je n'écoute ni la radio ni ne lis l'Est Républicain, ni regarde la télé (je ne vais pas vous faire croire quand même que je loupe l'heure de l'apéro, personne ne me croirait), j'ai du temps. Et même énormément de temps. Du temps pour "cultiver mon jardin" (dans tous les sens du terme). Alors cette année je me suis focalisé sur mon jardin (je devrais dire "mes jardins") et me suis pris au jeu de la culture des piments et poivrons (j'aime bien travailler un thème annuel et je dois dire que la perspective d'une exposition cet automne a fait que je me suis un peu pris au jeu et ... vous connaissez la suite, vous savez comment je fonctionne, au rythme de ces passions qui n'arrêtent pas de m'assaillir).



Tout ça pour dire, après ce long préambule, que je termine ce matin la liste descriptive des variétés de poivrons que je cultive cette année. Vous la trouverez ci-dessous.



J'avais déjà envoyé à certains d'entre vous la liste des variétés de piments que je cultive, je l'ai réactualisée (car quelques variétés supplémentaires ont été plantées), je vous remets donc également la liste réactualisée des piments ci-dessous.


Au total 94 variétés (64 de piments et 30 de poivrons) qui seront présentées cet automne le 30 septembre à l'exposition de Dannemarie-sur-Crête.


Si jamais certains d'entre vous ont envie de voir les différents fruits cet été sur place  (j'ai planté deux pieds de chaque, près de 200 plantes donc), mon jardin vous est ouvert (d'autant plus que la saison s'annonce exceptionnelle !), il suffit juste de m'envoyer un mail ou de m'appeler (03 81 57 67 90) aux heures des repas. Et naturellement vous pourrez repartir avec au moins un fruit des variétés que vous auriez envie de tester culinairement chez vous (les avis de chacun et les résultats des tests m'intéressant particulièrement) avec quand même une petite mise en garde contre certaines variétés de piments qui pourraient s'avérer bien plus piquants que prévus, l'instabilité étant un peu la règle chez bon nombre de variétés. Tous les poivrons et piments devraient être à maturité dès le début août mais beaucoup d'entre eux le seront dès le 15 juillet. Et comme je cultive aussi cette année plus d'une centaine de variétés de tomates (ce qui ne m'est jamais arrivé), il se pourrait qu'il y ait aussi d'autres trésors à voir au jardin.

A noter que Jacques Bonet (un autre passionné des piments) et moi-même prévoyons une séance d'animation sur le sujet des piments en fin d'été, la date n'est pas encore fixée, vous en serez informé(e).

A bientôt.

Bernard Dupont

 

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17/01/2017

Pic mar ou Pic épeiche ?

Histoire de Pics

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

 

La période de froid que nous traversons en ce mois de janvier 2017 favorise le rapprochement de certains oiseaux en quête de nourriture dans nos jardins et à proximité de nos maisons.

 

Beaucoup de monde s'inquiète cette année de la sensible diminution du nombre d'oiseaux aux mangeoires installées à leur attention. Aucune explication fondée ne permet pour le moment d'apporter de réponses à ce constat, mais il est certain que l'érosion de la biodiversité que l'on constate tous les jours n'y est pas étrangère.

 

La présence régulière sur un point de nourrissage d'un Pic épeiche et de son proche cousin plus discret, le Pic mar, me permet de photographier ces deux espèces dans d'excellentes conditions.

 

Pas toujours évident pour une personne non initiée de différencier à distance ces oiseaux dès le premier coup d'œil.

 

La comparaison de ces deux images ne laissera plus aucun doute sur l’identification des deux espèces si vous parvenez à mettre dans l'axe de vos jumelles l'un ou l'autre de ces Pics.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,pic mar,pic épeiche,picidés

Clichés © Dominique Delfino

03/01/2017

Kite-surf à Brognard

Kite-surf à Brognard

 

par Dominique Delfino

Photographe

 

Quelques centimètres de neige, un froid persistant sur le plateau de Brognard terrassé récemment dans le cadre de l'aménagement de Technoland 2, offriront sur certains espaces naturels le terrain de jeu idéal à des activités de plein air.

 

L'ambiance dont je profite en cette fin de journée à l'occasion de ce superbe coucher de soleil, rappelle plus celle d'une soirée d'été en bord de mer à la vue de ce kite-surf glissant sur l'horizon. Manquent juste les goëlands et les mouettes !

 

Le contre-jour et ma position en contreplongée me permettront de suivre les va-et-vient de ce sportif jouant avec le vent sur cette petite ligne de crête sur laquelle le rideau de théâtre se referme avec les dernières lueurs chaudes du soleil couchant.

 

Plus de hérons et autres oiseaux pour l'heure sur cet espace. Effarouchés par cette grande voile souvent considérée comme un prédateur, ils regagneront les lieux ultérieurement en toute confiance.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

16/07/2016

Animaux de compagnie

Câlin, tendresse

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et… portraitiste

 

Les portraits représentent une part non négligeable de mon activité de prises de vues. Les petits enfants en famille à la campagne offrent ces moment de bonheur que j'aime mettre en images d'autant plus que les animaux qui nous entourent participent souvent à ces scènes de vie.

 

La petite Cloë âgée de presque deux ans baigne dans cet univers entre chevaux, chèvres naines, lapins et son nouveau compagnon, un petit chien très sociable adopté récemment.

 

Les spécialistes sont unanimes pour souligner que la présence d’un animal à la maison auprès d’un enfant, développe le sens des responsabilités, structure la personnalité, le sécurise, l’apaise. Il facilite le développement de la communication et de l’attention aux autres, déverrouille le monde intérieur de l’enfant, dévoile ses compétences, stimule son imaginaire et sa faculté d’apprendre.

 

Cette image de vacances est à mon goût l'expression de cette nature infantile innocente, avide de découverte, mais à qui l'on doit faire comprendre que tout animal de compagnie n'est pas un jouet.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

24/02/2016

Le vieil arbre

Monument naturel

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Il fallait vite profiter de l'épisode neigeux de la semaine dernière afin de réaliser quelques images de C'est le graphisme qui retient mon attention dans la blancheur matinale et le vieux fruitier isolé dans un pré au bout de ma rue est à l'image du sujet que je recherche au cours de cette balade.

 

Ce pommier dont le tronc ne supporte plus que cette branche est un symbole des années qui passent. Il se dresse encore sur l'horizon comme le gardien de cet espace, la neige semblant figer le temps.

 

Grâce au propriétaire conscient de l'intérêt des vieux arbres pour les oiseaux et les chauves-souris, ce fruitier que j'observe depuis près de trente ans a vu ses vieilles branches occupées par le Pic vert, le Pic épeiche, le Torcol fourmilier, le Grimpereau des jardins, la Sitelle torchepot, l'Étourneau sansonnet. La Chouette chevêche devenue rare aujourd'hui est certainement l'espèce qui a le plus souffert de la disparition de ces vieux arbres qui lui offraient les cavités naturelles pour se reproduire.

 

Il faut alors sans cesse rappeler qu'un arbre a sa place dans la nature même s'il ne produit plus de fruits et que seuls la météo et le temps décideront de son sort.

 

Respect pour les agriculteurs qui, malgré leurs imposantes machines de travail, prennent la peine de contourner ces vieux arbres souvent isolés parmi les parcelles de cultures et s'élevant comme de véritables monuments naturels qu'il conviendrait de classer.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

20/11/2015

Festival du Film Nature et Environnement

Festival du Film Nature et Environnement

 

- La semaine prochaine aura lieu le Festival du Film Nature et Environnement dont le programme complet est en pièce jointe. À noter trois évènements particuliers pendant le festival : le repas bio/concert à Maynal le jeudi 19 novembre au soir la soirée projection/débat sur le bocage à Saint-Julien le samedi 21 novembre au soir et l'atelier fabrication de pain le dimanche 22 novembre à la ferme du pain sur la planche à Gigny. Réservation obligatoire pour le repas et le stage pain à faire rapidement car les places sont limitées !

 

- Le vendredi 20 novembre, soirée autour des Papillons de la Petite Montagne à Thoirette à 20h salle de la mairie. Découvrir et discuter des espèces et des mœurs bizarres des papillons du territoire. L'occasion aussi d'apprendre à reconnaître certaines espèces.

 

- Et le vendredi 4 décembre à 19h30 à la salle communale de Genod: Soirée/repas Sciences participatives. Cette année, vous, En-Quêteurs de Nature, avez récolté 137 données d'espèces sur le territoire du site Natura. Tous ces animaux et végétaux ont été photographiés. Cette soirée, autour d'un apéritif collectif, permettra de déterminer ensemble vos observations, de discuter autour des espèces, de faire un bilan de cette année d'observation et surtout, surtout de se rencontrer et de passer un moment de convivialité ensemble.

 

festival du film nature et environnement,petite montagne,jura

festival du film nature et environnement,petite montagne,jura

festival du film nature et environnement,petite montagne,jura

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06/11/2015

La lune en décoration

La lune en décoration

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Quoi de plus beau que l'ambiance naturelle d'un instant en partageant l'image de ce lever de lune !

Je profite d'une journée de prise de vues à caractère paysager que je consacre à l'ambiance automnale de ce mois de novembre 2015. La brume matinale étant de circonstance à cette saison le long des cours d'eau constitue une aubaine pour le photographe.

C'est au retour en fin de journée sur les pas de mes prises de vues matinales que je remarque le lever de lune se profiler derrière le sommet de grands sapins. Notre satellite semble vouloir s'accrocher aux dernières branches de l'arbre pour le décorer telle une boule de Noël.

La course progressive de la lune dans le ciel ne me laisse que très peu de temps pour préparer cette prise de vue qui impose quelques réglages techniques particuliers et que le numérique permet de contrôler en temps réel.

La nuit finit par s'imposer très vite laissant s'éteindre les dernières lueurs du soleil afin que la lune puisse s'afficher comme le maître du ciel avant de nous dévoiler un jour nouveau.

 

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Cliché © Dominique Delfino

28/07/2014

Le ballet aérien des étourneaux

Ballet aérien

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Les foins fraîchement coupés dans l'espace naturel de l'Allan à Brognard, offrent à de nombreux oiseaux le terrain de chasse privilégié à cette période de l'année.

 

Hérons cendrés, buses variables, milans noirs et royaux, faucons crécerelles, tous sont présents à l'affût des petits rongeurs largement exposés à ces prédateurs une fois la prairie naturelle fauchée.

 

Il n'est d'ailleurs pas rare d'y surprendre le renard muloter profitant lui aussi de cette aubaine.

 

Mais le grand spectacle de fin de journée nous vient tout droit du ciel. Ce sont des centaines d’étourneaux sansonnets, dont les effectifs sont gonflés par les nombreux jeunes de l'année évoluant dans un vol acrobatique.

 

En se posant momentanément d'un endroit à un autre de la prairie en quête de nourriture également, le contre jour de ces vols d’étourneaux à travers la lumière du soleil couchant, découvre une transparence qui illumine ce ballet aérien scintillant de ces mille ailes.

 

dominique delfino, étourneaux

Cliché © Dominique Delfino

 

 

10/07/2014

Le MuCEM : galerie de la Méditerranée

Mucem-galerie-de-la-Méditerranée-logo-200.jpgLe MuCEM : galerie de la Méditerranée

 

par André Guyard

 

Cet article est le deuxième article d'une série de quatre. Il fait suite à une visite du MuCEM faite le 30 mai 2014. Le présent article est consacré à l'exposition permanente : la Galerie de la Méditerranée.

 

La galerie de la Méditerranée s’étend sur 1 500 m2. Elle abrite une exposition permanente qui consacrée civilisation méditerranéennes (archéologie, ethnologie, réalisations artistiques, etc.) Elle présente différentes civilisations dans leur vie quotidienne, leur histoire, leur culture.

 

 

L'exposition s’articule autour de quatre grands thèmes :

 

 

  • Invention des agricultures, naissance des dieux,
  • Jérusalem, ville trois fois sainte,
  • Citoyenneté et droits de l’homme,
  • Au-delà du monde connu.

 

1. Invention des agricultures, naissance des dieux
 

Durant la préhistoire, 30 000 ans avant Jésus-Christ, l'Homme est chasseur-cueilleur. Le climat de la région méditerranéenne est froid. L'Homme y vit en nomade, se déplaçant au gré de l'alimentation disponible qu'il prélève dans son environnement. Prédateur, il pratique la cueillette, la chasse et la pêche et dépend par conséquent des ressources naturelles présentes dans les territoires qu'il parcourt. Il se considère comme faisant partie de la nature et ses croyances expriment sa dépendance vis-à-vis de la nature à laquelle il est intimement lié. Il se manifeste dans des peintures pariétales comme celle de ce pingouin, un détail de paroi, de la grotte Cosquer Marseille (19 000 ans avant J.-C.) qui représentait un Grand Pingouin : Pinguinus (Alca) impennis 2012 (montré à gauche) par une reconstitution moderne de cette espèce disparue.

 

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Grand Pingouin et sa représentation dans la grotte Cosquer

 

On passe sur quelque vingt millénaires pour retrouver l'Égypte des pharaons avec ces statuettes d'Osiris et et d'Horus l'Enfant. Parce qu'il est mort puis ramené à la vie par son épouse Isis, le dieu Osiris préside à la renaissance perpétuelle de la végétation. Il renaît en la personne de son fils Horus l'Enfant qui représente la jeunesse pleine d'espoir, notamment celles des nouvelles pousses et du grain.

 

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Osiris et et d'Horus l'Enfant

Égypte 664-331 avant J.-C Métal cuivreux

 

Arrêtons-nous à l'Antiquité grecque et romaine avec cette statue de Cérès Borghèse.

 

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Statue de Cérès Borghèse

Ier siècle avant J.-C., IVe siècle, Marbre

 

Le culte de Grecs à Déméter (Cérès pour les Romains), déesse de l'Agriculture, était important. Athènes célébrait la déesse lors de deux fêtes; Eleusinia et Thesmophories, durant lesquelles on offrait du vin doux et des sacrifices d'animaux à la divinité.

 

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1.Vase-silo

Hortus, Hérault 9000-3300 avant J.-C. Terre cuite

2. Vase-silo à céréales

Hérault 2800-2000 avant J.-C. Terre cuite

3. Pithos, vase à céréales

Avli Crète Grèce 1700-1450 avant J.-C. Céramique

 

La triade méditerranéenne : le blé, l'olivier. La vigne

 

La culture du blé, de l'olivier et de la vigne caractérise la région méditerranéenne.

Depuis l'Anatolie (Turquie), le blé (7000 av. J.-C.) a progressé vers l'Ouest de part et d'autre de la Méditerranée. L'aire de l'olivier, sous sa forme sauvage (37 000 av. J.-C, Santorin, Grèce), ou cultivée 7000 av. J.-C, Syrie), correspond exactement à celle du climat méditerranéen.

Cultivée dès le Néolithique en Géorgie (8000 av. J.-C), la vigne a aussi été répandue tout autour du bassin méditerranéen.

 

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Dolium

Valensole, Alpes-de-Haute-Provence, IIe-IIIe siècle Céramique

 

Le dolium était un récipient destiné à stocker les denrées de base (céréales, huile d'olive, vin), dans les dépôts municipaux ou dans les réserves des grands domaines, mais également sur les navires de transport alimentaire.

 

Sautons quelques siècles et arrivons au XXe siècle.

 

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Petite barque pour la pêche et la riziculture,

Lagune de l'Albufera, Valence Espagne 1900-1950, bois

 

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 Im'sra, presse à olives,

Azalagh, Jbala, Maroc XXe siècle, bois de chêne

 

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Sakieh, machine hydraulique

Zaouite-el-Karadissa, Fayoum, Égypte XXe siècle. Bois, métal

 

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1. Gargoulette, récipient pour le vin,

Géorgie 1970-1980, Terre cuite

2. Carafe pour le vin ou pour l'eau

Çannakale, Turquie XIXe siècle Terre cuite

3. Mastrapas, carafe pour le vin invitant à la modération

Pesaro, Italie XVIIIe siècle Faïence

4. Cruche à vin ou à tsipouro (alcool grec)

Antartiko, Florina Grèce XIXe siècle Terre cuite

 

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1. Gargoulette Syrie Années 1920

2. Gargoulette

Égypte Années 1930, Terre cuite, pigments

3. Gargoulette

Liban Années 1960-1970 Terre cuite

4. Gargoulette

Estrermoz , Portugal Années 1970 Terre cuite

5. Ibrik, aiguière et legen, cuvette

Macédoine 1900-1950 Cuivre

6. Gourde

Calabre, Italie Années 1950 Terre cuite

7. Tsotra, gourde Macédoine ou Grèce Années 1930 Bois, cuir, métal

8. Barbak, cruche Serbie Années 1950 Terre cuite

 

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Tròlec, outil pour enfouir le fumier ou l'engrais

Callosa d'En Sarrià, Alicante, Espagne 1900-1950 Bois, fer

 

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Araire Algérie vers 1980

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1. Araire et joug Hautes-Alpes 1948 et 1983

Bois de mélèze, aluminium, fer, cuir, fibre végétale

2. Araire chambige à palonnier

Eygalières, Bouches-du-Rhône vers 1950 bois d'ormeau, fer forgé

3. Araire Algérie vers 1980

 

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Charrue brabant double Aude 1900-1950

 

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1. Enclume et marteau de faucheur

Carpentras, Vaucluse Vers 1950 fer

2. Outillage de moissonneur

Orpierre, Hautes-Alpes Vers 1930 Bois, fer

3. Doigtiers de moissonneur

Avila, Castille, Espagne Vers 1970 Cuir, métal

4. Doigtiers de moissonneur

Rio-de-Moinhos, Portugal Vers 1960. Canne à sucre

5. Doigtier de moissonneur

Kozani, Macédoine, Grèce Vers 1960 Bois

6. Gantelet de moissonneur

Cerdagne et Osseja, Pyrénées-Orientales Vers 1940 Bois, cuir, métal

7. Étui et pierre à faux

Hautes-Alpes et Vaucluse 1905 et 1950 Bois et pierre

 8. Faux

Eygalières, Bouches-du-Rhône vers 1950 Bois, fer

 

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1. Carretó de batre. Outil pour le dépiquage

Catralà, Alicante Espagne 1900-1950 Bois, fer

 

Dans sa position normale d'utilisation, les lames sont placées sur le sol et broient les épis de céréales.

 

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Panetière. Provence 1850-1900 Bois, fer

 

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Charrette Palerme, Sicile, Italie XIXe siècle Bois, fer, peinture

 

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Mobile. Œuvre moderne avec fers à cheval

 

2. Jérusalem, ville trois fois sainte

 

Les trois grands monothéisrnes, le judaïsme, le christianisme et l'islarn, sont apparus au sein de l'espace méditerranéen. Ces trois religions dites « du Livre » cohabitent, se rapprochent et s'opposent. notamment au sein de la ville de Jérusalem. Souvent appelée la « ville trois fois sainte », elle revêt, pour les croyants des trois religions, une importance toute particulière. Conservant la trace du passage des prophètes fondateurs, elle est le lieu d'expression des croyances et des pratiques propres à chaque religion.

 

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Maquettes du Saint-Sépulcre et autres lieux de pèlerinage

(Jérusalem ou Bethléem) XVIIe siècle Bois. ivoire et nacre.

 

Ces maquettes démontables reproduisent l'église fondée par l'empereur Constantin en 325, la grotte de la Nativité à Bethléem et le tombeau de la Vierge. Ce type de maquettes était produit dans les couvents franciscains pour les pélerins chrétiens.

 

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Carreau aux trois saints hiérarches

Kutahya, Turquie 1718-1719 Faïence

 

Ce carreau représente saint Grégoire l'Illuminateur, évangélisateur de l'Arménie entre saint Basile de Césarée et saint Jean Chrysostome. Il appartient à une série de près de 50 carreaux commandés par l'Église arménienne pour décorer l'église du Saint-Sépulcre.

 

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1. Étui à mezouzah Afrique du Nord XIXe-XXe siècle Bois, argent

2. Lampe de Hanoukah Afrique du Nord XVIIIe-XXe siècle Calcaire

 

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 Carreaux à l'ange Iran, Vers 1700 Céramique

 

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Entrée triomphante de Jésus à Jérusalem

Album d'estampes France XIXe siècle Papier

 

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Al-Buraq devant la mosquée Al-Aqsa

Nasser Ellefi Tunisie Vers 2000 Peinture sous verre

 

Après avoir été transporté de La Mecque à Jérusalem sur le dos d'Al-Burag, un être fantastique, le Prophète Muhammad s'éleva dans les cieux accompagné par l'ange Gabriel pour rencontrer tour à tour Adam, Jésus, Moïse et Abraham et recevoir d'Allah la recommandation des cinq prières quotidiennes.

 

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Pèlerinage à La Mecque

Abou Subi al-Tinawi Damas, Syrie 1950-2000 Peinture sous verre

 

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 1. Custode-reliquaire au portrait de saint Pierre (boîte à hosties)

Rome, Italie Vers 1850 Argent, velours, verre

 2. Saint Pierre et saint Georges

Serbie Milieu du XXe siècle Peinture sous verre

 

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Icône de pèlerin, vue de Jérusalem,

Jérusalem Fin du XVIIIe-début du XIXe siècle. Toile peinte

 

Ces icônes, peintes en série dans des ateliers de Jérusalem représentent majoritairement des vues de Jérusalem et des événements qui s'y sont déroulés. Elles étaient vendues aux pèlerins chrétiens, qui les rapportaient comme souvenirs de leur périple en Terre sainte.

 

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 Relique et reliquaire au clou de la Passion,

Bruxelles Belgique 1877. Bois, verre, métal

 

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Bouddha Laos, XIXe siècle. Bronze

 

3. Citoyenneté et droits de l’homme

 

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Maquette d'Athènes au IIe siècle

d'après un modèle du Musée de l'Acropole Athènes Grèce 2013.

 

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1 Masque comique Égypte 360 av.J.-C. Terre cuite.

2 Masque théâtral IVe-IIIsiècle av. J.-C. Terre cuite. Athènes.

3. Acteurs portant des masques, parodie d'Éros et Psyché

Égypte IIIe siècle av. J.-C., Terre cuite, Athènes.

 

Au Ve siècle avant J.-C, le théâtre participe à la vie de la cité. Les représentations théâtrales mettent en scène enjeux et figures politiques, en écho aux débats qui se tiennent sur l'Agora.

 

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1. Amphore à figures noires.

Grèce Fin du VIe siècle av. J.-C. Terre cuite

2. Amphore

Peintre de l'Acropole Athènes, Grèce de 606 à 550 av. J.-C. Terre cuite

 

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1. Skyphos, coupe à figures noires et rehauts rouges

Peintre de Haimon, Grèce vers 480 av. J.-C.

2. Péliké, vase à figures rouges

attribuée au Peintre de Pasithéa Grèce IVe siècle av. J.-C. Terre cuite

3. et 4. Amphores à col

attribuées au Peintre de Bucci Vers 520 av. J.-C. Terre cuite

 

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 Le pape Alexandre III remettant l'épée de commandement

à Sébastien Ziani, doge de Venise

Venise, Italie XIXe siècle. Ivoire

 

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1. La République

Joseph Chinard Lyon, France / Rome, Italie, 1794. Terre cuite

2. La République

Jean-Barnabé Amy Tarascon, France 1850-1900. Terre cuite, biscuit

 

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1. Buste de Marianne

G. Verne, Montceau-les-Mines, France. Début du XXe siècle. Plâtre peint

2. Buste de Pascal Paoli

Bastia, Corse, France XIXe siècle. Plâtre, patine bronze.

 

 Marianne est la forme populaire contractée du prénom Marie-Anne. Depuis son apparition dans une chanson sans-culotte en 1792, ce prénom est le symbole de la République française et de ses valeurs.

 

Élu général en chef de la nation  corse, Pascal Paoli, inspiré par l'esprit des Lumières, propose en 1755, près de trente ans avant la Révolution française, une Constitution qui établit la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs. Il accorde le droit de vote aux chefs de famille, dont les femmes. Son action sera saluée par Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).

 

4. Au-delà du monde connu

 

La circulation des hommes entre les continents se généralise. « Et jamais peut-être un pays, sinon la Méditerranée, ne m’a porté à la fois si loin et si près de moi-même » (Albert Camus).

 

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Globe terrestre

Vincenzo Coronelli, auteur. Gattelier, fabricant. Paris France

1688-1695. Acajou, papier mâché, métal

 

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Maquette du Saõ Gabriel, navire de Vasco de Gama Vladimir Evine

 

Du bateau de pêche appelé caravelle, les Portugais firent un navire adapté aux voyages au long cours sur la route maritime des Indes. Avec ses voiles triangulaires latines, ses hauts bords, sa coque large ou son gouvernail d'étambot, il peut affronter le gros temps avec des courants contraires.

 

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1 Globe terrestre dit Globe de Rouen France XVIe siècle. Cuivre gravé

2 Astrolabe syro-égyptien.

Ibn al-Shatir Damas, Syrie 1326. Laiton

3 Sextant

appareil de géodésie, utilisé par Savorgnan de Brazza

(officier de marine et explorateur du XIXe siècle) Europe. Laiton, argent

4 Astrolabe Fez, Maroc Fin du XVIIIe siècle. Laiton

 

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Vue de la Place  Saint-Marc,

École de Canaletto, Venise, Italie XVIIIe siècle. Huile sur toile

 

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Vue du palais Cornaro

École de Canaletto, Venise, Italie, XVIIIe siècle. Huile sur toile

 

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Venise, Grand Canal avec Bucentaure.

Félix Ziem France/Venise, Italie XIXe siècle. Huile sur bois

 

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 Cabinet des convoitises

 

À la Renaissance, les explorateurs cherchent de nouvelles routes pour le commerce des épices comme le poivre la noix de muscade et le clou de girofle.

De ces voyages, ils ramènent des matières exotiques qui rencontrent en Europe un grand succès. Ce sont des curiosités de la nature comme le corail, le lapis-lazuli, ou des productions comme la soie et la porcelaine, dont les secrets de fabrication sont jalousement gardés.

 

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Le Jardin d’addiction évoque l’attrait et les craintes face à toute exploration vers l’inconnu. Cette section donne un éclairage sur les raisons qui ont poussé les hommes à prendre la mer…

À droite de cette station, on découvre le parfum de trois épices : le clou de girofle, la noix de muscade et le poivre.

 

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Sirène Extrême-Orient XIXe siècle

Buste en bois et poils, laines, queue, nageoire et dents de poisson, pattes de varan.

 

La sirène n'est devenue une créature charmante qu'avec les contes d'Andersen. Elle est avant tout l'incarnation des peurs de la mer et de ses abysses insondables où errent les âmes des noyés privés de sépulture, comme nous le rappelle cet être difforme et effrayant.

Le MuCEM : Splendeurs de Volubilis

Mucem_splendeurs-de-Volubilis-logo.jpgSplendeurs de Volubilis

 

par André Guyard

 

Cet article est le dernier d'une série de quatre. Il fait suite à une visite du MuCEM faite le 30 mai 2014. Il est consacré à une exposition temporaire intéressant la culture gréco-romaine dans le bassin méditerranéen à l'époque romaine : Splendeurs de Volubilis.

 

Il y a 2 000 ans, la culture gréco-romaine s’est diffusée dans tout le bassin méditerranéen, jusqu’à l’actuel Maroc.

 

L'exposition Splendeurs de Volubilis aborde, au-delà des aspects archéologiques et artistiques, des questions de société et de culture en rapport avec l'évolution, au sein des populations des goûts et des modèles dans le bassin méditerranéen à l'époque gréco-romaine (du IIe siècle avant J.-C. au IIe siècle après J.-C.). Le cœur de l'exposition est constitué d'une collection de bronzes antiques du Musée archéologique de Rabat. Exceptionnels à la fois par leur qualité et leur rareté, ils proviennent pour la plupart des fouilles du site antique de Volubilis au Maroc, site proche de Meknès et de Fès. Volubilis fut la probable résidence régionale du prince numide Juba II et de son épouse Cléopâtre Séléné – fille de Cléopâtre d’Alexandrie et de Marc Antoine. (v. 25 av. J.-C. - 23 apr. J.-C.). Élevés à Rome dans un environnement culturel raffiné, ils transmirent le goût des classiques grecs et commandèrent de nombreuses œuvres aux artistes de tout l’Empire pour agrémenter demeures, bibliothèques et monuments.

 

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L'Afrique du Nord à l'époque de Juba II

 

En regard des bronzes mis au jour à Volubilis sont présentées des œuvres issues d'autres foyers méditerranéens et conservées dans les collections françaises, comme autant de témoignages de la circulation des goûts et des modèles esthétiques dans la Méditerranée antique. Pièces de bronze, modèles de plâtres antiques illustrent autant les techniques et savoir-faire du bronze à cette époque qu'une virtuosité exceptionnelle dans la réalisation des décors et des patines.

 

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La Maurétanie tingitane

 

Le royaume antique de Maurétanie est situé en Afrique du Nord (actuel Maroc) et limité au nord par la Méditerranée et à l'ouest par l'océan Atlantique. L'implication du roi Bocchus Ier, roi de Maurétanie (120 - 80 avant J.-C.), dans le conflit qui oppose son gendre Jugurtha, allié de Carthage, à Rome, fait entrer la Numidie et la Maurétanie dans la sphère romaine. En 25 avant J.-C., l'empereur Auguste place à la tête de cet immense territoire Juba II, fils du dernier roi numide Juba Ier, dont le règne ira jusqu'en 25 après J.-C. Sur ce territoire est alors créée la province romaine de Maurétanie tingitane dont l'essor économique ne prendra fin qu'avec le repli de l'occupation romaine au IIIe siècle après J.-C.

 

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Buste de Juba II Maison dite du roi Maure,

Volubilis, Maroc Règne de Juba II (25 av. J.-C. - 25 apr. J.-C.)

Bronze, fonte en creux à la cire perdue Musée archéologique de Rabat, Maroc

 

Découvert dans la maison dite du roi Maure, ce buste devait initialement se trouver dans la maison de Vénus, à côté de celui de Caton. On considère qu'il représente Juba II et aurait été réalisé au début de son règne. L'expression mélancolique et dédaigneuse de ce portrait idéalisé de jeune prince (visage imberbe, cheveux courts traités en mèches désordonnées) s'inscrit dans la tradition hellénistique (IVe - IIe siècles av. J.-C.) en vogue à l'époque.

 

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 Jules César et Juba Ier

Antonio di Pietro Averlino dit Filarete 1400-1469 Bronze

 

Un général victorieux identifié comme Jules César mène un prisonnier captif sur un cheval. Sa coiffure, sa barbe et son costume le désignent comme un Barbare. Il s'agit sans doute de Juba 1er, roi de Numidie de 60 à 46 av. J.-C. Le profil du roi Juba, avec son nez allongé, ses mèches frisées et sa barbe pointue, correspond au profil frappé sur les monnaies antiques.

 

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Ptolémée Ier Sôter.

Buste découvert en Égypte ou au Proche-orient. Fin du IVe siècle ou début du IIIe siècle av. J.-C.

 

Ptolémée Ier Sôter (505 - 2S3 av. J.-C) est l'un des généraux d'Alexandre le Grand et le fondateur de la dynastie lapide, qui règne près de trois siècles à Alexandrie, en Égypte. Ptolémée est bien reconnaissable à son front étroit, ses arcades sourcilières saillantes, ses très grands yeux et son menton volontaire.

 

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1. Cléopâtre VII représentée en Isis 50-30 av. J.-C. (?) Bronze yeux incrustés de verre.

2. Cuirasse de trophée Maison de Flavius Germanus Volubilis, Maroc Ier siècle apr. J.-C. (?)

Bronze, fonte en creux à la cire perdue.

 

La cité de Volubilis

 

Située au nord de Meknès (Maroc), Volubilis est un site archéologique classé au patrimoine mondial de PUNESCO. Le site est occupé depuis l'époque néolithique, puis itre dans l'ère d'influence carthaginoise. L'essor de Volubilis est lié au règne de Juba II avec la création de la province de Maurétanie tingitane, Volubilis devient romaine et s'enrichit par le commerce de l'huile. En témoignent les fouilles archéologiques qui ont mis au jour un grand nombre d'huileries et plusieurs riches demeures de négociants décorées de mosaïques raffinées, parmi lesquelles la villa du Chien, du Cavalier, de l'Éphèbe verseur.

 

La circulation des goûts et des modèles

 

Dans l'Empire romain, les modèles grecs sont les référents esthétiques qui circulent d'un point à l'autre du bassin méditerranéen, que ce soit dans le domaine de la céramique, des marbres ou des bronzes. Les œuvres présentées ici reflètent les différents styles de la statuaire : l'art du portrait, les styles « archaïque », « classique », ou « naturaliste ». Le décor domestique agrémente, par ses motifs animaliers et ses créatures mythologiques, le quotidien des loisirs et du bien-vivre dans les cités prospères comme Volubilis. Il reflète ainsi la qualité de vie des aristocrates, des riches citoyens et des négociants de l'Empire.

 

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Jeune prince julio-claudien Ziane, Tunisie Première moitié du 1er siècle apr. J.-C. Marbre blanc.


 

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1. Caton Maison à la mosaïque de Vénus, Volubilis, Maroc

Troisième quart du Ier siècle apr. J.-C. Bronze, fonte en creux

2. Tibère île de Minorque, Espagne

Ier siècle apr. J.-C. Bronze, fonte à cire perdue sur négatif, ciselure à froid.

 

Ce buste de bronze, découvert dans la maison de Vénus à Volubilis est un portrait de Caton, comme l'indique l'inscription aux lettres incrustées d'argent sur sa poitrine. Il s'agitprobablement de l'adversaire de César, qui se donna la mort à Utique (Tunisie) en même temps que Juba Ier, après leur défaite à Thapsus en 46 avant J.-C.

 

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 1. Enfant royal, Césarion Gisement 29, les Riches-Dunes, Marseillan, France Ier siècle av. J.-C. - Ier siècle apr. J.-C. Bronze

2. Éphèbe couronné de lierre Maison à l'Éphèbe, Volubilis, Maroc

Début de l'époque impériale, fin du Ier siècle av. J.-C. - début du Ier siècle apr. J.-C.

Bronze, fonte en creux à la cire perdue.

 

À l'image des souverains orientaux, ce jeune garçon est paré d'un bracelet serpentiforme à la cheville et de boucles d'oreilles. La tresse de sa tête, ou « nœud d'Isis », est décorée d'un foudre, symbole de Zeus, attribut des rois lagides. Avec ses attributs grecs et égyptiens, il pourrait s'agir de l'un des fils de Cléopâtre VII : Césarion, héritier du trône d'Égypte en 44 av. J.-C. et fils de Jules César ou Ptolémée Philadelphe, le deuxième fils que Cléopâtre eut de Marc Antoine.

 

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1. Tête d'un éphèbe Herculanum (?), Italie Vers 50 av. J.-C. Plâtre bronzé

2. Tête dite « de Bénévent » Herculanum (?), Italie Vers 50 av. J.-C.

Bronze, lèvres incrustées de cuivre rouge

 

Le buste, découpé en arrondi, couronnait sans doute un pilier. Il porte la couronne d'olivier qui récompensait les athlètes vainqueurs. L'inclinaison de la tête et le traitement de la chevelure s'inspirent du style « classique » de la statuaire grecque, et plus particulièrement des œuvres de Polyclète (Ve siècle av. J.-C.), très appréciées au Ier siècle av. J.-C.

 

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Bacchus applique d'accoudoir Volubilis, Maroc Ier siècle apr. J.- C.

Bronze, yeux incrustés d'argent

 

09/05/2014

Courbet et les phanères

COURBET  et  les  PHANÈRES

 

par Claude Roland Marchand

Professeur honoraire des Universités

 

C’est en examinant de près avec l’œil du biologiste que j’ai découvert, dans quelques tableaux de Gustave Courbet des détails singuliers qui méritent des commentaires sinon des interrogations.

 

Sur plusieurs tableaux connus j’ai relevé une représentation très subjective des phanères portés par les mammifères et les oiseaux. Je précise qu’on appelle phanères ces productions cutanées des vertébrés : poils, cheveux, plumes, cornes, bois, griffes, sabots… Je ne m’attarderai pas sur les poils pubiens, d’autres l’ont fait avant moi et mieux que moi ; encore que, la polémique sur L’Origine du Monde ne soit pas close en ce début d’année 2014 ! Courbet n’en finit pas de défrayer la chronique, de se dérober et de dissimuler ses mystères… Il convoque, il provoque et va jusqu’à choquer sciemment.

 

Le cerf dans « l’Hallali »

 

Sans m’attarder sur la symbolique du tableau, et sur l’artificialité de la mise en scène (saison, région, cavalier, chiens, neige…), j’ai porté mon regard sur les bois du cervidé. Bel animal à l’agonie orné de bois magnifiques. Tous les andouillers sont bien orientés, sauf un : il est courbé vers l’avant, sur la ramure gauche. J’ai observé de nombreux trophées, dans les musées, sur les gravures mais aucun ne présente une telle disposition des cors. Le cerf de ce tableau est une exception, une rareté. Et cet andouiller ainsi orienté représente peut-être une menace, un avertissement « Ne me touchez pas ! » Courbet ne l’a pas peint sans arrière-pensée. On sait qu’il s’est projeté dans ses mises en scène ; et ce cerf à l’agonie est une métaphore du lynchage médiatique auquel il a été confronté lors de plusieurs salons. Mais l’animal cache une arme redoutable qui peut blesser si on s’approche trop près de sa tête.

 

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Ces schémas A et B nous montrent de beaux bois où les premiers andouillers sont tous courbés vers l’arrière. D’après Beaumont et Cassier (1987)

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Ce que Courbet nous propose

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Ne serait-ce pas mieux ainsi ? (croquis C. R. Marchand)

 

 

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Un cerf du Musée de la chasse me donne raison ! © C. R. Marchand

 

 

Le chevreuil dans « la Curée »

 

De toute évidence, l'animal peint par Courbet n’est pas un cervidé : il s'agit d'un bovidé, en l'occurrence d'une antilope. Un cervidé perd ses bois (c’est de l’os) et les renouvelle chaque année. Le bovidé (comme la vache) a des cornes (en kératine) creuses et pérennes.

 

La légende du tableau de Courbet précise : « La Curée. Chasse au chevreuil dans les forêts du Grand Jura ». Pourquoi a-til fait cette annonce, lui, le chasseur, qui a abattu de nombreux chevreuils ? Où s’est-il procuré cette antilope, qu’il a pendue dans son atelier parisien ? Chez son boucher ? Au Jardin des Plantes ? Mystère… En fait, il ne s’est pas trompé ; il veut nous tromper. Et il souhaite qu’on lui fasse des objections. Bovidé ou cervidé, peu importe. C’est l’animal mort qui retient son attention, et force la nôtre. Ce qui est surprenant c’est que cette bizarrerie, ce contre-sens zoologique, n’ait pas été plus souvent relevé et commenté.

 

Décidément, ce tableau composite (en cinq morceaux !), étrange, nous interpelle et nous met mal à l’aise. Le chasseur songe, le cor sonne, les chiens se repaissent de  sang, la forêt abrite la mort. Cette scène insolite : il n’y a qu’un chasseur ; c’est une chasse à courre achevée par une scène singulière, incongrue pour des chasseurs jurassiens chevronnés. La curée était rare en Franche-Comté et elle l’est toujours, sauf si on a vraiment imposé et respecté le protocole de la vénerie. Où Courbet est-il allé chercher cette scène ? À qui s’adresse-t-il ? À des Parisiens ou à des Francs-Comtois ?

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Les mouettes  (1867)

 

Ce tableau peint lors de son séjour en Normandie, présente une fille qui a un peu les traits de Jo l’Irlandaise, et qui transporte trois volatiles marins appelés « Mouettes ». Ce que nous contestons pour de nombreuses raisons.

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Voici « Les Mouettes » dans « La fille aux Mouettes » 1867.

(croquis C. R. Marchand sur calque)

 

Examinons les plumes de ces oiseaux marins : leurs queues et leurs ailes falciformes ne sont pas des queues de mouettes, mais sont plutôt des queues de Sternes (caugek ?).

 

 

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Comparaison des queues de Mouette (à gauche) et de Sterne (à droite)(croquis Marchand)

 

 

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E : les extrémités « digitées » des ailes du tableau de Courbet. F : aile d’une vraie Mouette.  G : aile d’une vraie Sterne. H : tête d’une Mouette en été. I : tête de la Mouette du tableau.  J : tête d’une vraie Sterne. (croquis de C. R. Marchand)

 

Courbet le réaliste, ne traduit pas la réalité. Ou ne veut pas l’exprimer. Sont-ce les oiseaux qui importent dans ce tableau, ou est-ce la porteuse des trophées ? Oiseaux libres fauchés dans leur vol et pendus à un bâton, exprimant un rêve brisé ? Une fille volage qui afficherait ostensiblement son tableau de chasse ? Et cette sorte d’imprécation verticale des deux ailes disposées comme deux mains qui saisissent le bâton ?

 

On se perd en conjectures. Mais ce tableau n’est pas innocent : le peintre nous convoque et pourrait bien être lui-même, l’une de ces fausses mouettes mortellement et irréversiblement blessée.

 

Une étrange chevelure

 

Si l’on regarde attentivement l’une des versions du portrait de Jo, la Belle Irlandaise, on peut deviner, dans la chevelure tissée par la main droite, le visage de quelqu’un, ou de quelqu’une. Illusion volontaire, ou hasard du coup de pinceau.  Je pose la question.

 

Courbet a-t-il voulu exprimer ce qu’une main de femme peut emmêler ou démêler ? Est-ce lui, ou un concurrent dans la conquête de la dame ? Est-on avant ou après une défaite amoureuse ? Mystère…

 

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Courbet serait-il lui-même un phanère ?

 

Ma question peut sembler provocatrice, péjorative, mais je persiste à penser que « Le Chêne de Flagey » héberge, contient, absorbe Courbet.

 

Examinons l’ombre blanche à droite du tronc. Faisons une copie réduite de l’artiste à Ste-Pélagie, ou de sa photo en pied. Faisons-la glisser sur le tronc ; si la réduction est réussie on voit que la silhouette adossée du peintre se pose exactement à la place des taches de lumière. (cf  montage ci-dessous).

 

Non seulement Courbet y affiche son  enracinement, mais il est lui-même l’écorce du chêne. Il est en quelque sorte une émanation du cambium, du liber (liberté ?), l’équivalent d’un phanère végétal si l’on veut bien oser l’analogie jusqu’au bout.

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 Courbet n’est-il pas lui-même et le double, le fantôme de Vercingétorix ?

 Bien ancré dans le sol, accolé au tronc, encore vivant ou déjà mort ?

 

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Même attitude dans La Curée. Mêmes intentions ?

 

Conclusions

 

Je pense que cet exposé partial ne sera pas du goût des admirateurs du peintre d’Ornans. J’ai conscience des faiblesses, des limites de mes remarques et de l’audace qui m’a animé pour oser les écrire.

 

C’est Courbet qui l’a voulu. Et il serait ravi de savoir qu’on découvre une ou deux de ses intentions cachées (j’en aurais d’autres à mentionner…), ou qu’on lui fasse exprimer des sentiments qu’il n’avait peut-être jamais éprouvés ou jamais mis en scène.

 

Il n’y a pas de tableau banal et muet chez Courbet. Il y parle sans cesse de lui, de ses doutes, de ses désirs, de ses fantasmes parfois.

 

Moi, en tant que biologiste, j’ai mis ma loupe sur des bizarreries et j’aimerais bien que quelqu’un m’éclaire. Je me sentirais moins seul et moins présomptueux.

Merci Gustave de m’avoir occupé l’esprit souvent et de m’avoir fait douter…

On ne touche pas à Courbet dit-on ; moi, il me touche et ces quelques lignes ont pour prétention de le prouver.

 Claude-Roland MARCHAND

Serre les Sapins le 7 mai 2014.

01/05/2014

L'arc-en-ciel

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par André Guyard

(dernière mise à jour le 08/05/2014)

 

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Arc-en-ciel sur l'aérodrome de Thise (Doubs)

© André Guyard

 

L'arc-en-ciel est un phénomène qui a toujours fasciné l'espèce humaine. Dès l'an 1000, le savant irakien Ibn al-Haytham tente d'expliquer sa formation. Il faudra attendre 1657 pour que René Descartes en donne le premier modèle prédictif. Au début du XXe siècle, le modèle du Danois Ludvig Lorenz et de l'Allemand Gustav Mie inclut le caractère ondulatoire de la lumière. Et c'est tout récemment, début 2012, que Iman Sadeghi et son équipe mettent au point le premier modèle complet d'arc-en-ciel.

 

En fait, un arc-en-ciel est un phénomène optique produit par la réfraction, la réflexion et la dispersion des radiations colorées composant la lumière blanche du Soleil par les gouttelettes d'humidité présentes dans l'atmosphère. Il contient un dégradé de couleurs recouvrant toutes les teintes, sauf le magenta.

 

L'arc-en-ciel contient une infinité de couleurs puisque le spectre lumineux, dont la décomposition est entraînée par la réfraction, est un continuum de couleurs parmi celles visibles par l'œil humain. En fait, l'arc-en-ciel ne possède qu'une partie de toutes les couleurs existantes : les couleurs saturées monochromatiques. C'est ainsi que le magenta qui devrait se trouver entre le rouge et le violet, sur la ligne des pourpres n'est pas une couleur de l'arc-en-ciel. Le spectre s'étend du violet au rouge. Si le magenta est absent de l'arc-en-ciel, c'est donc parce qu'il ne correspond à aucune radiation pure.

 

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Les couleurs conventionnelles de l'arc-en-ciel

© André Guyard

 

 

Arbitrairement, le nombre de couleurs retenu pour l'arc-en-ciel est de sept, un choix dicté par Isaac Newton : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Ce nombre de sept a été choisi par analogie entre la lumière et le son, la gamme musicale comprenant sept notes par octave. Il correspond aussi approximativement au nombre de couleurs qu'un individu moyen peut discriminer dans le spectre lumineux.

 

On peut observer l'effet d'un arc-en-ciel toutes les fois où il y a de l'eau en suspension dans l'air et qu'une source lumineuse (en général le soleil) brille derrière l'observateur. Les arcs-en-ciel les plus spectaculaires se manifestent lorsque la moitié du ciel opposée au soleil est obscurcie par les nuages alors que l'observateur se situe à un endroit où le ciel est clair. Un autre endroit commun où l'on peut voir cet effet est à proximité de chutes d'eau.

 

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Arc-en-ciel dans une chute d'eau

 

L'arc-en-ciel est provoqué par la dispersion de la lumière du soleil par des gouttes de pluie approximativement sphériques. La lumière est d'abord réfractée en pénétrant la surface de la goutte, subit ensuite une réflexion partielle à l'arrière de cette goutte et est réfractée à nouveau en sortant. L'effet global est que la lumière incidente est majoritairement réfractée vers l'arrière sous un angle d'environ 40-42°, indépendamment de la taille de la goutte. La valeur précise de l'angle de réfraction dépend de la longueur d'onde (la couleur) des composantes de la lumière. Dans le cas de l'entrée dans un milieu plus réfringent, l'angle de réfraction de la lumière bleue est inférieur à celui de la lumière rouge. Ainsi, après réflexion à l'interface eau-air d'une goutte, la longueur d'onde de la lumière bleue est modifiée et ressort en dessous en lumière rouge. L'observateur étant fixe, il voit la lumière issue de différentes gouttes d'eau avec des angles différents par rapport à la lumière du soleil. Le rouge apparaît donc plus haut dans le ciel que le bleu.

 

Un arc-en-ciel n'a donc pas réellement d'existence physique, mais est une illusion d'optique dont la position apparente dépend de la position de l'observateur et de celle du soleil, le centre de l'arc-en-ciel étant la direction exactement opposée à celle du soleil par rapport à l'observateur. Toutes les gouttes de pluie réfractent et reflètent la lumière du soleil de la même manière, mais seulement la lumière d'une petite partie des gouttes de pluie atteint l'œil de l'observateur.

 

Un arc-en-ciel se situe toujours à l'opposé du soleil : le soleil, l'observateur et le centre du cercle dont fait partie l'arc-en-ciel sont sur la même ligne.

 

Un arc-en-ciel appartient toujours à un cercle de même diamètre : un cercle apparaissant sous un angle approximatif de 40-42° autour de cette ligne soleil-observateur-centre de l'arc.

 

Mais compte tenu du fait que l'horizon cache habituellement la majeure partie d'un arc-en-ciel, c'est la taille de l'arc visible qui varie : plus le soleil est proche de l'horizon, plus l'arc sera grand. Un observateur en haute altitude verra un plus grand arc-en-ciel qu'un observateur au niveau de la mer.

 

Un second arc

 

Parfois, un second arc-en-ciel moins lumineux est aperçu au-dessus de l'arc primaire. Il est provoqué par une double réflexion de la lumière du soleil à l'intérieur des gouttes de pluie et apparaît sous un angle de 50-53° dans la direction opposée au soleil. En raison de la réflexion supplémentaire, les couleurs de ce second arc sont inversées par rapport à l'arc primaire, avec le bleu à l'extérieur et le rouge à l'intérieur, et l'arc est moins lumineux. C'est la raison pour laquelle il est plus difficile à observer.

 

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Arc-en-ciel sur Thise (07/05/2014)

© André Guyard

 

Un troisième arc-en-ciel peut être présent au voisinage du second, et inversé par rapport à celui-ci (donc identique au premier). Il est cependant nettement moins lumineux et observable uniquement dans des conditions exceptionnelles. En pratique, il n'est pas très facile à distinguer des arcs surnuméraires associés à l'arc secondaire. Il correspond aux rayons lumineux ayant subi cinq réflexions dans les gouttes d'eau. Deux arcs inversés l'un par rapport à l'autre peuvent également être observés dans la direction opposée, à environ 45 degrés du Soleil (donc dans la direction de celui-ci), mais ceci est particulièrement difficile du fait de la proximité du Soleil. Les rares observations de ces deux arcs font mentions de morceaux d'arcs visibles par intermittence. Ces deux arcs correspondent aux rayons lumineux ayant subi trois et quatre réflexions dans les gouttes d'eau. Comme ils sont situés à l'opposé du soleil, ce ne sont pas les mêmes gouttes d'eau qui y contribuent. En pratique, les configurations favorables à leur observation sont nettement moins nombreuses que celles favorables à l'observation de l'arc secondaire, en particulier en raison de leur proximité du soleil.

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1. Arcs surnuméraires. 2. Arcs jumelés

(Documents Science & Vie 2012)

 

Un autre effet moins difficile à observer est celui des arcs dits surnuméraires, qui se traduisent par le fait que le premier arc apparaît en fait comme une série d'arcs de rayon, d'épaisseur et d'intensité décroissants accolés les uns aux autres (fig. 1 ci-dessus).

Ce phénomène résulte d'interférences subies par la lumière lors de ses réflexions successives dans les gouttes d'eau. Ils ne peuvent être expliqués par la seule optique géométrique, d'où leur nom. Contrairement aux autres arcs, ces arcs surnuméraires dépendent d'autres facteurs, comme la dispersion du diamètre des gouttes d'eau.

On sait comment se forme l'arc-en-ciel classique depuis longtemps... et ses arcs surnuméraires ont été expliqués par le modèle de Lorenz-Mie.

La bande sombre d'Alexandre

Entre le premier et le deuxième arc-en-ciel, une bande plus sombre apparaît. Cela correspond à la zone de la goutte d'eau comprise entre l'angle de 42° caractérisant la fin du premier et l'angle de 50° caractérisant le début du second. Cette bande intermédiaire où il y a déficit de lumière a été appelée la "bande sombre d'Alexandre".

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© André Guyard

 

Les arcs jumelés

 

Début 2012, Iman Sadeghi a proposé un algorithme qui a permis d'élucider le mystère des arcs jumelés, mettant un point final à une quête de plus de mille ans ! L'ultime secret des arcs-en-ciel était en fait caché dans la forme de leurs gouttes d'eau.

 

Un phénomène en particulier demeurait un mystère, celui des arcs-en-ciel "jumelés" dont l'arc se sépare en deux. (fig. 2 ci-dessus) Une équipe d'informaticiens de l'université de San Diego, aux États-Unis, vient enfin de concevoir le premier modèle complet d'arc-en-ciel. "Le modèle de Lorenz-Mie, utilisé jusqu'ici, ne fonctionne que pour des gouttes d'eau parfaitement sphériques, précise Iman Sadeghi. Or, dans la nature, les gouttes de pluie s'aplatissent sous la pression atmosphérique, et cela d'autant plus qu'elles sont grosses."

 

D'après Adolfo Munoz, informaticien à l'université de Saragosse : "Du temps de Lorenz, considérer les gouttes de pluie comme des sphères était une approximation acceptable. Mais elle n'a plus lieu d'être aujourd'hui car nous disposons d'outils informatiques assez puissants pour simuler des averses aux gouttes de tailles et de formes variables..." Partant de cette idée toute simple, les chercheurs ont donc mis au point un nouveau modèle d'arc-en-ciel doté d'un algorithme qui permet de faire varier la forme des gouttes en fonction de la pression atmosphérique et de la pression hydrostatique.

 

Des gouttes ellipsoïdales

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Dès les premiers tests, les informaticiens sont parvenus à modéliser avec plus de finesse tous les arcs-en-ciel décrits par le modèle de Lorenz-Mie, leurs gouttes de forme ellipsoïdale reproduisant avec une meilleure précision la courbure de l'arc. Surtout, ils ont enfin résolu le mystère des arcs-en-ciel jumelés : "Ils sont tout simplement dus à des pluies non uniformes !, explique Iman Sadeghi. Lorsque la lumière du soleil traverse une pluie composée de gouttes de 0,4 mm et 0,45 mm, le faisceau de l'arc-en-ciel se dédouble."

Cet algorithme pourrait également servir à simuler la formation des halos, ces arcs lumineux qui apparaissent lorsque la lumière est déviée par des particules de glace en suspension. Il permettrait également de mesurer la taille des gouttes d'eau et ainsi d'améliorer les modèles météorologiques.

 

Sources :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arc-en-ciel

Sciences & Vie mars 2012, pp. 22-23.

 

10/02/2014

Le Printemps des Campenottes

Le Printemps des Campenottes

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Oui elle est là bien là, illuminant les sous-bois de sa couleur jaune vif pour nous rappeler qu'elle est avant tout la fleur du printemps.

 

La Campenotte, comme on la surnomme dans le Pays de Montbéliard est chère à ses habitants. Une histoire ou légende de vieux Druide et sa fille vivant dans le Mont-Bart lui accorderait l'origine de sa naissance à cet endroit magique.

 

Alors quelle qu’en soit la croyance, les centaines de jonquilles qui tapissent le sol sont toutes autant de raisons de poser le regard sur chacune d’entre elles, la lumière qui les traverse, transformant chaque corolle en une petite tache couleur d'or.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

La Jonquille (Narcissus pseudonarcissus, famille des Amaryllidaceae), appelée Campenotte en Franche-Comté a fait l'objet d'une chanson que publie le site "La Cancoillotte".

 

Sur l’air de "Ma Normandie"

 

Premier couplet

Dans Paris, fleur abandonnée,
De mon pays doux souvenir.
Ô ! Campenotte infortunée
Toi qui viens jusqu’ici mourir,
N’as-tu pas vu dans ton voyage
Ma jolie diaichotte aux yeux doux ?
Ô ! parle moi de mon village,
De mon pays et des rives du Doubs.

 

Deuxième couplet

Si tu viens de cette montagne
Qui de l’Allan voit les roseaux,
Si tu as vu notre campagne
Du haut de la roche aux corbeaux,
Ah ! tu dois connaître je gage
Ma jolie diaichotte aux yeux doux,
C’est la plus belle du village
De mon pays et des rives du Doubs.

 

Troisième couplet

As-tu vu passer le dimanche
En corset noir baissant les yeux,
Les bras nus sous la guimpe blanche
Le diairi sur ses longs cheveux
Rubans flottants sur son corsage,
Ma jolie diaichotte aux yeux doux ?
C’est la plus belle du village,
De mon pays et des rives du Doubs.

 

Quatrième couplet

Mais si ma mie est la plus belle
Toi, notre emblème de gaieté,
Vous deux à la saison nouvelle
Serez toujours de la Comté
Toi, reine de nos fleurs sauvage
Et la diaichotte aux yeux si doux,
Reine des fleurs et des villages
De mon pays et des rives du Doubs.

 

Paroles de P. de Resener, dédié au poète Frédéric Bataille et chantée pour la première fois le 11 juillet 1891 à Montbéliard par M. Jordy.

 

19/01/2014

Nature abstraite

Nature abstraite

 par Dominique Delfino, photographe naturaliste

 Les rares températures négatives de ces jours derniers, ont suffi à figer dans une légère couche de glace les rives des eaux calmes de l'Allan.

J'en profite pour poser le regard sur ces délicats et fragiles tableaux que le froid de la nuit a dessinés le long des plans d'eau.

Mais c'est en plongeant au cœur de la matière que les détails prennent un autre sens, une autre dimension, retenant toute mon attention.

Le graphisme de la glace revêt des dessins tous aussi différents les uns des autres, la végétation et les mouvements d'eau étant les acteurs de ce merveilleux travail que notre imagination interprète en toute liberté.

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12/04/2013

Chevaux comtois dans la neige

Chevaux comtois dans la neige

 

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

En balade dans le Haut-Doubs durant le week-end, j'ai pu réaliser ce cliché de chevaux comtois dans la région de Charquemont.

La neige tombée abondamment ces derniers jours offre des paysages somptueux que le soleil illumine dans un silence profond, que seul le manteau neigeux peux générer.

Symboles des paysages du Haut-Doubs , ce sont les petites loges traditionnelles enneigées qui attirent mon regard. Elles caractérisent l'activité liée à l'élevage depuis des générations et lorsque les chevaux comtois prennent la pose devant l'une d'entre elles, pas une seconde à perdre pour saisir la scène à travers l'objectif.

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Cliché © Dominique Delfino

Reflet d'Aigrette

Reflet d'Aigrette

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Rare, la présence de limicoles (petits échassiers) sur l'espace naturel de l'Allan à Brognard à cette période de l'année alors que la migration d'automne est engagée.

L'été accompagné des températures exceptionnelles de ces derniers jours laisse supposer que le froid n'a pas encore poussé les oiseaux à regagner progressivement leurs quartiers d'hiver.

À l’affût, l'observation sera néanmoins animée par la présence régulière de grands échassiers comme en témoigne le cliché de cette Aigrette garzette. Entièrement blanche, élégante, agile, elle scrute la surface de l'eau prête à plonger son bec sur les petits poissons, grenouilles, crustacés, mollusques qu'elle surprendra en marchant lentement dans l'eau accompagnée de son très beau reflet.

 

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Cliché © Dominique Delfino

La Mante géante

La Mante géante

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

Rencontre étonnante, surprenante, avec cette Mante religieuse en bord de route dans les Alpes du sud. C'est après avoir descendu le col du Galibier que la Savoie nous accueille avec de superbes réalisations de pailles exposées en bordure de route et qui ne manquent pas d'attirer l'attention par leurs très grandes tailles.

Mais peut être que ''Dame Mante'' s'impose par son gigantisme pour faire face à la montagne qui la domine et que dans le monde des insectes tout est question d'échelle avec l'environnement !

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Le Héron et la couleuvre

 Le Héron et la couleuvre

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Au cours de quelques jours passés en Camargue, je vous rapporte cette image intéressante sur la prédation des reptiles par les oiseaux.

Je découvre le parc ornithologique du Pont de Gau près des Saintes-Marie de la Mer. Au cours de la balade, un Héron cendré particulièrement concentré à scruter le sol attire mon attention quand soudain, celui-ci détend son corps et plonge la tête au sol.

C'est une Couleuvre de Montpellier que celui-ci vient de capturer habilement, mais le reptile n'est pas mort sur le coup et se débat durant près de deux minutes, notre Héron s'y reprenant à plusieurs reprises pour en venir à bout.

Le Héron cendré est souvent mal considéré, à tort car son régime alimentaire est constitué essentiellement de poissons. Mais il ne faut pas oublier que c'est également un gros consommateur de petits mammifères (campagnols, rats...), batraciens et autres proies diverses comme en témoigne ce cliché.

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Cliché © Dominique Delfino

Voie de garage

Voie de garage

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

C'est un cliché anecdotique que je vous propose avec l'image de cette famille de cygnes tuberculés photographiés sur le parking de l'usine FAM à Technoland.

 

Alors que je rentre en soirée sur Brognard, je remarque cette nichée de cygnes sous la protection des parents, parcourant en long et en large le parking, cherchant désespérément un passage dans le grillage.

 

Les oiseaux, nicheurs dans la source phréatique ''le trou Vervel'' situé juste à proximité, se sont trouvé piégés sur le parc et ce n'est enfin, après de longues allées et venues éprouvantes pour la famille qu'ils sortiront finalement par la grande porte.

 

À l'avenir, suggérons qu'en plus des places de parking soit dessinés une voie verte et bleue pour aider les oiseaux à retrouver leur chemin !

 

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Cliché © Dominique Delfino

Mésange bleue au nourrissage

Il y en a pour tous les goûts

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Pour attirer les oiseaux en quête de nourriture durant l'hiver, Dominique Delfino prépare un joli panier bien garni de fruits et de graines qui favorise des conditions de prises de vues intéressantes.

« Embarras du choix pour cette petite mésange bleue que l'on peut observer sur le point de nourrissage. À bien y regarder, notre mésange se concentre, non pas sur la pomme plutôt destinée aux merles, mais aux noix décortiquées et inserrées dans le fruit afin de stabiliser quelques instants notre oiseau le temps d'une image. Une situation dont profitera aisément dame mésange pour mon plus grand plaisir, l'oeil rivé derrière mon objectif. »

Scène de vie au Kenya

SCÈNE DE VIE DANS

LE MASAÏ MARA

 

 par Dominique Delfino

photographe animalier

 

[De retour du Kenya où il animait un stage photo dans la réserve du Masaï Mara, Dominique Delfino nous fait partager cette image pleine de tendresse et de délicatesse].

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

« Remarquant une famille de lions se déplaçant dans les hautes herbes de la savane accompagnée de très jeunes lionceaux, je demande au chauffeur de prendre un peu de distance en se positionnant dans l'axe des félins, espérant que ceux-ci poursuivent leur déplacement dans notre direction.

Les jeunes lionceaux se fatiguant à travers la végétation font l'objet de toute l'attention des lionnes. Mais lorsque l'un deux peine à suivre lors d'un passage à découvert, la mère, dans la plus grande attention, saisit son petit pour le faire traverser et le conduire à l'abri, les hyènes étant les principaux prédateurs des lionceaux.

Une scène de vie dont il faut profiter pleinement tout en gardant un œil dans l'objectif ».

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11/04/2013

Terre de renards

Terre de renards

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le Haut-Doubs est actuellement le terrain de prédilection que j'affectionne tout particulièrement avec l'observation et le suivi de terriers de renards.

La rigueur de l'hiver a retardé la reproduction de ce mammifère que l'on pouvait observer facilement chasser sur la neige, les campagnols se faisant plus rares durant cette longue période hivernale.

Malgré les conditions météo déplorables de ce printemps 2013, les premiers renardeaux montrent leurs museaux depuis une   quinzaine de jours.

Par grand soleil, les renardeaux savourent de très longs moments à l'extérieur de leur terrier, découvrant leur environnement au cours de scènes de jeux extraordinaires. Souvent épuisés, les renardeaux regagnent leur terrier en fin de journée, me laissant l'opportunité de réaliser de nombreux clichés.

 

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Clichés © Dominique Delfino

 

Une vidéo intéressante : le renard chassant sous la neige.

 

La chasse au renard : Au plus près d’une battue au renard

Source printanière

Source printanière

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste et animalier

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

C'est toujours dans la côte qui mène aux Terres de Chaux que je trouve mon inspiration ces derniers temps.

Un bruit d'eau courante attire mon attention en me promenant dans les pâtures de ce versant abrupte, dominant la vallée du Doubs. Je découvre alors le captage d'une source d'eau vive émergeant d'une conduite totalement recouverte de mousse. L'eau y jaillit par saccades dans une fraîcheur et une transparence que la lumière de printemps met en scène.

Couché par terre, l'appareil photo bloqué sur mon sac à dos, j'en profite pour réaliser une série de clichés au temps de pose très long, afin de traduire au mieux cette projection d'eau harmonieuse, favorisée par les conditions météo de ces derniers jours.

Rapace aux petits soins

Rapace aux petits soins

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier

 

Contacté dernièrement par une habitante de Montbéliard préoccupée par la présence permanente d'un rapace couché au sol dans son jardin, je me rends aussitôt sur place afin de voir s'il s'agit d'un oiseau blessé.

 

Je découvre alors un jeune mâle d’Épervier d'Europe qui, semble t-il, présente une blessure à la patte nécessitant l'examen par un vétérinaire.

 

Le rapace sera aussitôt  pris en charge, la peau de la patte ayant été complètement déchirée probablement lors d'un accrochage avec un fil de fer lors de la chasse de l'épervier poursuivant un oiseau, sa proie principale.

 

Mais heureusement, toute la ''mécanique osseuse'' apparente ne semble pas atteinte, ce qui permettra au vétérinaire de recoudre rapidement la peau.

 

Transféré au centre de soins ATHENAS de Lons-le-Saunier, notre épervier y séjournera le temps de se rétablir avant de retrouver la liberté ce qui malheureusement n'est pas toujours le cas lors de ce type de blessures.

 

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Cliché © Dominique Delfino

Eaux vives sur la Doue

Eaux vives sur la Doue

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

La pluie de ces derniers jours a très largement redonné vie à la cascade de la source de la DOUE en amont du restaurant de la papeterie de Glay. L'image de cette cascade témoigne de cette ambiance, sujet d'un travail de groupe lors d'une animation photo le dimanche 6 octobre, encadrée par le photographe.

 

Le site du moulin de la Doue, la source jaillissant de la grotte et la cascade qui lui succède constituent au fond de cette reculée dominée par un amphithéâtre de falaises, un cadre magnifique dans ce petit bout du monde.

 

Avec comme seule ambiance sonore à cette saison l'eau vive qui déferle sur les rochers moussus, profiter du temps qui passe à simplement contempler le ruisseau s'engager dans la petite vallée, suffit à se ressourcer dans ce petit coin de nature encore sauvage.

 

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Cliché © Dominique Delfino

06/03/2013

Photographes naturalistes

Photographes naturalistes
La liste ci-dessous répertorie les sites de photographes animaliers et naturalistes dont j'ai particulièrement apprécié la valeur artistique et scientifique de leurs œuvres
- Florence Pallot photographer
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Des photos magnifiques, toutes renseignées en anglais. Chaque espèce est identifiée avec le nom latin et  qui défilent dans un site somptueux concocté par Vanessa Dubois.
Dominique Delfino
Dominique Delfino est un photographe animalier franc-comtois. Pour lui, l'image naît de la lumière, le sujet n'en étant que la représentation. Il a publié en librairie plusieurs albums richement ilustrés et commentés par des naturalistes confirmés.
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Florent Cardinaux
Florent Cardinaux est un chasseur d'images de nature et de vie sauvage qu'il capture sur les contreforts du Jura français. Accompagnant la publication du livre
"D'une Aube à l'autre"
 une exposition de photos est disponible. Les haïkus de William Chauvin accompagnent chaque photographie.
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20/02/2013

Royal, le Milan

Royal, le Milan

 

par Dominique Delfino

 

Si les Cigognes blanches ont déjà été signalées à plusieurs reprises dans la région, il est également possible d'observer de retour de migration, un très grand et beau rapace à cette époque de l'année.

 

À l'affût dans la neige sur le plateau de Brognard, j'observe le comportement de Buses variables profitant de quelques proies abandonnées lorsque se dessine dans le ciel le vol spectaculaire et majestueux de deux milans royaux.

 

Chassés constamment par les corneilles, les milans les déjouent d'un vol acrobatique pour leur échapper. À ma grande surprise, l'un deux se pose à proximité d'une buse, le milan semblant très intéressé par la proie de celle-ci.

 

Je profite de ce bref instant pour déclencher avant que la buse ne riposte pour conserver sa place car il est assez rare que le milan royal se pose au sol. Habituellement, le milan royal effectue un vol plongeant sur sa cible.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

En cette fin d'hiver froid et enneigé, les animaux souffrent. Les buses notamment sont au bout de leurs réserves et ont beaucoup de mal a trouver leur nourriture. Affaiblies, elles sont victimes de collisions routières et, dans le meilleur des cas, elles sont apportées au Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage à L'Étoile. Buses, chauve-souris, chouettes, hérissons, la salle de soin du centre Athénas ne désemplit pas. 

Un reportage de France 3 Franche-Comté.

28/01/2013

Au cœur de la glace

Au cœur de la glace

 

par Dominique Delfino

Photographe paysagiste et animalier

 

Image abstraite réalisée lors de l'épisode de glace que nous avons connu en janvier 2013. C'est bien au chaud, que je me plonge au cœur de la matière en observant de très près le détail de la glace qui recouvre les vitres de ma véranda. J'y découvre un monde extraordinaire qui me rappelle celui des images satellites des régions glaciaires alors que je suis à l'échelle d'une surface de quelques centimètres carrés.

 

En promenant mon objectif à travers la glace, c'est une forme étrange qui me rappelle celle d'un homme, dont l'existence ne tient qu'au froid me laissant le temps de réaliser les clichés d'un monde éphémère.

 

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Cliché © Dominique Delfino

20/01/2013

Lapins dans la glace

Lapins dans la glace

 

par Dominique Delfino

photographe paysagiste et animalier

 

Ils courent sur la neige, glissent sur la glace mais c'est toujours à proximité d'un terrier que ces petits lapins de garenne se tiennent pour plonger et se mettre à l'abri en cas de danger.

 

 

En ce dimanche de janvier, je profite de cet épisode de verglas pour observer le comportement de cette population de lapins implantée dans les prairies bordant le Doubs près de Colombier Fontaine.

 

Les lapins sauvages doivent se méfier de nombreux prédateurs contre lesquels ils n’ont aucune défense, si ce n’est de rester immobiles pour ne pas se faire repérer ou de s’enfuir pour se réfugier dans leur terrier.

 

En cette période hivernale, ils se nourrissent de racines et quand la nourriture se fait plus rare d’écorce d’arbres. Mais dans la neige glacée bouger le moins possible est encore la meilleure façon de faire face aux dépenses d'énergie comme en témoigne ce cliché.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

19/11/2011

Il était des villages

Dans la rubrique : les collègues ont du talent, voilà un poème aux accents pergaudiens traité en fable de La Fontaine et dû au talent de Charles Pellegrinelli.


Il était des villages

 

Il était des villages, éloignés des circuits

Où un même patronyme, parfois inscrit sur l’huis,

Était peu signifiant pour qui cherchait client,

Et seuls les sobriquets étaient vraiment parlants.

 

Le village de Blussans abritait les Ravey

Étrappe pour les Godard, Crosey  les Cœurdevey.

Les lieux d’habitation précisaient les familles

Le Raymond « des Essarts », du Moulin, dit la Guille.

 

Un surnom se gardait plusieurs générations

Mais celui de la Guille mérite explication.

Sa famille de meuniers vivait dans un écart

Qu’avait choisi l’aïeul, un sacré débrouillard.

 

Arsule, on l’appelait, qu’était un chaud lapin.

L’avait une chiée de gnos, au tof, dès le matin.

Son épouse, la Gretchen, enlevée en Bavière

Belle armoire de chêne, fonctionnait à la bière.

 

De retour du moulin, l’Eugène du puits Fenot

Confia à sa moitié, qu’il avait vu tantôt

Gretchen un peu plus ronde. Il s’était fait traité

De polisson vicieux, de vieux cochon bâté.

 

On remarqua bientôt, les allées et venues

De Marie, la sage-femme, surnommée guette-au-c…

Excusez le langage, sans fioriture aucune

Si ce n’est du plus cru, dans toute la commune.

 

C’était là contenu, d’échanges du lavoir,

Où les femmes pouvaient sans risquer l’engueuloir,

Apporter complément aux dires de la voisine

Avec  appréciations parfois des plus coquines.

 

 

Mais les jours défilaient et le bruit du ruisseau

N’était pas perturbé par les cris d’un puceau.

L’ouverture de la chasse devint sujetpressant

Écartant, pour un temps, des mégères, les cancans.

 

Au retour d’une battue, nos chasseurs dépités

Juraient les Nom-de-Dieu, mille fois répétés

Car la chienne du Léon se trouvait en chaleur

Et les chiens du canton, à chasser, n’avaient cœur.

 

Réunis chez l’Adèle, comme le voulait l’usage

Aux murs du vieux café montraient nemrods en rage.

Quand Miraut de ces lieux, trop vieux pour la battue,

Sur le sol usagé, en vain, se frottait l’ cul.

 

Un restant de crotte, une guille, c’est le nom,

Était resté collé et le rendait grognon,

Mais amusait beaucoup l’bambin de la famille

Qui s’écria bientôt : « elle est tombée la guille »

 

Juste à ce moment-là, la porte du bistrot

S’ouvrit avec ce cri : « Il est pondu le chiot »

Comment voulez-vous donc ignorer ces deux cris ?

La Guille fut  baptisé. Personne n’en fut surpris.

 

Charles Pellegrinelli, novembre 2011