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17/09/2013

Haute-Marne : un loup repéré après des attaques de troupeaux

loup,jura,prédateursHaute-Marne : un loup repéré après des attaques de troupeaux

 

(mise à jour février 2014)

 

Après plusieurs attaques de troupeaux d'ovins dans des exploitations frontalières aux confins des départements de la Haute-Marne et de l'Aube, des pièges photographiques ont été positionnés dans le secteur.  Cette fois c'est officiel, un loup a bien été photographié par l'Office de la chasse de Haute-Marne dans la nuit du 11 au 12 septembre 2013 en Haute-Marne, dans le finage de la commune de Nully à quelques kilomètres de l'Aube, près d'une bergerie vers de Soulaines-Dhuys. L'Office national de la chasse a pu prendre ce cliché de nuit, grâce à l'arrêté d'autorisation d'abattage des chiens errants lancé le 4 septembre qui est en place pendant un mois.

 

Dans cette zone, cette même nuit, une brebis a été tuée, une autre euthanasiée, et 6 autres blessées par un grand canidé. En juin, 30 brebis ont été attaquées dans ce même troupeau. 8 sont mortes, 24 ont été blessées. Fin mai et début juin, cinq attaques de troupeaux ont été recensées dans des communes voisines du département de l’Aube où un élevage a été particulièrement touché par des attaques répétées.

 

Le 13 septembre 2013, le préfet de l’Aube a décidé d'autoriser un éleveur à effectuer des tirs de défense sur la commune de Lignol-le-Château. Et les préfets des deux départements vont se concerter pour décider de la suite des opérations. Un tir d'abattage de la bête qui a tué des dizaines de brebis dans le secteur pourrait être envisagé. La préfecture de Haute-Marne a précisé que "les éventuels tirs pourront être létaux mais viseront surtout à la protection du troupeau. Ils seront effectués par des lieutenants de louveterie et non par ces éleveurs qui n'ont pas le permis de chasse".

 

Ce loup provient vraisemblement du massif vosgien.

 

Loup-Hte-Marne-450.jpg

Photo ©ONCFS 52

Janvier 2014 : Ce loup est probablement l'animal qui a été abattu d'un coup de feu dans le département de la Marne fin janvier, comme le signale Franche Nature Environnement.

08/08/2013

Le Macaque de Barbarie

Macaque de Barbarie_13_logo.jpgLe Macaque de Barbarie

Macaca sylvanus

Famille des Cercopithecidae

 

par André Guyard

(Dernière mise à jour 10/09/2013)

 

Le Macaque de Barbarie ou Macaque berbère ou Magot Macaca sylvanus est le seul macaque vivant sur le continent africain, à l'état sauvage dans les forêts relictuelles du Maroc et de l'Algérie ainsi que de manière artificielle sur le rocher de Gibraltar où il représente le seul primate d'Europe avec l'Homo sapiens.

 

Macaque de Barbarie_14-1.jpg

 

Depuis 1969, le parc de 24 ha de forêts de "la Montagne des Singes" (Kintzheim, Bas-Rhin) accueille 240 individus répartis en quatre groupes.

 

Créé en 1974, un parc similaire, "la Forêt des Singes" à Rocamadour regroupe 130 Macaques de Barbarie qui vivent également en liberté dans une forêt de 24 ha.

 

Les singes évoluent librement dans leur territoire

 

Dans le parc, les singes évoluent dans des conditions très proches de la vie sauvage. Ils disposent de grands espaces leur permettant de s'isoler du public quand ils le souhaitent. Ils sont nourris, n'ont pas à craindre les prédateurs et peuvent évoluer en toute liberté.

 

 

Comme la plupart des singes, le Magot est une espèce arboricole

 

L'activité ludique occupe une large fraction de l'emploi du temps quotidien.

 

Jeux dans les branches des arbres

 

Dans le parc, les magots sont nourris quotidiennement par les soigneurs, et le nourrissage de chaque groupe constitue un spectacle pour les visiteurs. On leur distribue, pommes, ananas, bananes, graines, etc. Mais ils ne négligent par les ressources naturelles : glands, écorces, cônes, et aiguilles de pin, champignons, bulbes, proies animales constituées principalement d'insectes.



À la recherche de graines sur le sol

 

La femelle s'occupe de son unique petit. Mais d'autres femelles, voire des mâles  peuvent cocooner les petits et les rapports sociaux s'établissent souvent par leur intermédiaire.



Femelle et son petit

 

L'épuçage est un contact social entre individus qui fédère la solidarité dans le groupe.


Une mère épuçant son jeune d'un an

 

Du point de vue éthologique, la Montagne des Singes est aussi un centre d'études. Depuis la création du parc, des scientifiques travaillent sur des programmes de recherche dont le thème principal est le comportement social du Macaque de Barbarie, espèce évoluée et organisée.

 

Une contribution importante à la sauvegarde de l'espèce car les magots font aujourd'hui partie des espèces menacées, classées en Annexe II de la Convention de Washington.

 

Un recensement récent estime aujourd'hui la population sauvage à environ 10.000 individus en Algérie et au Maroc (23.000 individus en 1978).

 

La Montagne des Singes met en œuvre un certain nombre d'actions pour contribuer à la sauvegarde de l'espèce :

 

Ø    elle sensibilise le public à la protection de ce singe en le présentant libre dans un milieu proche de son habitat naturel ;

 

Ø    elle développe une action pédagogique par l'intermédiaire de panneaux interactifs et attractifs et surtout, grâce aux explications données par des guides spécialistes de cette espèce ;

 

Ø    les populations présentes dans le parc constituent une précieuse réserve génétique ;

 

Ø    elle renforce les populations sauvages par des réintroductions de groupes entiers d'animaux. Depuis la création du parc, près de 600 singes issus de nos différents parcs ont été réintroduits dans le Moyen Atlas marocain.

 

Les autres mesures urgentes de protection de l'espèce consistent principalement à préserver les milieux naturels et limiter l'impact des hommes (surexploitation des forêts, concurrence avec les troupeaux, capture de bébés singes pour en faire des animaux de compagnie ...).

 

Les autres espèces du genre Macaca vivant principalement en Asie du Sud et du Sud-Est, le Magot peut être considéré comme l'une des formes ancestrales du rameau des macaques qui sont apparus en Afrique il y a 5,5 millions d'années. Néanmoins, sa morphologie et son écologie témoignent d'une réelle adaptation aux conditions de vie dans le Moyen Atlas et l'espèce diffère beaucoup des premiers macaques apparus.

 

Le Macaque de Barbarie présente un certain nombre d'adaptations morphologiques au froid lié à l'environnement montagnard où il vit, tempéré l'été et rigoureux l'hiver. De telles adaptations sont rares chez les primates et témoignent de la grande faculté d'adaptation des macaques. Témoin, le macaque japonais Macaca fuscata qui est capable de survivre dans une épaisse neige. Les adaptations morphologiques du magot à l'environnement montagnard hivernal consistent en

 

Ø    une réduction de la longueur de la queue et des doigts pour éviter le gel des extrémités,

 

Ø    un allongement relatif de la longueur de la colonne vertébrale par rapport aux membres qui permet de lutter contre le refroidissement en permettant une posture en boule,

 

Ø    un fort épaississement du pelage en saison froide.

 

Comme chez tous les macaques, les mâles sont plus lourds et plus puissants que les femelles, et présentent un dimorphisme sexuel quant à la longueur des canines. La femelle présente des callosités fessières qui s'allument lors de l'œstrus.

 

Les callosités fessières de la femelle

et l'arrière-train du mâle

 

Clichés et vidéos : André Guyard

 

Source :

 

Documentation du site de la "Montagne des Singes" (plaquette, projection vidéo, soigneurs).

 

Wikipedia présente un article fort bien documenté sur cette espèce.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Macaque_berbère

 

Le Macaque de Barbarie dans la nature

 

(Source : Les Mammifères du Maroc, thèse, Fabrice Cuzin)

 

Unique Primate d’Afrique du Nord, endémique du Maghreb (Maroc et Algérie), le Magot est un des rares singes à vivre dans des milieux où sévit un véritable hiver. De telles adaptations sont rares chez les Primates et témoignent de la grande faculté d'adaptation des Macaques. On en connaît un autre exemple fameux avec le Macaque japonais (Macaca fuscata), apte à survivre dans une épaisse neige. L'habitat du Macaque de Berbérie est essentiellement le milieu forestier. Chez cette espèce très sociable, les mâles ont la particularité de s’occuper longuement des très jeunes. La taille des groupes varie de 2 à 55 animaux. La discussion se poursuit quant aux fameux individus résidant sur le Rocher de Gibraltar : introduits artificiellement durant la Seconde Guerre mondiale ou vestiges de populations qui s'étaient répandues dans tout le sud de l'Europe pendant le Pliocène ? L'espèce habitait alors les côtes méditerranéennes et se retrouvait, au nord, jusqu'en Allemagne et aux Îles britanniques. La population a diminué à l'âge glaciaire et s'est éteinte sur la péninsule Ibérique il y a 30.000 ans.

 

Le Magot ne s'éloigne guère des falaises, sauf dans la forêt de cèdre où les grands arbres lui permettent de se réfugier. Dans cette région, l'espèce n'a jamais été observée à plus de 1,5 km d'une futaie, qu'elle soit constituée de chêne vert ou de cèdre. Il est donc prisonnier de ce biotope qu'il ne peut quitter même pour aller boire en été quand l'eau lui fait défaut.

 

Le Magot se nourrit en grande partie au niveau de la strate herbacée. La ressource en glands est un facteur critique, en particulier pour la période allant de juillet à décembre, où la mortalité des jeunes de l'année est maximale, et d'autant plus que le gestionnaire forestier tend à éliminer le chêne vert du sous-bois de la cédraie originellement mixte. Au niveau de la strate herbacée, le surpâturage entraîne une diminution sévère de la biomasse et de la diversité, et le magot tend à exploiter les seuls milieux où cette strate se maintient (vires inaccessibles aux troupeaux en falaise, rares pâturages traditionnellement mis en défens avant leur ouverture aux troupeaux). Dans les secteurs où cette ressource est très réduite ou a déjà disparu (cédraies du Haut Atlas oriental lors de la dernière décennie), il est devenu vain de chercher à contacter ce singe qui a succombé à la destruction de son milieu.

 

Les principales menaces qui pèsent sur le Magot sont donc :

 

- Les coupes exercées par la population locale et les coupes légales réalisées sous le contrôle de l'administration forestière qui ont fait régresser le chêne vert, généralement transformé en taillis, inutilisable par le magot, tant en terme de ressource alimentaire (les glands, dont la production est réduite, sont alors accessibles aux troupeaux), qu'en terme d'abri ;

 

- Les dérangements fréquents par les bergers (qui considèrent que l'espèce est nuisible, à cause des déprédations exercées sur les cultures fruitières et qui éloignent les singes par des jets de pierre) et leurs chiens rendent les abris (arbres élevés et falaises) encore plus indispensables ;

 

- L'appropriation des rares points d'eau par le sylvopastoralisme.

 

Face à cette dégradation, les derniers singes qui peuvent survivre sont ceux, anthropisés, qui sont nourris parce qu'ils font office d'animaux de loisirs touristico-récréatifs. Ce phénomène est bien identifiable comme le syndrome du Magot.

 

L'avenir régional du singe Magot dépend donc :

 

- Au niveau local, du maintien et du développement de ses ressources alimentaires, des actions étant indispensables à court terme ;

 

- De la régénération de la strate herbacée ;

 

- De l'arrêt des coupes de certaines futaies de chêne vert, actuellement réalisées dans des secteurs de plus en plus reculés, où se maintient souvent le Magot ;

 

- Au niveau régional, le maintien de certains groupes clés est indispensable pour assurer une continuité génétique entre divers secteurs.

 

- La mise en œuvre effective des diverses aires protégées (Parcs nationaux et SIBE) permettrait de sauvegarder certaines populations.

 

- L'aménagement de corridors, avec une régénération de la végétation (en particulier de la futaie de chêne vert).

 

Étant donné la problématique contrastée de l'espèce au niveau national, un programme national d'évaluation de l'état des populations de Magot, permettant la mise en œuvre de mesures de conservation appropriées de l'espèce et de son milieu, est indispensable, avec en particulier une évaluation démographique et génétique des diverses populations, permettant d'évaluer rapidement la vigueur de ces populations. Si le Magot est à la fois assez bien étudié et parfaitement abandonné à son triste sort en milieu de cédraie, les études en chênaie, et particulièrement en milieu pauvre, font défaut et seraient souhaitables afin de proposer d'urgentes mesures... qui ne manqueront pas d'être esquivées !

 

Et n'oubliez pas que c'est pour bâfrer de la bidoche qu'on évince le Magot de sa forêt...

12/04/2013

Chevaux comtois dans la neige

Chevaux comtois dans la neige

 

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

En balade dans le Haut-Doubs durant le week-end, j'ai pu réaliser ce cliché de chevaux comtois dans la région de Charquemont.

La neige tombée abondamment ces derniers jours offre des paysages somptueux que le soleil illumine dans un silence profond, que seul le manteau neigeux peux générer.

Symboles des paysages du Haut-Doubs , ce sont les petites loges traditionnelles enneigées qui attirent mon regard. Elles caractérisent l'activité liée à l'élevage depuis des générations et lorsque les chevaux comtois prennent la pose devant l'une d'entre elles, pas une seconde à perdre pour saisir la scène à travers l'objectif.

Delfino-hiver-comtois-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Sympathique le cochon...

Sympathique le cochon...

 

 par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Les scènes de la vie sauvage s'inscrivent principalement dans mes prises de vues, mais son regard porté sur les animaux domestiques offre quelquefois des instantanés anecdotiques.

L'image de ce sympathique animal de ferme témoigne de la relation qui peut s'installer entre l'homme et l'animal, même quand il s'agit d'un cochon.

Le bruit des grains de maïs s'écoulant dans le seau préparé par le fermier, semble particulièrement attirer l'attention de notre animal, visiblement intéressé et impatient d'en profiter.

Le temps d'une pose rapide afin de profiter de cet instant à la ferme pour un portrait hors du commun à portée d'objectif.

 

Cochon-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La carrière aux chamois

La carrière aux chamois

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

 

Bien plus que l'altitude, c'est le relief qui conditionne l'établissement du Chamois. Partout où il est présent, on remarque un relief plus ou moins accidenté. Le Chamois est désormais installé sur les espaces rocheux qui bordent la vallée du Doubs. Plus surprenant, l'implantation naturelle de populations de chamois au sein de carrières abandonnées ou encore en exploitation, offre la possibilité de l'observer dans un milieu de substitution qui semble parfaitement lui convenir.

 

Chamois-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

Tel est le cas dans le Pays de Montbéliard où plusieurs dizaines de ces mammifères regroupés en hardes ont trouvé refuge. Parfaitement à l'aise sur les pentes, ils gravissent les falaises abruptes de la carrière accompagnés de leurs jeunes, avec une agilité stupéfiante.

 

Chevreuil en herbes

Chevreuil en herbes

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

À l’affût durant plusieurs soirées dans les environs d'Abbévillers, je vous transmets cette image de Chevreuil réalisée à portée d'objectif.

La présence régulière de ces grands mammifères en début de soirée à la lisière de forêt m'incite à persévérer à l’affût sur ce secteur en espérant que les chevreuils sortent à proximité.

Alors que j'attendais les animaux à l'orée du bois, c'est par la prairie qu'un beau mâle se détache des hautes herbes sèches.

Très prudent, farouche, le chevreuil est sensible au déclenchement de mon appareil qui n'a pourtant rien de comparable avec les bruits lointains des quelques coups de feu, la chasse étant ouverte depuis quelques jours.

Quelques minutes d'attention particulière me permettront de saisir cette ambiance de soirée avant que le brocard gagne au plus vite la forêt, préférant se mettre à l'abri des prises de risque à défaut des prises de vues.

 

Chevreuil_01-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Tétée du soir

Tétée du soir

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

C'est une très belle image que l'on doit à mon ami Michel Paratte de Maiche, réalisée ces jours derniers sur le plateau du Haut-Doubs et que je souhaite faire partager cette semaine.

 

Du haut de ses 88 ans, Michel Paratte ne désarme pas. La photo animalière le conduit presque tous les soirs à l’affût en lisière de forêt. Si certains jours, les animaux ne sont pas au rendez-vous, la patience et la persévérance finiront par le récompenser et la joie manifestée par le ton de sa voix au téléphone au retour de prise de vue me fait deviner que la soirée laissa dévoiler une très belle scène de vie.

 

C'est toute la famille Chevreuil qui progressivement sort de forêt à portée d'objectif, le jeune faon profitant de la fraîcheur de la soirée pour téter sa mère, le mâle distant de quelques mètres faisant également l'objet de toute l'attention du photographe.

 

Chapeau bas, Michel ! On en redemande…

 

Chevrette-et-faon©Michel-Paratte-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La luge d'antan

La luge d'antan

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Clin d’œil de vacances à travers ce cliché réalisé dans le massif alpin du Queyras.

C'est en me promenant à la découverte du village de Saint-Véran, plus haut village de France et d'Europe (2040 mètres d'altitude), que je remarque ce chat abrité du soleil sous une vieille luge.

Plongé dans une sieste semble-t-il bien profonde, ce n'est que lors de mon approche et qu'au moment du déclenchement de l'appareil photo que le matou entrouvre un bref instant les yeux.

Rassuré et imperturbable, la chaleur aidant, même une souris s’aventurant à ses côtés ne prendrait pas beaucoup de risques !

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Cliché © Dominique Delfino

Peluche au pré

Peluche au pré

 

par Dominique Delfino

 Photographe animalier et naturaliste

 

 Trop mignon, irrésistible, la rencontre  avec ce petit âne dans les Alpes du sud s’accompagne d'une dernière séance de prise de vues imprévue en soirée

 

Au détour d'un chemin, le jeune ânon se présente dans une belle lumière de fin de journée, le cadre de la prairie offrant les conditions idéales pour mettre en scène ce qui pourrait sembler être une petite peluche.

 

Le temps au soleil de se coucher et au petit âne de se rapprocher de sa mère toujours à proximité, ce sont quelques poses attendrissantes que le jeune animal offre à mon objectif.

 

 

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Cliché © Dominique Delfino

Salut les Marmottes

Salut les Marmottes

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Par ces temps de canicule de fin juillet, je vous propose une balade en Suisse, dans le massif du Chasseral afin d'aller chercher un peu de fraîcheur à près de 1600 mètres d’altitude.

 

En compagnie d'une belle petite population de marmottes, je profite de la lumière de fin de journée pour observer ces charmants mammifères ''prendre la température'' à l'entrée de leurs terriers.

 

Comme chaque année à cette période, ce sont de jeunes marmottes qui, depuis quelques semaines montrent le bout du nez et évoluent de terrier en terrier, courant dans l'herbe à la recherche des tendres pouces dont elles sont friandes.

 

Toujours très curieux, les adultes me laisseront approcher raisonnablement, m'offrant la possibilité de réaliser l'image de ce couple quelque peu intrigué par ma présence.

 

Marmottes-Delfino.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Chevaux au repos

Auprès de leur arbre

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

C’est une image de vie reposante qui m'a inspiré ce cliché, qui pourrait ressembler à une nature morte si les chevaux n’étaient pas au cœur de cette scène de campagne à Brognard.

 

Qu’il en a vu s’écouler du temps ce vieux fruitier, abritant aujourd’hui au sein de ses vieilles branches creuses, les oiseaux qui trouvent là le biotope pour s’y réfugier ou installer leur nid.

 

Mais il reste avant tout le symbole de cette petite prairie que les chevaux semblent apprécier au quotidien, le vieux fruitier étant devenu leur repaire durant les moments de repos partagés et complices.

 

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Cliché © Dominique Delfino

Scène de vie au Kenya

SCÈNE DE VIE DANS

LE MASAÏ MARA

 

 par Dominique Delfino

photographe animalier

 

[De retour du Kenya où il animait un stage photo dans la réserve du Masaï Mara, Dominique Delfino nous fait partager cette image pleine de tendresse et de délicatesse].

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

« Remarquant une famille de lions se déplaçant dans les hautes herbes de la savane accompagnée de très jeunes lionceaux, je demande au chauffeur de prendre un peu de distance en se positionnant dans l'axe des félins, espérant que ceux-ci poursuivent leur déplacement dans notre direction.

Les jeunes lionceaux se fatiguant à travers la végétation font l'objet de toute l'attention des lionnes. Mais lorsque l'un deux peine à suivre lors d'un passage à découvert, la mère, dans la plus grande attention, saisit son petit pour le faire traverser et le conduire à l'abri, les hyènes étant les principaux prédateurs des lionceaux.

Une scène de vie dont il faut profiter pleinement tout en gardant un œil dans l'objectif ».

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La blanche hermine

La blanche hermine

 

par Dominique Delfino
photographe animalier

 

Quel contraste entre les mangoustes photographiées il y a dix jours au Kenya par plus de trente degrés et les moins dix degrés près de Villers le lac la semaine dernière.

 

Deux hermines font l'objet de mes observations. Au petit matin, je surveille une pâture enneigée, les traces dans la neige et les terriers signalent la présence de l'hermine.

 

Patience, mais quel spectacle lorsque la petite tête apparaît dans la neige, scrute les environs et, soudain se met en chasse avec une agilité et une rapidité stupéfiante. Ses proies: ce sont les campagnols et les mulots qu'elle est capable de détecter sous la neige. Pendant près d'une heure le petit mustélidé court, saute, bondit, vole sur la neige, va et vient puis, soudain réapparaît avec une proie avant de disparaître dans son terrier.

 

Entièrement blanche en hiver à l'exception de l'extrémité de sa queue noire, l'hermine commence sa mue dès la mi-mars pour retrouver sa couleur brune d'été juste avant la saison des amours.

 

Un moment de pure bonheur que ces instants de nature libre…

 

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Clichés © Dominique Delfino

 

Mangoustes rayées en alerte

Mangoustes rayées en alerte

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

J'évoquais la semaine dernière le contraste de température entre mes prises de vues d'hermines dans la neige du Haut-Doubs et les images de mangoustes réalisées dernièrement au Kenya.

 

Si le sujet présente quelques similitudes dans l'attitude avec l'hermine du point vue technique photo, le comportement et la vie sociale de la mangouste rayée est totalement différent. Ce petit mammifère (l'une des plus grandes mangoustes africaines), principalement insectivore, vit en groupe constitué quelquefois de plusieurs dizaines d'individus au sein d'une grande famille.    

    

Toujours en quête de territoire, les mangoustes s'imposent dans leurs déplacements à d'autres populations. Dressées sur leurs pattes arrières, elles surveillent les environs immédiats, les prédateurs pouvant surgir du sol comme du ciel, les rapaces étant nombreux.

 

Beaucoup plus petite, d'une taille rappelant celle de l'hermine, la mangouste naine me permit également de profiter de très belles observations accompagnées de quelques photos sur le comportement  de cette très belle espèce.

 

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Cliché © Dominique Delfino

Mignon éléphanteau

Mignon éléphanteau

 

par Dominique Delfino,

photographe animalier

 

Au cours de mon récent séjour au Kenya (Masaï Mara), parmi les nombreuses rencontres avec la faune locale, j'ai pu observer des éléphants de savane, un moment d'intense émotion face à cet animal symbole de l'Afrique. Les très grands troupeaux d'éléphants ont aujourd'hui disparu du continent. Le braconnage lié au commerce de l'ivoire et la réduction progressive de son habitat sont les causes principales de son déclin.

 

Il est encore possible de croiser le chemin de groupes plus ou moins nombreux de ce mammifère à la vie sociale très structurée.

 

L'éléphant est le plus grand animal terrestre mesurant en moyenne quatre mètres à l'épaule et pesant approximativement près de huit tonnes.

 

L'observation d'un tout jeune éléphanteau très joueur sous l'attention permanente de sa mère, demeure alors un moment d'émerveillement dont on ne se lasse jamais, et qui nous laisse espérer sur le devenir de cette espèce considérée comme menacée aujourd'hui.

 

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Cliché © Dominique Delfino

11/04/2013

Terre de renards

Terre de renards

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le Haut-Doubs est actuellement le terrain de prédilection que j'affectionne tout particulièrement avec l'observation et le suivi de terriers de renards.

La rigueur de l'hiver a retardé la reproduction de ce mammifère que l'on pouvait observer facilement chasser sur la neige, les campagnols se faisant plus rares durant cette longue période hivernale.

Malgré les conditions météo déplorables de ce printemps 2013, les premiers renardeaux montrent leurs museaux depuis une   quinzaine de jours.

Par grand soleil, les renardeaux savourent de très longs moments à l'extérieur de leur terrier, découvrant leur environnement au cours de scènes de jeux extraordinaires. Souvent épuisés, les renardeaux regagnent leur terrier en fin de journée, me laissant l'opportunité de réaliser de nombreux clichés.

 

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Clichés © Dominique Delfino

 

Une vidéo intéressante : le renard chassant sous la neige.

 

La chasse au renard : Au plus près d’une battue au renard

Curieuses les vaches !

Curieuses les vaches !

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Petit clin d’œil que cette image réalisée dimanche après-midi aux Terres de Chaux.

Le soleil tant attendu est au rendez-vous. J'en profite pour contempler les paysages de printemps et les cerisiers en fleurs dans la côte qui domine la vallée du Doubs après le village de Bief.

Au détour d'un chemin, alors que je m'attarde en prises de vues, quelques vaches se regroupent et concentrent toute leur attention sur mon activité. La curiosité dont elles font preuve, les place dans une situation amusante me laissant le temps de retourner mon objectif sur le petit troupeau et de figer cet instant de balade printanière.

Le temps des bourgeons

Le temps des bourgeons

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le printemps est bien là, même si les températures de ces derniers jours nous font encore douter. La nature a néanmoins profité des journées très ensoleillées de la semaine dernière favorisant l'éclosion spontanée des bourgeons et des feuilles en forêt.

Très friands de cette végétation qui s'offre à eux après l'hiver, les chevreuils trouveront là une réserve de nourriture presque inépuisable.

Chaque année, au printemps, des chevreuils se retrouvent en ville après avoir consommé des bourgeons gorgés de sève qui les enivrent en fermentant dans leur estomac. Désorientés, titubants, ils se trompent alors de chemin…

Le cliché que j'ai pu réaliser lors de cette rencontre avec ce brocard en forêt témoigne de l'intérêt que celui-ci manifeste pour ces feuilles tendres qu'il consommera jusqu'à les cueillir au plus haut des branches sans trop se préoccuper de ma présence discrète.

 

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Cliché © Dominique Delfino

Quand la forêt résonne

Quand la forêt résonne

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

L'automne revêt un caractère particulier lorsque la forêt résonne du brame du Cerf.

 

Durant plus d'un mois à cette période de l'année, saison des amours pour le plus grand de nos cervidés, animant les grands massifs forestiers de nos régions.

 

À l'apogée de leur excitation, le comportement des mâles demeure un spectacle extraordinaire. Afin de s'imposer sur son territoire, le Cerf avertit de sa présence en bramant, intimidant et défiant les autres mâles.

 

Particulièrement actif très tôt le matin et en soirée, il vous plonge dans une ambiance unique et nombreuses sont les animations découvertes à l'écoute du brame du Cerf.

 

Le parc de Sainte-Croix en Lorraine compte parmi les endroits où l'on peut découvrir, observer et surtout profiter de cette période amoureuse dans d'excellentes conditions pour le plus grand bonheur des enfants et des plus grands. Sans oublier son appareil photo !

 

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Cliché © Dominique Delfino

19/03/2013

Le nouveau Plan Loup : un plan de chasse d’une espèce protégée ?

Le nouveau Plan Loup :

un plan de chasse d’une espèce protégée ?

 

par Pierre Athanaze,

Président de l’ASPAS

 

Le nouveau « Plan Loup » 2013-2017 a été présenté dans une version  presque finalisée le 22 février 2013, lors de la réunion du Groupe National Loup qui réunit les ministères de l’Écologie, de l’Agriculture et les acteurs concernés par le dossier loup. Ce nouveau plan prévoit le tir de 24 loups pour la période 2012-2013 et enfonce le dossier loup dans une dérive inacceptable.

 

Une confirmation a minima des obligations de protection du loup


L’État réaffirme heureusement certaines évidences fondamentales :

1/ le loup reste une espèce protégée,

2/ il faut permettre la progression de l’espèce,

3/ il faut lutter contre le braconnage,

4/ l’interdiction de tir des loups est maintenue dans le cœur des parcs nationaux et des réserves naturelles. Heureusement ! Car le contraire serait à la fois extrêmement grave pour la protection de la biodiversité, et ne respecterait pas les obligations légales de la France par rapport à ses engagements européens (Directive Habitat Faune Flore, Convention de Berne).

 

 Le refus d’une vraie cohabitation entre le loup et le pastoralisme ?


Ce nouveau plan va dans le sens d’une déresponsabilisation des éleveurs et ne propose rien de satisfaisant pour améliorer réellement la cohabitation entre le loup et le pastoralisme. Des troupeaux domestiques pourront être déclarés « non protégeables » par leurs éleveurs ! Pourtant ces troupeaux non gardés par des chiens, des clôtures ou des bergers sont très attractifs pour des prédateurs. La prédation par des loups ou par des chiens continuera donc, et la situation ne fera qu’empirer. Quant aux « tirs de prélèvements », ils devraient tout simplement être abolis car ils n’ont rien à voir avec la protection des troupeaux : ces tirs consistent à tuer un loup possiblement très loin du bétail, sans rapport avec la prédation.

 

 

Loup-E.Balança 

Un véritable plan de chasse du loup


Le nombre maximum de loups pouvant être tué chaque année a doublé, et pourra encore être augmenté régulièrement suivant l’augmentation de la population de loups. Tous les moyens sont mis pour atteindre ce plafond annuel : des « tirs de défense renforcés » avec plusieurs tireurs, possiblement plus loin des troupeaux qu’auparavant, et la mobilisation maximale des chasseurs. Cette politique s’apparente à un véritable plan de chasse, comme pour une espèce gibier !

 

 

La dérive inquiétante des missions confiées à l’ONCFS


L’Etat demande à l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) de former des chasseurs à la destruction du loup, une espèce protégée ! Cette mesure est scandaleuse. Rappelons que la mission officielle de l’ONCFS est de protéger la biodiversité. 

 

Le loup est encore le bouc-émissaire facile d’une filière ovine confrontée à des difficultés économiques infiniment plus vastes. Ce nouveau « Plan loup » apparaît comme une occasion manquée d’œuvrer à une réelle cohabitation entre le loup et le pastoralisme. C’est un gâchis aberrant, indigne d’une vraie politique de protection de la biodiversité.

 

Contact presse : Pierre Athanaze, Président de l’ASPAS : tél. 06 08 18 54 55

Pierre Rigaux SFEPM – LPO PACA : tél. 06 84 49 58 10


 

Associations signataires :  Animal Cross, ASPAS, AVES France, Écologie sans frontière, Fondation Brigitte Bardot, LPO PACA, LPO Rhônes-Alpes, Mille Traces, One Voice, Sauvegarde Faune Sauvage, Sea Shepherd France, SFEPM, SPA, Tendua.

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

 

Ajout du 26 août 2014 :


Clientélisme et populisme sont les 2 mamelles...

 par Marc Laffont, le 6 juin 2014



Le 29 mai 2014, en réponse à une question du sénateur Roland Povinelli (qui doit se sentir seul dans cet univers anti-nature qu’est le Sénat...) restée sans suite pendant un an, madame la ministre de l’écologie a laborieusement admis que 93 % des indemnisations l’ont été sur la base suivante : "cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue".


Ce qui signifie que seuls 7 % des constats ayant conduit à une indemnisation sont incontestablement le fait du loup. Pour les (très nombreux) autres constats, il y a doute.


  Et c’est donc sur cette base de 93 % de doute que l’actuel gouvernement décide de programmer l’abattage de 24 + 12 = 36 loups sur une population estimée entre 220 et 380 individus. Soit entre 9,5 et 16,5 % de la population.


Évidemment, aucune précision n’est fournie pour indiquer ce que seront les critères retenus pour porter de 24 à 36 les loups pudiquement "prélevés"...

 

On peut imaginer que cela dépendra par exemple du degré d’énervement des anti-loups les plus virulents. Lesquels ne risquent pas de se contenter de 24 loups. Ni de 36. Ni de 48 ou même 64 d’ailleurs, vu que leur objectif est de ramener la population de loups en dessous du seuil de viabilité.


L’ours dans les Pyrénées est là pour montrer qu’une petite population est bien suffisante pour générer quantités de subsides publics supplémentaires pour les éleveurs allergiques à la Nature. L’État étant tenu de respecter ses engagements, l’argent coule à flot, sans pérenniser pour autant la population d’ours.


À l’instar des anti-ours, avec lesquels ils sont d’ailleurs en étroite relation, les anti-loups rêvent eux aussi de pouvoir tenir l’État par les parties intimes... Mais Canis lupus est peu enclin à servir de faire valoir, l’infâme...

 

Revenons à ces arrêtés.

 

Puisqu’il est d’ores et déjà prévu d’occire un certain nombre de loups, il convient, a minima, que la France reste dans les clous de la directive Habitats. Les finances du pays n’ont pas besoin d’une énième condamnation pour non respect du droit environnemental européen...


Cela sous-entend un certain nombre d’exclusions de situations d’abattage.



Tout d’abord, il n’est pas pensable d’envisager un tir létal dans une zone où le loup ne fait que timidement son retour.  Exit donc l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, les Bouches du Rhône, la Haute-Marne, la Meuse, les Pyrénées Orientales, la Haute-Saône...

 

Tirer des loups en dehors de la présences des troupeaux est une aberration qui n’a que fort peu de chances de porter sur LE loup qui aurait (peut être) attaqué un troupeau, il y a plusieurs semaines, à X km du lieu du tir...


De même, si un tir doit quand même être décidé pour calmer quelques esprits (mais sans résoudre quoi que ce soit au problème...), il faut impérativement qu’il soit effectué sur un loup EN SITUATION EFFECTIVE D’ATTAQUE, et sur un troupeau où les moyens de protection ont été EFFECTIVEMENT ET CORRECTEMENT mis en place.



Le gibier bénéfice d’une période de quiétude durant laquelle il n’est pas chassé, pour permettre la reproduction et l’élevage des jeunes. Il serait particulièrement incongru qu’une espèce comme le loup, strictement protégée et à ce titre inscrite à l’annexe II de la directive "Habitats", ne bénéficie pas, a minima, de la même faveur, le loup n’étant pas soumis à un plan de chasse mais seulement passible de tirs dérogatoires exceptionnels. Il est donc proprement scandaleux que des tirs létaux puissent être programmés en mai et juin, période d’élevage de la plupart des louveteaux.
Dans le cas contraire, ce serait l’aveu d’une volonté délibérée de régulation d’une espèce strictement protégée. Les associations les plus en pointe en matière de sollicitation des tribunaux pourraient donc d’ores et déjà se frotter les mains...



Le gouvernement gagnerait en crédibilité en limitant la liste des tireurs potentiels à des professionnels patentés, comme l’ONCFS. Et donc en excluant les pratiquants d’un loisir mortifère, dont le principal fait d’armes depuis 40 ans est d’avoir organisé la multiplication du cochonglier au delà des capacités de gestion par ses adeptes...

 

L’écran de fumée des tirs de loups ne pourra pas indéfiniment reculer la question de la mise en place d’une assurance-prédation, englobant TOUTES les causes, et dont le montant de la cotisation serait d’autant plus bas que les moyens de protection, financés par l’État et le contribuable, seraient le plus efficacement mis en place.

La seule solution durable pour le pastoralisme, c’est cette incontournable mise en œuvre efficace des mesures de protection qui restreindront l’accès au troupeau, que ce soit pour le loup ou tout autre prédateur à 2 ou 4 pattes.

 

Plus globalement, tous les tirs et toutes les éradications du monde ne changeront rien à ces quelques statistiques implacables :



- La production de viande ovine française a été divisée par 2 entre 1983 et 2013.
- La consommation de viande ovine par habitant a presque été divisée par 2 entre 1994 et 2013.
- L’approvisionnement en viande ovine en France est assuré à plus de la moitié par les importations (GB, NZ, Irlande, Espagne...).
- Le taux de pénétration de la viande ovine en France est tombé à 56 % en 2010. On attend la prochaine évaluation, prévue normalement pour fin 2014...
- Les plus de 65 ans représentent 40 % des volumes achetés, les - de 35 ans, 5 % seulement.
- Le coût de revient moyen de l’agneau français est de l’ordre de 12 € le kg, alors que le prix payé au producteur est d’environ 6 €/kg, ce qui est pourtant le plus élevé des pays producteurs d’Europe.
- Pourquoi un tel écart ? Parce que la productivité numérique par brebis est de 0,7 agneau, ce qui est une trop faible technicité pour espérer rentabiliser un élevage ovin viande.

Pour finir, la conséquence des point précédents : la dépendance aux subventions est devenue apocalyptique.

Vu que ces arrêtés concernent essentiellement les zones pastorales, tenons nous en au montant des subventions versées dans cette zone : un élevage de 460 brebis nécessite (chiffres 2012) 52 400 € de subventions/an, pour induire la production de 33 200 € de viande ovine et générer 18 100 € de revenu pour l’unique unité de main d’œuvre que parvient à "rémunérer" une exploitation de 460 brebis.

Nul doute que l’abattage de 36 loups va fondamentalement modifier cet "équilibre".



 Source : la buvette des alpages

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

08/03/2013

Retour du Loup dans les Vosges

Loup-Vosges-logo.jpgRetour du Loup dans les Vosges

 

 

par André Guyard

 

 

(dernière mise à jour : 03/09/2014)

 

 

Au cours des dernières décennies, les journaux s'étaient fait l'écho de la possible présence du Loup dans le Massif vosgien, "la Vôge" et dans le sud du Plateau lorrain. En 1977 déjà, les récits sur "la bête des Vosges" étaient rapportés sans que les investigations ne puissent statuer définitivement sur l'identité de l'animal en question.

 

Le début des années 90 marquait le retour du loup en France par le sud-est avec des observations visuelles dans le Massif du Mercantour, mais aussi la découverte d'une dépouille dans les Hautes-Alpes, correspondant probablement à un loup qui occasionnait des dégâts depuis plusieurs mois. La colonisation était donc déjà en marche, et déjà le Massif vosgien n'était pas en reste puisqu'un loup, de souche italienne, était abattu en novembre 1994 à Senonges, localité située à l'ouest du département des Vosges sur le Plateau lorrain, dans la région de Vittel.

 

Alors que le Loup a fait sa réapparition dans le massif du Jura (voir Le Loup de retour dans le massif jurassien), il s'est donc à nouveau installé dans les Vosges. Combien d’individus sont aujourd’hui présents ? Le Groupe d’Étude des Mammifères de Lorraine (GEML) et le groupe "massif vosgien" de l’association FERUS concluent à la présence "d’au moins trois loups dans les Vosges, deux à l’Est sur le territoire de La Bresse, et un à l’Ouest sur le secteur de Grand et cela depuis le printemps 2001 si l'on fait état de quelques témoignages, des clichés réalisés par piège photographique et des attaques sur des troupeaux d’ovins dans les Vosges. Des conclusions confirmées par les expertises de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

Ainsi, quinze années après le retour du Loup dans le Mercantour, suite au développement de ce processus de colonisation essentiellement axé du sud vers le nord, le loup s'installe en Zone de Présence Permanente (ZPP) dans les Hautes-Vosges dans un secteur de moyenne montagne principalement à cheval sur les départements des Vosges (88), du Haut-Rhin (68), de la Haute-Saône (70) (Cf carte ci-dessous).

 

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Désormais en 2014, la présence du Loup est avéré dans les départements voisins des Vosges, Meuse, Moselle, Haute-Marne…

 

VOSGES

 

Année 2011

 

En avril 2011, au Ventron dans les Vosges, un ou plusieurs prédateurs ont tué 23 moutons, en trois attaques. Sur les lieux, un loup avait été photographié par un appareil photo automatique (voir cliché ci-dessous).

 

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Loup des Vosges (juillet 2011) (Cliché DR)

 

La photo prise en juillet 2011 montre bien un loup mâle et les agressions de troupeaux se poursuivent. Rien encore cependant permettant de trancher sur le nombre de grands canidés. Selon le GEML et FERUS, la présence d’un nombre important de proies faciles d’accès entraîne un réflexe chez les carnivores de "sur-chasse" ou "over-killing". Le plus important consiste donc à évaluer la quantité de viande consommée et non le nombre d’animaux attaqués. D’après les analyses, elle restait ici assez faible, environ 5 kg en moyenne, soit la ration d’un seul loup.

 

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Loup des Vosges (juillet 2011)

(Cliché DR-Républicain Lorrain)

 

Désormais, le bilan est le suivant : depuis le début du mois d'avril 2011, des attaques répétées sur troupeaux domestiques sont enregistrées sur huit communes situées en périphérie de la vallée de La Bresse (88). Au total, 15 exploitations différentes sont concernées, pour 136 victimes constatées. La dernière attaque a eu lieu le 05 décembre 2011, sur la commune de Thiéfosse (88), alors  que la majorité des autres troupeaux étaient déjà rentrés en bergerie depuis deux mois.

 

Année 2012

 

Les premières chutes de neige ont permis de détecter à nouveau la présence de l'espèce : fait nouveau, à au moins trois reprises, des dédoublements de piste sont observés ainsi que des déplacements parallèles qui confirment cette fois la présence de deux individus. Ainsi, le 13 décembre 2011, une piste de loup traverse le versant ouest du massif du Ballon d'Alsace ; le 27 décembre 2011, sur le versant alsacien, des chasseurs de la vallée de Munster (68), découvrent la présence d'une jeune biche consommée en totalité. Les indices relevés sur la carcasse, les empreintes et les pistes suivies sont caractéristiques du loup. Le lendemain matin, une autre piste fraîche retrace le déplacement du loup sur environ huit kilomètres, à proximité de la crête sommitale. Des conditions météo favorables s'installent enfin, avec une stabilité du manteau neigeux, qui permettra de suivre entre le 14 et le 16 janvier 2012, une nouvelle piste située au sud du massif de la forêt du Bonhomme (88). Sur plus de six kilomètres, les empreintes bien marquées mais qui datent probablement de 24 à 48 heures, comportent tous les critères qui correspondent à une piste de deux loups. Après avoir chassé sans succès, dans une zone de régénération forestière dense, les animaux se sont déplacés vers l'est et c'est finalement le manque de neige à basse altitude qui a interrompu le suivi. (A. Laurent / ONCFS Animateur Réseau LL massif vosgien).

 

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Cliché A. Laurent ONCFS 16 janvier 2012

 

Cette piste de deux loups suivie dans la neige, toujours sur le massif vosgien des traces rectilignes caractéristiques du déplacement lupin contrairement au déplacement en zigzag du chien. Selon le GEML et FERUS, « Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un loup peut quitter cette piste commune, ce qui forme un aiguillage et ainsi renseigner sur la présence de plusieurs individus. D’où la conclusion qu’un deuxième loup, au moins, est arrivé pendant l’hiver, vraisemblablement au cours de décembre. »

 

Le 21 janvier 2012, une nouvelle attaque aurait eu lieu dans les Vosges à Baudimont sur les hauteurs de Saulxures-sur-Moselotte. Alors que les moutons passent engénéral l'hiver dans les bergeries, certains élevages laissent les ovins vaquer à l’extérieur avec un seul abri pour la nuit. C'est ainsi qu'une brebis gestante aurait été victime de deux loups. En effet, deux traces distinctes ont pu être identifiées dans la neige, preuve irréfutable de la présence de deux canidés. En recoupant ses propres observations et les différents signalements de la présence des grands canidés, un naturaliste passionné : Jean-Luc Valérie, a établi l'aire de répartition des loups dans les Vosges. La zone couvrirait 55 000 ha du col du Bonhomme à Fresse sur Moselle et de la route des Crêtes, côté alsacien jusqu'à Rochesson. (voir l'ouvrage "le Retour du Loup en Lorraine", par Jean-Luc Valérie, Ed. Gérard Louis, octobre 2010 et suivre la progression du Loup en Vosges-Lorraine sur le blog de Jean-Luc Valérie).

 

Au printemps 2012, ont lieu des attaques sur des troupeaux d’ovins dans le secteur de Grand, toujours dans les Vosges, mais à plus de 100 km de là où les loups avaient été repérés. Pour le GEML, on peut "supposer qu’il s’agit d’un jeune individu encore inexpérimenté dans la chasse, puisque l’over-killing est très fort". Un troisième individu donc, arrivé récemment, "tandis que les agressions toujours recensées dans le secteur de La Bresse font penser que les deux autres individus sont toujours ensemble".

 

Désormais, on en sûr : l’un des deux loups est une louve : le typage génétique réalisé sur les excréments, poils et urines récoltés sur le terrain identifie une femelle, par ailleurs jamais détectée auparavant dans la base de données nationale de suivi du loup, explique Anthony Kohler de l’association FERUS, qui, avec le Groupe d’étude des mammifères de Lorraine (GEML), se penche sur la réinstallation du grand canidé dans la région.

 

À l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans les Vosges, Benoît Clerc confirme l’information. "En janvier dernier, dans la neige, nous avons eu la certitude qu’un deuxième loup avait rejoint le premier", poursuit le spécialiste de l’ONCFS. Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun en effet met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un animal peut la quitter, ce qui forme alors un aiguillage et renseigne ainsi sur la présence de plusieurs individus. Benoît Clerc indique que c’est sur cette piste qu’ont été prélevés des échantillons d’urine, envoyés dans un laboratoire spécialisé, près de Grenoble, aux fins de séquençage. Cet examen a permis de confirmer non seulement qu’il s’agissait bien d'un loup, mais surtout d’une louve !

 

Pour FERUS et le GEML, "cela signifie qu’il y a potentiellement un couple dans les Vosges. Mais ne sachant pas si ces loups se sont reproduits, on ne peut pas encore affirmer la présence d’une meute sur le massif, une meute étant constituée d’un couple mature et reproducteur".

 

Benoît Clerc, à l’ONCFS, estime que c’est aller un peu vite en besogne. "À l’heure actuelle, la seule certitude, c’est qu’en janvier dernier, il y avait bien deux loups, dont une femelle. Rien ne dit qu’ils sont toujours ensemble, faute de nouvelles analyses ou de constatations sur le terrain. Et pour le premier, nous n’avons à ce jour aucune analyse génétique établissant qu’il s’agit d’un mâle. Les prélèvements d’excréments réalisés n’ont pas abouti à un résultat. Le seul indice faisant penser à un mâle, c’est la photo prise au col du Bonhomme en 2011."

 

Pour FERUS et le GEML, il ne fait aucun doute que "la présence de loups durant deux hivers consécutifs est avérée, permettant de mettre en place une Zone de Présence Permanente". Laquelle devrait entraîner l’activation de plusieurs dispositifs prévus par la réglementation, dont le Réseau loup constitué sur le même modèle que le Réseau lynx, géré par l’ONCFS, avec correspondants formés à la biologie et à l’écologie, mais aussi capables d’identifier les indices de présence de l’animal dans la nature afin de suivre au mieux l’évolution de la population dans le massif", disent les deux associations de protection de la nature, FERUS ayant demandé par ailleurs d’intégrer le Comité départemental loup.

 

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Un des derniers clichés réalisé en juin 2012

à Avranville (88) par un piège photographique,

installé dans le cadre

du dispositif de surveillance déployé

par FONCFS SD88, dans le département des Vosges.

Photo ONCFS SD88 - CROC ©

 

Les clichés réalisés grâce au suivi par pièges photographiques montraient la présence d'un mâle (observation du pinceau pénien). Il est cependant encore trop tôt pour parler de « meute » dans la mesure où l'on ne sait pas si ces animaux sont tous deux matures. Le suivi estival 2012 sera donc une priorité pour le réseau dans ce massif pour suivie l'éventuelle évolution de cette ZFP en meute ("Quoi de neuf ?" n° 27).

 

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Enfin, l'année 2012 révèle de nouveaux éléments au travers des constats d'attaques et autres indices de présence collectés à l'ouest du département des Vosges (Cf. Carte plus haut). En effet, un nouveau foyer de dommages apparaît au printemps et les attaques se succèdent sur les troupeaux d'ovins dans différentes communes situées à l'ouest de Neufchâteau, à 90 km en ligne droite des Hautes-Vosges. Des échantillons biologiques (excréments, poils) ont été collectés et sont en cours d'analyses. Trois clichés différents, pris à l'aide de pièges photographiques attestent de la présence de Canis lupus sur les communes de Midrevaux (88) et Avranville (88).

 

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La mise en place conjointe de la cellule de veille avec l'ensemble des partenaires, services de l'État, monde agricole et cynégétique, concourt à l'efficacité du dispositif de vigilance qui vise à collecter et à vérifier toutes les informations disponibles en matière de présence du loup.

 

Hautes-Vosges (83 - 68 - 70) : L'enneigement assez régulier au-dessus de 1000 mètres d'altitude au cours de l'hiver a permis un suivi soutenu. Au total, 16 indices de présence ont été collectés principalement sur les contreforts ouest/sud-ouest, et sur le versant alsacien des Hautes Vosges. Un animal a été suivi durant 27 km, entre les communes de Ventron (88) et Le Bonhomme (68).

 

C'est en deuxième moitié d'hiver que la présence de deux individus a été documentée sur le sud du massif Vosgien. Plusieurs analyses génétiques confirment la présence de l'espèce en zone limitrophe des trois départements des Vosges, de la Haute-Saône et du Haut-Rhin. Un échantillon d'urine collecté en janvier 2012 a également permis d'individualiser une femelle, en plus donc du mâle mis en évidence par photographie. Par conséquent, les Hautes Vosges sont classées en Zone de Présence Permanente (ZPP).

 

Aucun relevé de terrain ne fait état de plus de deux animaux détectés ensemble, le statut de ce groupe (meute potentielle ou pas) reste à documenter dans la mesure où ou ne connaît pas l'état des individus détectés en terme de maturité sexuelle.

 

En conclusion, les deux hivers consécutifs (2010-2011 et 2011-2012) de présence de l'espèce dans les Vosges attestent d'une territorialisation de l'espèce sur ce massif. Les limites de territoire restent cependant encore floues dans la mesure où cette nouvelle ZPP n'est encadrée par aucune autre meute concurrente. Il ne sera donc pas étrange de trouver des indices à distance du cœur connu de cette ZPP, centrée autour des communes de Ventron, Corimont et La Bresse.

 

Chiens patous vs loups

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, président du syndicat ovin des Vosges est le porte-parole des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup. Son exploitation a subi de nombreuses attaques : l’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. (Est Républicain Lorraine, 31/07/2012)

 

Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. "Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu", comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous. Sans se faire d’illusion toutefois : "Quand le loup aura proliféré et qu’il y en aura à profusion, les chiens ne suffiront plus. Plus aucun moyen de protection ne sera efficace".

 

Le bilan en 2013

 

Trois loups, dont un couple qui a donné naissance l'été 2013 à des louveteaux, ont été identifiés depuis avril 2011 dans le massif forestier des Vosges. Fin août 2013, suite à une opération de comptage de loups « par hurlements », l'Office national de la chasse et de la faune sauvage a confirmé la présence de louveteaux dans le massif. Ces derniers se trouvaient dans la zone de présence permanente des Hautes-Vosges, plus précisément dans le département du Haut-Rhin. C'est donc en toute logique que le préfet a annoncé que quatre traces bien distinctes de loups ont été trouvées ces derniers jours, toujours du côté alsacien, en pleine forêt. Il s'agit certainement du couple et de ses deux louveteaux.

 

Dans les Vosges, les loups auraient tué 139 ovins en 72 prédations en 2011, puis 80 en 40 attaques l'année suivante. Seuls des tirs de défense ont été autorisés par le préfet en 2013.

 

Au niveau national, le nouveau "Plan loup" 2013-2017 entré en vigueur au printemps prévoit que 24 loups pourront être prélevés sur une population de 250 animaux.

 

Voir également dans le même blog, l'article : se protéger des attaques du loup.

 

Année 2013-2014

 

MEUSE

 

24 janvier 2013

 

Pour certains spécialistes, avec les empreintes relevées le 24 janvier dans la neige, l’animal signe son retour.  Le loup serait-il en Meuse ? (Philippe Marque, Est Républicain Meuse)

 

Jean-Luc Valérie est formel. Les empreintes qu’il a relevées le 24 janvier dernier, dans la neige, sur les hauteurs de Ligny-en-Barrois, sont celles d’un loup : « Je suis parti d’un témoignage d’une personne qui s’entraînait sur ce secteur avec des chiens de traîneau et affirme avoir été suivie par un loup. En remontant les traces de son attelage, je suis tombé sur une piste différente, sur environ 30 mètres. Le reste avait été effacé par le vent. Sur les empreintes, j’ai pu distinguer que les postérieurs étaient posés dans les antérieurs et qu’il y avait une marque tous les 30 centimètres. Pour moi et les spécialistes avec qui j’en ai discuté, il s’agit d’un loup. »

 

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Passionné par l’animal et auteur d’un livre sur la question, ce naturaliste lorrain, qui agit sous un pseudonyme, est très loin de faire l’unanimité. Y compris au sein même de son propre milieu. Son blog et ses jugements souvent qualifiés de « légers et à l’emporte-pièce » agacent.

 

Une dizaine de témoignages

 

Face à ces affirmations, l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), qui n’a pu voir à temps les traces évoquées par le naturaliste, conserve la plus grande prudence : « Nous savons qu’on n’échappera pas au passage du loup dans notre département. Sa présence est avérée à quelques kilomètres de notre territoire, dans l’ouest vosgien. Nous nous sommes formés pour faire face à cela et nous sommes en vigilance. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons réalisé aucun constat pouvant conclure à la présence du loup en Meuse », assure Frédéric Rozet, responsable départemental de l’ONCFS.

 

Depuis la fin de l’année 2011, l’Office a enregistré une dizaine de témoignages d’observations visuelles mais rien de très probant. En mai dernier, l’affaire d’un veau, tué puis dépecé dans un champ, à Contrisson, avait déjà laissé planer un voile de suspicion. Mais là encore, l’ONCFS n’y croit pas : « Cela fait plusieurs années que la présence de bandes de chiens errants sur ce secteur est avérée. Par ailleurs, les spécialistes n’ont pas été missionnés assez tôt pour pouvoir mener des analyses efficaces sur le cadavre. »

 

À l’heure actuelle, en Lorraine, les sources officielles ne reconnaissent que deux foyers. Le premier se situe dans le massif vosgien où la présence de deux individus a été attestée. Le second dans la plaine vosgienne, non loin de Neufchâteau, où sévirait un seul loup. Alors que ce naturaliste, souvent accusé de brûler les étapes, évalue pour sa part au nombre de six les foyers de loups dans l’Est de la France. Il y ajoute la Meuse, au sud de Bar-le-Duc ; le Haut-Rhin à l’ouest de Mulhouse ; la Haute-Saône au nord de Lure ; et enfin la Haute-Marne, au nord-ouest de Chaumont. Et promet un printemps sanglant dans les élevages lorrains, bourguignons et champenois.


6 mars 2013

 

Genaro Garcia dit avoir vu le loup en effectuant une promenade en chiens de traîneau au-dessus de Ligny-en-Barrois. (Sébastien GEORGES, Est Républicain Meuse).

 

La question est tabou dans la Meuse. Les chasseurs n’en parlent pas même si certains affirment l’avoir cherché autant que les sangliers dans les forêts frontalières des Vosges. Selon l’Office national de la chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), il n’y a pas de présence avérée du loup et les faits suspects sont attribués à des chiens errants.

 

Genaro Garcia a un autre regard. Employé d’une entreprise de Bar-le-Duc, ce père de famille est passionné de nature, de faune et de chiens. Il connaît les animaux de la forêt, aime les observer sans faire une fixation sur le loup malgré les rumeurs.

 

Le 21 janvier, alors qu’il effectuait une sortie en chiens de traîneau avec son mâle, un malamute et sa femelle, un husky, il affirme avoir vu le loup. Il n’a aucun doute. « Cette année, avec la neige abondante, j’ai pu sortir régulièrement mon traîneau avec mes deux chiens sur le plateau de Ligny-en-Barrois. Je pars seul avec une lampe frontale sur des champs et des chemins forestiers. J’ai un circuit, toujours le même et mes chiens le connaissent par cœur. Les seuls bruits sont le glissement du traîneau, ma respiration et celles de mes chiens. Ce soir-là, en lisière de forêt, j’ai entendu craquer dans le bois. Ma femelle s’est arrêtée aux aguets, dans un comportement inhabituel et mon mâle a voulu repartir. Il avait peur. Cela s’est reproduit plusieurs fois après être reparti. Dans un champ, c’est la glace derrière moi qui a craqué. Je me suis retourné et malgré la portée limitée de la lampe frontale, j’ai pu distinguer un animal qui n’était pas du gibier. »

 

Genaro Garcia se sent suivi. « Plus loin, quand je me suis mis à courir pour aider mes chiens, j’ai senti que la bête se rapprochait. Mon mâle avait toujours peur et ma chienne très intriguée s’est encore arrêtée en se retournant. Je suis allé au devant et j’ai vu le loup fuir vers la forêt. Nous avons rejoint ma voiture et mes chiens étaient toujours très nerveux. J’ai mis les pleins phares vers la forêt. Un peu plus loin, j’ai vu un loup d’une trentaine de kg avec son nez pointu, sa queue droite, ses yeux brillants faire des allers-retours ».

 

Le lendemain, Genaro Garcia y est retourné avec plusieurs lampes. Il a fait des photos des traces sans revoir le loup. Sa conviction a été renforcée par la comparaison des traces avec celles laissées par ses chiens. « Plus grosses, plus larges. Nous avons de nouveau senti sa présence quelques jours plus tard dans les bois de Chanteraine. Le loup est dans la Meuse. Ce n’est pas vraiment normal qu’un loup nous suive comme cela, mais ma chienne est allaitante et le loup l’a sans doute senti. Avec la neige, il a aussi peut-être faim. En tout cas, cela fait une drôle d’impression. On se pose des questions et on a un peu peur. J’ai senti le loup dans mon dos et je me sentais impuissant car on ne sait pas comment il va réagir ». Genaro Garcia n’est pas mécontent de sa rencontre fortuite. Il n’en fait pas une fixation et continue à aller en forêt avec ses chiens. Pour courir ou faire du VTT. Avec le secret espoir de croiser à nouveau le loup.

 

9 décembre 2013

 

Dans la région de Milly-sur-Bradon, un couple d'automobilistes a cru apercevoir un loup. En fait, le loup en question ne serait qu'un chien-loup. En effet, Pascal Roman raconte qu’un de ses deux chiens-loups tchécoslovaques s’est échappé le dimanche 1er décembre et s’est fait heurter par une voiture.

 

Au cours de ce mois de décembre, on note en Meuse des cas de brebis égorgées : Montigny-lès-Vaucouleurs, Vouthon-Bas, Vouthon-Haut, Mandres-en-Barrois et Luméville-en-Ornois : la liste des communes meusiennes où des brebis ont été égorgées ces dernières semaines ne cesse de s'allonger. Les experts de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage sont venus examiner les cadavres afin de déterminer l'identité du prédateur. Dans leur rapport, ils mentionnent que le loup n'était pas exclu. Une cellule départementale de veille du loup se réunit le 9 janvier 2014, à la demande de la préfète. Cette instance devrait préfigurer le comité départemental loup, dans le cas où ce dernier s'installerait durablement sur le territoire.

 

Janvier 2014 : présence d'un couple et de ses deux louveteaux confirmée

 

La nouvelle a été confirmée vendredi 17 janvier par le préfet des Vosges, Gilbert Payet. À l'occasion de ses vœux à la presse, le représentant de l'État est revenu sur la présence du loup dans le département. La poursuite des travaux sur la mise en place de moyens de protection pour les troupeaux ovins est plus que jamais d'actualité... Un point sera fait en préfecture au début du printemps.

Depuis plusieurs mois, les associations de défense de la nature sont vent debout contre un arrêté émis par la Préfecture des Vosges. Cet arrêté donne l’autorisation à un éleveur de la Bresse d’avoir l’autorisation de tirer sur le loup qui a repris son territoire dans le massif vosgien. Rappelons que le Préfet avait donné l’autorisation le 19 août 2013 à l’éleveur de faire usage d’un fusil à canon lisse pour protéger ses bêtes.

 

22 avril 2014 (Article de l'Est Républicain)

 

Bar-le-Duc. Depuis plusieurs mois, les éleveurs ovins du sud du département de la Meuse tendent le dos. En effet, depuis octobre 2013, dans des communes limitrophes avec les Vosges, plusieurs brebis et béliers ont été sauvagement tués par un prédateur.

 

Au fil de ces derniers jours, dans le monde ovin meusien, la nouvelle s’est progressivement répandue : le loup a été pris en photo. Enfin ! Loin d’être une consolation pour la bonne dizaine d’éleveurs qui a perdu au total près d’une trentaine de bêtes en plusieurs mois, cette photo vient finalement confirmer leurs certitudes de toujours. Tous, sans exception, ont en effet toujours accusé le loup d’être l’auteur des attaques de leurs troupeaux.

 

Tout a commencé en octobre dernier, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la plaine des Vosges, là où ont eu lieu les premières prédations il y a plusieurs années, un secteur considéré depuis 2012 comme zone de présence permanente du loup. Un animal qui semble ignorer les frontières départementales puisqu’aujourd’hui c’est dans la Meuse qu’il sévit.

 

Sauf qu’après avoir concentré ses attaques dans l’extrême Sud meusien, l’animal ou ses congénères se sont déplacés vers l’Ouest pour arriver à 20 kilomètres de Bar-le-Duc, la ville préfecture, dans un parc situé à Ville-devant-Belrain et propriété d’un jeune éleveur de Nicey-sur-Aire. Le 1er avril, il a sorti ses 250 brebis et ses béliers, dans la nuit suivante son troupeau était victime d’une première attaque qui a été suivie par deux autres la même semaine. Excédé, il en était arrivé à installer un appareil photo à déclenchement nocturne ainsi qu’un canon effaroucheur. Sans effet, puisque jeudi dernier deux nouvelles bêtes ont été tuées et ce malgré les clôtures électriques mises à sa disposition par la direction départementale des territoires( DDT). « J’ai accepté ces filets à condition qu’ils installent aussi des appareils photos. Mes bêtes étaient parquées la nuit dans cet enclos électrifié, je les ai relâchées jeudi vers 8 h. » Un peu plus d’une heure plus tard, les agents de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) sont venus relever les cartes des appareils.

Plus aucun doute

En arrivant dans le champ, ils ont vu le loup en train de dévorer un bélier. Dès lors, la présence du prédateur ne faisait plus aucun doute, d’autant plus que l’appareil des agents de l’ONCFS a pris en photo le fameux loup.

 

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Plus question maintenant d’utiliser la terminologie de « loup non exclu » dans les rapports des experts. Dans un communiqué, la préfecture de la Meuse s’est autorisée à employer le terme de « présence avérée du loup en Meuse. » Au vu des indices relevés sur les ovins tués, la suspicion de la colonisation du département par le loup était de mise depuis le début de l’année. En janvier, la préfète de la Meuse avait réuni une « cellule de veille loup ». Dans le prolongement, une étude sur la vulnérabilité du système pastoral à la prédation du loup en Meuse était lancée, et les conclusions ne sauraient tarder.

 

Quelles que soient ces conclusions, ce n’est pas encore demain que les chasseurs seront autorisés à tuer l’espèce protégée qu’est le Canis lupus. Il faut en effet deux années de présence avérée du loup dans un département pour qu’un arrêté ministériel soit potentiellement pris et autorise de façon dérogatoire les tirs sur les loups.

 

D’ici là, les éleveurs ont deux solutions : laisser leurs troupeaux à la bergerie ou utiliser les clôtures électriques mises à leur disposition par la DDT.

Karine Diversay

 

Téléchargez le communiqué de la préfecture de Meuse

 

Mai 2014 : Meuse : sans doute deux loups  (Est Républicain, 08/05/2014)

 

Le loup rôde et attaque en Meuse. Face aux inquiétudes, les services de l’État se mobilisent pour lutter : équipements en matériel, enquêtes, indemnisation et tirs d’effarouchement.

 

Le sujet est ultra-sensible. Les syndicats agricoles dénoncent sa présence et réclament sa mise à mort. La Chambre d’agriculture de la Meuse critique une situation qui n’est « plus supportable par les éleveurs » et demande « une adaptation de la législation ». Depuis la recrudescence d’attaques en avril dans deux secteurs de la Meuse, certains dorment avec leur troupeau et d’autres menacent d’arrêter l’activité ovine. Les politiques s’en mêlent à l’image de Gérard Longuet qui appelle à « trouver les solutions les plus adaptées à notre environnement et à la mission des agriculteurs ».

 

Depuis le 14 octobre, le loup est officiellement en Meuse. C’est le 21e département français recolonisé depuis 1992, année de sa réapparition en France. « Contrairement à une idée reçue, le loup n’a jamais été réintroduit en France mais il est revenu par l’Italie et ils sont désormais entre 250 à 300 dans notre pays. Depuis les Alpes, ils colonisent le pays en passant d’un massif à l’autre et en trouvant des lieux d’accueil favorables : présence de gibier et proies faciles avec les élevages ovins. Le loup est intelligent et s’adapte. Lorsqu’il ne peut pas s’en prendre à des moutons enfermés ou protégés par des clôtures électriques, il se retourne vers le gibier sauf le sanglier », explique la Direction des Territoires de la Meuse.

 

Tout laisse à penser que deux loups rôdent en Meuse et multiplient les attaques sur deux zones : celle du Sud meusien (côté Bonnet) non loin des Vosges où le loup sévit aussi et celle de Nicey-sur-Aire où les attaques se sont multipliées (cinq fois chez un même éleveur). « Nous n’avons pour l’heure qu’une seule photo et un prélèvement d’excréments en cours d’analyse. Il est probable que nous ayons affaire à deux animaux. Une attaque à Nicey en avril a été concomitante à une autre à Grand dans les Vosges juste à côté de la Meuse. Celui du Sud semble plus mature car il attaque pour se nourrir. Autour de Nicey, c’est sans doute le fait d’un loup plus jeune puisqu’il y a beaucoup de victimes d’un coup et peu de consommation de viande », observe la DDT de la Meuse qui réfute le terme de meute.

 

Des tirs d’effarouchement

 

Les agriculteurs sont sur les dents. La DDT, consciente du traumatisme, rappelle que son « rôle est aussi de défendre l’activité des éleveurs ». Depuis octobre, elle a pris de multiples mesures : fourniture de clôtures électriques et indemnisations pour les attaques avérées par les spécialistes de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage). En revanche, pas question de faire des battues comme le réclament les syndicats agricoles. « Le loup est une espèce protégée par quatre textes dont trois internationaux. La battue est le dernier recours du plan national loup 2013-2017 ».

 

Ce plan est le cadre législatif d’intervention face aux loups. Jugé efficace en montagne, il montre ses faiblesses en Meuse car le loup s’installe pour la première fois en plaine où les troupeaux sont éparpillés. « Nous sommes un peu pionniers. Nous discutons avec les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture de notre situation spécifique ». En Meuse, si les battues ne sont pas autorisées et ne sont pas près de l’être, la préfecture a décidé depuis le 20 avril dans le secteur nord de Nicey-sur-Aire et depuis quelques jours dans le sud, de permettre les tirs d’effarouchement. L’étape suivante si ce n’est pas suffisant sera le tir de riposte. « Chaque nuit, des lieutenants de louveterie surveillent les troupeaux et tirent en l’air lorsque les troupeaux s’agitent où lorsqu’ils voient le loup ce qui est arrivé. L’idée est de l’éloigner des ovins. Pour le moment, c’est plutôt efficace », indiquent les services de l’État. D‘autres mesures respectant le statut d’animal protégé sont envisagées et seront discutées la semaine prochaine lors de rencontre avec les acteurs du dossier et notamment du monde agricole.

 

Sébastien Georges

Août 2014 (Est Républicain du 3 août 2014)

 

Le loup frappe encore en Meuse

 

35 attaques commises par le loup depuis octobre 2013 en Meuse. Les chiffres deviennent catastrophiques. L'hécatombe débutée en avril se poursuit, le loup venant d'attaquer deux nuits de suite  sur la commune de Lavallée où jusqu'alors il n'avait encore jamais sévi. La première agression a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant cinq nouvelles victimes et trois bêtes blessées. Puis dans la nuit de vendredi à samedi, le loup a tué et blessé à nouveau.

Un nouvel acte qui vient un peu plus accentuer l'exaspération et le découragement des éleveurs qui ont été touchés à plusieurs reprises. Certains se demandent si plusieurs loups ne rodent pas dans le secteur au vu du nombre d'attaques commises ces derniers jours.

D'après l'Est Républicain du 7 août 2014, l'authenticité d'une photo d'un loup prise à 18 h le 26 juillet 2014 près de l'étang de Kœur-la-Petite par une photographe animalière a été mise en doute par Aurélie Schmidt, chargée de mission environnement qui a retrouvé ce même cliché référencé en 2008 sur plusieurs sites allemands et russes.

 

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Cliché Christiane Herké prétendûment pris en Meuse

 

Septembre 2014 :(Est Républicain du 3 septembre 2014)

 

Meuse : le loup a encore frappé

 

Bar-le-Duc. Alors que les lieutenants de louveterie ont été aperçus, dans la nuit du 1er au 2 septembre, dans le secteur de Baudrémont (55), le loup a frappé, la même nuit, à Lavallée (55), dans le pré de Francis Aubry. L'éleveur d'ovins ayant constaté, à 7 h hier matin que sur les onze brebis présentes dans son enclos, une avait été tuée et deux autres gravement blessées. Ces nouvelles victimes de Lavallée montent à plus de 140. le nombre total d'ovins tués, euthanasiés et blessés depuis le début d'année en Meuse.

 

NDLR : aucune certitude qu'il s'agisse d'un loup !

 

HAUTE-SAÔNE

 

En décembre 2011, à quatre jours d’intervalle, un prédateur a tué trois moutons à Beulotte-Saint-Laurent et à La Rosière en Haute-Saône selon un mode d’attaque qui laissait supposer qu'il pouvait s'agir d'un loup. Une crotte et des poils recueillis sur place par des agents de l’ONCFS 70 ont été expédiés aussitôt à un laboratoire d’analyse spécialisé. Les résultats sont revenus récemment et ont confirmé qu'il s'agissait de laissées lupines. Le loup est donc bien passé par là en décembre. Il pourrait s'agir d'un loup erratique séjournant dans les Vosges. Des analyses ADN sont en cours pour tenter de faire parler davantage les excréments découverts dans le secteur des Mille étangs.La présence du Loup est détectée dans ce département dès l'année 2012. Voir l'article de Vosges-matin du 17 mai 2012.

 

En conséquence, depuis le 7 mai 2012, le département de Haute-Saône a été intégré par arrêté ministériel à l’aire de répartition géographique concernée par le loup, soit douze départements français dont les Vosges. Ludovic Bonnot, patron de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en Haute-Saône,  explique : « cet arrêté permet d’abord de mettre en place dans le département une unité d’action » prévue dans le plan loup. Avec sept agents de l’ONCFS nommés correspondants du réseau loup, dont la mission est de récolter le maximum de renseignements sur l’aire de répartition du mammifère. Et aussi de constater, si nécessaire, les dégâts causés par ces grands carnivores afin de mettre en branle les processus d’indemnisation aux éleveurs. « Si la présence du loup devait se développer en Haute-Saône, un volet prévention est prévu », appuie Ludovic Bonnot. Avec des dispositifs comme des aide-bergers, des filets de protection, des systèmes d’effarouchements, et des chiens patous. Ludovic Bonnot se veut rassurant en direction des éleveurs : « Tout est prêt. Le dispositif est en place et est très réactif. Notamment pour les indemnisations. »

 

L’animal s’est manifesté à nouveau en février 2012 du côté de Vouhenans, avec le prélèvement d’un ovin. À la même époque, des empreintes ont été observées dans le secteur de Plancher-lès-Mines. Ludovic Bonnot souligne : « Un loup peut couvrir 40 km en une nuit. Sa zone d’habitat peut s’étendre de 15 000 à 25 000 ha et bien plus quand une meute existe. » Son passage par la Haute-Saône peut n’être qu’une étape vers d’autres territoires.

 

 Plus récemment, entre le 31 décembre  2013 et le 2 janvier 2014 à Montureux-lès-Baulay et Cendrecout dans la région de Jussey en Haute-Saône, deux troupeaux ont été attaqués : six moutons dévorés, quatre blessés. Selon l'Est Républicain (Éléonore Tournier, Est Républicain, Hte-Saône du 4/01/2014), le loup est évoqué.

 

L’ONCFS a installé un système photographique sur l’exploitation de Christophe Marion (photo Bruno Grandjean, Est Républicain) et celle de Cendrecourt, à 6 km de là.

 

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En allant voir ses animaux le matin du 1er janvier, Christophe Marion, éleveur ovin à Montureux-lès-Baulay, a découvert trois cadavres de brebis. "En regroupant les bêtes, nous avons découvert que deux autres étaient également blessées", ajoute l’éleveur pour qui le coupable de l’hécatombe ne fait guère de doute : "Vu les blessures au cou, on pense que c’est un loup."

 

Le 2 janvier, à 6 km de là, à Cendrecourt, un autre éleveur ovin a également découvert  trois cadavres de brebis et deux animaux blessés. Comme à Montureux-lès-Baulay, toutes ont été saisies à la gorge. Là encore, le loup est évoqué.

 

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Pour l’instant, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) préfère parler de "grand canidé", sans exclure la possibilité d’un loup. Pour démasquer le prédateur, des techniciens de l’Office ont placé sur les deux exploitations des pièges photographiques, en espérant que le "grand canidé" revienne sur les lieux. Un scénario qui n’est pas impossible selon Thierry Billey, animateur du réseau Férus en Franche-Comté. "Dans les Alpes-Maritimes, on a vu les mêmes troupeaux se faire attaquer plusieurs fois."

 

À Montureux-lès-Baulay, les techniciens ont relevé des empreintes de pattes de 10 cm sur 8,5 cm. Mais elles seront sans doute insuffisantes pour mettre en cause un quelconque loup. "Il en faudrait plusieurs pour être sûrs car les empreintes de chien et de loup diffèrent très légèrement", explique Ludovic Bonnot, chef du service départemental de l’ONCFS. Le seul moyen de déterminer précisément la nature du prédateur ? "Du poil, des excréments ou une photo".

 

S’il n’exclut pas la possibilité du loup, Ludovic Bonnot évoque la possibilité de gros chiens : "On a déjà vu des labradors manger d’aussi grosses quantités de viande", assure-t-il avant d’ajouter : "En Haute-Saône, on a connaissance de loups tchèques et de Saarloos. Ce sont des chiens des pays de l’Est croisés avec des loups, qui leur ressemblent énormément physiquement et qui, s’ils sont lâchés, peuvent retrouver leur instinct de prédateurs".

 

Thierry Billey, de l’association Férus, préfère attendre les conclusions de l’ONCFS. "Une meute installée dans les Hautes-Vosges serait rassemblée actuellement un peu au sud de La Bresse. Si la présence du loup était avérée en Haute-Saône, vu la distance avec les villages où ont eu lieu les attaques, cela me semble un peu loin pour être un des membres de la meute. Ça ressemblerait plus à un individu en dispersion."

 

MOSELLE

 

Janvier 2014

 

Plus de cent ans après sa disparition dans le département, un loup a été repéré fin janvier 2014 en Moselle.D'après Ferus, la première alerte fut donnée par un témoin qui dit l’avoir observé le 26 janvier, à Abreschviller (entre Strasbourg et Nancy, voir la carte ci-dessous). Et seulement 4 jours après, le 30 janvier, l’information est confirmée par une photo qui ne laisse aucun doute. Alors que l’ONCFS avait installé des pièges-photo dans le cadre d’une mission de suivi des populations de lynx, c’est un loup qui est apparu sur l’un des clichés. Cela faisait plus de 100 ans que l’espèce avait disparu du département ! Une nouvelle qui fera la une du Républicain Lorrain et qui sera répercutée par Lor'Actu.fr.

 

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Un loup en Moselle (Photo : DR)

 

Ce loup a été photographié à Walscheid, un petit village de Moselle, à la limité du département des Vosges et du Bas-Rhin. Plus de 100 ans après son extermination il été photographié à Walscheid dans le Massif du Donon. "Un piège photo installé pour "tracer" le lynx Van Gogh qui vit sur ce Massif et qui n'a pas été vu depuis longtemps a relevé sa discrète présence" a commenté le parc animalier Sainte-Croix de Rhodes qui milite pour la sauvegarde du loup dans la région.

 

« Le massif est très giboyeux (cerfs, chevreuils) assurant de nombreuses proies à l'animal dont on ignore tout » note le parc animalier où vivent déjà plusieurs loups. Le loup photographié en Moselle se serait déjà attaqué à plusieurs troupeaux. Deux attaques sont déjà listées dans les environs. Une enquête est d’ailleurs ouverte pour déterminer les circonstances de ces attaques.

 

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Les deux villages de Moselle où le loup a été signalé

 

MARNE  (Ajout de mars 2014)

France Nature Environnement fait état de la présence du Loup dans la Marne où un loup aurait été tué fin janvier 2014.

04/03/2013

À la découverte du Castor

À la découverte du Castor


Avec Jura Nature Environnement et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, apprenez à mieux connaître cette espèce à travers la recherche de ses traces et des indices de présence sur les bords du Doubs.

Date : Mercredi 6 mars 2013 à 14h00
(RDV Parking des terrains de football de Choisey- Les Oies)
N'oubliez pas de vous inscrire auprès de :
Vincent DAMS - Jura Nature Environnement
21 avenue Jean Moulin - 39000 Lons-Le-Saunier
03 84 47 24 11 - 06 14 50 26 90 - vincent@jne.asso.fr

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20/01/2013

Lapins dans la glace

Lapins dans la glace

 

par Dominique Delfino

photographe paysagiste et animalier

 

Ils courent sur la neige, glissent sur la glace mais c'est toujours à proximité d'un terrier que ces petits lapins de garenne se tiennent pour plonger et se mettre à l'abri en cas de danger.

En ce dimanche de janvier, je profite de cet épisode de verglas pour observer le comportement de cette population de lapins implantée dans les prairies bordant le Doubs près de Colombier Fontaine.

Les lapins sauvages doivent se méfier de nombreux prédateurs contre lesquels ils n’ont aucune défense, si ce n’est de rester immobiles pour ne pas se faire repérer ou de s’enfuir pour se réfugier dans leur terrier.

En cette période hivernale, ils se nourrissent de racines et quand la nourriture se fait plus rare d’écorce d’arbres. Mais dans la neige glacée bouger le mois possible est encore la meilleure façon de faire face aux dépenses d'énergie comme en témoigne ce cliché.

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Cliché © Dominique Delfino

 

15/12/2012

Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien

 Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien

Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien


"Dans un courrier adressé au préfet du Jura, Gérard Bailly s’est ému des moyens engagés pour la récente capture d’un lynx en Petite montagne. « Trois jours plus tard, la presse nous faisait part des difficultés financières dans nos hôpitaux (...). Vous comprendrez dès lors mon exaspération à savoir combien la société dépense pour un lynx amaigri (NDLB : comprendre condamné, presque mort) qui sera relâché pour continuer ses dégâts en dévorant du jeune gibier (NDLB : Gérard Bailly confond chevreuil adulte et faon, la mort de Bambi faisant plus pleurer dans les chaumières) et peut-être des moutons (...). Monsieur le préfet, je pense que vous ne procèderez pas à la remise en liberté de cet animal dans un lieu tenu confidentiel comme l’avait fait un de vos prédécesseurs », a exhorté le sénateur du Jura."

Cumulard : "personne qui cumule les emplois, fonctions, salaires."

 

Mais pas seulement sénateur du Jura, Gérard Bailly est aussi...

 

- Conseiller général du canton de Clairvaux-les-lacs,
- Conseiller municipal, adjoint au maire d’Uxelles,
- Président de la Communauté de communes du pays des lacs,
- Vice-président du Syndicat mixte D’énergies, d’Equipements et de @-Communication du Jura (SIDEC).
- j'en ignore peut-être encore d'autres...

 

Le même SIDEC qui a été épinglé par la chambre régionale des comptes pour :

 

  • "les statuts restent très imprécis sur les contours des missions du SIDEC"
  • "prestations de mandat indûment facturées aux communes"
  • "un nombre anormalement élevé d'irrégularités comptables portant sur des montants significatifs. L'importance de ces irrégularités affecte la sincérité des comptes du SIDEC"
  • "une forte augmentation des frais de fonctionnement"
  • "la Chambre observe le caractère irrégulier des écritures relatives au rattachement des charges qui portent sur des montants élévés"
  • "des charges de fonctionnement qui connaissent une croissance importante"
  • "les frais de personnels supplémentaires ne sont pas compensés par les honoraires perçus en raison des nouvelles missions"
  • "la Chambre observe une augmentation des dépenses de restauration jusqu'en 2009 et appelle le SIDEC à la modération"
  • sur la fiabilité des comptes : "toutes ces irrégularités affectent considérablement la fiabilité et la transparence des comptes du SIDEC. Elles brouillent la lecture du résulat et complexifient l'analyse de la situation financière de l'établissement"

 

Gérard Bailly a aussi été membre du CA de APRR (Autoroutes Paris-Rhon-Rhône) au moment où l'APRR a demandé 30 millions d'euros au Conseil Général du Jura ... dont Gérard Bailly faisait partie.  Héhéhé, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Et toujours à propos de pognon public : Dans une question écrite (12/2010), Gérard Bailly demandait au ministre de l’intérieur « Il (NDLB: Gérard Bailly) souhaiterait donc savoir s’il (NDLB : le ministre de l’intérieur) envisage d’assouplir les règles en vigueur afin de permettre de concilier l’exigence de transparence et la simplification des remboursements des frais de déplacements des élus, avec la réalité du rythme des réunions et de l’organisation des collectivités locales. Il l’interroge sur la possibilité, pour les cas cités plus haut, de faire approuver les déplacements par la commission permanente postérieurement à la réunion. », héhéhé. (Question & Réponse ici)

 

Je ne sais pas vous, mais la situation de Gérard Bailly dans le Jura ressemble étrangement à celle d'Augustin Bonrepaux (mis en examen) en Ariège...

 

Réaction du Centre ATHENAS

 

"Gérard Bailly, sénateur lobbyiste cumulard et menteur"

 


Décidément plus à une énormité près, le sénateur Gérard BAILLY (1) se plaint dans une lettre ouverte au Préfet du Jura des moyens mis en œuvre pour la capture du lynx d’Arinthod.

 

Toutes les opérations ont été menées bénévolement, hors horaires de travail et uniquement sur des fonds associatifs privés.

 

Quand bien même ces dépenses seraient subventionnées, leur montant est de moitié inférieur aux revenus mensuels du sénateur cumulard et anti-prédateurs. Nous l’invitons donc à reverser certaines de ses nombreuses gratifications afin de contribuer à l’amélioration des finances des hôpitaux, dont la situation lui fait verser des larmes de crocodile.

 

Quant aux lynx relâchés par ATHÉNAS, aucun d’entre eux n’a occasionné de dégâts à des élevages domestiques, ce qu’on ne peut dire des nombreux chiens divaguants qui chaque année occasionnent des dizaines de morts d’ovins dans le Jura.

 

(1) Gérard Bailly a voté un amendement supprimant deux dispositions votées à l'unanimité par la Commission Mixte Paritaire et qui n'autorisaient plus les cumulards, tels que lui, percevant plus de 8.300 euros mensuels - merci au contribuable jurassien - à reverser le supplément d'indemnité qu'ils ne pouvaient toucher.

 

 

 

Gérard Bailly dénonce le cout du lynx pour le contribuable jurassien
Gérard Bailly dénonce le coût du lynx pour le contribuable jurassien

 


Gérard Bailly n'arrête jamais...

 

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Le loup étend son territoire à l'ouest

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges Le loup étend son territoire à l'Ouest,

jusqu'au Gers

 

TOULOUSE (AFP) - Le loup revenu en France il y a vingt ans étend désormais son territoire à l'ouest jusqu'au Gers où un animal vient d'être repéré et photographié dans un champ de maïs, a-t-on appris jeudi 6 décembre 2012 auprès de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

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Le loup photographié à Troncens © Jean-François Langlois


Le canidé photographié seul fin novembre par un particulier étonné près de sa maison à Troncens, dans les vallées gersoises aux confins des Hautes-Pyrénées mais très loin des Alpes, est bien un Canis lupus, a indiqué le Réseau du loup de l'ONCFS à Gap (Hautes-Alpes), auquel l'Office du Gers a transmis les clichés.

 

"Le doute n'est pas permis, dit Yannick Léonard, responsable du Réseau de suivi à Gap: on a affaire à un animal haut sur membres ; (il y a) la couleur du pelage, foncée sur le dos, la longueur de la queue, l'extrémité de la queue constituée d'un pinceau de poils noirs; sur un antérieur de l'animal, on observe un liseré noir qui est aussi une des caractéristiques des loups, le museau assez allongé et puis ce qu'on appelle le masque facial (avec) une partie un peu blanche au niveau du maxillaire inférieur".

 

Il s'agit bien du "loup qu'on rencontre sur le territoire national, venu des Abruzzes (italiennes) et qui a colonisé le territoire depuis 20 ans", dit-il.

 

Et il s'agit bien aussi de la limite la plus occidentale où l'animal ait été observé depuis son retour naturel en France en 1992 en provenance de l'Italie voisine. Mais il n'y a rien de surprenant à voir le loup dans les champs du Gers, le loup est une espèce capable de faire des déplacements extrêmement importants ; rien ne l'arrête, ni une autoroute, ni une ligne TGV," dit-il.

 

Quelques individus sont déjà installés dans les Pyrénées-Orientales et dans les Cévennes où s'est déplacée cet été la controverse entre les défenseurs de l'animal et ses adversaires, au premier rang desquels les éleveurs, a-t-il fait observer.

 

Les loups ont la particularité de vivre en meute autour d'un couple fondateur. La meute reste généralement fidèle à son territoire, comme l'est encore la meute "historique" revenue dans le Mercantour en 1992. Mais la meute chasse une partie des membres qui partent à la recherche de nouveaux territoires.

 

Le loup surpris dans le Gers est peut-être un tel "animal dispersant" venu des Pyrénées-Orientales, du Massif central ou même de plus loin, dit M. Léonard. Il cite l'exemple d'une femelle partie de l'est des Hautes-Alpes et localisée ensuite dans les Pyrénées-Orientales.

 

Pour s'installer, le loup cherchera la tranquillité, dit M. Léonard. Mais, dans sa quête de territoire, il ne se laisse pas freiner par les zones urbanisées. Il repousse ainsi doucement les frontières de sa zone d'implantation en France. Sa limite septentrionale se trouve actuellement dans les Vosges où il s'est établi l'année dernière, dit M. Léonard.

 

La plupart des 200 ou 250 loups sur le sol français restent cependant dans le massif alpin où deux individus venus d'Italie avaient été observés en 1992, pour la première fois depuis l'éradication complète datée des années 30.

 

Source : Sciences & Avenir, décembre 2012

07/08/2012

L'Écureuil roux

 

Ecureuil_1_logo.jpgL’écureuil roux (Sciurus vulgaris)

 

par André Guyard

dernier ajout 08/04/2016

 

Des écureuils roux hantent mon jardin de Thise. Visites hivernale et estivale de ces superbes rongeurs.

 

écureuil3.jpg
 

On ne se lasse pas d’admirer ces magnifiques bestioles qui se poursuivent de branche en branche au moment du rut ou qui visitent, l’automne venu, chênes et noisetiers du petit bois qui jouxte mon jardin. Je les aperçois de la fenêtre de mon bureau et je peux les filmer à une distance de 40 m. Voir le petit film joint à ce texte. (Il faut pardonner les soubresauts du caméscope car le zoom est assez élevé).

 

La coloration du pelage varie en fonction de la saison : roux en hiver, noir en été. Le ventre est toujours blanc. En hiver, les oreilles arborent un long pinceau de poils.

 

Ecureuil-Hiver.jpg
L'écureuil n'hiberne pas
 
Il reste actif,malgré les intempéries comme le prouve cette vidéo d'un écureuil bondissant dans la neige due à BBC news.
 
 

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Écureuil en fin d'été en robe noire (Thise 11/09/2014)
 

Extrêmement rapide, l'écureuil est arboricole mais il n’hésite pas à descendre au sol pour rechercher les noisettes qu’il préfère d’ailleurs aux glands. Il saute et grimpe remarquablement bien. Il construit un nid à deux ouvertures avec des rameaux rongés qu'il fixe dans le houppier d'un arbre au contact du tronc et qu'il garnit d'herbes et de mousses. Il utilise parfois un trou d'arbre ou un nid de pie ou de corneille abandonné. Il fait des provisions qu'il enterre ou enfonce dans des cavités.

 

Son domaine vital couvre 10 à 50 ha de bois de feuillus ou de conifères avec de vieux arbres et des fourrés. Il n'hésite pas à annexer parcs et jardins.

 


L'écureuil visite les noisetiers et

épluche les noisettes encore vertes

(Thise, 30 juillet 2012)

 

Il se nourrit de graines de conifères, de faines, de noisettes, de glands, de champignons, de bourgeons, de jeunes pousses et ne dédaigne pas escargots, insectes, œufs et oisillons.

 

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Cônes de pin au sol rongés par un Écureuil

 

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Quelques cônes de conifères rongés par des écureuils

 

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Quelques cônes de conifères rongés par des écureuils

(a) cône de pin mûr, (b) cône de pin vert

 

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Rameaux de sapin coupés par des écureuils

qui ont mangé les boutons floraux

 

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Cônes d'épicéas sur la neige épluchés par des écureuils

 

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Maman écureuil et son petit

 

La reproduction a lieu au printemps et au début de l'été. Les plus jeunes femelles ont des portées de deux petits et les plus âgées peuvent en avoir jusqu'à cinq. Il peut y avoir deux portées par an.








Nid d'écureuil

(Vidéo trouvée sur internet. Auteur inconnu.

Manipuler le curseur pour obtenir l'animation)

 

Pour les scientifiques, l’Écureuil roux s’appelle Sciurus vulgaris Linné 1758. Il appartient à l’ordre des Rongeurs, à la famille des Sciuridés tout comme les marmottes.

 

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Voie d'Écureuil sur neige durcie

En haut les pattes postérieures à 5 doigts,

en bas les mains à 4 doigts

 

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Piste d'écureuil bondissant

 

Je porte au fond de moi une espèce de remords qui me vient de ma prime enfance.

 

J'avais alors une dizaine d'année et j’habitais les Fontenelles, un village du Haut-Doubs. Mon voisin Maxime m’avait confié la garde de son chien de chasse, une espèce de bâtard, sourd comme un pot que j’allais promener au bout d’une laisse de peur de le voir partir tout seul. Il était costaud et me faisait traverser des haies et des buissons et j’affrontais les épines noires et autres églantiers en y laissant souvent quelques égratignures.

 

Pour me récompenser, Maxime m’emmena un jour à la chasse avec lui. Nous voilà partis dans le Grand Bois. Le chien lâché, la truffe à terre, cherchait une piste.

 

Quand soudain, Maxime me pousse du coude : "tu veux le tirer" me dit-il en me montrant du doigt un écureuil qui, dans les branchage, nous observait avec curiosité. Maxime me passa son fusil. Je n’avais jamais manipulé une arme. "Vise-le et quand tu le vois dans l’œilleton, tu appuies sur la détente".

 

Je visai la pauvre bête. Le coup partit et la décharge de plombs pulvérisa l’animal dont la dépouille sanguinolente s’écrasa au sol. On la donna au chien qui l’engloutit aussitôt. Ma mémoire a conservé intacte l’image de la queue de l’écureuil disparaissant dans la gueule du corniaud.

 

J’imaginais l’incompréhension du "Guerriot" de Louis Pergaud observant avec intérêt l’œil noir du canon de l’arme qui le fixait pour s’allumer en déluge de feu.

 

De ce jour, je fus complètement guéri de la chasse.

 

Un hommage à l’écureuil, ce superbe lutin de nos bois, qui est aujourd’hui une espèce protégée. Heureusement !

 

Vidéos : André Guyard

 

Source : Bang P. & Dalhström P. (1977). - Guide des traces d'animaux. Delachaux & Niestlé Ed.

 

Voir aussi une vidéo proposée par le Muséum National d'Histoire Naturelle pendant le tour de France 2014.

 

Vidéo du net sur la prédation de l'écureuil.

19/06/2012

Tirs de loups : Sarkozy a flingué jusqu'à la dernière minute !

Tirs de loups : Sarkozy a flingué jusqu'à la dernière minute !

par Pierre Athanaze

(via Luce Lapin : Charlie Hebdo)

 

Le 10 mai, le Journal officiel a publié deux arrêtés destructeurs concernant une espèce pourtant strictement protégée par la convention de Berne: le loup. C’est la suite logique des cadeaux répugnants faits aux chasseurs par Sarkozy. Le point avec Pierre Athanaze, président de l’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages.

Qu’autorisent ces arrêtés ?

 

Le premier permet aux fusillos français d’abattre onze loups cette année. Soit cinq de plus à ceux que Kosciusko-Morizet avait déjà scandaleusement autorisés l’an dernier.

 

Le second fixe la liste des départements — dans les Alpes et les Pyrénées — où des mesures expresses permettront de tuer le gros méchant loup.

 

Et aussi dans les Vosges… alors que seuls deux loups y sont arrivés l’an dernier !

 

L’équipe de Sarkozy était loin de faire dans la dentelle. Après avoir donné toute une série de cadeaux électoraux aux chasseurs avant la présidentielle, elle leur en offre, en prévision des législatives, un de plus, eux qui attendaient cela depuis longtemps, et également aux syndicats agricoles, qui ont trouvé le parfait bouc émissaire pour cacher leur totale incompétence à enrayer la crise de la filière ovine. Et, du coup, empoisonne un  peu plus ce dossier, qui n’en avait vraiment pas besoin.


La chasse au loup est donc ouverte en plein XXIe siècle, exactement comme elle l’était au XIXe. Pis, le précédent ministère de l’Écologie avait écrit à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage pour lui demander de mettre en place un réseau composé d’agents de l’établissement public, mais aussi de chasseurs et de lieutenants de louveterie qui recevront une  formation ad hoc pour être plus efficaces dans leur mission d’élimination du loup!



Y a-t-il des recours, et quels sont-ils ?

 

L’ASPAS a décidé de porter plainte contre la France auprès de la Commission européenne. Notre pays, une fois de plus, se distingue par sa mauvaise foi et son attitude totalement anti-nature, au mépris de tous ses engagements [de façades] devant les instances européennes.

 

J’ai rencontré la Commission européenne pour évoquer ce dossier. Notre plainte viendra en rejoindre trois autres que nous avons déjà déposées à Bruxelles. Une contre les chasses dites traditionnelles, qui chaque année tuent dans des conditions atroces plus d’un million d’oiseaux. Une deuxième contre la chasse au tétras-lyre, espèce en voie de disparition, qui est pourtant autorisée dans les réserves naturelles du Vercors et de la Chartreuse. Et une troisième contre la France, qui est le seul pays d’Europe occidentale où le grand tétras, autre espèce en voie de disparition, est toujours chassé. Elle l’est dans les Pyrénées, où l’espèce a perdu plus de 60 % de ses effectifs en vingt ans. Je suis confiant quant à la suite de ces recours, dont certains devraient rapidement conduire la France à de nouvelles condamnations.

 

À moins que le nouveau gouvernement n’ait un peu plus le sens des responsabilités que ceux qui l’ont précédé, et qui depuis dix ans n’ont eu de cesse de faire des cadeaux aux chasseurs. Des cadeaux qui coûtent très très cher à la nature.


• À lire, de Pierre Athanaze : Le Livre noir de la chasse – Massacres et abus de pouvoir, éditions Sang de la Terre.


•  www.aspas-nature.org

 

 

Ajout du 26 août 2014 :


Clientélisme et populisme sont les 2 mamelles...

 par Marc Laffont, le 6 juin 2014



Le 29 mai 2014, en réponse à une question du sénateur Roland Povinelli (qui doit se sentir seul dans cet univers anti-nature qu’est le Sénat...) restée sans suite pendant un an, madame la ministre de l’écologie a laborieusement admis que 93 % des indemnisations l’ont été sur la base suivante : "cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue".


Ce qui signifie que seuls 7 % des constats ayant conduit à une indemnisation sont incontestablement le fait du loup. Pour les (très nombreux) autres constats, il y a doute.


  Et c’est donc sur cette base de 93 % de doute que l’actuel gouvernement décide de programmer l’abattage de 24 + 12 = 36 loups sur une population estimée entre 220 et 380 individus. Soit entre 9,5 et 16,5 % de la population.


Évidemment, aucune précision n’est fournie pour indiquer ce que seront les critères retenus pour porter de 24 à 36 les loups pudiquement "prélevés"...

 

On peut imaginer que cela dépendra par exemple du degré d’énervement des anti-loups les plus virulents. Lesquels ne risquent pas de se contenter de 24 loups. Ni de 36. Ni de 48 ou même 64 d’ailleurs, vu que leur objectif est de ramener la population de loups en dessous du seuil de viabilité.


L’ours dans les Pyrénées est là pour montrer qu’une petite population est bien suffisante pour générer quantités de subsides publics supplémentaires pour les éleveurs allergiques à la Nature. L’État étant tenu de respecter ses engagements, l’argent coule à flot, sans pérenniser pour autant la population d’ours.


À l’instar des anti-ours, avec lesquels ils sont d’ailleurs en étroite relation, les anti-loups rêvent eux aussi de pouvoir tenir l’État par les parties intimes... Mais Canis lupus est peu enclin à servir de faire valoir, l’infâme...

 

Revenons à ces arrêtés.

 

Puisqu’il est d’ores et déjà prévu d’occire un certain nombre de loups, il convient, a minima, que la France reste dans les clous de la directive Habitats. Les finances du pays n’ont pas besoin d’une énième condamnation pour non respect du droit environnemental européen...


Cela sous-entend un certain nombre d’exclusions de situations d’abattage.



Tout d’abord, il n’est pas pensable d’envisager un tir létal dans une zone où le loup ne fait que timidement son retour.  Exit donc l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, les Bouches du Rhône, la Haute-Marne, la Meuse, les Pyrénées Orientales, la Haute-Saône...

 

Tirer des loups en dehors de la présences des troupeaux est une aberration qui n’a que fort peu de chances de porter sur LE loup qui aurait (peut être) attaqué un troupeau, il y a plusieurs semaines, à X km du lieu du tir...


De même, si un tir doit quand même être décidé pour calmer quelques esprits (mais sans résoudre quoi que ce soit au problème...), il faut impérativement qu’il soit effectué sur un loup EN SITUATION EFFECTIVE D’ATTAQUE, et sur un troupeau où les moyens de protection ont été EFFECTIVEMENT ET CORRECTEMENT mis en place.



Le gibier bénéfice d’une période de quiétude durant laquelle il n’est pas chassé, pour permettre la reproduction et l’élevage des jeunes. Il serait particulièrement incongru qu’une espèce comme le loup, strictement protégée et à ce titre inscrite à l’annexe II de la directive "Habitats", ne bénéficie pas, a minima, de la même faveur, le loup n’étant pas soumis à un plan de chasse mais seulement passible de tirs dérogatoires exceptionnels. Il est donc proprement scandaleux que des tirs létaux puissent être programmés en mai et juin, période d’élevage de la plupart des louveteaux.
Dans le cas contraire, ce serait l’aveu d’une volonté délibérée de régulation d’une espèce strictement protégée. Les associations les plus en pointe en matière de sollicitation des tribunaux pourraient donc d’ores et déjà se frotter les mains...



Le gouvernement gagnerait en crédibilité en limitant la liste des tireurs potentiels à des professionnels patentés, comme l’ONCFS. Et donc en excluant les pratiquants d’un loisir mortifère, dont le principal fait d’armes depuis 40 ans est d’avoir organisé la multiplication du cochonglier au delà des capacités de gestion par ses adeptes...

 

L’écran de fumée des tirs de loups ne pourra pas indéfiniment reculer la question de la mise en place d’une assurance-prédation, englobant TOUTES les causes, et dont le montant de la cotisation serait d’autant plus bas que les moyens de protection, financés par l’État et le contribuable, seraient le plus efficacement mis en place.

La seule solution durable pour le pastoralisme, c’est cette incontournable mise en œuvre efficace des mesures de protection qui restreindront l’accès au troupeau, que ce soit pour le loup ou tout autre prédateur à 2 ou 4 pattes.

 

Plus globalement, tous les tirs et toutes les éradications du monde ne changeront rien à ces quelques statistiques implacables :



- La production de viande ovine française a été divisée par 2 entre 1983 et 2013.
- La consommation de viande ovine par habitant a presque été divisée par 2 entre 1994 et 2013.
- L’approvisionnement en viande ovine en France est assuré à plus de la moitié par les importations (GB, NZ, Irlande, Espagne...).
- Le taux de pénétration de la viande ovine en France est tombé à 56 % en 2010. On attend la prochaine évaluation, prévue normalement pour fin 2014...
- Les plus de 65 ans représentent 40 % des volumes achetés, les - de 35 ans, 5 % seulement.
- Le coût de revient moyen de l’agneau français est de l’ordre de 12 € le kg, alors que le prix payé au producteur est d’environ 6 €/kg, ce qui est pourtant le plus élevé des pays producteurs d’Europe.
- Pourquoi un tel écart ? Parce que la productivité numérique par brebis est de 0,7 agneau, ce qui est une trop faible technicité pour espérer rentabiliser un élevage ovin viande.

Pour finir, la conséquence des point précédents : la dépendance aux subventions est devenue apocalyptique.

Vu que ces arrêtés concernent essentiellement les zones pastorales, tenons nous en au montant des subventions versées dans cette zone : un élevage de 460 brebis nécessite (chiffres 2012) 52 400 € de subventions/an, pour induire la production de 33 200 € de viande ovine et générer 18 100 € de revenu pour l’unique unité de main d’œuvre que parvient à "rémunérer" une exploitation de 460 brebis.

Nul doute que l’abattage de 36 loups va fondamentalement modifier cet "équilibre".



 Source : la buvette des alpages

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

18:18 Publié dans Mammifères | Tags : loup, tirs de loups | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |

17/10/2011

Le Loup

Le Loup, Caniloup_02-logo.jpgs lupus Linné 1758

 

par André Guyard

 

(Dernière mise à jour : 15/04/2016)

 

Il y a plus de 30 000 ans, des groupes de chasseurs préhistoriques auraient intégré en leur sein des louveteaux. Ainsi se serait enclenché le processus qui, à partir de ce fauve foncièrement social qu'est le Loup, a engendré le Chien. Si les scientifiques ont mis tant de temps à s'intéresser au chien, c'est parce que cet animal commun est bien plus difficile à étudier qu'un animal sauvage : le mode de vie de ce dernier dans la nature explique ses particularités, qui sont le plus souvent des adaptations au milieu. Le Loup, Canis lupus aurait évolué, pour créer de nouvelles races de chiens, avec l'intervention de l'Homme, races des chiens nordiques : Huskies, Malamutes, Groenlandais, Spitz-loup, etc. peuplant l'hémisphère nord, alors que les autres chiens, originaires de l'hémisphère sud, seraient issus du Coyotte doré d'Afrique. L'appellation commune de "chiens-loups" n'est qu'une aberration. La race lupine est invariablement pure et dominante, en raison d'une auto-protection évitant consanguinité dans le cadre de la meute, et le mélange avec d'autres races parallèles.

 

Le Loup, ce bel animal fut l'une des créatures sauvages les plus calomniées. À l'époque romaine, il était vénéré, telle cette louve romaine dont la légende fit allaiter les jumeaux Romulus et Remus. Mais le plus souvent, il fut l'objet de haine et de crainte, comme la "bête du Gévaudan" qui, selon les dires, tua à elle seule 123 personnes dans le sud de la France. Ses ravages parmi peuples et bêtes furent si conséquents qu'au milieu du dix-huitième siècle, le Roi Louis XV envoya une armée entière pour la détruire. 43 000 hommes et 2 800 chiens ne mirent pas moins de deux mois pour réussir à la tuer. À l'heure actuelle, l'histoire est encore controversée : S'agissait-il d'un loup ou de plusieurs animaux sauvages, sans compter les vagabonds profitant de la confusion ?

 

La dangerosité du Loup par rapport à l'espèce humaine n'est pas démontrée. Durant l'Ancien Régime et jusqu'à l'époque napoléonienne, la prolifération des loups a été provoquée par la profusion de cadavres lors des grandes épidémies et sur les champs de bataille. Le Loup est un prédateur opportuniste qui ne résiste pas à rechercher des proies faciles. Aujourd'hui, il est reconnu que la plupart des agressions contre des humains furent l'œuvre de loups enragés. Ces derniers pouvaient se montrer responsables d'attaques isolées, mais jamais d'attaques répétées, puisque, généralement, la rage tue sa victime sur le vif.

 

Le Loup (Canis lupus) appartient à la famille des Canidés qui regroupe 38 genres. Il représente une seule espèce présentant 6 sous-espèces. En Europe, on rencontre 3 sous-espèces isolées géographiquement et génétiquement, soit environ 30 à 40 000 individus.

 

Les loups apparurent dans le Nouveau Monde il y a cinq millions d'années, au milieu de l'époque pliocène. L'espèce s'est déjà diversifiée et développée vers le milieu de l'époque pléistocène, il y a un million et demi d'années. Le "Loup de Dire" fut le plus grand qui ait jamais existé ; une espèce, de taille plus petite, arriva de l'Alaska en Sibérie, où elle s'agrandit pour devenir le Loup d'Europe Canis lupus. Le Loup d'Europe émigra à nouveau en Amérique du Nord, où il peupla toute la région du Canada et des États-Unis, excepté la zone Sud-Est, qui fut peuplée par un loup plus petit, "Canis rufus". Aujourd'hui, le gouvernement américain tente de repeupler le Sud-Est de loups rouges. Le Loup d'Europe était déjà bien établi en Amérique du Nord, lorsque les premiers Indiens et les Esquimaux traversèrent le Détroit de Bering, il y a dix-huit mille ans.

 

En Eurasie, on le rencontre jusqu'à la Palestine, l'Inde, le sud de la Chine. Il existe au Groenland et sur beaucoup d'autres îles arctiques. Le Loup a pratiquement été exterminé partout sauf dans les régions les plus éloignées. Quelques-uns survivent en Scandinavie, en provenance de Russie. De petites populations isolées subsistent dans les montagnes de la Péninsule ibérique (Asturies, Galice) et des Abruzzes (Italie). Elles sont un peu plus importantes dans les Balkans, le Nord et l'Est du continent.

 

En France, le Loup était encore répandu dans toute la France au milieu du XIXe siècle et il a subsisté dans les Pyrénées jusque vers 1930. Mais les persécutions dont il fut l'objet aboutirent rapidement à sa disparition de nombreuses régions. Ainsi, dès 1898, il ne reste plus que deux populations régulières dans le Centre-Ouest et le Nord-Est du pays. Celles-ci se réduiront encore pour atteindre le seuil d'extinction vers 1923. Le dernier pôle régulier connu en France se situe dans le Berry et le Limousin, où l'espèce subsista jusqu'en 1929 au moins. Le Loup est considéré comme disparu en tant qu'espèce reproductrice en France entre 1930 et 1939. Quelques observations ponctuelles seront encore faites après 1945 et concernent le plus souvent des chiens errants ayant plus ou moins l'aspect du Loup, parfois des animaux échappés de captivité ou originaires d'Espagne (Landes, 1968).

 

Le Loup (Canis lupus) est l'ancêtre du chien domestique (Canis lupus familiaris), comme l'a démontré la biologie moléculaire (voir au bas de cet article : la domestication du Loup). Le chien est une création de l'homme préhistorique par sélection artificielle.

 

La distance génétique entre le chien et le loup est de seulement 0,2 pour cent, alors qu'entre ce dernier et le plus proche canidé (le Coyote), elle est de quatre pour cent. Presque 400 races de chiens ont été sélectionnées par l'homme, la plupart depuis seulement deux siècles, et les distances génétiques entre chiens peuvent être plus grandes qu'entre loup et chien en moyenne. D'ailleurs, certaines races, tels les chiens de traîneaux et le chien africain basenji, présentent des caractères intermédiaires entre loups et chiens de races modernes : par exemple, ils n'aboient pas, mais hurlent. Les apparences sont trompeuses et le pékinois (un tout petit chien de compagnie originaire de Chine) est plus proche de son ancêtre que le berger allemand ou chien-loup !

 

D'ailleurs le Loup d'Europe a l'allure d'un chien berger allemand, mais plus puissant et à la tête plus large. Dans le Sud-Est de l'Europe, on peut le confondre avec le Chacal commun d'allure très semblable mais bien plus petit. Le cou du Loup est bref et épais. La queue est touffue, pendante, assez longue 30-40 cm. Elle est très mobile et elle manifeste les changements d'attitude de l'animal dans ses rapports avec ses congénères : queue dressée en signe "d'imperium" entre les pattes en signe de soumission, fouettant l'air en signe de jeu ou de satisfaction. Les oreilles sont pointues et dressées. La coloration est relativement unie, allant du gris brun au gris jaunâtre foncé, souvent marbré de noirâtre ou de gris foncé. Les sujets du Grand Nord ont généralement un pelage plus long, ils sont plus gros, leurs oreilles sont plus petites que celles des sujets méridionaux. La coloration varie fortement, ainsi en Amérique du Nord, les Loups de forêt sont souvent noirs, ceux des régions sub-arctiques parfois entièrement blancs, ceux du Proche-Orient étant fauve clair.

 

Le Loup atteint une longueur totale de 150 cm (queue comprise) et fait une hauteur de 70-80 cm à l'épaule pour un poids allant jusqu'à 72 kg mais d'habitude moins de 50 kg.

 

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Cliché Emmanuel Cretin

 

Individuellement, le Loup présente des spécificités considérables lui permettant de s'adapter à différents milieux, généralement hostiles.

 

Le pelage, dru l'hiver, léger l'été suite à la perte de sa sous-couche, varie suivant les espèces et se calque sur le milieu : du blanc pur pour le Loup arctique, exceptionnellement noir, en passant par le "gris loup" du Loup canadien. Il présente une qualité unique, celle d'être autonettoyant, et de procurer une protection thermique du fait de doubles poils : fond touffu ou " bourre ", et poils plus longs donnant la couleur de surface. Cette caractéristique se retrouve chez les chiens nordiques.

 

La démarche est originale : des cinq doigts de la patte antérieure, le Loup ne se sert que de quatre, le cinquième ayant régressé sous forme d'ergot. Les pattes postérieures ne comportent que quatre doigts. Chaque pied comporte un coussin très charnu, entouré de poils raides, permettant l'isolation, et évitant la création de boules de neige gelée (snow ball). Les longues pattes permettent une foulée longue évitant l'enfoncement dans la neige. Différentes allures sont notables : le trot, la suspension ou " trot volant " (fling trot des anglo-saxons), le "canter", allure plus lente et le galop. Dans ces allures, les deux membres diagonalement opposés touchent le sol ensemble, de sorte qu'ils ne créent qu'une trace unique. Les loups se déplacent généralement l'un derrière l'autre, lors du transit de la meute, d'où l'expression populaire : "aller à la queue leu leu".

 

Les sens sont particulièrement développés en particulier l'odorat, mais surtout la vision : le fond de l'œil est très riche en cellules photo-réceptrices (le tapetum), ce qui lui procure une vision nocturne extraordinaire. C'est pourquoi les yeux du Loup brillent dans la nuit.

 

La dentition du loup comporte une paire de molaires de plus que le chien domestique. La force considérable de la mâchoire lui permet de briser d'un coup le tibia d'un élan ou d'un renne.

 

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Loup ibérique

(dessin de Bruce Pearson)

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Louve ibérique et ses petits

(dessin de Bruce Pearson)

 

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Loup scandinave

(dessin de Bruce Pearson)

 

Du point de vue habitat, le Loup s'adapte à toutes sortes de milieux : paysages ouverts tels les semi déserts et les toundras, ou relativement fermés (forêts plus ou moins claires), en plaine et en montagne et jusque sur les côtes.

 

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Le Loup est un animal diurne, crépusculaire et nocturne. Selon la saison, l'abondance de la nourriture et d'autres facteurs, il vit seul, par couple, en famille ou en meutes.

 

Le Loup crée un tissu social extrêmement élaboré. La meute ne dépasse guère une douzaine d'individus. Le loup solitaire existe, et c'est malheur pour lui : il s'agit d'un animal âgé, dont les dents usées ne lui permettent plus de chasser, et qui est rejeté de la meute, pour finir sa vie seul. Cet animal farouche et à juste titre craintif est en réalité au faîte de la socialité. Sa niche écologique consiste en une adaptation comportementale à la chasse coordonnée en groupes, qui lui permet de se nourrir de proies jusqu'à dix fois plus grosses que lui. En hiver, dans les déserts arctiques, c'est la solution de survie quand les baies et les petites proies ont disparu.

 

La meute est constituée d'une dizaine d'individus strictement hiérarchisés, chaque sexe étant inféodé au membre de même sexe du couple reproducteur. Il n'y a qu'un couple reproducteur par meute – fidèle d'une année à l'autre – et tous nourrissent ses jeunes. Marquages olfactifs et hurlements se combinent pour exploiter de façon optimale l'espace et ses ressources naturelles, dont l'abondance régule les populations de proies et de prédateurs, comme il est de règle dans la nature. Dans la meute, règne une stricte hiérarchie : elle est dirigée par un couple de leaders, mâle et femelle appelés "couple alpha". C'est le plus fort des mâles qui s'impose, après des luttes qui ne sont pas mortelles, les mâles dominés se soumettant. Le prétendant qui se soumet se couche sur le dos, et présente sa gorge au dominant.

 

Le Loup est monogame. Il choisit sa compagne, et lui reste attaché jusqu'à la mort. Seul le couple alpha a le droit de procréer. Si une autre lice a mis bas, sa progéniture est immédiatement tuée par la Louve dominante. Les petits de cette dernière sont protégés, nourris et éduqués par les autres femelles. Si un autre couple se constitue, il quitte spontanément la meute pour en créer une nouvelle. Le coupe alpha venant à être déchu rentre dans le rang. À l'issue d'une chasse, le couple dominant et ses petits mangent les premiers, sous la surveillance des autres adultes qui écartent les autres prédateurs du festin, renards et rapaces. Cette organisation évite toute consanguinité et le maintien de la force individuelle et collective.

 

Les loups chassent de préférence au crépuscule et la nuit, dormant le jour ou pratiquant des jeux collectifs, et entraînant les jeunes à la chasse. La meute se crée un territoire qu'elle marque par l'urine, et déplace celui-ci de plusieurs centaines de kilomètres, en fonction de la nature et de la quantité des proies.

 

Le Loup n'est pas sanguinaire. Il chasse et tue par nécessité. Il choisit les proies les plus faibles, les traînards ou les malades, dans les troupeaux. En carence de gros gibier, il se contente de lièvres ou de rongeurs. Sa prédilection pour les moutons est certaine, lorsque l'occasion se présente, et il en est de même pour les chiens nordiques.

 

Ajout du 15 avril 2016 : Que se passe-t-il quand un Loup rencontre un Lynx ?

 

L'utilité écologique du Loup est démontrée : il rétablit l'équilibre naturel en faisant disparaître les sujets vieillis, faibles ou malades. Ces dernières années, il a été montré que la présence de ce superprédateur, loin de nuire aux échelons inférieurs de la pyramide alimentaire et donc à la biodiversité, les favorise… Au Canada, l'Isle royale était peuplée de cervidés se nourrissant de lichens. Une surpopulation entraîna la dégénérescence. Le Gouvernement canadien implanta des meutes de loups capturés, qui rétablirent naturellement l'écosystème. L'exemple emblématique de cette réalité est celui du parc de Yellowstone, aux États-Unis, où l'éradication du loup a entraîné des famines et des épidémies chez les ongulés, dont il éliminait les individus malades. Il a fallu réintroduire le loup pour éviter le surpâturage et maintenir ses proies en bonne santé !

 

Les variations d’effectifs au sein des meutes peuvent être des réponses aux variations de la qualité de l’environnement ou suite à des réductions drastiques des effectif. En Europe, les meutes de loups se composent d'une louve et de sa portée de 3-4 louveteaux, et occasionnellement ceux de l'année précédente. Il existe une hiérarchie dans la meute dominée par un couple alpha. Un mâle et une femelle peuvent rester ensemble plusieurs années de suite. Le couple est sédentaire et défend un territoire surtout à l'époque de la reproduction. Le mâle participe à l'élevage des jeunes et, durant leurs premiers jours, apporte de la nourriture à la femelle. Quand les louveteaux sont grands, la famille peut étendre son territoire ou même le quitter temporairement. En hiver, plusieurs familles généralement apparentées se rassemblent pour former une grande meute, ce qui accroît les chances de succès à la chasse. Les hurlements que l'on entend surtout en hiver permettent aux membres d'une meute de se retrouver. La famille et la meute se disloquent au printemps, pendant et après le rut, les couples ayant un comportement territorial. Certains mâles peuvent être rejetés de la meute et adoptent un comportement erratique.

 

Le cri du Loup est un hurlement.  C'est en fait un chant qui correspond à des signes de reconnaissance ou d'amour. Ce chant  est d'abord isolé, puis repris par la meute entière. Il débute par un son grave, suivi d'une ligne d'harmoniques allant jusqu'aux aiguës. C'est aussi pour la meute l'affirmation de sa présence ou l'expression du bonheur ou de la souffrance de la faim. Le chant du Loup se retrouve uniquement chez les chiens nordiques, ce qui prouve leur ascendance.

 

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Meute de loups

© Nicolas Vanier

 

Excellent coureur, résistant, le Loup a un grand rayon d'action. Les 25 km de déplacement journalier reconnus au Loup ne sont qu'une moyenne. Couvrir 96 km en une seule nuit n'a rien d'exceptionnel. En marchant, il atteint un rythme de 6,5 km/h. Mais c'est au trot qu'il effectue ses longs déplacements à une vitesse variant entre 12,5 km/h et 16 km/h. Au galop, il peut atteindre 64 km/h.

 

Ajout du 15/05/2014 Source : Francetv info

 

Recordman des déplacements ? Aux États-Unis, un loup a parcouru des milliers de kilomètres à la recherche d'une femelle. L'animal et sa compagne ont été repérés dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou.

 

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Le loup OR-7 photographié le 3 mai 2014

 

L'animal voyage depuis septembre 2011 et c'est la fin d'une longue quête. Le loup OR-7, célèbre pour ses déambulations dans l'Oregon (États-Unis), a peut-être trouvé une compagne, a annoncé lundi 12 mai le U.S Fish and Wildlife Service cité par l'agence Associated Press. Si cette union se confirme, le couple serait le premier des Cascade Mountains depuis le début du XXe siècle.

 

Une femelle a été filmée par les caméras de surveillance dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou, là où vit désormais OR-7, selon le traqueur GPS qu'il porte au cou. Selon le biologiste John Stephenson, il est probable que les deux animaux soient en ce moment en train d'élever des louveteaux.

 

"C'est incroyable qu'il ait apparemment trouvé une compagne, a commenté le biologiste. Je ne pensais pas que cela arriverait. Je suis encore plus impressionné par la capacité des loups à survivre et à se trouver les uns les autres."

 

Les jeunes loups quittent généralement la meute pour trouver un nouveau territoire et une louve afin de former leur propre meute. OR-7 a quitté la meute d'Imnaha, dans le nord-est de l'Oregon, en septembre 2011. Il a franchi des autoroutes et des déserts jusqu'en Californie pour finalement gagner les Cascade Mountains.

 

Progression du Loup en Europe de l'Ouest

 

En Europe, on assiste actuellement à un retour du Loup à partir de l'Italie. Il s'est établi dans le parc du Mercantour, d'où il a gagné les Alpes et sporadiquement, on peut apercevoir des individus erratiques en Suisse, en Allemagne, dans le Jura et même dans les Vosges (voir Progression du Loup en France et Le Loup de retour dans le Massif jurassien).

 

Ci-dessous, une carte montrant les déplacements mensuels d'un loup depuis Parme jusqu'à la France (source Ciucci & Boitani 2004).

 

Récupéré et soigné ce jeune loup mâle percuté par un véhicule, le 28 février 2004 a été équipé d’un collier GPS/GSM permettant de connaître sa position par contact téléphonique et satellitaire. Les enregistrements de position relevés tous les 3 jours montrent la capacité de mobilité des jeunes loups en phase de dispersion. L’animal a régulièrement progressé depuis la région de Parme vers l’Ouest via la chaîne des Appennins. Peu à peu il a concrétisé l’espoir de mettre en évidence les voies et distances de colonisation par des données directes. Ce qui était déjà appréhendé par les méthodes indirectes telles que le suivi génétique. Ce loup a franchi à plusieurs reprises des routes et autoroutes, les domaines vitaux d’autres meutes de loups. Il s’est rapproché de la côte (près de Rapallo) mais également des plaines et collines de la région de Mondovi. Il s’est ensuite dirigé directement vers la France par le Pesio, et jusqu’au col de Turini. Il est alors revenu sur ses pas en Italie et s’est visiblement stabilisé, bien que parcourant entre 20 et 40 km par jour. Le trajet représente environ 450 km de déplacement. Cet animal est à la recherche d’un territoire, soit libre, soit déjà occupé par une meute dans laquelle il chercherait à s’intégrer. Ce déplacement n’est pas exceptionnel, il est même conforme aux données citées dans la bibliographie.

 

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Déplacements mensuels

d'un loup équipé GPS/GSM

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Depuis 2003, des opérations de suivi estivales de la reproduction des loups en France sont menées de manières systématiques au sein des zones de présence permanentes identifiées par le réseau Grands-Carnivores (GC) au fil des années. Ces opérations visent à renseigner la qualité de la reproduction, paramètre primaire de la dynamique d’une espèce avec la survie, l’émigration et l’immigration. En effet, la qualité de la reproduction engendre un potentiel de dispersion de jeunes animaux dans leurs premières années de vies et donc traduit une dynamique de l’espèce à l’échelle de la population.

 

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Déplacement des loups

dans le parc du Mercantour

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Le Loup reste très prudent et farouche si on le compare à d'autres mammifères sauvages. Acculé, il peut être dangereux pour l'Homme. Il montre une perception des mouvements, un odorat et une ouïe très développés.

 

Les loups comptent mieux que les chiens. (Sciences et Avenir, n° 816, février 2015 p. 23). Quand on est sauvage, savoir compter est un avantage, mais cette aptitude sert moins quand on est domestiqué. C'est l'hypothèse émise par les chercheurs de l'École vétérinaire de Vienne (Autriche) après comparaison des performances de loups et de chiens. Dans une première étude en 2012, onze Canis lupus avaient à choisir en appuyant sur un buzzer entre deux tubes opaques dans lesquels ils voyaient tomber des morceaux de fromage. Et les loups, qui devaient choisir le tube le plus rempli, ont très bien fait la différence entre 2 et 3 morceaux et entre 3 et 4. Deux ans plus tard, la même équipe a proposé cet exercice à 13 chiens. Qui ont échoué au test.

 

Les chercheurs pensent que cette perte de capacité pourrait être due à la domestication. Dans la nature, compter permet par exemple d'éviter d'affronter un groupe plus nombreux que le sien ou de faire les bons choix de chasse. « Comparés aux loups, les chiens domestiques n'ont plus besoin de chercher leur nourriture, ils ont un endroit sûr pour dormir et même la reproduction est contrôlée par l'homme. Aussi sont-ils exclus de la sélection naturelle », conclut Friederike Range, auteur principal de l'étude.

 

L'émission vocale la plus connue du Loup est le hurlement que les membres d'une meute utilisent en hiver. Le Loup hurle surtout pendant le rut en hiver et au printemps. Sinon il aboie et gronde.

 

La nourriture des loups est essentiellement animale. Ils se nourrissent d'une grande variété d'animaux allant de la taille des souris jusqu'à celle du Cerf ou de l'Élan, d'animaux domestiques jusqu'à la taille de la Vache et également de cadavres. Ils ne dédaignent pas oiseaux, reptiles, insectes, amphibiens et baies.
 

La reproduction a lieu entre décembre et mars. Elle est plus tardive dans le Nord que dans le Sud. Les accouplements sont notés en moyenne entre fin février et début mars. Même si les cas d’incestes existent, ils restent rares. Seule la femelle alpha se reproduit en inhibant les chaleurs des autres femelles du groupe par des mimiques comportementales et des diffusions hormonales. Les femelles sont matures dès l’âge de 22 mois. Toutefois, la majorité des femelles se reproduisent à partir de 3 ans. D’après examens sur animaux morts, les femelles âgées de 2 ans ont moins de fœtus (5,3 en moyenne) que les plus âgées (6,5 en moyenne), et elles ont tendance à se reproduire plus tard en saison.

 

La gestation dure environ 9 semaines. Les mises bas ont lieu dans une tanière, creusée par l’animal lui-même ou par l’agrandissement d’antres creusés par une autre espèce, renard, blaireau. La plupart sont situées en zones pentues ou sous couvert forestier. La tanière peut être aménagée sous un arbre creux, sous une cavité rocheuse. Elle est généralement située au centre du territoire, tout en précisant que plus le territoire est grand et plus la tanière se trouve au centre du territoire. Les tanières sont abandonnées de fin juin à début juillet. Les cinq ou six louveteaux sont élevés par les deux parents.

 

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Louveteau émergeant de sa tanière

© Nicolas Vanier

 

Les louveteaux naissent aveugles : ils ouvrent les yeux à 10 jours environ. Allaités durant deux mois, ils commencent à manger des aliments solides à partir de la 4e semaine et sont emmenés à la chasse pour la première fois à l'âge de 2 ou 3 mois. En général, ils restent dans le groupe familial jusqu'au printemps suivant. La maturité sexuelle est atteinte au cours de la deuxième année et la longévité atteint 16 ans.

 

 Ajout du 22 février 2016

Les loups adultes sont extrêmement attentifs à leurs jeunes. Ils les surveillent et les protègent. Notamment le mâle est un excellent père comme le prouve ce reportage sur le Loup, un documentaire diffusé par France 2 le dimanche 21 février  sous le titre suivant : "Les superpapas de la nature".

 

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Courbe de croissance de jeunes loups sur 4 mois

 

La grande majorité des meutes se reproduisent chaque année. Smith et al. (1995-2005) relèvent que 83% des groupes se sont reproduits au Yellowstone sur 70 meutes étudiées pendant la phase de colonisation. En Europe, Ciucci et Boitani (1999) ont constaté dans la région de Toscane en Italie, qu’une meute s’est reproduite 9 années consécutives. Toutefois, le nombre de meutes reproductrices peut varier au cours du temps, par exemple au Yukon après une campagne de réduction des effectifs de loups, le nombre de meutes reproductrices est passé de 35% à 90% en l’espace de trois ans (Hayes et Harestad, 2000). Une relation est donc à faire entre la phase de croissance (colonisation ou stabilisation) et la quantité de jeunes produits dans la population. La proportion de femelles reproductrices est donc amenée à être supérieure dans une population en phase d’expansion comme en France, avec, notamment, un grand nombre de disperseurs qui peuvent avoir accès au statut de reproducteur en fondant un nouveau territoire.

 

Lorsque les louveteaux quittent les tanières, ils ne sont pas encore en mesure de suivre les adultes lors des expéditions de chasse, ils attendent alors les parents jour et nuit sur une zone appelée "site de rendez-vous".

 

Au cours de l’été, une meute utilise de 1 à 3 sites de rendez-vous. Le site de rendez-vous peut se situer de quelques centaines de mètres à 14 km de la tanière. Les déplacements sont fonction de l’âge et du développement des jeunes. En mai-juin, les distances moyennes par jour parcourues par les jeunes sont de 1,6 km contre 3,7 km en août-septembre.

 

Les distances entre les sites de rendez-vous peuvent atteindre 7,3 km avec une moyenne de 3 km.

Les dates d’arrivées sur le premier site de rendez-vous se situent de fin juin à début juillet.

Les déplacements vers le deuxième site s’étalent du mois d’août au mois de septembre avec une durée de présence de 8 à 71 jours.

L’abandon définitif du site de rendez-vous s’étale du 10 août au 10 octobre. L’abandon du site serait brutal pour les louveteaux et graduel pour les adultes et les loups âgés de 2 ans (Yearlings).

 

Le rôle du loup dans les écosystèmes : l'effet de cascade

 

Une vidéo explique comment la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone aux États-Unis a favorisé un rééquilibre des écosystèmes, du point de vue floristique et faunistique, y compris un impact sur le cours des rivières.

 

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

 

Un site intéressant : Peuple Loup https://www.tipeee.com/peupleloup

 

Réintroduction du Loup dans l'Ouest américain : https://www.youtube.com/watch?v=5jZcqeJrPgc&feature=player_embedded

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Jacques Perrin : son plaidoyer pour le Loup.

Le Loup de retour dans le massif jurassien ?

Le Loup est de retour dans le massif du Jura français. On le signale également dans le Jura genevois, le Jura bernois ainsi que dans les Vosges y compris la région des Mille Étangs en Haute Saône. État des lieux remis constamment à jour  (04/06/2013).

 

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Le Loup en France

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,baugesExtension du Loup en Europe

et en France

(Mise à jour du 05/05/2017)

 

Au milieu du XIXe siècle, le loup a disparu de la plus grande partie de l'Europe de l'Ouest. En France, par exemple, la politique nationale d'éradication de la rage et les primes à l'abattage qui l'accompagnaient ont eu des effets redoutables pour Canis lupus. Dans les campagnes françaises, on pensait se débarrasser simplement d'un « nuisible », de sorte qu'avec la généralisation des armes à feu et du poison, la chute des effectifs était inéluctable.

 

Ainsi, un facteur politique – l'existence d'un pouvoir centralisé efficace sur tout le territoire français – et des facteurs techniques – la démocratisation des armes à feu et du poison – ont joué un rôle majeur dans l'extermination du loup.

 

À ces facteurs directs se sont ajoutés des facteurs indirects : le déboisement des milieux refuges et la disparition des grands ongulés sauvages ont incité le grand prédateur à se rabattre sur les proies domestiques, ce qui a motivé davantage encore sa destruction. La mise en place d'infrastructures de communication et de transport modernes désenclavait de plus en plus de territoires, ce qui a exposé davantage la faune, dont le loup. La pénétration des milieux et des écosystèmes, leur détérioration se sont intensifiées. En cette première ère industrielle, un réseau de chemin de fer, de routes et de chemins a recouvert progressivement l'Europe occidentale, ce qui a fragmenté et réduit drastiquement les dernières populations lupines (figure 1).

 

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Fig. 1 - © Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

Quelques dates caractérisent cette disparition progressive du principal grand prédateur européen. Le Loup a d'abord disparu des îles britanniques : en Angleterre au début du XVIe siècle, en Écosse en 1684 et en Irlande en 1710, ce qui a contribué à doter ces territoires d'un avantage compétitif dans l'élevage ovin. De fait, dès cette époque, ils sont réputés pour la qualité de leur laine. En Suisse, le dernier loup aurait été tiré en 1872. L'espèce lupine a disparu à la fin du XIXe siècle en Belgique et en Allemagne après s'être réfugiée dans les forêts des Ardennes et des régions rhénanes. En France, le Loup, confronté à une traque sans merci, a disparu entre 1923 et les années 1990.

 

Le grand prédateur s'est toutefois maintenu dans les contrées au développement industriel nul, faible ou tardif de l'Europe centrale et orientale. Dans ces régions où subsistaient les structures féodales, la vague d'extermination ne s'est propagée qu'à partir du début du XXe siècle, mais sans menacer les populations lupines.

 

En Europe du Nord non plus, l'élimination n'a jamais été complète. Même s'il est arrivé que les populations baissent beaucoup, les loups circulent dans tout l'espace scandinave, et leurs effectifs sont alimentés par l'important réservoir russe.

 

Dans le Sud de l'Europe, dans les péninsules ibérique et italienne surtout, les populations ont beaucoup régressé dans les années 1970, mais la destruction n'a jamais atteint l'intensité qu'elle a eue en France. Dans ce pays, le dernier loup aurait été abattu aux confins du Limousin et du Poitou en 1937. Mais entre cette date et le retour officiel du loup en France en 1992, des individus étaient régulièrement tués ou retrouvés morts. Il s'agissait probablement de restes de la population autochtone, des loups captifs libérés ou encore des pionniers de la recolonisation.

 

En effet, le loup a longtemps survécu dans toutes les marges et les périphéries de l'Europe. En France, il s'agit de l'Est ou de marges intérieures (zones reculées du Massif central et du centre-Ouest). Constatant la survie des loups au début du XIXe siècle dans les zones frontalières des départements français, l'historien Alain Molinier pointa en 1993 la corrélation entre la présence du Loup et un pouvoir politique faible ou un développement moindre dans les confins et les périphéries.

 

Pour la même raison, le loup a été refoulé aux marges de l'Europe de l'Ouest, et il n'est pas étonnant de constater qu'après les années 1950, les dernières populations viables se situaient à l'Est du Rideau de fer.

 

Avant l'avènement du communisme, de grands propriétaires dominaient les structures agraires dans ces contrées, où la paysannerie, durablement marquée par le féodalisme et le contrôle du droit de chasse, était maintenue dans un statut subalterne. Cela avait préservé une faune que la noblesse se réservait pour la chasse dans de grands domaines forestiers, tel Bielowieza, en Pologne.

 

La mise en place des démocraties populaires et de la collectivisation ont ensuite maintenu des équilibres dynamiques entre un monde agricole aux techniques plutôt traditionnelles et les grands prédateurs, tel le loup. Contrairement à ce qui s'est produit en Europe de l'Ouest, les grands prédateurs ont continué à disposer de zones refuges où la chasse, souvent réservée aux apparatchiks ou à des fonctionnaires spécialisés, ne nuisait pas aux effectifs.

 

En 1989, le Rideau de fer tombe, alors que les facteurs qui avaient produit la disparition du Loup en Europe de l'Ouest ont largement disparu… Dès lors, les marges orientales et méridionales de l'Europe se sont mises à fournir continûment des pionniers, qui ont amorcé la recolonisation de l'Europe de l'Ouest par le Loup à la fin du XXe siècle.

 

Plusieurs phénomènes complémentaires d'ordres écologiques, sociaux, politiques et territoriaux contribuent à ce retour du loup dans des pays tels que la France, la Suisse, l'Allemagne et dans des régions d'Espagne et surtout d'Italie où il avait été éradiqué. Tout d'abord, la vision du loup a changé : dans la plupart des pays d'Europe occidentale, il est passé, dans les années 1970, du statut d'un nuisible à éradiquer à celle d'une espèce à protéger. En Europe, deux textes majeurs garantissent la protection de cet animal : depuis 1979, la convention de Berne, puis, depuis 1992 dans l'Union européenne, la directive Habitats faune flore (directive 92/43/CEE).

 

En France, le retour du Loup est détecté pour la première fois en 1992 dans le Parc du Mercantour (Alpes Maritimes). Dans les Alpes, sa population est évaluée à 80 loups (comprenant à la fois les meutes réparties des Alpes Maritimes à la Savoie, et les individus en dispersion). Ainsi, la renaissance de la population française de loups résulte de l'expansion de la population lupine italienne dite des Abruzzes. À partir du refuge situé dans cette région d'Italie centrale, Canis lupus italicus a d'abord recolonisé les Apennins en direction du Nord, puis a atteint l'arc alpin, ce qui l'a conduit en France, dans le parc du Mercantour.

 

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Fig. 2 - Les zones de présence du Loup en Europe de l'Ouest sont des régions peu habitées par l'homme. C'est particulièrement vrai en Italie, en Espagne, en France et dans toute l'Europe du Sud, où les loups occupent des massifs montagneux. Cela l'est aussi en Suède, en Finlande et en Allemagne, où le prédateur s'est surtout installé dans des régions forestières faiblement peuplées. Pour autant, cet infatigable explorateur a déjà été aperçu au Danemark, en Hollande, en Champagne.

© Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

En novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, deux canidés ressemblant à des loups y ont été aperçus. Après vérifications et tergiversations, la présence de Canis lupus en France fut officiellement reconnue. Mis dans la confidence par les agents du parc, le magazine Terre Sauvage publia l'information. Les pouvoirs publics ont dû réagir, alors qu'ils misaient sur la discrétion, au regard de la réputation de l'animal et des mauvaises relations de l'administration du parc avec les élus locaux, les chasseurs et les agriculteurs. Pourtant, dès le début des années 1990, des spécialistes italiens avaient, sans retenir l'attention des autorités, annoncé l'arrivée imminente du loup en France.

 

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Fig. 3 - Loups du Mercantour

 

Depuis 1992, du Mercantour (Alpes maritimes), le Loup a progressivement gagné les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes, le Vercors et la Savoie. En 2004, on signale sa présence dans l'Ain, marquant ainsi sa progression vers le Massif jurassien et les Vosges. Désormais, en 2011-2013, il est signalé dans le Jura, le Doubs et les Vosges et même la Haute-Marne. (Voir l'article : le retour du Loup dans le massif jurassien).

 

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Fig. 4 - Répartition du Loup dans les Alpes

Année 2001 (Carte Réseau loup)

 

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Fig. 5 - En 2004, la progression du Loup vers le nord des Alpes

apparaît sur cette carte Réseau-loup

 

En 2004 selon le réseau-loup, les populations lupines sont en développement partout actuellement en Europe, mais leur distribution est fragmentaire sans connexion démographique entre l’Italie, la Péninsule Ibérique, les Balkans et l’Europe centrale ; effectifs très variables, compris selon les pays entre quelques individus et 2 500 loups.

 

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Fig. 6 - L'expansion du Loup en France est soutenue, car le pays contient de nombreux habitats vacants convenant à cet animal. La première meute s'est créée en 1992 dans le parc du Mercantour Depuis, l'aire de répartition de l'espèce a augmenté de 20 à 25 pour cent par an, surtout dans des régions montagneuses où les meutes peuvent vivre en relative tranquillité.

(© Pour la Science n° 435 janvier 2014)

 

Le dynamisme avec lequel la colonisation s'est ensuite poursuivie est surprenant (figures 4-6). Dès 1997, les loups fréquentent le plateau de Canjuers, dans le Var, le massif du Queyras et les Hautes-Alpes. En 1998, leur présence est attestée dans les Monges (Alpes-de-Haute-Provence). En 1999, ils sont identifiés dans les massifs du Vercors (Drôme, Isère) et de Belledonne (Isère, Savoie). De 2000 à 2003, le loup laisse des traces dans les Préalpes de Grasse, proches de Nice, en Maurienne (Savoie) et dans le Bugey (Ain). Et on le repère dans les Pyrénées-Orientales dès la fin des années 1990 ! À partir de 2006, on le rencontre dans plusieurs départements du Massif central – la Lozère, l'Aveyron, le Cantal, l'Ardèche – et à partir de 2011 dans le Jura et dans les Vosges. Aux dernières nouvelles, il est aussi arrivé en Haute-Marne et dans l'Aube. Dans l'ensemble, l'aire de répartition du loup s'est étendue 15 ans durant d'environ 25 pour cent par an en France, et cela malgré les décès accidentels ou les abattages.

 

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Fig. 7 - Les populations de cerfs élaphes se développent en France en raison de l'expansion des forêts et des friches agricoles, et en raison de la gestion cynégétique. Ce phénomène favorise aussi le retour du loup, le principal prédateur du cerf. Si la présence de meutes de loups dans les forêts de plaine se confirme, elle constituera un régulateur naturel du Cerf et pourrait avoir des effets positifs sur la végétation forestière et agricole.

©Michel Cottet

 

En Allemagne, la tendance est la même. Au tournant des années 2000, des loups arrivent outre-Rhin de Pologne. Leur présence est d'abord attestée dans le Lausitz, région forestière riche en cervidés, à cheval entre la Pologne et les länderde Saxe et de Brandenbourg. Si 13 des 19 meutes allemandes vivent encore dans cette région, l'espèce a essaimé dans tout le pays. En équipant de jeunes loups de colliers gps, (Des loups suivis par GPS (Pour la Science janvier 2012 n°411 p. 8.), les biologistes allemands ont mis en évidence que ni les routes ni les cours d'eau ne constituent des obstacles pour ces canidés, qui peuvent par ailleurs franchir des distances énormes. En deux mois, un jeune loup allemand a ainsi traversé la Vistule et l'Oder et parcouru 1 550 kilomètres avant de rencontrer une jeune femelle biélorusse. Dans l'Ouest de l'Allemagne, le loup a fréquenté la Rhénanie du Nord-Westphalie dès 2008 et l'analyse génétique d'un spécimen abattu en Rhénanie-Palatinat, un peu plus au Sud, a révélé qu'il s'agissait d'un loup italo-alpin !

 

Se profile ainsi une probable jonction entre les loups de souches orientale et nordique et les loups méditerranéens, jonction qui amorcera un précieux brassage génétique. De même, dans le Nord de l'Italie, en Autriche, voire en Suisse, les loups slovènes, eux aussi en expansion, pourraient rencontrer des loups italo-alpins.

 

La Suisse, pays de la Convention de Berne devrait être une terre de recolonisation favorable au loup, qui y est arrivé dès 1995. Or il n'en est rien. En 2012, pas plus de 17 individus ont pu être recensés, dont une minorité de femelles. Plus que la rudesse du milieu montagnard, ce sont des facteurs politiques qui expliquent encore une fois les difficultés du loup en Suisse.

 

Dans ce pays fédéral décentralisé, le pouvoir important des élus des cantons a pour effet de multiplier les abattages officiels instamment demandés par de puissants groupes de pression agricoles et cynégétiques. À cela s'ajoutent de nombreux tirs illégaux, souvent couverts par les autorités. Même l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) demande régulièrement au comité permanent de la Convention de Berne d'assouplir le statut de protection de l'espèce. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) obtient souvent des condamnations des tirs par les tribunaux suisses, mais la plupart du temps après que le mal est fait… Canis lupus progresse donc difficilement en Suisse : il n'est arrivé que dans les cantons des Grisons, du Tessin, de Vaud, du Valais et, plus récemment, dans la région située entre Berne et Fribourg.


Il existe aujourd'hui en 2013 21 meutes de loups en France et 12 en Allemagne. Depuis une dizaine d'années, le loup fait son retour dans l'Est de l'Allemagne.

 

Depuis 2009, l'Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature suit par satellite six jeunes loups de la frontière germano-polonaise. Elle a fait d'intéressantes découvertes :

(http://www.bfn.de/0401_pressearchiv_2011.html).

 

Ces travaux montrent qu'en Europe de l'Ouest, la dynamique de recolonisation par le loup est forte. La situation française l'illustre, puisque dans l'Hexagone, les accroissements des territoires et des effectifs restent actuellement de l'ordre de 20 pour cent par an en moyenne, et ce malgré l'existence d'un braconnage avéré et cryptique (caché), comme l'a étudié le biologiste Guillaume Chapron. Étant donné les espaces rendus disponibles par la déprise agricole, les loups français ne peuvent qu'avoir une grande capacité de dispersion.

 

C'est bien ce que montre le suivi français : des spécimens identifiés en Lozère ou dans les Pyrénées-Orientales l'avaient été plusieurs mois auparavant dans les Alpes. Des loups de souche italo-alpine franchissent même la frontière franco-espagnole pour coloniser la Sierra del Cadi, en Catalogne. La jonction avec les loups espagnols ne semble pas s'être faite, parce que leurs populations se trouvent à l'Ouest et au Sud de la péninsule Ibérique (voir figure 2) , et sans doute aussi parce qu'un braconnage efficace en Aragon et en Navarre isole encore les deux populations.

 

Il est ainsi apparu que le comportement des jeunes loups varie énormément : tandis qu'une jeune femelle n'a quitté sa famille qu'au bout de deux ans, un mâle de 12 mois a parcouru 1500 kilomètres pour aller à la rencontre d'une louve biélorusse... Les chercheurs ont été encore plus étonnés de voir les jeunes loups se risquer facilement sur des terrains découverts, telles les landes, et de constater qu'ils ne répugnent pas à séjourner longtemps près d'une route bruyante, une jeune louve allant jusqu'à creuser sa tanière à 500 mètres d'une grande artère.

 

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Fig. 8 - Le Loup en Allemagne © Stefan Seidel

 

« Les loups sont capables de se multiplier très vite dans les milieux structurés par l'homme », souligne Béate Jessel, directrice de l'Agence fédérale pour la conservation de la nature. En Allemagne aussi, il va falloir se préparer à gérer la cohabitation entre Canis lupus et Homo sapiens.

En Allemagne, le Loup ne s'attaque pas aux troupeaux de moutons, assurent les écologues, répondant aux craintes des éleveurs. La preuve est apportée avec l'étude des restes de 3000 repas de Canis lupus. Leur menu est composé principalement de chevreuils (55,3 %), de cerfs rouges (20,8 %), de sangliers (17,7 %) et de lièvres (3 %), révèlent les chercheurs. Seulement 1 % de leur repas provient des élevages (Science Daily).

 

 

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Fig. 9 - (Carte Réseau Loup)

 

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Fig. 10 - (Carte Réseau Loup)

 

 

Actuellement (juillet 2011), il y aurait 19 meutes avec plus de 170 loups aujourd'hui en France selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Rhône-Alpes. La population des loups a été estimée entre 170 et 200 individus l'hiver dernier, contre 140 à 170 un an auparavant.

 

Selon le ministère, au 25 juillet 2011, 583 attaques ont été recensées depuis le début de l'année dans dix départements pour 2.115 ovins tués. À la même date en 2010, 470 attaques avaient été recensées pour 1 786 animaux tués. En 2011, l'État a dépensé 1,5 million d'euros pour indemniser les dégats dus au loup sur un budget loup total de 8 millions d'euros.

En 2013, on estime qu'il existe 21 meutes et 250 loups en France, chaque meute comptant 2 à 5 individus. Les signalements nouveaux concernent la plupart du temps des loups solitaires erratiques, jeunes mâles chassés des meutes constituées.

 

AJOUT DU 29/06/2014 : article de l'Est Républicain

 

Feu vert à l'abattage de loups

 

Des éleveurs et chasseurs ont manifesté hier dans les Pyrénées.

 

Alors que la profession agricole mobilisait dans l'Ariège contre « la gestion calamiteuse » des grands prédateurs, le gouvernement a annoncé hier qu'il allait faciliter les tirs contre les loups.

 

Gare au loup ! Le gouvernement a changé de fusil d'épaule alors que monte la colère des éleveurs. Ils étaient près de 3000, hier à Foix, pour protester contre « le fléau » des grands prédateurs (ours, loups, vautours), épaulés par les chasseurs, les forestiers et des représentants du monde rural. « Arrêtons le carnage, soutenons l'élevage », était venue clamer la profession agricole à l'appel des Jeunes agriculteurs et de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

 

S'agissant du loup, leur cri aura porté. La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé hier le relèvement du plafond national de 24 loups maximum pouvant être abattus sous certaines conditions. Il est porté à 36 « si le seuil de 24 est atteint en cours d'année ».

 

Dans certains départements alpins et de l'est, les préfets vont pouvoir autoriser « des opérations de prélèvement de loups », autrement dit de tirs contre le canidé sauvage, animal protégé aux niveaux national, international et européen, mais qui ne cesse d'étendre son territoire en France. La population est désormais d'environ 300 individus, avec des effectifs en hausse de près de 20 % par an.

 

« Mieux protéger les éleveurs »

 

La ministre de l'Écologie ne va pas en rester là et promet une autre mesure, d'ici au 15 juillet, pour déléguer aux préfets « l'expérimentation de mesures plus souples » pour combattre le loup dans les régions où sont recensées le plus d'attaques. Des « battues au grand gibier » pourront être organisées.

 

L'annonce de ces mesures était attendue, au lendemain de la réunion convoquée par Ségolène Royal avec les préfets des départements concernés. Depuis 2009, les préfets ont compétence en matière de dérogation à la protection stricte du loup : ils peuvent prendre des mesures lorsqu'il y a « intérêt à agir », notamment pour prévenir des dommages importants aux élevages.

 

Les éleveurs sont « à bout de nerfs », a alerté le député UMP des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy, mercredi à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement. « Le loup gagne un département par an », a dénoncé l'élu, demandant « un signe fort et des actes ».

 

« La protection du loup est victime de son succès », a admis devant les députés Ségolène Royal, qui a dit hier vouloir « mieux protéger les éleveurs » contre la prédation de l'animal. La ministre de l'Écologie le reconnaît : « Les dommages aux troupeaux restent trop importants. Plus de 6 000 animaux d'élevage ont été victimes du loup en 2013. La détresse des éleveurs et de leurs familles doit être prise en considération. » Quant à l'ours, dont il reste une vingtaine d'individus après les réintroductions des années 1996-2005, l'idée est de procéder à des lâchers... en Espagne.

 

Nathalie CHIFFLET (avec AFP)

 

Sources :

  • Réseau Loup

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

  •  Voir également la revue "Terre sauvage" de Novembre-décembre 2012.

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http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

  • Farid Benhammou[1]  Le retour du loup en Europe occidentale Pour la Science n° 435 janvier 2014 pp. 64-70.


    [1] Farid BENHAMOU, est géographe et chercheur associé au Laboratoire de géographie physique (UMR CNRS 8591).

 

À propos d’un article paru le 13 octobre 2014 sur pastoralisme et biodiversité

Un article paru le 13 octobre 2014 dans le journal Libération  Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers  est très engagé contre la restauration d’une fraction de la faune autochtone.
C’est un choix politique légitime. Ici, où l’on se doit de rester factuel et rationnel, ce n’est le lieu ni d’approuver ni de contester cette option.



Ce qui n’est pas légitime ce sont les multiples contre-vérité factuelles (voir détail plus bas) dont les auteurs prétendent étayer ce qui, de ce fait, objectivement, n’est pas une analyse mais de la propagande. Les mettre en évidence, ainsi que comme présenter les analyses ci-dessous, est tout à fait à sa place ici.



La solide analyse du géographe Farid Benhammou avait répondu à l’avance depuis plus de onze années, dans un article  Benhammou Grds prédateurs biodiversité paru dans le Courrier de l’Environnement revue de l’Institut National de la Recherche Agronomique et non pas presse d’opinion.



On trouvera ci-dessous un autre article de Benhammou, beaucoup plus bref et ciblé : Pourquoi la Confédération paysanne est-elle anti-loup ? paru le 27 novembre 2014 dans la revue Politis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Politis). Il explique une position qui peut en surprendre beaucoup.


Contre-vérités factuelles in « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers »


Lagopède Lagopus mutus et Bouquetins Capra sp. : prétendre que l’action de l’élevage pastoral leur soit profitable c’est ignorer totalement comment et où vivent ces animaux1 ;


Gypaète Gypaetus barbatus : Hirzel et al. (2004) ont montré que dans, les Alpes l’espèce la plus favorable à son installation est  Capra ibex suivi par le Chamois R. rupicapra, les ovins ne viennent qu’au troisième rang ;


réalité passée, mythe actuel : le rôle du pastoralisme pour la biodiversité tel qu’il est décrit est largement disparu. Depuis des décennies se juxtaposent beaucoup plus ici abandon2,  là intensification3, voire surpâturage4 (cf. Benhammou Grds prédateurs biodiversité). Il ne s’agit nullement ici de critiquer cette évolution mais simplement d’appeler un chat un chat.


Faut-il s’en étonner ? Tous les nombreux signataires travaillent soit en sciences humaines, soit au sein d’organismes  dont le champs d’activité est l’élevage, l’agronomie, etc. mais pas un seul sur la biodiversité, sa conservation ou/et sa restauration. Il est remarquable que la partialité de plusieurs d’entre eux ait déjà été analysé onze ans plus tôt dans l’article de Benhammou dans le Courrier de l’Environnement Benhammou Grds prédateurs biodiversité.



Au contraire, des éleveurs et/ou bergers par ailleurs naturalistes conviendront des critiques ci-dessus.



1 Alors que, au contraire, sont solidement documentés des cas d’effets négatifs de l’élevage sur des populations de bouquetin : disette hivernage par excès de pâturage, pathologies transmises.


2 Parcours difficile ou autre conditions rendant difficile ou impossible l’intensification.


3 La multiplication des impluviums dans des alpages qui s’en sont passé durant des siècles correspond à une intensification.


4 Certains sites célèbres par la diversité de leur flore ont été ainsi ruinés du fait de concentrations temporaires mais extrêmes.

 

Ajout du 30 août 2016 (d'après un article ce Science et Avenir n°835, p56-57).

 

LE LOUP : UN DÉLICAT ÉQUILIBRE À RESPECTER

Population estimée : 300 individus

Répartition : Vosges, Massif central, Pyrénées

Statut : espèce strictement protégée

« Compter les loups, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin tant ils évoluent sur de grands territoires, explique Christophe Duchamp, du service Études et recherche de l'ONCFS. Aussi, nous mutualisons les énergies avec un réseau de 3100 observateurs formés qui s'étend au fur et à mesure de l'expansion du prédateur.»

Absent du territoire national en 1992, le Loup est désormais revenu en provenance d'Italie. Les spécialistes récupèrent les crottes et les poils laissés par les carnivores pour établir leur carte d'identité génétique, étudient les moutons et animaux sauvages attaqués (8935 ovins tués en 2015) et expertisent les photos prises par des particuliers. Les pouvoirs publics se doivent de préserver la sérénité des éleveurs tout en assurant la sauvegarde d'une espèce protégée au niveau européen. « Nous évaluons les risques qu'a la population de loups de croître ou décroître selon le niveau de prélèvement [abattage] appliqué », résume Christophe Duchamp. Pour ce faire, les chercheurs utilisent un modèle démographique qui croise la dynamique de reproduction avec son expansion géographique. Ainsi, en 2015, 45 zones de présence permanente ont été identifiées pour 33 meutes. Le modèle permet aux pouvoirs publics de déterminer le plafond des abattages selon les régions. Entre juin 2015 et juin 2016,18 des 36 abattages se sont produits dans les Alpes-Maritimes. Sans que l'on connaisse bien, pour le moment, l'impact sur les meutes qui y vivent.

 

Les loups sont de retour au Danemark, 200 ans après avoir disparu (ajout du 6 mai 2017)

  • Les scientifiques ont établi le profil génétique de cinq individus, quatre mâles et une femelle, mais il y en a peut-être plus.
    Les scientifiques ont établi le profil génétique de cinq individus, quatre mâles et une femelle, mais il y en a peut-être plus. | Photo d'illustration : archives AF

 

Des loups, dont une femelle, ont fait leur retour au Danemark pour la première fois depuis deux siècles, a affirmé jeudi un zoologiste qui en a obtenu la preuve par l'ADN.

« Nous savions depuis 2012 que des loups étaient entrés au Danemark. Maintenant, nous avons la preuve qu'il y a une femelle », laissant la possibilité de naissances lors de ce printemps, a déclaré à l'AFP ce scientifique de l'université d'Aarhus, Peter Sunde. Ces animaux sont arrivés d'Allemagne pour s'installer dans l'Ouest du Danemark, région agricole, la moins densément peuplée du pays scandinave. 

« Ils ont fait beaucoup de chemin, plus de 500 km. Nous pensons que ce sont des jeunes rejetés par leur famille qui recherchent de nouveaux terrains de chasse », a affirmé le chercheur.

Localisation maintenue secrète

La preuve a été établie, outre l'ADN, par le relevé d'empreintes et par la vidéosurveillance d'endroits où la présence des canidés était soupçonnée. Les scientifiques ont établi le profil génétique de cinq individus, quatre mâles et une femelle, mais il y en a peut-être plus.

La localisation est maintenue secrète, pour ne pas attirer d'éventuels chasseurs. « Nous suivons ça. Le loup est un animal qu'il n'est pas autorisé de chasser donc nous devons le protéger », a indiqué à l'AFP le directeur de l'Agence de l'environnement, Henrik Hagen Olesen. Le loup avait entièrement disparu du royaume au début du XIXe siècle, exterminé par les chasseurs.

Vives polémiques

Dans les autres pays nordiques où l'espèce est beaucoup mieux représentée, l'abattage des loups, espèce protégée par la Convention de Berne, est l'objet de vives polémiques entre habitants, éleveurs, chasseurs, gouvernement, Union européenne et défenseurs des animaux sauvages.

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?