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12/04/2013

Tétée du soir

Tétée du soir

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

C'est une très belle image que l'on doit à mon ami Michel Paratte de Maiche, réalisée ces jours derniers sur le plateau du Haut-Doubs et que je souhaite faire partager cette semaine.

 

Du haut de ses 88 ans, Michel Paratte ne désarme pas. La photo animalière le conduit presque tous les soirs à l’affût en lisière de forêt. Si certains jours, les animaux ne sont pas au rendez-vous, la patience et la persévérance finiront par le récompenser et la joie manifestée par le ton de sa voix au téléphone au retour de prise de vue me fait deviner que la soirée laissa dévoiler une très belle scène de vie.

 

C'est toute la famille Chevreuil qui progressivement sort de forêt à portée d'objectif, le jeune faon profitant de la fraîcheur de la soirée pour téter sa mère, le mâle distant de quelques mètres faisant également l'objet de toute l'attention du photographe.

 

Chapeau bas, Michel ! On en redemande…

 

Chevrette-et-faon©Michel-Paratte-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

La luge d'antan

La luge d'antan

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Clin d’œil de vacances à travers ce cliché réalisé dans le massif alpin du Queyras.

C'est en me promenant à la découverte du village de Saint-Véran, plus haut village de France et d'Europe (2040 mètres d'altitude), que je remarque ce chat abrité du soleil sous une vieille luge.

Plongé dans une sieste semble-t-il bien profonde, ce n'est que lors de mon approche et qu'au moment du déclenchement de l'appareil photo que le matou entrouvre un bref instant les yeux.

Rassuré et imperturbable, la chaleur aidant, même une souris s’aventurant à ses côtés ne prendrait pas beaucoup de risques !

CHAT-ST-VÉRAN-DELFINO-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Peluche au pré

Peluche au pré

 

par Dominique Delfino

 Photographe animalier et naturaliste

 

 Trop mignon, irrésistible, la rencontre  avec ce petit âne dans les Alpes du sud s’accompagne d'une dernière séance de prise de vues imprévue en soirée

 

Au détour d'un chemin, le jeune ânon se présente dans une belle lumière de fin de journée, le cadre de la prairie offrant les conditions idéales pour mettre en scène ce qui pourrait sembler être une petite peluche.

 

Le temps au soleil de se coucher et au petit âne de se rapprocher de sa mère toujours à proximité, ce sont quelques poses attendrissantes que le jeune animal offre à mon objectif.

 

 

Anon-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Salut les Marmottes

Salut les Marmottes

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Par ces temps de canicule de fin juillet, je vous propose une balade en Suisse, dans le massif du Chasseral afin d'aller chercher un peu de fraîcheur à près de 1600 mètres d’altitude.

 

En compagnie d'une belle petite population de marmottes, je profite de la lumière de fin de journée pour observer ces charmants mammifères ''prendre la température'' à l'entrée de leurs terriers.

 

Comme chaque année à cette période, ce sont de jeunes marmottes qui, depuis quelques semaines montrent le bout du nez et évoluent de terrier en terrier, courant dans l'herbe à la recherche des tendres pouces dont elles sont friandes.

 

Toujours très curieux, les adultes me laisseront approcher raisonnablement, m'offrant la possibilité de réaliser l'image de ce couple quelque peu intrigué par ma présence.

 

Marmottes-Delfino.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Chevaux au repos

Auprès de leur arbre

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

C’est une image de vie reposante qui m'a inspiré ce cliché, qui pourrait ressembler à une nature morte si les chevaux n’étaient pas au cœur de cette scène de campagne à Brognard.

 

Qu’il en a vu s’écouler du temps ce vieux fruitier, abritant aujourd’hui au sein de ses vieilles branches creuses, les oiseaux qui trouvent là le biotope pour s’y réfugier ou installer leur nid.

 

Mais il reste avant tout le symbole de cette petite prairie que les chevaux semblent apprécier au quotidien, le vieux fruitier étant devenu leur repaire durant les moments de repos partagés et complices.

 

Chevaux-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Scène de vie au Kenya

SCÈNE DE VIE DANS

LE MASAÏ MARA

 

 par Dominique Delfino

photographe animalier

 

[De retour du Kenya où il animait un stage photo dans la réserve du Masaï Mara, Dominique Delfino nous fait partager cette image pleine de tendresse et de délicatesse].

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

« Remarquant une famille de lions se déplaçant dans les hautes herbes de la savane accompagnée de très jeunes lionceaux, je demande au chauffeur de prendre un peu de distance en se positionnant dans l'axe des félins, espérant que ceux-ci poursuivent leur déplacement dans notre direction.

Les jeunes lionceaux se fatiguant à travers la végétation font l'objet de toute l'attention des lionnes. Mais lorsque l'un deux peine à suivre lors d'un passage à découvert, la mère, dans la plus grande attention, saisit son petit pour le faire traverser et le conduire à l'abri, les hyènes étant les principaux prédateurs des lionceaux.

Une scène de vie dont il faut profiter pleinement tout en gardant un œil dans l'objectif ».

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La blanche hermine

La blanche hermine

 

par Dominique Delfino
photographe animalier

 

Quel contraste entre les mangoustes photographiées il y a dix jours au Kenya par plus de trente degrés et les moins dix degrés près de Villers le lac la semaine dernière.

 

Deux hermines font l'objet de mes observations. Au petit matin, je surveille une pâture enneigée, les traces dans la neige et les terriers signalent la présence de l'hermine.

 

Patience, mais quel spectacle lorsque la petite tête apparaît dans la neige, scrute les environs et, soudain se met en chasse avec une agilité et une rapidité stupéfiante. Ses proies: ce sont les campagnols et les mulots qu'elle est capable de détecter sous la neige. Pendant près d'une heure le petit mustélidé court, saute, bondit, vole sur la neige, va et vient puis, soudain réapparaît avec une proie avant de disparaître dans son terrier.

 

Entièrement blanche en hiver à l'exception de l'extrémité de sa queue noire, l'hermine commence sa mue dès la mi-mars pour retrouver sa couleur brune d'été juste avant la saison des amours.

 

Un moment de pure bonheur que ces instants de nature libre…

 

HERMINES_450.jpg

Clichés © Dominique Delfino

 

Mangoustes rayées en alerte

Mangoustes rayées en alerte

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

J'évoquais la semaine dernière le contraste de température entre mes prises de vues d'hermines dans la neige du Haut-Doubs et les images de mangoustes réalisées dernièrement au Kenya.

 

Si le sujet présente quelques similitudes dans l'attitude avec l'hermine du point vue technique photo, le comportement et la vie sociale de la mangouste rayée est totalement différent. Ce petit mammifère (l'une des plus grandes mangoustes africaines), principalement insectivore, vit en groupe constitué quelquefois de plusieurs dizaines d'individus au sein d'une grande famille.    

    

Toujours en quête de territoire, les mangoustes s'imposent dans leurs déplacements à d'autres populations. Dressées sur leurs pattes arrières, elles surveillent les environs immédiats, les prédateurs pouvant surgir du sol comme du ciel, les rapaces étant nombreux.

 

Beaucoup plus petite, d'une taille rappelant celle de l'hermine, la mangouste naine me permit également de profiter de très belles observations accompagnées de quelques photos sur le comportement  de cette très belle espèce.

 

Mangoustes-rayées-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Mignon éléphanteau

Mignon éléphanteau

 

par Dominique Delfino,

photographe animalier

 

Au cours de mon récent séjour au Kenya (Masaï Mara), parmi les nombreuses rencontres avec la faune locale, j'ai pu observer des éléphants de savane, un moment d'intense émotion face à cet animal symbole de l'Afrique. Les très grands troupeaux d'éléphants ont aujourd'hui disparu du continent. Le braconnage lié au commerce de l'ivoire et la réduction progressive de son habitat sont les causes principales de son déclin.

 

Il est encore possible de croiser le chemin de groupes plus ou moins nombreux de ce mammifère à la vie sociale très structurée.

 

L'éléphant est le plus grand animal terrestre mesurant en moyenne quatre mètres à l'épaule et pesant approximativement près de huit tonnes.

 

L'observation d'un tout jeune éléphanteau très joueur sous l'attention permanente de sa mère, demeure alors un moment d'émerveillement dont on ne se lasse jamais, et qui nous laisse espérer sur le devenir de cette espèce considérée comme menacée aujourd'hui.

 

Delfino-éléphante-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

11/04/2013

Terre de renards

Terre de renards

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le Haut-Doubs est actuellement le terrain de prédilection que j'affectionne tout particulièrement avec l'observation et le suivi de terriers de renards.

La rigueur de l'hiver a retardé la reproduction de ce mammifère que l'on pouvait observer facilement chasser sur la neige, les campagnols se faisant plus rares durant cette longue période hivernale.

Malgré les conditions météo déplorables de ce printemps 2013, les premiers renardeaux montrent leurs museaux depuis une   quinzaine de jours.

Par grand soleil, les renardeaux savourent de très longs moments à l'extérieur de leur terrier, découvrant leur environnement au cours de scènes de jeux extraordinaires. Souvent épuisés, les renardeaux regagnent leur terrier en fin de journée, me laissant l'opportunité de réaliser de nombreux clichés.

 

dominique delfino,renard,renardeau,

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Clichés © Dominique Delfino

 

Une vidéo intéressante : le renard chassant sous la neige.

 

La chasse au renard : Au plus près d’une battue au renard

Curieuses les vaches !

Curieuses les vaches !

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Petit clin d’œil que cette image réalisée dimanche après-midi aux Terres de Chaux.

Le soleil tant attendu est au rendez-vous. J'en profite pour contempler les paysages de printemps et les cerisiers en fleurs dans la côte qui domine la vallée du Doubs après le village de Bief.

Au détour d'un chemin, alors que je m'attarde en prises de vues, quelques vaches se regroupent et concentrent toute leur attention sur mon activité. La curiosité dont elles font preuve, les place dans une situation amusante me laissant le temps de retourner mon objectif sur le petit troupeau et de figer cet instant de balade printanière.

Le temps des bourgeons

Le temps des bourgeons

 

par Dominique Delfino

photographe animalier

 

Le printemps est bien là, même si les températures de ces derniers jours nous font encore douter. La nature a néanmoins profité des journées très ensoleillées de la semaine dernière favorisant l'éclosion spontanée des bourgeons et des feuilles en forêt.

Très friands de cette végétation qui s'offre à eux après l'hiver, les chevreuils trouveront là une réserve de nourriture presque inépuisable.

Chaque année, au printemps, des chevreuils se retrouvent en ville après avoir consommé des bourgeons gorgés de sève qui les enivrent en fermentant dans leur estomac. Désorientés, titubants, ils se trompent alors de chemin…

Le cliché que j'ai pu réaliser lors de cette rencontre avec ce brocard en forêt témoigne de l'intérêt que celui-ci manifeste pour ces feuilles tendres qu'il consommera jusqu'à les cueillir au plus haut des branches sans trop se préoccuper de ma présence discrète.

 

Brocard-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Quand la forêt résonne

Quand la forêt résonne

par Dominique Delfino

photographe animalier et naturaliste

 

L'automne revêt un caractère particulier lorsque la forêt résonne du brame du Cerf.

 

Durant plus d'un mois à cette période de l'année, saison des amours pour le plus grand de nos cervidés, animant les grands massifs forestiers de nos régions.

 

À l'apogée de leur excitation, le comportement des mâles demeure un spectacle extraordinaire. Afin de s'imposer sur son territoire, le Cerf avertit de sa présence en bramant, intimidant et défiant les autres mâles.

 

Particulièrement actif très tôt le matin et en soirée, il vous plonge dans une ambiance unique et nombreuses sont les animations découvertes à l'écoute du brame du Cerf.

 

Le parc de Sainte-Croix en Lorraine compte parmi les endroits où l'on peut découvrir, observer et surtout profiter de cette période amoureuse dans d'excellentes conditions pour le plus grand bonheur des enfants et des plus grands. Sans oublier son appareil photo !

 

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Cliché © Dominique Delfino

19/03/2013

Le nouveau Plan Loup : un plan de chasse d’une espèce protégée ?

Le nouveau Plan Loup :

un plan de chasse d’une espèce protégée ?

 

par Pierre Athanaze,

Président de l’ASPAS

 

Le nouveau « Plan Loup » 2013-2017 a été présenté dans une version  presque finalisée le 22 février 2013, lors de la réunion du Groupe National Loup qui réunit les ministères de l’Écologie, de l’Agriculture et les acteurs concernés par le dossier loup. Ce nouveau plan prévoit le tir de 24 loups pour la période 2012-2013 et enfonce le dossier loup dans une dérive inacceptable.

 

Une confirmation a minima des obligations de protection du loup


L’État réaffirme heureusement certaines évidences fondamentales :

1/ le loup reste une espèce protégée,

2/ il faut permettre la progression de l’espèce,

3/ il faut lutter contre le braconnage,

4/ l’interdiction de tir des loups est maintenue dans le cœur des parcs nationaux et des réserves naturelles. Heureusement ! Car le contraire serait à la fois extrêmement grave pour la protection de la biodiversité, et ne respecterait pas les obligations légales de la France par rapport à ses engagements européens (Directive Habitat Faune Flore, Convention de Berne).

 

 Le refus d’une vraie cohabitation entre le loup et le pastoralisme ?


Ce nouveau plan va dans le sens d’une déresponsabilisation des éleveurs et ne propose rien de satisfaisant pour améliorer réellement la cohabitation entre le loup et le pastoralisme. Des troupeaux domestiques pourront être déclarés « non protégeables » par leurs éleveurs ! Pourtant ces troupeaux non gardés par des chiens, des clôtures ou des bergers sont très attractifs pour des prédateurs. La prédation par des loups ou par des chiens continuera donc, et la situation ne fera qu’empirer. Quant aux « tirs de prélèvements », ils devraient tout simplement être abolis car ils n’ont rien à voir avec la protection des troupeaux : ces tirs consistent à tuer un loup possiblement très loin du bétail, sans rapport avec la prédation.

 

 

Loup-E.Balança 

Un véritable plan de chasse du loup


Le nombre maximum de loups pouvant être tué chaque année a doublé, et pourra encore être augmenté régulièrement suivant l’augmentation de la population de loups. Tous les moyens sont mis pour atteindre ce plafond annuel : des « tirs de défense renforcés » avec plusieurs tireurs, possiblement plus loin des troupeaux qu’auparavant, et la mobilisation maximale des chasseurs. Cette politique s’apparente à un véritable plan de chasse, comme pour une espèce gibier !

 

 

La dérive inquiétante des missions confiées à l’ONCFS


L’Etat demande à l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) de former des chasseurs à la destruction du loup, une espèce protégée ! Cette mesure est scandaleuse. Rappelons que la mission officielle de l’ONCFS est de protéger la biodiversité. 

 

Le loup est encore le bouc-émissaire facile d’une filière ovine confrontée à des difficultés économiques infiniment plus vastes. Ce nouveau « Plan loup » apparaît comme une occasion manquée d’œuvrer à une réelle cohabitation entre le loup et le pastoralisme. C’est un gâchis aberrant, indigne d’une vraie politique de protection de la biodiversité.

 

Contact presse : Pierre Athanaze, Président de l’ASPAS : tél. 06 08 18 54 55

Pierre Rigaux SFEPM – LPO PACA : tél. 06 84 49 58 10


 

Associations signataires :  Animal Cross, ASPAS, AVES France, Écologie sans frontière, Fondation Brigitte Bardot, LPO PACA, LPO Rhônes-Alpes, Mille Traces, One Voice, Sauvegarde Faune Sauvage, Sea Shepherd France, SFEPM, SPA, Tendua.

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

 

Ajout du 26 août 2014 :


Clientélisme et populisme sont les 2 mamelles...

 par Marc Laffont, le 6 juin 2014



Le 29 mai 2014, en réponse à une question du sénateur Roland Povinelli (qui doit se sentir seul dans cet univers anti-nature qu’est le Sénat...) restée sans suite pendant un an, madame la ministre de l’écologie a laborieusement admis que 93 % des indemnisations l’ont été sur la base suivante : "cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue".


Ce qui signifie que seuls 7 % des constats ayant conduit à une indemnisation sont incontestablement le fait du loup. Pour les (très nombreux) autres constats, il y a doute.


  Et c’est donc sur cette base de 93 % de doute que l’actuel gouvernement décide de programmer l’abattage de 24 + 12 = 36 loups sur une population estimée entre 220 et 380 individus. Soit entre 9,5 et 16,5 % de la population.


Évidemment, aucune précision n’est fournie pour indiquer ce que seront les critères retenus pour porter de 24 à 36 les loups pudiquement "prélevés"...

 

On peut imaginer que cela dépendra par exemple du degré d’énervement des anti-loups les plus virulents. Lesquels ne risquent pas de se contenter de 24 loups. Ni de 36. Ni de 48 ou même 64 d’ailleurs, vu que leur objectif est de ramener la population de loups en dessous du seuil de viabilité.


L’ours dans les Pyrénées est là pour montrer qu’une petite population est bien suffisante pour générer quantités de subsides publics supplémentaires pour les éleveurs allergiques à la Nature. L’État étant tenu de respecter ses engagements, l’argent coule à flot, sans pérenniser pour autant la population d’ours.


À l’instar des anti-ours, avec lesquels ils sont d’ailleurs en étroite relation, les anti-loups rêvent eux aussi de pouvoir tenir l’État par les parties intimes... Mais Canis lupus est peu enclin à servir de faire valoir, l’infâme...

 

Revenons à ces arrêtés.

 

Puisqu’il est d’ores et déjà prévu d’occire un certain nombre de loups, il convient, a minima, que la France reste dans les clous de la directive Habitats. Les finances du pays n’ont pas besoin d’une énième condamnation pour non respect du droit environnemental européen...


Cela sous-entend un certain nombre d’exclusions de situations d’abattage.



Tout d’abord, il n’est pas pensable d’envisager un tir létal dans une zone où le loup ne fait que timidement son retour.  Exit donc l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, les Bouches du Rhône, la Haute-Marne, la Meuse, les Pyrénées Orientales, la Haute-Saône...

 

Tirer des loups en dehors de la présences des troupeaux est une aberration qui n’a que fort peu de chances de porter sur LE loup qui aurait (peut être) attaqué un troupeau, il y a plusieurs semaines, à X km du lieu du tir...


De même, si un tir doit quand même être décidé pour calmer quelques esprits (mais sans résoudre quoi que ce soit au problème...), il faut impérativement qu’il soit effectué sur un loup EN SITUATION EFFECTIVE D’ATTAQUE, et sur un troupeau où les moyens de protection ont été EFFECTIVEMENT ET CORRECTEMENT mis en place.



Le gibier bénéfice d’une période de quiétude durant laquelle il n’est pas chassé, pour permettre la reproduction et l’élevage des jeunes. Il serait particulièrement incongru qu’une espèce comme le loup, strictement protégée et à ce titre inscrite à l’annexe II de la directive "Habitats", ne bénéficie pas, a minima, de la même faveur, le loup n’étant pas soumis à un plan de chasse mais seulement passible de tirs dérogatoires exceptionnels. Il est donc proprement scandaleux que des tirs létaux puissent être programmés en mai et juin, période d’élevage de la plupart des louveteaux.
Dans le cas contraire, ce serait l’aveu d’une volonté délibérée de régulation d’une espèce strictement protégée. Les associations les plus en pointe en matière de sollicitation des tribunaux pourraient donc d’ores et déjà se frotter les mains...



Le gouvernement gagnerait en crédibilité en limitant la liste des tireurs potentiels à des professionnels patentés, comme l’ONCFS. Et donc en excluant les pratiquants d’un loisir mortifère, dont le principal fait d’armes depuis 40 ans est d’avoir organisé la multiplication du cochonglier au delà des capacités de gestion par ses adeptes...

 

L’écran de fumée des tirs de loups ne pourra pas indéfiniment reculer la question de la mise en place d’une assurance-prédation, englobant TOUTES les causes, et dont le montant de la cotisation serait d’autant plus bas que les moyens de protection, financés par l’État et le contribuable, seraient le plus efficacement mis en place.

La seule solution durable pour le pastoralisme, c’est cette incontournable mise en œuvre efficace des mesures de protection qui restreindront l’accès au troupeau, que ce soit pour le loup ou tout autre prédateur à 2 ou 4 pattes.

 

Plus globalement, tous les tirs et toutes les éradications du monde ne changeront rien à ces quelques statistiques implacables :



- La production de viande ovine française a été divisée par 2 entre 1983 et 2013.
- La consommation de viande ovine par habitant a presque été divisée par 2 entre 1994 et 2013.
- L’approvisionnement en viande ovine en France est assuré à plus de la moitié par les importations (GB, NZ, Irlande, Espagne...).
- Le taux de pénétration de la viande ovine en France est tombé à 56 % en 2010. On attend la prochaine évaluation, prévue normalement pour fin 2014...
- Les plus de 65 ans représentent 40 % des volumes achetés, les - de 35 ans, 5 % seulement.
- Le coût de revient moyen de l’agneau français est de l’ordre de 12 € le kg, alors que le prix payé au producteur est d’environ 6 €/kg, ce qui est pourtant le plus élevé des pays producteurs d’Europe.
- Pourquoi un tel écart ? Parce que la productivité numérique par brebis est de 0,7 agneau, ce qui est une trop faible technicité pour espérer rentabiliser un élevage ovin viande.

Pour finir, la conséquence des point précédents : la dépendance aux subventions est devenue apocalyptique.

Vu que ces arrêtés concernent essentiellement les zones pastorales, tenons nous en au montant des subventions versées dans cette zone : un élevage de 460 brebis nécessite (chiffres 2012) 52 400 € de subventions/an, pour induire la production de 33 200 € de viande ovine et générer 18 100 € de revenu pour l’unique unité de main d’œuvre que parvient à "rémunérer" une exploitation de 460 brebis.

Nul doute que l’abattage de 36 loups va fondamentalement modifier cet "équilibre".



 Source : la buvette des alpages

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

08/03/2013

Retour du Loup dans les Vosges

Loup-Vosges-logo.jpgRetour du Loup dans les Vosges

 

 

par André Guyard

 

 

(dernière mise à jour : 03/09/2014)

 

 

Au cours des dernières décennies, les journaux s'étaient fait l'écho de la possible présence du Loup dans le Massif vosgien, "la Vôge" et dans le sud du Plateau lorrain. En 1977 déjà, les récits sur "la bête des Vosges" étaient rapportés sans que les investigations ne puissent statuer définitivement sur l'identité de l'animal en question.

 

Le début des années 90 marquait le retour du loup en France par le sud-est avec des observations visuelles dans le Massif du Mercantour, mais aussi la découverte d'une dépouille dans les Hautes-Alpes, correspondant probablement à un loup qui occasionnait des dégâts depuis plusieurs mois. La colonisation était donc déjà en marche, et déjà le Massif vosgien n'était pas en reste puisqu'un loup, de souche italienne, était abattu en novembre 1994 à Senonges, localité située à l'ouest du département des Vosges sur le Plateau lorrain, dans la région de Vittel.

 

Alors que le Loup a fait sa réapparition dans le massif du Jura (voir Le Loup de retour dans le massif jurassien), il s'est donc à nouveau installé dans les Vosges. Combien d’individus sont aujourd’hui présents ? Le Groupe d’Étude des Mammifères de Lorraine (GEML) et le groupe "massif vosgien" de l’association FERUS concluent à la présence "d’au moins trois loups dans les Vosges, deux à l’Est sur le territoire de La Bresse, et un à l’Ouest sur le secteur de Grand et cela depuis le printemps 2001 si l'on fait état de quelques témoignages, des clichés réalisés par piège photographique et des attaques sur des troupeaux d’ovins dans les Vosges. Des conclusions confirmées par les expertises de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

Ainsi, quinze années après le retour du Loup dans le Mercantour, suite au développement de ce processus de colonisation essentiellement axé du sud vers le nord, le loup s'installe en Zone de Présence Permanente (ZPP) dans les Hautes-Vosges dans un secteur de moyenne montagne principalement à cheval sur les départements des Vosges (88), du Haut-Rhin (68), de la Haute-Saône (70) (Cf carte ci-dessous).

 

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Désormais en 2014, la présence du Loup est avéré dans les départements voisins des Vosges, Meuse, Moselle, Haute-Marne…

 

VOSGES

 

Année 2011

 

En avril 2011, au Ventron dans les Vosges, un ou plusieurs prédateurs ont tué 23 moutons, en trois attaques. Sur les lieux, un loup avait été photographié par un appareil photo automatique (voir cliché ci-dessous).

 

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Loup des Vosges (juillet 2011) (Cliché DR)

 

La photo prise en juillet 2011 montre bien un loup mâle et les agressions de troupeaux se poursuivent. Rien encore cependant permettant de trancher sur le nombre de grands canidés. Selon le GEML et FERUS, la présence d’un nombre important de proies faciles d’accès entraîne un réflexe chez les carnivores de "sur-chasse" ou "over-killing". Le plus important consiste donc à évaluer la quantité de viande consommée et non le nombre d’animaux attaqués. D’après les analyses, elle restait ici assez faible, environ 5 kg en moyenne, soit la ration d’un seul loup.

 

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Loup des Vosges (juillet 2011)

(Cliché DR-Républicain Lorrain)

 

Désormais, le bilan est le suivant : depuis le début du mois d'avril 2011, des attaques répétées sur troupeaux domestiques sont enregistrées sur huit communes situées en périphérie de la vallée de La Bresse (88). Au total, 15 exploitations différentes sont concernées, pour 136 victimes constatées. La dernière attaque a eu lieu le 05 décembre 2011, sur la commune de Thiéfosse (88), alors  que la majorité des autres troupeaux étaient déjà rentrés en bergerie depuis deux mois.

 

Année 2012

 

Les premières chutes de neige ont permis de détecter à nouveau la présence de l'espèce : fait nouveau, à au moins trois reprises, des dédoublements de piste sont observés ainsi que des déplacements parallèles qui confirment cette fois la présence de deux individus. Ainsi, le 13 décembre 2011, une piste de loup traverse le versant ouest du massif du Ballon d'Alsace ; le 27 décembre 2011, sur le versant alsacien, des chasseurs de la vallée de Munster (68), découvrent la présence d'une jeune biche consommée en totalité. Les indices relevés sur la carcasse, les empreintes et les pistes suivies sont caractéristiques du loup. Le lendemain matin, une autre piste fraîche retrace le déplacement du loup sur environ huit kilomètres, à proximité de la crête sommitale. Des conditions météo favorables s'installent enfin, avec une stabilité du manteau neigeux, qui permettra de suivre entre le 14 et le 16 janvier 2012, une nouvelle piste située au sud du massif de la forêt du Bonhomme (88). Sur plus de six kilomètres, les empreintes bien marquées mais qui datent probablement de 24 à 48 heures, comportent tous les critères qui correspondent à une piste de deux loups. Après avoir chassé sans succès, dans une zone de régénération forestière dense, les animaux se sont déplacés vers l'est et c'est finalement le manque de neige à basse altitude qui a interrompu le suivi. (A. Laurent / ONCFS Animateur Réseau LL massif vosgien).

 

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Cliché A. Laurent ONCFS 16 janvier 2012

 

Cette piste de deux loups suivie dans la neige, toujours sur le massif vosgien des traces rectilignes caractéristiques du déplacement lupin contrairement au déplacement en zigzag du chien. Selon le GEML et FERUS, « Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un loup peut quitter cette piste commune, ce qui forme un aiguillage et ainsi renseigner sur la présence de plusieurs individus. D’où la conclusion qu’un deuxième loup, au moins, est arrivé pendant l’hiver, vraisemblablement au cours de décembre. »

 

Le 21 janvier 2012, une nouvelle attaque aurait eu lieu dans les Vosges à Baudimont sur les hauteurs de Saulxures-sur-Moselotte. Alors que les moutons passent engénéral l'hiver dans les bergeries, certains élevages laissent les ovins vaquer à l’extérieur avec un seul abri pour la nuit. C'est ainsi qu'une brebis gestante aurait été victime de deux loups. En effet, deux traces distinctes ont pu être identifiées dans la neige, preuve irréfutable de la présence de deux canidés. En recoupant ses propres observations et les différents signalements de la présence des grands canidés, un naturaliste passionné : Jean-Luc Valérie, a établi l'aire de répartition des loups dans les Vosges. La zone couvrirait 55 000 ha du col du Bonhomme à Fresse sur Moselle et de la route des Crêtes, côté alsacien jusqu'à Rochesson. (voir l'ouvrage "le Retour du Loup en Lorraine", par Jean-Luc Valérie, Ed. Gérard Louis, octobre 2010 et suivre la progression du Loup en Vosges-Lorraine sur le blog de Jean-Luc Valérie).

 

Au printemps 2012, ont lieu des attaques sur des troupeaux d’ovins dans le secteur de Grand, toujours dans les Vosges, mais à plus de 100 km de là où les loups avaient été repérés. Pour le GEML, on peut "supposer qu’il s’agit d’un jeune individu encore inexpérimenté dans la chasse, puisque l’over-killing est très fort". Un troisième individu donc, arrivé récemment, "tandis que les agressions toujours recensées dans le secteur de La Bresse font penser que les deux autres individus sont toujours ensemble".

 

Désormais, on en sûr : l’un des deux loups est une louve : le typage génétique réalisé sur les excréments, poils et urines récoltés sur le terrain identifie une femelle, par ailleurs jamais détectée auparavant dans la base de données nationale de suivi du loup, explique Anthony Kohler de l’association FERUS, qui, avec le Groupe d’étude des mammifères de Lorraine (GEML), se penche sur la réinstallation du grand canidé dans la région.

 

À l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans les Vosges, Benoît Clerc confirme l’information. "En janvier dernier, dans la neige, nous avons eu la certitude qu’un deuxième loup avait rejoint le premier", poursuit le spécialiste de l’ONCFS. Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun en effet met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un animal peut la quitter, ce qui forme alors un aiguillage et renseigne ainsi sur la présence de plusieurs individus. Benoît Clerc indique que c’est sur cette piste qu’ont été prélevés des échantillons d’urine, envoyés dans un laboratoire spécialisé, près de Grenoble, aux fins de séquençage. Cet examen a permis de confirmer non seulement qu’il s’agissait bien d'un loup, mais surtout d’une louve !

 

Pour FERUS et le GEML, "cela signifie qu’il y a potentiellement un couple dans les Vosges. Mais ne sachant pas si ces loups se sont reproduits, on ne peut pas encore affirmer la présence d’une meute sur le massif, une meute étant constituée d’un couple mature et reproducteur".

 

Benoît Clerc, à l’ONCFS, estime que c’est aller un peu vite en besogne. "À l’heure actuelle, la seule certitude, c’est qu’en janvier dernier, il y avait bien deux loups, dont une femelle. Rien ne dit qu’ils sont toujours ensemble, faute de nouvelles analyses ou de constatations sur le terrain. Et pour le premier, nous n’avons à ce jour aucune analyse génétique établissant qu’il s’agit d’un mâle. Les prélèvements d’excréments réalisés n’ont pas abouti à un résultat. Le seul indice faisant penser à un mâle, c’est la photo prise au col du Bonhomme en 2011."

 

Pour FERUS et le GEML, il ne fait aucun doute que "la présence de loups durant deux hivers consécutifs est avérée, permettant de mettre en place une Zone de Présence Permanente". Laquelle devrait entraîner l’activation de plusieurs dispositifs prévus par la réglementation, dont le Réseau loup constitué sur le même modèle que le Réseau lynx, géré par l’ONCFS, avec correspondants formés à la biologie et à l’écologie, mais aussi capables d’identifier les indices de présence de l’animal dans la nature afin de suivre au mieux l’évolution de la population dans le massif", disent les deux associations de protection de la nature, FERUS ayant demandé par ailleurs d’intégrer le Comité départemental loup.

 

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Un des derniers clichés réalisé en juin 2012

à Avranville (88) par un piège photographique,

installé dans le cadre

du dispositif de surveillance déployé

par FONCFS SD88, dans le département des Vosges.

Photo ONCFS SD88 - CROC ©

 

Les clichés réalisés grâce au suivi par pièges photographiques montraient la présence d'un mâle (observation du pinceau pénien). Il est cependant encore trop tôt pour parler de « meute » dans la mesure où l'on ne sait pas si ces animaux sont tous deux matures. Le suivi estival 2012 sera donc une priorité pour le réseau dans ce massif pour suivie l'éventuelle évolution de cette ZFP en meute ("Quoi de neuf ?" n° 27).

 

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Enfin, l'année 2012 révèle de nouveaux éléments au travers des constats d'attaques et autres indices de présence collectés à l'ouest du département des Vosges (Cf. Carte plus haut). En effet, un nouveau foyer de dommages apparaît au printemps et les attaques se succèdent sur les troupeaux d'ovins dans différentes communes situées à l'ouest de Neufchâteau, à 90 km en ligne droite des Hautes-Vosges. Des échantillons biologiques (excréments, poils) ont été collectés et sont en cours d'analyses. Trois clichés différents, pris à l'aide de pièges photographiques attestent de la présence de Canis lupus sur les communes de Midrevaux (88) et Avranville (88).

 

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La mise en place conjointe de la cellule de veille avec l'ensemble des partenaires, services de l'État, monde agricole et cynégétique, concourt à l'efficacité du dispositif de vigilance qui vise à collecter et à vérifier toutes les informations disponibles en matière de présence du loup.

 

Hautes-Vosges (83 - 68 - 70) : L'enneigement assez régulier au-dessus de 1000 mètres d'altitude au cours de l'hiver a permis un suivi soutenu. Au total, 16 indices de présence ont été collectés principalement sur les contreforts ouest/sud-ouest, et sur le versant alsacien des Hautes Vosges. Un animal a été suivi durant 27 km, entre les communes de Ventron (88) et Le Bonhomme (68).

 

C'est en deuxième moitié d'hiver que la présence de deux individus a été documentée sur le sud du massif Vosgien. Plusieurs analyses génétiques confirment la présence de l'espèce en zone limitrophe des trois départements des Vosges, de la Haute-Saône et du Haut-Rhin. Un échantillon d'urine collecté en janvier 2012 a également permis d'individualiser une femelle, en plus donc du mâle mis en évidence par photographie. Par conséquent, les Hautes Vosges sont classées en Zone de Présence Permanente (ZPP).

 

Aucun relevé de terrain ne fait état de plus de deux animaux détectés ensemble, le statut de ce groupe (meute potentielle ou pas) reste à documenter dans la mesure où ou ne connaît pas l'état des individus détectés en terme de maturité sexuelle.

 

En conclusion, les deux hivers consécutifs (2010-2011 et 2011-2012) de présence de l'espèce dans les Vosges attestent d'une territorialisation de l'espèce sur ce massif. Les limites de territoire restent cependant encore floues dans la mesure où cette nouvelle ZPP n'est encadrée par aucune autre meute concurrente. Il ne sera donc pas étrange de trouver des indices à distance du cœur connu de cette ZPP, centrée autour des communes de Ventron, Corimont et La Bresse.

 

Chiens patous vs loups

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, président du syndicat ovin des Vosges est le porte-parole des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup. Son exploitation a subi de nombreuses attaques : l’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. (Est Républicain Lorraine, 31/07/2012)

 

Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. "Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu", comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous. Sans se faire d’illusion toutefois : "Quand le loup aura proliféré et qu’il y en aura à profusion, les chiens ne suffiront plus. Plus aucun moyen de protection ne sera efficace".

 

Le bilan en 2013

 

Trois loups, dont un couple qui a donné naissance l'été 2013 à des louveteaux, ont été identifiés depuis avril 2011 dans le massif forestier des Vosges. Fin août 2013, suite à une opération de comptage de loups « par hurlements », l'Office national de la chasse et de la faune sauvage a confirmé la présence de louveteaux dans le massif. Ces derniers se trouvaient dans la zone de présence permanente des Hautes-Vosges, plus précisément dans le département du Haut-Rhin. C'est donc en toute logique que le préfet a annoncé que quatre traces bien distinctes de loups ont été trouvées ces derniers jours, toujours du côté alsacien, en pleine forêt. Il s'agit certainement du couple et de ses deux louveteaux.

 

Dans les Vosges, les loups auraient tué 139 ovins en 72 prédations en 2011, puis 80 en 40 attaques l'année suivante. Seuls des tirs de défense ont été autorisés par le préfet en 2013.

 

Au niveau national, le nouveau "Plan loup" 2013-2017 entré en vigueur au printemps prévoit que 24 loups pourront être prélevés sur une population de 250 animaux.

 

Voir également dans le même blog, l'article : se protéger des attaques du loup.

 

Année 2013-2014

 

MEUSE

 

24 janvier 2013

 

Pour certains spécialistes, avec les empreintes relevées le 24 janvier dans la neige, l’animal signe son retour.  Le loup serait-il en Meuse ? (Philippe Marque, Est Républicain Meuse)

 

Jean-Luc Valérie est formel. Les empreintes qu’il a relevées le 24 janvier dernier, dans la neige, sur les hauteurs de Ligny-en-Barrois, sont celles d’un loup : « Je suis parti d’un témoignage d’une personne qui s’entraînait sur ce secteur avec des chiens de traîneau et affirme avoir été suivie par un loup. En remontant les traces de son attelage, je suis tombé sur une piste différente, sur environ 30 mètres. Le reste avait été effacé par le vent. Sur les empreintes, j’ai pu distinguer que les postérieurs étaient posés dans les antérieurs et qu’il y avait une marque tous les 30 centimètres. Pour moi et les spécialistes avec qui j’en ai discuté, il s’agit d’un loup. »

 

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Passionné par l’animal et auteur d’un livre sur la question, ce naturaliste lorrain, qui agit sous un pseudonyme, est très loin de faire l’unanimité. Y compris au sein même de son propre milieu. Son blog et ses jugements souvent qualifiés de « légers et à l’emporte-pièce » agacent.

 

Une dizaine de témoignages

 

Face à ces affirmations, l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), qui n’a pu voir à temps les traces évoquées par le naturaliste, conserve la plus grande prudence : « Nous savons qu’on n’échappera pas au passage du loup dans notre département. Sa présence est avérée à quelques kilomètres de notre territoire, dans l’ouest vosgien. Nous nous sommes formés pour faire face à cela et nous sommes en vigilance. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons réalisé aucun constat pouvant conclure à la présence du loup en Meuse », assure Frédéric Rozet, responsable départemental de l’ONCFS.

 

Depuis la fin de l’année 2011, l’Office a enregistré une dizaine de témoignages d’observations visuelles mais rien de très probant. En mai dernier, l’affaire d’un veau, tué puis dépecé dans un champ, à Contrisson, avait déjà laissé planer un voile de suspicion. Mais là encore, l’ONCFS n’y croit pas : « Cela fait plusieurs années que la présence de bandes de chiens errants sur ce secteur est avérée. Par ailleurs, les spécialistes n’ont pas été missionnés assez tôt pour pouvoir mener des analyses efficaces sur le cadavre. »

 

À l’heure actuelle, en Lorraine, les sources officielles ne reconnaissent que deux foyers. Le premier se situe dans le massif vosgien où la présence de deux individus a été attestée. Le second dans la plaine vosgienne, non loin de Neufchâteau, où sévirait un seul loup. Alors que ce naturaliste, souvent accusé de brûler les étapes, évalue pour sa part au nombre de six les foyers de loups dans l’Est de la France. Il y ajoute la Meuse, au sud de Bar-le-Duc ; le Haut-Rhin à l’ouest de Mulhouse ; la Haute-Saône au nord de Lure ; et enfin la Haute-Marne, au nord-ouest de Chaumont. Et promet un printemps sanglant dans les élevages lorrains, bourguignons et champenois.


6 mars 2013

 

Genaro Garcia dit avoir vu le loup en effectuant une promenade en chiens de traîneau au-dessus de Ligny-en-Barrois. (Sébastien GEORGES, Est Républicain Meuse).

 

La question est tabou dans la Meuse. Les chasseurs n’en parlent pas même si certains affirment l’avoir cherché autant que les sangliers dans les forêts frontalières des Vosges. Selon l’Office national de la chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), il n’y a pas de présence avérée du loup et les faits suspects sont attribués à des chiens errants.

 

Genaro Garcia a un autre regard. Employé d’une entreprise de Bar-le-Duc, ce père de famille est passionné de nature, de faune et de chiens. Il connaît les animaux de la forêt, aime les observer sans faire une fixation sur le loup malgré les rumeurs.

 

Le 21 janvier, alors qu’il effectuait une sortie en chiens de traîneau avec son mâle, un malamute et sa femelle, un husky, il affirme avoir vu le loup. Il n’a aucun doute. « Cette année, avec la neige abondante, j’ai pu sortir régulièrement mon traîneau avec mes deux chiens sur le plateau de Ligny-en-Barrois. Je pars seul avec une lampe frontale sur des champs et des chemins forestiers. J’ai un circuit, toujours le même et mes chiens le connaissent par cœur. Les seuls bruits sont le glissement du traîneau, ma respiration et celles de mes chiens. Ce soir-là, en lisière de forêt, j’ai entendu craquer dans le bois. Ma femelle s’est arrêtée aux aguets, dans un comportement inhabituel et mon mâle a voulu repartir. Il avait peur. Cela s’est reproduit plusieurs fois après être reparti. Dans un champ, c’est la glace derrière moi qui a craqué. Je me suis retourné et malgré la portée limitée de la lampe frontale, j’ai pu distinguer un animal qui n’était pas du gibier. »

 

Genaro Garcia se sent suivi. « Plus loin, quand je me suis mis à courir pour aider mes chiens, j’ai senti que la bête se rapprochait. Mon mâle avait toujours peur et ma chienne très intriguée s’est encore arrêtée en se retournant. Je suis allé au devant et j’ai vu le loup fuir vers la forêt. Nous avons rejoint ma voiture et mes chiens étaient toujours très nerveux. J’ai mis les pleins phares vers la forêt. Un peu plus loin, j’ai vu un loup d’une trentaine de kg avec son nez pointu, sa queue droite, ses yeux brillants faire des allers-retours ».

 

Le lendemain, Genaro Garcia y est retourné avec plusieurs lampes. Il a fait des photos des traces sans revoir le loup. Sa conviction a été renforcée par la comparaison des traces avec celles laissées par ses chiens. « Plus grosses, plus larges. Nous avons de nouveau senti sa présence quelques jours plus tard dans les bois de Chanteraine. Le loup est dans la Meuse. Ce n’est pas vraiment normal qu’un loup nous suive comme cela, mais ma chienne est allaitante et le loup l’a sans doute senti. Avec la neige, il a aussi peut-être faim. En tout cas, cela fait une drôle d’impression. On se pose des questions et on a un peu peur. J’ai senti le loup dans mon dos et je me sentais impuissant car on ne sait pas comment il va réagir ». Genaro Garcia n’est pas mécontent de sa rencontre fortuite. Il n’en fait pas une fixation et continue à aller en forêt avec ses chiens. Pour courir ou faire du VTT. Avec le secret espoir de croiser à nouveau le loup.

 

9 décembre 2013

 

Dans la région de Milly-sur-Bradon, un couple d'automobilistes a cru apercevoir un loup. En fait, le loup en question ne serait qu'un chien-loup. En effet, Pascal Roman raconte qu’un de ses deux chiens-loups tchécoslovaques s’est échappé le dimanche 1er décembre et s’est fait heurter par une voiture.

 

Au cours de ce mois de décembre, on note en Meuse des cas de brebis égorgées : Montigny-lès-Vaucouleurs, Vouthon-Bas, Vouthon-Haut, Mandres-en-Barrois et Luméville-en-Ornois : la liste des communes meusiennes où des brebis ont été égorgées ces dernières semaines ne cesse de s'allonger. Les experts de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage sont venus examiner les cadavres afin de déterminer l'identité du prédateur. Dans leur rapport, ils mentionnent que le loup n'était pas exclu. Une cellule départementale de veille du loup se réunit le 9 janvier 2014, à la demande de la préfète. Cette instance devrait préfigurer le comité départemental loup, dans le cas où ce dernier s'installerait durablement sur le territoire.

 

Janvier 2014 : présence d'un couple et de ses deux louveteaux confirmée

 

La nouvelle a été confirmée vendredi 17 janvier par le préfet des Vosges, Gilbert Payet. À l'occasion de ses vœux à la presse, le représentant de l'État est revenu sur la présence du loup dans le département. La poursuite des travaux sur la mise en place de moyens de protection pour les troupeaux ovins est plus que jamais d'actualité... Un point sera fait en préfecture au début du printemps.

Depuis plusieurs mois, les associations de défense de la nature sont vent debout contre un arrêté émis par la Préfecture des Vosges. Cet arrêté donne l’autorisation à un éleveur de la Bresse d’avoir l’autorisation de tirer sur le loup qui a repris son territoire dans le massif vosgien. Rappelons que le Préfet avait donné l’autorisation le 19 août 2013 à l’éleveur de faire usage d’un fusil à canon lisse pour protéger ses bêtes.

 

22 avril 2014 (Article de l'Est Républicain)

 

Bar-le-Duc. Depuis plusieurs mois, les éleveurs ovins du sud du département de la Meuse tendent le dos. En effet, depuis octobre 2013, dans des communes limitrophes avec les Vosges, plusieurs brebis et béliers ont été sauvagement tués par un prédateur.

 

Au fil de ces derniers jours, dans le monde ovin meusien, la nouvelle s’est progressivement répandue : le loup a été pris en photo. Enfin ! Loin d’être une consolation pour la bonne dizaine d’éleveurs qui a perdu au total près d’une trentaine de bêtes en plusieurs mois, cette photo vient finalement confirmer leurs certitudes de toujours. Tous, sans exception, ont en effet toujours accusé le loup d’être l’auteur des attaques de leurs troupeaux.

 

Tout a commencé en octobre dernier, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la plaine des Vosges, là où ont eu lieu les premières prédations il y a plusieurs années, un secteur considéré depuis 2012 comme zone de présence permanente du loup. Un animal qui semble ignorer les frontières départementales puisqu’aujourd’hui c’est dans la Meuse qu’il sévit.

 

Sauf qu’après avoir concentré ses attaques dans l’extrême Sud meusien, l’animal ou ses congénères se sont déplacés vers l’Ouest pour arriver à 20 kilomètres de Bar-le-Duc, la ville préfecture, dans un parc situé à Ville-devant-Belrain et propriété d’un jeune éleveur de Nicey-sur-Aire. Le 1er avril, il a sorti ses 250 brebis et ses béliers, dans la nuit suivante son troupeau était victime d’une première attaque qui a été suivie par deux autres la même semaine. Excédé, il en était arrivé à installer un appareil photo à déclenchement nocturne ainsi qu’un canon effaroucheur. Sans effet, puisque jeudi dernier deux nouvelles bêtes ont été tuées et ce malgré les clôtures électriques mises à sa disposition par la direction départementale des territoires( DDT). « J’ai accepté ces filets à condition qu’ils installent aussi des appareils photos. Mes bêtes étaient parquées la nuit dans cet enclos électrifié, je les ai relâchées jeudi vers 8 h. » Un peu plus d’une heure plus tard, les agents de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) sont venus relever les cartes des appareils.

Plus aucun doute

En arrivant dans le champ, ils ont vu le loup en train de dévorer un bélier. Dès lors, la présence du prédateur ne faisait plus aucun doute, d’autant plus que l’appareil des agents de l’ONCFS a pris en photo le fameux loup.

 

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Plus question maintenant d’utiliser la terminologie de « loup non exclu » dans les rapports des experts. Dans un communiqué, la préfecture de la Meuse s’est autorisée à employer le terme de « présence avérée du loup en Meuse. » Au vu des indices relevés sur les ovins tués, la suspicion de la colonisation du département par le loup était de mise depuis le début de l’année. En janvier, la préfète de la Meuse avait réuni une « cellule de veille loup ». Dans le prolongement, une étude sur la vulnérabilité du système pastoral à la prédation du loup en Meuse était lancée, et les conclusions ne sauraient tarder.

 

Quelles que soient ces conclusions, ce n’est pas encore demain que les chasseurs seront autorisés à tuer l’espèce protégée qu’est le Canis lupus. Il faut en effet deux années de présence avérée du loup dans un département pour qu’un arrêté ministériel soit potentiellement pris et autorise de façon dérogatoire les tirs sur les loups.

 

D’ici là, les éleveurs ont deux solutions : laisser leurs troupeaux à la bergerie ou utiliser les clôtures électriques mises à leur disposition par la DDT.

Karine Diversay

 

Téléchargez le communiqué de la préfecture de Meuse

 

Mai 2014 : Meuse : sans doute deux loups  (Est Républicain, 08/05/2014)

 

Le loup rôde et attaque en Meuse. Face aux inquiétudes, les services de l’État se mobilisent pour lutter : équipements en matériel, enquêtes, indemnisation et tirs d’effarouchement.

 

Le sujet est ultra-sensible. Les syndicats agricoles dénoncent sa présence et réclament sa mise à mort. La Chambre d’agriculture de la Meuse critique une situation qui n’est « plus supportable par les éleveurs » et demande « une adaptation de la législation ». Depuis la recrudescence d’attaques en avril dans deux secteurs de la Meuse, certains dorment avec leur troupeau et d’autres menacent d’arrêter l’activité ovine. Les politiques s’en mêlent à l’image de Gérard Longuet qui appelle à « trouver les solutions les plus adaptées à notre environnement et à la mission des agriculteurs ».

 

Depuis le 14 octobre, le loup est officiellement en Meuse. C’est le 21e département français recolonisé depuis 1992, année de sa réapparition en France. « Contrairement à une idée reçue, le loup n’a jamais été réintroduit en France mais il est revenu par l’Italie et ils sont désormais entre 250 à 300 dans notre pays. Depuis les Alpes, ils colonisent le pays en passant d’un massif à l’autre et en trouvant des lieux d’accueil favorables : présence de gibier et proies faciles avec les élevages ovins. Le loup est intelligent et s’adapte. Lorsqu’il ne peut pas s’en prendre à des moutons enfermés ou protégés par des clôtures électriques, il se retourne vers le gibier sauf le sanglier », explique la Direction des Territoires de la Meuse.

 

Tout laisse à penser que deux loups rôdent en Meuse et multiplient les attaques sur deux zones : celle du Sud meusien (côté Bonnet) non loin des Vosges où le loup sévit aussi et celle de Nicey-sur-Aire où les attaques se sont multipliées (cinq fois chez un même éleveur). « Nous n’avons pour l’heure qu’une seule photo et un prélèvement d’excréments en cours d’analyse. Il est probable que nous ayons affaire à deux animaux. Une attaque à Nicey en avril a été concomitante à une autre à Grand dans les Vosges juste à côté de la Meuse. Celui du Sud semble plus mature car il attaque pour se nourrir. Autour de Nicey, c’est sans doute le fait d’un loup plus jeune puisqu’il y a beaucoup de victimes d’un coup et peu de consommation de viande », observe la DDT de la Meuse qui réfute le terme de meute.

 

Des tirs d’effarouchement

 

Les agriculteurs sont sur les dents. La DDT, consciente du traumatisme, rappelle que son « rôle est aussi de défendre l’activité des éleveurs ». Depuis octobre, elle a pris de multiples mesures : fourniture de clôtures électriques et indemnisations pour les attaques avérées par les spécialistes de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage). En revanche, pas question de faire des battues comme le réclament les syndicats agricoles. « Le loup est une espèce protégée par quatre textes dont trois internationaux. La battue est le dernier recours du plan national loup 2013-2017 ».

 

Ce plan est le cadre législatif d’intervention face aux loups. Jugé efficace en montagne, il montre ses faiblesses en Meuse car le loup s’installe pour la première fois en plaine où les troupeaux sont éparpillés. « Nous sommes un peu pionniers. Nous discutons avec les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture de notre situation spécifique ». En Meuse, si les battues ne sont pas autorisées et ne sont pas près de l’être, la préfecture a décidé depuis le 20 avril dans le secteur nord de Nicey-sur-Aire et depuis quelques jours dans le sud, de permettre les tirs d’effarouchement. L’étape suivante si ce n’est pas suffisant sera le tir de riposte. « Chaque nuit, des lieutenants de louveterie surveillent les troupeaux et tirent en l’air lorsque les troupeaux s’agitent où lorsqu’ils voient le loup ce qui est arrivé. L’idée est de l’éloigner des ovins. Pour le moment, c’est plutôt efficace », indiquent les services de l’État. D‘autres mesures respectant le statut d’animal protégé sont envisagées et seront discutées la semaine prochaine lors de rencontre avec les acteurs du dossier et notamment du monde agricole.

 

Sébastien Georges

Août 2014 (Est Républicain du 3 août 2014)

 

Le loup frappe encore en Meuse

 

35 attaques commises par le loup depuis octobre 2013 en Meuse. Les chiffres deviennent catastrophiques. L'hécatombe débutée en avril se poursuit, le loup venant d'attaquer deux nuits de suite  sur la commune de Lavallée où jusqu'alors il n'avait encore jamais sévi. La première agression a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant cinq nouvelles victimes et trois bêtes blessées. Puis dans la nuit de vendredi à samedi, le loup a tué et blessé à nouveau.

Un nouvel acte qui vient un peu plus accentuer l'exaspération et le découragement des éleveurs qui ont été touchés à plusieurs reprises. Certains se demandent si plusieurs loups ne rodent pas dans le secteur au vu du nombre d'attaques commises ces derniers jours.

D'après l'Est Républicain du 7 août 2014, l'authenticité d'une photo d'un loup prise à 18 h le 26 juillet 2014 près de l'étang de Kœur-la-Petite par une photographe animalière a été mise en doute par Aurélie Schmidt, chargée de mission environnement qui a retrouvé ce même cliché référencé en 2008 sur plusieurs sites allemands et russes.

 

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Cliché Christiane Herké prétendûment pris en Meuse

 

Septembre 2014 :(Est Républicain du 3 septembre 2014)

 

Meuse : le loup a encore frappé

 

Bar-le-Duc. Alors que les lieutenants de louveterie ont été aperçus, dans la nuit du 1er au 2 septembre, dans le secteur de Baudrémont (55), le loup a frappé, la même nuit, à Lavallée (55), dans le pré de Francis Aubry. L'éleveur d'ovins ayant constaté, à 7 h hier matin que sur les onze brebis présentes dans son enclos, une avait été tuée et deux autres gravement blessées. Ces nouvelles victimes de Lavallée montent à plus de 140. le nombre total d'ovins tués, euthanasiés et blessés depuis le début d'année en Meuse.

 

NDLR : aucune certitude qu'il s'agisse d'un loup !

 

HAUTE-SAÔNE

 

En décembre 2011, à quatre jours d’intervalle, un prédateur a tué trois moutons à Beulotte-Saint-Laurent et à La Rosière en Haute-Saône selon un mode d’attaque qui laissait supposer qu'il pouvait s'agir d'un loup. Une crotte et des poils recueillis sur place par des agents de l’ONCFS 70 ont été expédiés aussitôt à un laboratoire d’analyse spécialisé. Les résultats sont revenus récemment et ont confirmé qu'il s'agissait de laissées lupines. Le loup est donc bien passé par là en décembre. Il pourrait s'agir d'un loup erratique séjournant dans les Vosges. Des analyses ADN sont en cours pour tenter de faire parler davantage les excréments découverts dans le secteur des Mille étangs.La présence du Loup est détectée dans ce département dès l'année 2012. Voir l'article de Vosges-matin du 17 mai 2012.

 

En conséquence, depuis le 7 mai 2012, le département de Haute-Saône a été intégré par arrêté ministériel à l’aire de répartition géographique concernée par le loup, soit douze départements français dont les Vosges. Ludovic Bonnot, patron de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en Haute-Saône,  explique : « cet arrêté permet d’abord de mettre en place dans le département une unité d’action » prévue dans le plan loup. Avec sept agents de l’ONCFS nommés correspondants du réseau loup, dont la mission est de récolter le maximum de renseignements sur l’aire de répartition du mammifère. Et aussi de constater, si nécessaire, les dégâts causés par ces grands carnivores afin de mettre en branle les processus d’indemnisation aux éleveurs. « Si la présence du loup devait se développer en Haute-Saône, un volet prévention est prévu », appuie Ludovic Bonnot. Avec des dispositifs comme des aide-bergers, des filets de protection, des systèmes d’effarouchements, et des chiens patous. Ludovic Bonnot se veut rassurant en direction des éleveurs : « Tout est prêt. Le dispositif est en place et est très réactif. Notamment pour les indemnisations. »

 

L’animal s’est manifesté à nouveau en février 2012 du côté de Vouhenans, avec le prélèvement d’un ovin. À la même époque, des empreintes ont été observées dans le secteur de Plancher-lès-Mines. Ludovic Bonnot souligne : « Un loup peut couvrir 40 km en une nuit. Sa zone d’habitat peut s’étendre de 15 000 à 25 000 ha et bien plus quand une meute existe. » Son passage par la Haute-Saône peut n’être qu’une étape vers d’autres territoires.

 

 Plus récemment, entre le 31 décembre  2013 et le 2 janvier 2014 à Montureux-lès-Baulay et Cendrecout dans la région de Jussey en Haute-Saône, deux troupeaux ont été attaqués : six moutons dévorés, quatre blessés. Selon l'Est Républicain (Éléonore Tournier, Est Républicain, Hte-Saône du 4/01/2014), le loup est évoqué.

 

L’ONCFS a installé un système photographique sur l’exploitation de Christophe Marion (photo Bruno Grandjean, Est Républicain) et celle de Cendrecourt, à 6 km de là.

 

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En allant voir ses animaux le matin du 1er janvier, Christophe Marion, éleveur ovin à Montureux-lès-Baulay, a découvert trois cadavres de brebis. "En regroupant les bêtes, nous avons découvert que deux autres étaient également blessées", ajoute l’éleveur pour qui le coupable de l’hécatombe ne fait guère de doute : "Vu les blessures au cou, on pense que c’est un loup."

 

Le 2 janvier, à 6 km de là, à Cendrecourt, un autre éleveur ovin a également découvert  trois cadavres de brebis et deux animaux blessés. Comme à Montureux-lès-Baulay, toutes ont été saisies à la gorge. Là encore, le loup est évoqué.

 

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Pour l’instant, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) préfère parler de "grand canidé", sans exclure la possibilité d’un loup. Pour démasquer le prédateur, des techniciens de l’Office ont placé sur les deux exploitations des pièges photographiques, en espérant que le "grand canidé" revienne sur les lieux. Un scénario qui n’est pas impossible selon Thierry Billey, animateur du réseau Férus en Franche-Comté. "Dans les Alpes-Maritimes, on a vu les mêmes troupeaux se faire attaquer plusieurs fois."

 

À Montureux-lès-Baulay, les techniciens ont relevé des empreintes de pattes de 10 cm sur 8,5 cm. Mais elles seront sans doute insuffisantes pour mettre en cause un quelconque loup. "Il en faudrait plusieurs pour être sûrs car les empreintes de chien et de loup diffèrent très légèrement", explique Ludovic Bonnot, chef du service départemental de l’ONCFS. Le seul moyen de déterminer précisément la nature du prédateur ? "Du poil, des excréments ou une photo".

 

S’il n’exclut pas la possibilité du loup, Ludovic Bonnot évoque la possibilité de gros chiens : "On a déjà vu des labradors manger d’aussi grosses quantités de viande", assure-t-il avant d’ajouter : "En Haute-Saône, on a connaissance de loups tchèques et de Saarloos. Ce sont des chiens des pays de l’Est croisés avec des loups, qui leur ressemblent énormément physiquement et qui, s’ils sont lâchés, peuvent retrouver leur instinct de prédateurs".

 

Thierry Billey, de l’association Férus, préfère attendre les conclusions de l’ONCFS. "Une meute installée dans les Hautes-Vosges serait rassemblée actuellement un peu au sud de La Bresse. Si la présence du loup était avérée en Haute-Saône, vu la distance avec les villages où ont eu lieu les attaques, cela me semble un peu loin pour être un des membres de la meute. Ça ressemblerait plus à un individu en dispersion."

 

MOSELLE

 

Janvier 2014

 

Plus de cent ans après sa disparition dans le département, un loup a été repéré fin janvier 2014 en Moselle.D'après Ferus, la première alerte fut donnée par un témoin qui dit l’avoir observé le 26 janvier, à Abreschviller (entre Strasbourg et Nancy, voir la carte ci-dessous). Et seulement 4 jours après, le 30 janvier, l’information est confirmée par une photo qui ne laisse aucun doute. Alors que l’ONCFS avait installé des pièges-photo dans le cadre d’une mission de suivi des populations de lynx, c’est un loup qui est apparu sur l’un des clichés. Cela faisait plus de 100 ans que l’espèce avait disparu du département ! Une nouvelle qui fera la une du Républicain Lorrain et qui sera répercutée par Lor'Actu.fr.

 

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Un loup en Moselle (Photo : DR)

 

Ce loup a été photographié à Walscheid, un petit village de Moselle, à la limité du département des Vosges et du Bas-Rhin. Plus de 100 ans après son extermination il été photographié à Walscheid dans le Massif du Donon. "Un piège photo installé pour "tracer" le lynx Van Gogh qui vit sur ce Massif et qui n'a pas été vu depuis longtemps a relevé sa discrète présence" a commenté le parc animalier Sainte-Croix de Rhodes qui milite pour la sauvegarde du loup dans la région.

 

« Le massif est très giboyeux (cerfs, chevreuils) assurant de nombreuses proies à l'animal dont on ignore tout » note le parc animalier où vivent déjà plusieurs loups. Le loup photographié en Moselle se serait déjà attaqué à plusieurs troupeaux. Deux attaques sont déjà listées dans les environs. Une enquête est d’ailleurs ouverte pour déterminer les circonstances de ces attaques.

 

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Les deux villages de Moselle où le loup a été signalé

 

MARNE  (Ajout de mars 2014)

France Nature Environnement fait état de la présence du Loup dans la Marne où un loup aurait été tué fin janvier 2014.

04/03/2013

À la découverte du Castor

À la découverte du Castor


Avec Jura Nature Environnement et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, apprenez à mieux connaître cette espèce à travers la recherche de ses traces et des indices de présence sur les bords du Doubs.

Date : Mercredi 6 mars 2013 à 14h00
(RDV Parking des terrains de football de Choisey- Les Oies)
N'oubliez pas de vous inscrire auprès de :
Vincent DAMS - Jura Nature Environnement
21 avenue Jean Moulin - 39000 Lons-Le-Saunier
03 84 47 24 11 - 06 14 50 26 90 - vincent@jne.asso.fr

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20/01/2013

Lapins dans la glace

Lapins dans la glace

 

par Dominique Delfino

photographe paysagiste et animalier

 

Ils courent sur la neige, glissent sur la glace mais c'est toujours à proximité d'un terrier que ces petits lapins de garenne se tiennent pour plonger et se mettre à l'abri en cas de danger.

En ce dimanche de janvier, je profite de cet épisode de verglas pour observer le comportement de cette population de lapins implantée dans les prairies bordant le Doubs près de Colombier Fontaine.

Les lapins sauvages doivent se méfier de nombreux prédateurs contre lesquels ils n’ont aucune défense, si ce n’est de rester immobiles pour ne pas se faire repérer ou de s’enfuir pour se réfugier dans leur terrier.

En cette période hivernale, ils se nourrissent de racines et quand la nourriture se fait plus rare d’écorce d’arbres. Mais dans la neige glacée bouger le mois possible est encore la meilleure façon de faire face aux dépenses d'énergie comme en témoigne ce cliché.

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Cliché © Dominique Delfino

 

15/12/2012

Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien

 Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien

Gérard Bailly, bienfaiteur du contribuable jurassien


"Dans un courrier adressé au préfet du Jura, Gérard Bailly s’est ému des moyens engagés pour la récente capture d’un lynx en Petite montagne. « Trois jours plus tard, la presse nous faisait part des difficultés financières dans nos hôpitaux (...). Vous comprendrez dès lors mon exaspération à savoir combien la société dépense pour un lynx amaigri (NDLB : comprendre condamné, presque mort) qui sera relâché pour continuer ses dégâts en dévorant du jeune gibier (NDLB : Gérard Bailly confond chevreuil adulte et faon, la mort de Bambi faisant plus pleurer dans les chaumières) et peut-être des moutons (...). Monsieur le préfet, je pense que vous ne procèderez pas à la remise en liberté de cet animal dans un lieu tenu confidentiel comme l’avait fait un de vos prédécesseurs », a exhorté le sénateur du Jura."

Cumulard : "personne qui cumule les emplois, fonctions, salaires."

 

Mais pas seulement sénateur du Jura, Gérard Bailly est aussi...

 

- Conseiller général du canton de Clairvaux-les-lacs,
- Conseiller municipal, adjoint au maire d’Uxelles,
- Président de la Communauté de communes du pays des lacs,
- Vice-président du Syndicat mixte D’énergies, d’Equipements et de @-Communication du Jura (SIDEC).
- j'en ignore peut-être encore d'autres...

 

Le même SIDEC qui a été épinglé par la chambre régionale des comptes pour :

 

  • "les statuts restent très imprécis sur les contours des missions du SIDEC"
  • "prestations de mandat indûment facturées aux communes"
  • "un nombre anormalement élevé d'irrégularités comptables portant sur des montants significatifs. L'importance de ces irrégularités affecte la sincérité des comptes du SIDEC"
  • "une forte augmentation des frais de fonctionnement"
  • "la Chambre observe le caractère irrégulier des écritures relatives au rattachement des charges qui portent sur des montants élévés"
  • "des charges de fonctionnement qui connaissent une croissance importante"
  • "les frais de personnels supplémentaires ne sont pas compensés par les honoraires perçus en raison des nouvelles missions"
  • "la Chambre observe une augmentation des dépenses de restauration jusqu'en 2009 et appelle le SIDEC à la modération"
  • sur la fiabilité des comptes : "toutes ces irrégularités affectent considérablement la fiabilité et la transparence des comptes du SIDEC. Elles brouillent la lecture du résulat et complexifient l'analyse de la situation financière de l'établissement"

 

Gérard Bailly a aussi été membre du CA de APRR (Autoroutes Paris-Rhon-Rhône) au moment où l'APRR a demandé 30 millions d'euros au Conseil Général du Jura ... dont Gérard Bailly faisait partie.  Héhéhé, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

Et toujours à propos de pognon public : Dans une question écrite (12/2010), Gérard Bailly demandait au ministre de l’intérieur « Il (NDLB: Gérard Bailly) souhaiterait donc savoir s’il (NDLB : le ministre de l’intérieur) envisage d’assouplir les règles en vigueur afin de permettre de concilier l’exigence de transparence et la simplification des remboursements des frais de déplacements des élus, avec la réalité du rythme des réunions et de l’organisation des collectivités locales. Il l’interroge sur la possibilité, pour les cas cités plus haut, de faire approuver les déplacements par la commission permanente postérieurement à la réunion. », héhéhé. (Question & Réponse ici)

 

Je ne sais pas vous, mais la situation de Gérard Bailly dans le Jura ressemble étrangement à celle d'Augustin Bonrepaux (mis en examen) en Ariège...

 

Réaction du Centre ATHENAS

 

"Gérard Bailly, sénateur lobbyiste cumulard et menteur"

 


Décidément plus à une énormité près, le sénateur Gérard BAILLY (1) se plaint dans une lettre ouverte au Préfet du Jura des moyens mis en œuvre pour la capture du lynx d’Arinthod.

 

Toutes les opérations ont été menées bénévolement, hors horaires de travail et uniquement sur des fonds associatifs privés.

 

Quand bien même ces dépenses seraient subventionnées, leur montant est de moitié inférieur aux revenus mensuels du sénateur cumulard et anti-prédateurs. Nous l’invitons donc à reverser certaines de ses nombreuses gratifications afin de contribuer à l’amélioration des finances des hôpitaux, dont la situation lui fait verser des larmes de crocodile.

 

Quant aux lynx relâchés par ATHÉNAS, aucun d’entre eux n’a occasionné de dégâts à des élevages domestiques, ce qu’on ne peut dire des nombreux chiens divaguants qui chaque année occasionnent des dizaines de morts d’ovins dans le Jura.

 

(1) Gérard Bailly a voté un amendement supprimant deux dispositions votées à l'unanimité par la Commission Mixte Paritaire et qui n'autorisaient plus les cumulards, tels que lui, percevant plus de 8.300 euros mensuels - merci au contribuable jurassien - à reverser le supplément d'indemnité qu'ils ne pouvaient toucher.

 

 

 

Gérard Bailly dénonce le cout du lynx pour le contribuable jurassien
Gérard Bailly dénonce le coût du lynx pour le contribuable jurassien

 


Gérard Bailly n'arrête jamais...

 

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Le loup étend son territoire à l'ouest

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,bauges Le loup étend son territoire à l'Ouest,

jusqu'au Gers

 

TOULOUSE (AFP) - Le loup revenu en France il y a vingt ans étend désormais son territoire à l'ouest jusqu'au Gers où un animal vient d'être repéré et photographié dans un champ de maïs, a-t-on appris jeudi 6 décembre 2012 auprès de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

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Le loup photographié à Troncens © Jean-François Langlois


Le canidé photographié seul fin novembre par un particulier étonné près de sa maison à Troncens, dans les vallées gersoises aux confins des Hautes-Pyrénées mais très loin des Alpes, est bien un Canis lupus, a indiqué le Réseau du loup de l'ONCFS à Gap (Hautes-Alpes), auquel l'Office du Gers a transmis les clichés.

 

"Le doute n'est pas permis, dit Yannick Léonard, responsable du Réseau de suivi à Gap: on a affaire à un animal haut sur membres ; (il y a) la couleur du pelage, foncée sur le dos, la longueur de la queue, l'extrémité de la queue constituée d'un pinceau de poils noirs; sur un antérieur de l'animal, on observe un liseré noir qui est aussi une des caractéristiques des loups, le museau assez allongé et puis ce qu'on appelle le masque facial (avec) une partie un peu blanche au niveau du maxillaire inférieur".

 

Il s'agit bien du "loup qu'on rencontre sur le territoire national, venu des Abruzzes (italiennes) et qui a colonisé le territoire depuis 20 ans", dit-il.

 

Et il s'agit bien aussi de la limite la plus occidentale où l'animal ait été observé depuis son retour naturel en France en 1992 en provenance de l'Italie voisine. Mais il n'y a rien de surprenant à voir le loup dans les champs du Gers, le loup est une espèce capable de faire des déplacements extrêmement importants ; rien ne l'arrête, ni une autoroute, ni une ligne TGV," dit-il.

 

Quelques individus sont déjà installés dans les Pyrénées-Orientales et dans les Cévennes où s'est déplacée cet été la controverse entre les défenseurs de l'animal et ses adversaires, au premier rang desquels les éleveurs, a-t-il fait observer.

 

Les loups ont la particularité de vivre en meute autour d'un couple fondateur. La meute reste généralement fidèle à son territoire, comme l'est encore la meute "historique" revenue dans le Mercantour en 1992. Mais la meute chasse une partie des membres qui partent à la recherche de nouveaux territoires.

 

Le loup surpris dans le Gers est peut-être un tel "animal dispersant" venu des Pyrénées-Orientales, du Massif central ou même de plus loin, dit M. Léonard. Il cite l'exemple d'une femelle partie de l'est des Hautes-Alpes et localisée ensuite dans les Pyrénées-Orientales.

 

Pour s'installer, le loup cherchera la tranquillité, dit M. Léonard. Mais, dans sa quête de territoire, il ne se laisse pas freiner par les zones urbanisées. Il repousse ainsi doucement les frontières de sa zone d'implantation en France. Sa limite septentrionale se trouve actuellement dans les Vosges où il s'est établi l'année dernière, dit M. Léonard.

 

La plupart des 200 ou 250 loups sur le sol français restent cependant dans le massif alpin où deux individus venus d'Italie avaient été observés en 1992, pour la première fois depuis l'éradication complète datée des années 30.

 

Source : Sciences & Avenir, décembre 2012

07/08/2012

L'Écureuil roux

 

Ecureuil_1_logo.jpgL’écureuil roux (Sciurus vulgaris)

 

par André Guyard

dernier ajout 08/04/2016

 

Des écureuils roux hantent mon jardin de Thise. Visites hivernale et estivale de ces superbes rongeurs.

 

écureuil3.jpg
 

On ne se lasse pas d’admirer ces magnifiques bestioles qui se poursuivent de branche en branche au moment du rut ou qui visitent, l’automne venu, chênes et noisetiers du petit bois qui jouxte mon jardin. Je les aperçois de la fenêtre de mon bureau et je peux les filmer à une distance de 40 m. Voir le petit film joint à ce texte. (Il faut pardonner les soubresauts du caméscope car le zoom est assez élevé).

 

La coloration du pelage varie en fonction de la saison : roux en hiver, noir en été. Le ventre est toujours blanc. En hiver, les oreilles arborent un long pinceau de poils.

 

Ecureuil-Hiver.jpg
L'écureuil n'hiberne pas
 
Il reste actif,malgré les intempéries comme le prouve cette vidéo d'un écureuil bondissant dans la neige due à BBC news.
 
 

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Écureuil en fin d'été en robe noire (Thise 11/09/2014)
 

Extrêmement rapide, l'écureuil est arboricole mais il n’hésite pas à descendre au sol pour rechercher les noisettes qu’il préfère d’ailleurs aux glands. Il saute et grimpe remarquablement bien. Il construit un nid à deux ouvertures avec des rameaux rongés qu'il fixe dans le houppier d'un arbre au contact du tronc et qu'il garnit d'herbes et de mousses. Il utilise parfois un trou d'arbre ou un nid de pie ou de corneille abandonné. Il fait des provisions qu'il enterre ou enfonce dans des cavités.

 

Son domaine vital couvre 10 à 50 ha de bois de feuillus ou de conifères avec de vieux arbres et des fourrés. Il n'hésite pas à annexer parcs et jardins.

 


L'écureuil visite les noisetiers et

épluche les noisettes encore vertes

(Thise, 30 juillet 2012)

 

Il se nourrit de graines de conifères, de faines, de noisettes, de glands, de champignons, de bourgeons, de jeunes pousses et ne dédaigne pas escargots, insectes, œufs et oisillons.

 

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Cônes de pin au sol rongés par un Écureuil

 

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Quelques cônes de conifères rongés par des écureuils

 

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Quelques cônes de conifères rongés par des écureuils

(a) cône de pin mûr, (b) cône de pin vert

 

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Rameaux de sapin coupés par des écureuils

qui ont mangé les boutons floraux

 

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Cônes d'épicéas sur la neige épluchés par des écureuils

 

écureuils.jpg
Maman écureuil et son petit

 

La reproduction a lieu au printemps et au début de l'été. Les plus jeunes femelles ont des portées de deux petits et les plus âgées peuvent en avoir jusqu'à cinq. Il peut y avoir deux portées par an.








Nid d'écureuil

(Vidéo trouvée sur internet. Auteur inconnu.

Manipuler le curseur pour obtenir l'animation)

 

Pour les scientifiques, l’Écureuil roux s’appelle Sciurus vulgaris Linné 1758. Il appartient à l’ordre des Rongeurs, à la famille des Sciuridés tout comme les marmottes.

 

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Voie d'Écureuil sur neige durcie

En haut les pattes postérieures à 5 doigts,

en bas les mains à 4 doigts

 

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Piste d'écureuil bondissant

 

Je porte au fond de moi une espèce de remords qui me vient de ma prime enfance.

 

J'avais alors une dizaine d'année et j’habitais les Fontenelles, un village du Haut-Doubs. Mon voisin Maxime m’avait confié la garde de son chien de chasse, une espèce de bâtard, sourd comme un pot que j’allais promener au bout d’une laisse de peur de le voir partir tout seul. Il était costaud et me faisait traverser des haies et des buissons et j’affrontais les épines noires et autres églantiers en y laissant souvent quelques égratignures.

 

Pour me récompenser, Maxime m’emmena un jour à la chasse avec lui. Nous voilà partis dans le Grand Bois. Le chien lâché, la truffe à terre, cherchait une piste.

 

Quand soudain, Maxime me pousse du coude : "tu veux le tirer" me dit-il en me montrant du doigt un écureuil qui, dans les branchage, nous observait avec curiosité. Maxime me passa son fusil. Je n’avais jamais manipulé une arme. "Vise-le et quand tu le vois dans l’œilleton, tu appuies sur la détente".

 

Je visai la pauvre bête. Le coup partit et la décharge de plombs pulvérisa l’animal dont la dépouille sanguinolente s’écrasa au sol. On la donna au chien qui l’engloutit aussitôt. Ma mémoire a conservé intacte l’image de la queue de l’écureuil disparaissant dans la gueule du corniaud.

 

J’imaginais l’incompréhension du "Guerriot" de Louis Pergaud observant avec intérêt l’œil noir du canon de l’arme qui le fixait pour s’allumer en déluge de feu.

 

De ce jour, je fus complètement guéri de la chasse.

 

Un hommage à l’écureuil, ce superbe lutin de nos bois, qui est aujourd’hui une espèce protégée. Heureusement !

 

Vidéos : André Guyard

 

Source : Bang P. & Dalhström P. (1977). - Guide des traces d'animaux. Delachaux & Niestlé Ed.

 

Voir aussi une vidéo proposée par le Muséum National d'Histoire Naturelle pendant le tour de France 2014.

 

Vidéo du net sur la prédation de l'écureuil.

19/06/2012

Tirs de loups : Sarkozy a flingué jusqu'à la dernière minute !

Tirs de loups : Sarkozy a flingué jusqu'à la dernière minute !

par Pierre Athanaze

(via Luce Lapin : Charlie Hebdo)

 

Le 10 mai, le Journal officiel a publié deux arrêtés destructeurs concernant une espèce pourtant strictement protégée par la convention de Berne: le loup. C’est la suite logique des cadeaux répugnants faits aux chasseurs par Sarkozy. Le point avec Pierre Athanaze, président de l’ASPAS, Association pour la protection des animaux sauvages.

Qu’autorisent ces arrêtés ?

 

Le premier permet aux fusillos français d’abattre onze loups cette année. Soit cinq de plus à ceux que Kosciusko-Morizet avait déjà scandaleusement autorisés l’an dernier.

 

Le second fixe la liste des départements — dans les Alpes et les Pyrénées — où des mesures expresses permettront de tuer le gros méchant loup.

 

Et aussi dans les Vosges… alors que seuls deux loups y sont arrivés l’an dernier !

 

L’équipe de Sarkozy était loin de faire dans la dentelle. Après avoir donné toute une série de cadeaux électoraux aux chasseurs avant la présidentielle, elle leur en offre, en prévision des législatives, un de plus, eux qui attendaient cela depuis longtemps, et également aux syndicats agricoles, qui ont trouvé le parfait bouc émissaire pour cacher leur totale incompétence à enrayer la crise de la filière ovine. Et, du coup, empoisonne un  peu plus ce dossier, qui n’en avait vraiment pas besoin.


La chasse au loup est donc ouverte en plein XXIe siècle, exactement comme elle l’était au XIXe. Pis, le précédent ministère de l’Écologie avait écrit à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage pour lui demander de mettre en place un réseau composé d’agents de l’établissement public, mais aussi de chasseurs et de lieutenants de louveterie qui recevront une  formation ad hoc pour être plus efficaces dans leur mission d’élimination du loup!



Y a-t-il des recours, et quels sont-ils ?

 

L’ASPAS a décidé de porter plainte contre la France auprès de la Commission européenne. Notre pays, une fois de plus, se distingue par sa mauvaise foi et son attitude totalement anti-nature, au mépris de tous ses engagements [de façades] devant les instances européennes.

 

J’ai rencontré la Commission européenne pour évoquer ce dossier. Notre plainte viendra en rejoindre trois autres que nous avons déjà déposées à Bruxelles. Une contre les chasses dites traditionnelles, qui chaque année tuent dans des conditions atroces plus d’un million d’oiseaux. Une deuxième contre la chasse au tétras-lyre, espèce en voie de disparition, qui est pourtant autorisée dans les réserves naturelles du Vercors et de la Chartreuse. Et une troisième contre la France, qui est le seul pays d’Europe occidentale où le grand tétras, autre espèce en voie de disparition, est toujours chassé. Elle l’est dans les Pyrénées, où l’espèce a perdu plus de 60 % de ses effectifs en vingt ans. Je suis confiant quant à la suite de ces recours, dont certains devraient rapidement conduire la France à de nouvelles condamnations.

 

À moins que le nouveau gouvernement n’ait un peu plus le sens des responsabilités que ceux qui l’ont précédé, et qui depuis dix ans n’ont eu de cesse de faire des cadeaux aux chasseurs. Des cadeaux qui coûtent très très cher à la nature.


• À lire, de Pierre Athanaze : Le Livre noir de la chasse – Massacres et abus de pouvoir, éditions Sang de la Terre.


•  www.aspas-nature.org

 

 

Ajout du 26 août 2014 :


Clientélisme et populisme sont les 2 mamelles...

 par Marc Laffont, le 6 juin 2014



Le 29 mai 2014, en réponse à une question du sénateur Roland Povinelli (qui doit se sentir seul dans cet univers anti-nature qu’est le Sénat...) restée sans suite pendant un an, madame la ministre de l’écologie a laborieusement admis que 93 % des indemnisations l’ont été sur la base suivante : "cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue".


Ce qui signifie que seuls 7 % des constats ayant conduit à une indemnisation sont incontestablement le fait du loup. Pour les (très nombreux) autres constats, il y a doute.


  Et c’est donc sur cette base de 93 % de doute que l’actuel gouvernement décide de programmer l’abattage de 24 + 12 = 36 loups sur une population estimée entre 220 et 380 individus. Soit entre 9,5 et 16,5 % de la population.


Évidemment, aucune précision n’est fournie pour indiquer ce que seront les critères retenus pour porter de 24 à 36 les loups pudiquement "prélevés"...

 

On peut imaginer que cela dépendra par exemple du degré d’énervement des anti-loups les plus virulents. Lesquels ne risquent pas de se contenter de 24 loups. Ni de 36. Ni de 48 ou même 64 d’ailleurs, vu que leur objectif est de ramener la population de loups en dessous du seuil de viabilité.


L’ours dans les Pyrénées est là pour montrer qu’une petite population est bien suffisante pour générer quantités de subsides publics supplémentaires pour les éleveurs allergiques à la Nature. L’État étant tenu de respecter ses engagements, l’argent coule à flot, sans pérenniser pour autant la population d’ours.


À l’instar des anti-ours, avec lesquels ils sont d’ailleurs en étroite relation, les anti-loups rêvent eux aussi de pouvoir tenir l’État par les parties intimes... Mais Canis lupus est peu enclin à servir de faire valoir, l’infâme...

 

Revenons à ces arrêtés.

 

Puisqu’il est d’ores et déjà prévu d’occire un certain nombre de loups, il convient, a minima, que la France reste dans les clous de la directive Habitats. Les finances du pays n’ont pas besoin d’une énième condamnation pour non respect du droit environnemental européen...


Cela sous-entend un certain nombre d’exclusions de situations d’abattage.



Tout d’abord, il n’est pas pensable d’envisager un tir létal dans une zone où le loup ne fait que timidement son retour.  Exit donc l’Ardèche, l’Ariège, l’Aude, les Bouches du Rhône, la Haute-Marne, la Meuse, les Pyrénées Orientales, la Haute-Saône...

 

Tirer des loups en dehors de la présences des troupeaux est une aberration qui n’a que fort peu de chances de porter sur LE loup qui aurait (peut être) attaqué un troupeau, il y a plusieurs semaines, à X km du lieu du tir...


De même, si un tir doit quand même être décidé pour calmer quelques esprits (mais sans résoudre quoi que ce soit au problème...), il faut impérativement qu’il soit effectué sur un loup EN SITUATION EFFECTIVE D’ATTAQUE, et sur un troupeau où les moyens de protection ont été EFFECTIVEMENT ET CORRECTEMENT mis en place.



Le gibier bénéfice d’une période de quiétude durant laquelle il n’est pas chassé, pour permettre la reproduction et l’élevage des jeunes. Il serait particulièrement incongru qu’une espèce comme le loup, strictement protégée et à ce titre inscrite à l’annexe II de la directive "Habitats", ne bénéficie pas, a minima, de la même faveur, le loup n’étant pas soumis à un plan de chasse mais seulement passible de tirs dérogatoires exceptionnels. Il est donc proprement scandaleux que des tirs létaux puissent être programmés en mai et juin, période d’élevage de la plupart des louveteaux.
Dans le cas contraire, ce serait l’aveu d’une volonté délibérée de régulation d’une espèce strictement protégée. Les associations les plus en pointe en matière de sollicitation des tribunaux pourraient donc d’ores et déjà se frotter les mains...



Le gouvernement gagnerait en crédibilité en limitant la liste des tireurs potentiels à des professionnels patentés, comme l’ONCFS. Et donc en excluant les pratiquants d’un loisir mortifère, dont le principal fait d’armes depuis 40 ans est d’avoir organisé la multiplication du cochonglier au delà des capacités de gestion par ses adeptes...

 

L’écran de fumée des tirs de loups ne pourra pas indéfiniment reculer la question de la mise en place d’une assurance-prédation, englobant TOUTES les causes, et dont le montant de la cotisation serait d’autant plus bas que les moyens de protection, financés par l’État et le contribuable, seraient le plus efficacement mis en place.

La seule solution durable pour le pastoralisme, c’est cette incontournable mise en œuvre efficace des mesures de protection qui restreindront l’accès au troupeau, que ce soit pour le loup ou tout autre prédateur à 2 ou 4 pattes.

 

Plus globalement, tous les tirs et toutes les éradications du monde ne changeront rien à ces quelques statistiques implacables :



- La production de viande ovine française a été divisée par 2 entre 1983 et 2013.
- La consommation de viande ovine par habitant a presque été divisée par 2 entre 1994 et 2013.
- L’approvisionnement en viande ovine en France est assuré à plus de la moitié par les importations (GB, NZ, Irlande, Espagne...).
- Le taux de pénétration de la viande ovine en France est tombé à 56 % en 2010. On attend la prochaine évaluation, prévue normalement pour fin 2014...
- Les plus de 65 ans représentent 40 % des volumes achetés, les - de 35 ans, 5 % seulement.
- Le coût de revient moyen de l’agneau français est de l’ordre de 12 € le kg, alors que le prix payé au producteur est d’environ 6 €/kg, ce qui est pourtant le plus élevé des pays producteurs d’Europe.
- Pourquoi un tel écart ? Parce que la productivité numérique par brebis est de 0,7 agneau, ce qui est une trop faible technicité pour espérer rentabiliser un élevage ovin viande.

Pour finir, la conséquence des point précédents : la dépendance aux subventions est devenue apocalyptique.

Vu que ces arrêtés concernent essentiellement les zones pastorales, tenons nous en au montant des subventions versées dans cette zone : un élevage de 460 brebis nécessite (chiffres 2012) 52 400 € de subventions/an, pour induire la production de 33 200 € de viande ovine et générer 18 100 € de revenu pour l’unique unité de main d’œuvre que parvient à "rémunérer" une exploitation de 460 brebis.

Nul doute que l’abattage de 36 loups va fondamentalement modifier cet "équilibre".



 Source : la buvette des alpages

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

18:18 Publié dans Mammifères | Tags : loup, tirs de loups | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | |

17/10/2011

Le Loup

Le Loup, Caniloup_02-logo.jpgs lupus Linné 1758

 

par André Guyard

 

(Dernière mise à jour : 15/04/2016)

 

Il y a plus de 30 000 ans, des groupes de chasseurs préhistoriques auraient intégré en leur sein des louveteaux. Ainsi se serait enclenché le processus qui, à partir de ce fauve foncièrement social qu'est le Loup, a engendré le Chien. Si les scientifiques ont mis tant de temps à s'intéresser au chien, c'est parce que cet animal commun est bien plus difficile à étudier qu'un animal sauvage : le mode de vie de ce dernier dans la nature explique ses particularités, qui sont le plus souvent des adaptations au milieu. Le Loup, Canis lupus aurait évolué, pour créer de nouvelles races de chiens, avec l'intervention de l'Homme, races des chiens nordiques : Huskies, Malamutes, Groenlandais, Spitz-loup, etc. peuplant l'hémisphère nord, alors que les autres chiens, originaires de l'hémisphère sud, seraient issus du Coyotte doré d'Afrique. L'appellation commune de "chiens-loups" n'est qu'une aberration. La race lupine est invariablement pure et dominante, en raison d'une auto-protection évitant consanguinité dans le cadre de la meute, et le mélange avec d'autres races parallèles.

 

Le Loup, ce bel animal fut l'une des créatures sauvages les plus calomniées. À l'époque romaine, il était vénéré, telle cette louve romaine dont la légende fit allaiter les jumeaux Romulus et Remus. Mais le plus souvent, il fut l'objet de haine et de crainte, comme la "bête du Gévaudan" qui, selon les dires, tua à elle seule 123 personnes dans le sud de la France. Ses ravages parmi peuples et bêtes furent si conséquents qu'au milieu du dix-huitième siècle, le Roi Louis XV envoya une armée entière pour la détruire. 43 000 hommes et 2 800 chiens ne mirent pas moins de deux mois pour réussir à la tuer. À l'heure actuelle, l'histoire est encore controversée : S'agissait-il d'un loup ou de plusieurs animaux sauvages, sans compter les vagabonds profitant de la confusion ?

 

La dangerosité du Loup par rapport à l'espèce humaine n'est pas démontrée. Durant l'Ancien Régime et jusqu'à l'époque napoléonienne, la prolifération des loups a été provoquée par la profusion de cadavres lors des grandes épidémies et sur les champs de bataille. Le Loup est un prédateur opportuniste qui ne résiste pas à rechercher des proies faciles. Aujourd'hui, il est reconnu que la plupart des agressions contre des humains furent l'œuvre de loups enragés. Ces derniers pouvaient se montrer responsables d'attaques isolées, mais jamais d'attaques répétées, puisque, généralement, la rage tue sa victime sur le vif.

 

Le Loup (Canis lupus) appartient à la famille des Canidés qui regroupe 38 genres. Il représente une seule espèce présentant 6 sous-espèces. En Europe, on rencontre 3 sous-espèces isolées géographiquement et génétiquement, soit environ 30 à 40 000 individus.

 

Les loups apparurent dans le Nouveau Monde il y a cinq millions d'années, au milieu de l'époque pliocène. L'espèce s'est déjà diversifiée et développée vers le milieu de l'époque pléistocène, il y a un million et demi d'années. Le "Loup de Dire" fut le plus grand qui ait jamais existé ; une espèce, de taille plus petite, arriva de l'Alaska en Sibérie, où elle s'agrandit pour devenir le Loup d'Europe Canis lupus. Le Loup d'Europe émigra à nouveau en Amérique du Nord, où il peupla toute la région du Canada et des États-Unis, excepté la zone Sud-Est, qui fut peuplée par un loup plus petit, "Canis rufus". Aujourd'hui, le gouvernement américain tente de repeupler le Sud-Est de loups rouges. Le Loup d'Europe était déjà bien établi en Amérique du Nord, lorsque les premiers Indiens et les Esquimaux traversèrent le Détroit de Bering, il y a dix-huit mille ans.

 

En Eurasie, on le rencontre jusqu'à la Palestine, l'Inde, le sud de la Chine. Il existe au Groenland et sur beaucoup d'autres îles arctiques. Le Loup a pratiquement été exterminé partout sauf dans les régions les plus éloignées. Quelques-uns survivent en Scandinavie, en provenance de Russie. De petites populations isolées subsistent dans les montagnes de la Péninsule ibérique (Asturies, Galice) et des Abruzzes (Italie). Elles sont un peu plus importantes dans les Balkans, le Nord et l'Est du continent.

 

En France, le Loup était encore répandu dans toute la France au milieu du XIXe siècle et il a subsisté dans les Pyrénées jusque vers 1930. Mais les persécutions dont il fut l'objet aboutirent rapidement à sa disparition de nombreuses régions. Ainsi, dès 1898, il ne reste plus que deux populations régulières dans le Centre-Ouest et le Nord-Est du pays. Celles-ci se réduiront encore pour atteindre le seuil d'extinction vers 1923. Le dernier pôle régulier connu en France se situe dans le Berry et le Limousin, où l'espèce subsista jusqu'en 1929 au moins. Le Loup est considéré comme disparu en tant qu'espèce reproductrice en France entre 1930 et 1939. Quelques observations ponctuelles seront encore faites après 1945 et concernent le plus souvent des chiens errants ayant plus ou moins l'aspect du Loup, parfois des animaux échappés de captivité ou originaires d'Espagne (Landes, 1968).

 

Le Loup (Canis lupus) est l'ancêtre du chien domestique (Canis lupus familiaris), comme l'a démontré la biologie moléculaire (voir au bas de cet article : la domestication du Loup). Le chien est une création de l'homme préhistorique par sélection artificielle.

 

La distance génétique entre le chien et le loup est de seulement 0,2 pour cent, alors qu'entre ce dernier et le plus proche canidé (le Coyote), elle est de quatre pour cent. Presque 400 races de chiens ont été sélectionnées par l'homme, la plupart depuis seulement deux siècles, et les distances génétiques entre chiens peuvent être plus grandes qu'entre loup et chien en moyenne. D'ailleurs, certaines races, tels les chiens de traîneaux et le chien africain basenji, présentent des caractères intermédiaires entre loups et chiens de races modernes : par exemple, ils n'aboient pas, mais hurlent. Les apparences sont trompeuses et le pékinois (un tout petit chien de compagnie originaire de Chine) est plus proche de son ancêtre que le berger allemand ou chien-loup !

 

D'ailleurs le Loup d'Europe a l'allure d'un chien berger allemand, mais plus puissant et à la tête plus large. Dans le Sud-Est de l'Europe, on peut le confondre avec le Chacal commun d'allure très semblable mais bien plus petit. Le cou du Loup est bref et épais. La queue est touffue, pendante, assez longue 30-40 cm. Elle est très mobile et elle manifeste les changements d'attitude de l'animal dans ses rapports avec ses congénères : queue dressée en signe "d'imperium" entre les pattes en signe de soumission, fouettant l'air en signe de jeu ou de satisfaction. Les oreilles sont pointues et dressées. La coloration est relativement unie, allant du gris brun au gris jaunâtre foncé, souvent marbré de noirâtre ou de gris foncé. Les sujets du Grand Nord ont généralement un pelage plus long, ils sont plus gros, leurs oreilles sont plus petites que celles des sujets méridionaux. La coloration varie fortement, ainsi en Amérique du Nord, les Loups de forêt sont souvent noirs, ceux des régions sub-arctiques parfois entièrement blancs, ceux du Proche-Orient étant fauve clair.

 

Le Loup atteint une longueur totale de 150 cm (queue comprise) et fait une hauteur de 70-80 cm à l'épaule pour un poids allant jusqu'à 72 kg mais d'habitude moins de 50 kg.

 

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Cliché Emmanuel Cretin

 

Individuellement, le Loup présente des spécificités considérables lui permettant de s'adapter à différents milieux, généralement hostiles.

 

Le pelage, dru l'hiver, léger l'été suite à la perte de sa sous-couche, varie suivant les espèces et se calque sur le milieu : du blanc pur pour le Loup arctique, exceptionnellement noir, en passant par le "gris loup" du Loup canadien. Il présente une qualité unique, celle d'être autonettoyant, et de procurer une protection thermique du fait de doubles poils : fond touffu ou " bourre ", et poils plus longs donnant la couleur de surface. Cette caractéristique se retrouve chez les chiens nordiques.

 

La démarche est originale : des cinq doigts de la patte antérieure, le Loup ne se sert que de quatre, le cinquième ayant régressé sous forme d'ergot. Les pattes postérieures ne comportent que quatre doigts. Chaque pied comporte un coussin très charnu, entouré de poils raides, permettant l'isolation, et évitant la création de boules de neige gelée (snow ball). Les longues pattes permettent une foulée longue évitant l'enfoncement dans la neige. Différentes allures sont notables : le trot, la suspension ou " trot volant " (fling trot des anglo-saxons), le "canter", allure plus lente et le galop. Dans ces allures, les deux membres diagonalement opposés touchent le sol ensemble, de sorte qu'ils ne créent qu'une trace unique. Les loups se déplacent généralement l'un derrière l'autre, lors du transit de la meute, d'où l'expression populaire : "aller à la queue leu leu".

 

Les sens sont particulièrement développés en particulier l'odorat, mais surtout la vision : le fond de l'œil est très riche en cellules photo-réceptrices (le tapetum), ce qui lui procure une vision nocturne extraordinaire. C'est pourquoi les yeux du Loup brillent dans la nuit.

 

La dentition du loup comporte une paire de molaires de plus que le chien domestique. La force considérable de la mâchoire lui permet de briser d'un coup le tibia d'un élan ou d'un renne.

 

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Loup ibérique

(dessin de Bruce Pearson)

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Louve ibérique et ses petits

(dessin de Bruce Pearson)

 

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Loup scandinave

(dessin de Bruce Pearson)

 

Du point de vue habitat, le Loup s'adapte à toutes sortes de milieux : paysages ouverts tels les semi déserts et les toundras, ou relativement fermés (forêts plus ou moins claires), en plaine et en montagne et jusque sur les côtes.

 

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Le Loup est un animal diurne, crépusculaire et nocturne. Selon la saison, l'abondance de la nourriture et d'autres facteurs, il vit seul, par couple, en famille ou en meutes.

 

Le Loup crée un tissu social extrêmement élaboré. La meute ne dépasse guère une douzaine d'individus. Le loup solitaire existe, et c'est malheur pour lui : il s'agit d'un animal âgé, dont les dents usées ne lui permettent plus de chasser, et qui est rejeté de la meute, pour finir sa vie seul. Cet animal farouche et à juste titre craintif est en réalité au faîte de la socialité. Sa niche écologique consiste en une adaptation comportementale à la chasse coordonnée en groupes, qui lui permet de se nourrir de proies jusqu'à dix fois plus grosses que lui. En hiver, dans les déserts arctiques, c'est la solution de survie quand les baies et les petites proies ont disparu.

 

La meute est constituée d'une dizaine d'individus strictement hiérarchisés, chaque sexe étant inféodé au membre de même sexe du couple reproducteur. Il n'y a qu'un couple reproducteur par meute – fidèle d'une année à l'autre – et tous nourrissent ses jeunes. Marquages olfactifs et hurlements se combinent pour exploiter de façon optimale l'espace et ses ressources naturelles, dont l'abondance régule les populations de proies et de prédateurs, comme il est de règle dans la nature. Dans la meute, règne une stricte hiérarchie : elle est dirigée par un couple de leaders, mâle et femelle appelés "couple alpha". C'est le plus fort des mâles qui s'impose, après des luttes qui ne sont pas mortelles, les mâles dominés se soumettant. Le prétendant qui se soumet se couche sur le dos, et présente sa gorge au dominant.

 

Le Loup est monogame. Il choisit sa compagne, et lui reste attaché jusqu'à la mort. Seul le couple alpha a le droit de procréer. Si une autre lice a mis bas, sa progéniture est immédiatement tuée par la Louve dominante. Les petits de cette dernière sont protégés, nourris et éduqués par les autres femelles. Si un autre couple se constitue, il quitte spontanément la meute pour en créer une nouvelle. Le coupe alpha venant à être déchu rentre dans le rang. À l'issue d'une chasse, le couple dominant et ses petits mangent les premiers, sous la surveillance des autres adultes qui écartent les autres prédateurs du festin, renards et rapaces. Cette organisation évite toute consanguinité et le maintien de la force individuelle et collective.

 

Les loups chassent de préférence au crépuscule et la nuit, dormant le jour ou pratiquant des jeux collectifs, et entraînant les jeunes à la chasse. La meute se crée un territoire qu'elle marque par l'urine, et déplace celui-ci de plusieurs centaines de kilomètres, en fonction de la nature et de la quantité des proies.

 

Le Loup n'est pas sanguinaire. Il chasse et tue par nécessité. Il choisit les proies les plus faibles, les traînards ou les malades, dans les troupeaux. En carence de gros gibier, il se contente de lièvres ou de rongeurs. Sa prédilection pour les moutons est certaine, lorsque l'occasion se présente, et il en est de même pour les chiens nordiques.

 

Ajout du 15 avril 2016 : Que se passe-t-il quand un Loup rencontre un Lynx ?

 

L'utilité écologique du Loup est démontrée : il rétablit l'équilibre naturel en faisant disparaître les sujets vieillis, faibles ou malades. Ces dernières années, il a été montré que la présence de ce superprédateur, loin de nuire aux échelons inférieurs de la pyramide alimentaire et donc à la biodiversité, les favorise… Au Canada, l'Isle royale était peuplée de cervidés se nourrissant de lichens. Une surpopulation entraîna la dégénérescence. Le Gouvernement canadien implanta des meutes de loups capturés, qui rétablirent naturellement l'écosystème. L'exemple emblématique de cette réalité est celui du parc de Yellowstone, aux États-Unis, où l'éradication du loup a entraîné des famines et des épidémies chez les ongulés, dont il éliminait les individus malades. Il a fallu réintroduire le loup pour éviter le surpâturage et maintenir ses proies en bonne santé !

 

Les variations d’effectifs au sein des meutes peuvent être des réponses aux variations de la qualité de l’environnement ou suite à des réductions drastiques des effectif. En Europe, les meutes de loups se composent d'une louve et de sa portée de 3-4 louveteaux, et occasionnellement ceux de l'année précédente. Il existe une hiérarchie dans la meute dominée par un couple alpha. Un mâle et une femelle peuvent rester ensemble plusieurs années de suite. Le couple est sédentaire et défend un territoire surtout à l'époque de la reproduction. Le mâle participe à l'élevage des jeunes et, durant leurs premiers jours, apporte de la nourriture à la femelle. Quand les louveteaux sont grands, la famille peut étendre son territoire ou même le quitter temporairement. En hiver, plusieurs familles généralement apparentées se rassemblent pour former une grande meute, ce qui accroît les chances de succès à la chasse. Les hurlements que l'on entend surtout en hiver permettent aux membres d'une meute de se retrouver. La famille et la meute se disloquent au printemps, pendant et après le rut, les couples ayant un comportement territorial. Certains mâles peuvent être rejetés de la meute et adoptent un comportement erratique.

 

Le cri du Loup est un hurlement.  C'est en fait un chant qui correspond à des signes de reconnaissance ou d'amour. Ce chant  est d'abord isolé, puis repris par la meute entière. Il débute par un son grave, suivi d'une ligne d'harmoniques allant jusqu'aux aiguës. C'est aussi pour la meute l'affirmation de sa présence ou l'expression du bonheur ou de la souffrance de la faim. Le chant du Loup se retrouve uniquement chez les chiens nordiques, ce qui prouve leur ascendance.

 

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Meute de loups

© Nicolas Vanier

 

Excellent coureur, résistant, le Loup a un grand rayon d'action. Les 25 km de déplacement journalier reconnus au Loup ne sont qu'une moyenne. Couvrir 96 km en une seule nuit n'a rien d'exceptionnel. En marchant, il atteint un rythme de 6,5 km/h. Mais c'est au trot qu'il effectue ses longs déplacements à une vitesse variant entre 12,5 km/h et 16 km/h. Au galop, il peut atteindre 64 km/h.

 

Ajout du 15/05/2014 Source : Francetv info

 

Recordman des déplacements ? Aux États-Unis, un loup a parcouru des milliers de kilomètres à la recherche d'une femelle. L'animal et sa compagne ont été repérés dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou.

 

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Le loup OR-7 photographié le 3 mai 2014

 

L'animal voyage depuis septembre 2011 et c'est la fin d'une longue quête. Le loup OR-7, célèbre pour ses déambulations dans l'Oregon (États-Unis), a peut-être trouvé une compagne, a annoncé lundi 12 mai le U.S Fish and Wildlife Service cité par l'agence Associated Press. Si cette union se confirme, le couple serait le premier des Cascade Mountains depuis le début du XXe siècle.

 

Une femelle a été filmée par les caméras de surveillance dans la forêt nationale de Rogue River-Siskiyou, là où vit désormais OR-7, selon le traqueur GPS qu'il porte au cou. Selon le biologiste John Stephenson, il est probable que les deux animaux soient en ce moment en train d'élever des louveteaux.

 

"C'est incroyable qu'il ait apparemment trouvé une compagne, a commenté le biologiste. Je ne pensais pas que cela arriverait. Je suis encore plus impressionné par la capacité des loups à survivre et à se trouver les uns les autres."

 

Les jeunes loups quittent généralement la meute pour trouver un nouveau territoire et une louve afin de former leur propre meute. OR-7 a quitté la meute d'Imnaha, dans le nord-est de l'Oregon, en septembre 2011. Il a franchi des autoroutes et des déserts jusqu'en Californie pour finalement gagner les Cascade Mountains.

 

Progression du Loup en Europe de l'Ouest

 

En Europe, on assiste actuellement à un retour du Loup à partir de l'Italie. Il s'est établi dans le parc du Mercantour, d'où il a gagné les Alpes et sporadiquement, on peut apercevoir des individus erratiques en Suisse, en Allemagne, dans le Jura et même dans les Vosges (voir Progression du Loup en France et Le Loup de retour dans le Massif jurassien).

 

Ci-dessous, une carte montrant les déplacements mensuels d'un loup depuis Parme jusqu'à la France (source Ciucci & Boitani 2004).

 

Récupéré et soigné ce jeune loup mâle percuté par un véhicule, le 28 février 2004 a été équipé d’un collier GPS/GSM permettant de connaître sa position par contact téléphonique et satellitaire. Les enregistrements de position relevés tous les 3 jours montrent la capacité de mobilité des jeunes loups en phase de dispersion. L’animal a régulièrement progressé depuis la région de Parme vers l’Ouest via la chaîne des Appennins. Peu à peu il a concrétisé l’espoir de mettre en évidence les voies et distances de colonisation par des données directes. Ce qui était déjà appréhendé par les méthodes indirectes telles que le suivi génétique. Ce loup a franchi à plusieurs reprises des routes et autoroutes, les domaines vitaux d’autres meutes de loups. Il s’est rapproché de la côte (près de Rapallo) mais également des plaines et collines de la région de Mondovi. Il s’est ensuite dirigé directement vers la France par le Pesio, et jusqu’au col de Turini. Il est alors revenu sur ses pas en Italie et s’est visiblement stabilisé, bien que parcourant entre 20 et 40 km par jour. Le trajet représente environ 450 km de déplacement. Cet animal est à la recherche d’un territoire, soit libre, soit déjà occupé par une meute dans laquelle il chercherait à s’intégrer. Ce déplacement n’est pas exceptionnel, il est même conforme aux données citées dans la bibliographie.

 

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Déplacements mensuels

d'un loup équipé GPS/GSM

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Depuis 2003, des opérations de suivi estivales de la reproduction des loups en France sont menées de manières systématiques au sein des zones de présence permanentes identifiées par le réseau Grands-Carnivores (GC) au fil des années. Ces opérations visent à renseigner la qualité de la reproduction, paramètre primaire de la dynamique d’une espèce avec la survie, l’émigration et l’immigration. En effet, la qualité de la reproduction engendre un potentiel de dispersion de jeunes animaux dans leurs premières années de vies et donc traduit une dynamique de l’espèce à l’échelle de la population.

 

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Déplacement des loups

dans le parc du Mercantour

(document réseau Grands-Carnivores)

 

Le Loup reste très prudent et farouche si on le compare à d'autres mammifères sauvages. Acculé, il peut être dangereux pour l'Homme. Il montre une perception des mouvements, un odorat et une ouïe très développés.

 

Les loups comptent mieux que les chiens. (Sciences et Avenir, n° 816, février 2015 p. 23). Quand on est sauvage, savoir compter est un avantage, mais cette aptitude sert moins quand on est domestiqué. C'est l'hypothèse émise par les chercheurs de l'École vétérinaire de Vienne (Autriche) après comparaison des performances de loups et de chiens. Dans une première étude en 2012, onze Canis lupus avaient à choisir en appuyant sur un buzzer entre deux tubes opaques dans lesquels ils voyaient tomber des morceaux de fromage. Et les loups, qui devaient choisir le tube le plus rempli, ont très bien fait la différence entre 2 et 3 morceaux et entre 3 et 4. Deux ans plus tard, la même équipe a proposé cet exercice à 13 chiens. Qui ont échoué au test.

 

Les chercheurs pensent que cette perte de capacité pourrait être due à la domestication. Dans la nature, compter permet par exemple d'éviter d'affronter un groupe plus nombreux que le sien ou de faire les bons choix de chasse. « Comparés aux loups, les chiens domestiques n'ont plus besoin de chercher leur nourriture, ils ont un endroit sûr pour dormir et même la reproduction est contrôlée par l'homme. Aussi sont-ils exclus de la sélection naturelle », conclut Friederike Range, auteur principal de l'étude.

 

L'émission vocale la plus connue du Loup est le hurlement que les membres d'une meute utilisent en hiver. Le Loup hurle surtout pendant le rut en hiver et au printemps. Sinon il aboie et gronde.

 

La nourriture des loups est essentiellement animale. Ils se nourrissent d'une grande variété d'animaux allant de la taille des souris jusqu'à celle du Cerf ou de l'Élan, d'animaux domestiques jusqu'à la taille de la Vache et également de cadavres. Ils ne dédaignent pas oiseaux, reptiles, insectes, amphibiens et baies.
 

La reproduction a lieu entre décembre et mars. Elle est plus tardive dans le Nord que dans le Sud. Les accouplements sont notés en moyenne entre fin février et début mars. Même si les cas d’incestes existent, ils restent rares. Seule la femelle alpha se reproduit en inhibant les chaleurs des autres femelles du groupe par des mimiques comportementales et des diffusions hormonales. Les femelles sont matures dès l’âge de 22 mois. Toutefois, la majorité des femelles se reproduisent à partir de 3 ans. D’après examens sur animaux morts, les femelles âgées de 2 ans ont moins de fœtus (5,3 en moyenne) que les plus âgées (6,5 en moyenne), et elles ont tendance à se reproduire plus tard en saison.

 

La gestation dure environ 9 semaines. Les mises bas ont lieu dans une tanière, creusée par l’animal lui-même ou par l’agrandissement d’antres creusés par une autre espèce, renard, blaireau. La plupart sont situées en zones pentues ou sous couvert forestier. La tanière peut être aménagée sous un arbre creux, sous une cavité rocheuse. Elle est généralement située au centre du territoire, tout en précisant que plus le territoire est grand et plus la tanière se trouve au centre du territoire. Les tanières sont abandonnées de fin juin à début juillet. Les cinq ou six louveteaux sont élevés par les deux parents.

 

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Louveteau émergeant de sa tanière

© Nicolas Vanier

 

Les louveteaux naissent aveugles : ils ouvrent les yeux à 10 jours environ. Allaités durant deux mois, ils commencent à manger des aliments solides à partir de la 4e semaine et sont emmenés à la chasse pour la première fois à l'âge de 2 ou 3 mois. En général, ils restent dans le groupe familial jusqu'au printemps suivant. La maturité sexuelle est atteinte au cours de la deuxième année et la longévité atteint 16 ans.

 

 Ajout du 22 février 2016

Les loups adultes sont extrêmement attentifs à leurs jeunes. Ils les surveillent et les protègent. Notamment le mâle est un excellent père comme le prouve ce reportage sur le Loup, un documentaire diffusé par France 2 le dimanche 21 février  sous le titre suivant : "Les superpapas de la nature".

 

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Courbe de croissance de jeunes loups sur 4 mois

 

La grande majorité des meutes se reproduisent chaque année. Smith et al. (1995-2005) relèvent que 83% des groupes se sont reproduits au Yellowstone sur 70 meutes étudiées pendant la phase de colonisation. En Europe, Ciucci et Boitani (1999) ont constaté dans la région de Toscane en Italie, qu’une meute s’est reproduite 9 années consécutives. Toutefois, le nombre de meutes reproductrices peut varier au cours du temps, par exemple au Yukon après une campagne de réduction des effectifs de loups, le nombre de meutes reproductrices est passé de 35% à 90% en l’espace de trois ans (Hayes et Harestad, 2000). Une relation est donc à faire entre la phase de croissance (colonisation ou stabilisation) et la quantité de jeunes produits dans la population. La proportion de femelles reproductrices est donc amenée à être supérieure dans une population en phase d’expansion comme en France, avec, notamment, un grand nombre de disperseurs qui peuvent avoir accès au statut de reproducteur en fondant un nouveau territoire.

 

Lorsque les louveteaux quittent les tanières, ils ne sont pas encore en mesure de suivre les adultes lors des expéditions de chasse, ils attendent alors les parents jour et nuit sur une zone appelée "site de rendez-vous".

 

Au cours de l’été, une meute utilise de 1 à 3 sites de rendez-vous. Le site de rendez-vous peut se situer de quelques centaines de mètres à 14 km de la tanière. Les déplacements sont fonction de l’âge et du développement des jeunes. En mai-juin, les distances moyennes par jour parcourues par les jeunes sont de 1,6 km contre 3,7 km en août-septembre.

 

Les distances entre les sites de rendez-vous peuvent atteindre 7,3 km avec une moyenne de 3 km.

Les dates d’arrivées sur le premier site de rendez-vous se situent de fin juin à début juillet.

Les déplacements vers le deuxième site s’étalent du mois d’août au mois de septembre avec une durée de présence de 8 à 71 jours.

L’abandon définitif du site de rendez-vous s’étale du 10 août au 10 octobre. L’abandon du site serait brutal pour les louveteaux et graduel pour les adultes et les loups âgés de 2 ans (Yearlings).

 

Le rôle du loup dans les écosystèmes : l'effet de cascade

 

Une vidéo explique comment la réintroduction du loup dans le parc de Yellowstone aux États-Unis a favorisé un rééquilibre des écosystèmes, du point de vue floristique et faunistique, y compris un impact sur le cours des rivières.

 

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

 

Un site intéressant : Peuple Loup https://www.tipeee.com/peupleloup

 

Réintroduction du Loup dans l'Ouest américain : https://www.youtube.com/watch?v=5jZcqeJrPgc&feature=player_embedded

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Jacques Perrin : son plaidoyer pour le Loup.

Le Loup de retour dans le massif jurassien ?

Le Loup est de retour dans le massif du Jura français. On le signale également dans le Jura genevois, le Jura bernois ainsi que dans les Vosges y compris la région des Mille Étangs en Haute Saône. État des lieux remis constamment à jour  (04/06/2013).

 

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Le Loup en France

loup,mercantour,alpes,vercors,jura,vosges,savoie,baugesExtension du Loup en Europe

et en France

(Mise à jour du 30/08/2016)

 

Au milieu du XIXe siècle, le loup a disparu de la plus grande partie de l'Europe de l'Ouest. En France, par exemple, la politique nationale d'éradication de la rage et les primes à l'abattage qui l'accompagnaient ont eu des effets redoutables pour Canis lupus. Dans les campagnes françaises, on pensait se débarrasser simplement d'un « nuisible », de sorte qu'avec la généralisation des armes à feu et du poison, la chute des effectifs était inéluctable.

 

Ainsi, un facteur politique – l'existence d'un pouvoir centralisé efficace sur tout le territoire français – et des facteurs techniques – la démocratisation des armes à feu et du poison – ont joué un rôle majeur dans l'extermination du loup.

 

À ces facteurs directs se sont ajoutés des facteurs indirects : le déboisement des milieux refuges et la disparition des grands ongulés sauvages ont incité le grand prédateur à se rabattre sur les proies domestiques, ce qui a motivé davantage encore sa destruction. La mise en place d'infrastructures de communication et de transport modernes désenclavait de plus en plus de territoires, ce qui a exposé davantage la faune, dont le loup. La pénétration des milieux et des écosystèmes, leur détérioration se sont intensifiées. En cette première ère industrielle, un réseau de chemin de fer, de routes et de chemins a recouvert progressivement l'Europe occidentale, ce qui a fragmenté et réduit drastiquement les dernières populations lupines (figure 1).

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Fig. 1 - © Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

Quelques dates caractérisent cette disparition progressive du principal grand prédateur européen. Le Loup a d'abord disparu des îles britanniques : en Angleterre au début du XVIe siècle, en Écosse en 1684 et en Irlande en 1710, ce qui a contribué à doter ces territoires d'un avantage compétitif dans l'élevage ovin. De fait, dès cette époque, ils sont réputés pour la qualité de leur laine. En Suisse, le dernier loup aurait été tiré en 1872. L'espèce lupine a disparu à la fin du XIXe siècle en Belgique et en Allemagne après s'être réfugiée dans les forêts des Ardennes et des régions rhénanes. En France, le Loup, confronté à une traque sans merci, a disparu entre 1923 et les années 1990.

 

Le grand prédateur s'est toutefois maintenu dans les contrées au développement industriel nul, faible ou tardif de l'Europe centrale et orientale. Dans ces régions où subsistaient les structures féodales, la vague d'extermination ne s'est propagée qu'à partir du début du XXe siècle, mais sans menacer les populations lupines.

 

En Europe du Nord non plus, l'élimination n'a jamais été complète. Même s'il est arrivé que les populations baissent beaucoup, les loups circulent dans tout l'espace scandinave, et leurs effectifs sont alimentés par l'important réservoir russe.

 

Dans le Sud de l'Europe, dans les péninsules ibérique et italienne surtout, les populations ont beaucoup régressé dans les années 1970, mais la destruction n'a jamais atteint l'intensité qu'elle a eue en France. Dans ce pays, le dernier loup aurait été abattu aux confins du Limousin et du Poitou en 1937. Mais entre cette date et le retour officiel du loup en France en 1992, des individus étaient régulièrement tués ou retrouvés morts. Il s'agissait probablement de restes de la population autochtone, des loups captifs libérés ou encore des pionniers de la recolonisation.

 

En effet, le loup a longtemps survécu dans toutes les marges et les périphéries de l'Europe. En France, il s'agit de l'Est ou de marges intérieures (zones reculées du Massif central et du centre-Ouest). Constatant la survie des loups au début du XIXe siècle dans les zones frontalières des départements français, l'historien Alain Molinier pointa en 1993 la corrélation entre la présence du Loup et un pouvoir politique faible ou un développement moindre dans les confins et les périphéries.

 

Pour la même raison, le loup a été refoulé aux marges de l'Europe de l'Ouest, et il n'est pas étonnant de constater qu'après les années 1950, les dernières populations viables se situaient à l'Est du Rideau de fer.

 

Avant l'avènement du communisme, de grands propriétaires dominaient les structures agraires dans ces contrées, où la paysannerie, durablement marquée par le féodalisme et le contrôle du droit de chasse, était maintenue dans un statut subalterne. Cela avait préservé une faune que la noblesse se réservait pour la chasse dans de grands domaines forestiers, tel Bielowieza, en Pologne.

 

La mise en place des démocraties populaires et de la collectivisation ont ensuite maintenu des équilibres dynamiques entre un monde agricole aux techniques plutôt traditionnelles et les grands prédateurs, tel le loup. Contrairement à ce qui s'est produit en Europe de l'Ouest, les grands prédateurs ont continué à disposer de zones refuges où la chasse, souvent réservée aux apparatchiks ou à des fonctionnaires spécialisés, ne nuisait pas aux effectifs.

 

En 1989, le Rideau de fer tombe, alors que les facteurs qui avaient produit la disparition du Loup en Europe de l'Ouest ont largement disparu… Dès lors, les marges orientales et méridionales de l'Europe se sont mises à fournir continûment des pionniers, qui ont amorcé la recolonisation de l'Europe de l'Ouest par le Loup à la fin du XXe siècle.

 

Plusieurs phénomènes complémentaires d'ordres écologiques, sociaux, politiques et territoriaux contribuent à ce retour du loup dans des pays tels que la France, la Suisse, l'Allemagne et dans des régions d'Espagne et surtout d'Italie où il avait été éradiqué. Tout d'abord, la vision du loup a changé : dans la plupart des pays d'Europe occidentale, il est passé, dans les années 1970, du statut d'un nuisible à éradiquer à celle d'une espèce à protéger. En Europe, deux textes majeurs garantissent la protection de cet animal : depuis 1979, la convention de Berne, puis, depuis 1992 dans l'Union européenne, la directive Habitats faune flore (directive 92/43/CEE).

 

En France, le retour du Loup est détecté pour la première fois en 1992 dans le Parc du Mercantour (Alpes Maritimes). Dans les Alpes, sa population est évaluée à 80 loups (comprenant à la fois les meutes réparties des Alpes Maritimes à la Savoie, et les individus en dispersion). Ainsi, la renaissance de la population française de loups résulte de l'expansion de la population lupine italienne dite des Abruzzes. À partir du refuge situé dans cette région d'Italie centrale, Canis lupus italicus a d'abord recolonisé les Apennins en direction du Nord, puis a atteint l'arc alpin, ce qui l'a conduit en France, dans le parc du Mercantour.

 

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Fig. 2 - Les zones de présence du Loup en Europe de l'Ouest sont des régions peu habitées par l'homme. C'est particulièrement vrai en Italie, en Espagne, en France et dans toute l'Europe du Sud, où les loups occupent des massifs montagneux. Cela l'est aussi en Suède, en Finlande et en Allemagne, où le prédateur s'est surtout installé dans des régions forestières faiblement peuplées. Pour autant, cet infatigable explorateur a déjà été aperçu au Danemark, en Hollande, en Champagne.

© Pour la Science n° 435 janvier 2014

 

En novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, deux canidés ressemblant à des loups y ont été aperçus. Après vérifications et tergiversations, la présence de Canis lupus en France fut officiellement reconnue. Mis dans la confidence par les agents du parc, le magazine Terre Sauvage publia l'information. Les pouvoirs publics ont dû réagir, alors qu'ils misaient sur la discrétion, au regard de la réputation de l'animal et des mauvaises relations de l'administration du parc avec les élus locaux, les chasseurs et les agriculteurs. Pourtant, dès le début des années 1990, des spécialistes italiens avaient, sans retenir l'attention des autorités, annoncé l'arrivée imminente du loup en France.

 

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Fig. 3 - Loups du Mercantour

 

Depuis 1992, du Mercantour (Alpes maritimes), le Loup a progressivement gagné les Alpes de Haute-Provence, les Hautes-Alpes, le Vercors et la Savoie. En 2004, on signale sa présence dans l'Ain, marquant ainsi sa progression vers le Massif jurassien et les Vosges. Désormais, en 2011-2013, il est signalé dans le Jura, le Doubs et les Vosges et même la Haute-Marne. (Voir l'article : le retour du Loup dans le massif jurassien).

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Fig. 4 - Répartition du Loup dans les Alpes

Année 2001 (Carte Réseau loup)

 

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Fig. 5 - En 2004, la progression du Loup vers le nord des Alpes

apparaît sur cette carte Réseau-loup

 

En 2004 selon le réseau-loup, les populations lupines sont en développement partout actuellement en Europe, mais leur distribution est fragmentaire sans connexion démographique entre l’Italie, la Péninsule Ibérique, les Balkans et l’Europe centrale ; effectifs très variables, compris selon les pays entre quelques individus et 2 500 loups.

 

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Fig. 6 - L'expansion du Loup en France est soutenue, car le pays contient de nombreux habitats vacants convenant à cet animal. La première meute s'est créée en 1992 dans le parc du Mercantour Depuis, l'aire de répartition de l'espèce a augmenté de 20 à 25 pour cent par an, surtout dans des régions montagneuses où les meutes peuvent vivre en relative tranquillité.

(© Pour la Science n° 435 janvier 2014)

 

Le dynamisme avec lequel la colonisation s'est ensuite poursuivie est surprenant (figures 4-6). Dès 1997, les loups fréquentent le plateau de Canjuers, dans le Var, le massif du Queyras et les Hautes-Alpes. En 1998, leur présence est attestée dans les Monges (Alpes-de-Haute-Provence). En 1999, ils sont identifiés dans les massifs du Vercors (Drôme, Isère) et de Belledonne (Isère, Savoie). De 2000 à 2003, le loup laisse des traces dans les Préalpes de Grasse, proches de Nice, en Maurienne (Savoie) et dans le Bugey (Ain). Et on le repère dans les Pyrénées-Orientales dès la fin des années 1990 ! À partir de 2006, on le rencontre dans plusieurs départements du Massif central – la Lozère, l'Aveyron, le Cantal, l'Ardèche – et à partir de 2011 dans le Jura et dans les Vosges. Aux dernières nouvelles, il est aussi arrivé en Haute-Marne et dans l'Aube. Dans l'ensemble, l'aire de répartition du loup s'est étendue 15 ans durant d'environ 25 pour cent par an en France, et cela malgré les décès accidentels ou les abattages.

 

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Fig. 7 - Les populations de cerfs élaphes se développent en France en raison de l'expansion des forêts et des friches agricoles, et en raison de la gestion cynégétique. Ce phénomène favorise aussi le retour du loup, le principal prédateur du cerf. Si la présence de meutes de loups dans les forêts de plaine se confirme, elle constituera un régulateur naturel du Cerf et pourrait avoir des effets positifs sur la végétation forestière et agricole.

©Michel Cottet

 

En Allemagne, la tendance est la même. Au tournant des années 2000, des loups arrivent outre-Rhin de Pologne. Leur présence est d'abord attestée dans le Lausitz, région forestière riche en cervidés, à cheval entre la Pologne et les länderde Saxe et de Brandenbourg. Si 13 des 19 meutes allemandes vivent encore dans cette région, l'espèce a essaimé dans tout le pays. En équipant de jeunes loups de colliers gps, (Des loups suivis par GPS (Pour la Science janvier 2012 n°411 p. 8.), les biologistes allemands ont mis en évidence que ni les routes ni les cours d'eau ne constituent des obstacles pour ces canidés, qui peuvent par ailleurs franchir des distances énormes. En deux mois, un jeune loup allemand a ainsi traversé la Vistule et l'Oder et parcouru 1 550 kilomètres avant de rencontrer une jeune femelle biélorusse. Dans l'Ouest de l'Allemagne, le loup a fréquenté la Rhénanie du Nord-Westphalie dès 2008 et l'analyse génétique d'un spécimen abattu en Rhénanie-Palatinat, un peu plus au Sud, a révélé qu'il s'agissait d'un loup italo-alpin !

 

Se profile ainsi une probable jonction entre les loups de souches orientale et nordique et les loups méditerranéens, jonction qui amorcera un précieux brassage génétique. De même, dans le Nord de l'Italie, en Autriche, voire en Suisse, les loups slovènes, eux aussi en expansion, pourraient rencontrer des loups italo-alpins.

 

La Suisse, pays de la Convention de Berne devrait être une terre de recolonisation favorable au loup, qui y est arrivé dès 1995. Or il n'en est rien. En 2012, pas plus de 17 individus ont pu être recensés, dont une minorité de femelles. Plus que la rudesse du milieu montagnard, ce sont des facteurs politiques qui expliquent encore une fois les difficultés du loup en Suisse.

 

Dans ce pays fédéral décentralisé, le pouvoir important des élus des cantons a pour effet de multiplier les abattages officiels instamment demandés par de puissants groupes de pression agricoles et cynégétiques. À cela s'ajoutent de nombreux tirs illégaux, souvent couverts par les autorités. Même l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) demande régulièrement au comité permanent de la Convention de Berne d'assouplir le statut de protection de l'espèce. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) obtient souvent des condamnations des tirs par les tribunaux suisses, mais la plupart du temps après que le mal est fait… Canis lupus progresse donc difficilement en Suisse : il n'est arrivé que dans les cantons des Grisons, du Tessin, de Vaud, du Valais et, plus récemment, dans la région située entre Berne et Fribourg.


Il existe aujourd'hui en 2013 21 meutes de loups en France et 12 en Allemagne. Depuis une dizaine d'années, le loup fait son retour dans l'Est de l'Allemagne.

 

Depuis 2009, l'Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature suit par satellite six jeunes loups de la frontière germano-polonaise. Elle a fait d'intéressantes découvertes (http://www.bfn.de/0401_pressearchiv_2011.html).

 

Ces travaux montrent qu'en Europe de l'Ouest, la dynamique de recolonisation par le loup est forte. La situation française l'illustre, puisque dans l'Hexagone, les accroissements des territoires et des effectifs restent actuellement de l'ordre de 20 pour cent par an en moyenne, et ce malgré l'existence d'un braconnage avéré et cryptique (caché), comme l'a étudié le biologiste Guillaume Chapron. Étant donné les espaces rendus disponibles par la déprise agricole, les loups français ne peuvent qu'avoir une grande capacité de dispersion.

 

C'est bien ce que montre le suivi français : des spécimens identifiés en Lozère ou dans les Pyrénées-Orientales l'avaient été plusieurs mois auparavant dans les Alpes. Des loups de souche italo-alpine franchissent même la frontière franco-espagnole pour coloniser la Sierra del Cadi, en Catalogne. La jonction avec les loups espagnols ne semble pas s'être faite, parce que leurs populations se trouvent à l'Ouest et au Sud de la péninsule Ibérique (voir figure 2) , et sans doute aussi parce qu'un braconnage efficace en Aragon et en Navarre isole encore les deux populations.

 

Il est ainsi apparu que le comportement des jeunes loups varie énormément : tandis qu'une jeune femelle n'a quitté sa famille qu'au bout de deux ans, un mâle de 12 mois a parcouru 1500 kilomètres pour aller à la rencontre d'une louve biélorusse... Les chercheurs ont été encore plus étonnés de voir les jeunes loups se risquer facilement sur des terrains découverts, telles les landes, et de constater qu'ils ne répugnent pas à séjourner longtemps près d'une route bruyante, une jeune louve allant jusqu'à creuser sa tanière à 500 mètres d'une grande artère.

 

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Fig. 8 - Le Loup en Allemagne © Stefan Seidel

 

« Les loups sont capables de se multiplier très vite dans les milieux structurés par l'homme », souligne Béate Jessel, directrice de l'Agence fédérale pour la conservation de la nature. En Allemagne aussi, il va falloir se préparer à gérer la cohabitation entre Canis lupus et Homo sapiens.

En Allemagne, le Loup ne s'attaque pas aux troupeaux de moutons, assurent les écologues, répondant aux craintes des éleveurs. La preuve est apportée avec l'étude des restes de 3000 repas de Canis lupus. Leur menu est composé principalement de chevreuils (55,3 %), de cerfs rouges (20,8 %), de sangliers (17,7 %) et de lièvres (3 %), révèlent les chercheurs. Seulement 1 % de leur repas provient des élevages (Science Daily).

 

 

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Fig. 9 - (Carte Réseau Loup)

 

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Fig. 10 - (Carte Réseau Loup)

 

 

Actuellement (juillet 2011), il y aurait 19 meutes avec plus de 170 loups aujourd'hui en France selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Rhône-Alpes. La population des loups a été estimée entre 170 et 200 individus l'hiver dernier, contre 140 à 170 un an auparavant.

 

Selon le ministère, au 25 juillet 2011, 583 attaques ont été recensées depuis le début de l'année dans dix départements pour 2.115 ovins tués. À la même date en 2010, 470 attaques avaient été recensées pour 1 786 animaux tués. En 2011, l'État a dépensé 1,5 million d'euros pour indemniser les dégats dus au loup sur un budget loup total de 8 millions d'euros.

En 2013, on estime qu'il existe 21 meutes et 250 loups en France, chaque meute comptant 2 à 5 individus. Les signalements nouveaux concernent la plupart du temps des loups solitaires erratiques, jeunes mâles chassés des meutes constituées.

 

AJOUT DU 29/06/2014 : article de l'Est Républicain

Feu vert à l'abattage de loups

 

Des éleveurs et chasseurs ont manifesté hier dans les Pyrénées.

 

Alors que la profession agricole mobilisait dans l'Ariège contre « la gestion calamiteuse » des grands prédateurs, le gouvernement a annoncé hier qu'il allait faciliter les tirs contre les loups.

 

Gare au loup ! Le gouvernement a changé de fusil d'épaule alors que monte la colère des éleveurs. Ils étaient près de 3000, hier à Foix, pour protester contre « le fléau » des grands prédateurs (ours, loups, vautours), épaulés par les chasseurs, les forestiers et des représentants du monde rural. « Arrêtons le carnage, soutenons l'élevage », était venue clamer la profession agricole à l'appel des Jeunes agriculteurs et de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

 

S'agissant du loup, leur cri aura porté. La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé hier le relèvement du plafond national de 24 loups maximum pouvant être abattus sous certaines conditions. Il est porté à 36 « si le seuil de 24 est atteint en cours d'année ».

 

Dans certains départements alpins et de l'est, les préfets vont pouvoir autoriser « des opérations de prélèvement de loups », autrement dit de tirs contre le canidé sauvage, animal protégé aux niveaux national, international et européen, mais qui ne cesse d'étendre son territoire en France. La population est désormais d'environ 300 individus, avec des effectifs en hausse de près de 20 % par an.

 

« Mieux protéger les éleveurs »

 

La ministre de l'Écologie ne va pas en rester là et promet une autre mesure, d'ici au 15 juillet, pour déléguer aux préfets « l'expérimentation de mesures plus souples » pour combattre le loup dans les régions où sont recensées le plus d'attaques. Des « battues au grand gibier » pourront être organisées.

 

L'annonce de ces mesures était attendue, au lendemain de la réunion convoquée par Ségolène Royal avec les préfets des départements concernés. Depuis 2009, les préfets ont compétence en matière de dérogation à la protection stricte du loup : ils peuvent prendre des mesures lorsqu'il y a « intérêt à agir », notamment pour prévenir des dommages importants aux élevages.

 

Les éleveurs sont « à bout de nerfs », a alerté le député UMP des Alpes-Maritimes, Charles-Ange Ginésy, mercredi à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement. « Le loup gagne un département par an », a dénoncé l'élu, demandant « un signe fort et des actes ».

 

« La protection du loup est victime de son succès », a admis devant les députés Ségolène Royal, qui a dit hier vouloir « mieux protéger les éleveurs » contre la prédation de l'animal. La ministre de l'Écologie le reconnaît : « Les dommages aux troupeaux restent trop importants. Plus de 6 000 animaux d'élevage ont été victimes du loup en 2013. La détresse des éleveurs et de leurs familles doit être prise en considération. » Quant à l'ours, dont il reste une vingtaine d'individus après les réintroductions des années 1996-2005, l'idée est de procéder à des lâchers... en Espagne.

 

Nathalie CHIFFLET (avec AFP)

 

Sources :

  • Réseau Loup

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

  •  Voir également la revue "Terre sauvage" de Novembre-décembre 2012.

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http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

  • Farid Benhammou[1]  Le retour du loup en Europe occidentale Pour la Science n° 435 janvier 2014 pp. 64-70.


    [1] Farid BENHAMOU, est géographe et chercheur associé au Laboratoire de géographie physique (UMR CNRS 8591).

 

À propos d’un article paru le 13 octobre 2014 sur pastoralisme et biodiversité

Un article paru le 13 octobre 2014 dans le journal Libération  Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers  est très engagé contre la restauration d’une fraction de la faune autochtone.
C’est un choix politique légitime. Ici, où l’on se doit de rester factuel et rationnel, ce n’est le lieu ni d’approuver ni de contester cette option.



Ce qui n’est pas légitime ce sont les multiples contre-vérité factuelles (voir détail plus bas) dont les auteurs prétendent étayer ce qui, de ce fait, objectivement, n’est pas une analyse mais de la propagande. Les mettre en évidence, ainsi que comme présenter les analyses ci-dessous, est tout à fait à sa place ici.



La solide analyse du géographe Farid Benhammou avait répondu à l’avance depuis plus de onze années, dans un article  Benhammou Grds prédateurs biodiversité paru dans le Courrier de l’Environnement revue de l’Institut National de la Recherche Agronomique et non pas presse d’opinion.



On trouvera ci-dessous un autre article de Benhammou, beaucoup plus bref et ciblé : Pourquoi la Confédération paysanne est-elle anti-loup ? paru le 27 novembre 2014 dans la revue Politis (http://fr.wikipedia.org/wiki/Politis). Il explique une position qui peut en surprendre beaucoup.


Contre-vérités factuelles in « Plaidoyer pour des écosystèmes non désertés par les bergers »


Lagopède Lagopus mutus et Bouquetins Capra sp. : prétendre que l’action de l’élevage pastoral leur soit profitable c’est ignorer totalement comment et où vivent ces animaux1 ;


Gypaète Gypaetus barbatus : Hirzel et al. (2004) ont montré que dans, les Alpes l’espèce la plus favorable à son installation est  Capra ibex suivi par le Chamois R. rupicapra, les ovins ne viennent qu’au troisième rang ;


réalité passée, mythe actuel : le rôle du pastoralisme pour la biodiversité tel qu’il est décrit est largement disparu. Depuis des décennies se juxtaposent beaucoup plus ici abandon2,  là intensification3, voire surpâturage4 (cf. Benhammou Grds prédateurs biodiversité). Il ne s’agit nullement ici de critiquer cette évolution mais simplement d’appeler un chat un chat.


Faut-il s’en étonner ? Tous les nombreux signataires travaillent soit en sciences humaines, soit au sein d’organismes  dont le champs d’activité est l’élevage, l’agronomie, etc. mais pas un seul sur la biodiversité, sa conservation ou/et sa restauration. Il est remarquable que la partialité de plusieurs d’entre eux ait déjà été analysé onze ans plus tôt dans l’article de Benhammou dans le Courrier de l’Environnement Benhammou Grds prédateurs biodiversité.



Au contraire, des éleveurs et/ou bergers par ailleurs naturalistes conviendront des critiques ci-dessus.



1 Alors que, au contraire, sont solidement documentés des cas d’effets négatifs de l’élevage sur des populations de bouquetin : disette hivernage par excès de pâturage, pathologies transmises.


2 Parcours difficile ou autre conditions rendant difficile ou impossible l’intensification.


3 La multiplication des impluviums dans des alpages qui s’en sont passé durant des siècles correspond à une intensification.


4 Certains sites célèbres par la diversité de leur flore ont été ainsi ruinés du fait de concentrations temporaires mais extrêmes.

Ajout du 30 août 2016 (d'après un article ce Science et Avenir n°835, p56-57).

LE LOUP : UN DÉLICAT ÉQUILIBRE À RESPECTER

Population estimée : 300 individus

Répartition : Vosges, Massif central, Pyrénées

Statut : espèce strictement protégée

« Compter les loups, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin tant ils évoluent sur de grands territoires, explique Christophe Duchamp, du service Études et recherche de l'ONCFS. Aussi, nous mutualisons les énergies avec un réseau de 3100 observateurs formés qui s'étend au fur et à mesure de l'expansion du prédateur.»

Absent du territoire national en 1992, le Loup est désormais revenu en provenance d'Italie. Les spécialistes récupèrent les crottes et les poils laissés par les carnivores pour établir leur carte d'identité génétique, étudient les moutons et animaux sauvages attaqués (8935 ovins tués en 2015) et expertisent les photos prises par des particuliers. Les pouvoirs publics se doivent de préserver la sérénité des éleveurs tout en assurant la sauvegarde d'une espèce protégée au niveau européen. « Nous évaluons les risques qu'a la population de loups de croître ou décroître selon le niveau de prélèvement [abattage] appliqué », résume Christophe Duchamp. Pour ce faire, les chercheurs utilisent un modèle démographique qui croise la dynamique de reproduction avec son expansion géographique. Ainsi, en 2015, 45 zones de présence permanente ont été identifiées pour 33 meutes. Le modèle permet aux pouvoirs publics de déterminer le plafond des abattages selon les régions. Entre juin 2015 et juin 2016,18 des 36 abattages se sont produits dans les Alpes-Maritimes. Sans que l'on connaisse bien, pour le moment, l'impact sur les meutes qui y vivent.

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Stratégie de prédation chez le Loup

loup012-logo.jpgStratégie de prédation chez le Loup

 

par André Guyard

(dernière mise à jour : 20/10/2014)

 

Comme tous les vertébrés carnivores, les loups se nourrissent de la chair d'autres animaux. Ils procèderont à la recherche de proies potentielles. Dans cette quête de nourriture, il y a optimisation de la prédation par mise en place d'une stratégie de capture des proies.

 

Chaque espèce de prédateur utilise des stratégies de prédation peu à peu optimisées par la sélection naturelle si bien que chaque prédateur chasse de la manière la plus efficace possible et l'on peut établir des règles de stratégie optimale de prédation.

 

1. Les prédateurs choisissent les proies les plus profitables qui pré­sentent le meilleur rapport énergie récoltée/énergie de capture et d'ingestion. Les individus les plus vulnérables : jeunes, malades, dépourvus de refuge ou de protection seront les plus recherchés. C'est le rapport qualité-prix qui compte. Il est évident que lorsqu'on offre un troupeau de moutons prisonniers d'un enclos sans abri, ni protection, les loups auront une préférence pour ce genre de proies particulièrement vulnérables plutôt que de s'échiner à poursuivre leurs proies naturelles comme les chevreuils.

 

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© Nicolas Vanier

 

2. Les prédateurs tendent à concentrer leur effort de chasse là où les proies sont les plus abondantes (réponse d'agrégation du prédateur). Mais la qualité de la prospection varie suivant la quantité du butin. S'il est rare ou au contraire très abondant, les prédateurs n'optimisent pas, c'est-à-dire qu'ils ne distinguent pas dans leur comportement les zones riches en proies et les zones pauvres. L'optimisation paraît ne se manifester que dans les zones intermédiaires à densité moyenne.

 

Dans la nature, pour une certaine gamme de densité des proies, le taux de prédation tend à augmenter avec la densité des proies. Ce qui aboutit à une régulation des popula­tions de proies (régulation densité-dépendante), ce mode de ré­gulation n'étant qu'une composante des mécanismes qui stabilisent et régu­lent les populations sauvages.

 

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© Nicolas Vanier

 

3. Les prédateurs accumulent de l'information au cours de l'échantillonnage : situation géographique, facilité d'accès et conformation du terrain, abondance et nature de la proie… Ainsi, les prédateurs "s'attendent" à trouver de la nourriture là où ils en ont déjà trouvé. Ils se représentent peut-être une "image de la proie" (searching image). Le Loup, comme tous les prédateurs au cours de leurs expériences successives, ira directement là où il a déjà trouvé des proies (expectation). Quant à l'image de la proie, si le Loup peut s'en former une, peut-être se ramène-t-elle à un certain niveau d'expectation ?

 

4. Dans le choix des proies, il faut tenir compte des goûts individuels du prédateur et on aurait tort de croire que la proie la plus grosse et la plus riche en calories potentielles va forcément être préférée. Surtout si les proies sont assez abondantes, l'animal va en rechercher de préférence certaines qui peuvent être de valeur nutritive moindre ; et on a d'assez bons arguments pour penser qu'elles en préfèrent tout simplement le goût !

 

5. La chasse en coopération a été bien mise en évidence chez les loups et les lions. Chez les loups, qui chassent très souvent en groupe, une stratégie tout à fait différente est observée suivant qu'il s'agit d'une proie très volumineuse comme un élan ou d'une proie moins grosse mais très rapide comme les caribous. Dans ce dernier cas, les loups semblent bien organiser des relais : un premier groupe pousse le caribou vers l'embuscade tendue quelques kilomètres plus loin, et quand les prédateurs sont presque épuisés une troupe fraîche prend la suite. Sans cela, les loups n'auraient aucune chance d'attraper les caribous, qui les dépassent nettement à la course. On pense également maintenant que les hurlements gradués et modulés émis par les loups en chasse sont interprétés par les congénères à grande distance. Les lions ou plus précisément les lionnes, dont la stratégie paraît plus développée, poursuivent le gibier à deux ou trois et sont capables de le rabattre vers un vallon sans issue.

 

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© Nicolas Vanier

 

En ce qui concerne le comportement des proies, on peut remarquer que, chez les animaux supérieurs, la défense contre les prédateurs est dans presque tous les cas passive : il est rare que les animaux attaquent le prédateur. Ou bien, comme chez les bisons, les grands mâles forment un cercle qui fait face aux loups pendant que les femelles et les petits sont bien protégés au milieu du cercle ; ou bien tout le monde a recours à la fuite. Avec le retour du Loup en Franche-Comté, peut-être que les Montbéliardes vont recouvrer leurs cornes ?

 

En définitive, la prédation, surtout lorsqu'elle implique coopération, présente à l'observateur des phénomènes extrêmement compliqués et variés, certains mettant en cause les niveaux les plus élevés du psychisme. Dans certains cas, les techniques paraissent optimisées.

 

Pour explorer davantage le mécanisme de la prédation, on peut visiter l'article qui se rapporte aux mécanismes du phénomène dans l'ensemble du règne animal.

 

Prédation respective des chiens divagants et des loups

 

Une étude scientifique récente (2009), publiée par la "Zoological Society of London", réalisée dans le pays basque espagnol apporte un regard nouveau sur la prédation respective des chiens divagants et des loups. Elle est due à J. Echegaray et C. Vila et se fonde sur l'analyse génétique des fecès des loups et des chiens divagants en Espagne. Elle démontre que le prélèvement sur la faune sauvage dû aux chiens errants est considérable par rapport à celui des loups.

 Les résultats de cette étude (rédigée en anglais) sont consignés ci-dessous :

 

Fèces de loups

 

 Parmi les 30 fèces de loups étudiées, 73% des restes appartiennent à des animaux sauvages, seulement 3% appartiennent à des ovins :

* une seule contenait des restes non identifiés,

* 22 contenaient des restes de chevreuils (Capreolus capreolus),

* 3 des restes de sanglier (Sus scrofa),

* 1 des restes de blaireau (Meles meles)

* 1 des restes de lièvre (Lepus europaeus)

* 8 contenaient des restes d’animaux domestiques (équins : 4, bovins : 3, ovins : 1)

 

 Fèces de chiens

 

 Parmi les fèces de chiens étudiées : 39 restes ont été identifiés et 14 n’ont pu l’être. 54% des crottes contenaient des restes d’animaux d’élevage :

* 14 fèces (36%) contenaient des restes d’ovins

* 7 (18%) contenaient des restes de chevaux ou de bovidés.

 

Ci-dessous des statistiques relatives aux attaques des grands canidés au sein des troupeaux domestiques.

 

Quelques chiffres relatifs à l'année 2009

 

Le tableau ci-dessous fait le bilan des attaques et des victimes au sein des troupeaux domestiques par de grands canidés.

 

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Bilan des attaques et victimes de grands canidés

sur les troupeaux domestiques en 2009

(© plan d'action national sur le Loup)

 

Le nombre de victimes des grands canidés (c'est-à-dire du Loup) peut paraître important. En fait, il faut relativiser ce nombre de 3263 victimes par rapport aux 400 000 ovins victimes chaque année de chiens errants.  Voir à ce propos l'article de France Nature Environnement (FCE).

 

Dans sa livraison de décembre 2011, le mensuel Science & Vie essaie de répondre à la question : pourquoi le Loup est si mal toléré en France ? (Science & Vie décembre 2011, n° 1131 p.138-139).

 

"En effet, si le Loup est mieux toléré dans certaines régions italiennes et espagnoles, c'est qu'il n'en a jamais disparu ! Tandis qu'en France, cela fait presque un siècle que l'élevage se développe à l'abri de tout prédateur, le dernier loup français ayant disparu dans les années 1930. En Italie et en Espagne, l'espèce a survécu aux attaques répétées des hommes avant de se voir attribuer le statut d'espèce protégée en 1979. Dès lors, la reconquête de Canis lupus, tout aussi honni dans ces pays-là, a pu reprendre... Jusqu'à traverser la frontière italienne au début des années 1990 et s'installer dans les Alpes du Sud... où les éleveurs ont donc perdu depuis plus de deux générations l'habitude de se battre contre de tels prédateurs. Bilan : des centaines, et bientôt des milliers de moutons tués (4189 indemnisations au titre de victimes du loup en 2010). Sans parler du stress engendré sur le troupeau, qui grossit moins ou donne moins de lait. D'où la colère des éleveurs, déjà fragilisés par la crise du secteur.

 

BRACONNAGE LÉGAL ?

 

Toutefois, nos bergers français sont loin d'être isolés. Partout où le Loup a recolonisé des territoires désertés (le nord de l'Italie, la France, la Suisse, la Norvège), la cohabitation est difficile et le rejet unanime. Dans les régions où le Loup a toujours été présent (sud de l'Italie et Espagne), les pertes sont moins lourdes, les éleveurs plus conciliants. Et pour cause : la trilogie "berger-chien de protection-enclos pour la nuit" existe toujours. On trouve ainsi de nombreux enclos en pierre qui protègent les troupeaux la nuit, et la main-d'œuvre moins chère favorise la présence d'un aide-berger à proximité permanente du troupeau. Autre différence : dans les Abruzzes, l'élevage ovin est principalement destiné à la production de lait. Ces petits troupeaux sont regroupés chaque soir pour la traite dans un endroit protégé. Enfin, en Italie et en Espagne, le loup ne jouit pas d'une protection totale. "Les autorités tolèrent, voire autorisent les éleveurs à braconner l'animal, précise Laurent Garde, chercheur au Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée. Faisons pareil en France et les éleveurs supporteront mieux la situation." Ce qui peut aussi dissuader les loups de s'approcher. Une demande partagée par nombre de bergers français."

 

Pour ce qui concerne la prédation en général, voir l'article : la prédation : relations mangeur-mangé.

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

 

Comment la réintroduction de loups dans le parc de Yellostone aux ÉTATS-UNIS a profondément modifié l'écosystème de la région : une vidéo qui souligne un rôle inattendu du Loup dans la chaîne alimentaire.

 

Loup y es-tu ?

loup,traces,empreintesLoup y es-tu ?

 

par André Guyard

 

 

 

 

Différentes méthodes permettent d'identifier un prédateur. Il y a, bien sûr la photographie fournie par un particulier ou par un appareil à déclenchement automatique. Mais on peut repérer l'animal à ses traces en examinant les empreintes laissées par ses pattes sur un sol boueux ou dans la neige. Et puis, il y a les méthodes plus scientifiques : examen des poils, analyses génétiques par ADN qui permettent d'identifier, non seulement l'espèce de prédateurs, mais également son origine génétique par comparaison avec d'autres empreintes génétiques déjà répertoriées.

 

Les empreintes de pas

 

Parmi les traces de Canidés relevées sur le sol, on rencontrera celles du Renard, du Chien et, éventuellement celles du Loup.

 

Empreintes du Renardroux Vulpes vulpes

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Le Renard roux

 

Le Renard est un digitigrade. Il a cinq doigts aux pattes antérieures et quatre seulement aux postérieures, mais le doigt interne antérieur se trouve si haut qu'il ne laisse aucune marque sur l'empreinte. Quatre pelotes digitales et un grand coussinet plantaire sont visibles. Les griffes sont longues, fines et pointues. L'empreinte, sur laquelle pelotes et griffes sont bien marquées, est si régulière qu'il est généralement impossible de dire (quand on n'en voit qu'une seule) si elle a été laissée par une patte droite ou une patte gauche. L'empreinte de la patte antérieure est un peu plus grande que celle de la patte postérieure, mais lui ressemble étroitement pour le reste. Mensurations : longueur, environ 5 cm ; largeur, 4 à 4,5 cm.

 

L'empreinte du Renard peut être facilement confondue avec une empreinte de Chien ayant des dimensions voisines. Toutefois, les pelotes plantaires du Renard, plus petites, ne sont pas aussi serrées que celles du Chien. En outre, chez le Renard, les deux pelotes digitales les plus centrales se trouvent un peu plus en avant, de sorte qu'il existe un intervalle plus grand entre le bord antérieur du coussinet principal (talon). Si l'on trace une ligne droite au bord antérieur des pelotes digitales des doigts externes, elle touchera le bord postérieur des deux pelotes digitales médianes ou sera située en arrière. Comparée à une empreinte de Chien, celle du Renard paraît plus allongée et plus fine. De plus, les marques des griffes sont plus étroites et plus pointues.

 

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Comparaison des empreintes de Renard et de Chien

 

En hiver et surtout dans les pays nordiques, la pilosité qui entoure les pelotes plantaires peut être si dense et si longue qu'elle les recouvre. Dans ce cas, l'empreinte est plus grande, plus arrondie et ses contours sont beaucoup moins nets.

Voie : Le Renard utilise toutes les allures, mais le plus souvent il se déplace au trot.

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Voie de Renard dans la neige

 

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Voies de Renard à différentes allures

 

En terrain ferme, la piste du Renard diffère de la piste normale du Chien et du Loup car elle apparaît comme une série de couples d'empreintes disposés obliquement par rapport au sens du déplacement. Chacun correspond à l'empreinte d'une patte antérieure précédée de celle d'une patte postérieure, qui se trouve en oblique et sur le côté. Les empreintes laissées par les pattes postérieures sont situées du même côté. Cette disposition si particulière vient du fait qu'en trottant, le Renard tient son corps obliquement. De temps à autre on peut constater que l'animal a changé de côté et a déplacé son arrière-train dans l'autre sens. Au trot, la voie n'est donc pas rectiligne. Dans la neige ou sur un sol très mou, le Renard tient toujours le corps dans le sens de la direction suivie et place la patte postérieure dans l'empreinte de l'antérieure, si bien que les voies forment une piste régulière. Au trot, la longueur du pas est voisine de 70 à 80 cm. Quand le Renard marche sur un sol dur, la patte postérieure est généralement posée en avant de l'empreinte de la patte antérieure et la longueur du pas est alors égale à 25-35 cm. Si l'animal est effrayé ou poursuivi il bondit ou galope et la longueur de ses pas varie beaucoup.

 

Empreintes du Chien domestique Canis familiaris

 

Empreintes et voie ressemblent à celles du Renard roux. L'empreinte du Chien paraît cependant plus compacte car les pelotes plantaires sont plus grandes et plus rapprochées. Le coussinet plantaire atteint les pelotes des doigts médians. Si l'on trace une ligne touchant le bord antérieur de la pelote du doigt externe, elle coupe les pelotes des doigts médians. Les empreintes des griffes sont fortes et larges. L'empreinte de la patte antérieure est nettement plus grande que celle de la patte postérieure et le bord postérieur du talon est concave alors que sur l'empreinte de lapatte postérieure il est convexe.

 

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Empreintes du Loup Canis lupus

 

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Un Loup (cliché Nicolas Vanier)

 

L'empreinte et la voie ressemblent à celles d'un grand Chien et peuvent être très facilement confondues. Il est pratiquement impossible de distinguer les empreintes d'un chien-loup de celles du loup, car les races de chiens-loups ont été obtenues en croisant des chiens d'allure lupine avec des loups.

 

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Comparaison des empreintes de Chien et de Loup

 

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Traces de loup dans la boue

(photo L. Boyer)

 

Cependant, les pelotes digitales du Loup sont plus allongées et ne sont pas aussi rapprochées. Il en résulte que l'intervalle existant entre les deux doigts médians est un peu plus grand que chez le Chien. En outre, les marques laissées par les griffes sont plus fortes, plus longues et plus pointues que chez le Chien. L'empreinte de la patte antérieure d'un Loup adulte mesure environ 11 cm de long et 10 cm de large ; l'empreinte de la patte postérieure a 8 cm de long et 10 cm de large.

 

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Au pas, allure que le Loup utilise assez rarement, la longueur du pas est voisine de 80-90 cm. Au trot, qui est l'allure de loin la plus employée, le pas mesure environ un mètre ; enfin, quand le Loup court ou galope, il franchit 1,50 m ou plus d'un seul pas.

 

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Voie de Loup dans la neige

© Y. Léonard

 

L'examen des poils (Yannick Léonard)

 

Un pré-examen de la structure des poils précède toujours les analyses génétiques.

Avant les analyses génétiques auxquelles un poil peut être soumis, une pré-analyse par microscopie peut s’avérer intéressante pour isoler une espèce ou au moins un groupe d’espèces. Cette technique est utilisée pour l’analyse du régime alimentaire des restes de proies trouvés dans les excréments.

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Structure d'un poil de Loup à la binoculaire

 

Une fourrure est composée de plusieurs variétés de poils. Dans le cas d’une détermination d’espèce c’est le poil de jarre (poil long généralement pigmenté de la partie visible de la fourrure) qui permet d’obtenir des résultats. L’examen est réalisé avec un microscope binoculaire à grossissement variable et se fait sur 4 critères : l’examen de la forme générale, de l’organisation des cellules de la médulla (partie interne du poil), de la forme des écailles recouvrant celui-ci et de l’organisation cellulaire interne par la coupe transversale. Les échantillons sont ensuite comparés à des collections de référence et atlas[1].

 

Ainsi par exemple, un poil ondulé, indique un poil d’artiodactyle permettant d’écarter les carnivores. Le cas le plus simple reste le sanglier où l’aspect général du poil, épais et fourchu, peut suffire à la détermination.

 

La structure de la médulla est un des critères majeurs dans l’identification. À titre d’exemple (voir photo ci-dessus), la médulla dans un poil de loup est fragmentée et réticulée à proximité du bulbe puis noire et opaque ensuite. L’examen de l’empreinte des écailles du poil sur un vernis permet en général de compléter la première identification. Enfin, la coupe transversale s’avère bien souvent nécessaire pour distinguer les poils de différentes espèces d’ongulés.

 

Dans le cadre des poils récoltés directement sur site, l’objectif est, dans un premier temps, de faire un tri avant l'analyse génétique pour exclure tous les poils autres que ceux de carnivores. Dès lors qu’il s’agit d’un poil de carnivore, ou qu’un doute subsiste, l’échantillon, s’il est entier avec le bulbe, fera l’objet d’une analyse génétique.

 

Collecte des excréments (Yannick Léonard)

L’objectif de la collecte d’excréments sur le terrain vise en premier lieu à réaliser les analyses génétiques et à étudier le régime alimentaire. Cette collecte est donc soumise à certaines conditions pour optimiser la recherche en laboratoire.

 

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Collecte d'excréments

(cliché Y. Léonard)

 

Afin de prévenir tout risque de contamination entre échantillons (phénomène de pollution génétique), l'échantillon est recueili dans un sac de congélation type ZIPLOC.

 

Par ailleurs, d’un point de vue sanitaire et pour prévenir tous risques de zoonoses, toute manipulation doit se faire avec des gants à usage unique ou par retournement du sac en mettant la main à l’intérieur pour saisir l’excrément.

 

Le sac est référencé avec les indications suivantes :

 

  • La date de collecte,
  • Le nom du correspondant et (le cas échéant) de l’observateur,
  • Le nom de la commune et le n° du département,
  • Le n° du prélèvement (si plusieurs échantillons collectés au même endroit).

 

Ces mêmes éléments sont reportés sur la fiche indice correspondante. L’absence d’une de ces indications rend l’échantillon inexploitable.

 

L’intégralité de l’excrément doit être récolté pour faire l’objet d’une analyse du régime alimentaire.

 

Les analyses génétiques

 

Les analyses génétiques concernant Loup et Ours sont effectuées par le laboratoire de génétique de Grenoble qui examine environ 300 échantillons loups par an. Les échantillons sont préparés à l’ONCFS et remis au laboratoire avec une périodicité de 2 mois, les résultats étant restitués (détermination de l’espèce, lignée et individus) selon cette même périodicité (Christophe Duchamp).

 

Pour en savoir plus sur les empreintes des animaux sauvages :

 

Bang P. & Dahlstöm P. (1977). - Guide des traces d'animaux. 240 p. Éd. Delachaux & Niestlé.

 

Voir aussi l'article sur la stratégie de prédation du Loup.

 

Un site précieux pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

[1]DEBROT S. FIVAZ G., MERMOD C. & WEBER J.M. (1982) – Atlas des poils de mammifères d’Europe, Institut de zoologie, Université de Neuchâtel.

 

Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

Se protéger des attaques du Loup

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par André Guyard

 

(dernière mise à jour : 27 septembre 2016)

 

La disparition en France de presque tous les grands prédateurs (ours, loup, lynx), hormis quelques ours en Pyrénées, et de leur développement récent liés à des facteurs aussi divers que la réintroduction (ours et lynx), la déprise agricole, l'abondance des proies, les lois de protection a entraîné un pastoralisme qui a considérablement évolué en l'absence des prédateurs.

 

L'extension du Loup vers le Nord est inexorable. Il est certain que cette espèce protégée cause un réel préjudice aux éleveurs. Il faut donc apprendre à vivre avec ce prédateur et protéger les troupeaux en conséquence. Malgré le travail effectué pour protéger les troupeaux, travail qui a permis des avancées réelles, la prédation continue à s'accroître. Si la prédation reste faible en ce qui concerne ours et lynx, le bilan du loup est catastrophique. Les données de 2012 permettent de « l'apprécier » : 250 loups pour 6000 animaux domestiques indemnisés, soit plus de vingt bêtes par loup !

 

Une autre constatation inquiétante : après les attaques de nuit, restées longtemps les plus fréquentes, les attaques de jour en présence du berger et de ses chiens de protection se multiplient au point d'égaler, dans les départements alpins du Sud, les attaques nocturnes. Ce qui pose le problème de l'évolution comportementale des loups qui, en l'absence d'un véritable dérangement, s'adaptent à l'Homme et à ses dispositifs de protection.

 

Le ministère de l'environnement a mis en ligne le 17 mai 2016 un rapport de Catherine de Roincé :

Évaluation de l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques contre la prédation exercée par le Loup. Évaluation 2009-2014.

 

Les outils du diagnostic

 

Dans chaque cas d'attaques de troupeaux, il s'agit de déterminer une méthode de diagnostic de vulnérabilité en cinq points qui aboutit à adopter le moins mauvais compromis possible : protection, coût, conditions de travail, satisfaction des besoins alimentaires du troupeau, risque de dégradation de l'espace pâturé, contraintes multiples devant rester acceptables. Ce diagnostic, qui a le mérite de créer le dialogue entre les différents acteurs, peut certes proposer des améliorations du système pastoral, mais aussi conclure à des blocages.

 

Les stratégies de protection des troupeaux

 

Il s'agit d'anticiper l'arrivée de loups sur le territoire. Cette anticipation est plutôt rare, surtout chez les éleveurs éloignés des zones de présence des loups. Pourquoi s'encombrer de mesures de protection lourdes alors que le danger est peu perceptible ? Chez ces éleveurs, les efforts envisagés sont dix fois moindres que ceux qu'il faudra réellement consentir lorsque les attaques de loups surviendront !. En fait, aucun éleveur n'est isolé face à ces situations difficiles : réseaux techniques, administrations, collectifs d'éleveurs permettent l'échange, l'information, le partage d'expérience et la solidarité.

 

Les systèmes d'effarouchement

 

Les systèmes d'effarouchement ne sont que des épouvantails ou leurres dont le loup finit par comprendre qu'ils « ne représentent pas un grand danger ». Dans cette catégorie se rangent les tirs d'effarouchement avec des munitions non mortelles. Encore faut-il avoir le permis de chasser... et assister à une attaque. vision très mécaniste considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. En fait, ces systèmes témoignent d'une vision très mécaniste, considérant que le loup n'est pas doué d'une intelligence qui lui permet de s'adapter. D'après les éleveurs américains, les fusils fournis par l'Administration et dont les munitions tirées en l'air sont susceptibles d'effrayer les loups se révèlent inefficaces au bout d'un certain temps.

 

Une autre alternative serait celle des colliers-radio dont sont équipés des loups et qui consiste à leur envoyer divers stimuli négatifs dès qu'ils s'approchent des troupeaux. Cependant, cette méthode nécessite une mise en œuvre lourde puisqu'elle demande de piéger au préalable les loups afin de poser ce type de collier. Il serait néanmoins intéressant de tester la mise en œuvre de ce moyen d'éloignement des loups développé aux États-Unis.

 

Différents dispositifs pourraient être employés comme ceux utilisés par les éleveurs américains qui se trouvent confrontés aux mêmes problèmes que les éleveurs européens. Le reportage de Faut pas rêver, l'émission de France 3 du vendredi 15 mai y fait longuement allusion.

 

Les clôtures comme outil de protection

 

Dans ce cas, il s'agit de regrouper le troupeau dans un parc mobile la nuit. La clôture existe avant tout pour s'affranchir du gardiennage, devenant ainsi un moyen de gestion pastorale. Mais à l'ère des loups, la clôture n'est plus seulement l'outil qui évite la divagation du troupeau et qui permet la gestion de la ressource alimentaire : elle doit aussi interdire aux prédateurs d'entrer. Ou plutôt les ralentir, sachant que quel que soit son potentiel d'efficacité, aucune clôture n'est complètement étanche et doit être renforcée par la présence de chiens de protection : on regroupe le troupeau (la nuit) pour mieux le protéger (par des chiens et des hommes). On trouve beaucoup de conseils utiles pour réussir sa clôture, le CERPAM étant là dans un de ses cœurs historiques de métier... avec toutes les réserves émises sur le risque d'échec.

 

Certains éleveurs préconisent une simple barrière constituée d'un simple fil métallique auquel sont accrochées des bandes de tissu rouge mobiles au vent, dispositif moins onéreux qu'une clôture électrique et paraît-il, relativement efficace.

 

Au cours de randonnées dans les Alpes, je me suis étonné de voir des ânes accompagner des troupeaux de moutons. Renseignement pris auprès des éleveurs, il paraîtrait que la présence de l'âne dissuaderait le prédateur.

 

Chiens de protection


Le chien de protection est le seul outil de protection réactif et capable de s'adapter, avec toutefois un bémol : il permet de limiter les dommages, mais ne peut pas les faire disparaître. Si l'on peut regretter cette qualification d'« outil » pour un animal doué d'intelligence - intelligence qui peut lui permettre d'analyser des situations et de prendre des initiatives positives - l'efficacité de ces chiens particuliers varie selon beaucoup de facteurs : nombre de chiens, milieu, météo, perturbations olfactives, dérangement, défaut de comportement, manque d'expérience des éleveurs, etc. Quelle que soit la race du chien, celui-ci « demande un fort investissement en temps de travail, de l'observation et une forte motivation et doit rester un acte volontaire ». Malgré l'effort de communication réalisé de longue date, ces chiens provoquent parfois chez les nombreux usagers des zones de pâturage une « crispation des relations sociales ».

Il reste que la méthode préconisée que l'on peut conjuguer avec une clôture efficace serait celle de l'utilisation de patous ou chiens des Pyrénées.

 

Le Patou ou Pastoure, Montagne des Pyrénées, Chien des Pyrénées

 

Ce chien imposant, cousin du Saint-Bernard, aurait comme ancêtre lointain le Dogue du Tibet qui s'est répandu au Vesiècle en Europe à la faveur des invasions barbares. Les premiers documents la concernant datent du XVIe siècle ; ce chien gardait alors les châteaux des hautes vallées de l'Ariège et de la Garonne. C'était aussi un excellent gardien de troupeau qui protégeait le berger et son troupeau des loups et des ours, alors que le Berger des Pyrénées était chargé de rassembler les bêtes. On lui mettait un collier en fer articulé avec des pointes à l'extérieur pour éviter que les loups ne l'égorgent. En 1991, on dénombrait près de 800 naissances et 172 sujets inscrits au Livre des origines françaises.

 

Le Patou est doté d'une robe blanche ou blanche avec des taches grises, ou jaune pâle ou encore louvetées ou orange en tête, aux oreilles et à la naissance de la queue. Taille du mâle : 70-80 cm ; de la femelle : 65-72 cm. Poids du mâle : environ 60 kg ; de la femelle : environ 45 kg.

 

Malgré sa taille, ce chien a une allure très aisée. Sa grosse voix sonore est l'un de ses charmes. C'est un joueur qui aime la neige fraîche comme la neige fondue et sale, dans laquelle il se plaît à se rouler. Vedette de la télévision, il fut le héros de la série Belle et Sébastien qui a révélé au public son aptitude à protéger son maître et ses proches.

 

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Un couple de patous

Cliché DR

 

 

Avec le retour du Loup, la garde des troupeaux par chiens patous est une technique, couramment pratiquée dans les pays confrontés à la présence du prédateur. Il s'avère que lorsqu'elle est correctement employée, elle réduit considérablement le nombre de victimes par attaque et diminue la fréquence des attaques. De plus, elle contribue à la protection des troupeaux contre les chiens divagants.

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, est aussi président du syndicat ovin des Vosges. L’homme s’est fait le porte-parole depuis un an de la colère des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup car son exploitation a subi les attaques d'un couple de loups de retour dans le massif vosgien depuis le printemps 2011. L’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. « Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu », comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous.

 

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Le patou gardien de son troupeau

(cliché P. Raydelet)

 

C'est un excellent gardien qui veille sur son troupeau avec efficacité. Il s'incorpore au troupeau qu'il défend courageusement. Dans le département des Alpes de Haute-Provence, sur plus de 150 estives, les troupeaux ovins sont protégés par ce type de chien et souvent plusieurs chiens sont présents. La cohabitation encore inhabituelle entre les chiens de protection et les usagers des espaces pastoraux engendre parfois des difficultés. Les randonneurs sont invités à ne pas trop s'approcher des moutons pour éviter une attaque possible du gardien. Dans un objectif de prévention des accidents, la DDAF des Alpes de Haute-Provence met en place une démarche globale en intervenant à différents niveaux : formation des éleveurs, sensibilisation des élus et des gestionnaires locaux et information des usagers des espaces pastoraux.

 

Le Bouvier de Bouriatrie-Mongolie ou Hotocho

 

Différentes ethnies nomades qui se déplacent entre Mongolie et Sibérie protègent leurs troupeaux avec des chiens hotochos. Hotocho en bouriate signifie "chien/loup qui garde la territoire". Cette race a failli s’éteindre après la seconde guerre mondiale.. Dans les années 1990, Marika Teregoulina et Nikolai Batov ont entrepris un long voyage dans toute la Bouriatie afin de trouver les derniers chiens purs hotocho et restaurer la population de cette race. Le caractère de l’hotocho est exceptionnel, propre à tous les bouviers amenés à prendre les décisions seuls et à travailler seuls. Ce chien n'hésite pas à attaquer préventivement les loups qui menacent son troupeau.


L'Hotocho est un chien très grand, costaud et de constitution lourde : pas moins de 74 cm au garrot pour les mâles et de 66 cm pour les femelles;. Les mâles sont plus grands et plus robustes que les femelles. Il devient adulte assez tard, vers 3-5 ans. Il présente une tête typique de molosse ou de bouvier : grande, large et plate avec le stop bien marqué et des petites oreilles triangulaires. Sa queue est longue et haut placée. Il la porte tournée sur le dos quand il est attentif ou prêt à se battre. Au calme, sa queue est pendue vers le sol.



Généralement, la robe de l’Hotocho est noire et feu, avec éventuellement de petites taches blanches sur le poitrail et des chaussettes blanches (toujours symétriques). Le noir peut être zain, foncé ou gris très foncé et le feu du beige au roux foncé. On ne trouve aucune photo de cette race sur internet (voir le site dogzer.com).


Le Berger du Caucase ou Ovtcharka du Caucase ou Kavkazkaïa Ovtcharka

 

 Le Berger du Caucase est un chien robuste, massif, avec une ossature et une musculature très fortes. La tête, avec un crâne large et des zygomatiques bien développées, ressemble à celle d’un ours. Le museau est plus court que le crâne, peu effilé ; la truffe est large et noire. Les yeux sont foncés, petits, de forme ovale, enfoncés. Les oreilles sont pendantes, attachées haut : elles sont souvent coupées court. Le dos est droit, large et musclé. Les membres sont droits et parallèles, avec une ossature forte. La queue, attachée haut et qui descend jusqu’au jarret, est portée pendante en panache, en faucille ou bien se termine en forme d’anneau.

Ce chien molossoïde a été sélectionné par les bergers pour la protection des troupeaux contre les prédateurs tels que les loups et les ours.

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Berger du Caucase

Cliché DR

 

 

Chien berger roumain des Carpathes

 

Il s'agit d'un chien de berger utilisé par les bergers roumains des Carpathes depuis des siècles pour défendre les troupeaux  contre les attaque du Loup. Pour pllus de détails sur ce chien, voir le site : http://chien.ouest-atlantis.com/chien-berger-roumain-carp...

 

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Berger roumain des Carpathes

Cliché DR

 

Formation pour les éleveurs utilisateurs de chiens de protection

 

Le rôle de l'éleveur est fondamental dans l'équilibre comportemental du chien. Des formations ont donc été organisées pour que les éleveurs abordent l'éducation du chien dans l'objectif indispensable d'une meilleure cohabitation avec les différents acteurs des territoires ruraux. Le message suivant est régulièrement transmis aux éleveurs : "Un chien non agressif, bien socialisé à l'homme et à son environnement, est aussi efficace, voire plus efficace, pour repousser le prédateur qu'un chien agressif". Parallèlement, la DDAF aide les éleveurs à acquérir des chiots issus d'élevages de qualité et de lignées de travail qui ne présentent pas d'agressivité vis à vis de l'Homme.

 

Sensibilisation des gestionnaires et élus locaux

 

Afin de pouvoir répondre aux interrogations des gestionnaires locaux, il est indispensable de recenser précisément les problèmes engendrés par ce type de chien et de connaître les circonstances exactes de leur déroulement. La DDAF a donc transmis aux mairies, gendarmeries, offices de tourisme, des fiches de renseignements à remplir par les éventuels plaignants et à lui renvoyer.

 

Information pour les usagers et le grand public

 

Les informations recueillies sur les fiches ou sur le terrain mettent en évidence qu'un comportement inadapté du promeneur en zone pastorale constitue une cause fréquente de difficultés. L'implantation de panneaux signalant la présence des chiens et la diffusion de plaquettes informant sur les conduites à adopter semblent se révéler insuffisantes. Ainsi, il est fréquent de constater que le promeneur se sent agressé par le chien, alors que celui-ci adopte une attitude qui correspond à sa fonction : signalement de sa présence (aboiements et déplacement), contrôle (approche parfois en courant, contact), dissuasion d'approcher (interposition entre le troupeau et l'intrus, aboiements ou grognements). L'incompréhension du comportement canin est souvent à l'origine d'attitudes humaines interprétées par le chien comme une agression ou une provocation (cris, jets de pierre, bâton, volte-face). Elles peuvent alors déclencher chez lui des réactions agressives découlant d'un comportement normal pour l'espèce canine.

 

C'est pourquoi, afin de limiter les risques d'accident, la DDAF des Alpes de Haute-Provence édite une brochure expliquant aux usagers les comportements du chien de protection, informant sur les conduites à adopter ou à éviter face aux chiens de protection en rappelant les principaux codes du langage canin. Cette brochure est téléchargeable gratuitement sur différents sites Internet, dont celui de l'association FERUS, ou celui du Parc National du Mercantour.

 

Le lama comme gardien de troupeau

 

On voit éclore en France des élevages de lamas destinés à différents usages dont le gardiennage de troupeaux.

 

En effet, le lama se comporte comme un dominant qui défend son territoire et protège son troupeau contre les prédateurs (chiens errants, renards, loups, voire pumas dans la Cordillère des andes) En cas d'attaque, il pousse des cris d'alarme aigus caractéristiques qui effrayent les prédateurs et alertent le propriétaire du troupeau. Ce comportement de gardien de troupeau est instinctif et ne nécessite aucun dressage préalable. Dans la nature, le lama mâle prend soin dès leur naissance des lamas nouveau-nés et veille à leur sécurité. Il adopte le même comportement vis-à-vis de son troupeau de brebis.

 

Gros avantage sur le chien : il se nourrit en broutant de l'herbe. et sa longévité est double de celle d'un chien. En outre, il est doté de griffes dissuassives aux pattes antérieures ainsi que d'une denture redoutable.

 

Les lamas, par leur taille et leur poids, peuvent facilement les effrayer ; de plus ils poussent des cris d’alarme aigus, pourchassent les prédateurs et s’interposent entre le troupeau et le prédateur.


Pour réaliser cette mission, le lama doit considérer comme SIEN le troupeau de brebis, il aura alors un comportement doux avec celles-ci et deviendra un compagnon très protecteur. Il ne remplace pas le berger mais le préviendra par son cri caractéristique en cas d’intrusion dangereuse.

 

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Guanacos (Lamas sauvages) dans la pampa argentine

 

Le point de vue d'un berger

 

Mathieu Erny, 47 ans, est berger sur le site Natura 2000 du camp militaire de la Valbonne, dans la plaine de l’Ain qui dépend du Conservatoire Régional des Espaces Naturels Rhône-Alpes. Formé à l’École du Merle à Salon-de-Provence, il a fait l’estive en alpage pendant plus de dix ans dans les Alpes du sud, période durant laquelle il a été confronté à plusieurs reprises à des actes de prédation du loup sur le troupeau dont il avait la garde.

 

Mathieu est passé par La Bresse pour voir les lieux d’attaque du loup dans les Vosges. « Je ne suis pas pour l’éradication du loup, mais il faut que les associations écologistes acceptent les tirs. Des tirs qui font mal, avec des balles en caoutchouc qui ne tuent pas mais qui le font fuir durablement. »

 

Il préconise également l'emploi de colliers qui détectent les dangers et qui font l'objet de recherches en Suisse. Sur un troupeau de 100 brebis, 4 ou 5 portent un collier muni d'un capteur qui mesure le rythme cardiaque de la brebis et déclenche au moment où il y a panique une cartouche qui lâche un produit répulsif pour le loup (voir paragraphe ci-dessous).

 

Quant aux chiens Patou, utiles pour faire fuir le prédateur, Mathieu précise qu’il faut « des petits lots de brebis. Le Patou doit être né et élevé au milieu des ovins. Il ne doit pas être agressif. Il faut l’éduquer et non le dresser. Et puis il faut qu’ils soient au moins deux, un ancien qui montre le travail au plus jeune. Cela demande de la sélection. »

 

Collier avertisseur de l'attaque de loups (Source : ATS)

 

Le 2 août 2012, sur l'alpage du Creux-du-Champ au-dessus des Diablerets dans le canton de Vaud (Suisse), des scientifiques suisses ont tenté une expérience insolite afin de développer un collier anti-loup. Ils ont imaginé un dispositif, testé en pleine nature, qui avertit par SMS les bergers en cas d'attaque de loups grâce à un collier placé autour de chaque mouton et qui mesure son rythme cardiaque.

 

Deux chiens-loups de Tchéquie ont attaqué un petit troupeau de brebis sous la surveillance de scientifiques. But de l'opération : mesurer la fréquence cardiaque des ovins, afin de mettre au point un collier anti-loup.

 

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Les chiens-loups viennent de la République Tchèque

(photo Keystone)

 

Provenant d'un élevage des Vosges, Sky et Milla ont un "look et un pelage ne permettant pas de renier leur origine lupoïde. Issus d'un croisement entre berger allemand et loup, ils peuvent pulvériser un mouton", explique Agnès Thiébaut, spécialiste vosgienne du loup. Endurants et dotés de beaucoup de flair, ils sont utilisés pour du pistage, du traîneau.

 

Équipés de leurs muselières, Sky et Milla contournent le troupeau sans leur maîtresse. "En sa présence, ils n'attaquent pas, car ils savent qu'elle va les stopper", souligne Agnès Thiébaut. Sur le pâturage, les brebis s'agglutinent, vaguement inquiètes. Soudain, les chiens de Tchéquie déboulent : les brebis dévalent la pente, arrachant toutes les barrières plastifiées sur leur passage. "Une d'entre elles a sifflé pour avertir ses compagnes du danger", ce qui est très rare, commente l'éleveur Jean-Pierre Vittoni, qui met son troupeau à disposition pour le projet. "Sans muselière, les chiens loups auraient pu chacun en croquer trois ou quatre", note-t-il.

 

Paniquées, les brebis remontent sur la crête à toute allure pour rejoindre le gros du troupeau à près de 3 km de là. Seules cinq d'entre elles seront rattrapées le soir-même. Les colliers des autres seront enlevés le lendemain. En revanche, les deux chiens obéissent au doigt et à l'œil à leur maîtresse et sont rapidement éloignés.

 

Interrogé par l'agence suisse ats qui a assisté à l'expérience, le biologiste Jean-Marc Landry a déclaré : "C'est la première fois qu'un tel dispositif est testé en pleine nature". Il s'agit de mieux connaître le fonctionnement du cœur de la brebis. Préalablement, une dizaine de brebis ont été équipées d'une sangle et d'un cardiofréquencemètre, mesurant la variation du stress chez les animaux. Les modifications du rythme cardiaque des ovins permettront de calculer un algorithme qui définira quand le mécanisme se déclenchera. Ainsi, en cas d'attaque, le collier devrait envoyer un répulsif assez puissant pour éloigner le loup, ainsi qu'un SMS pour avertir le berger. Il pourrait être doublé d'avertissements sonores. Le loup devrait ainsi apprendre à se méfier du bétail.

 

Ces premiers essais semblent être réussis puisque le rythme cardiaque des brebis est passé d'une moyenne de 60-80 battements par minute à un pic de 225 au moment des attaques. L'équipe va ensuite analyser les résultats dans le détail.

 

En automne 2012, un prototype de collier devrait voir le jour. En 2013, il sera testé en Suisse et en France. Selon l'ats, d'autres pays se sont déjà montrés intéressés, dont la Norvège.

 

Conclusion

 

La durabilité de la présence des prédateurs va obliger l'élevage pastoral dans son ensemble à se protéger indéfiniment. Certains systèmes d'élevage ne pourront trouver la clé de cette protection devenue trop chère et inefficace malgré les efforts déployés.

À ce problème, il demeure une évidence incontournable : si l'on veut que le pâturage des troupeaux perdure, il va bien falloir mettre en place des actions de sélection qualitative des loups. Car si protéger les troupeaux, c'est bien, tenter de forcer les loups à respecter les activités d'élevage en les incitant à se nourrir de faune sauvage, c'est mieux.

 

Voir également l'article : stratégie de prédation chez le Loup.

 

Le point de vue d'un berger relayé par celui d'un randonneur

 

Un ouvrage indispensable :

Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (CERPAM) (2012). - Protection des troupeaux contre la prédation. Cerpam/Cardère. 312 p.

Un site précieux à visiter pour tout ce qui concerne le Loup : http://www.loup.developpement-durable.gouv.fr/

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf

http://www.cerpam.fr/loupelevage.html

Rapport 209-2014 sur l'efficacité des moyens de protection des troupeaux domestiques

La prédation - Relations mangeur-mangé

Prédation-logo.jpgLa prédation - Relations mangeur-mangé

 

par André Guyard

 

(mise à jour du 24/05/2012)

 

On réserve le terme de prédateurs aux seuls mangeurs d'animaux vi­vants. Cependant, il existe une dynamique commune au phénomène mangeur-mangé qui justifie une approche du phénomène prédation au sens large. En ce sens, sont consi­dérés comme prédateurs la totalité des animaux non détri­tivores : her­bivores, carnivores et parasites et les conclusions qui suivent peuvent leur être appliquées.

 

I. Modèles mathématiques de la relation proie-prédateur

 

Les premières tentatives de modélisation mathématique de la dyna­mique du système proie-prédateur sont dues aux biomathématiciens Lotka (1925) et Volterra (1926). Ils supposent au départ une croissance exponen­tielle des popula­tions naturelles. Soit N l'effectif de la population de proies et soit P l'effectif de la population de prédateurs.

 

1. Population de proies

 

En l'absence de prédateurs, on a : 

Prédation-équation-1.jpg

 

En présence de prédateurs, on aura :

prédation-équation-2.jpg

k1 : coefficient qui mesure l'habileté du prédateur à capturer sa proie.

 

2. Population de prédateurs

 

En l'absence de proies, la population de prédateurs décroît de façon géomé­trique :

Prédation-équation-3.jpg

En présence de proies, on aura :

Prédation-équation-4.jpg

k2 : coefficient qui mesure l'efficacité de la prédation sur les effec­tifs de la proie.

 

Le système est en équilibre quand

Prédation-équation-5.jpg

soit quand (r1 - k1 P)  = 0 et (-r2 + k2 N)  = 0

ou P = r1 / k1       et N = r2 / k2

 

Des équations (1) et (2), on déduit :

prédation-équation-6.jpg

soit, en effectuant le produit des extrêmes par les moyens et en divisant par NP

prédation-équation-7.jpg

En intégrant l'expression (4) on trouve 

prédation-équation-8.jpg

où C est une constante d'intégration.

 

La représentation graphique de l'expression (5) est une famille de courbes fermées et "concentriques", une courbe particulière correspondant à chaque valeur de la constante (fig. 1).

 

prédation-loup-fig1-1.jpg

 À chaque courbe correspond un "centre" ou point d'équilibre dont les coordon­nées sont :

prédation-équation-9.jpg

 

Si l'on se rapporte aux courbes représentatives de (5), on constate que les va­leurs N et P vont augmenter puis diminuer de façon cyclique. La figure 2 permet de distinguer plusieurs domaines dans le diagramme qui figure les fluctuations de l'effectif des prédateurs en fonction de ceux de la proie. On dis­tingue 4 régions dans ce diagramme délimité par deux droites, l'une ver­ticale (isocline du préda­teur) l'autre horizontale (isocline de la proie [1]). Au-dessous de l'isocline de la proie, la population de celle-ci augmente à cause du nombre limité de prédateurs ; au-dessus elle décroît à cause de la forte pression de prédation. La population de prédateurs augmente à droite de l'isocline du prédateur à cause de la forte po­pula­tion de proies, mais dé­croît à gauche de cette ligne à cause de la raréfaction de celles-ci. Le dé­place­ment de l'équilibre s'effectue dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le modèle permet de prévoir que les deux popula­tions du système vont fluctuer de fa­çon cyclique entre un minimum et un maximum, les oscillations pré­sentant un dé­phasage puisque le début des périodes de croissance et de décrois­sance des ef­fectifs du préda­teur s'effectue en retard sur les périodes cor­respondantes pour la proie.

 

prédation-loup-fig2-1.jpg

Il est d'ailleurs possible à partir des expressions (1) et (2) de calculer les fluctuations des effectifs de la proie et du prédateur en fonction du temps. On ob­tient par intégration :

prédation-équation-10.jpg

où C1 et C2 sont des constantes d'intégration.

 

La figure 3 donne l'exemple d'une représentation graphique des cycles des po­pulations d'une proie et d'un prédateur hypothétiques, construits à partir des équations précédentes.

prédation-loup-fig3-1.jpg

 

 On peut déduire des équations de Lotka et Volterra un ensemble de lois.

 

II. Lois de la prédation

 

1. Loi du cycle périodique

 

Les fluctuations des deux espèces dans le temps sont périodiques et de pé­riode

prédation-équation-11.jpg

Cette période ne dépend donc que des taux intrinsèques d'accroissement des populations considérées. Les oscillations des popula­tions du prédateur et de la proie sont décalées d'un quart de cycle (figure 3).

 

2. Loi de la conservation des moyennes

 

La moyenne du nombre d'individus de chaque espèce ne change pas, quelle que soit la valeur initiale des effectifs, tant que les coefficients r1, r2, k1 et k2 res­tent constants.

 

3. Loi de la perturbation des moyennes

 

Si l'on élimine une égale proportion des deux espèces, on atteint un nouvel état d'équilibre avec augmentation de la moyenne du nombre d'individus de la popu­lation de la proie et une diminution de celle des pré­dateurs [2].

 

III. Critique et extension du modèle

 

Le modèle de Lotka et Volterra est fondé sur un certain nombre d'hypothèses simplificatrices très éloignées de la réalité. En effet :

 

- il n'intègre pas la capacité limite du milieu pour la proie dont la croissance n'est pas supposée dépendre de la quantité de nourriture dispo­nible ;

 

- il suppose aussi que le prédateur est strictement monophage et ne dispose pas de proies de substi­tution, ce qui est rarement le cas dans les communautés naturelles ;

 

- il admet que le taux de prédation est constant, indépendant de la densité et néglige la structure d'âge de la population ;

 

- il ignore l'existence de temps de latence qui tendent à rendre in­stables les interactions proie-prédateur. En effet, ces temps de latence peuvent amplifier les oscillations et même conduire à l'extinction d'une des deux populations.

 

La capacité limite peut être prise en compte dans les équations de Lotka et Volterra.

 

Soit K1 celle de la proie et K2 = bN, où b est une constante, celle du prédateur, on pourra écrire :

prédation-équation-12.jpg

On démontre également que ce système d'équations décrit une interac­tion stable. Il est également nécessaire de tenir compte du fait que les pré­dateurs ne vont pas consommer leurs proies proportionnel­lement à leur abondance. Il faut donc intégrer l'ensemble réponse fonctionnelle-réponse numérique dans le modèle (voir plus loin). Il sera alors nécessaire d'introduire un facteur de saturation C auquel Holling attribue la valeur sui­vante :

prédation-équation-13-1.jpg

où D est une constante.

 

Dans ces conditions, les équations deviennent :

 

prédation-équation-13.jpg

 On démontre que de telles expressions permettent d'atteindre des points d'équilibre (attracteurs étranges de Mandelbrot) mais aussi peuvent présenter des fluctuations cycliques. Les cycles obtenus ont des limites stables, c'est-à-dire qu'ils présentent une amplitude et une valeur moyenne des effectifs dans un envi­ronnement constant et peuvent retourner à cet état initial après une perturbation.

 

Enfin, un équilibre stable peut être obtenu en tenant compte de la pos­sibilité que peut avoir une proie d'échapper au prédateur en se dissimulant dans un refuge. D'autres modèles mathématiques que nous ne développerons pas ici intègrent éga­lement cette donnée ainsi que l'existence de temps de latence. La figure 4 repré­sente un diagramme figurant un tel modèle. On constate que l'élévation de l'isocline de la proie aux faibles densités peut stabiliser une amplification de la trajectoire en spirale de la population provoquée par un temps de latence dans la réponse du prédateur.

prédation-loup-fig4-1.jpg

IV. Réponse des prédateurs aux variations de densité de la proie

 

Holling (1959, 1965) distingue une réponse fonctionnelle et une ré­ponse nu­mérique.

 

1. Réponse fonctionnelle (DN : variation du nombre des proies consom­mées)

 

La réponse fonctionnelle d'un prédateur aux variations de densité de la proie se mesure par les variations du nombre moyen de proies DN consommées par indi­vidu et par jour. Holling distingue trois types de ré­ponses fonctionnelles (fig. 5a, 5b et 6a):

 

  • La réponse de type 1 est une fonction linéaire de la densité des proies jus­qu'à une valeur limite au-delà de laquelle le nombre de proies consommées par in­dividu reste constant quelle que soit la densité (Crustacés) ;

 

  • La réponse de type 2 est caractérisée par un taux de consommation décrois­sant de façon régulière en fonction de la densité des proies (Arthropodes) ;

 

  • La réponse de type 3 est caractérisée par une courbe en S en fonction de la densité des proies (Vertébrés, Insectes parasites).

 

prédation-loup-fig5a-1.jpg

 

La réponse fonctionnelle d'un prédateur à la densité de sa proie princi­pale dé­pend aussi de l'abondance des proies secondaires. Il y a toujours ten­dance pour le prédateur à diversifier son régime alimentaire. On peut noter parfois une variation du taux de préférence (effet de bascule ou switching) vis-à-vis de deux sortes de proies.

prédation-loup-fig5b-1.jpg

 

2. La réponse numérique (DP : variation du nombre de prédateurs)

 

se mesure par la densité de la population du prédateur et exprime les varia­tions de celle-ci en fonction de la densité des proies (fig. 6b).

 

Le prédateur ne peut répondre à une augmentation de la densité de sa proie qu'en augmentant son propre taux de croissance et/ou par l'immigration. De sorte que la réponse numérique est la résultante de plu­sieurs phénomènes différents:

 

  • variations du taux individuel de croissance ou de la durée de dévelop­pement ;

 

  • variations du taux de fécondité (taille des pontes ou fréquence de re­produc­tion) ;

 

  • variations du taux de mortalité ;

 

  • déplacement de populations provoqués par l'abondance ou la pénurie de proies.

 

Parmi les phénomènes de déplacements, on distinguera :

 

  • les migrations sensu stricto à déterminisme saisonnier ;

 

  • les émigrations notamment de jeunes consécutives à une pénurie trophique effective (dispersions de saturation) ;

 

  • les nomadismes adaptatifs qui précèdent la pénurie (dispersions de pré saturation). Ex : mi­grations exploratoires de rapaces précédant la raré­faction des rongeurs (fluctuations synchrones de la densité des proies et des prédateurs). On rejoint ici la réponse agrégative (Hassell, 1986) à la répartition par taches de proies, composante de la réponse fonctionnelle qui a des effets sur la réponse nu­mérique.

 

prédation-loup-fig6-1.jpg

 

3. La réponse totale

 

correspond à la combinaison des réponses numé­rique et fonctionnelle (fig. 7). Il est évident que le taux de prédation dépend de la quantité de proies ingérées par individu et du nombre de prédateurs.

 

prédation-loup-fig7-1.jpg

 

Il est possible d'établir un modèle général qui figure les fluctuations de la po­pulation de la proie en fonction de la réponse totale (fig. 8).

 

prédation-loup-fig8-1.jpg

 

V. Conclusion

 

L'existence de fluctuations cycliques des effectifs des populations de préda­teurs et de leurs proies suggèrent que prédateurs ou parasites exer­cent une action déterminante sur les populations des espèces dont ils dé­pendent.

 

Expérimentalement, Gause (1934) a étudié la prédation de Paramecium cauda­tum en culture par un autre protozoaire cilié, Didinium nasutum (fig. 9).

 

prédation-loup-fig9-1.jpg

 

Dans une première expérience, l'introduction de Didinium dans une culture de Paramecium âgée de 3 jours se traduit par la consommation de toutes les proies, de sorte qu'après l'éradication des Paramecium, la popu­lation de Didinium périt d'inanition.

 

Dans une deuxième expérience, les Paramécies et les Didinium sont introduits simultanément dans la culture, des sédiments ayant été placés dans le fond des récipients, offrant un abri aux proies. Après une phase ini­tiale de croissance, la population de Didinium ayant consommé toutes les paramécies accessibles, péri­clite et périt d'inanition. Les paramécies sur­vivantes vont pouvoir alors proliférer.

 

Dans une troisième expérience, Gause simule les fluctuations d'abondance proie-prédateur observées dans les populations naturelles par l'introduction simul­tanée dans la culture de la proie et de son prédateur tous les trois jours, Il obtient alors des oscillations périodiques entrete­nues des effectifs des populations des deux espèces.

 

D'autres expériences montrent que, dans un environnement constitué par une mosaïque complexe d'habitats, la relation prédateur-proie s'accompagne d'une certaine stabilité des populations.

 

Dans la nature, Errington (1963) soutient que les prédateurs ne font que préle­ver le surplus de la population de toute façon condamné : individus privés d'abris, de territoires, jeunes, déficients ou malades.

 

D'après Slobodkin (1968), la stratégie optimale des prédateurs serait de consommer ce surplus plus accessible (intérêt), épargnant ainsi le ca­pital popula­tion.

 

Krebs (1978) expose cette stratégie optimale qu'on peut résumer ainsi :

 

- les prédateurs choisissent les proies les plus profitables qui pré­sentent le meilleur rapport énergie récoltée/énergie de capture et d'ingestion ;

- les prédateurs tendent à concentrer leur effort de chasse là où les proies sont les plus abondantes (réponse d'agrégation du prédateur).

 

Pour une certaine gamme de densité des proies, le taux de prédation tend à augmenter avec la densité des proies. Ce qui aboutit à une régulation des popula­tions de proies (régulation densité-dépendante), ce mode de ré­gulation n'étant qu'une composante des mécanismes qui stabilisent et régu­lent les populations.

 

C'est ainsi, qu'actuellement aux États-Unis, les scientifiques considèrent que les Cervidés manquent de prédateurs. William Ripple et Robert Beschta (université de l'Oregon, États-Unis) ont réalisé en 2012 une compilation d'une quarantaine d'études réalisées au  cours des 50 dernières années. Cette étude montre que, faute de grands prédateurs comme le Loup ou l'Ours, les populations de cerfs et de rennes ont atteint des niveaux record et menacent les écosystèmes dans les forêts boréales et tempérées de l'hémisphère Nord. Ainsi, dans les régions où le Loup est absent, les cervidés sont jusqu'à six fois plus nombreux. Les chercheurs notent qu'en contribuant à la déforestation, les cervidés ont un impact sur la capacité de la forêt de séquestrer du carbone et donc sur le changement climatique. Les scientifiques plaident donc pour la préservation ou la réintroduction des grands prédateurs, qui permettrait selon eux une régulation des populations d'herbivores et contribuerait ainsi au maintien de la biodiversité.

 



[1] L'isocline correspond aux différentes valeurs des effectifs de la proie et du prédateur pour lesquelles leurs populations respectives sont stables (dN / dt = 0).

[2] Cette loi donne une explication théorique des pullulations de ravageurs observées dans les cultures après réalisa­tion de traitements pesticides. L'effet du toxique est indépendant de la densité et provoquera - toutes choses égales par ailleurs - une proportion égale de morts dans la population d'insectes ou autres arthropodes nuisibles et dans celles de leurs ennemis naturels : prédateurs et parasites. Il résultera de tout cela un nouvel état d'équilibre où le ravageur (proie) sera plus abondant et les auxiliaires moins nombreux, d'où la nécessité d'un nouveau traitement et ainsi de suite.

 

Sources :

 

- Barbault R. (1981) - Écologie des populations et des peuplements, 200 p. Masson Éd.

 

- Guyard A. (1997). - Cours de maîtrise. Option Peuplements et populations. Univ. Franche-Comté.

 

- Ramade F. (1987) - Éléments d'écologie. Écologie fondamentale, 403 p. McGraw-Hill Éd.

 

Plus de renseignements sur le Loup en France :

http://loup.org/spip/IMG/pdf/ddploupsfepm_dec2012.pdf
 
 

Année 2013 : nouveau retour du Loup en Franche-Comté ?

loup,jura,prédateursAnnée 2013 : nouveau retour du Loup en Franche-Comté ?

 

par André Guyard

(dernière mise à jour : 04/06/2015)

 

Depuis l'automne 2011, les attaques du Loup avaient cessé dans le Doubs et les recherches d'indices étaient restées infructueuses (voir article précédent).

Le regroupement avec l'animal du Massif vosgien reste possible, mais ne sera sans doute jamais élucidé car aucun typage génétique fiable n'a été possible sur l'animal présent dans le Doubs. Enfin, un piège-photo posé dans le cadre de l'étude de densité du lynx a permis de déceler la présence du loup, au moins de passage, dans la haute chaîne du Jura le 26/03/2012, mais sans récurrence documentée depuis.

 

Réapparition du loup en Suisse proche (04/06/2013)

 

Selon une information de l’Agence Télégraphique Suisse, la première agence de presse de la Confédération, un loup aurait tué seize moutons et en aurait blessé cinq autres dans la nuit du 30 au 31 mai 2013 dans la commune de Münster-Geschinen, dans le canton du Valais. Le loup aurait été vu par des témoins et les traces du prédateur auraient été identifiées par le garde-chasse.

 

L’attaque aurait eu lieu dans le Haut-Valais, dans la vallée de Conches. Un territoire au sein duquel la présence « permanente » du loup avait été confirmée récemment par le service valaisan de la chasse, de la pêche et la faune, après plusieurs observations et découvertes de nombreuses prédations. Selon nos confrères de l’ATS, « l’animal est souvent proche des lieux habités car la couche de neige encore importante sur les coteaux et dans les vallées latérales maintient le gibier sur les bas-coteaux».

 

Cette attaque est la première enregistrée dans ce canton sur des animaux d’élevage. Alors qu’il a été observé à 22 reprises, le loup s’est à chaque fois éloigné tranquillement sans agressivité. Les autorités suisses conseillent d’ailleurs à la population, en cas de rencontre imprévue, de ne pas s’en approcher volontairement afin qu’il ne s’habitue pas à la présence humaine. Pour l’heure, aucune autorisation de tir n’aurait été décidée.

La présence du loup dans le canton du Valais est avérée depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois puisqu’un spécimen a été identifié en décembre et deux loups ont tué une dizaine d’animaux en juin 2012.

 

Présence authentifiée à 20 km de Morteau le 3 juin 2013

 

En revanche, dans le canton de Neuchâtel, il a fait son grand retour. En effet, le service neuchâtelois de la chasse, de la pêche et de la faune a officialisé lundi 3 juin la présence d’un loup dans la vallée de Joux. Le loup avait disparu du canton de Neuchâtel depuis 1845. Même si la Suisse estime qu’une vingtaine de loups seraient actuellement sur son territoire.

 

Début mai 2013, un chevreuil et un daim d’élevage ont été attaqués sur les hauteurs du Val-de-Travers, entre Couvet et La Brévine, soit à quelques kilomètres de la frontière française.

Les prélèvements de salive ont permis d’identifier un loup de la lignée italienne pour la première fois, dans la partie suisse de l’Arc Jurassien.

 

Pour anticiper le retour du loup, un Groupe de travail Contact Loup Neuchâtel a été créé, avec des représentants des diverses parties concernées (éleveurs, chasseurs, association de protection de l’environnement…) et s’intéresse principalement à la problématique de la prévention des dégâts. En Franche-Comté, Europe Écologie Les Verts a également composé un groupe de travail regroupant tous les acteurs civils concernés.

 

Cette présence du loup, de plus en plus proche de la frontière, ne sous-entend pas forcément qu’il va la franchir dans l’immédiat. Mais un loup est capable de parcourir 60 km en une nuit. Et tous les spécialistes s’accordent sur le fait que son retour, à moyen ou long terme, est inévitable en Franche-Comté.

 

Mercredi 17 juillet 2013 : Le Loup de retour en Franche-Comté ?

 

Après un long silence, le Loup se serait à nouveau manifesté dans le Jura.

 

Au début du mois, une attaque s'est produite à Chatelblanc. Puis, un troupeau de brebis a été attaqué le 17 juillet 2013 à Foncine le Haut près des Planches en Montagne dans le Haut-Jura. Dans ce dernier cas, trois brebis ont été tuées, et deux autres blessées. Les faits se sont déroulés dans une pâture située assez loin des habitations.

 

Le communiqué préfectoral affirme que : "Les conclusions techniques de l’expertise réalisée par les services de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) indiquent qu’il n’est pas à exclure que cette attaque ait été commise par un loup. Un cliché pris dès le lendemain à partir d’un piège photographique installé à proximité du lieu de l’attaque a en effet permis d’identifier un animal en présentant toutes les caractéristiques."

 

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Voir également le reportage de France 3 Franche-Comté du 24/07/2013

Voir également le reportage de France 3 Franche-Comté du 25/07/2013

 

Haut-Jura : Le loup est-il dans le massif du Risoux ? (05/09/2013)

 

Un troupeau de moutons a subi plusieurs attaques début septembre 2013 dans le secteur des Rousses. Un éleveur, Xavier Broquet, a perdu 15 brebis sur un cheptel de 400 bêtes. La semaine dernière, son troupeau a été attaqué au lieu-dit Plan Pichon. Le prédateur est revenu au même endroit dans la nuit de lundi à mardi. Selon l'agriculteur, la piste du lynx serait écartée. Les morsures ne correspondent pas. Les services de l'Office National de la Chasse et de la Faune sauvage ont posé des pièges photographiques sans résultat ces derniers jours.

 

Cette attaque a surpris l'exploitant. Il explique avoir mis en place des enclos électriques de nuit. Malgré la présence d'un chien patou, le troupeau effarouché a forcé les clôtures. Plusieurs bêtes se sont égarées en forêt. D'autres sont rentrées d'elles-mêmes à la bergerie située à plusieurs kilomètres à Trélarce. Xavier Broquet a rapatrié l'ensemble du troupeau sur la station des Rousses. "J'attends la visite des services de l'état cet après-midi, pour voir quelles mesures seront prises" explique t-il.

 

Les moutons devaient rester tout le mois de septembre en forêt. Ce sera dans deux à trois semaines la période des naissances. "Moi je ne suis pas contre le loup... je sais qu'il est présent, et qu'il sera présent sur le massif" tempère l'éleveur jurassien. Il se demande comment il va pouvoir protéger plus son troupeau.

Ce sont les bénévoles du pôle Grands prédateurs qui se sont mobilisés pour venir en aide à Xavier Broquet,  "En cas de besoin, une soixantaine de personnes sont prêtes à venir patrouiller la nuit en binôme pour éviter qu'un loup n'approche les troupeaux" a déclaré Patrice Raydelet, responsable du pôle Grands prédateurs.

 

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Voir également le reportage de France 3 Franche-Comté du 05/09/2013

 

Des patous contre le lynx et le loup (Est Républicain du 3 octobre 2013)

 

Le point chaud de l'été, en termes d'attaques de lynx sur les troupeaux de moutons, a été le Revermont. L'animal aurait été aperçu à Mantry et à Gevingey. Mais c'est à Saint-Laurent-la-Roche que sa présence ne fait plus l'ombre d'un doute. Trois attaques ont été recensées en août à quelques jours d'intervalle.

 

"Nous allons analyser toutes les données que l'on nous a transmises, indique Patrice Raydelet. Nous demandons le maximum de renseignements. Jusqu'à présent, on nous faisait remonter des informations sur une possible présence, mais, en fait, il s'agissait d'observation de blaireaux, de chats sauvages. Aujourd'hui, cela arrive bien moins souvent."

 

Pour faire face à ces attaques, un éleveur de Saint-Laurent-la-Roche, Laurent Bozon, s'est vu adjoindre Domino, un chien patou multi-troupeau utilisé en cas d'urgence. Il restera jusqu'à la fin de l'année, peut-être même davantage. L'éleveur doit récupérer deux patous de surveillance au départ de Domino. Au total, soixante chiens sont déployés dans le massif du Jura pour protéger les troupeaux. Ils étaient 10, il y a quatre ans.

 

"Depuis la mise en place de Domino à Saint-Laurent la-Roche, plus aucune attaque n'a été recensée", assure Patrice Raydelet. "Et partout où il y a des chiens, les attaques ont cessé. Cesystème a fait ses preuves. Quand l'éleveur est impliqué, ça se passe bien. Mais on pourrait équiper bien plus de monde. Au moins dix éleveurs par an. Mais la demande n'est pas assez forte et il n'existe pas vraiment de communication autour de ces patous. Mieux vaut anticiper que réagir après une attaque."

 

Décembre 2013 : après une attaque sur un élevage ovin, la préfecture suspecte la présence d'un loup dans la région de Clerval

 

La préfecture et l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) suspectent “fortement” la présence d’un loup après un épisode de prédation dans la nuit du 11 au 12 décembre 2013, sur un petit élevage ovin à Saint Georges-Armont, une commune du canton de Clerval dans le département du Doubs.Cette nuit-là, les deux brebis de Christian Drouvot ont été attaquées par un grand canidé. Cet habitant de Saint-Georges-Armont, dans le canton de Clerval, a retrouvé le lendemain matin l’une de ses bêtes morte et à moitié dévorée. L’autre boîtait et avait du sang sur son pelage.

« Je n’ai rien entendu », confie-t-il au téléphone. « Les brebis fuient le danger sans bêler. Ça a été un choc pour moi. » D’après lui, des gens du village auraient vu le prédateur, à plusieurs reprises, errer de nuit parmi les habitations. D’autres l’auraient repéré sur la route de Rang.

Emmanuel Renaud, de l’ONCFS, confirme ces témoignages mais ne peut pour l’instant pas garantir qu’il s’agit bien d’un loup. Dans ce cas, il pourrait s'agir d'un animal jeune adulte en quête de territoires, « le loup étant capable en une nuit, de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres. Nous avons analysé la brebis morte, précise-t-il. Les plaies et les parties qui ont été mangées sont plutôt caractéristiques du mode opératoire du loup. Nous préférons parler de grand canidé jusqu’à ce que les pièges photographiques disposés sur le terrain prennent l’animal en flagrant délit, s’il repasse. »

Les éleveurs ovins et caprins qui pourraient être impactés par la présence du loup dans le canton de Clerval ont été invités, dans la mesure du possible,  à regrouper notamment la nuit leur troupeau en bergerie. Dans l’attente de recueil d’indices de la présence du loup, la préfecture a demandé au réseau de correspondants formés au recueil d'indices de présence du loup de renforcer le dispositif qui permet de suivre l’évolution de cette présence potentielle et, le cas échéant, de prendre les mesures adaptées dans le cadre du plan Loup.

Au début de l'année 2014, le préfet réunira le comité départemental de suivi et de gestion des grands prédateurs pour faire le point et engager les mesures adaptées.

Voir également l'article de FranceBleu Besançon.

 

9 décembre 2013 : "Le loup de Damprichard" (Le Matin, édition du 31/12/2013)

 

Même si l’hypothèse d’un chien-loup errant subsiste, tout porte à croire que le loup rôde à la frontière franco-suisse dans le secteur de Damprichard - Morteau - Belfays.

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"Tous les critères phénotypiques relevés sur la photo sont caractéristiques de l’espèce Canis lupus", écrit Alain Laurent dans son rapport. L’expert français ne détient aucune preuve quant à la présence du loup dans le Jura, mais sa conviction se base sur une photo prise le 9 décembre en bordure de route, à Damprichard : des oreilles à la queue, tout dans la silhouette et le pelage plaide en faveur du prédateur : sa silhouette avec une ligne de dos horizontale, sa tête au masque labial blanc et oreilles peu pointues, son pelage contrasté, avec la partie dorsale gris foncé, flancs plus clairs, dégradé régulier des couleurs et sa queue courte à l'extrémité est noire, portée tombante et en parallèle des membres postérieurs.

 

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Le Loup de Damprichard (Photo DR)

 

 

L’animal aurait ensuite été aperçu à Morteau puis, trois jours après la première observation, à Belfays : "Je rentrais chez moi en voiture quand je l’ai aperçu à 21 h 30 au bord de la route. Quelle émotion !" rapporte cette villageoise. Elle rentre chez elle, puis revient sur les lieux avec son ami et un appareil photo. Le loup ne s’était presque pas déplacé. Le cliché – unique – est pris à 22 h 06, juste avant que l’animal ne file à travers champs. "Il ne semblait pas apeuré, mais les traces dans la neige suggère que l’animal était blessé à une patte", précise l’automobiliste. On attribue à ce loup une brebis dévorée. On montre ses traces dans la neige. Mais la preuve irréfutable manque encore. Le dernier loup tué sur le plateau de Maîche l’a été en 1868, au Faux Verger, d’où le scepticisme régnant du côté de Damprichard : "Nous n’avons pas peur du loup", indique l’épouse du maire.

 

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Empreintes du canidé dans la neige. L'animal serait blessé.

(photo DR)

 

Verdict des poils

 

Prélevée sur un barbelé et envoyée à un laboratoire de Grenoble, une touffe de poils rendra prochainement son verdict. En attendant, les sceptiques penchent pour un chien-loup de Saarloos ou un chien-loup tchèque, dont il existe des élevages dans la région. Ces races sont plus aptes que les loups à s’aventurer sans crainte dans un village, ou à longer une route, même si trois attaques successives de moutons à Savièse dans le Valais suisse se sont produites parfois à quelques mètres des habitations.

 

"Sans validation scientifique, une confusion avec un autre canidé est toujours possible", indique le spécialiste suisse Jean-Marc Landry. Mais la présence du loup dans l’arc jurassien lui paraît plausible : "Les voisins de mes parents en auraient aperçu un à La Heutte, au-dessus de Bienne."

 

Sa progression n’est pas frontale, comme celle du lynx. Mais la présence même rare du Loup en Franche-Comté a convaincu l’inspecteur environnemental Patrick Rebillard. "Les observations et les attaques se multiplient", dit-il.

 

Janvier 2014 : le Loup entre Dole et Besançon ? (Est Républicain du 18/01/2014)

 

L'animal solitaire a été surpris dans un champ à Étrepigney, dans le Jura. Cet agriculteur d'Étrepigney village situé entre Dole et Besançon dans le Jura, a cru avoir la berlue, samedi matin en allant labourer. « J'ai vu cette bête qui était couchée dans la paille de maïs, à 20 m de moi. J'ai tout de suite pensé à un loup. Un loup dans la plaine, ça m'a vraiment choqué », raconte-t-il. Alors que l'animal se déplace tranquillement dans le champ, l'agriculteur contacte aussitôt le président des chasseurs de la commune.

 

« Aux alentours de midi, je croise un forestier. Je l'arrête pour qu'il confirme mon intuition. Accompagnés d'un jeune chasseur, nous repartons sur le tracteur. Sauf qu'en l'espace de 10 minutes, le loup a disparu. Avant de ressurgir au loin, au beau milieu de la plaine. Nous nous approchons à une quarantaine de mètres pour prendre une photo », explique l'agriculteur. Le cliché dans la boîte, le chasseur n'en revient pas : « Je ne m'attendais pas à ça ici ».

 

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L'agriculteur s'est approché à une quarantaine de mètres

pour immortaliser l'animal à l'aide de son smartphone

 

 Le lendemain, un jeune conducteur voit l'animal traverser la route : « Il venait de la côte de Cinq-Sens. Je me suis arrêté, éberlué pour le photographier. Il avait vraiment la démarche d'un félin[1] ». Un autre Jurassien, ayant lui aussi croisé le spécimen, n'en démord pas : « J'ai montré la photo à plusieurs chasseurs, ils me disent tous que c'est un loup ».

 

À quelques km de là, à Louvatange, une vache a vêlé dans un pré, une quinzaine de jours plus tôt. Son petit a été retrouvé mort. Mais la prudence est de mise : « On va tout mettre sur le dos de ce pauvre loup, mais ça peut être aussi l'œuvre d'un renard. Pour aller à Louvetange, il faudrait que le loup franchisse le Doubs et la Nationale. Même si ce n'est pas impossible, il faut quand même faire attention à ne pas verser dans la psychose », commentent des riverains.

 

« Si l'animal aperçu est un loup, il a pu quitter ou être contraint de quitter sa meute », explique ce spécialiste de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, qui ne peut en dire plus sans l'autorisation des services de l'État. Ces derniers n'ont pas souhaité s'exprimer dans l'immédiat. Les loups solitaires sont parfois vraiment isolés mais le plus souvent, ils suivent une meute en quête d'une partenaire pour fonder un nouveau clan. Même s'il choisit l'isolement ou s'y voit contraint, le loup reste en contact avec ses semblables. Il arrive aussi que le prédateur, rendu inconsolable par la mort de sa compagne, s'isole volontairement du clan.

 

 Voir également le reportage de France3 Franche-Comté du 20 janvier 2014.

 

Janvier 2014 : chasseur « nez à nez avec le loup »  (Est Républicain 21-01-2014, Édition du Doubs).

 

Quelques jours après la photo prise entre Dole et Besançon, nouveau témoignage d'un Jurassien qui affirme avoir vu l'animal de très près.

 

À 70 ans et au moins quarante ans de pratique, Edmond Bulabois est ce que l'on peut considérer comme un chasseur expérimenté. Pourtant, sa rencontre avec le loup qui semble rôder actuellement dans la forêt domaniale de Chaux ne l'a pas laissé indifférent (notre édition du 18 janvier). « Voir un loup, ce n'est pas commun nous a-t-il confié. J'en ai même rêvé la nuit dernière, je me suis réveillé trois ou quatre fois ! »

 

Edmond Bulabois faisait partie dimanche matin d'un groupe d'une quinzaine de chasseurs qui ont démarré à 8 h 30 du parking de la salle des fêtes d'Éclans. Cinq chasseurs étaient à la traque avec une dizaine de chiens, dix autres étaient postés comme lui. Alors que vers Étrepigney, l'animal a été vu en plaine, c'est dans la forêt qu'il est cette fois apparu. Notre témoin raconte : « Il marchait dans la forêt à 20 mètres de moi, il rentrait sur le lot numéro 3 de la forêt domaniale. Il s'est figé quand il m'a vu. J'ai bougé les épaules pour voir sa réaction, il a fait un quart de tour et il est parti. J'ai vu un de nos chiens qui était sur ses traces, mais il ne donnait pas (N.D.L.R. : il ne jappait pas) ».

 

« Pas l'impression d'une bête agressive »

 

Muni d'une carabine Bauer « point rouge lunette », « Je ne l'ai pas mis au bout (N.D.L.R. : en joue) sinon il n'allait pas loin », dit le chasseur pour signifier que le loup était vraiment tout près. « Je l'ai vu trottiner, je n'ai pas eu l'impression de voir une bête agressive. » On ne tire pas le loup qui est une espèce protégée, le chasseur prône une attitude responsable. « On voit des chevreuils tous les dimanches, on ne tire pas plus, c'est fini, c'est comme ça. » Mais quand le chasseur est rentré retrouver ses collègues, il surveillait quand même ses arrières. « Qui ne parle pas du loup avec une certaine appréhension ? » reconnaît-il. Mais il en est certain, c'est un loup, pas un berger allemand. « J'en ai eu pendant 25 ans, je sais faire la différence ».

 

Edmond Bulabois aurait cependant bien aimé ne pas être le seul à avoir vu le loup dimanche matin, pour encore plus de crédibilité. « J'ai appelé le technicien de la fédération de chasse. Il m'a dit : tu ne me surprends pas : je l'ai vu mardi à La Bretennière. »

 

La communication est laissée aux soins de la préfecture, nous a fait savoir le technicien en question. Thierry Humbert, directeur de cabinet, informe que la préfecture « poursuit la recherche d'éléments qui permettront de dire qu'on est bien en présence d'un loup. »

 

Des pièges photographiques

 

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage va poser des pièges photographiques. « On peut imaginer que l'on a à faire à un animal en transit. Au niveau national, le "plan loup" prévoit la protection de l'espèce en France, mais aussi un suivi scientifique, l'indemnisation d'éventuels dommages, l'accompagnement des éleveurs et des mesures de gestion différenciées. Si nécessaire, des mesures d'effarouchement, puis de tir de défense peuvent être envisagées. « Déroger à l'interdiction de destruction doit rester une exception », rappelle Thierry Humbert.

Serge SPADILIERO



[1] Confondre un canidé avec un félin : on peut mettre en doute les connaissances faunistiques de l'observateur !

 

10 Février 2014 : un drôle de chien aperçu le  long de l'autoroute en Suisse

 

En prenant au vol un cliché par la fenêtre de la voiture, un automobiliste a eu une surprise en regardant la photo sur son ordinateur : en bas, à gauche, une silhouette d'un canidé qui tentait de franchir la barrière. Était-ce un chien ou un loup ?

 

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Détail de l'animal

 

 Quel est l'animal le plus dangereux pour l'Homme ?

 

Article de l'Est Républicain du dimanche 7 décembre 2014 :

Loup : « la politique du chiffre » par Lisa LAGRANGE

 

À la suite des manifestations d'éleveurs demandant une hausse du nombre de tirs de défense, le collectif de défense Cap Loup plaide pour une mise en place sereine et responsable de moyens de sécurisation des troupeaux

 

Pontarlier. Pour eux, c'est une aberration. En réponse aux récentes manifestations d'éleveurs ovins, notamment dans la semaine dernière, qui demandent une hausse du nombre de prélèvements, Cap Loup, collectif d'associations pour la défense du prédateur, monte au créneau. Il rappelle “les enjeux économiques et patrimoniaux du dossier”, qu'il ne considère pas comme “un fléau” nécessitant “l'exclusion des loups en zones d'élevage”.

 

Le collectif l'assure : « Oui, le retour du loup est souvent une contrainte nouvelle pour des éleveurs qui doivent réapprendre à travailler en présence de prédateurs naturels Mais les éleveurs peuvent et doivent s'adapter aux enjeux du XXIe siècle de protection du patrimoine naturel de tous les Français ».

 

Côté Franche-Comté, Thierry Billey, référant du réseau Férus, association nationale de protection et de conservation de l'ours du loup et lynx en France, souligne également les objectifs. « Les éleveurs francs-comtois ne sont pas encore trop touchés. Mais il y a eu des attaques en 2011 à Chapelle-d'Huin, dans le massif du Jura en 2013 et plus récemment à Lons-le-Saunier, ce qui montre que le loup est passé. Et qu'il a une forte probabilité pour que cela recommence, d'où l'intérêt de mettre en place des moyens de protection. » Car les défenseurs du loup sont clairs, les prélèvements, aussi nombreux soient-ils, ne règlent pas le problème. « Le loup se réinstalle. Il est faux de parler de prolifération, mais l'espèce s'étend et reconquiert les territoires où il était historiquement implanté. » Le loup est une espèce protégée, qui compte approximativement quelque 300 spécimens sur le territoire national.

 

L'exemple suisse

 

D'ailleurs, la période hivernale devrait faciliter l'affinage du décompte, puisque les traces de sa présence sont plus facilement détectables dans la neige. « Et ce, même si l'hiver, les attaques sont moins fréquentes puisque les moutons ne sont pas en alpage. Cela démontre aussi que le loup se nourrit d'ongulés l'hiver. L'été, c'est plus aisé puisqu'il a des garde-manger faciles d'accès. Pourquoi se donnerait-il la peine de chasser, alors même qu'il en est plus que capable. Encore une fois, il suffirait, pour s'en protéger, de mettre en place des moyens de protection. »

 

Parmi ceux-ci, le spécialiste préconise des chiens Patou. Mettant en avant l'exemple allemand, qui démontre que, si l'animal est bien élevé, notamment à l'égard des randonneurs qui eux-mêmes doivent éviter des gestes dangereux, les attaques diminuent. « Placer également des ânes ou des lamas avec les moutons, est une bonne solution car ils les détendent. Cela peut sembler étonnant, mais cela fonctionne. Et ne coûte pas très cher. »

 

En revanche, Thierry Billey dénonce fermement les tirs de prélèvements et les battues, dont le nombre est monté pour 2014 à 36 tirs. « C'est la politique du chiffre. Et après, on fait quoi ? Toujours plus ? Je ne vois pas en quoi effectuer ces tirs au hasard, principalement en Provence Alpes-Côte-d'Azur, peut aider les éleveurs de la Meuse. On fait croire que cela peut régler le problème, mais c'est un non-sens. »

 

Autre exemple évoqué : celui de la Suisse qui, dans les cantons de Vaud et Fribourg, a obtenu de très bons résultats avec la mise en place de sécurisation de troupeaux. Alors qu'en 2008, 34 moutons ou chèvres ont été victimes du loup, en 2011, seul un mouton a été tué par un lynx dans le Jura vaudois. Dans le canton, 90 % des troupeaux estivaux sont équipés de moyens de protection.

 

Émission de FR3 Franche-Comté du 4 juin 2015 : La présence confirmée du loup dans le Jura

 

Le 29 avril 2015, dans les environs de 18h, une femme avait filmé ce qui ressemblait à un loup, dans la périphérie de Saint-Amour. Les autorités compétentes ont confirmé qu'il s'agissait bien d'un loup. Mais depuis plus aucune trace.

 

L'office national de la faune sauvage a confirmé que l'animal filmé le 29 avril par une automobiliste, présentait toutes les caractéristiques d'un loup. À cette période l'animal se trouvait en périphérie de la commune de Saint-Amour, dans le Jura. 

Le loup avait été localisé à proximité de la commune de Saint-Amour

 


Néanmoins, selon le secrétaire général de la préfecture du département, il n'y a pas eu d'autres signalements du loup et donc il n'y a pas lieu de prendre des mesures.


Concernant le veau attaqué en début de semaine, à Saint-Germain-lès-Arlay, situé à 60 km de Saint-Amour, des analyses sont en cours mais selon les premiers éléments ce ne serait pas l'œuvre d'un loup. 

En janvier 2014 un loup était resté un mois dans la forêt de Chaux. Un troupeau avait été attaqué à l'époque.

Les loups suédois en extinction

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Selon les estimations, la population de loups suédois compte actuellement quelque 250 spécimens.

 

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Loup suédois

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

D'après les chercheurs de la Grimso Wildlife Research Station basée en Suède, les loups du pays sont victimes d'un braconnage massif largement sous-estimé. En évaluant la population de loups suédois et en comparant les chiffres à d'autres estimations ces dix dernières années, cette persécution serait ainsi responsable de plus de la moitié de la mortalité lupine alors que de nombreux animaux sont déjà tués sur les routes ou atteints par des maladies. D'après les calculs, les loups devraient être quatre fois plus nombreux aujourd'hui sans cette persécution.

 

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Grimso Wildlife Research Station

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

Chaque année, des loups sont retrouvés morts sur la route, heurtés par des véhicules.

 

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Cadavre de loup heurté par un véhicule

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

Certains chasseurs n'hésitent pas à abattre les loups, victimes de leur mauvaise réputation. En effet, ceux-ci sont connus pour s'attaquer aux chiens de chasse qu'ils voient comme des rivaux. Ce braconnage illégal met en danger la population de loups suédois qui souffrent de déformations du squelette et qui rencontrent déjà des difficultés à se reproduire.

 

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Loup tué par les chasseurs

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

 

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Cadavre de loup porteur d'un collier émetteur

tué par les chasseurs

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

 

Dans les années 1970, l'espèce s'est déjà quasiment éteinte en Suède. Mais le vide écologique ainsi créé, a entraîné une colonisation du territoire par des loups finlandais à l'image de ce qui se passe dans les Alpes françaises à partir des loups italiens provenant des Abruzzes. (Voir à ce propos l'article : le Loup en France).

 

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crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

Évaluation de la population lupine

 

Pour évaluer l'effectif de la population lupine, les chercheurs de la Grimso Wildlife Research Station procèdent à la capture d'individus qu'ils vont munir d'un collier émetteur permettant de suivre les différentes meutes.

 

 Une équipe au sol recherche les traces de loup dans la neige. Elle signale à une seconde équipe en hélicoptère les coordonnées géographiques des empreintes. L'hélicoptère va suivre les traces pour découvrir les animaux.

 

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Recherche et identification des traces de loups

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

 Depuis l'hélicoptère,  le loup est endormi par une fléchette.

 

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crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

Atteint par la fléchette, le loup s'endort rapidement puis il est transporté vers un  laboratoire de campagne où des vétérinaires vont l'examiner.

 

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Transport à dos d'homme

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

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Examen de l'animal

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

L'équipe vétérinaire examine l'aspect général de l'animal, effectue une auscultation, procède à des mensurations et à des prélèvements sanguins pour analyse et équipe le loup d'un collier muni d'une balise Argos/GPS et d'une balise VHF afin de pouvoir suivre et d'évaluer l'effectif de la population.

 

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Après examen, les scientifiques laissent le loup se remettre de l'anesthésie

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center


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 L'animal encore ensuqué est ramené

sur son lieu de capture

crédit photo : Jon Arnemo - Grimso Wildlife Research Center

 

 Source : Maxisciences