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18/06/2018

MONTAGNE D'OR : DÉBAT PUBLIC OU JUSTIFICATION D’UN PROJET DÉJÀ ACTÉ ?

Logo_Principal_ROUGE_180.pngCOMMUNIQUÉ DE PRESSE DU LUNDI 18 JUIN 2018

 

MONTAGNE D'OR : DÉBAT PUBLIC OU

JUSTIFICATION D’UN PROJET DÉJÀ ACTÉ ?

 

 

Lire également le coup de gueule  (16/10/2018) d'Isabelle Autissier Présidente du WWF

 

Alors que le débat public en Guyane sur le projet minier industriel « Montagne d'or » se termine dans moins d’un mois, France Nature Environnement et Guyane Nature Environnement s’interrogent sur les conditions dans lesquelles celui-ci s’est déroulé. Les associations dressent un premier bilan mitigé, voire négatif de ces échanges : des documents incomplets et des réunions floues, ne permettant pas de se faire une véritable opinion sur ce projet colossal.

 

Un débat public source de frustrations

 

Depuis le début du débat public, la commission particulière du débat public en Guyane rencontre les acteurs du territoire, avec la participation de la Compagnie minière Montagne d'Or. Ces rencontres revêtent plusieurs formes : réunions de proximité et générales, ateliers thématiques, le tout complété par une plateforme participative, où les citoyens peuvent déposer des remarques, des cahiers d’acteurs…

 

Sur le papier donc, les conditions sont réunies pour un débat apaisé, permettant aux différentes parties de présenter leurs arguments et d’obtenir des réponses à leurs questions. La réalité laisse pourtant à désirer : sur la plateforme participative d’abord, présentée comme un lieu d’expression, les réponses aux questions sont souvent approximatives et certaines peu informatives (études d’impact, stériles et métaux lourds, transport des matières dangereuses…). Ensuite, sur le terrain : lors des réunions, loin d’apporter un éclairage indispensable sur les multiples enjeux techniques et écologiques du projet, les réponses aux questions s’avèrent évasives et peu concrètes.

 

Rémi Girault, président de Guyane Nature Environnement, s’inquiète : « ce débat devrait permettre à chacun de se faire une opinion sur le projet, dans un climat propice au dialogue. Or pour le moment, la justification l'emporte sur l'analyse. Comment, dans ce contexte, disposer d’une information objective, complète et partagée ? » Quant à l'information, de nombreux documents sont en version provisoire. Des fiches complémentaires demandées par la Commission Nationale, comme la fiche sur les risques industriels, ne sont pas suffisamment approfondies pour éclairer le débat. Par ailleurs, la Compagnie minière Montagne d’Or doit réaliser des expertises complémentaires. A moins d’un mois de la fin du débat public, ces études ne sont toujours pas toutes disponibles.

 

Un autre projet de territoire pour la Guyane

 

Au-delà des limites sur le déroulement d’un vrai débat technique et démocratique, une question de fond persiste : comment concilier le développement d’un tel projet miner et la préservation des espaces naturels, hauts lieux de biodiversité et de culture, essentiels aux populations locales et aux peuples amérindiens ? La Compagnie minière Montagne d’Or cherche à minimiser les réels impacts environnementaux de son projet, mais n’apporte aucun élément permettant de rassurer les associations.

 

Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « le bilan dressé nous conforte dans notre demande d’abandon du projet minier "Montagne d'Or". A l’heure où le déclin de la biodiversité est un sujet d’inquiétude récurrent, la Guyane mérite mieux sur la scène internationale qu'une réputation de mine industrielle. Il est temps d'imaginer un autre projet, d'ampleur, novateur et tourné vers l'avenir, à l'aune des formidables richesses naturelles, culturelles et sociétales de la Guyane ».

 

Lire le dossier « La Montagne d'Or en Guyane : un gouffre environnemental et financier »

 

Voir toutes les publications de France Nature Environnement sur la Montagne d’or

 

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 71 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

14/06/2018

Rouge-queue à front blanc

Nœud papillon

 

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

Nourrissage non stop pour ce couple de Rouges-queue à front blanc (cousin du Rouge-queue noir) dont le nid a été confectionné dans un nichoir.

 

Dès le lever du jour, les oiseaux chassent inlassablement les proies constituées d'insectes, larves, chenilles destinées aux poussins douillettement installés dans la petite boite en bois.

 

Durant près de quinze jours, le va-et-vient permanent des adultes assure une croissance rapide des jeunes avant qu'ils ne prennent leur envol.

 

La capture des prises offre de temps à autre de belles surprises quant à la nature des proies. Ce papillon attrapé par la femelle en est la parfaite représentation.

 

Notre dame Rouge-queue fait ainsi preuve d'une élégance certaine avec ce nœud papillon grandeur nature.

 

Rouge-queue-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

Rouge-queue à front blanc mâle

Un mâle dans tous ses éclats

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste et animalier

 

 

Impensable de ne pas mettre en avant ce joli mâle de Rouge queue à front blanc après avoir présenté lors du précédent sujet l'élégante femelle avec son ''nœud papillon''.

 

Plus coloré que le Rouge queue noir à dominante gris sombre, c'est également le front blanc dont il tient son nom qui caractérise ce Rouge queue.

 

Les deux adultes nourrissent ici les poussins à l'abri dans un nichoir. La délicate capture des proies permet d'identifier facilement les nombreux insectes et larves prisonnières du bec et bien souvent encore vivantes.

 

Le couple se croise ainsi à un rythme soutenu. Toutes les cinq minutes environ, les poussins qui se manifestent aujourd'hui à l'entrée du nichoir, reçoivent la nourriture, une becquée dont ils profiteront encore au moins durant quinze jours après leur envol.

 

Le couple assure généralement une seconde nichée, de quoi bien s'occuper durant l'été qui se présente.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,rouge-queue à front blanc

Cliché © Dominique Delfino

 

12/06/2018

Loup y es-tu ?

Loup y es-tu ?

Dans "La bête qui mangeait le monde" (Arthaud),

Antoine Nochy part sur la piste

de Canis lupus

(Article de Frédéric Pagès du 16 mai 2018

pêché dans "Le Canard Enchaîné")

loup,canis lupus,antoine nochy

 

loup,canis lupus,antoine nochy

 

RAFFINERIE DE LA MÈDE VS PLAN CONTRE LA DÉFORESTATION IMPORTÉE

FNE-logo.pngCOMMUNIQUE DE PRESSE MARDI 12 JUIN 2018


RAFFINERIE DE LA MÈDE VS PLAN CONTRE LA DÉFORESTATION IMPORTÉE : KO « TOTAL » DE L'ENVIRONNEMENT

 


Alors que le gouvernement promet depuis l’été dernier un grand plan de lutte contre la déforestation importée, il vient d’autoriser l’exploitation d’une raffinerie Total qui importera, dès cet été, un demi-million de tonnes d’huile de palme destinée à alimenter ses pompes à essence. France Nature Environnement dénonce un non-sens total d’un point de vue social, économique et environnemental ; et estime qu’à La Mède comme ailleurs, il est grand temps de stopper l’importation d’huile de palme issue de la déforestation.



La déforestation importée, un fléau grandissant

L’aggravation de la pression sur les forêts tropicales et du déficit commercial de la France sont une réalité qu'il faut prendre à bras le corps. Les statistiques de la FAO sont édifiantes : de 10 millions de dollars en 1970, les importations françaises d’huile de palme sont passées à 60 millions en 2000, pour atteindre plus de 500 millions de dollars en 2013. Septième plus gros importateur mondial d’huile de palme, la France en a importé 900 000 tonnes en 2017 et est loin d’être le seul pays à connaître cette explosion. Face au fléau de la déforestation, les constats scientifiques et les chiffres alarmants s’accumulent depuis plusieurs décennies. Les causes sont connues, un faisceau de solutions également, et des déclarations d’intention nationales ou internationales paraissent régulièrement. Malgré cela, les grands massifs forestiers tropicaux, les plus touchés par la déforestation, continuent de disparaître sous la pression de l’extension des surfaces agricoles, responsable de 73% de la déforestation.



Opposer les emplois à l'environnement n'a que trop duré : des alternatives existent

Le gouvernement a expliqué avoir hérité de ce dossier de reconversion de la raffinerie Total de La Mède, sans pouvoir réellement agir et en ayant le souci du maintien de l'emploi. Mais alors que le Parlement européen a voté l’interdiction de l’huile de palme dans les carburants en 2021, quelle pérennité pour ce projet ? Il existe pourtant des alternatives à l’importation massive d’huile de palme, comme la valorisation locale des huiles alimentaires usagées, dont le rapport bénéfices-impacts environnementaux est nettement plus favorable. Cela créerait même des emplois au-delà du seul site de Total à La Mède, ce que ne permettra pas l’utilisation d’huile de palme importée. L’analyse des perspectives, y compris pour la sauvegarde de l’emploi, doit être entièrement revue à l’aune du vote des parlementaires européens, afin d’élaborer un projet pour le site de La Mède qui soit en mesure de perdurer après 2021.



Pour Gilles Marcel, Président de France Nature Environnement PACA, « cette autorisation de production de biocarburant va à l’encontre de la transition énergétique qui passe notamment par : moins de transport routier, la mobilité active et les transports collectifs. L’actuel projet de la Mède n’est résolument pas tourné vers l’avenir ».



Une Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée qui tarde à arriver

Pour que la consommation des Français ne provoque plus de déforestation à l'autre bout du monde, le gouvernement s’était engagé à publier, d'ici mars 2018, une Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI). Cette stratégie doit couvrir de nombreux produits que nous consommons directement (cacao, café) ou indirectement (soja et maïs, pour nourrir le bétail dont nous consommons la viande, le lait ou les œufs). Présente dans une multitude de produits de consommation courante et facteur important de déforestation, l’huile de palme en fait évidemment partie.



Mais le processus patine. Les consultations préalables avec les parties prenantes ont été reportées puis finalement jugées superflues, la Stratégie Nationale fait toujours l’objet de discussions entre plusieurs ministères, influençant son niveau d’ambition. Rappelons qu'un projet de taxe sur l'huile de palme avait été abandonné en 2013 suite aux menaces de rétorsion commerciale des gouvernements indonésien et de malaisien, et que les importations de soja et de produits bovins, notamment du Brésil, sont au cœur des discussions sur le projet d’accord de libre-échange UE-Mercosur...



Il y a pourtant urgence à agir. En diminuant les importations pour, à terme, stopper les flux de produits qui causent la déforestation et aggravent le changement climatique, en garantissant la traçabilité des produits concernés et l’information des consommateurs, en supprimant les taux d’incorporation d’agrocarburants, en rééquilibrant la fiscalité qui permet encore à l’huile de palme d’être deux fois moins taxée que toutes les autres huiles végétales, en interrogeant notre modèle alimentaire et notre consommation de viande… La plupart de ces propositions ne sont pas nouvelles, le gouvernement en dispose depuis la publication en décembre 2016 d’un rapport officiel qu’il a lui-même commandité. Et au-delà de ces solutions, c’est plus globalement nos modes de consommations et de déplacement qu’il est nécessaire de repenser pour une transition écologique et énergétique.



Pour Julie Marsaud, coordinatrice du réseau Forêt de France Nature Environnement, « la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée doit stopper ce qui constitue un véritable hold-up mortifère pour notre planète avec 7 millions d'hectares de forêts détruits chaque année. Elle doit également déboucher sur un cadre et un cap pour la France, ses citoyens, les acteurs économiques et les salariés engagés dans cette filière. Elle ne peut se faire au coup par coup comme ce fut le cas à la Mède ».


Prochaine étape : les négociations, prévues cette semaine à Bruxelles, sur l'objectif acté par le Parlement européen d'une interdiction de l’huile de palme dans les carburants dans 3 ans. Espérons que la France soutiendra cet objectif ; et que le gouvernement proposera enfin, à l’échelle nationale, une véritable Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée.


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l'environnement. C'est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 71 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

11/06/2018

Estivales du jardin à Dupdup

Estivales du jardin à Dupdup

 

par Bernard Dupont

 

Bonjour à tous,

 

Et hop c'est reparti pour un tour !

 

Le jardin à Dupdup rouvre ses portes pour une nouvelle saison avec toujours le même principe : 

- une animation sur un thème donné,

- un apéro,

- un repas partagé sur la terrasse pour celles et ceux qui auraient envie de prolonger les échanges.

 

Toutes les animations ont lieu le samedi matin à 9h30. Six dates sont proposées :

 

- 7 juillet : visite générale du jardin

- 14 juillet : tout savoir (ou presque) sur les tomates

- 28 juillet : avoir des salades de son jardin tous les jours de l'année

- 11 août : visite générale du jardin

- 25 août : melons, pastèques, potirons, concombres & Co

- 1er septembre : piments, poivrons, aubergines et physalis.

 

Le nombre de personnes est limité à 15 par séance.

 

Réservation-inscription obligatoire : jardindupdup@gmail.com

 

Contrairement à l'an passé où j'avais dû gérer une centaine d'inscriptions pour un seul thème, je ne pense pas que je ferai cette année de séances supplémentaires (enfin, en principe ...). Si une (ou plusieurs) séance(s) vous intéresse(nt), merci donc de vous inscrire très vite.

 

Joëlle et moi-même serons heureux de vous accueillir.

 

Bien cordialement.

 

Bernard DUPONT

 

Estivales-du-jardin-de-Dupdup-450.jpg

 

 

08/06/2018

Héron à la pêche dans le courant

Héron à la pêche dans le courant

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Je profite d'un déplacement sur Besançon pour emprunter la petite route qui longe la vallée du Doubs en aval de Baume les Dames.

 

À la hauteur du village de Laissey, le Doubs présente deux barrages comportant chacun une écluse. Sur le barrage amont, le débit impressionnant de la rivière me donne l'idée de réaliser un cliché en vitesse lente afin d'illustrer un ''filé d'eau''.

 

Alors que je prépare mon cadrage, un Héron cendré se présente dans le décor en s'installant sur le mur du seuil.

 

Sur les six clichés réalisés, j'ai pu enregistrer, durant cette pose d'une demi-seconde, une image où l'échassier est demeuré presque immobile. Une photographie presque nette de notre oiseau dans cette ambiance de mouvement intense.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

06/06/2018

Des vers invasifs prédateurs de vers de terre et d'escargots

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de vers de terre et d'escargots

 

Au moins six espèces de ces planaires terrestres qui évoluent dans les sols humides sont parvenues en France depuis près de 20 ans. On suppose que ces vers prédateurs inquiétants pour la biodiversité sont parvenus en France par transport de plantes tropicales. De sorte qu'ils craignent le froid et la sécheresse. En France, on les rencontre surtout dans le Midi (Alpes maritimes, Var, Pyrénées orientales, Pyrénées atlantiques).

 

Ces Plathelminthes (vers plats) appartiennent à la classe des Turbellariés. Contrairement aux Planaires ciliées que nous rencontrons dans nos eaux douces et qui mesurent 1 à 3 cm de long, ces vers plats sont des planaires terrestres. Ces vers plats sont des prédateurs contrairement aux douves (classe des Trématodes) ou aux ténias (classe des Cestodes) qui sont parasites des Vertébrés.

 

Ces espèces envahissantes se nourrissent de vers de terre et d'escargots. Ces invasions sont inquiétantes car ces planaires géantes ne possèdent pas de prédateurs en France. Au niveau de la tête, ces vers sécrètent une neurotoxine puissante qui tue leurs proies. Leur tégument sécrète un mucus qui contient des substances toxiques qui peuvent provoquer des allergies au manipulateur.

 

Parmi ces vers, deux espèces principales :  Bipalium kewense et Platydemus manokwari.

 

 Bipalium kewense

 

Bipalium kewense est un grand ver plat prédateur de la famille des Geoplanidae, parfois appelé «limace à tête de marteau» en raison de sa tête en forme de demi-lune. Sa longueur atteint le mètre ! On le rencontre rampant sur les sols humides. On pense qu'il est originaire d'Asie du Sud-Est. [1] B. kewense a été trouvé couvrant toute la partie sud de l'Amérique du Nord. [2]

 

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Ver de terre attaqué par Bipalium kewense

Cliché © Pierre Gros MBHN

 

Habitudes alimentaires

 

B. kewense est prédateur des vers de terre. Cependant, son comportement n'a pas été étudié de manière exhaustive et il pourrait éventuellement se nourrir d'autres organismes.

 

Reproduction

 

Toutes les espèces de Bipalium sont hermaphrodites. Bien qu'il y ait peu de preuves de reproduction sexuée chez ces planaires, plusieurs cas de capsules d'œufs ont été découverts. Ces capsules avaient plusieurs des mêmes caractéristiques que celles de B. adventitium, y compris la coloration et la période d'incubation. La capsule d'œuf la plus récente a découvert des descendants éclos qui ne ressemblaient pas complètement aux adultes et étaient considérablement plus gros que ceux de B. adventitum.

 

En revanche, comme les planaires d'eau douce, la fragmentation asexuée (scissiparité) est le principal moyen de reproduction chez B. kewense dans les régions tempérées. Chaque individu est donc un clone de son parent : un petit morceau se détache à l’arrière de l’animal et se transforme en adulte. La reproduction asexuée constitue une stratégie pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire. Cela signifie aussi que chaque ver est potentiellement immortel.

 

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Platydemus manokwari

 

espèces invasives,

Platydemus manokwari :

Un nématode invasif qui menace

escargots et lombrics !

Cliché © Pierre Gros MNHN

 

espèces invasives

Carte des départements français envahis en 2013 par

des Plathelminthes terrestres invasifs
 INPN (http://inpn.mnhn.fr)

Carte établie par Jessica Thévenot

 

Des vers plats non indigènes (Plathelminthes) ont été observés dans treize pays européens. Ils appartiennent aux deux espèces : Bipalium kewense et Dolichoplana striata. Elles sont en grande partie observées dans des serres.

 

En outre, d'autres espèces de l'hémisphère sud telles que le plathelminthe néo-zélandais Arthurdendyus triangulatus observé au Royaume-Uni, en Irlande et dans les îles Féroé, le ver plat australien Australoplana sanguinea alba en Irlande et au Royaume-Uni et le ver plat australien Blue Garden Caenoplana coerulea en France, à Minorque et au Royaume-Uni.

 

Le Royaume-Uni compte douze espèces non indigènes ou plus, dont la plupart sont des espèces australiennes et néo-zélandaises. Ces espèces peuvent passer à un stade envahissant lorsque des conditions environnementales optimales se produisent. Ces vers plats peuvent alors causer des dommages économiques ou environnementaux.

 

En France à Caen[1], ont été identifiés des vers plats non indigènes de l'espèce Platydemus manokwari de Beauchamp en 1963 (Plathelminthes, Continenticola, Geoplanidae, Rhynchodeminae). Platydemus manokwari fait partie des «100 espèces extraterrestres les plus pauvres du monde». Des listes de documents géographiques mondiaux, des proies sur le terrain et des proies dans les laboratoires de P. manokwari sont fournies. Cette espèce est considérée comme une menace pour les lombrics et les escargots indigènes partout où elle est introduite.

 

espèces invasives

Platydemus_manokwari

Cliché © Pierre Gros (MNHN)

 

La découverte récente de P. manokwari en France représente une extension significative de la distribution de cette espèce exotique envahissante de la région indo-pacifique vers l'Europe. S'il a échappé à la serre, ce ver plat pourrait survivre à l'hiver et s'établir dans les pays tempérés.

 

L'existence de cette espèce en France nécessite une alerte précoce de cette incursion auprès des autorités de l'État et de l'Union Européenne, suivie de l'éradication du ver plat dans sa localité, un renforcement des mesures internes de quarantaine pour éviter la propagation du ver plat vers et depuis ce site, identifier, si possible, la source primaire probable du ver plat, et repérer d'autres incursions possibles qui pourraient résulter de la dispersion accidentelle des plantes et du sol du site.

 

[1] Justine J, Winsor L, Gey D, Gros P, Thévenot J. (2014) The invasive New Guinea flatworm Platydemus manokwari in France, the first record for Europe: time for action is now. PeerJ 2:e297 https://doi.org/10.7717/peerj.297

 

 En savoir plus : 

 

Winsor, L. 1983. A revision of the cosmopolitan land planarian Bipalium kewense Moseley, 1878 (Turbellaria: Tricladida: Terricola). Zool. J. of the Linnean Soc. 79: 61-100.

 

Ducey, P. K., J. Cerqua, L-J West, and M. Warner. 2006. Rare egg capsule production in the invasive terrestrial planarian Bipalium kewense. Southwest Naturalist 51(2):252-254.

 

On trouve sur internet pas mal d'articles concernant les plathelmithes terrestres, en particulier :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Platydemus_manokwari

 

http://bit.ly/Plathelminthe

 

D'autres renseignements sur ce LIEN.

 

Un article sur ce problème : The invasive New Guinea flatworm Platydemus manokwari in France

 

03/06/2018

Petit Gravelot : extraordinaire homochromie

Petit Gravelot :

extraordinaire homochromie

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste et animalier

 

Autrefois présent sur les bancs de graviers de l'Allan avant que la rivière soit détournée et canalisée, le Petit Gravelot est contraint à rechercher des milieux de substitution, notamment pour assurer la nidification.

 

Les plates-formes industrielles inoccupées de Technoland révèlent quelques surprises. La présence régulière et le comportement d'un couple de ce petit limicole laisse présager que les oiseaux s'imposent sur ce territoire, le temps de la reproduction étant venu.

 

Une observation prolongée à la longue vue permettra de localiser l'espace de nidification. La découverte du nid, une légère dépression garnie de petits cailloux abritant quatre œufs, constitue toujours un moment d'émotion.

 

Extraordinaire homochromie permettant d'assurer la sécurité de cette nichée au sein de cet environnement industriel.

 

Petit-Gravelot450.jpg

Nid du Petit Gravelot dans les graviers

Cliché © Dominique Delfino

 

Sur ce même blog, vous retrouverez les différents articles concernant le Petit Gravelot en renseignant la fenêtre "Rechercher" en haut et à droite de la page d'accueil. Il suffit de taper "petit gravelot".

Attention au panais sauvage et à la Berce du Caucase !

ATTENTION AU PANAIS SAUVAGE !

Sève du Panais sauvage,

sève de la Berce du Caucase

rendent la peau sensible au soleil

 

Randonneurs et promeneurs, faites attention à la sève de ces ombellifères : l'exposition de la peau la rend extrêmement sensible au soleil !

 

Le panais sauvage (Pastinaca sativa L. subsp. sylvestris (Mill.) Rouy & E. G. Camus) est une Apiacée (Ombellifère) envahissante dont la sève contient des toxines, soit des furocoumarines. Ces toxines activées par les rayons UV, peuvent, comme pour une autre Apiacée la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), rendre la peau extrêmement sensible au soleil, causant des irritations cutanées voire des brûlures au premier et même au deuxième degré (Voir dyshidrose palmaire). Si vous constatez la présence de ces ombellifères, n’y touchez surtout pas.

 

 

Panais sauvage Pastinaca sativa_01-450.jpg

Ombelle de Panais sauvage

Cliché DR

 

Le Panais sauvage se propage rapidement et peut se retrouver en plusieurs lieux comme les terrains en friche, les bords des routes, les prés, les champs ouverts ou les remblais récents non végétalisés.

 

Berce-du-Caucase-(Heracleum-mantegazzianum)-450.jpg

 En présence du Panais sauvage, n’y touchez pas. Contrairement à la Berce du Caucase ou à d’autres plantes dangereuses pour la peau dans certaines conditions, il est relativement aisé de se débarrasser du Panais sauvage. Pour ce faire, simplement sectionner la tige à l’aide d’une pelle, sous le niveau du sol. Par la suite, disposer de la plante au rebut dans un sac de plastique.

 

Ne pas brûler la plante car le composé toxique peut se retrouver dans la fumée, ni la composter. N’oubliez pas de porter des vêtements protecteurs pour éviter tout contact avec la plante et surtout la sève. Si des symptômes de brûlure de contact avec la sève de la plante apparaissaient sur un membre de votre famille, il est conseillé de voir un médecin si les lésions font plus de 25 millimètres ou si un enfant est atteint.

 

Un témoignage (M. C.)

 

"Ci-dessous des photos de mes doigts atteints de dyshidrose palmaire après contact avec le Panais commun en date du 31 juillet 2017. En ce moment le tranchant des mains  est aussi atteint. Certains doigts sont plus touchés que d'autres.

 

Dyshidrose-palmaire-©-Michel-Cottet-2017-07-31_03-450.jpg

Cliché © Michel Cottet

 

Dyshidrose-palmaire-©-Michel-Cottet-2017-07-31_01-450.jpg

Cliché © Michel Cottet

 

Dyshidrose-palmaire-©-Michel-Cottet-2017-07-31_02-450.jpg

Cliché © Michel Cottet

 

Dyshidrose-palmaire-©-Michel-Cottet-2017-07-31_04-450.jpg

Cliché © Michel Cottet

 

Comme c'est envahissant et que j'en ai déjà beaucoup trop dans mon jardin, je vais avoir du mal à m'en débarrasser manuellement. Ça fait trois ans que je me suis rendu compte que cette plante était envahissante après que j'en aie semé quelques-unes volontairement pour favoriser la biodiversité en faveur des insectes (qui adorent venir butiner sur les ombelles). Quelle erreur ! Ces premiers arrachages ont provoqués mes premiers problèmes avec cette affection cutanée survenue il y a deux ans et qui me tracasse désormais beaucoup". 

 

Comment reconnaître le Panais sauvage

 

Il est important de savoir reconnaître le Panais sauvage puisqu’il est facile de le confondre avec d’autres plantes de la même famille moins redoutables.

 

 

Les caractéristiques du Panais sauvage sont les suivants : C’est une grande et vigoureuse plante herbacée de moyenne taille qui mesure de 0,8 à 1,6 m. Sa tige d'abord cylindrique et lisse, devient ensuite cannelurée d'aspect brillant, présentant de rares poils. Le diamètre approximatif de la tige à maturité est de 2,5 cm à la base.

 

Panais sauvage Pastinaca sativa_03_450.jpg

Tige cannelurée de  Panais sauvage

Cliché DR

 

Le Panais sauvage produit des ombelles (en forme de parasol) de petite fleurs vert-jaunâtres. Les ombelles mesurent de 10 à 20 centimètres de diamètre. Les feuilles consistent en 2 à 5 paires de folioles. Ces folioles qui sont dentées sont à l’opposé l’une de l’autre sur la tige. Le feuillage du panais prend de l’ampleur (s’éloigne de la tige) jusqu’au milieu de la tige.

 

Panais sauvage Pastinaca-sativa_04-450.jpg

Feuille de Panais sauvage

Cliché DR

 

Le Panais sauvage est présent dans toute l'Europe. C'est une plante peu exigeante qui pousse sur les secteurs en friche, les talus… Il est très apprécié comme fourrage par les herbivores, les lapins, les ânes entre autres. Cultivé comme légume, ses racines charnues sont comestibles. Enfin, il est parfois utilisé comme plante médicinale.

 

Premiers soins

 

Que faire en cas de contact ou d’exposition à la sève de la plante ? Ce n’est pas directement la sève de la plante qui cause des brûlures, celle-ci rend plutôt la peau hypersensible aux UV qui est alors très rapidement brûlée par le soleil. Les mesures suivantes sont à prendre dans les cas où

 

1. La peau entre en contact avec la sève. Il faut :

 

  1. Éliminer la sève le plus rapidement possible en évitant de l’étendre.
  2. Utiliser un papier absorbant sans frotter.
  3. Laver au savon l’endroit en contact avec la sève après l’avoir absorbé, rincer abondamment à l’eau claire et se laver les mains.
  4. Changer de vêtements et les laver pour éviter la contamination d’autres parties du corps ou d’objets.
  5. Éviter l’exposition des zones touchées à la lumière en les couvrant (gants, pantalons longs, manches longues) pour une durée minimale de 48 heures.

 

2. Il y a une brûlure. Il faut :

 

  1. Éviter toute exposition au soleil pour un minimum d’une semaine ;
  2. Par la suite, limiter l’exposition au soleil en portant un vêtement couvrant les brûlures pour une durée de six mois. Dans l’impossibilité de couvrir les endroits atteints avec un vêtement, utiliser un écran solaire à haut indice de protection. (FPS 30 et plus).

 

3. Les yeux sont en contact avec la sève. Il faut :

 

  1. Rincer abondamment à l’eau claire (dix minutes minimum) ;
  2. Porter des lunettes de soleil foncées pour éviter l’exposition à la lumière.
  3. Consulter un médecin le plus tôt possible.

 

On consultera un médecin dans les cas où :

 

  1. Un enfant est atteint ;
  2. Les yeux sont atteints ;
  3. Des lésions importantes se développent ou plusieurs régions sont atteintes ; La peau est rouge et gonflée sur une étendue de plus du tiers du membre atteint; Il y a présence de cloques (ampoules) plus grandes qu’une pièce de 25 cents ;
  4. Il y a présence de pus (liquide jaune et opaque) sur les brûlures ; La personne atteinte fait de la fièvre. Si vous croyez avoir été en contact avec le panais sauvage ou si vous désirez plus d’information sur les mesures à prendre en cas de brûlure, vous pouvez communiquer avec l'hôpital le plus proche ou avec le Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Lyon.

 

Pour en savoir plus :

https://www.amazon.fr/Photodermatoses-photoprotection-Mic...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Panais

http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/field/news/croptalk/2013/ct-0613a3.htm

http://www.viva-media.ca/sante/attention-au-panais-sauvage/

https://www.onmeda.fr/forum/allergies/16176-remede-pour-allergie-au-panais

http://www.ville.prevost.qc.ca/uploads/Panais_sauvage_Document_information_Prevost.pdf

http://www.tvanouvelles.ca/2014/07/22/prenez-garde-au-panais-sauvage

http://www.journaldemontreal.com/2014/08/09/famille-brulee-par-une-plante-toxique

http://fr.rec.jardinage.narkive.com/UccJEc82/brulures-a-cause-de-plantes

Photodermatoses et photoprodtection

Dyshydrose-photodermatoses-450.jpg

01/06/2018

Tourbières Restaurées : visites guidées

Tourbières Restaurées : visites guidées

 

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, le Parc naturel régional du Haut-Jura organise tous les ans des visites guidées des tourbières restaurées Toutes les informations sont disponibles aux liens suivants :
 

Découvrez la lettre d'information n°1 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°2 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°3 du programme Life Tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°4 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°5 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°6 du programme Life tourbières du Jura

Découvrez la lettre d'information n°7 du programme Life tourbières du Jura

 

Le film "Tourbières, trésors cachés de la montagne jurassienne" est en ligne dans son intégralité : http://www.life-tourbieres-jura.fr/images-film-page.html

 

 

 

31/05/2018

L'ASSEMBLÉE NATIONALE ARROSE DE PESTICIDES LA LOI ALIMENTATION

Logo_Principal_ROUGE_180.pngL'Assemblée Nationale arrose

de pesticides la loi alimentation

 

Une loi pour une alimentation saine et durable, voilà l’engagement pris par le gouvernement à la fin des États généraux de l’alimentation. Mais après une semaine de débats sur le projet de loi à l'Assemblée Nationale, loin d'une concrétisation, c'est plutôt une trahison de l’esprit de ces États généraux que dénonce France Nature Environnement. Sous l’impulsion d’un ministre de l’Agriculture aux convictions incertaines, la majorité a raté l’occasion d’impulser une transition alimentaire et agricole. A quelques heures du vote de la Loi par l’assemblée nationale, c'est un sentiment d'échec qui ressort de cette première étape législative.

 

De bien petites avancées qui ne compensent pas les grands échecs

 

Tout, dans ce projet de loi, n’est pas à jeter : l'amendement pour rendre obligatoire un étiquetage environnemental plus clair et plus transparent sur les aliments a été adopté contre l’avis du ministre : mode d'élevage, OGM, nombre de traitements aux pesticides… Cette demande forte de France Nature Environnement serait une victoire pour les consommateurs si elle se confirmait au Sénat. Parmi les autres avancées, l’élargissement de la définition des néonicotinoïdes ou les 20% de Bio dans la restauration collective.

 

Mais le ministre et la majorité sont passés à côté de mesures fortes pour protéger la santé de nos citoyens, protéger la biodiversité et impulser la transition vers l’agroécologie de notre agriculture. Le point d’orgue de cette cacophonie législative a été la thématique des pesticides. Le gouvernement dit puis se contredit : l’interdiction du glyphosate, à laquelle s’était engagé le Président, reste en suspens aux dépends de la santé des citoyens. Autre demande forte de France Nature Environnement : l’interdiction d’épandage de pesticides près des zones d’habitation. Le ministre de l’Agriculture s’y était engagé devant les acteurs agricoles et les ONG… Avant de renoncer à son propre amendement.

 

Des mois de concertation pour une loi alimentation ni « saine », ni « durable »

 

Les États généraux de l’alimentation étaient censés permettre à tous les acteurs de se mettre d’accord sur les grandes avancées. Finalement, les conclusions auront été vite oubliées et la loi alimentation délaisse totalement la santé des citoyens. Sur de nombreux points, le gouvernement se cache derrière l’argument de l’incitation plutôt que de l’interdiction, mais il ne fait au final aucun des deux.

 

Pourtant, « pour enfin impulser la transition de notre agriculture, le gouvernement doit adopter une politique volontariste, en encadrant dans la loi l’usage de tous les pesticides d’une part, et en rémunérant d’autre part les agriculteurs qui se tournent vers des pratiques respectueuses de l’environnement », explique Camille Dorioz, coordinateur du réseau Agriculture de France Nature Environnement.

 

Pour Cécile Claveirole, responsable agriculture de France nature environnement, « la ritournelle de la réduction des pesticides, ’si possible’, et des études de toxicité nous est servie depuis 10 ans, depuis le Grenelle. Il est plus que temps de passer à l’étape d’après et d’établir enfin la cohérence entre la loi et les conclusions des Etats généraux de l’alimentation. Le Président de la République doit tenir ses promesses : protéger les citoyens et la biodiversité. En l’état, le gouvernement risque de faire face à un rejet en bloc par la société civile. Les sénateurs, qui doivent désormais examiner les textes, sauront-ils les renforcer afin d’en faire une véritable loi pour une alimentation saine et durable ? »

Maladie de Lyme : attention, le printemps est la saison des tiques !

Ixodes scapularis (T du chevreuil)-1.jpgMaladie de Lyme : attention,

le printemps est

la saison des tiques !

Par Sciences et Avenir avec AFP

 

AFP/Archives - BERTRAND GUAY

 (Dernière mise à jour 21/07/2018)

 

Article plus approfondi à lire

également dans ce même blog

 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire rappelle les réflexes pour se protéger efficacement des tiques qui peuvent transmettre la maladie de Lyme, dont le nombre de cas est estimé à plus de 50.000 en 2016.

 

Le mois de mai marque le début du pic d'activité des tiques dont les piqûres peuvent transmettre des maladies.

 

Les beaux jours sont là, propices aux balades dans la nature et aux activités dans les jardins, mais c'est aussi la saison des tiques, avertit l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Le mois de mai marque le début du pic d'activité des tiques dont les morsures peuvent avoir de lourdes conséquences, notamment la transmission de la maladie de Lyme[1], due à une bactérie, souligne l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Le nombre de cas de maladie de Lyme est estimé à plus de 54.600 en 2016 par l'agence sanitaire Santé publique France.

"Attention aux tiques". Ces panneaux ont fleuri dans les parcs et chemins aux abords des forêts, depuis que ces arachnides sont devenus la bête noire des randonneurs. Leur crime ? Transmettre la maladie de Lyme, une maladie infectieuse causée par une bactérie et inoculée par la morsure des tiques. La reconnaissance d'une forme chronique de cette pathologie, réclamée par des associations de malades, fait aujourd'hui l'objet d'âpres débats dans la communauté scientifique.

La Haute autorité de santé (HAS) a publié, mercredi 20 juin 2018, des recommandations sur le sujet. Pour la première fois, elle a regroupé sous le terme de "symptomatologie/syndrome persistant(e) polymorphe après possible piqûre de tique" (SPPT) la "situation de patients qui ont pu être exposés aux tiques et qui présentent" des symptômes, "persistants et non expliqués, pouvant être invalidants". Ces termes officiels ont été vivement critiqués par l'Académie de médecine, qui estime que la HAS "reconnaît de fait implicitement l'existence d'une telle pathologie sans la moindre preuve".

 

La maladie de Lyme, c’est quoi au juste ?

 

Il s'agit d'une maladie transmise par les tiques, de type Ixodes, porteuses de la bactérie Borrélie, de son nom latin Borrelia burgdorferi. Les tiques se nourrissent du sang des hôtes où elles s'accrochent, comme les oiseaux, les chevreuils, les bovins, les chats. C'est à ce moment qu'elles attrapent la bactérie et sont contaminées. "Puis la tique se décroche de l’animal quand elle est gorgée de sang et se retrouve dans la végétation, explique Muriel Vayssier-Taussat, cheffe du département santé animale à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Comme la tique va devoir manger une deuxième fois, elle va chercher à s'accrocher à nouveau et c’est là qu'elle va contaminer l'Homme."

 

L'appli a recueilli plus de 5.500 signalements de piqûres

 

Une appli gratuite à charger sur iPhone ou androïd que vous trouverez ici, en cliquant sur Signalement-Tique, a été lancée en juillet 2017 dans le cadre du plan Lyme par l'Inra et ses partenaires. Elle permet aux gens de signaler leurs morsures et celles de leurs animaux et même d'envoyer les tiques mordeuses dans un laboratoire de Nancy. Téléchargée 31.000 fois, l'appli a recueilli plus de 5.500 signalements de morsures (sur humains ou animaux). Comme dans d'autres pays "30% des morsures ont été signalées dans des jardins", relève Jean-François Cosson, de l'Inra.

 

Les données de l'appli entre juillet et septembre 2017 ont permis de dresser une première carte des régions les plus touchées comme le Grand Est, la Bretagne et le Centre. Néanmoins, il n'y a pas beaucoup de maladies de Lyme en Bretagne, remarque le chercheur. Les tiques ne sont pas forcément infectées et, même si elles le sont, ne transmettent pas systématiquement la maladie. Le recoupement de ces informations avec les données scientifiques devrait permettre d'affiner les connaissances sur les transmissions d'agents pathogènes et sur les maladies.

 

Une étude pour améliorer le diagnostic

 

Par ailleurs, une étude pilote dans quatre CHU (Besançon, Saint-Étienne, hôpital de Garches, hôpital Saint-Antoine à Paris) inclura une centaine de patients à partir de juillet, avec pour objectif d'améliorer le diagnostic avec des "méthodes de recherche pas encore labellisées", indique Muriel Vayssier-Taussat de l'Inra. Elle s'achèvera en 2021. Quelques réflexes permettent de se protéger, comme l'utilisation de répulsifs, en privilégiant ceux disposant d'une autorisation de mise sur le marché, souligne l'Anses.

 

Elle conseille aussi de porter des chaussures fermées et des vêtements couvrants, de couleur claire (pour repérer les tiques sur la surface du tissu) et d'éviter la marche au milieu des herbes hautes et de privilégier les chemins balisés. Au retour de promenade, il faut s'inspecter et détacher immédiatement les tiques fixées avec un tire-tique (et surtout pas de l'éther ou tout autre produit), poursuit l'Anses. En cas de piqûre, il faut désinfecter. Si un halo rouge s'étend autour de la piqûre (érythème migrant), il faut consulter immédiatement son médecin.

 

Lire également les deux articles récents :

 

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/systeme-sanguin/mal...

 

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/maladie-de-lyme-tou...

 

Ci-dessous, éditée par la Ville de Besançon, vous trouverez la plaquette de prévention contre le risque de piqûres de tiques.

 

Plaquette-tiques_1-450.jpg

Plaquette-tiques_2-450.jpg

Plaquette-tiques_3-450.jpg

Plaquette-tiques_4-450.jpg

 

[1] Trouver dans ce même blog les articles sur le même sujet en tapant "Lyme" page d'accueil dans la fenêtre "Rechercher" en haut à droite.

Plan loup : les points clés et l'apport de la consultation publique

loup_02-logo.jpgPlan loup : les points clés

et l'apport de la

consultation publique

 

Par Anne-Sophie Tassart (Sciences et Avenir)

 

À la suite de la consultation publique, le gouvernement a partagé le nouveau Plan loup 2018-2023. L'État tente tant bien que mal de satisfaire à la fois les éleveurs et les militants de la cause animale.

 

Après avoir été mis en consultation publique du 8 janvier 2018 au 29, le nouveau plan d'action loup, le 4e sur le sujet, a été entériné. Publié le 19 février 2018 sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire, il définit la politique que va adopter le gouvernement pendant 6 ans concernant l'espèce Canis lupus. Il s'articule autour de deux axes : l'un visant la protection de l'espère et l'autre, celle du pastoralisme.

 

Mieux comprendre le loup pour mieux protéger les troupeaux

 

Comme indiqué dans la première mouture du plan, le gouvernement souhaite "mieux connaître l'espèce". "Pour mieux comprendre les enjeux liés à cette espèce, il faut mieux comprendre comment la population de loup évolue en améliorant la recherche scientifique et en expérimentant sur le terrain", indique-t-il dans un communiqué de presse. Des programmes de recherche devraient donc être mis en place afin d'améliorer la gestion des populations et la protection des troupeaux. Un centre devrait également être créé dans ce cadre.

 

Concernant les campagnes de "prélèvements" - c'est-à-dire l'abattage de plusieurs spécimens - le plafond fixé à 40 pour 2018 reste d'actualité. Il pourra toutefois être "actualisé une fois connus les chiffres de la population au printemps, pour être porté à 10% de celle-ci", précise le texte. Et les éleveurs pourront se défendre toute l'année en cas d'attaques. À partir de 2019, le plafond annuel sera "fixé à 10% de la population sur la base des recommandations scientifiques", avec possibilité de relèvement de 2% "en cas d'atteinte du plafond avant la fin de l'année civile et de dommages particulièrement importants". Ces tirs de prélèvements ne pourront se faire uniquement qu'entre septembre et décembre. Enfin, "le plan loup se donne comme objectif d'atteindre 500 loups d'ici 2023", assure le gouvernement.

 

Des dispositifs "innovants" de protection et d'effarouchement

 

Les éleveurs pourront recevoir des aides pour mettre en place des mesures de protection de leurs troupeaux : gardiennage renforcé, parcs électrifiés, chiens de protection... Le financement dépend de l'importance de la prédation sur le lieu de l'élevage. Le plan préconise également une meilleure formation des éleveurs, une amélioration de l'attractivité du métier de berger et évoque l'expérimentation du déploiement d'équipes mobiles de bergers expérimentés pour aider sur des foyers d'attaques importants. Le gouvernement souhaite d'autre part tester des dispositifs "innovants" de protection et d'effarouchement. Évoquant certaines expérimentations déjà menées (pistolet d'alarme, feux, effarouchement sonore, lanternes...), le texte liste d'autres pistes comme de nouveaux types de dispositifs électrifiés, des clôtures de 3 mètres de haut ou encore le "marquage des alpages par des crottes de loups de meutes très éloignées" pour simuler leur présence et décourager les autres.

 

Une mesure fait cependant toujours bondir les éleveurs : jusqu'à présent, ceux dont les troupeaux avaient été attaqués pouvaient être indemnisés si la responsabilité du loup était prouvée ou possible. Cette indemnisation "sera désormais soumise à la mise en place préalable de mesures de protection". Début février 2018, une vingtaine de députés LREM dénonçait la conditionnalité des indemnisations, la jugeant inacceptable.

 

Les apports de la consultation publique

 

Selon le gouvernement, la consultation publique a conduit à l'apport de 5700 contributions, "75% insistent sur l'importance de la préservation du loup tandis que 25% soutiennent l'élevage face à la prédation". L'une des nouvelles actions ajoutées est d'étudier le phénomène d'hybridation, de repérage et de gestion des chiens errants également susceptibles de s'attaquer aux troupeaux. Les autres mesures visent à protéger le pastoralisme notamment en faisant "un travail de conventionnement avec les assurances" à la suite d'attaques. L'État assure également vouloir devenir plus transparent et réactif face au problème de prédation.

AST avec AFP

 

Abattages de 3 loups en 2016 jugés illégaux

abattage de loups,aspas

 Les abattages de 3 loups en 2016 jugés illégaux

Un tribunal a jugé que les tirs de prélèvement renforcés ayant conduit à la mort de 3 loups en 2016 dans le Vercors étaient illégaux.

 

par Sciences et Avenir avec AFP le 29.05.2018

 

Les abattages de trois loups dans le Vercors en 2016 ont été jugés illégaux par le tribunal administratif de Grenoble, a annoncé le 29 mai 2018 des associations de protection de l'environnement. Dans son jugement en date du 24 mai, que l'AFP a consulté, le tribunal rappelle que l'abattage d'un loup ne peut être décidé qu'après des tirs de défense préalables, supposés éloigner le prédateur.

 

Une troisième victoire pour les défenseurs du loup

 

Le tribunal a donc annulé symboliquement un arrêté de la préfecture de l'Isère du 19 août 2016 qui autorisait l'abattage dans les six mois de trois loups par "tir de prélèvement renforcés". Car il ne ressort pas des pièces du dossier "que les élevages disposant d'une autorisation de pratiquer des tirs de défense ont effectivement réalisé de tels tirs avant que ne soit édicté l'arrêté attaqué", argumente le tribunal. "Il existe en effet des moyens de protection des troupeaux ainsi qu'une gradation des tirs que les préfets peuvent autoriser. Les tirs de prélèvement renforcés ne visent à tuer des loups, espèce protégée, qu'en dernier recours, et uniquement si des dégâts persistent malgré la mise en œuvre de tous les moyens de protection et de tirs de défense préalables", rappelle l'Aspas dans un communiqué.

 

abattage de loups,aspas

Document DR

 

29/05/2018

Biologie cellulaire et moléculaire de la cellule eucaryote

Biologie cellulaire et moléculaire de la cellule eucaryote

 

par Christophe Chanoine & Frédéric Charbonnier

 

Nouvelle édition disponible en librairie dès septembre 2018

 

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants de la première année commune aux études de santé (PACES), aux étudiants en 1er et 2ème cycle de sciences de la vie et aux candidats préparant les concours de l’enseignement supérieur (CAPES et agrégation).

 

Il intéressera également tous ceux qui souhaitent acquérir des bases fondamentales en biologie cellulaire et moléculaire, ou encore, mettre à jour leurs connaissances dans un domaine en évolution constante. Il décrit la vie de la cellule eucaryote par une approche à la fois descriptive et fonctionnelle, en s’appuyant sur la méthode expérimentale.

 

Après avoir rappelé des données indispensables de biochimie, nécessaires à la compréhension des mécanismes du vivant, les structures de la cellule eucaryote sont décrites, toujours en relation avec leurs fonctions. Les différents compartiments cellulaires sont abordés successivement : noyau et expression des gènes, échanges nucléocytoplasmiques ; système membranaire intracellulaire et synthèse des protéines, trafic intracellulaire ; membrane plasmique et échanges avec le milieu extérieur ; mitochondries et respiration cellulaire ; cytosquelette et mobilité cellulaire ; cycle cellulaire et apoptose…

 

Chaque chapitre est illustré par de nombreux schémas didactiques destinés à favoriser l’assimilation des concepts et la mémorisation des données. Au fil de l’ouvrage, des rappels, des points techniques, mais aussi des approfondissements, présentés sous forme d’encarts, illustrent le cours et favorisent une compréhension claire des mécanismes cellulaires et moléculaires de la vie de la cellule eucaryote.

 

 

Chanoine-Christophe-Biologie-cellulaire-450.jpg

28/05/2018

Renardeaux

Timide sortie

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Le mois de mai s'accompagne de nombreuses surprises et découvertes pour qui veut bien prendre un peu le temps de se poser et observer. La patience étant toujours de rigueur dans la nature, l'analyse des traces et indices décelés sur le terrain favorisera les chances de pouvoir surprendre des scènes de la vie sauvage.

 

L'aspect de la végétation à proximité de terriers creusés dans une haie laisse penser que le secteur abrite probablement une famille de blaireaux ou de renards.

 

Quelques heures à l'affût suffiront pour surprendre une timide sortie de renardeaux. Sans s'éloigner, ils s'adonnent au jeu toujours prêts à se replier rapidement au fond du terrier en cas de danger.

 

Une sortie téméraire de ces jeunes renardeaux, qui fixent néanmoins mon téléobjectif, me permet de réaliser ce cliché en tête à tête, droit dans les yeux.

 

renard,renardeaux,dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

23/05/2018

Frane Nature Environnement Sentinelles de la nature

Logo FNE.pngCOMMUNIQUE DE PRESSE
MARDI 22 MAI 2018
SENTINELLES DE LA NATURE : UNE NOUVELLE APPLICATION MOBILE POUR PROTÉGER L’ENVIRONNEMENT

 


Journée mondiale de la biodiversité le 22 mai, journée mondiale des geeks le 25 mai: deux excellentes occasions pour télécharger la toute nouvelle application «Sentinelles de la nature». Avec elle, participer à la protection de l’environnement devient (presque) un jeu d’enfant. Grâce à cette appli, France Nature Environnement et ses associations fédérées complètent le site sentinellesdelanature.fr, une plate-forme numérique de signalement des atteintes à la nature et des initiatives favorables à l’environnement.


Un site et une application pour une action citoyenne environnementale

Qui ne s'est pas senti un jour démuni en découvrant de ses yeux une décharge sauvage, une destruction de zone humide ou encore un cours d'eau pollué ? Qui n'a jamais voulu faire connaître au monde entier la belle idée en faveur de la nature et l'environnement développée à côté de chez elle ? Avec le projet Sentinelles de la Nature, chacun dispose désormais d'un moyen d'agir facilement en quelques clics. Le site sentinellesdelanature.fr et son application mobile fraîchement lancée (disponible sur Google Play et Apple Store) permettent de signaler des actions favorables à l’environnement et des dégradations environnementales, mais également d'agir main dans la main avec les autorités compétentes et les associations du mouvement France Nature Environnement pour prévenir ou résorber ces atteintes.



Comment agir sur le territoire ?


Le site internet et l’application des Sentinelles de la nature permettent aux utilisateurs de contribuer à la préservation de la planète en signalant directement les atteintes ou initiatives favorables à l’environnement sur une carte participative. Ces informations sont transmises aux référents associatifs de la région pour revue et éventuelle proposition d’action lorsqu'il s'agit d'une atteinte à l'environnement. Le but: prévenir et résorber les atteintes à l'environnement et faire connaître des initiatives positives.



Les citoyens deviennent alors « Sentinelles » et peuvent, grâce à un système de suivi, connaître l’état d’avancement des démarches entreprises et modifier leur signalement en apportant par exemple de nouveaux éléments. Les « Sentinelles » qui le souhaitent peuvent donc rester des contributeurs actifs pour mettre fin aux atteintes à l'environnement.



Les Sentinelles de la nature : un projet fédéral de grande ampleur

La petite graine ne cesse de croître. Né en Auvergne Rhône Alpes, à l’initiative de la FRAPNA, puis de la FRANE, le projet a été repris par France Nature Environnement pour le déployer à l’échelle nationale. 9 Fédérations régionales associatives, qui couvrent différents territoires, ont aujourd’hui rejoint le projet : l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne Franche-Comté, la Bretagne, le Grand Est, le Limousin et la Normandie. Cet outil permet au mouvement France Nature Environnement de renforcer sa veille écologique en sensibilisant et mobilisant largement les citoyens et les acteurs du territoire. Gratuit et sans publicité, l’initiative embrasse la volonté collective, toujours plus prégnante dans notre société, d’agir concrètement pour l’environnement.



« Agir pour un monde vivable passe par des actions à tous les niveaux. Contribuer à révéler des irrégularités ou mettre en valeur des initiatives favorables est particulièrement important pour la préservation de notre environnement. L’application Sentinelles de la nature permet à chacun, en quelques clics, de devenir acteur d’un environnement plus sain et d’une nature plus belle, près de chez soi ou sur son lieu de vacances. A l’aide de cet outil, le temps est venu pour les hommes et femmes de bonne volonté de se prendre en main et de construire ensemble une vigie collective et citoyenne au service d’un avenir désirable », précise Arnaud Schwartz, pilote du projet au sein de France Nature Environnement.



Voir le communiqué de presse en ligne



France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

18/05/2018

L'échinococcose à la trace

L'échinococcose à la trace

 

par Jenny Knapp
 
 
Article publié dans le numéro 276 de mai-juin 2018 du magazine "En Direct"

 

À proximité de Pontarlier et de la Suisse, la petite commune des Alliés se trouve, à près de mille mètres d’altitude, en plein pays saugeais. Elle est également située au cœur de la zone d’endémie de l’échinococcose alvéolaire, et à ce titre représente depuis plusieurs années un champ d’investigation privilégié pour les chercheurs du laboratoire Chrono-environnement de l'Université de Franche-Comté.
 
 
Depuis mars 2017, grâce au programme MoniZoo, pour monitoring des zoonoses, les chercheurs effectuent un prélèvement systématique et régulier des fèces d’animaux sauvages et domestiques sur tout le village. L’objectif ? Mieux connaître la prévalence d’Echinococcus multilocularis et repérer l’impact des saisons sur la prolifération et la diffusion du parasite, dans un secteur où près de 53 % des renards sont infestés, contre 14 à 20 % dans le nord de la France, et 7 à 17 % en région parisienne (Combes et al., 2012).
 
 
Ingénieure hospitalier de recherche rattachée laboratoire Chrono-environnement, Jenny Knapp est responsable du projet MoniZoo. « L’analyse biologique moléculaire des fèces animales récoltées tous les deux mois donne les informations voulues pour déterminer l’identité de l’animal infesté, sa charge parasitaire et la localisation des zones géographiques où la concentration de parasites est plus importante. » Les premiers résultats confirment ici l’hypothèse selon laquelle la présence du parasite serait moins forte après l’hiver, contrairement à ce qui est observé sur d’autres secteurs ; cette tendance demande à être vérifiée et expliquée sur les prochaines années. L’étude devrait par ailleurs se compléter d’une thèse comparative entre communes rurales et zones périurbaines, sur Pontarlier, Besançon et probablement Dijon, puisqu’on sait que les renards n’hésitent plus à s’approcher des lieux habités où ils trouvent facilement de quoi se nourrir, et que les chats et surtout les chiens sont aussi identifiés comme vecteurs du parasite.
 

Des conseils de prévention ? Donner régulièrement un vermifuge à ses animaux domestiques, idéalement toutes les cinq semaines, le parasite se développant en six semaines. « N’oublions pas que c’est la dissémination de vermifuges qui a permis d’éradiquer la rage… » Clôturer son potager et bien se laver les mains après avoir jardiné ou touché la terre sont également de sages précautions à adopter. Rappelons que le parasite est insensible à l’eau de Javel, au vinaigre et autres désinfectants, qu’il ne craint pas la congélation et n’est détruit qu’à la cuisson, à une température de 70°C.

 

Le projet MoniZoo est porté par le CNR Échinococcoses, Centre national de référence créé à Besançon en 2011, dont les missions s’étendent depuis 2017 à l’échinococcose kystique. Mandaté par le ministère de la Santé, le CNR est placé sous la tutelle du CHU de Besançon, de l’université de Bourgogne - Franche-Comté, du laboratoire Chrono-environnement, de l’Agence santé publique France ; il est également centre collaborateur pour l’Organisation mondiale de la santé.

 

 

carte notifiant les relevés de fèces de renard, chien et chat

 

Relevé de fèces de renard, chien et chat,

Echinococcus multilocularis positive, Les Alliés, mars 2017

 

Contact :

Jenny Knapp - Laboratoire Chrono-environnement - UFC / CNRS

Tél. +33 (0)3 70 63 21 06

 

Sur ce même blog, en tapant "Echinoccose" dans la fenêtre en haut et à droite de la page d'accueil, vous trouverez  nombre d'articles concernant l'échinoccose, notamment en Franche-Comté.

      
   

 


 

 

Biodiversité : le plan dont "tout le monde se fiche"

Logo_Principal_ROUGE_180.pngCOMMUNIQUE DE PRESSE JEUDI 17 MAI 2018
BIODIVERSITÉ :

LE PLAN DONT « TOUT LE MONDE SE FICHE » ARRIVE

 

 
« La biodiversité, tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns » disait, il y a peu, Nicolas Hulot. Les grands axes de mobilisation en faveur de la biodiversité qu’il présentera à Marseille ce 18 mai 2018 changeront-ils la donne ? Impatiente et vigilante face à ces annonces bienvenues, France Nature Environnement fera en tout cas partie de ceux qui suivront avec grande attention le plan d'action gouvernemental et feront des propositions concrètes pour le nourrir, convaincus qu’il doit contribuera à enrayer la sixième extinction massive des espèces en cours.



Le Plan biodiversité, dont « tout le monde se fiche » est pourtant capital



Dans un cri du coeur, Nicolas Hulot réclamait en mars dernier un "sursaut d’indignation" aux parlementaires pour défendre la faune et la flore et appelait à la mobilisation collective. Le ministre d’Etat présente quelques semaines plus tard les grands axes de cette mobilisation. Ceux-ci devraient constituer l’ossature du futur plan Biodiversité 2020. Pour la fédération, ce plan doit être un pilier fort de l'édifice à construire pour répondre à l’immense défi, qu’est celui de la préservation du patrimoine naturel, avec qui nous avons une communauté d’origine et de destin.



Car les sonnettes d'alarme n’ont que trop retenti. Le dernier rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, comme les indicateurs[1] de l’Observatoire national de la biodiversité montre que la sixième extinction massive des espèces se passe partout et aussi ici, en France. Notre pays, située dans 5 des 36 « points chauds » de biodiversité identifiés au niveau mondial et faisait partie des 18 pays abritant la biodiversité la plus riche, a besoin de (re)trouver une ambition sur l’enjeu biodiversité.



« Mais cet enjeu ne doit plus être le dossier du seul ministère de l'Écologie. Il doit être porté pleinement par les ministères en charge de l'Agriculture, de l'Industrie ou encore des Transports. En somme, l'ensemble de l'action publique » met en garde Jean-David Abel, vice-président de France Nature Environnement. « Si Nicolas Hulot reste seul, il sera en capacité de mettre en place quelques mesures mais elles seront inévitablement insuffisantes »



Plan biodiversité 2020 : comment peut-il relever le défi ?



En sus d’une mobilisation interministérielle, la reconquête de la biodiversité nécessite des crédits supplémentaires, ce qui est faisable sans creuser la dette publique. France Nature Environnement recommande de supprimer les aides publiques dommageables à la biodiversité et de réorienter les économies dégagées au soutien des comportements vertueux. Énergie, transports, agriculture… l'argent public ne doit plus financer l'érosion de la biodiversité. Ces mesures devront également être appuyées par l’investissement des collectivités territoriales, notamment des régions dans le cadre de leur compétence biodiversité et à l’occasion du déploiement la "trame verte et bleue" et de son intégration dans les documents d'urbanisme.



Des actions concrètes, opérationnelles et transversales, de court et moyen termes sont également attendues. Pour France Nature Environnement, cela veut dire mettre en œuvre des décisions déjà prises comme le fait d'établir les plans de protection de 55 000 hectares de mangroves d’ici 2020 et de 75 % des récifs coralliens d'ici 2021 ou encore d'expérimenter en Outre Mer un réseau d'aires protégées s'inspirant du réseau Natura 2000. Ou encore, prendre des décisions sans regrets, comme, par exemple, de retirer la belette et le putois de la liste nationale des espèces susceptibles de causer des dégâts. Et aussi engager des travaux de réforme fiscale et foncière.



Ces mesures devront également être appuyées par l’investissement des collectivités territoriales, notamment des régions dans le cadre de leur compétence biodiversité et à l’occasion du déploiement la « trame verte et bleue » et de son intégration dans les documents d'urbanisme.



Michel DUBROMEL, président de France Nature Environnement, conclut : « Le futur plan national en faveur de la biodiversité doit constituer le point de départ d’un nouvel engagement fort de l’ensemble de la société, et en premier lieu de l’État. Le gouvernement aura-t-il un sursaut d'indignation face à l'érosion de la biodiversité ? Est-il enfin prêt à passer à l'action ? C'est ce que nous attendons clairement des annonces de ce vendredi. »

 

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

17/05/2018

Droit debout, toujours sur ses racines

Droit debout, toujours sur ses racines

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste

 

 

Les vieux arbres constituent un symbole toujours vivant du temps qui passe. L'image de ce cerisier dont il ne reste plus que le tronc en est la parfaite représentation.

 

Il demeure l'un des derniers arbres isolés sur cette parcelle agricole du plateau de Brognard où le colza s'est imposé dans le paysage.

 

Il en aurait des choses à raconter. Combien d'oiseaux s'y sont posés, s'y sont abrités, ont trouvé refuge dans son feuillage le temps d'une nichée. N'oublions pas tous ceux qui ont pu profiter des fruits qu'il a pu offrir que ce soit les animaux ou l'homme et qui, sans doute, ont bien dû à un moment ou un autre, sombrer dans une petite sieste d'été à l'abri de son feuillage.

 

Et combien d’étoiles a-t-il vu tourner inlassablement au-dessus de lui, d'éclairs d'orages violents qui auraient pu le mettre à terre en une fraction de seconde ?.

 

Merci à l'agriculteur car les propriétaires sont rares à laisser encore ces vieux arbres de plein champ vivre leur vie jusqu'au bout !

 

Mais ce cerisier est toujours là. Chaque jour où je passe à proximité je le salue, il s'impose encore dans le paysage et me réjouit de voir des promeneurs le photographier.

 

L'ambiance de ce jour laisse penser qu'il s'élance vers le ciel pour arrêter la fuite des nuages et par la même occasion celle du temps.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,pays de montbéliard,cerisier,

Cliché © Dominique Delfino

15/05/2018

L'Union Européenne réduit l'usage de trois néonicotinoïdes

néonicotinoïdes,abeilles,bourdons,union européenne,pesticides,clothianidine,imidaclopride,thiaméthoxameL'Union Européenne (UE) réduit encore un peu plus l'usage de trois néonicotinoïdes

 

par Sciences et Avenir avec AFP le 27.04.2018 à 14h30

 

La Commission européenne a décidé de réduire encore un peu plus l'usage de la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame. Des substances connues sous le nom de néonicotinoïdes sont destructrices pour les abeilles.

 

  • Députés et sénateurs souhaitent une application stricte de l'interdiction des néonicotinoïdes,
  • Des traces de néonicotinoïdes dans 75 % des miels du monde entier.

 

Les néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveux des insectes pollinisateurs.

 

L'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa), a confirmé le 28 février 2018 le risque pour les abeilles posé par trois néonicotinoïdes actuellement soumis à des restrictions d'usage dans l'UE dans un rapport attendu de longue date. "Globalement le risque pour les trois types d'abeilles que nous avons étudiés est confirmé", a expliqué Jose Tarazona, à la tête du département Pesticides de l'Efsa, dans un communiqué de l'agence. Dans tous les cas d'utilisation en extérieur de ces substances, au moins un des aspects évalués indique un "risque élevé" pour l'abeille, précise l'Efsa.

 

Une étude encore plus poussée que la précédente

 

L'avenir de ces trois pesticides néonicotinoïdes (la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame), subtances neurotoxiques qui s'attaquent au système nerveux des insectes, est en suspens dans l'Union depuis 2013 après une première évaluation de l'agence scientifique. Celle-ci s'est lancée deux ans plus tard dans une évaluation encore plus poussée des effets des néonicotinoïdes sur les abeilles, visant à rassembler "toutes les preuves scientifiques" publiées depuis son premier avis, et dont la conclusion avait pris du retard face à la masse de données collectées. En outre, l'évaluation couvre cette fois non seulement les abeilles à miel, mais aussi les insectes sauvages tels que les bourdons et les abeilles solitaires.

 

Bayer a immédiatement critiqué le rapport

 

Le géant allemand des pesticides Bayer a immédiatement réagi à la publication de l'Efsa. Il a clamé son "désaccord fondamental" avec l'analyse mise à jour de l'agence sur l'imidaclopride et la chlothianidine. "Les résultats de l'Efsa la placent en dehors du courant scientifique dominant actuel sur la santé des abeilles, comme représenté par de récentes évaluations similaires" par les agences scientifiques environnementales aux Etats-Unis et au Canada, soutient Bayer dans un communiqué.

L'association européenne des producteurs de pesticides, l'ECPA, a également fait part de sa désapprobation. "Nous ne contestons pas la possibilité d'un risque pour les abeilles, toutefois nous ne partageons pas l'avis de l'Efsa sur la nature de ce risque", explique-t-elle sur Twitter. "Avec les bonnes mesures, tout risque posé aux abeilles par les néonicotinoïdes peut être géré", estime l'ECPA.

 

Plus d'une centaine de députés et de sénateurs ont exigé le 27 mars 2018 une application stricte de l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes à partir de l'automne 2018, en limitant au maximum les dérogations, et une meilleure traçabilité pour le miel. Utilisées en agriculture pour protéger les cultures de ravageurs, mais aussi en tant que biocides ou médicaments vétérinaires, les néonicotinoïdes sont des substances insecticides dites systémiques (c'est-à-dire qui pénètrent dans les végétaux), d'après l'Agence nationale de sécurité sanitaire Anses. 

 

Des substances qui contribuent au déclin des insectes

 

Les pesticides néonicotinoïdes s'attaquent au système nerveux des insectes, désorientent les pollinisateurs, contribuant au déclin spectaculaire des colonies d'abeilles. Elles touchent aussi des invertébrés terrestres et aquatiques et persistent dans l'eau et les sols. Au niveau européen, Bruxelles a restreint en décembre 2013 l'usage des trois principales substances pour les cultures à fleurs (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), mais pas sur les céréales d'hiver. Deux autres substances néonicotinoïdes, le thiaclopride, dont l'usage est en hausse, et l'acétamipride, n'étaient pas concernées par ce moratoire partiel. "Si on peut se réjouir d'une véritable prise de conscience sur la question climatique, on a vraiment laissé la biodiversité sur le bord du chemin dans nos priorités", a déploré Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), alors qu'une étude récente fait état d'un déclin "vertigineux" des oiseaux de campagne. "Il n'y a qu'une ambassadrice qui réveille un peu nos consciences, c'est l'abeille", a-t-il souligné.

 

"Pour nous, les choses sont claires,

c'est le moins de dérogations possibles"

 

Réunis dans un comité de soutien à l'abeille et aux apiculteurs, ces 135 élus entendent soutenir la filière apicole, qui emploie environ 100.000 personnes en France, et protéger les abeilles, alors que la production nationale a été divisée par trois entre 1995 et 2016 et que les importations ont augmenté d'autant. "Pour nous, les choses sont claires, c'est le moins de dérogations possibles", a expliqué la députée Delphine Batho (Nouvelle Gauche) lors d'une conférence de presse. En effet, la loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l'interdiction des néonicotinoïdes en France à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. Pour mieux lutter contre ces substances, "on va proposer enfin une définition dans la loi pour définir précisément ce que c'est, un pesticide néonicotinoïde", a fait savoir le député Matthieu Orphelin (LREM).

 

Ce comité défend aussi une meilleure traçabilité des miels. La législation européenne prévoit de mentionner sur l'étiquette des pots de miel le pays d'origine de récolte, sauf pour les miels mélangés provenant de plusieurs pays. Or les miels mélangés importés représentent 75% des miels consommés en France, selon ce comité. Il faut "faire en sorte que les consommateurs sachent ce qu'ils consomment", a souligné Henri Clément, porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française.

 

Trois néonicotinoïdes considérés comme dangereux pour les abeilles - des pesticides déjà soumis à des restrictions d'usage dans l'UE - vont être quasi totalement interdits après le vote le 27 avril 2018 d'une majorité d'Etats membres, a annoncé la Commission européenne. Une majorité qualifiée d'entre eux (au moins 16 pays sur 28 représentant 65% de la population) a apporté son soutien à la proposition de la Commission lors d'un comité d'experts réuni, a précisé l'exécutif européen dans un court communiqué.

 

Une utilisation de ces 3 substances actives désormais très limitée

 

L'avenir de la clothianidine, l'imidaclopride et le thiaméthoxame - des subtances neurotoxiques qui s'attaquent au système nerveux des insectes largement utilisées - était en suspens depuis 2013, après une première évaluation négative de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa). L'agence a confirmé son opinion fin février 2018, une évaluation qui est venue soutenir la volonté de l'exécutif européen d'élargir l'interdiction. Celle-ci s'applique désormais à toutes les cultures en plein champ, avec pour seule exception les usages en serres, à condition que graines et plantes ne quittent pas leur abri fermé.

 

"La Commission avait proposé ces mesures il y a des mois, sur la base de l'avis scientifique de l'Efsa. La santé des abeilles a toujours une importance cruciale pour moi, puisque cela concerne la biodiversité, la production alimentaire et l'environnement", a réagi le commissaire européen à la Santé et la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis. "Je suis heureux que les Etats membres aient voté en faveur de notre proposition d'aller plus loin dans la restriction de l'utilisation des substances actives imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame connues sous le nom de néonicotinoïdes", a-t-il écrit sur Twitter.

 

"C'est un triste jour pour les agriculteurs", a réagi Bayer

 

Le géant Bayer a déjà réagi à cette décision. Dans un communiqué, l'entreprise allemande assure que "c'est un triste jour pour les agriculteurs et une mauvaise affaire pour l'Europe". "Aujourd'hui, la décision prise par les Etats membres de l'UE de réduire l'utilisation de certains néonicotinoïdes (...) est une mauvaise affaire pour le secteur agricole européen et l'environnement et qui ne permettra pas d'augmenter le nombre d'abeilles et d'autres pollinisateurs", assure Bayer. Le chimiste prévient que dorénavant, les agriculteurs s'attaqueront avec plus de difficultés aux parasites, "dont beaucoup non pas de traitements alternatifs", autre que les néonicotinoïdes. "Au delà du coût pour les agriculteurs européens, les restrictions en place ont déjà conduit à des conséquences inattendues considérables ; un manque de solutions alternatives, plus de pulvérisations menant à plus d'émissions de CO2 ; un risque accru d'émergence de parasites résistants et un retour aux vieux et peu efficaces, produits chimiques", ajoute l'entreprise.

 

néonicotinoïdes,abeilles,bourdons,union européenne,pesticides,clothianidine,imidaclopride,thiaméthoxameUn néonicotinoïde accusé de réduire

la fertilité des reines bourdons

 

par Sciences et Avenir avec AFP le 17.08.2017 à 09h00.

 

Le thiaméthoxame, un néonicotinoïde utilisé dans les cultures céréalières, diminuerait la proportion de reines capables de pondre des oeufs et donc de fonder des colonies.

 

Selon une étude menée par des chercheurs britanniques, le thiaméthoxame réduit la fertilité des reines bourdons.

 

Le thiaméthoxame, un insecticide néonicotinoïde utilisé dans les cultures céréalières, pourrait à terme conduire à la disparition des bourdons (Bombus terrestris) note une étude parue le 14 août 2017 dans la revue Nature Ecology & EvolutionCe pesticide controversé diminue la proportion de reines capables de pondre des oeufs et donc de fonder des colonies. Cela pourrait conduire à l'effondrement de la population de ces insectes pollinisateurs déjà menacés entre autres par le changement climatique, la destruction de leur habitat et les espèces invasives.

 

Baisse de 26 % du nombre de reines pondant des œufs

 

Les chercheurs britanniques ont exposé en laboratoire des reines de bourdons à des doses de thiaméthoxame comparables à celles auxquelles elles seraient confrontées dans la nature. Et ils ont constaté que cette exposition entraînait "une baisse de 26 % de la proportion de reines pondant des oeufs". Or "créer de nouvelles colonies est vital pour la survie des bourdons. Si les reines ne produisent pas d'oeufs ou ne fondent pas de nouvelles colonies, il est possible que les bourdons disparaissent complètement", souligne Gemma Baron, de la Royal Holloway University of London.

 

Une utilisation déjà restreinte en Europe

 

Les néonicotinoïdes sont des substances neurotoxiques qui s'attaquent au système nerveux des insectes et ont de ce fait contribué au déclin des abeilles constaté notamment en Europe et en Amérique du Nord. Depuis 2013, l'Union européenne a restreint l'usage des trois principales substances néonicotinoïdes (la France souhaite en interdire 4 autres d'ici septembre 2018) dont le thiaméthoxame pour les cultures à fleurs mais pas pour les céréales à paille d'hiver. Or, pour fonder de nouvelles colonies, les reines doivent survivre à cette période. Les néonicotinoïdes sont donc une menace supplémentaire à cette étape cruciale pour les bourdons dont les effectifs sont en déclin au niveau mondial.

 

GOUVERNEMENT MACRON : UN AN APRÈS, BILAN EN MATIÈRE DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE

gouvernement macron,bilan 2017COMMUNIQUE DE PRESSE
LUNDI 14 MAI 2018
GOUVERNEMENT MACRON : UN AN APRÈS, QUEL BILAN EN MATIÈRE DE TRANSITION ÉCOLOGIQUE ?


Un an s’est écoulé depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République et l’entrée en fonction de son gouvernement. L’occasion pour France Nature Environnement de dresser un premier bilan approfondi, et d’appeler le gouvernement à faire mieux tant en définissant des objectifs concrets et adéquats qu'en ce qui concerne les moyens dédiés.


Eau, agriculture, énergie, mobilité, mer, biodiversité, déchets… les experts de France Nature Environnement se sont mobilisés pour faire le bilan de cette première année d’exercice du gouvernement Macron. Avec du positif, du négatif mais également un grand nombre de points à surveiller. Au-delà de cette analyse sectorielle et détaillée, France Nature Environnement relève plus globalement quelques éléments saillants :


Un exercice du pouvoir très « vertical », avec des processus de décision prenant peu en compte l’avis des corps intermédiaires, et notamment de la société civile, qui sont pourtant des acteurs déterminants dans la conduite et la réussite des différents chantiers et consultations.


Une volonté affichée sur les questions de climat et biodiversité peu traduite dans les actes, hormis l’abandon du projet d’aéroport Notre Dame des Landes.


Une priorité donnée à la "libération" et la relance de l'activité économique, qui conduit régulièrement à minorer des enjeux environnementaux.


Un fort volontarisme, qui s'est traduit par l'ouverture de très nombreux chantiers, conduits à un rythme soutenu (réforme constitutionnelle, Etats généraux de l'Alimentation, Mobilité, Economie Circulaire, Assises des Outremers, Groupes de travail sur les énergies renouvelables, Conférences Territoriales, Assises de l'Eau, etc.). Les objectifs, le phasage et les débouchés de ces chantiers ont été à leur initiation trop peu définis, ce qui n'a pas facilité le suivi et les contributions des parties prenantes ; ceci quand les décisions du gouvernement ne court-circuitaient pas tout simplement la phase de consultation.


Une volonté de "simplification" tous azimuts du droit, mais qui ne peut et ne doit pas s’inscrire dans une logique où normes et règles sont uniquement des entraves à l'activité et à l'entrepreneuriat. Si France Nature Environnement n’est pas opposée au principe même de simplification parce qu’elle peut répondre à la nécessité d’une plus grande clarté des règles et à certains recours réellement abusifs, ce processus ne doit pas aboutir à une évolution mal maîtrisée et de fait à une régression du droit de l’environnement. Ce qui se profile malheureusement actuellement.


Une conduite volontairement accélérée des chantiers parlementaires, qui ne facilite pas le travail de plaidoyer auprès des groupes parlementaires et le portage de propositions alternatives.


Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « de nombreux chantiers ont été ouverts depuis un an mais au-delà de certains affichages, ils n’intègrent pas les priorités environnementales et les urgences climatiques, comme on peut le constater dans nombre d’arbitrages gouvernementaux. Les objectifs et avis du ministre d'Etat en charge de la Transition Ecologique et Solidaire sont insuffisamment pris en compte, en tout cas pas au même niveau que ceux d'autres ministères. Le plus souvent en raison d'objectifs économiques de court terme ou en réponse à des lobbies actifs. Le gouvernement peut et doit mieux faire dès les prochains mois en matière de transition écologique, tant en définissant des objectifs concrets et adéquats qu'en ce qui concerne les moyens dédiés ».



Lire le dossier de France Nature Environnement :

« Les chantiers environnementaux du gouvernement, un an après »


France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous.

www.fne.asso.fr

14/05/2018

Grive musicienne

La musicienne du printemps

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Dès le mois de février, le chant de la Grive musicienne résonne dans la campagne. Haut perché sur un arbre, ou un mur de pierres, cet oiseau domine le paysage en diffusant des notes claires, hautes, puissantes et mélodieuses.

 

C'est l'un de nos meilleurs oiseaux chanteurs. Au printemps, le mâle se manifeste inlassablement du lever du jour au crépuscule pour défendre son territoire.

 

La Grive musicienne vit dans les forêts claires de feuillus et de conifères, dans les buissons, les parcs et les jardins arborés. Encore récemment, c'était l'un des oiseaux les plus communs des jardins.

 

À cette période de l'année, il n'est donc pas rare de l'observer chasser et capturer vers de terre, insectes, escargots dont elle brise la coquille sur une pierre qui lui sert d’enclume.

 

Comme l'illustre ce cliché, cette grive musicienne témoigne d'une certaine confiance en chassant à proximité de moi. Pas de temps à perdre, ses poussins l'attendent avec impatience au nid pour la becquée.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier, grive musicienne,

Document © Dominique Delfino

 

08/05/2018

Les effectifs du blaireau sont en baisse

 Blaireau_d'orbigny-200.jpgLes effectifs du blaireau sont en baisse

 

Bien que les effectifs du blaireau soient mal connus à l'échelle de la France, certaines préfectures reconnaissent désormais que les populations de blaireaux sont en diminution dans leur périmètre.

 

 

Chasse-au-Blaireau.jpg

La photo d'illustration de cette mise à jour est publiée ici avec l'aimable autorisation de l'administrateur du blog "Le royaume de Meles" un blog original et instructif dédié au blaireau https://lc.cx/WC5L


Suite à la prise d'un arrêté préfectoral l'année dernière relatif à l'ouverture et à la fermeture de la chasse pour la campagne 2017-2018 dans le département du Gard, la synthèse des observations formulées rapporte que « Les observations du public ont mis en évidence un certain nombre d'interrogations sur la pratique locale de la vénerie sous terre et ses effets sur les populations de blaireau ». Mais surtout elle précise que d'après une publication de l'ONCFS l'indice de densité calculé permet de constater une baisse de plus de 20% entre les périodes 2004-2008 et 2009-2012 dans ce département, c'est-à-dire une très forte baisse des effectifs en très peu de temps :



http://gard.gouv.fr/content/download/24186/175724/file/No...



Pourtant en dépit de ce constat alarmant, la préfecture du Gard prévoit une nouvelle fois cette année d'appliquer une période complémentaire de chasse pour le blaireau à partir du 15 mai 2019 jusqu'au 30 juin 2019 en plus de la période légale de chasse qui va du 15 septembre 2018 au 15 janvier 2019 :



http://gard.gouv.fr/content/download/28188/201024/file/xA...



Ce projet d'arrêté préfectoral en l'état n'est pas acceptable. D'après les textes de la Convention de Berne dont le blaireau est classé en annexe 3 de la dite convention, la France a l'obligation de maintenir les effectifs de cet animal dans un état de conservation favorable. Ce projet d'arrêté est en cours de consultation publique jusqu'au 15 mai 2018.



Par conséquent je propose que nous exprimions massivement notre désaccord sur la vénerie du blaireau de ce projet d'arrêté préfectoral.



Les dégâts éventuels causés par le creusement des terriers par l'animal sur les digues et les ouvrages hydrauliques sont régulièrement apportés pour justifier la chasse du blaireau. Pour ce problème, lorsqu'il a lieu, il existe une solution pacifique et efficace, vous trouverez tous les arguments à avancer et à personnaliser pour étayer votre argumentaire sur ce lien :

https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2018/04/3...

Manifestez votre opposition en envoyant votre message à cette adresse mail : ddtm-consultpublic@gard.gouv.fr



D'autres consultations publiques relatives au blaireau sont actuellement en cours, vous pouvez donner votre avis : https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/category/...



Adultes et enfants, tout le monde a le droit de donner son avis. Le message suivant a été envoyé au préfet de la Côte d'Or au sujet de sa décision d'éradiquer le mustélidé dans plusieurs communes de son département à cause de la tuberculose bovine, puis posté en commentaire sur la précédente mise à jour de cette pétition :

« Monsieur le Préfet,



Je trouve qu'il est cruel et inutile de tuer et de chasser les blaireaux, alors qu'ils sont utiles pour la nature, en mangeant les nuisibles par exemple.


En plus, rien ne prouve qu'ils donnent la maladie de la tuberculose aux vaches, et je sais qu'ils sont craintifs et évitent d'aller voir les humains et les gros animaux.

Je vous demande de lire ce très bon livre que j'ai lu à l'école :



https://www.babelio.com/livres/Eckert-La-Rencontre/57600



J'espère qu'il vous fera vous rendre compte qu'il faut protéger les blaireaux plutôt que de laisser les chasseurs les tuer pour le plaisir et sans raison.



Bonne journée,
Lise, 11 ans.»



Un certain nombre d'entre vous peuvent penser que les consultations publiques ne servent à rien, que les décisions sont prises d'avance quels que soient les avis. Pourtant, c'est grâce aux avis des citoyens et des associations que plusieurs préfets prennent désormais la décision de réduire ou de ne plus accorder de périodes complémentaires de chasse pour le blaireau. Récemment aussi, grâce à une importante mobilisation citoyenne, les préfets de l’Aube et de la Meurthe-et-Moselle ont abandonné un projet visant à la destruction du renard par tir de nuit: « Dans ces circonstances, M. le préfet a décidé de ne pas reconduire d’arrêté préfectoral autorisant le tir de nuit des renards par les lieutenants de louveterie pour l’année 2018. »



Merci pour votre participation.



Le blaireau doit obtenir le statut d'espèce protégée
http://change.org/ProtectionBlaireau

 

Voir également dans le même blog : http://baladesnaturalistes.hautetfort.com/archive/2011/05...

07/05/2018

Reconnaître et lutter contre le moustique tigre

Comment reconnaître et lutter contre

le moustique tigre qui envahit la France ?

par Christophe Magdelaine

fondateur du site notre-planete.info

 

Le moustique tigre fait parler de lui en France métropolitaine depuis une dizaine d'années mais jamais sa présence n'était autant observée : il s'est maintenant implanté dans de nombreux départements et fait courir de nouveaux risques sanitaires pour la population. Les agences régionales de santé lancent l'alerte et demandent à la population d'être vigilante.

 

Le moustique Aedes albopictus (communément appelé "moustique tigre") est un moustique originaire d'Asie et se retrouve plus communément sous les latitudes tropicales, sauf qu'il gagne de plus en plus les latitudes élevées et notamment la France.

 

Aedes-albopictus-450.jpg

 

Il est apparu en 2004 dans les Alpes Maritimes ; depuis il n'a cessé de gagner du terrain : en 2012, tout le pourtour méditerranéen français était infesté par le moustique tigre. Puis il a remonté le Rhône et conquis l'Aquitaine. Il est désormais implanté dans 42 départements, y compris en Ile-de-France et en Alsace. Et pour cause, "son caractère anthropophile (qui aime les lieux habités par l'homme) explique qu'une fois installé dans une commune ou un département, il est pratiquement impossible de s'en débarrasser" indique le site Santé Publique France.

 

Aedes-albopictus-en-janvier-2018-450.jpg

 

Autrement dit, il nous faudra maintenant vivre avec le moustique tigre. Malheureusement, il est vecteur de maladies potentiellement dangereuses telles la dengue, le chikungunya ou le zika. "Même s'il n'existe pas d'épidémie de ces maladies actuellement en France métropolitaine, la vigilance de chacun est précieuse pour limiter sa prolifération."

 

Le moustique n'est pas porteur de ces maladies mais seulement un vecteur. Ainsi, il ne présente un risque que s'il a piqué, au préalable, une personne déjà infectée, revenant d'un pays où sévissent ces maladies.

 

Comment reconnaître le moustique tigre?

 

  • Contrairement aux idées reçues, il est très petit (plus petit qu'une pièce d'un centime d'euro) ne dépassant pas 1 cm d'envergure (en moyenne 5 mm, ailes et trompe comprises).

 

  • Son corps et ses pattes sont zébrés noir et blanc.

 

  • Sa piqûre est douloureuse.

 

  • Il pique durant la journée (ce n'est pas lui qui vous empêche de dormir la nuit !).

 

Ces caractéristiques permettent de ne pas le confondre avec d'autres espèces de moustiques locaux plus ou moins zébrées.

 

Comment se protéger du moustique tigre et éviter sa prolifération ?

 

Chaque femelle de moustique pond environ 200 œufs au contact de l'eau, ainsi, comme le moustique commun ou Maringouin domestique (Culex pipiens), il faut l'empêcher de profiter d'une eau stagnante.

 

Pour éviter que l'espèce ne se reproduise et ne prolifère :

 

  • éliminez les endroits où l'eau peut stagner (parfois quelques centilitres peuvent suffire pour qu'une femelle y dépose ses œufs) : coupelles des pots de fleurs, jeux d'enfants, mobilier extérieur, pneus usagés, encombrants, etc. Pensez aussi à entretenir les sépultures dans les cimetières, lieux propices au développement des moustiques ;

 

  • vérifiez le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées (gouttières, rigoles…),

 

  • couvrez les réservoirs d'eau : bidons d'eau, citernes, bassins avec un voile ou un simple tissu ainsi que les piscines hors d'usage.

 

Vous avez découvert un moustique tigre ? Signalez-le !

 

L'ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s'agit d'une action citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place. Rendez-vous sur le site www.signalement-moustique.fr où un questionnaire vous permettra de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre. Vous partez en voyage en zone tropicale ?

 

Affiche-Aedes-albopictus-450.jpg

 

Vous partez en voyage en zone tropicale ?

 

Protégez-vous des piqûres de moustiques durant votre séjour :

 

  • portez des vêtements couvrants et amples. Attention ! Les moustiques exploitent les moindres parties dénudées pour piquer (y compris les paupières) ;

 

  • appliquez sur la peau des produits anti-moustiques, surtout en journée. Demandez conseil à votre pharmacien ou médecin ;

 

  • protégez-vous à l'intérieur de vos habitats : installez des moustiquaires et des diffuseurs électriques, utilisez des climatiseurs (le moustique fuyant les endroits frais).

Santé Publique donne également les conseils suivants :

 

  • Si vous ressentez les symptômes suivants sur place ou à votre retour, consultez un médecin : fièvre brutale, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête, larmoiements, éruption cutanée avec ou sans fièvre.

 

  • Si vous êtes enceinte, évitez de voyager dans des zones où le moustique tigre est présent. Le virus Zika peut engendrer de graves anomalies du développement cérébral chez l'enfant.

 

Source : Moustique tigre « Aedes albopictus » et lutte anti-vectorielle - ARS Nouvelle-Aquitaine.

 

Lire également sur le même blog : Le moustique tigre prolifère en France

05/05/2018

Faisan de Colchide mâle

Monsieur « fait le Coq »

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Rencontre inattendue lors d'une balade matinale en parcourant les haies de la vallée de la Savoureuse. Ce superbe coq Faisan de Colchide, peu farouche, témoigne d'une certaine confiance face à mon téléobjectif.

 

Le gallinacé se présente face à moi dans le talus. Le cadrage qui en résulte affiche l'oiseau sous son plus beau portrait dans un plumage nuptial de saison.

 

S'il est toujours agréable de croiser le chemin de cet animal, ne pas oublier qu'il n'est pas un indicateur d'une riche biodiversité, s'agissant avant tout d'une espèce importée d'Asie, souvent destinée à l'élevage dans notre pays.

 

Plus discrètes à cette période de l'année, les femelles assurent à elles seules la couvaison, élèvent les poussins, pendant que... Monsieur fait le Coq !

 

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Cliché © Dominique Delfino

03/05/2018

Les tiques, entre vampires et mutants

Les tiques, entre vampires et mutants

 

par Grégoire Perez

 

Accusées d’inoculer sournoisement des maladies à l’animal et à l’homme, les tiques sont dans le collimateur des spécialistes de l’environnement et de la santé. Elles sont la cible d’une récente thèse sur l’influence que peut avoir le paysage sur leur prolifération et sur les maladies qu’elles véhiculent.

 

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Nymphe d'Ixodes ricinus © Grégoire Perez

 


Les tiques sont les principaux vecteurs d’agents pathogènes en zone tempérée. Ixodes ricinus est la plus répandue des quelque quarante espèces connues en Europe, et celle qui transmet le plus de maladies à nombre d’animaux sauvages et domestiques, ainsi qu’à l’homme. La piroplasmose, générée par un parasite, provoque l’éclatement des globules rouges dans le sang et atteint essentiellement les bovins ; l’anaplasmose, due à une bactérie, provoque syndromes grippaux, chute de production laitière et avortements chez les bovins, et il en existe une forme humaine ; la maladie de Lyme enfin, qui défraie la chronique depuis de nombreux mois, est également due à une bactérie, du genre Borrelia, et peut provoquer troubles articulaires, neurologiques et cardiaques chez l’homme comme chez l’animal.

 

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Apodemus sylvaticus, Mulot sylvestre © Grégoire Perez


Dans sa thèse soutenue en mai 2016 à l’université de Rennes I, et dont il a présenté les résultats à son arrivée au laboratoire Chrono-environnement, Grégoire Perez a étudié la circulation de ces agents infectieux chez les différents hôtes des tiques, et regardé comment le paysage a une influence sur leur prolifération. L’étude a été réalisée dans la Zone atelier Armorique, selon un gradient paysager incluant une forêt et sa lisière, un bocage agricole constitué de petites parcelles de cultures mixtes entourées par des haies, et de grandes surfaces dédiées aux cultures céréalières. « Même si les paysages agricoles comptent davantage de mulots sylvestres, la composition des hôtes ne varie guère d’une structure paysagère à l’autre », rapporte le jeune chercheur. Même constat pour la quantité de tiques, ramassées sur les différentes zones. « Contre toute attente, le nombre de tiques n’est sensiblement pas plus élevé en forêt que dans le bocage agricole, et elles ne semblent qu’à peine moins nombreuses dans les grandes parcelles, dès lors qu’il y a des haies et des bosquets pour les héberger. »



Trois repas de sang


Les tiques femelles, et elles seules, font trois repas de sang au cours des deux à quatre années de leur existence, correspondant aux trois stades de leur développement : de la larve à la nymphe, de la nymphe à l’adulte, et pour la production des œufs. Leur appétit grandissant les dirige au départ vers des petits rongeurs, puis des lièvres et des oiseaux, enfin vers des gibiers plus gros comme les chevreuils et les bovins. Les tiques contractent une bactérie ou un parasite lors de l’un de ces repas, qu’elles transmettent aux animaux, homme compris, lors des suivants. Ce fonctionnement est très complexe à décrypter, car les animaux hôtes ne présentent pas tous la même capacité de réserve d’agents pathogènes. Certaines Borrelia, pour ne citer que cet exemple, sont présentes chez les mammifères de petite et moyenne taille mais jamais chez les ongulés, et ce sont d’autres Borrelia que l’on trouve chez les oiseaux… Pour compliquer encore la donne, les tiques peuvent transmettre certains pathogènes directement à leurs œufs. À noter pour se tranquilliser un peu l’esprit, et même s’il peut y avoir des variations régionales, qu’en moyenne seules 3 % à 5,5 % des tiques analysées ici étaient infectées par l’un des trois agents pathogènes. L’étude montre aussi que la présence de tiques sur un territoire est directement liée au nombre de rongeurs, qui leur servent de garde-manger : plus il y a de rongeurs une année, plus il y a de tiques l’année suivante.


Après ces premiers travaux, Grégoire Perez pense étendre le spectre de ses recherches aux pesticides employés dans l’agriculture : soupçonnés d’affaiblir le système immunitaire des rongeurs, ils pourraient favoriser la circulation des agents infectieux.


Contact : 
Grégoire Perez - Laboratoire Chrono-environnement - Université de Franche-Comté / CNRS
Tél. +33 (0)3 81 66 62 55

 

Voir également dans ce même blog : les tiques et la maladie de Lyme.

24/04/2018

Voiles de pluie

Voiles de pluie

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

L'épisode orageux qui a traversé le pays de Montbéliard il y quelques jours s'est particulièrement bien manifesté durant quelques instants au niveau du plateau de Brognard.

 

Au regard de cette image, les rideaux de pluie mêlée de glace qui se sont répandus durant quelques minutes plongeaient le ciel dans une tourmente spectaculaire.

 

La masse orageuse s'éloigne progressivement sur la Suisse voisine accompagnée de quelques beaux éclairs et coups de tonnerre.

 

Surpris dans ma balade par cette intempérie, je profite de ce très beau ciel libérant son énergie à travers ces voiles de précipitation.

 

Le soleil s'impose progressivement mêlant lumière et eau avant que le spectacle ne se dissipe sur l'horizon.

 

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Cliché © Dominique Delfino