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05/10/2015

Automne flamboyant

Automne flamboyant

 

par Dominique Delfino

Photographe paysagiste, naturaliste et animalier

 

Après l'avoir évoqué l'automne à plusieurs reprises, je ne résiste pas à partager cette image réalisée aux Bréseux depuis le belvédère du Rocher du Bourbet.

 

Dominant la vallée du Dessoubre, le point de vue me laisse découvrir au petit matin un panorama intégralement noyé dans une mer de brouillard et dans le silence que seul le cri d'un Pic noir rompt de temps à autre. La brume se dissipe progressivement comme un rideau qui dévoile le paysage laissant apparaître les feuillages roux, flamboyants sous le soleil dominant.

 

Durant deux heures, je profite du temps qui s'écoule et découvre cette superbe vallée, symbole de la Franche-Comté au cœur de l'automne. La splendeur de ce tableau de saison restera gravée dans nos mémoires tout comme dans les cartes numériques de nos appareils photo.

 

Automne-flamboyant-450.jpg

Fruits et légumes d'automne

 

La vraie roue de la fortune

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

Qu'elle est belle et originale cette composition de saison découverte au bord d'une ferme des Bréseux sur le plateau de Maîche !

 

Jour après jour, je surveille l'évolution des couleurs d'automne qui, durant ce week-end ensoleillé, a pris des tons chatoyants superbes marquant certainement l'apogée de la saison pendant encore quelques jours.

 

C'est en me rendant au Rocher du Bourbet dominant la vallée du Dessoubre que la vieille roue de bois attire mon attention. Les fruits et légumes qui l'ornent résument à eux seuls toute la richesse et la beauté que la nature peut nous offrir avant la fin d'année, le symbole de la roue laissant penser au temps qui s'écoule au cours des saisons.

 

Un avant-goût de bonheur avant de découvrir le panorama d'automne tout proche depuis ce belvédère remarquable du Haut-Doubs.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

Kenya : Safari stage photo

Kenya : Safari stage photo

 

animé par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

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03/10/2015

Armillaria mellea

Bouquet d'automne

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste

 

L'automne me conduit à la découverte des paysages de notre région, embellis par les couleurs de saison qui s'imposent progressivement.

 

La vallée du Dessoubre reflète particulièrement cette magie de l'automne, mais le temps couvert de ces derniers jours me fait espérer un soleil radieux afin que flamboie la palette de couleurs.

 

Surprise sur le talus de la petite route : je découvre une superbe place de champignons qui s'offre à moi comme un véritable bouquet d'automne. Quelques images réalisées couché à même le sol pour traduire le volume et que je transmets à un ami passionné par le sujet, Michel Gaillardet, afin d'identifier l'espèce.

 

Cela ne fait aucun doute, c’est l’armillaire couleur de miel (Armillaria mellea). Malgré une décevante saison fongique, ce champignon est relativement abondant et il n’y a guère que cela en ce moment.

 

Armillaria-mellea.jpg

Armillaria mellea

Cliché © Dominique Delfino

 

 

02/10/2015

Le brame du cerf

Le temps du brame

 

Par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Période incontournable de l'année pour se plonger dans cette ambiance d'automne durant un mois à l'écoute du brame du cerf.

 

Ce grand mammifère voit depuis quelque temps ses populations augmenter progressivement. Dans notre région, la forêt de Chaux compte encore aujourd'hui les effectifs les plus importants de cerfs mais la Haute-Saône, le Haut-Doubs et les Vosges offrent à ce cervidé les forêts où il s'est largement implanté et la période du brame permettant de le localiser plus facilement.

 

Le parc de Sainte-Croix près de Sarrebourg (57) offre des conditions d'accès et d'observation particulièrement intéressantes pour profiter de cette ambiance déclenchée par la saison des amours.

Que ce soit pour les photographes ou pour les familles accompagnées d'enfants, tous seront aux premières loges pour profiter de ce spectacle dans un vaste cadre naturel très bien aménagé et sécurisé alors que les animaux peuvent croiser votre sentier de découverte.

 

Les vieux mâles veillent jalousement sur leur harde qu'ils ont réintégrée, essayant en plus d'attirer les femelles de la harde voisine.

 

Principalement actif en soirée et jusqu'au petit matin, le cerf brame pour s'imposer et défendre sa harde de biches. Aux provocations sonores succèdent parfois des combats impressionnants durant lesquels les bois des animaux s’entrechoquent. Mais c'est avant tout le brame, qui résonne dans l'univers de la forêt, qui restera gravé dans votre mémoire imprégnée de cette atmosphère d'automne unique.

 

Cerf-Brame-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

01/10/2015

Chamois en herbe

 Chamois en herbe

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Nul besoin de parcourir la montagne aujourd'hui pour observer le Chamois. Aux portes du Pays de Montbéliard, les environs de Saint-Hippolyte offrent de superbes sites pour le découvrir.

 

Les pâtures bordées de falaises et de pierriers constituent le biotope où l'on aura le plus de chances de pouvoir observer ce mammifère. Bien plus que l'altitude, c'est le relief qui conditionne l'établissement du chamois. Partout où il est présent, on remarque un relief plus ou moins accidenté d'où sa présence dans notre secteur à basse altitude dans la vallée du Doubs.

 

C'est une harde de près de 25 chamois que j'observe régulièrement tous ces jours et la présence de nombreux jeunes de l'année confirme que la reproduction s'est particulièrement bien déroulée en 2015.

 

Un grand moment de bonheur au cours de cette fin de journée, lorsque par chance, la harde sortie du bois encercle mon affût. Les Chamois et leurs jeunes broutent tranquillement, pour certains à une dizaine de mètres de moi dans la plus grande confiance tout en s'éloignant progressivement dans les dernières lueurs du jour.

 

Chamois-Delfion-450.jpg

29/09/2015

Éclipse totale de lune

Éclipse totale de lune

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Éclipse-de-lune-Delfino-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino 28/09/2015

 

Matin rayonnant

Matin rayonnant

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

En cette fin de septembre, l'automne se fait sentir et l'ambiance matinale de ces derniers jours se rafraîchit.

 

Je consacre depuis quelques jours beaucoup de temps à observer les populations de Chamois dans le secteur de Saint-Hippolyte et c'est à l'occasion d'une matinée à l'affût que j'ai réalisé l'image de ces rayons de lumière filtrée par la forêt dans le brouillard.

 

Pas de Chamois ce matin dans les environs, mais il faut souligner que le brouillard dense et persistant ne me permet pas de distinguer la moindre forme au-delà de vingt mètres.

 

En fin de matinée, je finis par gagner les hauteurs de Liebvillers afin de retrouver un horizon dégagé. C'est au détour de la petite route départementale que le spectacle s'offre à moi, lorsque le brouillard laisse apparaître le soleil dans une lumière de scène dont il faut profiter très vite, cette ambiance étant très furtive.

Matin-rayonnant-450.jpg

 

21/09/2015

Le Pic vert

 Un perchoir inattendu

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Image anecdotique réalisée au détour d'un chemin lors d'une balade sur le plateau de Brognard.

 

Je remarque au loin la silhouette d'un pic accroché à un long bâton maintenant le passage en hauteur d'une clôture électrique. Une approche discrète me permet de progresser le long d'un talus afin d'observer dans de meilleures conditions ce pic vert.

 

L'oiseau semble très intéressé par son perchoir car, même agrippé à cette branche fine, ce sont de puissants coups de bec que le pic assène, projetant au sol quelques copeaux de bois.

 

Mais c'est avant tout le graphisme de cette image qui retient mon attention. Je garde la distance afin que l'oiseau ne s'envole pas et, grâce à mon téléobjectif à portée de main, je peux ainsi témoigner de cette scène pour le moins originale de ce pic perché à un réseau électrique champêtre improvisé.

PIC-VERT-450.jpg

Le Balbuzard pêcheur

 Un pêcheur venu du ciel

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Ci-dessous, une image remarquable de Patrick Schewzuck, un ami demeurant à Taillecourt dans le Pays de Montbéliard.

 

Photographe à ses heures perdues, Patrick passe beaucoup de temps à l'affût dans la vallée de l'Allan où patience et persévérance lui ont valu à plusieurs reprises d'observer et photographier un aigle mythique, le Balbuzard pêcheur.

 

Cette espèce ne compte plus qu’une trentaine de couples en France continentale et fait donc l'objet d'une protection accompagnée d'un suivi scientifique particulier.

 

La période de migration offre sur cet axe de passage Rhin/Rhône la possibilité d'observer régulièrement chaque année ce prestigieux rapace.

 

C'est ainsi que Patrick, surpris dernièrement par le bruit d'un oiseau plongeant non loin de lui, découvre le Balbuzard s'envolant de la surface de l'eau. Ses serres laissent apparaître le fruit de sa capture, un gros poisson-chat, ce rapace se nourrissant essentiellement de poissons.

 

Par chance, le Balbuzard effectue alors un grand virage pour se présenter face notre photographe lui laissant juste le temps de libérer son appareil photo du trépied et saisir une série d'images en plein ciel parfaitement réussies.

 

Balbuzard-450.jpg

Cliché © Patrick Schewzuck

09/09/2015

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

Aspas-bandeau.jpg


Sortie générale des fusils :
Tous aux abris !


Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

 

Danger-chasse-200.jpgDimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

 

Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d'aptitudes,mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

 

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.



Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse.

 

Plus de 300 000 citoyens ont déjà signé la pétition lancée par l'ASPAS, pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse. Si vous ne l'avez pas déjà signée, cette pétition est enfin disponible sur mesopinions.com. Pour que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs, pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

 

SIGNEZ ICI

* Voir dates d'ouverture de la chasse saison 2015-2016

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Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

* Voir dates d’ouverture de la chasse saison 2015-2016

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Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

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Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

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Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

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Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

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Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Le microbiote intestinal

Le microbiote intestinal

(Dernier ajout : mars 2016)

 

Nous avons plus de bactéries dans notre corps que de nos propres cellules. Sur la peau, les muqueuses, et surtout l'intestin. Au cœur de nos entrailles, quelque 13 000 milliards de microbes vivent en permanence avec nous, nichés à la surface de nos intestins — le désormais fameux microbiote intestinal — une surface de 200 m2, équivalant à celle d'un court de tennis. De sorte que nos bactéries intestinales résidentes (500-1000 sp.) sont plus nombreuses que les cellules somatiques et les cellules germinales humaines (10 000 milliards) et représentent un génome microbien combiné (métagénome)  supérieur (x 1,3) au génome humain.

 

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Villosités intestinales

Remarque :

Durant de nombreuses années, on considérait que le microbiote intestinal était composé de 100 000 miliards de microbes. Or en 2015, trois chercheurs de l’Institut des sciences Weizman (Rehovot, Israël) se sont rendu compte que ce chiffre traînait dans la littérature biomédicale depuis 1977 et qu’il avait été lui-même repris d’un article publié en 1972. Bref, depuis tout ce temps, tout se monde se copie, sans que personne n’aille vérifier ce qu’il en est vraiment sur la base des données disponibles les plus fiables et les plus récentes. Les chercheurs israéliens ont alors décidé d'effectuer de nouveaux calculs, et leur résultat bat en brèche ce chiffre de 1014 bactéries. Le rapport bactéries/cellules serait plus proche de 1,3/1. En d’autres termes, il y aurait sensiblement le même nombre de bactéries que de cellules humaines.

 

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Cliché © Institut Pasteur

 

Pourquoi hébergeons-nous une flore intestinale ?

 

3-Bactéries-intestinales-200.jpgDans la relation symbiotique entre bactéries résidentes et l'hôte eucaryote, les bactéries profitent d'un environnement stable (température, oxygène, pH, nutriments approvisionnement). Ces microbes intestinaux vivent pour la plupart en bonne intelligence avec nous et sont en quelque sorte nos alliés : ils jouent un rôle crucial dans notre nutrition et notre santé. Sans notre microbiote intestinal, nous serions incapables d'assimiler certains aliments que seules les bactéries savent digérer. Elles ont un rôle fondamental dans la conversion des aliments en nutriments et en énergie, et assurent la synthèse de vitamines indispensables à l'organisme. Notre microbiote intestinal constitue de plus une barrière contre les microbes pathogènes, et participe à la maturation de notre système immunitaire. Il assure donc des fonctions essentielles pour celui qui l'héberge. L'hôte y gagne une extension métabolique, une capacité digestive, une inhibition compétitive contre les microbes pathogènes / allogéniques (effet barrière) et la stimulation contrôlée de la muqueuse du système immunitaire / systémique.

 

La coévolution a créé un "paradoxe immunologique ou "inflammation physiologique" chez les hôtes mammifères qui oblige à conjuguer la tolérance aux bactéries commensales et la reconnaissance rapide et efficace et l'élimination des agents pathogènes bactériens entraînant une inflammation.

 

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D'après P. Sansonnetti

 

De sorte que l'on peut considérer le microbiote intestinal comme un organe supplémentaire virtuel à part entière, non palpable mais avoisinant les deux kilogrammes chez l'adulte, un poids supérieur à celui de notre cerveau... La flore intestinale représente une activité métabolique collective équivalente à un organe.

 

1000 espèces de bactéries

 

Un peu plus de 1000 espèces bactériennes entrent dans sa composition chez l'Homme. Chacun d'entre nous en héberge près de 200. Chaque individu a donc un microbiote qui lui est propre en termes de combinaison d'espèces.

 

Ces données ont été révélées par deux grands programmes, l'un aux États-Unis[1], l'autre en Europe[2], visant notamment à identifier l'ensemble des gènes du microbiote, qu'on nomme « microbiome ». Dès 2010, à partir de l'analyse des microbiotes de 124 européens, le consortium MetaHit établissait que le microbiome - notre « autre » génome - comprenait 3,3 millions de gènes (150 fois plus que le génome humain).

 

Le poids du microbiote intestinal avoisine les deux kilogrammes chez l'adulte, un poids supérieur à celui de notre cerveau... Il est essentiellement constitué de bactéries, mais contient aussi virus, parasites ou champignons microscopiques.

 

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Microbiote et villosités intestinales

(Coupe au microscope électronique)

 

Le microbiote intestinal humain est dominé par cinq phyla bactériens (Firmicutes, Bacteroidetes, Actinobacteria, Proteobacteria et Verrucomicrobia) et un Archaea (Euryarchaeota).

 

Les groupes bactériens les moins répandus sont distribués parmi les Cyanobacteria, Fusobacteria, Lentisphaerae, spirochaetes et TM7.

 

Le phylum des Firmicutes comprend les genres Ruminococcus, Clostridium, Lactobacillus (dont plusieurs sont des probiotiques), les producteurs de butyrate Eubacterium, Faecalibacterium et Roseburia.

 

Le phylum des Bacteroidetes comprend les genres Bacteroides, Prevotella et Xylanibacter dégradant une série de glycanes complexes.

 

Le phylum des Actinobacteria comprend les genres Coninsella et Bifidobacterium (contenant des souches probiotiques).

 

Le phylum des Proteobacteria comprend les genres Escherichia (famille des entérobactéries) et desulfovibrio (contenant des bactéries réductrices de sulfates), Verrucomicrobia (récemment découvert) et Akkermanala (specialiste de la dégradation de mucus).

 

Le phylum des Euryarchaeota contient le genre Methanobrevibacter (impliqué dans la poursuite de la méthanogenèse intestinale).

 

Cette flore intestinale fait l'objet d'un nombre croissant d'études. Et pour cause : un déséquilibre de ce microbiote a été associé à de très nombreuses maladies — maladies inflammatoires de l'intestin mais aussi obésité, diabète, sclérose en plaques, allergies, cancer du côlon, et même maladies psychiatriques (autisme, dépression...). Contre elles, des traitements radicalement nouveaux sont désormais envisagés.

 

Comment se constitue ce microbiote intestinal ?

 

5-Coupe-histologique-d'intestin-200.jpgPresque stérile in utero, l'intestin est colonisé à la naissance. Dès que les membranes fœtales se rompent, la colonisation bactérienne commence. Le mode d'accouchement (les enfants nés par césarienne auraient un microbiote différent de ceux nés par voie vaginale), le type d'alimentation (lait maternel ou lait en bouteille, alimentation de sevrage), le microbiote maternel, l'environnement et l'hygiène de l'environnement néonatal, la prise de médicaments et d'antibiotiques influencent cette colonisation microbienne chez le nouveau-né.

 

Une exposition à une faible diversité bactérienne dans la période néonatale peut empêcher ou retarder la maturation du système immunitaire et favoriser des réponses rnucosales aberrantes à des allergènes ou des auto-antigènes et l'apparition de pathologies associées.

 

La composition du microbiote intestinal se complexifie ensuite progressivement avec l'âge, mais s'établit principalement au cours des 3 premières années de vie. Cette composition est ensuite relativement stable chez l'adulte, mais peut varier provisoirement en fonction des conditions extérieures : régime alimentaire, infections virales ou bactériennes, prise d'antibiotiques... Le microbiote tend néanmoins à revenir à son état initial en 1 à 2 mois. Mais une succession de déséquilibres transitoires finit par l'altérer, avec des conséquences néfastes sur la santé.

 

L'appauvrissement du microbiote en question

 

Ces déséquilibres sont particulièrement cruciaux dans la période critique de 0 à 3 ans. L'administration d'un traitement antibiotique à des nouveau-nés de faible poids entraîne une diminution drastique de leur microbiote intestinal, qui perd en densité et en diversité, ce qui pourrait favoriser la genèse de maladies inflammatoires intestinales, de certaines formes d'obésité ou encore de l'asthme: des études ont par exemple montré que le microbiote intestinal des enfants asthmatiques différait de celui des enfants sains. Chez l'adulte, les études épidémiologiques et expérimentales se multiplient, mettant en cause des déficiences du microbiote intestinal (une perte de sa diversité le plus souvent) dans les maladies inflammatoires de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique...), l'obésité, le diabète de type II, la sclérose en plaques, le cancer du côlon, certaines maladies cardiovasculaires (voir plus loin le paragraphe "de l'athérosclérose au cancer du côlon).

 

Un axe « intestin-cerveau »

 

Plus étonnant encore, le microbiote intestinal interviendrait sur les fonctions cérébrales et le comportement. Des expériences sur des modèles expérimentaux ont montré que perturber la composition des populations de bactéries intestinales — avec des antibiotiques par exemple — pouvait induire un comportement anxieux. Des études de plus en plus nombreuses pointent l'influence du microbiote dans l'émergence de pathologies psychiatriques comme les troubles de l'humeur, la dépression, l'autisme ou la schizophrénie. On parle aujourd'hui d'un "axe intestin-cerveau" où s'établirait un "dialogue" entre nos bactéries intestinales et notre cerveau. Comment cette communication a-t-elle lieu ? Les hypothèses sont nombreuses, mais rien n'est aujourd'hui établi.

 

Des stratégies thérapeutiques nouvelles

 

De l'obésité à la dépression en passant par l'asthme ou la sclérose en plaques, toutes les études impliquant le microbiote amènent une même interrogation : pourrait-on soigner certaines maladies en modifiant ce microbiote ? De nouvelles stratégies sont envisagées : des interventions nutritionnelles, l'administration de probiotiques - c'est-à-dire de microbes vivants ayant un effet bénéfique sur la santé (voir p. 9) —, de pré biotiques — des composés qui stimulent la croissance de nos « bonnes » bactéries — ou d'antibiotiques. (voir paragraphe suivant : Comment nos bactéries intestinales communiquent-elles avec notre cerveau ?).

 

L'objectif est de renforcer et favoriser les populations microbiennes bénéfiques. Soigner un jour la dépression ou l'asthme avec des compléments alimentaires semble aujourd'hui du domaine du possible et de nombreuses expérimentations visant à modifier le microbiote intestinal sont en cours.

 

Une autre thérapie, plus radicale, a le vent en poupe ; la transplantation fécale, qui consiste à remplacer la flore intestinale d'un malade par celle d'un donneur. À l'essai pour diverses maladies, elle a récemment fait ses preuves pour soigner des patients souffrant d'une infection chronique causée par la bactérie Clostridium difficile. Cette bactérie responsable de nausées et de diarrhées sévères pouvant entraîner la mort est de plus en plus résistante à l'antibiothérapie. La greffe de microbiote permet alors de l'éradiquer dans 90% des cas. Quelques milliers de personnes dans le monde, y compris en France, ont déjà bénéficié de cette technique contre Clostridium difficile. Administration de probiotiques ou greffes de microbiotes : des thérapies nouvelles sont en train de naître, mais la manipulation du microbiote — un écosystème complexe s'il en est — n'en est qu'à ses balbutiements. L'exploration de notre monde intérieur ne fait que commencer.

 

Comment nos bactéries intestinales communiquent-elles avec notre cerveau ?

 

« Il y a plusieurs façons possibles pour nos bactéries de communiquer avec le cerveau », souligne le neurobiologiste Uwe Maskos. « Certaines bactéries du microbiote intestinal sécrètent par exemple des neurotransmetteurs comme la sérotonine, dont certains pourraient agir sur le nerf vague qui assure une communication bidirectionnelle cerveau-intestin. Des composés microbiens peuvent aussi agir directement sur les autres cellules du tube digestif, comme les neurones qui permettent à l'intestin de se contracter ou les cellules immunitaires qui montent la garde. Ou encore certains produits bactériens issus de la lumière intestinales et accédant à la circulation sanguine agiraient directement sur le cerveau, ce qui pourrait être le cas pour un composé bactérien que nous étudions ici, à l'Institut Pasteur».

 

Ces trois dernières années en effet, un projet collaboratif entre microbiologistes, immunologistes et neurobiologistes[3] de l'Institut Pasteur a porté sur une molécule de la paroi des bactéries : le "peptidoglycane". «Relargué lors de la division bactérienne, il est sans cesse sécrété par le microbiote intestinal», explique le microbiologiste Ivo Gomperts Boneca. « Et nous avons montré qu'il était capable d'agir à distance sur le cerveau ». Les chercheurs pasteuriens ont mis en évidence que des récepteurs microbiens, les récepteurs "NOD", découverts il y a une quinzaine d'années à l'Institut Pasteur, étaient présents sur certains neurones du cerveau. D'après leurs résultats préliminaires, obtenus dans des modèles expérimentaux, en l'absence de ces récepteurs, des changements de comportement apparaissent et les phases du sommeil paradoxal (le sommeil des rêves) ont tendance à disparaître. Le peptidoglycane passe-t-il la barrière hémato-encéphalique pour agir directement sur ces récepteurs dans le cerveau ou bien existe-t-il des étapes intermédiaires, avec des médiateurs ? C'est ce que les chercheurs essayent de comprendre. Déchiffrer le dialogue moléculaire entre microbiote et cerveau est un enjeu majeur si l'on veut à terme proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour traiter des maladies psychiatriques.

 

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Cliché © Institut Pasteur

 

Chimiothérapie : Quand nos bactéries intestinales viennent en renfort

 

Les traitements de chimiothérapie anticancéreuse agiraient plus efficacement à l'aide de la flore intestinale. C'est l'étonnante découverte de chercheurs de Gustave Roussy, de l'Inserm, de l'Institut Pasteur et de l'Inra[4] : ils ont démontré dès 2013 que l'efficacité d'une des molécules les plus utilisées en chimiothérapie anticancéreuse (la cyclophosphamide) repose en partie sur sa capacité à entraîner le passage de certaines bactéries du microbiote intestinal vers la circulation sanguine et les ganglions. Une fois dans les ganglions lymphatiques, ces bactéries stimulent de nouvelles défenses immunitaires qui vont aider l'organisme à combattre encore mieux la tumeur cancéreuse. Un peu comme un adjuvant pour vaccin. Les chercheurs ont aussi montré qu'à l'inverse, en supprimant certaines bactéries du microbiote intestinal dans des modèles expérimentaux, l'efficacité de la chimiothérapie diminuait. «Maintenant que les bactéries "bénéfiques" potentialisant la réponse immunitaire et tumorale ont été identifiées, on devrait réussir rapidement à en fournir plus à l'organisme, notamment via des pro- ou des pré-biotiques et/ou une alimentation spécifique », explique le Dr Ivo Gomperts Boneca à l'Institut Pasteur. « Nous avons déjà identifié deux souches bactériennes (un entérocoque et un lactobacille) qui améliorent la réponse à un traitement assez classique. »

 

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Cliché © Institut Pasteur

 

Un grand programme "Microbes et cerveau" lancé à l'Institut Pasteur

 

Quel est l'impact du microbiote sur l'activité du cerveau ? Comment des micro-organismes — en sécrétant des molécules ou par d'autres mécanismes — peuvent-ils affecter les fonctions cérébrales ? Quel est le lien réel entre microbiote et maladies mentales ?

 

Pour répondre à de telles questions, l'Institut Pasteur vient de lancer le Grand Programme Fédérateur Microbes et cerveau[5], réunissant des chercheurs de différents départements de l'Institut Pasteur à Paris (Neuroscience, Microbiologie, Immunologie...), des scientifiques du Réseau International des Instituts Pasteur et des collaborateurs extérieurs. Plusieurs projets de recherche sont tancés. L'un vise à comprendre la sensibilité des nouveau-nés aux méningites bactériennes, liée à l'immaturité du microbiote intestinal, en étudiant l'impact de ce microbiote sur la barrière hémato-encéphalique et sur l'immunité du système nerveux central. D'autres concernent par exemple la possible contribution du microbiote intestinal dans la dépendance aux drogues via des récepteurs dans le cerveau (récepteurs nicotiniques à l'acétylcholine), ou bien encore le lien entre microorganismes et schizophrénie (avec l'hôpital Henri Mondor à Créteil), deux projets qui évalueront également, sur des modèles expérimentaux, l'utilisation thérapeutique de probiotiques.

 

De l'athérosclérose au cancer du colon

 

« Mon équipe est formée à l'analyse moléculaire des échanges entre les microbes et l'hôte, et nous avons longtemps travaillé sur des microbes pathogènes avant d'adapter nos connaissances à l'étude du microbiote », raconte le Pr Philippe Sansonetti, responsable de l'Unité de Pathogénie microbienne moléculaire à l'Institut Pasteur. « Un de nos projets porte par exemple sur une bactérie intestinale appelée Lactobacillus casei. Nous avons identifié les gènes qui lui permettent de coloniser l'intestin, puis nous avons montré que cette bactérie jouait un rôle sur le métabolisme des lipides et particulièrement sur la façon dont l'épithélium intestinal les perçoit, les absorbe, les métabolise et les transfère dans la circulation. Nous étudions actuellement l'impact de la quantité et la qualité de ces lipides sur l'installation ou l'aggravation éventuelle des plaques d'athérome, dépôts de graisse sur la paroi des vaisseaux sanguins à l'origine de maladies cardio-vasculaires.… »

 

Ces travaux sont d'ailleurs inscrits dans un programme européen sur l'athérosclérose - Atheroflux - qui vise à identifier des facteurs de risque et des biomarqueurs de l'athérosclérose et à découvrir de nouvelles pistes de recherche sur cette pathologie.

 

Un autre projet de l'équipe de Philippe Sansonetti concerne les "cryptes intestinales", situées à la base des microvillosités intestinales : y sont stockées les cellules souches de l'épithélium intestinal, qui servent à son renouvellement. Là encore, le microbiote jouerait un rôle. « En collaboration avec le service de gastroentérologie de l'hôpital Henri Mondor à Créteil, nous avons identifié certaines bactéries dans le côlon dont on pense qu'elles stabilisent les conditions intestinales et protègent les cellules souches », précise Philippe Sansonetti. « La rupture de cet équilibre au niveau de la crypte pourrait être en cause dans des maladies inflammatoires de l'intestin et le cancer du côlon. »

 

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Cliché © Institut Pasteur

 

Nous entrons dans une nouvelle ère thérapeutique

 

ENTRETIEN avec Gérard Eberl Chef de l'Unité Microenvironnement et immunité à l'Institut Pasteur

 

7-Gérard-Éberl-200.jpgVous êtes un des scientifiques travaillant sur le Grand Programme Fédérateur "Microbes et cerveau" lancé à l'Institut Pasteur (voir paragraphe précédent : Un grand programme "Microbes et cerveau" lancé à l'Institut Pasteur). Que sait-on aujourd'hui des relations entre nos bactéries intestinales et notre cerveau ?

 

On sait encore très peu de choses. Des études épidémiologiques montrent que les maladies mentales, comme l'autisme par exemple, sont associées à des problèmes intestinaux. Et nous savons tous que le stress passe souvent par le ventre. Il existe également une comorbidité entre les maladies gastro-intestinales chroniques et des symptômes psychiatriques. Mais les mécanismes d'interaction entre microbiote et cerveau sont inconnus. Des composés bactériens issus de la lumière intestinale et qui accèdent à la circulation sanguine pourraient agir directement sur la physiologie et le cerveau de l'hôte, comme le suggèrent les premiers résultats d'études que nous menons à l'Institut Pasteur (voir encadré p. 2). Grâce aux techniques modernes de manipulation du microbiote et d'analyse des molécules impliquées dans le dialogue microbe-hôte, l'impact du microbiote sur le cerveau est un champ d'investigation qui connaît un nouvel essor. À l'Institut Pasteur, nous avons la chance d'avoir des chercheurs de disciplines très variées. Un atout majeur du nouveau programme "Microbes et cerveau" vient précisément de la synergie entre différentes expertises, en associant notamment des microbiologistes, des immunologistes et des neurobiologistes.

 

Plus globalement, en tant qu'immunologiste, comment abordez-vous l'étude du microbiote ?

 

 Je vois le système immunitaire comme une interface entre le microbiote et l'hôte. Le système immunitaire produit des récepteurs programmés pour percevoir des bactéries ou des virus, et génère des millions de nouveaux récepteurs tous les jours. En ce sens, il est essentiellement un système de reconnaissance qui perçoit l'environnement et traduit ce qu'il voit à son hôte. De plus, on s'aperçoit aujourd'hui qu'il y a une période très importante après la naissance, pendant laquelle le système immunitaire continue à se développer. Si l'on altère le microbiote pendant cette période, on observe des déviations du système immunitaire à long terme. Par exemple, les enfants traités tôt avec des antibiotiques auront une tendance à développer des allergies. Le microbiote joue donc un rôle très important dans sa maturation. Un des projets de mon laboratoire est d'identifier les bactéries qui influencent le développement du système immunitaire pendant cette période critique, de comprendre comment se fait cette interaction et quelles sont les conséquences si cette interaction est altérée.

 

Quid des applications thérapeutiques ? Sont-elles encore lointaines ?

 

Non, nous n'en sommes pas loin, il y a déjà des données très intéressantes. Comme le transfert de microbiote chez des patients quasiment inguérissables auparavant car infectés par une bactérie très résistante aux antibiotiques, Clostridium difficile. Un transfert de microbiote à partir de gens sains permet de chasser le pathogène. Comment ça marche ? Des bactéries du microbiote vont prendre sa place et créer un environnement défavorable au pathogène. Chaque microbe a sa petite niche, son petit chez soi. D'ailleurs, Clostridium difficile a des cousins Clostridium dans le microbiote, mais qui ne sont pas pathogènes et vont entrer en compétition pour la même niche. Nous entrons donc dans une nouvelle ère thérapeutique. Avec l'antibiotique, on tue de nombreuses bactéries ; avec les nouvelles thérapies agissant sur le microbiote comme les probiotiques, on amène une bonne bactérie qui chasse la mauvaise.



[1] The Human Microbiome Project

[2] The Metagenomics of the Human Intestinal Tract (MetaHIT) en Europe

[3] Équipes d'Ivo Gomperts Boneca lUnirô Biologie et génétique de la paroi bactérienne), de Gérard Eberl (Unité Microenvironnement et Immunité) avec Grégoire Chevalier, de Pierre-Marie iledo (Unité Perception et mémoire) avec Gabriel Lepousez, et d'Uwe Maskos (Unité Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques) avec Morgane Besson.

[4] Équipe dirigée par le Pr Laurence Zitvogel, à l'Institut Gustave Roussy et directrice de l'Unité Inserm 1015 Immunologie des tumeurs et immunothérapie, en collaboration avec l'Institut Pasteur (Dr Ivo Gomperts Boneca, unité Biologie et génétique de la paroi bactérienne) et des chercheurs del'INRA (Dr Patricia Lepage et Dr Joël Doré, Unité Micalis Microbiologie de l'alimentation au service de la Santé).

[5] Ce programme a reçu le soutien de la Fondation Daniel & Nina Caressa

 

Source : La lettre de l'Institut Pasteur n° 90 septembre 2015.

Voir aussi le blog de Max Gozlan.

 

En savoir plus :

Le magazine Science & Vie consacre un dossier complet sur le microbiote intestinal dans son numéro d'avril 2016

Science & Vie, Les super-pouvoirs du ventre n° 1183 avril 2016 pp 48-66.

08/09/2015

Vergers vivants recrute un Directeur (secteur Montbéliard - 25)

Vergers vivants

association membre de FNE Franche-Comté

recrute un Directeur

(secteur Montbéliard - 25)



FRANCHE COMTE_LOGO MAIL.jpgSECRETARIAT
MEFC - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél. 03 81 80 92 98 - http://fne-franche-comte.fr/
Association agréée au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la Protection de la Nature

---------- Message transféré ----------
De : Nicolas LAVANCHY - Vergers Vivants <n.lavanchy@vergers-vivants.fr>
Date : 8 septembre 2015 18:38
Objet : offre de poste DIRECTEUR/TRICE
À :

Bonjour,
Après 5 ans d'implication au sein de Vergers Vivants, je vais quitter mes fonctions de directeur en cette fin d'année.
Ainsi, l'association recrute une personne pour prendre le relais à compter de janvier 2016. Vous trouverez en pièce jointe une offre d'emploi à diffuser pour le poste de DIRECTEUR / DIRECTRICE.
Merci d'avance et au plaisir de vous croiser bientôt !
Cordialement,
--
 
vergersPT1.jpgNicolas LAVANCHY
VERGERS VIVANTS
La Damassine
23, rue des Aiges
25230 VANDONCOURT
Tél. 03 81 37 82 26
www.vergers-vivants.fr

 

 

VV offre d'emploi DIRECTEUR-TRICE 2015_Page_1.jpg

VV offre d'emploi DIRECTEUR-TRICE 2015_Page_2.jpg

03/09/2015

Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

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Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

 

Représentées au Comité Économique et Social Européen[1], les associations environnementales viennent d’être éliminées pour la prochaine mandature. Une décision inacceptable. Le retour en arrière c’est maintenant ?

 

Partenaires à part entière des acteurs de la société civile, les organisations environnementales avaient intégré à partir des années 2008-2009 plusieurs grandes enceintes institutionnelles afin de faire entendre la voix de l’écologie en amont des décisions publiques. Au niveau européen, cela représentait 2 sièges pour les associations de protection de l’environnement françaises. C’était là un acquis majeur du Grenelle de l’environnement que personne ne songeait à remettre en question, du moins ouvertement.

 

C’était sans compter sur le gouvernement français qui vient de supprimer ces deux seuls sièges  au Comité Economique et Social Européen. Alors que leur implication dans leurs mandats avait été unanimement saluée, France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot viennent d’apprendre, et tout à fait incidemment, que leurs mandats seront désormais supprimés. Leur implication avait pourtant permis de faire bouger les lignes au niveau des institutions européennes sur  des sujets très concrets comme l’obsolescence programmée, l’économie de fonctionnalité, la surpêche ou la promotion des transports collectifs.

 

En outre, et bien que le Comité Économique et Social Européen soit l’organe consultatif, créé en 1957 par le Traité de Rome, pour représenter la société civile organisée auprès des institutions européennes, le gouvernement, au mépris de toutes les règles statutaires, a choisi d’y proposer deux personnes qui ne correspondent aucunement au critère de représentation de la société civile organisée.

 

France Nature Environnement juge inadmissible ce considérable retour en arrière sur les représentations environnementales et considère la décision du gouvernement comme un gigantesque désaveu du travail mené bénévolement.

 

FNE demande une annulation de la décision gouvernementale et exige une réponse argumentée sur la place et le rôle que le gouvernement entend voir jouer par les organisations environnementales dans les instances consultatives.

 


 

02/09/2015

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes qui ne rendent compte à personne

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Dernière mise à jour : 20 novembre 2015

 

 ACCIDENT NUCLÉAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !
 
Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire. Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.


La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment  de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier).  Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la  Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.


 
BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPÉEN
 
Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication.


1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.


Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.


2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.


Dans un nouveau courrier, la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts). La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !
 
Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.
 
Très bonne lecture à tous !
 
Très cordialement
 
L’équipe de la CRIIRAD
 
PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition. Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet.  
 
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
 CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla

26000 VALENCE

04 75 41 82 50

asso@criirad.orgwww.criirad.org

 

Oui, le nucléaire est dangereux à faibles doses : une étude de l'OMS sur plus de 300.000 travailleurs de l'industrie nucléaire démontre l'effet néfaste des rayonnements, même à des doses très réduites.  

Voir cette étude qui le démontre.

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08/08/2015

Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup !

Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup !

 

loups et troupeaux

 

Depuis le retour naturel du Loup en France, par l’Italie en 1992, jamais un gouvernement n’avait donné l’autorisation d’abattre un si grand nombre de canidés. De la même manière, jamais les préfets avaient été aussi prompts à signer des autorisations de tirs effectives sur le terrain.

 

Alors que la population lupine est en baisse significative pour la première fois, 282 loups sur la période hivernale 2014-2015, contre plus de 300 un an auparavant, le gouvernement accentue sa pression sur le loup. Avec un nombre de tirs autorisés s’élevant à 24 pour la période passée (déjà un record avec 19 loups tués officiellement), la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a fixé une hausse des abattages de 50 % en autorisant jusqu’à 36 « prélèvements » d’ici le 30 juin 2016. Autrement dit, Ségolène Royal se prononce en faveur d’une réduction de la population de loups de plus de 10 %. Après ses déclarations sur les ours, la ministre fait, une nouvelle fois, la démonstration de sa grande volonté de préserver la faune sauvage, fusil en main. Ce faisant, elle fait fi des engagements internationaux pris par la France en 1979, lors de la convention de Berne, et en 1992 avec la directive européenne Habitat-faune-flore, reconnaissant à ces animaux le statut d’espèces strictement protégées.

 

Si un encadrement du développement de la population de loups est nécessaire pour limiter son impact sur l’élevage ovin, le fait de privilégier les tirs comme principale solution apparaît pourtant comme un échec. L’explosion de la prédation sur les troupeaux tend en effet à démontrer leur caractère contre-productif. Alors que le nombre de loups a diminué l’année dernière, jamais les prédations sur les troupeaux domestiques n’ont été aussi importantes. En 2014, 9190 bêtes ont ainsi été attaquées pour un effectif de 282 loups, quand, en 2013, plus de 300 loups « ne faisaient que » 6 812 victimes dans les troupeaux.

 

Un tel paradoxe s’explique par la pression mise sur le Loup, comme tendent à le démontrer des études réalisées en Italie, en Espagne, etc. Si les tirs de défense, lorsqu’un loup est à proximité ou attaque un troupeau, ne sont pas discutables, que cela soit pour l’éleveur ou pour leur impact sur le loup. Celui-ci est en position de chasse, dans une situation à risque, le stress engendré sur l’individu et/ou la meute, même en cas de tir, est naturel. À l’inverse, les tirs de prélèvements sont une source de déstabilisation des loups et meutes auxquelles ils appartiennent. Or une meute désorganisée, voire éclatée, est source d’attaques plus fréquentes. Peu nombreux, voire isolés, les prédateurs désorientés privilégient ainsi les proies les plus faciles. Par ailleurs, le taux de réussite étant moindre, le nombre d’attaques augmente…

 

Aujourd’hui, avec une telle approche, le risque est grand d’une escalade totalement contre productive pour tous. Si les associations doivent accepter les tirs de défense, les tirs de prélèvement actuels doivent être stoppés et les éleveurs doivent protéger effectivement leurs troupeaux. Malgré les subventions, la mise en place des moyens de protection demeure aléatoire et non vérifiée. Rien n’est fait pour contraindre les nombreux récalcitrants, les attaques sont indemnisées même si les animaux ne sont pas protégés.

 

En absence de vison et courage politique, le calme n’est pas prêt de revenir dans les zones où le Loup a élu domicile, ce dernier et les éleveurs faisant leur travail en étant les premières victimes !

 

Source : Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup ! Univers Nature, 23 août 2015.

07/08/2015

T-shirts écolos

Qui serait intéressé par l’achat de T-shirts blancs, avec impression frontale du type ci-dessous, au format 21 x 29.7. Le prix serait de l’ordre de 15 à 20 €.

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06/08/2015

La grande Aigrette

Drôle d'oiseau

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Début septembre 2013 : après-midi animé dernièrement lors d'une séance d’affût sous la pluie dans la plaine de l'Allan.

 

La chaleur de ces derniers temps ne permettait pas des observations très particulières en journée et maintient toujours des niveaux d'eau très bas pour la saison.

 

Déjà présente à cette période de l'année, la Grande Aigrette (le plus grand des échassiers d'Europe) se dessine à portée d'objectif chassant le poisson qu'elle observe d'un œil vif. Surprise, lorsqu'un deuxième échassier arrive en vol pour se poser à quelques mètres du premier et qui semble s'apparenter à un concurrent sur cet espace de chasse.

 

Les deux oiseaux se tolèrent et se déplacent en duo lentement en scrutant la surface de l'eau, m'offrant durant un bref instant un angle où les corps des deux oiseaux ne font plus qu'un. L'illusion d'une Aigrette à deux cous est presque parfaite. À peine le temps de parfaire le cadrage et les réglages de prise de vues car le contraste lié à la blancheur de l'oiseau suffit à surexposer le sujet.

 

En hivernage sous nos contrées après avoir quitté l'Europe du Nord, cette espèce est depuis quelques années observable très régulièrement, individuellement ou par petits groupes, au bord de nos plans d'eaux ou dans les prairies chassant les petits mammifères.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Quand passent les cigognes

Quand passent les cigognes

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Envol spectaculaire dimanche 30 août 2015 en fin de matinée sur le plateau de Brognard d'une quantité impressionnante de cigognes blanches.

 

Je découvre par surprise dans la plaine de l'Allan ces échassiers profitant d'une colonne d'air chaud ascendant pour prendre de l'altitude avant de poursuivre leur migration.

 

Près de deux cent cinquante cigognes tournoient dans le ciel, au grand étonnement des promeneurs, cyclistes, automobilistes qui, tous figés sur place n'ont certainement jamais vu, tout comme moi, autant d'oiseaux dans ces circonstances.

 

Je ne dispose que de très peu de temps pour aller chercher mon téléobjectif afin de tenter quelques images car les échassiers prennent très vite de l'altitude. Un voisin me signale, impressionné, les avoir vu passer à très basse altitude au-dessus de sa maison juste après leur décollage du plateau de Brognard, le bruit du battement des ailes et la quantité d'oiseaux ayant apeuré son chien et son chat !

 

Un grand moment d'émotion au regard des cigognes qui prennent la direction du sud pour rejoindre leurs quartiers d'hiver.

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Cliché © Dominique Delfino

04/08/2015

Le monstre de pierre

Le monstre de pierre

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste et animalier

 

Je vous fais partager ce cliché carte postale surprenant réalisé dernièrement lors d'un séjour de vacances en Sardaigne.

 

La côte de Sardaigne, qui s'étend sur 1800 kilomètres, est caractérisée par de grandes plages sauvages, des baies rocheuses isolées, des formations de granite abruptes, des grottes authentiques et des forêts de pins.

 

Je découvre durant quelques jours la côte Est au départ de la petite cité d'Arbatax. Certaines plages et criques abritées au pied de vertigineuses falaises calcaires ne sont accessibles qu'en bateau, leur garantissant ainsi un caractère sauvage.

 

C'est sur l'une d'entre elles, baignée d'une eau cristalline que je découvre cette forme rocheuse telle une créature pétrifiée. Effectuée avec un objectif grand angle au ras de l'eau, la prise de vue sous cet aspect donne l'impression que le monstre de pierre n'a qu'une envie, celle de rejoindre les fonds marins.

 

dominique delfino,sardaigne

Cliché © Dominique Delfino

 

03/08/2015

La nuit des étoiles

Le spectacle nous vient du ciel

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et scientifique

 

Il ne fallait pas manquer cette nuit du 12 au 13 août 2015 pour profiter de la pluie d'étoiles filantes, rendez-vous annuel conditionné par la météo.

 

Ciel totalement dégagé, pas de lune, il ne reste qu'à s'éloigner des centres urbains pour éviter la pollution lumineuse, fléau de notre civilisation, et profiter d'un ciel noir étoilé.

 

Cap donc sur le massif du Lomont, tard dans la soirée, pour une observation en famille. Très rapidement nous sommes surpris par le passage très régulier d'étoiles filantes plus ou moins lumineuses dont certaines brillent d'une intensité étonnante.

 

Côté technique pour les photographes, 2500 ISO de sensibilité, grand angle de 14 mm, un trépied bien stable et pose longue d'environ 20 secondes pour enregistrer la lumière des étoiles et de la voie lactée en espérant bien sûr capter le passage d'une étoile filante durant ces poses.

 

Je réalise cette image d'un ami photographe, Karim, installé sur le toit de sa voiture pour se rapprocher des étoiles et qui, tel un extra-terrestre semble vouloir communiquer avec le ciel.

 

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Cliché © Dominique Delfino

La pêche délicate du jeune héron

Délicate capture

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

La sécheresse qui sévit en cet été 2015 impose des niveaux d'eau très bas sur l'ensemble de nos cours d'eau et la basse vallée de l'Allan n'échappe pas à la règle.

 

La formation de vasières, d'îlots, et les gravières hors d'eau procurent à de nombreux oiseaux la possibilité de trouver un terrain de prédilection adapté à leurs techniques de chasse.

 

Ce sont les petits et grands échassiers que je tente d'observer et de photographier particulièrement en cette période de migration qui vient de commencer.

 

Mais ce soir, c'est un jeune Héron cendré qui se donnera en spectacle après avoir capturé un poisson chat de belle taille évoluant en eau peu profonde.

 

Durant plusieurs minutes, notre Héron se débat avec sa proie qu'il essaie non sans mal de retourner par la tête pour l'avaler. Contraint de s'y reprendre à plusieurs reprises au risque de perdre sa proie, le Héron rejoindra un espace presque hors d'eau pour sécuriser sa capture et finir par l'avaler.

 

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Cliché © Dominique Delfino

     

 

Le temps des moissons

Le temps des moissons

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Les paysages de campagne sont à cette saison largement empreints du travail des moissons.

 

Le dessin et le graphisme des innombrables balles de paille confectionnées après la récolte du blé et de l'orge offrent à notre regard un paysage qui marque une transition dans le déroulement des saisons.

 

C'est en prenant de la hauteur sur le plateau de Brognard que je décide de redécouvrir ces espaces agricoles par une belle lumière rasante de fin de journée. Décollage dans la foulée du petit Cesna de l'aérodrome de Courcelles lès Montbéliard, piloté par Pascal Faivre afin de survoler ces paysages que je photographie très régulièrement pour en en suivre l'évolution.

 

Les ombres portées traduisent le relief que je recherche en ce début de soirée afin de donner à ce paysage toute sa dimension. C'est la présence des vieux arbres fruitiers qui s'inscrivent encore dans  ce paysage.

 

Un petit symbole de biodiversité dont l'agriculteur local est bien conscient et qu'il a décidé de ne pas faire disparaître, malgré ses gros engins de travail, la rentabilité ayant souvent raison face à certains équilibres écologiques.

 

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15/07/2015

La chasse à la glu : l'intelligence au pouvoir au Sénat

 L’intelligence au pouvoir au Sénat

 

La solution pour lutter pour lutter contre les incendies de forêt : la chasse à la glu. Personne n'avait encore osé avancer un tel argument. Sauf un sénateur. Ça nous rappelle une réplique de Michel Audiard dans les "Tontons flingueurs" : Les c… ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.

Moralité : le Sénat a adopté. Rappelons que cette haute assemblée est composée de personnages d'un certain âge. Mais, comme dit Georges Brassens : Le temps ne fait rien à l'affaire…

 

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Déversement de lait dans le Durgeon

Déversement de lait dans le Durgeon :

plusieurs centaines de poissons

sont morts en moins de 24 heures

Pollution du Durgeon : un article dans ma Commune.com

 

À la suite du déversement d'un camion de lait sur le parking du super-marché Cora à Vesoul par les exploitants agricoles, le Durgeon qui traverse la ville s'est trouvé contaminé, ce qui a entraîné une importante pollution de la rivière en étiage.

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État des lieux © Benoît Dumain

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Le lait stagne dans la rivière en étiage © Benoît Dumain

 

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Gardons, barbeaux… : La faune piscicole n'a pas résisté © Benoît Dumain

 

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Partout la même désolation © Benoît Dumain

 

 

 

Voir également le reportage de France3 Région Franche-Comté.

 

La chapelle médiévale Saint-Gengoul dans la forêt de Chailluz

 Une chapelle et un village médiéval dans la forêt de Chailluz


 
par André Guyard
 
Texte et figures d’après Fruchart Catherine, « Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l’Antiquité à nos jours ». Thèse de Doctorat en Archéologie, Université de Franche-Comté, 2014

 

À l'époque médiévale, on défrichait beaucoup. Dans la forêt de Chailluz, des zones qui étaient peuplées sont aujourd'hui couvertes par les bois. En reprenant ses droits, la forêt a recouvert les constructions, les réduisant le plus souvent à l'état de ruines et rendant ces sites difficiles à localiser.

 

De sorte que les données archéologiques enregistrées jusqu'en 2009 pour le massif de Chailluz, sont rares : on compte une trentaine de points, dont deux seulement sont situés dans la forêt même.

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Ces points représentent les entités ou sites archéologiques suivants : 10 bornes de délimitation territoriale (points verts : 5 bornes attribuées au XVIIIe siècle, 5 non datées), 11 objets isolés (points jaunes : 5 objets antiques, 2 médiévaux et 4 modernes), 7 fours à chaux (points gris foncé : estimés médiévaux ou modernes), 1 carrière d'argile non datée (point gris clair), 4 occupations hypothétiques (points rouges : 2 antiques, 1 médiévale, 1 de période indéterminée) et deux occupations certaines (points rouges cerclés de noir). Ces dernières sont situées dans la forêt de Chailluz même.

 

À l'exception de la Chapelle Saint-Gengoul documentée historiquement et sommairement fouillée au début des années 1960, tous les points enregistrés et listés ci-dessus résultent d'observations faites au cours de prospections pédestres.

 

La chapelle médiévale Saint-Gengoul est mentionnée dès 1049, et c’est le seul édifice médiéval attesté en forêt de Chailluz. Bien que située sur le territoire de Besançon, elle dessert la paroisse de Tallenay jusqu’au XVIIe siècle.

En plus des prospections archéologiques au sol et géophysiques, des relevés floristiques, des analyses physicochimiques du sol, des études anthracologiques de charbonnières et des recherches historiques, pour compléter les connaissances sur cette chapelle, des fouilles archéologiques ont été réalisées au printemps 2015 dans le cadre du programme ODIT et avec le soutien du Service municipal d’Archéologie préventive (SMAP, Besançon).


Les recherches historiques et archéologiques (fouilles, prospections) indiquent que ce site a certainement été occupé pendant plus de six siècles. L’analyse des données LiDAR a révélé des aménagements sur environ un hectare autour de la chapelle formant un arc de cercle adossé à la crête et composé d’une succession de terrasses à l’intérieur desquelles des cloisonnements sont matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. Les fouilles menées en avril 2015 ont notamment permis de découvrir la dernière entrée de la chapelle sur son côté nord, implantée face au village de Tallenay. Cette entrée, qui était inconnue jusqu’à présent, figure bien sur un plan du début du XVIIIe siècle conservé aux Archives municipales de Besançon et représentant une vue (non géométrique) en élévation du paysage et de l’occupation du sol au nord du massif de Chailluz.


Un texte indique la destruction partielle de la chapelle en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres.

 

Mais qu'est-ce que le Lidar ? Il s'agit d'une nouvelle technique qui va révolutionner les recherches archéologiques notamment en milieu forestier. Les photos aériennes ou satellitaires ne donnent aucune information sur le relief du sous-bois. En revanche, la télédétection par laser aéroporté (light detection and ranging ou LiDAR) permet une cartographie détaillée et fait ressortir toutes les zones potentiellement intéressantes. C'est cette technique qui a été choisie par les archéologues francs-comtois.

 

En quelques mots, pour obtenir une scène LiDAR, un avion survole la zone à étudier en balayant le sol avec des faisceaux laser. Ceux-ci sont absorbés ou partiellement renvoyés par les différentes surfaces qu'ils rencontrent : feuilles, branches, pierres, sol, etc. Chaque point d'impact des faisceaux laser est localisé. On utilise ensuite des algorithmes mathématiques pour associer les points ainsi obtenus et reconstituer une image très précise du relief du sol que l'on appelle un modèle numérique de terrain. “Ces images ne signifient rien si on n'y associe pas des prospections systématiques de terrain” souligne Laure Nuninger, coresponsable du projet LiDAR pour l'étude des paysages passés et contemporains (LIEPPEC) de la MSHE. Elle explique : ”Le LiDAR ne distingue pas les anomalies d'ordre naturel, comme les terriers ou les tas de sable, des aménagements liés à l'homme, pas plus qu'il ne différencie une installation récente d'un site archéologique”.

 

Cette prospection dans les archives locales, sur le terrain et par LiDAR a fait l'objet de la thèse de Catherine Fruchart, une thèse de doctorat en archéologie, soutenue en novembre 2014 à l'université de Franche-Comté[1].

 

Situation topographique de la Chapelle Saint-Gengoul

 

Du point de vue topographique, la chapelle Saint-Gengoul est implantée en surplomb de Tallenay dans une position centrale dans la partie basse d'une sorte d'anse naturelle dont les contours sont dessinés par la crête de Chailluz.

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Implanté à environ 487 m d'altitude, l'édifice est légèrement en contrebas du point le plus haut de l'anse (489 m d'altitude), à quelques dizaines de mètres plus au sud-ouest. Cette zone d'altitude maximale est marquée par un très gros pierrier, aménagé juste au bord de la crête. Ce dernier, recoupé par le chemin de crête actuel, marque presque la limite ouest de la zone hémi-circulaire de terrasses : il est situé à quelques mètres à peine à l'intérieur de ce périmètre.

 

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Images LiDAR (SIG et DAO C. Fruchart 2014 — MSE C.-N. Ledoux)

 

On connaissait déjà par des textes datant du XIIe siècle l'existence de cette chapelle. C'est la seule construction attestée pour la période médiévale sur l'ensemble du massif. Sa première mention date de 1049 (Courtieu, 1987, p. 3108) ;  la chapelle est alors une dépendance du chapitre métropolitain de Besançon. La découverte de sépultures attribuées à la période burgonde[2] dans ses alentours à l'occasion de travaux de voirie vers 1875 (Boiteux, 1930) peut être l'indice d'une occupation antérieure au second Moyen Âge. Une archive de 1547 (Archives municipales de Besançon, cote DD 93, p. 82-83) permet d'établir que la chapelle est encore utilisée par les habitants de Tallenay au début du XVIe siècle. L'extrait suivant en témoigne : « II y a un petit essart ancien autour de l'église pour le cimetière. Il y a vingt ans[3] [...] il rencontra une femme et des enfants montant à l'église. [..] Ils feraient mieux d'en construire une en bas. »

 

En 1722, les habitants de Tallenay présentent une requête à « Messieurs du Chapitre Métropolitain pour obtenir la permission de démolir leur ancienne église dédiée à St-Gengouph. » Elle leur est accordée, « à condition que lesdits habitants laissent subsister la muraille de ladite église dans tout leur pourtour à la hauteur de 3 pieds. » Ceci afin que la présence de ces murs en bordure de la forêt prouve la limite incontestable de la forêt de Chailluz pour l'avenir[4].

 

De sorte que l'emplacement de la chapelle est peu apparent. En suivant les indications topographiques ci-dessus, le promeneur le repérera grâce à un crucifix qu'un quidam a fixé sur le tronc du hêtre ayant poussé dans l'enceinte de l'édifice.

 

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Le crucifix sur le hêtre (cliché M. Hoeuillard)

 

Le patronage de Saint-Gengoul[7] , généralement associé à de petits établissements religieux médiévaux, n'est pas une rareté dans le nord-est de la France ; on le rencontre surtout en Lorraine, mais aussi en Alsace, en Bourgogne, en Champagne et en Franche-Comté. Les quelques monographies consacrées à ce saint (la plus ancienne date de la fin du Xe siècle, cf. Goullet, 2002) évoquent un aristocrate burgonde du VIIIe siècle qui aurait combattu aux côtés de Pépin le Bref et qui serait mort assassiné par l'amant de sa femme. Cet événement est certainement à l'origine du culte qui lui a été associé : il est le patron des maris trompés. On lui attribue aussi le don de faire surgir une source à l'endroit où il plante en terre son bâton de pèlerin, qui l'accompagne partout dans ses déplacements ; lorsque le saint quitte un lieu en emportant avec lui son bâton miraculeux, la source se tarit.

 

Apport des fouilles des années 1970

 

Du point de vue archéologique, l'on sait peu de choses sur la chapelle Saint-Gengoul. L'intérieur de l'édifice a été partiellement fouillé au début des années 1970 (zone en orange sur la figure a ci-dessous) ; il s'agit de la partie est du bâtiment Cette fouille n'a cependant fait l'objet à l'époque d'aucun rapport écrit, et seuls quelques plans et dessins de mobilier ont été transmis pour témoigner de cette opération ; ils sont actuellement conservés au SRA. Quelques informations nouvelles relatives à cette fouille ont néanmoins pu être collectées, grâce au cahier de notes original constitué au cours de la fouille, que le responsable de l'opération (Ch. Cousin) a conservé jusqu'à aujourd'hui et nous a communiqué pour la présente étude[8].

 

L'excavation a couvert une surface d'environ 15 m , une tranchée ouverte de mur à mur, à l'intérieur de la chapelle sur une largeur de 2 m. Le plan d'ensemble montre une construction subrectangulaire aux murs épais d'environ 80 cm ; la restitution de la presque totalité du mur nord, ainsi que celle d'une partie du mur ouest, sont hypothétiques : ces murs n'ont pas été observés en fouille (parties en gris sur la figure a ci-dessous). Les dimensions extérieures totales estimées du bâtiment sont : 13 m pour le mur nord, 9 m pour le mur est, 14 m pour le mur sud et 8,50 m pour le mur ouest. Le plan mentionne également remplacement de deux petites fouilles anciennes[9]; l'une est située dans la partie sud-ouest de l'édifice, large d'environ 1,50 m et longue de 7,50 m le long du mur sud et 3 m le long du mur ouest (zone en jaune sur la figure ci-dessous). L'autre, au sud-est de la chapelle, est une petite excavation large d'un mètre et longue de 3 m contre le mur est (zone en rouge sur la figure a ci-dessous).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

 

La fouille des années 1970 a permis de découvrir un autel[10]  en pierre accolé au mur est, au centre, et, à environ 50 cm au nord de cet autel, un petit bassin appelé "piscine eucharistique[11]" sur les plans originaux et dans le cahier de fouilles. Aucune description n'en est donnée- Cette entité a dû être déplacée au cours de la fouille ; la mention d'une monnaie trouvée sous le bassin en témoigne[12].

 

Une stratigraphie sommaire est esquissée dans le cahier de fouilles. Elle est reproduite, après mise au propre et mise en forme, sur la figure ci-dessus. Elle apporte les renseignements suivants :

 

L'unité stratigraphique supérieure (US 1) est une couche de remblai qui correspond sans doute à la phase d'abandon puis de démolition de l'édifïce. Cette couche épaisse d'un bon mètre contenait des fragments de matériaux architecturaux ("laves", fragments de tuiles plates et canal[13], fragments d'enduit peint avec des décors de couleur rouge et jaune sur fond blanc), du charbon de bois et du mobilier[14] (tessons, verre, vitrail, monnaies, cléments, clous). Le long des murs nord et est, une concentration particulièrement importante de fragments d'enduit peint (US 1b sur la figure b) traduit vraisemblablement l'effondrement in situ du décor appliqué sur la paroi intérieure du mur nord[15].

 

Sous la couche de remblai US 1, une couche de terre épaisse d'une dizaine de centimètres (US 2) recouvre le sol « en béton » de la chapelle, épais d'une dizaine de centimètres également (US 3). Ce sol est en connexion directe avec les murs de l'édifice[16].

 

Sous l'US 3, dans la partie sud de la fouille, sur toute la surface comprise entre le mur sud, le mur est et l'autel une couche de bois brûlé contient des morceaux de tuiles et quelques tessons (US 4). Cette fine couche, épaisse de 2 à 5 cm, qui signale probablement un incendie, est recoupée par l'autel, qui lui est donc postérieur et qui est aménagé directement sur le substrat rocheux en place (lapiaz). Dans la partie nord du sondage, entre le mur nord, le mur est et l'autel, l'US 3 repose directement sur la roche en place (lapiaz). Sous l'US 4, une fosse (US 5) mesurant, semble-t-il, 2 m sur 1,60 m et profonde d'au moins 30 cm occupe le coin sud-est de la chapelle. Cette fosse s'appuie sur les vestiges d'un ancien mur en "grosses pierres" situé sous le mur est de la chapelle encore en élévation. Elle contenait des ossements et quelques tessons ; il pourrait s'agir d'une fosse d'inhumation. La mention d'un "ancien mur" ainsi que la présence, sans doute, d'une couche d'incendie indiquent que cet édifice a subi au moins un remaniement substantiel au cours de son existence.

 

Une destruction partielle de la chapelle a été opérée en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres (voir cliché ci-dessous)

 

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Le mur restitué de la chapelle (cliché P. Salembier)

 

Des travaux de stabilisation des assises de murs ont été réalisés en août 2015. Les deux premiers rangs de moellons du sommet des murs ont été retirés puis remontés avec un mortier de ciment-chaux. Les sommets des murs ont enfin été bétonnés afin de les rendre étanches.

 

Cette restauration assure la préservation et la mise en valeur de ce site, localisé sur le sentier des crêtes de la forêt de Chailluz et unique vestige construit de l’occupation médiévale de cet espace forestier.

 

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Les murs restaurés de la chapelle angle nord

(cliché A. Guyard)

 

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Les murs restaurés de la chapelle côté sud

(cliché A. Guyard)

 

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Les murs restaurés de la chapelle côté nord-ouest

(cliché A. Guyard)

 

Apport des données LiDAR et des prospections récentes : découverte du village de Saint-Gengoul

 

Le relevé LiDAR a permis de mettre en évidence autour de la chapelle une zone aménagée hémi-circulaire longue d'environ 160 m et large au plus d'une soixantaine de mètres. Cette zone est appuyée contre la crête et forme une succession de terrasses en arc de cercle, à l'intérieur desquelles on observe des cloisonnements matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. La chapelle se situe sensiblement en position centrale, surplombant les deux étages de terrasses inférieurs.

 

L'abondance de mobilier médiéval[17] découvert dans cet espace hémi-circulaire (céramique, objets en fer divers, monnaies ; figure ci-dessous) indique certainement la présence passée d'habitats autour de l'établissement religieux. Sur la terrasse inférieure, une dépression circulaire profonde d'environ 2 m, se rétrécissant légèrement en entonnoir au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans le sol, mesure environ 4 m de diamètre en surface ; le fond est un éboulis de pierres informes, possible remblai rapporté ou bien résultat d'un remplissage naturel dû à l'érosion. Cette dépression pourrait être soit un point de soutirage naturel, soit les vestiges d'une ancienne citerne creusée à même le substrat rocheux.

 

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Mobilier médiéval découvert à proximité de la Chapelle Saint-Gengoul

Clichés et étude de mobilier D. Daval 2013

 

Ces ruines groupées autour des restes de la chapelle, des murs et des terrasses suggèrent l'existence d'un village entier formé de maisons en bois. Celui-ci aurait été occupé entre les VIIe et XIIIe siècle, comme en témoignent les céramiques retrouvées sur place. “Si ce village n'a jamais été repéré avant, c'est parce que pour le promeneur novice, rien ne distingue un mur construit il y a 1500 ans d'un simple tas de cailloux” explique Pierre Nouvel, chercheur au laboratoire Chrono-environnement et coresponsable du projet Anthropisation d’un milieu forestier : la forêt de Chailluz soutenu par la MSHE. C'est pourquoi les chercheurs travaillent en collaboration avec des archéologues bénévoles de l'ARESAC[18].

 

Les données Lidar ont permis d'expliquer la présence de nombreux tas de pierres provenant de l'épierrage de champs cultivés. La forêt ne s'est installée qu'après l'abandon du village et de ses cultures environnantes. La ressource en eau située au pied de la falaise dominant l'actuel village de Tallenay n'était pas très éloignée. On peut supposer que le village avait peut-être été protégé du côté sud par une palissade.

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Un des nombreux pierriers entourant le village Saint-Gengoul

(cliché A. Guyard)

 

Ce travail de longue haleine permettra d'affiner, en collaboration avec les chercheurs slovènes du laboratoire européen associé ModeLTER[19], les algorithmes qui sélectionnent les données pour produire de meilleurs modèles.

 

En Bourgogne, en Languedoc et en Slovénie, des chantiers similaires ont été ouverts par les membres de cette même équipe. ”La comparaison des résultats obtenus dans chaque région nous permettra d'affiner nos méthodes et d'observer l'évolution du peuplement et du paysage dans la très longue durée” explique Laure Nuninger.

 

Les données obtenues grâce au LiDAR intéressent d'autres chercheurs de l'Université de Franche-Comté (UFC), comme les géographes et les géologues qui sont également impliqués dans le projet LIEPPEC.

 

 À proximité de la chapelle Saint-Gengoul, le domaine royal était délimité par des bornes à fleurs de lys (Documentation : Grand Besançon n° 80 mars-avril 2017 p. 45)

 

Un texte de 1290 situe la limite topographique bien identifiable de la crête bordant le nord de la « Côte » de Chailluz[5]. Il indique que cette crête est la limite du territoire bisontin et de la forêt de Chailluz sur une longueur de 3,5 km au moins[6], jusqu'au « mostier de Talenay » qui correspond certainement à la zone de la chapelle Saint-Gengoul. C'est en 1720, sous Louis XV pour mettre fin aux querelles et procès entre Besançon et les communes riveraines de la forêt royale de Chailluz (Tallenay, Châtillon-le-Duc, École-Valentin), qu'ont été aménagés en limite parcellaire, un talus et des bornes royales. Sculptées de trois fleurs de lys en triangle, pesant 300 kg chacune, ces bornes ont été peu à peu retrouvées à la faveur de prospections archéologiques universitaires menées avec la MSHE (Maison des sciences de l'Homme et de l'Environnement). De telles bornes fleurdelysées (voir un exemplaire ci-dessous) furent posées à tous les angles de limites du domaine royal, implantées entièrement sur le terrain domanial, le parement extérieur formant limite de propriété, la fleur de lys tournée vers la propriété domaniale. Au total, sur environ 6,5 km, de Bonnay à École-Chatillon, une vingtaine de bornes a en effet été découverte, géolocalisée, mesurée et photographiée, faisant même l'objet d'un rapport scientifique déposé au service régional d'archéologie (auteurs Daniel Daval et Catherine Fruchart, 2014).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Borne fleurdelysée (cliché A. Guyard)

 

C'est sur sollicitation de la Ville de Besançon et de l'ONF que les chercheurs associés Daniel Daval et Catherine Fruchart, doctorante à la MSHE, ont réalisé l'inventaire des bornes royales en forêt de Chailluz, avec le concours de l'association ARESAC (Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois). Le président d'ARESAC, Daniel Saval précise « Si cette réimplantation a pu avoir lieu, c'est aussi grâce à l'enthousiasme du particulier actuel propriétaire de la parcelle. Passionné, il a suivi dès le début notre travail de recherche, l'opération "Où sont les bornes disparues?". Il a autorisé la remise en place des neuf bornes et nous a même apporté son soutien financier pour toute la partie matérielle du bornage. Merci à lui ! »

 

Désormais ces bornes figurent sur la carte archéologique nationale. «Curieusement, aucune borne ne délimitait une très grande parcelle de forêt privée située sur la commune de Tallenay. Selon les renseignements d'un ancien du village, il est apparu que des bornes fleurdelisées avaient été négligemment retirées par l'ancien propriétaire » mentionne Daniel Daval. Il faudra à l'association mener pas mal de recherches pour retrouver neuf de ces bornes disparues.

 

Bien que la forêt soit aujourd'hui divisée entre plusieurs propriétaires privés — redistribution post-révolutionnaire oblige —, l'ARESAC a été autorisée à repositionner les bornes à leur emplacement d'origine, au Bois de la Lave à Tallenay.  L'opération de remise en place des bornes s'est déroulée l'espace d'une journée de labeur, le 10 septembre 2016, avec l'aide d'un géomètre, de membres de l'association et d'une poignée de bénévoles.

 

CHAPELLE SAINT-GENGOUL — BORNAGE FLEURDELYSÉ : VERS LA CRÉATION D'UN SENTIER DE RANDO ?

 

Métrage rigoureux, transport mécanisé avec tracteur, pelleteuse, jeu d'échafaudage et de poulie, recollage de bornes cassées en deux, calage en pleine terre, et huile de coude bien sûr, ont rendu à ces vestiges de pierre, à défaut de leur pertinence administrative, leur absolue légitimité patrimoniale et paysagère. Aussi, l'ARESAC envisage-t-elle la création d'un chemin de randonnée thématique, de sorte que le grand public, amateurs de randonnées sylvestres ou simples promeneurs, puisse avoir le plaisir, au détour d'un sentier ou d'une clairière, de tomber sur ces fiers témoins du XVIIIe siècle.



[1] FRUCHART C. (2014). – Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l'Antiquité à nos jours. Thèse de doctorat Archéologie Université de Franche-Comté. 4 volumes. Texte : 647 p., annexes : 104 p., figures : 215 p., planches : 61 p.

[2] Une note parue dans le bulletin de 1875 des Mémoires de la société d'émulation du Doubs (p. Vin, Mémoires de la société d'émulation du Doubs, 4e série, vol. 10, 1875, paru en 1876) rapporte ceci : « De la part du colonel Balland, chef du génie de la place de Besançon, le secrétaire offre à la Société un coutelas et une boucle de ceinturon en fer, objets trouvés dans une sépulture de l'époque burgonde, située à l'intersection du chemin stratégique qui se construit à Chailluz et du vieux chemin descendant à Tallenay. Cette sépulture, encadrée par de petites dalles informes, n'était qu'à soixante centimètres au-dessous du sol. ». L'attribution à « l'époque burgonde » reste néanmoins à confirmer : aucune publication scientifique actuelle n'est venue valider (ou infirmer) la datation du mobilier qu'évoque cette note.

[3] Donc aux alentours de 1525.

[4] Ces informations sur la démolition de la chapelle Saint-Gengoul, établies à partir de recherches aux Archives municipales de Besançon, sont dues à J.-P.Josseron, agent ONF et correspondant pour l'ONF Franche-Comté sur les questions archéologiques et historiques.

[5] La limite du territoire de Besançon est formée par « totelicostedudit bois de Chaillous qui gieteea par devers Besençon ». Cette notion de limite coïncidant avec la direction dans laquelle découle l'eau se retrouve dansd'autres textes plus tardifs.

[6] Depuis le sommet de la côte dansl'alignement de Braillans jusqu'à la chapelle Saint-Gengoul.

[7] Il existe plusieurs variantes de ce patronyme d'origine germanique ; les plus fréquentes sont sans doute Gengoult,Gengoux et Gengulphe. L'orthographe de la chapelle de Tallenay a connu plusieurs variantes, essentiellement Gengoult,Gengout et Gengoul, graphie actuellement utilisée.

[8] Merci à Christophe Cousin de nous avoir communiqué ce document. Merci également à Sylvie Bépoix et Daniel Daval qui ont contacté M. Cousin et se sont chargés de la numérisation du cahier de fouilles.

[9] Fouille ancienne appelée « fouille boy scout » dans le cahier de fouilles.

[10] Aucune description spécifique n'est donnée. Si les dimensions indiquées sur le plan sont exactes, cet autel rectangulaire mesurait environ 2 m sur 1,50 m.

[11] Expression employée dans les notes de fouille et sur les croquis pour désigner ce bassin.

[12] La monnaie n'est ni datée, ni décrite ou dessinée.

[13] Les fragments de tuiles sont, semble-t-il, situés sous les laves, ce qui pourrait signaler que le toit de la chapelle était déjà effondré lors de la destruction définitive de l'édifice au début du XVIIIe siècle.

[14] Aucune description détaillée du mobilier n'est donnée dans le cahier de fouilles, et l'on ne dispose d'aucun élément de datation pour ces artefacts.

[15] La coupe stratigraphique ébauchée dans le cahier de fouilles indique ime autre sous unité stratigraphique US le au niveau du mur sud, au sujet de laquelle rien n'est dit ; cette US le correspond peut-être à la perturbation occasionnée par la fouille ancienne signalée sur le plan d'ensemble (zone en rouge sur la figure 134-a). Cette US le pourrait éventuellement aussi correspondre à une autre poche de concentration d'enduit peint le long du mur sud.

[16] Le cahier de fouille dit que « le sol en béton s'appuie sur les murs ».

[17] Le mobilier le plus abondant est datable des XIIIe et XIXe siècles.

[18] L'Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois (ARESAC) est reconnue par le service régional d'archéologie.

[19] Modelling of landscapes and territories over the long term (ModeLTER) est un laboratoire européen associé franco-slovène mis en place en 2007 par le CNRS et le Centre de la recherche scientifique de l'Académie slovène des sciences et des arts (ZRC SAZU), en partenariat avec les Universités de Franche-Comté et de Bourgogne. Il est placé sous la tutelle administrative de la MSHE. Ce laboratoire regroupe des spécialistes de l'archéologie spatiale, des géodésistes et des géographes. Certains de ses membres sont spécialisés dans l'élaboration des algorithmes qui permettent de produire des modèles numériques de terrain.

06/07/2015

La Huppe fasciée

 L’oiseau  papillon

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Cette image de Huppe fasciée fut la surprise de la journée à l’occasion de deux jours d’affût dans le Jura, en basse vallée du Doubs.

 

Chaque année, je consacre quelques jours à l’observation de la colonie de Guêpiers d’Europe nicheuse dans ce milieu naturel exceptionnel. La canicule de ces derniers temps permet quelques heures de prise de vues le matin et en fin de journée, ma concentration sur les perchoirs occupés par les oiseaux étant à son maximum.

 

Étonnement : en face de moi, je devine le vol onduleux et papillonnant d’une Huppe qui choisit le piquet de pâture sur lequel j'ai orienté mon téléobjectif !

 

Elle n’y restera que quelques secondes avant de se poser sur une pierre durant plusieurs minutes, me permettant d’assurer un cadrage plein cadre pour mon plus grand bonheur.

 

Cette espèce relativement bien répandue en France demeure par contre très peu commune dans le tiers nord du pays, sa présence en Franche-Comté étant aléatoire. Les observations régionales s’effectuent le plus souvent en période de migration, les couples nicheurs étant relativement rares ce qui est le cas pour celle que je viens de photographier sur les rives du Doubs.

 

Nicheuse dans une cavité naturelle (arbre, tas de grosses pierres, vieux mur…), elle n’hésitera pas également à s'installer au sein de la colonie dans un terrier creusé par le Guêpier d’Europe.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

05/07/2015

Chevreuils en amour

Poursuite amoureuse

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Une très belle image réalisée par l'un de mes amis, Michel Balanche demeurant à Villers le Lac.

 

Michel Balanche est un gars de terrain pur et dur, en poste presque tous les jours avant l'aube sur les terres du Haut-Doubs. Il n'hésite d'ailleurs pas de temps à autres pas à venir taquiner les martins-pêcheurs et autres oiseaux à Brognard. La patience est sa devise, mais il en a l'habitude, retraité depuis peu d'un département de sécurité d'état où la persévérance était le maître mot pour résoudre des enquêtes.

 

"C'est ma troisième soirée d'affût et je n'ai encore rien vu" raconte Michel. "Pourtant, je les vois fréquemment dans ce pré et c'est la période du rut. J'insiste car je sais qu'il faut user la malchance pour obtenir de belles images.

En effet, loin en contrebas je vois d'abord la chevrette suivie par un jeune brocard. La femelle avance au trot en effectuant un trajet sinueux, dans le pré puis dans une haie, le mâle la poursuivant inlassablement.

Ils arrivent à proximité de mon affût et le mâle est au plus près de sa compagne. L'accouplement a lieu à trois reprises puis la poursuite reprend, lentement en direction de la forêt.

La soirée s'achève pour le photographe, mais le brocard et la chevrette vont continuer toute la nuit jusqu'à épuisement ce jeu de poursuite amoureuse."

 

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Cliché © Michel Balanche

 

 

L'Hirondelle de rivage

L'Hirondelle de rivage

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Moins connue aux yeux du grand public que ses cousines l'Hirondelle rustique et l'Hirondelle de fenêtre au caractère citadin et campagnard, l'Hirondelle de rivage doit son nom au lieu qu'elle habite.

En effet, elle ne quitte guère les zones humides naturelles (rivières, fleuves, falaises côtières) ou artificielles (carrières de sables, talus routiers). La reproduction est liée à la présence de falaises abruptes et de granulométrie fine que l'on retrouve entre autres dans la basse vallée de l'Allan où le profil de la rivière libre et sauvage lié au travail des crues.

C'est l'un des rares oiseaux qui creusent le sol. Elle niche en colonies plus ou moins importantes, dans une chambre qu'elle a creusée au fond d'un terrier en forme de galerie de soixante centimètres à un mètre de long devant lequel on pourra l'observer, posée à l'entrée de celui-ci ou accrochée à une racine. Malheureusement, les petits mammifères ayant accès aux terriers constituent les principaux prédateurs.

En outre, on peut déplorer les actes de vandalisme entraînant la destruction des nids. Ce qui implique une surveillance de tous les instants des sites prisés par le public cherchant à se rafraîchir sur les gravières proches des berges de nidification. Tel est le cas à cette période de l'année à Allenjoie sur l'espace naturel sensible de l'Allan très fréquenté en cette période de vacances alors que les poussins sont prêts à prendre leur envol.

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Cliché © Dominique Delfino

Tir des loups : Réaction de Brigitte Bardot

Tir des loups : Réaction de Brigitte Bardot

 

On peut ne pas partager toutes les idées de Brigitte Bardot, mais cette lettre ouverte à Ségolène Royal recentre vivement les décisions de la Ministre de l'Écologie.

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