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03/09/2015

Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

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Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

 

Représentées au Comité Économique et Social Européen[1], les associations environnementales viennent d’être éliminées pour la prochaine mandature. Une décision inacceptable. Le retour en arrière c’est maintenant ?

 

Partenaires à part entière des acteurs de la société civile, les organisations environnementales avaient intégré à partir des années 2008-2009 plusieurs grandes enceintes institutionnelles afin de faire entendre la voix de l’écologie en amont des décisions publiques. Au niveau européen, cela représentait 2 sièges pour les associations de protection de l’environnement françaises. C’était là un acquis majeur du Grenelle de l’environnement que personne ne songeait à remettre en question, du moins ouvertement.

 

C’était sans compter sur le gouvernement français qui vient de supprimer ces deux seuls sièges  au Comité Economique et Social Européen. Alors que leur implication dans leurs mandats avait été unanimement saluée, France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot viennent d’apprendre, et tout à fait incidemment, que leurs mandats seront désormais supprimés. Leur implication avait pourtant permis de faire bouger les lignes au niveau des institutions européennes sur  des sujets très concrets comme l’obsolescence programmée, l’économie de fonctionnalité, la surpêche ou la promotion des transports collectifs.

 

En outre, et bien que le Comité Économique et Social Européen soit l’organe consultatif, créé en 1957 par le Traité de Rome, pour représenter la société civile organisée auprès des institutions européennes, le gouvernement, au mépris de toutes les règles statutaires, a choisi d’y proposer deux personnes qui ne correspondent aucunement au critère de représentation de la société civile organisée.

 

France Nature Environnement juge inadmissible ce considérable retour en arrière sur les représentations environnementales et considère la décision du gouvernement comme un gigantesque désaveu du travail mené bénévolement.

 

FNE demande une annulation de la décision gouvernementale et exige une réponse argumentée sur la place et le rôle que le gouvernement entend voir jouer par les organisations environnementales dans les instances consultatives.

 


 

02/09/2015

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes qui ne rendent compte à personne

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Dernière mise à jour : 20 novembre 2015

 

 ACCIDENT NUCLÉAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !
 
Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire. Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.


La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment  de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier).  Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la  Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.


 
BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPÉEN
 
Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication.


1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.


Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.


2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.


Dans un nouveau courrier, la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts). La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !
 
Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.
 
Très bonne lecture à tous !
 
Très cordialement
 
L’équipe de la CRIIRAD
 
PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition. Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet.  
 
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
 CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla

26000 VALENCE

04 75 41 82 50

asso@criirad.orgwww.criirad.org

 

Oui, le nucléaire est dangereux à faibles doses : une étude de l'OMS sur plus de 300.000 travailleurs de l'industrie nucléaire démontre l'effet néfaste des rayonnements, même à des doses très réduites.  

Voir cette étude qui le démontre.

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08/08/2015

Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup !

Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup !

 

loups et troupeaux

 

Depuis le retour naturel du Loup en France, par l’Italie en 1992, jamais un gouvernement n’avait donné l’autorisation d’abattre un si grand nombre de canidés. De la même manière, jamais les préfets avaient été aussi prompts à signer des autorisations de tirs effectives sur le terrain.

 

Alors que la population lupine est en baisse significative pour la première fois, 282 loups sur la période hivernale 2014-2015, contre plus de 300 un an auparavant, le gouvernement accentue sa pression sur le loup. Avec un nombre de tirs autorisés s’élevant à 24 pour la période passée (déjà un record avec 19 loups tués officiellement), la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a fixé une hausse des abattages de 50 % en autorisant jusqu’à 36 « prélèvements » d’ici le 30 juin 2016. Autrement dit, Ségolène Royal se prononce en faveur d’une réduction de la population de loups de plus de 10 %. Après ses déclarations sur les ours, la ministre fait, une nouvelle fois, la démonstration de sa grande volonté de préserver la faune sauvage, fusil en main. Ce faisant, elle fait fi des engagements internationaux pris par la France en 1979, lors de la convention de Berne, et en 1992 avec la directive européenne Habitat-faune-flore, reconnaissant à ces animaux le statut d’espèces strictement protégées.

 

Si un encadrement du développement de la population de loups est nécessaire pour limiter son impact sur l’élevage ovin, le fait de privilégier les tirs comme principale solution apparaît pourtant comme un échec. L’explosion de la prédation sur les troupeaux tend en effet à démontrer leur caractère contre-productif. Alors que le nombre de loups a diminué l’année dernière, jamais les prédations sur les troupeaux domestiques n’ont été aussi importantes. En 2014, 9190 bêtes ont ainsi été attaquées pour un effectif de 282 loups, quand, en 2013, plus de 300 loups « ne faisaient que » 6 812 victimes dans les troupeaux.

 

Un tel paradoxe s’explique par la pression mise sur le Loup, comme tendent à le démontrer des études réalisées en Italie, en Espagne, etc. Si les tirs de défense, lorsqu’un loup est à proximité ou attaque un troupeau, ne sont pas discutables, que cela soit pour l’éleveur ou pour leur impact sur le loup. Celui-ci est en position de chasse, dans une situation à risque, le stress engendré sur l’individu et/ou la meute, même en cas de tir, est naturel. À l’inverse, les tirs de prélèvements sont une source de déstabilisation des loups et meutes auxquelles ils appartiennent. Or une meute désorganisée, voire éclatée, est source d’attaques plus fréquentes. Peu nombreux, voire isolés, les prédateurs désorientés privilégient ainsi les proies les plus faciles. Par ailleurs, le taux de réussite étant moindre, le nombre d’attaques augmente…

 

Aujourd’hui, avec une telle approche, le risque est grand d’une escalade totalement contre productive pour tous. Si les associations doivent accepter les tirs de défense, les tirs de prélèvement actuels doivent être stoppés et les éleveurs doivent protéger effectivement leurs troupeaux. Malgré les subventions, la mise en place des moyens de protection demeure aléatoire et non vérifiée. Rien n’est fait pour contraindre les nombreux récalcitrants, les attaques sont indemnisées même si les animaux ne sont pas protégés.

 

En absence de vison et courage politique, le calme n’est pas prêt de revenir dans les zones où le Loup a élu domicile, ce dernier et les éleveurs faisant leur travail en étant les premières victimes !

 

Source : Ségolène Royal, va-t-en guerre face au loup ! Univers Nature, 23 août 2015.

07/08/2015

T-shirts écolos

Qui serait intéressé par l’achat de T-shirts blancs, avec impression frontale du type ci-dessous, au format 21 x 29.7. Le prix serait de l’ordre de 15 à 20 €.

Quels modèle ?
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René-Jean Monneret

03 84 85 10 48
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06/08/2015

La grande Aigrette

Drôle d'oiseau

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Début septembre 2013 : après-midi animé dernièrement lors d'une séance d’affût sous la pluie dans la plaine de l'Allan.

 

La chaleur de ces derniers temps ne permettait pas des observations très particulières en journée et maintient toujours des niveaux d'eau très bas pour la saison.

 

Déjà présente à cette période de l'année, la Grande Aigrette (le plus grand des échassiers d'Europe) se dessine à portée d'objectif chassant le poisson qu'elle observe d'un œil vif. Surprise, lorsqu'un deuxième échassier arrive en vol pour se poser à quelques mètres du premier et qui semble s'apparenter à un concurrent sur cet espace de chasse.

 

Les deux oiseaux se tolèrent et se déplacent en duo lentement en scrutant la surface de l'eau, m'offrant durant un bref instant un angle où les corps des deux oiseaux ne font plus qu'un. L'illusion d'une Aigrette à deux cous est presque parfaite. À peine le temps de parfaire le cadrage et les réglages de prise de vues car le contraste lié à la blancheur de l'oiseau suffit à surexposer le sujet.

 

En hivernage sous nos contrées après avoir quitté l'Europe du Nord, cette espèce est depuis quelques années observable très régulièrement, individuellement ou par petits groupes, au bord de nos plans d'eaux ou dans les prairies chassant les petits mammifères.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

Quand passent les cigognes

Quand passent les cigognes

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Envol spectaculaire dimanche 30 août 2015 en fin de matinée sur le plateau de Brognard d'une quantité impressionnante de cigognes blanches.

 

Je découvre par surprise dans la plaine de l'Allan ces échassiers profitant d'une colonne d'air chaud ascendant pour prendre de l'altitude avant de poursuivre leur migration.

 

Près de deux cent cinquante cigognes tournoient dans le ciel, au grand étonnement des promeneurs, cyclistes, automobilistes qui, tous figés sur place n'ont certainement jamais vu, tout comme moi, autant d'oiseaux dans ces circonstances.

 

Je ne dispose que de très peu de temps pour aller chercher mon téléobjectif afin de tenter quelques images car les échassiers prennent très vite de l'altitude. Un voisin me signale, impressionné, les avoir vu passer à très basse altitude au-dessus de sa maison juste après leur décollage du plateau de Brognard, le bruit du battement des ailes et la quantité d'oiseaux ayant apeuré son chien et son chat !

 

Un grand moment d'émotion au regard des cigognes qui prennent la direction du sud pour rejoindre leurs quartiers d'hiver.

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,cigogne blanche,migration automnale,

Cliché © Dominique Delfino

04/08/2015

Le monstre de pierre

Le monstre de pierre

 

par Dominique Delfino

photographe naturaliste et animalier

 

Je vous fais partager ce cliché carte postale surprenant réalisé dernièrement lors d'un séjour de vacances en Sardaigne.

 

La côte de Sardaigne, qui s'étend sur 1800 kilomètres, est caractérisée par de grandes plages sauvages, des baies rocheuses isolées, des formations de granite abruptes, des grottes authentiques et des forêts de pins.

 

Je découvre durant quelques jours la côte Est au départ de la petite cité d'Arbatax. Certaines plages et criques abritées au pied de vertigineuses falaises calcaires ne sont accessibles qu'en bateau, leur garantissant ainsi un caractère sauvage.

 

C'est sur l'une d'entre elles, baignée d'une eau cristalline que je découvre cette forme rocheuse telle une créature pétrifiée. Effectuée avec un objectif grand angle au ras de l'eau, la prise de vue sous cet aspect donne l'impression que le monstre de pierre n'a qu'une envie, celle de rejoindre les fonds marins.

 

dominique delfino,sardaigne

Cliché © Dominique Delfino

 

03/08/2015

La nuit des étoiles

Le spectacle nous vient du ciel

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et scientifique

 

Il ne fallait pas manquer cette nuit du 12 au 13 août 2015 pour profiter de la pluie d'étoiles filantes, rendez-vous annuel conditionné par la météo.

 

Ciel totalement dégagé, pas de lune, il ne reste qu'à s'éloigner des centres urbains pour éviter la pollution lumineuse, fléau de notre civilisation, et profiter d'un ciel noir étoilé.

 

Cap donc sur le massif du Lomont, tard dans la soirée, pour une observation en famille. Très rapidement nous sommes surpris par le passage très régulier d'étoiles filantes plus ou moins lumineuses dont certaines brillent d'une intensité étonnante.

 

Côté technique pour les photographes, 2500 ISO de sensibilité, grand angle de 14 mm, un trépied bien stable et pose longue d'environ 20 secondes pour enregistrer la lumière des étoiles et de la voie lactée en espérant bien sûr capter le passage d'une étoile filante durant ces poses.

 

Je réalise cette image d'un ami photographe, Karim, installé sur le toit de sa voiture pour se rapprocher des étoiles et qui, tel un extra-terrestre semble vouloir communiquer avec le ciel.

 

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Cliché © Dominique Delfino

La pêche délicate du jeune héron

Délicate capture

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

La sécheresse qui sévit en cet été 2015 impose des niveaux d'eau très bas sur l'ensemble de nos cours d'eau et la basse vallée de l'Allan n'échappe pas à la règle.

 

La formation de vasières, d'îlots, et les gravières hors d'eau procurent à de nombreux oiseaux la possibilité de trouver un terrain de prédilection adapté à leurs techniques de chasse.

 

Ce sont les petits et grands échassiers que je tente d'observer et de photographier particulièrement en cette période de migration qui vient de commencer.

 

Mais ce soir, c'est un jeune Héron cendré qui se donnera en spectacle après avoir capturé un poisson chat de belle taille évoluant en eau peu profonde.

 

Durant plusieurs minutes, notre Héron se débat avec sa proie qu'il essaie non sans mal de retourner par la tête pour l'avaler. Contraint de s'y reprendre à plusieurs reprises au risque de perdre sa proie, le Héron rejoindra un espace presque hors d'eau pour sécuriser sa capture et finir par l'avaler.

 

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Cliché © Dominique Delfino

     

 

Le temps des moissons

Le temps des moissons

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Les paysages de campagne sont à cette saison largement empreints du travail des moissons.

 

Le dessin et le graphisme des innombrables balles de paille confectionnées après la récolte du blé et de l'orge offrent à notre regard un paysage qui marque une transition dans le déroulement des saisons.

 

C'est en prenant de la hauteur sur le plateau de Brognard que je décide de redécouvrir ces espaces agricoles par une belle lumière rasante de fin de journée. Décollage dans la foulée du petit Cesna de l'aérodrome de Courcelles lès Montbéliard, piloté par Pascal Faivre afin de survoler ces paysages que je photographie très régulièrement pour en en suivre l'évolution.

 

Les ombres portées traduisent le relief que je recherche en ce début de soirée afin de donner à ce paysage toute sa dimension. C'est la présence des vieux arbres fruitiers qui s'inscrivent encore dans  ce paysage.

 

Un petit symbole de biodiversité dont l'agriculteur local est bien conscient et qu'il a décidé de ne pas faire disparaître, malgré ses gros engins de travail, la rentabilité ayant souvent raison face à certains équilibres écologiques.

 

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15/07/2015

La chasse à la glu : l'intelligence au pouvoir au Sénat

 L’intelligence au pouvoir au Sénat

 

La solution pour lutter pour lutter contre les incendies de forêt : la chasse à la glu. Personne n'avait encore osé avancer un tel argument. Sauf un sénateur. Ça nous rappelle une réplique de Michel Audiard dans les "Tontons flingueurs" : Les c… ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.

Moralité : le Sénat a adopté. Rappelons que cette haute assemblée est composée de personnages d'un certain âge. Mais, comme dit Georges Brassens : Le temps ne fait rien à l'affaire…

 

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Déversement de lait dans le Durgeon

Déversement de lait dans le Durgeon :

plusieurs centaines de poissons

sont morts en moins de 24 heures

Pollution du Durgeon : un article dans ma Commune.com

 

À la suite du déversement d'un camion de lait sur le parking du super-marché Cora à Vesoul par les exploitants agricoles, le Durgeon qui traverse la ville s'est trouvé contaminé, ce qui a entraîné une importante pollution de la rivière en étiage.

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État des lieux © Benoît Dumain

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Le lait stagne dans la rivière en étiage © Benoît Dumain

 

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Gardons, barbeaux… : La faune piscicole n'a pas résisté © Benoît Dumain

 

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Partout la même désolation © Benoît Dumain

 

 

 

Voir également le reportage de France3 Région Franche-Comté.

 

La chapelle médiévale Saint-Gengoul dans la forêt de Chailluz

 Une chapelle et un village médiéval dans la forêt de Chailluz


 
par André Guyard
 
Texte et figures d’après Fruchart Catherine, « Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l’Antiquité à nos jours ». Thèse de Doctorat en Archéologie, Université de Franche-Comté, 2014

 

À l'époque médiévale, on défrichait beaucoup. Dans la forêt de Chailluz, des zones qui étaient peuplées sont aujourd'hui couvertes par les bois. En reprenant ses droits, la forêt a recouvert les constructions, les réduisant le plus souvent à l'état de ruines et rendant ces sites difficiles à localiser.

 

De sorte que les données archéologiques enregistrées jusqu'en 2009 pour le massif de Chailluz, sont rares : on compte une trentaine de points, dont deux seulement sont situés dans la forêt même.

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Ces points représentent les entités ou sites archéologiques suivants : 10 bornes de délimitation territoriale (points verts : 5 bornes attribuées au XVIIIe siècle, 5 non datées), 11 objets isolés (points jaunes : 5 objets antiques, 2 médiévaux et 4 modernes), 7 fours à chaux (points gris foncé : estimés médiévaux ou modernes), 1 carrière d'argile non datée (point gris clair), 4 occupations hypothétiques (points rouges : 2 antiques, 1 médiévale, 1 de période indéterminée) et deux occupations certaines (points rouges cerclés de noir). Ces dernières sont situées dans la forêt de Chailluz même.

 

À l'exception de la Chapelle Saint-Gengoul documentée historiquement et sommairement fouillée au début des années 1960, tous les points enregistrés et listés ci-dessus résultent d'observations faites au cours de prospections pédestres.

 

La chapelle médiévale Saint-Gengoul est mentionnée dès 1049, et c’est le seul édifice médiéval attesté en forêt de Chailluz. Bien que située sur le territoire de Besançon, elle dessert la paroisse de Tallenay jusqu’au XVIIe siècle.

En plus des prospections archéologiques au sol et géophysiques, des relevés floristiques, des analyses physicochimiques du sol, des études anthracologiques de charbonnières et des recherches historiques, pour compléter les connaissances sur cette chapelle, des fouilles archéologiques ont été réalisées au printemps 2015 dans le cadre du programme ODIT et avec le soutien du Service municipal d’Archéologie préventive (SMAP, Besançon).


Les recherches historiques et archéologiques (fouilles, prospections) indiquent que ce site a certainement été occupé pendant plus de six siècles. L’analyse des données LiDAR a révélé des aménagements sur environ un hectare autour de la chapelle formant un arc de cercle adossé à la crête et composé d’une succession de terrasses à l’intérieur desquelles des cloisonnements sont matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. Les fouilles menées en avril 2015 ont notamment permis de découvrir la dernière entrée de la chapelle sur son côté nord, implantée face au village de Tallenay. Cette entrée, qui était inconnue jusqu’à présent, figure bien sur un plan du début du XVIIIe siècle conservé aux Archives municipales de Besançon et représentant une vue (non géométrique) en élévation du paysage et de l’occupation du sol au nord du massif de Chailluz.


Un texte indique la destruction partielle de la chapelle en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres.

 

Mais qu'est-ce que le Lidar ? Il s'agit d'une nouvelle technique qui va révolutionner les recherches archéologiques notamment en milieu forestier. Les photos aériennes ou satellitaires ne donnent aucune information sur le relief du sous-bois. En revanche, la télédétection par laser aéroporté (light detection and ranging ou LiDAR) permet une cartographie détaillée et fait ressortir toutes les zones potentiellement intéressantes. C'est cette technique qui a été choisie par les archéologues francs-comtois.

 

En quelques mots, pour obtenir une scène LiDAR, un avion survole la zone à étudier en balayant le sol avec des faisceaux laser. Ceux-ci sont absorbés ou partiellement renvoyés par les différentes surfaces qu'ils rencontrent : feuilles, branches, pierres, sol, etc. Chaque point d'impact des faisceaux laser est localisé. On utilise ensuite des algorithmes mathématiques pour associer les points ainsi obtenus et reconstituer une image très précise du relief du sol que l'on appelle un modèle numérique de terrain. “Ces images ne signifient rien si on n'y associe pas des prospections systématiques de terrain” souligne Laure Nuninger, coresponsable du projet LiDAR pour l'étude des paysages passés et contemporains (LIEPPEC) de la MSHE. Elle explique : ”Le LiDAR ne distingue pas les anomalies d'ordre naturel, comme les terriers ou les tas de sable, des aménagements liés à l'homme, pas plus qu'il ne différencie une installation récente d'un site archéologique”.

 

Cette prospection dans les archives locales, sur le terrain et par LiDAR a fait l'objet de la thèse de Catherine Fruchart, une thèse de doctorat en archéologie, soutenue en novembre 2014 à l'université de Franche-Comté[1].

 

Situation topographique de la Chapelle Saint-Gengoul

 

Du point de vue topographique, la chapelle Saint-Gengoul est implantée en surplomb de Tallenay dans une position centrale dans la partie basse d'une sorte d'anse naturelle dont les contours sont dessinés par la crête de Chailluz.

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Implanté à environ 487 m d'altitude, l'édifice est légèrement en contrebas du point le plus haut de l'anse (489 m d'altitude), à quelques dizaines de mètres plus au sud-ouest. Cette zone d'altitude maximale est marquée par un très gros pierrier, aménagé juste au bord de la crête. Ce dernier, recoupé par le chemin de crête actuel, marque presque la limite ouest de la zone hémi-circulaire de terrasses : il est situé à quelques mètres à peine à l'intérieur de ce périmètre.

 

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Images LiDAR (SIG et DAO C. Fruchart 2014 — MSE C.-N. Ledoux)

 

On connaissait déjà par des textes datant du XIIe siècle l'existence de cette chapelle. C'est la seule construction attestée pour la période médiévale sur l'ensemble du massif. Sa première mention date de 1049 (Courtieu, 1987, p. 3108) ;  la chapelle est alors une dépendance du chapitre métropolitain de Besançon. La découverte de sépultures attribuées à la période burgonde[2] dans ses alentours à l'occasion de travaux de voirie vers 1875 (Boiteux, 1930) peut être l'indice d'une occupation antérieure au second Moyen Âge. Une archive de 1547 (Archives municipales de Besançon, cote DD 93, p. 82-83) permet d'établir que la chapelle est encore utilisée par les habitants de Tallenay au début du XVIe siècle. L'extrait suivant en témoigne : « II y a un petit essart ancien autour de l'église pour le cimetière. Il y a vingt ans[3] [...] il rencontra une femme et des enfants montant à l'église. [..] Ils feraient mieux d'en construire une en bas. »

 

En 1722, les habitants de Tallenay présentent une requête à « Messieurs du Chapitre Métropolitain pour obtenir la permission de démolir leur ancienne église dédiée à St-Gengouph. » Elle leur est accordée, « à condition que lesdits habitants laissent subsister la muraille de ladite église dans tout leur pourtour à la hauteur de 3 pieds. » Ceci afin que la présence de ces murs en bordure de la forêt prouve la limite incontestable de la forêt de Chailluz pour l'avenir[4].

 

De sorte que l'emplacement de la chapelle est peu apparent. En suivant les indications topographiques ci-dessus, le promeneur le repérera grâce à un crucifix qu'un quidam a fixé sur le tronc du hêtre ayant poussé dans l'enceinte de l'édifice.

 

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Le crucifix sur le hêtre (cliché M. Hoeuillard)

 

Le patronage de Saint-Gengoul[7] , généralement associé à de petits établissements religieux médiévaux, n'est pas une rareté dans le nord-est de la France ; on le rencontre surtout en Lorraine, mais aussi en Alsace, en Bourgogne, en Champagne et en Franche-Comté. Les quelques monographies consacrées à ce saint (la plus ancienne date de la fin du Xe siècle, cf. Goullet, 2002) évoquent un aristocrate burgonde du VIIIe siècle qui aurait combattu aux côtés de Pépin le Bref et qui serait mort assassiné par l'amant de sa femme. Cet événement est certainement à l'origine du culte qui lui a été associé : il est le patron des maris trompés. On lui attribue aussi le don de faire surgir une source à l'endroit où il plante en terre son bâton de pèlerin, qui l'accompagne partout dans ses déplacements ; lorsque le saint quitte un lieu en emportant avec lui son bâton miraculeux, la source se tarit.

 

Apport des fouilles des années 1970

 

Du point de vue archéologique, l'on sait peu de choses sur la chapelle Saint-Gengoul. L'intérieur de l'édifice a été partiellement fouillé au début des années 1970 (zone en orange sur la figure a ci-dessous) ; il s'agit de la partie est du bâtiment Cette fouille n'a cependant fait l'objet à l'époque d'aucun rapport écrit, et seuls quelques plans et dessins de mobilier ont été transmis pour témoigner de cette opération ; ils sont actuellement conservés au SRA. Quelques informations nouvelles relatives à cette fouille ont néanmoins pu être collectées, grâce au cahier de notes original constitué au cours de la fouille, que le responsable de l'opération (Ch. Cousin) a conservé jusqu'à aujourd'hui et nous a communiqué pour la présente étude[8].

 

L'excavation a couvert une surface d'environ 15 m , une tranchée ouverte de mur à mur, à l'intérieur de la chapelle sur une largeur de 2 m. Le plan d'ensemble montre une construction subrectangulaire aux murs épais d'environ 80 cm ; la restitution de la presque totalité du mur nord, ainsi que celle d'une partie du mur ouest, sont hypothétiques : ces murs n'ont pas été observés en fouille (parties en gris sur la figure a ci-dessous). Les dimensions extérieures totales estimées du bâtiment sont : 13 m pour le mur nord, 9 m pour le mur est, 14 m pour le mur sud et 8,50 m pour le mur ouest. Le plan mentionne également remplacement de deux petites fouilles anciennes[9]; l'une est située dans la partie sud-ouest de l'édifice, large d'environ 1,50 m et longue de 7,50 m le long du mur sud et 3 m le long du mur ouest (zone en jaune sur la figure ci-dessous). L'autre, au sud-est de la chapelle, est une petite excavation large d'un mètre et longue de 3 m contre le mur est (zone en rouge sur la figure a ci-dessous).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

 

La fouille des années 1970 a permis de découvrir un autel[10]  en pierre accolé au mur est, au centre, et, à environ 50 cm au nord de cet autel, un petit bassin appelé "piscine eucharistique[11]" sur les plans originaux et dans le cahier de fouilles. Aucune description n'en est donnée- Cette entité a dû être déplacée au cours de la fouille ; la mention d'une monnaie trouvée sous le bassin en témoigne[12].

 

Une stratigraphie sommaire est esquissée dans le cahier de fouilles. Elle est reproduite, après mise au propre et mise en forme, sur la figure ci-dessus. Elle apporte les renseignements suivants :

 

L'unité stratigraphique supérieure (US 1) est une couche de remblai qui correspond sans doute à la phase d'abandon puis de démolition de l'édifïce. Cette couche épaisse d'un bon mètre contenait des fragments de matériaux architecturaux ("laves", fragments de tuiles plates et canal[13], fragments d'enduit peint avec des décors de couleur rouge et jaune sur fond blanc), du charbon de bois et du mobilier[14] (tessons, verre, vitrail, monnaies, cléments, clous). Le long des murs nord et est, une concentration particulièrement importante de fragments d'enduit peint (US 1b sur la figure b) traduit vraisemblablement l'effondrement in situ du décor appliqué sur la paroi intérieure du mur nord[15].

 

Sous la couche de remblai US 1, une couche de terre épaisse d'une dizaine de centimètres (US 2) recouvre le sol « en béton » de la chapelle, épais d'une dizaine de centimètres également (US 3). Ce sol est en connexion directe avec les murs de l'édifice[16].

 

Sous l'US 3, dans la partie sud de la fouille, sur toute la surface comprise entre le mur sud, le mur est et l'autel une couche de bois brûlé contient des morceaux de tuiles et quelques tessons (US 4). Cette fine couche, épaisse de 2 à 5 cm, qui signale probablement un incendie, est recoupée par l'autel, qui lui est donc postérieur et qui est aménagé directement sur le substrat rocheux en place (lapiaz). Dans la partie nord du sondage, entre le mur nord, le mur est et l'autel, l'US 3 repose directement sur la roche en place (lapiaz). Sous l'US 4, une fosse (US 5) mesurant, semble-t-il, 2 m sur 1,60 m et profonde d'au moins 30 cm occupe le coin sud-est de la chapelle. Cette fosse s'appuie sur les vestiges d'un ancien mur en "grosses pierres" situé sous le mur est de la chapelle encore en élévation. Elle contenait des ossements et quelques tessons ; il pourrait s'agir d'une fosse d'inhumation. La mention d'un "ancien mur" ainsi que la présence, sans doute, d'une couche d'incendie indiquent que cet édifice a subi au moins un remaniement substantiel au cours de son existence.

 

Une destruction partielle de la chapelle a été opérée en 1722, mais les murs ont été conservés en élévation sur plusieurs assises de pierres (voir cliché ci-dessous)

 

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Le mur restitué de la chapelle (cliché P. Salembier)

 

Des travaux de stabilisation des assises de murs ont été réalisés en août 2015. Les deux premiers rangs de moellons du sommet des murs ont été retirés puis remontés avec un mortier de ciment-chaux. Les sommets des murs ont enfin été bétonnés afin de les rendre étanches.

 

Cette restauration assure la préservation et la mise en valeur de ce site, localisé sur le sentier des crêtes de la forêt de Chailluz et unique vestige construit de l’occupation médiévale de cet espace forestier.

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Les murs restaurés de la chapelle angle nord

(cliché A. Guyard)

 

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Les murs restaurés de la chapelle côté sud

(cliché A. Guyard)

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Les murs restaurés de la chapelle côté nord-ouest

(cliché A. Guyard)

 

Apport des données LiDAR et des prospections récentes : découverte du village de Saint-Gengoul

 

Le relevé LiDAR a permis de mettre en évidence autour de la chapelle une zone aménagée hémi-circulaire longue d'environ 160 m et large au plus d'une soixantaine de mètres. Cette zone est appuyée contre la crête et forme une succession de terrasses en arc de cercle, à l'intérieur desquelles on observe des cloisonnements matérialisés par des talus en pierres sèches ou des épaulements, suivant la configuration du relief naturel. La chapelle se situe sensiblement en position centrale, surplombant les deux étages de terrasses inférieurs.

 

L'abondance de mobilier médiéval[17] découvert dans cet espace hémi-circulaire (céramique, objets en fer divers, monnaies ; figure ci-dessous) indique certainement la présence passée d'habitats autour de l'établissement religieux. Sur la terrasse inférieure, une dépression circulaire profonde d'environ 2 m, se rétrécissant légèrement en entonnoir au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans le sol, mesure environ 4 m de diamètre en surface ; le fond est un éboulis de pierres informes, possible remblai rapporté ou bien résultat d'un remplissage naturel dû à l'érosion. Cette dépression pourrait être soit un point de soutirage naturel, soit les vestiges d'une ancienne citerne creusée à même le substrat rocheux.

 

Mobilier-médiéval-450.jpg

Mobilier médiéval découvert à proximité de la Chapelle Saint-Gengoul

Clichés et étude de mobilier D. Daval 2013

 

Ces ruines groupées autour des restes de la chapelle, des murs et des terrasses suggèrent l'existence d'un village entier formé de maisons en bois. Celui-ci aurait été occupé entre les VIIe et XIIIe siècle, comme en témoignent les céramiques retrouvées sur place. “Si ce village n'a jamais été repéré avant, c'est parce que pour le promeneur novice, rien ne distingue un mur construit il y a 1500 ans d'un simple tas de cailloux” explique Pierre Nouvel, chercheur au laboratoire Chrono-environnement et coresponsable du projet Anthropisation d’un milieu forestier : la forêt de Chailluz soutenu par la MSHE. C'est pourquoi les chercheurs travaillent en collaboration avec des archéologues bénévoles de l'ARESAC[18].

 

Les données Lidar ont permis d'expliquer la présence de nombreux tas de pierres provenant de l'épierrage de champs cultivés. La forêt ne s'est installée qu'après l'abandon du village et de ses cultures environnantes. La ressource en eau située au pied de la falaise dominant l'actuel village de Tallenay n'était pas très éloignée. On peut supposer que le village avait peut-être été protégé du côté sud par une palissade.

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Un des nombreux pierriers entourant le village Saint-Gengoul

(cliché A. Guyard)

 

Ce travail de longue haleine permettra d'affiner, en collaboration avec les chercheurs slovènes du laboratoire européen associé ModeLTER[19], les algorithmes qui sélectionnent les données pour produire de meilleurs modèles.

 

En Bourgogne, en Languedoc et en Slovénie, des chantiers similaires ont été ouverts par les membres de cette même équipe. ”La comparaison des résultats obtenus dans chaque région nous permettra d'affiner nos méthodes et d'observer l'évolution du peuplement et du paysage dans la très longue durée” explique Laure Nuninger.

 

Les données obtenues grâce au LiDAR intéressent d'autres chercheurs de l'Université de Franche-Comté (UFC), comme les géographes et les géologues qui sont également impliqués dans le projet LIEPPEC.

 

 À proximité de la chapelle Saint-Gengoul, le domaine royal était délimité par des bornes à fleurs de lys (Documentation : Grand Besançon n° 80 mars-avril 2017 p. 45)

 

Un texte de 1290 situe la limite topographique bien identifiable de la crête bordant le nord de la « Côte » de Chailluz[5]. Il indique que cette crête est la limite du territoire bisontin et de la forêt de Chailluz sur une longueur de 3,5 km au moins[6], jusqu'au « mostier de Talenay » qui correspond certainement à la zone de la chapelle Saint-Gengoul. C'est en 1720, sous Louis XV pour mettre fin aux querelles et procès entre Besançon et les communes riveraines de la forêt royale de Chailluz (Tallenay, Châtillon-le-Duc, École-Valentin), qu'ont été aménagés en limite parcellaire, un talus et des bornes royales. Sculptées de trois fleurs de lys en triangle, pesant 300 kg chacune, ces bornes ont été peu à peu retrouvées à la faveur de prospections archéologiques universitaires menées avec la MSHE (Maison des sciences de l'Homme et de l'Environnement). De telles bornes fleurdelysées (voir un exemplaire ci-dessous) furent posées à tous les angles de limites du domaine royal, implantées entièrement sur le terrain domanial, le parement extérieur formant limite de propriété, la fleur de lys tournée vers la propriété domaniale. Au total, sur environ 6,5 km, de Bonnay à École-Chatillon, une vingtaine de bornes a en effet été découverte, géolocalisée, mesurée et photographiée, faisant même l'objet d'un rapport scientifique déposé au service régional d'archéologie (auteurs Daniel Daval et Catherine Fruchart, 2014).

 

chapelle saint-gengoul,forêt de chailluz,catherine fruchart

Borne fleurdelysée (cliché A. Guyard)

 

C'est sur sollicitation de la Ville de Besançon et de l'ONF que les chercheurs associés Daniel Daval et Catherine Fruchart, doctorante à la MSHE, ont réalisé l'inventaire des bornes royales en forêt de Chailluz, avec le concours de l'association ARESAC (Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois). Le président d'ARESAC, Daniel Saval précise « Si cette réimplantation a pu avoir lieu, c'est aussi grâce à l'enthousiasme du particulier actuel propriétaire de la parcelle. Passionné, il a suivi dès le début notre travail de recherche, l'opération "Où sont les bornes disparues?". Il a autorisé la remise en place des neuf bornes et nous a même apporté son soutien financier pour toute la partie matérielle du bornage. Merci à lui ! »

 

Désormais ces bornes figurent sur la carte archéologique nationale. «Curieusement, aucune borne ne délimitait une très grande parcelle de forêt privée située sur la commune de Tallenay. Selon les renseignements d'un ancien du village, il est apparu que des bornes fleurdelisées avaient été négligemment retirées par l'ancien propriétaire » mentionne Daniel Daval. Il faudra à l'association mener pas mal de recherches pour retrouver neuf de ces bornes disparues.

 

Bien que la forêt soit aujourd'hui divisée entre plusieurs propriétaires privés — redistribution post-révolutionnaire oblige —, l'ARESAC a été autorisée à repositionner les bornes à leur emplacement d'origine, au Bois de la Lave à Tallenay.  L'opération de remise en place des bornes s'est déroulée l'espace d'une journée de labeur, le 10 septembre 2016, avec l'aide d'un géomètre, de membres de l'association et d'une poignée de bénévoles.

 

CHAPELLE SAINT-GENGOUL — BORNAGE FLEURDELYSÉ : VERS LA CRÉATION D'UN SENTIER DE RANDO ?

 

Métrage rigoureux, transport mécanisé avec tracteur, pelleteuse, jeu d'échafaudage et de poulie, recollage de bornes cassées en deux, calage en pleine terre, et huile de coude bien sûr, ont rendu à ces vestiges de pierre, à défaut de leur pertinence administrative, leur absolue légitimité patrimoniale et paysagère. Aussi, l'ARESAC envisage-t-elle la création d'un chemin de randonnée thématique, de sorte que le grand public, amateurs de randonnées sylvestres ou simples promeneurs, puisse avoir le plaisir, au détour d'un sentier ou d'une clairière, de tomber sur ces fiers témoins du XVIIIe siècle.



[1] FRUCHART C. (2014). – Analyse spatiale et temporelle des paysages de la forêt de Chailluz (Besançon, Doubs) de l'Antiquité à nos jours. Thèse de doctorat Archéologie Université de Franche-Comté. 4 volumes. Texte : 647 p., annexes : 104 p., figures : 215 p., planches : 61 p.

[2] Une note parue dans le bulletin de 1875 des Mémoires de la société d'émulation du Doubs (p. Vin, Mémoires de la société d'émulation du Doubs, 4e série, vol. 10, 1875, paru en 1876) rapporte ceci : « De la part du colonel Balland, chef du génie de la place de Besançon, le secrétaire offre à la Société un coutelas et une boucle de ceinturon en fer, objets trouvés dans une sépulture de l'époque burgonde, située à l'intersection du chemin stratégique qui se construit à Chailluz et du vieux chemin descendant à Tallenay. Cette sépulture, encadrée par de petites dalles informes, n'était qu'à soixante centimètres au-dessous du sol. ». L'attribution à « l'époque burgonde » reste néanmoins à confirmer : aucune publication scientifique actuelle n'est venue valider (ou infirmer) la datation du mobilier qu'évoque cette note.

[3] Donc aux alentours de 1525.

[4] Ces informations sur la démolition de la chapelle Saint-Gengoul, établies à partir de recherches aux Archives municipales de Besançon, sont dues à J.-P.Josseron, agent ONF et correspondant pour l'ONF Franche-Comté sur les questions archéologiques et historiques.

[5] La limite du territoire de Besançon est formée par « totelicostedudit bois de Chaillous qui gieteea par devers Besençon ». Cette notion de limite coïncidant avec la direction dans laquelle découle l'eau se retrouve dansd'autres textes plus tardifs.

[6] Depuis le sommet de la côte dansl'alignement de Braillans jusqu'à la chapelle Saint-Gengoul.

[7] Il existe plusieurs variantes de ce patronyme d'origine germanique ; les plus fréquentes sont sans doute Gengoult,Gengoux et Gengulphe. L'orthographe de la chapelle de Tallenay a connu plusieurs variantes, essentiellement Gengoult,Gengout et Gengoul, graphie actuellement utilisée.

[8] Merci à Christophe Cousin de nous avoir communiqué ce document. Merci également à Sylvie Bépoix et Daniel Daval qui ont contacté M. Cousin et se sont chargés de la numérisation du cahier de fouilles.

[9] Fouille ancienne appelée « fouille boy scout » dans le cahier de fouilles.

[10] Aucune description spécifique n'est donnée. Si les dimensions indiquées sur le plan sont exactes, cet autel rectangulaire mesurait environ 2 m sur 1,50 m.

[11] Expression employée dans les notes de fouille et sur les croquis pour désigner ce bassin.

[12] La monnaie n'est ni datée, ni décrite ou dessinée.

[13] Les fragments de tuiles sont, semble-t-il, situés sous les laves, ce qui pourrait signaler que le toit de la chapelle était déjà effondré lors de la destruction définitive de l'édifice au début du XVIIIe siècle.

[14] Aucune description détaillée du mobilier n'est donnée dans le cahier de fouilles, et l'on ne dispose d'aucun élément de datation pour ces artefacts.

[15] La coupe stratigraphique ébauchée dans le cahier de fouilles indique ime autre sous unité stratigraphique US le au niveau du mur sud, au sujet de laquelle rien n'est dit ; cette US le correspond peut-être à la perturbation occasionnée par la fouille ancienne signalée sur le plan d'ensemble (zone en rouge sur la figure 134-a). Cette US le pourrait éventuellement aussi correspondre à une autre poche de concentration d'enduit peint le long du mur sud.

[16] Le cahier de fouille dit que « le sol en béton s'appuie sur les murs ».

[17] Le mobilier le plus abondant est datable des XIIIe et XIXe siècles.

[18] L'Association de recherche et d'étude des sites archéologiques comtois (ARESAC) est reconnue par le service régional d'archéologie.

[19] Modelling of landscapes and territories over the long term (ModeLTER) est un laboratoire européen associé franco-slovène mis en place en 2007 par le CNRS et le Centre de la recherche scientifique de l'Académie slovène des sciences et des arts (ZRC SAZU), en partenariat avec les Universités de Franche-Comté et de Bourgogne. Il est placé sous la tutelle administrative de la MSHE. Ce laboratoire regroupe des spécialistes de l'archéologie spatiale, des géodésistes et des géographes. Certains de ses membres sont spécialisés dans l'élaboration des algorithmes qui permettent de produire des modèles numériques de terrain.

06/07/2015

La Huppe fasciée

 L’oiseau  papillon

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Cette image de Huppe fasciée fut la surprise de la journée à l’occasion de deux jours d’affût dans le Jura, en basse vallée du Doubs.

 

Chaque année, je consacre quelques jours à l’observation de la colonie de Guêpiers d’Europe nicheuse dans ce milieu naturel exceptionnel. La canicule de ces derniers temps permet quelques heures de prise de vues le matin et en fin de journée, ma concentration sur les perchoirs occupés par les oiseaux étant à son maximum.

 

Étonnement : en face de moi, je devine le vol onduleux et papillonnant d’une Huppe qui choisit le piquet de pâture sur lequel j'ai orienté mon téléobjectif !

 

Elle n’y restera que quelques secondes avant de se poser sur une pierre durant plusieurs minutes, me permettant d’assurer un cadrage plein cadre pour mon plus grand bonheur.

 

Cette espèce relativement bien répandue en France demeure par contre très peu commune dans le tiers nord du pays, sa présence en Franche-Comté étant aléatoire. Les observations régionales s’effectuent le plus souvent en période de migration, les couples nicheurs étant relativement rares ce qui est le cas pour celle que je viens de photographier sur les rives du Doubs.

 

Nicheuse dans une cavité naturelle (arbre, tas de grosses pierres, vieux mur…), elle n’hésitera pas également à s'installer au sein de la colonie dans un terrier creusé par le Guêpier d’Europe.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

05/07/2015

Chevreuils en amour

Poursuite amoureuse

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Une très belle image réalisée par l'un de mes amis, Michel Balanche demeurant à Villers le Lac.

 

Michel Balanche est un gars de terrain pur et dur, en poste presque tous les jours avant l'aube sur les terres du Haut-Doubs. Il n'hésite d'ailleurs pas de temps à autres pas à venir taquiner les martins-pêcheurs et autres oiseaux à Brognard. La patience est sa devise, mais il en a l'habitude, retraité depuis peu d'un département de sécurité d'état où la persévérance était le maître mot pour résoudre des enquêtes.

 

"C'est ma troisième soirée d'affût et je n'ai encore rien vu" raconte Michel. "Pourtant, je les vois fréquemment dans ce pré et c'est la période du rut. J'insiste car je sais qu'il faut user la malchance pour obtenir de belles images.

En effet, loin en contrebas je vois d'abord la chevrette suivie par un jeune brocard. La femelle avance au trot en effectuant un trajet sinueux, dans le pré puis dans une haie, le mâle la poursuivant inlassablement.

Ils arrivent à proximité de mon affût et le mâle est au plus près de sa compagne. L'accouplement a lieu à trois reprises puis la poursuite reprend, lentement en direction de la forêt.

La soirée s'achève pour le photographe, mais le brocard et la chevrette vont continuer toute la nuit jusqu'à épuisement ce jeu de poursuite amoureuse."

 

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Cliché © Michel Balanche

 

 

L'Hirondelle de rivage

L'Hirondelle de rivage

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Moins connue aux yeux du grand public que ses cousines l'Hirondelle rustique et l'Hirondelle de fenêtre au caractère citadin et campagnard, l'Hirondelle de rivage doit son nom au lieu qu'elle habite.

En effet, elle ne quitte guère les zones humides naturelles (rivières, fleuves, falaises côtières) ou artificielles (carrières de sables, talus routiers). La reproduction est liée à la présence de falaises abruptes et de granulométrie fine que l'on retrouve entre autres dans la basse vallée de l'Allan où le profil de la rivière libre et sauvage lié au travail des crues.

C'est l'un des rares oiseaux qui creusent le sol. Elle niche en colonies plus ou moins importantes, dans une chambre qu'elle a creusée au fond d'un terrier en forme de galerie de soixante centimètres à un mètre de long devant lequel on pourra l'observer, posée à l'entrée de celui-ci ou accrochée à une racine. Malheureusement, les petits mammifères ayant accès aux terriers constituent les principaux prédateurs.

En outre, on peut déplorer les actes de vandalisme entraînant la destruction des nids. Ce qui implique une surveillance de tous les instants des sites prisés par le public cherchant à se rafraîchir sur les gravières proches des berges de nidification. Tel est le cas à cette période de l'année à Allenjoie sur l'espace naturel sensible de l'Allan très fréquenté en cette période de vacances alors que les poussins sont prêts à prendre leur envol.

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Cliché © Dominique Delfino

Tir des loups : Réaction de Brigitte Bardot

Tir des loups : Réaction de Brigitte Bardot

 

On peut ne pas partager toutes les idées de Brigitte Bardot, mais cette lettre ouverte à Ségolène Royal recentre vivement les décisions de la Ministre de l'Écologie.

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L'Apollon (Parnassius apollo)

 L'Apollon au vol nonchalant

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Les yeux rivés le plus souvent sur le ciel des Cévennes à la découverte des vautours qui tournoient à la recherche de nourriture, je ne manque pas de poser le regard au sol sur d'autres créatures au vol plus léger.

 

Ce sont des papillons Apollon en bordure de chemin qui attirent mon attention. Ce papillon placide, peu farouche, aime se chauffer au soleil sur les fleurs ou les pierres et vit essentiellement dans les montagnes en Europe moyenne, mais aussi en plaine.

 

L’Apollon est protégé en France depuis 1993. Le Parc national des Cévennes présente des populations extrêmement vulnérables sur les Causses et l’Aigoual. L’une d’elles est reconnue d’importance à l’échelle internationale.

 

L’Apollon a besoin de conditions climatiques précises, notamment d'hivers froids propres à la moyenne et la haute montagne. Cette espèce exige aussi des espaces grandement ouverts — comme les prairies ou les pelouses — et riches en fleurs très colorées (centaurées, chardons divers, scabieuses…). Mais c’est surtout la présence des plantes grasses, nourricières des chenilles (orpins ou joubarbes), qui est un élément déterminant.

 

La lumière traverse les ailes de ce superbe papillon. La confiance dont il fait preuve me permet de le photographier couché au sol afin de lui donner toute sa dimension sur ce fond de ciel bleu que les oiseaux ne sont pas seuls à partager.

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Petits gravelots en danger

Petits gravelots en danger

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Tentative de protection de cette nichée de gravelots sur une gravière à Allenjoie fréquentée par les vaches, mais surtout par les “touristes” qui affluent en masse toute la journée... Les œufs sont pondus à même le sol dans une légère dépression garnie de petits cailloux bénéficiant ainsi d'un mimétisme parfait. Un miracle si les poussins voient le jour !

 

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Difficiles à déceler ces trois œufs parmi les cailloux de la gravière

 

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Pourtant, ces trois œufs constituent la nichée du petit Gravelot

 

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Dérangée, la femelle surveille de loin sa couvée

 

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Le danger provient des vaches…

 

 

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Une zone à protéger également contre les humains

29/06/2015

En finir avec les idées reçues sur les changements climatiques

En finir avec les idées reçues sur les changements climatiques

 

Le 5e rapport du GIEC sur les changements climatiques et leurs évolutions futures publie un article concernant

les arguments climato-sceptiques réfutés en quelques mots.

 

Label bon état des rivières franc-comtoises

Label bon état des rivières franc-comtoises

(Mise à jour du 19 août 2016)

Label-bon-état-des-rivières-franc-comtoises-450.jpg

Avec de grandes absences :

 

Notamment les cours d'eau : L'Ain, La Loue, La Seille, La Cuisance, Le Cusancin, Le Dessoubre, Le Doubs, Le Drugeon , La Furieuse, La Glantine, etc.

 

et de nombreux lacs naturels : Remoray, St-Point, Les Rousses, Narlay, Chalain, Antre, etc.

 

Ajout du 26 mai 2016

 

La Bienne labellisée dans le tableau ci-dessus a pourtant connu une atteinte sérieuse en mai 2016, comme en témoigne un reportage de France 3 Besançon.

 

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Ajout du 19 août 2016 : toujours sur la Bienne, un reportage de France 3 Franche-Comté

 

Le point de vue d'un observateur : l'affaire des rivières comtoises

 

par Simon Calla

EN DIRECT 259 - ]UILLET-AOÛT 2015 p. 6

 

Tout a commencé avec la Loue, puis a continué avec le Doubs, la Sorne, le Dessoubre... Fragilisées par des pollutions en tout genre liées à l'activité humaine, absence d'assainissement dans les communes, métaux lourds dévalant des routes les jours de pluie, pratiques agricoles intensives..., mal défendues par un milieu karstique dont les fissures favorisent l'infiltration des eaux polluées, attaquées par des parasites et autres bactéries nocives, les rivières comtoises sortent affaiblies de décennies de combat. Le peuplement de piscicole est décimé, l'emblématique truite en tête.

 

Si les études scientifiques révèlent la fragilité de la Loue dès les années 1970, ce n'est que depuis quelques années que l'affaire, gagnant en ampleur, devient un problème public, aidée par un contexte de sensibilisation aux problèmes environnement aux. Défenseurs de la nature, scientifiques, agriculteurs, industriels, élus, tous ses protagonistes débattent sur la place publique avec la volonté, chacun avec ses moyens, de mettre fin au désastre.

 

Doctorant en sociologie au LASA de l'université de Franche-Comté, Simon Calla se pose en observateur au cœur de ce forum où se pressent des acteurs toujours plus nombreux. « Certains tentent de connaître la situation, d'autres veulent la maîtriser. » Les rivières deviennent des laboratoires où, avec force capteurs et analyses, les scientifiques cherchent à comprendre le phénomène par un suivi à long terme, un préalable indispensable à l'action. Mais le temps n'est pas le même pour tous : celui de la science est long, il se heurte à celui du politique qui, lui, est très court, quand les usagers, forcément impatients, souhaiteraient des réponses plus rapides et plus efficaces. « Cela génère nécessairement des tensions. Mais malgré des intérêts parfois divergents et des façons d'opérer différentes, les groupes essaient de se comprendre dans une démarche constructive, relate le jeune chercheur. Les agriculteurs, en tant qu'individus, ne sont par exemple plus les boucs émissaires d'hier, c'est désormais la logique productive qui est pointée du doigt. »

 

Et chacun prend conscience des limites de la puissance du genre humain lorsqu'il est confronté à celle de son environnement, ici la perméabilité du karst contre laquelle il ne peut rien.

 

Contact : Simon Calla, Laboratoire de sociologie et d'anthropologie, Université de Franche-Comté, Tél. (0033/0) 6 79 86 41 45 — simon.calla@gmail.com

Le Circaète Jean-le-Blanc

Le Circaète Jean-le-Blanc

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Un bref séjour avec l'un de mes amis dans les Cévennes nous a permis d'observer ce superbe rapace.

 

Nous parcourons les petits chemins qui sillonnent le Causse Méjean, tout en observant les oiseaux dont les nichées arrivent à terme en ce début d'été. La silhouette d'un rapace, d'une envergure de 1,70 mètre, se présente à bonne distance. Très vite, nous identifions cet aigle que nos téléobjectifs ne lâcheront plus. Le Circaète se dessine magnifiquement sur un fond de ciel pur, tournoyant à notre verticale, scrutant le sol à la recherche de reptiles qui constituent quatre-vingt-dix pour cent de son régime alimentaire.

 

Observable essentiellement en migration dans le Doubs, la majorité des couples sont fixés dans le sud-est : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, sud de Rhône-Alpes et sud-est du Massif Central.

 

Une belle observation qui complète celles des Vautours fauves et moines, nichant dans les gorges de la Jonte et du Tarn, rapaces que l'on peut observer tous les jours dans d'excellentes conditions. Symboles de cette région, les Vautours réintroduits il y a une trentaine d'années constituent la fierté du parc national des Cévennes complétée aujourd'hui par un nouveau programme de réintroduction du Gypaète barbu.

 

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Cliché © Dominique Delfino

 

 

26/06/2015

Le Cincle plongeur

Une nichée pour le printemps, une pour l'été…

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Il existe, dans le Pays de Montbéliard, des endroits rêvés pour observer le Cincle plongeur. Les ruisseaux de « têtes de bassin » avec leurs sources karstiques émergentes au fond de nos reculées, avec leurs grottes et leurs cascades moussues constituent toujours un cadre exceptionnel » explique.

 

Depuis plus de 25 ans, j'observe le Cincle, fidèle à ces endroits, trouvant dans ces biotopes les conditions idéales de « niche écologique », notamment pour assurer sa reproduction.

 

Ainsi chaque année, le couple s'installe dans la cavité d'un rocher, abritée par un rideau d'eau, qu'il franchit pour rentrer et sortir du nid parfaitement invisible. Le bec rempli de nourriture qu'il capture en partie sous l'eau, le couple assure, durant près de trois semaines, un va et vient permanent pour nourrir les poussins dont les cris stridents percent le bruit de la chute d'eau, témoignant ainsi de leur présence.

 

Il s'agit là d'une ponte de remplacement à la première nichée, noyée début mai, les cascades ayant connu partout des débits très puissants lors des pluies diluviennes. Dès la décrue, le Cincle plongeur a reconstruit très rapidement son nid. Mes observations de ces derniers jours confirment la réussite de la reproduction avec le départ des poussins à la découverte de leur milieu. Les parents nourriront les jeunes Cincles plongeurs durant une quinzaine de jours encore, avant de les chasser, pour les contraindre à acquérir leur indépendance et leur imposer de trouver un autre territoire pour passer l'hiver.

 

En attendant, peut-être, encore une belle nichée d'été pour animer les cascades de ces « petits bouts du monde » au Pays de Montbéliard.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

21/03/2015

Le Hibou moyen-duc

 Le monde de la nuit

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

À la fin du printemps, la période de reproduction des oiseaux bat son plein, certaines espèces se préparant d'ailleurs à assurer une seconde nichée, la météo ayant favorisé les premières pontes.

 

Le jour, la présence de diverses espèces est souvent décelée par les cris émis par les poussins impatients de recevoir la nourriture que les parents chassent aux alentours. Le monde de la nuit répond aux mêmes exigences et certains cris émis à proximité de notre habitat, interrogent et inquiètent quelque peu certaines personnes non informées de la présence de rapaces nocturnes dans leur environnement proche : poussins de Chouette effraie mais surtout de Hibou moyen-duc comme c'est actuellement le cas dans le village de Brognard et plus particulièrement dans les abords du cimetière, arboré de vieux fruitiers et de haies sauvages, où les hiboux se sont installés dans un ancien nid de corvidés.

 

Dès la nuit tombante, ce sont des cris stridents, plaintifs, identifiables de très loin, que les jeunes, au nombre de quatre, émettent toute la nuit afin d'être localisés par les adultes.

 

Encore dépendants après avoir quitté le nid, ils se déplacent de branche en branche, quémandant les petits rongeurs que les parents capturent dans un vol nocturne silencieux.

 

C'est en observant l'un de ces vieux arbres que j'ai pu, en journée, observer un Hibou moyen-duc, confondu dans le milieu naturel, profitant d'un mimétisme extraordinaire, offrant à mon regard ses grands yeux orange caractéristiques de cette espèce.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,hibou moyen-duc,

Cliché © Dominique Delfino

 

Renardeau en herbes

Renardeau en herbes

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Dominique Delfino nous propose ce cliché dû à Jean-Louis Vermot-Desroches demeurant à Vieux-Charmont et photographe passionné d'oiseaux et de mammifères sauvages. Ensemble, nous suivons depuis le début de l'année un certain nombre de terriers sur lesquels nous posons des pièges photos afin d'en identifier les éventuels occupants.

 

Le site que Jean-Louis surveille en bordure de la Savoureuse s'avère prometteur et le terrier creusé en lisière de haie laisse présager une activité régulière, l'herbe de la prairie étant tassée à proximité.

 

Bien dissimulé sous un filet à l'affût, le photographe ne tardera pas à découvrir les renardeaux jouant au soleil. L'un d'entre eux se risquera même à la découverte du monde qui l’entoure.

 

Le renard est encore bien souvent considéré comme nuisible, bien que les a priori semblent évoluer. En effet, quelques-uns des agriculteurs-chasseurs que nous connaissons, le préservent, ayant bien compris que ce grand prédateur de campagnols et de mulots leur rendait service en leur évitant de traiter leurs prairies contre les rongeurs à l'aide de produits chimiques dangereux.

 

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Cliché © Jean-Louis Vermot-Desroches

20/03/2015

La Grive litorne

 La Grive litorne

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

L'observation prolongée à l’affût, offre des scènes de découverte de la vie animale des plus intéressantes et souvent inattendues.

En prise de vues, bien dissimulé dans ma petite cache en lisière de haie au bord de l'Allan, je surveille un terrier où j'ai surpris dernièrement les évolutions de jeunes renardeaux.

C'est une Grive litorne qui assure l'animation ce matin-là à bout portant de mon objectif.

Peu après m'être installé, l'oiseau, probablement nicheur à proximité, chasse avec une habilité étonnante les vers de terre qu'il accumule dans son bec avant de s'envoler toujours dans la même direction.

Le va-et-vient est permanent durant plusieurs heures, notre Grive trouvant sur cet espace un terrain offrant le garde-manger opportun pour nourrir ses jeunes.

Son cri sonore, gloussant, plus ou moins sec : "tchac-tchac-tchac" caractérise la Grive litorne , d'où le surnom de "tchaktchak" qu'on lui  attribue dans certaines régions.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

 

Le Merle noir à la gamelle

 Le Merle noir à la gamelle

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Initialement réservée au chat, la petite gamelle de croquettes intéresse bien du monde que ce soit chez les animaux domestiques, les petits rongeurs et à ma surprise, les oiseaux. La présence régulière de Merles noirs et plus particulièrement celle d'un couple dont la confiance est étonnante.

 

Alors que le matou se délecte de son repas matinal, le merle patiente derrière lui, distant d'à peine cinquante centimètres, espérant profiter des croquettes tombées au sol ou abandonnées par le chat rassasié.

 

Mais la concurrence est rude. Pies bavardes et corneilles noires n'hésiteront pas à se présenter sur le pas de la porte pour tenter de profiter du festin.

 

En revanche, le couple de merles ne se contente pas d'assurer sa propre subsistance, mais chacun des deux oiseaux remplit son bec afin d'aller nourrir leurs poussins encore au nid construit dans une haie toute proche.

 

Ainsi toute la journée, sous la surveillance d'un hérisson d'agrément de jardin, les oiseaux, plutôt habitués à capturer les vers de terre, profiteront des croquettes plus faciles à collecter par temps sec !

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Cliché © Dominique Delfino

19/03/2015

Le blaireau et le photographe

Tête à tête

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Beaucoup de temps passé ces derniers jours, à observer et surveiller les terriers de renards et de blaireaux, afin d'y déceler une activité liée à la présence des jeunes à cette époque de l'année.

 

Ainsi, après une fin de journée infructueuse à proximité d'un terrier de renard, je profite de la nuit tombante pour visiter une blaireautière sur le plateau d'Allenjoie.

 

Creusés en limite d'un champ de blé, les terriers abritent une famille de blaireaux dont je devine par chance les déplacements dans le blé qui frémit à leurs contacts.

 

Appuyé sur les coudes en limite de culture, j'observe les animaux évoluer à quelques mètres de moi, avant que deux d'entre eux finissent par présenter leur museau à cinquante centimètres de mon objectif !

 

  Je n'ose pas déclencher aussi près de peur de briser ce tête à tête. J'attendrai que l'un des blaireaux reprenne le chemin de son terrier pour figer cette scène à la plus grande surprise de l’animal maître de la nuit.

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,blaireau,

Cliché © Dominique Delfino

18/03/2015

Le Goéland et la Lune

Le Goéland et la Lune

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

Un clin d'œil transmis à travers ce cliché réalisé en Baie de Somme.

 

La Baie de Somme constituer un milieu exceptionnel qui s'étend de la Baie d’Authie au Nord, jusqu'aux falaises d'Ault au Sud. Les paysages sont très variés et témoignent de la richesse du territoire : estuaires de la Somme et de l’Authie, massif dunaire, bas-champs, cordon de galets, falaises...

 

Il est également très agréable de se promener dans les petites villes qui bordent ce littoral (Le Crotoy, Saint-Valéry/Somme, Cayeux/Mer...), l'architecture très particulière offrant des balades découvertes des plus sympathiques.

 

Lorsqu'un Goéland argenté s'affronte à l'astre de la nuit, il suffit de lever les yeux au ciel à travers l'objectif pour en saisir l'instant.

 

Goéland-lune-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

17/03/2015

Baie de Somme : lueurs d'un soir

Lueurs d'un soir sur la Baie de Somme

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

J'étais présent au traditionnel festival de l'Oiseau et de la Nature de Baie de Somme qui vient de clôturer sa vingt-cinquième édition d'avril 2015.

 

Les prévisions météo s'annonçaient médiocres, mais l'influence des marées sur la baie réserve souvent des surprises. La lumière, sans cesse changeante offre des ambiances particulières et c'est bien évidemment lors du coucher du soleil que l'embrasement des éléments naturels est le plus spectaculaire.

 

Alors que le disque solaire a déjà disparu derrière l'horizon, il ne faut surtout pas hésiter à profiter jusqu'à la dernière minute des lueurs féeriques projetées sur le ciel avant que la nuit nous plonge dans un monde où ne demeure que le murmure de l'eau.

 

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Cliché © Dominique Delfino