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16/06/2010

La pêche en Franche-Comté aux XIIIe-XVe siècles

La pêche-logo.jpgLa pêche en Franche-Comté aux XIIIe-XVe siècles

De l'eau à la bouche

 

un ouvrage de Pierre Gresser

 

À la fin du Moyen Âge, les poissons d'eau douce jouaient, dans l'alimentation des Comtois, un rôle beaucoup plus important qu'en ce début du XXIe siècle. Provenant des eaux vives, des lacs, des étangs et des viviers, ils étaient pêchés dans des conditions juridiques, économiques et techniques relativement bien connues, certains instruments et procédés préfigurant ceux de l'époque contemporaine.

 

Si la majorité des pêcheurs s'adonnaient à leur activité légalement, d'autres fraudaient en braconnant. Par ailleurs, la documentation médiévale, ayant conservé les noms des espèces vendues et mangées, rend possible la comparaison avec la faune halieutique actuelle, pour constater permanences et changements.

 

Alors que les propriétaires, dont les princes, s'approvisionnaient directement dans les eaux qu'ils possédaient, les poissons faisaient aussi l'objet d'un commerce, surtout perceptible dans les villes, qui alimentait toutes les couches de la société. Les temps forts de la consommation correspondaient aux jours où la viande était proscrite par les prescriptions alimentaires de l'Église, le carême étant la période la plus célèbre.

 

Au total, une étude qui nous introduit dans un aspect méconnu de l'économie rurale et de l'alimentation en Franche-Comté, aux trois derniers siècles du Moyen Âge.

 

Né à Lons-le-Saunier, agrégé d'histoire, docteur en histoire du Moyen Âge, Pierre Gresser est actuellement professeur émérite à l'université de Franche-Comté. Toute sa recherche porte sur les propriétés des comtes de Bourgogne aux XIVe et XVe siècles et, en particulier, l'administration et la gestion des eaux et forêts. Auteur de plusieurs ouvrages individuels et collectifs, ainsi que de nombreux articles personnels, Pierre Gresser a reçu, en 2005, le grade de docteur ès lettres honoris causa de l'université de Neuchâtel.

 

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Illustration de couverture : Le brochet, la perche et l'anguille : trois carnassiers appréciés au Moyen Âge. LA CÉPÈDE (comte de), Histoire naturelle des poissons, Plassans, 1793-1803 (11 volumes). Planche répertoriée au Musée Denon (réserves) de Châlon-sur-Saône sous la cote 2001-8-1.

 

La pêche en Franche-Comté aux XIIIe-XVe siècles, paru en avril 2010, est édité chez Cêtre.

 

Contact :

Pierre Gresser - Université de Franche-Comté

Tél. (0033/0) 3 81 56 82 91

p.gresser@wanadoo.fr

La pêche électrique

Description du dispositif de pêche. Principe de fonctionnement. Précautions d'utilisation. Applications à la pêche scientifique.

 

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Échantillonnage des poissons lacustres

filets-verticaux_01-1.jpgÉchantillonnage des poissons lacustres :

les filets verticaux à enroulement

 

par André Guyard

 

 

Un système de filets verticaux à enroulement permet une meilleure prospection de tout le volume d'eau avec l'exploration différentielle des habitats-poissons. La confrontation des résultats obtenus dans des conditions similaires montre l'efficacité de la méthode par rapport aux systèmes classiques. Déterminée avec ce protocole, la distribution d'abondance des quinze espèces de poissons capturés montre que l'ichtyofaune de la retenue de Vouglans est dominée par les espèces les plus euryèces : Gardon, Brèmes, Ablette et Perche.

 

L'échantillonnage de l'ichtyofaune s'effectue traditionnellement à l'aide de filets professionnels usuels : filets emmêlants de type tramail ou filets maillants (araignées, pics ou filets de surface).

 

Du point de vue méthodologique, les auteurs (C.E.M.A.G.R.E.F, 1986, E.P.R. Franche-Comté, 1986 et VERNEAUX, 1986) soulignent l'insuffisance de ce mode d'échantillonnage pour plusieurs raisons :

 

—   l'emploi de filets de type traditionnel de hauteur limitée interdit l'exploration simultanée de toute la tranche d'eau, notamment en zone centrale ;

 

—   les dimensions et le mode de relevage des filets pélagiques ne permettent pas un repérage précis des prises dans l'espace aquatique ;

 

—   pour des raisons pratiques, il est difficile de disposer dans le même biotope une batterie de filets comportant une gamme suffisante de maillages, ce qui accroît la sélectivité du système ;

 

—   enfin, les classes de tailles les plus faibles sont très peu capturées.

 

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Batterie de filets en place en zone pélagique dans le lac Saint-Point
(Cliché P. Vaudaux)

 

Le dispositif des filets verticaux à enroulement pallie le mieux possible ces différents inconvénients et permet d'associer protocole de capture et cartographie habitationnelle.

 

Inspirée de la méthode de BARTOO et al. (1973), est utilisée comme unité d'effort de pêche une batterie de six filets verticaux, d'une largeur de 2 m, et d'une gamme de mailles s'échelonnant de 10 mm à 60 mm. Ce dispositif expérimenté pour la première fois au lac de Saint-Point, est décrit par CUINET & VAUDAUX (1986) puis par PÉNIL, HEIDMANN et RAYMOND (1987).

 

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Potences du bateau destinées à supporter les filets enroulés
(Cliché P. Vaudaux)

 

Chaque filet est enroulé sur un tube en PVC étanche servant de flotteur. L'enrouleur étant posé sur deux potences solidaires de l'embarcation, un système de manivelle permet à l'exécutant de dérouler le filet lors de la tendue sur toute la hauteur de la tranche d'eau.

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Un filet vertical à enroulement

 

Le filet est constitué d'une nappe monofilament de couleur vert pâle invisible dans l'eau. Afin d'éviter le vrillage provoqué par le vent, les courants ou les captures les plus importantes, des raidisseurs en polyéthylène translucide de densité voisine de 1, jalonnent le filet tous les dix mètres. La ralingue de fond, lestée de plomb, est également munie d'un raidisseur.

 

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Capture d'ablettes en maille de 10 mm
(Cliché P. Vaudaux)

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Capture d'un gardon
(Cliché P. Vaudaux)

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Capture d'une Truite arc-en-ciel
(Cliché P. Vaudaux)

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Capture d'un corégone
(Cliché P. Vaudaux)

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Capture d'un brochet en maille de 100 mm
(Cliché P. Vaudaux)

Les ralingues de bordure sont munies d'une graduation métrique dont la lecture indique, lors du relevage du filet par enroulement sur le flotteur-enrouleur, la distance au fond de chaque capture.

 

Pour des raisons de commodité lors de l'échantillonnage des profondeurs inférieures à 2 m, ce dispositif est remplacé par une petite araignée d'une largeur constante de 2 m et utilisée sur toute la tranche d'eau comme un filet vertical dont le flotteur-enrouleur serait remplacé par une ralingue de flotteurs en balsa gainé.

 

Pour en savoir plus :

 

BARTOO, N.W., HANSEN, R.G. et WYDOVSKI, R.S. (1973) — A portable vertical gillnet System. Progr. Fish-Cutt. 35 ; 231-233.

 

C.E.M.A.G.R.E.F., (1986) — Étude des populations ichtyologiques des grands plans d'au : La retenue de Vouglans (Jura). Rapport dactylogr. : 21 p. + 2 annexes.

 

CUINET, A. et VAUDAUX, P. (1986) — Contribution à la mise au point d'un nouveau protocole d'échantillonnage de la faune ichtyologique des lacs. Mém. D.E.S.S. Hydrobiol. Univ. Fr.-Comté : 138 p. + annexes.

 

GRANDMOTTET, J.-P. (1983) — Principales exigences de 30 Téléostéens dulcicoles vis-à-vis de l'habitat. Ann. Sc. Univ. Fr.-Comté. Biol. anim. 4(4) : 3-32.

 

GUYARD A., GRANDMOTTET J.-P. & VERNEAUX J. (1989) — Utilisation de batteries de filets verticaux à enroulement : nouvelle technique d'échantillonnage de la faune ichtyologique lacustre. Application à l'étude du peuplement pisciaire de la retenue du barrage de Vouglans (Jura). Ann. Sc. Univ. Fr.-Comté. Biol. anim. 5(1) : 59-70.

 

08/06/2010

Poissons des lacs du Jura

Les poissons des lacs du Jura. Échantillonnage et courbes de croissance

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07/06/2010

Proliférations de Cyanobactéries dans la Loue

Une pollution de la Loue a entraîné une prolifération de Cyanobactéries toxiques. Ces organismes émettent des toxines mettant en danger la vie aquatique et notamment les populations de truites

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28/05/2010

Le Périophthalme : un poisson qui sort de l'eau

périophthalme2-1.jpgLe Périophthalme : un poisson qui sort de l'eau

Periophthalmus sp.

 

par André Guyard

 

Les Périophthalmes sont des poissons de la famille des Gobiidés appelés Gobies des mangroves ou Poissons grenouilles. En effet, ils sont communs dans les mangroves des zones intertropicales et sont capables de vivre provisoirement à l'air libre. On les rencontre dans toute l'Afrique tropicale, en Asie et en Australasie. Les périophthalmes présentés ici ont été observés dans les mangroves du nord-ouest de Madagascar.

 

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Périophthalme sortant de l'eau

(cliché Christine Rouannet)

 

Poisson amphibie, le Périophthalme est capable de sortir de l'eau pour se hisser sur les berges et grimper sur les racines échasses des palétuviers Rhizophora sp. grâce à ses nageoires pectorales qu'il utilise comme des pattes. Il chasse à l'affût divers insectes (mouches) et autres invertébrés (petits crabes).

Sa respiration s'effectue alors par des échanges gazeux à travers la peau et certaines muqueuses riches en vaisseaux sanguins. Il se déplace avec agilité sur le sable ou la vase en utilisant ses nageoires pectorales puissantes et développées. Comme tous les Gobiidés, ses nageoires ventrales formant une ventouse, il peut rester fixé sur une surface verticale.


Le périophthalme utilise ses nageoires pectorales pour se déplacer sur la rive

 

Les yeux du Périophthalme ont une structure double, lui permettant une vision subaquatique et une vision aérienne d'où son nom. Ses yeux protubérants sont indépendants l'un de l'autre à la manière de ceux des caméléons.

 

Le Périophthalme est un poisson territorial qui défend son territoire contre ses congénères.

 

L'intérêt phylogénétique de cette espèce est évident : il représente une forme de transition entre les vertébrés aquatiques et les vertébrés terrestres.

 

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05/02/2010

La Vandoise du Doubs

Vandoise1_logo.jpgLa Vandoise

Leuciscus leuciscus (Linné), 1758

Famille des  Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Vandoise qui se complaît dans des cours d'eau ainsi que dans les lacs.

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La Vandoise ressemble au Gardon, mais le corps est plus élancé. Les yeux sont jaunâtres, jamais rouges. L'iris montre de petites taches sombres. Le dos est sombre à reflets vert bleu, les flancs jaune argenté, le ventre blanc. Les écailles sont grandes : 47 à 55 le long de la ligne latérale, celle-ci est souvent bordée de noirâtre. Le bord de l'anale est concave. Les nageoires pelviennes et pectorales sont jaune-orangé. La nageoire dorsale porte 10 à 11 rayons. Les dents pharyngiennes sont sur 2 rangs.

 

Taille : de 15 à 30 cm à l'âge de 2-3 ans ; rarement plus de 25 cm et de 200 g (à environ 10 ans).

 

 

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La Vandoise se rencontre essentiellement dans les cours d'eau rapides à fond sablonneux ou graveleux. Il s'agit d'un poisson grégaire qui nage près de la surface. La Vandoise vit dans des eaux fraîches, vives, et dans les lacs, ou dans les eaux saumâtres à l'embouchure des fleuves.

 

C'est pourquoi il n'est pas étonnant de rencontrer cette espèce dans le cours inférieur du Doubs.

 

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Répartition de la Vandoise parmi les différentes stations

 

La Vandoise se nourrit de larves et d'insectes aquatiques et aériens de toutes espèces, de vers, de petits mollusques ainsi que de débris végétaux.

 

La reproduction a lieu de mars à mai parmi les pierres et la végétation. Les mâles sont alors ornés de petits tubercules nuptiaux sur tout le corps. Les bancs passent deux semaines sur les places de fraie avant de redescendre les cours d'eau. Les femelles pondent de 15 000 à 30 000 gros œufs (2 mm) qui adhèrent au substrat.

 

Au bout d'un an, le jeune mesure de 6 à 7 cm et de 10 à 20 cm à 2 ans. La maturité sexuelle est atteinte à 3-4 ans.

 

La Vandoise est commune dans la plupart des régions françaises et plus rare dans le Sud-Ouest et le Sud-Est (Blanchard, 1866 ; Roule, 1904 ; Spillmann, 1961 ; Grégoire, 1983). Présente dans la Durance au début du siècle (Caillol, 1913), elle n'y est plus signalée.

 

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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La Truite du Doubs

truite fario1_logo.jpgLa Truite de rivière

Salmo trutta fario Linné, 1758

Famille des Salmonidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Truite fario dont le secteur se trouve normalement en amont des cours d'eau (zone de la Truite).

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La Truite est une espèce très polymorphe dont les variations accompagnent souvent les changements d'habitats qu'est susceptible d'accomplir cette espèce. À côté de la Truite de rivière, on distingue en Franche-Comté la Truite de lac Salmo trutta lacustris, une forme que l'on rencontre dans les lacs du Jura (en particulier à Saint-Point).

 

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Truite fario

 

Bien que le Saumon soit absent totalement du bassin rhodanien, comme il est facile de confondre Truite et Saumon, nous donnons ici quelques caractères distinctifs.

 

La Truite a le corps plus massif que le Saumon, la tête est plus camuse et relativement plus grosse. La bouche est plus largement fendue, le maxillaire supérieur dépassant nettement le bord postérieur de l'œil. Les mâchoires sont armées d'une rangée de dents coniques. Sur le premier arc branchial, 2 à 5 des branchiospines inférieurs et supérieurs sont coniques, les autres sont cylindriques. Le pédicule caudal est plus élevé. La caudale est moins concave, souvent coupée presque carrément. Le nombre d'écailles contenues dans une ligne oblique, allant en arrière et vers le bas, de l'adipeuse jusqu'à la ligne latérale (écaille de la ligne latérale comprise) est de 14 à 19, généralement 16.

 

La coloration de la robe et le patron des ponctuations varient avec l'âge et le milieu de vie des individus. Il existe chez certaines truites une tendance naturelle à se déplacer vers des secteurs où le volume d'eau est important (lac ou grande rivière), là, les individus perdent complètement leur robe tachetée pour prendre une parure très homogène avec le dos souvent gris bleu et le ventre blanc.

 

La Truite fario est largement répandue sur l'ensemble du territoire. Elle fréquente aussi bien les cours d'eau de haute altitude que les lacs. En plaine le facteur le plus limitant de sa répartition est la température plus que la qualité des eaux (espèce d'eau fraîche). C'est pourquoi dans le Doubs, on la rencontre dans le cours supérieur et plus rarement dans le cours inférieur, uniquement localisée dans des biotopes où l'eau est vive : déversoirs de barrage, en particulier, qui constituent naturellement des zones de réserve de pêche. Comme notre échantillonnage évitait les réserves, il n'est pas étonnant que la Truite fario n'ait été trouvée que dans le Doubs à Orchamps (voir graphe ci-dessous).

 

 

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Répartition des truites échantillonnées dans le Doubs

 

Dans nos régions, la taille dépasse rarement 80 à 100 cm (10-15 kg), les plus gros spécimens étant des truites de lacs ou de larges cours d'eau. L'âge habituel est de 4-5 ans.

 

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Il apparaît donc que la Truite de rivière Salmo trutta fario est une forme naine sédentaire qui passe toute sa vie dans les eaux courantes. Elle ne devient pas claire comme la Truite de lac, mais passe directement de la livrée juvénile rayée transversalement, à la livrée adulte. Dans les petits cours d'eau, elle atteint souvent une longueur de 15 à 20 cm, et arrive à maturité à l'âge de 2 ou 3 ans. Dans ce cas, les œufs sont en petit nombre de 100 à 300. Dans les plus grands cours d'eau, elle peut atteindre 50 cm (1 à 1,5 kg) et à 4-5 ans.

 

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La Truite de rivière est très casanière, ce poisson individualiste préfère avant tout des gîtes à l'abri du courant, derrière des racines ou des pierres.

Dans le cours supérieur du Doubs et dans la Loue, la livrée de la Truite fario présente une coloration caractéristique avec des bandes sombres latérales : on l'appelle la truite zébrée (voir ci-dessous).

 

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Truite fario de la Loue

 

Par suite d'empoissonnements répétés, la Truite fario cohabite souvent avec une cousine américaine, la Truite Arc en ciel.

 

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Truite fario en haut et Truite Arc en ciel en dessous

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

La Bouvière du Doubs

Bouvière1logo.jpgLa Bouvière

Rhodeus amarus (Bloch), 1785

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Bouvière dont la répartition est conditionnée par la présence des bivalves qui abritent sa ponte.

 

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La Bouvière est un petit poisson au corps haut et comprimé latéralement. Le dos est gris vert, les flancs sont argentés parcourus d'une bande bleue de la caudale au milieu du flanc, le ventre blanc rosé. Les écailles sont grandes (34 à 38 dans une ligne longitudinale). La ligne latérale est incomplète et n'a que 5 à 6 écailles.

 

La taille varie de 5 à 8 cm. La Bouvière atteint au maximum un âge de 5 ans.

 

La Bouvière vit en bancs dans les eaux lentes peuplées de mollusques bivalves (des genres Unio et Anodonta) fréquentant la ceinture végétale des petits lacs et étangs et la zone littorale végétale des cours d'eau à courant lent. La nourriture est surtout végétale.

 

Le processus de ponte est tout à fait étonnant. En période de fraie (avril-juin), le mâle est teinté de rouge sur la gorge, la poitrine et le ventre  et de vert bleu sur le dos. Il se choisit alors un territoire qui contient une moule.

 

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Bouvière mâle en parure de noce
(cliché P. Spaans)

 

La femelle voit se développer un tube de ponte cutané (ovipositeur) de 6 cm de long qui part de l'ouverture sexuelle. Le mâle conduit la femelle pourvue du plus long tube vers des moules d'eau douce. Ces bivalves se nourrissent du plancton qu'ils filtrent de l'eau qu'ils aspirent ; ils sont à demi enfoncés dans la vase, avec leur coquille ouverte. Au moyen de son ovipositeur, la femelle dépose ses ovules (une quarantaine) dans la cavité palléale du bivalve. Le mâle libère alors sa semence à proximité du mollusque, le siphon inhalant de ce dernier entraîne les spermatozoïdes avec l'eau filtrée. Les ovules sont alors fécondés.

 

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Bouvière femelle en période de ponte
L'ovipositeur est bien visible (cliché P. Spaans)

Cette manière de faire est répétée chaque fois par le même couple, ou bien le mâle trouve une autre partenaire pour utiliser le mollusque choisi, qu'il défend toujours énergiquement contre les autres mâles. Une femelle dépose au total 40 à 100 œufs. Ils mesurent environ 3 mm et sont bien protégés dans la moule jusqu'à leur éclosion, 2 à 3 semaines plus tard.

 

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Couple de bouvières à proximité d'un Unio (cliché S. Pahl)

Le jeune poisson quitte son hôte au bout de 2 jours, lorsque la vésicule a disparu. Le bivalve ne semble souffrir en aucune manière lorsqu'il sert d'hôte au jeune. On a observé en aquarium que la livrée de noces du mâle et que le tube de ponte de la femelle ne se développent qu'en présence de bivalves. Sans bivalves, le tube disparaît.

 

La défense par le mâle, contre les autres mâles, d'un certain territoire, et la parade nuptiale, rappellent le comportement des épinoches, et ont fait l'objet de recherches détaillées en psychologie animale, ceci grâce au fait que la Bouvière est facile à garder en aquarium.

 

Ce processus de ponte permet aux œufs d'être protégés dans les bivalves durant l'incubation et, en période de sécheresse, les moules sauvent les œufs en s'éloignant des bords.

 

La Bouvière était signalée au XIXe dans la Seine, la Marne, la Moselle, la Saône (Valenciennes, 1848 ; Gehin, 1868 ; Gensoul, 1908). Elle aurait gagné le bassin de la Loire par le canal du Nivernais (Roy, 1952). Spillmann (1961) et Grégoire (1983) la considérait comme absente au sud d'une ligne allant de la Charente au Massif central.

 

Des captures ont eu lieu en Camargue en 1980, l'espèce se serait étendue vers le Sud par le Rhône et les canaux de Provence (Kiener, 1985). Son aire de répartition apparaît actuellement comme très fragmentée.

 

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Répartition des populations de la Bouvière dans le Doubs

 

Comme le montre  le graphe précédent, la Bouvière est localisée principalement à Saint-Vit et à Orchamps où les bivalves sont abondants.

 

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Échantillon moyen des populations

de la Bouvière dans le Doubs

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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04/02/2010

La Tanche du Doubs

Tanche1_logo.jpgLa Tanche

Tinca tinca (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Tanche que l'on rencontre dans la zone des brèmes.

 

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Le corps et le pédicule caudal sont élevés, le dos vert-brun, les flancs plus clairs ont des reflets cuivrés, le ventre est blanc-jaune. Un fin barbillon est disposé de chaque côté de la bouche. Les écailles, profondement incrustées dans l'épiderme, sont très petites : 95 à 110 le long de la ligne latérale. La peau est épaisse et très visqueuse. Les nageoires sont arrondies. Chez le mâle, les nageoires pelviennes plus longues ont un deuxième rayon plus épais visible dès l'âge de 2 ans (environ 12 cm). Chez la femelle, les pelviennes n'atteignent pas l'orifice uro-génital.

 

 

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À 3-4 ans, la Tanche atteint 25-30 cm et pèse 250 g ; elle dépasse rarement 50 cm et 2 kg.

 

La Tanche fréquente les cours d'eau lents et les étangs peu profonds à la végétation abondante. Il s'agit d'un poisson de fond, plutôt timide, qui vit dans les eaux peu courantes (zone des Brèmes) et dans les lacs, marais et étangs marécageux, riches en végétation et à sol mou. C'est un poisson solitaire et actif à la tombée de la nuit.

 

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Elle se nourrit de larves d'insectes, principalement de diptères et de divers mollusques. En hiver la Tanche hiberne dans un état passif. C'est un poisson très résistant et supporte mieux que la plupart des autres poissons (y compris la Carpe) de faibles quantités d'oxygène. Elle survit assez longtemps hors de l'eau.

 

La période de reproduction est située entre les mois de mai et de juillet. La fraie a lieu en eau peu profonde, pourvue d'une riche végétation, et par 19-20°C. Les œufs (250 000 à 800 000 par femelle), fixés à la végétation, incubent 5 à 8 jours selon la température. Ils mesurent de 0,8 à 1,0 mm de diamètre et sont déposés par groupes sur les plantes ou sur le fond, durant 2 mois, et à environ 2 semaines d'intervalle. Selon la température (100-120 degrés/jours sont nécessaires), les œufs éclosent au bout de 3-6 jours.

 

 

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À l'éclosion, les alevins dotés d'un organe adhésif sur la tête se fixent sur les plantes jusqu'à la résorption du sac vitellin.

Après 10 jours, la vésicule a disparu et l'alevin commence à manger le petit plancton animal, plus tard des larves de moucherons, des ostracodes, jeunes gastéropodes et moules. La croissance est lente.

 

Avec la 2e année, le dimorphisme sexuel apparaît, et c'est à l'âge de 3 ou 4 ans que la Tanche fraie pour la première fois.

 

La Tanche, espèce autochtone, est répandue dans toute la France ; elle serait moins commune dans la Loire (Boisset, 1948 ; Spillmann, 1961) et absente des Alpes maritimes (Kiener, 1985). Elle fut introduite dans les lacs pyrénéens entre 1956 et 1957 (Chimitz, 1960).

 

 

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Échantillon moyen de la population de la Tanche dans le Doubs

 

L'histogramme ci-dessus représente les différentes classes de taille de la population de la Tanche dans la rivière.

 

Tanche-stations-effectif-1.jpg
Répartition de la population de la Tanche parmi les stations

 

Espèce résistant à la pollution, sa population est répartie entre Doubs et canal.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

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Le Sandre du Doubs

 

Sandre01_logo.jpgLe Sandre

Stizostedion lucioperca (Linné), 1758

Famille des Percidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Sandre que l'on rencontre dans la zone des brèmes.

 

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Le corps du Sandre est élancé et la tête allongée. La bouche est assez largement fendue et présente une dentition fortement développée avec de fortes "canines". L'opercule est dépouvu d'épines. Les deux nageoires dorsales sont séparées par un faible espace, la dorsale épineuse a de 13 à 15 rayons, et elle est marquée de points foncés disposés en bandes horizontales. La coloration générale du corps est gris verdâtre pour la partie dorsale, avec des bandes verticales foncées. Le ventre est blanc. À 5-6 ans le Sandre a une longueur de 35 à 55 cm et pèse environ 1 kg. Le maximum est de 120 cm pour un poids de 12 kg et un âge de 20 ans.

 

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Le Sandre
(cliché de P. Spaans)

 

Le Sandre fréquente les secteurs inférieurs des grands cours d'eau ainsi que les eaux calmes (lacs, étangs et réservoirs). À cause de plus grandes exigences concernant le milieu, le Sandre n'a pas une distribution aussi vaste que celle de la Perche. Il se trouve surtout dans des lacs grands, ou assez grands, plutôt chauds, ayant de bonnes conditions d'oxygénation (au moins 3,5 mg au litre). Il prospère surtout dans les eaux troubles, où il n'est pas en compétition avec le Brochet, et où il peut s'emparer de ses proies sans être vu. Il fréquente la masse d'eau libre, et évite les endroits envahis de végétation. Le Sandre vit soit en petits bancs soit en solitaire.

 

Le régime alimentaire est essentiellement ichtyophage, la taille des proies ingérées est limitée par la relative étroitesse de l'oesophage.Il se nourrit surtout de brèmes, de gardons, de perches et de corégones. Sa bouche est plus petite que celle du Brochet, et le Sandre est incapable d'avaler une proie qui dépasse 12 % de son propre poids.

 

Sa reproduction a lieu du mois d'avril au mois de juin, lorsque la température de l'eau est voisine de 15°C. Les places préférées ont un sol dur, sableux ou graveleux et se trouvent à une profondeur de 1 à 3 m. Les sandres choisissent souvent un fond pourvu de racines. Les œufs sont pondus dans des cavités peu profondes et ils se collent aux pierres et racines. Les sandres s'unissent par paires, et les deux parents gardent très courageusement les œufs. Ceux-ci mesurent seulement de 1 à 1,5 mm et leur nombre est de 150 000 à 200 000 par kilo de femelle. Ils naissent au bout d'une semaine (110 degrés/jours). La ponte a lieu sur un nid, protégé pendant la période d'incubation (10 à 15 jours), par le mâle.

 

La larve nouveau-née mesure environ 6 mm. Pendant que la vésicule disparaît, la bouche et des dents minuscules se forment et les alevins se dispersent en surface où ils mangent des Puces d'eau. À l'âge d'environ 2 mois la nourriture consiste en larves de diptères et en jeunes d'autres poissons. La croissance est rapide, et en automne les jeunes mesurent de 6 à 10 cm. Le mâle est mature à 2-4 ans, ayant une longueur de 33 à 37 cm. La femelle croît généralement mieux que le mâle, mais n'atteint la maturité sexuelle qu'à 3-5 ans, atteignant alors 40 à 44 cm.

 

Le Sandre est un poisson de valeur qui convertit un lot de poissons de peu de valeur en une chair appréciée. Pour cette raison, il est introduit dans beaucoup de lacs, et utilisé comme poisson secondaire dans les étangs à carpes, où il contrôle le stock de poissons sauvages.

 

Le Sandre est originaire de l'Europe centrale (Lac Balaton (Hongrie)), sa première capture dans le Rhin est signalée en 1888 (Armengaud, 1962). En 1912, il passe dans le canal de la Marne au Rhin. Il est signalé dans le Doubs en 1915 et dans la Saône en 1920. Il atteint l'étang de Vaccarès en 1930. La maîtrise de la reproduction et du transport des pontes (frayères et boîte Korchus) à partir de la pisciculture de Sylvéréal sont à l'origine de son extension, par les Sociétés de pêche, à l'ensemble du réseau hydrographique (Goubier, 1975).

 

Sandre_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg
Échantillon moyen de la population
du Sandre dans le Doubs

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Échantillon moyen de la population
du Sandre dans le canal

Sandre-stations-effectif-1.jpg
Répartition de la population du Sandre
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, le Sandre se répartit dans toutes les stations avec une plus nette abondance dans la partie aval de la rivière.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Rotengle du Doubs

Rotengle1_logo.jpgLe Rotengle

Scardinius erythrophtalmus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Rotengle que l'on rencontre dans les eaux calmes, libres ou stagnantes (zone des brèmes).

Rotengle001-1.jpg

 

Le corps est comprimé latéralement, le dos bombé est brun-vert, les flancs sont cuivrés, le ventre argenté. Les nageoires dorsale, anale, et pelviennes sont rouge vif. On le distingue du Gardon, espèce dont il est très proche par le fait que la nageoire dorsale est insérée en arrière des pelviennes. Ses yeux rouges à reflets dorés le distingue également du Gardon. La bouche est étroite et oblique. Les écailles sont grandes (40 à 43 le long de la ligne latérale).

 

La taille est de 15 à 45 cm pour un poids de 200 à 400 g et pour un âge de 10 ans. Rarement 30-35 cm (0,5 à 0,8 kg). Max. 45 cm (1,7 kg).

 

 

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Le Rotengle vit dans les eaux calmes à fond boueux, parmi la végétation, dans des lacs chauds et peu profonds ou dans des eaux à courant lent, dans la zone des Brèmes. Il hiverne en eau plus profonde. Il erre en petits bancs, quelquefois mélangé à d'autres Cyprinidés, et il mange les feuilles des plantes des marais, Myriophyllum, charas et autres végétaux, aussi bien que des insectes, des mollusques et des œufs de poissons. La croissance est lente.

 

 

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La reproduction a lieu d'avril à juin parmi les pierres et la végétation qui borde le rivage. Le Rotengle a la réputation de se croiser durant la fraie avec les autres espèces, et il s'hybride avec la Brème bordelière, le Gardon et l'Ablette. Cette particularité entraîne des difficultés de détermination entre le Gardon et le Rotengle. Les œufs (90 000 à 200 000 par femelle) incubent pendant 8 à 15 jours. Ils mesurent 1,5 mm, sont très visqueux, et sont déposés sur les plantes aquatiques. L'éclosion dépend de la température, et se produit au bout de 3 à 10 jours. L'alevin reste fixé passivement aux plantes jusqu'à résorption de la vésicule, et durant les premières semaines qui suivent, il se nourrit de plancton animal. La maturité sexuelle est atteinte à 2-3 ans.

 

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Autochtone en France, Spillmann (1961) le signalait comme absent du Sud-Est : il semble maintenant y avoir colonisé les retenues hydroélectriques à la suite de réempoissonnement.

 

Rotengle_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg
Échantillon moyen de la population
du Rotengle dans le Doubs

 

L'histogramme ci-dessus montre les différentes classes de taille de la population du Rotengle dans le Doubs.

 

Rotengle_stations-effectif-1.jpg
Répartition de la population du Rotengle
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, la population de rotengles se localise davantage dans le Doubs et notamment dans sa partie aval.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Poisson-chat du Doubs

Poisson-chat1_logo.jpgLe Poisson-chat

Ameiurus nebulosus (Le Sueur), 1819

Ictalurus melas (Rafinesque), 1820


Famille des Ictaluridés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Poisson-chat que l'on rencontre dans les eaux calmes, libres ou stagnantes. Il s'agit d'un poisson importé d'Amérique du Nord qui s'est répandu en Europe. Ce n'est que récemment (Spillmann, 1967) que l'identité de cette espèce a été déterminée avec précision.

 

 

Poisson-chat001-1.jpg

Le corps est moyennement allongé, la peau est nue. Il existe une nageoire dorsale adipeuse. La tête est large et aplatie, la bouche est grande et entourée de 8 barbillons. Les premiers rayons épineux des nageoires dorsale et pectorales sont légèrement denticulés. La coloration du corps est assez homogène, le dos est brun plus ou moins foncé et le ventre jaune.

 

La taille des individus dépasse rarement 33 cm et un poids de 245 g pour un âge de 8 ans. Le maximum est de 45 cm pour 2 kg.

 

Le Poisson-chat est une espèce d'eau calme. C'est un poisson de fond, avec des habitudes nocturnes. Il vit dans les marais, les lacs ou les eaux peu courantes, à fond mou. C'est une espèce omnivore et vorace. Il se nourrit de larves de chironomes et de mouches de mai, de mollusques, et aussi d'œufs et alevins d'autres poissons.

 

Le Poisson-chat est une espèce particulièrement résistante à la pollution. On le trouve jusque dans des eaux polluées et pauvres en oxygène (lacs et étangs eutrophes). Il n'est pas apprécié dans les étangs d'élevage où il est difficile à pêcher, car les poissons s'enfouissent dans la vase.

 

 

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Le Poisson-chat

(cliché G. W. Sneegas)


Il fraie en eau peu profonde, en juin-juillet, et par une température de 18 à 20°C. La reproduction se déroule sur un nid préparé par le couple géniteur disposé sous une berge surplombante, une racine ou un autre abri semblable. Les œufs de 500 à 3500 sont plus ou moins nombreux selon la taille de la femelle, ils sont pondus en paquets et naissent au bout de 8 jours La ponte est protégée et entretenue par le mâle. Cette protection se poursuit après l'éclosion, les alevins restant groupés en boule caractéristique pendant plusieurs semaines.

 

Originaire de l'Amérique du Nord, le Poisson-chat a été introduit en France en 1871. Les premiers individus se sont échappés du Muséum vers la Seine toute proche en empruntant le réseau des égouts (Lavauden, 1905).

 

Après cet épisode, cette espèce fut "oubliée" et ce n'est qu'au début du siècle que sa dispersion s'est étendue : En 1901 introduction dans des étangs en Loire Atlantique (Labarletrier, 1901), en 1904 des déversements ont eu lieu dans la Seine et la Dordogne (Pion-Gaud et Lavauden, 1904). Son introduction a même été favorisée par les sociétés de pêche dans les secteurs les plus pollués (Lavollée, 1906).

 

En 1951, Vivier montre que le Poisson-chat a colonisé l'ensemble du réseau hydrographique, cette espèce ayant peu de prédateurs.

 

Cette espèce est considérée comme susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques sans qu'aucun argument ne confirme cet aspect particulier de son comportement (Boët, 1981). Encore largement répandu le Poisson-chat semble cependant en régression du fait de la pollution et peut-être de maladie.

 

 

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Échantillon moyen de la population du
Poisson-chat dans le Doubs


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Échantillon moyen de la population du
Poisson-chat dans le canal Freycinet

L'examen de la répartition des populations du Poisson-chat dans le Doubs et dans le canal appelle les conclusions suivantes : Contrairement à la majorité des espèces pisciaires, le Poisson-chat est plus abondant dans le canal que dans le Doubs. Cette considération est surtout valable pour les classes d'âge jeunes et moyennes.

 

 

Poisson chat-stations_effectif-1.jpg
Répartition de la population du Poisson-chat
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, le Poisson-chat se complaît dans les zones où l'eau est la plus stagnante, c'est-à-dire au niveau du canal, en particulier dans sa partie supérieure.

 

Sources :


- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

 

 

03/02/2010

La Perche soleil du Doubs

Perche-soleil1_logo.jpg

La Perche soleil

 

Lepomis gibbosus (Linné), 1758

Famille des Centrarchidés

 

Par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Perche soleil que l'on rencontre dans les eaux calmes, libres ou stagnantes.

Perche-soleil001-1.jpg

 

La Perche soleil est un poisson de forme discoïdale, la bouche est petite, oblique vers le haut. Les deux nageoires dorsales sont fusionnées. L'opercule est recouvert d'écailles et se termine par une pointe molle. La couleur du poisson est souvent très vive à dominante bleu et vert sur le dos, les flancs étant jaunes orangé. La partie postérieure de l'opercule présente, chez les mâles, une tache rouge écarlate bordée de noir, elle est souvent plus terne ou même absente chez les femelles.

 

La croissance est variable suivant les conditions du milieu : les poissons dépassent rarement 15 cm, et il semble que les tailles maximales augmentent suivant un gradient nord-sud (sujet de plus de 20 cm dans le Bas-Rhône).

 

La Perche soleil est un poisson d'eau calme en rivière ou en étang. Elle vit dans les eaux peu profondes des lacs envahis de végétation, et dans les cours d'eau à courant lent. La nourriture consiste en insectes aquatiques, en petits crustacés et jeunes poissons.

 

 

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Le comportement de ponte est voisin de celui des autres centrarchidés : la reproduction a lieu au printemps en mai-juin, lorsque la température de l'eau est proche de 18 à 20° C. Les ovules sont pondus dans un nid préparé par le mâle, plusieurs femelles pouvant pondre dans le même nid. La ponte est ensuite farouchement protégé par le mâle pendant toute la durée d'incubation (60 heures à 22 °C après fécondation artificielle (Folliot, 1975)). La vésicule vitelline est totalement résorbée en 5 jours lorsque la température est comprise entre 25 et 27°C.

 

Espèce originaire de l'Amérique du Nord, la Perche soleil a été introduite en France en 1877 (Gensoul, 1908). Sa reproduction artificielle a été réalisée pour la première fois en 1887 (Bertrand, 1890). Son extension s'est poursuivie au cours de la fin du XIXe et du début du XXe siècle : Sud-Est en 1886 (Roule, 1925), Sologne en 1888 (Lefort, 1906), dans l'Isle en 1895 et 1897 (Maingaud, 1900). Elle semble actuellement absente des cours d'eau du Nord de la France, ainsi que de ceux de la pointe occidentale de Bretagne.

 

 

Perche-soleil_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg

Échantillon moyen de la population de

la Perche soleil dans le Doubs

 

L'histogramme ci-dessus montre les différentes classes de taille de la population de la Perche soleil dans le Doubs.

 

 

Perche soleil_réparttion par station-1.jpg
Répartition de la population de la Perche soleil
parmi les différentes stations


D'après le graphe ci-dessus, la Perche soleil se répartit principalement dans le Doubs.

 

Sources :


- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

La Perche du Doubs

Perche1_logo.jpgLa Perche

Perca fluviatilis Linné, 1758

Famille des Percidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Perche que l'on rencontre dans les eaux libres et stagnantes.

 

Chez les Percidés, la nageoire dorsale est divisée en deux parties : une antérieure à rayons épineux, et une postérieure à rayons mous. L'opercule comporte une ou plusieurs épines. Les écailles sont rudes au toucher. La ligne latérale est présente et la vessie natatoire est dépourvue de canal pneumatique.

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Le corps de la Perche est haut, le dos, un peu bossu, est gris-vert, les flancs plus clairs portent 6 à 9 bandes transversales sombres et le ventre est blanc-rouge. En général le mâle a des couleurs plus vives.

 

Les nageoires pelviennes et anale sont rouges. Les deux nageoires dorsales sont séparées, la première porte une tache noire et 13 à 16 rayons épineux, la seconde 1 à 2 rayons épineux et 13 à 16 rayons branchus. Le bord antérieur de l'opercule forme un aiguillon.

 

La taille varie de 20 à 50 cm. À 8-10 ans, la Perche mesure 25 cm et pèse 0,2 kg ; très rarement elle atteint 50 cm pour un poids de 3,5 kg.

 

La Perche est susceptible d'être rencontrée dans toutes les eaux libres et stagnantes à une altitude inférieure à 1000 m et qui présentent de bonnes conditions d'oxygénation (plus de 3 ml d'oxygène au litre).

 

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C'est un poisson sédentaire, qui vit souvent en bancs comprenant des individus d'âge et de taille différents. En gros, on peut distinguer la Perche richement colorée des eaux peu profondes et riches en végétation, et la Perche peu colorée des eaux profondes à fond nu, où elle atteint une profondeur de 50 m, pour peu que l'oxygène soit suffisant. Dans les plus grands lacs, on trouve des Perches qui mènent une vie pélagique.

 

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La Perche se nourrit de larves d'insectes, de crustacés d'eau douce, de jeunes écrevisses et occasionnellement d'œufs de poissons. Les grandes perches sont des chasseurs solitaires qui mangent de petits gardons, des brèmes, etc. À cause de sa grande abondance, la Perche elle-même sert de nourriture au Sandre et au Brochet. Les perches fortement colorées en jaune rouge doivent cette teinte à une nourriture elle-même colorée en rouge par des caroténoïdes contenus dans les crustacés et ont migré à l'intérieur des cellules cutanées des perches.

 

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Avant la fraie, des emplacements sont souvent choisis en eau peu profonde et dans une riche végétation abondante, ou sur des emplacements pourvus de racines, de fascines ou de petites branches, mais elle peut avoir lieu en eau plus profonde, surtout sur sol pierreux. La fraie a lieu d'avril à juin dans une eau de 7 à 8°C. Les ovules (1,5 à 2 mm) sont déposés en longs rubans gélatineux dans la végétation des eaux peu profondes. Ils sont au nombre de 4 000 à 300 000 selon la taille des femelles. Ils sont tous pondus au même moment, et éclosent au bout de 2 à 3 semaines.  L'incubation dure de 15 à 20 jours. Les jeunes vivent en bancs alors que les adultes sont plutôts solitaires. Après la disparition de la vésicule, les jeunes se nourrissent de zooplancton, c'est pourquoi ils gagnent les strates supérieures des lacs. Lorsqu'ils ont de 15 à 20 mm, ils rejoignent la zone littorale, où ils se rassemblent en grands bancs.

 

Les mâles sont matures à 2 ou 3 ans, et les femelles de 1 à 3 ans plus tard, lorsqu'elles ont une longueur de 15 à 25 cm.

 

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La Perche est autochtone dans le Nord de la France, elle s'est étendue ensuite vers le Sud et l'Ouest à la faveur des canaux : elle a notamment colonisé l'Hérault par le canal du midi (Moreau, 1881) puis le bassin de la Garonne (Spillmann, 1961). Elle semble actuellement absente du Finistère.

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Échantillon moyen de la population de

perches dans le Doubs

Perche_échantillon-moyen-canal-1.jpg

Échantillon moyen de la population de

perches dans le canal Freycinet

 

La comparaison des deux histogrammes ci-dessus permet de constater que les populations de perches sont trois fois plus nombreuses dans le Doubs que dans le canal.

 

Perche_répartition par station-1.jpg
Répartition des populations de la Perche
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, les populations de perches se répartissent entre Doubs et canal avec une nette préférence pour la rivière.

 

Sources :


- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Hotu du Doubs

 

Hotu1_logo.jpgLe Hotu

Chondrostoma nasus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Hotu que l'on rencontre dans la zone du Barbeau.

hotu2-1.jpg

Le Hotu ou Nase est un poisson élancé, qui se caractérise par sa bouche rectiligne en position infère (chez l'adulte). Le museau est proéminent, la lèvre inférieure est cartilagineuse. Les lèvres sont cornées, avec des bords tranchants, et servent à arracher les algues et les petits animaux des pierres et des plantes. Les dents pharyngiennes sont aiguisées en lames. On compte 57-62 écailles le long de la ligne latérale. Péritoine noir.

La coloration du corps est homogène, gris-bleu et brillante, les nageoires sont souvent orangées.

La taille est variable suivant les milieux, elle dépasse rarement 45 à 50 cm pour 1,5 kg. La durée de vie est de 15 ans environ dans les rivières françaises (Nelva-Pasqual, 1985).

 

Chondrostoma_nasus2-1.jpg

Le Hotu est un poisson grégaire qui affectionne les eaux courantes au fond de petits galets et graviers. Son comportement est essentiellement benthique. Son alimentation, est constituée principalement de diatomées raclées sur les substrats.

 

Le Hotu vit dans les zones moyennes des rivières (zone du Barbeau) et préfère les eaux de profondeur moyenne avec un bon courant et un sol pierreux ou sableux. Il séjourne souvent près des digues et des chutes d'eau, aux endroits où les affluents amènent des débris comestibles dans la rivière. Il se nourrit surtout d'algues qui tapissent les pierres et le bois, mais aussi de larves de diptères, de vers et autres petits animaux vivant parmi les algues. En hiver il forme des bancs épais dans des creux profonds ou sous les pierres.

 

Chondrostoma nasus-1.jpg

 

La reproduction a lieu au printemps entre mars et mai. Elle semble être déclenchée par des températures supérieures à 8 à 9° C. Le Hotu remonte les cours d'eau, ou gagne les petits affluents pour frayer dans un fort courant sur fond graveleux. Les deux sexes présentent des tubercules de fraie sur la tête et sur la partie antérieure du corps. La fécondité est voisine de 40 000 ovules par kilo de femelle. Les oeufs de 1,5 mm de diamètre sont déposés en masse sur le substrat sans aucune protection. La durée de 1'incubation peut varier de 5 jours pour une température de 17°C à 23 jours pour une température de 10°C. Le Hotu est mature vers 2-4 ans.

 

La répartition et la colonisation du réseau hydrographique par le Hotu ont été particulièrement étudiées par Nelva-Pasqual (1985) qui a mis en évidence l'importance de la création des canaux au siècle dernier. Actuellement cette espèce est présente dans le bassin du Rhin, du Rhône, de la Seine et de la Loire. Elle semble absente des cours d'eau bretons et normands ainsi que ceux du bassin de la Garonne et de l'Adour. Le Hotu est très sensible au phénomène de pollution ce qui peut expliquer sa régression dans plusieurs régions où il avait eu tendance à se développer d'une façon explosive.

 

Hotu_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg

Échantillon moyen de la population du Hotu dans le Doubs

 

 

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Répartition des populations du Hotu
parmi les différentes stations

 

D'après le graphie ci-dessus, le Hotu manifeste un net préférendum pour la rivière, surtout dans son cours aval.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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La Grémille du Doubs

Grémille1_logo.jpgLa Grémille

Gymnocephalus cernua (Linné), 1758

Famille des Percidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Grémille que l'on rencontre dans la zone des Brèmes.

grémille003-1.jpg

 

La Grémille ou Perche goujonnière ou Goujon-Perchat a un dos bombé, un front large et un museau mousse.Le dos et les flancs sont vert gris parsemés de taches noires; les nageoires caudale et dorsale portent des macules sombres alignées. L'opercule est terminé par une épine dure, le préopercule est finement dentelé. La Grémille ressemble à la Perche, mais ici, les deux nageoires dorsales ont fusionné : la partie antérieure est soutenue par 12 à 16 rayons épineux et la partie postérieure par 11 à 16 rayons branchus. Le corps est souvent recouvert de mucus épais et la tête porte des fossettes remplies de mucus.

 

Sa taille dépasse rarement 12 à 15 cm à 5 ou 6 ans. Avec de bonnes conditions de croissance, elle atteint 25 cm et 400 g.

 

La Grémille vit dans en bancs dans les eaux profondes des secteurs inférieurs des cours d'eau (zone des Brèmes), ou sur le sol nu des lacs : en été, elle pénètre  aussi dans les petits cours d'eau.

 

La Grémille est un poisson de fond. Elle est active de jour, et se nourrit de larves de diptères et d'autres insectes, de gammares, de mollusques, d'œufs de poissons et d'alevins. De nuit elle reste passivement sur le fond.

 

Steffen Zienert_Grémille08-1.jpg

La Grémille est un poisson de fond

(cliché Steffen Zienert)

 

Sur fond nu, elle entre en compétition avec la Brème et d'autres poissons de plus grande valeur. En beaucoup d'endroits, avant la fraie, elle remonte les rivières et ruisseaux en bancs épais, et ne redescend qu'en automne.

 

À la saison de la fraie, en avril-mai, la Grémille forme des bancs. La fraie a lieu en eau peu profonde, par 10 à 15°C, et les œufs de 1 mm sont déposés sur les pierres et les plantes. Les œufs au nombre de 1 000 à 6 000 sont pondus en rubans, près des rives, sur les pierres et la végétation, l'incubation dure de 10 à 12 jours.

 

La larve, transparente, naît au bout de 8 à 10 jours, elle a une taille d'environ 4 mm, et est pourvue d'une grosse vésicule vitelline. La croissance est assez lente et la Grémille atteint l'âge adulte en 1 à 2 ans.

 

 

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Échantillon moyen de la population
de grémilles dans le Doubs
Grémille_échantillon-moyen-canal-1.jpg

Échantillon moyen de la population
de grémilles dans le canal Freycinet

 

La Grémille est installée dans les deux types de systèmes. L'examen des effectifs de populations de la Grémille montre que cette espèce est plus nombreuse et davantage installée dans différentes classes de taille dans le Doubs que dans le canal.

 

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Répartition des populations de la Grémille

parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, si l'on excepte le canal de Dannemarie où elle abonde, la Grémille se répartit de façon homogène entre les deux types de milieux.

 

Originaire d'Europe centrale et orientale la Grémille est d'abord cantonnée aux départements de l'Est de la France. Elle gagne dès le début du XIXe siècle le bassin de la Seine (Seine, Aube, Yonne) et de la Loire (Vallot, 1837 ; Valenciennes, 1848 ; Ray, 1851 ; Marchand, 1897). À la faveur des canaux, son aire de répartition s'étend : Moselle, Orne, Nied, Meurthe, Seille, Sarre, Meuse, Chiers, Somme, Rhin, Doubs, et Rhône (Blanchard, 1866 ; Gehin, 1868). En 1925, elle est encore inconnue dans le sud-ouest (Chevey, 1925) alors que Spillmann (1961) la signale en Bretagne, dans le Puy de Dôme, l'Allier, le Cher, la Haute-Vienne, et le Tarn (où elle a été introduite). Yvemault (1972) signale sa présence en Charente-Maritime. Kiener (1985) la cite dans la Durance, l'Arc, et les Canaux d'Aix en Provence.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

grémille,poissons,doubs,pêche

Grémille photographiée par Michel Cottet à Lavancia le 8 août 2014

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02/02/2010

Le Goujon du Doubs

Goujon1_logo.jpgLe Goujon

 

Gobio gobio (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Goujon que l'on rencontre dans les eaux courantes et lacustres.

 

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Le Goujon est un petit poisson de fond qui vit près des rives dans les cours d'eau rapides, à fond sableux ou graveleux (zone des Ombres) et également dans les lacs à eaux claires dont les plages sont garnies de sable ou de gravier. On le trouve de plus en plus souvent dans des eaux calmes et riches en matières organiques y compris les lacs.

 

Le corps est allongé, le dos est vert bleu, les flancs sont plus clairs avec une rangée longitudinale de taches bleues et violettes. La nageoire caudale et la nageoire anale sont ornées de taches noires.

La mâchoire supérieure porte 2 courts barbillons, la tête est longue, les yeux sont grands. Il y a de 40 à 42 écailles le long de la ligne latérale. Il atteint en général la taille de 8 à 14 cm à l'âge de 2-3 ans ; le maximum est de 20 cm.

 

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Le Goujon est un poisson de fond

 

Le Goujon est un poisson de fond, qui se nourrit de larves d'insectes, de vers, crustacés et occasionnellement d'œufs de poissons, qu'il aspire au moyen de sa bouche protractile. Il se nourrit également en hiver. Les goujons vivent en bancs au fond de l'eau.

 

La reproduction s'effectue en mai-juin parmi les pierres et la végétation des eaux courantes sous quelques centimètres d'eau. Le mâle arbore alors un tubercule nuptial sur la tête. Les œufs qui mesurent 105 mm de diamètre (de 1000 à 3000 par femelle) incubent pendant 2 à 3 semaines et éclosent au bout de 10 à 30 jours, selon la température. Les jeunes restent sur le fond, en bancs, près de la place de fraie. Le Goujon atteint probablement tout au plus un âge de 3 ans.

 

D'après Spillmann (1961), le Goujon, espèce autochtone, est largement répandu dans toutes les eaux suffisamment claires et fraîches ; Brunet (1972) le situe entre 42 et 62 degrés de Latitude Nord (isotherme de juillet entre 15 et 27 °C). Il a été introduit dans le lac d'Annecy (Vivier, 1939).

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Échantillon moyen de la population
de goujons dans le Doubs

 

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Échantillon moyen de la population
de goujons dans le canal

En ce qui concerne la répartition de l'espèce entre Doubs et canal, l'examen des deux histogrammes ci-dessus montre que la population de goujons est dix fois plus nombreuse dans le Doubs que dans le canal Freycinet.

 

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Répartition des populations du Goujon
parmi les différentes stations


D'après le graphe ci-dessus, on se rend compte que les populations de goujons sont relativement réduites partout, sauf dans le Doubs à Saint-Vit, station qui regroupe la majeure partie de l'effectif.

 

Sources :


- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Gardon du Doubs

Gardon1_logo.jpgLe Gardon

Rutilus rutilus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Gardon que l'on rencontre dans les eaux courantes et lacustres.

 

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Le corps du Gardon est aplati latéralement, le dos plus ou moins haut est vert-bleu, les flancs argentés ont quelques reflets dorés; le ventre est blanc-rouge, les nageoires pelviennes et anale sont rouges. Les nageoires ventrales se situe au-dessous du bord antérieur de la dorsale. L'arête du corps entre les ventrales et l'anus n'est pas tranchante comme chez le Rotengle. La bouche est étroite, les écailles sont grandes (42 à 45 le long de la ligne latérale), les yeux sont rougeâtres. Les dents pharyngiennes sur un seul rang, la postérieure seule est faiblement dentelée. La taille atteint 25-30 cm.

 

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Le Gardon se déplace en bancs


Le Gardon est l'un des poissons les plus communs et les plus répandus dans les eaux stagnantes et lentes où il se trouve en bancs dans la bordure végétale, les plus gros individus s'éloignent davantage de la rive.

 

Le Gardon est une espèce très résistante à la pollution des eaux. Dans les lacs pollués (eutrophes) il occupe toute l'étendue du lac.

 

La nourriture du Gardon est en partie animale : larves d'insectes, mollusques, crustacés, et en partie végétale : plantes flétries, débris d'Elodea et de Myriophyllum, Lentilles d'eau, Charas, ou "gazon" de Diatomées qui recouvre les roseaux, les souches ou les pierres. En eau saumâtre, Coriphium et larves de diptères forment aussi une part importante de la nourriture. En hiver, celle-ci est très réduite, et les bancs en hivernage vivent en eau profonde.

 

Le Gardon fraie d'avril à juin, quand l'eau atteint une température d'au moins 10°C. La fraie a lieu sur des bas-fonds tranquilles, près des rives, souvent sur un sol pierreux. Les mâles se parent de tubercules nuptiaux. La fraie dure une semaine, avec souvent des jeux nuptiaux apparents et bruyants. Les mâles séjournent un certain temps sur les places de fraie, et y restent quelque temps après la fin de celle-ci. Les ovules (50 000 à 100 000 par femelle) sont pondus dans la végétation des eaux peu profondes. Les œufs ont environ 1 mm de diamètre, sont légèrement visqueux, et se fixent aux pierres et aux plantes. L'incubation dure de 4 à 10 jours, et dépend de la température.

 

La larve nouveau-née mesure de 4,5 à 6,5 mm. Elle vit passivement durant 2 à 5 jours jusqu'à ce que la vésicule soit résorbée. Passé ce stade, l'alevin se nourrit de plancton animal, près du rivage. Les écailles apparaissent quand le poisson a une longueur d'environ 30 mm. La femelle aurait une croissance généralement un peu plus rapide que celle du mâle, mais la croissance est toujours lente. La maturité sexuelle est atteinte à 3 ans.

 

Le Gardon joue un rôle important dans la chaîne alimentaire, en convertissant des aliments animaux et végétaux du fond, il constitue un poisson fourrage pour de nombreux poissons de valeur : Brochet, Sandre, Perche et même Anguille.

 

Le Gardon est autochtone en France à l'exclusion des Alpes-maritimes (Spillmann, 1961) où il est cependant présent.

 

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Gardon_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg
Échantillon moyen de la population
de gardons dans le Doubs

Gardon_échantillon-moyen-canal-1.jpg
Échantillon moyen de la population
de gardons dans le canal

À l'examen des deux histogrammes représentant les populations du Gardon dans le Doubs et le canal, on s'aperçoit que cette espèces prolifère presque aussi bien dans le canal que dans le Doubs.

 

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Répartition des populations du Gardon
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, on constate que le Gardon prolifère aussi bien dans le canal que dans le Doubs.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

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Le Chevaine du Doubs

Chevesne1_logo.jpgLe Chevaine

Leuciscus cephalus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Chevaine (ou Chevesne) que l'on rencontre dans les eaux courantes.

 

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Chez le Chevaine, le corps est fuselé, de section presque ronde, le front est large et plat. Le dos est brun-vert, les flancs sont doréargenté, la face ventrale est blanche; les nageoires pelviennes et la nageoire anale sont rouges. La bouche est large, les écailles, bordées de noir, sont grandes (44 à 46 le long de la ligne latérale) ; la dorsale porte 11 à 12 rayons. Le bord postérieur de l'anale est convexe vers l'arrière, plus nettement chez les vieux poissons.

 

À 7-10 ans il atteint une longueur de 30 à 40 cm pour un poids de 600 à 1000 g ; il dépasse rarement 60 cm et 4 kg.

 

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Le Chevaine : les écailles sont grandes et bordées de noir

 

Le Chevaine est un poisson d'eau courante se déplaçant en grands bancs près de la surface. Il préfère les cours d'eau à fort courant, mais se trouve aussi dans quelques lacs. Pendant l'hiver, il émigre en eau profonde, dans les lacs, et retourne au printemps dans les cours d'eau.


Il se nourrit d'insectes aériens, toutes sortes d'insectes aquatiques, de vers, de mollusques, d'œufs de poissons et souvent de plantes et de graines. En prenant de l'âge, le Chevaine devient un poisson prédateur qui mange uniquement des alevins de truite, des vairons, des grenouilles, etc.
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La période de reproduction s'étend d'avril à juin, elle a lieu parmi les pierres et la végétation des eaux lentes. Le mâle arbore alors des tubercules nuptiaux. La ponte est de 50 000 à 200 000 œufs de 0,7 mm de diamètre. Ces œufs adhèrent aux pierres, morceaux de bois ou plantes et éclosent au bout 6 à 8 jours. La croissance est lente. Les mâles sont matures à 3-4 ans, et les femelles à 4-5 ans, avec environ 22 cm de long. Les vieux individus sont solitaires.

 

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Le Chevaine est présent dans toute la France, à l'exception du Finistère où il n'est pas signalé.

 

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Échantillon moyen de la population
de chevesnes dans le Doubs

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Échantillon moyen de la population de
chevesnes dans le canal Freycinet

En ce qui concerne la répartition des populations dans le Doubs inférieur et le canal du Rhône au Rhin, on constate que chaque classe de taille est représentée dans les deux systèmes mais avec une abondance plus grande dans le Doubs.


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Répartition des populations du Chevesne
parmi les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, on constate que le Chevaine se répartit entre les deux systèmes d'une façon homogène.

 

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

01/02/2010

La Carpe du Doubs

Carpe2logo.jpgLa Carpe commune

Cyprinus carpio Linné, 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Carpe que l'on rencontre dans les eaux calmes.

 

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Le corps est allongé et plus ou moins haut, la carpe est généralement brune sur le dos, dorée sur les flancs et jaune sur l'abdomen. Les écailles sont grandes : 33 à 40 le long de la ligne latérale (chez les carpes pourvues d'écailles). La bouche protractile est munie de 4 barbillons sur la lèvre supérieure (2 longs et 2 courts). Les carpes dites "miroirs" ont une écaillure incomplète, les carpes "cuir" en sont dépourvues. Taille : de 25 à 100 cm. Les Carpes sauvages de 3 à 4 ans mesurent de 20 à 40 cm et pèsent de 300 à 1000 g. Le maximum dépasse rarement le mètre, le poids atteint 25 à 30 kg pour un âge de 40 ans.

 

 

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La Carpe commune

 

On trouve la Carpe en étang ou dans les cours d'eau à  courant lent (faciès lentique), avec fond vaseux et végétation dense. C'est un animal timide, de mœurs surtout nocturnes.

Originellement, la Carpe est un poisson asiatique qui se trouve dans une zone s'étendant de la Mandchourie aux affluents de la mer Noire. Depuis 2000 ans, c'est un important poisson de pisciculture.

 

La Carpe est surtout active à partir du crépuscule. Elle se nourrit de daphnies (puces d'eau), de larves de diptères et d'autres insectes aquatiques, de vers et de divers petits mollusques. Des graines de plantes ou des algues sont comprises dans la nourriture. Occasionnellement, la Carpe mange des grenouilles, des épinoches ou des alevins.

 

La Carpe perd durant l'hiver de 5 à 15 % de son poids. Elle est très résistante et tolère une eau pauvre en oxygène (0,5 mg d'oxygène par litre). La Carpe est mature à 3-4 ans, les mâles plus tôt que les femelles.

 

La reproduction a lieu de juin à juillet dans la végétation des eaux très calmes et peu profondes, par exemple dans des prairies inondées, en mai, ou plus tard, par une température de 17 à 20°C). La fraie a lieu dans une eau très tranquille et peu profonde, Cette température élevée est nécessaire, et explique pourquoi la Carpe sauvage ne se reproduit que rarement en Europe centrale et septentrionale. Le mâle présente alors des tubercules nuptiaux. Les œufs (100 000/kg de femelle) incubent pendant 3 à 8 jours. Les œufs de 1 mm se gonflent dans l'eau jusqu'à 1,6 mm. Ils s'attachent aux plantes, et éclosent au bout de 3 à 8 jours selon la température (environ 100 degrés/jours sont nécessaires).

 

Originaire de l'Asie mineure, Gervais (1897) situe son introduction sous François 1er (XVIe siècle) alors que Gadeau de Kerville (1897) signale déjà sa présence au XIIIe siècle; elle fut en fait vraisemblablement introduite par les Romains durant l'occupation de la Gaule (Pellegrin, 1943 ; Spillmann, 1961 ; d'Aubenton et Spillmann, 1976 ; Grégoire, 1983). La pisciculture de la carpe très répandue au Moyen-Âge, a permis la sélection de nouvelles souches (Vallois 1901). Elle est largement répandue sur le territoire à l'exception des zones de montagnes (Alpes, Pyrénées) et de la côte nord-bretonne.

 

Les formes sauvages sont plus élancées que les formes domestiques, lesquelles ont souvent un corps élevé.

 

Sur la base de facteurs héréditaires, la couverture écailleuse de la Carpe varie selon les 4 principaux types suivants :

  1. Carpes écailleuses, couvertes de petites écailles semblables.
  2. Carpes miroir, avec de grandes écailles miroitantes, irrégulièrement disposées, et de tailles différentes.
  3. Carpes à rangs, avec une série de petites écailles le long du dos, et une rangée de grosses écailles uniformes le long de la ligne latérale.
  4. Carpes cuir, qui sont presque dépourvues d'écailles.

 

 

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Carpe à rang

 

 

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Carpe cuir (au-dessus) et Carpe miroir (au centre)

 

 

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Carpe miroir (à gauche), Carpe cuir (au centre) et Carpes miroir (au bas)

 

 

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Répartition des populations de la Carpe
dans les différentes stations
 
 
D'après le graphe ci-dessus, on constate que la Carpe choisit un biotope à faciès lentique : eaux calmes du Doubs inférieur, canal à l'Isle sur le Doubs.

Sources :

 

- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Brochet du Doubs

Brochet1logo.jpgLe Brochet

Esox lucius Linné, 1758

Famille des Esocidés


 

par André Guyard

(Dernière mise à jour : 15 novembre 2013)


Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Brochet que l'on rencontre dans la zone des brèmes.

 

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Le corps est allongé, le dos est brun vert, les flancs plus clairs possèdent des bandes transversales, et le ventre est blanc jaune. Le museau est plat et large, la mâchoire inférieure est proéminente. La langue, l'os palatin et les deux mâchoires possèdent de très fortes dents.


Les nageoires portent des taches sombres. Les jeunes ont souvent une teinte vert pâle. La dorsale et l'anale sont semblables et placées loin en arrière.


Les mâles ne croissent pas aussi vite que les femelles, et lorsqu'ils atteignent leur maturité à l'âge de 2 ou 3 ans, ils pèsent 1 livre et ont une longueur de 25 à 40 cm. Ils atteignent rarement 90 à 100 cm, pour un poids de 5 à 8 kg et un âge de 10 à 14 ans. Les femelles mûres ont généralement 40 à 55 cm de longueur et pèsent 1 à 2 livres à l'âge de 3 à 5 ans. Elles peuvent toutefois devenir géantes, mais ne dépassent que rarement 1,5 m pour 35 kg, à plus de 30 ans.

 

 

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Le Brochet préfère les eaux claires à fond graveleux et aux berges riches en végétation (hélophytes et hydrophytes). Il chasse à l'affût, embusqué, immobile, dans l'attente de sa proie, il est bien camouflé dans la végétation littorale en lisière des roseaux. D'un puissant coup de queue, il bondit sur sa proie. Cependant, sur une longue distance, il est un mauvais nageur. Dès la première année, la nourriture consiste uniquement en poissons : Vandoise, Gardon, et Rotengle. Durant toute sa vie, il pratique un cannibalisme très actif.

 

 

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La fraie a lieu par 2 à 12°C de la fin mars en mai, les ovules (30 000 à 60 000 par femelle) sont pondus en eau peu profonde parmi la végétation et souvent dans l'herbe des prairies inondées. Les mêmes brochets retournent année après année aux mêmes places de fraie. Les mâles arrivent les premiers, les femelles suivent, et en fraie les brochets ne s'occupent de rien d'autre que d'eux-mêmes. Les réflexes habituels pour la capture des proies, ou pour fuir le danger, ont presque complètement disparu.

 

 

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Tête du Brochet
Le museau est plat et large, la mâchoire inférieure est proéminente

 

L'incubation dure de 2 à 4 semaines. Normalement la larve éclôt au bout de 10 à 15 jours (110 à 130 degrés/jours sont nécessaires). Les alevins nouveau-nés sont dépourvus d'ouverture buccale. Ils possèdent un organe adhésif sur la tête qui leur permet de se fixer à la végétation jusqu'à résorption de la vésicule vitelline et apparition de la bouche (2 à 3 semaines). Ils se nourrissent alors de petits animaux planctoniques.


Le brocheton ressemble aux adultes quand il a 25 mm de longueur, et quand il atteint 4 à 5 cm, il chasse les alevins qui apparaissent en mai-juin, c'est-à-dire juste au bon moment (Rotengle, Vandoise, Brème, etc.).


La maturité est atteinte généralement à l'âge de 3 à 4 ans. La croissance varie beaucoup, mais en règle générale, elle est très rapide. Après une année, le Brochet mesure de 9 à 20 cm ou plus, et après 2 ans (rarement 1) le mâle est mature. Il faudra deux ans de plus à la femelle pour être mature. Le poids de 1 kg est atteint d'ordinaire en 4-6 ans, parfois en 2-3 ans.

 

Le Brochet peut atteindre une taille considérable. Témoin ci-dessous ce spécimen qui affiche 117 cm de longueur, capturé dans le Léman par Bernard Cottet le 8 mai 2013.

 

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Le Brochet est une espèce indigène de nos eaux douces. Dans la première moitié du XXe siècle, il est commun dans la France entière à l'exception toutefois des Pyrénées orientales, du Var, des Alpes maritimes, et des fleuves côtiers méditerranéens (Moreau, 1881 ; Spillmann, 1961 ; Morruzzi,1975 ; Grégoire, 1983). Il a été introduit dans les Vosges (lacs de Longemer, Retournemer, Gérardmer) et réintroduit en 1934 dans le lac d'Annecy (Hubault, 1955).


Après la première guerre mondiale, la pêche abusive des brochetons et les épidémies provoquent une nette régression du Brochet (Brou, 1953 ;Chimits, 1956 ; Spillmann, 1961) ; s'en suivirent alors les premiers réempoissonnements en vue du repeuplement et du développement de la pêche sportive (Chimits, 1947b). Son aire de répartition s'étend ainsi progressivement aux départements méditerranéens.


Bien que le Brochet soit présent sur l'ensemble du territoire, la disparition plus ou moins complète de ses zones de reproduction (zones inondables, prairies humides...) met en danger la survie de l'espèce.

 

 

Brochet_stations-effectif-1.jpg
Répartition des populations du Brochet
dans les différentes stations

 

D'après le graphe ci-dessus, on s'aperçoit que le Brochet fréquente davantage les rives du Doubs plus hétérogène que les rives du canal.

 

Remarque : le Brochet est une espèce vulnérable inscrite sur la liste rouge des espèces menacées. Voir à ce propos la fiche réalisée par l'Onéma.

 

Sources :


- Allardi J. & Keith Ph. (1991). - Atlas préliminaire des poissons d'eau douce, 234 p.


- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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Le Black-bass du Doubs

Black-bass gde bouche1¨logo.jpgLe Black-bass à grande bouche

Micropterus salmoïdes (Lacépède), 1802

Famille des Centrarchidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Black-bass à grande bouche.

 

Le Black-bass à grande bouche a une forme allongée et trapue. La nageoire dorsale est presque complètement séparée en deux parties distinctes dont la première est courte avec des rayons épineux. Les nageoires pelviennes sont insérées à l'aplomb des nageoires pectorales. La bouche est grande, la mâchoire supérieure dépasse le bord postérieur de l'oeil. L'opercule est recouvert d'écailles, son bord libre se termine par une pointe molle. La coloration générale du corps est vert bronze, le ventre est blanc.

 

Black-bass ptte bouche001-1.jpg

Il y a de 65 à 70 écailles le long de la ligne latérale. Le jeune a des dessins foncés le long des flancs.

 

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blackbass_01-1.jpg

 

Originaire du continent nord américain le Black-bass à grande bouche (Achigan au Canada) a été introduit en Grande-Bretagne en 1878-1879 (Anonyme, 1898), puis en 1883 aux Pays-Bas et en Allemagne. Sa reproduction en France est réussie pour la première fois en 1890 (Bertrand, 1890) dans un étang de la région de Versailles. Il est ensuite transféré dans les étangs en Sologne (Wurtz-Ariet, 1952). La répartition actuelle est très morcelée et sensiblement méridionale. Il ne semble pas que ce poisson soit en phase d'expansion.

 

La taille varie de 40 à 60 cm, arrive à 2 kg à l'âge de 4 à 5 ans. Peut atteindre 70 cm et dépasser 10 kg.

 

L'espèce préfère les eaux stagnantes, ou celles à courant lent. Le jeune se tient en eau mince, parmi la végétation, les individus plus âgés en eau plus profonde. Se nourrit de petits poissons, de grenouilles, de têtards, de larves d'insectes, de crustacés ou d'œufs de poissons.

 

La fraie a lieu en mars-juillet, à une profondeur de 1 à 2 m, et par une température de 15 à 18°C. La fécondation et l'incubation des oeufs se déroulent sur un nid préparé par un des parents (le mâle), et qui en assure seul une protection farouche. La femelle y déposera 1 000 à 4 000 œufs qui seront gardés et défendus par le mâle, de même que les très jeunes alevins, durant les premiers jours qui suivent la naissance. La période d'incubation est variable suivant la température (de 85 à 105 degrés/jours) (Wurtz-Ariet, 1952).

 

Pendant la première année la croissance est assez rapide : La croissance est plus ou moins rapide suivant les conditions thermiques, elle peut être très importante dès la première année (Allardi, 1973). Elle atteint 7 à 15 cm pour un poids de 10 à 50 g.

La maturité se produit à 2-3 ans, pour une longueur de 25 à 30 cm et un poids de 1/2 à l kg.

Le régime alimentaire, après un stade zooplanctonophage devient strictement carnassier et ichtyophage.

 

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Le Black-bass à grande bouche

La première partie de la dorsale est plaquée contre le corps

 

 

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Répartition des populations du Blackbass
dans le cours du Doubs
 

Comme le montre le graphe ci-dessus, le Blackbass à grande bouche n'a été trouvé que dans le Doubs au niveau de Crissey.

 

Sources :

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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24/01/2010

La Brème bordelière du Doubs

Brême bordelière1logo.jpgLa Brème bordelière

Blicca bjoerkna (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Brème bordelière qui abonde dans les eaux calmes  en compagnie de la Brème commune (zone à Brèmes).

Brême bordelière001-1.jpg

 

Comme la Brème commune, la Brème bordelière a un corps haut et aplati latéralement. Mais ici, le diamètre de l'œil est souvent égal ou plus grand que la longueur du museau. Les écailles sont relativement grandes. On en dénombre de 9 à 10 sur une série allant de la ligne latérale à l'insertion de la nageoire dorsale. La couleur du corps est souvent plus brillante que celle de la Brème commune, l'insertion des nageoires est souvent soulignée par une tache rosée plus ou moins orangée. La taille atteint 35 cm dans le canal Freycinet. Généralement de 20 à 30 cm et jusqu'à 500 g.

 

Elle ressemble à la Brème commune, mais s'en distingue par les pectorales et les ventrales rouges avec des taches grises. Le diamètre de l'œil est plus grand ou aussi long que la longueur du museau. L'anale a 22 à 26 rayons. Le long de la ligne latérale, on décompte 43-55 écailles. Les dents pharyngiennes sont disposées sur deux rangs. En raison d'hybridation entre les deux espèces, la détermination est parfois malaisée.

 

La Brème bordelière est une espèce grégaire qui fréquente les eaux calmes ou faiblement courantes. La reproduction a lieu au printemps (mai à juin), la fécondité est élevée, les ovules sont petits (2 mm) et l'incubation dure de 4 à 6 jours. L'âge de maturité est de 3 ans chez les mâles et de 4 ans chez les femelles.

 

La Brème bordelière fréquente normalement les bas-fonds des lacs chauds de plaine, avec une végétation dense. On la trouve également dans les parties inférieures des rivières (zone à Brèmes). Elle est liée à la végétation dans les zones côtières, se nourrissant de larves de diptères ou d'autres insectes, de petits mollusques et de vers. Occasionnellement elle capture le plancton, et semble être moins un poisson de fond que la Brème commune. Elle hiverne en eau plus profonde.

 

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Brème commune et Brème bordelière

 

Durant la fraie  qui a lieu en mai-juin, le mâle porte des tubercules sur la tête et la partie antérieure du corps. Les troupes en fraie gagnent les eaux peu profondes avec une abondante végétation submergée à laquelle se fixent les œufs visqueux, jaune clair, ayant 2 mm de diamètre. La fraie est bruyante, comme celle de la Brème commune. Dans la partie sud-est de son aire, elle pond 17 000 à 109 000 œufs, ceci en trois fois, et à quelques jours d'intervalle. Le jeune grandit dans la région côtière. La croissance est lente, mais déjà à 10-12 cm, ce qui donne 3 à 5 ans, le poisson est mûr. Les femelles sont beaucoup plus grandes que les mâles.

Brème-bordelière_échantillon-moyen_Doubs1.jpg
Brème bordelière : échantillon moyen dans le Doubs
 
 
Comme pour la Brème commune, les juvéniles de la Brème bordelière sont bien représentés dans l'échantillon moyen du Doubs.
 
Brème-bordelière_échantillon-moyen-canal.jpg
Brème bordelière : échantillon moyen dans le canal

 

Comme la Brème commune, la Brème bordelière se complaît dans le canal qui constitue une "zone à Brèmes" décalée vers l'amont du système Doubs.

 

La Brème bordelière est un compétiteur sans valeur de la Brème commune, de la Perche et de l'Anguille.

 

Brème bordelière_stations_effectif-1.jpg

Répartition de la population de la Brème bordelière

entre les différentes stations

 

Comme le montre le graphe ci-dessus, la Brème bordelière se complaît davantage dans le Doubs que dans le canal, en particulieur au niveau de Saint-Vit.

 

Sources :

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

La Brème du Doubs

Brême commune1logo.jpgLa Brème

Abramis brama (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à la Brème qui abonde dans les eaux calmes (zone à Brème).

 
Brême commune01-1.jpg
 

Le corps de la Brème est élevé et comprimé latéralement. La bouche est petite et dépourvue de barbillon. L'œil est relativement petit par rapport à la longueur du museau (caractère distinctif de la brème bordelière). On compte plus de 10 écailles entre la ligne latérale et l'insertion de la nageoire dorsale. La nageoire anale est très longue avec 27-28 rayons et sa base équivaut à deux fois la longueur de la base de la dorsale. La coloration du corps est homogène, le dos est vert bronze et les flancs clairs, les nageoires sont grises. On compte 49-57 écailles le long de la ligne latérale. Les dents pharyngiennes sont disposées sur un seul rang.

La taille peut atteindre 60 cm. Généralement de 30 à 40 cm et 0,500 à 2 kg.

 

brême02-1.jpg

 

La Brème est un poisson grégaire vivant dans les eaux calmes des cours d'eau et des étangs de plaine. Sa reproduction est printanière lorsque la température de l'eau est voisine de 18°C. La fécondité est moyenne (de 30 000 à 40 000 ovules par kilo de femelle). La ponte a lieu dans les herbiers mais les œufs peuvent être déposés sur des supports minéraux (galets et graviers). Le régime alimentaire est zooplanctonophage chez les alevins puis benthophage chez les adultes.

 

brême01-1.jpg

 

La Brème est très commune dans l'eau stagnante ou à courant lent, avec sol argileux ou vaseux (zone à Brème). Les poissons plus âgés se tiennent surtout au-dessus d'un fond nu et mangent les larves rouges des Chironomides, des Pisidium et des vers, par exemple des Tubifex. De nuit, ils se déplacent souvent jusqu'au bord de la zone côtière. Dans la vase molle du fond on voit souvent des cavités grandes d'un demi-pied, les « trous de brèmes », où une Brème s'est arrêtée quelques minutes pour aspirer de son museau protractile une colonie de vers spécialement alléchante. Durant cette activité la Brème se tient presque verticalement audessus du fond. Les débris de plantes et la vase sont recrachés. En eau trouble, ou dans les lacs surpeuplés, la Brème est souvent contrainte de compléter cette nourriture par du plancton animal.

En hiver, elle s'enfonce en eau profonde où les bancs denses de milliers d'individus s'assemblent tout à fait localement.

 

La fraie a lieu en mai-juin et s'accomplit en eau peu profonde, à au moins 12°C, et parmi la végétation. Lors de la fraie les mâles ont une éruption de boutons blancs ou jaunes sur la tête et la partie antérieure du corps. Durant la fraie, soit pendant 3-4 jours, les mâles semblent occuper de petits territoires qu'ils défendent contre les autres mâles, tandis que les femelles sont accueillies chaleureusement. La fraie se produit avec une quantité de jaillissements d'eau bruyants et peut se répéter une ou deux fois la semaine. Les œufs sont petits mais la ponte est abondante (92 000 à 338 000 œufs). Ils s'attachent aux plantes et éclosent en 3-12 jours, selon la température de l'eau.

 

Les larves mesurent 4 mm et restent fixées, immobiles, aux plantes, jusqu'à ce que la vésicule soit résorbée, ceci au bout de quelques jours.

Les jeunes se rassemblent alors en petits bancs dans les habitats latéraux et se nourrissent de plancton.

 

Brème_échantillon-moyen_Doubs-1.jpg
Brème : échantillon moyen dans le Doubs
 
 
Dans le Doubs, la population est représentée prioritairement par les juvéniles de taille 8-9 cm. Les classes de taille supérieure sont plus rares. Cette répartition permet de conclure que la Brème n'est pas à sa place dans le Doubs dont les habitats latéraux servent de nurseries pour les juvéniles.
 
Brème_échantillon-moyen-canal1.jpg
Brème : échantillon moyen dans le canal

 

En revanche, dans le canal, toutes les classes de taille sont représentées. Le canal constitue une "zone à Brèmes", particulièrement au niveau de l'Allan canalisé à grand gabarit.

 

 

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Répartition des populations de la Brème par station

Comme le montre le graphe ci-dessus, la Brème commune préfère les eaux calmes du canal en particulier à Bourogne et surtout à Orchamps.

 

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Sources :
 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

 

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23/01/2010

Le Barbeau fluviatile du Doubs

Barbeau01logo.jpgLe Barbeau fluviatile

Barbus barbus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse au Barbeau fluviatile qui se trouve dans sa zone.

 

Comme tous les barbeaux, le Barbeau fluviatile est un poisson de fond qui se distingue par sa bouche infère (s'ouvrant vers le bas) encadrée de 4 barbillons. Il vit en eau claire, courante mais qui ne doit pas être trop froide (zone des Barbeaux des cours d'eau).

 

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Le Barbeau fluviatile
 

Le corps est allongé, le dos légèrement bombé est brun-vert, les flancs sont dorés, le ventre blanc. La caudale, l'anale et les pelviennes sont orangées. La tête est longue, la bouche bordée d'épaisses lèvres charnues portant 4 barbillons sur la lèvre supérieure, les écailles sont de taille moyenne (55 à 65 le long de la ligne latérale). La nageoire dorsale comporte 7 à 11 rayons, le plus long est ossifié et dentelé sur son bord postérieur. La longueur moyenne est de 30 à 60 cm, le maximum est de 90 cm pour 8,5 kg.

 

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Un Barbeau fluviatile croisant deux perches
 

Le Barbeau fluviatile fréquente les cours d'eau clairs et oxygénés à fond sablo-graveleux. Il vit en bancs au fond de l'eau dans les zones de fort courant.

Durant le jour, il reste dans les courants, souvent au pied des barrages ou des jetées. Durant la nuit, les barbeaux se dispersent pour manger. Il est omnivore et se nourrit en fouillant le fond. La nourriture se compose de mollusques, d'insectes divers, d'œufs de poissons et parfois de débris végétaux. Les adultes mangent aussi des petits poissons. Ils passent l'hiver en une sorte d'hibernation, en petits groupes dans les parties profondes des cours d'eau, dans les cavités des rivages ou sous les pierres, les fascines, etc.

 
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À la saison de la fraie, soit en mai-juin, le mâle montre une éruption de tubercules de fraie blanchâtres, en rangées longitudinales sur la tête et le dos. Les barbeaux se rassemblent en grands bancs et se dirigent vers l'amont, sur les fonds graveleux ou pierreux, où la fraie a lieu. La femelle pond de 3 000 à 5 000 œufs. Les œufs, de 2 mm, jaunâtres, collent aux pierres, peu à peu ils sont emportés par les eaux, entre les pierres où ils éclosent au bout de 10 à 15 jours. Quand la vésicule est résorbée complètement le jeune se met à la recherche de nourriture en mangeant la faunule du fond. Les barbeaux sont matures à l'âge de 4-5 ans.

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Le Barbeau fluviatile
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Échantillon moyen de la population

de barbeaux fluviatiles dans le Doubs

La structure de la population est multimodale

 

On peut distinguer au moins six modes ce qui correspondrait à six cohortes centrées successivement autour de 33 cm, 45 cm, 50 cm, 53 cm, 56 cm et 62 cm. On peut penser que ces classes de taille correspondent à des âges successifs.

 

 

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Répartition de la population du Barbeau fluviatile

entre les différentes stations

 

Comme le montre le graphe ci-dessus, le Barbeau fluviatile se cantonne principalement dans le Doubs à la hauteur de Baume les Dames, d'Avanne et Orchamps. Dans cette dernière station, on le rencontre exceptionnellement dans le canal, alors qu'il est absent dans toutes les autres stations-canal.

 

Sources :

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

22/01/2010

L'Ablette du Doubs

Ablette1-logo.jpgL'Ablette

Alburnus alburnus (Linné), 1758

Famille des Cyprinidés

 

par André Guyard

 

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Ablettes

 

Au cours d'une campagne d'échantillonnages du peuplement ichtyologique du cours inférieur du Doubs entre Voujeaucourt et et Crissey (Doubs), nous avons été amenés à étudier les populations de poissons les plus représentatives de ce peuplement, aussi bien dans le cours du Doubs proprement dit que dans la partie du canal du Rhône au Rhin (canal Freycinet) qui le jouxte dans cette partie. Le présent article s'intéresse à l'Ablette qui en terme d'effectif, est l'espèce la mieux représentée dans le Doubs.

 

L'Ablette est un petit cyprinidé de taille variant entre 12 et 20 cm. Le corps est fin et comprimé latéralement ; le dos est gris-bleu, les flancs et le ventre sont argentés, les nageoires gris pâle. La bouche est supère, oblique et orientée vers le haut avec une mâchoire proéminente.

La nageoire anale (16 à 28 rayons) est plus large que la nageoire dorsale (7 à 10 rayons). Il existe un polymorphisme important, le corps pouvant être très trapu et élevé.

 

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Ablettes

 

L'Ablette préfère la surface éclairée de l'eau et vit en bancs dans les eaux claires, lentes et stagnantes. Elle évite les eaux troubles ou trop envahies par la végétation. Elle hiverne dans des eaux plus profondes que les autres Cyprinidés.

Elle se nourrit de puces d'eau (daphnies), larves et pupes de diptères et insectes aériens.

En période de fraie (avril-juin), le mâle présente des tubercules nuptiaux sur le dos et les flancs, et les nageoires sont orangées.

La fraie a lieu en eau très peu profonde, sur fond ferme ; elle se produit en mai-juin, parfois en juillet. Les œufs, au nombre d'environ 1500, sont pondus en trois fois. Ils adhèrent aux branches ou aux pierres près des rives et éclosent au bout d'une à trois semaines. Les jeunes se nourrissent de zooplancton. La croissance est lente, seulement 3 à 5 cm en une année, ce qui explique que dans les deux systèmes Doubs  et canal Freycinet , la population d'ablettes est unimodale. Mais la taille modale est plus importante dans le canal que dans le Doubs (voir histogrammes ci-dessous).

 

La maturité est atteinte en 3 ans. L'Ablette peut s'hybrider avec d'autres Cyprinidés.

L'Ablette est une nourriture importante pour la Perche, le Brochet, le Sandre et la Truite.

 

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Échantillon moyen de la population
d'ablettes dans le Doubs
La taille modale est de 10 cm
 
Ablette_échantillon-moyen-canal1.jpg
Échantillon moyen de la population
d'ablettes dans le canal Freycinet
La taille modale est de 11-12 cm
 
Ablette_répartition-1.jpg

 

L'Ablette qui se complaît en eau calme. C'est ce que montre le graphe ci-dessus où l'on constate que la population maximale se situe dans le canal Freycinet au niveau de l'Isle sur le Doubs et d'Avanne. Même l'Allan à grand gabarit en héberge un important contingent.

 

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Ablette

(dessin de Gisèle Mauger)

 

Une curiosité pour ce poisson argenté : lorsque ses populations étaient abondantes, ses écailles servaient à la fabrication de l'essence d'Orient, ou essence de perle. Les brillants cristaux de guanine étaient séparés par lavage des écailles. 4 000 à 5 000 poissons fournissaient 100 g d'essence.

 

Sources :

 

- Guyard A. et coll. (1992) - Inventaire du peuplement ichtyologique du cours du Doubs et du canal du Rhône au Rhin entre Voujeaucourt et Crissey. Rapport d'étude pour le compte de la CNR (73 pages + annexes).

 

- Muus B. J., Dahlstrom P. (1968). - Guide des poissons d'eau douce et pêche, 248 p. Delachaux et Niestlé Ed.

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23/12/2009

Peuplements ichtyologiques comparés de l'Allan non canalisé et de l'Allan canalisé à grand gabarit (1)

Comparaison du peuplement de poissons dans le cours de l'Allan et dans une portion de l'Allan canalisé. Comparaison des échantillons numériques et pondéraux globaux

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Peuplements ichtyologiques comparés de l'Allan non canalisé et de l'Allan canalisé à grand gabarit (2)

brochet_logo-1.jpg Comparaison du peuplement de poissons dans le cours de l'Allan et dans une portion de l'Allan canalisé. Comparaison des échantillons numériques et pondéraux par habitat

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Peuplements ichtyologiques comparés de l'Allan non canalisé et de l'Allan canalisé à grand gabarit (3)

Comparaison du peuplement de poissons dans le cours de l'Allan et dans une portion de l'Allan canalisé. Comparaison des échantillons numériques et pondéraux par espèce.

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