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15/02/2013

L'Hottonie des marais

L'Hottonie des marais

 

L'Hottonie des marais [Hottonia palustris L.] fait partie de la famille des  Primulacées.

 

C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées. Les Hottonies sont sans doute les seules représentantes de la famille des Primulacées dont les feuilles soient découpées en filaments. Cette particularité provient du milieu aquatique dans lequel elles vivent. Nous avons déjà rencontré de nombreux exemples de cette adaptation des feuilles au milieu aquatique. Ces plantes doivent leur nom à P. Hotton, professeur de botanique à Leyde.

 

Hottonia palustris pousse dispersée dans les mares et dans les eaux peu profondes des étangs ainsi que dans les bras morts des rivières. Elle pousse aussi assez souvent dans les sous-bois des aulnaies périodiquement inondées. À l'époque des basses eaux, elle peut y affecter des formes terrestres : la plante possède alors une tige considérablement raccourcie et des feuilles pennées, agglomérées, formant comme une rosette radicale. Elles sont très décoratives vues d'en haut.

 

L'Hottonie se multiplie souvent végétativement par des "boutons" qui passent l'hiver dans la boue ; parfois, avant la floraison, la plante tout entière s'arrache au fond, monte à la surface et ne s'enracine à nouveau dans la vase, qu'à la fin de l'été.

 

H. palustris pousse dans la zone tempérée d'Europe, depuis l'Angleterre et le sud de la Suède jusqu'à l'Oural. Les aquariophiles européens cultivent quelquefois l'espèce nord-américaine H. influta ELL. à la tige plate, originaire des états de l'est des États-Unis.

 

Ce sont des plantes vivaces, de 20 à 60 cm de haut (dans les eaux profondes, on en a trouvé de plus d'un mètre) aux tiges ramifiées, aux feuilles alternes, parfois apparemment verticillées. Le limbe des feuilles est divisé en filaments. À l'aisselle des feuilles apparaissent parfois de petites racines blanches filamenteuses.

 

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Les fleurs se développent sur des hampes de 10 à 30 cm de long. On y remarque parfois, comme chez les autres Primulacées. un dimorphisme floral (hétérostylie). Après la pollinisation, la hampe florale se rétracte avec les fruits mûrissants (1) sous la surface.

 

L'Hottonie fleurit de mai à juin.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

L'Isoète

L'Isoète

 

L'Isoète [Isoëtes lacustris L.] fait partie de la famille des Isoétacées. C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées.

 

Les Isoètes constituent un groupe isolé de ptéridophytes dont le biotype est le fond des lacs et des étangs. Avec le genre sud-américain Stylites, ils sont les derniers exemplaires vivants d'une branche d'évolution pratiquement presque disparue, les Lycopodiophytes.

 

Ce groupe a connu son apogée au carbonifère (Primaire) et l'on trouve ses fossiles dans les gisements de charbon. Les vigoureux genres, en arbres de terre ferme, ont depuis longtemps disparu et il ne reste plus qu'environ soixante-dix espèces d'Isoètes dont les plus grands centres d'expansion sont le nord de l'Amérique et la Méditerranée.

 

Dans l'Europe du nord-ouest, subsistent deux espèces dont on trouve des stations isolées en Europe centrale. À la fin de la dernière période glaciaire, les Isoètes étaient beaucoup plus abondants en Europe mais ils se sont réfugiés aujourd'hui dans les lacs glaciaires où ils peuvent vivre entre 0,5 et 5 mètres de profondeur, parfois davantage. Ils sont considérés comme des plantes "reliques". Le nom des Isoètes dérive du grec isos = semblable et etos = année, parce que ces plantes gardent toute l'année le même aspect.

 

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Les Isoètes sont des plantes vivaces, en touffes, aux feuilles linéaires et pointues (1) : celles-ci ont à la base des sporogones surmontés d'une excroissance membraneuse dite lingula (2). Les spores sont de deux ordres : les macrospores, qui donnent naissance aux organes sexuels femelles, et les microspores qui donnent les spermatozoïdes mâles.


I. lacustris et I. echinospora DURIEU sont deux espèces qui ne diffèrent qu'à peine dans la structure fine de la surface des macrospores (3) et dans leur taille, dans la forme des feuilles [coupe de feuille de I. lacustris (4)] et dans la couleur : I. echinospora est d'un vert plus clair, Il est difficile d'indiquer la période de "floraison" : les spores s'échappent des sporogones environ de mai à septembre.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Potamot nageant

Le Potamot nageant

 

Le Potamot nageant [Potamogeton natans L.] fait partie de la famille des Potamogétonacées. C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées.

 

II n'est pas aisé de choisir un spécimen représentatif parmi les quatre-vingt-dix espèces du genre Potamogeton ; chacun est intéressant à sa manière. Les Potamogétonacées constituent une famille très étendue dont on trouve des représentants sous les tropiques et dans la zone tempérée. Ils s'adaptent facilement au milieu dans lequel ils vivent et sont très variables en particulier dans la forme des feuilles. On trouve des espèces à larges feuilles flottant à la surface (P. natans), des espèces au limbe en filaments et à la manière d'un peigne (P. pectinatus) ou linéaires allongées (P. rutilus).

 

Ce sont des plantes habituellement immergées ou flottant à la surface mais toujours bien enracinées dans la boue du fond. Leurs feuilles et leurs tiges renferment suffisamment de tissus aériens qui alimentent en air les parties immergées de la plante. Elles se multiplient végétativement avec une grande facilité, les parties cassées produisant rapidement des racines. Les oiseaux concourent à leur dissémination : les graines du Potamot ne sont pas digérées et sont ainsi rejetées avec la plante dans les eaux éloignées ou isolées.

 

L'économie des étangs tire profit des peuplements de Potamot (flore molle) et ils sont un abri convenable pour le frai des poissons. Par contre, les colonies cachées de Potamot crépu sont très désagréables pour les nageurs. En grec, potamos signifie fleuve ; geiton, voisin, proche ; Potamogeton désignait jadis certaines plantes aquatiques et ne désigne plus aujourd'hui que le Potamot.

 

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Les Potamots sont des plantes vivaces aux rhizomes solidement fixés dans la boue et aux longues tiges flottantes. Les feuilles de P. natans (1) mesurent jusqu'à 12 cm de long et 6 cm de large ; elles sont longuement pétiolées, coriaces, et nagent à la surface. P. fluitans ROTH. est un Potamot à deux types de feuilles : les feuilles immergées sont étroites, lancéolées, celles qui nagent à la surface sont largement ovoïdes (2). Les feuilles de P. crispus L sont ondulées sur les bords (3).

 

Les fleurs (4) s'épanouissent de juin à août sur des épis dressés émergeant au-dessus de la surface. Elles sont hermaphrodites et le connectif vert assume la fonction du périanthe qui n'est pas développé.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

L'Utriculaire vulgaire

L'Utriculaire vulgaire

 

L'Utriculaire vulgaire [Utricularia vulgaris L.] fait partie de la famille des Lentibulariacées. C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées.

 

Les Utriculaires sont des plantes aquatiques, sans racines, mixotrophes, aux feuilles adaptées à la capture des petits animaux aquatiques. (Les plantes mixotrophes sont celles qui, en dehors de la photosynthèse, c'est-à-dire d'une alimentation autotrophe, se procurent les substances qui leur manquent dans le corps d'autres organismes, c'est-à-dire d'une manière hétérotrophe).

 

Entre les segments des feuilles existent des vésicules, d'origine foliaire, fermées par une sorte de valve et ne s'ouvrant que vers l'intérieur. Autour de l'orifice, s'étalent des poils, des antennes, qui réagissent aux contacts. Si par exemple un petit crustacé aquatique heurte une antenne, la valve s'ouvre brutalement et toute la vésicule se dilate. Par là même, elle aspire de l'eau et en même temps l'animalcule qui finit par périr dans la vésicule et dont les substances résultant de sa décomposition sont absorbées par les tissus de la plante.

 

Certains naturalistes attribuent à ces vésicules une fonction natatoire : avant la floraison, elles sont normalement emplies d'air de sorte que la plante flotte près de la surface, les hampes florales émergeant au-dessus.

 

Les Utriculaires sont des plantes rares, disséminées dans les eaux dormantes à fond vaseux, cosmopolites ou circumpolaires dans l'hémisphère nord.

 

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Ce sont de petites plantes aquatiques vivaces, sans racines. (Il arrive que la partie non verte de la plante se fixe dans la boue, comme par exemple chez l'espèce Utricularia intermedia HAYNE). Les tiges sont peu ramifiées, les feuilles sont alternes, palmées, longuement divisées en filaments et portent des vésicules (1a, 1b). Le mot latin utriculus signifie petit sac, bourse.

 

Les fleurs s'ouvrent au bout d'un long pédoncule émergeant à la surface sous forme d'épi ; le calice est composé de deux sépales, la corolle est à deux lèvres, il n'y a que deux courtes étamines.

 

L'Utriculaire fleurit rarement, entre juin et août. Elle se multiplie végétativement par des bourgeons qui passent l'hiver sur le fond.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

L'Hydrocharis Mors de grenouille

L'Hydrocharis Mors de grenouille

 

L'Hydrocharis Mors de grenouille [Hydrocharis morsus-ranae L.] fait partie de la famille des Hydrocharitacées. C'est un hydrophyte à feuilles flottantes.

 

Le Mors de grenouille et le Faux Aloès constituent une exception dans la famille des Hydrocharitacées, essentiellement marines. Dans les mers, poussent neuf genres et trente et une espèces qui, avec les Potamogétonacées, sont les plus fréquents et souvent les seuls représentants des angiospermes dans la flore marine.

 

L'Hydrocharis Mors de grenouille pousse dans les eaux dormantes ou à faible courant, dans les mares, les petits lacs, dans les petites surfaces d'eau où il peut former des peuplements denses et continus. La plante produisant souvent des rejets, de tels peuplements (colonies) sont presque impénétrables, ils assombrissent les eaux et gênent les pêcheurs.

 

L'Hydrocharis est précieux pour étudier le système radiculaire des plantes aquatiques. Il s'agit là de plantes flottantes ou plutôt se soutenant sur leurs feuilles flottantes, dont les racines pendent librement dans l'eau et qui, à la différence des plantes terrestres enracinées dans le sol, conservent pendant toute leur existence leurs poils absorbants ; la surface totale des racines se trouve ainsi multipliée par huit.

 

C'est une plante euro-sibérienne que l'on trouve surtout dans l'ouest et le centre de l'Europe et qui est absente en Écosse, dans le nord de la Scandinavie et le sud de l'Europe. Le nom latin de cette plante semble assez paradoxal car, si Hydrocharis signifie à peu près, "ornement des eaux", "mors de grenouille" signifie "morsure de grenouille" ce qui a une connotation nettement moins agréable.

 

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L'Hydrocharis est une plante aquatique vivace à court rhizome et longues racines ; les feuilles forment des rosettes caractéristiques qui flottent à la surface. On peut distinguer facilement le Petit Nénuphar (Nymphoides peltata) (GMEL.) KUNTZE de l'Hydrocharis qui possède des écailles à la base des pétioles des plantes hors floraison.

 

Les fleurs sont unisexuées et à trois divisions : les fleurs mâles, à l'extrémité de longs pédoncules, ont 12 étamines et se développent à l'aisselle de spathes membraneuses ; les fleurs femelles sont presque sessiles dans les spathes et possèdent 6 stigmates divisés (1). La plante se multiplie souvent par de longs stolons à l'extrémité desquels se développent de nouvelles rosettes de feuilles ou des "boutons" ovoïdes qui passent l'hiver et montent à la surface au printemps.

 

La floraison a lieu de juin à août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Nénuphar jaune

Le Nénuphar jaune

 

Le Nénuphar jaune [Nuphar lutea (L.) SM.] fait partie de la famille des Nymphéacées. Les nénuphars sont des plantes hydrophytes à feuilles flottantes.

 

Le développement des Nénuphars est d'abord lent : à partir des graines dispersées par les oiseaux aquatiques ou par le courant, naissent des plantules qui ne fleurissent pour la première fois qu'au bout de quatre ans. Les premières feuilles de chaque année se développent dès l'automne de l'année précédente. Dès que la température tombe à 10°C le développement s'arrête et les Nénuphars se préparent à hiverner. Le développement reprend au printemps et, après les feuilles minces, immergées, apparaissent à la surface les caractéristiques feuilles flottantes, plates et coriaces.

 

Le Nénuphar jaune pousse à 80-200 cm de profondeur dans les étangs, les lacs, les mares et les zones calmes ou les bras morts des cours d'eau. Ce sont des plantes euro-sibériennes. La construction de barrages, les déchets industriels dans les eaux, l'excès d'engrais dans les étangs ont provoqué le déclin de ce précieux élément de la flore européenne. Les guérisseurs et les anciens herboristes appréciaient le Nénuphar jaune. Son rhizome contient certains alcaloïdes et un glucoside cardio-tonique ; on l'utilisait comme sédatif pour calmer les grands nerveux, mais à forte dose, il pouvait provoquer la paralysie des centres respiratoires.

 

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Le Nénuphar jaune est une plante aquatique vivace à longs rhizomes (parfois 10 cm d'épaisseur et plus de 2 mètres de long) dont la face inférieure produit les racines et dont la face supérieure bosselée garde la cicatrice des feuilles tombées (1). À l'extrémité du rhizome poussent des feuilles longuement pétiolées dont certaines restent immergées, et d'autres, à nervures ramifiées caractéristiques (2), flottent à la surface. Leur limbe peut atteindre 40 cm de long et 30 cm de large.

 

Les fleurs jaunes s'épanouissent à l'extrémité de longues hampes, de juin à août, et se ferment la nuit. Après la pollinisation, le pistil et son stigmate se transforment en un long fruit en forme de bouteille et à plusieurs loges (3).

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Nénuphar blanc

Le Nénuphar blanc

 

Le Nénuphar blanc [Nymphaea alba L.] fait partie de la famille des Nymphéacées. Les nénuphars sont des plantes hydrophytes à feuilles flottantes.

 

Le Nénuphar blanc pousse dans les eaux dormantes à fond vaseux dans le centre et l'ouest de l'Europe (N. alba est européen, N. candida PRESL euro-sibérien ; ce dernier pousse un peu plus au nord-ouest et on ne le trouve ni en Grande-Bretagne, ni sur le littoral atlantique).

 

Les feuilles flottantes du Nénuphar blanc sont le modèle des feuilles flottantes dont les stomates ne se trouvent que sur la face supérieure (l'endroit) des feuilles. Les fleurs s'ouvrent périodiquement, vers 7 h du matin par temps clair, pour se fermer entre 16 et 17 h. La pollinisation est assurée par les insectes, plus particulièrement par les mouches. Les pétales tombent au bout d'une semaine et le pédoncule floral s'enroule en spirale sous la surface. Il donne une grande capsule charnue qui ressemble à la capsule de pavot.

 

Les rhizomes du Nénuphar blanc fournissaient une substance qu'on utilisait comme calmant pour les nerveux.

 

Les Nénuphars blancs sont des plantes aquatiques vivaces à rhizome ovale (1), d'environ 5 cm d'épaisseur, 30 à 50 cm de long, poussant presque verticalement dans la boue, à la différence des rhizomes du Nénuphar jaune qui poussent obliquement. Les cicatrices dues aux feuilles se répartissent sur toute la surface du rhizome qui peut donner des feuilles sur sa totalité.

 

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Les feuilles du Nénuphar blanc ont des nervures caractéristiques, différentes de celles du Nénuphar jaune. Les feuilles du Nénuphar blanc (Nymphaea alba) (2) ont des lobes cordiformes à leur base, écartés ; celles de N. candida (3) ont des lobes rapprochés, se recouvrant parfois.

 

Les fleurs blanches qui peuvent atteindre parfois 12 cm de diamètre, à nombreux pétales, s'épanouissent de juin à août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Petit Nénuphar

Le Petit Nénuphar

 

Le Petit Nénuphar [Nymphoides peltata (GMEL.) KUNTZE] fait partie de la famille des Ményanthacées. Comme les nénuphars proprement dits le Petit Nénuphar est une plante hydrophyte à feuilles flottantes.

 

À la différence des Gentianes voisines, qui poussent souvent très haut dans la montagne et très loin vers le nord, la plupart des Nymphoïdés sont des plantes tropicales, thermophiles. Le Petit Nénuphar lui-même aime la chaleur. Il forme des rhizomes de deux sortes :

 

- longs rhizomes de plus d'un mètre à grands entre-nœuds de 8 à 20 cm, pendant l'été ;

 

- courts rhizomes, de 2 à 20 cm de long, en automne.

 

Ce sont les longs rhizomes de l'été qui servent plus particulièrement à la rapide multiplication végétative du Petit Nénuphar. L'aspect des feuilles se modifie également suivant la saison en liaison avec la température et la luminosité : les premières feuilles flottantes, qui apparaissent dès la fin avril, sont vert clair; les feuilles définitives postérieures sont vert foncé et rigides, l'envers est rouge violacé et parsemé de petits points. Les dernières feuilles, celles d'automne, renferment plus d'anthocyane et sont vert violacé foncé. Les Petits Nénuphars qui se développent en eau profonde ont des feuilles immergées plus petites. Sur le fond des étangs asséchés en été, le Petit Nénuphar a une forme terrestre caractérisée par des feuilles à court pétiole.

 

Le Petit Nénuphar est une espèce euro-asiatique : il pousse depuis l'Europe centrale (mais il s'étend jusqu'en Hollande) jusqu'en Chine, mais il a été introduit partout comme plante ornementale et il semble qu'en beaucoup d'endroits il soit retourné à l'état sauvage.

 

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Les feuilles du Petit Nénuphar rappellent par leur aspect les petites feuilles du Nénuphar. Cette convergence, vraisemblablement écologique, a déterminé l'appellation de la plante. C'est une plante vivace dont le rhizome rampant (1) donne naissance à des tiges ovales aux feuilles presque opposées, aux longs pétioles munis de gaines. Les fleurs, à cinq divisions, ont de longs pédoncules; la corolle jaune d'or est en entonnoir dont les lobes sont ciliés et mesurent jusqu'à 3 cm de large. Les fleurs sont pollinisées par les abeilles. Le fruit est une capsule pointue.

 

Les Petits Nénuphars fleurissent en juillet et août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Plantain d'eau ou Alisma

Le Plantain d'eau ou Alisma

 

L'Alisma Plantain d'eau [Alisma plantago-aquatica L.]  fait partie de la famille des Alismatacées. C'est une plante hélophyte.

 

Les Alismatacées sont des plantes qui, pratiquement, ne peuvent vivre que dans l'eau. C'est une famille cosmopolite qui, à l'exception de l'Antarctique, croît sur tous les continents. L'Alisma Plantain d'eau a, lui aussi, un domaine étendu et pousse (en dehors des régions arctiques les plus rudes) dans tous les continents de l'hémisphère nord. On trouve un Alisma fossile du Tertiaire dans les régions arctiques actuelles.

 

Cette plante est souvent très grande, elle peut avoir près d'un mètre de haut et sa période de végétation est relativement courte : elle fleurit et donne ses graines deux mois après le début de sa végétation.

 

Elle se multiplie aussi végétativement par des bourgeons latéraux. Sa facilité de multiplication fait qu'elle est l'une des premières plantes de rives et de marécages qui apparaisse dans les pièces d'eau nouvelles ou rénovées. On en a vu se développer avec les massettes dans les flaques d'eau de chemins peu fréquentés. L'Alisma prospère surtout sur les rives marécageuses et dans les eaux calmes et peu profondes. Elle se développe dans des eaux plus profondes et prend alors sa forme immergée. Son système radiculaire est puissant et solide.

 

C'est une plante vivace dont la taille dépend de nombreuses conditions externes : elle peut n'avoir que 10 cm mais mesurer aussi un mètre de haut. À partir d'une souche bulbeuse, s'élève une touffe puissante de feuilles à longs pétioles. Les feuilles immergées peuvent être seulement linéaires avec des formes de passage vers les feuilles flottantes, comme cela se produit pour la Sagittaire.

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Les inflorescences sont de grandes panicules ; les ramifications latérales poussent par trois ou davantage, en verticilles. Les fleurs hermaphrodites sont du type trois (1). Elles s'ouvrent de juin à septembre. Les fruits (akènes) ne mûrissent que sur les plantes émergées.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

L'Acore calame

L'Acore calame

 

L'Acore calame [Acorus calamus L.] fait partie de la famille des Aracées. C'est une plante hélophyte.

 

De nos jours, nous aurions peine à nous représenter un étang et un lac sans sa végétation d'Acore calame. Il n'en a pas toujours été ainsi. À l'époque de la création de la plupart des étangs européens, c'est-à-dire entre le XIVe et le XVIe siècle, il n'y avait pas trace d'Acore en Europe. Il croissait alors quelque part dans l'est de l'Inde et en Chine sans que l'on puisse préciser davantage. C'est vers la fin du XVIe siècle que les premières souches sont arrivées des environs de Constantinople à Vienne, d'où ensuite, l'Acore s'est répandu dans toutes les eaux douces de l'Europe.

 

L'Acore, quand il n'est pas fleuri, se distingue mal au milieu des Massettes et des Iris mais, par contre, on sent son odeur. Le parfum d'une feuille d'Acore froissée est unique et ne se confond avec aucun autre ; comme d'ailleurs le parfum d'une de ses souches. C'est à elle que l'Acore doit son renom, car on remployait en médecine et en confiserie, dès l'Antiquité en Inde, en Grèce et à Rome. Radix calami aromatici, la racine de l'Acore, est une substance très utile. L'Acore était utilisé pour confectionner des tisanes digestives amères qui étaient réputées donner de l'appétit aux animaux comme aux personnes. On prescrit des bains d'Acore pour les cas de nervosité excessive.

 

Les Acores introduits en Europe et en Amérique fleurissent quelquefois mais les graines ne mûrissent pas. Tous les Acores des peuplements européens actuels sont donc des clones, c'est-à-dire des individus multipliés végétativement.

 

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L'Acore fait partie de la famille des Aracées dont la structure des fleurs est caractéristique.

 

Les petites fleurs (1) sont agglomérées sur un spadice gros comme un doigt qui est entouré par une spathe verte, très semblable aux feuilles et continue dans le sens de la tige. L'inflorescence, le spadice, apparaît donc comme latérale (2) bien qu'elle soit au sommet.

 

Les feuilles de l'Acore sont brillantes, en longs rubans, parfois frangées sur le pourtour du limbe.

 

Les rhizomes renferment jusqu'à 4% d'essences, de sels et le séchage fait apparaître des tanins. L'odeur est attribuée à des aldéhydes.

 

L'Acore fleurit en juin et juillet.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Baldingère

La Baldingère ou Ruban de bergère

 

La Baldingère ou Ruban de bergère ou Phalaris [Phalaris arundinacea L.] appartient à la famille des Poacées (ex-Graminacées). Il s'agit d'une plante hélophyte.

 

La Baldingère, surtout quand elle n'est pas en fleurs, est souvent confondue avec le Roseau par les profanes. Elle lui ressemble un peu par la couleur et la rugosité des feuilles. Elle pousse très souvent au bord des eaux, dans les fosses et dans les prairies humides. Elle ne souffre pas des variations du niveau de l'eau, il semble au contraire que cela lui soit profitable. Elle pousse très souvent sur les rives des cours d'eau où elle forme des peuplements caractéristiques dans les méandres et les zones calmes, à l'écart du courant principal.

 

Le Phalaris peut constituer un bon aliment pour les chevaux et le bétail : on prétend que manger du Phalaris donne au chevaux un poil très lustré et que les vaches donnent alors du beurre d'une saveur d'une particulière délicatesse. On a même développé des cultures de Phalaris dans les prairies difficiles à drainer.

 

La Baldingère pousse dans presque toute l'Europe, dans l'ouest, le nord et l'est de l'Asie et en Amérique du Nord. C'est donc une espèce circumpolaire ; on considère qu'elle a été introduite dans le sud de l'Afrique.

 

On cultive comme plante d'ornement dans les jardins des variétés panachées : la variété 'Picta' (Ruban de bergère) a des feuilles bigarrées, la variété 'Elegans' est rayée de blanc.

 

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La Baldingère est une herbe vivace vigoureuse à rhizome rampant. Les chaumes se terminent par une panicule assez grande, étroite et lobée. Avant la floraison, celle-ci est blanc verdâtre teinté de rouge puis, comme toute la plante quand elle s'est desséchée, jaune paille (1). Mais elle ne se disloque pas et reste sur les chaumes jusqu'à la saison suivante. Cela donne aux peuplements de Phalaris leur aspect caractéristique.

 

Les épillets de l'inflorescence n'ont qu'une fleur (2), hermaphrodite et l'on y trouve les restes (les enveloppes) de deux autres fleurs atrophiées.

 

La Baldingère fleurit en juin et juillet.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Butome en ombelle

Le Butome en ombelle

 

Le Butome en ombelle [Butomus umbellatus L.] appartient à la famille des Butomacées. C'est une plante hélophyte.

 

Les Butomacées sont des plantes des eaux et des marécages. Leur seul représentant, Butomus umbellatus, pousse dans toute l'Europe, à l'exception des régions septentrionales de l'Écosse et de la Scandinavie, il ne pousse pas dans les montagnes très élevées. Son aire d'extension continue s'étend jusqu'au centre de l'Asie.

 

Le Butome pousse dans les plaines et les collines qui jouissent d'une température clémente. On le trouve dans les mares, les étangs et les lacs, sur les rives et au milieu des roselières, de préférence dans la vase. Il a des feuilles étroites, rubanées, très fermes et qui, comme celles des Rubaniers et des Massettes, servaient à tresser des nattes et des paniers.

 

On utilisait jadis la racine amère dans la médecine populaire sous le nom Radix Junci floridi. L'aspect de ses feuilles et son habitat évoquaient sans doute le Jonc (Juncus) pour nos ancêtres, mais la fleur est plus colorée.

 

Le Butome en ombelle est une plante vivace dont le robuste rhizome donne naissance à des feuilles étroitement rubanées (linéaires), élargies en gaine à la base, puis en gouttière, puis plates à l'extrémité et mesurant jusqu'à 2 mètres de long.

 

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L'inflorescence naît au sommet d'une hampe ovale. Les fleurs (1) sont régulières, hermaphrodites, du type trois. Les fruits sont des follicules (2) renfermant des semences légères, qui peuvent flotter. Ces graines germent facilement, même après avoir passé une longue période hors de l'eau. Néanmoins, le Butome se multiplie plus souvent végétativement par les bourgeons du rhizome.

 

Il fleurit de juin jusqu'en août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Grande Glycérie

La Grande Glycérie

 

La Grande Glycérie [Glyceria maxima (HARTMAN) HOLMBERG] appartient à la famille des Poacées (ex-Graminacées). C'est une plante hélophyte.

 

La Glycérie est, après le Roseau et la Massette, la troisième grande composante des hautes roselières des rives. Comme ces deux autres plantes, elle s'est montrée une plante utile. À l'aube de l'histoire, les caryopses de la Glycérie flottante [G. fluitans (L) R.BR.] récoltées et moulues en semoule servaient de nourriture (manne) en période de disette ; les feuilles servaient à confectionner des toitures.

 

La Grande Glycérie est une plante circumpolaire dont les centres d'expansion se trouvent dans l'ouest, la centre et l'est de l'Europe, dans le centre de l'Asie et dans la partie non arctique de l'Amérique du Nord ; la Glycérie flottante vit en Europe où elle s'étend plus au nord que la Grande Glycérie, et dans un petit nombre d'endroits de la côte atlantique de l'Amérique du Nord.

 

La Grande Glycérie est une robuste plante qui forme des peuplements étendus et monotones (les prairies "à Glycéries"), dans les eaux peu profondes. Elle supporte bien les basses températures et sa période de végétation est longue. Grâce à une multiplication végétative intensive, elle supporte bien la fauchaison ou les dégâts causés par exemple par le rat musqué. Dans les eaux profondes et courantes (les canaux d'alimentation des étangs par exemple), elle forme des feuilles submergées ou flottantes et ne fleurit pas.

 

La Glycérie flottante est appréciée dans l'économie des étangs car elle indique de bonnes conditions pédologiques et parce qu'elle assure aux poissons des refuges et des lieux de frai.

 

Les Glycéries donnaient un bon fourrage sucré pour le bétail et les chevaux. De là vient probablement leur nom, glykeros. en grec, signifiant sucré ; mais on peut aussi en chercher l'étymologie dans une caractéristique des caryopses de la Glycérie flottante, la manne, qui renferme 40% de sucre assimilable.

 

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La Grande Glycérie (1a) est une plante vivace qui atteint souvent 2,5 mètres, à long rhizome rampant et peu profondément immergé. Les chaumes rigides sont lisses et brillants ; l'inflorescence est une panicule étalée assez épaisse. Les épillets (1b) ont plusieurs fleurs jaune verdâtre ou violacées.

 

La Glycérie flottante est également vivace ; les feuilles ont 50 à 200 cm de long. Les chaumes fertiles n'ont que 30 à 100 cm de haut et se terminent par une panicule unilatérale (2) dont les ramifications, en pleine floraison, sont presque horizontales.

 

Les Glycéries fleurissent de mai (juin) jusqu'en août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

L'Iris jaune

L'Iris jaune

 

L'Iris jaune [Iris pseudacorus L.] appartient à la famille des Iridacées. Il s'agit d'une plante hélophyte.

 

L'Iris jaune n'est pas une plante très abondante : bien qu'il se multiplie végétativement avec facilité, il disparaît rapidement de ses lieux d'origine et c'est pourquoi, dans un certain nombre de pays, il est protégé. La disparition de l'Iris jaune est due surtout aux anciens herboristes qui récoltaient la plante et prescrivaient la "racine" (rhizome) de l'Iris contre les hémorragies (dans l'herbier de Mattiolla contre les hémorroïdes). À l'époque où Acorus calamus L. est apparu en Europe, le rhizome de l'Iris était appelé Radix Acori palustris (racine d'Acore des marais) et l'Iris lui-même Faux Acore. Cela résulte sans doute de la ressemblance des feuilles des deux plantes et de certaines autres propriétés communes. Le rhizome de l'Iris jaune était également mis en conserve dans le vin et utilisé comme remède contre la jaunisse.

 

On peut démontrer la flétrissure par le froid par l'exemple des feuilles persistantes de l'Iris jaune. Les feuilles normalement rigides se fanent par basse température. Cela résulte de la déshydratation car les feuilles vertes transpirent même en hiver mais les organes souterrains, dans le sol gelé ne peuvent leur procurer de l'eau. On peut observer le même phénomène chez les plantes ligneuses toujours vertes telles que les rhododendrons.

 

Le nom grec Iris désignait l'arc-en-ciel. Les fleurs de nombreux Iris, en particulier celles des hybrides horticoles modernes, ont en effet des couleurs éclatantes. Finalement, à côté d'eux, l'Iris jaune est une plante modeste.

 

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Il est vivace, mesure 50 à 100 cm de haut et possède un vigoureux rhizome ramifié, la tige est dressée, légèrement aplatie, ramifiée, terminée par des fleurs à long pétiole qui poussent à l'aisselle des feuilles vertes. Ces feuilles ont une forme gladiolée caractéristique ; elles sont plus longues que la tige fleurie. Le fruit est une grande capsule triangulaire, arrondie et pointue (1).

 

L'Iris jaune pousse disséminé au bord des étangs et des plans d'eau, dans la broussaille des rives et dans les aulnaies dans presque toute l'Europe, à l'exception des régions arctiques ; il s'étend jusqu'à l'ouest de la Sibérie.

 

II fleurit en juin.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Massette à larges feuilles

La Massette à larges feuilles

 

La Massette à larges feuilles [Typha latifolia L. ] appartient à la famille des Typhacées. Il s'agit d'une plante hélophyte.

 

Les Massettes poussent partout où l'eau stagne, ne serait-ce qu'un court instant, même dans les flaques sur les routes. Les plus répandues sont probablement les Massettes à larges feuilles qui poussent dans le monde entier et donc dans tout l'hémisphère nord. T. angustifolia L, la Massette à feuilles étroites, est également une espèce circumpolaire dont les centres d'extension se trouvent dans l'est de l'Amérique du Nord, en Europe et dans le nord-ouest de l'Asie.

 

Les Massettes sont de gros producteurs de biomasse. Elles poussent en grands peuplements homogènes sur les rives des eaux dormantes ou vives, pouvant être recouvertes d'eau de façon continue jusqu'à la moitié de leur hauteur. Leur multiplication végétative par les rejets souterrains est très active de sorte qu'elles occupent rapidement les eaux peu profondes. À l'état frais, les Massettes constituaient un fourrage de complément pour le bétail et leurs rhizomes servaient à nourrir les porcs. Elles ont un ennemi naturel, le rat musqué, qui est capable de dévaster rapidement de grandes surfaces.

 

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Les Massettes sont des plantes vivaces, souvent très vigoureuses, atteignant jusqu'à 3 mètres de haut. Dans la boue, elles se multiplient par de vigoureux rhizomes tendres partant du pied-mère dans tous les sens (1a, 1b). Au cours d'une saison, un peuplement de Massettes peut ainsi devenir le triple de ce qu'il était.

 

L'inflorescence se compose de deux spadices : l'inférieur femelle et le supérieur mâle. Chez la Massette à larges feuilles, ils sont immédiatement réunis (2), alors que chez la Massette à feuilles étroites ils sont séparés de 1 à 9 cm (3). L'inflorescence mâle disparaît rapidement après la floraison, les fleurs femelles donnent des akènes à longs poils.

 

Les fleurs de Massettes (hermaphrodites, sans périanthe, limitées à 3 — rarement 1 à 7 — étamines ou un pistil) fleurissent en juillet et août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Roseau

 Le Roseau

 

Le Roseau [Phragmites australis (CAV.) TRIN. ex STEUD] est l'exemple de la plante hélophyte (pied dans l'eau, tête au soleil). Il appartient à la famille des Poacées (ex-Graminacées).

 

Après la Canne à sucre, les céréales et le Maïs, le Roseau est probablement la plus importante des Graminacées. Il était déjà utilisé dans les civilisations les plus anciennes et il est toujours utilisé, par exemple comme base pour la cellulose ou comme matériau de construction. travaillé dans des usines modernes, à proximité du delta des grands fleuves, en particulier dans le delta du Danube.

 

Le Roseau est l'exemple d'une plante parfaitement cosmopolite. Cela est lié à sa grande plasticité écologique. Cette vigoureuse herbe des marécages peut aussi pousser dans une fissure sèche de rocher, mais elle n'y atteint évidemment qu'une trentaine de centimètres de haut. Le Roseau est l'exemple d'une grande variabilité due à l'écologie. Une même plante peut changer d'aspect au cours d'une période de végétation.

 

Le Roseau peut prospérer même hors de l'eau grâce à son puissant système radiculaire. Ses rhizomes pénètrent souvent jusqu'au niveau de la nappe phréatique dans le sol. Ces rhizomes peuvent avoir jusqu'à 5 mètres de long et trouvent toujours un endroit favorable pour s'enraciner. Les documents anciens parlent des Roseaux du lac de Constance qui gagnaient trois mètres par an sur les eaux. On connaît également les "îles flottantes", sortes de radeaux formés de chaumes morts entrelacés des rhizomes et racines du Roseau, mêlés d'humus et sur lesquels pouvaient croître d'autres plantes supérieures.

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Le Roseau est une plante vigoureuse de 1 à 5 mètres, et parfois même 10 mètres du haut ; il a l'aspect d'une grande herbe gris verdâtre aux rhizomes longs et puissants et aux nombreux rejets. Les feuilles des chaumes poussent sur deux rangs et leur position sur les chaumes est différente suivant les saisons : l'angle des feuilles et des tiges au début de l'année est aigu (1), en juillet et août, les feuilles deviennent progressivement presque horizontales (2, 3). Les Roseaux étant souvent exposés au vent, les feuilles et les panicules défleuries tendent tous vers un seul côté (forme en "drapeau").

 

Les tissus des Roseaux renferment une grande quantité d'acide silicique qui réduit l'utilisation des vieilles plantes comme fourrage.

 

Les fleurs sont disposées en grandes panicules, les épillets ont 3 à 8 fleurs, l'épillet inférieur est toujours mâle, les autres sont hermaphrodites. Le Roseau fleurit de Juillet à septembre.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Rubanier

Le Rubanier

 

Le Rubanier [Sparganium erectum L. em. HUDS.] appartient à la famille des Sparganiacées. C'est une plante hélophyte.

 

La famille des Sparganiacées est très ancienne. On la trouve déjà au Secondaire (crétacé) sur le territoire de l'actuel Groenland.

 

Les Sparganiacées ne sont représentées dans le monde que par le seul genre Sparganium dont une vingtaine d'espèces poussent dans la zone tempérée de l'hémisphère nord et une espèce en Nouvelle-Zélande.

 

En Europe, il pousse plusieurs espèces de Rubaniers dont le plus courant est le Rubanier érigé ou ramifié (S. erectum ; syn. S. ramorum HUDS.).

 

En dehors de nombreuses particularités anatomiques, les Rubaniers ont une structure particulière du limbe : les tissus d'assimilation et les stomates sont répartis sur tout le pourtour du limbe, triangulaire en coupe, et la surface d'assimilation est très grande. La production de biomasse par rapport à celle d'autres plantes immergées, est assez faible et la période de végétation assez courte. Les peuplements s'étendent par multiplication végétative et sont sensibles à la concurrence d'autres, plantes élevées, en particulier des Roseaux, sans doute à cause du grand besoin de lumière du genre Sparganium. Les épais peuplements de Rubaniers concourent à l'envahissement rapide des eaux et comme ils sont résistants aux basses températures et aux gelées, ils compensent ainsi le handicap de l'ensoleillement. Les feuilles qui mesurent parfois plus de deux mètres ont été utilisées pour tresser des paniers.

 

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Sparganium erectum est une plante vivace de 30 à 200 cm de haut, à la souche rampante formant des rejets, aux feuilles linéaires ou gladiolées, triangulaires en coupe (1).

 

La tige est plus courte que les feuilles, mesure 50 à 150 cm de haut et elle est ramifiée. Les organes aériens (stériles) du Rubanier s'étalent parfois en éventail (2). Les feuilles étroites des eaux profondes ou courantes, flottent à la surface. La plante monoïque porte des fleurs agglomérées en têtes : les grosses têtes, à la partie inférieure de l'inflorescence, sont formées de fleurs femelles; les petites têtes de la partie supérieure sont mâles.

 

Les fruits (akènes) quand ils sont mûrs forment des têtes hérissées comme de petites chataîgnes (3). La floraison a lieu de juin à août. Dans le nord-ouest de l'Europe et en Amérique du Nord, le genre est représenté par S. minimum PRIES , de faible taille et ne comportant que peu de têtes florales, 1 à 2 mâles et 2 à 3 femelles.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

La Sagittaire à feuilles en flèche

La Sagittaire à feuilles en flèche

 

La Sagittaire à feuilles en flèche [Sagittaria sagittifolia L.] appartient à la famille des Alismatacées. Il s'agit d'une plante hélophyte.

 

Le genre Sagittaria renferme environ trente espèces dont la plupart sont américaines. On n'en rencontre ni en Afrique ni en Australie. Par contre, les aquariophiles de tous les continents cultivent certaines espèces telles que S. latifolia WILLD, S. graminea MICHX. La forme particulière des feuilles en flèche leur a donné une place dans les jardins où l'on cultive même des variétés à fleurs doubles.

 

S. sagittifolia L. est le représentant eurasiatique du genre. Cette Sagittaire pousse depuis le rivage occidental de l'Europe jusqu'aux îles à l'est de l'Asie, mais uniquement en plaine. Elle devient rare au-dessus de 550 m d'altitude. Elle pousse dans les eaux dormantes ou à faible courant, dans les étangs et les lacs. Les endroits où elle pousse sont toujours assez vaseux et leur présence signale le colmatage des pièces d'eau. Les poissons recherchent ces peuplements où ils trouvent aussi bien de la nourriture que des endroits favorables pour frayer.

 

Les Sagittaires connaissent le plus souvent une multiplication végétative : elles forment au cours de l'été, sur des rejets de 50 cm de long, des bulbilles amylacées qui passent l'hiver ; le pied-mère meurt en hiver mais les bulbilles donnent naissance au printemps à toute une nouvelle petite colonie de Sagittaires.

 

S. arijolia SM. qui pousse en Amérique du Nord a de nombreux caractères communs avec la Sagittaire européenne.

 

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Le nom scientifique et les noms vernaculaires des Sagittaires viennent de la forme caractéristique des feuilles qui rappellent des pointes de flèche (du latin : sagitta = flèche). Mais seules les feuilles qui s'élèvent au-dessus de la surface ont cette forme. Dans les eaux profondes et à courant rapide ne se forment que des feuilles longues, étroites linéaires (1). Les premières jeunes feuilles ont le même aspect. Ensuite, dans les eaux calmes, se forment les feuilles de la seconde génération qui, à l'extrémité de longs pétioles, portent de petits limbes : dès qu'elles atteignent la surface de l'eau, elles flottent (2) et ce ne sont que les plantes déjà anciennes qui, dans les eaux peu profondes, donnent les feuilles caractéristiques en forme de flèche (3).


La respiration des parties qui se développent dans la boue et sous l'eau est facilitée par un tissu aérenchymatique à grandes lacunes intercellulaires (4). Les fleurs (5) des Sagittaires sont de deux sortes : les mâles sur de longs pétioles, les femelles sur des pétioles courts. Les fruits sont des akènes.

 

Les Sagittaires fleurissent rarement et seulement dans les eaux peu profondes, de juin à août.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Trèfle d'eau

Le Trèfle d'eau

 

Le Trèfle d'eau [Menyanthes trifoliota L.] appartient à la famille des Ményanthacées. Il appartient à la strate basse des Hélophytes (pied dans l'eau, tête au soleil)

 

Comme les Gentianes, les représentants de la famille des Ményanthacées ont un goût amer. Leurs feuilles à trois lobes, ressemblant à celles du Trèfle, ils ont été souvent désignés dans le langage populaire sous le nom de Trèfle amer ou, selon leur habitat Trèfle d'eau (Bitterkiee, Bitterblade en allemand, Marsh-trefoil en anglais, Trefeni dell' acqua en italien). Toutes les Ményanthacées poussent dans les marais et les eaux aussi bien sous les tropiques que dans la zone tempérée.

 

Le Trèfle d'eau est une plante assez rare, mais que l'on trouve dans toute l'Europe y compris en Islande, en Asie dans la zone tempérée et jusqu'au Japon, et dans les régions septentrionales de l'Amérique du Nord. Il pousse disséminé sur les tourbières et dans les prairies marécageuses, mais aussi dans les mares envahies par la végétation et au bord des étangs dans la zone des Carex. C'est une plante active dans l'envasement des eaux peu profondes.

 

La médecine populaire employait le Trèfle d'eau, à cause de sa teneur en substances amères, à la place de la Centaurée dans le traitement des maladies du tube digestif. On l'ajoutait parfois à la bière pour en accentuer l'amertume. Les feuilles sèches du Trèfle d'eau sont toujours utilisées en pharmacie : elles provoquent une augmentation des sécrétions gastriques ; on en prépare aussi des liqueurs amères. Cette plante étant relativement rare, on l'a classée dans les plantes menacées à protéger et on a créé des plantations pour les besoins de l'industrie pharmaceutique.

 

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Le Trèfle d'eau est une plante vivace peu élevée (15 à 30 cm), à rhizome rampant et articulé. C'est Théophraste qui a utilisé pour la première fois le nom scientifique du genre. (En grec, menysyn = apparaître, se montrer ; anthos = fleur).

 

Du rhizome s'élèvent des feuilles aux gaines enflées, au limbe en trois parties, à l'extrémité d'un long pétiole. Les feuilles contiennent un glucoside amer, la loganine, des tanins et d'autres substances. Les tiges sont en général dépourvues de feuilles et se terminent par une grappe de fleurs blanchâtres, décoratives, dont la corolle est formée de lobes frangés. Les fleurs ont des styles plus courts (1) ou plus longs (2) que les étamines.

 

Le Trèfle d'eau fleurit en mai et juin. Ses fruits sont des capsules.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Jonc des chaisiers

Le Jonc des chaisiers

 

Le Jonc des chaisiers [Schoenoplectus lacustris (L) PALLA] appartient à la famille des Cypéracées (laiches en Franche-Comté). Il appartient à la catégorie des Hélophytes (pied dans l'eau, tête au soleil).

 

Le Jonc donne aux étangs et aux lacs un aspect vaguement exotique. Quand il fait partie des roselières des rives, perdu dans les peuplements de Massettes et de Roseaux, il échappe habituellement à l'attention. Mais il est beaucoup plus tolérant quant à la profondeur des eaux et il n'est pas étonnant qu'il remporte dans les eaux profondes, que ses chaumes élevés soient les seuls à émerger. Dans ces endroits, on a l'impression de voir flotter à la surface des colonies de Joncs. Ce n'est qu'une illusion car les tiges mesurent facilement environ 3 mètres de haut et les touffes sont solidement enracinées dans la boue tout comme sur les fonds sableux ou rocheux. Ces tiges vert foncé et dépourvues de feuilles se dressent, rigides comme des fils de fer au-dessus de l'eau.

 

Ce Jonc pousse dans presque toute l'Eurasie. Mais on le trouve aussi sur les autres continents à l'exception des régions arctiques. Bien que son nom d'espèce soit lacustris, ce Jonc ne pousse pas seulement dans les étangs et les lacs. On en trouve des peuplements sur les rives des cours d'eau où ses tiges habituellement rigides, sont courbées par le courant et s'y inclinent sur plusieurs mètres de long. Le Jonc supporte mal une longue période de sécheresse, s'atrophie, mais, dès que l'eau revient, il reprend vigueur.

 

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C'est une plante vivace, de 0,8 à 3 mètres de haut, au vigoureux rhizome articulé et rampant. Ses tiges puissantes, ovales, sont entourées à la base de gaines brun violacé. Le système radiculaire considérable donne toujours naissance à plusieurs tiges ; elles forment ainsi des touffes caractéristiques (1). L'inflorescence est une anthèle terminale, ramifiée à bractée en gouttière, pointue, un peu plus longue que l'inflorescence elle-même. Les fleurs sont hermaphrodites, à bractées ciliées, périanthe poilu, trois étamines et trois stigmates (2). Ce Jonc fleurit depuis le mois de juin, localement jusqu'en octobre.

 

En Amérique du Nord, pousse de façon continue et disséminé en Europe Sch. Americanus (PERS.) VOLK. aux tiges triangulaires aux feuilles dont le limbe mesure jusqu'à 20 cm de long et aux épillets sessiles.

Le Jonc épars

Le Jonc épars

 

Le Jonc épars (Juncus effusus L.) appartient à la famille des Joncacées. Les Joncs sont des plantes amphiphytes (sur les bords des collections d'eau) ou hélophytes (les pieds dans l'eau et la tête au soleil).

 

Les Joncs sont d'inévitables habitants des eaux. Le Jonc épars peut-être considéré comme une plante cosmopolite. Il s'étend de façon continue en Europe, dans la zone atlantique de l'Amérique du Nord, mais on le trouve aussi près du Pacifique, en Amérique du Sud et en Afrique et il occupe de grandes étendues dans le sud-est de l'Asie.

 

Les Joncs poussent non seulement au bord des eaux mais souvent aussi dans les forêts et les prairies. Leur présence signale toujours la proximité de la nappe phréatique ou des sols argileux humides.

 

Dans les prairies, ce sont des hôtes indésirables. Les pêcheurs n'aiment pas non plus les Joncs sur les rives et dans les eaux peu profondes des étangs : ils développent en effet des systèmes de racines puissants et leur multiplication végétative est très rapide : ils participent ainsi à l'envasement des eaux peu profondes. Ils ont pourtant été utilisés comme litière ou comme matériaux de vannerie. On extrayait la moelle blanche et cotonneuse de certains Joncs pour en orner en Europe centrale les couronnes de Pâques.

 

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Les tiges des grands joncs telles que celles du Jonc épars sont normalement rigides et dressées mais on connaît sur la côte atlantique des formes bizarres de Joncs étalés aux tiges irrégulièrement tordues ou enroulées en spirale. Les Joncs sont des plantes annuelles ou vivaces aux tiges solides et résistantes utilisées en vannerie et pour faire des liens, le nom du genre Juncus dérive en effet du latin jungere = lier. Le Jonc épars (1a) est une plante vivace qui mesure parfois 30 cm, parfois plus d'un mètre de haut, formant des touffes épaisses, d'un vert frais. La tige est plus ou moins ovale et dépourvue de feuilles; elle a des gaines rouge sombre à la base et à l'intérieur un cordon de moelle blanchâtre et cotonneux (1b). L'inflorescence est très étalée, apparemment latérale car la bractée s allonge dans le sens de la tige, très haut au-dessus d'elle.

 

L'inflorescence d'une espèce voisine qui ne pousse qu'en Europe, J. conglomeratus L., est en peloton (2). Ces deux Joncs sont souvent accompagnés par un autre que l'on distingue de loin par sa couleur grise, J. inflexus L, dont la moelle est coupée par des cloisons (3).

 

Les Joncs fleurissent de fin mai parfois jusqu'en octobre.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Linaigrette à larges feuilles

La Linaigrette à larges feuilles

 

La Linaigrette à larges feuilles Eriophorum latifolium HOPPE  appartient à la famille des Cypéracées (laiches en Franche-Comté).


II y a peu de plantes dont la plus grande beauté réside non dans leurs fleurs fraîches mais dans leurs fleurs fanées. La Linaigrette est une de celles-là, même si, pour apprécier sa grâce, on juge selon des catégories purement anthropomorphiques, ses poils blancs ouateux ne sont absolument pas une parure. Les Linaigrettes poussent souvent en terrain découvert où souffle le vent qui emporte les touffes blanches et, en même temps, les akènes mûrs.

 

Le genre Eriophorum a une grande extension : E. angustifolium HONCK. et E. vaginatum L. poussent sur tout le pourtour de la zone tempérée de l'hémisphère nord et dans les régions arctiques ; la Linaigrette (L. latifolium) pousse dans la zone tempérée de l'Ancien Monde : c'est un élément euro-sibérien.

 

Les Linaigrettes se voient de loin près des sources, dans les marécages et les plaines marécageuses et au bord des étangs, dans ces lieux où ne souffrant que peu de la concurrence, elles peuvent former de grands peuplements d'une émouvante beauté en été. E. vaginatum est plus abondante dans les tourbières de montagne jusqu'à l'étage subalpin ; son inflorescence est particulière : la tige se termine par un seul épillet, plus tard cotonneux. Dans les Alpes centrales, elle pousse jusqu'à 2600 mètres d'altitude.

 

Ces plantes portent le nom scientifique d'Eriophorum qui vient de deux termes grecs Erion = laine et Serein = porter qu'on leur a donné à cause de leur particularité morphologique.

 

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Les Eriophorum sont des plantes vivaces, en touffes, (par exemple E. latifolium) (1) ou à rejets (E. angustifolium). Les tiges dressées sont terminées par un seul (2) E. vaginatum) ou plusieurs épillets, plus tard pendants, à long pétiole (3). Les épillets sont à plusieurs fleurs. Les fleurs ont un périanthe formé de poils lisses qui s'allongent après la floraison et forment une touffe blanchâtre ébouriffée (4).

 

Les Linaigrettes fleurissent de bonne heure (entre mars et juin suivant la situation) mais leurs fleurs ne sont pas apparentes (5). Ce n'est que quand les poils blancs du périanthe se sont allongés que, au bord des eaux et dans les prairies, les Linaigrettes connaissent leur gloire.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Les Pétasites fleurissent en avril, parfois au début de mai.

 

Le Pétasite officinal

Le Pétasite officinal

 

Le Pétasite officinal [Petasites hybridus (L) G. M. SCH.L.] appelé vulgairement l'Herbe aux teigneux appartient à la famille des  Astéracées (ex-Composées). Les pétasites croissent au bord des ruisseaux et des collections d'eau. Ce sont des amphiphytes dits colonisateurs des rives.

 

La plante est exceptionnelle. Son entrée dans la classification ou ses modes de multiplication ont posé de nombreux problèmes aux spécialistes.

 

Sur les bords des cours d'eau, en particulier en montagne, les premiers Pétasites apparaissent au début du printemps. Dès les premières chaleurs s'élèvent des hampes écailleuses, terminées par des grappes de capitules assez pauvres en fleurs. Sur la plante tout entière, on trouve dans les capitules soit des fleurs centrales hermaphrodites et sur les bords quelques fleurs femelles (parfois absentes), soit seulement quelques fleurs centrales hermaphrodites et beaucoup de fleurs femelles sur le bord. Les plantes du premier type sont considérées comme mâles (elles produisent surtout du pollen), les secondes comme femelles. Dans la nature, les deux sexes ne sont pas représentés également.

 

En Grande-Bretagne, par exemple, les plantes femelles poussent surtout dans le centre de l'Angleterre alors que les plantes mâles sont représentées partout. Pourtant, il ne manque de Pétasites nulle part. Ils sont remarquables par leur exceptionnelle capacité de se multiplier rapidement par leur long rhizome. C'est aussi pourquoi on rencontre rarement une fleur isolée mais toujours un peuplement continu de Pétasites. Après la floraison, la vie du Pétasite connaît une deuxième étape : la pousse de très grandes feuilles. Eles sont parmi les plus grandes feuilles des plantes de la zone tempérée : une feuille de Pétasite peut mesurer 1,20 x 1 mètre.

 

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Les Pétasites sont, depuis des siècles, des plantes médicinales : Le rhizome contient une substance qui est un remède dans les maladies des voies respiratoires et un antitussif.

 

Le Pétasite officinal produit au printemps des hampes florifères aux écailles rouges et aux filets des fleurs courts (1). Les feuilles sont vertes sur les deux faces, régulièrement dentelées, en forme de cœur à la base. Il pousse dans toute l'Europe, en plaine comme en montagne.

 

Dans les montagnes ou à leur pied, on trouve, dans la partie subocéanique de l'Europe, le Pétasite blanc [Petasites albus (L.) GAERTN. ]. Les écailles des hampes florifères sont vert pâle comme les bractées des capitules et les filets sont longs et pointus (2). Les feuilles sont blanc duveteux sur l'envers, profondément dentées et les lobes de la base se touchent presque (3).

 

En Europe occidentale, on assiste actuellement à une multiplication végétative rapide de P. japonicus F. SCHMIDT (4) originaire de l'est de l'Asie et introduit comme plante ornementale dans les jardins.

 

Les Pétasites fleurissent en avril, parfois au début de mai.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Prêle des marais

La Prêle des marais

 

La Prêle des marais (Equisetum fluviatile L.) appartient à la famille des Équisétacées. Il s'agit d'une plante amphiphyte inféodée aux zones humides.

 

Les Prêles sont, au point de vue de révolution, des reliques. Elles sont les témoins d'anciennes périodes géologiques de l'histoire de la terre. Les ancêtres des Prêles actuelles ont leur place dans la formation des bassins houillers et elles constituent donc une des principales sources d'énergie de notre époque.

 

Parmi les Prêles actuelles, E. fluviatile L. et E palustre L. sont celles que l'on trouve le plus fréquemment sur les rives et dans les eaux peu profondes, en Europe. La première pousse souvent sur des sols acides (siliceux) ou tourbeux en particulier au pied des montagnes, formant des peuplements au bord des eaux dormantes où elle peut prédominer dans les roselières.

 

E. palustre apparaît souvent dans les prairies marécageuses et les pâturages humides sur les sols argileux, principalement à basse altitude; on ne la trouve que rarement dans les endroits élevés bien qu'on l'ait trouvée dans les Alpes à 2450 mètres d'altitude. Les deux espèces sont circumpolaires dans l'hémisphère nord.

 

Les Prêles, grâce à une multiplication végétative abondante, (les rhizomes articulés rampants s'enfoncent jusqu'à un mètre de profondeur) participent à l'envahissement des rives; elles sont coriaces et supportent des fauchaisons fréquentes. On a compté par exemple, sur un mètre carré de marécage fauché, 1300 tiges de Prêles des marais. Elle ne convient pas comme fourrage car ses membranes cellulaires contiennent trop d'acide silicique. Les Grecs les appelaient "queues de cheval" ou "crins de cheval" et ce nom, latinisé, leur est resté (equus = cheval, saeta = crins, longs poils).

 

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Ce sont des plantes vivaces au rhizome souterrain formé de longs articles, aux tiges dressées, aux ramifications verticillées. Les tiges sont rayées, les articulations bien marquées ; la base de chaque article est entourée d'une gaine de feuilles écailleuses. Les plantes temporairement recouvertes d'eau forment souvent des racines dans ces "nœuds" (1).

 

Certaines Prêles forment deux sortes de tiges : printanières (fertiles) et estivales. E. fluviatile et E. palustre forment une seule tige verte terminée par un épi sporifère (2). Les épis sporifères apparaissent en été à l'extrémité des tiges. E. palustre a des tiges minces et des gaines à 6-10 dents (3); E. fluviatile a des tiges plus fortes, ovales, aux gaines à 15-30 dents (4).

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

La Salicaire

La Salicaire

 

La Salicaire ou Lythrum salicaire (Lythrum salicaria L.) apparitent à la famille des  Lythracées. Il s'agit d'une plante amphiphytes inféodée aix zones humides.

 

Les Lythracées constituent une famille de plantes très intéressante. On en connaît des restes fossiles du début du Tertiaire trouvés en Angleterre. Elle renferme environ 25 genres et 450 espèces qui poussent souvent dans les endroits humides ou directement dans l'eau, depuis les tropiques jusqu'à la zone tempérée. Toutes les femmes connaissent le henné, produit par Lawsonia inermis L, plante iranienne qu'on trouve en Asie tropicale et en Afrique du Nord et que les Égyptiennes de l'Antiquité utilisaient déjà pour donner à leurs cheveux un beau reflet roux.

 

Le Lythrum salicaire pousse près des eaux et dans les prairies humides et tourbeuses, aussi bien aux Hébrides, en Écosse et en Scandinavie que dans la péninsule de Kola, dans les environs du lac Baïkal en Sibérie, à l'embouchure du Yang-Tsé en Chine, au Tibet, près du Jourdain, en Algérie, au Canada, au Pérou et dans le sud-est de l'Australie.

 

L'ouvrage de Charles Darwin, The different forms of flowers on plants of the same species, paru en 1877, a introduit la Salicaire dans l'histoire des sciences naturelles. Elle servit d'exemple pour expliquer l'hétérostylie dans le règne végétal et son rôle comme mécanisme s'opposant à l'autopollinisation.

 

Dans la médecine populaire, les feuilles de la Salicaire étaient utilisées comme désinfectant : les gens de la campagne mettaient sur les plaies ouvertes des compresses de feuilles fraîches de Salicaire.

 

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La Salicaire est une plante vivace de 30 à 150 cm de haut, à robuste tige dressée, ramifiée dès la base et nettement quadrangulaire. Les feuilles sont entières, étroites, lancéolées. Les fleurs forment un faux épi à l'extrémité de la tige ou des ramifications latérales. Leur teinte rouge violacé particulière explique l'origine grecque de leur nom scientifique, lythron qui signifie ensanglanté.

 

Dans les peuplements de Salicaires on trouve des plantes à trois types de fleurs :

 

  • le premier (1) a de longs styles qui dépassent nettement six étamines courtes et six autres, un peu plus grandes, aux anthères jaunes ;

 

  • le second (2) a des styles très courts, six étamines longues à anthères bleu verdâtre et six étamines plus courtes à anthères jaunes ;

 

  • dans le troisième type (3), les styles sont de longueur intermédiaire, avec six étamines longues aux anthères bleues et six étamines plus courtes aux anthères Jaunes. La pollinisation ne se produit qu'entre stigmates et étamines de même longueur.

 

La Salicaire fleurit de juillet à septembre.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Scirpe des bois

Le Scirpe des bois

 

Le Scirpe des bois Scirpus sylvaticus L. appartient à la famille des Cypéracées qu'on appelle laiches en Franche-Comté. Il se classe parmi les plantes amphiphytes caractéristiques des zones humides.

 

En latin, ce Scirpe est dit sylvaticus, pourtant on ne le trouve, dans les bois, que dans les mares, les chemins humides et les ornières. Dans les forêts naturelles, on ne le trouve en réalité que dans les aulnaies humides. Il pousse le plus souvent dans les prairies à Populage où il constitue généralement l'élément dominant ; il forme des peuplements indépendants au bord des rivières et aux environs des sources. Les peuplements de Scirpes sont accompagnés dans ces endroits de Carex, de Renoncules et de Joncs et ils sont assez dépendants du niveau de la nappe phréatique. Là où les eaux coulent rapidement, le Scirpe des bois forme des associations assez pauvres avec la Glycérie (Glyceria fluitans (L.) R.B.R.).

 

Les peuplements de Scirpes sont assez épais : ils recouvrent le sol à 90-100%. Leur valeur économique est à peu près nulle ; on a parfois utilisé les Scirpes pour la vannerie et comme litière.

 

C'est une plante qui pousse plutôt sur les hauteurs et au pied des montagnes ; dans les Alpes, elle pousse jusqu'à 1800 mètres d'altitude. Elle pousse de façon continue dans presque toute l'Europe, à l'exception des régions méditerranéenne et arctique ; elle forme des îlots en Sibérie.

 

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Le Scirpe des bois est une plante vivace, de 40 à 100 cm de haut, à rhizome formant des rejets, dont la tige dressée, triangulaire, est creuse. Les feuilles ont environ 1 cm de large et sont rugueuses sur le pourtour. Les tiges sont terminées par une très grande inflorescence, une anthèle. Celle-ci peut mesurer jusqu'à 30 cm. À l'extrémité des rameaux de l'inflorescence se trouvent des épillets à plusieurs fleurs. Ces fleurs sont hermaphrodites, ont 6 pièces florales caractéristiques, 3 étamines et un style à 3 divisions (1).

Ce Scirpe fleurit de mai à juillet.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

Le Carex vésiculeux

Le Carex vésiculeux

 

Le Carex vésiculeux Carex vesicaria L. apparitient à la famille des Cypéracées qu'on appelle laiches en Franche-Comté. Plantes des prairies humides, on le classe parmi les amphiphytes.


II n'est pas facile de choisir un représentant du genre Carex qui ait toutes les caractéristiques du genre : celui-ci est un des plus riches du monde végétal. Il rassemble environ 2000 espèces et on le rencontre dans le monde entier. Le nombre d'espèces de Carex d'Europe centrale approche la centaine. C'est un genre dont l'amplitude écologique est exceptionnellement grande. On y trouve de petits Carex des coteaux calcaires, rocheux et secs et des plantes aux touffes puissantes qui donnent, dans le monde entier, un aspect particulier aux terrains marécageux.

 

Les pêcheurs et les agriculteurs n'apprécient guère les Carex le long des eaux et dans les prairies humides. Dans les étangs peu profonds, les Carex représentent une étape vers l'envasement total ; ils constituent aussi un fourrage de qualité médiocre à cause de leur dureté et de leur acidité. Les peuplements de jeunes Carex n'étaient pâturés que par les chevaux. Les peuplements épais de C. brizoïdes L. poussant au bord des forêts et sur les rives des cours d'eau étaient fauchés, sèchés et utilisés pour rembourrer les sièges capitonnés.

 

On peut observer sur les rhizomes de certains Carex, tels que C. gracilis CURT. un géotropisme intéressant : le rhizome se développe toujours horizontalement quelle que soit l'orientation de la plante.

 

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Les Carex sont des plantes vivaces : certaines forment des touffes, d'autres telles que C. vesicaria et C. gracilis ont des rhizomes rampants à rejets. Leurs peuplements ressemblent à des prairies de Graminacées ; mais à la différence de ces dernières, beaucoup de Carex ont une tige anguleuse, le plus souvent triangulaire (1).

 

Les deux espèces citées ci-dessus ont des épillets floraux différenciés : mâles au sommet et femelles vers le bas. Le Carex vésiculeux (2) est l'un des plus répandus parmi les Carex ; il a des follicules apparents, jaune-verdâtre et gonflés (3).

 

C. gracilis est un Carex également abondant, grisâtre et formant de nombreux rejets (4); il pousse en plaine et en haute montagne. Ses follicules (5) n'ont pas de bec.

 

Les Carex fleurissent à la fin de mai, mais surtout en juin.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

Le Populage des marais

Le Populage des marais

 

Le Populage ou Caltha des marais Caltha palustris L. appartient à la famille des Renonculacées.

 

Le Populage (C. palustris ssp. palustris) pousse le plus souvent dans les prairies humides à eau stagnante ou sur les rives des étangs où il forme des peuplements caractéristiques. On le classe donc parmi les amphiphytes.

 

Les fleurs jaune d'or des Calthas paraissent de mars à juin. On rencontre le Populage dans l'hémisphère nord à la seule exception sans doute des régions arctiques du Canada et du Groenland. Le Caltha des marais est un complexe de petites races. Linné a été l'un des premiers à s'en apercevoir. Il a observé que, dans les populations européennes, les époques de floraison étaient différentes : en mars, en Hollande, d'avril à mai en Suède et en juin en Laponie. Cela correspond certainement aux conditions écologiques externes des régions considérées, mais il en découle aussi des conclusions taxonomiques et génétiques. Dans les caractères morphologiques également (par exemple dans le nombre des pièces du périanthe) le Caltha est assez variable et sa division en petites unités taxonomiques peut donc être justifiée. En Europe, les races (sans doute des sous-espèces) ont été constituées en groupes systématiques indépendants sur la base de la forme des fruits.

 

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Le Populage est une plante vivace à tige charnue et ramifiée. La tige est dressée dans la race typique ; elle est ascendante et forme des racines aux nœuds dans les autres races. Les feuilles radicales ont un limbe arrondi en cœur (1) et un long pétiole, les feuilles caulinaires sont sessiles, réniformes (2). Les feuilles d'été se distinguent des feuilles du printemps par des dents plus marquées.

 

Les fleurs dont le périanthe est du type cinq contiennent un grand nombre d'étamines ; les fruits sont des follicules (3) qui restent longtemps sur le réceptacle.

 

Le Populage est considéré comme toxique car il renferme une certaine quantité d'alcaloïdes.

 

Source :

V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 

01/02/2013

La protection de la ressource en eau par les zones humides

La protection de la ressource en eau

par les zones humides

 

Le 2 février, la journée mondiale des zones humides célèbre chaque année la signature de la convention internationale de Ramsar de 1971. Elle s’articule, cette année, autour du thème « la protection de la ressource en eau par les zones humides.» A cette occasion, jusqu'à la fin du mois de mars.

Derrière la dénomination « zones humides » se cachent de multiples milieux naturels, d’étendues et de formes diverses... Cette exposition vous permettra de comprendre la valeur des zones humides, de mieux connaître leurs différents visages et vous donnera envie d’agir !

Dates :

Vendredi 1er février 2013 - Vendredi 29 mars 2013

Lieu

MAISON DE L'ENVIRONNEMENT
7 Rue Voirin
25000 Besançon

Accès libre du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.
En savoir plus : 03 81 50 25 69.

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29/01/2013

Les poissons et la qualité des cours d'eau

Brochet.jpgLes poissons et la qualité des cours d'eau douce

 

par André Guyard

Professeur honoraire d'Hydrobiologie et d'Hydroécologie de l'Université de Franche-Comté

 

 

INTRODUCTION


Dans les conditions naturelles, les caractéristiques écologiques et biologiques d'un écosystème co-évoluent dans l'espace et dans le temps. Tout système aquatique possède une structure dont les modifications s'inscrivent dans une évolution qui n'est guère perceptible à l'échelle d'une vie humaine. C'est ainsi que l'étude des cours d'eau a permis de mettre en évidence une structure longitudinale d'amont en aval. En ce qui concerne les systèmes d'eau courante d'Europe, les conceptions d'Huet puis d'Illies ont été affinées par la mise en évidence par Verneaux d'une succession de dix groupements socio-écologiques d'espèces ou biocénotypes dont sept comportent des Poissons, les premiers groupements en amont (zone non piscicole d'Huet) correspondant au crénon d'Illies (fig. 1).

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Chaque espèce est caractérisée par son preferendum, son degré d'euryécie et sa polluosensibilité (Tableaux 1 et 2). Ainsi, les espèces sténoèces seront caractéristiques d'un niveau typologique particulier, d'autres plus euryèces présenteront une amplitude écologique chevauchant plusieurs biocénotypes avec un preferendum pour l'un d'eux.


Tableau 1 : Répertoire des espèces et caractères écologiques généraux

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Tableau 2 : Typologie potentielle des peuplements ichtyologiques des cours d'eau

Tableau-2-typologie-peuplements-poissons-450.jpg
(1) : les indications d'abondance sont relatives à chaque espèce ; cette abondance spécifique est fonction du coefficient intrinsèque d'accroissement des populations ou capacité d'expansion d'une espèce dans des conditions écologiques optimales (r).
(*) zones estuariennes exclues
(a) : indication socio-écologiques : espèces d'ordre, d'alliance ou de sous-alliance
(4,5) : indices de sensibilité générale à la dégradation du milieu.

 
Les Poissons sont des consommateurs primaires ou secondaires qui constituent le niveau supérieur de l'édifice trophique des eaux douces. L'étude du peuplement ichtyologique permet d'avoir une vision synthétique du réseau trophique puisque les poissons, ultime étape de la chaîne alimentaire, intègrent le bilan des relations trophiques du milieu aquatique.


I. LE PEUPLEMENT ICHTYOLOGIQUE INTÉGRATEUR DU NIVEAU TYPOLOGIQUE


Les peuplements ichtyologiques présentent une variété spécifique et une abondance qui sont fonction de la qualité des milieux aquatiques. Des systèmes oligotrophes seront pauvres en poissons. Il en est de même des systèmes dégradés ou pollués mais pour d'autres raisons : homogénéisation de l'habitat par redressement de cours d'eau, disparition de ressources par pollution, effluents néfastes ou toxiques… En revanche, un milieu dont les caractéristiques sont favorables : mosaïque d'habitats variée, apports trophiques divers, peut héberger un peuplement abondant en individus et riche en espèces.


Cependant les poissons, organismes les plus complexes du point de vue morphologique et physiologique  de la faune strictement aquatique, sont susceptibles de résister à des conditions écologiques défavorables. Certaines espèces comme le Gardon, le Chevesne ou la Truite sont capables de survie prolongée dans des eaux fortement contaminées par une charge organique si d'autres facteurs comme la température, l'écoulement de l'eau, l'oxygène dissous permettent aux individus d'exercer des réactions compensatoires au sein de leur spectres écologiques.


De sorte qu'il est nécessaire de considérer non pas le comportement de quelques individus ni même celui d'une espèce mais le peuplement ichtyologique dans son ensemble si l'on veut mettre en évidence les relations qui existent entre le type écologique du site considéré et son peuplement électif.
Ainsi, le peuplement ichtyologique représente une expression synthétique non particulièrement sensible mais évidente de l'état de santé d'un système d'eau courante. En particulier, la richesse spécifique d'un peuplement constitue une indication essentielle pour permettre d'apprécier la qualité d'un site relativement à son type écologique. Pratiquement, il convient d'établir dans quelle mesure un peuplement donné correspond ou diffère au peuplement qui devrait normalement coloniser le site considéré.


II. QUALITÉ BIOGÈNE D'UN MILIEU ET PEUPLEMENT ICHTYOLOGIQUE


Un site apte au maintien d'un peuplement doit présenter dans toutes ses composantes morphologiques (lit, berges), physico-chimiques (qualités de l'eau et du substrat) et dynamiques (courant), des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de nutrition, de reproduction, d'abri et de circulation des espèces du peuplement. Ces aptitudes s'exercent à une échelle en rapport avec la taille des organismes : de quelques mm pour les petits invertébrés à plus de 1000 km pour les poissons migrateurs.


Ainsi les caractéristiques essentielles d'un site aquatique reposent sur les deux composantes majeures : le substrat et la masse d'eau, éléments susceptibles d'être fortement dégradés par les activités humaines, soit par pollution de l'eau et des sédiments, soit par modification de l'habitat (redressements, recalibrages, barrages, navigation), etc.…).


Les divers paramètres qui conditionnent le développement des organismes aquatiques peuvent être réunis dans trois groupes de composantes : thermiques, morpho-dynamiques et trophiques. Une catégorie supplémentaire est constituée par les composés toxiques ou inhibiteurs qui perturbent les processus biochimiques de transformation de la matière (rejets industriels, détergents et pesticides).


III. INFLUENCE DE LA DÉGRADATION DU SITE SUR LE PEUPLEMENT ICHTYOLOGIQUE


La dégradation du milieu se traduit au niveau des organismes consommateurs par des modifications (proportions relatives des espèces) puis des simplifications (disparitions successives d'espèces) du peuplement initial.


Cependant, les espèces réagiront différemment à la dégradation selon leur position typologique et leur gamme de tolérance.


Trois principes fondamentaux gouvernent la réaction des organismes à la dégradation du milieu :


- correspondance entre tolérance et position typologique des espèces. Une espèce est d'autant plus tolérante que son préférendum typologique est distal (proche de B9) et que son amplitude typologique est forte.

- compensations inter paramétriques. Des phénomènes de compensation s'exercent au sein de complexes de facteurs dont la dynamique conduit à définir la loi de tolérance de Shelford : lorsqu'une espèce est située dans son preferendum écologique, elle est capable de résister à des changements défavorables d'un ou de quelques paramètres. Réciproquement, lorsque la même espèce vit dans un milieu dont de nombreux paramètres sont à la limite de tolérance, elle est susceptible de disparaître à l'occasion d'une dégradation relativement faible. Ainsi une espèce se comporte comme euryèce au centre de son preferendum et sténoèce à la périphérie de son aire de répartition.


- sensibilités inégales des espèces au sein d'un même groupement écologique. Les espèces d'un même biocénotype peuvent montrer des polluosensibilités différentes dues aux modalités de la fraye, aux types de pontes, à l'habitat, aux exigences trophiques…, les plus sensibles étant celles qui disparaissent les premières en cas de dégradation du milieu.


IV. DÉTERMINATION DES NIVEAUX TYPOLOGIQUES THÉORIQUES À PARTIR DES DONNÉES MÉSOLOGIQUES


Les études de Verneaux permettent de déterminer à partir de données mésologiques le niveau typologique théorique auquel correspondent ces données. Les données les plus importantes étant la pente et la largeur du lit (règle des pentes d'Huet), le débit et la température.


Après exclusion des paramètres associés aux stations polluées et après réductions de paramètres redondants, Verneaux a conservé trois facteurs synthétiques expliquant 50 % de la variance d'un système d'eau courante.


Il s'agit :


- d'un facteur thermique : la température maximale moyenne en °C du mois le plus chaud

Facteur thermique.jpg


- d'un facteur géotrophique intégrant le phénomène général de succession :

facteur géotrophique.jpg

produit de la distance aux sources d0 en kilomètres par la dureté totale D en mg/l ;


- d'un coefficient de similitude hydraulique, résultante de trois composantes morphodynamiques, présentant une signification typologique plus nette que le débit, afin que la température se confirme comme étant le facteur essentiel de la succession typologique.

Ce coefficient est :

similitude hydraulique.jpg

rapport de la section mouillée Sm à l'étiage en m2 au produit de la pente P en ‰ par le carré de la largeur l du lit en m2.


Les variations des trois facteurs synthétiques sont exprimées par les équations suivantes qui correspondent aux régressions (une fonction linéaire et deux fonctions exponentielles) :Equations.jpg

Ces données permettent de déterminer le type écologique théorique T ou potentiel typologique :

type écologique.jpgdans lequel chaque facteur est affecté d'un coefficient d'intervention correspondant au pourcentage de sa contribution relative au plan F1F2 d'une analyse factorielle des correspondances.


V. REPÉRAGE DES APPARTENANCES TYPOLOGIQUES À PARTIR DES PEUPLEMENTS ICHTYOLOGIQUES


Réciproquement, le principe d'analogie permet de déterminer à quel niveau typologique appartient un peuplement ichtyologique.


La structure longitudinale d'un cours d'eau peut être figurée par un axe le long duquel se répartissent les groupements socio-écologiques. Un organigramme (figure 2) dû à Verneaux permet de déterminer pratiquement l'appartenance d'un peuplement ichtyologique à un niveau typologique en fonction du classement socio-écologique des espèces et de leur richesse spécifique.

Poissons_groupements_socioecologiques-450.jpg


CONCLUSION


Une discordance entre les appartenances typologiques théoriques (formule) et ichtyologique (organigramme) peut être imputable à différentes conditions perturbant les peuplements aquatiques électifs du niveau typologique considéré :


- conditions historiques : biogéographie, paléogéologiques ;
- conditions écologiques : géomorphologie, climat, température ;
- conditions mésologiques anormales : pollution, altération des habitats.


Ainsi, la confrontation des appartenances typologiques théorique (potentielle) et ichtyologique (actuelle) constitue une base utile pour la pratique d'une économie rationnelle des ressources aquatiques, en particulier pour la définition d'objectifs et de critères de qualité des eaux courantes et pour l'aménagement piscicole des cours d'eaux.

 

Sources :

Guyard A. (1997). - Cours d'hydrobiologie DESS Eaux continentales, pollution et aménagement, Université de Franche-Comté.

 

Verneaux J. et al (1973-1997). - Différentes publications du laboratoire d'Hydrobiologie et d'Hydroécologie de l'Université de Franche-Comté.