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15/02/2016

La fabrique de micro-organes humains

La fabrique de micro-organes humains

 

Une équipe viennoise de l’Institut de biologie moléculaire de l’Académie des sciences d’Autriche a réussi à cultiver in vitro, à partir de cellules souches humaines, un mini-cerveau de 4 mm dont l'architecture intérieure reproduit, en effet, certaines caractéristiques propres au cerveau humain.

 

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Coupe transversale d'un mini-cerveau

obtenu par culture de cellules souches

 

Ainsi, ces cellules sont parvenues, au bout de 20 à 30 jours, à reproduire des tissus ressemblant à un organe humain en récapitulant les mêmes processus que lors de la formation d’un embryon : elles se sont spontanément associées avant de se différencier puis de s’agencer au sein du tissu en formation.

 

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Des cellules souches à l'organoïde

Cliquez sur l'infographie pour l'agrandir (©Betty Lafon / Sciences et Avenir)

 

Objectif de ces recherches : tester des médicaments, servir de modèles de maladies, notamment des cancers, ou être utilisés comme thérapie cellulaire.

 

Source : Gozlan M. (2016) La fabrique de micro-organes humains Sciences et Avenir n° 828 — février 2016, pp. 70-72.

05/02/2016

Abysses Expo à Neuchâtel (Suisse)

Le Muséum d’Histoire Naturelle de Neuchâtel présente l’exposition :

 

 « Abysses »

 

Certains d’entre vous se souviendront avec bonheur de cette même exposition que nous avions accueillie à Montbéliard en 2010 au musée du Château du Ducs de Wurtemberg. Pour ma part, ce fut une réelle joie d’accueillir du public dans cette exposition quatre mois durant à Montbéliard ; il en sera de même, à n’en pas douter, pour ces cinq mois et demi qui viennent !

 

Thierry Malvesy

Conservateur, Collection des sciences de la Terre

Muséum d'histoire naturelle de Neuchâtel


14, rue des Terreaux | CH-2000 Neuchâtel

Tél. +41 32 717 79 65 | Fax +41 32 717 79 69

thierry.malvesy@unine.ch | www.museum-neuchatel.ch

 

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Center Parc : la bulle fait pschitt…

logoFNE-200.jpgCENTER PARCS : LA BULLE FAIT PSCHITT



Pierre et Vacances reporte sa décision définitive d’implanter deux nouveaux Center Parcs à Poligny (Jura) et au Rousset (Saône et Loire). Le promoteur reconnaît préalablement nécessaire la réalisation d’études complémentaires. Les études soumises au débat public en 2015 étaient donc bien insuffisantes… C’est pourtant sur ces éléments biaisés que le promoteur avait emporté l’accord des élus.

Une mobilisation citoyenne pour un autre modèle touristique

Les associations de protection de la nature et de l’environnement de Bourgogne et de Franche Comté, critiques par rapport aux projets de Center Parcs, accueillent cette annonce comme le résultat de leur participation utile et entendue lors du Débat Public.

Le groupe Pierre & Vacances s’est trouvé confronté à une volonté citoyenne responsable et exigeante. Car au-delà des nombreux enjeux environnementaux qui clignotent au rouge sur ces dossiers, il y a surtout une mobilisation massive pour décrier un modèle aujourd’hui obsolète, totalement dépassé. Un tourisme responsable ne peut pas passer par des actes irresponsables comme celui de chauffer à l’année une bulle tropicale à 29° ! Il faut innover pour proposer un tourisme plus ambitieux sur le plan environnemental. Pour Patrice Bau, président de Jura Nature Environnement : « La transition énergétique est une vision d’avenir, pas un vœu pieux ».

Très consommateurs d’espaces naturels, extrêmement gourmands en eau et en énergie, combien de temps encore ces projets verront-ils le jour en France ? : « Notre région a mieux à faire et à financer pour pouvoir s’enorgueillir de proposer un vrai tourisme de qualité » note Pascal Blain, président de France Nature Environnement Franche-Comté.

Catherine Schmitt, présidente de France Nature Environnement Bourgogne dénonce les « pratiques en trompe l’œil ». Elle ajoute : « N’oublions pas que ceux qui viennent découvrir nos régions, que ce soit en Franche-Comté ou en Bourgogne, recherchent l’authenticité dans des régions fières de leurs paysages et de leur qualité de vie.

Pour l’abandon de tous les mauvais projets

Denez L’Hostis, Président de FNE : «Un projet de center parcs ne doit pas se faire n'importe où ni n'importe comment, en tout cas certainement pas au détriment de zones naturelles et en particulier de zones humides. L’ensemble des projets de Pierre et Vacances sont concernés, car en contradiction avec les engagements de la France pendant la COP 21. L’exemple de Roybon en est emblématique : c’est le prochain projet à abandonner !! »

30/01/2016

Association de protection du Val du Drugeon — activités 2016

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20/01/2016

Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 Quel avenir pour le Lynx dans le Massif du Jura et en France ?

 

 par le Centre Athénas

 

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Durant des années, l'optimisme a été de rigueur et les Autorités, par la voix du réseau Lynx annonçaient dans les Vosges une population de 15 à 20 individus pour finalement s'apercevoir brutalement au début des années 2010 que l'espèce avait disparu sous l'effet du braconnage (et pas en un seul jour…).

 

Dans le Massif du Jura où il a été difficile de faire admettre que le braconnage était régulier, iI est encore de bon ton de dire que le Lynx est abondant et sa population en bonne santé.

 

Or, il n'en est rien.

 

L'évolution de l'aire de présence de l'espèce donne une image fausse de l'état de conservation de l'espèce : ainsi en 2015 est annoncée une augmentation de l'aire de présence du seul fait de l'observation répétée d'un individu en Haute-Saône, alors que parallèlement, les mortalités d'adultes se multiplient dans le Massif, cœur de la population nationale, et que des territoires vacants ne sont pas réoccupés.

 

Le suivi par piège photographique, dont le but avoué était de démontrer une supposée surabondance du Lynx pour pouvoir le réguler, n'a mis en évidence qu'une population de 70 adultes pour les départements du Jura (40) et du Doubs(30), et un total de 90 à 100 individus adultes pour l'ensemble du Massif, Bugey inclus C'est tout !

 

Cette année, 8 adultes ont disparu dans le Doubs et le Jura (11,5% de la population), seulement deux sont morts suite à une collision.

Les autres se sont... évaporés.

 

Sept de ces adultes étaient des femelles avec des jeunes (20 jeunes estimés, 4 survivants). Le moins que l'on puisse attendre de ces disparitions est un déséquilibre dans le sex-ratio de la population, un trou démographique qui mettra dans la meilleure hypothèse des années à se résorber (puisque les 3/4 des jeunes de ces femelles sont morts, le recrutement sera donc limité). Face aux apparitions de jeunes orphelins, on commence à nous objecter, sans le moindre début de fondement scientifique qu'il peut s'agir d'abandons et de sélection naturelle. L'abandon d'un jeune — et a fortiori de plusieurs jeunes — de toute la portée en fait, n'a jamais été décrit, observé ou documenté, chez aucune des espèces de Lynx présentes sur la planète, pas plus que chez d'autres félidés. Les femelles passent plutôt pour de bonnes mères et il a été rapporté à plusieurs reprises que certaines attendaient et recherchaient un jeune écrasé.

 

Il est urgent que l'État prenne la mesure du phénomène et dote les acteurs en place des moyens de mener leurs missions, qu'il s'agisse de l'ONCFS pour la lutte contre le braconnage ou d'Athénas et d'autres pour les actions, de conservation. 40 ans après sa réapparition, le Lynx pourrait disparaître une nouvelle fols en l'espace d'un siècle. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas. L'hallali qui a été sonné pour le Loup, a sans nul doute donné des idées et encouragé le passage à l'acte pour le Lynx.

 

La question est de savoir quel territoire on veut promouvoir, et pour quel avenir. Récemment en Bavière, suite à l'exécution illégale de deux jeunes lynx dont les pattes ont été déposées devant le domicile d'une des personnes chargées de leur suivi, les réactions ont été très vives : les réservations touristiques ont chuté de façon significative, et les annulations de séjour ont été nombreuses Motif : les touristes boudaient un pays de tueurs de lynx.

 

Il serait bon que les acteurs du tourisme, et les collectivités envisagent le problème sous cet aspect, et qu'il soit fait cause commune pour la préservation de TOUT notre patrimoine.

 

D'autres régions produisent du vin et du fromage, beaucoup ont des lacs et des rivières, toutes ont des musées et des campings.

 

Une seule région recèle le Lynx, et c'est la nôtre. C'est une de ses richesses, un de ses charmes, mais c'est surtout un atout unique.

 

Source :

Athénews n°s 68-69-70, 2e, 3e et 4e trimestres 2015

17/01/2016

Des abeilles pour protéger les cultures… des éléphants

Des abeilles pour protéger les cultures…

contre les éléphants

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Photo © Save the Elephants

 

Sous une pression démographique croissante, les interactions « hommes-éléphants » sont de plus en plus fréquentes en Afrique, avec notamment la mise à mal des cultures des premiers, par les seconds… Dans ce cadre, depuis quelques années, plusieurs pays africains (Botswana, Kenya, Mozambique, Ouganda, Tanzanie…) recourent à des abeilles « sentinelles » pour protéger leurs cultures des pachydermes.

 

Ayant constaté que plus de 90 % des éléphants fuient le bourdonnement des abeilles, en 2008, Lucy King[1], une chercheuse du département de zoologie de l’université d’Oxford, a mis au point avec l’ONG Save the elephants, un astucieux système pour protéger les cultures et donc limiter les sources de conflits entre les hommes et les éléphants, lesquels conduisent régulièrement à des morts, d’un côté comme de l’autre.

 

Le principe est simple et repose sur la mise en place d’un réseau de ruches « sentinelles », espacées d’une dizaine de mètres et reliées les unes aux autres par un fil. Fixées à des poteaux ou suspendues dans les branches des arbres, les ruches sont secouées dès lors qu’un éléphant tente de passer outre cette « clôture », provoquant immanquablement l’alerte des abeilles. Inquiètes, celles-ci bourdonnent alors fortement, tandis que certaines sortent pour défendre leur ruche. Piqués dans des zones où leur peau est fine, mais aussi sensible (autour des yeux, au niveau de la trompe, etc.), les éléphants prennent la fuite, sans manquer de prévenir leurs congénères.

 

Après une telle expérience, à l’avenir les éléphants, piqués dans des zones sensibles et ayant associé le bourdonnement des insectes à la douleur des piqûres, quitteront d’autant plus rapidement des zones ainsi protégées !

 

Outre la protection des cultures et la fin des conflits avec les communautés rurales ainsi protégées, la mise en place de cette technique permet aux villageois de bénéficier de la pollinisation des abeilles et de leur production de miel.

 

[1] Lucy King est à l’origine de l’ONG Save the Elephants. Il est possible de soutenir son action sur http://elephantsandbees.com

 

Source : Univers nature

29/11/2015

Jura bisontin, Reliefs, Paysages et Roches

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par Pierre Chauve professeur honoraire de Géologie à l'Université Franche-Comté et Patrick Rolin, maître de conférences à l'université de Bourgogne Franche-Comté.

 

 

Besançon, ville d'art et d'histoire, riche par son patrimoine architectural et ses fortifications, reconnues au patrimoine mondial de l'Unesco, possède un site exceptionnel qui mérite d'être expliqué.

 

La ville ancienne, entourée par une boucle du Doubs et dominée par la Citadelle de Vauban s'inscrit tout entière au front de la chaîne du Jura. Trois domaines du Jura externe sont présents à l'intérieur même du périmètre urbain. Deux alignements montagneux plissés et faillés, les Avant-Monts au nord et le faisceau bisontin au sud, encadrent le vaste plateau sur lequel s'est établie la ville. Besançon est ainsi l'une des rares villes où, à l'intérieur du périmètre urbain, et dans la ville même, peuvent s'observer les roches qui y sont présentes ainsi que les structures géologiques et morphologiques caractéristiques du Jura : plis, failles, monts, combes, cluses…

 

Le promeneur découvrira avec plaisir la géologie de la ville, les paysages et les panoramas visibles en ville ou à partir des sommets qui la dominent. Mais ses pas le conduiront également dans les villages voisins où il découvrira les circulations souterraines et superficielles des eaux qui alimentent la ville depuis l'époque gallo-romaine.

 

L'ouvrage s'organise en sept itinéraires repérés sur les cartes par un numérotage des points d'arrêt. La description de ces itinéraires est précédée par un chapitre consacré au cadre géologique et historique de la ville et la conclusion s'attache à rappeler la genèse des structures géologiques.

 

La découverte de cet environnement se fait à trois niveaux. Le premier (signets verts) s'adresse aux néophytes promeneurs et randonneurs ; le deuxième (signets orange) intéressera les naturalistes et le troisième (signets rouges) interpellera les géologues plus avertis.

 

De bonnes balades en perspectives enrichies par différents thèmes paysagers, historiques et géologiques.

 

Ouvrage édité par le Muséum de la Citadelle de Besançon, patrimoine mondial de l'UNESCO avec l'appui de la Ville de Besançon. Dépôt légal 3e trimestre 2015, 212 pages. Prix 22 €.

 

Dossier de presse

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23/11/2015

Le bonheur est dans la haie

FRANCHE COMTE_LOGO MAIL.jpgLe bonheur est dans la haie

 

 

 

Les rôles de l'arbre et de la haie sont multiples et aujourd'hui scientifiquement reconnus :


- maintien du patrimoine paysager et du cadre de vie ;
- soutien à une agriculture de qualité, durable, à haute valeur environnementale et économiquement rentable ;
- appui de l'économie locale par une filière bois-énergie ;
- amélioration de la qualité de l'eau (fixation polluants) ;
- sauvegarde des corridors écologiques pour la circulation des espèces.

Construire le paysage de demain


Après un programme expérimental mené en 2013/2014 sur la communauté de communes du Val Marnaysien, FNE Franche-Comté renouvelle l'opération Biodiversit'haies à plus grande échelle. Mis en œuvre sur la Basse et la Moyenne Vallée de l'Ognon à la fois sur les départements du Doubs et de la Haute-Saône, ce programme s'adresse à l'ensemble des acteurs du territoire (riverains, élus, agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, promeneurs, entreprises locales...).

Un programme démontrant les avantages à planter des haies et maintenir un territoire bocager :


- rencontre des acteurs locaux et proposition de diagnostics d'étude et de valorisation des haies existantes sur des communes ou des exploitations agricoles volontaires ;


- valorisation ou une réimplantation de linéaires de haies champêtres avec l'organisation de chantiers de plantation bénévoles ;


- mise en œuvre d'actions de sensibilisation sur le rôle des haies est mis en œuvre (animations « nature », interventions dans les écoles et auprès des étudiants et lycéens du monde agricole, journée technique pour les exploitants agricoles, la publication de documents de sensibilisation).


Ce projet vous intéresse ? alors chaussez vos bottes et venez nous aider à planter des arbres !


En décembre, environ 7 chantiers de plantation permettront de planter 2100 arbres. Ainsi l'équipe de Biodiversit'haies est à la recherche de bénévoles-planteurs. Participer à la construction de notre paysage de demain permet de passer un moment agréable à l'extérieur. Les repas et boissons chaudes fournies gratuitement apporteront toutes les forces nécessaires aux planteurs.

Dates des chantiers :


- vendredi 27 novembre à Villers-Buzon (25) ;
- mardi 1er décembre à Mazerolle-le-Salin (25) ;
- vendredi 4 décembre à Jallerange (25) ;
- mercredi 9 décembre à Villers-Buzon (25) ;
- samedi 12 décembre (date et lieu à confirmer) ;
- semaine du 14 au 19 décembre à Loulans-Verchamps et Motey-Besuche (70).

Contact :​
​Cathy Poimboeuf
Chargée de mission Biodiversit'haies
MEFC - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél. 03 81 80 92 98 - http://fne-franche-comte.fr/
Association agréée au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la Protection de la Nature


Biodiversit'haies est soutenu par le Conseil Régional de Franche-Comté, la DREAL Franche-Comté et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Ainsi qu'en partenariat avec l’Association Française Arbres Champêtres et Agroforesteries.

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20/11/2015

Festival du Film Nature et Environnement

Festival du Film Nature et Environnement

 

- La semaine prochaine aura lieu le Festival du Film Nature et Environnement dont le programme complet est en pièce jointe. À noter trois évènements particuliers pendant le festival : le repas bio/concert à Maynal le jeudi 19 novembre au soir la soirée projection/débat sur le bocage à Saint-Julien le samedi 21 novembre au soir et l'atelier fabrication de pain le dimanche 22 novembre à la ferme du pain sur la planche à Gigny. Réservation obligatoire pour le repas et le stage pain à faire rapidement car les places sont limitées !

 

- Le vendredi 20 novembre, soirée autour des Papillons de la Petite Montagne à Thoirette à 20h salle de la mairie. Découvrir et discuter des espèces et des mœurs bizarres des papillons du territoire. L'occasion aussi d'apprendre à reconnaître certaines espèces.

 

- Et le vendredi 4 décembre à 19h30 à la salle communale de Genod: Soirée/repas Sciences participatives. Cette année, vous, En-Quêteurs de Nature, avez récolté 137 données d'espèces sur le territoire du site Natura. Tous ces animaux et végétaux ont été photographiés. Cette soirée, autour d'un apéritif collectif, permettra de déterminer ensemble vos observations, de discuter autour des espèces, de faire un bilan de cette année d'observation et surtout, surtout de se rencontrer et de passer un moment de convivialité ensemble.

 

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05/11/2015

La Bécassine des Marais

Halte migratoire

 

par Dominique Delfino

Photographe animalier et naturaliste

 

La migration d'automne tend à sa fin, mais l'été indien que nous connaissons en cette année 2015 nous réserve encore quelques belles surprises.

 

Les niveaux d'eau toujours anormalement bas à cette saison offrent des grèves et vasières toujours attractives pour les limicoles et plus particulièrement pour la Bécassine des marais que nous avons observée dans de remarquables conditions lors de très beaux passages cet automne.

 

La basse vallée de l'Allan demeure un terrain d'excellence pour les haltes migratoires, cette dernière observation confirmant la présence régulière de cette espèce exceptionnelle.

 

La Bécassine des marais se nourrit d'invertébrés sondant la nourriture dans le sol et en fouillant dans la boue molle. L'extrémité flexible de son bec permet de "sentir" la proie tout en sondant la boue.

 

Lorsque la Bécassine des marais est en alerte, elle s'accroupit, et s'envole brusquement à quelques mètres, lançant son cri sec avec une vigoureuse poussée.

 

Mais c'est avant tout ce mimétisme quasi parfait dont bénéficie cet oiseau, lui permettant de se confondre dans la végétation, qui est assurément le plus étonnant.

 

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Cliché © Dominique Delfino

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Pour accéder au site de Dominique Delfino, cliquer sur l'image ci-dessus

04/11/2015

Actualités de la Damassine

Actualités de la Damassine

 

Exposition Rénovation performante

jusqu’au 23 décembre 2015


Réduire sa consommation d'énergie est une nécessité pour répondre aux défis du dérèglement climatique. La France s'est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 75% d'ici à 2050. Pour tenir cet engagement, la rénovation du parc immobilier existant est primordiale, sachant qu'il restera environ 40 % de constructions antérieures à 1975 en 2050. Cette amélioration du bâti doit viser dès aujourd'hui la haute performance pour ne pas tuer le gisement d'économie.


Cette exposition offre des clés et des conseils pour rénover son logement et le rendre performant des points de vue énergétique et du confort, tout en réduisant substantiellement son budget chauffage !


En complément de l'exposition, vous pourrez également découvrir une matériauthèque des différents isolants.
Pour adultes. Accès libre et gratuit. Info au 03 81 37 78 30 et www.agglo-montbeliard.fr
 
3 visites guidées en lien avec cette exposition les 8/11, 22/11 et 13/12 de 15 à 17h :

 

  • Quelles sont les bonnes raisons d'engager des travaux de rénovation énergétique de votre habitat ?
  • Quelles sont les solutions techniques pour diminuer les consommations d'énergie de votre maison ?
  • Comment choisir les bons matériaux isolants ? Quel impact des travaux de rénovation auront sur le budget du foyer ?


Pour répondre à toutes ces questions et bien d’autres, un conseiller info énergie de Gaïa Énergies sera à votre disposition à la Damassine les dimanches 8, 22 novembre et 13 décembre 2015.


Visite guidée de l’exposition « Rénovation performante » et de la matériauthèque des isolants, visite de la chaufferie et du local ventilation de la Damassine, quizz.
De 15 h à 17 h, accès libre et gratuit. Info au 03 81 37 78 30 et www.agglo-montbeliard.fr

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03/11/2015

Le réchauffement climatique en France

Le réchauffement climatique en France

 

Le réchauffement climatique à l'échelon de la planète

 

Environ 1°C, c'est l'amplitude des variations de températures au cours des 12 000 dernières années, bornée par les extrêmes du Petit Âge glaciaire (vers 1300-1850) et de l'optimum climatique (vers 5000 av. J.-C).

 

Or, la température moyenne dans notre pays s'est élevée de 1°C sous l'effet des émissions industrielles en un siècle et demi. Neuf années sur les dix réputées les plus chaudes des deux derniers siècles sont postérieures à l'an 2000. Plus encore que son ampleur, c'est la rapidité à laquelle se produit le phénomène qui inquiète les chercheurs.

 

"Cela n'a peuttre l'air de rien, mais cet écart représente 20% de la différence thermique séparant une période de glaciation d'une période 'normale'", relève Éric Brun, de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Unerc), un organisme placé sous l'autorité du ministère de l'Écologie. "Une hausse de la température de 1°C correspond, pour des régions comparables, au déplacement du climat de 180 km vers le nord ou de 150 m plus haut en altitude", enchaîne Serge Planton, directeur de recherche au Centre national de recherches météorologiques.

 

Si l'on prend comme repère l'organisme humain, il devient fiévreux à partir de 39°C ; s'il atteint 41°C, sa vie est menacée ; s'il retombe à 37°C, tout va bien. Deux degrés de plus ou de moins font une énorme différence.

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Ce qui nous attend pour le siècle à venir ? Difficile d'être très précis : les climatologues se débattent avec plusieurs scénarios très différents d'émissions de CO2 et une flopée de modèles numériques dont les résultats ne convergent pas toujours (voir ci-contre). Il n'empêche, des tendances se dégagent nettement.

 

Avant la COP21, les États se positionnent

 

Du 30 novembre au 11 décembre se tiendra à Paris la COP21 c'est-à-dire la 21e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Les "parties" sont les 195 états ayant ratifié cette convention de principe lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. La COP en est l'organe de décision suprême. Cette conférence est organisée chaque année dans une ville différente. Objectif affiché à Paris : obtenir un accord juridiquement contraignant pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2°C en 2100.

 

En vue de la COP21, 150 États ont révélé leurs engagements à réduire leurs gaz à effet de serre d'ici à 2030 ou 2050. Bilan : ils ne permettront de limiter la hausse globale des températures qu'autour de 3°C d'ici à 2100. Au-dessus donc des 2°C recommandés par la communauté scientifique.

Les premiers de la classe

Dans les pays développés, U.E (-40 % par rapport à 1990) et les États-Unis (-28 % sur le secteur électrique). Dans les pays en développement, le Costa Rica (0 émission en 2021), l'Éthiopie (-62 %) et le Maroc (-32 %).

Les nouveaux venus

Chine, Inde, Brésil s'engagent pour la première fois à ne plus augmenter leurs émissions et à investir massivement dans les énergies renouvelables.

Les mauvais élèves

Australie, Canada et Turquie n'entendent pas cesser d'extraire ou d'utiliser des énergies fossiles et ne visent que de très faibles baisses. La Russie, elle, ne jouera que sur le puits de carbone de son immense forêt boréale.

Les absents

Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Irak, Nigeria. Venezuela, Qatar, Iran n'ont présenté aucune contribution.

Alors que les émissions des pays développés ont cessé de progresser ou baissent, celles de pays émergents (Inde et, surtout, Chine) augmentent. Mais ces pays se sont engagés pour la première fois à les limiter.

 

Malheureusement, les négociateurs qui affluent du monde entier vers Paris pour participer à la COP21, n'y pourront pas grand-chose ! "L'inertie du système climatique est telle qu'il n'est plus possible d'infléchir la tendance d'ici à 2050. lance Éric Brun. Les décisions prises en ce moment n'auront un impact que sur la seconde moitié du XXIe siècle. " II y a urgence quand on sait que 2015 est en passe de devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée.

 

Le réchauffement climatique en France

 

Le magazine "Sciences & Vie" développe dans sa livraison de novembre 2015 un dossier spécial consacré au climat et fait le tour des régions françaises[1], hexagone et DOM-TOM compris. Nous empruntons à cette revue l'ensemble de son article d'introduction.

 

Il suffit d'ouvrir les yeux. Il suffit de prêter un peu attention à tel ou tel signe étrange dans le paysage, à ce petit détail qui cloche ou cette anomalie qui bouscule de vieux adages bien ancrés. L'évidence saute alors à la figure : le réchauffement climatique mondial est en train de transformer la France.

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+2,4°C : le scénario le plus probable en France

Source : Ministère de l'écologie, du développement durable

et de l'énergie

 

La figure ci-dessus montre une projection du climat de la France des années 2070-2100... Une projection parmi d'autres, car il existe plusieurs scénarios d'émissions de CO2 (voir ci-dessous) et différents outils de simulation numériques. Nous avons choisi un scénario médian (trait vert, correspondant à un changement mondial de 1,7 à 3,2°C) simulé par le modèle Aladin-Climat exploité par Météo-France. Constat frappant : le changement climatique n'aura rien d'homogène à l'échelle du territoire ; la vallée du Rhône devrait subir un réchauffement trois fois supérieur à celui de la pointe du Cotentin ! Quelle que soit leur ampleur, ces dérèglements auront un impact sur les activités et les paysages les plus emblématiques de nos régions.

 

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Évolution de la température en été et en hiver

 

Depuis maintenant plusieurs décennies, les indices s'accumulent dans tous les coins de l'Hexagone. Que ce soit en ville, à la campagne, à la montagne ou sur le littoral... En Lorraine, les semis de blé sont effectués un mois plus tôt qu'en 1970 ; dans le massif du Mont-Blanc, il faut des descendre chaque année une dizaine de marches supplémentaires pour accéder à la Mer de Glace ; à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse), les vendanges ont été avancées d'environ trois semaines depuis les années 1950 ; dans le Maine-et-Loire, les pommiers fleurissent une semaine plus tôt que dans les années 1990 ; en Normandie, le rouget s'est invité à la table des restaurants gastronomiques : à Paris, les perruches côtoient les pigeons…

 

Dans l'Hexagone, le climat sera de plus en plus chaud tout au long de l'année, les canicules estivales vont se multiplier et l'été sera toujours plus sec sur l'ensemble du pays car la chaleur accentue l'évaporation des sols et la transpiration des plantes. Autant dire que le brûlant été 2003 est voué à devenir la norme...

 

Le régime des pluies sera aussi probablement impacté : les précipitations devraient augmenter en hiver et diminuer en été, avec un risque accru de pluies extrêmes. Tandis que le niveau des mers pourrait s'élever d'une cinquantaine de centimètres.

 

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ÉVOLUTION EN ACCÉLÉRÉ

Peut-être que plus que son ampleur, c'est la vitesse du changement à venir qui interpelle : "Dans les cinquante prochaines années, nous devrions encaisser à peu près le même échauffement que lors du siècle dernier", pointe Serge Planton. Même si, à bien des égards, la société évoluera sans doute plus vite que le climat.

 

Personne ne peut rester indifférent à ces projections dans un pays comme le nôtre, si dépendant de ses terroirs et de ses climats. La France est le premier exportateur européen de céréales, le premier producteur mondial de vin, la première destination touristique, le plus grand domaine skiable du monde, un pays bordé par trois mers et un océan en élévation... "À ne pas chercher à s'adapter reviendrait à se tirer une balle dans le pied !", lance Éric Brun.

 

Bonne nouvelle : l'adaptation au nouveau climat est justement devenue un objet de recherche en soi. Avec, à la clé, des pistes pour l'avenir.

 

"Jusqu'à maintenant, nous nous sommes adaptés en fonction de l'experience acquise, par petits incréments, à l'image du décalage de la date des semis, analyse Thierry Caquet, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Mais vers 2030-2040, il faudra commencer à sortir des référentiels connus, avec l'apparition de nouvelles cultures, de nouveaux systèmes de production — pourquoi pas issus des pays du Sud. Ensuite, des décisions plus radicales devront être prises, peut-être l'abandon de cultures emblématiques."

 

D'ores et déjà, les agronomes se ruent sur leurs archives et leurs grandes collections de semences. Ils commencent aussi à analyser plants de vigne, arbres (fruitiers ou non), céréales ou espèces animales exploités dans les endroits les plus chauds et arides de la planète. À la recherche de tout ce qui serait capable de supporter un été caniculaire, un automne chaud ou même un hiver trop doux.

LOURDES DÉCISIONS

Ces problèmes peuvent paraître lointains. Erreur ! La question est déjà brûlante pour les forestiers, par exemple, dont les arbres plantés aujourd'hui seront exploités vers la fin du siècle. "Il existe un paquet d'incertitudes sur la capacité des arbres à s'adapter aux sécheresses extrêmes attendues, nous sommes dans l'inconnu, témoigne Hervé Le Bouler, de l'Office national des forêts (ONF). À vrai dire, toutes les essences sont susceptibles d'être mises en difficulté par ces stress hydriques. Il faut trancher... ça ressemble à une situation de guerre."

 

Un peu partout, de lourdes décisions devront être prises. Face à la montée du niveau de la mer, "les zones à forts enjeux industriels et humains (Dunkerque, Le Havre...) seront protégées à tout prix, annonce Eric Brun. Dans d'autres endroits, en revanche, il faudra accepter de cesser la lutte et d'abandonner des terrains à la mer".

 

Une chose est sûre : les conséquences dépasseront largement le simple décalage des vendanges ou de la date de floraison des pommiers et des mirabelliers.

 

Rien ne sera simple. De lourds investissements devront être consentis pour ériger des digues supplémentaires, inventer des systèmes d'irrigation, lancer une lutte massive contre des parasites ou des maladies mal connus, mettre en place des compétences inédites, imaginer de nouvelles filières économiques, s'adapter à d'autres rythmes de vie, se lancer dans de nouvelles cultures qui, au début, pourraient échouer lamentablement... "Les agriculteurs devront renégocier les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlée de leurs produits, qui n'auront plus forcément le même goût ni le même aspect", avance Thierry Caquet.

 

Ici, il faudra peut-être faire le deuil d'une infrastructure emblématique devenue caduque : une station de ski, une promenade sur le front de mer, une route départementale... Là, abandonner des savoir-faire ancestraux. Des paysages typiques deviendront méconnaissables. Quelques itinéraires de promenade bien connus se révéleront trop dangereux. D'inquiétantes maladies, que l'on croyait réservées aux pays tropicaux, nous toucheront de plein fouet. Les ingrédients de certaines recettes traditionnelles seront plus difficiles à trouver.

 

Inutile, pour autant, de céder au catastrophisme : les Français sont loin d'être les plus mal lotis face au changement climatique. Notre territoire ne sera pas constamment submergé comme certaines parties du Bangladesh ou n'importe quelle île du Pacifique. "La France restera un pays tempéré, avec ses variations saisonnières qui lui sont propres — il y aura toujours des perturbations en hiver", rétablit Robert Vautard, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. Selon plusieurs modèles, la vitesse des vents violents aurait même tendance à s'atténuer dans l'Hexagone. Et il ne s'agirait pas non plus d'accuser le climat à tort et à travers à chaque nouvelle catastrophe naturelle.

DES VIGNES PARTOUT EN FRANCE

Surtout, le changement climatique ne peut se résumer à une douloureuse et tragique rupture d'équilibres. Des opportunités se présenteront aussi. Quoi qu'on en pense, le surplus de CO2 présent dans l'atmosphère stimule la croissance de nombreux végétaux ! Et puis, le déplacement de certaines espèces vers le nord crée de nouvelles possibilités sur ces territoires — toute la France sera bientôt éligible à la viticulture. Pour sa part, la raréfaction des périodes de gel ouvre le champ des possibles dans le nord-est de la France et dans les massifs montagneux. Plusieurs espèces aujourd'hui marginales sur notre territoire, comme le pin d'Alep ou le sorgho, pourraient enfin trouver la place qu'ils méritent. "Les cultures rustiques et diversifiées devraient prendre l'avantage sur les systèmes hyper-performants ", relève, non sans plaisir, Patrick Bertuzzi, directeur de l'unité de recherche Agroclim (INRA Avignon). Comme un air de revanche sur le productivisme et l'uniformisation à tout crin.

 

[1] Climat, le tour de France des régions Sciences & Vie n° 1178 novembre 2015, pp.46-128;

Voir également le dossier de Sciences et Avenir, n° 825, novembre 2015, pp. 56-63.

Le réchauffement climatique dans l'Arc jurassien

Le réchauffement climatique

dans l'Arc jurassien

 

Environ 1°C, c'est l'amplitude des variations de températures au cours des 12000 dernières années, bornée par les extrêmes du Petit Âge glaciaire (vers 1300-1850) et de l'optimum climatique (vers 5000 av. J.-C).

 

Le climat actuel affiche +0,8°C, une valeur atteinte en à peine un siècle et demi. Neuf années sur les dix réputées les plus chaudes des deux derniers siècles sont postérieures à l'an 2000. Plus encore que son ampleur, c'est la rapidité à laquelle se produit le phénomène qui inquiète les chercheurs...

 

 Ça chauffe dans l'Arc jurassien

 

S'il affiche une moyenne générale de +0,8°C sur la planète depuis 1880, le réchauffement ne sévit pas partout de la même manière. Dans l'hémisphère nord, il est plus marqué dans le Nord que dans le Sud ; et dans les zones océaniques, une partie de l'énergie thermique est absorbée par l'immense volume d'eau de l'océan jusqu'à trois kilomètres en profondeur. Ces deux raisons expliquent que dans les régions continentales telles que l'Arc jurassien franco-suisse, le réchauffement est plus marqué : +1,5°C, presque un doublement de la valeur moyenne, qui se vérifie aussi bien sur les trente dernières années que sur l'ensemble du siècle passé.

 

Climatologue à l'Institut de géographie de l'université de Neuchâtel, titulaire de la chaire conjointe avec l'Institut fédéral de recherches WSL sur la forêt, la neige et le paysage. Martine Rebetez met en rapport les chiffres et les tendances. "La température moyenne du globe sur l'ensemble de l'année est aujourd'hui de 16°C. L'augmentation de 0,8°C a pour point de départ le tournant du XXe siècle. Le recul des glaciers, les transformations de la végétation et la montée des océans comptent parmi les preuves les plus visibles du réchauffement." La référence de +3°C retenue par la COP21 semble utopique. Comme d'autres spécialistes, Martine Rebetez estime que +4°C est une valeur plus réaliste à attendre du réchauffement : la machine est lancée, il faudrait prendre des mesures draconiennes sur l'ensemble de la planète pour la ralentir suffisamment, et vite. Car au-delà du phénomène lui-même, Martine Rebetez insiste sur la rapidité avec laquelle s'opère ce changement : un siècle a suffi pour voir la surface de la planète nettement transformée.

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Évolution des températures durant l'holocène et l'anthropocène

 

Chercheur CNRS au laboratoire Chrono-environnement de l'université de Franche-Comté, Michel Magny est paléoclimatologue et partage cet avis. Ses travaux de mesure du niveau des lacs en Franche-Comté ont permis de reconstituer l'histoire du climat sur des milliers d'années, non seulement dans la région, mais aussi en Europe occidentale et méditerranéenne. Il précise la notion de climat. "Si la météo rend compte d'événements ponctuels, le climat, lui, représente la moyenne des événements météorologiques se produisant à un même endroit pendant trente ans."

 

Ötzi, 5300 ans, témoin du réchauffement

 

Glacier du Niederjoch, Alpes, frontière italo-autrichienne, environ 3300 av. J.-C., Ötzi s'écroule sous les flèches des ennemis le poursuivant. Rapidement enseveli sous la neige et la glace, son corps ne sera découvert qu'en 1991 au hasard d'une randonnée, sous forme d'une momie en parfait état de conservation.

 

Les variations du niveau des lacs du Jura qu'a étudiées Michel Magny, et qui renseignent sur l'histoire du climat en Europe, corroborent l'idée d'un brusque refroidissement du climat ayant pu s'accompagner d'une avancée notable du glacier à cette époque.

 

Comme elles montrent que depuis, aucune période de réchauffement n'a été comparable à celle que nous connaissons actuellement, postulat scientifique que confirme la découverte de « l'homme des glaces ». Ötzi est la preuve momifiée d'une situation de réchauffement inédite : sa bonne conservation, ainsi que celle de son équipement en matières périssables sont indirectement l'œuvre d'un froid suffisant et d'une glace pérenne au cours de ces cinq derniers millénaires. "Ötzi est un symbole et alerte sur l'ampleur du changement climatique et la rapidité du phénomène", prévient Michel Magny.

 

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Ötzi, 5300 ans, témoin du réchauffement

 

Retour éclair à l'optimum climatique

 

Depuis un million d'années, le climat de la Terre suit des cycles de 100 000 ans, alternant glaciations et périodes interglaciaires, qui, beaucoup plus clémentes, durent 10 000 à 30 000 ans. Ces phases correspondent aux variations de l'orbite de la Terre autour du Soleil. À l'intérieur de ces grands cycles, on observe des oscillations du climat, dues à des variations de l'intensité du Soleil, que renforcent les altérations de l'activité volcanique et de la circulation océanique.

 

Notre climat s'inscrit dans une période interglaciaire appelée Holocène, démarrée voilà 11 700 ans. Selon un schéma classique, les températures ont suivi une courbe ascendante jusqu'à atteindre un optimum climatique, aux environs de 5000 ans avant J.-C. Depuis, la courbe de température suit un refroidissement progressif, ponctuée d'oscillations dont les variations de l'activité solaire... et désormais les activités humaines, sont responsables.

 

Michel Magny replace la situation actuelle à l'échelle de l'Holocène. Loin de noyer le siècle passé et les bouleversements qui l'accompagnent dans -20 000 ans d'histoire, la comparaison ne fait que mettre en valeur l'anomalie qu'elle représente, qui nous ramène presque aux valeurs de température de l'optimum climatique. L'homme est entré dans le circuit climatique, son impact devient plus prégnant que l'influence des planètes...

 

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Les concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l'atmosphère

à l'Anthropocène, comparées à celles des 600 000 années précédentes

(Croquis de Michel Magny)

 

C'est pourquoi Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, a baptisé "Anthropocène" la période que nous vivons depuis 1750, caractérisée par les débuts de la machine à vapeur, l'emballement de la Révolution industrielle au XIXe siècle, et une "grande accélération" depuis les années 1950, correspondant à l'avènement de la société de consommation dans les pays occidentaux, des modèles économiques axés sur la croissance, et l'aspiration de toute la planète à accéder au développement.

 

"L'Anthropocène, nouvelle ère géologique, est non seulement marqué par l'impact de l'activité humaine sur le climat, avec les gaz à effet de serre pour premier responsable, mais aussi sur l'environnement, le fonctionnement des écosystèmes se voyant perturbé comme jamais", explique Michel Magny.

 

D'après le n°1191 (décembre 2016) du magazine Science & Vie, la communauté des géologues s'apprête à proclamer officiellement notre entrée dans une nouvelle ère géologique, l'anthropocène ("âge nouveau de l'homme"). Une notion qui s'est donc confirmée, et même précisée depuis quelques années : l'anthropocène sera une "époque", et succédera en tant que telle à l'holocène , en cours depuis 12000 ans et marqué par un climat stable. Ce ne sera donc pas une "période", puisque nous resterons dans le quaternaire, qui voit depuis 2,6 millions d'années les glaciations, et encore moins une "ère".

S'il est trop tôt pour modifier les manuels de géologie, il est improbable que la Commission stratigraphique internationale ­ l'organisme officiel habilité à statuer ­ désavoue l'avis rendu par le groupe de travail sur l'anthropocène. Cet avis est en effet sans appel : seuls 3 des 35 géologues impliqués ont voté contre la formalisation de l'anthropocène, et il y a eu quasi-unanimité pour fixer la date de son début au milieu du XXe siècle — l'idée de la faire coïncider avec l'invention de l'agriculture ou la révolution industrielle n'a trouvé aucun partisan.

Avec cette décision, la communauté des géologues acte que non seulement Homo sapiens est devenu une force géologiques à l'impact planétaire, mais que ses actions resteront décelables dans des millions d'années.

 

Des chênes sur les monts du Jura

 

La forêt de la Joux est considérée comme l'une des plus belles sapinières de France. Au Moyen Âge, c'était une chênaie. Au temps de l'optimum climatique, les monts du Jura étaient couverts de feuillus, les épicéas et les fiers sapins encore inconnus. L'évolution actuelle du climat ramènerait-elle à cette configuration ?

 

Les spécialistes, tel François Gillet au laboratoire Chrono-environnement, prédisent la disparition progressive de l'épicéa au profit du hêtre dans les forêts de résineux et les prés-bois de la montagne jurassienne. Le hêtre lui-même ne saura résister à une température et une sécheresse estivale croissantes, et pourrait à terme se voir supplanté par le pin et le chêne pubescent, comme on en trouve en zone méditerranéenne.

 

Ces prévisions sont issues de simulations numériques à partir d'un modèle développé en partenariat avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne, considérant deux scénarios climatiques : l'un qualifié de "réaliste" avec une augmentation de la température de 4°C, l'autre plus pessimiste pariant sur +8°C. Ils incluent des options de gestion plus ou moins volontariste de la forêt pour des projections plus plausibles, l'intervention humaine étant depuis toujours très étroitement liée aux conditions climatiques. Le remplacement naturel des espèces d'arbres étant un processus très lent, une de ces options est dite de migration assistée : le forestier y anticipe les changements et plante les essences qu'il sait adaptées à un climat plus chaud.

 

"On voit déjà que le hêtre se régénère mieux que l'épicéa, remarque François Gillet. Il faut encourager cette tendance, car vouloir à tout prix favoriser l'épicéa, même si son déclin n'est pas annoncé avant un siècle, c'est prendre le risque de se trouver plus tard dans une période de transition où il n'y aura plus de forêt du tout." Les arbres ont une grande capacité à résister aux changements, mais l'évolution du climat est tellement rapide que les chercheurs ne savent pas à quoi s'attendre. "On constate en tout cas que certains arbres souffrent déjà des stress liés aux changements climatiques."

 

Le CO2 pétrifié dans des arbres à calcaire

 

On sait que les arbres absorbent du CO2 et produisent de l'oxygène. On sait moins que certaines espèces ont la capacité de transformer le CO2... en calcaire ! Ce processus de biominéralisation réalisé par l'arbre est rendu possible par la présence dans ses tissus d'un sel organique, l'oxalate de calcium, et l'intervention de bactéries et champignons vivant dans le sol à son pied. Il a été découvert au début des années 2000 par le microbiologiste Michel Aragno et le géologue Éric Verrecchia, alors chercheurs à l'université de Neuchâtel.

 

L'iroko est le premier et le plus performant de la dizaine d'arbres qu'ils ont identifiés en Afrique et en Amérique du Sud comme réalisant ce processus. Un iroko est capable de fixer l'équivalent de 10,8 m3 de CO2 sous forme de calcaire par an. "Ce phénomène est rendu possible sous certaines conditions d'altitude et de composition du sol, acide et dépourvu de calcaire, que les chercheurs ont déterminées par le biais d'expériences in situ", explique Laure Sandoz, qui vient de terminer son mémoire de master en anthropologie à l'université de Neuchâtel, mémoire qu'elle a consacré à un projet de développement durable lié à ces arbres.

 

L'avantage de la biominéralisation est que le calcaire renfermant le CO2, enfoui dans le sol, est stable jusqu'à un million d'années, alors que le CO2 absorbé par un arbre de façon classique retourne vers l'atmosphère lors de la décomposition des feuilles, puis à la mort de l'arbre. Mais ce n'est pas le seul atout du processus. « Au fur et à mesure de sa vie et de la transformation du CO2 qu'il opère, l'arbre modifie le sol autour de lui et le rend plus basique, ce qui est favorable à des cultures comme celles du cacao ou du café. » Outre l'intérêt climatique de protéger ces essences, c'est aussi dans cette optique que la jeune chercheuse a rejoint la Bolivie dans un projet en collaboration avec l'université de Neuchâtel et l'association genevoise Racines, à mi-chemin entre écologie, développement durable et lutte contre la pauvreté.

 

Contact: Laure Sandoz Tél. +41 (0)61 267 18 47 - laure.sandoz@unibas.ch

 

Végétation et capacités d'adaptation

 

Neige, glace, pluie... les spécialistes sont d'accord : réchauffement climatique ou pas, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Si la limite pluie / neige a grimpé de quelques dizaines de mètres dans le Jura et les Alpes, au delà de 1500/2000 m le manteau neigeux recouvre toujours la montagne. Mais son épaisseur, sa qualité et sa persistance varient fortement d'une année à l'autre, influençant par là même le développement de la végétation. Yann Vitasse est post-doctorant à l'institut fédéral de recherches WSL et à l'institut de géographie de l'université de Neuchâtel. Dans un projet financé par le Fonds national suisse depuis 2014, dirigé par Martine Rebetez et Christian Rixen, il écoute pousser les plantes grâce aux capteurs à ultrasons disséminés dans les Alpes suisses.

 

Installés dans cent trente stations entre 1500 et 3000 m d'altitude, ces dispositifs enregistrent la hauteur de la neige toutes les demi-heures depuis presque vingt ans. Les chercheurs ont découvert qu'ils captent également les signes de croissance des végétaux au printemps et en été. « Ces données vont être corrélées avec des paramètres climatiques comme le vent, la température du sol et de l'air, la fonte des neiges... », explique Yann Vitasse. Un croisement d'informations aussi inédit que prometteur, quand on sait à quel point le comportement de la neige qui, tour à tour exerce un rôle de protection contre le gel et d'hydratation auprès de la végétation, est essentiel. « Nous verrons comment les espèces alpines réagissent aux variations climatiques, à celles de la température et surtout à celles de la fonte des neiges », complète Martine Rebetez.

 

Les feuilles moins pressées par le réchauffement

 

Un printemps doux et précoce ne manque pas d'habiller tôt les arbres de leurs feuilles : une avance de deux à six jours pour chaque degré ajouté à la température moyenne. Pour connaître l'influence du réchauffement climatique sur ce fonctionnement, une étude internationale a comparé et analysé la date de sortie des feuilles de sept espèces d'arbres européens sur les trente dernières années. Les observations portées sur les aulnes, bouleaux, marronniers, hêtres, tilleuls. chênes et frênes de 1 200 sites se sont complétées de modèles numériques intégrant des processus physiologiques. Les résultats distinguent deux périodes bien marquées : entre 1980 et 1994, les feuilles sont apparues avec 4 jours d'avance par degré ajouté à la température moyenne, contre 2,3 jours entre 1999 et 2013.

 

Faut-il y voir le signe d'une adaptation des arbres au réchauffement climatique ? Yann Vitasse a participé à la recherche, et met en garde contre une interprétation hâtive des résultats, tout en expliquant le phénomène : un équilibre entre chaud et froid, entre hiver et printemps. Curieusement, c'est en fait le froid de l'hiver qui joue le rôle de starter et fait sortir les bourgeons de leur état végétatif. « Une température trop chaude en hiver ne favorise pas la sortie des bourgeons de l'état de dormance dans lequel ils sont plongés depuis l'automne. Du coup, les feuilles ont besoin d'attendre des températures encore plus clémentes au printemps pour pouvoir se développer pleinement... » Ce constat n'est pas forcément une bonne nouvelle, car il importe que la levée de la dormance soit efficace pour la bonne santé des arbres. « Un manque de froid répété en hiver pourrait entraîner de graves problèmes de développement, cela pour les plantes en général. »

 

Menace sur les tourbières

 

Autre milieu naturel essentiel, les tourbières sont protégées en France, où elles s'étendent sur 1000 km2. En Sibérie, la plus grande tourbière représente à elle seule 50000 km, plus que la superficie de la Suisse ! L'enjeu des tourbières est lié aux quantités incroyables de CO2 et de méthane qu'elles renferment, et dont on craint qu'elles se libèrent dans l'atmosphère sous l'effet de l'accélération de la décomposition de la matière organique à mesure que leurs prisons glaciales montent en température. Spécialistes de ces milieux humides largement influencés par les conditions de température et de pluviosité, Daniel Gilbert, au laboratoire Chrono-environnement de l'université de Franche-Comté, et Edward Mitchell, au laboratoire de biologie du sol de l'université de Neuchâtel, travaillent depuis plus de vingt ans à étudier leur fonctionnement. Leurs travaux sont basés sur l'étude de la végétation et des micro-organismes, les vivants comme ceux conservés depuis des milliers d'années dans les strates de la tourbe. Pour surveiller les tourbières et prévoir leur évolution, des dispositifs de mesure et de simulation du réchauffement sont installés sur le site de Frasne (Doubs) depuis 2008. Une expérience qui s'est exportée depuis à l'immensité sibérienne et en Pologne, où les mêmes installations scientifiques sont implantées. "Il est intéressant d'extrapoler nos recherches à ces grandes surfaces de tourbières, dans des régions où, de plus, le réchauffement est plus marqué" souligne Edward Mitchell.

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Installations scientifiques de la tourbière de Frasne

 

Écosystèmes en mutation

 

"À Frasne, le réchauffement simulé montre un changement significatif des relations entre les plantes supérieures, les mousses, les microbes vivant en surface et en profondeur, et la chimie de l'eau, raconte Daniel Gilbert. C'est le fonctionnement tout entier de l'écosystème qui s'en trouve modifié avec des conséquences sur le stockage et le cycle du carbone qu'il reste à mesurer. Des mâts équipés de capteurs devraient être installés à cet effet au-dessus du site de Frasne dès cet hiver : le dispositif mesurera la concentration de CO2 dans l'air sur plusieurs centaines de m2, et déterminera si le gaz se répand ou s'il est happé par la tourbière.

Des années de recul seront encore nécessaires pour comprendre les interactions entre le climat et les les tourbières. "Il faut se garder de généraliser certaines conclusions, prévient Daniel Gilbert. Si les tourbières du Sud de la France ou d'Italie ont toutes les probabilités de s'assécher et de disparaître, on pense que plus on ira vers le Nord, moins les tourbières seront affectées par le réchauffement climatique. Certaines, bénéficiant de conditions plus plus douces, seront peut-être même plus fixatrices de CO2 que par le passé…"

 

Edward Mitchell souligne par ailleurs que l'assèchement aurait plus de répercussions négatives sur les écosystèmes que le réchauffement. "Le réchauffement à +1 ou + 2 °C ne serait pas à lui seul un facteur déterminant, mais si le régime des précipitations baisse, surtout pendant l'été, cela deviendrait dramatique."

 

Dix mille sortes de particules dans l'atmosphère

 

Dans l'étude de l'impact des constituants de l'atmosphère sur le réchauffement, les aérosols sont les derniers à être entrés dans le collimateur des chercheurs. Aérosols est leur intitulé scientifique, mais le grand public les connaît plutôt sous le nom de particules fines.

 

D'une taille inférieure à la dizaine de microns, voire de l'ordre de quelques nanomètres seulement, liquides ou solides, ces minuscules particules de matière concernent un spectre très large d'éléments naturels ou nés de l'activité humaine : les poussières du désert ou celles des volcans, les infimes cristaux de sels provenant de la mer, les pollens, les microbes, les bactéries,auxquels s'ajoutent les particules de suies émises par les véhicules, la poudre de ciment des entreprises du bâtiment…, le tout formant des nébuleuses de particules. pollens, les microbes, les bactéries, auxquels s'ajoutent les particules de suies émises par les véhicules, la poudre de ciment des entreprises du bâtiment..., le tout formant des nébuleuses de particules.

 

Toutes origines confondues, ces aérosols combinent pas moins de 10 000 molécules qui chahutent l'atmosphère.

 

Si les aérosols peuvent influencer le climat en interagissant directement avec le rayonnement solaire, ils sont aussi susceptibles de le modifier indirectement en facilitant la formation de nuages, responsables selon leur altitude d'une élévation ou d'un abaissement de la température au sol. De façon globale, l'impact des aérosols pencherait plutôt en faveur d'un refroidissement du climat, mais le revers de la médaille est la pollution, comme l'a rappelé récemment à grands cris le scandale Volkswagen. Globalement car justement les particules de suies émises lors de la combustion d'un carburant, qui n'est jamais parfaite, vont, elles, clairement dans le sens du réchauffement.

 

Une histoire bien complexe que tentent de démêler les scientifiques. Tous sont cependant d'accord sur un point essentiel : si les effets des particules penchent en faveur d'un fléchissement des températures, ils ne sauraient contrebalancer les impacts des gaz à effet de serre, car leur durée de vie dans l'atmosphère est beaucoup plus courte.

 

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 Tempête de sable sur le Sahara


 

Casse-tête moléculaire

 

Les appareils de mesure sont capables de quantifier les aérosols, d'en déterminer la taille et la masse, des données que complètent les modèles numériques dans des projections où les marges d'erreur sont encore très importantes. À l'Institut UTINAM de Besançon, le physicien Sylvain Picaud et son équipe travaillent à des modélisations plus fines sur les suies émises par les moteurs, ainsi que sur les aérosols organiques. Sylvain Picaud explique que les caractéristiques des aérosols changent en fonction d'éléments extérieurs. "Ce qui compose le cœur d'une particule d'aérosol peut être différent de ce qui forme l'enveloppe, qui est la partie réellement en contact avec l'environnement. Sous l'influence d'une variation de température ou d'humidité, les deux constituants peuvent s'inverser..." Ce changement de phase est à prendre en compte dans les modèles climatiques, comme la façon dont les suies interagissent avec le rayonnement solaire, un processus dépendant de la position des atomes dans la particule et pas seulement de la longueur d'ondes du rayonnement. À terme, ces travaux aideront à peaufiner les modèles climatiques, et pourquoi pas, à orienter la conception des moteurs et des filtres selon leurs enseignements...

 

Nous aurons de toute façon bien des positions à revoir pour espérer enrayer le processus, efforts que tentera de coordonner la COP21 au niveau mondial... "Le problème du réchauffement climatique est le premier à se poser à l'humanité entière, remarque Michel Magny. Il interroge sur notre modèle de civilisation, fondé sur des objectifs de croissance indéfinie dans un monde fini. Nous arrivons sans doute aux limites de ce modèle..."

 

Source :

+ 2°C ?… Dossier sur le réchauffement climatique dans l'Arc jurassien, En Direct, le journal de la recherche et du transfert de l'Arc Jurassien, n° 261, novembre-décembre 2015, pp. 14-22. (Voir l'ouvrage en question).

Voir également  "La Feuille" publié par la direction départementale des territoires du Jura.

 

Histoire du climat en Franche-Comté

Histoire-du-climat-en-franche-comte.jpgHistoire du climat en Franche-Comté

 

Parmi toutes les questions qui se posent aux hommes en ce début de XXIe siècle, l’évolution climatique est assurément l’une des plus importantes. Or, cette évidence ne fait pas encore l’unanimité, même si le nombre de climato-sceptiques ne cesse de diminuer. Réunie en décembre 2015, la Conférence internationale de Paris (COP21) sur le climat montre avec force l’urgence de passer à l’action, en adoptant des mesures réellement efficaces et appliquées par le plus grand nombre.

Ainsi, paru le 30 octobre 2015, cet ouvrage tombe à point nommé en préambule à la COP21 pour alimenter les débats et sensibiliser le grand public sur l'une des questions cruciales de ce début de siècle. L’originalité de ce livre tient à son assise régionale, qui peut paraître surprenante quand on sait combien le climat et la météorologie se jouent des limites administratives et politiques définies par les hommes.

Le lecteur découvrira les résultats les plus récents, lesquels permettent de reconstituer l’histoire climatique des 500 derniers millions d’années en Franche-Comté. Au-delà de l'ancrage régional annoncé, les grandes tendances du climat mondial à travers les âges sont omniprésentes dans ce livre structuré en cinq parties : de l'océan jurassique aux glaciers jurassiens ; de l'Holocène à l'Anthropocène [1] : le climat du Jura depuis 11 700 ans ; regard sur le climat médiéval ; les populations comtoises sur le front climatique : climat et sociétés, 1500-1850 ; réalités du changement climatique en Franche-Comté du milieu du XIXe siècle à nos jours.

Des pages signées par des spécialistes aux compétences complémentaires, s'appuyant sur des disciplines aussi variées que la glaciologie, la sédimentologie, la palynologie, la paléobiologie, la dendrochronologie... « Une performance scientifique originale et bienvenue », selon les mots d'Emmanuel Le Roy Ladurie, professeur au Collège de France, mondialement connu pour ses travaux sur l'histoire du climat, qui signe la préface de cet ouvrage. « À ce jour, jamais une étude consacrée à la longue histoire du climat n'avait été tentée à l'échelle d'une province historique française. » Autant de raisons de se plonger dans ce livre original et passionnant, tout juste paru aux éditions du Belvédère.

 

LES AUTEURS :

Vincent BICHET, géologue, maître de conférences, laboratoire Chrono-environnement, UMR CNRS 6249, Université Bourgogne Franche-Comté, Besançon.

Emmanuel GARNIER, historien du climat et des risques, directeur de recherche CNRS, UMR CNRS LIENSs-Université de La Rochelle.

Pierre GRESSER, historien du Moyen Âge, professeur honoraire des Universités, Besançon.

Michel MAGNY, paléoclimatologue, directeur de recherche CNRS, laboratoire Chrono-environnement, UMR CNRS 6249, Université Bourgogne Franche-Comté, Besançon.

Hervé RICHARD, paléoenvironnementaliste, directeur de recherche CNRS, laboratoire Chrono-environnement, UMR CNRS 6249, Université Bourgogne Franche-Comté, Besançon.

Bruno VERMOT-DESROCHES, ingénieur des Travaux à Météo-France, chef du centre météorologique de Besançon.

 

Références : Prix : 23 €, 16 x 24 cm, 236 pages

EAN 97828841938489 Parution : 30 Octobre 2015

Bichet V., Garnier E., Gresser P., Magny M., Richard H., Vermot-Desroches B., Histoire du climat en Franche-Comté - Du Jurassique à nos jours, éditions du Belvédère. 2015.

Voir également  "La Feuille" publié par la direction départementale des territoires du Jura.

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[1] L'Anthropocène est officiellemement une époque géologique 

Popularisé par le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen en 1995, le mot anthropocène désigne la période qui a débuté lorsque les activités anthropiques ont laissé une empreinte sur l’ensemble de la planète. D'après le n°1191 'décembre 2016) du magazine Science & Vie, la communauté des géologues s'apprête à proclamer officiellement notre entrée dans une nouvelle ère géologique, l'anthropocène ("âge nouveau de l'homme"). Une notion qui s'est donc confirmée, et même précisée depuis quelques années : l'anthropocène sera une "époque", et succédera en tant que telle à l'holocène , en cours depuis 12000 ans et marqué par un climat stable. Ce ne sera donc pas une "période", puisque nous resterons dans le quaternaire, qui voit depuis 2,6 millions d'années les glaciations, et encore moins une "ère".

S'il est trop tôt pour modifier les manuels de géologie, il est improbable que la Commission stratigraphique internationale ­ l'organisme officiel habilité à statuer ­ désavoue l'avis rendu par le groupe de travail sur l'anthropocène. Cet avis est en effet sans appel : seuls 3 des 35 géologues impliqués ont voté contre la formalisation de l'anthropocène, et il y a eu quasi-unanimité pour fixer la date de son début au milieu du XXe siècle — l'idée de la faire coïncider avec l'invention de l'agriculture ou la révolution industrielle n'a trouvé aucun partisan.

Avec cette décision, la communauté des géologues acte que non seulement Homo sapiens est devenu une force géologiques à l'impact planétaire, mais que ses actions resteront décelables dans des millions d'années.

 

21/10/2015

La ville de Besançon recrute un jardinier

Un jardinier botaniste (h/f) pour la ville de Besançon

 

 La Ville de Besançon recrute un jardinier botaniste (h/f) au sein de la Direction Espaces Verts, Sportifs et Forestiers (site du Jardin Botanique de la Ville et de l’Université).

Missions :
-  Gérer et cultiver une partie des collections extérieures (systématique, plantes aquatiques, plantes de zones humides tourbeuses...),
-  Réaliser des petits travaux d’entretien des espaces verts et de la multiplication des plantes,
-  Participer à l’accueil du public et aux manifestations organisées pour le grand public et les scolaires (pouvant avoir lieu le samedi).

Profil recherché :
-  Être titulaire d’un titre de jardinier botaniste et d’un diplôme homologué dans le domaine des Espaces Verts
-  Aptitude au travail en équipe
-  Qualités relationnelles et pédagogiques
-  Rigueur
-  Dynamisme
-  Sens de l’organisation et de l’initiative .

Poste :
Le poste est ouvert aux agents relevant du cadre d’emploi des adjoints techniques.

Modalités de candidature :
Merci d’adresser avant le 12 novembre 2015 lettre et CV à :
Monsieur le Maire - Pôle des Ressources Humaines
Direction Emploi et Compétences
2, rue Mégevand - 25034 BESANCON CEDEX

Contact :
Corinne DUPRE - Chef du service Espaces Verts et Etablissement horticole au 03.81.41.53.14.

07/10/2015

Dérives climatique et démographique

Dérives climatique et démographique

 

par Francis Rougerie, avril 2015


“Avec un peu de patience, tout finira très mal” ! Catulle, 60 av.J.C.


Le climat semble être devenu un sujet à la mode, un sujet porteur sur lequel il est bon d’avoir quelque avis, et sur lequel nos représentants politiques prennent volontiers des poses volontaristes et organisent de grandes messes internationales. La conférence sur le Climat, prévue à Paris en décembre 2015, sera la 21e sur le sujet en moins de 30 ans.


Les sceptiques ricanent : “Pourquoi s'inquiéter pour quelques petits degrés en plus dans un siècle, on aura moins froid l’hiver, la belle affaire !” La démographie humaine, à l’inverse, ne semble pas passionner les foules et leurs représentants. Le concept de “transition démographique” est immédiatement opposé à quiconque s’inquiète de ce qui ressemble pourtant fort à une prolifération incontrôlée de l’espèce humaine. Celle-ci est en effet passée de un à plus de sept milliards en deux siècles, et continue à croître de 75 millions chaque année, pour, d’après les projections des experts de l’ONU, culminer vers 12 milliards dans un siècle.

 

 

Démographie-humaine-Évolution-450.jpg

Évolution de la démographie humaine

 

 

Chronique d’un désastre annoncé ?

 

Cette fameuse “transition démographique“, sorte de main invisible censée maintenir les effectifs de l’humanité dans des proportions adéquates, eu égard aux ressources et aux fondamentaux écologiques, serait donc un leurre. Et comme le montre le tableau inclus dans le graphique ci-dessus, les ressources naturelles non renouvelables fondent aussi vite que la glace des pôles, et manqueront de plus en plus à nos descendants.

Voici venir le temps du monde fini…

 

Cette citation de Paul Valéry date de 1930, et s’est pleinement réalisée en moins d’un siècle, celui de la bombe atomique, des satellites, des premiers pas sur la Lune, des premiers engins sur Mars, sur Titan et sur une comète. Siècle aussi des avions gros porteurs, des ordinateurs miniatures, des écrans multifonctions et des moteurs jamais au repos. Tout comme l’espèce humaine, plus que jamais en désir de dompter la terre et l’océan, le ciel et les abysses. Et qui en général y arrive assez bien, enchaîne les exploits technologiques, les prouesses médicales et les découvertes scientifiques. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?


Comme on le sait, pas tout à fait. Des guerres par ci, des émeutes par là, des famines récurrentes et des misères multiples assaillent une humanité plus que souvent souffrante, voire un peu désespérée. Bilan fort contrasté donc, où la balance oscille entre le triomphe d’un capitalisme qui affiche 2000 milliardaires en cravate et jets privés, et des hordes de millions de réfugiés qui fuient l’insupportable.

 

Tentative d’interprétation en forme de pavés dans la mare :

 

  • Premier pavé : “Pour pouvoir vivre avec le niveau de vie d’un parisien moyen, l’humanité ne devrait pas dépasser les 2 milliards“. C’est de Jacques-Yves Cousteau, qui fut un peu le pape de l’océanologie.

 

  • Deuxième pavé : “Pour continuer à vivre sur son (grand) pied, il faudrait que l’humanité trouve (et exploite) une nouvelle planète tous les 20 ans.” C’est de Jacques Chirac-Nicolas Hulot (Déclaration à la conférence de Johannesburg en 2002 ).

 

  • Troisième pavé : “Notre petite planète a une peau, et cette peau peut avoir des maladies. La plus terrible s’appelle l’homme.” Frédéric Nietzsche.


On pourrait continuer, mais c’est assez clair, on a été trop loin dans les effectifs (les loca-terre !) et dans l’exploitation de notre petite planète, et on commence à en percevoir les effets dévastateurs en terme d’épuisement des ressources, de pollutions et de déséquilibres divers.


Homo sapiens est devenu Homo sapiens demens proliferens... ce n’est pas encore officiel, mais qui pourrait prétendre le contraire ? Et bien beaucoup de monde, des grands croyants natalistes aux dictateurs bornés, en passant par les exploiteurs et négriers de toute sorte. Restent donc les communautés scientifiques, et les citoyens informés et responsables...


Et ce que disent les scientifiques est également de plus en plus clair et convainquant, à savoir que les activités de notre prodigieuse et insatiable humanité ont un effet notable sur tous les compartiments bio-géochimiques de la planète, et également sur le climat. (En fait une petite fraction de la communauté scientifique conteste la réalité du changement climatique, mais ces climato-fixistes n’ont jamais produit d’arguments robustes, même s’ils contribuent à alimenter d’indispensables débats contradictoires).


Ça va chauffer...


La teneur en gaz carbonique (CO2) est faible dans notre atmosphère (300 ppm au siècle dernier), mais il se trouve que ce gaz piège le rayonnement solaire, en particulier dans la bande infra-rouge. Sans la présence de ce gaz, à “effet de serre”, la température moyenne globale serait de -15°C, et la Terre serait une boule de glace (et ce phénomène s’est effectivement produit dans un très lointain passé).


Actuellement la température moyenne globale se situe autour de + 15°C, pour le plus grand bonheur de la bio-diversité. Mais les mesures de
CO2 atmosphérique montrent que ses teneurs croissent rapidement, comme le montre la courbe ci-dessous (établie par C.D. Keeling à Hawaii et validée en divers points de la planète).

 

Teneur-atmosphérique-en-CO2-450.jpg

 

Cette courbe montre que le CO2 est passé de 300 ppm avant 1950 à 400 ppm en 2014. De sorte que, en 2014, ce sont 40 milliards de tonnes de CO2 (40 billion tonnes of CO2) qui ont été émis. D’où vient cet excès de gaz à effet de serre ?


Chacun connaît la réponse : la seule source de
CO2 possible à pareille échelle pointe vers les activités humaines; la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole, méthane) dégage actuellement de l’ordre de 100 millions tonnes /jour de CO2 (36 milliards tonnes/an). Ce carbone fossile a une signature isotopique spécifique, ne possède pas la forme 14C, et cette caractéristique permet d’identifier avec certitude une origine “hydrocarbure fossile”.


Ces hydrocarbures fossiles ont été piégés au cours des temps géologiques, et chaque année l’homme brûle un stock correspondant à un million d'années de séquestration de carbone dans les entrailles de la Terre. Pour résumer, l’atmosphère est très sensible à la présence de
CO2 (et également de méthane), et l’activité humaine en dégage des quantités de plus en plus importantes.


Les prélèvements d’air effectués dans les glaces forées au Groenland et en Antarctique montrent qu’il y a 12 000 ans, au plus fort de la dernière glaciation, la teneur en
CO2 était de 200 ppm, la température moyenne de 12,5°C, et l’océan plus bas de 120 mètres.


Un cycle climatique naturel astronomique (Cycle de Milankovitch, calé sur 100 000 ans) a alors déclenché la passage du glaciaire vers le tempéré. Ainsi, 100 ppm de
CO2 en plus ont accompagné le passage d’un climat glaciaire vers le climat tempéré du type de celui où nous étions vers 1900, et donc sur un laps de temps de 10 000 ans ; les 100 ppm que nous venons d’ajouter en un siècle représentent un rythme 100 fois plus rapide. Comment l’équilibre océan/atmosphère se débrouillera avec ça, nul ne le sait avec précision. Mais nous irons inévitablement vers un climat de plus en plus chaud, voire torride.


La Conférence sur le Climat tenue à RIO en 1992 avait bien cerné la gravité du problème. Les intervenants économiques et politiques s’étaient quittés en s’engageant à réduire leurs émissions de
CO2, pour que les émissions globales (18 milliards tonnes/an à l’époque) soient réduites de moitié.


23 ans plus tard le constat est sans appel : les émissions ont doublé ! (et donc la courbe de Keeling n’en finit pas de monter.) Voulons-nous, ou pas, la laisser monter jusqu'à épuisement des réserves de carbone fossile, donc en laissant le “business as usual” pendant encore un petit demi-siècle ?


Du fait d’une course effrénée vers une croissance économique combinée à une démographie galopante, nous poussons de plus en plus la chaufferie planétaire, avec les conséquences logiques qui en découlent : fonte des glaciers, rétraction des banquises et des calottes polaires, modification du régime des pluies, élévation du niveau océanique de 3 à 4mm/an, etc. Dans quelques générations, la vie sur Terre, avec plusieurs degrés en plus, deviendra alors tout autre chose que ce qu’elle est aujourd’hui...


”Tous ne mourront pas, mais tous seront touchés”. (Corneille, dans “Le Cid”).


Le mythe des mains invisibles


Comme on le sait, deux mains invisibles étaient censées protéger l’homme, la société, voire l’humanité dans son ensemble : une main divine, garantissant pour l’éternité la puissance politique et religieuse des familles régnantes, et une main économique, (la main du marché), assurant la liberté des échanges et la croissance inexorable du PIB mondial. La troisième main (sic) assurerait la régulation démographique et une quatrième main la constance des conditions climatiques, une sorte d’optimal, pour le plus grand bénéfice de l’espèce humaine. C’est peu de dire que la science en général, et l’état des connaissances actuelles (évidemment très perfectibles) accordent peu de cas à ce mythe des mains invisibles.


Laissons les archaïsmes aux archaïques...


Mais il reste que nous sommes tous dans le même bateau, tous issus du même berceau planétaire, et que celui ci est de plus en plus malmené (et mal-mené ?) La mise en évidence des dérives climatiques qui menacent les grands équilibres biologiques planétaires était un préalable à toute action réparatrice, voire thérapeutique.


C’est ce que fait le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), qui tous les 4 ans, publie un rapport de synthèse et une évaluation sur l’avancée des connaissances, les ajustements sur les courbes prospectives, et les recommandations des communautés scientifiques. Beaucoup a donc déjà été fait en ce sens, et les diagnostics abondent, qui portent sur telle ou telle dégradation de compartiments entiers de notre biosphère, sur l‘ennoiement des côtes basses du fait de la transgression marine, sur l'acidification de l’océan, sur la modification des moussons et du régime des pluies, etc.


En moyenne, ce sont plusieurs dizaines de publications scientifiques qui paraissent chaque jour sur cette immense problématique. Avec toujours cette recommandation des communautés scientifiques concernées : il faut agir avant que l’irréversible ne soit atteint. Mais en avons nous la capacité et la volonté ?

 

Le Développement  durable  (D.D.)  impératif  et  impossible ?


Pour agir efficacement en direction d’un D.D, deux leviers majeurs devraient donc être maniés : la stabilisation démographique et l’abandon des combustibles fossiles.

 

  • On voit dans le schéma 1 (Évolution de la démographie humaine, source ONU), que la population humaine se stabilisera aux environs de 2100, puis commencera à fléchir. Mais nous serons alors une douzaine de milliards, presque le double d’aujourd’hui. On peut évidemment arguer que plus nombreux seront alors les génies des sciences et des arts, et plus avancées nos connaissances sur l’Univers. Mais, franchement, deux fois plus de monde, cela implique encore plus de béton-goudron-pollutions, de cultures industrielles arrosées aux insecticides, etc. Quant à promouvoir une diminution réelle des naissances, halte-là, les inquisitions et les fatwas sont déjà prêtes. Resteront les bonnes vieilles méthodes guerrières de réajustement conjoncturel, éventuellement modernisées à l’arme atomique.

 

  • Quant aux énergies fossiles et uranium, l’affaire se réglera de toute façon vers le milieu du siècle, avec l’épuisement progressif de ces ressources. Idem pour un certain nombre de métaux. Nos descendants se battront-ils alors autour des derniers tas de charbon ?

 

  • Une lueur subsiste néanmoins pour éclairer ce triste tableau : les énergies renouvelables. L’hydraulique peut encore progresser, et l’éolien et le photovoltaïque sont en plein boom, avec plus de 100 gigawatts (Gw) installés/an (2 Gw /an en France). D’ores et déjà la puissance installée de ces énergies renouvelables (550 Gw) est supérieure à celle du nucléaire (370 Gw), et leur potentiel de croissance est énorme et très rapide.

 

  • La fée électricité nous sauvera-t-elle in extremis de l’haleine surchauffée du dragon fossile ? De toute façon elle nous aidera à survivre dans un monde gazé au CO2...


Une humanité suffisamment civilisée pour s’organiser autour d’un D.D. devrait donc nécessairement avoir des effectifs constants, voire inférieurs à ce qu’ils sont aujourd’hui, et une économie décarbonée, basée sur l’utilisation presque exclusive de l’électricité d’origine solaire. On peut le faire, on commence à le faire, et on le fera de mieux en mieux... Mais ce rythme sera-t-il suffisant, eu égard à la vitesse du changement climatique ? Et cela impliquera à terme de vivre différemment, de repenser notre place, et notre rôle d’espèce pensante et dominante. Peut-on vraiment imaginer Homo sapiens devenant modeste, frugal et comptable de sa planète ? Et pourtant il faudra bien. Les utopies délirantes ne sont-elles pas les plus belles ?
Du poète Alain Souchon : “On avance, on avance, mais on n’a pas assez d’essence, pour prendre la route dans l’autre sens…

 

 

Indicateurs-de-l'empreinte-anthropique-sur-le-climat-450.jpg

10 indicateurs de l'empreinte anthropique sur le changement climatique

(Ce schéma date de 2005)

06/10/2015

Non Monsieur Hollande, les chasseurs ne défendent pas la nature

Non Monsieur Hollande, les chasseurs ne défendent pas la nature. Ils l'aiment ensanglantée

 
L'Obs-Publié le 23-10-2015 à 06h58  Modifié à 14h18

Temps de lecture Temps de lecture : 6 minutes

Avatar de Yves Paccalet

Par 
philosophe écologiste
 

LE PLUS. Si notre contributeur Yves Paccalet a apprécié des passages du chef de l'Etat dans le magazine "Le Chasseur français", il a beaucoup moins aimé sa défense des chasseurs ou ses propos sur les loups. "Monsieur le Président, pourquoi ne raisonner qu’avec l’esprit du bourreau ?", se demande-t-il.

 
Monsieur le président ! Je lis l’entretien que vous accordez au magazine "Le Chasseur français" du 21 octobre 2015. Vous voulez protéger l’appellation "Laguiole" (le couteau et le fromage) que de gros malins ont accaparée : d’accord ! Vous refusez de créer une nouvelle niche fiscale qui ferait aux chasseurs le cadeau de leur permis de tuer : encore heureux…

 

D’autres de vos propos me plaisent moins. Je ne pense pas, comme vous, que les chasseurs entrent dans la catégorie de ceux qui "défendent la nature". Ils l’exploitent et la massacrent plus qu’ils ne la gèrent. Ils ne l’aiment qu’ensanglantée.

 

Les chasseurs, ces "nuisibles"

 

Je comprends que, pour des raisons électorales, vous manifestiez "beaucoup de considération" à leur égard : mais vous oubliez que d’autres, parmi vos électeurs potentiels, et bien plus nombreux selon les sondages, désirent protéger et contempler ces espèces que les chasseurs n’apprécient qu’au bout de leur fusil.

 

En France, le nombre des chasseurs a chuté au-dessous du million, probablement même à moins de 900.000 (les chiffres de l’Office national de la Chasse posent problème). Or, ces moins de 1,5 % de la population nationale privent les parents et les enfants de toute promenade en forêt le mercredi et le dimanche (voire d’autres jours lorsqu'une "battue" est ouverte).

 

Au vu des accidents que provoquent ces Nemrods (une quarantaine de morts et plusieurs dizaines de blessés par an, rien que dans notre pays), ils devraient, bien davantage que les requins (lesquels causent moins de dix morts chaque année, et dans le monde entier), être classés parmi les espèces les plus dangereuses de la Terre. Parmi les "nuisibles", pour utiliser un adjectif de leur vocabulaire que je récuse…

 

Je vous rappelle que le loup est protégé

 

Monsieur le président, dans votre entretien au "Chasseur français", votre sortie sur les loups me semble particulièrement inadmissible :

 

"Chaque année, dites-vous, il sera décidé du nombre de loups à abattre en fonction de l’évaluation des risques et de la croissance de la population de loups".

 

Je vous rappelle que Canis lupus est une espèce protégée par la Convention européenne de Berne, que la France a ratifiée, et qui ne saurait être modifiée que par une décision des deux tiers des signataires. Je m’étonne de la contradiction qui surgit, ici, entre votre fonction régalienne de gardien de la Constitution et des institutions du pays, et l’autorisation littéralement hors la loi que vous accordez à des tueurs d’animaux protégés.


Sur le fond, je vous rappelle que les loups sont revenus par eux-mêmes sur notre territoire, depuis l’Italie voisine (certains, désormais, y rentrent depuis l’Allemagne et la Suisse ; en attendant leurs congénères espagnols). Au rebours de ce que vous suggérez, leur population n’est nullement en accroissement. En France, ils étaient un peu plus de 300 en 2014.

 

Cette année, on en dénombre moins. Or, les "autorisations" de "prélèvement" (la litote utilisée pour dire qu’on leur loge une balle dans le ventre) ont été augmentées de moitié : elles passent de 24 à 36. Une absurdité, fût-ce aux yeux du plus ignorant des naturalistes…

 

13 loups déjà fusillés de façon "officielle"


Monsieur le Président, depuis le mois de juillet 2015, comme le relève l’association de protection de la nature FERUS, 13 loups ont déjà été fusillés de façon "officielle" (et d’autres braconnés). Les éleveurs de brebis réclament qu’on en exécute toujours davantage. Certains bergers (et les politiciens qui les caressent dans le sens de la laine) vont jusqu’à exiger l’"éradication" du prédateur. Allez-vous leur donner raison ?

 

Je vous rappelle que, s’il existe 300 loups en France, on en recense 1 500 en Italie et 2 000 en Espagne, où les problèmes que pose le carnivore sont infiniment moins aigus que chez nous. Si nous désirons réellement aider les bergers (ce qui est notre volonté à tous deux), nous devons améliorer le gardiennage des troupeaux dans la montagne (en embauchant par exemple des chômeurs), plutôt que d’envoyer ad patres les rares "fauves" qui nous restent.

 

Car l’ennemi numéro un de l’éleveur n’est pas le loup, mais le prix de la viande de mouton sur un marché mondial dominé par l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Argentine.

 

Je regrette que, tels les pires politiciens de la droite de la droite (mettons Christian Estrosi ou Laurent Wauquiez), vous vous entêtiez à faire de Canis lupus le trop facile bouc émissaire de notre incapacité à réguler ce secteur de l’économie.

 

Les loups, les bouquetins : du sang, toujours du sang !

 

Monsieur le Président, durant votre quinquennat, j’ai la tristesse de constater que la nature sauvage endure le martyre. Vous êtes en train, en ce moment même, de transformer nos forêts, nos montagnes et nos mers en parages où le sang ruisselle. Les abattages succèdent aux carnages, et cela ne semble guère vous toucher.


Vous avez entamé, et vous vous préparez à conclure, une extermination du troupeau de bouquetins du massif du Bargy, en Haute-Savoie. La justice a rejeté le recours des associations naturalistes : plusieurs centaines de ces ruminants vont donc mourir dans les alpages, tirés à l’arme lourde par une légion de nervis aidés d’hélicoptères.

 

Pourquoi cette folie ? Parce que certains ongulés seraient vecteurs de la brucellose. Mais le massacre a été ordonné avant même qu’on ait confirmé la contamination, et au mépris de la seule solution scientifique et efficace au problème : la vaccination !

 

Les chasseurs réclament (et obtiennent !)

 

Monsieur le Président, pourquoi ne raisonner qu’avec l’esprit du bourreau ? À l’île de la Réunion, je constate la même indignité : dans le cadre du plan gouvernemental intitulé "Cap Requins", plusieurs requins bouledogues, des requins tigres et même un grand requin blanc ont été récemment "prélevés".

 

Ces poissons superbes n’avaient mordu personne. On les harponne et on les achève à titre "préventif", alors qu’ils figurent (au moins pour le tigre et le grand blanc) sur la liste des espèces en voie d’extinction dressée par l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (l’UICN).


Partout en France, les chasseurs réclament (et obtiennent !) qu’on les autorise à organiser des battues au renard ou des déterrages de blaireaux. Au nom de la tradition et de la "ruralité", ils veulent continuer à piéger à la trappe ou à la glu les ortolans, les pinsons ou les bouvreuils.

 

Ils exigent qu’on leur permette de "résoudre" le "problème" des vautours, qu’ils accusent ridiculement d’attaquer les vaches vivantes. Ils se font forts de régler le sort des corbeaux, des cormorans, des phoques, des dauphins, que sais-je ?

 

Je l’ai entendu hier et j’en suis resté sur le derrière : des grues cendrées en migration par milliers au lac du Der ! Les chasseurs, ces prétendus "amis de la nature", désirent en vérité éliminer manu militari tout ce qui les "gêne" dans leur utilisation simpliste et univoque (tuer ! tuer !) des composants sublimes et nécessaires de nos écosystèmes.

 

Je n’aime pas, monsieur le Président, que vous vous placiez unilatéralement dans leur camp.

 

L'écologie ne doit pas se résumer aux questions d'énergie


Monsieur le Président, nous sommes nombreux, dans ce pays, à ne plus supporter l’holocauste. Je désirerais que, pour vous et votre gouvernement, l’écologie ne se résume pas aux questions d’énergie, de pollution ou de transport, bref à des combats que je mène également, depuis quarante ans, mais qui ne sont pas suffisants.

 

J’aimerais qu’en prononçant le mot "biodiversité", vous preniez enfin conscience que la nature subit davantage de blessures et de désastres qu’elle n’en a jamais enduré depuis que l’Homo est sapiens. Je voudrais que vous formiez, dans votre imagination, l’image de vraies plantes, de vrais animaux, de vrais prédateurs.

 

Faites taire les fusils et écoutez la symphonie du monde !

 

Je serais ravi que vous n’adoptiez pas pour ligne politique l’idée de confier la gestion de la "ruralité" aux chasseurs plutôt qu’aux écologistes ; aux mitrailleurs plutôt qu’aux amoureux de la beauté vive ; aux massacreurs en tenue léopard plutôt qu’aux amis de la subtilité et des équilibres ; aux assassins des beautés palpitantes plutôt qu’aux naturalistes, aux promeneurs, aux écrivains, aux cinéastes, aux peintres, aux poètes et aux rêveurs.


Je revendique de votre compréhension et de votre amour de l’humanité même que vous laissiez à l’usage de nos enfants et des enfants de nos enfants les trésors vivants que nourrit encore la Terre. Que vous preniez la défense du requin, du loup, du lynx et de l’ours brun, plutôt que de les laisser agonir d’injures et anéantir à la balle ou au couteau par des êtres basiques, obsédés par la mort du "nuisible" ou du "gibier", et fiers de revêtir l’uniforme martial pour aller répandre la terreur à travers champs et bois.


Je vous en supplie, monsieur le président : faites taire les fusils et écoutez la symphonie du monde !

Permaculture

La permaculture

 

La permaculture est une méthode systémique et holistique de conception d'habitats humains et de systèmes agricoles inspirée de l'écologie naturelle (biomimétisme) et de la tradition. Elle n'est pas un mode de pensée mais un mode d'agir qui prend en considération la bio-diversité des écosystèmes1,2. En outre, elle vise à créer une production agricole durable, très économe en énergie (travail manuel et mécanique, carburant...) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible1,2.

Cette conférence a pour but de donner une idée du stage PDC de permaculture qui aura lieu du 6 au 18 juin 2016 au Lycée agricole de Valdoie.

Permaculture-450.jpg

09/09/2015

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

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Sortie générale des fusils :
Tous aux abris !


Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

 

Danger-chasse-200.jpgDimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

 

Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d'aptitudes,mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

 

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.



Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse.

 

Plus de 300 000 citoyens ont déjà signé la pétition lancée par l'ASPAS, pour que le dimanche soit dorénavant un jour sans chasse. Si vous ne l'avez pas déjà signée, cette pétition est enfin disponible sur mesopinions.com. Pour que nos week-ends ne soient plus annexés par les chasseurs, pour des balades en toute sécurité et liberté : signez-la et partagez-la !

 

SIGNEZ ICI

* Voir dates d'ouverture de la chasse saison 2015-2016

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Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

* Voir dates d’ouverture de la chasse saison 2015-2016

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Sortie générale des fusils : Tous aux abris !

tir-lunette-110Aujourd’hui, avant même l’ouverture générale de la chasse*, l’ASPAS a déjà recensé 5 victimes de coups de fusil, dont un adolescent de 16 ans. En effet, les lois et réglementations françaises sont tellement permissives que les chasseurs peuvent en pratique exercer leur loisir toute l’année, avec des armes pouvant tuer à 3 km, et sans aucun contrôle de la vue ni aucun alcootest possible. Pour trop d’usagers de la nature, c’est le retour de la peur.

Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

chasse-pancarte-1Menace pour la vie sauvage, la chasse représente aussi une menace pour la vie humaine. Mercredi 19 août une balle à sanglier terminait sa course dans la façade d’une maison à Draguignan. Mais 150 à 200 blessés, et une quinzaine de morts dues à la chasse, sont recensés chaque année par l’ONCFS. Ces drames pourraient être évités avec de meilleurs contrôles des connaissances et d’aptitudes, mais ceux-ci n’existent pas alors que le droit de chasse est un de ceux pour lesquels on légifère le plus. Ainsi, une fois qu’un pratiquant a décroché son permis, il n’aura aucune vérification de ses connaissances, de son arme et de son maniement, ou encore de sa vue, quels que soient son âge et son état de santé. Et de surcroit, la corporation des chasseurs refuse l’usage de l’alcootest comme s’il s’agissait d’une provocation, alors qu’ils utilisent des armes dangereuses dans des espaces partagés par d’autres (promeneurs, cueilleurs, cavaliers, vététistes, naturalistes…).

Pour la grande majorité des Français l’ouverture de la chasse, c’est la fermeture de la nature. Le lobby de la chasse a beaucoup trop de pouvoir en France, et l’ASPAS en dénonce infatigablement les abus.

Depuis plus de 20 ans l’ASPAS se bat pour que soit enfin instauré, au niveau national, le dimanche sans chasse. C’est aujourd’hui la seule mesure susceptible de garantir l’accès à une nature sans danger pour tous. Le dimanche étant le jour des promenades familiales, et celui pour lequel on recense le plus d’accidents de chasse. Plus de 300 000 citoyens se sont déjà associés à l’ASPAS à travers une pétition, pour que soit mise en place cette simple mesure de bon sens.

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Dimanche 16 août. Un adolescent qui passait sur une route à proximité d’une battue aux gros gibiers est sérieusement blessé par balle par un chasseur de… 19 ans. La chasse est donc autorisée avant l’ouverture ? Hélas oui. En France, contrairement à ce qu’il se passe partout en Europe, il n’existe aucune trêve des fusils, aucun jour national sans chasse, aucune période sans battue, et quasiment aucun espace préservé, puisque la chasse est autorisée dans la majorité des Parcs et Réserves, ou encore dans certaines villes, et qu’un chasseur peut achever son gibier jusque dans votre jardin. Il peut même tirer dans l’obscurité, voire de nuit ! La France est aussi le pays européen où les chasseurs ont le droit de tuer le plus grand nombre d’espèces : 91 au total, dont la plupart sont en raréfaction.

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08/09/2015

Vergers vivants recrute un Directeur (secteur Montbéliard - 25)

Vergers vivants

association membre de FNE Franche-Comté

recrute un Directeur

(secteur Montbéliard - 25)



FRANCHE COMTE_LOGO MAIL.jpgSECRETARIAT
MEFC - 7, rue Voirin - 25000 Besançon
Tél. 03 81 80 92 98 - http://fne-franche-comte.fr/
Association agréée au titre de la loi du 10 juillet 1976 relative à la Protection de la Nature

---------- Message transféré ----------
De : Nicolas LAVANCHY - Vergers Vivants <n.lavanchy@vergers-vivants.fr>
Date : 8 septembre 2015 18:38
Objet : offre de poste DIRECTEUR/TRICE
À :

Bonjour,
Après 5 ans d'implication au sein de Vergers Vivants, je vais quitter mes fonctions de directeur en cette fin d'année.
Ainsi, l'association recrute une personne pour prendre le relais à compter de janvier 2016. Vous trouverez en pièce jointe une offre d'emploi à diffuser pour le poste de DIRECTEUR / DIRECTRICE.
Merci d'avance et au plaisir de vous croiser bientôt !
Cordialement,
--
 
vergersPT1.jpgNicolas LAVANCHY
VERGERS VIVANTS
La Damassine
23, rue des Aiges
25230 VANDONCOURT
Tél. 03 81 37 82 26
www.vergers-vivants.fr

 

 

VV offre d'emploi DIRECTEUR-TRICE 2015_Page_1.jpg

VV offre d'emploi DIRECTEUR-TRICE 2015_Page_2.jpg

03/09/2015

Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

BANDEAU-FNE-450.jpg

Représentativité des ONG environnementales : Le grand recul du gouvernement

 

Représentées au Comité Économique et Social Européen[1], les associations environnementales viennent d’être éliminées pour la prochaine mandature. Une décision inacceptable. Le retour en arrière c’est maintenant ?

 

Partenaires à part entière des acteurs de la société civile, les organisations environnementales avaient intégré à partir des années 2008-2009 plusieurs grandes enceintes institutionnelles afin de faire entendre la voix de l’écologie en amont des décisions publiques. Au niveau européen, cela représentait 2 sièges pour les associations de protection de l’environnement françaises. C’était là un acquis majeur du Grenelle de l’environnement que personne ne songeait à remettre en question, du moins ouvertement.

 

C’était sans compter sur le gouvernement français qui vient de supprimer ces deux seuls sièges  au Comité Economique et Social Européen. Alors que leur implication dans leurs mandats avait été unanimement saluée, France Nature Environnement et la Fondation Nicolas Hulot viennent d’apprendre, et tout à fait incidemment, que leurs mandats seront désormais supprimés. Leur implication avait pourtant permis de faire bouger les lignes au niveau des institutions européennes sur  des sujets très concrets comme l’obsolescence programmée, l’économie de fonctionnalité, la surpêche ou la promotion des transports collectifs.

 

En outre, et bien que le Comité Économique et Social Européen soit l’organe consultatif, créé en 1957 par le Traité de Rome, pour représenter la société civile organisée auprès des institutions européennes, le gouvernement, au mépris de toutes les règles statutaires, a choisi d’y proposer deux personnes qui ne correspondent aucunement au critère de représentation de la société civile organisée.

 

France Nature Environnement juge inadmissible ce considérable retour en arrière sur les représentations environnementales et considère la décision du gouvernement comme un gigantesque désaveu du travail mené bénévolement.

 

FNE demande une annulation de la décision gouvernementale et exige une réponse argumentée sur la place et le rôle que le gouvernement entend voir jouer par les organisations environnementales dans les instances consultatives.

 


 

02/09/2015

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens

Accident nucléaire : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes qui ne rendent compte à personne

Criirad-bandeau.jpg

Dernière mise à jour : 20 novembre 2015

 

 ACCIDENT NUCLÉAIRE : les risques encourus par 500 millions d’Européens dépendent d’experts anonymes, qui ne rendent compte à personne !
 
Les autorités françaises et européennes maintiennent le secret sur l’identité des experts qui ont validé les limites de contamination applicables aux aliments après un accident nucléaire. Ces limites sont excessivement élevées et exposeront les populations, en particuliers les enfants, à des niveaux de risque inacceptables.


La CRIIRAD poursuit son combat pour la transparence : nous vous avons informés récemment  de nos échanges avec la Direction Générale de la Santé (qui tente de décliner toute responsabilité dans le dossier).  Ce nouveau message porte sur le volet européen : dans notre courrier d’hier, nous avons mis la  Commission au pied du mur : reconnaitre ou nier la réalité des anomalies identifiées dans le rapport de ses experts.


 
BRAS DE FER AU NIVEAU EUROPÉEN
 
Le 29 juillet dernier, la Commission européenne a adressé un second courrier à la CRIIRAD, avec de nouvelles explications sur ce qui motive son refus de communication.


1/ la Commission indique qu’elle ne saurait imposer au groupe d’experts de l’article 31 les règles de transparence habituelles puisque la nomination des membres de ce groupe ne relève pas de ses attributions mais de celles du Comité Scientifique et Technique, comité institué en application de l’article 134 du traité Euratom.


Bien des zones d’ombre subsistent et peut-être s’agit-il d’une nouvelle échappatoire. La réponse ne tardera pas car la CRIIRAD a décidé de prendre la Commission au mot et de saisir le Comité Scientifique et Technique des mêmes demandes de communication des noms et références professionnelles des experts du groupe 31 Euratom : lire le courrier adressé au CST.


2/ la Commission européenne précise qu’elle est d’autant moins convaincue de la nécessité de publier le nom des experts qu’elle ne partage pas l’analyse que fait la CRIIRAD de leur travail scientifique. Cette déclaration est totalement gratuite car la Commission ne répond à aucun des arguments développés par la CRIIRAD. Il faut donc l’obliger à se confronter au fond du dossier.


Dans un nouveau courrier, la CRIIRAD a donc détaillé l’une des 12 anomalies majeures du rapport d’expertise et mis au défi la Commission européenne de reconnaître, ou de nier, sa réalité. L’exemple choisi est facile à exposer : les experts Euratom se trompés sur le coefficient applicable ce qui les conduits à sous-évaluer d’un facteur 10 la dose reçue par les nourrissons en cas d’ingestion de plutonium (le risque réellement encouru est donc 10 fois supérieur à ce qu’ont écrit les experts). La suite permettra de déterminer si la Commission reste solidaire de ses experts (et choisit l’intérêt particulier contre l’intérêt général et la protection sanitaire des populations) ou si elle est en capacité de reconnaître les fautes qu’ils commettent et d’obtenir leur correction. Dans ce cas, un dialogue pourrait s’ouvrir sur la douzaine d’omissions, contradictions, insuffisances et autres irrégularités graves que la CRIIRAD a repérées. Il serait plus que temps : le Conseil de l’Union européenne devrait adopter le projet de règlement dans les tous prochains mois !
 
Ces nouveaux éléments ont été transmis ce jour à la médiatrice européenne, dans le cadre de la plainte que la CRIIRAD a déposée contre la Commission européenne.
 
Très bonne lecture à tous !
 
Très cordialement
 
L’équipe de la CRIIRAD
 
PS : nous comptons sur vous pour diffuser l’information et appeler vos parents, amis et contacts à signer la pétition. Pour plus d’information, accédez ici au dossier complet.  
 
Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité
 CRIIRAD
29 Cours Manuel de Falla

26000 VALENCE

04 75 41 82 50

asso@criirad.orgwww.criirad.org

 

Oui, le nucléaire est dangereux à faibles doses : une étude de l'OMS sur plus de 300.000 travailleurs de l'industrie nucléaire démontre l'effet néfaste des rayonnements, même à des doses très réduites.  

Voir cette étude qui le démontre.

radioactivité-dans-l'alimentation.jpg

07/08/2015

T-shirts écolos

Qui serait intéressé par l’achat de T-shirts blancs, avec impression frontale du type ci-dessous, au format 21 x 29.7. Le prix serait de l’ordre de 15 à 20 €.

Quels modèle ?
Quelle taille ?
Combien ?

René-Jean Monneret

03 84 85 10 48
06 82 42 99 03
rjmonneret@wanadoo.fr
http://rjmonneret.free.fr
www.jurafaune.com

 

Aigles-450.jpg

Faucons-450.jpg

15/07/2015

La chasse à la glu : l'intelligence au pouvoir au Sénat

 L’intelligence au pouvoir au Sénat

 

La solution pour lutter pour lutter contre les incendies de forêt : la chasse à la glu. Personne n'avait encore osé avancer un tel argument. Sauf un sénateur. Ça nous rappelle une réplique de Michel Audiard dans les "Tontons flingueurs" : Les c… ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.

Moralité : le Sénat a adopté. Rappelons que cette haute assemblée est composée de personnages d'un certain âge. Mais, comme dit Georges Brassens : Le temps ne fait rien à l'affaire…

 

Chasse-à-la-glu-450.jpg

 

29/06/2015

Le Circaète Jean-le-Blanc

Le Circaète Jean-le-Blanc

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Un bref séjour avec l'un de mes amis dans les Cévennes nous a permis d'observer ce superbe rapace.

 

Nous parcourons les petits chemins qui sillonnent le Causse Méjean, tout en observant les oiseaux dont les nichées arrivent à terme en ce début d'été. La silhouette d'un rapace, d'une envergure de 1,70 mètre, se présente à bonne distance. Très vite, nous identifions cet aigle que nos téléobjectifs ne lâcheront plus. Le Circaète se dessine magnifiquement sur un fond de ciel pur, tournoyant à notre verticale, scrutant le sol à la recherche de reptiles qui constituent quatre-vingt-dix pour cent de son régime alimentaire.

 

Observable essentiellement en migration dans le Doubs, la majorité des couples sont fixés dans le sud-est : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, sud de Rhône-Alpes et sud-est du Massif Central.

 

Une belle observation qui complète celles des Vautours fauves et moines, nichant dans les gorges de la Jonte et du Tarn, rapaces que l'on peut observer tous les jours dans d'excellentes conditions. Symboles de cette région, les Vautours réintroduits il y a une trentaine d'années constituent la fierté du parc national des Cévennes complétée aujourd'hui par un nouveau programme de réintroduction du Gypaète barbu.

 

Circaète-Jean-le-Blanc-450.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

 

26/06/2015

Le Cincle plongeur

Une nichée pour le printemps, une pour l'été…

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

Il existe, dans le Pays de Montbéliard, des endroits rêvés pour observer le Cincle plongeur. Les ruisseaux de « têtes de bassin » avec leurs sources karstiques émergentes au fond de nos reculées, avec leurs grottes et leurs cascades moussues constituent toujours un cadre exceptionnel » explique.

 

Depuis plus de 25 ans, j'observe le Cincle, fidèle à ces endroits, trouvant dans ces biotopes les conditions idéales de « niche écologique », notamment pour assurer sa reproduction.

 

Ainsi chaque année, le couple s'installe dans la cavité d'un rocher, abritée par un rideau d'eau, qu'il franchit pour rentrer et sortir du nid parfaitement invisible. Le bec rempli de nourriture qu'il capture en partie sous l'eau, le couple assure, durant près de trois semaines, un va et vient permanent pour nourrir les poussins dont les cris stridents percent le bruit de la chute d'eau, témoignant ainsi de leur présence.

 

Il s'agit là d'une ponte de remplacement à la première nichée, noyée début mai, les cascades ayant connu partout des débits très puissants lors des pluies diluviennes. Dès la décrue, le Cincle plongeur a reconstruit très rapidement son nid. Mes observations de ces derniers jours confirment la réussite de la reproduction avec le départ des poussins à la découverte de leur milieu. Les parents nourriront les jeunes Cincles plongeurs durant une quinzaine de jours encore, avant de les chasser, pour les contraindre à acquérir leur indépendance et leur imposer de trouver un autre territoire pour passer l'hiver.

 

En attendant, peut-être, encore une belle nichée d'été pour animer les cascades de ces « petits bouts du monde » au Pays de Montbéliard.

 

dominique delfino,photographe naturaliste et animalier

Cliché © Dominique Delfino

03/03/2015

Apparition des cellules eucaryotes (cellules à noyau) : une nouvelle hypothèse

 Apparition des cellules eucaryotes (cellules à noyau) : une nouvelle hypothèse

 

Unité fondamentale de la vie, la cellule est au cœur de toute la biologie.

 

Chaque organisme complexe (plantes, animaux, champignons) est constitué de cellules eucaryotes, les cellules avec un noyau et d'autres machines internes complexes utilisées pour remplir les fonctions d'un organisme a besoin pour rester en vie et en bonne santé. Par exemple l'organisme humain comprend 220 types différents de cellules eucaryotes qui, travaillent en groupes, contrôlent tout, de la pensée et de la locomotion à la reproduction et à la défense immunitaire.

 

Chacune de nos cellules est composée d'un noyau et d'un entrelacs de membranes dont les biologistes cherchent l'origine depuis près d'un siècle. Jusqu'ici l'idée prévalait qu'une cellule avait grossi puis créé son noyau. Mais des zones d'ombre subsistaient.

 

La théorie de l'endocytose, due à la scientifique américaine Lynn Margulis (1966), expliquait déjà l'origine des chloroplastes et des mitochondries comme des bactéries endosymbiotiques capturées par les cellules eucaryotes pour se fournir en de tels organites.

 

En octobre 2014, David Baum, spécialiste de l'évolution à l'université du Wisconsin (États-Unis) a proposé une hypothèse audacieuse, mais très plausible. Selon le scénario de David Baum, une cellule primordiale constituerait dès le début du processus le noyau, et c'est lui qui commanderait le développement d'un nouveau corps autour de lui. Autrement dit : au commencement serait le noyau, puis viendrait la cellule.

 

Si l'on reprend la chronologie de l'apparition de la vie sur la Terre, on note les étapes suivantes :

 

  • 4,56 milliards d'années : formation de la Terre.
  • 3,8 milliards d'années : apparition des premières cellules simples sans noyau, les procaryotes.
  • Entre 2,7 et 1,8 milliards d'années : apparition des premières cellules avec noyau, les eucaryotes.
  • 1,6 milliard d'années : premiers organismes pluricellulaires (algues).
  • 635 millions d'années : premiers animaux.

 

Ainsi, l'origine de la cellule eucaryote est considérée comme l'un des événements évolutifs les plus critiques de l'histoire de la vie sur Terre. Sans cette apparition des cellules eucaryotes, notre planète serait un endroit très différent, peuplé entièrement par des procaryotes, des organismes unicellulaires comme les bactéries et les archées.

 

A priori, cette chronologie ne laisserait aucun doute. Au commencement étaient des cellules sans noyau (procaryotes). Puis, parmi ces cellules primordiales qui peuplaient notre planète à l'aube de la vie, il y a 2 milliards voire 3 milliards d'années, certaines audacieuses ont tenté... autre chose. De simples, celles-ci se sont engagées sur un nouveau chemin évolutif.

 

Après la sobre perfection des premières, elles ont ouvert l'ère de la subtile complexité des cellules à noyau (eucaryotes), dont nous descendons aujourd'hui en droite ligne.

 

Non qu'il y ait eu remplacement : les procaryotes sont encore là — ce sont les bactéries, les archées, qui pullulent toujours. Mais les eucaryotes allaient inventer la pluricellularité, le sexe.

 

L'apparition de ces cellules d'un nouveau type a été la plus grande révolution qu'ait connue la vie... Or, on ne sait rien de cette apparition. Ni quand ni comment ni avec qui elle s'est faite.

 

Ce qu'on sait, c'est que les procaryotes se sont munis d'une enveloppe cellulaire limitant un cytoplasme où se mêlent ADN, protéines et machineries cellulaires destinées à perpétuer la vie cellulaire. Alors que la cellule eucaryote est 10 à 100 fois plus grande et dotée d'une structure dûment compartimentée, avec un noyau central où s'insère l'ADN, tandis qu'autour se déploient un vaste entrelacs de membranes lié à la production de protéines, des mitochondries pour générer l'énergie, l'appareil de Golgi pour réguler le transport interne, un centrosome pour permettre la division cellulaire, etc.

 

Procaryotes, eucaryotes... Depuis qu'ils ont découvert cette dichotomie fondamentale, il y a près d'un siècle, la question taraude les scientifiques... Comment est-on passé de l'un à l'autre ? Comment est apparu le noyau dans les cellules ?

 

Poser ainsi la question, c'était déjà suggérer la réponse... De fait, tous les scénarios élaborés jusqu'ici sont basés sur la même trame : en l'occurrence : une cellule, sans doute une archée[1], aurait grossi en dilatant sa membrane externe,puis, à la fin de cette transformation, aurait projeté des replis internes afin de former en son centre le noyau et les complexes jeux de membranes qui l'entourent - les mitochondries étant d'anciennes bactéries avalées par leur hôte. Cela semblait logique.

 

La plupart des scientifiques conviennent donc que les cellules eucaryotes ont surgi à partir d'une relation symbiotique entre les bactéries et les archées.

 

Problème : on ne connaît pour l'heure aucun procaryote capable d'un tel trafic de membrane... Et il est difficile d'expliquer comment s'est mise en place l'organisation intracellulaire labyrinthique que l'on observe aujourd'hui.

 

Or, voici qu'un biologiste vient renverser toute l'histoire. Spécialiste de l'évolution à l'université du Wisconsin (États-Unis), David Baum affirme aujourd'hui que la cellule initiale — celle qui fit le grand saut pour devenir eucaryote — aurait, dès le début du processus, constitué le noyau, et c'est ce dernier qui aurait "piloté" le développement d'un nouveau corps autour de lui.

 

Ce scénario élaboré par David Baum en collaboration avec son cousin Buzz Baum, biologiste cellulaire à l'University Collège of London présenté pour la première fois fin 2014 a l'avantage d'expliquer, via un unique processus, l'origine si mystérieusedes enchevêtrements de membranes internes : ces derniers seraient les témoins de la naissance des eucaryotes. Connu comme la théorie "inside-out" de l'évolution de la cellule eucaryote, ce point de vue de de la complexification de la vie a été publié le 28 octobre 2014 dans la revue en libre accès BMC Biology. (voir infographie).

 

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Infographie Science & Vie n° 1171 avril 2014

 

Si, dans la communauté scientifique, tout le monde n'est pas forcément d'accord avec ce modèle, on s'entend pour souligner son audacieuse simplicité et l'intérêt des réflexions qu'elle suscite sur la dynamique des cellules, le vieillissement, l'apparition des cancers...

 

David Baum conduit actuellement une série d'analyses génétiques pour tester justement ses idées sur ce point. Quant à son cousin, il s'est lancé dans des expériences chez des eucaryotes et des archées. Tous deux ont une série de prédictions qu'ils voudraient tester pour que le mystère de la naissance de nos cellules soit enfin résolu.

 

Source :

Émilie Rauscher (2015).- Cellules eucaryotes : l'hypothèse que personne n'attendait. (Science & Vie n° 1171 avril 2015, pp.74-77).

 

Lien internet



[1] Les archées et les bactéries représentent deux des trois grands domaines de la vie. Le troisième étant constitué par les eucaryotes, des organismes composés des cellules eucaryotes plus complexes.

01/03/2015

Apron, l’incroyable aventure d’un poisson sentinelle

Apron1_logo.jpgApron, l’incroyable aventure d’un poisson sentinelle

 

Depuis 2015, le Muséum de Besançon s’investit dans les actions de protection de l’Apron du Rhône, notamment dans le projet Life , puis le PNA aprons.
Une mise au point des techniques de reproduction, puis des élevages réguliers et nombreux ont permis de répondre aux objectifs de ces plans.
Dernièrement le Muséum a participé à la réalisation d'un documentaire de présentation de cette espèce :


 
‘Apron, l’incroyable aventure d’un poisson sentinelle’
 
Un film de Sylvain Garassus et Jean-Yves Collet

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24/02/2015

SHNPM : calendrier 2015

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30/11/2014

Mise à jour de la phylogénie des tortues

tortue-200.jpgMise à jour de la phylogénie des tortues

(dernière mise à jour du 28/07/2015)

 

 

Une équipe américaine a publié en novembre 2014 une phylogénie des Tortues (Testudines) en analysant 2381 “ultraconserved elements” (UCE), c’est-à-dire des parties d’ADN très peu divergentes entre espèces, ce qui permet une résolution fiable des relations phylogénétiques entre taxons ayant divergé depuis très longtemps.

 

Les auteurs ont fait un travail de séquençage considérable : 86 millions de bases ont été lues chez 28 taxons ; en moyenne des séquences de plus de 3 millions de bases ont été obtenues pour chaque échantillon avec au final des recouvrements obtenus de 1 718 154 paires de bases (!), qu’ils ont donc pu comparer entre elles. Autant dire que les résultats obtenus sont robustes et très probablement définitifs pour cet ordre !

 

Ce travail a permis de résoudre les relations discutées jusqu’alors de certains groupes comme les Trionychia (tortues à carapace molle), mais aussi de proposer un nouveau groupe, les Emysternia, incluant l’ancêtre commun à Platysternon megacephalum (une espèce asiatique seule représentante vivante de sa famille) et Emys orbicularis. En croisant des données fossiles les auteurs ont pu reconstruire un scénario biogéographique de la mise en place des groupes depuis le morcellement de la Pangée.

 

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Pour en savoir plus :

 

Nicholas G. Crawford, James F. Parham, Anna B. Sellas, Brant C. Faircloth, Travis C. Glenn, Theodore J. Papenfuss, James B. Henderson, Madison H. Hansen, W. Brian Simison, A phylogenomic analysis of turtles, Molecular Phylogenetics and Evolution, Available online 4 November 2014, ISSN 1055-7903, http://dx.doi.org/10.1016/j.ympev.2014.10.021.

 

  

L'ancêtre des tortues : un lézard (mise à jour du 28/07/2015)

 

Quelques mois après le précédent article, la découverte d'un fossile en Allemagne venait bouleverser la phylogénie des Chéloniens.

 

Jusqu'à présent, on ignorait à quels reptiles anciens l'ordre des Chéloniens, l'ordre des tortues était apparenté. On situait son origine au Trias (il y a 252 à 201 millions d'années), mais fallait-il relier les tortues aux lézards, aux crocodiles ou aux prédinosaures triassiques ?. Or une espèce fossile de tortue vient d'être découverte qui confirme ce que l'on suspectait déjà : les tortues sont des proches parentes des lézards qui se seraient adaptées à la vie aquatique.

 

Pappochelys rosinae est extraordinaire : « On ne trouve un tel fossile qu'une seule fois dans sa vie, ou pas ! » s'exclame Rainer Schoch du Muséum d'histoire naturelle de Stuttgart, qui partage la découverte avec Hans-Dieter Sues, du Muséum américain d'histoire naturelle, à Washington. Pappochelys est l'un des fossiles que les deux paléontologues ont extraits dans la carrière Schumann à Vellberg, dans le Bade-Wurtemberg. Une fois dégagé de sa gangue d'argilite lacustre (un fond de lac pétrifié), l'un des fossiles s'est révélé être celui, rarissime, d'une tortue (voir le cliché ci-dessous).

 

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Le fossile de Pappochelys rosinae

La flèche indique l'une des côtes renforcées de cette prétortue

 

Comme la strate dont il provient date de 240 millions d'années, il s'agirait du plus ancien fossile de tortue à ce jour. Rainer Schoch et Hans-Dieter Sues viennent de publier la description de la nouvelle espèce et, en l'étudiant, ils ont découvert que ses caractères archaïques en font une forme intermédiaire entre les lézards triassiques et les tortues.

 

La trouvaille est d'un grand intérêt, Aussi l'étude paléontologique publiée par Rainer Schoch et Hans-Dieter Sues sera-t-elle sûrement examinée par les autres spécialistes...

 

Pourquoi pensait-on que les tortues et les lézards triassiques étaient proches ? La découverte en 2011 d'ARN commun aux lézards et aux tortues indiquait une parenté proche. Toutefois, cette donnée et les autres données génétiques ne s'accordaient pas bien à ce que l'on savait du registre fossile.

 

Jusqu'à présent, vieux de 220 millions d'années, le reptile chinois Odontochelys passait pour la plus ancienne tortue : son blindage ventral était complètement ossifié, tandis que son blindage dorsal ne consistait qu'en côtes élargies. On avait aussi remarqué de telles côtes sur Eunotosaurus, un reptile vieux de 260 millions d'années, qui vivait donc à la fin du Permien (298,9 à 252,2 millions d'années). Toutefois, d'après son aspect, on ne pouvait être sûr qu''Eunotosaurus soit bien un ancêtre des Chéloniens. La période d'apparition du plan d'organisation des tortues restait donc difficile à situer dans le temps, et les Chéloniens difficiles à relier aux lézards ou à d'autres groupes.

 

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Place de Pappochelys dans l'arbre phylogénique des Chéloniens

 

Ce trouble est dépassé : Pappochelys suggère que l'évolution de certains lézards a produit les tortues il y a quelque 240 millions d'années ou avant, au Permien peut-être. En effet, Pappochelys ressemble à un lézard (voir en haut à droite), qui serait doté de côtes élargies, mais pas (encore) fusionnées en un blindage ventral ossifié unique comme chez Odontochelys. Par ailleurs, Pappochelys a des dents et son crâne, comme celui des lézards, montre deux fenêtres temporales, au lieu d'avoir le caractère beaucoup plus massif de celuides tortues. Il est donc clair que Pappochelys, et avec elle les tortues, sont ce que les paléontologues nomment des Diapsides (des reptiles à deux fenêtres temporales). Désormais, on peut être certain que les tortues sont issues des lézards, et sont apparentées aussi aux crocodiles (des lézardoïdes) et aux oiseaux.

 

En tout cas, pour les découvreurs de la tortue de Vellberg, « l'âge géologique de Pappochelys correspond exactement à la fenêtre temporelle à laquelle on s'attend pour de telles formes. Notre découverte montre à quoi a ressemblé le blindage ventral des tortues à l'origine, ce qui lui donne sa très grande signification biologique ».

 

Et quel genre d'animal était Pappochelys ? Long d'une vingtaine de centimètres, il ressemblait à un lézard et vivait dans un petit cours d'eau douce. Comme les iguanes marins des Galapagos, il semble qu'il ait volontiers séjourné dans l'eau. Ses côtes renforcées lui permettaient de plonger profondément et peut-être de rester plus longtemps dans l'eau que les autres lézards, par exemple pour y chasser ou y paître. Tout cela suggère que le blindage des tortues, en plus d'être une défense contre les prédateurs, serait une adaptation à la vie aquatique, ce que la tortue chinoise Odontochelys laissait déjà penser.

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Reconstitution de Pappochelys rosinae

 

 

Sources :

Rainer R. Schoch & Hans-Dieter Sues Nature (2015) doi:10.1038/nature14472 publié en ligne le 24 juin 2015.

François Savatier (2015). - La plus vieille tortue est un lézard Pour la Science n° 454 - août 2015. pp 6-7.