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31/01/2011

Notre poison quotidien

 

Après "Le monde selon Monsanto" Marie-Monique Robin récidive avec "Notre poison quotidien", un film le 15 mars 2011 sur ARTE

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27/01/2011

Fuite sur le réseau d'assainissement de la commune de Thise

Une fuite sur le réseau d'assainissement de la commune de Thise contamine le ruisseau voisin et menace une ressource en eau potable de la Ville de Besançon

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Pollution de Thise : la solution

Une seule demi-journée a suffi pour déboucher la conduite des eaux usées de la commune de Thise, mettre fin à la pollution du ruisseau voisin et lever le risque de contamination des puits d'eau potable de la Ville de Besançon.

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OGM et syndicats agricoles

OGM en France : Wikileaks dénonce

d'après le Canard Enchaîné

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ci-dessous, détail de l'article

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20/01/2011

Pour en finir avec l'agroterrorisme

Pour en finir avec l'agroterrorisme

 

par Michel Tarrier

(voir l'article original à l'adresse ci-dessous)

 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2663_pestic...

 

ainsi que les actus récentes :


UN AGRICULTEUR TUÉ PAR LES PESTICIDES
http://www.lexpress.fr/actualite/environnement/un-agricul...
LA GUERRE AUX PESTICIDES
http://www.quotidienlejour.com/espace-de-vie/arts-de-vie-...
DES POMICULTEURS JUGÉS À BRIVE POUR DES ÉPANDAGES ILLÉGAUX DE PESTICIDES
http://www.romandie.com/infos/news2/110113173751.9blevpnr...
 

09/12/2010

Prolifération sauvage du colza OGM

brassica_napus.jpgProlifération sauvage du colza OGM

 

Lors des 95es rencontres annuelles de la Société américaine d'Écologie le 6 août 2010 à Pittsburgh, dans une communication, Cynthia Sagers, de l'université de l'Arkansas a avancé une observation inquiétante : sur 406 colzas prélevés le long des talus sur 5400 km de routes et autoroutes du Dakota du Nord, 347 (soit 86 %) présentaient un gène de résistance au glyphosate, molécule herbicide à la base du Round-Up de Monsanto. Cette annonce prouve la prolifération des gènes modifiés dans la nature. Étonnant : deux des plantes portaient plusieurs gènes modifiés différents. Or, comme l'assure la chercheuse, il n'y a pas encore eu de "commercialisation de variétés avec des traits transgéniques multiples, si bien que cette découverte suggère que les populations redevenues sauvages se reproduisent et s'implantent solidement en dehors des cultures".

06/12/2010

La santé de Monsanto

La santé de Monsanto

 

par Chloé Hecketsweiler

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Dessin de Lasserre

(Courrier de l'Environnement de l'INRA, n° 59 - oct. 2010)

 

Monsanto, semencier et géant de l'agrochimie, rencontre de nombreuses oppositions quant à certains de ses produits : maïs OGM, herbicide Round Up (glyphosate), plantes Round Up Ready résistantes au glyphosate. D'autre part son bénéfice net est en baisse et l'action a perdu récemment 40 % à la bourse de New-York. Pourtant, le groupe a conquis de 80 à 90 % des surfaces de soja, de maïs et de coton.

En dix ans, le prix des semences de maïs OGM de Monsanto a plus que doublé, quand le rendement lui ne bougeait guère, un fait significatif pour les départements de la Justice et de l'Agriculture américains, très pointilleux quant aux distorsions de concurrence.

Titulaire du brevet Round Up Ready (un gène de résistance à l'herbicide) jusqu'en 2014, Monsanto défend vigoureusement sa propriété. Les autres semenciers doivent accepter ses conditions financières (exorbitantes) pour l'intégrer dans leurs produits, et ne peuvent l'associer librement à d'autres gènes. « La plate forme RoundUp Ready est à l'agriculture ce que Windows a longtemps été à l'informatique : un passage obligé, mais complètement fermé » dit un avocat de DuPont.

Jusqu'où ira cet appétit de tous les semenciers pour la tolérance aux herbicides — qui est une machine à vendre de l'herbicide ? DuPont et Monsanto sont en conflit à propos de semences dotées d'une double tolérance, présentées comme le moyen de lutter plus facilement contre les résistances sauvages...

Or de plus en plus de plantes sauvages ou cultivées développent des résistances au glyphosate, et Monsanto doit parfois aider les agriculteurs à acheter des herbicides concurrents pour les éliminer ! Quant aux performances annoncées pour les semences de deuxième génération RoundUp Ready en 2014 — par exemple, en matière de rendement, celles du soja Round Up Ready 2 Yield — après avoir été mises en doute par des chercheurs, elles pourraient motiver, selon L'Expansion, une enquête pour publicité mensongère de la part de la justice américaine.

Chloé Hecketsweiler : Monsanto, histoire d'un plantage.  L'Expansion, septembre 2010.

 

Voir également l'article suivant (blog de Marianne) et faites-vous une opinion en regardant la vidéo attaché à l'article.

25/11/2010

Lobbys pro-OGM

Titre initial :

Un demi milliard de dollars

pour influencer

la politique en matière d’OGM

 

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Selon un rapport publié en novembre 2010 par Food & Water Watch, c’est 572 millions de dollars qui ont été dépensés depuis 1999 par les 50 plus grandes entreprises, qui possèdent des brevets sur l’agriculture et l’alimentation - comme Syngenta, Monsanto, BASF, Bayer - et deux associations professionnelles impliquées dans les biotechnologies et l’agriculture - Biotechnology Industry Organization (Bio) et CropLife America - pour mener des campagnes ou organiser du lobby auprès du Congrès en vue de favoriser l’introduction des biotechnologies végétales.

Cette somme est répartie ainsi : 547 millions de dollars ont été dépensés pour du lobby directement auprès du Congrès et 22 millions de dollars ont été donnés à des candidats au Congrès.

Le rapport note aussi une augmentation des dépenses au cours de la dernière décennie. Ainsi, les dons représentaient 2,4 millions de dollars en 2000, et 5,3 millions de dollars en 2008.

Une part importante de cet argent a servi à éviter que la nourriture issue d’OGM puisse être étiquetée comme le réclame une majorité d’étatsuniens, ou à faire pression sur des gouvernements étrangers pour qu’ils ne limitent (voire n’interdisent) pas les cultures transgéniques.

Le rapport donne de nombreux exemples. Ainsi BIO a dépensé plus de 4 millions de dollars au cours du premier semestre 2010 pour que la FDA autorise les animaux transgéniques et qu’elle fasse pression sur l’Union européenne pour qu’elle revienne sur sa décision d’interdire la viande issue d’animaux clonés.

Par ailleurs, cette organisation s’est mobilisée financièrement en 2004 pour défendre le projet de loi HR 4561 dont le but était de promouvoir les biotechnologies agricoles à l’extérieur des États-Unis ou pour faire accepter la résolution n°252 qui visait à utiliser l’OMC pour attaquer les réglementations européennes sur les OGM.

Le rapport précise aussi que ces entreprises emploient plus de 300 anciens membres du personnel du Congrès ou de la Maison Blanche.

Parmi eux, John Bradley Holsclaw qui, après avoir été onze ans conseiller du Sénateur Bob Dole, a créé sa propre agence de lobby, Tongour Simpson Holsclaw, laquelle a eu comme client Monsanto, Bio et Aventis.

La connaissance précise des rouages de l’administration américaine lui a permis d’opérer un lobby efficace.


Auteur : Rédaction infogm.org
Source : www.infogm.org

 

10/10/2010

Besançon : Hécatombe de salamandres

Les infrastructures du contournement de Besançon au niveau du Vallon des Mercureaux entraînent une véritable hécatombe parmi la population d'une sous-espèce de salamandre présente uniquement dans ce site en Franche-Comté.

 

 

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La DREAL au secours des salamandres

Salamandre1-logo.jpgLa DREAL au secours des salamandres

 

Rapport intermédiaire de Frédéric Jussyk

 

Consciente de l'impact de l'emprise du chantier routier des Mercureaux, la DREAL a commandité une étude des voies de migration des amphibiens dans le vallon des Mercureaux. Après un rappel sur la biologie des amphibiens, Frédéric Jussyk, Ingénieur écologue expose  ici une synthèse du suivi de la migration d’automne postnuptiale et préconise des mesures pour améliorer la survie des espèces d'amphibiens concernés par le chantier.


RAPPEL SUR LA BIOLOGIE DES AMPHIBIENS

 

La plupart des amphibiens adoptent un mode de vie biphasique avec une phase terrestre et une phase aquatique. La reproduction a lieu au printemps (pic de mars à juin) dans des mares, étangs, rus, fossés, ornières, mais aussi dans des zones humides artificielles : fossés, bassins, ornières de chantier…

(Voir également l'article sur la Salamandre tachetée).

 

De sorte que ce mode de vie entraîne une sujétion pour les femelles.  Succédant à la période d'accouplement, les femelles recherchent une collection d'eau favorable à la ponte et à l'éclosion des œufs : c'est la migration prénatale. Immédiatement après la ponte les femelles effectuent une migration de retour (postnatale) en direction des sites d’estive.

 

Dans le vallon des Mercureaux, la migration prénatale a lieu principalement de mi-février à fin mars (ou mi-avril), elle correspond à la migration vers la zone humide de reproduction, les femelles migrant depuis le Bois de la Côte et autres boisements périphériques (estive, hivernage) vers le fond de vallon des Mercureaux (reproduction). Aucune zone humide stagnante (mare, étang) n’est initialement présente dans ce fond de vallon. Quelques ornières peuvent toutefois abriter localement une petite population. Les ruisseaux (Mercureaux, Contour) présentent un écoulement parfois rapide de type torrentiel peu favorable à la plupart des amphibiens, excepté la Salamandre tachetée et le Crapaud commun qui utilisent les ruisseaux forestiers pour leur reproduction.

 

Après l'accouplement en septembre, les salamandres adultes qui ont passé l’été dans la forêt se sont plus ou moins éloignées des zones de reproduction (cours d’eau, fossés, ornières, mares), Elles s’abritent dans des cavités humides le jour, ne se rencontrant pas forcément auprès des cours d’eau. L'automne arrivant, les salamandres quittent les sites de reproduction et d’estive et se dirigent vers les sites d’hivernage (migration postnuptiale). Cette migration est plus diffuse et moins visible que la première. Elle a lieu de septembre à fin octobre (mi-novembre). Les salamandres recherchent alors un abri pour hiverner (cavités naturelles et artificielles : caves, galerie de mine ou de fort)[1]. Elles peuvent également utiliser des sites artificiels sur le chantier routier. C’est pourquoi on les retrouve dans les caniveaux, puisards…

 

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Vue satellitaire du site (document Google-F. Jussyk)

 

Les batraciens forment un groupe faunistique sensible puisque, en période de reproduction, ils sont attirés par les collections d'eau accessibles : ornières, fossés et bassins de décantation de l’emprise des chantiers routiers, pouvant y séjourner plusieurs mois, probablement en raison de meilleures conditions de température, de mise en eau et de l’ensoleillement.

 

RÉSULTATS DES OBSERVATIONS

LA MIGRATION POSTNUPTIALE

 

Le rapport intermédaire de F. Jussyk fait la synthèse des observations de l'automne 2010 correspondant à la migration post-nuptiale (octobre-novembre).

 

Cinq espèces d’amphibiens sont observées dans l’emprise du chantier des Mercureaux, principalement la Salamandre tachetée et le Crapaud commun qui se reproduisent dans les ruisseaux forestiers. Les trois autres espèces semblent présentes de manière anecdotique, les cours d’eau à écoulement rapide et l’absence de mares leur sont défavorables (Grenouille rousse, Triton palmé, Triton alpestre).

 

Le rapport fait état de mortalités d’amphibiens, principalement de la Salamandre tachetée, mais également de quelques Crapauds communs dont les cadavres sont observés de septembre à mi-novembre dans un caniveau béton de la voie des Mercureaux en cours de construction. Les prospections d’automne 2010 ont consisté à repérer les voies de migration et d’intrusion dans l’emprise, d’identifier les ouvrages-pièges afin de proposer des aménagements temporaires en phase chantier et définitifs lors de la mise en service afin d’éviter ces mortalités, et de pérenniser les populations du vallon. Pour cela, des prospections diurnes et nocturnes ont été réalisées.

 

Ces prospections ont montré que les amphibiens tentent de migrer depuis le vallon des Mercureaux vers le Bois de la Côte. Certains peuvent également chercher des sites artificiels d’hivernage (puisards, caniveaux, ouvrages souterrains). Ils longent le bord externe de la voie entre le talus de terre ou de cailloux et la cunette. Lorsqu’ils parviennent dans la cunette béton, via des surplombs notamment des talus en herbe (PR164-172) et la plate-forme du poste électrique (PR188) ils la suivent et meurent d’épuisement et de déshydratation, le béton assèchant la peau fine des amphibiens. Cette cunette béton en U est longue de plus de 1000 m, sans dispositif de sortie. Certains sont emportés lors de pluie dans un puisard en contrebas (vers l’OA7) et ne peuvent plus ressortir. Les cunettes et glissières béton (2X2 voies), les talus raides, parfois plus de 10 m de haut, (côté OA6-OA7 et côté Tunnel de Fontain), rendent cette migration de retour impossible.

 

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 Photos 1 et 2 (documents F. Jussyk)

 

Les caniveaux en V (voie montante) ne posent pas de problème de franchissement pour les amphibiens.  Mais les glissières centrales en béton et les caniveaux en U (photos 1 et 2) constituent des barrières et des pièges.

 

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Photos 3 et 4 (documents F. Jussyk)

 

Au niveau PR164 à 172, les amphibiens peuvent accéder à la cunette par les talus qui la surplombent (photo 3), mais aussi par la plateforme de la station électrique (photo 4), PR187 à 188.

Les salamandres trouvent refuge la journée dans les tas de cailloux côté externe de la cunette. La nuit, elles sont observées sortant des petites cavités. Ces tas de cailloux ont récemment été nivelés et compactés. Malgré ceci, des salamandres sont observées de nuit sortant du terrain compacté et longeant la cunette (photo 4).

 

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Photos 5 et 6 (documents F. Jussyk)

 

Certains ouvrages constituent des pièges pour les amphibiens : regard de visite à isoler au sud du bassin, puisard-piège en continuité de la cunette, partiellement protégé par une plaque pendant les travaux (photos 5 et 6).

La photo 6 montre un puisard côté aval (PR180) avec échelle de visite recevait lors des travaux les eaux d’écoulement de la cunette béton. Des amphibiens piégés dans la cunette sont emportés, lors de pluie, vers le puisard puis dans des drains au fond de l’ouvrage. L’accès dans ce puisard était impossible car la plaque de fer qui le recouvrait partiellement est en partie goudronnée et scellée à la route. Ce puisard a été théoriquement sécurisé.

 

SUIVI DES AMPHIBIENS

 

Les comptages diurnes ont eu lieu le matin en octobre et jusqu’au 21 novembre 2010 (fin de la migration). Ils ont été complétés par des suivis nocturnes afin de recenser les voies de passages.

 

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Flux de migration postnuptiale (document F. Jussyk)

 

Les amphibiens capturés ont été transférés de l’autre côté de la voie vers l’amont, dans les boisements, en évitant la voie communale de Fontain à la Chapelle des Buis. Les talus hauts et raides côté aval : à l’ouest, au droit des mares de substitution, (OA6-7) et à l’est, avant le tunnel de Fontain interdisent les migrations d’automne. Aucun amphibien n’est observé dans ces secteurs.

 

Le temps froid (<5°C) et sec est défavorable aux déplacements d’amphibiens (peu ou pas d’observations). La grande majorité des amphibiens est observée dans les cunettes aval (au nord côté vallon). Au total un minimum de 219 Salamandres (juvéniles + adultes), 50 Crapauds communs ont été capturés et transférés dans le Bois de la Côte en amont. La migration a probablement commencé mi-septembre, 173 Salamandres et 73 crapauds morts ont été observés dans les caniveaux. On peut donc estimer une population de salamandres d’au moins 200 adultes reproducteurs sur ce versant du vallon des Mercureaux-Bois de la Côte. Il est également probable qu’une autre population d’amphibiens soit présente dans le Bois du Peu sur le versant opposé du vallon. Celle-ci pourrait bénéficier des mares de substitution.

 

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Tableau de comptage (document F. Jussyk)

 

Certains suivis réalisés avant le 20 octobre présentent un risque de double comptage, les chiffres de batraciens transférés ne tiennent compte que des comptages postérieurs au 19/10.

 

NB : Les captures et transferts des amphibiens piégés dans les cunettes se sont fait avec autorisation de capture/déplacement de la DREAL.

 

PROPOSITION D’AMÉNAGEMENT ET POURSUITE DES INVESTIGATIONS (JANVIER/FÉVRIER 2011)

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Propositions d'aménagement

(document F. Jussyk)

(Pour agrandissement, cliquer sur le document)

 

Des clôtures mailles fines vont être prochainement posées des deux côtés de la route, de l’OA7 au Tunnel de Fontain, pour éviter l’intrusion d’amphibiens dans l’emprise.

 

La pose de grillage spécifique est également nécessaire autour de la tête de tunnel y compris en crête. Les amphibiens peuvent accéder à la descente depuis ce secteur boisé.

 

Ces clôtures devront laisser l’accès libre aux deux ouvrages hydrauliques jugés plus ou moins favorables au passage d’amphibiens sous la route (cf rapport du 18/11/10). Les 2 OH potentiellement favorables sont situés : PR 195, PR 205.

 

Ces ouvrages n’ont pas été conçus pour le franchissement d’amphibiens mais quelques passages sont possibles lors des migrations prénuptiales, à la descente (à vérifier selon la structure interne des ouvrages). Par contre, la migration de retour via ces ouvrages semblent très difficile (remontée de talus et d’ouvrages pentus).

 

L’OH PR 226 permettrait en théorie des déplacements d’amphibiens. Il draine les eaux d’un fossé végétalisé en amont, mais il débouche en aval sur un talus raide haut de 10 m environ, en béton avec pierres, des risques de chutes avec blessures ou mortalité sont donc probables notamment lors de pluie (photo 7). Cet ouvrage devra donc être amélioré en sortie de manière à éviter des mortalités d’amphibiens.

 

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Photo 7 : Cunette d’évacuation sur talus raide (aval)

(document F. Jussyk)

 

Sur la voie montante (PR 205 à 235), un fossé en terre avec végétation est présent entre le chemin communal en lisière du bois et la voie. Il est conseillé de l’exclure de la clôture de manière à permettre la reproduction d’amphibiens. Actuellement depuis la construction de la route, les amphibiens côté amont dans le bois ne peuvent plus se reproduire faute de zones humides accessibles. Celles-ci sont principalement situées dans le fond de vallon autour du ruisseau (flaques, ornières, rus, mares de substitution). En l’absence de zone humide, en amont la sous-population déclinera rapidement en quelques années. Dans tous les cas, lorsque cela est possible, il est donc conseillé d’exclure de l’emprise (ne pas clôturer) les fossés en terre le long de la route, rares sites accessibles de reproduction. Les lisières sont des sites privilégiés pour la reproduction.

 

PR 165-180 amont : le talus caillouteux raide peut poser des problèmes aux amphibiens descendant la pente, ceux-ci se trouveront bloqués en pied de talus et ne pourront plus la remonter. La pose de clôture en crête le long de la prairie (et non pas en pied de talus) est donc préférable.

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Photo 8 : PR 165-180 : le talus caillouteux raide

(clôturer en crête)  (document F. Jussyk)

 

Dans la mesure du possible, les fossés latéraux pouvant servir de site de reproduction, ne devront pas être clôturés. Il est nécessaire de :

 

  • clôturer l’emprise (clôture définitive maille fine) avant le 15/02, début du suivi de la migration de printemps,

 

  • faire une visite sur le site en février 2011 pour vérifier si tous les puisards et autres ouvrages – pièges identifiés lors des prospections de l’automne 2010 ont bien été sécurisés.

 

Une prospection du bois de la Côte en amont (voire en aval) permettra de connaitre l’existence d’éventuelles petites zones humides de reproduction (hors mares de substitution déjà créées).

 

Le bassin de décantation près du ru des Contours actuellement clôturé à mailles larges est accessible aux amphibiens. Il est préconisé de le maintenir accessible pour permettre la reproduction et donc de ne pas doubler de maille fine les côtés externes. Par contre, le côté interne au bord de la voie nécessite un doublage. Un regard de visite est à grillager au sud du bassin (maille fine), les amphibiens pouvant actuellement tomber dans ce puits (photo 5).

 

SUIVI DE LA MIGRATION PRÉNUPTIALE

(MARS 2011)

 

Le prochain suivi consiste à :

 

  • rechercher les principaux flux de migration prénuptiale qui peuvent légèrement différer des voies de migration d’automne,

 

  • rechercher les principaux lieux de ponte (prospection des mares de substitution, du bassin de rétention et du ruisseau),

 

  • inspecter les principaux ouvrages hydrauliques traversant la voie et des fossés latéraux afin de vérifier d’éventuelle mortalité ou pièges.

 

Le suivi migratoire prénuptial se réalise par pose de barrière-pièges (clôture provisoire) le long de la route en amont, côté Bois de la Côte et prairies, avec pose de seaux de récupération tous les 20-30 m. Ce protocole permet d’identifier et de compter les espèces et les flux et d’identifier les voies de passages privilégiées. Le linéaire étant important (1.5 km), la pose de clôture provisoire ne peut se faire partout. Il se fera sur une longueur totale de 400 à 500 m en amont (côté bois et prairie entre PR 195-230). Les seaux sont relevés tous les matins et les espèces déplacées vers l’aval dans le vallon des Mercureaux.

 

Les autres portions non équipées de barrières seront prospectées de manière plus ponctuelle à pied (prospections des fossés latéraux amont). Le mois de mars dans sa totalité correspond au pic de migration de nombreuses espèces. C’est la période la plus sensible. Ces comptages et ramassage auront lieu tous les matins durant la totalité de mars. Ceci fournit des informations relativement exhaustives des flux et des espèces. La pose de barrières-pièges pourra intervenir dès la mi-février, selon météo. Le comptage débuterait alors fin février.

 


[1] Le Fort de Fontain peut éventuellement abriter des amphibiens en hivernage.

18/06/2010

La forêt de la Serre en danger

La forêt de la Serre en danger

 

La Serre constitue un massif de roches cristallines, une singularité dans le massif calcaire du Jura, ce qui lui vaut son classement en zone Natura 2000.

 

Une menace plane sur ce massif et fait l'objet de la cyberaction ci-dessous : un projet d’ouverture d’une carrière au cœur du massif de la Serre.

 

Les visiteurs de ce blog sont invités à participer à la pétition qui s'oppose à ce projet.

 

Cyber @ction 364

18 juin L’appel de la forêt, agir pour la biodiversité


Pour participer 1 simple CLIC ICI suffit

http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=118

Le 15 avril 2010, le Ministère de l’écologie rappelait dans une circulaire aux préfets les conditions d’évaluation des incidences environnementales en site NATURA 2000. Voici l’heure de passer du discours à la pratique en dénonçant le projet d’ouverture d’une carrière au cœur du massif de la Serre dans le Jura !


Biodiversité en danger : Avec France Nature Environnement et ses associations locales fédérées (La Commission de Protection des Eaux, du Patrimoine, de l'Environnement, des Sous-sols et des Chiroptères (CPEPESC), Franche-Comté Nature Environnement, Jura Nature Environnement et Serre Vivante) protégeons un site NATURA 2000…


Rappel : le massif de la Serre : une faune et une flore d’exception


La forêt de la Serre, au nord du Jura, est le seul grand affleurement cristallin dans une région calcaire. Elle présente une végétation acidiphile contrastant avec la végétation des lisières et des vallées calcaires voisines et abrite de nombreuses espèces et habitats d’intérêt communautaire. Cette « île » cristalline joue aussi le rôle de connectivité entre les Vosges et le massif central pour des centaines d’espèces incapables de se développer dans l’océan calcaire Franc-Comtois. Ceci a entraîné sa désignation au réseau Natura 2000 (http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR4301318.html). Exploitée par les communes riveraines, c’est aussi un site de loisirs et de détente pour les habitants de la région.


Bouygues s’entête à vouloir exploiter une carrière au cœur du Massif !


Mais ce site est menacé par l’exploitation de la roche très dure de cet affleurement. Malgré plusieurs rejets du dossier au cours des années écoulées, la « Société des Carrières de Moissey », filiale à 50% du groupe Bouygues, s’obstine à demander l’autorisation d’ouvrir pour les 15 (ou même 30 ?) années à venir une carrière en plein cœur du site Natura 2000. Et ce, alors même que le Jura n’utilise pas 20% du tonnage sollicité pour ses routes ! L’État s’est engagé lors du Grenelle de l’environnement à limiter le développement des autoroutes. Des techniques de substitution existent et peu à peu le recyclage des routes devrait s’imposer.


Agissons pour la biodiversité


2010 est proclamée par les nations unies année internationale de la biodiversité pour rappeler à tous que le temps est venu de mettre en actes les discours. L’exploitation de cette carrière n’est pas compatible avec les objectifs de conservation des sites Natura 2000 et ne justifie pas d’un intérêt public majeur qui permettrait de déroger à la protection des espèces et de leurs habitats.


Pour agir, les associations signataires vous invitent à envoyer cet « appel de la forêt » :


COMMENT AGIR ?

Sur le site
Cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=118

Par courrier électronique


C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :

1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre  choix :  appel de la forêt
5- Adressez votre message aux  adresses suivantes :


jean-francois.carenco@developpement-durable.gouv.fr

nacer.meddah@doubs.gouv.fr
prefecture@jura.gouv.fr
pierre.azzopardi@jura.pref.gouv.fr
cyberacteurs@wanadoo.fr



6- Envoyez le message

Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au ministre de l’Écologie, au préfet de la Région Franche-Comté et à la préfète du Jura  et à Cyber@cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.

############

Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :

M. Jean-Louis Borloo, ministère de l’écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer,
M. Nacer Meddah, Préfet de la Région Franche Comté,
Mme Joëlle Le Mouel, préfète du Jura
M. Pierre Azzopardi, sous préfet de Dole

Madame, Messieurs,


Le massif forestier de la Serre est un site Natura 2000 (site FR4301318) dont l’intégrité est aujourd’hui menacée par un projet de carrière de roches éruptives. Ce projet impacterait plus de 50 espèces animales ou végétales protégées, dont plusieurs d’intérêt communautaire. Leurs habitats sont pour la plupart protégés également.


En espérant que comme nous, élus locaux, responsables associatifs, Vttistes, randonneurs, mycologues, botanistes, ornithologues, chasseurs, amis de la Serre, riverains, vous saurez entendre l’urgence de cet appel de la forêt et rejeter la demande d’autorisation d’exploiter une carrière au cœur du massif de la Serre, recevez,  Madame, Messieurs, l’expression de mes sincères salutations.

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15/03/2010

La Ciguatera aux Antilles françaises

Gambierdiscus5logo.jpgLa Ciguatera aux Antilles françaises

 

par André Guyard

 

Les touristes qui se rendent en bord de mer en zone intertropicale ignorent pour la plupart l'existence d'un risque encouru en consommant du poisson de mer. Dans certains cas, tout comme la population locale, ils peuvent subir une intoxication alimentaire : c'est la Ciguatera.

 

1. Historique


La Ciguatera est une maladie singulière provoquée par l'absorption de la chair de plus de quatre cents espèces de Poissons et d'Invertébrés marins. L'intoxication ciguatérique ou ichtyosarcotoxisme fait partie des toxi-infections alimentaires collectives (TIAC). Le nom de Ciguatera viendrait de "Cigua", un petit Mollusque vivant à Cuba et provoquant des troubles analogues.

 

Cette maladie est connue depuis fort longtemps ; le premier auteur l'ayant  signalée fut Martyr en 1555. Christophe Colomb, Vasco de Gama, Magellan l'ont rencontrée dans les Caraïbes au XVIe siècle. Harmensen l'a signalée dans l'Océan Indien en 1601. Les marins de Fernandez de Quiros ont été intoxiqués en 1606 aux Nouvelles Hébrides : l'équipage avait pêché de nombreux poissons dont des "Pargos" (Lutjanidés) ; les matelots qui en mangèrent furent rapidement à toute extrémité. En 1675, John Locke (philosophe anglais) donna une description clinique et épidémiologique de la maladie aux îles Bahamas.

 

Plus récemment, le 8 mai 1949, 57 Philippins mangèrent aux îles Mariannes une très grosse murène. Tous furent très malades, onze entrèrent dans le coma et deux moururent.

 

Le 11 juillet 1951 à Terre de Bas (Saintes), 12 personnes de deux familles furent empoisonnées en mangeant une grosse bécune (barracuda). Les malades souffrirent beaucoup. Trois moururent et un autre devint fou trois mois plus tard.

 

En 1959, la Martinique a eu à déplorer quelques cas graves d'empoisonnement par des poissons pêchés à St Barthélémy.

 

Le 7 octobre 1960, 58 malades de l'hôpital de Pointe-à-Pitre ont été victimes d'une intoxication collective après avoir mangé de la "Vieille" en court-bouillon et en friture.

 

Ainsi chaque année dans les îles volcaniques et coralliennes tropicales des trois océans, plusieurs milliers de personnes sont victimes de la Ciguatera. Les Antilles françaises ne sont bien sûr pas épargnées.

 

Depuis 1992, la DDASS de Guadeloupe recueille, de façon hebdomadaire, les cas de TIAC par l'intermédiaire d'un réseau de surveillance sanitaire, le réseau Sentinelle.

 

De 1997 à 1999, 28 incidents ciguatériques impliquant 90 personnes ont été déclarés par l'intermédiaire du réseau Sentinelle. L'endémie est variable selon l'année et touche toutes les classes d'âge (46 % des cas recensés concernent les adultes de 30 à 49 ans).

 

2. Symptômes de la maladie

 

Les premiers signes d'intoxication surviennent généralement dans les 12 h qui suivent l'ingestion d'un poisson toxique. La Ciguatera est caractérisée par des effets digestifs précoces, cardio-vasculaires transitoires et neurologiques persistants. Le tableau du syndrome ciguatérique en Guadeloupe est similaire à celui observé dans d'autres îles de la Caraïbe ou en Floride avec une prédominance des signes digestifs, de l'asthénie et des paresthésies des extrémités.

 

Les symptômes cliniques de la Ciguatera apparaissent dans les heures suivant l'ingestion des poissons. Ils sont aussi bien gastro-intestinaux que neurologiques. Le début est marqué par des vomissements, diarrhées, crampes intestinales ; ensuite viennent des sensations alternatives de chaud et de froid, un goût amer dans la bouche, l'engourdissement de la langue et des lèvres, l'endolorissement des mâchoires avec sensation de perdre les dents, des douleurs dans les articulations, de fortes démangeaisons dans les membres et une fatigue musculaire très nette. On observe de plus une baisse de la tension artérielle, un ralentissement et une irrégularité du rythme cardiaque, une dilatation de la pupille.

 

Les atteintes cardio-vasculaires, (hypotension et bradycardie) ainsi que les troubles de la sensibilité comme l'inversion de la sensation de chaud et de froid interviennent également mais dans des proportions moindres. Certains signes comme le prurit et les signes neurologiques, peuvent se déclarer plusieurs jours après l'ingestion du poisson.

 

Dans les formes graves, on peut observer une incoordination des mouvements, des difficultés respiratoires ou urinaires, des troubles visuels. Les cas mortels sont exceptionnels et consécutifs à un état de choc cardiovasculaire.

 

En général l'évolution est favorable en une semaine environ, mais il n'est pas rare que les troubles de la sensibilité, les douleurs et les démangeaisons persistent plusieurs semaines et soient ravivées par toute nouvelle consommation trop hâtive de poisson même sain (hypersensibilisation). Des malaises neurodigestifs chroniques et des lésions de grattage subsistent d'où le nom de "gratte" donné parfois à l'affection. La durée moyenne de rétablissement paraît être de six mois environ.

 

Remarque : L'empoisonnement par la Ciguatera diffère dans ses origines comme par ses symptômes des autres sortes d'empoisonnements dus à des poissons comme les Tetraodontidae (Tetrodon sphaeroïdes), les Scombridae (thazards) ou des empoisonnements alimentaires causés par une contamination bactérienne (poissons avariés).

 

3. Traitements

 

Dans toutes les îles où sévit la Ciguatera existent des traitements locaux utilisant les propriétés de certaines plantes. Bien souvent ces médications empiriques soulagent les malades et aident à leur guérison.

Aux Antilles françaises et aux îles Vierges on utilise des infusions faites avec des feuilles de Passiflora foetida (Passifloracées), de Rhizophora mangle (Rhizophoracées), de Conocarpus erectus (Combrétacées).

Henri Stéhlé signale également des plantes efficaces comme Bontia daphnoïdes (Myoporacées), Annona muricata (Annonacées), Ricinus communis (Euphorbiacées).

La patate douce râpée crue mélangée à du lait frais et le jus de papaye donneraient aussi de bons résultats.

 

Pour le docteur Bagnis, chef de l'Unité Océanographique Médicale à l'institut Louis Malardé de Tahiti, les médicaments les plus efficaces sont les sels de calcium, l'atropine, les vitamines du groupe B, les antihistaminiques de synthèse et les corticoïdes dont l'indication respective est fonction des symptômes.

 

4. Quelques observations faites à propos de la Ciguatera

 

La Ciguatera est inconnue dans les zones tempérées. Les zones où l'on trouve des espèces toxiques sont nombreuses et très diversifiées (bancs coralliens, récifs barrières, lagons, etc.) mais elles sont souvent limitées.

 

Aux Bahamas, aux îles de la Société, les poissons de l'un des versants des îles sont beaucoup plus dangereux que ceux de l'autre côté. Les zones accores (à pente rapide) situées au vent ou à l'Est sont plus dangereuses que les zones sous le vent et peu profondes. Une zone toxique peut devenir saine après une longue période de toxicité et inversement.

 

La phase aiguë d'une recrudescence de Ciguatera classique couvre une période de dix à quinze ans. Les poissons toxiques sont des poissons de récif ou des poissons prédateurs de ces derniers. Les plus dangereux sont les grands prédateurs. À l'intérieur d'une même espèce, plus le poisson est gros, plus il a de chance d'être toxique. Toutes les parties du poisson n'ont pas la même toxicité, le foie et les viscères sont toujours plus toxiques que la musculature. Un poisson très frais peut être toxique. Un poisson peut être toxique à n'importe quelle époque de l'année. Le mode de préparation ou de cuisson ne modifie pas la toxicité.

 

5. Causes de la Ciguatera

 

Pendant très longtemps les causes de la maladie sont restées mystérieuses et de nombreuses croyances ont essayé de les expliquer. Certaines sont totalement fantaisistes comme celle affirmant que les vertus toxiques se développent si les poissons ont été exposés au clair de lune. Une autre, encore persistante, suppose qu'une substance chimique contamine le milieu ; le cuivre est le plus souvent impliquée probablement parce que des navires à coque doublée de ce métal ont coulé et parce que des dépôts naturels de cuivre ont été associés à des poissons vénéneux. Cette hypothèse n'explique pas pourquoi des poissons toxiques sont trouvés très loin de ces sources chimiques et pourquoi tous les poissons de la zone ne sont pas dangereux.

 

Ce n'est que vers 1958 que l'on a commencé à entrevoir la solution en impliquant des toxines sécrétées par des microalgues microscopiques. Les symptômes de la Ciguatera sont dus à l'imbrication plus ou moins marquée d'un mécanisme pharmacologique et d'un mécanisme immunologique résultant de l'action isolée ou conjuguée de toxines ; trois principales ont été mises en évidence.

 

-     La ciguatoxine (C.T.X.) isolée à Hawaï dans les muscles d'une grosse murène et trouvée ensuite chez de nombreux autres poissons. Elle est très active et une dose de 0,1 pg produit des troubles chez l'Homme ;

 

-     La scaritoxine (S.T.X.) isolée à Tahiti en 1976 chez un poisson perroquet (Scarus) est également très toxique ;

 

-     La maitotoxine (M.T.X.) isolée en 1975 au Japon dans les viscères d'un poisson chirurgien. On ne la trouve que dans les viscères des poissons herbivores. Il semble qu'elle puisse se transformer en C.T.X.

 

Gambierdiscus toxicus Adachi and Fukuyo, 1979 (microalgue dinoflagellée) est l'agent causal principal de la Ciguatera dans la province caraïbe et en Polynésie française. Il a été découvert par T. Yasumoto et R. Bagnis aux îles Gambier à la fin des années 1970. Pour cette raison, les auteurs l'ont appelée Gambierdiscus toxicus.

 

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Gambierdiscus toxicus : électronographie à balayage

 

Il s'agit d'un Dinoflagellé appartenant à la classe des Dinophyceae ordre des Péridiniales, famille des Heterolacaceae. Cette microalgue était autrefois rattachée au genre Diplopsalis. D'un diamètre moyen de 80 µm, elle est enveloppée d'une thèque armée et possède une "bouche" profondément échancrée en forme d'encoche oblique, (voir photos). Les auteurs ont pu démontrer que cette microalgue était capable de fabriquer tant en milieu naturel qu'en milieu artificiel les deux toxines (CTX et MTX) responsables de la maladie. Cette microalgue unicellulaire testacée se trouve généralement attachée à des macrophytes qui prolifèrent sur les substrats coralliens morts.


À l'état endémique, l'algue existe dans la plupart des écosystèmes récifaux du Pacifique, de l'Océan indien et des Antilles, mais avec une très faible densité. Le genre Gambierdiscus est caractérisé par une circumdistribution entre 35° N et 35° S. il prolifère sur les coraux morts et les algues brunes en particulier du genre Turbinaria. Remarquons à ce propos que l'espèce Turbinaria turbinata ne se trouve aux Antilles que de la Guadeloupe à la Floride. Elle n'existe pas au Sud et ceci explique peut-être que les accidents ciguatoxiques soient plus fréquents en Guadeloupe et dans les îles du Nord qu'à la Martinique par exemple.

 

Gambierdiscus est endémique dans des densités relativement faibles dans la plupart des zones de Tahiti. Toutefois, des efflorescences épisodiques de ce dinoflagellé peuvent se produire, et les densités de cellules jusqu'à 10.000 cellules/g de microalgues ont été rapportées occasionnellement. Chacune de ces efflorescences contribue à maintenir un réservoir toxique riche en poison et peut être suivie par des flambées de ciguatera. Les facteurs précis de démarrage de ces efflorescences ont fait l'objet d'une enquête à long terme des populations de Gambierdiscus à Tahiti, de 1993 à 1997. La température joue un rôle important dans le cycle saisonnier de ce dinoflagellé car les populations de Gambierdiscus tendent à atteindre l'abondance maximale pendant la saison chaude (septembre à mars). La morbidité du corail, résultant soit d'événements cycloniques, des épisodes de blanchissement du corail, la pollution marine ou des activités anthropomorphiques, constitue un autre facteur critique dans la genèse naturelle des proliférations de ce dinoflagellé en créant des zones aussitôt colonisées par des macroalgues opportunistes qui sont des hôtes de choix pour les cellules de Gambierdiscus.

 

En revanche, Gambierdiscus toxicus prolifère énormément dans certaines circonstances, au sein des gazons recouvrant des zones coralliennes mortes. Ainsi après des tempêtes, cyclones, séismes ou par suite de travaux sous-marins en tous genres, de vastes zones de coraux morts peuvent se constituer et permettre la prolifération soudaine de la microalgue. La chaîne alimentaire de la Ciguatera est essentiellement inféodée aux poissons. Il peut cependant arriver que les Mollusques, les Crustacés, les Échinodermes soient touchés.

 

La toxicité des efflorescences de Gambierdiscus - exprimées en MU/1000 cellules - varie considérablement. Aucune corrélation directe n'a été établie entre cette toxicité et l'efflorescence de la biomasse cellulaire et le caractère saisonnier de divers paramètres environnementaux (température, salinité...).

 

Le responsable de l'intoxication est donc Gambierdiscus qui constitue la source des puissantes toxines marines vues plus haut. Le problème est que ces composés toxiques vont s'accumuler dans la chaîne alimentaire, depuis les herbivores se nourrissant sur les récifs coralliens jusqu'aux prédateurs de ces herbivores.

 

La consommation de poissons de récifs qui ont accumulé les divers ciguatoxines induit en quelques heures après le repas toxique, un large éventail de symptômes gastro-intestinaux, neurologiques et cardio-vasculaires. La gravité des symptômes dépend de l'espèce de poisson, du taux de ciguatoxine ingérée et de la susceptibilité individuelle. La physiopathologie est caractérisée par un ensemble de symptômes neurologiques pour lesquels les signes déterminants sont essentiellement des modifications de la sensibilité sensorielle cutanée telles que paresthésies (sur les extrémités et/ou de la zone péri-orale) et dysesthésie (inversion de la perception de chaleur et la froideur). En outre, l'ataxie, arthralgie, myalgie, vertiges, hypersalivation, des démangeaisons et une asthénie plus ou moins durables dans le temps sont des symptômes très fréquents. [Institut Malardé, Tahiti, Site Web, 2002]. Ces efflorescences de Gambierdiscus peuvent être comparées aux marées rouges entraînées par la pullulation de certains dinoflagellés planctoniques des zones tempérées qui fabriquent une variété de toxines connexes, tels que la saxitoxine et la brévétoxine.

 

Les toxines sont introduites dans la chaîne alimentaire par les poissons herbivores. Si la MTX reste localisée aux contenus digestifs (pour des raisons d'ailleurs inconnues), la CTX se retrouve aussi bien dans le tube digestif que le foie et les muscles des herbivores. La toxine va se concentrer par le jeu de la chaîne alimentaire : on retrouvera donc cette toxine principalement dans les poissons carnivores benthiques et pélagiques. Plus le prédateur sera gros, plus son organisme contiendra de toxines accumulées et plus il sera dangereux. On a en effet démontré qu'un poisson toxique n'éliminait pas ses toxines même si artificiellement en aquarium, on le nourrit plusieurs mois avec de la nourriture privée de substances ciguatoxiques. Ainsi, une "Bécune" (Barracuda) qui mange un "Chirurgien" absorbe dans un seul repas toute l'accumulation de toxines qu'à reçu cet herbivore pendant sa vie.

 

6. Précautions à prendre pour lutter contre la Ciguatera


-     Protéger le milieu marin


Les agressions naturelles du milieu généralement saisonnières ou cycliques entraînent des perturbations écologiques diffuses et passagères responsables de "flambées" épisodiques de Ciguatera. En temps normal donc, seules les espèces de poissons carnivores de très grande taille ont accumulé suffisamment de toxines dans leurs tissus pour être dangereuses à consommer.

 

En revanche, les agressions anthropiques du milieu marin perturbent considérablement les écosystèmes coralliens. L'aménagement de ports, de marinas, de zones urbanisées, les dragages, la pollution chimique, thermique ou organique croissante, risquent à brève échéance de multiplier les zones où la microalgue toxique pourra pulluler.

 

-     Éviter de consommer les espèces risquant d'être toxiques


D'après I. Pottier (2002), les spécimens toxiques appartiennent à quatre familles de poissons carnivores et de haut niveau trophique : carangues, pagres, mérous et barracudas. Les pourcentages de poissons toxiques pour l'homme s'élèvent à 29 % chez la Carangue gros yeux, 27 % chez la Carangue jaune, et 33 % chez la Carangue noire. Une corrélation positive entre le poids et la toxicité a été trouvée pour l'espèce Carangue gros yeux et pour les pagres toutes espèces confondues. Les poissons carnivores de petite taille appartenant à différentes espèces de Mérous ont montré une toxicité moyenne tandis que les espèces atoxiques sont

 

  • des poissons pélagiques (les Dorades Coryphènes, les Bonites blanches et les Thons rélés),
  • des petits mangeurs d'invertébrés ou des microphages,
  • les bourses blanches et les vives,
  • des poissons appartenant à des espèces à risque mais de petite taille,
  • des poissons appartenant à des familles habituellement comestibles.

 

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Dorade coryphène

 

L'arrêté préfectoral du 22 novembre 1960 interdit la consommation aux Antilles françaises des espèces suivantes :


Sphyraena barracuda : Bécune ou Barracuda.

 

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Sphyraena barracuda

 

Seriola dumerili : Badiane ou fausse Carangue.

 

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Seriola dumerili

 

Caranx latus : Carangue gros yeux,"Mayol".

 

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Caranx latus

 

Caranx bartolomaei : Carangue jaune.

 

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Caranx bartolomaei

 

Gymnothorax funebris : Murène verte "Congre vert".

 

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Gymnothorax funebris

 

Sphaeroïdes greeleyi : "Tchouf Tchouf" "Pelpète".

 

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Sphaeroïdes greeleyi

 

Les espèces suivantes sont toxiques à Saint Martin et Saint Barthélémy :

 

Espèces déjà citées ci-dessus.

 

Mulloidichtys martinicus : "Barbarin blanc" "Souris".

 

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Mulloidichtys martinicus

 

Scomberomorus regalis : "Thazard".

 

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Scomberomorus regalis

 

Caranx ruber : Carangue à Pisquette. Carangue franche.

 

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Caranx ruber

 

Caranx lugubris: Carangue noire.

 

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Caranx lugubris

 

Malacanthus plumieri : "Vive".

 

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Malacanthus plumieri

 

Les espèces suivantes sont parfois toxiques à Saint Martin et Saint Barthélémy :


Epinephelus morio : "Nègre" - "Vieille" - "Couronné" - "Tanche".

 

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Epinephelus morio

 

Epinephelus guttatus : "Vieille rouge".

 

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Epinephelus guttatus

 

Mycteroperca bonaci : "Vieille".

 

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Mycteroperca bonaci

 

Mycteroperca venenosa : "Vieille à carreaux".

 

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Mycteroperca venenosa

 

Echeneis naucrates : "Sucet" ou Rémora. Le rémora est ce poisson qui, grâce à sa ventouse céphalique, se fixe sur un poisson plus gros, notamment un requin.

 

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Echeneis naucrates

 

Lactophrys bicaudalis : Coffre.

 

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Lactophrys bicaudalis

 

Lactophrys triqueter : Coffre.

 

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Lactophrys triqueter

 

Lachnolainus maximus : "Capitaine" "Aigrette".

 

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Lachnolainus maximus

 

Balistes vetula : "Bourse".

 

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Balistes vetula


-     Ne jamais donner suite aux affirmations empiriques supposées distinguer les poissons toxiques des poissons sains

 

On ne connaît pas à l'heure actuelle aucun test simple et rapide pour détecter la toxicité des poissons ni d'ailleurs de moyens de protection efficaces des consommateurs. Les seules techniques biochimiques que l'on peut utiliser sont incompatibles avec les impératifs d'une commercialisation du poisson.

 

Il est toujours possible de faire un test sur un chat, mais celui-ci vomit souvent le poisson vénéneux. Par contre Banner et Boroughs ont remarqué que la mangouste est très sensible à la Ciguatera ; elle ne vomit jamais le poisson et montre des symptômes caractéristiques tels que la perte de certains réflexes et l'incoordination des membres postérieurs puis antérieurs. Un coma précède la mort de l'animal.

 

Quant aux moyens empiriques qui permettraient de détecter une éventuelle toxicité, ils sont très nombreux, plus ou moins fantaisistes et ne doivent pas être pris au sérieux. Citons-en quelques-uns pour mémoire.

 

On place un objet argenté avec le poisson pendant sa cuisson : si l'objet noircit, le poisson est toxique.

Les mouches évitent les poissons vénéneux ; si les mouches viennent, elles volent de manière désordonnée et meurent.

Si l'on incise la chair du poisson avec un couteau et que l'on arrose la partie incisée avec du jus de citron, la chair noircit si le poisson est vénéneux ; elle blanchit dans le cas contraire.

Si l'on respire profondément au niveau des ouïes du poisson, on doit éternuer si celui-ci est toxique.

 

-     Informer les scolaires, les pêcheurs et la population en général


Les professeurs de SVT ont une mission importante à accomplir vis-à-vis de leurs élèves. En effet à propos de l'étude de la nutrition et des chaînes alimentaires, ils peuvent aisément expliquer les causes de la Ciguatera et les moyens de l'éviter en faisant reconnaître les principales espèces dangereuses grâce à des montages audio-visuels. Un rôle d'information que pourraient reprendre périodiquement les médias : presse écrite et surtout télévision.

 

Conclusion


Si l'on connaît maintenant l'origine et la transmission de la Ciguatera dans la nature, tous les problèmes sont loin d'être pour autant résolus et on explique encore mal la manière dont l'affection agit sur l'Homme. Les objectifs scientifiques à atteindre sont donc :

 

-     la découverte d'un diagnostic simple, rapide et fiable de la toxicité des poissons avant leur commercialisation ;

-     la mise au point d'une méthode de traitement spécifique de la maladie ;

-     la prévention de l'intoxication humaine. C'est à la recherche active de ces objectifs, que s'appliquent les équipes travaillant actuellement sur la Ciguatera à Hawaï, au Japon et à Tahiti.

 

Bibliographie


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Pour en savoir plus sur le web


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http://www.com.univ-mrs.fr/IRD/atollpol/glossaire/cigua.htm

http://www.cigua.com/

http://www.tahiti1.com/fishing/ciguatera-fr.htm

 

08/12/2009

Roundup®. Monsanto condamné pour publicité mensongère

Roundup®. Monsanto condamné pour publicité mensongère

 

A la une de "Ouest France" du jeudi 15 octobre 2009


par Philippe Gaillard

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Photo : Jean-Yves Desfoux


Le Round up®, désherbant, très répandu, n'est pas aussi inoffensif que la publicité veut bien le dire. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Monsanto, rendant définitive sa condamnation à 15 000 euros d'amende pour "publicité mensongère".

Sa boîte verte est bien connue des jardiniers amateurs. Et les agriculteurs l'utilisent aussi en grande quantité. Le Roundup®, premier désherbant vendu en France et dans le monde, va-t-il devoir changer sa publicité?

Depuis sa mise sur le marché en 1975, son fabricant, la multinationale américaine Monsanto, l'a toujours présenté comme un herbicide efficace, biodégradable qui respecte l'environnement. Pourtant, le 27 janvier 2007, Monsanto a été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à 15 000 € d'amende pour publicité mensongère.

Herbicide total

Les associations Eau et Rivières de Bretagne et UFC-Que choisir avaient porté plainte au sujet de l'étiquetage de l'herbicide. Monsanto avait fait appel de cette décision. En octobre 2008, la cour d'appel de Lyon a confirmé sa culpabilité. La multinationale s'était pourvue en cassation. Un pourvoi rejeté, le 6octobre, par la chambre criminelle de la Cour de cassation.

Ce désherbant n'est pas aussi vert qu'il en a l'air. Le Roundup est un herbicide total. Sa substance active, le glyphosate, pénètre par les feuilles et détruit les cellules reproductrices de la plante. Mais le produit comporte aussi des substances dites «inertes». Si le glyphosate est assez rapidement dégradé, certains produits de cette dégradation s'accumulent, en cas d'usage excessif, dans les nappes phréatiques. En 2004, rappelle Eau & Rivières de Bretagne, le Roundup a été détecté dans 78% des échantillons d'eau analysés en Bretagne.

Or, plusieurs études scientifiques, contestées par Monsanto, ont prouvé que le Roundup® est nocif pour la santé humaine. Il est d'ailleurs classé dangereux pour l'environnement par les autorités européennes depuis 2001.

 

Voir également ce clip.