Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/01/2013

Au cœur de la glace

Au cœur de la glace

 

par Dominique Delfino

Photographe paysagiste et animalier

 

Image abstraite réalisée lors de l'épisode de glace que nous avons connu en janvier 2013. C'est bien au chaud, que je me plonge au cœur de la matière en observant de très près le détail de la glace qui recouvre les vitres de ma véranda. J'y découvre un monde extraordinaire qui me rappelle celui des images satellites des régions glaciaires alors que je suis à l'échelle d'une surface de quelques centimètres carrés.

 

En promenant mon objectif à travers la glace, c'est une forme étrange qui me rappelle celle d'un homme, dont l'existence ne tient qu'au froid me laissant le temps de réaliser les clichés d'un monde éphémère.

 

Au-coeur-de-la-glace.jpg

Cliché © Dominique Delfino

20/01/2013

Lapins dans la glace

Lapins dans la glace

 

par Dominique Delfino

photographe paysagiste et animalier

 

Ils courent sur la neige, glissent sur la glace mais c'est toujours à proximité d'un terrier que ces petits lapins de garenne se tiennent pour plonger et se mettre à l'abri en cas de danger.

 

 

En ce dimanche de janvier, je profite de cet épisode de verglas pour observer le comportement de cette population de lapins implantée dans les prairies bordant le Doubs près de Colombier Fontaine.

 

Les lapins sauvages doivent se méfier de nombreux prédateurs contre lesquels ils n’ont aucune défense, si ce n’est de rester immobiles pour ne pas se faire repérer ou de s’enfuir pour se réfugier dans leur terrier.

 

En cette période hivernale, ils se nourrissent de racines et quand la nourriture se fait plus rare d’écorce d’arbres. Mais dans la neige glacée bouger le moins possible est encore la meilleure façon de faire face aux dépenses d'énergie comme en témoigne ce cliché.

 

DELFINO-HIVER-LAPIN-DANS-LA-GLACE-blog.jpg

Cliché © Dominique Delfino

 

19/11/2011

Il était des villages

Dans la rubrique : les collègues ont du talent, voilà un poème aux accents pergaudiens traité en fable de La Fontaine et dû au talent de Charles Pellegrinelli.


Il était des villages

 

Il était des villages, éloignés des circuits

Où un même patronyme, parfois inscrit sur l’huis,

Était peu signifiant pour qui cherchait client,

Et seuls les sobriquets étaient vraiment parlants.

 

Le village de Blussans abritait les Ravey

Étrappe pour les Godard, Crosey  les Cœurdevey.

Les lieux d’habitation précisaient les familles

Le Raymond « des Essarts », du Moulin, dit la Guille.

 

Un surnom se gardait plusieurs générations

Mais celui de la Guille mérite explication.

Sa famille de meuniers vivait dans un écart

Qu’avait choisi l’aïeul, un sacré débrouillard.

 

Arsule, on l’appelait, qu’était un chaud lapin.

L’avait une chiée de gnos, au tof, dès le matin.

Son épouse, la Gretchen, enlevée en Bavière

Belle armoire de chêne, fonctionnait à la bière.

 

De retour du moulin, l’Eugène du puits Fenot

Confia à sa moitié, qu’il avait vu tantôt

Gretchen un peu plus ronde. Il s’était fait traité

De polisson vicieux, de vieux cochon bâté.

 

On remarqua bientôt, les allées et venues

De Marie, la sage-femme, surnommée guette-au-c…

Excusez le langage, sans fioriture aucune

Si ce n’est du plus cru, dans toute la commune.

 

C’était là contenu, d’échanges du lavoir,

Où les femmes pouvaient sans risquer l’engueuloir,

Apporter complément aux dires de la voisine

Avec  appréciations parfois des plus coquines.

 

 

Mais les jours défilaient et le bruit du ruisseau

N’était pas perturbé par les cris d’un puceau.

L’ouverture de la chasse devint sujetpressant

Écartant, pour un temps, des mégères, les cancans.

 

Au retour d’une battue, nos chasseurs dépités

Juraient les Nom-de-Dieu, mille fois répétés

Car la chienne du Léon se trouvait en chaleur

Et les chiens du canton, à chasser, n’avaient cœur.

 

Réunis chez l’Adèle, comme le voulait l’usage

Aux murs du vieux café montraient nemrods en rage.

Quand Miraut de ces lieux, trop vieux pour la battue,

Sur le sol usagé, en vain, se frottait l’ cul.

 

Un restant de crotte, une guille, c’est le nom,

Était resté collé et le rendait grognon,

Mais amusait beaucoup l’bambin de la famille

Qui s’écria bientôt : « elle est tombée la guille »

 

Juste à ce moment-là, la porte du bistrot

S’ouvrit avec ce cri : « Il est pondu le chiot »

Comment voulez-vous donc ignorer ces deux cris ?

La Guille fut  baptisé. Personne n’en fut surpris.

 

Charles Pellegrinelli, novembre 2011

 

18/11/2011

À l'image du Doubs

À l'image du Doubs

 

'' A l'image du Doubs-1.jpg

Cliquer sur l'image pour l'agrandir


Pour information, le livre "À l'image du Doubs" vient de sortir depuis quelques jours de l'imprimerie IME de Baume-les-Dames.
Le prix est de 40 euros (+ 13 euros de frais d'emballage et d'envoi).

Pour tout renseignement, s'adresser à Michel Cottet.

 

 

03/10/2009

Courbet et les paysages jurassiens

courbet_logo.jpgCourbet et les paysages jurassiens


par André Guyard

 

Un colloque « Courbet, peinture et politique » qui s'est déroulé du 24 au 26 septembre 2009 à Besançon, a abordé, entre autres, le problème de la relation entre œuvres artistiques et ompréhension de la nature.


De nombreuses œuvres de Gustave Courbet (1819-1877) dépeignent des paysages et scènes de son pays natal. Pour le peintre d’Ornans, « la peinture est un art essentiellement "concret" et ne peut consister que dans la représentation des choses réelles et existantes » (in Manifeste du réalisme).



Enfant de la campagne, il parcourt falaises, grottes, sources, plateaux et vallées, il pêche, il chasse. Et ses tableaux reflètent cette vie quotidienne, avec la nature pour décor. Une nature marquée géologiquement par l’érosion qui façonne des paysages karstiques : gouffres, grottes, résurgences, reculées ; une identité du Jura faite de ruptures et d’eau. Imprégné du paysage, il n’en peint pas la globalité, mais cadre ses tableaux sur des éléments qui lui donnent un sens. S’il ne s’est pas intéressé aux gouffres, il a beaucoup représenté les sources, la source de la Loue, celle du Lison.



Par exemple, l’entrée de la grotte Sarrazine se trouve au pied d’une immense arche de 100 m de haut et 30 m de large. Courbet, pourtant, ne choisit pas de peindre la magnificence du lieu ; il cadre son tableau sur l’entrée de la grotte, décide de la figurer un jour de crue (ce qui arrive deux à quatre fois par an)... Les interprétations psychanalytiques sont nombreuses sur ce sujet ; elles alimentent l’idée que le territoire peint par Courbet est un territoire initiatique.

 

La-Grotte-Sarrazine-1.jpg
La Grotte Sarrazine (tableau de Gustave Courbet)

Le pêcheur présent en bas à droite de la grotte Sarrazine est surprenant. Jamais il n’a été vu de pêcheur à cet endroit : il y a rarement de l’eau et donc aucun poisson. Courbet n’a-t-il pas voulu poser là un élément de son enfance ? Et l’on reviendrait alors au territoire initiatique. En tout cas, un territoire qui fonctionne comme référentiel. Lorsqu’il peint Bonjour Monsieur Courbet, qu’il dit se situer dans l’arrière-pays de Montpellier, on ne peut s’empêcher, si l’on est, comme Pascal Reilé, hydrogéologue, de reconnaître au fond les lignes des falaises du val de Loue... et de transposer la scène sur le plateau de Flagey.


La Franche-Comté de Courbet est très minérale, liée à sa compréhension très fine de la géologie. Alors que les plantes et arbres ne sont pas peints avec toute la rigueur d’un botaniste, il devient naturaliste quand il s’agit de représenter la roche et les sources... Les stratifications sont précises, les différentes formes de calcaires composant la voûte ou le socle des sources sont apparentes. Tous les éléments géologiques sont scrupuleusement respectés. Cette compréhension fine, il la doit sans doute à son amitié avec le géologue Jules Marcou, rencontré durant son enfance.

Jules Marcou (1824-1898) est un géologue autodidacte, un peu iconoclaste, mais qui envisage les massifs montagneux comme des systèmes. Il s’évade d’une géologie purement descriptive des roches pour concevoir une construction dynamique et une structuration des massifs. Marcou initie une géologie fonctionnelle du massif jurassien abordant l’hydrogéologie et l’électromagnétisme. Il transmet à Courbet cette lecture scientifique du paysage. On doit aussi à cette amitié, qui va durer toute leur vie, la conservation de la météorite tombée à Flagey en 1868. Courbet a en effet mandaté un habitant du plateau pour qu’il l’envoie à Marcou afin qu’il l’étudie. Elle est aujourd’hui conservée au Muséum national d’histoire naturelle.

 

gustave_courbet.jpg
Photographie de Gustave Courbet

Courbet, peinture et politique

 

Gustave Courbet est célèbre pour son activisme politique, notamment pendant la Commune. Quels liens relève-t-on entre art et politique dans son œuvre ? Admirateur de Proudhon, qu'il qualifie « d'ami très intime », Courbet se situe-t-il pour autant dans la même pensée philosophique ? Les idées politiques du peintre, démocrate affirmé, sont-elles présentes dans sa peinture ? Sont-elles présentes même en ces paysages peut-être traversés des questions sociales ? Ces questions et d'autres ont été au cœur du colloque « Courbet, peinture et politique », organisé, du 24 au 26 septembre 2009 à Besançon, par le laboratoire de Recherches philosophiques sur les sciences de l'action, la Maison des Sciences de l'Homme et de l'Environnement Claude Nicolas Ledoux de l'université de Franche-Comté et le musée des Beaux Arts de Besançon, avec le soutien du conseil général du Doubs. Il s'intègre dans un projet de recherche des philosophes et historiens sur les idées socialistes, républicaines et démocratiques au XIXe siècle et leurs prolongements dans le XXe.


courbetsourceloue_1.jpg
Courbet : la source de la Loue

 

Contact : Hervé Touboul - Laboratoire de Recherches philosophiques sur les sciences de l'action - Université de Franche-Comté -Tél. (0033/0) 3 81 66 54 43 - htouboul@aol.com

Contact : Anne Vignot - Laboratoire Chrono-environnement - Université de Franche-Comté - Tél. (0033/0) 3 8l 66 64 47 47anne.vignot@univ-fcomte.fr

Contact : Pascal Reilé - Cabinet Reilé Pascal - Tél. (0033/0) 3 81 51 89 76 - pascal.reile@eabinetreile.fr

Source : En Direct, le Journal de la Recherche et du transfert de l’Arc Jurassien numéro 225 - juillet-août 2009

06:36 Publié dans Art et Nature | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | | |