25/06/2010
La Soufrière de Montserrat
La Soufrière de Monserrat et les éruptions successives de 1995 à 2010
21:03 Publié dans Géologie-hydrogéologie-Climatologie, Volcanologie-Sismologie | Tags : volcanisme, arc antillais, montserrat, éruption volcanique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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24/06/2010
Islande : geysers et autres manifestations volcaniques
Geysers, fumerolles, solfatares, hordinos et mares de boue d'Islande
par André Guyard
(dernière mise à jour : 20 novembre 2015)
En juillet 2008, un groupe de randonneurs appartenant à l'USN Sports Loisirs a parcouru les paysages désolés de l'Islande à la découverte de phénomènes volcaniques actifs.
Le groupe va découvrir un univers de glace, d'eau et de feu.





Orgues basaltiques
Cliché Orsolya & Erlend Haarberg
Mais comment se forment les orgues basaltiques ?
Il s'agit, bien sûr, d'une conséquence du refroidissement d'anciennes coulées de lave. En 2015, Martin Hofmann, de l'université technique de Dresde, en Allemagne, et ses collègues ont modélisé la formation de tels motifs hexagonaux qu'on appelle orgues basaltiques.
Lorsque de la lave se refroidit ou lorsque de la boue sèche, la partie supérieure se contracte et se fissure, ce qui libère de l'énergie liée à la tension mécanique. Ces failles sont disposées, a priori, de façon aléatoire. Cependant, comme elles libèrent surtout la tension perpendiculaire à leur direction, elles se connectent en général à angle droit : on parle de jonction T.
Dans des milieux qui sont asséchés ou gelés périodiquement, on observe que les jonctions T se déforment et se déplacent, ce qui les transforme en jonctions Y aux angles de 120°. Les motifs hexagonaux en résultent.
Dans le basalte, des jonctions T se forment en surface, mais la transition entre jonctions T et Y se produit en profondeur, alors que les fractures se propagent dans la lave se refroidissant.
Martin Hofmann et ses collègues ont calculé l'énergie libérée lorsqu'une fracture se propage. Ils ont supposé que la forme des jonctions pouvait changer. Ils montrent ainsi que si la jonction se déforme de T vers Y, l'énergie libérée augmente de 7%. La tension dans le basalte est ainsi mieux dissipée et la configuration plus stable. Des simulations numériques ont confirmé les résultats des chercheurs.
Phys. Rev. Lett., vol. 115, 154301, 2015





Parmi les différentes manifestations volcaniques rencontrées : fumerolles, solfatares, sources chaudes, hordinos, mares de boue, etc. les plus spectaculaires sont certainement le fait des geysers.
Qu'est-ce qu'un geyser ?
Un geyser est une source qui jaillit par intermittence en projetant de l'eau chaude et de la vapeur à haute température. Le terme geyser provient de Geysir, le nom du plus célèbre geyser islandais, dont l'étymologie est liée au verbe islandais gjósa (en français jaillir).
Or le grand geyser de Geysir ne fonctionne plus de façon naturelle. Seuls des visiteurs illustres ont droit à sa manifestation dopée par l'usage de détergents précipités dans le conduit. Mais les touristes ordinaires peuvent admirer son voisin le Strokkur qui se manifeste toutes les 8-10 min.
Comment ça marche ?
L'activité des geysers, comme celle de toutes les sources chaudes, est liée à une infiltration d'eau en profondeur.
Dans les régions volcaniques, l'eau est chauffée au contact des roches, elles-mêmes chauffées par le magma en fusion.
Dans les régions non volcaniques, l'eau est chauffée par l'action du gradient géothermique, la température et la pression augmentant avec la profondeur.
Par convection, l'eau chauffée et mise sous pression rejaillit alors vers la surface. Les geysers diffèrent des simples sources chaudes par la structure géologique souterraine. L'orifice de surface est généralement étroit communiquant par des conduits étroits et résistants qui mènent à d'imposants réservoirs d'eau souterrains.
L'eau de surface s'infiltre par gravité dans le réservoir du geyser où elle s'accumule et monte dans le conduit. La pression dépend de la longueur de la cheminée. Plus la pression est grande, plus la température d'ébullition est élevée. L'eau du conduit va faire pression sur l'eau du réservoir et augmentera la température d'ébullition. Au bout d'un certain temps, la poche magmatique sera portée à une température suffisante pour entraîner la vaporisation d'une partie de l'eau et créant ainsi une bulle de vapeur. Cette bulle emprunte la seule issue qui lui est offerte : la cheminée où elle s'engouffre, refoulant vers le haut l'eau du conduit qui n'exercera plus de pression sur l'eau du réservoir. Cette dernière va entrer en ébullition et pousser toute l'eau du geyser à l'extérieur.



La bulle est prête à éclater

Le Strokkur en pleine action
En fait, il existe deux types de geysers. Le geyser dit « fontaine » est terminé par un cône étroit, avec un conduit très fin. Lorsqu'une éruption se produit et qu'une colonne d'eau jaillit, elle est en fait expulsée par la pression due à l'étroitesse du conduit. C'est le cas par exemple d'Old Faithful à Yellostone.
L'autre type de geyser est le geyser dit « gazeux ». Il s'agit généralement d'une source chaude qui, lorsque du gaz est expulsé, fait remonter les bulles d'eau qui explosent au contact de la surface et qui créent une large colonne d'eau, souvent de courte durée. C'est le cas du Strokkur que nous avons pu observer ici.
Fumerolles et solfatares
Les fumerolles sont des émanations de gaz, en particulier de la vapeur d'eau ou de dioxyde de carbone qui s'échappent de crevasses ou de cavités d'origine volcanique.
Les solfatares sont des fumerolles rejetant du soufre.
Mares de boues
Une mare de boue est un type de source d'eau chaude ou de fumerolle, brassant des sédiments (argile d'origine volcanique, oxyde de fer, soufre...) à sa surface, et caractérisée par de perpétuelles remontées de bulles de gaz à sa surface.
Mofettes
Les mofettes sont de petites émanations de dioxyde de carbone qui s'échappent de fissures et des trous d'origine volcaniques d'où s'échappe du gaz carbonique. Parfois, les mofettes brassent des sédiments à leur surface.
Hornitos
Les hornitos sont des cônes volcaniques de dégazage, créés lors de retombées de fragments de laves incandescents entre eux.
Ces différents phénomènes sont visibles sur la vidéo ci-dessous :
Phénomènes volcaniques
Les Islandais ont su profiter de toute cette chaleur interne et exploitent cette source d'énergie pour procurer aux habitants de l'eau chaude, alimenter des serres avec production de fleurs, de légumes et de fruits. Eh, oui ! il pousse des bananiers en Islande. D'une façon plus importante, la géothermie permet la génération d'électricité pour les industries métallurgiques et la consommation domestique.


Centrale géothermique du volcan Krafla
(© Schutterstock/Darren Baker)

L'Islande est située à l'extrémité nord de la dorsale médio-atlantique qui court sur 15 000 km au milieu du plancher de l'océan Atlantique et dont l'île constitue la seule partie émergée. Le long des dorsales océaniques, deux plaques tectoniques s'écartent et le manteau terrestre sous-jacent va se figer pour former une jeune croûte océanique, la lithosphère. La dorsale médio-atlantique forme ainsi une chaîne continue de volcans sous-marins émettant une lave visqueuse (plus riche en silice) de type andésite. Ainsi l'Islande est déchirée par la séparation des deux plaques : la plaque nord-américaine qui s'éloigne vers l'ouest et la plaque eurasienne qui s'éloigne vers l'est à la vitesse de 2 cm par an.
À ce phénomène de l'écartement des deux plaques océaniques, un point chaud s'y superpose.
Un point chaud est marqué par la remontée d'un panache volcanique issu de la base du manteau inférieur, c'est-à-dire à près de 2900 km. La lave des volcans de point chaud est très fluide et formée de basalte (pauvre en silice). Ces points chauds sont fixes et indépendants du mouvement des plaques. Et, au fur et à mesure de l'avancée de la plaque tectonique océanique, celle-ci est perforée par un nouveau volcan à l'aplomb du panache volcanique.
L'Islande résulte ainsi de la superposition de ces laves andésitiques ou basaltiques. Pas moins de 130 volcans coexistent en Islande, dont certains sont recouverrts par des glaciers (volcans sous-glaciaires).

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23/06/2010
Éruption du volcan islandais Eyjafjöll
Éruption du volcan islandais Eyjafjöll
par André Guyard
(dernière mise à jour 23/08/2014)
L'Islande est située au milieu de l'Atlantique sur la dorsale médio-océanique, à la divergence des plaques tectoniques océaniques eurasiatique et américaine. Cette situation exceptionnelle en fait l'une des régions tectoniques les plus actives du monde avec 130 volcans et 600 sources d'eaux chaudes ! L'île se situe aussi au niveau d'un point chaud qui émerge entre deux plaques tectoniques. Ainsi, elle se trouve soumise à deux influences volcaniques superposées. (voir dans ce même blog : Islande, geysers et autres manifestations volcaniques.)
Qu'est-ce qu'un point chaud ? Il s'agit d'une anomalie thermique située dans les profondeurs du manteau terrestre, qui fait remonter du magma en surface. C'est ce qu'on appelle le panache profond dans le cas de l'Islande de 2900 km et qui remonte en surface déchirant la croûte terrestre. L'originalité du cas islandais, c'est que cette déchirure se produit justement là où les deux plaques nord-américaine et eurasiatique s'écartent au niveau de la dorsale médio-atlantique.
En juillet 2008, j'ai eu l'occasion d'arpenter ce beau pays avec les randonneurs de l'US Novillars : voir Islande, geysers et autres manifestations volcaniques dans ce même blog.
Profitant de la présence de ce chauffage central naturel, l'Islande exploite ses ressources géothermiques pour produire son électricité et alimenter son réseau de chaleur. Mais le volcanisme a souvent un revers : une nouvelle éruption fissurale à proximité du glacier Eyjafjallajökull inquiète les volcanologues.

(cliché Google Earth)
Le volcan islandais Eyjafjöll (ou Eyafjalla) situé dans le sud de l'île, à seulement 160 km au sud-est de la capitale Reykjavik est un strato-volcan composé d'un empilement d'une alternance de couches de cendres, de lave et de roches éjectées par les éruptions antérieures. Il est entré en éruption dans la nuit du samedi 20 mars 2010. Recouvert par une calotte glaciaire : l'Eyjafjallajökull, ce volcan culmine à 1 666 mètres d'altitude. Au cours des 1100 dernières années, le volcan ne s'est réveillé que trois fois, la dernière éruption de l'Eyjafjöll remontant à 1821. Elle avait alors duré plus d'un an.

Précédée par toute une série de secousses sismiques sous le glacier Eyjafjallajökull, (près de 3000 entre le 3 et le 5 mars), la première phase éruptive fut effusive avec une lave de basalte à olivine d'origine profonde (25 km). Après un arrêt temporaire de la migration du magma vers 6 à 8 km de profondeur, le magma a émergé par une dizaine de fontaines de lave de style hawaïen, d'une hauteur d'une centaine de mètres, le long d'une fissure latérale au col de Fimmvördu.

Le volcan est entré le 14 avril dans une deuxième phase explosive caractérisée cette fois par un magma acide, de type trachyandésitique résultant d'un mélange de basalte à olivine et de dacites plus superficielles. Ce mélange serait ensuite remonté dans le cratère historique de l'Eyjafjöll. Le contact de la lave à plus de 1000 °C et de la glace a provoqué des explosions et l'émission jusquà 11 000 m d'altitude d'immenses volutes de vapeur d'eau et de gaz chargés de poussières magmatiques. qu'on appelle téphras. C'est la confluence de deux anticyclones, l'un positionné entre Terre Neuve et l'Islande et l'autre localisé sur l'Europe occidentale qui a entraîné lles masses d'air dans le sens des aiguilles d'une montre. Poussé par ces vents, le panache s'est dirigé vers l'Europe.
Le caractère explosif d'un volcan est lié au dégazage et à la viscosité du magma trachyandésitique. Quand le magma monte dans le cheminée du volcan, le mélange de gaz et de magma se dilate, ce qui accélère son ascension, accroît la pression jusqu'à faire passer l'éruption en régime explosif. Dans le cas de l'Eyjafjöll, les explosions sont dues à la fois à la nature acide du magma que la présence de silice rend visqueux et au contact magma-glace.

Schéma de l'éruption d'un volcan sous-glaciaire

Le samedi 17 avril 2010 , l'instrument ALI du satellite EO-1 a pris une image infrarouge du glacier islandais Eyjafjallajökull qui cache le volcan (image ci-dessus). Un léger nuage surmonte le glacier.



Les cendres émises se mêlent à la vapeur d'eau





Soumise à une pluie de cendres et de bombes,
la surface du glacier a changé de couleur

Afin de protéger les populations, 600 personnes demeurant entre la localité agricole de Hvolsvollur et le village de pêcheurs de Vik ont été évacuées hâtivement.

Quelques villages sont menacés
Les risques encourus sont multiples :
* projections de cendres et de lave pouvant affecter notamment le transport aérien (voir plus bas),
* émanations gazeuses mortelles (notamment pour le bétail),
* inondations brutales et importantes, conséquence de la fonte du glacier qui recouvre le volcan.
Ce dernier risque, de loin le plus inquiétant, est un lahar ou jökulhlaup en islandais, ce qui signifie "course de glacier". La fonte du glacier sous l'effet de la chaleur engendre une coulée de matériaux volcaniques (débris, boue). On parle alors de lahars syno-éruptifs appelés aussi lahars primaires ou lahars chauds. On se rappelle que la formation d'un lahar suite à l'éruption du volcan Nevado del Ruiz en 1985 dans la Cordillère des Andes avait entraîné la mort de 25 000 personnes. C'est pourquoi, un état d'urgence a été déclaré dans la zone, même si aucun blessé ou dégât n'est à déplorer.

Le nuage de cendres

Photos du volcan Eyjafjöll prise le samedi 17 avril 2010
En haut, une photo en infrarouge.
En bas, une photo du volcan tel qu'il est visible depuis le ciel.
(Crédit photo : © Nasa)
On distingue sur ces clichés le nuage de cendres, au centre, la neige des glaciers (en blanc en bas et en violet en haut) ainsi que les dépôts de cendres, visibles en gris en haut. Ces cendres sont chargées électriquement, ce qui entraînent la formation de nombreux éclairs au-dessus du volcan.
Mais ce qui inquiète les Européens, c'est ce nuage de cendres volcaniques, poussé par les vents d'Ouest qui se répand sur l'Europe entraînant la suspension des vols à partir et en direction de nombreux aéroports.

Le réveil du volcan Katla suscite l'inquiétude
Pour le moment, les volcanologues sont prudents car cette petite éruption fissurale, qui ne montre aucun signe d'affaiblissement, pourrait déclencher celle du volcan voisin, le Katla. Dix fois plus important que l'Eyjafjöll, il a la réputation d'être un des volcans les plus dangereux d'Islande. Caché sous le glacier Myrdalsjökull dans le Sud de l'île, le Katla est entré pour la dernière fois en éruption en 1918. Une éruption du volcan Katla et le contact du magma avec la glace déclencherait une éruption explosive qui émettrait un énorme nuage de cendres et surtout une débâcle glaciaire, c'est-à-dire un gigantesque lahar. Ce déferlement d'eau, de glace et de boue représente un risque majeur car une population relativement dense vit à ses pieds.

Comment les cendres volcaniques menacent les aéronefs
Parce que les nuages de cendres sont secs, ils sont invisibles sur les radars météorologiques.
Pour comprendre le risque, rappelons-nous de la mésaventure d'un Boeing 747 de la British Airways survenue le 24 juin 1982. Le Boeing 747 avait décollé de Londres pour Auckland (Nouvelle-Zélande). L'équipage ignorait que le volcan Mount Galunggung à l'ouest de Java (Indonésie) était entré en éruption et crachait des cendres à son altitude de vol.
Quelque part au sud de Java à 1 h 40, heure locale, l'équipage remarqua que le verre des fenêtres du poste de pilotage devenait brillant, phénomène aussitôt suivi par une lueur au niveau des moteurs et une odeur de gaz sulfureux envahissant la cabine. En quelques minutes, les quatre moteurs furent coupés et le jumbo-jet dut parcourir en planeur 11 kilomètres au-dessus de l'océan. À l'altitude de 4 kilomètres, cependant, certains des moteurs purent être remis en marche et l'avion atterrit en toute sécurité à Jakarta.
Comme nous l'avons dit plus haut, les cendres volcaniques ou téphras se composent de particules de roche pulvérisée vitreuse de diamètre inférieur à 2 millimètres et extrêmement corrosives. Quand un avion vole en altitude à sa vitesse de croisière, les fenêtres du poste de pilotage subissent un jet de téphras, obscurcissant la vue des pilotes. Les moteurs aspirent la poussière qui fond dans la chambre de combustion et ce magma se dépose sur les aubes de turbine bloquant ainsi le flux d'air du moteur, s'immisçant également dans les tubulures. Heureusement quand le magma se refroidit et se solidifie alors que l'avion plonge en planeur, il arrive qu'il se détache et permette un redémarrage du moteur.
En outre, le nuage chargé de cendres est appauvri en oxygène. Si un aéronef le traverse, la combustion du kérosène s'en trouve gênée et le rendement des réacteurs minoré pouvant aller jusqu'à l'extinction.
En ce qui concerne le Eyjafjöll, tant que le risque lié au nuage de cendres volcaniques a subsisté, les transports aériens de l'Europe du Nord, y compris la moitié nord de la France et la Suisse ont été suspendus.
Remarque (11/06/2011) : une décision justifiée par des études en laboratoire
En fait, la décision de bloquer au sol les avions pendant l'éruption du volcan islandais était la bonne, affirme le département de chimie de l'université de Copenhague (Danemark). Les cendres émises pouvaient bel et bien perturber les moteurs, selon les essais réalisés en laboratoire.
Une étude publiée dans les Pnas a montré que les cendres de l'Eyjafjoll étaient abrasives et le sont restées durant plusieurs semaines. D'une taille variant d'une dizaine de nanomètres au millimètre près du volcan, les particules, associées à de la vapeur d'eau, étaient composées d'andésite, de cristaux de plagioclases (silicates), de pyroxènes et d'olivine. Les risques pour les avions étaient multiples : abrasion du pare-brise, vitrification sur certaines parties des réacteurs.
Les chercheurs annoncent par ailleurs dans les Pnas avoir mis au point une méthode pour déterminer en 24 heures la dangerosité des cendres.
Remarque (24/05/2011) : Peut-on protéger les avions des cendres volcaniques ?
L'éruption de l'Eyjafjöll, en avril 2010, a projeté dans l'atmosphère une grande quantité de cendres, ce qui a paralysé le trafic aérien en Europe. Un peu plus d'un an après, un autre volcan sous-glaciaire islandais, le Grimsvötn, est entré en éruption projetant également un panache de cendres qui a atteint 20.000 mètres de hauteur le samedi 21 mai 2011, premier jour de l'éruption.
En quelques, jour, le panache de cendres dégagé par le Grimsvötn s'est réduit aux alentours de 2000 mètres de hauteur et l'éruption pourrait prendre fin avant la fin du mois de mai.
Le trafic aérien a été perturbé en Islande et dans les Îles britanniques.
Le risque couru par les aéronefs est dû au fait que les cendres sont susceptibles de fondre dans les réacteurs des avions, et dégradent les céramiques isolantes.
La céramique utilisée en aéronautique est composée d'un mélange d'oxydes de zirconium (ZrO2) et d'yttrium (Y2O3) ; elle isole le réacteur des pièces situées à proximité. Sa structure poreuse la rend flexible : elle peut se déformer sans se rompre lors des changements de température.
Nitin Padture, de l'Université de l'Ohio et ses collègues américains et russes ont étudié son comportement quand elle est chauffée à 1200 °C en présence des cendres, riches en silice, prélevées sur l'Eyjafjöll. Ils ont montré que les cendres fondent et constituent une phase vitreuse peu visqueuse qui pénètre dans les pores. En refroidissant, la silice durcit, diminuant la flexibilité de la céramique, qui risque de se détacher du réacteur. Les chercheurs ont mis au point une nouvelle céramique d'oxyde de zirconium et de gadolinium (Gd2Zr2O7), imperméable aux cendres fondues dès que son épaisseur est supérieure à dix micromètres. À haute température, cette céramique réagit partiellement avec les cendres et forme de petits cristaux qui colmatent l'entrée des pores. Ainsi, la silice vitreuse ne pénètre plus profondément dans la céramique, et le matériau conserve à peu près sa structure et ses propriétés isolantes.
Ces nouveaux matériaux doivent encore subir des tests pour que l'on sache s'ils conservent leurs propriétés après plusieurs cycles d'élévation de la température. Les avions devraient pouvoir alors voler à travers des nuages de cendres volcaniques.
Source : J. Drexler et al., Advanced Materials, en ligne, 8 avril 2011
Le système AVOID (6 novembre 2013)
Grâce à ce système mis au point par des chercheurs norvégiens, les avions ne seront plus bloqués par les volcans. Pour éviter que les avions restent cloués au sol par les panaches de cendres, des chercheurs norvégiens associés à une compagnie aérienne ont développé le système AVOID. Ce système va permettre aux avions de déceler ces infimes particules à une centaine de kilomètres de distance. Assez loin pour pouvoir adapter leur plan de vol ! Son efficacité a été testée avec succès en octobre 2013. Ce dispositif exploite la loi de Planck, qui lie la température d'un corps à son rayonnement : un nuage de cendres étant plus chaud qu'un cumulonimbus, par exemple, il n'émet pas les mêmes ondes, ce qui permet de le repérer. Captées à l'aide de deux caméras thermiques à infrarouge fixées sur l'avion, les données sont transmises en temps réel à l'ordinateur de bord ainsi qu'au centre de contrôle aérien. Des cartes de dispersion des cendres sont ainsi établies. Encore au stade de développement, le système intéresse déjà de nombreuses compagnies aériennes. Easy Jet envisage de l'intégrer dès 2015 sur une dizaine d'appareils.
Surveillance des panaches de cendres volcaniques (octobre 2011)
L'éruption de l'Eyjafjoll a entraîné une longue et très coûteuse fermeture de l'espace aérien. Pour éviter que cette situation de crise ne se reproduise, experts, chercheurs et météorologues des VAAC (Volcanic Ashes Advisory Centers) unissent désormais davantage leurs efforts et leurs moyens pour prédire l'avancée des panaches de cendres. En combinant étude directe et détection par satellites, photomètres et lidars (télédétection par laser), parfois transformés pour l'occasion, ils cumulent des informations sur la composition, l'altitude ou la densité des cendres et obtiennent en quelques heures des cartes prévisionnelles fiables du trajet de ces nuages afin de renseigner au plus vite les compagnies aériennes. Un travail qui reste cependant difficile compte tenu des incertitudes naturelles (caprices du volcan, conditions météorologiques, etc.) mais aussi en raison de l'absence d'un réseau d'observation européen spécifique.
1. Par une étude directe
Échantillonnage des cendres au sol ou dans le nuage, par avion (ATR 42 M55 Geophysica) pour connaître leurs propriétés microphysiques (granulométrie, forme...) et leur composition chimique.
2. Au sol
Surveillance de l'atmosphère via des réseaux de radars, lidars, interféromètres, photomètres... Ces derniers mesurent l'intensité de la lumière qui leur parvient du Soleil, plus basse en présence de cendres, permettant d'évaluer l'épaisseur du nuage. Ces mesures sont rendues difficiles en présence de pollution.
3. Par satellites
Utilisation de radiomètres, interféromètres, lidars, etc., embarqués dans des satellites d'observation de l'atmosphère (Parasol, Calipso, Météosat, Envisat, Metop, Terra, Aqua...) pour déterminer la surface, l'altitude, l'épaisseur du nuage et certaines de ses caractéristiques.
4. Par avion
16 avril 2010 : le CEA à Saclay détecte des cendres de l'Eyjafjoll au nord de la France puis à 6 km au-dessus de Paris. Afin de pouvoir renseigner les compagnies aériennes, il embarque un lidar dans un avion Falcon 20 de l'unité Satire (CNRS, Cnes, Météo-France). Cet appareil, aussi utilisé au sol ou par satellite, émet un faisceau laser vers l'atmosphère et analyse la lumière qui lui revient. En dépolarisant cette lumière, les cendres signent leur présence dans l'atmophère.
Source : Marion Sabourdy, Sciences et Avenir, n° 776, octobre 2011, p. 16-17.
Destin des cendres
Que vont devenir ces cendres ? Soumises aux pluies et aux vents, elles ont rejoint les couches basses de la troposphère et se sont fondus dans la masse des polluants urbains et industriels.
À la suite de l'éruption de l'Eyjafjöll, un groupe de travail international dirigé par l'Autorité de l'Aviation Civile (CAA) du Royaume-Uni a défini trois zones pour le trafic aérien.
- Zone 1, moins de 0,2 mg de cendres par m3 d'aire : aucune restriction de vol.
- Zone 2, concentration comprise entre 0,2 et 2 mg par m3 d'air : les vols sont possibles, mais les contrôles de maintenance et d'inspection des appareils sont renforcés.
- Zone 3 : concentration supérieure à 2 m par m3 d'air : les vols sont interdits.
Selon la météo, des vols de durée limitée peuvent cependant être autorisés jusqu'à 4 mg par la CAA.
Comment la vie peut reprendre le dessus
Ce problème rejoint celui des biotopes soumis aux incendies. Après incendie ou éruption volcanique, la biodiversité se recompose grâce aux espèces opportunistes. Sur la terre carbonisée, les quelques espèces survivantes, mais surtout celles qui vivaient en lisière profitent de la situation pour recoloniser le milieu. Et cela rapidement. L'ampleur et la rapidité de la recolonisation dépendent de l'intensité de la brûlure, du lieu et du moment de la catastrophe, ainsi que des espèces présentes sur et autour du site anéanti.
Sur le lieu-même de la catastrophe, la nature transforme un sol devenu invivable en un support capable à nouveau d'accueillir la vie en quelques années et la recolonisation s'enclenche avec la dispersion de nouvelles espèces venues de l'extérieur. Ce processus dépend tout de même de certaines conditions. Le lieu de la zone à recoloniser et sa distance par rapport aux différentes populations sources susceptibles de le conquérir sont deux éléments primordiaux. Plus il est aisé et rapide de coloniser un territoire, plus le nombre d'espèces qui l'envahiront sera important.
Un bel exemple de cette recolonisation est donné par l'île Surtsey apparue au sud-ouest de l'Islande entre 1963 et 1967.
Sur cette île volcanique sortie stérile de l'océan, entre 1963 et 1967, seules les graines capables d'être transportées par les flots ou par les vents parvinrent à s'installer. Puis des oiseaux nichèrent sur l'île et apportèrent avec eux quantités de nouvelles espèces végétales mais aussi animales. Quarante-cinq ans plus tard, on compte 91 espèces d'oiseaux, 354 espèces d'invertébrés et 69 espèces de plantes !
C'est probablement au mont Saint-Helens, dans le Nord-Ouest des États-Unis, que ces processus ont été les plus étudiés. Aujourd'hui, une forêt de conifères entoure les pieds de ce jeune volcan et sur ses flancs s'étalent des prairies vertes. Pourtant, en mai 1980, l'éruption du volcan transforma plus de 500 km2 de vie exubérante en un désert de cendre et de désolation.
"Au mont Saint-Helens, la recolonisation de la vie a surpris tout le monde par sa vitesse et par ses mécanismes", confie Virginia Dale, qui fait partie des premiers écologues américains à s'être rendus sur place, puis à effectuer un suivi de la nature autour du volcan.
Un des résultats les plus étonnants de ce suivi a révélé l'importance des espèces survivantes. De fait, malgré les coulées de lave et les tonnes de poussières ardentes, des poches de vie ont survécu dans certains endroits, autorisant la mise en route de la première phase de la recolonisation via l'expansion d'espèces existantes. Un phénomène que l'on retrouve dans la plupart des incendies et des éruptions volcaniques, mais de façon plus ou moins marquée.
Chez les végétaux, les graines les plus légères et les spores de fougères ou de mousses débarquées par le vent représentaient les premiers colons, Les graines ont aussi été transportées par les animaux. C'est ainsi qu'en l'espace de neuf ans, la végétation autour de ce jeune volcan recouvrait déjà environ 10 % des territoires qu'elle occupait autrefois. Aujourd'hui, les chercheurs estiment qu'elle recouvre environ 80 % des zones, avec toutefois de grandes disparités selon les endroits.
Pour le mont Saint-Helens, on peut dire que la nature établie autour du volcan a eu de la chance ce 18 mai 1980 : il restait une couverture neigeuse suffisamment importante pour protéger quelques espèces des éjections incandescentes. Et ces endroits furent ensuite de véritables îlots de végétation d'où la nature puisa la force de reconquérir le terrain perdu.
Par ailleurs, certains animaux migrateurs n'étaient pas sur les lieux au moment de l'éruption, comme les saumons dont certains sont revenus l'été suivant. Tandis que d'autres animaux étaient encore bien enfouis dans leur terrier, notamment les rongeurs. Sur les 32 espèces de petits mammifères connus pour vivre autour du volcan, 14 ont ainsi survécu. De même que plusieurs végétaux dont la germination n'avait pas encore eu lieu, comme les lupins. Ces pionnières végétales ont joué un rôle déterminant car elles ont l'avantage de fixer et retenir l'azote, ce qui permet de fertiliser les sols. Et donc de faciliter l'installation d'autres plantes.
De fait, l'état du sol à la suite d'une catastrophe de ce type constitue un des freins majeurs au retour des végétaux. Après avoir grillé à plus de 300 °C, les cellules des organismes du sol et des végétaux sont détruites, les nutriments brûlés. Et la terre devient stérile. Elle ne retrouvera sa capacité d'accueil que grâce aux apports des zones voisines moins touchées. Les plantes survivantes jouent ici un rôle clé en fournissant une matière organique capable d'accueillir d'autres espèces.
Toutefois, les plantes survivantes ne sont pas les seules à restaurer la fertilité des terres brûlées. Les nuages de cendre alimentent aussi le sol en minéraux, ainsi que les pluies, les fientes d'oiseaux ou encore le bois mort. Enfin, les "pluies d'insectes" ont également un rôle important, dans des proportions plus ou moins grandes selon la richesse et la distance de la source d'insectes. Durant l'été, de nombreux juvéniles d'insectes et d'araignées se disséminent par la voie des airs. C'est l'essaimage aérien. Sur chaque hectare autour du volcan, environ 90 kg d'insectes sont ainsi déposés durant les quatre mois d'été, d'après les estimations des scientifiques ! Or en plus d'apporter la vie et d'amorcer une chaîne alimentaire, ces insectes dont beaucoup meurent rapidement, alimentent également le sol en matière organique (matière carbonée issue des êtres vivants et composée essentiellement de carbone et d'eau mais aussi d'oxygène, d'hydrogène, d'azote, de phosphore, etc.).
Quelques photos magnifiques sur l'éruption
Voir également : les volcans d'Islande (Vu du Ciel France 3)
Ajout du 23/08/2014
Été 2014 : le Bardarbunga, situé sous le plus grand glacier d'Islande et dont l'altitude dépasse 2 000 mètres, est entré en activité le samedi 16 août. voir l'article : un volcan islandais menaçant
Sources bibliographiques :
Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand
Detay M. (2010) - L'Eyjafjöll, radiographie d'un volcan qui a du panache. Pour la Science, n° 392 - juin 2010, 70-76.
Incendies : la biodiversité se recompose avec opportunisme. Science & Vie, n° 1114, juillet 2010. pp 58-61.
19:50 Publié dans Géologie-hydrogéologie-Climatologie, Volcanologie-Sismologie | Tags : islande, volcan, éruption volcanique, eyjafjöll | Lien permanent | Commentaires (3) |
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22/06/2010
Le Kawa Ijen, un volcan de Java (Indonésie)
Le Kawa Ijen est un volcan dont le cratère est occupé par un lac acide. Il se caractérise par une exploitation à dos d'homme d'une solfatare qui produit du soufre.
14:46 Publié dans Géologie-hydrogéologie-Climatologie, Limnologie-hydrobiologie, Volcanologie-Sismologie | Tags : kawah ijen, indonésie, java, volcanologie, ceinture de feu du pacifique, soufre, exo-ploitation du soufre | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Séismes
Séismes 2010
par André Guyard
Le début de l'année 2010 a été marqué par une série de tremblements de terre qui ont affecté Haïti en janvier et le Chili en février.
Haïti

L'île d'Hispaniola (que se partagent Haïti et la République dominicaine) se trouve dans une zone sismiquement active, entre deux plaques tectoniques : la plaque nord-américaine au nord et la plaque caraïbe au sud. Dans cette zone, les failles sont des décrochements sénestres et des failles de compression (failles inverses) ou chevauchements.
Au départ, on a cru que le séisme avait été provoqué par la rupture d'une faille, orientée ouest-est, sur une longueur de cinquante à cent kilomètres. Il s'agit de la faille d'Enriquillo, qui est un décrochement sénestre qui traverse l'île d'Ouest en Est et passe à 5 km au sud de la capitale Port-au-Prince et qui autorise un mouvement horizontal de 7 mm/an.
Selon Éric Calais, de l'université Purdue (États-Unis), le séisme a été occasionné par une faille alors inconnue. L'observation des récifs coralliens émergés près de l'épicentre ainsi que les données récoltées par satellites radar et CPS ont montré que ce séisme avait causé des déformations de la surface terrestre incompatibles avec le comportement de la faille d'Enriquillo. En utilisant un modèle informatique pour simuler ces déformations, le chercheur a montré qu'elles ne pouvaient s'expliquer que par l'existence d'une faille secondaire jusqu'alors non identifiée, et baptisée faille de Léogâne. Et le géologue de prévenir que la faille d'Enriquillo menace donc toujours Haïti puisqu'elle n'a pas libéré l'énergie accumulée.

Ce tremblement de terre est un séisme crustal dont le foyer serait à une profondeur relativement faible de 10 km (d'où la dénomination de séisme crustal). Sa magnitude est de 7,0 à 7,3. Il est survenu le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, heure locale. Son épicentre (18° 27′ 25″ Nord - 72° 31′ 59″ Ouest) est situé approximativement à 25 km de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti. Une douzaine de secousses secondaires de magnitude s'étalant entre 5,0 et 5,9 ont été enregistrées dans les heures qui ont suivi dont le deuxième d'une magnitude de 6,1 est survenu le 20 janvier 2010 à 6 heures 3 minutes, heure locale avait un hypocentre situé approximativement à 59 km à l'ouest de Port-au-Prince, et à moins de 10 kilomètres sous la surface. L'Institut géologique américain a annoncé le 24 janvier avoir enregistré 52 répliques d'une magnitude supérieure ou égale à 4,5.

Selon le CNRS (19 janvier 2010), le glissement cosismique de 1 à 2 m se serait produit sur 70 km de long.
Le premier séisme a causé de nombreuses victimes, : 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris. 211 rescapés ont été extraits des décombres par les équipes de secouristes venues du monde entier.

Carte des intensités du séisme, estimées, selon l'échelle de Mercalli


Comment les satellites aident-ils à évaluer les dégâts causés par un séisme?
Deux heures à peine après le séisme survenu en Haïti le 12 janvier, la Sécurité civile française, première à réagir, a activé la charte internationale "Espace et Catastrophes majeures". Cet accord, signé il y a dix ans, prévoit que les 12 principales agences spatiales s'engagent à mettre gratuitement en commun les données acquises par leurs satellites d'observation juste après une catastrophe naturelle majeure.
Objectif : éditer des cartes de terrain les plus actualisées possibles afin d'aider les secours sur place. Le Gnes (Centre national d'études spatiales), à Toulouse, a dirigé les opérations financées par une initiative européenne, le GMES (Global Monitoring for Environnement and Security).
Un peu plus de vingt-quatre heures après le séisme, une première carte des dégâts était envoyée sur place. D'autres ont suivi. « C'est la première fois que nous parvenons à exploiter aussi efficacement les données satellitaires car les conditions météo très favorables ont permis de faire des images sans nuages », précise Catherine Proy, du Cnes.
La charte avait déjà été mise en œuvre lors du tremblement de terre au Sichuan (Chine) en mai 2008, mais la couverture nuageuse n'avait pas permis d'utiliser les images. Autre point fort en Haïti : des satellites chinois, sud-coréen et indien - pays récemment signataires de la charte - ont participé à l'opération, ainsi que deux satellites commerciaux (GeoEye et QuikBird).
C'est ainsi que dix satellites ont participé à l'opération. En orbite basse (600 à 800 km d'altitude). ils font le tour de la Terre en quelques heures. Il a fallu attendre que chacun d'entre eux survole Haïti après le séisme pour mettre en commun les données. Ci-dessous, un tableau des différents satellites qui ont participé à l'élaboration des cartes de sinistres en Haïti.
|
Satellites |
résolution |
champ de vue |
|
SPOT 5 (France) |
2,5 m |
60 km x 60 km |
|
WORLD VIEW (États-Unis) |
50 cm |
60 km x 110 km |
|
GEOEYE (États-Unis) |
40 cm à 1,3 m |
15 km x 9,5 km |
|
QUIKBIRD (États-Unis) |
2,44 à 2,88 m |
16,5 km x 16,5 km |
|
CARTOSAT (Inde) |
2,5 m |
30 km |
|
HJ1A (Chine) |
30 m |
50 km |
|
KOMPSAT 2 (Corée du Sud) |
1 m |
50 km |
|
ALOS (Japon) |
2,5 m |
70 km |
|
Satellites radars : RADARSAT, TERRASAT |
|
|
Une infographie publiée dans le numéro d'avril 2010 de Sciences et Avenir décrit la chronologie de l'élaboration de ces cartes de terrain.
13 janvier + 18 h 25
TOULOUSE
L'antenne, située à Toulouse, réceptionne les données des dix satellites, sous forme d'un tableau de nombres, entre 0 et 255. Chaque nombre représente la part de l'énergie réfléchie par un point de la surface du sol, très différente pour une surface lisse et un tas de gravats.
13 janvier + 19 h 57
STRASBOURG/MUNICH
Ces tableaux sont envoyés à deux centres de traitement : le Sertit (Service régional de traitement d'images et de télédétection) à Strasbourg et le DLR (Centre spatial allemand) à Munich. Leur tâche est de rendre exploitables ces données issues de satellites ayant des champs de vision et des résolutions différents pour en extraire des cartes. Pour ce faire, deux méthodes sont utilisées.
L'orthorectification
La première étape consiste à irriger l'effet du relief, celui de la rotondité de la Terre et d'une éventuelle prise de vue oblique du satellite afin d'élaborer une carte en 2D.
Le géoréférencement
La seconde étape, délicate, consiste à mettre toutes les cartes « orthorectifiées » à la même échelle puis à les caler sur un système de coordonnées géographiques (longitude et latitude), de manière à pouvoir superposer cette image satellitaire au modèle numérique de terrain (MNT) élaboré par l'IGN (Institut géographique national). C'est ainsi que l'on appelle une représentation numérique du relief d'une région. Cette superposition permet d'inclure le relief dans les cartes satellitaires.
14 janvier + 25 h 52
Les extractions thématiques
La carte obtenue après orthorectification et géoréférencement est comparée à la même image réalisée par des méthodes similaires avant le séisme et d'établir une carte des dégâts, définir les zones de rassemblement des populations sinistrées, les zones de pollution et les points d'eau de surface accessibles.
L'étape finale consiste à envoyer les cartes vers les zones sinistrées par les moyens de communication encore disponibles.
Sources pour Haïti :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblement_de_terre_d%27Ha%...
Azar Khalatbari, Chili : deux régions sous surveillance Sciences et Avenir avril 2010 n° 758 p. 18-19.
Le Chili
Un puissant séisme de magnitude 8,8 , l'un des plus violents des cent dernières années, est survenu samedi 27 février au large du Chili et plus de 20 répliques ont été enregistrées. La dernière, de magnitude 6,1, a eu lieu vers 14 h heure française. La plus puissante, de magnitude 6,9, a été enregistrée au large des côtes chiliennes à 8 h 01 GMT, soit environ une heure et demie après la première secousse. La secousse a été ressentie jusqu'à Santiago, la capitale, qui se trouve pourtant à quelque 400 km de l'épicentre, et en Argentine. Une vague de tsunami de 2,34 mètres s'est ensuite abattue samedi matin sur la ville côtière chilienne de Talcahuano. Et des vagues de tsunami traversaient samedi l'ensemble de l'océan Pacifique à la suite de ce séisme et le phénomène devait s'achever au Japon avec des vagues de 30 cm, selon un responsable de la Météo nationale américaine.
Le Chili s'organisait lundi après avoir découvert l'ampleur des dégâts provoqués sur ses côtes par ce tsunami qui a détruit des villes balnéaires entières après le séisme, dont le bilan atteignait au moins 711 morts depuis samedi.
Le sud du pays est le plus touché, offrant un spectacle de désolation sur le littoral, où des maisons ont été broyées, des bateaux projetés à l'intérieur des terres.
À l'heure où le Chili se relève de ce séisme, les experts se tournent vers deux "lacunes sismiques" menaçantes : il s'agit de segments de faille n'ayant pas rompu depuis longtemps et qui ont connu des tremblements de terre meurtriers dans le passé. D'abord, la région d'Arica (voir la carte ci-dessous), où le dernier séisme date de 1877. "Mais je suis aussi très inquiet pour celle de La Serena, déclare Raùl Madariaga, de l'Ecole normale supérieure à Paris. Cette région a bien connu des séismes, mais ils se sont produits hors de la zone de subduction et n'ont pas pu libérer les contraintes accumulées." La sismicité du Chili est due à la zone de subduction entre la plaque océanique Nazca et le continent sud-américain : la première s'enfonce d'environ 6,5 cm/an sous le second. La plaque sud-américaine doit absorber la déformation accumulée, ce qui provoque des séismes. Plus ceux-ci sont espacés, plus la probabilité d'une rupture violente est forte. Celui du 27 février, qui a déplacé la ville de Concepcion de 3 mètres, "était attendu depuis longtemps, explique Christophe Vigny, du même laboratoire, car le dernier séisme survenu dans la lacune de Concepcion, décrit par Darwin, remontait à 1835."

Conflit entre la plaque Nazca et la plaque sud-américaine
(infographie : laboratoire de géologie -ENS/CNRS à partir des données USGS)
Sources pour le Chili :
Azar Khalatbari, Chili : deux régions sous surveillance Sciences et Avenir avril 2010 n° 758 p. 22.
Peut-on prévoir les séismes ?
Existe-t-il des signes avant-coureurs annonçant l'imminence d'un séisme ?
Georges Charpak, prix Nobel de physique (1992) s'est intéressé au radon, ce gaz radioactif produit par la désintégration de l'uranium. Avec d'autres spécialistes, Charpak tente de mettre au point un détecteur de radon qui s'échappe en infime quantité des fissures du sol peu avant un séisme. D'après Charpak, il serait possible d'équiper ces micro-failles de centaines de détecteurs pour prédire l'imminence d'un séisme. Charpak a présenté un prototype de détecteur dans la revue Physicsworld qui identifie les particules alpha et les rayons gamma avec une limite de détection de 420 Bq/m3 , un becquerel (Bq) équivalant à une désintégration par seconde. L'appareil d'un faible coût, pourrait être testé par le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) dans son laboratoire souterrain du Beaufortain (Savoie) à proximité de la retenue de Roselend, dont la mise en eau saisonnière provoque des contraintes mécaniques aboutissant à des émissions de radon.
Récemment, Shih-Chieh Hsu de Taïwan a mis en évidence une concentration multipliée par 10 de dioxyde de soufre dans l'atmosphère quelques heures avant deux séismes. Ce SO2 serait libéré par des failles.
On trouvera dans la revue Pour la Science de janvier 2012, pp 62-67, l'annonce de la mise au point par les géophysiciens américains d'un système d'alerte rapide capable d'avertir plusieurs dizaines de secondes à plusieurs minutes à l'avance qu'une violente secousse va se produire.
Quand la terre gronde
Un guide pédagogique gratuit mis à disposition des enseignants du 1er degré pour sensibiliser leurs élèves aux risques naturels du monde.

« Quand la terre gronde » a été développé par la Fondation La Main à la Pâte, en partenariat avec la CASDEN, le Ministère de l’Education nationale, l’Agence spatiale européenne, Universcience et l’Association Prévention 2000.
Ce projet a été réalisé avec l’appui d’enseignants et de scientifiques pour disposer d’un ouvrage simple, pratique et permettre aux enfants d’apprendre à vivre avec le risque de la façon la plus responsable possible. Conforme aux programmes scolaires, il s’inscrit pleinement dans le cadre de l’éducation au développement durable.
Cet ouvrage s’adresse aux enseignants ayant une connaissance scientifique ou non sur le sujet. Ce guide propose une progression complète, clé en main et modulable, composée de 4 séances indépendantes (les volcans, les séismes, les tsunamis et ma commune face aux risques), avec des éclairages scientifiques et pédagogiques, des fiches documentaires et des outils d’évaluation.
Pour disposer gratuitement de cet outil, les enseignants de l’école primaire sont invités à effectuer une demande sur le site* : www.quand-la-terre-gronde.fr
*Dans la limite des stocks disponibles.
08:00 Publié dans Géologie-hydrogéologie-Climatologie, Volcanologie-Sismologie | Tags : séisme, tremblement de terre, haïti, chili, géologie, satellite, sismographie, caraïbe, antilles | Lien permanent | Commentaires (2) |
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Sismologie dans la région de Thise (Doubs)
Sismologie dans la région de Thise (Doubs)
par André Guyard
(article modifié le 2 mars 2013)
L'activité sismique particulièrement intense au cours des deux dernières années (2010 et 2011) nous interpelle. Quels sont les séismes qui ont secoué la région bisontine et particulièrement la commune de Thise au cours des siècles derniers ?
L'échelle de Richter indique la magnitude, c'est-à-dire l'intensité du séisme. La magnitude est l'énergie libérée par un séisme, indépendamment des dégâts provoqués. Elle est définie par une échelle logarithmique, où chaque unité ajoutée correspond à une multiplication par 32 de l'énergie libérée. Ainsi, un séisme de magnitude 9 libère, non pas 3 fois plus, mais 1 milliard 74 millions de fois plus d'énergie qu'un séisme de magnitude 3.
Carte du risque sismique en Franche-Comté © Géoportail)
(Cliquez sur la carte pour zoomer)
Le tableau ci-dessous répertorie l'ensemble des séismes qui ont affecté notre région au cours des derniers siècles.
Nous reprendrons plus en détail, les séismes dont l'épicentre se trouvait à proximité de notre commune.
Tableau des séismes ayant affecté
le Nord-Est de la France
et les régions voisines
Surlignés en jaune : séismes ayant affecté la Franche-Comté.
Surlignés en rouge : séismes d'intensité (= magnitude) supérieure ou égale à 7 ayant affecté les contrées voisines.
|
Date |
Heu- re |
Choc |
Localisation épicentrale |
Région ou pays de l'épicentre |
Inten- sité épi- centrale |
|
12/11/ 2005 |
19h 31 |
|
JURA SUISSE (N-E. AARAU) |
SUISSE |
5 |
|
8/09/ 2005 |
11h 27 |
|
MASSIF DU MONT-BLANC (VALLORCINE) |
ALPES SAVO- YARDES |
5 |
|
12/05/ 2005 |
1h 38 |
|
JURA SUISSE (N.E SOLOTHURN) |
SUISSE |
4 |
|
5/12/ 2004 |
1h 52 |
|
BADEN-WURTEMBERG (WALDKIRCH) |
ALLEMAGNE |
6 |
|
28/06/ 2004 |
23h 42 |
|
JURA SUISSE (N-E. AARAU) |
SUISSE |
|
|
21/06/ 2004 |
23h 10 |
|
JURA SUISSE(BALE) |
SUISSE |
5 |
|
23/02/ 2004 |
17h 31 |
|
JURA (S. BAUME-LES-DAMES) |
FRANCHE- COMTE |
5,5 |
|
22/02/ 2003 |
20h 41 |
|
PAYS FORESTIER SOUS-VOSGIEN (RAMBERVILLERS) |
VOSGES |
6,5 |
|
30/04/ 1989 |
3h 38 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (FROIDEVAUX) |
FRANCHE- COMTE |
4,5 |
|
29/12/ 1984 |
11h 03 |
R |
HAUTES-VOSGES (ELOYES-REMIREMONT) |
VOSGES |
|
|
29/12/ 1984 |
11h 02 |
|
HAUTES-VOSGES (ELOYES-REMIREMONT) |
VOSGES |
6 |
|
13/10/ 1984 |
21h 23 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE- COMTE |
4 |
|
5/09/ 1984 |
5h 16 |
|
ZURICH |
SUISSE |
6 |
|
21/06/ 1983 |
15h 03 |
|
JURA (ORNANS) |
FRANCHE- COMTE |
4,5 |
|
5/02/ 1983 |
16h 19 |
R |
AVANT-PAYS JURASSIEN (RANDEVILLERS) |
FRANCHE- COMTE |
|
|
3/02/ 1983 |
2h 48 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (RANDEVILLERS) |
FRANCHE- COMTE |
4 |
|
18/07/ 1980 |
23h 03 |
E |
PLAINE DE HAUTE-ALSACE (HABSHEIM) |
ALSACE |
|
|
16/07/ 1980 |
15h 50 |
E |
PLAINE DE HAUTE-ALSACE (HABSHEIM) |
ALSACE |
4,5 |
|
15/07/ 1980 |
12h 17 |
|
PLAINE DE HAUTE-ALSACE (HABSHEIM) |
ALSACE |
6,5 |
|
3/07/ 1979 |
21h 13 |
|
PLATEAU SUISSE (MORAT) |
SUISSE |
|
|
3/09/ 1978 |
7h 08 |
|
JURA SOUABE (ONSMETTINGEN) |
ALLEMAGNE |
7,5 |
|
8/01/ 1975 |
9h 12 |
|
PLATEAUX JURASSIENS (SALINS-LES-BAINS) |
FRANCHE- COMTE |
|
|
8/03/ 1968 |
4h 01 |
|
PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (PONTAILLER/SAONE) |
BOURGOGNE |
4,5 |
|
16/07/ 1967 |
14h 04 |
|
PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (AUXONNE) |
BOURGOGNE |
5 |
|
10/07/ 1966 |
3h 45 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTAGNEY) |
FRANCHE- COMTE |
|
|
2/07/ 1966 |
6h 15 |
|
PLATEAU DE HAUTE-SAONE (FAUCOGNEY ?) |
FRANCHE- COMTE |
4 |
|
14/03/ 1964 |
2h 37 |
|
UNTERWALD (SARNEN) |
SUISSE |
7 |
|
25/04/ 1962 |
4h 44 |
|
VERCORS (CORRENCON-EN-VERCORS) |
DAUPHINE |
7,5 |
|
28/04/ 1961 |
20h 48 |
|
FORET NOIRE (LORRACH) |
ALLEMAGNE |
5,5 |
|
23/03/ 1960 |
23h 08 |
|
VALAIS (BRIG) |
SUISSE |
7 |
|
23/11/ 1955 |
6h39 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ) |
FRANCHE-COMTE |
6 |
|
21/11/ 1955 |
17h45 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (CUSSEY) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
3/11/ 1955 |
14h27 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ) |
FRANCHE-COMTE |
6 |
|
28/10/ 1955 |
7h19 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (MONTARLOT-LES-RIOZ) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
29/07/ 1954 |
4 h 42 |
|
VALAIS (MONTANA) |
SUISSE |
6,5 |
|
19/05/ 1954 |
9 h 34 |
|
VALAIS (N-W. SION) |
SUISSE |
7 |
|
30/05/ 1946 |
4 h 41 |
R |
VALAIS (CHALAIS) |
SUISSE |
7 |
|
26/01/ 1946 |
3 h 15 |
R |
VALAIS (CHALAIS) |
SUISSE |
|
|
25/01/ 1946 |
21 h 39 min |
R |
VALAIS (CHALAIS) |
SUISSE |
|
|
25/01/ 1946 |
17 h 32 |
|
VALAIS (CHALAIS) |
SUISSE |
7,5 |
|
31/05/ 1936 |
5 h 39 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (SELONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
4 |
|
30/12/ 1935 |
3 h 36 |
|
VALLEE DU RHIN (OFFENBURG) |
ALLEMAGNE |
7 |
|
30/12/ 1935 |
3 h 07 |
P |
VALLEE DU RHIN (OFFENBURG) |
ALLEMAGNE |
|
|
27/06/ 1935 |
17 h 19 |
|
JURA SOUABE (KAPPEL) |
ALLEMAGNE |
7,5 |
|
8/02/ 1933 |
7 h 07 |
|
VALLEE DU RHIN (RASTATT) |
ALLEMAGNE |
7 |
|
11/01/ 1931 |
23 h 50 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
11/01/ 1931 |
20 h 20 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
11/01/ 1931 |
19 h |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
11/01/ 1931 |
16 h 45 |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
4 |
|
10/01/ 1931 |
1 h |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
23/12/ 1930 |
2 h |
E |
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
20/12/ 1930 |
17 h 30 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
28/06/ 1926 |
22 h |
|
VALLEE DU RHIN (KAISERSTUHL) |
ALLEMAGNE |
7 |
|
8/01/ 1925 |
2 h 44 |
|
JURA SUISSE (ORBE-LIGNEROLLE) |
SUISSE |
6,5 |
|
19/11/ 1924 |
17 h 55 |
|
JURA SUISSE (ORBE) |
SUISSE |
|
|
1/03/1916 |
20 h 53 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (DOLE) |
FRANCHE-COMTE |
5 |
|
15/12/ 1912 |
22 h 15 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (HERIMONCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
28/10/ 1911 |
22 h 17 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (ECHENOZ-LE-SEC ?) |
FRANCHE-COMTE |
4 |
|
16/11/ 1911 |
21 h 26 |
|
JURA SOUABE (EBINGEN) |
ALLEMAGNE |
8,5 |
|
26/05/ 1910 |
7 h 12 |
|
JURA SUISSE (LAUFEN) |
SUISSE |
6 |
|
29/04/ 1905 |
1 h 59 |
|
MASSIF DU MONT-BLANC (LAC D'EMOSSON) |
SUISSE |
7,5 |
|
6/05/ 1898 |
13 h 10 |
|
OBERLAND (S. THUN) |
SUISSE |
6,5 |
|
22/02/ 1898 |
11 h 45 min |
|
JURA SUISSE (GRANDSON) |
SUISSE |
6,5 |
|
28/12/ 1892 |
6 h |
|
JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE) |
FRANCHE-COMTE |
5 |
|
28/12/ 1892 |
2 h |
P |
JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
27/12/ 1892 |
21 h |
P |
JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
27/12/ 1892 |
13 h |
P |
JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
25/12/ 1892 |
21 h 15 |
P |
JURA (MAICHE, ST-HIPPOLYTE) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
10/09/ 1883 |
4 h |
R |
JURA (SANCEY-LE-GRAND) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
7/09/ 1883 |
23 h 30 |
|
JURA (SANCEY-LE-GRAND) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
22/07/ 1881 |
2 h 45 |
|
BELLEDONNE-PELVOUX |
ALPES SAVOYARDES |
7 |
|
8/10/ 1877 |
5 h 12 |
|
FAUCIGNY (LA ROCHE-SUR-FORON) |
ALPES SAVOYARDES |
7 |
|
2/04/ 1876 |
|
JURA SUISSE (NEUCHATEL-BIENNE ?) |
SUISSE |
5,5 |
|
|
10/11/ 1873 |
19 h 30 |
|
JURA (ORNANS) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
14/09/ 1866 |
5 h 10 |
|
BRENNE (AZAY-LE-FERRON) |
BERRY |
7 |
|
23/10/ 1865 |
7 h 15 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
17/04/ 1862 |
8 h 10 |
|
PLAINE DE HAUTE-BOURGOGNE (SELONGEY) |
BOURGOGNE |
5 |
|
17/06/ 1858 |
10 h |
|
TERRITOIRE DE BELFORT (BEAUCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
4,5 |
|
14/02/ 1857 |
|
PAYS DE MONTBELIARD |
FRANCHE-COMTE |
5 |
|
|
26/07/ 1855 |
14 h |
R |
VALAIS (VISP) |
SUISSE |
|
|
26/07/ 1855 |
10 h |
R |
VALAIS (VISP) |
SUISSE |
8 |
|
25/07/ 1855 |
12 h 50 |
|
VALAIS (VISP) |
SUISSE |
9 |
|
11/07/ 1852 |
|
|
TERRITOIRE DE BELFORT (BEAUCOURT) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
24/08/ 1851 |
2 h |
Z |
OBERLAND (S-W. THUN ?) |
SUISSE |
|
|
16/05/ 1848 |
5 h |
|
PLATEAUX JURASSIENS (NOZEROY) |
FRANCHE-COMTE |
5,5 |
|
17/08/ 1846 |
7 h 40 |
|
PLATEAU SUISSE (YVERDON) |
SUISSE |
6,5 |
|
6/09/ 1843 |
9 h 28 |
|
VALLEE DU DOUBS (SOULCE) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
24/01/ 1837 |
2 h |
Z |
VALAIS (BRIG) |
SUISSE |
7 |
|
27/08/ 1831 |
0 h 5 |
Z |
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
30/10/ 1828 |
7 h 20 |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
7 |
|
26/10/ 1828 |
11 h 30 |
P |
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
6 |
|
16/12/ 1823 |
|
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
19/02/ 1822 |
8 h 45 |
Z |
BUGEY (BELLEY) |
BRESSE ET JURA BRESSAN |
7,5 |
|
11/03/ 1817 |
21 h 25 |
|
MASSIF DU MONT-BLANC (CHAMONIX) |
ALPES SAVOYARDES |
7 |
|
29/11/ 1784 |
22 h 10 |
|
SUNDGAU (ALTKIRCH ?) |
ALSACE |
6 |
|
15/10/ 1784 |
12 h 03 |
|
LAC DU BOURGET (AIX-LES-BAINS) |
ALPES SAVOYARDES |
6,5 |
|
6/07/ 1783 |
9 h 56 |
|
VALLEE DE L'OUCHE (BLIGNY) |
BOURGOGNE |
6 |
|
10/09/ 1774 |
16 h 30 |
|
LAC DES 4 CANTONS (LUCERNE) |
SUISSE |
8 |
|
18/01/ 1757 |
5 h 52 |
|
VOSGES COMTOISES (PLANCHER-LES-MINES) |
FRANCHE-COMTE |
6 |
|
18/02/ 1756 |
7 h 45 |
|
HAUTES-FAGNES (STOLBERG) |
ALLEMAGNE |
8 |
|
9/12/ 1755 |
14 h 45 |
|
VALAIS (BRIG) |
SUISSE |
8,5 |
|
26/02/ 1685 |
|
|
JURA SUISSE (AARAU ?) |
SUISSE |
|
|
12/05/ 1682 |
2 h 30 |
|
HAUTES-VOSGES (REMIREMONT) |
VOSGES |
8 |
|
12/12/ 1672 |
14 h |
|
JURA SUISSE (BALE ?) |
SUISSE |
|
|
24/01/ 1653 |
23 h |
|
JURA SUISSE (BALE) |
SUISSE |
|
|
21/09/ 1650 |
3 h |
|
JURA SUISSE (BALE) |
SUISSE |
6,5 |
|
15/06/ 1630 |
10 h |
|
JURA (PONT-DE-ROIDE ?) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
30/05/ 1621 |
15 h |
|
JURA SUISSE (NEUCHATEL) |
SUISSE |
|
|
5/10/ 1614 |
1 h 45 |
|
FORET NOIRE (S. SCHOPFHEIM ?) |
ALLEMAGNE |
|
|
18/09/ 1601 |
1 h 45 |
|
LAC DES 4 CANTONS (LUCERNE) |
SUISSE |
8 |
|
13/11/ 1592 |
22 h |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
11/03/ 1584 |
11 h 30 |
|
LAC LEMAN (MONTREUX) |
SUISSE |
7 |
|
18/10/ 1356 |
22 h |
|
JURA SUISSE (BALE) |
SUISSE |
9 |
|
18/10/ 1356 |
17 h |
P |
JURA SUISSE (BALE) |
SUISSE |
7,5 |
|
1/02/ 1267 |
2 h |
|
AVANT-PAYS JURASSIEN (BESANCON) |
FRANCHE-COMTE |
|
|
3/01/ 1117 |
17 h |
|
LOMBARDIE (VERONE) |
ITALIE |
|
Quelques explications sur la nomenclature employée dans ce tableau :
Nature du choc :
- C : choc principal
- R : Réplique
- E : Secousse individualisée d'un essaim
- P : Précurseur
- Z : Groupe de secousses d'un essaim
Degrés de l'intensité épicentrale :
- 4 : secousse modérée, ressentie dans et hors les habitations, tremblement des objets,
- 5 : secousse forte, réveil des dormeurs, chutes d'objets, parfois légères fissures dans les plâtres,
- 6 : dommages légers, parfois fissures dans les murs, frayeur de nombreuses personnes,
- 7 : dommages prononcés, larges lézardes dans les murs de nombreuses habitations, chutes de cheminées,
- 8 : dégâts massifs, les habitations les plus vulnérables sont détruites, presque toutes subissent des dégâts importants,
- 9 : destructions de nombreuses constructions, quelquefois de bonne qualité, chutes de monuments et de colonnes,
- 10 : destruction générale des constructions, même les moins vulnérables (non parasismiques),
- 11 : catastrophe, toutes les constructions sont détruites (ponts, barrages, canalisations enterrées...).
Remarques : le 18 octobre 1356, deux séismes de magnitudes estimées par le site du BRGM à 9 et 7,5 ont affecté la région bâloise à proximité de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin).
En ce qui concerne cette centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc français, il s'agit du séisme de référence. Sa magnitude a été estimée à partir des registres notariaux et des annales religieuses. En fait, les avis divergent : EDF évalue sa magnitude à 6,1 ; l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à 6,8 ; et une étude suisse de 2009 à 7,1, ce qui est 30 fois plus violent que l'estimation de l'exploitant !
EDF a beau ajouter une marge de sûreté d'un demi-degré de magnitude au séisme historique de référence, la centrale de Fessenheim n'a pas été construite pour lui résister...
Le 19 février 1822, un séisme d'intensité 7,5 a affecté le Bugey où se situe la centrale nucléaire du Bugey.
Les séismes ayant affecté plus spécialement notre région

En partant du plus récent au plus ancien :

1. Vallorcine : 8 septembre 2005
Ce séisme a produit quelques légères secousses dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).


2. Dammartin les Templiers (23/02/2004)
Séisme bien ressenti dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).


3. Séisme de Rambervillers (22/02/2003)
Séisme faiblement ressenti dans la région bisontine (voir carte ci-dessous).


5. Séisme de Thise (30/10/1828)
Ce séisme d'intensité 7 a produit des dégâts dans la région bisontine et notamment à Thise. Une douzaine de cheminées et des pans de murs entiers se sont écroulés. La tourelle jouxtant le clocher de l'église "s'en est séparée d'un pouce environ". L'eau de la fontaine publique s'est troublée une demi-heure après la secousse.


6. Séisme de Thise (26/10/1828)
Ce séisme d'intensité 6 a produit également des dégâts dans la région bisontine et notamment à Thise et à Miserey. À Thise, des cheminées s'écroulent et l'église en reconstruction est endommagée.


7. Séisme de Bâle (18/10/1356)
Le séisme de Bâle a été violemment ressenti dans la région. À Besançon, la Tour de Vaite ne résistera pas à la réplique survenue dans la soirée.
Pour en savoir plus : Site du BRGM
Le tsunami qui a noyé Genève en 583
On peut rapprocher de ces phénomènes sismiques intéressant la région le tsunami qui a noyé Genève en 563. Cette année-là, une vague gigantesque a balayé les rives du Léman atteignant huit mètres à Genève et treize à Lausanne selon les simulations de Katrina Kremer de l'université de Genève (décembre 2012).
Si l'existence d'un raz-de-marée en l'an 563 était déjà établie par des témoignages historiques, son origine demeurait controversée. Pour y voir plus clair, l'équipe de Katrina Kremer a sondé le lac et repéré, au plus profond, une vaste couche de sédiments - 250 millions de mètres cubes - qui se seraient déposés brutalement à cette époque. Une observation qui leur permet de conforter l'un des scénarios envisagés : l'effondrement d'un pan de la montagne dans le Rhône, en amont du lac, aurait entraîné un déplacement massif de sédiments, provoquant ainsi le tsunami. Quinze minutes après l'effondrement, la vague touchait Lausanne. Cinquante-cinq minutes plus tard, c'était au tour de Genève. Une catastrophe qui pourrait bien se reproduire, menaçant le million de riverains du lac. La cause de ce tsunami n'était donc pas un séisme, mais un glissement de terrain.
L'Arc jurassien sous surveillance GPS
Le laboratoire Chrono-environnement de l'Université de Franche-Comté est à l'origine d'un projet d'installation de six stations permanentes GPS de surveillance de l'Arc du Jura. Ces six stations seront progressivement installées au cours du second semestre 2013 et au cours de l'année 2014.
Les vingt séismes les plus violents en métropole depuis 1900
Le magazine Sciences et Avenir publie sur son site une carte interactive concernant les séismes les plus violents concernant la métropole depuis 1900.
06:01 Publié dans Environnement-Écologie, Géologie-hydrogéologie-Climatologie, Volcanologie-Sismologie | Tags : séisme, franche-comté, thise, besançon, bâle, fessenheim | Lien permanent | Commentaires (0) |
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21/06/2010
La pomme de terre OGM "Amflora" interdite au Luxembourg
Le Luxembourg interdit la pomme de terre OGM "Amflora" !
par Greenpeace Luxembourg
Le 16 juin 2010, lors du colloque "La sécurité dans mon assiette" sur la sécurité de la chaîne alimentaire, le Ministre de la Santé luxembourgeois Mars Di Bartolomeo, en présence de Romain Schneider ministre de l’Agriculture, a interdit la culture de la pomme de terre OGM Amflora de BASF au Luxembourg.

L’interdiction de la pomme de terre OGM au Luxembourg a été annoncée quelques mois à peine après son autorisation par la Commission européenne et ceci devant des hauts représentants de l’autorité en charge de la sécurité alimentaire en Europe (EFSA).
C’est d’ailleurs au même endroit (Centre Culturel de rencontre Abbaye de Neumünster) que le Luxembourg avait déjà interdit le maïs transgénique MON810 en 2009.
Le message politique est courageux et sans appel possible : Le Luxembourg clame haut et fort qu’il n’est pas prêt à se laisser dicter un menu OGM par la Commission européenne. Après l’Autriche, c’est le deuxième état membre de l’Union européenne à prendre la décision de protéger les consommateurs et l’agriculture des conséquences négatives d’Amflora.
Greenpeace et les organisations partenaires de l’Initiative Luxembourg sans OGM (1) félicitent le Ministre de la Santé d’avoir pris ses responsabilités dans l’intérêt du consommateur et encouragent le Gouvernement à continuer de s’opposer résolument à la politique pro-OGM de la Commission européenne.
Une procédure d’évaluation qui doit être profondément réformée en Europe
Le 2 mars 2010, la Commission européenne avait autorisé la culture, l’utilisation dans les matières fourragères et la présence jusqu’à 0,9% dans l’alimentation humaine de la pomme de terre OGM Amflora développée par le géant allemand de la chimie BASF. Cette décision avait été prise malgré les évidences scientifiques relatives au risque de résistances aux antibiotiques.
Greenpeace et les organisations de l’initiative Luxembourg sans OGM tiennent à rappeler que procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM dans l’Union européenne est défaillante et doit être réformée.
Les effets à long terme des OGM sur l’environnement et sur la santé, ainsi que leurs coûts socio-économiques pour toute la filière agricole ne sont actuellement pas pris en compte. « Nous demandons au Gouvernement luxembourgeois de continuer son engagement en faveur réforme de la une procédure d’évaluation et d’autorisation des OGM qui protège directement au niveau européen les consommateurs, l’environnement et l’agriculture des effets négatifs des OGM », déclare Maurice Losch de Greenpeace Luxembourg.
(1) : Les 29 organisations de l’Initative "Luxembourg sans OGM" :
Aide à l’Enfance de l’Inde, Association Solidarité Luxembourg Nicaragua, ASTM, Attac Luxembourg, Bauerenallianz, bioLABEL Lëtzebuerg, BIONA, Caritas Luxembourg, Demeter Bond Lëtzebuerg, Église Catholique de Luxembourg, Ëmweltberodung Lëtzebuerg asbl. (EBL), FCPT – SYPROLUX, FNCTTFEL – Landesverband, Fondation Hëllef fir d’Natur, Frères des Hommes, GREENPEACE Luxembourg, Haus vun der Natur, Initiativ Liewensufank, LCGB, Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga, Lëtzebuerger Landesverband fir Beienzuucht, Life asbl., Mouvement Écologique, OGBL, Slow Food Lëtzebuerg, SOS Faim Luxembourg, Stroossekanner Sao Paulo a.s.b.l., TransFair – Minka a.s.b.l., Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC).
17:22 Publié dans Biologie, Environnement-Écologie, Nature et santé | Tags : greenpeace, ogm, santé, pomme de terre, luxembourg | Lien permanent | Commentaires (0) |
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