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30/06/2014

Rouge-queue à domicile

Rougequeue à domicile

par Dominique Delfino

 

Photographe animalier et naturaliste

À voir mon site internet

 

Chaque année, les nichoirs installés autour de la maison sont très prisés par les petits passereaux, le Rougequeue noir ne manquant jamais à l'appel.

 

D'un printemps à l'autre ce petit oiseau familier occupe un nichoir différent allant même, jusqu'à s’installer dans un nid artificiel d'hirondelles demeuré libre.

 

La météo très favorable cette année permet à notre Rougequeue de poursuivre la reproduction avec une seconde nichée. Un petit chalet de bois aménagé à cet effet qui accueillera discrètement la ponte pour donner naissance à quatre oisillons dont les petits cris timides signalent déjà la présence.

C'est un va-et-vient alors permanent que les deux parents vont assurer du lever du jour au soleil couchant durant une quinzaine de jours pour nourrir les jeunes.

Les oisillons grandissent à vue d’œil et les cris de plus en plus bruyants qu'ils manifestent à l'approche des adultes, suffisent à se rendre compte de l'activité soutenue de la nichée jusqu'au jour de leur envol.

 

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26/06/2014

Quand Thise était ville d’eaux…

Marguerite_Perrier_logo.jpgQuand Thise était ville d’eaux…

 (Dernière mise à jour : 28/06/2014)

Au début du XXe siècle, le village de Thise exploitait une source d’eau minérale

 

par André Guyard, Claude Proudhon & Jacques Bonet

 

Thise a connu une certaine célébrité dans la première moitié du XXe siècle grâce à l'exploitation d'une source d'eau minérale commercialisée en bouteilles de verre dont la forme caractéristique évoque irrésistiblement le Quart Perrier.En réalité, il ne s’agissait pas à proprement parler d’une source, mais d’un puits de captage dans la nappe phréatique après un sondage réalisé en février 1910. La structure d’exploitation de l’eau a été bâtie à l’aplomb même du puits. Et cet atelier existe toujours : il s’agit de la maison Seiler, un bâtiment situé juste avant le passage à niveau au NE du chemin départemental D. 481 qui conduit vers le CD. 683.

 

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Source Marguerite : situation dans le village de Thise
Vue satellite Spot
 
On peut se fier au témoignage d’Eugène Fournier, une sommité en géologie et minéralogie qui professait à l’Université de Besançon au début du XXe siècle, qui a décrit les cavités souterraines de Franche-Comté et dressé l’inventaire des ressources en eau de notre contrée. Un siècle plus tard, son œuvre fait encore référence.
 
« Un sondage — écrivait le Professeur Fournier en 1919 — a permis de capter une nappe d’eau ferrugineuse, carbonatée, légèrement radioactive, (source Marguerite) qui, grâce à la zone de protection créée, est d’une grande pureté bactériologique et constitue une eau de table excellente ». L’eau est déclarée d’utilité publique en tant qu’eau ferrugineuse. D’où vient le fer : l’oolithe ferrugineuse de l’Aalénien n’est pas loin dont le minerai a été exploité au XIXe siècle dans la vallée du Doubs, notamment à Deluz et à Laissey. Dans cette dernière bourgade subsiste encore une entreprise de fabrication d’outillage métallique, connue longtemps sous le nom des Établissements Bost.
 
D'où provient cette eau ?
 
Les ressources en eaux profondes d'origine karstique sont encore mal connues dans la région : un sondage de 300 m réalisé à l'est de Chalèze a fourni un faible débit (15 m3/h) d'une eau artésienne.
 
Cette nappe profonde est plus abondante en amont, à Novillars où elle est captée dans différents puits pour assurer l'alimentation en eau de la Papeterie du Doubs, ainsi qu'une alimentation partielle de celle du village de Thise et, plus récemment de la ville de Besançon. La nappe semble s'étendre en amont jusqu'au niveau des communes de Deluz, voire de Laissey et en aval jusqu'à Thise. D'après la notice de la carte géologique de Besançon la nappe exploitée par le puits de Chailluz situé au niveau de la faille de la colline des Buis et qui participe à l'alimentation de l'agglomération bisontine semble avoir pour trop-plein la source du Trébignon à Thise au niveau de la voie ferrée ainsi que la source Marguerite, notre fameuse petite source ferrugineuse de Thise.
 
Une hypothèse plus plausible concernant la nature ferrugineuse de l'eau de la source Marguerite pourrait être envisagée par suite de la proximité de la Forêt de Chailluz, installée sur un plateau karstique avec un sol constellée de dolines dominant la "plaine" de Thise. Dans la partie supérieure des sols de dolines, il se produit lors du dégel printanier une phase d'engorgement temporaire qui se traduit par une réduction du fer contenu dans les calcaires du Jurassique moyen. De sorte que l'horizon de surface prend une teinte gris-bleu. Mais au début de l'été, le sol se ressuie et s'aère ; le fer s'oxyde alors, se concentre en des points privilégiés et forme, soit des cylindres rouilles engainant les radicelles, soit des concrétions à structure concentrique autour d'un noyau quelconque (voir à ce propose l'article dans ce blog concernant les dolines de la forêt de Chailluz). La lixiviation de ce fer rouillé par les circulations souterraines pourrait expliquer la nature ferrugineuse de l'eau de la source Marguerite.
 
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Carte géologique de la région
Les couches ferrugineuses ne sont pas loin. Document BRGM
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Légende de la carte géologique
 

Est créée la SOCIÉTÉ ANONYME DES EAUX DE SOURCES NATURELLES ET MINÉRALES DE FRANCHE-COMTÉ qui se rend acquéreur du domaine de la source Marguerite : une propriété de 3 ha. Cette société confie à Joseph Beuque un terrassier thisien le soin de construire un puits pour atteindre la nappe. L’eau est pompée par un simple tuyau qui descend dans le puits. Construit sur le puits même, un bâtiment est édifié en pierres et moellons qui comprend de grandes salles de puisage, d’embouteillage, d’emballage avec des caves en sous-sol.
 
Sur le  cliché ci-dessous, on aperçoit à droite le tuyau allant chercher l’eau dans la nappe phréatique. La couleur rouille des concrétions calcaires indique une forte teneur en fer. La profondeur de ce puits avoisine les 4 mètres.
 
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Le puits de la Source Marguerite est encore visible
 
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La pompe de la Source Marguerite

Le lancement de la production est soutenu par la publicité. En témoigne un encart publicitaire paru dans la Dépêche Républicaine du 4 mai 1912. L’eau de la source thisienne est promue au noble rang d’Eau Pure et Naturelle ! Elle est vendue en pharmacie, et il y a même un dépôt à Besançon et un autre à Paris !
 

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Publicité pour la Source Marguerite
La Dépêche Républicaine du 4 mai 1912.

La Société fait fabriquer des bouteilles de différentes capacités : un quart, un demi et un litre. La bouteille de la Source Marguerite présentait un goulot élancé et un profil ventru.
 
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Identification de la Source Marguerite fondue dans le verre
Le ventre de la bouteille annonce
celui de la bouteille Perrier.

Au début de l’exploitation, elle était munie d’une simple étiquette en papier. Puis apparurent six modèles de bouteilles en verre, les premières, ventrues, portent l’indication THISE LEZ ROCHE fondue à même le corps. Cette forme caractéristique des bouteilles est, semble-t-il, un héritage de la Source Marguerite à la Source Perrier.
 
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Différents types de bouteilles
Pierre Seiler trouve encore des bouteilles dans son jardin

Pour en avoir le cœur net, Claude Proudhon, un enseignant retraité qui se voue à l’histoire locale a écrit à la Source Perrier. Malheureusement, sa missive est restée sans réponse.

Louis Barbier né en 1910 et qui a habité avec ses parents dans la maisonnette du Chemin de Fer gardant le passage à niveau, juste à proximité du captage, avait gardé un souvenir précis des activités de l’atelier. L’eau était filtrée puis embouteillée automatiquement. Une énorme citerne qui existe encore construite sous la toiture recueillait les eaux de pluie qui servaient au lavage des bouteilles… et peut-être à diluer l’eau ferrugineuse. Le lavage et l’embouteillage étaient assurés par des ouvrières. Il existait à Thise depuis 1890-91 un atelier de fabrication de capsules métalliques et les bouteilles étaient encapsulées à la façon des bouteilles Perrier.
 
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Les ateliers à l’époque de la Source Marguerite
Carte postale de la collection Claude Proudhon
 

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Avec la mobilisation et la guerre de 1914-1918, l’activité de la source Marguerite entre en léthargie. Cependant, en 1921, la Société Dérédenat et Cie associée aux deux frères Panier rachète l’ensemble des immeubles dans le but de poursuivre l’exploitation de la source.
Les nouveaux propriétaires ont l’idée de diversifier la production avec d’autres boissons : sodas (pur sucre) à trois parfums différents : framboise, citron et pistache livrées dans des bouteilles encapsulées. Deux appareils muraux gazéifiaient à l’acide carbonique le contenu de la bouteille renversée. Puis on passera à des bouteilles de limonade de forme cylindrique munies d’un système de fermeture à bascule.

Masqué en partie par des modifications de la construction, le quai d’embarquement n'est plus visible aujourd’hui. Mais la Source Marguerite ne livre pas ses clients. Contrairement aux maisons concurrentes, comme Gangloff ou Barchel, les cafetiers viennent se fournir sur place.
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Les ateliers visibles avant le dernier aménagement de la maison Seiler
(Cliché Pierre Seiler)

Une affiche publicitaire orne encore les murs de l’atelier même de la source. Mais son ancienneté a rendu son support papier très friable. De toute façon, on ne peut plus la voir en entier car les aménagements ultérieurs des locaux la masquent en partie. Claude Proudhon s’est efforcé de la reconstituer en partant des différents éléments qui la constituaient.
 
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Source Marguerite Thise lez Roche
Pancarte reconstituée par les soins de Claude Proudhon

La durée de la société étant fixée à 9 années, l’exploitation de la source d’eau minérale s’est arrêtée au cours de la décennie 1930. La situation en contrebas du village faisait dire aux mauvaises langues que la source provenait du cimetière et, en plus, l’eau ferrugineuse tachait le linge !

En 1936, l’établissement est transformé en café. M. Boffy, le nouveau propriétaire modifie l’atelier pour en faire une grande salle qui subsiste encore quelques années dans le style du café champêtre : le Café des Amis.

La maison actuelle est la propriété de la famille Seiler qui conserve précieusement quelques échantillons de bouteilles et retrouve régulièrement dans le jardin des morceaux de verre datant de l’époque glorieuse de la Source Marguerite.

"Source" bibliographique

MASSON H., PERRIN G. & PROUDHON C., Thise, d’hier à aujourd’hui, Empreinte Ed. 320 p. 2002.

Remerciements à Pierre Seiler qui nous a généreusement ouvert sa maison et à Claude Proudhon qui nous a confié ses dossiers bien documentés.

25/06/2014

Bactéries résistantes aux antibiotiques : l'élevage en cause !

Bactéries résistantes aux antibiotiques : l'élevage en cause !

 

Une équipe médicale de Besançon citée dans le Canard Enchaîné dénonce l'utilisation des antibiotiques dans l'alimentation des animaux de boucherie.

Voir ci-dessous l'article du "Canard" du 18 juin 2014 et aussi le lien ci-dessous sur le même sujet !



http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article...

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Destruction de renards : Souris et campagnols vous disent merci !

Destruction de renards : Souris et campagnols vous disent merci !

 

Un renard mort : 6000 à 10 000 souris, mulots et campagnols sauvés que le dit nuisible renard aurait mangé dans l'année ! Merci les gars ! Et vive la bromadiolone et autres anticoagulants !

 

Ça se passe  en 2014 et c'est relaté dans Le Journal de Saône-et-Loire du 17 juin 2014. Lamentable !

 

 Le Journal de Saône-et-Loire -  le 27/06/2014 à 05:00 | Gaëtan Boltot
 
Bresse


561 renards piégés en vingt ans par Léon Boully
 
 
Mardi soir à Branges, Léon Boully (à dr.) a remis son imposante collecte de queues de renards.

561-renards-pieges-en-vingt-ans-par-leon-boully.jpgPhoto Michel Sylvain (CLP)
 

Avec le renard, Léon Boully joue au chat et à la souris. Mais à la fin, c’est le piégeur qui gagne. Rencontre.
 
La médaille est dans sa cuisine, tout simplement. En 2008, Léon Boully a été sacré meilleur piégeur de Saône-et-Loire au Beslile (une marque de pièges). Mais c’est tous les ans, depuis presque deux décennies, que ce retraité des établissements Guérin se distingue par ses résultats. « C’est quelqu’un de fiable, de très appliqué et de performant sur son secteur », dit de lui Jean-Paul Voisin, président de l’Association départementale des piégeurs de Saône-et-Loire. Et pour cause ! Depuis l’obtention de son agrément, pour la saison 1996-1997, le Montponnais totalise 561 queues de renards.
 
Appelé à la rescousse par un éleveur de poulets. - Léon Boully était déjà un chasseur expérimenté (il a présidé la société locale pendant une vingtaine d’années) quand « un éleveur de poulets de Montpont, chez qui un renard faisait des dégâts », l’a appelé à la rescousse. « J’allais monter la garde. C’est comme ça que je suis ensuite devenu piégeur, après avoir suivi une formation. » Comme l’atteste son cahier où il note tout, à l’instar d’une comptabilité, la première année avait été faste, avec 59 goupils capturés.
 
S’il participe aussi à l’éradication des autres nuisibles, l’ancien ébéniste avoue sa préférence pour le renard. « Le ragondin, vous mettez le piège, il saute dedans », alors que le renard, lui, « est plus difficile à prendre car il est malin, méfiant, et a un bon odorat. Des fois, il me faut un jour pour l’avoir, mais d’autres fois ça peut durer quinze jours, trois semaines ». Commence alors, entre le piégeur et le nuisible, le jeu du chat et de la souris.
 
Une technique éprouvée. - S’il a toujours les jumelles dans la voiture, Léon Boully ne voit jamais l’animal. « Mais grâce aux traces, on peut voir où il passe, explique-t-il. Le renard aime le fumier, parce qu’il y a toujours quelques carcasses de poulets dedans. C’est là que je pose mes pièges, que je recouvre avec du fumier bien pourri, bien défait. Je camoufle un poulet – même faisandé – et parfois je laisse dépasser une patte. » Le relevé des pièges se fait tous les matins, avant 9 heures. Si un animal est pris au piège, son sort est le suivant : une balle entre les deux yeux, et la queue coupée, pour la preuve. « Dans le temps, je faisais tout le tour de la commune. J’avais une douzaine de pièges et je parcourrais 45 km, se souvient-il. C’était très prenant. Je les relevais avant le jour, avec une grosse lampe. C’est prenant… »
 
Malgré ses 85 ans bientôt, une épaule et une rotule du genou opérées récemment, Léon Boully continue son activité, même s’il a baissé le pied, avec seulement « quatre-cinq pièges ». Ce qui ne l’a pas empêché, mardi soir à Branges (lire ci-dessous), de rapporter encore 25 queues. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fait « pas ça pour l’argent ». Une queue rapporte « 4 € et quelques », pas de quoi couvrir les frais de gasoil. « Je fais ça pour le plaisir, et pour aider », confie-t-il modestement.
 
Et de l’aide, les éleveurs de volaille en ont bien besoin, qui subissent les assauts répétés des renards. À cause de l’un d’eux, 49 poulets sont morts étouffés il y a deux semaines à Montpont. Le criminel est prévenu : Léon est sur ses traces.
 
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 Léon Boully, piégeur :   

“Je ne fais pas ça pour l’argent, mais pour le plaisir et pour aider.”

 

Photo Michel Sylvain (CLP)

 

 « Si un animal est pris au piège, son sort est le suivant : une balle entre les deux yeux, et la queue coupée, pour la preuve » … in : Le Journal de Saône-et-Loire du 17 juin 2014

 

Un article sur la chasse au renard : Au plus près d'une battue au renard

 

La Hulotte : une revue au service de la nature

 

Ci-desssous une photo de juin 2014 due à Michel Cottet et deux extraits de "La Hulotte" — " le journal le plus lu dans les terriers" ; N° double 33-34 ! pages 34 et 35... C'était dans les années 1970, non ?

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Renardeau photographié le 5 juin 2014 © Michel Cottet

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La Hulotte n° 33-34 page 34

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La Hulotte n° 33-34 page 35

23/06/2014

La Couleuvre d'Esculape (Zamenis longissimus)

Couleuvre-Esculape-logo.jpgLa Couleuvre d'Esculape (Zamenis longissimus)

 

par Michel Cottet, herpétologue

 

La Couleuvre d'Esculape est un grand serpent souple à tête longue et nettement distincte du cou. La longueur totale est de 1,40 à 1,60 m et peut atteindre jusqu'à 2 m dans le Sud de son aire de répartition.

 

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La longueur du corps est remarquable  © Michel Cottet

 

Les yeux sont relativement grands à pupille ronde, les écailles sont lisses et la queue est très longue. La coloration du corps est brun-jaune, brune ou olive et pratiquement unie, avec de petits traits blancs sur le bord des écailles dorsales et latérales. La nuque peut porter de chaque côté une tache jaune pâle ou vif souvent bordée de sombre. La face ventrale est blanchâtre ou jaune. Dans certaines régions, la coloration peut s'ornementer de lignes longitudinales plus ou moins distinctes. Les jeunes ont une coloration bien différente des adultes et très voyante : la tête est bariolée et le corps jaunâtre ou brunâtre porte plusieurs rangées de taches sombres.

 

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Couleuvre d'Esculape juvénile © Michel Cottet

 

On rencontre la Couleuvre d'Esculape au Nord-Est de l'Espagne, en France, Italie, Sicile, Sardaigne, Sud de la Suisse, Autriche, Sud de l'Allemagne, Tchécoslovaquie, Sud de la Pologne, Hongrie, pays balkaniques, Asie Mineure, Caucase et Nord de l'Iran.

 

couleuvre d'esculape,michel cottet

 

La Couleuvre d'Esculape se plaît dans les régions chaudes et fortement ensoleillées. Elle fréquente la lisière des forêts de feuillus envahies de broussailles, les bosquets clairs à taillis épais, les pentes couvertes de buissons offrant de nombreuses cachettes, et les régions rocailleuses. Elle aime aussi les murs en ruine et les tas de pierres, ainsi que les talus qui délimitent les champs. Elle vit en plaine, colline et parfois en montagne jusqu'à 1500 m d'altitude dans la partie la plus méridionale de son aire de répartition géographique.

 

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Couleuvre se réchauffant au soleil © Michel Cottet

 

Active de jour et au crépuscule, la Couleuvre d'Esculape ne quitte ses quartiers d'hiver qu'à la mi-avril ou début mai. Elle passe alors le plus clair de son temps à se chauffer au soleil.

 

Elle se nourrit de petits mammifères, lézards , oiseaux, oisillons et œufs d'oiseaux. Elle s'approche de sa proie lentement. Quand elle est suffisamment proche, elle replie son cou et frappe comme l'éclair. Elle mord alors sa proie et l'emprisonne en s'enroulant plusieurs fois autour, ce qui a pour effet d'étouffer la victime. Au bout d'un court instant, elle desserre ses mâchoires, se déroule et à l'aide de son odorat, recherche à tâtons la tête de l'animal, afin de l'engloutir tête la première. Quand la proie est assez grosse, la Couleuvre d'Esculape peut mettre 15 à 20 minutes pour l'avaler entièrement. elle nous démontre ainsi l'extrême flexibilité de la plupart des os qui forment la boîte crânienne chez les Ophidiens. Les différentes pièces des mandibules sont allongées en forme de baguettes et les deux branches de la mâchoire inférieure sont séparées et rattachées au crâne par un pédoncule, l'os tympanique ou carré qui est mobile et lié à une autre pièce mobile, l'os mastoïdien, détaché du temporal. Les branches de la mâchoire supérieure sont liées à l'os intermaxillaire ou incisif par des membranes ou ligaments extensibles ; même les os ptérygoïdiens et palatins présentent une certaine mobilité. L'os carré, placé très en arrière, très oblique à l'état de repos, devient presque vertical lors de l'ouverture de la bouche et l'angle des deux mâchoires est ainsi fortement abaissé et l'ouverture de la bouche considérablement agrandie.  Elle est même capable de gober un œuf. Après avoir avalé l'œuf et écrasé la coquille, elle la régurgitera. En fin de déglutition, la couleuvre ouvre grand sa bouche afin de remettre en place ses mâchoires.

 

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couleuvre d'esculape,michel cottet

© MNHN

 

La Couleuvre d'Esculape grimpe très habilement parmi les branches des buissons et des arbres, et elle peut même escalader avec une aisance surprenante de gros troncs d'arbres à écorce rugueuse. Elle utilise pour cela toutes les aspérités du support, sur lesquelles elle prend appui grâce à ses écailles ventrales carénées sur les côtés. Elle peut ainsi grimper presque à la verticale.

 

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La Couleuvre d'Esculape est un serpent arboricole © Michel Cottet

 

Au sol, la Couleuvre d'Esculape se déplace de façon tranquille. Elle repose rarement enroulée, mais préfère faire de grands méandres ou s'étirer plus ou moins complètement. Quand on s'approche prudemment elle fuit rarement ; elle reste le plus souvent immobile et se laisse observer à loisir. Si on la touche, elle ne fuit pas précipitamment, mais disparaît plutôt lentement. Si on cherche à la capturer, elle peut s'enrouler autour de la main et mordre fortement.

 

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Couleuvre en cours de mue © Michel Cottet

 

Les grands individus de cette espèce ont surtout pour prédateurs les sangliers, les martres et les oiseaux de proie. Les plus petits se font aussi dévorer par les hérissons, les rats et les oiseaux de taille moyenne (comme les corneilles). Les tout petits serpents peuvent aussi être prédatés par des oiseaux tels que les pies-grièches et les grives. Mais le plus terrible ennemi de la Couleuvre d'Esculape est encore l'Homme. Dans de nombreuses régions, on la tue encore systématiquement. Elle est parfois convoitée par les amateurs de terrariums. Comme les grandes couleuvres sont les plus faciles à débusquer, ce sont elles qu'on capture en premier. L'espèce ne peut dès lors plus se reproduire en proportion suffisante et peut s'éteindre localement. La réduction des espaces sauvages, liée à l'extension des activités et des habitations humaines, contribue au déclin des effectifs. Dans de nombreuses régions il faut prendre des mesures d'urgence pour préserver l'habitat de la Couleuvre d'Esculape si on ne veut pas qu'elle disparaisse définitivement.

 

La période de reproduction commence fin mai-début juin. Les mâles errent alors des jours entiers à la recherche d'une femelle. Quand deux mâles se rencontrent, ils s'affrontent généralement dans un combat entièrement symbolique : ils rampent l'un sur l'autre, changeant sans cesse de position et essayant de se plaquer mutuellement au sol. Le duel, au cours duquel il n'y a aucune blessure, finit par la fuite de l'animal le plus faible.

 

Les couleuvres identifient le sexe de leur partenaire grâce à leur odorat qui est très développé. Pendant le rut — qui dure souvent plusieurs semaines —, les mâles ne cherchent pas à se nourrir. Quand un mâle rencontre une femelle, il rampe sur son dos et cherche à se maintenir en lui mordant la nuque ou le cou. Mais la femelle n'accepte souvent de s'accoupler que quelques heures après avoir rencontré le mâle. Elle essaie alors de s'enfuir en forçant le mâle à la lâcher en l'entraînant sur son dos. La copulation se prolonge généralement un certain temps. Le couple peut rester parfaitement immobile ou au contraire s'agiter. En cas de danger, les partenaires ne peuvent pas se séparer instantanément et ont de grandes difficultés à s'enfuir. Ils essaient de se sauver dans des directions opposées. Finalement, c'est la femelle, généralement plus grande, qui parvient à entraîner le mâle avec elle.

 

La ponte a lieu vers la fin juin : 5-8 œufs, parfois 10 ou plus, sont déposés au fond d'un terrier de petit mammifère, sous une pierre, dans un épais tapis de mousse ou au creux d'une souche en décomposition.

 

Les œufs ont besoin de chaleur et d'humidité ; par temps chaud, il leur faut environ 6-8 semaines pour éclore. Les petites couleuvres mesurent 20-25 cm à la naissance, elles portent une coloration typique et se nourrissent d'abord de petits lézards.

 

L'hibernation commence tôt, s'il fait froid, dès la fin septembre ou début octobre. Les couleuvres d'Esculape se glissent alors dans une fente rocheuse, sous une souche, dans un terrier naturel ou emprunté à un rongeur, afin de s'abriter du gel.

 

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Couleuvre d'Esculape © Michel Cottet

 

La Couleuvre d’Esculape est le serpent qui figure partout sur le caducée des médecins, pharmaciens, infirmiers ; elle symbolise la médecine depuis l’Antiquité (c’était la divinité Asclépios chez les Grecs, Esculape chez les Romains).

 

Sources :

 

Diesener G. & Reichholf J. (1986). - Les batraciens et les reptiles, pp. 208-211. Ed. Solar, Paris.