Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/03/2013

Atlas des sauterelles, grillons et criquets de Franche-Comté

Atlas des sauterelles, grillons

et criquets de Franche-Comté

Orthopteres1-450.jpg

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Orthopteres2-450.jpg

Cliquez sur l'image pour l'agrandir


Ceux qui le désirent peuvent bénéficier de la souscription franco de port s'ils s'engagent à venir chercher leur exemplaire à la maison de l'environnement de Franche-Comté, 7 rue Voirin à Besançon. Il leur suffit pour cela de mentionner sur le bon de souscription ci-dessous à envoyer à l'éditeur avec le chèque, "à livrer à la MEFC". Plus aucune raison d'attendre pour souscrire !

bulletin-souscription-orthopteres-450.jpg

08/03/2013

Passage de cigognes

Cigognes-logo.jpgPassage de cigognes dans la vallée du Doubs

 

par André Guyard

 

On sait que la vallée du Doubs constitue une voie de migration traditionnelle pour les cigognes blanches de retour d'Afrique.


L'an dernier, le 27 février 2012, une troupe de 33 cigognes avait fait halte dans une prairie d'Amagney, un petit village de la vallée du Doubs.
 

cigognes-Amagney-27-02-12-1.jpg

Cliché Nelly Mariller


Début mars 2013, c'est une bonne centaine de ces volatiles qui ont fait halte dans la région de Besançon et même ont choisi une villégiature en pleine ville : sur les lampadaires du stade Léo-Lagrange et les environs de la gare Viotte. Ci-dessous, quelques photos de Hubert Lesne, un bisontin très proche de la nature.


Cigognes-Besançon_02-450.jpg

© Hubert Lesne

Cigognes-Besançon_04-450.jpg

© Hubert Lesne

Cigognes-Besançon_08-450.jpg

© Hubert Lesne

Cigognes-Besançon_12-450.jpg

© Hubert Lesne

Cigognes-Besançon_18-450.jpg

© Hubert Lesne



Cigogne sédentarisée à Villars les Dombes

(vidéo André Guyard)

Les zones de nidification de la Cigogne blanche sont principalement réparties dans les pays d'Europe, où l'espèce est présente par dizaines de milliers de couples. De fortes concentrations se retrouvent dans tous les états d'Europe de l'Est. La France représente avec l'Italie, la Suisse, les Pays-Bas et l'Autriche une zone ouest-européenne à faible densité de cigognes.


Les deux sous-populations Ouest et Est présentent des variations différentes du nombre de couples nicheurs observés. Grâce à des recensements effectués depuis 1934, il est établi que la sous-population Est, la plus nombreuse, est globalement stable depuis cette date, voire même en expansion.

 

À l'inverse, dans tous les pays accueillant la sous-population Ouest, une chute dramatique des effectifs nicheurs a été enregistrée entre les années 30 et 80, puisque la plupart de ces pays ont vu leur nombre de cigognes diminuer de plus de 50% entre 1958 et 1974. Les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse, la France et le Sud de l'Allemagne étaient même à la limite de l'extinction dans les années 70.

 

Ces variations démographiques dans la sous-population Ouest seraient liées à des conditions de météorologie et d'habitat très différentes par rapport à celles rencontrées par la sous-population Est au cours de la migration. En effet, l'Afrique de l'Ouest a été soumise jusque dans les années 80 à de nombreuses sécheresses qui ont affecté directement le nombre d'individus en Europe de l'Ouest, alors que, plus à l'Est, les cigognes suivent régulièrement un front pluvieux qui leur assure des ressources alimentaires abondantes. La désertification de l'Afrique de l'Ouest, en particulier au niveau du Sahel serait donc une des causes à l'origine de la raréfaction des cigognes d'Europe de l'Ouest.

 

De plus, une raréfaction des habitats favorables en Europe de l'Ouest, pourraient avoir influencé l'installation de couples nicheurs dans ces pays. Le développement d'une agriculture intensive limite de plus en plus les zones de prairies humides, c'est le cas en particulier en Alsace où le Ried d'Alsace centrale a été draîné pour favoriser l'extension des champs de maïs.

 

Enfin, d'autres facteurs comme la pression de chasse, le développement des lignes électriques, ou la pollution aux pesticides, sont également avancés comme jouant un rôle certain dans la mortalité en migration.

 

Depuis 1984 la tendance s'est inversée, puisqu'en 10 ans la sous-population Ouest a doublé alors que pendant le même temps, la sous-population Est a augmenté de 20% environ. Il semble que des conditions climatiques moins sévères en Afrique de l'Ouest durant ces dernières années peuvent avoir fortement favorisé l'installation de nouveaux couples en Espagne, qui a vu sa population multipliée par 2,5 au cours de cette période.

 

cigogne blanche,besançon,franche-comté,migrations oiseaux

Voies de migration des deux sous-populations européennes de la Cigogne blanche.

1. : voie ouest-européenne ; 2 : voie est-européenne.


Les renseignements fournis par cette carte sont essentiellement le bilan des opérations de baguage des cigognes.

 

La première sous-population suit une voie de migration passant par la péninsule ibérique et par le détroit de Gibraltar (environ 28 000 couples reproducteurs en 1994/1995).


La seconde sous-population passe par le détroit du Bosphore (environ 138 000 couples reproducteurs).

 

Les deux sous-populations ainsi formées atteignent toutes deux les quartiers d'hivernage en Afrique.

 

La sous-population qui nous intéresse est la sous-population ouest-européenne.


La migration des cigognes blanches ouest-européeenes

 

Avant l'arrivée de la mauvaise saison, au mois d'août, la Cigogne blanche part vers les pays chauds. Les jeunes cigognes y restent 3 ans et reviennent dans leur région d'origine lorsqu'elles sont sexuellement matures. Les cigognes adultes, quant à elles reviennent chaque printemps. Contrairement aux idées reçues, la migration de la Cigogne blanche n'est pas due à un refroidissement des températures mais à un manque de nourriture durant la mauvaise saison. Les cigognes blanches traversent la Méditerranée par le détroit de Gibraltar.

 

Calendrier de migration des Cigognes blanches


Milieu juillet - début août

Dispersion des juvéniles

Août - septembre

Migration

Novembre - décembre

Arrivée dans les quartiers les plus méridionaux

Janvier - février - mars

Début du retour

 

cigogne blanche,besançon,franche-comté,migrations oiseaux

Voies migratoires de la sous-population ouest-européenne de cigognes blanches


 Certaines cigognes blanches ne remonteront pas jusqu'en Europe et s'arrêteront en Afrique du Nord pour nicher. Telles ces cigognes photographiées au Maroc par François Girod.

 

cigogne blanche,besançon,franche-comté,migrations oiseaux

© François Girod

cigogne blanche,besançon,franche-comté,migrations oiseaux

© François Girod

 

Retour du Loup dans les Vosges

Loup-Vosges-logo.jpgRetour du Loup dans les Vosges

 

 

par André Guyard

 

 

(dernière mise à jour : 03/09/2014)

 

 

Au cours des dernières décennies, les journaux s'étaient fait l'écho de la possible présence du Loup dans le Massif vosgien, "la Vôge" et dans le sud du Plateau lorrain. En 1977 déjà, les récits sur "la bête des Vosges" étaient rapportés sans que les investigations ne puissent statuer définitivement sur l'identité de l'animal en question.

 

Le début des années 90 marquait le retour du loup en France par le sud-est avec des observations visuelles dans le Massif du Mercantour, mais aussi la découverte d'une dépouille dans les Hautes-Alpes, correspondant probablement à un loup qui occasionnait des dégâts depuis plusieurs mois. La colonisation était donc déjà en marche, et déjà le Massif vosgien n'était pas en reste puisqu'un loup, de souche italienne, était abattu en novembre 1994 à Senonges, localité située à l'ouest du département des Vosges sur le Plateau lorrain, dans la région de Vittel.

 

Alors que le Loup a fait sa réapparition dans le massif du Jura (voir Le Loup de retour dans le massif jurassien), il s'est donc à nouveau installé dans les Vosges. Combien d’individus sont aujourd’hui présents ? Le Groupe d’Étude des Mammifères de Lorraine (GEML) et le groupe "massif vosgien" de l’association FERUS concluent à la présence "d’au moins trois loups dans les Vosges, deux à l’Est sur le territoire de La Bresse, et un à l’Ouest sur le secteur de Grand et cela depuis le printemps 2001 si l'on fait état de quelques témoignages, des clichés réalisés par piège photographique et des attaques sur des troupeaux d’ovins dans les Vosges. Des conclusions confirmées par les expertises de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

 

Ainsi, quinze années après le retour du Loup dans le Mercantour, suite au développement de ce processus de colonisation essentiellement axé du sud vers le nord, le loup s'installe en Zone de Présence Permanente (ZPP) dans les Hautes-Vosges dans un secteur de moyenne montagne principalement à cheval sur les départements des Vosges (88), du Haut-Rhin (68), de la Haute-Saône (70) (Cf carte ci-dessous).

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

Désormais en 2014, la présence du Loup est avéré dans les départements voisins des Vosges, Meuse, Moselle, Haute-Marne…

 

VOSGES

 

Année 2011

 

En avril 2011, au Ventron dans les Vosges, un ou plusieurs prédateurs ont tué 23 moutons, en trois attaques. Sur les lieux, un loup avait été photographié par un appareil photo automatique (voir cliché ci-dessous).

 

loup,jura,prédateurs

Loup des Vosges (juillet 2011) (Cliché DR)

 

La photo prise en juillet 2011 montre bien un loup mâle et les agressions de troupeaux se poursuivent. Rien encore cependant permettant de trancher sur le nombre de grands canidés. Selon le GEML et FERUS, la présence d’un nombre important de proies faciles d’accès entraîne un réflexe chez les carnivores de "sur-chasse" ou "over-killing". Le plus important consiste donc à évaluer la quantité de viande consommée et non le nombre d’animaux attaqués. D’après les analyses, elle restait ici assez faible, environ 5 kg en moyenne, soit la ration d’un seul loup.

 

loup,jura,prédateurs

Loup des Vosges (juillet 2011)

(Cliché DR-Républicain Lorrain)

 

Désormais, le bilan est le suivant : depuis le début du mois d'avril 2011, des attaques répétées sur troupeaux domestiques sont enregistrées sur huit communes situées en périphérie de la vallée de La Bresse (88). Au total, 15 exploitations différentes sont concernées, pour 136 victimes constatées. La dernière attaque a eu lieu le 05 décembre 2011, sur la commune de Thiéfosse (88), alors  que la majorité des autres troupeaux étaient déjà rentrés en bergerie depuis deux mois.

 

Année 2012

 

Les premières chutes de neige ont permis de détecter à nouveau la présence de l'espèce : fait nouveau, à au moins trois reprises, des dédoublements de piste sont observés ainsi que des déplacements parallèles qui confirment cette fois la présence de deux individus. Ainsi, le 13 décembre 2011, une piste de loup traverse le versant ouest du massif du Ballon d'Alsace ; le 27 décembre 2011, sur le versant alsacien, des chasseurs de la vallée de Munster (68), découvrent la présence d'une jeune biche consommée en totalité. Les indices relevés sur la carcasse, les empreintes et les pistes suivies sont caractéristiques du loup. Le lendemain matin, une autre piste fraîche retrace le déplacement du loup sur environ huit kilomètres, à proximité de la crête sommitale. Des conditions météo favorables s'installent enfin, avec une stabilité du manteau neigeux, qui permettra de suivre entre le 14 et le 16 janvier 2012, une nouvelle piste située au sud du massif de la forêt du Bonhomme (88). Sur plus de six kilomètres, les empreintes bien marquées mais qui datent probablement de 24 à 48 heures, comportent tous les critères qui correspondent à une piste de deux loups. Après avoir chassé sans succès, dans une zone de régénération forestière dense, les animaux se sont déplacés vers l'est et c'est finalement le manque de neige à basse altitude qui a interrompu le suivi. (A. Laurent / ONCFS Animateur Réseau LL massif vosgien).

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

Cliché A. Laurent ONCFS 16 janvier 2012

 

Cette piste de deux loups suivie dans la neige, toujours sur le massif vosgien des traces rectilignes caractéristiques du déplacement lupin contrairement au déplacement en zigzag du chien. Selon le GEML et FERUS, « Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un loup peut quitter cette piste commune, ce qui forme un aiguillage et ainsi renseigner sur la présence de plusieurs individus. D’où la conclusion qu’un deuxième loup, au moins, est arrivé pendant l’hiver, vraisemblablement au cours de décembre. »

 

Le 21 janvier 2012, une nouvelle attaque aurait eu lieu dans les Vosges à Baudimont sur les hauteurs de Saulxures-sur-Moselotte. Alors que les moutons passent engénéral l'hiver dans les bergeries, certains élevages laissent les ovins vaquer à l’extérieur avec un seul abri pour la nuit. C'est ainsi qu'une brebis gestante aurait été victime de deux loups. En effet, deux traces distinctes ont pu être identifiées dans la neige, preuve irréfutable de la présence de deux canidés. En recoupant ses propres observations et les différents signalements de la présence des grands canidés, un naturaliste passionné : Jean-Luc Valérie, a établi l'aire de répartition des loups dans les Vosges. La zone couvrirait 55 000 ha du col du Bonhomme à Fresse sur Moselle et de la route des Crêtes, côté alsacien jusqu'à Rochesson. (voir l'ouvrage "le Retour du Loup en Lorraine", par Jean-Luc Valérie, Ed. Gérard Louis, octobre 2010 et suivre la progression du Loup en Vosges-Lorraine sur le blog de Jean-Luc Valérie).

 

Au printemps 2012, ont lieu des attaques sur des troupeaux d’ovins dans le secteur de Grand, toujours dans les Vosges, mais à plus de 100 km de là où les loups avaient été repérés. Pour le GEML, on peut "supposer qu’il s’agit d’un jeune individu encore inexpérimenté dans la chasse, puisque l’over-killing est très fort". Un troisième individu donc, arrivé récemment, "tandis que les agressions toujours recensées dans le secteur de La Bresse font penser que les deux autres individus sont toujours ensemble".

 

Désormais, on en sûr : l’un des deux loups est une louve : le typage génétique réalisé sur les excréments, poils et urines récoltés sur le terrain identifie une femelle, par ailleurs jamais détectée auparavant dans la base de données nationale de suivi du loup, explique Anthony Kohler de l’association FERUS, qui, avec le Groupe d’étude des mammifères de Lorraine (GEML), se penche sur la réinstallation du grand canidé dans la région.

 

À l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans les Vosges, Benoît Clerc confirme l’information. "En janvier dernier, dans la neige, nous avons eu la certitude qu’un deuxième loup avait rejoint le premier", poursuit le spécialiste de l’ONCFS. Lorsque plusieurs loups se déplacent ensemble, chacun en effet met ses pattes dans les empreintes de celui qui le précède, ce qui ne forme qu’une seule piste. De temps à autre, un animal peut la quitter, ce qui forme alors un aiguillage et renseigne ainsi sur la présence de plusieurs individus. Benoît Clerc indique que c’est sur cette piste qu’ont été prélevés des échantillons d’urine, envoyés dans un laboratoire spécialisé, près de Grenoble, aux fins de séquençage. Cet examen a permis de confirmer non seulement qu’il s’agissait bien d'un loup, mais surtout d’une louve !

 

Pour FERUS et le GEML, "cela signifie qu’il y a potentiellement un couple dans les Vosges. Mais ne sachant pas si ces loups se sont reproduits, on ne peut pas encore affirmer la présence d’une meute sur le massif, une meute étant constituée d’un couple mature et reproducteur".

 

Benoît Clerc, à l’ONCFS, estime que c’est aller un peu vite en besogne. "À l’heure actuelle, la seule certitude, c’est qu’en janvier dernier, il y avait bien deux loups, dont une femelle. Rien ne dit qu’ils sont toujours ensemble, faute de nouvelles analyses ou de constatations sur le terrain. Et pour le premier, nous n’avons à ce jour aucune analyse génétique établissant qu’il s’agit d’un mâle. Les prélèvements d’excréments réalisés n’ont pas abouti à un résultat. Le seul indice faisant penser à un mâle, c’est la photo prise au col du Bonhomme en 2011."

 

Pour FERUS et le GEML, il ne fait aucun doute que "la présence de loups durant deux hivers consécutifs est avérée, permettant de mettre en place une Zone de Présence Permanente". Laquelle devrait entraîner l’activation de plusieurs dispositifs prévus par la réglementation, dont le Réseau loup constitué sur le même modèle que le Réseau lynx, géré par l’ONCFS, avec correspondants formés à la biologie et à l’écologie, mais aussi capables d’identifier les indices de présence de l’animal dans la nature afin de suivre au mieux l’évolution de la population dans le massif", disent les deux associations de protection de la nature, FERUS ayant demandé par ailleurs d’intégrer le Comité départemental loup.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

Un des derniers clichés réalisé en juin 2012

à Avranville (88) par un piège photographique,

installé dans le cadre

du dispositif de surveillance déployé

par FONCFS SD88, dans le département des Vosges.

Photo ONCFS SD88 - CROC ©

 

Les clichés réalisés grâce au suivi par pièges photographiques montraient la présence d'un mâle (observation du pinceau pénien). Il est cependant encore trop tôt pour parler de « meute » dans la mesure où l'on ne sait pas si ces animaux sont tous deux matures. Le suivi estival 2012 sera donc une priorité pour le réseau dans ce massif pour suivie l'éventuelle évolution de cette ZFP en meute ("Quoi de neuf ?" n° 27).

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

Enfin, l'année 2012 révèle de nouveaux éléments au travers des constats d'attaques et autres indices de présence collectés à l'ouest du département des Vosges (Cf. Carte plus haut). En effet, un nouveau foyer de dommages apparaît au printemps et les attaques se succèdent sur les troupeaux d'ovins dans différentes communes situées à l'ouest de Neufchâteau, à 90 km en ligne droite des Hautes-Vosges. Des échantillons biologiques (excréments, poils) ont été collectés et sont en cours d'analyses. Trois clichés différents, pris à l'aide de pièges photographiques attestent de la présence de Canis lupus sur les communes de Midrevaux (88) et Avranville (88).

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

La mise en place conjointe de la cellule de veille avec l'ensemble des partenaires, services de l'État, monde agricole et cynégétique, concourt à l'efficacité du dispositif de vigilance qui vise à collecter et à vérifier toutes les informations disponibles en matière de présence du loup.

 

Hautes-Vosges (83 - 68 - 70) : L'enneigement assez régulier au-dessus de 1000 mètres d'altitude au cours de l'hiver a permis un suivi soutenu. Au total, 16 indices de présence ont été collectés principalement sur les contreforts ouest/sud-ouest, et sur le versant alsacien des Hautes Vosges. Un animal a été suivi durant 27 km, entre les communes de Ventron (88) et Le Bonhomme (68).

 

C'est en deuxième moitié d'hiver que la présence de deux individus a été documentée sur le sud du massif Vosgien. Plusieurs analyses génétiques confirment la présence de l'espèce en zone limitrophe des trois départements des Vosges, de la Haute-Saône et du Haut-Rhin. Un échantillon d'urine collecté en janvier 2012 a également permis d'individualiser une femelle, en plus donc du mâle mis en évidence par photographie. Par conséquent, les Hautes Vosges sont classées en Zone de Présence Permanente (ZPP).

 

Aucun relevé de terrain ne fait état de plus de deux animaux détectés ensemble, le statut de ce groupe (meute potentielle ou pas) reste à documenter dans la mesure où ou ne connaît pas l'état des individus détectés en terme de maturité sexuelle.

 

En conclusion, les deux hivers consécutifs (2010-2011 et 2011-2012) de présence de l'espèce dans les Vosges attestent d'une territorialisation de l'espèce sur ce massif. Les limites de territoire restent cependant encore floues dans la mesure où cette nouvelle ZPP n'est encadrée par aucune autre meute concurrente. Il ne sera donc pas étrange de trouver des indices à distance du cœur connu de cette ZPP, centrée autour des communes de Ventron, Corimont et La Bresse.

 

Chiens patous vs loups

 

Jean-Yves Poirot, éleveur de moutons à la Bresse, président du syndicat ovin des Vosges est le porte-parole des agriculteurs des Hautes-Vosges victimes du retour du loup. Son exploitation a subi de nombreuses attaques : l’an dernier, Jean-Yves Poirot s’est fait dévorer trente-neuf bêtes et un poulain. Afin de protéger ses troupeaux, il a donc décidé, comme deux autres éleveurs, de prendre un chien patou. (Est Républicain Lorraine, 31/07/2012)

 

Au cours de l’automne dernier, il a suivi une formation pour pouvoir s’en occuper. Le chien, ou plutôt la chienne, est arrivée quelques mois plus tard, en mai dernier. Il a fallu débourser 475 € pour l’acheter à un agriculteur du Territoire de Belfort, 80 % du prix est pris en charge par les pouvoirs publics. Et jusqu’à présent l’investissement s’est révélé rentable. Le troupeau de plus d’une centaine de moutons sous la surveillance de son patou n'a subi aucune attaque. En revanche, les trois autres troupeaux de Jean-Yves Poirot ont de nouveau été la cible du loup. L’éleveur a recensé 8 ou 9 attaques depuis le printemps. "Après chaque attaque, j’ai retrouvé le cadavre d’une ou deux bêtes. J’en ai également une vingtaine qui ont disparu", comptabilise l’agriculteur de la Bresse qui n’exclut pas d'acquérir d'autres patous. Sans se faire d’illusion toutefois : "Quand le loup aura proliféré et qu’il y en aura à profusion, les chiens ne suffiront plus. Plus aucun moyen de protection ne sera efficace".

 

Le bilan en 2013

 

Trois loups, dont un couple qui a donné naissance l'été 2013 à des louveteaux, ont été identifiés depuis avril 2011 dans le massif forestier des Vosges. Fin août 2013, suite à une opération de comptage de loups « par hurlements », l'Office national de la chasse et de la faune sauvage a confirmé la présence de louveteaux dans le massif. Ces derniers se trouvaient dans la zone de présence permanente des Hautes-Vosges, plus précisément dans le département du Haut-Rhin. C'est donc en toute logique que le préfet a annoncé que quatre traces bien distinctes de loups ont été trouvées ces derniers jours, toujours du côté alsacien, en pleine forêt. Il s'agit certainement du couple et de ses deux louveteaux.

 

Dans les Vosges, les loups auraient tué 139 ovins en 72 prédations en 2011, puis 80 en 40 attaques l'année suivante. Seuls des tirs de défense ont été autorisés par le préfet en 2013.

 

Au niveau national, le nouveau "Plan loup" 2013-2017 entré en vigueur au printemps prévoit que 24 loups pourront être prélevés sur une population de 250 animaux.

 

Voir également dans le même blog, l'article : se protéger des attaques du loup.

 

Année 2013-2014

 

MEUSE

 

24 janvier 2013

 

Pour certains spécialistes, avec les empreintes relevées le 24 janvier dans la neige, l’animal signe son retour.  Le loup serait-il en Meuse ? (Philippe Marque, Est Républicain Meuse)

 

Jean-Luc Valérie est formel. Les empreintes qu’il a relevées le 24 janvier dernier, dans la neige, sur les hauteurs de Ligny-en-Barrois, sont celles d’un loup : « Je suis parti d’un témoignage d’une personne qui s’entraînait sur ce secteur avec des chiens de traîneau et affirme avoir été suivie par un loup. En remontant les traces de son attelage, je suis tombé sur une piste différente, sur environ 30 mètres. Le reste avait été effacé par le vent. Sur les empreintes, j’ai pu distinguer que les postérieurs étaient posés dans les antérieurs et qu’il y avait une marque tous les 30 centimètres. Pour moi et les spécialistes avec qui j’en ai discuté, il s’agit d’un loup. »

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

Passionné par l’animal et auteur d’un livre sur la question, ce naturaliste lorrain, qui agit sous un pseudonyme, est très loin de faire l’unanimité. Y compris au sein même de son propre milieu. Son blog et ses jugements souvent qualifiés de « légers et à l’emporte-pièce » agacent.

 

Une dizaine de témoignages

 

Face à ces affirmations, l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), qui n’a pu voir à temps les traces évoquées par le naturaliste, conserve la plus grande prudence : « Nous savons qu’on n’échappera pas au passage du loup dans notre département. Sa présence est avérée à quelques kilomètres de notre territoire, dans l’ouest vosgien. Nous nous sommes formés pour faire face à cela et nous sommes en vigilance. Mais à l’heure actuelle, nous n’avons réalisé aucun constat pouvant conclure à la présence du loup en Meuse », assure Frédéric Rozet, responsable départemental de l’ONCFS.

 

Depuis la fin de l’année 2011, l’Office a enregistré une dizaine de témoignages d’observations visuelles mais rien de très probant. En mai dernier, l’affaire d’un veau, tué puis dépecé dans un champ, à Contrisson, avait déjà laissé planer un voile de suspicion. Mais là encore, l’ONCFS n’y croit pas : « Cela fait plusieurs années que la présence de bandes de chiens errants sur ce secteur est avérée. Par ailleurs, les spécialistes n’ont pas été missionnés assez tôt pour pouvoir mener des analyses efficaces sur le cadavre. »

 

À l’heure actuelle, en Lorraine, les sources officielles ne reconnaissent que deux foyers. Le premier se situe dans le massif vosgien où la présence de deux individus a été attestée. Le second dans la plaine vosgienne, non loin de Neufchâteau, où sévirait un seul loup. Alors que ce naturaliste, souvent accusé de brûler les étapes, évalue pour sa part au nombre de six les foyers de loups dans l’Est de la France. Il y ajoute la Meuse, au sud de Bar-le-Duc ; le Haut-Rhin à l’ouest de Mulhouse ; la Haute-Saône au nord de Lure ; et enfin la Haute-Marne, au nord-ouest de Chaumont. Et promet un printemps sanglant dans les élevages lorrains, bourguignons et champenois.


6 mars 2013

 

Genaro Garcia dit avoir vu le loup en effectuant une promenade en chiens de traîneau au-dessus de Ligny-en-Barrois. (Sébastien GEORGES, Est Républicain Meuse).

 

La question est tabou dans la Meuse. Les chasseurs n’en parlent pas même si certains affirment l’avoir cherché autant que les sangliers dans les forêts frontalières des Vosges. Selon l’Office national de la chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), il n’y a pas de présence avérée du loup et les faits suspects sont attribués à des chiens errants.

 

Genaro Garcia a un autre regard. Employé d’une entreprise de Bar-le-Duc, ce père de famille est passionné de nature, de faune et de chiens. Il connaît les animaux de la forêt, aime les observer sans faire une fixation sur le loup malgré les rumeurs.

 

Le 21 janvier, alors qu’il effectuait une sortie en chiens de traîneau avec son mâle, un malamute et sa femelle, un husky, il affirme avoir vu le loup. Il n’a aucun doute. « Cette année, avec la neige abondante, j’ai pu sortir régulièrement mon traîneau avec mes deux chiens sur le plateau de Ligny-en-Barrois. Je pars seul avec une lampe frontale sur des champs et des chemins forestiers. J’ai un circuit, toujours le même et mes chiens le connaissent par cœur. Les seuls bruits sont le glissement du traîneau, ma respiration et celles de mes chiens. Ce soir-là, en lisière de forêt, j’ai entendu craquer dans le bois. Ma femelle s’est arrêtée aux aguets, dans un comportement inhabituel et mon mâle a voulu repartir. Il avait peur. Cela s’est reproduit plusieurs fois après être reparti. Dans un champ, c’est la glace derrière moi qui a craqué. Je me suis retourné et malgré la portée limitée de la lampe frontale, j’ai pu distinguer un animal qui n’était pas du gibier. »

 

Genaro Garcia se sent suivi. « Plus loin, quand je me suis mis à courir pour aider mes chiens, j’ai senti que la bête se rapprochait. Mon mâle avait toujours peur et ma chienne très intriguée s’est encore arrêtée en se retournant. Je suis allé au devant et j’ai vu le loup fuir vers la forêt. Nous avons rejoint ma voiture et mes chiens étaient toujours très nerveux. J’ai mis les pleins phares vers la forêt. Un peu plus loin, j’ai vu un loup d’une trentaine de kg avec son nez pointu, sa queue droite, ses yeux brillants faire des allers-retours ».

 

Le lendemain, Genaro Garcia y est retourné avec plusieurs lampes. Il a fait des photos des traces sans revoir le loup. Sa conviction a été renforcée par la comparaison des traces avec celles laissées par ses chiens. « Plus grosses, plus larges. Nous avons de nouveau senti sa présence quelques jours plus tard dans les bois de Chanteraine. Le loup est dans la Meuse. Ce n’est pas vraiment normal qu’un loup nous suive comme cela, mais ma chienne est allaitante et le loup l’a sans doute senti. Avec la neige, il a aussi peut-être faim. En tout cas, cela fait une drôle d’impression. On se pose des questions et on a un peu peur. J’ai senti le loup dans mon dos et je me sentais impuissant car on ne sait pas comment il va réagir ». Genaro Garcia n’est pas mécontent de sa rencontre fortuite. Il n’en fait pas une fixation et continue à aller en forêt avec ses chiens. Pour courir ou faire du VTT. Avec le secret espoir de croiser à nouveau le loup.

 

9 décembre 2013

 

Dans la région de Milly-sur-Bradon, un couple d'automobilistes a cru apercevoir un loup. En fait, le loup en question ne serait qu'un chien-loup. En effet, Pascal Roman raconte qu’un de ses deux chiens-loups tchécoslovaques s’est échappé le dimanche 1er décembre et s’est fait heurter par une voiture.

 

Au cours de ce mois de décembre, on note en Meuse des cas de brebis égorgées : Montigny-lès-Vaucouleurs, Vouthon-Bas, Vouthon-Haut, Mandres-en-Barrois et Luméville-en-Ornois : la liste des communes meusiennes où des brebis ont été égorgées ces dernières semaines ne cesse de s'allonger. Les experts de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage sont venus examiner les cadavres afin de déterminer l'identité du prédateur. Dans leur rapport, ils mentionnent que le loup n'était pas exclu. Une cellule départementale de veille du loup se réunit le 9 janvier 2014, à la demande de la préfète. Cette instance devrait préfigurer le comité départemental loup, dans le cas où ce dernier s'installerait durablement sur le territoire.

 

Janvier 2014 : présence d'un couple et de ses deux louveteaux confirmée

 

La nouvelle a été confirmée vendredi 17 janvier par le préfet des Vosges, Gilbert Payet. À l'occasion de ses vœux à la presse, le représentant de l'État est revenu sur la présence du loup dans le département. La poursuite des travaux sur la mise en place de moyens de protection pour les troupeaux ovins est plus que jamais d'actualité... Un point sera fait en préfecture au début du printemps.

Depuis plusieurs mois, les associations de défense de la nature sont vent debout contre un arrêté émis par la Préfecture des Vosges. Cet arrêté donne l’autorisation à un éleveur de la Bresse d’avoir l’autorisation de tirer sur le loup qui a repris son territoire dans le massif vosgien. Rappelons que le Préfet avait donné l’autorisation le 19 août 2013 à l’éleveur de faire usage d’un fusil à canon lisse pour protéger ses bêtes.

 

22 avril 2014 (Article de l'Est Républicain)

 

Bar-le-Duc. Depuis plusieurs mois, les éleveurs ovins du sud du département de la Meuse tendent le dos. En effet, depuis octobre 2013, dans des communes limitrophes avec les Vosges, plusieurs brebis et béliers ont été sauvagement tués par un prédateur.

 

Au fil de ces derniers jours, dans le monde ovin meusien, la nouvelle s’est progressivement répandue : le loup a été pris en photo. Enfin ! Loin d’être une consolation pour la bonne dizaine d’éleveurs qui a perdu au total près d’une trentaine de bêtes en plusieurs mois, cette photo vient finalement confirmer leurs certitudes de toujours. Tous, sans exception, ont en effet toujours accusé le loup d’être l’auteur des attaques de leurs troupeaux.

 

Tout a commencé en octobre dernier, à quelques kilomètres à vol d’oiseau de la plaine des Vosges, là où ont eu lieu les premières prédations il y a plusieurs années, un secteur considéré depuis 2012 comme zone de présence permanente du loup. Un animal qui semble ignorer les frontières départementales puisqu’aujourd’hui c’est dans la Meuse qu’il sévit.

 

Sauf qu’après avoir concentré ses attaques dans l’extrême Sud meusien, l’animal ou ses congénères se sont déplacés vers l’Ouest pour arriver à 20 kilomètres de Bar-le-Duc, la ville préfecture, dans un parc situé à Ville-devant-Belrain et propriété d’un jeune éleveur de Nicey-sur-Aire. Le 1er avril, il a sorti ses 250 brebis et ses béliers, dans la nuit suivante son troupeau était victime d’une première attaque qui a été suivie par deux autres la même semaine. Excédé, il en était arrivé à installer un appareil photo à déclenchement nocturne ainsi qu’un canon effaroucheur. Sans effet, puisque jeudi dernier deux nouvelles bêtes ont été tuées et ce malgré les clôtures électriques mises à sa disposition par la direction départementale des territoires( DDT). « J’ai accepté ces filets à condition qu’ils installent aussi des appareils photos. Mes bêtes étaient parquées la nuit dans cet enclos électrifié, je les ai relâchées jeudi vers 8 h. » Un peu plus d’une heure plus tard, les agents de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) sont venus relever les cartes des appareils.

Plus aucun doute

En arrivant dans le champ, ils ont vu le loup en train de dévorer un bélier. Dès lors, la présence du prédateur ne faisait plus aucun doute, d’autant plus que l’appareil des agents de l’ONCFS a pris en photo le fameux loup.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

Plus question maintenant d’utiliser la terminologie de « loup non exclu » dans les rapports des experts. Dans un communiqué, la préfecture de la Meuse s’est autorisée à employer le terme de « présence avérée du loup en Meuse. » Au vu des indices relevés sur les ovins tués, la suspicion de la colonisation du département par le loup était de mise depuis le début de l’année. En janvier, la préfète de la Meuse avait réuni une « cellule de veille loup ». Dans le prolongement, une étude sur la vulnérabilité du système pastoral à la prédation du loup en Meuse était lancée, et les conclusions ne sauraient tarder.

 

Quelles que soient ces conclusions, ce n’est pas encore demain que les chasseurs seront autorisés à tuer l’espèce protégée qu’est le Canis lupus. Il faut en effet deux années de présence avérée du loup dans un département pour qu’un arrêté ministériel soit potentiellement pris et autorise de façon dérogatoire les tirs sur les loups.

 

D’ici là, les éleveurs ont deux solutions : laisser leurs troupeaux à la bergerie ou utiliser les clôtures électriques mises à leur disposition par la DDT.

Karine Diversay

 

Téléchargez le communiqué de la préfecture de Meuse

 

Mai 2014 : Meuse : sans doute deux loups  (Est Républicain, 08/05/2014)

 

Le loup rôde et attaque en Meuse. Face aux inquiétudes, les services de l’État se mobilisent pour lutter : équipements en matériel, enquêtes, indemnisation et tirs d’effarouchement.

 

Le sujet est ultra-sensible. Les syndicats agricoles dénoncent sa présence et réclament sa mise à mort. La Chambre d’agriculture de la Meuse critique une situation qui n’est « plus supportable par les éleveurs » et demande « une adaptation de la législation ». Depuis la recrudescence d’attaques en avril dans deux secteurs de la Meuse, certains dorment avec leur troupeau et d’autres menacent d’arrêter l’activité ovine. Les politiques s’en mêlent à l’image de Gérard Longuet qui appelle à « trouver les solutions les plus adaptées à notre environnement et à la mission des agriculteurs ».

 

Depuis le 14 octobre, le loup est officiellement en Meuse. C’est le 21e département français recolonisé depuis 1992, année de sa réapparition en France. « Contrairement à une idée reçue, le loup n’a jamais été réintroduit en France mais il est revenu par l’Italie et ils sont désormais entre 250 à 300 dans notre pays. Depuis les Alpes, ils colonisent le pays en passant d’un massif à l’autre et en trouvant des lieux d’accueil favorables : présence de gibier et proies faciles avec les élevages ovins. Le loup est intelligent et s’adapte. Lorsqu’il ne peut pas s’en prendre à des moutons enfermés ou protégés par des clôtures électriques, il se retourne vers le gibier sauf le sanglier », explique la Direction des Territoires de la Meuse.

 

Tout laisse à penser que deux loups rôdent en Meuse et multiplient les attaques sur deux zones : celle du Sud meusien (côté Bonnet) non loin des Vosges où le loup sévit aussi et celle de Nicey-sur-Aire où les attaques se sont multipliées (cinq fois chez un même éleveur). « Nous n’avons pour l’heure qu’une seule photo et un prélèvement d’excréments en cours d’analyse. Il est probable que nous ayons affaire à deux animaux. Une attaque à Nicey en avril a été concomitante à une autre à Grand dans les Vosges juste à côté de la Meuse. Celui du Sud semble plus mature car il attaque pour se nourrir. Autour de Nicey, c’est sans doute le fait d’un loup plus jeune puisqu’il y a beaucoup de victimes d’un coup et peu de consommation de viande », observe la DDT de la Meuse qui réfute le terme de meute.

 

Des tirs d’effarouchement

 

Les agriculteurs sont sur les dents. La DDT, consciente du traumatisme, rappelle que son « rôle est aussi de défendre l’activité des éleveurs ». Depuis octobre, elle a pris de multiples mesures : fourniture de clôtures électriques et indemnisations pour les attaques avérées par les spécialistes de l’ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage). En revanche, pas question de faire des battues comme le réclament les syndicats agricoles. « Le loup est une espèce protégée par quatre textes dont trois internationaux. La battue est le dernier recours du plan national loup 2013-2017 ».

 

Ce plan est le cadre législatif d’intervention face aux loups. Jugé efficace en montagne, il montre ses faiblesses en Meuse car le loup s’installe pour la première fois en plaine où les troupeaux sont éparpillés. « Nous sommes un peu pionniers. Nous discutons avec les ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture de notre situation spécifique ». En Meuse, si les battues ne sont pas autorisées et ne sont pas près de l’être, la préfecture a décidé depuis le 20 avril dans le secteur nord de Nicey-sur-Aire et depuis quelques jours dans le sud, de permettre les tirs d’effarouchement. L’étape suivante si ce n’est pas suffisant sera le tir de riposte. « Chaque nuit, des lieutenants de louveterie surveillent les troupeaux et tirent en l’air lorsque les troupeaux s’agitent où lorsqu’ils voient le loup ce qui est arrivé. L’idée est de l’éloigner des ovins. Pour le moment, c’est plutôt efficace », indiquent les services de l’État. D‘autres mesures respectant le statut d’animal protégé sont envisagées et seront discutées la semaine prochaine lors de rencontre avec les acteurs du dossier et notamment du monde agricole.

 

Sébastien Georges

Août 2014 (Est Républicain du 3 août 2014)

 

Le loup frappe encore en Meuse

 

35 attaques commises par le loup depuis octobre 2013 en Meuse. Les chiffres deviennent catastrophiques. L'hécatombe débutée en avril se poursuit, le loup venant d'attaquer deux nuits de suite  sur la commune de Lavallée où jusqu'alors il n'avait encore jamais sévi. La première agression a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant cinq nouvelles victimes et trois bêtes blessées. Puis dans la nuit de vendredi à samedi, le loup a tué et blessé à nouveau.

Un nouvel acte qui vient un peu plus accentuer l'exaspération et le découragement des éleveurs qui ont été touchés à plusieurs reprises. Certains se demandent si plusieurs loups ne rodent pas dans le secteur au vu du nombre d'attaques commises ces derniers jours.

D'après l'Est Républicain du 7 août 2014, l'authenticité d'une photo d'un loup prise à 18 h le 26 juillet 2014 près de l'étang de Kœur-la-Petite par une photographe animalière a été mise en doute par Aurélie Schmidt, chargée de mission environnement qui a retrouvé ce même cliché référencé en 2008 sur plusieurs sites allemands et russes.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

Cliché Christiane Herké prétendûment pris en Meuse

 

Septembre 2014 :(Est Républicain du 3 septembre 2014)

 

Meuse : le loup a encore frappé

 

Bar-le-Duc. Alors que les lieutenants de louveterie ont été aperçus, dans la nuit du 1er au 2 septembre, dans le secteur de Baudrémont (55), le loup a frappé, la même nuit, à Lavallée (55), dans le pré de Francis Aubry. L'éleveur d'ovins ayant constaté, à 7 h hier matin que sur les onze brebis présentes dans son enclos, une avait été tuée et deux autres gravement blessées. Ces nouvelles victimes de Lavallée montent à plus de 140. le nombre total d'ovins tués, euthanasiés et blessés depuis le début d'année en Meuse.

 

NDLR : aucune certitude qu'il s'agisse d'un loup !

 

HAUTE-SAÔNE

 

En décembre 2011, à quatre jours d’intervalle, un prédateur a tué trois moutons à Beulotte-Saint-Laurent et à La Rosière en Haute-Saône selon un mode d’attaque qui laissait supposer qu'il pouvait s'agir d'un loup. Une crotte et des poils recueillis sur place par des agents de l’ONCFS 70 ont été expédiés aussitôt à un laboratoire d’analyse spécialisé. Les résultats sont revenus récemment et ont confirmé qu'il s'agissait de laissées lupines. Le loup est donc bien passé par là en décembre. Il pourrait s'agir d'un loup erratique séjournant dans les Vosges. Des analyses ADN sont en cours pour tenter de faire parler davantage les excréments découverts dans le secteur des Mille étangs.La présence du Loup est détectée dans ce département dès l'année 2012. Voir l'article de Vosges-matin du 17 mai 2012.

 

En conséquence, depuis le 7 mai 2012, le département de Haute-Saône a été intégré par arrêté ministériel à l’aire de répartition géographique concernée par le loup, soit douze départements français dont les Vosges. Ludovic Bonnot, patron de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en Haute-Saône,  explique : « cet arrêté permet d’abord de mettre en place dans le département une unité d’action » prévue dans le plan loup. Avec sept agents de l’ONCFS nommés correspondants du réseau loup, dont la mission est de récolter le maximum de renseignements sur l’aire de répartition du mammifère. Et aussi de constater, si nécessaire, les dégâts causés par ces grands carnivores afin de mettre en branle les processus d’indemnisation aux éleveurs. « Si la présence du loup devait se développer en Haute-Saône, un volet prévention est prévu », appuie Ludovic Bonnot. Avec des dispositifs comme des aide-bergers, des filets de protection, des systèmes d’effarouchements, et des chiens patous. Ludovic Bonnot se veut rassurant en direction des éleveurs : « Tout est prêt. Le dispositif est en place et est très réactif. Notamment pour les indemnisations. »

 

L’animal s’est manifesté à nouveau en février 2012 du côté de Vouhenans, avec le prélèvement d’un ovin. À la même époque, des empreintes ont été observées dans le secteur de Plancher-lès-Mines. Ludovic Bonnot souligne : « Un loup peut couvrir 40 km en une nuit. Sa zone d’habitat peut s’étendre de 15 000 à 25 000 ha et bien plus quand une meute existe. » Son passage par la Haute-Saône peut n’être qu’une étape vers d’autres territoires.

 

 Plus récemment, entre le 31 décembre  2013 et le 2 janvier 2014 à Montureux-lès-Baulay et Cendrecout dans la région de Jussey en Haute-Saône, deux troupeaux ont été attaqués : six moutons dévorés, quatre blessés. Selon l'Est Républicain (Éléonore Tournier, Est Républicain, Hte-Saône du 4/01/2014), le loup est évoqué.

 

L’ONCFS a installé un système photographique sur l’exploitation de Christophe Marion (photo Bruno Grandjean, Est Républicain) et celle de Cendrecourt, à 6 km de là.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

En allant voir ses animaux le matin du 1er janvier, Christophe Marion, éleveur ovin à Montureux-lès-Baulay, a découvert trois cadavres de brebis. "En regroupant les bêtes, nous avons découvert que deux autres étaient également blessées", ajoute l’éleveur pour qui le coupable de l’hécatombe ne fait guère de doute : "Vu les blessures au cou, on pense que c’est un loup."

 

Le 2 janvier, à 6 km de là, à Cendrecourt, un autre éleveur ovin a également découvert  trois cadavres de brebis et deux animaux blessés. Comme à Montureux-lès-Baulay, toutes ont été saisies à la gorge. Là encore, le loup est évoqué.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

 

Pour l’instant, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) préfère parler de "grand canidé", sans exclure la possibilité d’un loup. Pour démasquer le prédateur, des techniciens de l’Office ont placé sur les deux exploitations des pièges photographiques, en espérant que le "grand canidé" revienne sur les lieux. Un scénario qui n’est pas impossible selon Thierry Billey, animateur du réseau Férus en Franche-Comté. "Dans les Alpes-Maritimes, on a vu les mêmes troupeaux se faire attaquer plusieurs fois."

 

À Montureux-lès-Baulay, les techniciens ont relevé des empreintes de pattes de 10 cm sur 8,5 cm. Mais elles seront sans doute insuffisantes pour mettre en cause un quelconque loup. "Il en faudrait plusieurs pour être sûrs car les empreintes de chien et de loup diffèrent très légèrement", explique Ludovic Bonnot, chef du service départemental de l’ONCFS. Le seul moyen de déterminer précisément la nature du prédateur ? "Du poil, des excréments ou une photo".

 

S’il n’exclut pas la possibilité du loup, Ludovic Bonnot évoque la possibilité de gros chiens : "On a déjà vu des labradors manger d’aussi grosses quantités de viande", assure-t-il avant d’ajouter : "En Haute-Saône, on a connaissance de loups tchèques et de Saarloos. Ce sont des chiens des pays de l’Est croisés avec des loups, qui leur ressemblent énormément physiquement et qui, s’ils sont lâchés, peuvent retrouver leur instinct de prédateurs".

 

Thierry Billey, de l’association Férus, préfère attendre les conclusions de l’ONCFS. "Une meute installée dans les Hautes-Vosges serait rassemblée actuellement un peu au sud de La Bresse. Si la présence du loup était avérée en Haute-Saône, vu la distance avec les villages où ont eu lieu les attaques, cela me semble un peu loin pour être un des membres de la meute. Ça ressemblerait plus à un individu en dispersion."

 

MOSELLE

 

Janvier 2014

 

Plus de cent ans après sa disparition dans le département, un loup a été repéré fin janvier 2014 en Moselle.D'après Ferus, la première alerte fut donnée par un témoin qui dit l’avoir observé le 26 janvier, à Abreschviller (entre Strasbourg et Nancy, voir la carte ci-dessous). Et seulement 4 jours après, le 30 janvier, l’information est confirmée par une photo qui ne laisse aucun doute. Alors que l’ONCFS avait installé des pièges-photo dans le cadre d’une mission de suivi des populations de lynx, c’est un loup qui est apparu sur l’un des clichés. Cela faisait plus de 100 ans que l’espèce avait disparu du département ! Une nouvelle qui fera la une du Républicain Lorrain et qui sera répercutée par Lor'Actu.fr.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

Un loup en Moselle (Photo : DR)

 

Ce loup a été photographié à Walscheid, un petit village de Moselle, à la limité du département des Vosges et du Bas-Rhin. Plus de 100 ans après son extermination il été photographié à Walscheid dans le Massif du Donon. "Un piège photo installé pour "tracer" le lynx Van Gogh qui vit sur ce Massif et qui n'a pas été vu depuis longtemps a relevé sa discrète présence" a commenté le parc animalier Sainte-Croix de Rhodes qui milite pour la sauvegarde du loup dans la région.

 

« Le massif est très giboyeux (cerfs, chevreuils) assurant de nombreuses proies à l'animal dont on ignore tout » note le parc animalier où vivent déjà plusieurs loups. Le loup photographié en Moselle se serait déjà attaqué à plusieurs troupeaux. Deux attaques sont déjà listées dans les environs. Une enquête est d’ailleurs ouverte pour déterminer les circonstances de ces attaques.

 

loup,vosges,lorraine,haute-saône,jura,prédateurs,retour du loup,massif jurassien

Les deux villages de Moselle où le loup a été signalé

 

MARNE  (Ajout de mars 2014)

France Nature Environnement fait état de la présence du Loup dans la Marne où un loup aurait été tué fin janvier 2014.

06/03/2013

Photographes naturalistes

Photographes naturalistes
La liste ci-dessous répertorie les sites de photographes animaliers et naturalistes dont j'ai particulièrement apprécié la valeur artistique et scientifique de leurs œuvres
- Florence Pallot photographer
florence-pallot-450.jpg
Des photos magnifiques, toutes renseignées en anglais. Chaque espèce est identifiée avec le nom latin et  qui défilent dans un site somptueux concocté par Vanessa Dubois.
Dominique Delfino
Dominique Delfino est un photographe animalier franc-comtois. Pour lui, l'image naît de la lumière, le sujet n'en étant que la représentation. Il a publié en librairie plusieurs albums richement ilustrés et commentés par des naturalistes confirmés.
Dominique-delfino-450.jpg
Florent Cardinaux
Florent Cardinaux est un chasseur d'images de nature et de vie sauvage qu'il capture sur les contreforts du Jura français. Accompagnant la publication du livre
"D'une Aube à l'autre"
 une exposition de photos est disponible. Les haïkus de William Chauvin accompagnent chaque photographie.
Florent-cardinaux450.jpg

04/03/2013

L'Établissement français du sang (EFS)

L'Établissement fEFS-logo.jpgrançais du sang (EFS)

 

 

Outre son rôle d'opérateur de la transfusion sanguine, l'Établissement français du sang (EFS) recouvre des activités partant de la recherche fondamentale jusqu'à l'élaboration de protocoles de thérapie et l'administration de soins. Au cœur de cette organisation, le département des activités d'ingénierie cellulaire et tissulaire de l'EFS Bourgogne - Franche-Comté met en œuvre les résultats de la recherche, qui elle-même s'adosse à son expertise et à son savoir-faire, en une sorte de cercle vertueux dédié à l'immunologie de la greffe et du cancer.


Recherche et ingénierie cellulaire : des échanges de bons procédés

 

Les cellules souches hématopoïétiques sont au centre des activités de l'EFS Bourgogne – Franche-Comté. À l'origine des différentes lignées de cellules sanguines, elles se trouvent chez le sujet adulte dans la moelle osseuse, véritable usine à globules rouges, globules blancs et plaquettes.

 

Lorsque la production est perturbée, voire rendue stérile par certaines attaques cancéreuses ou les traitements, la thérapie cellulaire relance le mécanisme selon différents protocoles pour tirer le patient de son aplasie. L'autogreffe consiste à prélever dans la moelle osseuse d'un patient des cellules réputées saines à la suite de cycles de chimiothérapie. Conservées par congélation, elles seront utilisées pour pallier le déficit cellulaire qui ne manquera pas de se présenter lors de traitements ultérieurs destinés à détruire les cellules cancéreuses résiduelles, puissants au point d'atteindre aussi les cellules indemnes.

 

À Besançon, la première autogreffe a été réalisée en 1979 sous l'impulsion du professeur Patrick Hervé. Elle est pratiquée en routine depuis les années 1990. L'autogreffe présente des limites dans les cas de myélomes très agressifs ou de leucémies aiguës, pour lesquels les spécialistes ont recours à l'allogreffe, comme à Besançon depuis 1983.

 

Cherche cellules souches compatibles


Lors de l'allogreffe, le prélèvement de cellules souches hématopoïétiques est effectué sur un donneur présentant une typologie HLA compatible, de préférence de la famille du patient, à défaut inscrit sur des registres de volontaires en France et dans le monde.

Le facteur temps est ici capital pour la réussite de la greffe. Fabienne Pouthier, responsable médicale du département AICT de l'EFS Bourgogne – Franche-Comté raconte combien chaque cas est unique. « Récemment, nous avons trouvé à Washington un donneur compatible pour un patient suivi à Besançon. Le prélèvement de moelle osseuse opéré aux États-Unis est arrivé le lendemain par transport ultrasécurisé, pour une greffe réalisée le soir même au CHRU Jean Minjoz. »

 

L'alternative du sang placentaire


Plus récentes en France, avec une réelle généralisation depuis 2005, les greffes de cellules souches hématopoïétiques issues de sang placentaire représentent une alternative lorsque la compatibilité avec les donneurs fait défaut. Si les récentes directives internationales encouragent la création de banques de sang placentaire, Besançon s'est montrée pionnière en France avec la création à l'EFS du premier dispositif de ce type en 1995.

 

Les atouts majeurs du sang placentaire sont sa disponibilité immédiate et la jeunesse de ses cellules souches hématopoïétiques, caractérisées par un potentiel de régénération optimum, un risque de rejet greffon-hôte moindre et une absence de contamination virale. Leur immaturité implique cependant un temps plus long pour se développer dans l'organisme et vaincre l'aplasie.

 

Aux côtés des banques de cellules souches hématopoïétiques hébergées sur le site bisontin de l'EFS, figure également une banque de tissus, la seule banque EFS pour tout l'Est de la France. Les tissus, recueillis auprès des donneurs selon une démarche similaire à celle du don d'organes, sont essentiellement des cornées, des vaisseaux sanguins et des valves cardiaques, stockés pour être utilisés lors de greffes futures ou à des fins clé recherche.

 

Il va sans dire que toutes ces activités sont soumises aux règles les plus strictes de contrôle et de sécurité, tant dans le prélèvement et la conservation des cellules et des tissus que dans l'élaboration des produits à des fins de thérapie ou de recherche.

 

Ainsi l'EFS Bourgogne - Franche-Comté souhaite obtenir prochainement la labellisation de Centre de production de médicaments de thérapies innovantes préparés ponctuellement (MTI PP) répondant, aux normes européennes les plus récentes et donnant une dynamique nouvelle à une activité et un savoir-faire déjà reconnus.

 

Contact : Fabienne Pouthier - Département des activités ingénierie cellulaire et tissulaire - EPS Bourgogne - Franche-Comté

Tél. (0033/0) 3 81 61 50 27 - fabienne.pouthier@efs.sante.fr

 

EPS1-450.jpg

 

Recherches pionnières en thérapie génique


II n'est pas étonnant qu'avec une production de vingt millions de cellules à la seconde, notre organisme, à la mécanique pourtant bien rodée, présente quelques défaillances. Des erreurs corrigées par le système immunitaire, qui lui, a parfois du mal à faire face à toutes les sollicitations dont il fait l'objet et peut laisser échapper à sa vigilance des cellules dangereuses, à l'origine de tumeurs.

 

Une armée de lymphocytes T


Lors du contrôle permanent exercé par le système immunitaire, les lymphocytes T occupent un rôle majeur et se mobilisent en masse lorsqu'il s'agit de combattre des corps étrangers comme les virus, les bactéries ou les cellules cancéreuses. Les recherches s'orientent vers l'utilisation de ces lymphocytes, capables de s'immiscer dans tout l'organisme, pour détruire des cellules tumorales résiduelles difficiles à débusquer, complétant ainsi de manière la plus fine possible les traitements réalisés par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie. L'allogreffe permet d'une part le remplacement de la moelle osseuse défectueuse d'un patient et d'autre part l'implantation de lymphocytes T suffisamment différents de ses propres cellules pour encore mieux détecter et détruire les cellules nuisibles, persistantes (leucémiques ou lymphomateuses), par un processus dit d'alloréactivité.

 

Cependant, les lymphocytes T reconnaissent également les cellules saines du patient, risquant de provoquer la maladie du greffon contre l'hôte, mortelle dans environ 30 % des cas. Pour parvenir à un point d'équilibre et éviter de franchir cette frontière ténue entre effet et rejet, les chercheurs de l'équipe de Thérapeutique immuno-moléculaire des cancers (TIM-C) de l'unité mixte de recherche Interaction hôte-greffon / tumeur et ingénierie cellulaire et génique travaillent dans deux directions.


Gène suicide et cible idéale


La première, l'immunothérapie allogénique, consiste à programmer les lymphocytes T pour l'autodestruction, une sécurité qui sera déclenchée si leur action se retourne contre l'organisme hôte. Une fonction rendue possible par manipulation génétique, grâce à l'apport d'un gène « suicide » à activer en cas de complications. L'administration d'un médicament entraîne alors le processus de destruction. Au terme d'essais cliniques qu'ils étaient les premiers à démarrer voilà dix-sept ans, les chercheurs bisontins vont continuer à établir la démonstration de ce concept précurseur, en collaboration avec une équipe américaine du Baylor College of Medicine (Houston), dans un nouveau programme de tests menés sur une population de douze patients à partir de l'automne prochain. Guider le système immunitaire de façon très ciblée contre la tumeur est la deuxième voie explorée, sous le nom d'immunothérapie antitumorale. Il s'agit ici de faire en sorte que les lymphocytes détectent uniquement les cellules tumorales visées grâce à une particularité qu'elles possèdent en propre, et qu'ils dirigent leur action contre elles et elles seules. Dès lors, des lymphocytes produits par clonage cellulaire et moléculaire pourront être injectés en grande quantité et à des moments choisis pour un maximum d'efficacité, sans risque d'effet délétère sur les cellules saines de l'organisme qu'ils ne seront plus à même de reconnaître comme potentiellement dangereuses.

 

Contact : Christophe Ferrand - Unité mixte de recherche Interaction hôte-greffon / tumeur et ingénierie cellulaire et génique EPS Bourgogne - Franche-Comté / Université de Franche-Comté/ INSERM Tél. (0033/0) 3 81 61 56 15 - christophe.ferrand@efs.sante.fr

 

EPS2-450.jpg

Produit anti-inflammatoire à visée thérapeutique

 

Et si le meilleur anti-inflammatoire était produit par notre propre corps ? Partant du processus biologique du renouvellement cellulaire, au cours duquel les cellules indésirables de l'organisme se détruisent par apoptose, des chercheurs en immunologie ont mis au point un produit thérapeutique capable de combattre l'inflammation.

 

Cinquante à soixante-dix milliards de cellules sont éliminées chaque jour par notre organisme, et de façon efficace car elles sont potentiellement dangereuses. Pour être actif, ce processus s'opère cependant à l'insu de notre système immunitaire dont il « endort » la vigilance en créant un micro-environnement aux effets immuno-modulateurs puissants.

 

L'idée est d'utiliser ce micro-environnement pour neutraliser ailleurs et dans d'autres circonstances une réponse inflammatoire incontrôlée de la part du système immunitaire. « Dans cet environnement se trouvent tous les éléments permettant de cibler et maîtriser l'ensemble de la réaction inflammatoire, donc tous les facteurs et cellules impliqués. À l'inverse, les médicaments traditionnels tels que les biothérapies ne ciblent généralement qu'un facteur ou une cellule », explique Sylvain Perruche, chercheur INSERM au laboratoire bisontin Interaction hôte-greffon / tumeur et ingénierie cellulaire et génique.

 

Ce processus biologique a été copié ex vivo et le micro-environnement généré in vitro. Des tests précliniques ont ensuite confirmé, et de façon spectaculaire, le traitement de souris atteintes d'arthrite rhumatoïde aiguë à un stade avancé. Au terme de dix injections, voire moins selon la concentration du produit, chez une cinquantaine de cas étudiés, la courbe indiquant la flambée arthritique s'inverse radicalement : l'inflammation est totalement jugulée et les fonctions originelles des zones touchées sont restaurées.

 

Action naturelle, efficacité, polyvalence, facilité de conservation... ce PTC (Produit de thérapie cellulaire) sans cellule verra ses performances protégées par un brevet déposé en janvier dernier sous la houlette de INSERM TRANSFERT. Co-inventeur du brevet, Sylvain Perruche entend poursuivre l'aventure en acquérant le moment venu la licence d'exploitation par le biais d'une start up chargée de la commercialisation du produit.

 

Contact : Sylvain Perruche - Laboratoire Interaction hôte-greffon / tumeur et ingénierie cellulaire et génique EFS Bourgogne - Franche-Comté / Université de Franche-Comté / INSERM - Tél. (0033/0) 3 81 61 56 15 - sylvain.perruche@inserm.fr

 

Source :

En Direct, le journal de la recherche et du transfert de l'Arc jurassien n° 247 - mars-avril 2013.

 

23:11 Publié dans Biologie, Médecine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |