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05/10/2009

La Couleuvre verte et jaune

Couleuvre_verte_et_jaunelogo.jpgLa Couleuvre verte et jaune

 

Hierophis viridiflavus

 

(Reptile squamate Ophidien Colubridé)

 

par André Guyard

(Dernière mise à jour le 23 août 2016)

 

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Couleuvre verte et jaune
Distribution

La Couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) est une espèce de serpent de la famille des Colubridés qui se rencontre principalement au nord de la Méditerranée (France, Italie, sud de la Suisse, Espagne, pays de l’ancienne Yougoslavie, Grèce, ainsi que quelques îles comme Malte ou Chypre).

Morphologie

Il s’agit d’une grande couleuvre mesurant entre 1,10 m et 1,30 m. Certains spécimens atteignent même 1,80 m. Adulte, la face dorsale présente une vingtaine de lignes longitudinales discontinues jaune verdâtre. La face ventrale est blanc jaunâtre.
 
 

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La longueur du corps peut atteindre 1,80 m

photo DR

 
ColuberViridiflavus3-1.jpg
Tête de la Couleuvre verte et jaune
Contrairement à la pupille en fente verticale des Vipéridés
celle des couleuvres est circulaire.
 

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Tête de Couleuvre verte et jaune © Michel Cottet

 

Couleuvre_verte_et_jaune_tête11-1.jpg
Couleuvre verte et jaune
La face dorsale de la tête de la Couleuvre verte et jaune
s’orne de neuf plaques caractéristiques des Colubridés.
 
Habitat
 
La Couleuvre verte et jaune fréquente les terrains rocheux, secs et bien ensoleillés, exceptionnellement les milieux un peu plus humides comme les prairies et les bords de rivières. Serpent solitaire sauf pendant les accouplements, et pendant la période hivernale.
 
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Couleuvre verte et jaune
Le serpent n’hésite pas à grimper
dans les buissons pour faire la sieste
 
Couleuvre diurne, à l’aise sur terre comme sur l’eau, elle grimpe dans les buissons et dans les arbres. Quand elle est menacée, elle n’hésite pas à adopter un comportement agressif et cherche à mordre, bien que sa morsure ne soit pas venimeuse (morsure douloureuse). La Couleuvre verte et jaune a un caractère très batailleur, et n’hésite pas à s’élancer gueule ouverte sur son agresseur, se débat et tente de mordre. La morsure est totalement inoffensive.
 
Sur la photo ci-dessous, on noterra la discrétion de ce bel ophidien dissimulé, qu'on devine ici apeuré, abritant son corps tout en guettant l'intrus humain par cette "fenêtre" ouverte au milieu des sédums blancs en fleurs !


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© Nicole Lartigau

 

Alimentation

Le régime évolue avec leur croissance. Les jeunes se contentent d’insectes, de petits lézards, tandis que les adultes chassent activement souris, rats, lézards, oiseaux et parfois d’autres serpents. Elle peut s’approcher des habitations pour y attraper des souris.
 
Couleuvre_verte_et_jaune_tête5-1.jpg
Couleuvre verte et jaune
Contrairement aux vipères aux écailles carénées,
celles de la Couleuvre verte et jaune sont lisses
 
Reproduction
 
En mars-avril, la Couleuvre verte et jaune sort de sa léthargie hivernale et s’accouple. L'accouplement donne lieu à une danse spectaculaire décrite par la vidéo suivante due à et filmée le 19 mai 2012.
 
La femelle pond de cinq à dix œufs entre fin juin et mi-juillet, sous des pierres, dans un sol légèrement humide. Les petits naissent vers la mi-août et mesurent entre 20 et 25 cm.
 
 
La Couleuvre verte et jaune ne semble pas menacée en France et paraît même en expansion dans le nord du pays.

Photographies prises par André Guyard en mai 2009 au Creux sous Roche dans le Marais de Saône, lors d’une sortie "Nature et Découvertes" animée par Michel Cottet.

Les pistes de dinosaures de Coisia (Jura)

Coisia_08_06_22_08_logo1.jpgLes pistes de dinosaures
de Coisia (Jura)
 
par André Guyard

 

Suite à l’élargissement de la départementale qui conduit au village de Coisia, une dalle au pendage prononcée est apparue en bordure de route. En 2004, un géologue amateur éclairé appartenant à la Société Des Naturalistes d'Oyonnax (SDNO) eut son attention attirée par des empreintes de pas gigantesques.

 

Coisia_08_06_22_07site1.jpg
La falaise s'élève au bord de la route
(Cliché André Guyard)
 
De l’avis des spécialistes, il s’agit de pistes de Sauropodes. Les Sauropodes étaient des dinosaures herbivores au long cou tout comme les Diplodocus. Ce gisement date du Jurassique supérieur, plus précisément du Tithonien, (-150 millions d’années), une période où le Jura se trouvait sous climat tropical. Rappelons que depuis 1990, le Tithonien remplace le Kimméridgien supérieur (sensu anglico) et le Portlandien. Comme dans le cas de Loulle, les traces de sauropodes ont été faites dans un substrat émergé de type lagunaire.
 
Voir également le reportage de France-3 Franche-Comté consacré en partie au site de Coisia.
 
Coisia_Carte-géol.jpg
Carte géologique de la région de Coisia
Le point rouge indique l'emplacement du site
(Document BRGM)
 
Légende1.jpg
Légende de la carte géologique
 
Coisia_08_06_22_06site1.jpg
La tectonique a complètement redressé le gisement
(Cliché André Guyard)
 
Attention, le gisement se trouve en bordure de route et présente un danger pour les piétons, étant donné l’étroitesse de la chaussée.
 
 
Coisia_08_06_22_01_site1.jpg
Autre aspect de la falaise
(Cliché André Guyard)
 
La présence de dinosaures dans le jurassique est attestée par la découverte de fossiles dans la région de Poligny (Jura) depuis 1862.
 

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Document tiré de Jura… Jurassique, Hantzpergue et al. 2010

 
En 2006, un site semblable a été découvert dans une carrière abandonnée à Loulle près de Champagnole (Jura). Beaucoup plus accessible, il fera l’objet d’aménagements destinés à la visite (voir dans la même rubrique l’article concernant ce gisement).
 
Après Coisia, Loulle et Courtedoux, de nouvelles pistes de dinosaures ont été découvertes en avril 2009 dans le massif jurassien, sur le plateau de Plagne dans l'Ain, à près de 800 m d'altitude. Ce sont les plus grandes empreintes jamais mises à jour : certaines atteignent 1,5 m de diamètre. (Voir l'article concernant cette nouvelle trouvaille).
 
Voir également le site internet de la SDNO dédié à cette trouvaille.
 
Source :
 
Informations fournies par Pierre Hantzpergue, Professeur à l’Université Claude Bernard (Lyon 1) chargé avec Jean-Michel Mazin (Directeur de recherche, UMR 5125 CNRS) de l’étude des traces de dinosaures des site  de Loulle (Jura) et de Plagne (Ain).

Les Cnidaires d’eau douce

Pelmatohydra_logo.jpgHydres et autres Cnidaires

en eau douce

 

par André Guyard


(Texte mis à jour le 05/01/2013)


Les Cnidaires sont des Métazoaires (animaux pluricellulaires) diploblastiques (à deux feuillets), à symétrie radiaire parfois accompagnée d’une symétrie bilatérale. Ils comprennent environ dix mille espèces toutes aquatiques, la plupart marines et carnivores. Le corps possède une cavité unique, le coelentéron ou cavité gastrique. Des cellules urticantes ou cnidoblastes sont localisées dans des zones stratégiques de l’ectoderme et jouent un rôle dans la capture des proies. Les Cnidaires étaient autrefois regroupés avec les Cténaires (formes exclusivement marines) dans l’embranchement devenu caduque des Coelentérés.

ORGANISATION GÉNÉRALE


La plupart des Cnidaires ont deux stades dans leur cycle de vie sans parler de la phase larvaire : un stade fixé donc benthique - le polype - et un stade libre planctonique - la méduse.

Le corps du polype a la forme d’un sac fixé à une extrémité sur le substrat par une sole pédieuse. A l’autre extrémité, au sommet d’un petit renflement dessinant une zone hypostomiale, s’ouvre l’unique orifice du corps, la bouche entourée par des tentacules ; elle est dirigée vers le haut et met en communication avec l’extérieur la cavité gastrique dont les ramifications se terminent dans les tentacules. Le corps se divise ainsi en trois régions : corps du polype, tentacules et sole pédieuse. Le polype est capable de reproduction asexuée.

 

Pelmatohydra_oligactis1.jpg
Pelmatohydra oligactis (hydre grise)

 

La méduse qui représente la forme libre a au contraire, l’orifice buccal dirigé vers le bas et offre l’image d’une cloche transparente dont le battant correspond à la région gastrique (manubrium).

 

La cloche ou ombrelle, est formée de fines digitations, les tentacules, implantés sur le pourtour d’un cercle rétréci (chez les Hydroméduses) par un voile ou velum, délimitant une cavité sous-ombrellaire dans laquelle pend le manubrium.

 

La bouche s’ouvre à l’extrémité de ce manubrium ; elle donne accès à un court oesophage qui aboutit dans un estomac situé au sommet de la cloche. Il en part des canaux radiaires au nombre de 4 ou d’un multiple de 4, qui rejoignent un canal circulaire ou marginal bordant l’ouverture de l’ombrelle. Ce canal envoie un diverticule dans chaque tentacule et est flanqué de deux cordons nerveux qui se prolongent également dans les tentacules.

 

Les gonades se développent sur les canaux ou sur le manubrium. La méduse possède des organes des sens : ocelles ou yeux rudimentaires disposés à la base des tentacules, et statocystes, ou organes d’équilibration situés entre les tentacules.



Parmi les formes d’eau douce de nos régions, on ne trouve que des représentants de la classe des Hydrozoaires. Cette classe groupe en principe des individus dont le cycle de vie est métagénétique avec alternance de générations de polypes asexués et de méduses sexuées. Cependant il existe des exceptions et c’est le cas des hydres d’eau douce (ordre des Hydrides) qui ne présentent que la forme polype et des Limnoméduses où le stade méduse devient nettement prépondérant.

LES HYDRES D’EAU DOUCE

Elles comportent plusieurs espèces commune à la belle saison. On les trouve fixées aux végétaux immergés dans les mares et les étangs.

MORPHOLOGIE EXTERNE

A l’état d’extension, l’hydre est un sac allongé, terminé par une couronne de six tentacules (ou 8) très longs et très contractiles qui entourent la bouche. Dans la région opposée, l’hydre est fixée par la sole pédieuse.

On distingue dans nos régions trois espèces : Pelmatohydra oligactis (fig. 1) a une colonne gastrique d’un brun noirâtre qui surmonte un pédoncule long mince et translucide, et porte des tentacules très étirés.

 

Cnidaires_Fig11.jpg

Chlorhydra viridissima, (fig. 2) dont la coloration verte est due à la symbiose de Zoochlorelles (Algues unicellulaires) dans les cellules endodermiques, ne présente pas de séparation nette entre pédoncule et colonne.
 
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L’Hydre verte : Chlorhydra viridissima
Elle doit sa couleur à la présence de
zoochlorelles symbiotiques
(algues unicellulaires)
dans son ectoderme.

Hydra attenuata, gris brun, très pâle au niveau du pédoncule qui se prolonge par une colonne de même diamètre.

En période de reproduction, l’hydre présente à sa surface des renflements qui correspondent aux ovaires ou aux testicules. Elle peut également bourgeonner.

STRUCTURE

La paroi du corps (fig. 3) comporte un ectoderme unistratifié de cellules myo-épithéliales, avec des cellules nerveuses multipolaires, des massifs de cellules interstitielles, à caractères embryonnaires, pouvant redonner par multiplication et différenciation tout élément cellulaire ; des cnidoblastes ou cellules urticantes, munies d’un harpon creux injectant aux proies un poison l’actinocongestine.

L’endoderme tapisse la cavité digestive. Il est formé d’une unique couche de cellules très vacuolisées dont la base s’étendant sur la mésoglée, montre des myofibrilles transversales et leur bord libre du côté de la cavité présente des flagelles. Elles sont douées de phagocytose. On trouve également des cellules glandulaires et des cellules neuroépithéliales comme dans l’ectoderme.

La mésoglée est une substance colloïdale peu épaisse constituée par les lames basales des deux épithéliums.

 

Hydre_CT.jpg
Cnidairesfig31.jpg
D’après leur structure, tout comme les Spongiaires et les Cténaires, les Cnidaires représentent des animaux pluricellulaires primitifs dont le corps n’est constitué que de deux feuillets, l’un externe : l’ectoderme auquel sont dévolus les rôles de défense et de relation et l’autre interne, l’endoderme qui a un rôle digestif.
Les animaux triploblastiques, plus évolués, sont constitués de trois feuillets. Le mésoderme qui s’intercale entre ectoderme et endoderme va prendre un développement considérable, donnant naissance en particulier au squelette et à la musculature du corps.

BIOLOGIE

1. Locomotion et mouvements.

  • Suivant le degré d’excitation, l’hydre peut se rétracter en une boule à peine visible à l’œil nu. Le réseau nerveux assure une certaine coordination aux mouvements des tentacules étalés normalement en position de chasse.
  • Les déplacements se font par glissement sur la sole pédieuse ou par arpentage avec culbute (fig. 4). L’hydre présente un phototropisme variable suivant l’espèce.
  • L’hydre peut quitter son support et nager par ses tentacules.
Cnidairesfig41.jpg

2. Nutrition


Les tentacules capturent les proies, les paralysent par les cnidoblastes et les amènent à la bouche. La digestion est extra-cellulaire dans la cavité gastrique avec un broyage dû aux mouvements du corps, puis intra-cellulaire après phagocytose dans les cellules endodermiques.
Cnidairesfig51.jpg
3. Croissance


L’hydre s’accroît constamment par sa région orale par mitose de cellules interstitielles, si les conditions de vie sont favorables. Cette croissance est compensée par l’usure des cellules au niveau de la sole pédieuse. Une Hydre est ainsi totalement rénovée en un à deux mois.

4. Multiplication asexuée

  • Bourgeonnement
Un bourgeon apparaît sous la forme d’un renflement creux formé aux dépens de l’endoderme et de l’ectoderme aux cellules interstitielles particulièrement actives.
Le sommet du bourgeon se perce d’une bouche qui s’entoure de tentacules.
Les bourgeons apparaissent à la base de la colonne gastrique et sont repoussés sur le pédoncule. Puis les hydres filles se détachent. Mais si la température est favorable (18-20°C) et si la nourriture et abondante les hydres filles peuvent bourgeonner avant de quitter l’hydre mère.
On a ainsi une colonie temporaire de quelques individus qui communiquent entre eux par la cavité digestive.
 
  • Scissiparité longitudinale par dédoublement de la zone de croissance.

  • Régénération très facile.
On note une polarité dans la régénération. À partir d’un fragment d’hydre, c’est toujours la face située vers la bouche qui régénère celle-ci. Les greffes sont également faciles même entre individus différents.
 
 
Ainsi, on s'aperçoit que l'hydre d'eau douce est biologiquement immortelle. Eh bien, c'est à l'un de ses gènes, baptisé FoxO qu'elle doit cette propriété de régénération. Une découverte réalisée en 2012 par Thomas Bosch et ses collègues de l'université de Kiel, en Allemagne. Les biologistes allemands ont en effet montré que la surexpression du gène FoxO permet le maintien d'un stock constant de cellules souches. De quoi renouveler sans fin tous les tissus du corps de l'hydre.
 

À l'inverse, lorsque les biologistes allemands ont inactivé spécifiquement ce gène, les cellules souches de l'animal se sont différenciées en cellules adultes.

 

Bien que présent dans l'ensemble du monde animal, et donc chez l'Homme, le gène FoxO voit son expression diminuer au fil du processus normal de vieillissement... sauf chez l'hydre qui, de fait, ne vieillit pas et ne meurt jamais. En conclusion, un seul gène assure la régénération sans fin de tous les tissus du corps de l'hydre. Une propriété à exploiter pour lutter contre le vieillissement chez l'Homme ?


5. Reproduction sexuée

Elle apparaît quand les conditions de température deviennent défavorables : 10-12°C pour P. oligactis, 16-20°C pour C. viridissima et H. attenuata. P. oligactis et H. attenuata sont gonochoriques (sexes séparés). C. viridissima est hermaphrodite protandre (les spermatozoïdes sont mûrs avant les ovules).

Les gonades constituent des renflements apparaissant sur la colonne. Les testicules apparaissent dans le quart antérieur de la colonne, les ovaires à la moitié de la colonne.

Après fécondation, l’œuf commence sa segmentation totale et égale.
L’ovaire libère une larve nageuse, la planula qui peut s’enkyster (conditions défavorables) avant de se fixer pour poursuivre son développement ; elle s’aplatit sur le support par son pôle antérieur formant un disque au centre duquel bourgeonne une nouvelle hydre.

RÔLE BIOLOGIQUE DES HYDRES D’EAU DOUCE

Elles jouent un rôle qui passe inaperçu dans les biocénoses dulçaquicoles.

Utilisation dans les méthodes biologiques

Elles ne sont citées que dans la méthode des saprobies dans les zones :

β-mésosaprobe
: Hydra vulgaris, Hydra oligactis = H. fusca et Hydra polypus existent déjà en zone α-mésosaprobe dans le périphyton des étangs des fossés et des eaux calmes.

oligosaprobe
: Chlorohydra viridissima. Cordylophora lacustris : existe déjà dans la zone β-mésosaprobe.
Pelmatohydra_oligactis21.jpg
Pelmatohydra oligactis trouvée dans la Couze Pavin.
Dans ce déversoir ferrugineux du lac Pavin (Auvergne),
les hydres prennent une coloration rougeâtre.

LE GENRE CORDYLOPHORA (famille des Claviidae)

Dans les eaux saumâtres, on rencontre une espèce d’Hydraire gymnoblastique de la famille des Claviidae : Cordylophora caspia ( = lacustris). Cette espèce répandue sous toutes les latitudes, se présente sous la forme d’une colonie de polypes pouvant atteindre plusieurs cm (fig. 6). La colonie est fixée au substrat par un réseau de stolons, sur lesquels s’élèvent les hydrocaules portant les polypes (hydranthes) et les gonophores (polypes spécialisés dans la production de gamètes). Il n’y a pas de stade méduse.
 
Cnidairesfig61.jpg

LES LIMNOMÉDUSES

Dans cet ordre, le stade méduse devient prépondérant et le polype, très régressé, de quelques millimètres de longueur, est souvent solitaire ou forme des colonies de 4 à 5 individus seulement. Les représentants vivent en eau douce ou saumâtre.
 
 
Craspedacusta1.jpg

Craspedacusta-sowerbi-Lankester-450.jpg

 
Une espèce, Craspedacusta sowerbii (famille des Petasidae = Olindiidae) est commune en été dans les eaux calmes de l’Europe du Nord (fig. 7 et 8). C’est un mode de vie exceptionnel en eau douce.

L’apparition de cette méduse en Europe vers 1880 pose des problèmes encore non résolus, par exemple celui de sa reproduction. Généralement, les méduses trouvées dans une même région sont de même sexe. Ce fait est dû probablement à l’existence d’une génération de polypes asexués décrits sous le terme de Microhydra ryderi. Mais il s’agit de la même espèce.

On ignore comment elle est arrivée là : cette méduse existe dans le bassin de l’Institut des Sciences Naturelles, place Leclerc à Besançon. Dans les années mille neuf cent soixante, elle s’est signalée par une prolifération étonnante, envahissant de ses ombrelles la totalité du volume du bassin. De nouveau dans les années quatre-vingt, autre prolifération. La forme polype, difficile à observer, persiste certainement sur les parois du bassin. Et la forme méduse, forme sexuée se manifeste lorsque les conditions de vie du polype deviennent difficiles.

Autre limnoméduse, dans les lagunes saumâtres du Sud de la France, Picard (1951) a observé la limnoméduse Odessia maeotica f. gallica qui présente annuellement deux périodes d’activité sexuelle et fait partie de la famille des Moerisiidae.

On ne connaît comme autre méduse d’eau douce que le genre africain Limnocnida.

Source : extrait du cours d'Hydrobiologie de André Guyard.

Le Chocard à bec jaune

Chocard_logo2.jpgLe Chocard à bec jaune

 

Pyrrhocorax graculus

(Famille des Corvidés)

 

par André Guyard

 

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Le Chocard à bec jaune
Le Chocard fréquente les alpages
 
Appelé communément Choucas en montagne, ce corvidé eurasien est pourtant très différent du Choucas des tours dont il se distingue par la couleur jaune de son bec, ses pattes rouges, son plumage très noir et son habitat montagnard. Cependant, le Chocard à bec jaune peut être confondu avec le Crave à bec rouge avec lequel il partage habitat, pattes rouges et mœurs grégaires.
 
Chocard2.jpg
Le Chocard à bec jaune
Les deux sexes sont semblables
 
L’été, le Chocard à bec jaune fréquente les alpages et les falaises entre 1500 et 3000 m. En hiver, il descend dans les hautes vallées.

Les chocards sont grégaires. Ils volent en bandes pouvant compter plus d’une centaine d’individus. Ils excellent dans l’art d’utiliser les courants, planant et profitant des ascendances thermiques.
 
Chocard3.jpg
Le Chocard à bec jaune
À l’affût d’un morceau de pain
 
La saison de reproduction débute fin avril début mai. Situé dans une crevasse, le nid est fait de brindilles et d’herbes. La femelle pond de 3 à 6 œufs et couve une vingtaine de jours, ravitaillée par le mâle.

Le Chocard se nourrit principalement d’invertébrés, en particulier d’insectes et de petits escargots. Mais il repère très vite les randonneurs et s’invite sans tarder au pique-nique.


Photos et vidéo dues à André Guyard et réalisées dans le Chablais.

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Le Chamois des Alpes

Chamois_logo.jpgLe Chamois des Alpes

 

Rupicapra rupicapra

(Famille des Bovidés, sous-famille des Caprinés)

 

par André Guyard

 

Le Chamois appartient à la famille des Bovidés et à la sous-famille des Caprinés (chèvres). Trois sous-espèces de Chamois habitent notre pays : le Chamois des Alpes (Rupicapra rupicapra rupicapra), le Chamois de Chartreuse (Rupicapra rupicapra cartusiana) et le Chamois des Pyrénées ou Isard (Rupicapra pyrenaica pyrenaica).

Le Chamois des Alpes mesure de 0,75 m à 0,80 m au garrot et de 1, 25 m à 1, 35 m de longueur. Le poids d’un mâle adulte varie de 35 à 50 kg, celui d’une femelle de 25 à 38 kg.

 

Chamois_male1.jpg
Le Chamois mâle ou Bouc
Crinière hérissée, le bouc surveille les intrus surgissant sur son territoire
 
 
 
Comme pour le Bouquetin, le Chamois mâle est appelé bouc, et la femelle chèvre. Le jeune avant un an sans distinction de sexe est nommé chevreau, le jeune mâle dans sa deuxième année est appelé éterlou, la jeune femelle éterle. Le dimorphisme sexuel est peu marqué chez le chamois, les deux sexes portent des cornes. L’allure générale du mâle est plus massive que celle de la femelle.
 
Chamois_femelle1.jpg
La Chèvre ou Chamois femelle
Dans le parc du Mercantour, les chamois ne
sont pas farouches. Curieuse,
la femelle s’approche des intrus.
 
 
Les cornes

Chez le Chamois, comme pour tous les bovidés, les cornes sont conservées tout au long de la vie. Elles poussent dès la naissance, mais ne sont visibles que vers 2 mois. À 6-7 mois, elles mesurent de 3 à 5 cm et amorcent une légère courbure vers l’arrière.
 
Les traces de chamois

Chamois_traces_3-1.jpg

Empreintes et voie de chamois dans la neige


L'empreinte du Chamois est très caractéristique 6 cm de long sur 3,5 cm de large). Les marques des deux sabots sont très nettes et et à peu près aussi larges en avant qu'en arrière et il y a toujours un intervalle aussi important entre les deux pinces. Les doigts postérieurs en position élevée sur la jambe ne laissent des traces qu'en neige profonde.
 
Répartition et effectifs

Le Chamois des Alpes
peuple naturellement tous les départements des Alpes et du Jura. Il a été introduit dans les Vosges et dans le Cantal. Le Chamois de Chartreuse se rencontre uniquement dans le massif de la Chartreuse entre Grenoble et Chambéry.

L’estimation des effectifs de chamois donne un minimum de 70 000 dans les Alpes, 3 000 dans le Jura, 2 600 dans les Vosges et 600 dans le Massif central.

La reproduction

Dès le mois d’octobre, en général au-dessus de la forêt, on observe de grands rassemblements d’animaux où se joignent les mâles d’habitude solitaires. Le rut commence dès novembre pour se terminer vers la mi-décembre. Dans la première moitié du rut, ce sont les mâles âgés qui empêchent les plus jeunes de courtiser les femelles et qui assurent les saillies.

C’est à peu près 23 semaines plus tard, entre printemps et été, que la femelle donne naissance à un jeune. Il n’est pas rare qu’une femelle âgée de 15 ans et plus soit encore féconde. Le chevreau mesure 0,50 m de long et 0,35 m de haut et pèse de 2 à 2, 7 kg. Il lui suffit de quelques heures pour se tenir debout et quelques jours pour suivre sa mère. À l’âge de 2 mois, il pèse entre 9 et 10 kg.

L’habitat

Malgré une idée largement répandue, le Chamois n’est pas l’animal de la haute montagne. Il préfère la zone forestière et la partie inférieure de la montagne pastorale. Le critère prépondérant à l’habitat du Chamois, c’est le relief accidenté. Il n’existe pas de population vivant en terrain plat et dépourvu de pentes rocheuses.
Il évolue généralement entre 800 et 2 300 m d’altitude. La limite supérieure est celle des pelouses alpines qui conditionnent la ressource alimentaire. Le Chamois peut s’installer à des altitudes très basses, à condition qu’il ne soit pas dérangé. C’est le cas dans le Jura, les Préalpes de la Drôme et la Haute Provence. Dans nos régions, on le rencontre désormais jusque dans le Revermont, dans la basse vallée du Doubs : falaises de Montfaucon ou de Deluz ainsi que dans le Pays de Montbéliard. Parce qu’il sait utiliser au mieux les particularités du milieu, le Chamois colonise des territoires au climat et à la végétation très différents. La présence de zones d’hivernage qui abritent les espaces dégagés de neige où l’alimentation est accessible lui est nécessaire pour affronter les rigueurs de la mauvaise saison.

L’utilisation du milieu est très variable, la répartition dans l’espace des animaux n’est jamais figée. Elle varie aussi dans le temps. Enfin les regroupements sont liés au sexe et à l’âge des animaux. Le Chamois est particulièrement bien adapté à la vie en montagne. En hiver le sous-pelage est constitué d’un duvet laineux de 2 à 3 cm d’épaisseur qui couvre tout le corps. Les os longs des membres antérieurs et postérieurs forment des angles très fermés qui leur procurent une souplesse et une détente étonnantes. Le bord des sabots permet une adhérence élevée sur les rochers et la palmure interdigitale assure une bonne portance sur la neige. Enfin le cœur des chamois et isard est un muscle très puissant. Abondamment oxygéné par le sang très riche en globules rouges, il permet aux animaux de soutenir des efforts intenses et violents.

L’alimentation

Les végétaux constituent la nourriture exclusive des chamois. Ils consacrent une grande partie de leur temps à cette activité.

Au printemps : chamois et isards gagnent les fonds de vallées attirés par les pousses nouvelles de graminées ou de fleurs. Grisés par cette nourriture, leur observation peut être alors d’une grande facilité ;

En été et en automne : la ressource alimentaire est vaste, légumineuses et graminées sont préférées ;

En hiver : l’accessibilité à la nourriture est liée à la couverture neigeuse. Les animaux parcourent alors les rares secteurs où la neige ne tient pas. Ils s’alimentent aussi en forêt, utilisant les rameaux, écorces et lichens. Toutefois cette situation est très fluctuante dans l’espace et dans le temps et l’on considère que les chamois ne commettent pas de dégâts importants.

Les chamois sont friands de sel, qui est un élément nutritif nécessaire. Ils le trouvent sous forme de salines naturelles et de pierres à sel déposées par les bergers pour les moutons. Les besoins en eau sont assurés par la consommation des végétaux et par la rosée matinale, il est rare d’observer un chamois qui se désaltère.

Les relations avec les autres espèces

L’augmentation des effectifs des différentes espèces d’ongulés sauvages en montagne et particulièrement du Cerf et du Chevreuil fait que la fréquence des contacts est élevée. Ces relations sont dépendantes des différents facteurs du milieu tels que la densité des espèces, la ressource alimentaire, les conditions hivernales. En hiver en montagne, Chamois et Chevreuil cohabitent, si des conditions difficiles persistent cela peut conduire à des concentrations élevées. On suppose que la tolérance entre espèces est mutuelle. Les choix alimentaires des espèces sont le plus souvent complémentaires.

La fréquentation d’un même territoire par les chamois et des troupeaux d’animaux domestiques est rarement simultanée. En été, chamois et moutons ne fréquentent qu’exceptionnellement les mêmes versants et les mêmes altitudes.
De plus la présence des chiens de troupeaux et de protection fait fuir les chamois. Cependant il existe un risque sanitaire lié à la transmission d’agents pathogènes sur certaines zones mixtes recouvrant les territoires des chamois et des moutons. Une contamination des troupeaux domestiques vers les chamois peut se faire, le contraire a été formellement démenti par des années d’enquêtes épidémiologiques.

Sur des territoires où cohabitent le Loup ou le Lynx et le Chamois, ce dernier représente une part non négligeable de l’alimentation de ces grands prédateurs.

Le petit film qui illustre cet article a été réalisé par André Guyard dans le Parc du Mercantour ainsi que les photos qui sont extraites du film.

 
 
Bibliographie

De nombreux sites sont consacrés au Chamois, en particulier :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chamois


http://www.capserveur.com/ancgg/especes_chamois.asp

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Le Bouquetin des Alpes

Bouquetinlogo.jpgLe Bouquetin des Alpes
Capra ibex
(famille des Bovidés, Sous-famille des Caprinés)
 
par André Guyard
 
Bouquetin3.jpg
Bouquetin mâle, chef d'une harde d'une quarantaine d'individus
Bovidé de la sous-famille des chèvres (caprinés), ses membres puissants et ses pieds dont la sole est large et très élastique permettent au Bouquetin des Alpes de se déplacer dans les rochers avec une aisance impressionnante, bien plus importante que celle du Chamois (voir ci-dessous les photos d'escalade de la digue d'un barrage). L’absence de membranes interdigitales, entre les sabots, accentue sa portance sur le rocher. Le Chamois, qui est muni de ces membranes, est beaucoup plus adroit dans la neige.

Barrage-Cingino_bouquetins_01.jpg

Voici le barrage de Cingino en Italie,

mais regardez de plus près…

(photo DR)

Barrage-Cingino_bouquetins_02.jpg

La paroi du barrage est constellée de bouquetins !

(photo DR)

Barrage-Cingino_bouquetins_03.jpg

Les bouquetins aiment broûter les mousses

et lichens et lécher les concrétions salines

qui se forment sur la paroi du barrage

(photo DR)


Le mâle

Bouquetin_male 05.jpg
Bouquetin mâle ou Bouc
Un vieux solitaire en pleine rumination
 
Tout comme le Chamois, le Bouquetin mâle est appelé bouc. Il mesure entre 75 et 90 cm au garrot pour une longueur, du museau à la queue, comprise entre 140 et 160 cm. Selon la saison, le mâle adulte pèse entre 65 et 100 kg. Le bouc, trapu, possède de courtes mais solides pattes, un cou massif, des yeux assez écartés et une barbiche qui se détache de toute la largeur du menton, plus longue en hiver qu’en été.
Dès l’âge de trois mois, la tête du mâle s’orne de cornes persistantes, recourbées vers l’arrière et plus ou moins divergentes selon les individus et les populations. Ces cornes grandissent toute la vie en se parant de nodosités, aussi appelées bourrelets de parure. Lors de la mort de l’animal, elles peuvent atteindre un mètre de longueur et peser près de 5 kg la paire.


La femelle
 
Femelle 04.jpg
Étagne et éperlous
Femelles et jeunes restent en hardes,
accompagnés de jeunes mâles et du mâle dominant
La femelle, également appelée étagne, est plus petite et plus fine que le mâle. Elle mesure entre 70 et 78 cm de hauteur au garrot pour une longueur comprise entre 105 et 145 cm. Son poids varie entre 35 et 50 kg. La tête, ressemblant à celle de la chèvre domestique, est également pourvue de cornes. Cependant, contrairement au mâle, ces cornes sont beaucoup plus minces et courtes et ne s’ornent pas de bourrelets. Elles ne mesurent que 20-25 cm (30 au maximum) et ne pèsent que 100 à 300 g la paire, au maximum.

Reconnaissance des sexes

À partir de l’âge de deux ans, le dimorphisme sexuel est suffisamment marqué pour que la détermination des sexes en nature soit possible. Avant cet âge, la détermination du sexe est plus délicate et repose essentiellement sur un examen attentif des cornes : celles des éterlous (jeunes mâles) sont plus épaisses à la base (du fait de l’apparition des premières nodosités), tandis que celles des éterles (jeunes femelles) sont plus minces et dépourvues de bourrelets.

Reproduction

Le Bouquetin
est une espèce polygame. Les hardes mixtes commencent à se former dès le début du mois novembre, mais le rut à proprement parler ne débute réellement qu’au début du mois de décembre. Au sein de ces troupeaux, il se crée une hiérarchie.
Le dominant, généralement le mâle le plus âgé mais surtout le plus fort, se réserve le droit de saillir les femelles de son choix. Les autres mâles sont donc obligés d’attendre que le dominant soit occupé avec une étagne ou de ruser pour couvrir une autre femelle ! Lorsqu’un mâle de force équivalente conteste cette primauté, c’est le combat. Rarement violent, le choc des cornes peut néanmoins s’entendre à plus d’un kilomètre de distance. Mais ces combats se produisent aussi entre les mâles de tous âges.
Ainsi, cette hiérarchie fait que les plus jeunes ont moins de chance de se reproduire, alors qu’ils se montrent beaucoup plus excités et importuns envers les femelles que leurs aînés. Lorsque la femelle désire se faire couvrir, elle manifeste sa soumission en frétillant la queue. Plusieurs coïts sont effectués en quelques heures.

Des conditions météorologiques difficiles en début d’hiver, empêchant les mâles de rejoindre les femelles, peuvent entraîner des accouplements plus tardifs, jusqu’en février. Bien sûr, ils provoquent des mise bas retardées, courant juillet (au lieu de début juin). À la fin du rut qui se termine généralement début janvier, les animaux se montrent particulièrement fatigués car ils mangent très peu durant cette période.

La mise bas s’effectue tous les ans pour chaque femelle après 165 à 170 jours de gestation. Les naissances interviennent généralement au début du mois de juin, mais peuvent s’échelonner entre la fin du mois de mai et la mi-juillet.

L’étagne
met bas un seul cabri généralement, mais des jumeaux peuvent être observés dans certaines colonies, notamment dans les plus jeunes. L’allaitement dure deux à trois mois, mais peut se prolonger durant l’hiver (jusqu’en janvier parfois). La longévité potentielle extrême est estimée à 25 ans chez le Bouquetin des Alpes. La femelle, par son mode de vie, aurait une espérance de vie légèrement supérieure à celle du mâle.

Habitat

Le Bouquetin des Alpes
est un animal de rocher. Il s’épanouit sur les adrets (versants tournés au sud), dans de grandes parois rocheuses abruptes, riches en surplombs, couloirs, vires... Dans les massifs élevés, il se tient généralement entre 2400 et 3300 mètres, mais, sur ces mêmes massifs, on peut le voir évoluer 1000 mètres plus bas. Le Bouquetin n’aime pas la neige et ne franchit jamais de grands névés ou de glaciers.

Nourriture

En haute montagne, les plantes herbacées constituent la base principale de l’alimentation du Bouquetin des Alpes : poacées, fabacées, astéracées et cypéracées. Mais il ne dédaigne pas pour autant les feuilles et les jeunes pousses d’arbustes de l’année. Les hardes de bouquetins n’hésitent pas à se mêler aux troupeaux de chèvres domestiques comme au Refuge de Trébentaz sur le GR5 au-dessus de Châtel (Haute-Savoie). Le Bouquetin absorbe souvent de l’eau sous forme de neige ou de rosée, mais boit (dans un ruisseau ou une flaque) très rarement.

Bibliographie :

* CRAVE et Parc national des Écrins, 1995. - Faune Sauvage des Alpes du Haut Dauphiné - Atlas des vertébrés - Tome 1. 303 p.

* DRAGESCO Éric, 1995. - La vie sauvage dans les Alpes. - Éditions Delachaux et Niestlé. 239 p.

* KRAMMER Mathieu, 2003. – Le Bouquetin des Alpes, Capra ibex ibex. www.bouquetin-des-alpes.org.

* ONCFS, 1997. - Le Bouquetin des Alpes. - Brochure technique de l’ONCFS n°24. 32 p.

* Publications de l’École moderne française et des parcs nationaux de France, BT Nature, 1991. - Le Bouquetin. 39 p.

* SCHILLING D., SINGER D. & DILLER H. 1986. – Guide des Mammifères d’Europe. Éditions Delachaux et Niestlé. 280 p.

* WEBER Éric, 1994. - Sur les traces des Bouquetins d’Europe. - Éditions Delachaux et Niestlé. 176 p.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouquetin

Vidéo et photos prises dans le Parc National du Mercantour par André Guyard. On trouvera sur internet de nombreux sites, souvent élaborés par des naturalistes passionnés et beaucoup plus complets que ce simple aperçu.

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Le Crapaud sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Bombina_variegata13-1logo.jpgLe Sonneur à ventre jaune

 

Bombina variegata

(Amphibien anoure discoglossidé)

 

par André Guyard

(Dernière mise à jour : 19 septembre 2014)

 

Bombina_variegata16-1.jpg
Bombina variegata. Après la première frayeur passée,
le sonneur à ventre jaune émerge de son ornière
 

Appelé aussi Crapaud sonneur à ventre jaune, c'est un petit crapaud (50 mm de long) que l'on trouve dans toute l'Europe centrale et méridionale (sauf la Péninsule Ibérique), dans des mares, ornières ou flaques d'eau en forêt. Il cohabite volontiers avec ses congénères et des tritons mais évite d'autres anoures. Il mène une vie aquatique mais chasse à terre insectes, vers, petits crustacés et mollusques.

 

Bombina_variegat11_FV-1.jpg
Bombina variegata sorti de l’eau
 

Le sonneur à ventre jaune présente une face dorsale pustuleuse, gris marron et homochrome au milieu.

 

Bombina_variegata14-1.jpg
Bombina variegata face dorsale
La face dorsale homochrome à l’eau boueuse constitue un camouflage efficace.
 

Il dévoile sa face ventrale d'un jaune vif taché de noir lorsqu'il est menacé par un prédateur.

 

Bombina_variegata12_FV-1.jpg

Bombina variegata face ventrale

Les couleurs vives de sa livrée ventrale préviennent

l’éventuel prédateur de la présence du venin. (Vue en aquarium)

 

Selon l'attaque, il prend différentes postures, et libère un liquide visqueux, poison irritant pour les yeux, à l'odeur repoussante. La pupille de l'œil est en forme de cœur.

 

Bombina_variegata24-1.jpg
Tête de Bombina variegata.
La peau verruqueuse montre des pustules venimeuses
munies d’un pore et d’une épine chez le mâle.
La pupille est en forme de cœur.
 

Le sonneur à ventre jaune se reproduit en mai, juste après l'hibernation qui a lieu d'octobre à avril. Le mâle chante pour attirer une femelle. L'accouplement se produit lorsque la température de l'eau est supérieur à 11° C. Le mâle enserre la femelle et féconde les œufs éjectés. La femelle accroche aux plantes aquatiques immergées une petite grappe de quelques œufs (1 à 10 maxi). Ceux-ci éclosent après 10 jours.

 

Le chant du mâle, que l’on pourra écouter dans la vidéo ci-dessous, est destiné à attirer les femelles dans le point d’eau choisi pour la reproduction.



Photos de André Guyard prises dans le Bois d’Aglans lors d’une excursion "Natures et Découvertes" animée par Michel Cottet (mai 2009).

 

 

Vidéo : André Guyard.

 

Le Sonneur à ventre jaune est une espèce vulnzérable protégée. Voir à ce sujet la fiche réalisée par l'Onéma.

 

Menaces sur les Amphibiens : une vidéo Xenius d'Arte.

La Bécassine des marais

Becassine_5_logo.jpgLa Bécassine des marais

 

Gallinago gallinago

(Famille des Scolopacidés)

 

par André Guyard

 

La Bécassine des marais se caractérise par un long bec flexible, des ailes pointues et une coloration roux orangé sur la queue. Elle vit et se reproduit dans les zones herbeuses humides, au bord des marais d’eau douce et des étangs ainsi que dans les prairies inondées. Plus petite que la Bécasse, elle est plus grande que la Bécassine sourde.

 

Becassine_3.jpg
La Bécassine des marais

S’abattant dans la prairie, elle sonde le sol

à la recherche de vers

 

Elle se nourrit d’invertébrés : vers, mais aussi insectes, crustacés, mollusques, et parfois de graines et de baies, picorant la nourriture sur ou dans le sol. L’extrémité flexible de son bec lui permet de "sentir" la proie tout en sondant la boue. Elle explore également les rives des lacs et étangs, dans la zone des hélophytes.

 

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La Bécassine des marais
Perchée sur un piquet, la bécassine va plonger
vers la prairie
Le nid de la Bécassine des marais est une dépression peu profonde dans le sol, dissimulé au milieu des touffes d’herbes et sous la végétation basse. Le nid, en forme de coupe, est fait d’herbe, de mousse, de feuilles mortes, tapissé de végétaux fins.

La femelle pond 3 à 4 œufs qu’elle couve durant 18 à 20 jours. Les poussins sont nourris par les parents pendant la première semaine. Au bout de dix jours, ils sont capables de trouver seuls leur nourriture en parcourant la végétation environnante, mais retournent au nid pour dormir. Ils prennent leur envol à l’âge de 15 à 20 jours.

La vidéo ci-dessous montre une bécassine perchée sur un piquet bordant une prairie humide d’Islande où elle va s’abattre pour sonder le sol à la recherche de vers de terre.

Vidéo réalisée par André Guyard dans une prairie humide d’Islande méridionale.

Pensées socialistes et conception de la nature

 

Considérant.jpgPensées socialistes

et conception de la nature

 

par André Guyard

 

À Besançon, patrie des socialistes Fourier et Proudhon, en particulier, s'est déroulé  du 15 au 17 avril 2009 un colloque consacré à la pensée sociale du XIXe siècle. Il s'agissait d'établir comment s'est constitué puis modifié le partage traditionnel entre la nature d'un côté et la société de l'autre.

 

 

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Charles Fourier

 

Le laboratoire de Recherches philosophiques sur les logiques de l'agir de l'université de Franche-Comté étudie les rapports nature/culture de l'Antiquité à nos jours. Et c'est plus particulièrement à la pensée sociale du XIXe siècle que ce colloque s'est attaché.

Comment les socialismes se sont-ils rapportés au partage nature/société ? Plus généralement, dans quelle mesure la pensée socialiste des XIXe et XXe siècles a-t-elle eu besoin, pour assurer ses bases théoriques, de développer une certaine vision de la nature, des êtres et des lois qui la définissent, ainsi qu'une certaine conception des rapports entre la nature et les activités humaines ?

Bref, y a-t-il eu une (ou des) « philosophie(s) de la nature » créée(s) ou transformée(s) pour leurs besoins par les penseurs qui se réclamaient du projet socialiste au sens large ? Quels furent, le cas échéant, les grands thèmes de cette (ou ces) conception(s) ? En particulier, a-t-elle comporté des aspects «environnementalistes», voire «écologistes» méritant d'être explorés et même réactivés à la lumière des questions contemporaines ?


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Pierre-Joseph Proudhon
Contact : Arnaud Macé

Laboratoire de Recherches philosophiques sur les logiques de l'agir, Université de Franche-Comté. Tél. 03 81 66 54 42, - arnaud.mace@univ-fcomte.fr