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18/07/2018

Assises de l'eau

Logo_Principal_ROUGE_180.pngASSISES DE L’EAU : LES MOYENS HUMAINS ET FINANCIERS DE LA POLITIQUE DE L’EAU DOIVENT SUIVRE

 

La première phase des Assises de l’eau, lancée par le Gouvernement en avril dernier, prend fin. France Nature Environnement, qui a participé à cette séquence, attend de ces Assises la traduction dans les faits d'une réelle volonté de l’État d’atteindre les objectifs de la Directive Cadre sur l’Eau : le bon état des différents milieux aquatiques. La préservation et la restauration des eaux douces, littorales et marines demeure un enjeu essentiel ; tout particulièrement la qualité des eaux destinées à l’alimentation en eau potable, fortement perturbées par les pollutions diffuses agricoles.



Un contexte financier difficile :

quel sera le coût de l’inaction ?



Depuis quelques années, les agences de l’eau doivent faire face à une baisse chronique de leurs moyens humains et financiers, alors que l’État leur confie de nouvelles missions dans le domaine de la biodiversité, du littoral et de la mer. La loi de finance 2018 a marqué un tournant, en accentuant les prélèvements par l’État de fonds récoltés par les agences de l’eau (dont une majeure partie provient des factures d’eau payées par les usagers domestiques). Le signal envoyé par le Gouvernement aux acteurs du monde de l’eau est très négatif.

Notre fédération s’interroge sur la compatibilité et la cohérence des objectifs, entre la volonté affichée d’atteindre les objectifs des directives Européennes et la réduction significative des moyens d’intervention dans ce domaine (-20% en 2018) alors que l’état des eaux demeure insuffisant. Les travaux en cours, que ce soit au niveau des ministères ou de l’Assemblée Nationale, confirment notre crainte : le système agences de l’eau et gestion intégrée par bassin hydrographique, et son financement, pourtant reconnus comme modèle pour l’Europe, risquent d'être remis en cause…

Marine Le Moal, coordinatrice du réseau Eau et Milieux Aquatiques de France Nature Environnement, alerte : « Quelles que soient les décisions prises lors de ces assises, la politique de l’eau doit rester une politique structurante majeure qui influence et rend cohérente les autres politiques sectorielles. Il est impératif qu’elle dispose de moyens adaptés lui permettant d’anticiper les conséquences du changement climatique sur la ressource en eau et ses usages, et de limiter les catastrophes naturelles. »



(Re)Donner la priorité

au cycle naturel global de l’eau



Ces Assises de l’eau sont organisées en deux phases : la première, qui vient de se clore, sur le « petit cycle de l’eau », c’est-à-dire le circuit domestique de l’eau, celle qui circule dans nos tuyaux, répond aux préoccupations des collectivités et industriels liées à l’eau potable et à l’assainissement, avec un montant prévu de 1,5 à 2 milliards d’euros. Et la seconde, qui doit avoir lieu à la rentrée, sur le « grand cycle de l’eau », le circuit de l’eau dans les rivières, les lacs, les eaux souterraines, traitant de la préservation et de la restauration de la qualité des eaux.

Les deux cycles sont pourtant intimement liés, voire indissociables, le petit cycle s’inscrivant au sein du grand cycle et étant au service de ce dernier. Il est impossible d’avoir une eau propre et à un prix abordable au robinet avec des rivières polluées et des nappes phréatiques toujours plus exploitées ! Des milieux naturels en bonne santé constituent précisément la meilleure des garanties aux problèmes posés tant en matière d’eau potable (notamment liés aux pollutions diffuses) que d’assainissement et de prévention des inondations. France Nature Environnement aurait donc souhaité que les deux cycles soient traités simultanément au cours d’un grand débat national avec tous les acteurs de l’eau.

Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement, s’interroge : « Les milieux aquatiques n’ont pour la plupart pas encore atteint le bon état, exigé par l’Europe via la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) pour 2015. Nous attendons donc des Assises de l’eau qu’elles donnent toute son importance au grand cycle de l’eau, en réaffirmant le rôle essentiel des agences de l’Eau et en leur donnant des moyens d’agir à la hauteur des objectifs à atteindre. Dans ce contexte nous rappelons notre forte inquiétude sur la réduction des financements des agences de l’Eau dont l’impact sur la qualité de l’eau sera catastrophique ».

Le retour du lièvre

Le retour du lièvre

 

par Dominique Delfino

Photographe naturaliste et animalier

 

 

La présence régulière du lièvre d'Europe sur le triangle Allenjoie, Brognard, Dambenois laisse à penser que la population de ce léporidé tend à augmenter progressivement et de façon rassurante.

 

Lors de l'une de mes dernières sorties matinales, je dénombre alors six lièvres entre le canal à Allenjoie et les hauts de Brognard.

 

Si la chasse n’est plus pratiquée sur de nombreux espaces du plateau de Brognard et des environs, l'aménagement de zones tampons naturelles, de terrains en friches fauchés très tardivement, la plantation et la protection des haies existantes, favorisent le maintien et le développement de cette espèce dont la perte des effectifs était inquiétante il y a encore trois ans.

 

Rendez-vous avec cet individu par une belle lumière matinale.

 

Avec un peu de patience, la confiance s'installe. Il se laisse ainsi photographier alors que je rampe à même le sol pour ce tête-à-tête dans la prairie.

 

lièvre d'europe,dominique delfino,photographe naturaliste et animalier,pays de montbéliard,

Cliché © Dominique Delfino

 

17/07/2018

PROJET DE LOI ELAN : CONFLITS D'INTÉRÊTS SUR LE LITTORAL ?

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Dans le cadre de l’examen du projet de loi portant sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) au Sénat, de nombreux amendements visant à déroger à la loi « Littoral » ont été adoptés en commission des affaires économiques. France Nature Environnement s’inquiète des répercussions négatives que cela peut avoir sur la protection de nos côtes et appelle les sénateurs et le gouvernement à revenir sur ces régressions en séance publique.

La loi « Littoral », cible de nombreuses attaques des sénateurs depuis plusieurs années

Dès que l’occasion se présente, les sénateurs déposent des amendements visant à détricoter la loi « Littoral ». Derniers exemples en date : la proposition de loi portant sur l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique (2017) ou encore celle relative au développement durable des territoires littoraux (2018). L’examen du projet de loi ELAN est une occasion de plus : la commission des affaires économiques a ainsi adopté des amendements facilitant les constructions aquacoles et ostréicoles sur le domaine public maritime et en espaces proches du rivage pour y autoriser plus facilement des lieux de dégustation, ou encore pour rendre possible la construction de sites de traitements des déchets en Outre-mer. La commission sénatoriale voudrait également réduire les délais d’urbanisation des dents creuses en dehors de la révision des schémas de cohérence territoriale (SCoT), mettant en danger les objectifs de contrôle et de maîtrise d’urbanisme à l’échelle des territoires.

France Nature Environnement demande la suppression des dispositions du projet de loi ELAN qui portent atteinte à la loi « Littoral ». Celles-ci ruinent 33 ans de lutte pour contenir l’urbanisation de nos rivages, où la densité est déjà de 285 habitants/km2, soit 2,5 fois la moyenne française.



Des conflits d’intérêts perceptibles sur le littoral



Autre danger : des maires du littoral ou leurs adjoints sont liés au monde de la construction ou de la promotion immobilière et ne montrent aucun scrupule quant aux impacts environnementaux et aux risques littoraux. De tels élus qui mélangent les genres militent ouvertement en faveur « d’assouplissements » de la loi littoral. D’autres élus se veulent simplement les apôtres d’un « développement » à court terme sur un modèle dépassé et brandissent deux garde-fous pour faire passer ces nouvelles dispositions : l’avis des commissions départementales des sites (CDNPS) et le contrôle de légalité des préfets. Malheureusement, ni l’un ni l’autre ne vont dans le sens de la protection et du contrôle : les CDNPS à cause d’une gouvernance déséquilibrée qui autorise toutes les dérogations ; quant aux préfets, il n’ont plus les moyens d’exercer des contrôles et mettent 20 ans à obtenir des démolitions quand les associations les obtiennent en 5 ans.

France Nature Environnement demande au Gouvernement de transférer la délivrance des autorisations d’urbanisme littorales au niveau des Communautés de communes, et de veiller à ce que les préfets exercent un contrôle sérieux sur les documents d’urbanisme côtiers afin d’éviter la consommation d’espaces remarquables, les constructions dans des zones à risques et de répondre aux enjeux environnementaux du littoral.

France Nature Environnement rappelle également que la pétition « Ne touchez pas à la loi littoral ! » de février 2017 a été signée par plus de 361 000 personnes dont Nicolas Hulot, actuel Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire.

Elodie Martinie-Cousty, pilote du réseau Océans, mers et littoraux de France Nature Environnement et Présidente d’une fédération départementale du Morbihan, conclut : « une proposition de loi relative aux situations d’urgence de relocalisation des biens et des personnes situés à proximité du littoral doit être proposée au Parlement à l’automne. Malgré ces situations d’urgence qui se multiplient sur le littoral, certains parlementaires ne pensent qu’à construire plus sur cette bande fragile et particulièrement soumise aux risques climatiques. Nous faisons appel à leur sens des responsabilités pour ne pas mettre plus d’activités et de personnes en danger et réfléchir à l’échelle des communautés de communes pour rendre les territoires littoraux plus résilients et solidaires face au changement climatique ».

 

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 71 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr