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31/05/2016

Taux élevé de glyphosate dans les urines des citoyens européens

Des tests révèlent un taux élevé de glyphosate

dans les urines des citoyens européens

 

(Dernière mise à jour : 30 juin 2016)

 

Peu avant que les députés européens ne demandent le 13 avril 2016 une réutilisation limitée du glyphosate, molécule active du Roundup, 48 d’entre eux, venant de 13 pays, ont effectué un test d’urine afin de détecter leur taux de glyphosate. Le résultat est édifiant : tous avaient du glyphosate en taux élevé dans l’urine !

 

Alors que le taux de glyphosate dans l’eau potable, selon la norme européenne, est fixé à 0,1 microgramme/litre, la moyenne du taux de glyphosate dans l’urine des députés européens y est 17 fois supérieure – soit de 1,7 μg/l. En regardant au cas par cas, on remarque que les taux individuels peuvent être bien plus alarmants ! Le record : 35 fois ce taux pour des eurodéputés belges (3,57 μg/l), 29 fois pour le député lituanien (2,84 μg/l) et 25 fois pour certains députés français (2,45 μg/l). Le résultat global du test ne montre pas de variations significatives selon les critères de sexe, âge, pays d’origine ou encore de régime alimentaire.

 

Ce test se veut prouver que le glyphosate, substance classée comme cancérigène probable,1 est présent non seulement dans notre environnement, mais aussi dans notre alimentation – que l’on mange bio ou pas ! Ceci est renforcé par une étude allemande, menée en 2015 sur 2000 échantillons provenant d’un large panel de citoyens, où des traces de glyphosate furent détectées sur 99,6 % des échantillons, avec des concentrations allant de 5 à 42 fois la valeur maximale de résidus autorisés dans l’eau potable en Europe.

 

Le vote du 19 mai sur l’autorisation du glyphosate a été ajourné, l’autorisation actuelle du glyphosate expire fin juin, mais si le comité technique chargé de se prononcer pour l’Union européenne ne peut parvenir à une majorité, quelle qu’elle soit, ce sera à la Commission européenne de trancher. Dans ce cas, la réutilisation limitée pour 7 ans avec des restrictions d’usages (pour les particuliers et les collectivités, notamment) est la plus probable.

 

1 : Le glyphosate a été classé comme cancérigène probable par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), quand l’agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) juge « improbable » qu’il soit cancérigène. Pour comprendre les enjeux derrière cette opposition, je vous invite à consulter l’article de Stéphane Foucart, journaliste au Monde, qui détaille les vices de forme de la recherche conduite par l’Efsa.

 

Pour en savoir plus, lire l'article de Science & Vie de juillet 2016

Scianna Yves (2016). — Le pesticide qui empoisonne la science, Science & Vie n° 1186, juillet 2016, pp. 42-48

 

 

 

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